Congo-Décès de Clément Mouamba : Jean Itadi se souvient de la modestie, du savoir et de la sagesse du disparu

Le président du Congrès africain pour le progrès (CAP), Jean Itadi, au cours d’une interview accordée à la presse le 30 octobre à Brazzaville, a salué la mémoire de l’ancien Premier ministre, Clément Mouamba, décédé la veille à Paris, en France.

Jean Itadi/Adiac

Tous deux anciens membres de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads) et ministres dans le premier gouvernement de Pascal Lissouba, Jean Itadi garde un témoignage émouvant de Clément Mouamba. « Je perds, à titre personnel, beaucoup. Clément c’est un confident, un ami, un camarade, parce que nous n’avons pas eu d’ombre, c’est terrible », s’ est exprimé le président du CAP.

Selon lui, le député de Sibiti 1 était le triomphe de l’intelligence d’autant plus qu’il n’était pas quelqu’un sorti d’un milieu de riches. « Clément est orphelin, il s’est fait. Depuis Ingambelé, à Sibiti, en passant par le lycée technique jusqu’à ses formations de banquier et d’économiste, son ascension politique : ministre des Finances et Premier ministre, il s’est fait par l’intelligence conceptuelle, émotionnelle et sociale. C’est un homme qui méritait d’apporter encore… », a-t-il témoigné.

En termes d’héritage à tirer de Clément Mouamba, Jean Itadi a cité une capacité du travail, une certaine relation à l’humain et une volonté de ne pas bousculer les choses, tout en voulant des changements. « Clément était un réformiste, il pensait que les choses devaient évoluer, mais il faut donner le temps au temps. Clément a été un sage. Avec sa sagesse, il apparaissait même parfois trop modeste que ce qu’il était. Combien de gens ont le parcours et la connaissance de Clément ?… Il n’y en a pas beaucoup. On peut tirer de lui l’humilité, la modestie, le savoir, la connaissance, la sagesse. C’est une éducation pour la vie », a poursuivi le président du CAP.

La mort de Clément Mouamba est intervenue quelques semaines après celle de Christophe Moukouéké et de Dominique Nimi Madingou, tous anciens membres de l’Upads. De quoi à inquiéter Jean Itadi. « Quand vous perdez en moins de deux mois Christophe Moukouéké, Nimi Madingou, Clément Mouamba, on se pose de questions. C’est dévastateur parce qu’on perd des intelligences, un confort spirituel et moral, des compagnons et des amis. Je suis désolé au sens où il y a un désert autour de moi…La disparition de Clément Mouamba est un départ de trop, on en avait pas besoin », a-t-il laissé entendre.

Interrogé sur la disparition de cette classe politique qui se fait au fur et à mesure, le président du CAP pense qu’il n’est pas loin d’une ère de bouleversement. « Oui, il y a un monde qui s’en va, c’est clair que les générations d’avant indépendance vont partir les unes après les autres et que malheureusement, on perdra avec beaucoup d’entre eux des bibliothèques entières », a conclu Jean Itadi, espérant que de toutes ces disparitions naîtront d’autres potentialités pour faire avancer le pays. 

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

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