La Chine réduit de moitié la quarantaine pour les arrivées de l’étranger

juin 28, 2022
La Chine reduit de moitie la quarantaine pour les arrivees de l'etranger
La Chine réduit de moitié la quarantaine pour les arrivées de l’étranger© AFP/Archives/Leo RAMIREZ

La Chine a réduit mardi de moitié la durée de la quarantaine obligatoire pour les voyageurs arrivant en Chine, un assouplissement majeur des restrictions d’entrée imposées par ce pays qui suit depuis le début de la pandémie une stricte politique sanitaire, que Pékin a toutefois minimisé en évoquant un simple « ajustement ».

Première touchée par le Covid-19, la Chine a fermé dès mars 2020 ses frontières aux voyageurs étrangers pour se prémunir contre de nouvelles infections, au moment où le virus se propageait dans le reste du monde. La Chine avait parallèlement fortement réduit le nombre de vols en provenance de l’étranger.

Pour décourager le retour de ses ressortissants, Pékin imposait depuis plus de deux ans une quarantaine longue et coûteuse à l’hôtel ou dans un centre dédié.

En vertu d’une nouvelle directive dévoilée mardi, la quarantaine à l’arrivée en Chine est réduite à 10 jours, contre 21 initialement.

Les passagers arrivant en Chine devront rester sept jours à l’hôtel puis respecter trois jours d’observation à domicile, a précisé le ministère de la Santé.

Il ne s’agit « absolument pas d’un assouplissement » de la politique sanitaire dite de zéro Covid mais d’un « ajustement », a averti un responsable, Lei Zhenglong.

Fermement défendue par le président chinois Xi Jinping, la stratégie zéro Covid consiste en des confinements, des quarantaines à l’arrivée sur le territoire, l’isolement des personnes contaminées et à la quasi-fermeture des frontières.

Assouplissement très progressif

Les nouvelles mesures ont été perçues par les marchés comme un signal positif pour une économie éprouvée par les mesures sanitaires qui pénalise échanges humains et chaîne d’approvisionnement.

Les Bourses de Hong Kong et Shanghai ont terminé mardi en hausse de près de 1 %.

Les autorités sanitaires locales de Pékin et Canton ont toutefois indiqué à l’AFP n’avoir reçu pour l’heure aucune instruction pour réduire la durée des quarantaines pour les vols internationaux.

Depuis avril, un nombre croissant de villes pilotes avait déjà réduit à dix jours la quarantaine pour les arrivées de l’étranger.

« De longues quarantaines ne sont plus nécessaires », la période d’incubation pour la souche Omicron du coronavirus étant plus courte, relève Yanzhong Huang, spécialiste de santé publique au Council on Foreign Relations, un cercle de réflexion américain.

L’essentiel des retours en Chine concerne des ressortissants chinois.

Mais ces derniers mois, le pays autorise de nouveau au compte-goutte un certain nombre d’étrangers à revenir en Chine, à l’exception notable des touristes.

Les étudiants en provenance de plusieurs pays, dont l’Inde et le Pakistan, peuvent ainsi prétendre à un visa pour la première fois depuis le début de la pandémie.

Crainte d’un rebond

Mais les vols internationaux restent rares, très onéreux et sont fréquemment annulés, Pékin appliquant des pénalités lorsqu’un certain nombre de passagers sont testés positifs sur des liaisons.

Vendredi, l’aviation civile chinoise a indiqué être en discussion avec un certain nombre de pays pour augmenter progressivement les liaisons avec la Chine.

La plupart des analystes doutent cependant que des changements majeurs surviennent à court terme.

En fin d’année doit en effet se tenir en Chine le 20e Congrès du Parti communiste chinois (PCC), au cours duquel le président Xi Jinping devrait obtenir un troisième mandat à la tête du pays.

A l’approche de cet événement considéré comme sensible pour le pouvoir, les autorités veulent éviter tout regain épidémique.

Pour prévenir tout risque, la Chine a déjà fortement restreint les départs à l’étranger de ses ressortissants. Les voyages non essentiels ne sont pas autorisés et la plupart des renouvellements de passeport pour les Chinois ont été suspendus.

Alors que des voix plaident ces derniers mois pour un assouplissement des restrictions sanitaires, le président Xi Jinping insiste pour poursuivre la politique zéro Covid.

Par Le Point avec AFP

Justin Trudeau à l’OTAN : des fissures dans l’Alliance atlantique

juin 28, 2022

L’adhésion éventuelle de la Suède et de la Finlande ainsi que l’avenir de l’opération militaire en Ukraine divisent les pays membres de l’OTAN.

Portrait du premier ministre Justin Trudeau, songeur.

Le principal dilemme auquel font face les dirigeants de l’OTAN : est-il suffisant d’aider l’Ukraine à ne pas perdre la guerre ou faut-il avoir un plan pour aider les Ukrainiens à la gagner? Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

La force de l’OTAN repose surtout sur son unité et sur sa puissance de dissuasion. L’une et l’autre sont mises à rude épreuve, quatre mois après le début de la guerre en Ukraine.

À l’ouverture du sommet de Madrid, les pays membres ne sont pas à l’unisson sur plusieurs questions fondamentales. Leur principal dilemme : est-il suffisant d’aider l’Ukraine à ne pas perdre la guerre ou faut-il avoir un plan pour aider les Ukrainiens à la gagner?

Au sein de l’OTAN, les différends existent et leurs conséquences sont réelles, estime Frédéric Mérand, professeur de science politique à l’Université de Montréal.

