Mali : la junte Assimi Goïta s’offre deux ans de plus au pouvoir

Selon un décret signé par le président de la transition et rendu public dans la soirée du 6 juin, les militaires ont jusqu’à mars 2024 pour céder la place aux civils. La Cedeao a prévu de se réunir de nouveau le 3 juillet.

Assimi Goïta en août 2022, à Bamako FILE – Col. Assimi Goita meets with a high-level delegation from the West African regional bloc known as ECOWAS, at the Ministry of Defense in Bamako, Mali, Aug. 22, 2020. West Africa is grappling with a wave of military coups over the past 18 months that has some wondering which country could be next © AP/SIPA

Le décret a été lu ce lundi soir sur les ondes de l’ORTM : les militaires au pouvoir à Bamako se donnent désormais jusqu’à mars 2024 pour rendre le pouvoir aux civils. Cette annonce intervient au surlendemain d’un sommet de la Cédéao, laquelle avait imposé le 9 janvier dernier au Mali de sévères mesures de rétorsion commerciales et financières pour forcer la junte dirigée par Assimi Goïta à présenter un calendrier « acceptable » pour la gestion de la transition et l’organisation d’élections.

Vers un assouplissement des sanctions ?

Les colonels, qui ont pris le pouvoir par la force en août 2020 en renversant le président Ibrahim Boubacar Keïta (depuis décédé), n’ont pas respecté leur engagement initial de céder la place à des civils après des élections qui auraient dû se tenir en février dernier. Début 2022, ils avaient même provoqué la colère de la communauté internationale en annonçant leur intention de gouverner jusqu’à cinq années de plus – une décision « totalement inacceptable », avait alors tonné la Cedeao, estimant que cela signifiait « qu’un gouvernement militaire de transition illégitime prendr[ait] le peuple malien en otage au cours des cinq prochaines années ». Ils avaient par la suite ramené leurs prétentions à vingt-quatre mois, sans toutefois les formaliser comme ils l’ont fait ce lundi.

Ces dernières semaines, la poursuite du dialogue entre la Cedeao et la junte avait suscité au Mali un certain espoir de levée des sanctions. Les dirigeants ouest-africains les ont finalement maintenues, tout en gardant la porte ouverte en vue d’un assouplissement. Divisés sur la conduite à tenir, ils ont renvoyé toute décision à un nouveau sommet, qui sera organisé le 3 juillet, tout en affirmant « continuer le dialogue afin de parvenir à un accord permettant une levée graduelle des sanctions à mesure que les étapes de la transition seront franchies ».

L’effet du décret pris lundi sur les discussions avec la Cédéao est encore incertain. En juillet, il restera vingt mois et demi jusqu’à l’échéance fixée de mars 2024.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

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