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France-Afrique : le bilan de trente ans de coopération décentralisée

mai 22, 2022

Sénégal, Burkina Faso et Mali sont, juste après l’Allemagne, les pays dont les collectivités territoriales ont noué le plus de partenariats avec leurs homologues françaises.

L’Agence française de développement (AFD) soutient l’action des collectivités à l’étranger. Ici, une école primaire au Kenya. © LAMBERT COLEMAN/AFD

C’est presque un anniversaire que va fêter cette année la coopération décentralisée française. Héritier des grandes campagnes de jumelage entre villes françaises et villes étrangères – notamment allemandes – , au lendemain de la Seconde guerre mondiale, ce type de partenariats tissés entre collectivités territoriales est entré pour la première fois dans le lexique législatif français en 1992, il y a tout juste trente ans. Un laps de temps suffisant pour faire la preuve de sa complémentarité dans l’arsenal de la coopération internationale au développement, avec l’aide bilatérale entre États et l’appui des ONG.

Diplomatie des territoires

Au fil des décennies, de plus en plus de collectivités territoriales, de la grande métropole urbaine à la petite commune rurale, ont cherché à profiter de l’élargissement progressif du cadre autorisé par l’État pour se projeter vers l’extérieur. Quand elles le souhaitent, car la coopération décentralisée n’est qu’une compétence facultative. Il n’empêche, une véritable « diplomatie des territoires » a vu le jour peu à peu, suppléant même parfois les relations plus officielles de Paris en cas de crise. « Mais toujours dans le respect des engagements internationaux pris par la France », précise un responsable de la Délégation pour l’action extérieure des collectivités territoriales (DAECT, qui fait partie du ministère des Affaires étrangères).

À l’exception donc des domaines régaliens, les collectivités françaises ont vu leurs compétences s’étoffer à mesure que les lois de décentralisation se succédaient, leur transférant des compétences jusque-là réservées à l’État. Aujourd’hui, ces collectivités ont toute latitude pour mener des actions internationales dans les secteurs qu’elles souhaitent, et avec les autorités locales étrangères de leur choix. Elles peuvent s’impliquer dans un dossier en entraînant dans leur sillage les différents acteurs économiques, associatifs ou culturels de leurs territoires, et selon les modalités qui leurs conviennent (soit directement, soit par le biais de l’un des réseaux internationaux de collectivités), et ce pour réaliser des projets ou mobiliser des experts.

Participative et modeste

Selon les services spécialisés du ministère français des Affaires étrangères, près de 5 000 d’entre elles ont déjà tenté l’aventure de la coopération décentralisée, parfois bien au-delà des frontières originelles de l’Europe. Si l’Allemagne reste le partenaire numéro un des collectivités territoriales françaises, elle est talonnée (dans l’ordre) par le le Sénégal, le Burkina Faso et le Mali.

Moins formaliste et bureaucratique, davantage participative et modeste dans ses ambitions, l’aide extérieure entre collectivités semble surtout, selon ses promoteurs, « mieux répondre aux besoins constatés sur le terrain ». Les problèmes, en matière de sécurité et de propreté, de santé et d’éducation, d’équipement et de services urbains, restent identiques d’un territoire à l’autre, même si les réalités quotidiennes ne sont pas forcément les mêmes. À commencer par la décentralisation elle-même, qui, si elle avance à marche forcée depuis quatre décennies en France, peut suivre des rythmes très différents selon les pays, limitant les compétences des collectivités locales et donc, l’efficacité et la portée de ce type de coopération.

Cette coopération reste pourtant l’occasion de tisser des liens humains qui permettent souvent aux partenariats de s’inscrire dans la durée pendant que les collectivités montrent leur solidarité internationale en transférant leur expertise, leurs compétences et parfois leurs matériels selon une règle de réciprocité qui reste souvent difficile à trouver. Qu’elles soient du Nord ou du Sud, ces collectivités profitent en revanche de cette proximité pour repousser leurs limites géographiques ou institutionnelles, avec l’objectif partagé de mieux faire entendre leur voix sur des sujets aussi globaux que l’environnement, le climat ou la pandémie de Covid-19.

La question financière

Du côté français, les collectivités jouent également leur rôle de soutien financier en investissant chaque année quelques centaines de millions d’euros, soit une fraction des 15 milliards d’euros de l’aide publique au développement accordée par la France en 2020. « La question financière reste l’une des principales limites de la coopération décentralisée », admet le responsable de la DAECT. Surtout depuis la crise de 2008, qui a bouleversé les budgets en même temps que l’État abandonnait de nouvelles compétences aux frais des exécutifs territoriaux.

« Les dispositifs financiers existent, mais ils sont souvent mal fléchés », constate Jean-François Habeau, directeur exécutif du Fonds mondial pour le développement des villes (FMDV), dont le rôle consiste à aider les collectivités à trouver les solutions de financement, en France auprès de la DAECT ou de l’Agence française de développement (AFD), parmi les multiples instruments mis en place par l’Union européenne et, plus récemment, auprès des grands bailleurs de fonds multilatéraux comme la Banque mondiale.

Pour y avoir accès, encore faut-il disposer de l’expertise nécessaire pour répondre aux appels à projets. Certaines collectivités françaises aident donc directement leurs partenaires à monter le leur, demandant à l’occasion une rétribution pour leur assistance technique. « Outre qu’elle permet le développement de projets plus ambitieux », comme le dit Jean-François Habeau, cette dernière tendance montre les capacités de la coopération décentralisée à se réinventer, sans oublier l’essentiel.

