En pleine mobilisation, la Russie remplace son général chargé de la logistique

Colonel général Mikhaïl Mizintsev.

La nomination du colonel général Mikhaïl Mizintsev aux commandes de la logistique a lieu au moment où l’offensive en Ukraine montre des difficultés en matière d’organisation. Photo: AP/Alexander Zemlianichenko

La Russie a annoncé samedi le remplacement de son plus haut gradé chargé de la logistique, à l’aube d’une vaste campagne de mobilisation et alors que l’offensive en Ukraine montre des difficultés en matière d’organisation.

Le général d’armée Dmitri Boulgakov a été relevé de ses fonctions de vice-ministre de la Défense de la Fédération de Russie en raison de son transfert vers un autre poste, a déclaré le ministère de la Défense dans un communiqué, sans donner de précisions.

Il a été remplacé par le colonel général Mikhaïl Mizintsev, qui dirigeait jusque-là le Centre de contrôle de la défense nationale, et sera désormais le vice-ministre de la Défense responsable du ravitaillement matériel et technique des forces armées, selon la même source.

Âgé de 60 ans, Mikhaïl Mizintsev a occupé de nombreux postes à responsabilité au sein de l’état-major au cours de sa longue carrière militaire.

Il est visé par des sanctions occidentales pour son rôle dans le siège de Marioupol, une ville portuaire du sud-est de l’Ukraine conquise en mai par les forces russes au prix d’importantes destructions.

Ce changement au sein de l’état-major intervient alors que le président Vladimir Poutine a annoncé cette semaine la mobilisation de centaines de milliers de Russes pour donner un nouvel élan à son offensive en Ukraine.

Cette mobilisation représente un important défi organisationnel, nécessitant de convoquer des réservistes aux quatre coins d’un territoire immense, les équiper, les acheminer vers des centres d’entraînement, puis au front.

Or l’intervention militaire en Ukraine a mis en lumière d’importantes difficultés en matière de logistique, les analystes mettant en avant ces carences comme l’une des raisons expliquant les difficultés rencontrées par les troupes russes dès le début de l’offensive.

Peines plus lourdes pour refus de combattre

Le président russe, Vladimir Poutine, a signé samedi des amendements prévoyant jusqu’à 10 ans de prison pour les militaires qui se rendent ou refusent de combattre en période de mobilisation, comme c’est le cas actuellement.

Ces amendements au Code pénal, qui avaient été votés par le Parlement cette semaine, ont été publiés sur le portail juridique du gouvernement et sont donc entrés en vigueur.

Ils prévoient notamment des peines allant jusqu’à 10 ans de prison pour les soldats qui désertent, se rendent sans autorisation à l’ennemi, refusent de combattre ou désobéissent aux ordres en période de mobilisation.

Des policiers russes détiennent une manifestante en Russie.

Des policiers russes détiennent une manifestante pendant un rassemblement à Moscou contre la mobilisation des réservistes ordonnée par le président, Vladimir Poutine. Photo : Reuters/ Reuters Photographer

Les actes de pillage sont également passibles de peines allant jusqu’à 15 ans de prison.

Ces changements législatifs interviennent alors que la Russie a décrété cette semaine une mobilisation partielle des réservistes pour combattre en Ukraine, où les forces de Moscou ont essuyé des revers ces dernières semaines.

Cet ordre de mobilisation, qui concerne selon les autorités 300 000 personnes, a suscité l’inquiétude de nombreux Russes, certains choisissant de quitter le pays.

Des soldats russes.

Des membres d’une unité des forces spéciales de l’armée russe. Photo: AP

Faciliter l’accès à la nationalité russe

Au moment où Moscou cherche par tous les moyens à recruter plus d’hommes pour aller au front en Ukraine, M. Poutine a également signé samedi une loi qui facilite l’accès à la nationalité russe pour les étrangers s’engageant dans l’armée.

Selon cette loi, elle aussi publiée sur le portail juridique du gouvernement, les étrangers qui rejoignent l’armée pour une durée d’au moins un an pourront demander la nationalité, sans avoir à justifier des cinq ans de résidence sur le territoire russe normalement requis.

Cette mesure semble s’adresser en premier lieu aux immigrés issus des ex-républiques soviétiques d’Asie centrale, qui occupent dans les grandes agglomérations, comme Moscou, les métiers les plus pénibles.

Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a d’ailleurs annoncé mardi l’ouverture prochaine d’un bureau de recrutement au sein même du tentaculaire centre administratif de Sakharovo, lieu de passage obligatoire pour les migrants.

Avant même la signature de la loi par M. Poutine, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan avaient appelé cette semaine leurs ressortissants à ne prendre part à aucun conflit.

Radio-Canada par Agence France-Presse

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