Mort de Jean Lèques, la Nouvelle-Calédonie salue un « homme de paix »

Mort de Jean Leques, la Nouvelle-Caledonie salue un "homme de paix"
Mort de Jean Lèques, la Nouvelle-Calédonie salue un « homme de paix »© AFP/Archives/Claudine WERY

Jean Lèques, emblématique maire de Nouméa de 1986 à 2014, est mort à l’âge de 90 ans, suscitant de nombreux hommages de la classe politique néo-calédonienne envers cet « homme de paix et de conviction », ardent défenseur du maintien de l’île dans la France.

Affaibli depuis plusieurs années, Jean Lèques est décédé « paisiblement » à son domicile, a-t-on appris mercredi auprès de ses proches.

« Jean Léques a consacré sa vie à la #NouvelleCalédonie et en restera à jamais une éminente figure », a tweeté la ministre des Outre-mer, Yaël Braun-Pivet, saluant « la mémoire de ce grand engagé ».

Sonia Lagarde, qui lui a succédé à la mairie de Nouméa en 2014, a salué « avec le plus grand respect » son « engagement » et son « exigence au service de sa ville », tandis que les drapeaux ont été mis en berne à la mairie, au siège du gouvernement, du Congrès et de la Province Sud.

« C’est un géant de la vie politique calédonienne qui nous a quittés », a pour sa part réagi le député Philippe Dunoyer, qui va en conséquence suspendre vendredi et samedi sa campagne pour les législatives.

Dans un communiqué, le gouvernement collégial, dont Jean Lèques fut le premier président de mai 1999 à mars 2001 après la signature de l’accord de Nouméa, a de son côté rendu hommage à « un homme de convictions, d’une grande culture et d’une mémoire hors du commun », qui « vouait une vraie passion à la Nouvelle-Calédonie ».

Retiré de la vie politique depuis 2014, Jean Lèques a été l’un des signataires de cet accord qui organise la décolonisation par étapes de la Nouvelle-Calédonie.

Homme de dialogue, il avait également signé les accords de Matignon, qui ont ramené la paix dans l’archipel du Pacifique Sud en 1988.

Elu pour la première fois en 1967 à l’Assemblée territoriale, Jean Lèques a été réélu dans cette institution, rebaptisée Congrès en 1989, sans discontinuer jusqu’en 2009.

Fervent catholique, ce démocrate chrétien avait d’abord milité à l’Union Calédonienne (UC), progressiste et multiraciale, avant de rejoindre les rangs du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR, affilié au RPR) en 1978 lorsque l’UC a pris fait et cause pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie.

L’un de ses derniers engagements politiques fut la présidence d’un « comité des sages », mis en place par l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, pour veiller à la bonne tenue de la campagne du premier référendum sur l’indépendance en 2018. Ce comité a également officié lors des référendums de 2020 et 2021.

Né le 31 août 1931 dans le quartier de la Vallée du Tir à Nouméa qu’il n’a jamais quitté, Jean Lèques, surnommé « Fifils » par tous les Calédoniens, était issu d’une famille présente sur « le Caillou » depuis la fin du XIXe siècle.

Après des études de droit en métropole, ce féru d’histoire américaine avait ouvert une étude de notaire à Nouméa.

Maire honoraire de Nouméa depuis 2014, il avait été élevé au rang de grand officier de la Légion d’honneur par le président de la République Emmanuel Macron, qui lui avait remis cette décoration en mai 2018 lors d’un déplacement à Nouméa

Par Le Point avec AFP

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