« Le danger, c’est que les nuances de position entre les pays soient exploitées par Moscou et finissent par devenir un facteur de paralysie pour l’OTAN. »— Une citation de  Frédéric Mérand, professeur à l’Université de Montréal

Parmi les décisions qui doivent être prises au sommet :

  • Quel genre d’armement supplémentaire sera acheminé au front?
  • Combien de troupes voudra-t-on envoyer dans les pays baltes, à la frontière de l’Ukraine, comme force de dissuasion contre la Russie?
  • Comment persuader la Turquie de ne pas bloquer l’adhésion de deux nouveaux membres, la Suède et la Finlande, à l’OTAN?
  • Comment préparer la reconstruction de l’Ukraine?

Il est vital que l’OTAN dégage un consensus sur ces enjeux, selon Stéfanie von Hlatky, professeure d’études politiques à l’Université Queen’s.

« Montrer que l’OTAN est unie envoie un message politique et diplomatique beaucoup plus convaincant envers la Russie, au-delà des capacités militaires de ses 30 États membres. »— Une citation de  Stéfanie von Hlatky, professeure à l’Université Queen’s

L’avenir de l’opération

Certains dirigeants, comme le président français Emmanuel Macron, croient qu’il faut laisser une porte de sortie à Vladimir Poutine afin qu’il ne perde pas la face. Cette option signifierait probablement une entente avec l’Ukraine pour céder une partie de son territoire dans l’est du pays.

Une idée à laquelle le président ukrainien Volodymyr Zelensky oppose une fin de non-recevoir, avec l’appui du Canada et des États-Unis.

Pour le Canada, une victoire de l’Ukraine se concrétisera par un retrait total des forces russes du territoire ukrainien, affirme le professeur Frédéric Mérand. Alors que pour la France, l’Italie et l’Allemagne, l’Ukraine devra probablement accepter d’avoir perdu une partie de sa souveraineté pour, un jour, signer un traité avec la Russie.

La position commune qui se dégagera sur cet enjeu dictera en partie les prochaines étapes de l’OTAN dans son soutien à l’Ukraine.

Plus de troupes dans les pays baltes?

Le Canada pourrait être appelé à augmenter sa présence militaire ou ses missions de formation en Lettonie. L’OTAN souhaite augmenter sa présence militaire dans les pays baltes pour consolider sa position défensive et avoir un effet dissuasif sur la Russie.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, fait pression pour que les pays membres s’engagent à hausser leur contribution en Lettonie, en Lituanie et en Estonie. Et il annonce qu’il veut tripler la taille de sa force d’intervention rapide, pour atteindre 300 000 soldats.

C’est sûr que le Canada pourrait toujours en faire plus, estime Stéfanie von Hlatky. Surtout que les dépenses militaires du pays n’ont toujours pas atteint la cible de 2 % de son PIB, contrairement à d’autres alliés comme l’Allemagne. Ça met plus de pression sur le Canada, croit Mme von Hlatky.

L’adhésion de la Suède et de la Finlande

Justin Trudeau apporte déjà son soutien sans équivoque à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, un sujet chaud qui sera discuté au sommet de Madrid.

Si la Suède et la Finlande étaient acceptées au sein de l’OTAN, l’Alliance atlantique étendrait son influence jusqu’aux frontières de la Russie.

Ce serait un signe d’échec pour Vladimir Poutine, selon le professeur Frédéric Mérand. Avant la guerre en Ukraine, la Russie luttait contre l’influence accrue de l’OTAN dans la région. Maintenant, l’OTAN pourrait être à la porte de la Russie, dit M. Mérand.

Mais ce n’est pas chose faite. L’OTAN doit accepter les nouveaux membres à l’unanimité. Or, la Turquie s’oppose à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, notamment parce qu’elle les accuse (surtout la Suède) de ne pas adopter la ligne dure envers des éléments extrémistes kurdes considérés comme terroristes.

L’objection de la Turquie est surtout un prétexte, croit cependant Stéfanie von Hlatky, dans le but de soutirer des concessions sur d’autres enjeux, notamment l’achat d’avions de chasse américains.

La Turquie est toujours un fauteur de troubles au sein de l’Alliance, explique Frédéric Mérand, surtout parce qu’elle entretient des liens étroits avec la Russie, entre autres pour l’achat d’énergie et d’armement.

Pour Stéfanie von Hlatky, l’adhésion des deux pays est une question de temps. La Suède et la Finlande ont décidé de présenter leur demande ensemble. Le message que ça envoie, c’est que ce ne sera pas une sans l’autre. Ça met un peu plus de pression sur l’OTAN.

De plus, pour la première fois, les premiers ministres du Japon, de l’Australie et de la Corée du Sud ont été invités à l’OTAN. Devant l’agressivité de la Russie et, aussi, la montée en force de la Chine, l’Alliance atlantique se cherche de nouveaux alliés.

Avec Radio-Canada par Christian Noël

France: La forte consommation de cuisses de grenouille met les amphibiens en péril

juin 28, 2022

Les ONG Pro Wildlife et Robin des Bois pointent du doigt le risque d’extinction de certaines espèces de grenouilles, dont raffolent les Européens.

La disparition des grenouilles serait en marche (photo d'illustration).
La disparition des grenouilles serait en marche (photo d’illustration).© BENOIT PERSONNAZ / Biosphoto / Biosphoto via AFP

Le coassement des grenouilles pourrait venir à manquer si les humains poursuivent leurs habitudes de consommation. Dans leur dernier rapport, relayé par Courrier International lundi 27 juin, les ONG Pro Wildlife et Robin des Bois tirent la sonnette d’alarme à propos des amphibiens. À force de finir dans les assiettes, principalement celles des Européens, certaines espèces de quadrupèdes pourraient être amenées à disparaître. « L’Union européenne est responsable de l’extinction en cascade des populations de grenouilles » en Europe de l’Est et dans certains territoires d’Asie, fustigent les deux organisations. Ainsi, la grenouille des marais d’Anatolie (Turquie), surexploitée, pourrait s’éteindre d’ici 2032.

