Archive for the ‘Art’ Category

Parasite de Bong Joon-Ho remporte la palme d’or du 72e Festival de Cannes

mai 25, 2019

Parasite de Bong Joon-Ho remporte la palme d’or du 72e Festival de Cannes

Bong Joon-Ho a été couronné de la prestigieuse récompense pour cette 72e édition sous le regard d’Alejandro Gonzales Inarritu et Catherine Deneuve. STEPHANE MAHE/REUTERS

 

Le film de Bong Joon-Ho, digne représentant de la Nouvelle Vague sud-coréenne, a reçu la prestigieuse récompense à l’issue de la 72e édition du Festival de Cannes. Attribué à l’unanimité par le jury , le prix lui a été remis par Catherine Deneuve.

CocoriCorée! En remettant à l’unanimité la palme d’or à Bong Joon-ho, le Président Alejandro Gonzales Inarritu a mis tout le monde d’accord. Les membres de son jury d’abord, constitués en grande partie de réalisateurs et réalisatrices a priori peu dociles et un peu au parfum en matière de mise en scène: Pawel Pawlikowski, Maïmouna N’Diaye, Yorgos Lanthimos, Kelly Reichardt, Robin Campillo, Alice Rohrwacher, plus le dessinateur Enki Bilal et l’actrice Elle Fanning. On aurait voulu être une petite souris dans ce panier de crabes.

Satire sociale et suspense

La critique et les festivaliers ensuite ne trouveront pas grand-chose à redire à ce lauréat. Parasite , présenté mardi 21 mai, a fait son nid dans les esprits, malgré la concurrence de Tarantino et de son Once Upon a Time présenté le même jour. Les deux réalisateurs ont d’ailleurs fait la même requête à la presse: ne pas divulgâcher l’intrigue de leurs films respectifs. Avec Parasite, Bong Joon-ho, 49 ans, confirme qu’il est un raconteur d’histoire diabolique, un grand metteur en scène et un observateur acéré de son pays, la Corée du Sud, société matérialiste et ultralibérale qui singe les Etats-Unis avec un ridicule et une absence de scrupules terrifiants.

Parasite mêle satire sociale et suspense avec une maestria impressionnante. Dans un appartement en sous-sol, la famille Ki-taek vivote en fabriquant des emballages de carton à pizza. Les parents et les deux grands enfants sont au chômage. Un jour, le fils se fait recommander par un ami pour donner des cours d’anglais à la fille d’une famille riche. Les Park habitent une grande maison d’architecte. L’adolescente tombe amoureuse de son professeur particulier. Son petit frère passe son temps à jouer aux Indiens. Le père est le PDG d’une multinationale. La mère est une desesperate housewife un peu gourde. «Elle n’est pas riche mais gentille, elle est gentille parce qu’elle est riche», dira Madame Ki-taek qui a pris la place de l’ancienne gouvernante, allergique aux pêches – le détail a son importance.

Avant elle, sa fille et son mari ont aussi trouvé du travail chez les Park par des moyens que la morale réprouve. Salauds de pauvre. Ils trimballent une odeur de «vieux radis», de «torchon sale». Ils ne respectent rien. À peine les Park partis en vacances, les Ki-taek prennent leurs aises. Ils se soûlent au whisky sur le canapé douillet. C’est sans compter la gouvernante précédente qui vient sonner à la porte. Voilà, on ne racontera pas plus l’intrigue.

Le retour en force du cinéma de genre

Disons simplement que la belle maison moderne de Parasite est la métaphore d’un pays où les pauvres vivent comme des rats relégués au sous-sol. Quand ils remontent à la surface, ils laissent exploser une colère noire ou jaune, avec ou sans gilet. Cette lutte des classes verticale succède à celle horizontale du train dystopique de Snowpiercer, Le Transperceneige (2013), premier film de Bong Joon-ho, en anglais qui lui vaut un bras de fer avec Harvey Weinstein, distributeur de l’œuvre aux États-Unis, décidé à réduire la parabole à un film d’action bas du front. Le réalisateur sud-coréen se bat pour maintenir sa version mais Weinstein enterre le film avec une sortie confidentielle sur le territoire nord-américain.

