Archive for the ‘Art’ Category

France/Mort de Pierre Bergé: Macron salue « un passeur sans égal »

septembre 8, 2017
Pierre Bergé, ici le 9 juillet 2015 à Barnard Castle, au Royaume-Uni

Pierre Bergé, ici le 9 juillet 2015 à Barnard Castle, au Royaume-Uni afp.com/OLI SCARFF

Cofondateur et dirigeant pendant 40 ans de la maison de couture Yves Saint Laurent, Pierre Bergé est décédé à l’âge de 86 ans. Il était atteint de myopathie.

Une figure du monde de la culture vient de s’éteindre. L’homme d’affaires et mécène Pierre Bergé est décédé à l’âge de 86 ans, a annoncé ce vendredi la fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent. Cofondateur et dirigeant pendant 40 ans de la maison de couture Yves Saint Laurent, Pierre Bergé a partagé la vie du célèbre couturier pendant cinquante ans. Il était également un homme engagé sur le plan associatif et politique.

Militant des droits des homosexuels, il s’est impliqué dans la lutte contre le SIDA dès le début des années 1980. Il a notamment participé à la création de Sidaction en 1994 au côté de Line Renaud, ainsi que du magazine Têtu. Homme de gauche, il était un fervent soutien de François Mitterrand et avait appuyé la candidature de Ségolène Royal lors de la présidentielle 2007. Cet homme de médias était également actionnaire depuis 2010 du groupe Le Monde.

Un « ami merveilleux », selon Jack lang

Le président de la République Emmanuel Macron a salué dans un communiqué « un passeur sans égal ». Selon le locataire de l’Elysée, Pierre Bergé était « cet homme occupé de faire naître partout où cela était possible la beauté et l’excellence ». « Son génie fut de savoir composer ensemble les époques, les formes, les caractères, les talents pour construire autour de lui un monde qui lui ressemble et où il nous invitait avec une totale générosité », ajoute Emmanuel Macron.

L’ancien président François Hollande, a lui, salué « une personnalité exceptionnelle » et « un homme de grande culture ».

L’ancien ministre de la Culture Jack Lang a rendu hommage à « un ami merveilleux ». « Fabuleux mécène, philanthrope, esthète insatiable, génial entrepreneur, homme de culture et de toutes les passions, Pierre Bergé était tout cela à la fois, mais plus encore, il incarnait un humaniste qui plaçait la destinée des hommes au-dessus de toutes les autres valeurs », déclare-t-il dans un communiqué. Sur Twitter, Anne Hidalgo a salué la mémoire d’un « homme d’exception ».

 

L’ancien ministre de la Culture Jack Lang a rendu hommage à « un ami merveilleux ». « Fabuleux mécène, philanthrope, esthète insatiable, génial entrepreneur, homme de culture et de toutes les passions, Pierre Bergé était tout cela à la fois, mais plus encore, il incarnait un humaniste qui plaçait la destinée des hommes au-dessus de toutes les autres valeurs », déclare-t-il dans un communiqué. Sur Twitter, Anne Hidalgo a salué la mémoire d’un « homme d’exception ».

Pierre Bergé s’était marié en mars 2017 avec le paysagiste américain Madison Cox, 58 ans, vice-président de la Fondation Bergé-Saint Laurent. Il disparaît quelques semaines avant l’inauguration de deux musées dédiés à l’oeuvre de son ancien compagnon Yves Saint Laurent, l’un à Paris et l’autre à Marrakech

Lexpress.fr avec AFP

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France: décès de la danseuse Janine Charrat

août 29, 2017

La chorégraphe Janine Charrat, grande ballerine classique qui avait dû interrompre sa carrière de danseuse en 1961 après avoir été grièvement bûlée dans un incendie, est décédée aujourd’hui à Paris à l’âge de 93 ans, a annoncé son amie la plus proche, la danseuse Sylvie Nègre.

Elle avait connu un grand succès en 1945 avec sa première chorégraphie, « Jeu de cartes » et crée tout au long de sa carrière une cinquantaine de ballets, dont plusieurs avec Maurice Béjart, et en 1948, avec l’écrivain Jean Genet, « Adame miroir ».

En 1961, lors de l’enregistrement télévisé du ballet « Les Algues », son tutu prend feu en passant près d’un chandelier allumé. La danseuse, transformée en torche vivante, est brûlée à 70 %.

