Conflit en Ukraine : le Conseil de l’Europe « suspend » la Russie

Les drapeaux de l'Ukraine, de la France et de l'Union européenne devant le ciel bleu.

L’hôtel de ville de Bordeaux, en France, montre son appui à l’Ukraine en affichant son drapeau vendredi matin. Photo : Getty Images/AFP/Thibaud Moritz

En réponse à l’invasion armée de l’Ukraine, le Conseil de l’Europe a annoncé la suspension toute participation des diplomates et délégués russes aux principales instances de l’organisation paneuropéenne « avec effet immédiat ».

Le Conseil de l’Europe est la principale organisation de défense des droits de l’homme sur le continent européen. Il comprend 47 États membres, dont plusieurs sont aussi membres de l’Union européenne.

Cette décision ne concerne toutefois pas la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), le bras judiciaire du Conseil de l’Europe, qui continuera d’offrir sa protection aux citoyens russes, a précisé l’organisation internationale dans un communiqué.

L’Union européenne (UE) a quant à elle réitéré qu’elle veut couper tous les liens entre la Russie et le système financier mondial, a affirmé vendredi le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire. Nous voulons isoler financièrement la Russie […]. Notre objectif est de faire plier l’économie russe.

Parmi les sanctions contre la Russie, les 27 pays membres se sont entendus vendredi pour geler les avoirs du président Vladimir Poutine et de son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans l’UE, ont indiqué des sources européennes à l’AFP.

l’UE va limiter son accès aux marchés de capitaux européens et réduire son accès à des technologies cruciales en la privant de composants électroniques et de logiciels. Les transports, le secteur aéronautique, les semi-conducteurs, toutes les technologies sensibles de l’économie russe devraient être touchés, a assuré Bruno Le Maire.

La France va aussi offrir 300 millions d’euros destinés à l’octroi d’une aide financière de l’UE de 1,2 milliard d’euros à Kiev.

Le président Poutine a choisi de sortir l’Ukraine de la carte des États […]. La sécurité du président Zelensky est un élément central et Paris peut l’aider si nécessaire, a quant à lui affirmé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Une réponse « trop lente », selon Zelensky

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky juge toutefois « trop lente » la réponse de l’UE et demande qu’elle alourdisse ses sanctions contre la Russie. Comment allez-vous vous-mêmes vous défendre si vous êtes si lent à aider l’Ukraine?

« Annuler les visas pour les Russes? Déconnexion (du réseau interbancaire) Swift? Isolement total de la Russie? Rappel d’ambassadeurs? Embargo sur le pétrole? Aujourd’hui, tout doit être sur la table, car c’est une menace pour nous tous, toute l’Europe. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président ukrainien

Les dirigeants des 27 pays de l’UE n’ont toujours pas consenti à exclure la Russie du système d’échanges bancaires internationaux Swift.

Kiev avait exhorté les pays occidentaux à prendre cette dernière mesure, présentée par les experts comme une arme atomique financière, mais aussi susceptible de nuire à des acteurs économiques européens.

Certains États membres ont fait part de réserves, la France ne fait pas partie de ces États, a déclaré Bruno Le Maire, qui assure que la France est en faveur de l’exclusion de la Russie du système bancaire Swift.

La France a également tenté de convaincre le Bélarus de ne pas pencher du côté russe. Le Bélarus et son peuple méritent mieux que de devenir les complices et les vassaux d’un régime brutal qui a choisi de porter la guerre, sans aucune justification, au centre de l’Europe, à rebours de nos valeurs de liberté et de démocratie, a lancé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors d’une rencontre avec la cheffe de l’opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa à Paris.

Plus tôt dans la journée, Poutine s’est dit prêt à à envoyer une délégation à Minsk, capitale du Bélarus, pour des pourparlers avec l’Ukraine.Des résidents de Kiev regardent le bâtiment complètement détruit.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky assure que les frappes russes visent des zones civiles à Kiev, la capitale. Photo : Getty Images/Chris Mcgrath

Le Royaume-Uni, la Pologne et la République tchèque répondent via l’espace aérien

Du côté britannique, le premier ministre Boris Johnson a contacté ses alliés de la Joint Expeditionary Force (JEF), qui regroupe dix États d’Europe du nord, dont les pays Baltes. Ils ont convenus que plus de sanctions étaient nécessaires, se concentrant notamment sur l’entourage proche du président Poutine, a précisé une porte-parole de Downing Street.

Plus tôt vendredi, Boris Johnson avait lors d’un appel avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky promis de renforcer le soutien à l’Ukraine. Londres a exclu tout envoi de soldats britanniques face aux soldats russes, mais s’est déjà dit prêt à fournir des armes défensives.

La Russie a annoncé vendredi qu’elle interdisait tous les avions liés au Royaume-Uni dans son espace aérien, à la suite de sanctions imposées par Londres à la compagnie aérienne russe Aeroflot en réaction à l’invasion russe.

L’interdiction concerne non seulement les vols à destination de la Russie, mais aussi ceux survolant le territoire russe, un espace clé reliant l’Europe à l’Asie, selon le communiqué du régulateur aérien russe Rosaviatsia.

IAG, la maison mère du transporteur British Airways, a annoncé que ses appareils ne survoleront plus l’espace aérien russe.

La Pologne et la République tchèque ont quant à elle annoncé vendredi la fermeture de leur espace aérien aux compagnies d’aviation russes, et ce, dès minuit.

« À partir de minuit aujourd’hui nous arrêtons le trafic de toutes les compagnies aériennes russes dans l’espace aérien tchèque. »— Une citation de  Martin Kupka, ministre tchèque des Transports, sur Twitter

La compagnie nationale polonaise LOT a par ailleurs annoncé la suspension dès vendredi après-midi de ses vols à destination de Moscou et de Saint-Pétersbourg.

Avec Radio-Canada

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Une Réponse to “Conflit en Ukraine : le Conseil de l’Europe « suspend » la Russie”

  1. Bouesso Says:

    Pour une sanction exemplaire ?

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