France: Les jeunes zemmouriens en ordre de bataille derrière leur « héros »

Les jeunes zemmouriens en ordre de bataille derriere leur "heros"
Les jeunes zemmouriens en ordre de bataille derrière leur « héros »© AFP/Archives/Nicolas TUCAT

Minuit à Paris. Il fait froid, le quartier est sinistre, mais ils sont venus « coller pour Zemmour » avec la foi et l’enthousiasme de leurs 20 ans, séduits par la vision radicale du nouveau candidat d’extrême droite à la présidentielle.

Ils sont huit garçons et deux filles qui ne se connaissent pas, nouveaux venus à la cause ou déjà vieux routiers comme Nicolas, 20 ans et visage d’enfant, qui dit coller des affiches « Zemmour président » une à deux fois par semaine depuis près d’un an.

Génération Z, le mouvement de jeunes créé en février 2021 pour pousser la candidature du polémiste d’extrême droite Éric Zemmour, désormais officiellement déclaré, revendique près de 5.000 adhérents en France, dont un millier en région parisienne.

Un phénomène limité –Zemmour recueille 13 % des intentions de vote chez les moins de 35 ans contre 17 % chez les plus de 65 ans, selon une enquête Ipsos en octobre pour la Fondation Jean-Jaurès– mais à la visibilité accrue.

Extrêmement actif, Génération Z s’est bâti sur des boucles Telegram, des adhésions éclair à coup de formulaires à remplir en ligne et des séances de collage sauvage dans les villes. Son président Stanislas Rigault, à l’allure de gendre parfait, enchaîne les plateaux télé et les twitts pour citer son champion et entretenir la ferveur des troupes.

La déclaration de candidature d’Éric Zemmour mardi a sonné comme une récompense. « Ca fait des mois qu’on est sur le terrain, ça fait plaisir », sourit Arthur Prévot, responsable parisien, qui décrit un mouvement composé « d’étudiants, de primo militants, de profils très variés ». Mais des soutiens embarrassants de militants néo-nazis ou identitaires violents ont aussi été rapportés. Le mouvement assure les avoir « dégagés ».

« il dit la vérité »

Génération Z compte beaucoup de jeunes de milieux aisés, mais aussi des profils plus populaires, comme Samuel Couteau, 21 ans, boucher dans le quartier populaire de Belleville. « Avant, j’étais plutôt pour Marine Le Pen (la cheffe du parti d’extrême droite RN), mais j’ai été séduit par Zemmour, par l’amour qu’il donne à la France », explique le jeune homme, piercing, boucle d’oreille et t-shirt Iron Maiden.

Le discours ultra radical du candidat sur l’immigration, l’islam ou le « grand remplacement » ne les choque pas. « Je suis moi-même immigré, je suis arrivé en France à l’âge de 10 ans », raconte Avetis Ohanyan, un Arménien. « Mais je suis tombé amoureux de la France, de sa langue, je me suis assimilé », martèle-t-il, reprenant l’antienne de Zemmour, issu d’une famille juive d’Algérie.

Les condamnations en justice de leur champion pour provocation à la haine raciale et religieuse ? Balayées d’un haussement d’épaule : « il n’y a rien d’extrême chez lui. Il dit la vérité, et la vérité choque », selon Marie, 21 ans.

Ses propos misogynes à répétition ?

« Le danger pour les femmes, c’est pas Zemmour, c’est quand je marche seule le soir et que je ne me sens pas en sécurité », confiait Mathilde, 30 ans, lors d’une conférence du polémiste le mois dernier.

L’électorat féminin reste toutefois son point faible, notamment chez les femmes de moins de 35 ans, dont seules 8 % se déclarent prêtes à voter pour lui, contre 18 % chez les hommes du même âge, selon l’enquête Ipsos.

Un passé idéalisé

La vision sombre d’une France menacée de toutes parts, ne dérange pas ses partisans. Au contraire, le candidat qui assène que « la politique, c’est annoncer le pire et non le meilleur », leur donne « l’envie et le désir de s’engager ». Et si certains ont eu du mal à assumer, au début, ils le revendiquent de plus en plus.

Théodore Hiez-Comte, musicien de 25 ans, a « perdu pas mal de potes dans le milieu de la culture, très à gauche ». « Je viens d’un milieu rural, où le terroir, la famille, la nature, sont des valeurs importantes. Zemmour m’a réconcilié avec tout ça », confie ce batteur de « black metal ».

Le rêve d’une France d’antan glorieuse et prestigieuse, la nostalgie d’un âge d’or, ressassé par un candidat de trois fois leur âge, séduit ces jeunes. « Je suis nostalgique de ce temps que je n’ai pas connus », convient Avetis Ohanyan.

Pour le politiste Rémi Lefèbre, ils « se sont trouvés un nouveau héros ». « Entre crises à répétition, terrorisme, la période est très anxiogène. Cette jeunesse trouve des repères qu’elle n’a plus dans un passé idéalisé. Et puis il y a aussi la fascination de la radicalité », ajoute-t-il.

« C’est très facile d’avoir 20 ans et d’être pro-Zemmour », assure tranquillement le militant de Génération Z Arthur Prévot.

Par Le Point avec AFP

Étiquettes : , , , , ,

Une Réponse to “France: Les jeunes zemmouriens en ordre de bataille derrière leur « héros »”

  1. Bouesso Says:

    Un positionnement juvénile !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :