Environ 200 000 emplois sont menacés par les sanctions à Moscou

Les sanctions occidentales prises contre la Russie dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine commencent à peser sur les travailleurs russes, notamment ceux à l’emploi d’entreprises étrangères. Photo : Reuters/Maxim Shemetov

Au moins 200 000 emplois sont menacés à Moscou par le départ ou l’arrêt des activités d’entreprises étrangères, dans la foulée de l’offensive russe contre l’Ukraine, a annoncé lundi le maire de la capitale russe.

Dans un message sur son site, Sergueï Sobianine a indiqué qu’un plan d’aide de 3,6 milliards de roubles (environ 54 millions de dollars canadiens) avait été adopté la semaine dernière pour aider les Moscovites risquant un licenciement.

Ce programme concerne avant tout les employés d’entreprises étrangères qui ont suspendu temporairement leurs activités ou décidé de quitter la Russie. Selon nos estimations, environ 200 000 personnes risquent de perdre leur emploi, a indiqué le maire.

La mairie va proposer aux employés de sociétés étrangères au chômage technique des emplois temporaires permettant des compléments de revenus comme la gestion des archives ou la réparation d’équipements municipaux.

La municipalité dit aussi prévoir des subventions pour financer des reconversions professionnelles.

Selon la mairie, des aides financières pour les familles devraient être offertes, en vertu d’un récent décret présidentiel, et des mesures prises pour faciliter les emprunts des petites et moyennes entreprises.

Enfin, la Ville de Moscou dit avoir construit, sans préciser de date, trois usines de médicaments pour compenser la suspension des importations pharmaceutiques, dont dépendent fortement les Russes.

Dans ce domaine, un grand travail nous attend, les résultats mettront des années à arriver, a indiqué M. Sobianine.

Soutenir le rouble

Par ailleurs, le Kremlin a déclaré lundi que les pays inamicaux disposent encore de temps pour choisir le paiement en roubles du gaz qu’ils importent de Russie.

Le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, a refusé de préciser combien de pays ont jusqu’à maintenant accepté ce changement imposé par Moscou.

À la fin du mois de mars, le président russe a signé un décret exigeant des clients étrangers qu’ils paient leur gaz et leur pétrole en roubles, faute de quoi les livraisons pourraient être interrompues.

Cette décision devait permettre à la Russie de soutenir sa monnaie nationale, malmenée par les sanctions.

Or, plusieurs pays européens ont dénoncé cette initiative. L’Allemagne – largement dépendante du gaz russe – a évoqué un chantage de Vladimir Poutine, dénonçant le changement de modalités de contrats pourtant déjà conclus.

Radio-Canada Aavec les informations de Agence France-Presse et Reuters

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