Avec Jeune Afrique par Olivier Caslin

Le Défi pissenlits pour que les abeilles restent en vie

mai 21, 2022
Une affiche sur laquelle est écrit : je protège les pollinisateurs est plantée sur une pelouse garnie de pissenlits.

Photo : Radio-Canada/Jean-François Fortier

Pour une deuxième année consécutive, la population est invitée à laisser pousser les pissenlits et autres fleurs printanières sur les terrains pour aider les insectes pollinisateurs, mais tous ne se sentent pas interpellés de la même façon.

Le Défi pissenlits se veut une façon de protéger les abeilles, menacées d’extinction. L’objectif du défi, initié par l’entreprise Miel et co, est de retarder la première tonte de pelouse de quelques semaines pour laisser le temps aux autres fleurs, sources de pollen et de nectar, d’éclore.

« Il faut aider les abeilles et les insectes pollinisateurs parce qu’ils sont responsables du tiers du garde-manger mondial. Les fruits, les légumes, les noix, notamment, dépendent de la pollinisation des insectes. »— Une citation de  Christina Fortin-Ménard, copropriétaire de Miel et co.

La Ville de Trois-Rivières participe également au défi. La municipalité encourage les citoyens à laisser pousser leur pelouse quelques jours, voire quelques semaines pour fournir de la nourriture aux insectes.

À la Ville, on repousse la première tonte des talus et des terrains vacants. Habituellement on la fait au mois de mai, mais cette année on a décidé de la reporter au mois de juin , affirme le porte-parole de la Ville, Mikaël Morrissette.

« C’est important pour les abeilles. Elles meurent cette année. C’est important de faire un petit geste pour les prochaines générations et pour l’avenir. »— Une citation de  Mathieu Dutil, résident de Trois-Rivières

Bien que plusieurs citoyens souhaitent faire leur part en évitant de tondre leur pelouse, certains sont moins convaincus. Selon eux, les pissenlits constituent des mauvaises herbes dont il faut se débarrasser.Gros plan d'une abeille qui s'apprête à se poser sur une fleur.

Les pissenlits sont une source de nourritures pour les abeilles. Photo : Istock/Perboge

Quand les pissenlits ont poussé au début, je les ai laissés, mais quand ils sont devenus en mousse, je les ai enlevés , raconte Constant Bourassa.

C’est certain que pour la pollinisation ça serait mieux d’avoir des pissenlits, mais mon conjoint n’est pas vraiment pour ça , explique Hélène Fontaine.

Radio-Canada avec les informations d’Anne Merline Eugène

Congo: Pourquoi les policiers et gendarmes escrocs de la RN1 refusent-ils les 2000 frs d’un chauffeur Béembé ?

mai 21, 2022
 Pourquoi les policiers et gendarmes escrocs de la RN1 refusent-ils les 2000 frs d’un chauffeur Béembé ?

Sur la RN1 entre Mouyondzi et Pointe-Noire, tous les policiers et gendarmes habitués à arnaquer les conducteurs ont boycotté un chauffeur au nom de Nazaire Mpika qu’ils soupçonnent d’être un sorcier. Aucun policier et gendarme n’ose prendre le billet de 2000 frs qu’il tend à chaque contrôle. Il semblerait que cet argent aurait perturbé le sommeil des agents.

Le véhicule conduit par le Béembé Nazaire Mpika est sans doute l’unique qui fait Mouyondzi – Pointe Noire et vice versa sans rencontrer aucune difficulté lors des contrôles routiers. Après avoir souffert des tracasseries des policiers sur la RN1, Nazaire Mpika avait décidé d’en finir avec en travaillant tous les billets de 2000 frs qu’il leurs remettait.

Les policiers voleurs victimes du Béembé racontent comment parfois les 2000 frs disparaissent dans leurs poches ou dans les portes-monnaies de leurs épouses. Un policier raconte que dans un bar de Dolisie au moment de payer sa consommation, son billet de 2000 frs s’est transformé en du papier simple et on l’a traité de bandit par les serveurs.

Des choses mystiques qui ont poussé ces policiers à fermer les yeux sur le véhicule du Béembé Nazaire Mpika. Le chauffeur s’en félicite d’ailleurs et parfois s’amuse à tendre un billet de 2000 frs aux policiers sans qu’on ne le lui demande. Les policiers refusent toujours.

Sur la RN1, en dehors des péages, les forces de l’ordre ont érigé des barrages que tout conducteur ne doit franchir que moyennant un billet de banque. Les véhicules qui transportent les produits agricoles des pays du Niari sont les premières victimes de cette escroquerie policière.

Entre Mouyondzi et Nkayi, les gendarmes par exemple exigent un pot-de -vin de 15000 frs à tout camion chargé de marchandises. Une libération pour Nazaire Mpika qui peut désormais s’en passer grâce à ses billets de 2000 frs composés.

Avec Lecongolais.fr

France-Football : Mbappé reste au Paris Saint-Germain la saison prochaine

mai 21, 2022

Selon les informations du quotidien « L’Équipe », l’attaquant a décidé de prolonger avec le club de la capitale.

Il reste. Après un long feuilleton, le joueur Kylian Mbappé a décidé de prolonger son contrat avec le Paris Saint-Germain, comme l’affirme L’Équipe, samedi 21 mai. Selon le quotidien sportif, le contrat n’aurait pas encore été signé par la star du ballon rond, mais les conditions du contrat seraient néanmoins établies. Mbappé devrait rester trois années de plus dans le club parisien, sauf changement de dernière minute.