Avec Okja , son film suivant, Bong Joon-ho revient à Cannes en 2017. Peut-être le premier et dernier film produit par Netflix en compétition. Cette fable vegan avec un gros cochon suscite la polémique. Le président du jury Pedro Almodovar est le premier à déclarer qu’il ne se voit pas donner la Palme d’or à un film qui ne sortirait pas en salles. Depuis, Netflix est persona non grata à Cannes et Bong Joon-ho est revenu dans le circuit traditionnel et aux racines de son cinéma. Dans Parasite, on retrouve son acteur fétiche, Song Sang, le héros de son premier coup d’éclat en 2003, Memories of Murder, film de serial killer sombre et poisseux. Bong Joon-ho confirme ensuite avec The Host et Mother.

Le triomphe de Parasite symbolise le retour en force du cinéma de genre (fantastique, polar, science-fiction, néo western) cette année à Cannes. Il porte haut les couleurs de la Corée du sud, terre de cinéastes brillants depuis la fin des années 1990. Bong Joon-ho a réussi là où Lee Chang-Dong (Burning) a échoué l’an dernier. Il venge aussi Park Chan-wook, privé de Palme d’or avec Old Boy en 2004. Cette année-là, le jury présidé par Tarantino récompense Fahrenheit 9/11, de Michael Moore… Après le Japonais Hirokazu Kore-Eda, Palme d’or en 2018 avec Une affaire de famille, déjà l’histoire d’une famille de «parasites» dans une maison, la reconnaissance de Bong Joon-ho enfonce le clou: le cinéma venu d’Asie est l’un des plus passionnants du moment. Enfin, dernière bonne nouvelle, Parasite sort dans les salles françaises dès le 5 juin. Que demande le peuple?

Le Figaro.fr par Etienne Sorin

Mort du franco-espagnol Nilda Fernández, le chanteur de Nos fiançailles

mai 19, 2019

FRANCE-SPAIN-HIDALGO-POLITICS-BADGE-CEREMONY

Le chanteur est décédé à l’âge de 61 ans. En 2010, il avait été invité à l’ambassade d’Espagne, à Paris, lors de la remise des insignes de Commandeur de l’Ordre d’Isabelle la Catholique à Anne Hidalgo. MIGUEL MEDINA/AFP

DISPARITION – Le musicien, qui avait accédé à la célébrité avec son titre Madrid Madrid en 1987, est décédé ce dimanche à l’âge de 61 ans d’une insuffisance cardiaque. Écrivant ses paroles autant en français qu’en espagnol, ce natif de Barcelone avait été élu «révélation masculine» aux Victoires de la musique en 1992.

Ses «sourds mots d’amours» ne résonneront plus. Nilda Fernández, le chanteur franco-espagnol à la voix si particulière, aiguë et suave à la fois, est décédé dimanche d’une insuffisance cardiaque dans le sud de la France, à l’âge de 61 ans. «Auteur, compositeur, interprète, Nilda a consacré toute sa vie à la création. Musicien, écrivain, il incarnait jusqu’au plus profond de son être la figure de l’artiste», indique sa famille dans un communiqué.

Né à Barcelone dans une famille andalouse en 1957, il grandit à Lyon puis à Toulouse. Il enseigne deux ans l’espagnol puis voyage avec sa guitare, «jouant dans les bars, les clubs et autres petites salles, au hasard des rencontres et des opportunités», peut-on lire sur son site internet. En 1981, il enregistre Le Bonheur comptant, son premier album. Après six années passées loin de la musique, durant lesquels il enchaîne des métiers multiples, Nilda Fernández revient en 1987 avec Madrid Madrid, qui lui fait accéder à la célébrité. En 1991 suit l’album Nilda Fernández, avec le titre Nos fiançailles. Il n’en faut pas plus que pour, l’année suivante, le chanteur et guitariste soit sacré «révélation masculine» aux Victoires de la musique et joue en première partie du concert de Sting à Paris, devant un public de 15.000 personnes.

