Immigration : Darmanin en faveur des camps fermés comme en Grèce

En visite sur le camp de Samos (Grèce), le ministre de l’Intérieur a appelé à l’ouverture de camps similaires en Espagne ou en Italie.

En visite en Grece, Gerald Darmanin a appele a la construction de camps d'accueil fermes dans tout le sud de l'Europe.
En visite en Grèce, Gérald Darmanin a appelé à la construction de camps d’accueil fermés dans tout le sud de l’Europe.© Sebastien JARRY / MAXPPP / PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Lors d’un entretien avec l’Agence France-Presse (AFP), lundi 11 octobre, Gérald Darmanin a fait part de son intérêt pour le « modèle grec » de gestion de l’immigration clandestine. Concrètement, le ministre de l’Intérieur fait référence aux camps d’enregistrements sécurisés, comme il en existe par exemple sur les îles grecques de Samos et Lesbos. Pour assurer une meilleure gestion européenne, Gérald Darmanin suggère par ailleurs que de tels camps d’accueil soient installés dans les pays méditerranéens, comme l’Italie, l’Espagne ou Malte.

Dimanche, le ministre de l’Intérieur s’était rendu sur l’île grecque de Samos en mer Égée face à la Turquie où les autorités grecques avaient inauguré fin septembre un camp « fermé et à accès contrôlé » entouré de barbelés et de miradors. Les demandeurs d’asile ne peuvent sortir que de 8 heures à 20 heures, et sont contraints de présenter leurs empreintes digitales et un badge électronique au portail magnétique à l’entrée.

Ce camp a remplacé l’ancien camp surpeuplé et sordide, situé près du port de Vathy. La Grèce s’est engagée à construire d’autres camps « fermés » comme celui de Samos, grâce à des fonds européens, sur quatre autres îles de la mer Égée.

Les ONG pas convaincues

« Nous demandons aux pays du sud de l’UE de faire comme les Grecs de contrôler davantage les frontières extérieures et aux autres pays d’accepter un système de solidarité », a déclaré le ministre français. Pour de nombreuses ONG de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International, ce nouveau camp « empêche d’identifier de manière efficace les personnes vulnérables » et « limite l’accès des demandeurs d’asile aux services ».

« De l’avis de personnes qui travaillaient dans l’ancien camp de Vathy, mais aussi de demandeurs d’asile, les conditions de vie sont meilleures », a pourtant assuré le ministre français. « Ce camp impressionnant a été pensé comme un centre d’attente et permet aux Grecs de bien tenir leurs frontières », a-t-il ajouté.

Par rapport à 2015, où certains djihadistes s’étaient infiltrés dans le flot de réfugiés arrivés en Grèce et avaient pu participer aux attentats du 13 Novembre à Paris, la sécurité a été renforcée sur les îles grecques. « Il existe toujours des craintes d’attaques terroristes, mais aujourd’hui en France, la menace est essentiellement endogène », a précisé Gérald Darmanin.

La France qui exercera la présidence semestrielle de l’Union européenne à partir de janvier compte faire du renforcement des frontières extérieures de l’Europe une priorité. « Nous aimerions que tous les pays qui sont aux frontières de l’Europe puissent avoir la même politique de contrôle et d’enregistrement des personnes qui entrent sur le territoire européen », a noté le ministre français.

Inquiétude sur de nouvelles arrivées

« Beaucoup d’étrangers entrent en Europe sans être enregistrés et on ne sait pas, quand ils arrivent en Allemagne ou en France, quel âge ils ont, quelle est leur nationalité, par où ils sont rentrés », constate-t-il. Athènes se félicite de la décongestion des camps sur les îles de l’Égée, mais les ONG expliquent cette baisse par le refoulement des migrants vers la Turquie, ce que la Grèce nie.

« Nous faisons confiance aux Grecs pour faire la transparence nécessaire sur ce qu’il s’est passé. Nous devons aux Grecs beaucoup de solidarité, mais nous devons aussi exiger d’eux de la responsabilité, comme tous les pays qui se trouvent aux frontières de l’Europe », a réagi Gérald Darmanin.

Il s’est prononcé pour une politique migratoire européenne commune. « Regardez ce qui se passe en Afghanistan ou en Biélorussie, nous ne savons pas de quoi sera fait demain ! » a averti le ministre, se disant « attaché à ce que l’agence Frontex voie ses moyens humains et financiers augmentés ».

Par Jeune Afrique avec AFP

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