Pour les dirigeants du PSG, cette signature devenait primordiale pour ne pas laisser filer son joueur vedette. En effet, le contrat initial liant Mbappé à son club arrivait à échéance le 30 juin prochain. Sans reconduction, il aurait pu quitter la France pour rejoindre le Real de Madrid – qui le courtisait également – sans que ce dernier club ait à investir un euro. Chose que l’état-major parisien ne pouvait accepter, puisqu’en 2017 l’achat du petit prodige de Bondy avait coûté 180 millions d’euros au PSG. Une somme record. Le 15 mai dernier, lors de la remise des trophées UNFP, Kylian Mbappé avait expliqué que son choix était « quasiment fait », sans pour autant révéler sa décision.

Selon les informations de RMC Sport, le joueur parisien aurait appelé lui-même le président du club espagnol du Real de Madrid afin de lui annoncer son refus de franchir les Pyrénées. À la suite de cette prolongation, l’organigramme du PSG devrait être profondément remanié. Mauricio Pochettino, actuel entraîneur de l’équipe, pourrait ne pas être renouvelé dans ses fonctions la saison prochaine. En effet, le contrat signé lors de son arrivée à Paris court jusqu’au 30 juin 2022. Une année en option était prévue dans les accords signés entre lui et le club.

Une « insulte au football », selon les Espagnols

Quelques heures après l’annonce par la presse de cette prolongation à Paris, le président de la Ligue professionnelle de football espagnole, Javier Tebas, s’est insurgé contre la décision de Kylian Mbappé. Dans un tweet, il a considéré que ce choix était « une honte pour le football ». « Ce que le PSG est en train de faire pour prolonger Mbappé grâce à de grosses sommes d’argent, après avoir enregistré des pertes de 700 millions d’euros ces dernières saisons et alors qu’il a une masse salariale de 600 millions d’euros est une INSULTE au football », a-t-il écrit sur Twitter

Le président du PSG Nasser al-Khelaïfi « est aussi dangereux que la Super Ligue », a ajouté Javier Tebas dans une allusion au projet présenté par douze grands clubs européens l’année dernière. Le PSG et Tebas s’étaient trouvés dans le même camp, aux côtés de l’UEFA, pour faire échouer cette tentative. Le PSG espère obtenir la signature du champion du monde de 23 ans, courtisé assidument par le Real Madrid, afin de l’annoncer avant la fin de la journée de samedi, ont précisé des sources proches du dossier à l’Agence France-Presse.

Dans le même temps, la maire de Paris s’est félicitée de la décision de Kylian Mbappé dans un message très court accompagné d’une photo annonçant la prolongation du joueur au PSG. « Super ! ! ! » a-t-elle déclaré. Le tout accompagné de deux émoticônes aux couleurs du club de football. Le départ ou non du joueur originaire de Bondy (Seine-Saint-Denis) était devenu une question quasiment politique, ces derniers mois, selon plusieurs médias. En effet, en coulisses, le chef de l’État a multiplié les échanges avec le joueur, même durant la campagne présidentielle, pour le pousser à rester à Paris.

Par Le Point avec AFP

Médias: Patrick Bofunda Ilingo, nouveau directeur Afrique de TV5 Monde

mai 21, 2022

La chaîne de télévision française a annoncé, le 19 mai, la nomination de Patrick Bofunda Ilingo au poste de directeur Afrique au sein de la direction de la ​​​distribution, du  marketing et de la ​commercialisation.

Patrick Bofunda

La nomination qui vient d’être faite, explique TV5 Monde, parachève l’organisation de son département marketing à la suite du départ à la retraite de Jean-Luc Cronel et à la nomination de Denise Époté au poste de directrice distribution, marketing et commercialisation en janvier 2022.

Titulaire d’une licence en administration publique et d’un master en droit, Patrick Bofunda Ilingo a débuté sa carrière en 2011 en tant que secrétaire particulier de Christian Atoki Ileka, ambassadeur de la République démocratique du Congo en France. En 2018, il a été nommé assistant politique et diplomatique de l’ambassadeur. En parallèle, en 2018, il fonde, à Kinshasa, l’agence 2i Conseil, spécialisée dans la stratégie d’influence en marketing et en communication publique.

Il poursuit sa carrière en 2020 en tant que manager des affaires publiques, de la communication externe et du marketing chez PPC Barnet à Kinshasa. En 2021, Patrick Bofunda Ilingo est nommé expert et membre du groupe de travail sur le développement du G20 pour le compte de la présidence congolaise. Il intègre TV5 Monde en mai 2022 en tant que directeur Afrique.  

Première chaîne généraliste mondiale en langue française, TV5 Monde est le deuxième réseau international de télévision diffusé auprès de 370 millions de foyers dans près de deux cents pays et territoires. L’ensemble de ses programmes, explique-t-on, rassemble une audience cumulée hebdomadaire de soixante millions de téléspectateurs uniques et trente millions en audience numérique mensuelle. Dans le cadre des vingt-cinq ans de la chaîne Afrique en 2017, elle a lancé une offre numérique gratuite, 100% Afrique et 100% mobile et enregistre déjà plus de cinq cent mille téléchargements depuis décembre de la même année.

