La deuxième ronde de pourparlers russo-ukrainiens est en cours

« Je dois parler à Poutine (…) car c’est le seul moyen d’arrêter cette guerre », affirme le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui dit être « prêt à aborder toutes les questions »

Plusieurs hommes sont assis de part et d'autre d'une table, avec des feuilles devant eux.

Mikhaïlo Podoliak (en haut, à droite), conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky, a publié sur Twitter cette photo des deux délégations à la table des négociations. Photo : Twitter/Mikhaïlo Podoliak

La deuxième ronde de pourparlers entre Moscou et Kiev visant à mettre un terme à la guerre qui dévaste l’Ukraine est en cours. Les bombes n’en continuent pas moins de s’abattre sur plusieurs villes ukrainiennes et les perspectives d’une entente apparaissent minuscules, si l’on en croit le Kremlin et l’Élysée.

La reprise des discussions, qui se déroulent à la frontière entre la Pologne et le Bélarus, a été confirmée sur Twitter par Mikhaïlo Podoliak, conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Il a publié du même coup une photo des membres des deux délégations à la table des négociations.

« Nous commençons à discuter avec les représentants russes. Les points clés à l’agenda sont un cessez-le-feu immédiat, un armistice et des couloirs humanitaires pour l’évacuation des civils des villes et villages détruits ou constamment bombardés. »— Une citation de  Mikhaïlo Podoliak, conseiller du président ukrainien

Le programme au minimum : des couloirs humanitaires. Le reste sera selon les circonstances , avait précédemment indiqué sur Facebook, David Arakhamia, leader parlementaire du parti du président Zelensky. Il avait publié une photo le montrant avec M. Podoliak près de l’hélicoptère devant les transporter vers le site des discussions.

En conférence de presse, jeudi après-midi, le président Zelensky a dit vouloir négocier directement avec son homologue russe Vladimir Poutine. Je dois parler à Poutine (…) car c’est le seul moyen d’arrêter cette guerre, a-t-il déclaré, se disant ouvert et prêt à aborder toutes les questions avec le président russe.David Arakhamia et Mikhaïlo Podoliak, devant un hélicoptère.

Le député ukrainien David Arakhamia a publié sur sa page Facebook une photo où on le voit en compagnie du conseiller présidentiel Mikhaïlo Podoliak, avant leur décollage en hélicoptère.

PHOTO : FACEBOOK/DAVID ARAKHAMIA

Dans une vidéo publiée en matinée, le président Zelensky avait indiqué que son gouvernement fait tout ce qu’il peut pour établir de tels corridors afin de mettre les civils à l’abri des bombes, notamment à Kiev, à Kharkiv et dans d’autres villes du sud, mais aussi pour faire entrer du matériel médical dans les villes attaquées.

Le conseil municipal de la Ville de Marioupol a notamment fait savoir qu’il tentait de créer un tel corridor humanitaire pour que les habitants puissent quitter la ville, bombardée depuis plusieurs jours et maintenant assiégée par l’armée russe.

Nous n’avons ni électricité, ni eau, ni chauffage, a écrit le conseil. Marioupol demeure sous le feu des armes. Les femmes, les enfants et les personnes âgées souffrent. On est en train de détruire notre pays. C’est un génocide du peuple ukrainien, s’est indigné le conseil.

« Ils ont détruit les ponts, détruit les trains pour nous empêcher de sortir nos femmes, enfants et vieillards. Ils nous empêchent de nous approvisionner. Ils cherchent à imposer un blocus, comme à Leningrad. »— Une citation de  Vadym Boïtchenko, maire de Marioupol, sur TelegramUn homme blessé sur une civière entouré de secouristes.

Des ambulanciers paramédicaux prennent en charge un homme blessé par un bombardement dans un quartier résidentiel de Marioupol, dans le sud-est du pays, où un hôpital de maternité a été converti pour soigner les blessés.

PHOTO : ASSOCIATED PRESS / EVGENIY MALOLETKA

L’endroit exact où se déroulent ces négociations n’a pas été révélé. Mercredi, le négociateur russe Vladimir Medinski a indiqué qu’elles auraient lieu dans la région de Bialowieza, une localité polonaise proche de la frontière avec le Bélarus.

Un premier round de pourparlers a eu lieu lundi à la frontière ukraino-bélarusse, dans la région de Gomel. Elle s’est soldée sans entente, les négociateurs s’étant retirés pour consultations dans leur capitale respective. L’Ukraine exigeait alors un cessez-le-feu immédiat et le départ de l’armée russe.

« Le pire est à venir », craint Macron

La perspective d’une entente entre Kiev et Moscou apparaît toutefois lointaine, si l’on en croit les propos rapportés par le Kremlin et l’Élysée dans la foulée d’une nouvelle discussion entre les présidents russe et français, Vladimir Poutine et Emmanuel Macron.