Jusqu’alors, aucune restriction n’a été ordonnée par les Vingt-Sept quant à ce commerce. Les chiffres officiels évoquent une importation annuelle d’environ 4 070 tonnes de cuisses de grenouille à travers le continent. L’équivalent de 81 à 200 millions d’anoures. En Europe, les pays friands de ce mets raffiné se renvoient la balle. The Telegraph, média britannique, affirme que « les coupables sont les Allemands », mais son confrère The Guardian désigne plutôt comme coupable« l’appétit pour les cuisses de grenouille en France et en Belgique ».

Sans grenouilles, la fragilisation des écosystèmes

« La faim de viande de grenouille semble plus grande en Belgique, destinataire de 70 % des importations, mais, selon l’organisation Pro Wildlife, la plus grande partie est ensuite envoyée en France, qui en importe directement 16,7 % », argue The Guardian dans ses colonnes. En 2020, l’Allemagne « a déboursé 73 millions de livres (près de 85 millions d’euros) pour ce plat, contre une addition de 33 millions de livres (38 millions d’euros) côté français », renchérit The Telegraph.

Au-delà de ces accusations pouvant prêter à sourire, une menace réelle plane sur les grenouilles et les différents écosystèmes dont elles font partie à travers le globe. Un seul déséquilibre peut y avoir des conséquences multiples.

Par Le Point

Tintin revient au Congo

juin 28, 2022

Si le Maroc s’est singulièrement modernisé depuis le siècle dernier, il semblerait que les préjugés européens, eux, résistent au temps.

Une vue de la Koutoubia depuis un toit de Marrakech. © Xavier Malafosse/SIPA

« Où sont les lions ? »

Ce fut, paraît-il, la première phrase que prononça une célèbre actrice américaine lorsqu’elle descendit de la passerelle de l’avion qui l’avait amenée à Casablanca, dans les années cinquante du siècle dernier.

« Where are the lions? » L’histoire – la petite – n’a pas retenu ce qu’on lui avait répondu. Ah, si nous avions été là… Les réparties possibles abondent, énoncées avec le plus grand sérieux. « Ils font la sieste, madame. – Really ? – Ils font la grève. – But why? – Tartarin de Tarascon les a tous descendus. – Oh, shocking… – Ils sont chez le dentiste. – Poor little beasts… – Ils sont allés peigner la girafe. » (Celle-là aurait été difficile à traduire en anglais…)

Il est plus probable qu’un officiel marocain bien renseigné lui avait révélé la triste vérité : le dernier lion de l’Atlas fut abattu en 1912, l’année même où la République française imposa son protectorat à un Empire chérifien mal en point. On peut voir dans cette frappante concomitance une sorte d’image ou de métaphore. Mais c’était dans les années cinquante. Aujourd’hui, les voyageurs sont plus avertis, n’est-ce pas ? Tintin au Congo, c’est fini, n’est-ce pas ? Les préjugés, les caricatures, les appréciations condescendantes, voire injurieuses, tout cela n’est plus de mise ?

Je l’ai longtemps cru. Et puis, un samedi de ce joli mois de juin, j’ai été rappelé à une déconcertante réalité : l’éternel jeune homme à la houppette blonde n’a jamais quitté notre continent. Ou plutôt, il y revient de temps à autre, sous des guises différentes. Ce samedi de juin, donc, à Marrakech. Il fait beau – c’est presque un pléonasme dans cette ville – et je me trouve avec un groupe d’auteurs européens de passage dans le royaume. Ils sont tous de bonne compagnie, respectueux du local, curieux, amicaux.

Où sont les voleurs ?

Sauf un. Dès notre arrivée dans la médina, il demande, à la cantonade :

« Où sont les voleurs ? »

Je ne plaisante pas – ce serait de mauvais goût –, je n’invente rien. Sur le coup, je suis choqué mais je ne dis rien. Peut-être ai-je mal entendu ? Mais non. Nous visitons la splendide medersa Ben Youssef, puis le fameux « jardin secret », puis le riad Kniza, où nous déjeunons – et l’homme, aveugle à toutes ces merveilles, ne cesse de marmonner : « Où sont les voleurs ? Je n’en ai encore vu aucun… Lui, là-bas, c’en est un ? »

Je sais : si on m’avait raconté cette anecdote, je l’aurais trouvée difficile à croire. On est en 2022 quand même. Marrakech est superbe avec ses larges avenues, ses hôtels de luxe, ses parcs et ses jardins, ses monuments. Le pays est moderne avec ses autoroutes, son TGV, son industrie, ses universités – mais non : Tintin n’a d’yeux que pour ces voleurs invisibles qui semblent l’obséder.

Et puis, mille sabords ! Il y avait des Marocains dans le groupe, c’était d’une monstrueuse indélicatesse de clamer sous leur nez « Où sont les voleurs ? » comme si c’était tout ce que leur pays avait à offrir. L’actrice américaine, tout aussi cruche, avait au moins le bon goût de réclamer des lions…

Je me suis efforcé de rester près d’autres membres du groupe – un Canadien, un Allemand, quelques Français, un Chinois de Singapour – qui semblaient vraiment apprécier la promenade dans Marrakech. Tintin revient toujours au Congo mais il n’est plus le seul visiteur. Heureusement !

Fouad Laroui

Avec Jeune Afrique par Fouad Laroui

Ecrivain

États-Unis: Au moins 46 migrants périssent dans une remorque au Texas

juin 27, 2022

Trois personnes sont détenues par les autorités relativement à cette tragédie.

Une scène de crime est délimitée sur une route du Texas.

