France: Clap de fin pour le secret médical ?

Les responsables d’établissements scolaires sont désormais autorisés à connaître le statut vaccinal des élèves : dans le milieu éducatif, la colère est vive.

Tous masques ! Meme a l'ecole...
Tous masqués ! Même à l’école…© Stéphanie Para / MAXPPP / PHOTOPQR/LA MONTAGNE/MAXPPP

Fini le secret médical dans le milieu scolaire ? Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’Assemblée nationale a voté en faveur d’un amendement gouvernemental au projet de loi sur la « vigilance sanitaire » ; il permet l’accès pour les directeurs d’école, de collège et de lycée aux informations concernant « le statut virologique des élèves », « l’existence de cas contacts avec les personnes contaminées » ainsi que le « statut vaccinal » – des élèves de plus de 12 ans. L’actuel protocole repose sur « l’autodéclaration de la part des élèves et des parents d’élèves auprès du corps enseignant, ce qui rend le dispositif fragile », a expliqué Olivier Véran devant les députés. La présidente déléguée du groupe LREM Aurore Bergé a rappelé jeudi matin sur France Info l’éventualité que « toutes les attestations sur l’honneur ne soient pas véridiques ». Pour Saphia Guereschi, secrétaire générale du SNICS-FSU (Syndicat national des infirmières conseillères de santé à l’Éducation nationale) : « C’est inadmissible. C’est une mesure qui entrave le droit des parents, le droit des élèves. Le secret médical, c’est quelque chose de très important. » Elle poursuit en expliquant que les éventuelles familles lésées par une fuite de ces données ne pourront pas se retourner vers le professionnel concerné. « Ce qui est vraiment dangereux, c’est que là, on est face à des professionnels non soumis à ce secret qui vont avoir accès à ces données. »

Didier Georges, proviseur au lycée Jean-Drouant et secrétaire national en charge de la communication du SNPDEN-Unsa (Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale), affirme être « très surpris » par cette nouvelle. Alors que les chiffres montrent qu’une majorité de 12-17 ans est vaccinée, il ne comprend pas cette décision : « Ça va plutôt être un sujet de polémique plutôt qu’un intérêt, un gain pour nous. Le travail de conviction sur la vaccination, il a été fait. On n’était pas demandeurs. » Avec encore des « stocks considérables » d’autotests et une « très faible adhésion à la vaccination in situ » (2 %-6 %), la SNPDEN-Unsa souhaite passer un message clair : « Il faudrait que le ministère de la Santé arrête de penser que la solution au passeport vaccinal, c’est l’Éducation nationale. Nous, on sait très bien gérer un baccalauréat, que les médecins vaccinent et fassent de la prévention contre le Covid. » Ne contestant pas la logique même d’une prévention ciblée, Didier Georges observe que l’école n’est pas le lieu choisi par les familles pour les questions sanitaires et médicales.

« De l’école de la confiance, on va vers l’école de la défiance »

Alors que l’épidémie est désormais sous contrôle, cette décision déclenche une grande colère chez les parents d’élèves : « C’est scandaleux. Tout premièrement, la vaccination concernant le Covid n’est pas obligatoire. Il n’y a aucune obligation de la part des parents à indiquer si leurs enfants sont vaccinés ou pas. C’est sur le volontariat. Aujourd’hui, la parole des parents est remise en cause », témoigne la coprésidente de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) Carla Dugault. En outre, la FCPE aurait demandé au gouvernement qu’il légifère sur ce vaccin ; sans succès. Cette décision est reçue comme une véritable gifle par « les parents et tous les autres acteurs de la communauté éducative qui ont fait beaucoup d’efforts pour que l’école se passe le mieux possible ». « De l’école de la confiance, on va vers l’école de la défiance », déclare Carla Dugault, aussi indignée que déterminée.

Saphia Guereschi, quant à elle, déplore l’absence de proportionnalité, d’alternatives et un rapport bénéfice-risque bafoué : « À nos yeux, le risque sanitaire de la levée du secret, l’impact sur la vie des gens, sur la société est plus important que ce que font peser ces quelques familles qui auraient menti. » Alors que de rigoureux protocoles sanitaires sont déjà bien en place, la secrétaire générale du SNICS-FSU dénonce une mesure « politique et démesurée ».

Par Le Point avec Lancelot Bédat

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Une Réponse to “France: Clap de fin pour le secret médical ?”

  1. Bouesso Says:

    Quel tracas ?

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