Au terme de cette discussion d’une heure et demie, M. Macron croit que le pire est à venir dans ce conflit, qui a déjà fait des centaines de morts de part et d’autre, entraîné d’importants dégâts matériels et poussé plus d’un million d’Ukrainiens à fuir leur pays.

« L’anticipation du président (Macron) est que le pire est à venir compte tenu de ce que lui a dit le président Poutine. »— Une citation de  déclaration de l’Élysée

Selon l’Élysée, le maître du Kremlin a fait part de sa très grande détermination à poursuivre son offensive, dont le but est de prendre le contrôle de toute l’Ukraine, un pays d’environ 45 millions d’habitants qui a obtenu son indépendance en 1991, dans le foulée de l’effondrement de l’Union soviétique.

La présidence française affirme que M. Poutine a affirmé que l’opération de l’armée russe se développait selon le plan prévu par Moscou et qu’elle allait s’aggraver si les Ukrainiens n’acceptaient pas ses conditions, a indiqué la présidence.

Toujours selon l’Élysée, le président Macron a déclaré au président russe qu’il commettait une erreur grave sur le régime ukrainien, qui n’est pas naziTu te racontes des histoires, tu recherches des prétextes, lui a-t-il dit, a rapporté la présidence française, en l’invitant à ne pas se mentir.

Nous allons durcir les sanctions contre la Russie, a par ailleurs réaffirmé la présidence, en estimant qu’il s’agissait d’un outil très puissant comme on le voit dans l’effondrement du rouble.

Le Kremlin a pour sa part indiqué que le président russe a informé Emmanuel Macron de son intention de poursuivre sans compromis son offensive contre les nationalistes en Ukraine et a menacé d’ajouter des exigences supplémentaires à sa liste déjà longue de demandes envers Kiev en vue de pourparlers.

M. Poutine a déjà indiqué qu’il souhaitait obtenir la démilitarisation, la dénazification et une déclaration de neutralité de la part des autorités ukrainiennes.

Dans un précédent entretien avec le président Macron, il a aussi évoqué la reconnaissance de la souveraineté russe sur la Crimée, territoire ukrainien qu’il a annexé en 2014, sans que cela ne soit reconnu par la communauté internationale.Sergueï Lavrov.

Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères.

PHOTO : GETTY IMAGES / GEORG HOCHMUTH

La situation sur le terrain est incontestablement très défavorable, a aussi commenté le premier ministre français Jean Castex, en précisant que, incontestablement, il apparaît que Vladimir Poutine campe sur ses positions, sur sa volonté de démilitarisation de l’Ukraine, de reddition de l’Ukraine, et ceci n’est évidemment pas acceptable.

Face à Moscou, il faut une très grande fermeté sur les principes et dans les sanctions, tout en recherchant la paix par le dialogue, ce qui est incontestablement très difficile, a-t-il ajouté.

« Le point de départ, c’est le cessez-le-feu. On ne négocie pas avec un pistolet sur la tempe (…). On ne négocie pas sous la terreur. »— Une citation de  Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères de la France

Selon le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, la cause d’un cessez-le-feu sera également portée par la France au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations uniesONU, par le dépôt d’un projet de résolution exigeant l’arrêt des hostilités. La Russie dispose cependant d’un droit de veto au Conseil, droit qu’elle a utilisé la semaine dernière pour battre une résolution condamnant son invasion de l’Ukraine.

Les États-Unis vont eux aussi soutenir des efforts diplomatiques de Kiev pour obtenir un cessez-le-feu avec Moscou, même si c’est beaucoup plus difficile d’y parvenir quand les tirs résonnent et les chars avancent, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

Lavrov souffle le chaud et le froid

L’échange entre MM. Macron et Poutine avait été annoncé en direct dans la matinée par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse en ligne.

La France a une tradition assez ancienne d’être intermédiaire dans les conflits, a-t-il fait remarquer, en soulignant que Moscou serait ravi si la France réussissait dans cette mission.

M. Lavrov a soufflé le chaud et le froid dans cette conférence de presse, soulignant d’une part qu’il n’avait aucun doute quant à la possibilité de trouver une solution à la crise ukrainienne, mais en évoquant d’autre part la perspective d’un conflit nucléaire.

« Tout le monde sait qu’une troisième guerre mondiale ne peut être que nucléaire, mais j’attire votre attention sur le fait que c’est dans l’esprit des politiques occidentaux, pas dans celui des Russes. »— Une citation de  Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Russie

De son côté, le responsable du département russe de la coopération européenne au ministère des Affaires étrangères, Sergei Ryabkov, a affirmé que Moscou maintient des contacts avec Washington, principalement à travers ses ambassades.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, New York Times et BBC

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