La police a établi une scène de crime après la découverte de plusieurs corps inanimés dans une semi-remorque à San Antonio, au Texas, le 27 juin 2022. Photo : AP/Eric Gay

Au moins 46 personnes soupçonnées d’être des migrants ont été trouvées mortes à l’intérieur d’une remorque, lundi, à San Antonio, au Texas.

Le chef du service des incendies de San Antonio, Charles Hood, ajoute que 16 personnes ont été transportées dans des hôpitaux du secteur, soit 12 adultes et 4 enfants.

Le chef a indiqué que les personnes traitées dans les hôpitaux étaient chaudes au toucher et souffraient d’épuisement attribuable à des coups de chaleur.

En point de presse, le chef du service de police de San Antonio a affirmé qu’il s’agissait du plus important événement du genre dans sa ville.

Ce sont maintenant les autorités fédérales américaines qui s’occupent de l’enquête, a ajouté le chef du service de police. Trois personnes sont détenues par les autorités relativement à cette tragédie.

Un appel de détresse au 911 d’un travailleur à proximité du camion et de la remorque a conduit les autorités à faire la macabre découverte.

Les camions tels que celui retrouvé à San Antonio, à environ 240 km de la frontière avec le Mexique, sont un moyen de transport fréquemment utilisé par des migrants souhaitant entrer aux États-Unis.

Un tel voyage est extrêmement dangereux, d’autant que ces véhicules sont rarement climatisés et que leurs occupants en viennent rapidement à manquer d’eau. Les autorités n’ont pas retrouvé d’eau dans la remorque.

Il fait chaud ces jours-ci dans le sud du Texas. Lundi, à San Antonio, il a fait 39,4 degrés Celsius avec un taux d’humidité élevé.

Le secrétaire mexicain aux Relations extérieures, Marcelo Ebrard, a déclaré sur Twitter que le consul général du Mexique était en direction de San Antonio. Après avoir offert ses condoléances aux victimes et à leurs familles, il a ajouté que la nationalité des victimes était pour le moment inconnue.

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a blâmé le président Joe Biden pour cette tragédie. Ces morts sont une conséquence de sa politique d’ouverture des frontières. Cette tragédie montre les conséquences mortelles de son refus de faire respecter la loi.

En 2017, une tragédie similaire avait marqué les esprits : dix migrants avaient trouvé la mort dans une remorque surchauffée garée sur un stationnement près de San Antonio.

Radio-Canada avec les informations de Reuters et Agence France-Presse

Canada: Des Québécois se ruent vers Fredericton dans l’espoir d’obtenir un passeport

juin 27, 2022

File d'attente.

Les gens attendaient depuis longtemps devant l’édifice de la rue Regent à Fredericton. Photo : Radio-Canada/Mikaël Mayer

Des dizaines de personnes, surtout des Québécois, faisaient la queue lundi matin devant les bureaux de Service Canada à Fredericton dans l’espoir d’obtenir leur passeport.

Plusieurs voyageurs se sont installés dimanche soir dans l’espoir d’être les premiers à être servis.

Martin Labrosse, qui est originaire de la région des Laurentides, au Québec, est arrivé vers 2 h.

Martin Labrosse.

Martin Labrosse trouve la situation plus facile qu’à Laval, où se trouve le bureau le plus près de chez lui. Photo : Radio-Canada/Mikaël Mayer

« À Laval ça fait 48 h qu’ils attendent, alors on est pas pire. »— Une citation de  Martin Labrosse

Certaines personnes avaient entendu parler des péripéties de François Gamache, un Montréalais qui, après avoir attendu 30 heures en vain dans un bureau de Chicoutimi, avait obtenu son passeport au bureau néo-brunswickois en moins de 3 heures.

Il faudra voir si tous les demandeurs pourront obtenir leurs documents aussi rapidement.

Selon des témoins, dimanche soir il y avait déjà une vingtaine de personnes qui attendaient, mais la file d’attente a rapidement encerclé l’édifice aux premières heures du matin. On pouvait voir dans le stationnement de nombreuses plaques d’immatriculation de la Belle Province.

Des gens assis sur des chaises de camping.

Des voyageurs espèrent mettre la main sur leur passeport rapidement. Photo : Radio-Canada/Mikaël Mayer

J’ai avancé d’un coup, mais là j’attends. Mais c’est beaucoup plus calme qu’à Montréal, où c’est plus stressant, indique Louis, qui a préféré ne pas dire son nom de famille.

Sur le site web de Service Canada, on indique que le temps d’attente lundi est de 6 heures.

Un constat d’échec

Partout au pays, mais particulièrement au Québec, la délivrance des passeports connaît d’importants délais. Des voyageurs ont indiqué avoir dû annuler leur voyage devant l’impossibilité d’obtenir leurs documents.

Ottawa a créé un groupe d’intervention pour s’attaquer aux délais, autant dans les bureaux des passeports que dans les aéroports.

Le coprésident du groupe, le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, a admis que la situation actuelle est un constat d’échec.

Malgré tout, les voyageurs présents à Fredericton lundi gardent espoir. Selon des personnes présentes, le service était courtois et une employée est venue répondre aux questions de tous ceux qui en avaient besoin

Avec Radio-Canada

Sénégal : Macky Sall visé par Olivier Faure, le chef du PS français

juin 27, 2022

En évoquant le sort de certains opposants incarcérés au Sénégal, Olivier Faure a suscité des réactions « anticoloniaslistes » du parti présidentiel sénégalais.

