Emmanuel Macron remporte l’élection présidentielle française

Il pose devant le palais de l'Élysée.

Le président français Emmanuel Macron a été réélu dimanche pour un second mandat de cinq ans face à sa rivale Marine Le Pen, qui réalise le plus important score de l’extrême droite à une élection présidentielle depuis le début de la Ve République, en 1958.

Le chef de l’État sortant obtient entre 57,6 % et 58,2 % des voix, selon les estimations.

Les Français ont donc choisi de reconduire un président centriste libéral et très pro-européen face à une candidate radicale qui a la priorité nationale au cœur de son projet et qui est extrêmement critique vis-à-vis de l’Union européenne.

Emmanuel Macron, 44 ans, est le premier président français à être réélu pour un second mandat en 20 ans depuis Jacques Chirac, en 2002, face au père de Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen.

Toutefois, cette élection s’inscrit dans un contexte d’abstention record, estimée à 27,8 % par la firme de sondage IFOP, un taux inédit pour un second tour depuis 1969 (31,3 %).

Le réflexe du front républicain ou du barrage à l’extrême droite, qui avait fonctionné il y a cinq ans, a cette fois-ci été moindre chez une partie des électeurs hostiles au président et lassés par la reprise du duel Macron-Le Pen.

À titre de comparaison, M. Macron avait remporté 66,10 % des suffrages en 2017, devançant largement Mme Le Pen (33,90 %).

Des athlètes canadiens qui tiennent des drapeaux du Canada.

Suite à sa défaite au second tour de la présidentielle française, Marine Le Pen s’est adressée à ses partisans.

Les défis de Marcon

À 53 ans, Mme Le Pen porte l’extrême droite à un niveau record en France, laissant augurer des temps difficiles pour le président réélu, dont le premier défi sera d’obtenir une majorité aux législatives de juin.

Il devra rassembler des Français divisés et répondre à une colère très prégnante depuis la crise des gilets jaunes de 2018-2019, qui n’a jamais été véritablement réglée.

Il devra aussi répondre aux angoisses suscitées par les successions de crises, de la pandémie de COVID-19 à la guerre en Ukraine.

Très discret, voire absent lors de la campagne du premier tour, M. Macron n’a pas ménagé sa peine par la suite, multipliant les déplacements, organisant de grandes réunions et s’adressant prioritairement à l’électorat de gauche, apparu comme l’arbitre du scrutin après que le tribun Jean-Luc Mélenchon est arrivé troisième au premier tour avec près de 22 % des voix.

Lors de sa dernière grande réunion, à Marseille, il y a une semaine, M. Macron, très critiqué sur son bilan vert, a promis qu’un nouveau quinquennat sous son règne serait écologique ou ne serait pas et a promis un renouvellement de la politique.

Souvent qualifié de président des riches, M. Macron a multiplié les gestes envers cet électorat de gauche, semblant prêt à des concessions sur certains points, notamment sa controversée et emblématique réforme des retraites, qu’il n’a pas réussi à mettre en œuvre au cours de son premier mandat.

Les abstentions

Ces promesses n’ont pas suffi à faire baisser le taux d’abstention lors de ce deuxième tour, qui tombait aussi au début des vacances scolaires, ni à susciter un fort vote d’adhésion.

Ainsi, Nicolas Moreau, 44 ans, conseiller municipal à Bersée, a expliqué avoir effectué un vote par obligation. Même constat chez Véronique, une habitante de Bersée, pour qui, entre les deux choix, on essaye de choisir le moins mauvais.Marine Le Pen vote.

Marine Le Pen lors de son vote pour le deuxième tour de la présidentielle, dimanche. Photo: Getty Images/Sylvain Lefevre

Battue pour la troisième fois de sa carrière à une élection présidentielle, Mme Le Pen, 53 ans, n’a pas réussi à briser le plafond de verre que représente en France l’éventualité d’une victoire de l’extrême droite. Avec son score élevé, elle place néanmoins sa famille politique et ses idées radicales encore plus au cœur de la scène française.

« Je poursuivrai mon engagement pour la France. »— Une citation de  Marine Le Pen

Mme Le Pen récolte ainsi les fruits d’une stratégie de dédiabolisation patiemment menée depuis une décennie. Elle a lissé et adouci son discours, banalisé son image, se montrant proche des préoccupations des Français, même si, sur le fond, son programme reste aussi radical, notamment en ce qui a trait à l’immigration et aux institutions.

Le plus dur commence avec un nouveau rendez-vous électoral, celui des élections législatives, en juin, où le président tentera d’asseoir sa majorité, tandis que ses opposants tenteront de se rendre incontournables.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

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