Avec Adiac-Congo

Australie : le Premier ministre Scott Morrison chassé du pouvoir

mai 21, 2022

Scott Morrison, Premier ministre depuis 2018, a reconnu sa défaite, samedi 21 mai. Son parti dirigeait le gouvernement australien depuis neuf ans.

Le Premier ministre Scott Morrison etait au pouvoir depuis aout 2018, il a ete battu en mai 2022. (illustration)
Le Premier ministre Scott Morrison était au pouvoir depuis août 2018, il a été battu en mai 2022. (illustration)© OLIVIER DOULIERY / AFP

La coalition conservatrice du Premier ministre Scott Morrison a perdu les élections législatives de ce samedi 21 mai en Australie, selon les projections publiées par les médias après le dépouillement d’environ la moitié des suffrages. Selon la chaîne de télévision nationale ABC, le Parti travailliste serait en bonne voie pour former le prochain gouvernement. Le gouvernement conservateur a été rejeté, notamment, à cause de son inaction contre le changement climatique.

Assez rapidement, le Premier ministre australien Scott Morrison a reconnu, samedi, sa défaite aux élections législatives. « Ce soir, j’ai parlé au chef de l’opposition et au nouveau Premier ministre, Anthony Albanese, et je l’ai félicité pour sa victoire électorale », a déclaré le futur ex-Premier ministre. Cette victoire des travaillistes met fin à neuf années de gouvernement conservateur. Selon des projections publiées par la chaîne ABC, après le dépouillement de la moitié des suffrages, le Parti travailliste emporte le plus grand nombre de députés à la Chambre des représentants. Avec seulement 72 sièges assurés jusqu’à présent, il n’était pas encore certain de décrocher la majorité absolue de 76 députés nécessaire pour former un gouvernement sans devoir se trouver un allié.

Quelque 17,2 millions d’électeurs étaient appelés à choisir les 151 sièges de la Chambre des représentants pour un mandat de trois ans. Quarante des 76 sièges du Sénat étaient également renouvelés pour six ans. Ces trois dernières années, l’Australie a été marquée par une série de catastrophes naturelles majeures et par la pandémie. Un contexte qui a poussé de nombreux Australien à choisir un nombre inhabituel de « petits » candidats pro-environnement qui pourraient détenir les clés du pouvoir.

Les petits candidats plébiscités

Le Parti vert et les candidats indépendants surnommés « teals » étaient en passe de conquérir une série de circonscriptions urbaines habituellement acquises aux candidats conservateurs. La plupart du temps, il s’agit de femmes hautement qualifiées prônant la défense de l’environnement, l’égalité des sexes et la lutte contre la corruption. « Les gens ont dit que la crise climatique est un sujet sur lequel ils veulent agir », a exulté Adam Bandt, leader du Parti vert. « Nous venons de connaître trois années de sécheresse, puis des incendies et maintenant des inondations et encore des inondations. Les gens peuvent le voir, c’est en train de se produire, c’est en train de s’aggraver », a-t-il ajouté.

Durant toute la campagne électorale, les idées politiques ont été reléguées au second plan. Les débats se focalisant plutôt sur les personnalités des candidats des deux partis principaux dans le pays : Scott Morrison et Anthony Albanese.

Les politiques procharbon du gouvernement conservateur ont sans doute été un moteur de ce rejet de Morrison. Dans le même temps, de nombreux jeunes doivent faire face à de grandes difficultés pour trouver un logement abordable. « J’ai grandi dans une communauté qui a été très fortement touchée par les incendies et les inondations au cours des cinq dernières années », a raconté dans un bureau de vote de Melbourne Jordan Neville, qui votait pour la première fois. « Si quelque chose pouvait être fait pour empêcher que cela se reproduise, ce serait incroyable. »

Scott Morrison, un bilan en demi-teinte

Durant la totalité de son mandat, Scott Morrison a résisté aux appels à réduire plus rapidement les émissions de carbone de l’Australie d’ici à 2030. De plus, il soutient sans réserve l’industrie du charbon, un des moteurs de l’économie du pays. À la traîne dans les sondages depuis un an, il s’est prévalu de la reprise économique et d’un taux de chômage actuellement au plus bas depuis 48 ans. Il a dépeint son rival travailliste comme un « électron libre » inapte à diriger l’économie. Problème, sa popularité personnalité était faible alors que des accusations de malhonnêteté le visaient ces dernières semaines.

Le jour du scrutin, le leader travailliste avait, quant à lui, demandé aux électeurs de donner à son parti de centre gauche « une chance » de diriger le pays, et exhorté les gens à rejeter un Premier ministre « clivant ». Le leader travailliste, lui-même décrit comme fade et peu inspirant, a mis l’accent dans les derniers jours de la campagne sur les manquements présumés de son adversaire conservateur. Les Australiens « veulent quelqu’un qui soit juste, quelqu’un qui admettra ses erreurs », a-t-il plaidé.

Un bilan fustigé jusqu’en France. Samedi, Jean-Yves Le Drian a expliqué que la défaite de Scott Morrison lui « convenait très bien », alors que se déroulait la passation des pouvoirs entre lui et Catherine Colonna. Une réaction qui intervient huit mois après que le Premier ministre australien a causé une intense brouille diplomatique avec Paris en cassant un mégacontrat de sous-marins français. « Les actes posés au moment où ils ont été posés étaient d’une brutalité et d’un cynisme, et je serais même tenté de dire d’une incompétence notoire », a-t-il poursuivi.

