Guerre en Ukraine : l’amélioration de la défense de l’Amérique du Nord est réclamée

Deux chasseurs F-22 volent en formation serrée.

Deux chasseurs F-22 du NORAD lors d’un exercice (archives) Photo : The AP/TED S. Warren

La décision du président russe Vladimir Poutine de mettre l’arsenal nucléaire de son pays en état d’alerte la fin de semaine dernière a relancé les discussions à Ottawa et à Washington sur l’amélioration de la défense de l’Amérique du Nord.

Les gouvernements canadiens et américains qui se sont succédé promettent depuis des années de moderniser le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, aussi appelé NORAD, créé pendant la guerre froide pour protéger le continent nord-américain contre une attaque soviétique.

Pourtant, malgré les avertissements de plus en plus urgents de hauts gradés militaires des deux côtés de la frontière, plusieurs attendent toujours que le Canada agisse.

Le commandant du NORAD, le général américain Glen VanHerck, a évoqué cette semaine la menace croissante à laquelle l’Amérique du Nord est exposée au moment où la Russie et la Chine mettent au point et déploient des armes à longue portée qui peuvent frapper le Canada ou les États-Unis et que le système actuel ne peut pas détecter.

Il s’agit notamment d’armes nucléaires et non nucléaires, y compris les missiles hypersoniques et de croisière que le président russe Vladimir Poutine a mis en état d’alerte le week-end dernier en représailles au soutien de l’OTAN à l’Ukraine.M. VanHerck en uniforme militaire.

Glen VanHerck, commandant du NORAD Photo : Getty Images/Win McNamee

La modernisation du NORAD s’éternise

Lors de son témoignage devant un comité du Congrès américain mardi, M. VanHerck a affirmé que la croyance populaire selon laquelle le Canada et les États-Unis pourraient déployer des forces à volonté en raison de la sécurité géographique du continent s’érode depuis plus d’une décennie.

« Nous devons améliorer notre capacité de détecter et de suivre les menaces potentielles partout dans le monde tout en fournissant des données aux décideurs le plus rapidement possible. »— Une citation de  Glen VanHerck, commandant du NORAD

Le gouvernement Trudeau insiste pour que la modernisation du NORAD soit une priorité absolue. À cette fin, le Canada et les États-Unis ont publié plusieurs déclarations conjointes au fil des ans pour insister sur la nécessité de moderniser le système. Ottawa a également réservé un montant initial de 163 millions de dollars en vue de cet effort l’an dernier.

Bien que les États-Unis aient agi sur plusieurs fronts, y compris le déploiement de nouveaux intercepteurs de missiles et de systèmes d’intelligence artificielle pour combiner des données issues de diverses sources afin de détecter une attaque, le Canada a été en grande partie silencieux.

Où en sommes-nous? s’est interrogé le professeur James Fergusson, de l’Université du Manitoba, un des plus grands experts canadiens du NORAD.

S’ils le savent, ils ne le disent pas, a-t-il souligné.

Le Système d’alerte du Nord canadien est désuet

Lors d’une visite officielle à Ottawa en décembre dernier, M. VanHerck a dit aux journalistes qu’il attendait des directives politiques quant à la mise à niveau de la contribution clé du Canada au NORAD, une série de radars construits dans l’Arctique canadien dans les années 1980, appelés le Système d’alerte du Nord.

Les responsables militaires avertissent depuis des années que le Système d’alerte du Nord, construit pour détecter les bombardiers russes qui approcheraient de l’Amérique du Nord depuis l’Arctique, est désuet en raison de la mise au point de missiles à plus longue portée.

Interrogée la semaine dernière, la ministre canadienne de la Défense, Anita Anand, a dit avoir eu plusieurs discussions avec le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, au sujet de la modernisation du NORAD et du Système d’alerte du Nord.

La ministre Anand n’a pas fourni de détails mais a souligné que le gouvernement fédéral a attribué un contrat de 592 millions de dollars en janvier à une entreprise inuit, Nasittuq Corp., pour exploiter et entretenir les radars à longue et à courte portée du système.

Avec La Presse canadienne

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