Elle ne revient à la danse qu’en 1964, puis arrête définitivement la scène en 1968. Mais elle était devenu entre-temps directrice artistique des Ballets du Grand théâtre de Genève et a poursuivi ses activités de chorégraphe.

Née le 24 juillet 1924 à Grenoble, Janine Charrat est découverte par Serge Lifar, qui la fait débuter à 12 ans dans le rôle de « Rose souris » du film « La mort du cygne » (1936).

Après avoir été la première partenaire de Roland Petit pendant la guerre, elle connaît la gloire en 1945, lorsqu’elle signe « Jeu de cartes », pour les Ballets des Champs Elysées.

« Jeu de cartes était son ballet préféré, elle me l’a redit la veille de sa mort », a confié Sylvie Nègre.

Janine Charrat a enchaîné les succès, comme « Cressida » (1946), « Abraxas » à Berlin (1949), « Les Liens » à Bruxelles (1960), et sa carrière s’est déroulé le plus souvent hors de France.

Dans les années 80, Janine Charrat, qui a été conseillère pour la danse au Centre George Pompidou, avait notamment créé « Hécube » (1982) et « Palais des glaces » (1987).

Elle était officier de la légion d’honneur.

France: mort de l’actrice Mireille Darc

août 28, 2017

Paris – L’actrice française Mireille Darc est décédée à l’âge de 79 ans dans la nuit de dimanche à lundi, à son domicile parisien, avec Alain Delon à son chevet, a-t-on appris auprès de l’agent de la comédienne.

« Mireille Darc est partie cette nuit, chez elle à Paris. Elle a été très entourée jusqu’au bout par ses proches dont son époux et aussi Alain Delon, présent jusqu’à la fin », a dit lundi à l’AFP Annabel Karouby, son agent.

L’actrice emblématique des années 1960 et 1970 avait tourné dans une cinquantaine de longs métrages pour le cinéma, dont treize avec le réalisateur Georges Lautner.

Celle qui fut la compagne d’Alain Delon pendant quinze ans avait connu une traversée du désert dans les années 1980, après de graves ennuis de santé.

Atteinte depuis l’enfance d’un souffle au coeur, elle avait subi en 1980 une opération à coeur ouvert, avant d’être de nouveau opérée en 2013.

Elle avait été hospitalisée fin 2016 après deux hémorragies cérébrales.

Délaissée par le cinéma, Mireille Darc était revenue dans les années 1990 sur le devant de la scène par la télévision, renouant avec la popularité dans des rôles de femme décidée et indépendante dans plusieurs séries.

Elle avait aussi réalisé plusieurs documentaires sociétaux.

Elle était mariée depuis 2002 à l’architecte Pascal Desprez.

Son décès suscitait lundi de nombreuses réactions.

« Une grande figure du cinéma français nous quitte. Mireille Darc était une actrice de talent, une femme de courage et d’engagement », a tweeté la ministre de la Culture Françoise Nyssen.

L’ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob a lui aussi réagi sur Twitter: « Longue/mince/belle/frangée de blond/l’oeil rieur elle a incarné la liberté de la femme dans toute sa splendeur. Le chic français. Chère Mireille! »

Romandie.com avec(©AFP / 28 août 2017 10h58)                                            

États-Unis: mort de Tobe Hooper, le réalisateur de « Massacre à la tronçonneuse »

août 27, 2017

Los Angeles – Le réalisateur américain Tobe Hooper, auteur du film culte « Massacre à la tronçonneuse » et l’un des grands noms du film d’horreur, est décédé samedi à l’âge de 74 ans, selon des médias américains.

Joues rebondies, lunettes ovales finement cerclées et sourire, Tobe Hooper, n’avait pas la tête de l’emploi pour faire peur mais son « Massacre à la tronçonneuse » (« Texas Chain Saw Massacre ») a révolutionné le genre et l’a rendu célèbre à plus de 30 ans à peine.

Le long-métrage est présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 1975 mais interdit en raison de son extrême violence dans plusieurs pays dont la France et le Royaume Uni, un pays où il ne pourra être vu que 25 ans plus tard.

Les interdictions donnent au film une aura particulière, mais c’est aussi le style de Hooper qui séduit le public.

