Canada-Violence conjugale : les premiers bracelets antirapprochement déployés au Québec

Gros plan d'une cheville portant le bracelet antirapprochement doté d'un dispositif électronique.

Le bracelet antirapprochement est porté à la cheville du contrevenant. Photo: Radio-Canada

Le Québec est devenu vendredi la première autorité au Canada et la septième dans le monde à déployer des bracelets antirapprochement, destinés à prévenir la violence conjugale et les féminicides.

Les 20 premiers bracelets ont été mis en service à partir de l’établissement de détention et du palais de justice de Québec.

Pour marquer le coup, le ministère de la Sécurité publique avait invité les représentants des médias à une démonstration du fonctionnement de l’appareil vendredi matin.

Deux parties

Le bracelet antirapprochement est un outil électronique de géolocalisation composé de deux parties : un bracelet que porte le contrevenant à la cheville et un dispositif connecté, remis à la victime.

Lorsque l’individu qui porte le bracelet s’approche de la personne protégée au-delà d’un périmètre prédéfini, un signal est émis pour alerter les autorités et, éventuellement, la victime.L'application ouverte sur l'écran montre l'état de la batterie et donne l'option d'appuyer sur une touche « panique » et une touche « support ».

La personne protégée installe une application sur son téléphone lui permettant d’être alertée en cas et de communiquer avec les policiers. Photo: Radio-Canada

Le déploiement des bracelets antirapprochement va se poursuivre jusqu’à l’automne. À la fin de l’opération, 500 appareils répartis dans les différentes régions du Québec auront été mis en service.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, est persuadée que l’utilisation des bracelets permettra de sauver des vies.

C’est révolutionnaire

Chaque féminicide est un drame de trop. On se demande à chaque fois si on aurait pu l’empêcher, mais je pense qu’une des meilleures façons de tirer quelque chose de constructif de ces drames-là, qui sont beaucoup trop nombreux depuis deux ans, c’est justement d’avoir des actions concrètes pour la sécurité des femmes et ce bracelet-là, je le répète, c’est révolutionnaire, a déclaré la ministre.

« Quand on regarde factuellement les statistiques ailleurs, il y a toutes les raisons de penser que ça va fonctionner ici et qu’on va enfin éviter des meurtres de femmes. »— Une citation de  Geneviève Guilbault, ministre québécoise de la Sécurité publique

Mme Guilbault espère maintenant que le gouvernement fédéral, qui gère les pénitenciers, va emboîter le pas au Québec.Geneviève Guilbault lors d'une mêlée de presse à l'Établissement de détention de Québec; elle est entourée d'agents des services correctionnels qui portent un couvre-visage.

Geneviève Guilbault a mentionné que le bracelet antirapprochement avait fait ses preuves là où il a été utilisé. Photo: Radio-Canada

Au Canada, les personnes devant purger une peine de prison de deux ans ou plus sont admises dans un pénitencier, un établissement de détention qui relève du fédéral.

Recommandation

Les contrevenants condamnés à une peine de moins de deux ans sont pour leur part incarcérés dans un établissement de détention administré par le provincial.

Au Québec, l’utilisation du bracelet anti-rapprochement faisait partie des recommandations formulées en décembre 2020 par le comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale dans son rapport intitulé Rebâtir la confiance.

Radio-Canada avec la collaboration de Pierre-Alexandre Bolduc et Camille Carpentier

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