Congo-Décès de Joséphine Moutou-Bayonne : des témoignages sur une grande militante

Décédée le 24 octobre à Paris, en France, à l’âge de 93 ans, la sénatrice Joséphine Moutou-Bayonne, co-fondatrice du Parti congolais du travail (PCT), est, d’après de nombreux témoignages recueillis tant au plan national qu’au plan international, « une véritable défenseuse de la cause des femmes ».  

Joséphine Moutou-Bayonne, une icône de la politique nationale/DR

Le Sénat a annoncé officiellement, le 25 octobre, au cours d’une plénière spéciale présidée par son premier secrétaire, Julien Epola, la disparition de la sénatrice Joséphine Moutou-Bayonne.  Présidente de l’Union révolutionnaire des femmes du Congo (URFC) dans les années 1970, l’illustre disparue était sénatrice depuis 2002 et membre de la Commission économie et finances.

Selon des témoignages, Joséphine Moutou-Bayonne a gagné le combat de l’égalité homme/femme lors de son passage à la tête de l’URFC entre 1974 et 1979. A cette époque, les filles enceintes étaient suspendues des cours jusqu’à l’accouchement, mais en sa qualité de présidente de l’URFC, elle avait fait sauter cette pratique discriminatoire.

« Joséphine Moutou-Bayonne encourageait la femme à aller de l’avant, elle avait très tôt compris qu’il fallait que la femme soit présente aux côtés de l’homme… Dans les églises catholiques, les sœurs ne montaient pas sur l’autel, c’est elle qui a fait sauter ce verrou. Joséphine Moutou-Bayonne a milité pour le respect des femmes qui subissaient des mauvais traitements après le décès de leur mari et l’intégration des femmes dans les instances de prise de décisions, administrations », a témoigné la présidente de la Commission santé, affaires sociales, famille, genre et développement durable du Sénat, Odette Massoussa Matéo, précisant que le combat de Moutou-Bayonne a fait d’elle présidente de l’URFC.

Sénatrice et ancienne ministre, Jeanne Françoise Leckomba Loumeto Pombo, de son côté, a connu Joséphine Moutou-Bayonne depuis la création de l’URFC en 1965. « Elle nous a encadrées, formées politiquement. Elle nous a accompagnées dans tout ce que nous faisions comme actions au niveau des femmes, des jeunes filles… Je me rappelle une fois, elle nous disait mes filles, il faut aller loin dans les études. Même si vous travaillez déjà, il ne faut pas vous arrêter, il ne faut pas laisser les hommes vous dominer, il faut travailler, prouver à tout le monde que vous êtes capables de faire quelque chose de bien dans ce pays », s’est-elle souvenue.

Selon elle, l’ancienne présidente de l’URFC est une icône difficile à oublier au regard des actions qu’elle a menées pour la promotion du statut de la femme surtout et de la jeune fille en particulier. « Elle encourageait la jeunesse, surtout les jeunes filles à aller de l’avant. Elle aimait le travail bien fait, c’était son dada. Quand elle nous donnait un discours à écrire, elle était toujours derrière pour regarder s’il y avait des fautes d’orthographe, de grammaire, de tournures…Nous restons vraiment accrocher à ses œuvres. En tant que sénatrice, je dis que j’ai beaucoup appris auprès d’elle, c’est elle qui m’a pratiquement façonnée parce que j’étais au Conseil central de l’URFC qui est maintenant l’OFC», a conclu Jeanne Françoise Leckomba Loumeto Pombo.

Premier questeur du Sénat, Edouard Roger Okoula a lui aussi salué la mémoire de l’icône de la politique congolaise.  « Je l’ai connue comme grande militante du PCT. Nous avions été presque de toutes les grandes réunions : congrès, assemblées du parti. Depuis un certain temps, elle a été terrassée par la maladie et elle vient de nous quitter, nous perdons là notre doyenne du Sénat. Elle était très affectueuse, très aimante dans les relations humaines. Je n’ai jamais constaté qu’elle avait des relations d’antipathie particulière avec d’autres personnes. Pour moi, c’est une grande dame que nous venons de perdre », a-t-il déclaré.

De Paris, Françoise Kythouca, actuelle membre du bureau fédéral du PCT France-Europe, militante de premières heures de l’URFC, témoigne : « Joséphine Moutou-Bayonne était une femme admirable tant personnellement que politiquement. Son combat qu’elle a mené pour le genre en ne lâchant jamais son objectif et en ne cédant pas un millimètre de terrain a permis d’obtenir des avancées telles que la parité dans nos instances congolaises. A la suite de son décès, nous perdons une icône de la lutte pour les femmes. »

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

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