L’Union européenne veut se débarrasser du pétrole russe d’ici six mois

Une station service en Allemagne.

L’embargo sur le pétrole russe risque d’entraîner une hausse du prix de l’essence sur le territoire de l’Union européenne. Photo : Getty Images/Maja Hitij

Embargo sur le pétrole russe, déconnexion d’autres banques du système SWIFT, interdiction de diffusion pour certains médias : la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a officiellement dévoilé mercredi son sixième train de sanctions destiné à punir la Russie pour son agression militaire de l’Ukraine.

La pièce de résistance de ces sanctions, qui doivent encore être validées, est la mise en œuvre d’ici six mois d’un embargo sur le pétrole russe, qui compte actuellement pour environ 25 % des importations des 27 pays membres de l’Union européenne (UE).

Les produits raffinés seraient aussi interdits d’ici la fin de l’année. Il s’agira d’un embargo total sur l’ensemble du pétrole russe, livré par voie maritime ou via des oléoducs, brut ou raffiné, a expliqué Mme von der Leyen.

Ça ne sera pas facile, car certains États membres sont fortement dépendants du pétrole russe. Mais nous nous devons de le faire.

« Poutine doit payer le prix, et le prix fort, pour son agression brutale. »— Une citation de  Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne

La cheffe de l’exécutif européen n’a pas évoqué de dérogations à cet embargo, mais des diplomates européens annoncent depuis déjà quelques jours que la Hongrie et la Slovaquie, deux pays enclavés très dépendants du pétrole russe, seront exemptés de l’embargo jusqu’à la fin de 2023.Ursula von der Leyen, souriante, marche dans une enceinte.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à son arrivée pour une session du Parlement européen, mercredi, à Strasbourg. Photo : Getty Images/AFP/Patrick Hertzog

Le front uni que souhaite présenter l’Union européenne devant la Russie menace toutefois de se fissurer en Hongrie, où le premier ministre nationaliste Viktor Orban, qui a noué des liens étroits avec Vladimir Poutine, a rejeté jusqu’ici tout embargo sur le pétrole ou le gaz venus de Moscou.

Nous ne voyons pas de plan concernant la manière de réussir une transition sur la base des propositions actuelles et de garantir la sécurité énergétique de la Hongrie, a commenté le service de presse du gouvernement hongrois, sans s’avancer clairement sur un rejet du projet de la Commission européenne.

Nous ne voterons pas pour des sanctions qui rendraient impossible l’approvisionnement de la Hongrie en pétrole ou en gaz, avait prévenu mardi le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto.

« Il ne s’agit pas d’une décision politique […] c’est une véritable question d’approvisionnement pour nous, car il est actuellement impossible de faire fonctionner la Hongrie et son économie sans le pétrole russe. »— Une citation de  Peter Szijjarto, ministre hongrois des Affaires étrangères, mardiViktor Orban, assis, parle avec un homme qui se tient debout.

Le premier ministre de la Hongrie, Viktor Orban, lors de la session inaugurale du Parlement, à Budapest, le 2 mai 2022. Photo : Reuters/Bernadett Szabo

Le ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce, Jozef Sikela, a jugé qu’il manquait un mécanisme visant à répartir les contraintes consécutives à cet embargo sur le pétrole russe.

La proposition ne précise pas […] comment les volumes manquants seront répartis équitablement afin de partager cette charge, et il manque aussi une proposition sur des achats et une distribution groupés, a-t-il déclaré à Reuters. C’est encore à l’étude, mais pour moi, c’est un problème, a-t-il dit.

Le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, a soutenu que son pays serait en mesure de supporter l’embargo sur le pétrole en tant que nation, mais a prévenu que des perturbations dans son approvisionnement pourraient survenir.

Il a notamment précisé que la raffinerie PCK située à Schwedt, dans l’État régional du Brandebourg, et qui appartient au conglomérat russe Rosneft pourrait particulièrement être concernée. Celle-ci fournit environ 90 % du pétrole consommé à Berlin et dans la région environnante, y compris l’aéroport de Berlin Brandebourg (BER).

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a a réagi en faisant valoir que des sanctions européennes était une arme à double tranchantEn essayant de nous faire mal, ils devront aussi payer le prix fort. Ils le payent déjà. Et le coût des sanctions pour les citoyens de l’Europe va croître de jour en jour, a-t-il dit.

D’autres banques russes dans la ligne de mire

Le nouveau train de sanctions européennes propose également de déconnecter trois autres banques du système interbancaire SWIFT, dont Sberbank, la plus importante institution bancaire russe. Sept autres banques russes ont été déconnectées du système début mars, mais Sberbank avait été épargnée, tout comme Gazprombank.

Selon une source européenne, Credit Bank of Moscow et Russian Agricultural Bank seraient les autres banques visées par cette mesure, qui vise à renforcer l’isolement complet du système financier russe du système mondial , selon Mme von der Leyen.

La Commission européenne suggère également d’interdire trois autres chaînes de télévision publiques russes sur le territoire des 27, que ce soit sur le câble, via satellite, sur internet ou par le biais d’applications, a précisé la cheffe de l’exécutif européen.

Selon des diplomates, RTR-Planeta et R24 seraient touchées par cette décision, qui vise à contrer la désinformation  russe. Deux autres médias russes, Sputnik et RT, sont déjà interdits de diffusion sur le territoire des 27 depuis environ deux mois.

La Commission européenne propose également d’ajouter les noms de 58 personnalités russes à la liste noire  des personnalités ciblées par des sanctions individuelles [d’interdiction d’entrée sur le territoire européen et gels d’avoirs].

Cela inclurait notamment trois membres de la famille du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, et le chef de l’Église orthodoxe russe, le patriarche Kirill, qui a multiplié les sermons soutenant la guerre du Kremlin en Ukraine.

Les ambassadeurs des pays membres auprès de l’UEUnion européenne devraient se réunir d’ici la fin de la semaine pour se prononcer sur ce nouveau train de sanctions.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

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Une Réponse to “L’Union européenne veut se débarrasser du pétrole russe d’ici six mois”

  1. Bouesso Says:

    Il faut faire vite !

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