Délaissant les zombies et les fantômes, le réalisateur opte pour un cinéma très réaliste et parvient à créer chez le spectateur un niveau d’angoisse rarement égalé. Violence, souci du détail et bande-son glaçante y contribuent pleinement.

L’histoire raconte le sort funeste de cinq jeunes gens tombés en panne d’essence au Texas et partis frapper à la porte d’une ferme isolée. Dans ce recoin rural de l’Amérique, ils tombent sur une famille de dégénérés et vont être les victimes de « Leatherface », un homme au masque en peau humaine.

Entre les mains de ce personnage, tronçonneuse mais aussi marteau, pioche ou croc de boucher vont devenir des instruments de mort.

Tourné pour seulement 300.000 dollars, « Massacre à la tronçonneuse » fut un succès et le film indépendant le plus profitable des années 70, affirme Variety. Tobe Hooper en fera une suite, sortie en 1986, sans parvenir à rééditer son coup de maître.

Entre temps, le réalisateur a creusé la veine du film d’horreur avec « Le crocodile de la mort » (1977) et « Massacre dans un train fantôme » (1981) et surtout « Poltergeist » en 1982, produit par Steven Spielberg et rapidement en haut du box-office.

Par la suite, au cinéma, le succès ne sera plus au rendez-vous. Dans les années 1990, le réalisateur travaille beaucoup pour la télévision. En 2013, il avait tourné son dernier long métrage aux Emirats arabes unis (« Djinn »), un film d’horreur en langue arabe qui n’était finalement sorti qu’en DVD.

Né à Austin (Texas), Tobe Hooper avait été professeur avant de démarrer sa carrière de cinéaste. Il s’était ensuite installé à Los Angeles. Il est décédé dans la ville californienne de Sherman Oaks et la raison de sa mort n’est pas connue.

Romandie.com avec(©AFP / 27 août 2017 17h18)                                            

Mort de l’écrivain Québécois Réjean Ducharme, auteur mythique de « L’avalée des avalés »

août 22, 2017

Montréal – L’écrivain québécois Réjean Ducharme, auteur mythique du roman « L’avalée des avalés », qui a toujours refusé d’apparaître dans les médias, est décédé lundi à Montréal à 76 ans, a annoncé mardi à Paris son éditeur, les Éditions Gallimard.

« La parution de +L’avalée des avalés+ en octobre 1966, a fait l’effet d’une bombe, au Québec et plus encore à Paris », rappelle Gallimard dans un communiqué. « Un jeune Québécois qui n’a jamais rien publié, inconnu de tous, entre dans la prestigieuse collection +Blanche+ » et « est aussitôt en lice pour le prix Goncourt ! ».

Le retentissement au Québec est d’autant plus grand qu’un éditeur local avait refusé le manuscrit.

Le refus de Ducharme de tout contact avec le monde extérieur déclenche « une saga unique dans l’histoire littéraire du Québec qui voit certains critiques jusqu’à dénier à l’auteur la paternité de son oeuvre », souligne Gallimard.

Outre « L’avalée des avalés », Réjean Ducharme est l’auteur de nombreux romans, dont « Le nez qui voque » (Gallimard, 1967), « L’Océantume » (Gallimard, 1968), « La fille de Christophe Colomb » (Gallimard, 1969), « L’hiver de force » (Gallimard, 1973), « Dévadé » (Gallimard, 1990), « Va savoir » (Gallimard, 1994), et « Gros Mots » (Gallimard, 1999).

Il a également écrit quatre pièces de théâtre et des chansons pour Robert Charlebois et Pauline Julien, mais toujours en conservant l’anonymat.

Robert Charlebois a rendu hommage à son vieil ami sur sa page Facebook: « Le silence est d’or. Dors Réjean, dors. Depuis que ta plume s’est envolée, on n’a plus de mots à piétiner dans l’avalée des avalés ».

Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a salué sur son compte Twitter « un géant de la littérature » et une oeuvre « immense », tandis que Denis Coderre, maire de Montréal, parlait d’une « lourde perte pour la culture québécoise ».

Né en 1941 à Saint-Félix-de-Valois, Réjean Ducharme a passé sa jeunesse près du fleuve Saint-Laurent, à Saint-Ignace-de-Loyola. Il s’est engagé un certain temps dans l’aviation canadienne et a voyagé en auto-stop à travers le Canada, les Etats-Unis et le Mexique.

Sous le nom de Roch Plante, il a réalisé, entre 1985 et 1993, des tableaux-collages constitués d’objets recueillis au cours de ses marches dans les rues de Montréal.

Prix du Gouverneur général du Canada (1973, 1982, 1994), premier lauréat du prix Gilles-Corbeil (1990), Grand Prix national des lettres de France (1999), Réjean Ducharme est fait officier de l’Ordre national du Québec en 2000, mais aucune de ces récompenses ne le fera jamais sortir de son anonymat. Chaque fois, il se fait plutôt représenter par sa mère ou par sa femme, décédée l’an dernier.

Le 20 octobre 2016, la parution du roman « L’avalée des avalés », cinquante ans auparavant, est inscrite comme événement historique dans le Registre du patrimoine culturel du Québec.

Romandie.com avec(©AFP / 22 août 2017 23h45)                                            

Décès de l’humoriste américain Jerry Lewis à 91 ans

août 20, 2017

Washington – L’humoriste et acteur américain Jerry Lewis, aussi à l’aise sur scène que devant ou derrière la caméra, est décédé dimanche à l’âge de 91 ans, a annoncé son agent.

Artiste complet, inlassable créateur de gags au comique essentiellement visuel, Jerry Lewis est décédé à son domicile de Las Vegas, précise le magazine américain Variety.

Né Joseph Levitch à Newark (New Jersey, est), le 16 mars 1926, dans une famille juive d’origine russe, cet homme au visage poupin semblait avoir conservé toute son enfance au fond de son regard étonné.

« On n’est pas sérieux lorsqu’on a perpétuellement neuf ans », affirmait celui que ses parents, tous deux artistes de music hall, appelaient Monsieur Néon.
Fausses dents, faux nez, de haute taille, il jonglait avec les infirmités. Son art du dédoublement trouva son apogée dans « The Nutty Professor » (Docteur Jerry et Mister Love).

Acteur dans plus de 60 films, Jerry Lewis fut aussi producteur et metteur en scène.

Sa rencontre avec le chanteur Dean Martin, en 1946, fut déterminante. Après leur participation au fameux Ed Sullivan Show (1948), ils furent engagés par la Paramount et, dès leur premier film, « My friend Irma » (Ma bonne amie Irma), ils séduisirent un large public.

Dix ans plus tard, ils décidèrent de faire carrière en solo.

Jerry Lewis devient le principal interprète de films souvent dirigés par Frank Tashlin, comme « The Geisha Boy » (Le kid en kimono) et « Cinderfella » (Cendrillon aux grands pieds).

Devenu professeur de cinéma à l’université de Californie du Sud, il réalisa « Which Way To The Front » (Ya,Ya, mon général), hommage à Chaplin et nouvelle variation sur le thème favori du double.

Après dix ans d’absence au cinéma, « l’idiot burlesque » retrouva son public dans « Hardly working » (Au boulot Jerry) avant que Martin Scorsese, en 1983, et Emir Kusturica, en 1991, lui offrent un rôle dramatique, respectivement dans « The King of Comedy » (La valse des pantins) et « Arizona Dream ».

Parallèlement à ses activités artistiques, Jerry Lewis, père de sept enfants, s’occupait activement des handicapés physiques et mentaux. Son engagement constant dans la lutte contre la dystrophie musculaire, avec l’animation, depuis 1966, d’un téléthon pour les myopathes, lui valut une nomination au prix Nobel de la Paix.

Romandie.com avec(©AFP / 20 août 2017 20h40)                                            

Décès en France de l’actrice et militante syrienne Fadwa Suleimame

août 17, 2017

L’actrice et militante syrienne Fadwa Suleimane, le 26 mars 2012 à Paris / © AFP/Archives / JACQUES DEMARTHON

L’actrice et militante syrienne Fadwa Suleimane, réfugiée en France après avoir participé au soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad, est décédée des suites d’un cancer, ont indiqué jeudi ses proches.

« Elle est décédée dans la nuit des suites d’un cancer » dans un hôpital de la banlieue parisienne, a déclaré à l’AFP l’acteur syrien Farès Al-Helou, qui vit également en France, soulignant qu’elle était restée active jusqu’au bout, participant à des manifestations culturelles.

« Fadwa nous a quittés, elle a quitté ce monde laid », a écrit sur sa page Facebook son beau-frère, Hassane Taha.

