Canada-Québec: De la guerre aux bancs d’école, des Ukrainiens entament leur francisation

Des Ukrainiens s’initient au français à Trois-RivièresDes étudiants sont assis à leur pupitre dans une salle de classe.

Le reportage de Raphaël Brouillette Photo : Radio-Canada

L’école de francisation du Cégep de Trois-Rivières a reçu une première vague d’étudiants ukrainiens. Plusieurs exilés de guerre ayant trouvé refuge dans la région ont commencé, lundi, leur cours de français.

Dans la classe de Joanne Leblanc, plus de la moitié des élèves sont Ukrainiens. Ils suivront un cours intensif d’une durée de 11 semaines, où du matin au soir, ils apprendront les bases du français.

C’est tout l’alphabet et les prononciations, explique la formatrice Joanne Leblanc. Ce que plusieurs immigrants ne savent pas c’est qu’il y a le français et le québécois. Lire, écrire et parler sont des choses bien différentes. On leur montre le français écrit et on transforme les ‘’je suis’’ en ‘’j’suis’’. 

Parmi les étudiants ukrainiens, il y a Natalya Harasymchuk. Natalya veut apprendre le français pour s’intégrer, mais aussi par respect pour sa terre d’accueil. C’est pour le moment en anglais qu’elle nous l’exprime. 

C’est une nécessité de maîtriser le français ici, reconnaît-elle. Je pense que c’est une façon de respecter tout le monde. C’est un peu difficile, mais c’est intéressant. 

Elle, son mari et leur fils vivent chez une famille québécoise depuis leur arrivée en sol canadien au début du mois de juin. L’Ukrainienne en profite pour répéter ses nouvelles notions de français avec sa famille d’accueil, dans l’espoir de retourner promptement à son premier amour professionnel. 

J’espère qu’on va apprendre le français rapidement. Je suis une enseignante et j’aimerais travailler dans ce domaine. J’aimerais enseigner aux enfants , explique-t-elle.

L’avantage de la région comme terre d’accueil

Le mari de Natalya mise, lui aussi, sur le cours de francisation pour retrouver son ancienne profession de camionneur. L’apprentissage de la langue est pour eux un défi de taille, mais selon Joanne Leblanc, ils la parleront plus vite en demeurant dans une région comme en Mauricie, où le français est la langue d’usage au travail. 

On sait qu’à Montréal, on peut vivre en anglais. De ce que les étudiants me disent, parler en anglais à Trois-Rivières, c’est plus difficile. Ils doivent apprendre le français , explique-t-elle.

S’il sont jumelés avec des personnes qui parlent beaucoup en français, ça pourrait venir assez naturellement, confirme Sandra Ranaivoarivelo, agente de francisation à l’École de français du Cégep de Trois-Rivières. J’ai des Ukrainiens qui sont déjà assez avancés. 

Les formatrices croient donc que les conditions sont propices à l’intégration de Natalya et sa famille. Il s’agit pour eux d’un passage obligé, car il est encore trop tôt pour envisager un retour à la contrée d’origine. En Ukraine, c’est très dangereux. On veut se développer ici, pour un certain temps. Et la suite, la vie nous le dira. 

Par Radio-Canada avec les informations de Raphaël Brouillette

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