L’Ethiopie rappelle ses soldats retraités, l’opposition s’organise

L'ETHIOPIE RAPPELLE SES SOLDATS RETRAITÉS, L'OPPOSITION S'ORGANISE

© Reuters/TIKSA NEGERI

NAIROBI (Reuters) – L’armée éthiopienne a appelé vendredi ses soldats retraités à revêtir l’uniforme pour participer à la guerre contre les rebelles du Tigré, rapportent les médias officiels, alors que neuf groupes antigouvernementaux ont annoncé une alliance visant à chasser du pouvoir le Premier ministre Abiy Ahmed.L'ETHIOPIE: LES REBELLES TIGRÉENS ET LEURS ALLIÉS MENACENT D'AVANCER VERS LA CAPITALE

© Reuters/Reuters Staff L’ETHIOPIE: LES REBELLES TIGRÉENS ET LEURS ALLIÉS MENACENT D’AVANCER VERS LA CAPITALE

Appelé Front uni des forces fédérales et confédérales, la nouvelle alliance est constituée autour du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), dont le soulèvement contre le gouvernement d’Addis-Abeba a fait des milliers de morts et plus de deux millions de déplacés depuis un an.

Alors que les rebelles tigréens et leurs alliés menacent d’avancer vers la capitale, située à un peu plus de 300 km au sud de leurs positions actuelles, l’armée éthiopienne a appelé ses anciens soldats à revenir sous les drapeaux d’ici au 24 novembre.

Signe de leur inquiétude, le gouvernement et les autorités municipales d’Addis-Abeba ont déjà appelé cette semaine les habitants de la capitale à répertorier leurs armes et à se préparer à défendre leurs quartiers.

Face à l’escalade des violences, de nombreux pays africains et occidentaux ont lancé jeudi un appel au cessez-le-feu, qui n’a pas rencontré beaucoup d’écho jusqu’à présent.

Outre le TPLF, la nouvelle alliance antigouvernementale repose sur l’Armée de libération de l’Oromo (OLA), une ethnie dont est issu Abiy Ahmed et qui présente pour les insurgés l’intérêt d’être bien implantée autour de la capitale.

« Nous envisageons de mettre en place un régime de transition et nous sommes d’accord pour dire que le pouvoir actuel doit s’en aller au plus vite », a déclaré à Reuters Yohannes Abraha, un responsable du TPLF.

Les opposants, qui dénoncent la gestion trop centralisée d’Abiy Ahmed et la politique répressive du lauréat du prix Nobel de la Paix 2019 (pour son rapprochement avec l’Érythrée), ne discutent pas avec le gouvernement mais entendent se tourner vers des autorités et des institutions étrangères, a-t-il ajouté.

Le procureur général éthiopien, Gedion Temothewos, a qualifié de son côté l’alliance rebelle de « coup de pub » et accusé les groupes qui la composent de s’être livrés par le passé à des opérations de « nettoyage ethnique ».

Reuters par (Maggie Fick, avec George Obulutsa à Nairobi, version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

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