En 1993, pour défendre son album 500 años, entièrement enregistré en espagnol, le chanteur traverse l’Atlantique. Les États-Unis, le Mexique, le Chili et l’Argentine lui réservent un accueil chaleureux. L’année suivante, en Argentine, il chante en duo avec Mercedes Sosa, figure incontournable de la musique latino-américaine. De retour en France, Nilda Fernández publie un roman, Ça repart pour un soliloque chez Stock. Il part alors en tournée dans une roulotte, pendant deux mois, de Barcelone à Paris. Le musicien remonte plus de mille cinq cents kilomètres, repasse par les lieux marquants de son existence. Avec Mes Hommages, en reprenant les plus célèbres titres de Barbara, Charles Aznavour, Léo Ferré ou Claude François, il dit son amour de la chanson française. Pourtant, celui qui a exercé le plus d’influence sur Nilda Fernández n’est pas un musicien, mais un homme de lettres: Federico García Lorca. En 1999, il met en musique certains de ses poèmes dans un disque intitulé Castelar 704.

En 2001, Nilda Fernández gagne la Russie et disparaît presque complètement de la scène française. Là-bas, il enregistre des duos avec le chanteur et homme de spectacle Boris Moïsseev. Après cinq années passées à Moscou et un passage à Cuba, où il crée un spectacle d’art circassien, le guitartiste revient en France et continue à produire des albums: Ti Amo et Basta Ya. En 2014, Nilda Fernández entame sa dernière tournée, jouant alors avec ses musiciens dans les bistrots de Paris, comme un retour à ses jeunes années.

Par AFP agence avec Benjamin Puech

Italie: A Rome, l’hôpital Gemelli rend un hommage géant à Léonard de Vinci

mai 10, 2019

 

L’hôpital Gemelli de Rome a choisi de célébrer les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci en invitant un artiste de rue à réaliser une monumentale «Madone Litta», chef-d’oeuvre attribué au maître de la Renaissance.

Célèbre pour ses reproductions géantes d’oeuvres classiques – notamment du Caravage -, l’artiste italien Andrea Ravo Mattoni s’est attaqué lundi à celle de la «Madone Litta» sur l’un des murs de l’hôpital Gemelli, l’un des plus réputés d’Italie. Il a prévu d’achever sa peinture ce samedi. Andrea Ravo Mattoni avait récemment été invité en résidence au château royal d’Amboise (dans le centre de la France), où se trouve la tombe de De Vinci, pour y réaliser cinq toiles de grandes dimensions s’inspirant du tableau de François-Guillaume Ménageot (1744-1816) «La Mort de Léonard de Vinci».

Conçue par De Vinci, la «Madone Litta» est un tableau représentant une «Vierge à l’Enfant» faisant partie de la collection du Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg (Russie). Datant de 1790, son exécution finale est toutefois attribuée à Giovanni Antonio Boltraffio, d’après un dessin préparatoire de De Vinci.

Par Le Figaro.fr avec AFP

L’Élysée annonce le décès d’Alain Chevalier, l’un des fondateurs de LVMH

novembre 4, 2018

Alain Chevalier, l’un des fondateurs du numéro un mondial du luxe LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy), est décédé, a annoncé l’Élysée dimanche dans un communiqué, en saluant un « homme visionnaire ».

« Il a mis son intelligence et son talent au service de la politique et de l’industrie, contribuant par sa vision et sa détermination à installer la France à la première place dans le domaine du luxe », souligne la présidence de la République, sans préciser la date du décès ni l’âge de M. Chevalier.

M. Chevalier, un « pied-noir d’Algérie, resté jusqu’au bout fidèle au souvenir de sa terre natale » selon l’Élysée, est à la tête de Moët Hennessy quand il réunit en 1987 son entreprise avec le groupe Louis Vuitton, alors présidé par Henry Racamier.

Le nouveau groupe, baptisé LVMH, passe deux ans plus tard aux mains de Bernard Arnault, qui en est toujours le premier actionnaire.

Les sociétés Moët Hennessy et Louis Vuitton, « qui rassemblaient déjà sous sa direction certaines des marques les plus prestigieuses dans les domaines des vins et spiritueux, de la mode, de la parfumerie et des cosmétiques, constituent de merveilleuses ambassadrices de l’élégance et du raffinement français », souligne l’Élysée.

Mais, affirme le communiqué de la présidence de la République, « il était surtout un homme de culture et de liberté, fidèle non à un homme ou à un parti, mais à ce qu’il croyait juste et vrai ».

Henry Racamier est décédé quant à lui en mars 2003, à l’âge de 91 ans.

Romandie.com avec(©AFP / (04 novembre 2018 17h10)                                                        

États-Unis: Décès du trompettiste américain Roy Hargrove

novembre 4, 2018

Roy Hargrove en 2012,... (Photo EVA HAMBACH, archives Agence France-Presse)

Roy Hargrove en 2012 Photo EVA HAMBACH, archives Agence France-Presse

 

Le trompettiste américain Roy Hargrove est décédé à l’âge de 49 ans, a-t-il été annoncé samedi sur sa page Facebook.

« C’est avec grande tristesse et le cœur dévasté que nous faisons part de la disparition de Roy Hargrove le 2 novembre, à l’âge de 49 ans », est-il indiqué.

Roy Hargrove avait percé très jeune, à la fin des années 80, devenant l’un des chefs de file du mouvement néo-bop, une forme de jazz très rythmé qui a notamment influencé le R & B et le hip-hop.

Selon son agent Larry Clothier à la radio NPR, il a eu un infarctus, après une hospitalisation liée à des problèmes de reins, l’artiste ayant été sous dialyse durant de longues années.

Il avait remporté au cours de sa carrière deux Grammys, en 1998 et 2003, notamment pour une collaboration avec le pianiste Herbie Hancock.

Lapressecanadienne.ca

Canada/Québec: la comédienne et animatrice Johanne Fontaine est décédée

octobre 11, 2018

De profil, Johanne Fontaine sourit.

Johanne Fontaine avait reçu un Gémeaux le 16 septembre 2018. Photo : Radio-Canada/Pascale Fontaine

Aznavour inhumé après un dernier hommage à la cathédrale arménienne de Paris

octobre 6, 2018

Paris – Les obsèques du chanteur français Charles Aznavour, décédé lundi à 94 ans, ont été célébrées samedi à la cathédrale arménienne Saint-Jean-Baptiste à Paris, avant son inhumation dans son caveau familial, à l’ouest de la capitale.

La presse et le public ont été tenus à l’écart de l’édifice religieux, où la cérémonie s’est tenue dans l’intimité avec les proches du chanteur, parmi lesquels les artistes Serge Lama, Emmanuelle Béart, ou l’animateur Michel Drucker.

Le cortège funéraire s’est ensuite dirigé vers Montfort-l’Amaury, où Charles Aznavour a été inhumé.

Il repose dans son caveau familial, aux côtés de ses parents et de son fils Patrick, décédé à l’âge de 25 ans. Après la cérémonie, le cimetière a été ouvert au public venu lui rendre un dernier hommage, ont constaté des journalistes de l’AFP.

En Arménie c’est un jour de deuil national, décrété par les autorités. Les drapeaux du pays sont en berne et les églises célèbrent des offices à la mémoire du chanteur décédé en France.

Charles Aznavour s’est éteint lundi à son domicile dans le sud-est de la France, à la suite d’une « défaillance cardio-respiratoire ».

Inépuisable et débordant de projets, celui qui s’était imaginé vivre jusqu’à 100 ans avait repris la scène en septembre avec deux concerts au Japon.

Il devait se rendre en Arménie la semaine prochaine avec le président français Emmanuel Macron, pour le sommet de la Francophonie.

Vendredi matin, la cérémonie d’hommage dans la cour des Invalides, au coeur de Paris, avait attiré près de la moitié des Français présents devant leur télévision, avec près de 2,8 millions de téléspectateurs en moyenne sur les chaînes France 2, BFMTV et LCI, selon les chiffres des chaînes et de Médiamétrie.

Romandie.com avec(©AFP / 06 octobre 2018 15h29)                                                        

Mort de Charles Aznavour, dernier des géants de la chanson française

octobre 1, 2018

Le chanteur Charles Aznavour en concert à Bercy à Paris, le 13 décembre 2017 / © AFP/Archives / Eric FEFERBERG

Il rêvait de chanter jusqu’à cent ans la vie, l’amour, la nostalgie, le temps qui passe. Charles Aznavour, le dernier des géants de la chanson française et son inlassable ambassadeur à travers le monde, s’est éteint dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 94 ans.

C’est dans les Alpilles, dans le sud-est de la France où il aimait tant se reposer, que Charles Aznavour s’est éteint, suscitant une vague de tristesse chez ses admirateurs de toutes générations.

« C’est un accompagnateur de nos vies. J’ai l’impression que j’ai survécu en entendant des chansons de Charles Aznavour… », a réagi Alain Souchon sur RTL.

« Le vrai boss vient de nous quitter. Un guide, un maître, je vous aime Charles. Dur de ne pas pleurer. Hasta pronto señor Champagne », a tweeté Benjamin Biolay.

« Définitivement en haut de l’affiche… Au revoir Monsieur Charles Aznavour », a pour sa part commenté DJ Snake, un des artistes français les plus courtisés à l’étranger.

Tel Benjamin Button, le personnage créé par Francis Scott Fitzgerald, né vieillard et qui vécut toute sa vie en rajeunissant avant de mourir nourrisson dans « L’étrange histoire de Benjamin Button », Aznavour semblait prendre un bain de jouvence ces dernières années à chaque tour de chant.

Avec toujours le même miracle: il débutait ses concerts la voix rouillée et le corps fragile, mais les concluait léger comme une plume et le pas dansant, devant son prompteur devenu indispensable.

La première dame de France Brigitte Macron aux côtés du chanteur Charles Aznavour au château de Versailles le 12 septembre 2018 / © POOL/AFP/Archives / Ludovic MARIN

Inépuisable, le chanteur aux plus de 70 ans de carrière avait repris la scène en septembre avec deux concerts au Japon et s’apprêtait à repartir en tournée cet automne avec plusieurs dates en France.

– 180 millions de disques vendus –

Ces derniers mois pourtant, l’inusable avait dû annuler quelques représentations. D’abord en avril à Saint-Pétersbourg, victime d’un tour de reins. Puis en mai, en raison d’une fracture de l’humérus gauche, après une chute. Une accumulation de pépins qui le ramenaient subitement à sa condition de mortel.

« Je ne suis pas vieux, je suis âgé. Ce n’est pas pareil », se plaisait-il à nuancer, auprès de l’AFP. Une façon espiègle de défier le poids des années pour celui dont le couronnement artistique est venu assez tardivement, à 36 ans, le 12 décembre 1960 à l’Alhambra.

Ce soir-là, il donna le concert de la dernière chance devant le tout Paris ainsi que des critiques, qui ne croyaient pas en son talent scénique et raillaient sa voix. Et « l’enroué vers l’or » mit tout le monde d’accord avec sa performance habitée de « J’me voyais déjà », qui raconte les illusions perdues d’un artiste.

Jusqu’alors, Aznavour avait pourtant connu le succès avec « Parce que », « Le palais de nos chimères », « Sur ma vie », « Sa jeunesse ».

Le chanteur Charles Aznavour le 24 août 2017 à Hollywood / © AFP/Archives / FREDERIC J. BROWN

Il écrivait aussi pour les plus grands, Juliette Gréco, Gilbert Bécaud, Edith Piaf qui le soutint ardemment et fut un de ses « quatre points cardinaux avec Charles Trénet, Constantin Stanislavski et Maurice Chevalier ».

« Il a osé chanter l’amour comme on le ressent, comme on le fait, comme on le souffre », dit de lui Chevalier dans les pas duquel il a fini par marcher aux quatre coins du monde, devenant à son tour l’ambassadeur de la chanson française. Une renommée appuyée par ses 180 millions de disques vendus.

– Le lait et le café –

Pourtant rien ne fut acquis pour Shahnourh Varinag Aznavourian, né le 22 mai 1924 à Paris de parents arméniens.

« Quels sont mes handicaps? Ma voix, ma taille, mes gestes, mon manque de culture et d’instruction, ma franchise, mon manque de personnalité. Les professeurs m’ont déconseillé de chanter. Je chanterai pourtant, quitte à m’en déchirer la glotte », écrira-t-il dans son autobiographie « Aznavour par Aznavour » (1970).

Sa détermination, son talent et, comment les ignorer, ses tubes intemporels comme « La Bohème », « La Mamma », « Comme ils disent », « Mes emmerdes » permettront finalement à cet homme de taille modeste de renverser les montagnes, lui qui n’a jamais hésité à protéger les jeunes pousses, comme Johnny Hallyday à qui il fit cadeau de « Retiens la nuit ».

Le chanteur Charles Aznavour le 14 janvier 1980 à Paris / © AFP/Archives / michel clement

Même s’il n’avait plus sorti de grande chanson depuis une trentaine d’années, Aznavour a entretenu son mythe par la scène, dans les salles les plus prestigieuses du monde. Comme une revanche sur tous ceux qui ne lui prédisaient aucun avenir et qui « sont tous morts depuis longtemps, alors que moi… je suis encore là », cinglait-il.

« Je voulais surtout placer ce que je savais faire, c’est différent. J’ai fait de la danse classique, de la variété, du théâtre », disait-il.

Et du cinéma: en quelque 80 films, il tourna avec François Truffaut (« Tirer sur le pianiste »), Volker Schlöndorff (« Le tambour »), Claude Chabrol (« Les fantômes du chapelier »)…

Où qu’il fut, cet artiste concerné par le drame des migrants rappelait toujours son attachement à ses deux pays. « Je suis Français et Arménien, les deux sont inséparables comme le lait et le café », résumait-il l’an passé en recevant son étoile sur le « Walk of fame » à Hollywood.

A présent, ces deux nations, mais aussi le monde pleurent un de leurs plus grands artistes.

Romandie.com avec(©AFP / (01 octobre 2018 15h08)

France: mort de Pétillon, dessinateur de « L’Enquête corse » et satiriste décalé

septembre 30, 2018

Paris – Auteur de la BD à succès « L’Enquête corse » et fin satiriste de la politique française pour l’hebdomadaire Le Canard enchaîné, le dessinateur René Pétillon est mort dimanche à l’âge de 72 ans.

« Son humour acéré, impitoyable, légèrement décalé et néanmoins pas dénué de tendresse (faisait) mouche à tous coups », ont souligné les éditions Dargaud dans un communiqué annonçant son décès des suites d’une « longue maladie ».

Regard bleu profond, épais sourcils blancs, Pétillon était le père de Jack Palmer, un détective un peu bêta au gros nez et à l’imperméable trop grand.

Créé en 1974, son personnage fétiche a valu à Pétillon la reconnaissance du grand public un quart de siècle plus tard.

En 2000, l’une de ses aventures, « L’Enquête corse », est un énorme succès de librairie et reçoit le Prix du Meilleur album en 2001 au Festival d’Angoulême.

Cette BD, qui moque avec une égale tendresse les Corses et les « pinzuti » (les continentaux), est ensuite portée au cinéma par Alain Berberian en 2004, avec Christian Clavier dans le rôle de Palmer.

« René Pétillon était un homme très drôle et d’une grande finesse; c’est une grande tristesse de le voir partir. La BD perd un Grand », a salué cet acteur sur Twitter.

« Riposa in Pace » (« Repose en paix »), a écrit le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, une figure indépendantiste.

« Le succès de cet album m’a abasourdi », racontait Pétillon à l’AFP en 2013, encore surpris d’avoir été fait citoyen d’honneur de la ville de Bastia, dans le nord de la Corse, grâce à cet ouvrage.

Il assurait s’être « régalé » en écrivant les aventures de Palmer sur l’île de Beauté, lui qui utilisait beaucoup « la mauvaise foi » en tant que ressort comique de ses dessins.

« Les Corses s’amusent à qui sera le plus de mauvaise foi, c’est un jeu là-bas », disait celui qui s’enorgueillissait de n’avoir jamais eu « la volonté d’être méchant » et préférait manier l’ironie.

Parallèlement à la BD, Pétillon, Grand prix du Festival d’Angoulême en 1989, était aussi une vedette de la satire politique, grâce à son travail pour le Canard enchaîné.

Il y était entré en 1993 avant de mettre fin à sa collaboration avec l’hebdomadaire l’an passé, a rappelé Dargaud, selon lequel Pétillon était « un des grands portraitistes de la société française ».

Originaire de Lesneven, au nord de Brest (Bretagne), et issu d’une famille catholique traditionnelle, Pétillon était fasciné par l’image depuis sa plus tendre enfance. Ce fils de boulanger l’avait passée à dévorer les Tintin et les Spirou.

Après son service militaire en Allemagne, il rejoint Paris. Il essuie de nombreux refus pour ses dessins et enchaîne les petits boulots (magasinier, livreur, coursier, etc.).

Finalement, ses premiers dessins paraissent en 1968 dans Planète, Plexus et l’Enragé.

Sa première bande-dessinée sort en 1972 dans Pilote, « un récit de six pages intitulé +Voir Naples et mourir+ », a rappelé Dargaud. Deux ans plus tard, c’est la naissance de Jack Palmer.

Avant son entrée au Canard enchaîné, Pétillon dessine dans l’Echo des Savanes, VSD, Métal Hurlant ou Le Matin de Paris.

En 2006, dans l’une des aventures de Palmer, « L’Affaire du voile », il parvient à faire rire du voile islamique et des pratiques religieuses, en plein débat sur la laïcité.

« Je crois avoir traité le voile de façon directe et frontale » avec le souci de « ne pas faire de provocations », affirme-t-il alors.

Romandie.com avec(©AFP / 30 septembre 2018 18h41)                                                        

Droit d’auteur et numérique: les mots pour comprendre la nouvelle directive européenne

septembre 12, 2018

Le texte soulève un débat sur les bénéfices ou les dangers qu’il aurait pour la culture sur Internet.

Le Parlement européen a finalement adopté, mercredi 12 septembre, une directive qui doit adapter le droit d’auteur à l’heure du numérique. Ce vote a lieu après une campagne intense de lobbying à propos de ce texte, dont une première version avait été rejetée par le Parlement en juillet.

Pour les partisans de la directive — industries culturelles, médias, artistes… —, elle est en effet nécessaire pour assurer une meilleure rémunération des créateurs et des éditeurs dans l’économie actuelle d’Internet. Pour les opposants — les grandes entreprises du Web et les défenseurs des libertés numériques —, il s’agit d’un texte européen dangereux à la fois pour leur business et pour leur fonctionnement, ainsi que pour la liberté d’expression.

