Cameroun : cinq employés de MSF enlevés dans le Nord

Des soldats en patrouille à Fotokol, à la frontière avec le Nigeria, en février 2015 au Cameroun. © STEPHANE YAS / AFP

Cinq membres tchadien, sénégalais, franco-ivoirien et camerounais de Médecins sans frontières ont été capturés jeudi par des hommes armés dans l’Extrême-Nord du pays où opèrent des groupes jihadistes.

« Des hommes armés se sont introduits au domicile de MSF » et « cinq membres de notre équipe ont été emmenés » à Fotokol, à la frontière avec le Nigeria, où les groupes jihadistes Boko Haram et État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap, selon l’acronyme en anglais) attaquent régulièrement les civils et les militaires, a indiqué vendredi l’ONG médicale internationale.

« Trois travailleurs humanitaires, une Franco-Ivoirienne, un Sénégalais et un Tchadien, ainsi que deux gardes de sécurité camerounais ont été enlevés », a précisé un responsable de l’administration locale, qui a requis l’anonymat. Rien ne permet de lier cet acte aux attaques de Boko Haram. Nous ne savons pas si c’est un simple vol qui a mal tourné. Un coffre-fort a été ouvert, a-t-il ajouté, précisant que l’armée est à leur recherche. Ni l’identité ni les motifs des auteurs ne sont connus à ce jour. »

Des attaques qui se multiplient

Fotokol, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, se trouve près du lac Tchad, vaste étendue d’eau et de marécages dont les rives s’étirent sur quatre pays : Tchad, Niger, Cameroun et Nigeria. Boko Haram et l’Iswap ont installé leurs repaires dans certains des innombrables îlots qui parsement le lac.

LES GROUPES ARMÉS PROFITENT DE LEUR CONNAISSANCE DES TERRAINS MARÉCAGEUX

Les jihadistes conduisent régulièrement des attaques contre les militaires et les civils dans ces quatre pays. Elles se sont multipliées ces derniers mois, les groupes armés profitant de leur connaissance de ce terrain marécageux. L’Iswap a consolidé son emprise après la mort d’Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, dans des combats entre les deux groupes rivaux.

L’insurrection de Boko Haram est apparue en 2009 au Nigeria avant de se propager dans les pays voisins. Depuis, plus de 36 000 personnes (principalement au Nigeria) ont été tuées, et 3 millions ont dû fuir leur domicile, selon l’ONU. En septembre 2019, six soldats camerounais avaient été tués près de Fotokol après l’attaque d’un poste militaire par Boko Haram.

Par Jeune Afrique avec AFP

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