© Damien Glez

Spécialiste, depuis le début de sa carrière, des questions d’opinion politique franco-française, l’actuel premier secrétaire du Parti socialiste n’a sans doute pas mesuré les vagues d’indignation suscitées, ces derniers mois, par les analyses hexagonales abruptes des situations nationales africaines. De fait, devant Twitter, samedi soir, Olivier Faure n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, lorsqu’il a entrepris de commenter la situation sénégalaise

« La démocratie sénégalaise est piétinée » : sur le réseau de la concision et du buzz, le politicien français ne mâche pas ses mots, précisant que « la liberté de manifester est entravée » et « la justice instrumentalisée » au pays de la Teranga. L’objet de son courroux est la détention, notamment pour rassemblement illicite, des députés Déthié Fall, Mame Diarra Fam, Bara Dolly Mbacké et du maire Ameth Aïdara qui, selon les termes catégoriques de son tweet, « doivent être libérés ». Cerise sur le gâteau de l’ingérence, il conclut son post par un #Stop_Macky_Sall.

Réflexes paternalistes ?

Dès dimanche, des responsables de la majorité sénégalaise réagissent, embouchant évidemment la trompette anticolonialiste qui sied d’habitude aux socialistes. Pour le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Serigne Mbaye Thiam, Olivier Faure a cédé aux « réflexes paternalistes de donneurs de leçons », qui surgissent inéluctablement lorsqu’il s’agit de commenter la situation « d’un pays anciennement colonisé ». Le porte-parole de la coalition présidentielle Benno Book Yaakar, Papa Mahaw Diouf, enfonce le clou en évoquant un « néocolonialisme mental ». Le président du groupe parlementaire de la majorité, Aymerou Gningue, entend quant à lui saisir le groupe parlementaire d’amitié France-Sénégal.

Certes, Olivier Faure a besoin de se distraire avec de l’actualité internationale. Depuis son adhésion au Parti socialiste français, le score du PS à l’élection présidentielle a été divisé par 30 –1,75% des voix pour Anne Hidalgo en 2022 contre 51,76 % pour François Mitterrand en 1981– et le nombre des députés par 10 – 28 actuellement contre 285 au début des années 80. Le premier secrétaire a donc tenté une envolée lyrique digne de l’époque de l’Internationale socialiste conquérante. Même s’il est le fils d’un membre du Parti socialiste sénégalais, le président Macky Sall fait plutôt figure de libéral bon teint, ce qui permet à Olivier Faure de supposer ses opposants dans le camp idéologique de gauche…

La convocation exclusive du néocolonialisme dans les réactions de la majorité sénégalaise, après le tweet de samedi, constitue-t-elle une réponse un peu courte, voire un écran de fumée ? En n’entrant pas dans le fond du dossier évoqué, les membres de l’exécutif sénégalais auront beau jeu d’invoquer la séparation des pouvoirs. Et Olivier Faure de lire quelques tweets sénégalais chaleureux en réponse au sien comme : « merci de parler de ce qui se passe au Sénégal. Sous la protection de Macron, Macky « Sale » se croit tout puissant »…

Avec Jeune Afrique

Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Ce jour-là : le 27 juin 1977, Djibouti proclame son indépendance

juin 27, 2022

Il y a quarante-cinq ans, l’ex-Territoire français des Afars et des Issas se libérait du joug de la puissance coloniale. Retour sur les premières heures de cet État que beaucoup pensaient condamné.

Le président Ismaël Omar Gueleh lors de l’inauguration du mémorial sur le barrage de Balbala, le 25 juin 2022. © Présidence Djibouti

Ce 27 juin, la République de Djibouti célèbre le 45e anniversaire de son indépendance. Et c’est déjà presque un exploit. « Des lendemains incertains », choisissait de titrer Jeune Afrique dans son numéro de mai 1977, tandis que Le Monde s’interrogeait ouvertement sur la viabilité « de la colonie la moins attrayante de la France ». Peu d’observateurs prévoyaient à cette époque un avenir autre que funeste à ce pays grand comme la région normande et dépourvu de toute richesse naturelle autre que son soleil écrasant et son emplacement géographique. « Un pays si désertique que même le chacal faisait son testament avant de le traverser », rappelait Ismaël Omar Guelleh (IOG), le 25 juin, en inaugurant le Mémorial du barrage de Balbala devant le gouvernement djiboutien au grand complet.

Un événement de taille pour le pays qui dévoile ainsi le premier lieu de mémoire consacrée à sa courte histoire. Une manière de clore définitivement le passé colonial, « pas pour le ressasser, mais pour ne pas l’oublier, afin de mieux le transmettre », a expliqué le chef de l’Etat djiboutien, après la visite du mémorial, consacré donc à la ceinture de barbelés électrifiés construite sur 14,5 km, avec miradors et champs de mines, pour fermer la péninsule de Djibouti, son port et sa ville « blanche ».

Construits sur l’emplacement d’une ancienne guérite, entre la ville de Balbala et la frontière avec la Somalie, les deux bâtiments de ce mémorial enfermeront à termes une bibliothèque, ainsi que les archives nationales consacrées à la période coloniale du pays. Erigée au lendemain de la visite du général de Gaulle en août 1966, reçu à coups de pancartes et de banderoles indépendantistes, le barrage n’a été démantelé qu’au soir du 27 juin 1977. Ce qui correspond « aux dix années les plus rudes et les plus violentes qu’a connu notre pays avant son indépendance », a rappelé IOG, qui a profité de la journée pour décorer 23 personnes, victimes ou simples témoins de cette période douloureuse. Avec ce mémorial sur « le mur de la honte », le chef de l’Etat veut redonner toute leur fierté à ses compatriotes et renforcer cette « djiboutiannité, basée sur le désir de  vivre ensemble », mise en avant par IOG.

