RDC-Derniers hommages : Philippe Masegabio inhumé ce mercredi à la Nécropole 1

Une décoration à titre posthume du poète, Philippe Masegabio, est prévue par le chancelier des Ordres nationaux lors de la cérémonie funéraire à l’Hôpital du cinquantenaire, en matinée du 8 juin, à la suite de la veillée mortuaire organisée à sa résidence, la nuit du 7 au 8 juin.

Philippe Masegabio Nzanzu intervenant lors de la présentation du roman Gahi ou l'affaire autochtone (Adiac)

1 -Philippe Masegabio Nzanzu intervenant lors de la présentation du roman Gahi ou l’affaire autochtone / Adiac

Le Pr Philippe Masegabio Nzanzu est passé de vie à trépas, le 16 mai dernier, soit un mois jour pour jour après sa dernière apparition publique à l’occasion de la présentation du roman « Gahi ou l’affaire autochtone » d’Henri Djombo, le 16 avril. Intervenant à cette occasion, le critique littéraire avait alors salué l’initiative de l’auteur qui contribuait à renforcer le rapprochement des écrivains des deux rives du fleuve Congo à la bibliothèque du Centre Wallonie-Bruxelles.

Docteur en lettres et civilisation françaises formé à l’université Lovanium, l’actuelle Université de Kinshasa (Unikin), enseignant à l’Université pédagogique nationale jusqu’à sa mort, feu Philippe Masegabio était essentiellement poète et critique littéraire. Le monde littéraire congolais en deuil a perdu une de ses ferventes plumes mais aussi un brillant critique littéraire comme en a témoigné le nouvelliste Yoka Lye Mudaba. Il l’avait relevé haut et fort à la présentation du dernier essai critique du défunt, « Tchicaya U Tam’si, le feu et le chant. Une poétique de la dérision », qu’il s’était donné le plaisir de réaliser à sa demande, le 11 février 2020. Il en ressort notamment que le poète disparu a guidé ses « premiers pas de critique littéraire en herbe ». Ce, alors qu’il dirigeait la revue « Dombi » qu’il avait créée au sein de l’Office national de recherche et de développement.

Homme politique

Le Pr Yoka se souvient qu’en sa qualité de tout premier président de l’Union des écrivains zaïrois à sa création, en 1972, Masegabio l’a embarqué « dans le tout premier comité comme membre effectif », en dépit de sa fougue de « jeune Turc piaffant d’impatience et d’impertinence ». Et, vice-ministre, ministre de l’Information, puis ministre de la Culture sous le règne du maréchal Mobutu, en 1985-1986, il le «  prépare à rempiler à la tête de la Compagnie du théâtre national, afin d’y ramener la paix et une certaine rationalité managériale ». En tant qu’homme politique, il exerça également les fonctions de député, puis sénateur.Dernier essai critique de Philippe Masegabio, Tchicaya U Tam’si, le feu et le chant. Une poétique de la dérision (DR)

2 : Dernier essai critique de Philippe Masegabio, « Tchicaya U Tam’si, le feu et le chant. Une poétique de la dérision » / DR

Engagés dans un projet marquant leur engagement littéraire dans les années 2000, Yoka Lye a renseigné sur le fait qu’il avait été pensé un moyen d’unir les Congo. « Avec Masegabio ainsi que d’autres collègues et amis, nous nourrissions le vœu de construire le pont symbolique sur le Congo à partir de la littérature, et une synergie interactive, avec le pôle artistique et culturel de Lubumbashi, singulièrement de l’Unilu », a-t-il indiqué.

Spécialiste de la sémiologie littéraire et de Tchicaya U Tam’si, c’est dès lors grâce à sa thèse de doctorat défendue en 2014 à l’Unikin, qu’il confie: « j’ai pu, pour ainsi dire, faire davantage la connaissance de Tchicaya U Tam’si et me réconcilier avec sa poésie ».

Masegabio Nzanzu fut lauréat de quelques prix littéraires locaux, notamment la Médaille d’or du Mérite congolais des lettres,  deuxième prix de poésie Sébastien-Ngonso pour « Somme première » (1967), puis premier prix du concours de poésie organisé par le Goethe Institut et la Faculté des lettres de l’université Lovanium pour « Le temps des noces » (1968). Par ailleurs, l’Association internationale des parlements de langue française l’avait fait Commandeur de l’Ordre de la pléiade. La bibliographie de feu Philippe Masegabio, disparu à 77 ans, est essentiellement composée de recueils de poèmes. Parmi ses principales œuvres figurent « Somme première » (Poèmes 1967), « Le Zaïre Ecrit-Anthologie de la poésie zaïroise de langue française« (Horst Erdmann Verlag, 1976), « La Cendre Demeure« (Ed. Lokolé Dombi-Diffusion, 1983), « Fais-moi passer le lac des caïmans » (Dombi-Diffusion, 2006), « Le jour de l’Eternel : chants et méditations » (L’Harmattan, 2009), « Tchicaya U Tam’si : le feu et le chant, une poétique de la dérision » (L’Harmattan, 2017).

Avec Adiac Congo par Nioni Masela

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