RDC : arrestation de l’un des fondateurs du groupe islamiste ADF

Rebelles des ADF, ici près du village de Mukoko (Nord-Kivu), en décembre 2018. © Reuters/Goran Tomasevic

Alors que la traque des Forces démocratiques alliées (ADF) s’intensifie, Benjamin Kisokeranio a été arrêté dans l’est de la RDC, selon des sources militaires congolaises. Il était chargé du renseignement, des finances et de la logistique de ce groupe rebelle avant d’entrer en dissidence en 2019.

L’un des fondateurs des Forces démocratiques alliées (ADF, un groupe armé islamiste d’origine ougandaise), a été arrêté le 11 janvier dans l’est de la République démocratique du Congo, hors de la zone où les armées des deux pays mènent des opérations, a-t-on appris le lendemain de sources militaires.

Passeport congolais

« Benjamin Kisokeranio, officiellement chef des renseignements des ADF jusqu’en 2019 et proche de l’ancien chef  des ADF Jamil Mukulu, a été arrêté dans la région d’Uvira, dans le Sud-Kivu », a déclaré un haut responsable militaire congolais qui n’a pas souhaité être cité. « Il était connu de nos services, qui suivaient ses incessants mouvements dans la région », a expliqué cette source, ajoutant qu’au moment de son arrestation, « il détenait un passeport congolais ». Il a été capturé « près de la frontière avec le Burundi et est désormais aux mains des forces de la RDC », a déclaré de son côté le colonel Ronald Kakurungu, un porte-parole de l’armée ougandaise. Selon Kampala, Benjamin Kisokeranio était chargé du renseignement, des finances et de la logistique des ADF.

Une vie dans le maquis

Né dans le maquis congolais, il est le fils de Bwambale Kisokeranio, lui-même fondateur d’un groupe rebelle ougandais laïc, l’Armée nationale pour la libération de l’Ouganda (NALU), qui, en 1995, avait fait alliance dans l’est de la RDC avec des milices ougandaises essentiellement composées de musulmans. En 2007, après des négociations avec Kampala, Bwambale Kisokeranio et plusieurs rebelles de la NALU étaient rentrés en Ouganda.

Selon un ancien fonctionnaire des Nations unies chargé des opérations de rapatriement des rebelles de la NALU, Benjamin Kisokeranio était, lui, resté auprès des ADF dans la jungle congolaise en compagnie de Jamil Mukulu (de son vrai nom Alilabaki Kyagulanyi, qui deviendra chef des ADF jusqu’à son arrestation en Tanzanie en 2015), et le député ougandais Yusuf Kabanda, aujourd’hui décédé.

Les ADF, le groupe armé le plus meurtrier de RDC, est présenté par l’organisation État islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale. Son chef actuel, Moussa Baluku, a fait une déclaration d’allégeance à cette mouvance jihadiste internationale en 2019. « Benjamin Kisokeranio s’était opposé à cette décision et a quitté la région de Beni pour la province voisine du Sud-Kivu, d’où il faisait des navettes vers le Burundi, où vit sa famille », explique l’ancien fonctionnaire onusien.

Depuis le 30 novembre 2021, la traque des membres des ADF s’est intensifiée. Après que des attentats attribués au groupe ont touché Kampala, le président Félix Tshisekedi a autorisé son homologue ougandais, Yoweri Museveni, à envoyer des troupes sur le territoire congolais pour combattre les ADF dans l’est du Congo.

Par Jeune Afrique avec AFP

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