Car si le pays a réussi à déjouer tous les pronostics mortifères qui entouraient sa naissance, « il le doit à ses enfants, héritiers des valeurs de liberté et de souveraineté chères à Djibouti », estime le président qui n’a pas oublié les vives revendications des puissants voisins éthiopiens et somaliens sur son pays. Dès 1966, le Négus Haïlé Sélassié rappelait au président Charles de Gaulle, alors en visite à Addis-Abeba, que Djibouti « allait naturellement revenir à l’Éthiopie », alors que le Front de libération de la Côte des Somalis (FLCS) rêvait de ramener sa cinquième branche à l’étoile du drapeau somalien. En février 1976, la prise d’otages de Loyada perpétrée par des militants du FLCS se solde par la mort de 2 des 31 enfants français présents dans le bus, ainsi que par celle des 7 membres du commando et de quelques soldats somaliens. Elle précipite le départ des Français. Un peu avant minuit le 27 juin 1977, le président Valéry Giscard d’Estaing annonce depuis son bureau de l’Élysée « qu’à la place de l’ancienne Côte française des Somalis, devenue le Territoire français des Afars et des Issas, va naître l’État indépendant et souverain de la république de Djibouti », entérinant ainsi la décision adoptée à 98,7 % quelques semaines plus tôt par le peuple djiboutien lors du référendum du 8 mai.

En claquant la porte

Le jour J, rien n’est prêt ou presque. La France part brusquement, comme vexée, en claquant la porte, à l’exemple du patron de l’ORTF local qui remet les clés des locaux de la radio nationale au dernier Djiboutien qu’il croise sur le tarmac de l’aéroport, juste avant de s’embarquer pour Paris. Bien sûr, elle lègue au pays une nouvelle capitale, Djibouti-Ville, choisie en 1888 pour sa rade mais à l’écart des grandes routes caravanières traditionnelles. Elle laisse aussi un port, alors le troisième en France derrière Marseille et Le Havre et qui, à lui seul, justifie la présence française depuis l’ouverture du canal de Suez en 1869 ; une voie ferrée qui, depuis 1917, le raccorde à la capitale éthiopienne pour constituer le poumon économique du territoire ; et quelques kilomètres de route bitumée qui relient Djibouti à la station d’Arta, où aiment aller se rafraîchir les ressortissants français.

La France laisse surtout derrière elle un contingent de 2 900 soldats, à la suite des accords de défense négociés durant les dernières semaines avec les nouvelles autorités, qui lui permet de maintenir son influence le long d’une route maritime par laquelle circulent déjà 25 % du commerce mondial et 15 % du transit pétrolier annuel.

Un enfant passé à vélo devant un graffiti célébrant l'indépendance de Djibouti, en 1977, à Djibouti, le 4 mai 2015. © CARL DE SOUZA/AFP.
Un enfant passé à vélo devant un graffiti célébrant l’indépendance de Djibouti, en 1977, à Djibouti, le 4 mai 2015. © CARL DE SOUZA/AFP.

Cette présence militaire française représente aussi une « assurance-vie » pour le jeune État, alors que l’Éthiopie et la Somalie massent leurs troupes aux frontières, en préparation à la guerre de l’Ogaden, qui sera déclarée moins de quinze jours après l’indépendance de Djibouti. Malgré la menace, les Djiboutiens n’autorisent l’installation de cette base qu’à la condition de voir leur monnaie continuer d’être rattachée au dollar, comme c’est le cas depuis 1949, au lieu d’entrer dans le panier commun du franc CFA comme le souhaite l’ancienne puissance – ils ne veulent pas des dévaluations successives qu’a connues le franc depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Activisme diplomatique

Le pays est économiquement exsangue, et la guerre qui gronde dans la sous-région va sérieusement contracter l’activité du port et de sa voie ferrée. Sans autre revenu pendant de longs mois que la redevance payée par la France pour la présence de ses troupes, Djibouti boucle en 1977 un premier budget constitué à 85 % de contributions internationales.

Le front commun présenté au moins jusqu’en 1978 par le président Hassan Gouled Aptidon et son Premier ministre, l’Afar Ahmed Dini Ahmed, permet d’éviter le conflit ethnique et la « libanisation » du pays que beaucoup lui promettent, tout en jetant les bases d’une identité djiboutienne. Reste encore à asseoir l’existence même de la petite République en trouvant sur la scène extérieure les soutiens qui l’aideront à rompre son isolement diplomatique, tout en l’aidant à faire face à ses urgences économiques.

Ce n’est pas un hasard si la date du 27 juin a été retenue. Le « père de l’indépendance », Hassan Gouled Aptidon, veut en effet voir son pays devenir le 49e membre de l’Organisation de l’union africaine (OUA) dès la réunion de l’institution prévue trois jours plus tard à Addis-Abeba. Une fois l’adhésion validée, le président djiboutien part au Caire, siège de la Ligue arabe, où il sait pouvoir compter sur le soutien des Saoudiens désireux de s’implanter dans la Corne. Quelques mois plus tard, Djibouti devient le 21e membre de l’organisation, le premier non arabe.

Îlot de stabilité

En quelques mois, l’arrivée des pilotes égyptiens et des instituteurs tunisiens permet la réouverture des bassins portuaires et des écoles. Ce soutien financier et technique arabe se révèlera sans faille. C’est Ryad qui réglera la facture de « la route de l’unité » reliant Djibouti-Ville à Tadjourah, réalisée en 1988 par des ingénieurs yougoslaves. Dubaï, lui, fera définitivement rentrer le port de Djibouti dans l’ère maritime moderne en livrant clé en main le terminal à conteneurs de Doraleh à la fin des années 2000. Cet activisme diplomatique impulsé par le premier président djiboutien est perpétué par son successeur à partir de 1999, Ismaël Omar Guelleh, son ancien chef de cabinet. Ce dernier tirera le meilleur parti d’une conjonction d’évènements internationaux qui vont se succéder pour placer son pays au centre de toutes les attentions diplomatiques et militaires. De la lutte contre la piraterie et le terrorisme international, à l’émergence économique d’un marché éthiopien enclavé, tout le monde semble avoir une bonne raison de s’installer dans le pays.

