Mali : deuil national après une attaque jihadiste meurtrière contre l’armée

Les Forces armées maliennes lors d’une formation avec les forces spéciales françaises, dans la base militaire de Menaka, au Mali, le 7 décembre 2021. © Thomas Coex, AFP

Menées, selon certaines sources, par plusieurs centaines de jihadistes, l’attaque a fait au moins 27 morts et de nombreux blessés au sein des Forces armées maliennes, au moment où la France a annoncé la fin de l’opération Barkhane. L’armée malienne ne cesse depuis des semaines de proclamer des succès contre les terroristes.

C’est l’attaque la plus meurtrière rapportée contre les Forces armées maliennes (Fama) depuis plusieurs mois. Le 4 mars, vers 05 h 30, au camp de Mondoro dans le centre du Mali, au moins 27 soldats ont été tués, 33 blessés, dont 21 graves, et 7 « portés disparus », a annoncé l’armée dans un communiqué.

Selon l’armée, 47 assaillants ont été « neutralisés » dans la matinée et 23 autres l’ont été à la suite d’un « ratissage sur les sanctuaires terroristes ». Un deuil national de trois jours à compter de samedi a été décrété par le gouvernement de transition d’Assimi Goïta.

Retrait militaire européen

Cette attaque survient en pleine reconfiguration militaire. Au cours des derniers mois sont arrivés au Mali de nombreux renforts présentés par les autorités maliennes comme des instructeurs russes et par les Occidentaux comme des mercenaires appartenant au groupe Wagner. La France, à travers l’opération Barkhane, et ses alliés européens au sein du regroupement de forces spéciales Takuba viennent, eux, d’annoncer leur retrait militaire du Mali. Sur fond de vives tensions diplomatiques entre la junte au pouvoir depuis 2020 et certains des partenaires du Mali, au premier rang desquels Paris, l’armée malienne ne cesse depuis des semaines de proclamer des succès contre les jihadistes, revendiquant la mort de dizaines de jihadistes ces derniers mois.

Un communiqué publié cette semaine assurait que « la peur [avait] changé de camp, l’ennemi est en fuite vers les frontières ou en dissimulation dans la population ». Ces informations sont difficilement vérifiables faute d’accès au terrain ou de sources pouvant s’exprimer.

Dans la jouréne du 4 mars, plusieurs sources au Mali avaient indiqué qu’une attaque avait fait de nombreux morts à Mondoro. Une source militaire française sous couvert de l’anonymat avait indiqué que le bilan de cette attaque menée par plusieurs centaines de jihadistes avait fait entre 40 et 50 morts. La source affirmait que 21 véhicules avaient été saisis par les jihadistes, dont plusieurs blindés. En outre, selon cette même source, « les Fama n’ont pas demandé l’appui de Barkhane ».

Situation de blocus

Proche de la frontière avec le Burkina Faso, le camp de Mondoro a été à plusieurs reprises par le passé la cible d’attaques de groupes jihadistes qui opèrent dans la zone depuis plusieurs années. Les habitants dénoncent une situation de blocus imposé par les jihadistes, malgré la présence de l’armée. Une opération contre le camp et celui de Boulkessi, proche, avait fait une cinquantaine de morts parmi les soldats en septembre 2019. Depuis 2019, le village de Mondoro est isolé et les télécommunications sont des plus aléatoires. Le camp se trouve dans l’un des principaux foyers de la violence qui, partie du nord du Mali avec des insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012, s’est étendue au centre et au Burkina et au Niger voisins.

Deux tiers du territoire malien échappent au contrôle de l’État. La propagation jihadiste, sous affiliation d’Al-Qaïda ou de l’organisation État islamique, commence à toucher plus au sud, la Côte d’Ivoire ou le Bénin par exemple, menaçant de gagner le golfe de Guinée.

Les agissements jihadistes, conjugués aux violences intercommunautaires, aux actes crapuleux mais aussi aux exactions de l’armée, ont fait des milliers de morts, civils et militaires, et des centaines de milliers de déplacés. Plus de 30 soldats avaient été tués en mars 2021 à Tessit dans une telle opération, revendiquée par l’organisation État islamique. Toutefois, au cours des derniers mois, les pertes humaines effectivement rapportées dans les rangs de l’armée avaient diminué. Mais une chose est sûre, l’insécurité contribue à l’instabilité politique dans la région.

Avec Jeune Afrique par AFP

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