Actrice populaire, Fadwa Suleimane, 44 ans, qui appartenait à la communauté alaouite, celle du président Assad, avait participé aux manifestations pacifiques à Damas au début du soulèvement en 2011, et avait tenté de convaincre les villes alaouites de Lattaquié (nord-ouest) et Tartous (ouest) de rejoindre le mouvement.

Elle était devenue une icône de la révolution syrienne lorsqu’elle avait appelé à visage découvert à résister au régime, lors d’une manifestation retransmise par les télévisions à Homs (ouest), bastion sunnite de l’insurrection, « pour empêcher la révolution de devenir une guerre confessionnelle ».

A Homs, puis à Damas où elle a vécu dans la clandestinité, Fadwa Suleimane avait mis au service du soulèvement une notoriété acquise au théâtre et dans des séries télévisées.

Menacée, elle avait traversé clandestinement à pied la frontière avec la Jordanie avant de se réfugier en France, d’où elle s’était déclarée dans un entretien avec l’AFP¨en 2012 amère de voir « une révolution pacifique virer à la guerre civile ».

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pro-démocratie et opposant initialement armée et rebelles, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication d’acteurs régionaux, de puissances étrangères et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

Romandie.com avec(©AFP / 17 août 2017 14h16)

États-Unis: une longue maladie emporte l’acteur Sam Shepard

juillet 31, 2017

Sam Shepard, à New York, en septembre 2011... (AP, Charles Sykes)

Sam Shepard, à New York, en septembre 2011AP, Charles Sykes

L’acteur américain Sam Shepard, connu pour sa présence à l’écran et plusieurs rôles marquants, mais aussi pour ses qualités d’auteur, est décédé jeudi, a annoncé lundi un porte-parole de la famille .

 

Le comédien qui avait été nommé pour l’Oscar du meilleur second rôle en 1984 pour «L’étoffe des héros» s’est éteint dans sa résidence du Kentucky, a précisé le porte-parole. Il y possédait une ferme avec des chevaux.

Agé de 73 ans, Samuel Shepard Rogers, de son nom complet, est décédé des suites d’une sclérose latérale amyotrophique, maladie neurodégénérative également appelée maladie de Charcot, a indiqué le porte-parole.

Pour les spectateurs, Sam Shepard était un acteur charismatique, dont la présence a illuminé «Les moissons du ciel», de Terrence Malick, et «L’étoffe des héros» de Philip Kaufman.

Discret sur sa vie privée et donnant très peu d’interviews, ce comédien incarnait, du haut de son 1,88 m, la classe naturelle de certains acteurs américains, mélange de nonchalance et de gravité.

 

Sam Shepard a partagé sa vie durant près... (AP, Diane Bondareff) - image 2.0

Sam Shepard a partagé sa vie durant près de trente ans avec l’actrice Jessica Lange. Sur la photo, le couple arrive à la première de «Walker Payne», au Festival de Tribeca, à New York, en avril 2006.

AP, Diane Bondareff

Mais il était bien plus qu’un simple interprète: cet auteur prolifique a notamment été récompensé par un prix Pulitzer pour sa pièce «Buried Child», en 1979.

Le jury du Pulitzer avait alors salué son écriture «exceptionnellement divertissante», «au lyrisme exubérant».

«Une vision profonde»

Au cours de sa longue carrière, il a écrit près de 50 pièces, mais également des scénarios, notamment pour Robert Altman, avec «Fool For Love», Michelangelo Antonioni avec «Zabriskie Point» ou Wim Wenders, avec «Paris, Texas», Palme d’or à Cannes en 1984.

Il a été l’amant de la chanteuse et poète Patti Smith, mais surtout de l’actrice Jessica Lange, dont il a partagé la vie durant près de trente ans, et avec laquelle il a eu deux enfants. Il avait eu un premier enfant avec l’actrice O-Lan Jones, en 1970.

Il a partagé l’affiche à plusieurs reprises avec sa compagne à la vie, notamment dans «Frances» et «Fool for Love» (adapté d’une de ses pièces). Leur couple étant considéré comme l’un des plus glamours de Hollywood, même si tous deux ne goûtaient que très modérément strass et paillettes.

Plusieurs de ses pièces ont été adaptées en France, notamment «Cowboy Mouth», écrit avec Patti Smith, «Simpatico» ou «Fool For Love».