À commencer par la Chine, qui, depuis dix ans, y a investi plus d’une dizaine de milliards de dollars pour en faire sa porte d’entrée maritime sur le continent. Définitivement unifié depuis 2001 et la signature de l’accord de paix signé entre les communautés afar et issa après la guerre civile qui a dévasté le pays entre 1991 à 1994, Djibouti apparaît aujourd’hui, paradoxalement, comme le seul îlot de stabilité dans une région en crise. De quoi attirer les investisseurs du monde entier et entretenir le rêve de la petite République de devenir « le Singapour de l’Afrique ». En espérant qu’il ne se réalise pas au prix de sa souveraineté.

Avec Jeune Afrique par Olivier Caslin

Canada-Québec/Troisième lien : Lévis accusée de faire une lecture tendancieuse de son étude économique

juin 27, 2022
Maquette de deux tunnels côte à côte sous le fleuve Saint-Laurent en face de la ville de Québec.

L’étude économique présentée jeudi dernier par la Ville de Lévis n’est pas crédible, selon un expert. Photo : Site du Réseau Express de la Capitale

En dévoilant une étude économique sur le troisième lien jeudi dernier, le maire de Lévis n’a pas donné l’heure juste à propos des véritables avantages du projet, dénonce un expert. Le professeur Jean-Philippe Meloche affirme même que les gains de productivité anticipés ont une « faible crédibilité » et relèvent d’une erreur méthodologique.

Selon le professeur Meloche, dont les recherches portent notamment sur les finances publiques et sur le transport urbain au Québec, présenter une étude d’impacts économiques n’est tout simplement pas pertinent pour déterminer si le tunnel Québec-Lévis constitue un bon ou un mauvais projet.

Il faut faire des études comparatives, dit-il. Mettre l’accent sur le fait que le tunnel pourrait faire croître le produit intérieur brut (PIB) de 630 millions de dollars par année dès son entrée en service, en 2032, ne nous renseigne pas adéquatement sur la valeur du projet, selon lui.

« Comme on n’a aucune étude comparative, on nous dit : « Mettre 6,5 milliards de dollars à Lévis, ça génère de l’activité économique. » C’est certain! Ça génère de l’activité économique, peu importe où on va le mettre, de n’importe quelle façon, dans n’importe quel secteur! L’étude, en soi, n’est pas pertinente. »— Une citation de  Jean-Philippe Meloche, professeur et directeur de l’École d’urbanisme et d’aménagement du paysage de l’Université de Montréal

Jean-Philippe Meloche.

Jean-Philippe Meloche, professeur et directeur de l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal Photo: Jean-Philippe Meloche

Le professeur Meloche estime donc que le maire Gilles Lehouillier a offert une lecture biaisée lors de la présentation de cette étude réalisée par la firme WSP à la demande de la Ville de Lévis au coût de 65 000 $ avant taxes.

D’ailleurs, dans le sommaire de l’étude, on constate que le mandat donné à la firme WSP consistait à faire ressortir les impacts positifs du tunnel dans un contexte où le projet […] a suscité plusieurs critiques et des débats sur les effets négatifs qu’il pourrait créer.

Des avantages économiques insuffisants

Une section de l’étude sur les avantages économiques du futur troisième lien pour la société dans son ensemble a cependant retenu l’attention du professeur Meloche. On y calcule les montants que les automobilistes pourraient épargner en carburant et en entretien de leur véhicule, par exemple.

On y calcule aussi les avantages économiques du troisième lien en ce qui a trait à la diminution des accidents routiers ainsi que les bienfaits environnementaux liés à la réduction des émissions de certains polluants dans l’air.

En additionnant tous ces avantages économiques, l’étude conclut que les gains s’élèveraient à un peu moins de 550 000 $ par année aux heures de pointe.

C’est encore pire que ce que je pensais, s’exclame Jean-Philippe Meloche. Même en doublant ces gains économiques pour tenir compte de l’ensemble de la journée, le total serait très loin d’égaler les sommes nécessaires à l’exploitation et à l’entretien du troisième lien, évaluées à 25,6 millions de dollars par année.

« C’est comme si je vous demandais d’investir dans un projet qui va coûter 25 fois plus cher que ce qu’il pourrait générer comme bénéfices en vous disant : « C’est un super bon projet pour notre région! » »— Une citation de  Jean-Philippe Meloche, professeur et directeur de l’École d’urbanisme et d’aménagement du paysage de l’Université de Montréal

C’est sans compter les coûts d’amortissement de l’infrastructure, ajoute le professeur. Sous l’angle d’un gestionnaire de fonds publics, il n’y a personne qui devrait trouver que c’est un bon investissement, analyse-t-il.

Invité à commenter, le directeur du développement économique et de la promotion à la Ville de Lévis rappelle que les gains du tunnel ont été calculés uniquement pour quatre secteurs, c’est-à-dire l’approche des ponts de Québec et Pierre-Laporte dans les deux directions.

C’est uniquement ça. On n’a pas extrapolé à l’ensemble de la région, soutient M. Meurant, parce que les données fournies par le Bureau de projet du troisième lien ne permettaient pas de calculer au-delà de ces secteurs précis.

« Ce sont des gains significatifs pour quatre petits secteurs, géographiquement très limités, aux abords des ponts de Québec et Laporte. »— Une citation de  Philippe Meurant, directeur du développement économique et de la promotion à la Ville de Lévis

Tirée par les cheveux

Lors de sa conférence de presse, le maire Gilles Lehouillier avait aussi souligné que le troisième lien entraînerait une hausse de la productivité des travailleurs de 0,62 $ de l’heure.

