Mali : Bamako ne fléchit pas et n’exclut pas de collaborer avec le groupe Wagner

Des manifestants à Bamako, le 26 mai 2021, appellent à une intervention russe.

Les pressions se sont intensifiées ces derniers jours, mais pour les autorités maliennes, le groupe russe peut être un « plan B » pour faire face à l’après-Barkhane.

Cela fait plus d’une semaine que le nom de Wagner est sur toutes les lèvres. De Paris à Bamako, une question taraude les diplomates : les autorités maliennes vont-elles signer avec une société du groupe russe ?

Le montant de ce contrat, qui prévoit le déploiement de mercenaires en liaison avec l’armée malienne ainsi que la protection de hautes personnalités, est estimé à environ 9,1 millions d’euros, et le Mali ne parait pas prêt à y renoncer.

Le plan B ?

Le 16 septembre déjà, le Premier ministre Choguel Maïga avait déjà prévenu : « Il y a des zones abandonnées qu’il faut occuper aujourd’hui. On ne peut pas les laisser vides. […] On ne peut pas nous interdire d’acheter du matériel à un pays avec lequel on a un accord parce qu’un autre ne veut pas ? » Sans désigner nommément la France, il avait ensuite ajouté : « On ne peut pas nous empêcher d’envoyer des gens être formés dans un pays donné parce qu’un autre pays ne veut pas. On est obligé de nous interroger : ne faut-il pas avoir de plan B ? »

ON NE VA PAS POUVOIR COHABITER AVEC DES MERCENAIRES

Cela n’a pas empêché Florence Parly, la ministre française des Armées, de faire à nouveau preuve de fermeté, ce lundi 20 septembre, lors d’une visite à Bamako. Venue pour « parvenir à clarifier la position des autorités maliennes et réitérer des messages », elle a répété, avant de rencontrer son homologue malien, le colonel Sadio Camara, que la France « [n’allait] pas pouvoir cohabiter avec des mercenaires ».

Le 16 septembre, lors de la conférence de presse officialisant la mort d’Abou Walid al-Sahraoui, chef jihadiste « neutralisé » par les forces françaises le 17 août dernier, elle avait d’ailleurs tenu à insister sur le fait que « la France ne s’en [allait] pas du Mali » mais « reconfigur[ait] » son dispositif militaire au Sahel. « Si ces discussions aboutissent sur une collaboration effective entre le Mali et cette société, cela serait incompatible avec le mode d’organisation et d’intervention que nous avons mis en place avec succès [dans la région] », avait-elle ajouté.

Les Français ne sont pas les seuls à s’être inquiétés de la proximité des autorités maliennes et du groupe Wagner. Sur les antennes de RFI et en marge du sommet extraordinaire de la Cedeao qui s’est tenu à Accra, le 16 septembre, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Hassoumi Massaoudou, a affirmé que « la Cédéao [tenait] à ce que des mercenaires russes ne soient pas dans notre région pour dégrader davantage la situation sécuritaire » et que « les militaires maliens [devaient] renoncer sans délai à ce type d’accord ».

Des propos qui ont fortement déplu à Bamako. Dans un communiqué daté du 19 septembre et à la tournure fort peu diplomatique, le secrétaire général du ministère malien des Affaires étrangères a condamné des propos jugés « inacceptables »,  » inamicaux » et  » condescendants », dénonçant au passage une « campagne de dénigrement »  et de « diabolisation » des dirigeants maliens. Le communiqué rappelle que « le Niger n’assume pas la présidence en exercice de la Cedeao » et conclut en se disant ouvert à « un dialogue franc et sincère par les canaux diplomatiques appropriés ».

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo

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