«Pour moi, le temps le distinguera comme l’une des voix les plus importantes, qui a narré l’aventure américaine avec une vision profonde et une sensibilité pour exprimer nos angoisses et nos espoirs les plus profonds», a réagi auprès de l’AFP Gary Grant, professeur de théâtre à l’université Bucknell, qui a mis en scène plusieurs pièces de Sam Shepard.

Né en Illinois, Sam Shepard avait grandi en Californie, une enfance marquée par un père pilote de chasse et alcoolique, qui s’en prenait souvent physiquement à sa famille.

Cette période de sa vie, le personnage de son père, et la relation qu’il entretiendra avec lui jusqu’à sa disparition ont profondément marqué sa vie et son oeuvre.

Au fil de ses pièces, il a ainsi inventé de nombreux personnages tourmentés, décalés, souvent désespérés, qui peinent à trouver leur place sur terre.

Totalement absent d’internet et des réseaux sociaux, il était, en revanche, très impliqué dans l’enseignement et a donné de nombreux cours et conférences sur le théâtre et l’écriture.

«Sam Shepard est un grand», a écrit Beau Willimon, créateur de la version américaine de la série télévisée «House of Cards». «Ces yeux ont vu beaucoup et il a écrit ce qu’il voyait avec une courageuse honnêteté intemporelle.»

Lapresse.ca avec Agence France-Presse

Jeanne Moreau est morte à l’âge de 89 ans

juillet 31, 2017

 

L’actrice, à la beauté sensuelle et à l’inimitable voix grave, qui a fasciné les plus grands réalisateurs, a été retrouvée morte à son domicile parisien.

La comédienne, chanteuse, actrice et réalisatrice Jeanne Moreau est morte lundi 31 juillet à l’âge de 89 ans, a annoncé son agent à l’Agence France-Presse lundi. L’actrice à la beauté sensuelle et à l’inimitable voix grave, qui a fasciné les plus grands réalisateurs au cours d’une carrière de soixante-cinq ans, a été retrouvée morte à son domicile parisien, a précisé Jeanne d’Hauteserre, maire du 8e arrondissement. Elle a été retrouvée par sa femme de ménage tôt lundi matin, selon plusieurs sources.

Née le 23 janvier 1928 à Paris d’un père restaurateur et d’une mère danseuse anglaise, l’inoubliable interprète de la chanson Tourbillon dans Jules et Jim, de François Truffaut, a tourné dans plus de 130 films. Le président Emmanuel Macron a rendu hommage à « une artiste qui incarnait le cinéma dans sa complexité, sa mémoire, son exigence ».

« Il est des personnalités qui à elles seules semblent résumer leur art. Jeanne Moreau fut de celles-ci. (…) Sa force fut de n’être jamais où on l’attendait, sachant s’échapper des catégories où trop vite on aurait voulu la ranger. Telle était sa liberté, constamment revendiquée, mise au service de causes auxquelles elle croyait, en femme de gauche ardente, toujours rebelle à l’ordre établi comme à la routine. »

Lire aussi :   Mort de Jeanne Moreau, grande comédienne et personnalité insoumise

« Dans une société corsetée, elle aura montré à toute une génération de femmes le chemin de l’émancipation et de l’affranchissement, a rappelé l’ancien ministre de la culture Jack Lang. Envoûtante et inoubliable, Jeanne Moreau nous entraînera toujours dans le tourbillon de la vie pour nous émouvoir et nous émerveiller inlassablement. »

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a rendu hommage à une actrice dont le talent « a marqué la culture européenne » et dont le travail a « toujours reflété les valeurs de l’Union ». « Jeanne Moreau a marqué avec son talent la culture européenne et son art continuera à charmer et à enchanter tous les publics bien après sa disparition », a-t-il affirmé dans un communiqué.

Le monde de la culture lui a également rendu hommage. Brigitte Bardot a salué la « personnalité hors du commun » de l’actrice, avec qui elle avait partagé l’affiche dans Viva Maria en 1965. « J’ai beaucoup de chagrin. Jeanne était avant tout une femme belle, intelligente, séduisante, avec une voix et une personnalité hors du commun, qui ont fait d’elle une actrice aux multiples facettes », a-t-elle souligné dans un communiqué.