Les trois politiciens prennent la pose devant la salle de la conférence de presse.

Le préfet de la MRC de Bellechasse, Yvon Dumont, la députée de Bellechasse, Stéphanie Lachance, et le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, lors de la conférence de presse sur l’étude des impacts économiques du tunnel Québec-Lévis. Photo : Radio-Canada/Louise Boisvert

C’est notamment ce gain de productivité qui permet d’affirmer que le PIB de la grande région de Québec augmenterait avec l’entrée en service du tunnel.

La firme WSP s’est notamment basée sur une étude américaine qui démontre que les efforts d’aménagement destinés à réduire les distances parcourues en voiture peuvent avoir des effets positifs sur les économies locales.

Or, le professeur Meloche rappelle que cette étude s’applique non pas aux projets autoroutiers mais plutôt aux projets d’aménagement qui favorisent les déplacements non motorisés, notamment le vélo et la marche.

De plus, la firme WSP semble avoir calculé les gains de productivité pour Lévis en les appliquant à l’ensemble des emplois sur le territoire de la ville. C’est une autre erreur, selon le professeur Meloche, car tous les travailleurs ne verront pas leur temps de déplacement réduit par l’avènement du troisième lien.

Il donne l’exemple des cyclistes, des piétons et des automobilistes qui n’ont pas à emprunter les ponts ou qui ne circulent pas à leurs abords.

« Non seulement on cite une étude hors contexte – on reprend un résultat d’étude dans un contexte qui n’est pas approprié – mais on l’extrapole ensuite à une population qui n’est pas touchée par l’infrastructure. »— Une citation de  Jean-Philippe Meloche, professeur et directeur de l’École d’urbanisme et d’aménagement du paysage de l’Université de Montréal

L’augmentation projetée du PIB est donc tirée par les cheveux, déplore le professeur Meloche. Ce n’est pas intellectuellement très rigoureux.

Là aussi, Philippe Meurant affiche son désaccord. Selon lui, la congestion routière actuelle déborde sur les réseaux routiers municipaux des deux côtés du fleuve, ce qui justifie qu’on extrapole les gains de productivité à tous les travailleurs.

C’est évident que ça affecte les conditions de circulation, la mobilité de l’ensemble du territoire de Lévis, soutient le directeur du développement économique et de la promotion de la Ville.

« L’étude, ce qu’elle confirme, c’est que les employeurs et les employés vont bénéficier de la réalisation de ce projet parce que le temps de déplacement va être raccourci, [non seulement] la durée mais également la distance de déplacement. »— Une citation de  Philippe Meurant, directeur du développement économique et de la promotion à la Ville de Lévis

Selon lui, l’étude est même conservatrice dans son évaluation de l’augmentation de la productivité et du PIB.

Infrastructures vieillissantes

M. Meurant ajoute que l’actualité des dernières semaines avec les craintes liées à l’état des suspentes du pont Pierre-Laporte est un autre argument qui rend nécessaire le tunnel Québec-Lévis.

On ne peut pas être tributaire de deux ponts qui sont menacés pour l’un ou pour l’autre de graves conséquences étant donné l’état dans lequel ils se trouvent. On n’a pas le choix. C’est vraiment une nécessité, dit-il.

Jeudi dernier, après le dévoilement de l’étude, la Coalition Non au troisième lien avait publié un communiqué pour dénoncer les incohérences contenues dans le document.

L’analyse des retombées économiques perd en crédibilité de par l’absence de comparatif et l’inexistence d’une étude d’opportunité sur le projet de troisième lien Québec-Lévis, écrivait la Coalition.

Aux détracteurs du projet, Philippe Meurant réplique que contrairement à la Ville de Lévis, ils n’ont produit aucune étude sur le troisième lien.

Avec Radio-Canada par Alexandre Duval

La Russie interdit l’accès à son territoire à 43 Canadiens de plus

juin 27, 2022
Justin Trudeau et Suzanne Cowan (au centre)

La présidente du Parti libéral Suzanne Cowan (au centre) fait partie des personnalités interdites d’entrer en Russie. Photo : The Canadian Press/Adrian Wyld

La Russie a interdit l’entrée à son territoire à 43 Canadiens, une mesure prise en réponse aux sanctions occidentales imposées contre Moscou.

La liste, publiée par le ministère des Affaires étrangères, comprend notamment la présidente du Parti libéral au pouvoir au Canada, Suzanne Cowan, et l’ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre, Mark Carney.

Des hauts fonctionnaires, des conseillers politiques et des membres de la société civile ont également été sanctionnés.

La diplomatie russe a dénoncé la russophobie belliqueuse du gouvernement de M. Trudeau et a précisé qu’il s’agissait d’une mesure de représailles contre l’introduction en mai par Ottawa de nouvelles sanctions contre des dirigeants d’entreprises russes et les membres de leurs familles.

En comptant la dernière liste, plus de 700 Canadiens ont été interdits d’entrée en Russie depuis le début de son offensive en Ukraine.

Le 19 mai, Moscou avait annoncé fermer le bureau dans la capitale russe de la radio-télévision canadienne CBC/Radio-Canada et annuler les accréditations et les visas de ses journalistes, en réponse à l’interdiction de diffusion de chaînes du groupe russe RT au Canada, décidée mi-mars.

Ottawa a pour sa part imposé des sanctions à plus de 1000 personnes et entités de la Russie, de l’Ukraine et du Bélarus.

En avril, Moscou avait sanctionné 61 responsables canadiens et journalistes. Il a interdit des dizaines d’autres politiciens occidentaux, journalistes et hommes d’affaires d’entrer en Russie.

Par Radio-Canada avec les informations de Reuters et Agence France-Presse