Le chemin est encore long pour les travaillistes

Par ailleurs, il s’est engagé durant la campagne à accélérer sur la lutte contre le changement climatique. Il souhaite également renforcer la participation des populations indigènes dans les politiques nationales. Enfin, il a promis d’aider les personnes confrontées à la flambée des prix en pleine inflation mondiale due, notamment, à la guerre en Ukraine.

Il pourrait maintenant, pour gouverner, devoir conclure des accords avec des candidats exigeant des mesures plus fermes en matière de climat, risquant ainsi de s’attirer l’ire des factions de son parti favorables au charbon et aux syndicats miniers.

Fraîchement réélu, Anthony Albanese veut changer diamétralement le positionnement de l’Australie quant à la question climatique. Il a promis de transformer son pays en « superpuissance » des énergies renouvelables. « Le peuple australien a voté pour le changement » en mettant fin à neuf ans de gouvernement conservateur, s’est-il félicité dans son discours de victoire. Il a annoncé qu’il participerait mardi au Japon en tant que nouveau Premier ministre australien, au sommet du Quad, une alliance stratégique informelle entre les États-Unis, l’Australie, l’Inde et le Japon.

Par Le Point avec AFP

France : la Franco-Libanaise Rima Abdul-Malak nommée ministre de la Culture

mai 20, 2022

Passée par la mairie de Paris et l’ambassade de France aux États-Unis, la nouvelle ministre connaît bien le Moyen-Orient pour y être née et y avoir travaillé.

Rima Abdul-Malak lorsqu’elle était administratrice de Clowns sans frontières. © Frédéric Dugit/Le Parisien/MaxPPP

Elle est l’une des surprises du nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne. Peu connue du grand public, la Franco-Libanaise Rima Abdul-Malak a été nommée ministre de la Culture ce 20 mai. Née en 1979 au Liban, elle prend la succession de Roselyne Bachelot.

Elle quitte le Liban pour la ville de Lyon en pleine guerre civile, à l’âge de 10 ans. Elle intègre le Lycée international de la ville, puis rejoint Sciences-Po, toujours à Lyon. Elle obtient également un DESS en développement et coopération internationale à l’université Panthéon-Sorbonne, en 2000.

Après ses études, elle s’implique dans l’humanitaire, d’abord au sein du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) en Israël et dans les Territoires occupés, avant de prendre la tête de l’ONG Clowns sans frontières en 2001.

Premiers pas en politique

C’est en 2008 qu’elle pose un premier pied dans le monde politique, en rejoignant la Mairie de Paris. Elle y grimpe les échelons, de conseillère spectacle vivant à conseillère culture du maire d’alors, Bertrand Delanoë, en passant par la direction du cabinet de Christophe Girard, adjoint à la culture de l’édile.

Durant ces années, elle a notamment travaillé à l’ouverture ou à la reconversion de lieux culturels emblématiques de la capitale française, comme Le Centquatre, la Gaîté lyrique ou encore le Louxor.

En 2014, elle devient attachée culturelle de l’ambassade de France à Washington, une affectation réputée « politique » dans le milieu diplomatique.

Elle rejoint l’équipe d’Emmanuel Macron en décembre 2019 et remplace Claudia Ferrazzi au poste de conseillère culture et communication de l’Élysée.

Par Jeune Afrique

Ukraine: « C’est l’enfer » dans le Donbass, déplore Zelensky

mai 20, 2022
Une femme, Klaudia Pushnir, 88 ans, prend sa tête dans ses mains, en pleurant, dans un sous-sol.

Les autorités ukrainiennes estiment que quelque 15 000 civils vivent encore à Sievierodonetsk, où ils se réfugient dans des sous-sols et des souterrains. Photo : Getty Images/AFP/Yasuyoshi Chiba

« C’est l’enfer » dans le Donbass, qui est « complètement détruit », a déploré dans un message vidéo diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Les troupes russes y ont de nouveau intensifié leurs efforts vendredi, surtout à Sievierodonetsk, où plusieurs civils seraient morts.

Les Russes ont continué leur assaut sur Sievierodonetsk vendredi, au point où il serait devenu impossible de connaître le nombre exact de victimes. « L’armée russe a entamé une destruction de grande ampleur de Sievierodonetsk, a déclaré le gouverneur de la région de Louhansk, Sergueiï Gaïdaï, sur Telegram. « L’intensité des bombardements a doublé, [les Russes] pilonnent les quartiers résidentielles pour les détruire maison par maison. »

Jeudi, les autorités ukrainiennes avait déclaré que douze civils avaient été tués à Sievierodonetsk et 40 autres blessés par les forces russes, qui y ont multiplié les bombardements dans les derniers jours.

« Nous ne savons pas combien il y a de victimes car il est tout simplement impossible d’aller vérifier dans chaque appartement. »— Une citation de  Sergueiï Gaïdaï, gouverneur de la région du Louhansk Un bâtiment détruit à Sievierodonetsk.

Les Russes auraient détruit 70 % des résidences de Sievierodonetsk, selon le gouverneur régional. Photo : Getty Images/AFP/Yasuyoshi Chiba

Des troupes russes auraient ouvert le feu vendredi sur une école de Sievierodonetsk, où plus de 200 personnes se réfugient, dont des enfants, selon Sergeiï Gaïdaï. Trois adultes seraient morts, a-t-il ajouté. Aucun média n’a cependant été en mesure de confirmer ces informations pour l’instant.

Il resterait environ 15 000 civils dans cette ville qui comptait plus de 100 000 habitants avant la guerre, estime son chef de l’administration militaire, Oleksandr Striuk. Ils vivent dans des abris et des sous-sols et, depuis une semaine, seraient sans électricité, sans Internet, sans moyens de communication.

« Environ 70 % du parc immobilier de la ville a été détruit », a estimé Sergueiï Gaïdaï sur Telegram. Cela représente 11 000 maisons, dont 3000 sont des immeubles à logements, a-t-il ajouté.

La destruction méthodique des villes, qui vise à priver leurs défenseurs d’abris jusqu’à ce qu’ils soient contraints à s’en retirer, est la tactique utilisée par la Russie depuis le début de la bataille du Donbass.Une femme prépare un feu à l'extérieur pour se faire à manger.

Sans électricité, les derniers civils de Sievierodonetsk doivent se débrouiller avec ce qu’ils ont pour se faire à manger et se réchauffer. Photo : Getty Images/AFP/Yasuyoshi Chiba

Plus tôt, le ministre russe de la Défense déclarait que la Russie avait presque terminé la libération de la République autoproclamée de Louhansk, à une soixantaine de kilomètres de la frontière.

Si l’Ukraine admet que les Russes avancent dans l’est, elle assure que les troupes ukrainiennes tiennent le coup. L’attaque sur Sievierodonetsk a échoué. Les Russes ont subi des pertes de personnel et se sont repliés, a déclaré Sergueiï Gaïdaï.

Une vidéo publiée par la Garde nationale ukrainienne la montre d’ailleurs faisant exploser un pont, qui serait celui reliant Sievierodonetsk à Rubizhne, voulant ainsi ralentir l’avancée des troupes russes dans la région. Aucun média n’a toutefois pu vérifier l’origine et l’authenticité de la vidéo.Une capture d'écran d'une vidéo montrant le pont qui explose d'une vue aérienne.

Les autorités ukrainiennes assurent avoir fait exploser ce pont qui lie Severodonetsk à Rubizhne pour freiner l’avancée des Russes dans le Donbass. Photo : Reuters/Ukraine National Guard

La ville de Sievierodonetsk est stratégiquement importante pour la Russie parce que la contrôler lui permettrait de se diriger vers l’ouest et de rejoindre les troupes russes au sud-est d’Izyum.

Elle est également une des dernières poches de résistance de la région, avec Lyssytchansk, à une dizaine de kilomètres, aussi le théâtre de combats intenses depuis jeudi. La prise de ces deux villes permettrait donc à Moscou de revendiquer le contrôle total de la province et de la placer sous l’autorité de la république populaire de Louhansk.Le missile, le nez dans le sol.

Un missile a atterri sans exploser devant une garderie de Lyssytchansk où sept personnes se réfugient dans le sous-sol depuis deux mois. Photo : Getty Images/AFP/Yasuyoshi Chiba

Cette intensification des attaques russes n’a aucune explication militaire, a réagi dans son allocution quotidienne Volodymyr Zelensky.

« C’est une tentative délibérée et criminelle de tuer le plus d’Ukrainiens possible. De détruire le plus de maisons, d’installations sociales et d’entreprises possible. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président ukrainien.

Vendredi après-midi, à Lozova, à 150 km au sud de Kharkiv, au moins sept personnes, dont un enfant de 11 ans, ont été blessés dans une puissante frappe de missile russe sur un centre culturel fraîchement reconstruit, a annoncé Zelensky sur Telegram.

Le président ukrainien a accompagné son message d’une vidéo montrant une puissante explosion pulvérisant le bâtiment dans un panache de fumée, tandis que deux voitures passaient à proximité, l’une tentant ensuite de fuir la zone.Selon le porte-parole du ministère ukrainien de la Défense, Oleksandre Motouzianyk, la situation sur le front reste tendue vendredi et montre des signes d’aggravation.

« Les forces d’occupation russes mènent des tirs intenses tout le long de la ligne de contact et tentent de frapper à l’artillerie profondément dans les défenses des troupes ukrainiennes. »— Une citation de  Oleksandre Motouzianyk, porte-parole du ministère ukrainien de la DéfenseUne capture d'écran d'une vidéo montrant le moment où le missile frappe le centre culturel de Lozova.

La Russie aurait bombardé le centre culturel de Lozova, où des civils se réfugiaient. Photo : Reuters/State Emergency Service of Ukrai

Les derniers défenseurs d’Azovstal cessent de combattre

Vendredi matin à Marioupol, les derniers combattants retranchés dans l’usine d’Azovstal ont reçu l’ordre de Kiev d’arrêter de se battre, a déclaré Denys Prokopenko, commandant du régiment d’Azov, dans une vidéo publiée sur Telegram.

Les autorités militaires ont donné l’ordre de sauver des vies, de préserver le bien-être des militaires et de cesser de défendre la ville.

Selon la Russie, environ 2000 combattants se seraient rendus dans les derniers jours.Des combattants, dans les souterrains d'Azovstal, devant un drapeau ukrainien.

Les derniers combattants retranchés dans l’usine d’Azovstal ont cessé les combats vendredi, à la demande de Kiev, qui désire « sauver des vies ». Photo : Reuters/Dmytro Orest Kozatskyi/Azov Regi

Selon Kiev, 90 % de la ville de Marioupol aurait été détruit et au moins 20 000 personnes y auraient péri depuis le début des combats.

La fin des combats à Marioupol pourrait permettre à plusieurs troupes russes de rejoindre celles qui combattent dans le Donbass et d’y intensifier encore les offensives.

Une fois que la Russie aura sécurisé Marioupol, il est probable qu’elle déplacera ses forces pour renforcer les opérations dans le Donbass, a déclaré le gouvernement britannique.

Mais ces unités doivent être rééquipées et remises en état avant de pouvoir être redéployées efficacement, alors même que le commandement russe est sous pression pour des résultats, analyse la même source. La Russie va probablement redéployer ses forces rapidement sans préparation adéquate, ce qui risque d’encore augmenter leur usure.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, BBC et CNN

Canada: L’auteur des attaques du Vieux-Québec reconnu coupable de meurtres au premier degré

mai 20, 2022
Un croquis de Carl Girouard qui témoigne à son procès.

Carl Girouard témoigne à son procès. (Archives) Photo : Illustration HBÉ

Carl Girouard, l’auteur des violentes attaques au sabre dans le Vieux-Québec en octobre 2020, a été déclaré coupable de meurtres au premier degré, vendredi.

Le jury qui avait commencé ses délibérations lundi vient de rendre son verdict, au palais de justice de Québec.

Carl Girouard est coupable des meurtres de François Duchesne, 56 ans et Suzanne Clermont, 61 ans.

Vendredi peu avant 14 h, l’accusé est arrivé dans la salle d’audience la tête haute. Avant de s’adresser à son avocat, il a balayé la salle du regard.

Une quarantaine de personnes étaient présentes dans la salle pour ce verdict très attendu. Lisa Mahmoud est la seule victime sur place. Elle avait témoigné lors du procès.Lisa Mahmoud, le 19 avril 2022 au palais de justice de Québec.

Lisa Mahmoud, le 19 avril 2022 au palais de justice de Québec (archives) Photo : Radio-Canada/Sylvain Roy Roussel

À l’énoncé du verdict, Carl Girouard a relevé la tête et jeté un coup d’œil furtif vers les 11 jurés.

Le jeune homme de 26 ans est automatiquement condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle. Il est également coupable de cinq tentatives de meurtre, après s’en être pris à des passants, le soir du 31 octobre 2020.

Avant de faire les observations sur la peine, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a demandé d’attendre la décision la semaine prochaine dans la cause du tueur de la grande mosquée, Alexandre Bissonnette.Carl Girouard au SPVQ

Carl Girouard est entouré de policiers, dans le local d’admission de la détention au SPVQ, peu après son arrestation. (Archives) Photo : Radio-Canada/Capture d’écran/Vidéo fournie par le Service de la Police de la Ville de Québec

La maladie mentale au cœur des débats

Carl Girouard avait admis être l’auteur des attaques, tout en présentant une défense de non-responsabilité criminelle, en raison de troubles mentaux.

Le jury n’a donc pas adhéré aux arguments de son avocat qui avait présenté le témoignage du psychiatre Gilles Chamberland. Ce dernier avait diagnostiqué chez l’accusé une schizophrénie qui l’aurait entraîné dans un délire, l’empêchant de faire la différence entre le bien et le mal.

La poursuite avait répliqué avec les témoignages de deux experts, dont celui du psychiatre Sylvain Faucher.

Ce témoignage semble avoir convaincu le jury que l’accusé était pleinement conscient de ses actes, lorsqu’il a commis ses crimes.Deux policiers tiennent Carl Girouard par les mains, lors de son arrestation. Le suspect a les cheveux bruns foncés et est vêtu de noir.

Les policiers de la Ville de Québec ont procédé à l’arrestation de Carl Girouard dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, tout prêt de l’Espace 400e. (Archives) Photo : Reuters/Steve Jolicoeur

Lors du procès, Carl Girouard a témoigné s’être débattu avec ses deux personnalités, avant de passer à l’acte.

Il avait raconté s’être senti investi d’une mission pour changer le monde pour le mieux. Selon son récit, il devait créer un chaos pour faire un Nouveau Monde.

Le résident de Sainte-Thérèse avait commencé à élaborer ce plan six ans plus tôt.

Le jury était composé de 7 femmes et 4 hommes, un membre ayant été exclu au début des procédures après avoir contracté la COVID-19.

Avec Radio par Agnès Chapsal et Yannick Bergeron

France-Nouveau gouvernement: la surprise Pap Ndiaye et un jeu de chaises musicales

mai 20, 2022
Nouveau gouvernement: la surprise Pap Ndiaye et un jeu de chaises musicales
Nouveau gouvernement: la surprise Pap Ndiaye et un jeu de chaises musicales© AFP/STEPHANE DE SAKUTIN

L’historien Pap Ndiaye à l’Education et un vaste jeu de chaises musicales: un mois après la réélection d’Emmanuel Macron, et à trois semaines des législatives, la France s’est dotée vendredi d’un nouveau gouvernement qui oscille entre renouvellement et recyclage.

Comprenant 14 hommes et 14 femmes, « c’est un gouvernement paritaire, équilibré entre certains qui étaient déjà ministres ces dernières années et puis des nouvelles figures » avec « des personnalités qui viennent de la gauche, du centre de la droite », a assuré la Première ministre Elisabeth Borne sur le plateau du 20 heures de TF1.

Parmi les surprises égrénées sur le perron de l’Elysée par le secrétaire général Alexis Kohler figurent l’attribution du porte-feuille de ministre des Affaires étrangères à la diplomate Catherine Colonna ou encore l’arrivée à la Culture de Rima Abdul Malak, jusque-là conseillère d’Emmanuel Macron.