« Jeanne Moreau a eu une vie extraordinaire. Je crois que tout le monde l’aimait. Je garde le souvenir d’une femme libre, d’une femme très libre (…) », a pour sa part dit l’acteur et réalisateur Jean-Pierre Mocky sur RTL.

Panthéon filmique

Jeanne Moreau passe une partie de son enfance à Vichy, avant de revenir s’établir avec sa famille à Paris, où elle achève ses études secondaires. A l’adolescence, elle se prend de passion pour le théâtre. A 19 ans, après le Conservatoire, elle fait ses débuts à la Comédie-Française, qui représente pour elle « la discipline, l’exactitude ». Un choix que désapprouve son père, qui la jette dehors.

Un antagonisme profond la sépare de son père, « un homme élevé par des parents du XIXe siècle » qui supportait également mal que sa femme lui échappe. « Ça m’a rendue enragée de voir comment une femme pouvait se laisser malmener », confiait-elle. Son goût pour la lecture lui vient de son oncle, « un homme extraverti » qui lui donnait des livres« ce qui était interdit, j’ai toujours lu en cachette » –, et lui payait des cours de danse. « J’ai découvert la sexualité sur le tard, à travers les livres et parce qu’on a vécu dans un hôtel de passe à Montmartre » à Paris, s’amusait cette grande séductrice.

Lire aussi :   Jeanne Moreau au théâtre, l’essence d’une comédienne exigeante

C’est sur les planches qu’elle fait ses premiers pas – elle jouera dans une soixantaine de pièces tout au long de sa carrière. En 1946, elle rentre comme auditrice au Français. Elle se fait remarquer quelques années plus tard alors qu’elle joue le rôle d’une prostituée dans la pièce d’André Gide Les Caves du Vatican, mise en scène par Jean Meyer en 1950.

Un an plus tôt, elle entame une carrière au cinéma, avec Dernier amour, de Jean Stelli, sorti en 1949. La même année, Jeanne Moreau se marie avec l’acteur et réalisateur Jean-Louis Richard et donne naissance à leur fils, Jérôme, avant de divorcer en 1951. Plus tard, son ex-époux devient le coscénariste attitré de François Truffaut, sous la direction duquel Jeanne Moreau tournera, en 1962, Jules et Jim, l’histoire d’un triangle amoureux tragique. Elle y chante Le Tourbillon de la vie et incarne une amoureuse affranchie, emblématique des héroïnes modernes qu’elle va régulièrement camper pour le cinéma.

Mais c’est avant sa rencontre avec le réalisateur des Quatre cents coups qu’elle joue un rôle décisif pour sa carrière, celui d’une amante complice du meurtre de son mari, dans Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle, sorti en 1957.

Les années 1960 sont fastes et assoient son statut de star internationale. Elle tourne Le Procès (1962), sous la direction d’Orson Welles, avec qui elle tournera de nombreux films, dont Une histoire immortelle. Fidèle à ses metteurs en scène, à qui elle a apporté sa confiance avant qu’ils n’entrent au panthéon des cinéastes, elle retrouve Louis Malle pour Les Amants (1958), Le Feu follet (1963) et Viva Maria ! (1965). Arborant une chevelure blond platine, elle se transforme pour les besoins du film de Jacques Demy La Baie des Anges (1963), où elle incarne une flambeuse doublée d’une femme fatale.

Tout au long de sa carrière, elle s’entoure des plus grands réalisateurs, comme Buñuel, dans Journal d’une femme de chambre, Antonioni dans La Notte, Losey dans Eva ou, plus tard, Wenders dans Jusqu’au bout du monde. En 1974, elle donne la réplique à Gérard Depardieu et Patrick Dewaere, dans Les Valseuses, de Bertrand Blier. Le film fait scandale.

Multiples récompenses

Deux ans plus tard, elle passe à la réalisation, avec Lumière, un film sur l’amitié féminine dans lequel elle se met en scène au côté, notamment, de Lucia Bosé, sa partenaire dans Nathalie Granger. Dans ses autres films et documentaires, elle rend hommage aux actrices de son époque.

En 1992, elle reçoit le César de la meilleure actrice pour La vieille qui marchait dans la mer, un film réalisé par Laurent Heynemann. Lauréate du prix d’interprétation féminine 1960 à Cannes pour Moderato cantabile de Peter Brook, elle fut la seule comédienne à avoir présidé deux fois le jury de ce festival, en 1975 et 1995. Elle y a aussi été plusieurs fois maîtresse de cérémonie. En 1998, elle obtient un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, ainsi qu’un César d’honneur en 1995. Plus de dix ans plus tard, elle reçoit un « Super César d’honneur » lors des César 2008.