Pour bien comprendre les enjeux liés à ce texte (qui doit encore être négocié entre la Commission, le Conseil européen et le Parlement européen, avant d’être traduit dans les législations nationales de chaque pays membre de l’UE), voici un lexique des mots et expressions qui reviennent le plus souvent à son sujet.

Le contenu de la directive européenne :   Que peut-elle changer pour les internautes ?

Article 11

Cet article de la directive européenne crée le principe d’un « droit voisin » dont pourront se réclamer les entreprises de presse. Il contraint les grandes plates-formes du numérique à rémunérer les médias lorsqu’elles affichent des extraits d’articles ou d’autres contenus sur leurs services.

Tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad :   les « droits voisins », une question de vie ou de mort

  • Droits voisins

Le droit d’auteur est un droit de propriété intellectuelle sur une œuvre de l’esprit. Les « droits voisins du droit d’auteur » peuvent être accordés à des personnes physiques ou morales qui jouent un rôle dans la création de cette œuvre de l’esprit, sans en être directement l’auteur : les entreprises de presse sont concernées, car elles permettent à des journalistes de publier des articles de presse, sans en être directement l’auteur. Celles et ceux qui bénéficient d’un « droit voisin » peuvent toucher des droits patrimoniaux lorsque l’œuvre est utilisée, et ont un droit moral sur le respect de l’œuvre. Ils existent déjà dans la musique pour les artistes interprètes et les producteurs, par exemple.

En réponse à Sammy Ketz :   « Le “droit voisin” est une hydre à multiples têtes »

  • Snippets et « mots individuels »

Un élément clef des débats sur l’article 11 consiste à définir ce qui constitue, ou non, une « exploitation » d’un article de presse. Le texte adopté vise assez spécifiquement les « snippets », c’est-à-dire de courts extraits d’un article qui sont affichés par exemple lorsqu’on les partage sur Facebook ou qu’on parcourt Google Actualités. L’article 11, dans la version adoptée mercredi 12 septembre, précise toutefois que les liens seuls ne sont pas concernés, et que ces derniers peuvent être accompagnés de « mots individuels » — une notion floue que les Parlements nationaux devront vraisemblablement préciser.

Article 13

Cet article vise à contraindre les grandes plates-formes d’Internet (Google, Facebook…) à négocier des accords avec les titulaires de droits — ce qui est déjà largement le cas, mais les ayants droit estiment que ces accords leur sont défavorables. A défaut d’accord, les grandes plates-formes devront s’engager à empêcher leurs utilisateurs de publier des contenus protégés par le droit d’auteur.

  • Blocage automatique

Très critiqué, le principe d’un blocage automatique de tous les contenus ne respectant pas le droit d’auteur est déjà en place sur certaines plates-formes, dont YouTube. Ce système, dit « content ID », scanne automatiquement les morceaux de musique et les vidéos mis en ligne sur la plate-forme pour y détecter des « signatures numériques », théoriquement uniques et propres à chaque morceau ou vidéo. Lorsque YouTube détecte qu’une vidéo utilise du contenu soumis au droit d’auteur, il la bloque ou, si les ayants droit l’acceptent, laisse la vidéo en ligne, mais reverse une partie des revenus qu’elle génère aux détenteurs originaux des droits.

La tribune du chercheur Félix Tréguer :   l’affrontement factice des deux têtes du capitalisme informationnel

  • Exceptions au droit d’auteur

Les adversaires de l’article 13 notaient que les systèmes de filtrage automatique ne respectent que très partiellement les droits des internautes sur les exceptions au droit d’auteur. Dans la plupart des pays européens, la loi prévoit notamment des dérogations plus ou moins étendues pour les parodies, les remix, ou le droit de citation.

 

Lemonde.fr