Mais le centre d’attraction est l’arrivée au ministère de l’Education de Pap Ndiaye, âgé de 56 ans, qui dirigeait jusqu’à présent le Palais de la Porte Dorée, et donc le musée de l’Histoire de l’immigration. Cet intellectuel reconnu, spécialiste d’histoire sociale des Etats-Unis et des minorités, aura la charge de succéder à Jean-Michel Blanquer à la tête d’un ministère à vif, traversé par des tensions sociales.

L’extrême droite a immédiatement concentré ses critiques sur ce choix. « La nomination de Pap Ndiaye, indigéniste assumé, à l’Education nationale est la dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et de son avenir », a dénoncé Marine Le Pen.

Eric Zemmour a assuré que « c’est toute l’histoire de France qui va être revisitée à l’aune de l’indigénisme, de l’idéologie woke et de l’islamogauchisme ». Elisabeth Borne a dénoncé des critiques « parfaitement caricaturales ».

Mme Colonna, elle, est déjà rompue aux rouages de l’Etat, ayant été ministre des Affaires européennes de 2005 à 2007 et porte-parole de l’Elysée sous Jacques Chirac. La nouvelle cheffe de la diplomatie française, qui prend ses fonctions en pleine guerre en Ukraine, était ambassadrice au Royaume-Uni depuis septembre 2019.

Le Maire N.2

A l’image de la nomination lundi à Matignon d’Elisabeth Borne, ancienne ministre du Travail, le premier gouvernement du deuxième quinquennat Macron est aussi marqué par la reconduction de plusieurs figures de l’acte I.

Certains conservent leurs portefeuilles: c’est le cas des poids-lourds Bruno Le Maire (Economie, finances et souveraineté industrielle et numérique), qui obtient le statut de N.2 du gouvernement, Gérald Darmanin (Intérieur) et surtout Eric Dupond-Moretti (Justice), malgré des relations conflictuelles avec les syndicats de magistrats. Clément Beaune reste pour sa part le M. Europe de l’exécutif, et Franck Riester au Commerce extérieur.

L’essentiel du mouvement s’apparente à un jeu de chaises musicales, ce qui fait dire à l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon que « sous les apparences ternes et grises, sans audace, on y retrouve les principales figures de la maltraitance sociale et de l’irresponsabilité écologique du précédent gouvernement ».

« Un gouvernement de droite qui se moque complètement de l’écologie et du social », a abondé Julien Bayou, secrétaire national d’EELV.

C’est ainsi qu’Amélie de Montchalin (ex-Fonction publique) devient ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires et qu’Agnès Pannier-Runacher (ex-Industrie) obtient le porte-feuille de ministre de la Transition énergétique. Les deux femmes formeront avec Elisabeth Borne, directement chargée de la planification écologique et énergétique, le triumvirat « écolo » du gouvernement.

« Une organisation inédite dans ce domaine », a souligné Mme Borne, qui plaide pour « décliner » la transition écologique « dans toutes les politiques publiques ».

Sébastien Lecornu (ex-Outre-mer) décroche pour sa part les Armées en remplacement de Florence Parly. Marc Fesneau (ex-Relations avec le Parlement) ira à l’Agriculture, son prédécesseur Julien Denormandie ayant indiqué vouloir désormais se consacrer à sa famille.

Brigitte Bourguigon (ex-Autonomie) prend du galon en allant à la Santé, tandis que le ministère du Travail échoit à Olivier Dussopt (ex-Budget), avec la réforme des retraites en toile de fond.

Figure de la gestion de la crise Covid, Olivier Véran prend en charge les Relations avec le Parlement, tandis que Gabriel Attal est envoyé aux Comptes publics. Olivia Grégoire lui succède au porte-parolat.

Parmi les entrants politiques, l’arrivée de Damien Abad traduit la poursuite de la fracturation de la droite par Emmanuel Macron. Ancien patron des députés LR, qui a claqué cette semaine la porte de son parti, obtient un ministère des Solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Proche d’Edouard Philippe, le maire d’Angers Christophe Béchu est nommé ministre délégué en charge des collectivités territoriales.

Ministres en réserve

Et quelques marcheurs historiques sont récompensés, au premier rang desquels le patron du parti Stanislas Guerini, ministre de la Transformation et de la fonction publiques, la présidente de la Commission des Lois de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet, promue aux Outre-mers, ou encore Amélie Oudéa-Castera, ancienne DG de la Fédération de tennis (FFT), qui accède aux Sports.

La présidente de l’Université Paris-Saclay Sylvie Retailleau prend la tête de l’Enseignement supérieur et la Recherche, et la magistrate Isabelle Rome sera chargée de l’égalité femmes-hommes.

Ce nouveau gouvernement, qui doit se réunir en Conseil des ministres lundi, mènera la bataille des législatives des 12 et 19 juin, qui pourrait donner lieu à une autre vague de nominations.

Il devra aussi rapidement monter au front sur le sujet du pouvoir d’achat, dans un contexte inflationniste. « On a bien entendu le message des inquiétudes des Français », a assuré Mme Borne, rappelant que le premier projet de loi de son mandat comprendra un paquet de mesures sur la question.

Mais les ministres devront aussi se faire discrets sur leurs champs, la période de réserve débutant… lundi.

Par Le Point avec AFP