A la veille de ses 80 ans, elle reconnaissait avoir vécu dans son métier des moments de passion qu’elle n’avait pas vécus dans sa vie. « On dit toujours qu’en vieillissant les gens deviennent plus renfermés sur eux-mêmes, plus durs. Moi, plus le temps passe, plus ma peau devient fine, fine… Je ressens tout, je vois tout », notait-elle avec son phrasé inimitable.

Lemonde.fr

Polémique sur la fécondité en Afrique: attention aux débats stériles

juillet 25, 2017

fecondite_macron_1000 © Glez

Après une « réplique tellurique » à Ouagadougou, le séisme provoqué par la déclaration d’Emmanuel Macron sur la fécondité africaine continue de secouer…

Les oreilles du président Macron sifflent encore, deux semaines après ses propos sur la dimension « civilisationnelle » de l’enjeu démographique africain. C’est cette fois par ricochet que le président français est la cible de critiques acerbes. À son intervention de Hambourg, le 8 juillet dernier, a succédé la déclaration des parlementaires de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), de la Mauritanie et du Tchad, le 22 juillet à Ouagadougou. La proclamation finale de la rencontre fixe un objectif de trois enfants maximum par femme d’ici 2030.

Et voici les élus ouest-africains taxés, sur les réseaux sociaux, de « sous-préfets » du « néo-colon » Macron, de « pantins » subordonnés au « raciste » de l’Élysée, d’adeptes de « l’aplaventrisme » devant le « mépris » français. Les débats d’avatars anonymes sont relayés par les analyses outrées mais sensées d’intellectuels ou les exhalaisons outrancières d’activistes. Connu pour ses positions contre le franc CFA, le Franco-béninois Kémi Seba, par exemple, voit dans le programme de la Cedeao « le plus grand acte de trahison de nos élites politiques », « représentants frauduleux » qui suivent « ces prix Nobel de la débilité » et les « prérogatives de Jupiter Macron », lui-même paroxysme d’une « oligarchie française condescendante ». Attention à ne pas épuiser trop vite son vocabulaire…

Anachronismes

Surprenant débat ? Aucun Ouest-africain ne lance pourtant des pierres sur les locaux qui abritent, dans leurs capitales, les campagnes de planning familial. En temps normal, au mieux, on aurait reproché aux parlementaires de réchauffer de vieux discours ; au pire de n’être toujours qu’au stade de la formulation de politiques volontaristes dont les bienfaits sont déjà largement assimilés par les intellectuels. Mais ces élus n’ignorent pas que la loi de « l’actu » enseigne la gestion du timing. Ouaga après Hambourg, c’était une mauvaise idée, même s’il l’on imagine que les séminaristes de la capitale burkinabè avaient entamé leur réflexion avant les déclarations « allemandes » du président français. Argument de l’anticipation stérile, toutefois, quand on voit brandie comme réponse à Macron des propos d’Alpha Condé tenus avant ceux de… Macron. L’actu ne dédaigne pas un peu d’anachronisme…

Questions essentielles

Ceci dit, ne pas parler de fécondité PARCE QUE Macron vient d’en parler, c’est se soumettre à son calendrier, tout autant qu’en parler parce qu’il en a parlé. Telle quelle, l’évocation nerveuse de la fertilité serait… infertile, si elle n’avait pas l’avantage de soulever des questions essentielles. La pauvreté est-elle induite de l’excès d’enfantements ? À l’inverse, l’augmentation du « capital humain » nucléaire est-elle le palliatif à l’indigence d’une famille ?

Le paradoxe « procréatif » de « l’œuf et la poule » n’a jamais si bien illustré une situation. Tout autant que les malthusianistes favorables à la baisse de la fécondité, ces natalistes – issus d’un continent à la densité de population en deçà de la moyenne mondiale – ont à leur disposition des théories honorablement charpentées. En dépassant l’outrancier et le lapidaire, les démographes devront définir la meilleure stratégie pour l’Afrique, situation nationale par situation nationale.

Jeuneafrique.com par Damien Glez, dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè