Archive for the ‘Art’ Category

Polémique sur la fécondité en Afrique: attention aux débats stériles

juillet 25, 2017

fecondite_macron_1000 © Glez

Après une « réplique tellurique » à Ouagadougou, le séisme provoqué par la déclaration d’Emmanuel Macron sur la fécondité africaine continue de secouer…

Les oreilles du président Macron sifflent encore, deux semaines après ses propos sur la dimension « civilisationnelle » de l’enjeu démographique africain. C’est cette fois par ricochet que le président français est la cible de critiques acerbes. À son intervention de Hambourg, le 8 juillet dernier, a succédé la déclaration des parlementaires de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), de la Mauritanie et du Tchad, le 22 juillet à Ouagadougou. La proclamation finale de la rencontre fixe un objectif de trois enfants maximum par femme d’ici 2030.

Et voici les élus ouest-africains taxés, sur les réseaux sociaux, de « sous-préfets » du « néo-colon » Macron, de « pantins » subordonnés au « raciste » de l’Élysée, d’adeptes de « l’aplaventrisme » devant le « mépris » français. Les débats d’avatars anonymes sont relayés par les analyses outrées mais sensées d’intellectuels ou les exhalaisons outrancières d’activistes. Connu pour ses positions contre le franc CFA, le Franco-béninois Kémi Seba, par exemple, voit dans le programme de la Cedeao « le plus grand acte de trahison de nos élites politiques », « représentants frauduleux » qui suivent « ces prix Nobel de la débilité » et les « prérogatives de Jupiter Macron », lui-même paroxysme d’une « oligarchie française condescendante ». Attention à ne pas épuiser trop vite son vocabulaire…

Anachronismes

Surprenant débat ? Aucun Ouest-africain ne lance pourtant des pierres sur les locaux qui abritent, dans leurs capitales, les campagnes de planning familial. En temps normal, au mieux, on aurait reproché aux parlementaires de réchauffer de vieux discours ; au pire de n’être toujours qu’au stade de la formulation de politiques volontaristes dont les bienfaits sont déjà largement assimilés par les intellectuels. Mais ces élus n’ignorent pas que la loi de « l’actu » enseigne la gestion du timing. Ouaga après Hambourg, c’était une mauvaise idée, même s’il l’on imagine que les séminaristes de la capitale burkinabè avaient entamé leur réflexion avant les déclarations « allemandes » du président français. Argument de l’anticipation stérile, toutefois, quand on voit brandie comme réponse à Macron des propos d’Alpha Condé tenus avant ceux de… Macron. L’actu ne dédaigne pas un peu d’anachronisme…

Questions essentielles

Ceci dit, ne pas parler de fécondité PARCE QUE Macron vient d’en parler, c’est se soumettre à son calendrier, tout autant qu’en parler parce qu’il en a parlé. Telle quelle, l’évocation nerveuse de la fertilité serait… infertile, si elle n’avait pas l’avantage de soulever des questions essentielles. La pauvreté est-elle induite de l’excès d’enfantements ? À l’inverse, l’augmentation du « capital humain » nucléaire est-elle le palliatif à l’indigence d’une famille ?

Le paradoxe « procréatif » de « l’œuf et la poule » n’a jamais si bien illustré une situation. Tout autant que les malthusianistes favorables à la baisse de la fécondité, ces natalistes – issus d’un continent à la densité de population en deçà de la moyenne mondiale – ont à leur disposition des théories honorablement charpentées. En dépassant l’outrancier et le lapidaire, les démographes devront définir la meilleure stratégie pour l’Afrique, situation nationale par situation nationale.

Jeuneafrique.com par Damien Glez, dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

France: un concert d’un Congolais interdit après des débordements d’opposants

juillet 15, 2017

Paris – Le préfet de police de Paris a interdit un concert d’un artiste congolais prévu samedi soir après des débordements d’opposants au régime du président Joseph Kabila à proximité de la salle de spectacle, a annoncé la préfecture dans un communiqué.

« Les opposants au régime congolais, mobilisés pour empêcher la tenue d’un concert d’Héritier Watanabe, et tenus à distance de la salle de l’Olympia, se sont livrés, un peu avant 17h00 (15h00 GMT), à des débordements (…) Pour mettre fin à ces débordements inacceptables, le préfet de police décide d’interdire la tenue du concert », a-t-elle affirmé, évoquant des poubelles incendiées.

Sur un boulevard proche, les occupants d’un véhicule l’ont par ailleurs « volontairement abandonné et incendié avant de prendre la fuite », a ajouté la préfecture de police (PP). Trois personnes ont été interpellées et « les investigations se poursuivront pour identifier les auteurs de violences ».

Dans un premier temps, les autorités parisiennes avaient interdit toute manifestation autour de la salle de concert de l’Olympia, l’un des plus prestigieuses de Paris, en raison de « risque des troubles à l’ordre public »

La direction de la salle souhaitait quant à elle l’annulation du concert et avait « déposé une plainte en urgence » jeudi face aux menaces « proférées dans un contexte politique complexe en RDC », a indiqué à l’AFP l’une des avocates de l’Olympia, Céline Astolfe.

La préfecture est finalement allée dans le sens de ce que souhaitait la salle, « comme elle l’avait fait, a rappelé l’avocate, « le 22 juin à la Cigale, une autre salle, pour un autre artiste congolais », Fally Ipupa, après des menaces similaires.

Peu après 16H00 GMT, quelque 200 personnes opposées au concert de Héritier Watanabe et rassemblées au carrefour de la place de l’Opéra se réjouissaient de l’interdiction du concert. « Parce que les gens meurent là-bas au Congo, nous on ne veut pas danser et chanter », a témoigné Lena, 35 ans, interrogée par l’AFP.

Plusieurs artistes congolais comme Héritier Watanabe sont régulièrement visés par les opposants de la diaspora congolaise, notamment en Europe, qui leur reprochent d’avoir chanté pour le président Joseph Kabila lors des campagnes présidentielles de 2006 et de 2011, et de ne pas chanter pour le changement à la tête du pays.

Joseph Kabila est au pouvoir en RDC depuis 2001. Alors que son mandat est arrivé à échéance le 20 décembre et que la Constitution lui interdit de se représenter, il se maintient à la tête du pays en vertu d’une décision controversée de la Cour constitutionnelle.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2017 18h44)                                            

Congo: le FESPAM 2017 est officiellement annulé

juillet 12, 2017

Communiqué du Gouvernement congolais suite à l’annulation du Festival panafricain de musique(Fespam).

Le Gouvernement informe l’opinion nationale et africaine que des impératifs insurmontables d’agenda obligent la République du Congo à procéder au report de la 11ème édition du Festival Panafricain de Musique (FESPAM).

Initialement prévu du 19 au 21 juillet 2017, le FESPAM sera organisé à une date ultérieure. Les autorités compétentes annonceront en temps utile un nouveau calendrier.

Le Gouvernement de la République, soucieux de répondre aux attentes de l’Union Africaine, rappelle à l’opinion nationale et internationale le profond attachement des autorités de notre pays aux valeurs culturelles ainsi qu’à l’esprit d’accueil qui caractérisent notre continent.

Tout en exprimant ses regrets à l’Union Africaine, aux États membres et aux nombreux Africains attachés à ce grand rendez-vous culturel simplement différé, le Gouvernement prendra toutes les dispositions pour assurer l’accueil des délégations qui auraient pu entre temps arriver à Brazzaville.

Fait à Brazzaville, le 12 juillet 2017

Le Gouvernement

Photo de BrazzaNews.

Une montre de Jackie Kennedy vendue pour 379.500 dollars

juin 21, 2017

Une montre Cartier offerte en cadeau à Jackie Kennedy, accompagnée d’un tableau peint par la légendaire Première dame, exposés le 20 juin 2017 à New York / © AFP / TIMOTHY A. CLARY

Une montre Cartier offerte en cadeau à Jackie Kennedy, accompagnée d’un tableau peint pour l’occasion par la légendaire Première dame, a été vendue mercredi aux enchères à New York pour 379.500 dollars, bien au-delà des estimations, a indiqué la maison Christie’s.

La valeur de cette montre en or de 18 carats, style tank et bracelet lézard, avec le tableau peint de la main de la plus emblématique des Premières dames américaines, avait été initialement estimée entre 60.000 et 120.000 dollars.

L’histoire de cette montre et de ce tableau évoque l’âge d’or des Kennedy: c’est le prince d’origine polonaise Stanislaw « Stas » Radziwill, mari de Caroline Bouvier, la soeur de Jackie, qui l’offre à la femme du président en février 1963, pour marquer la « marche des 50 miles », soit 80 kilomètres, organisée par Kennedy en Floride pour encourager les Américains à se maintenir en forme.

En remerciement, Jackie, peintre à ses heures, donnera à son beau-frère un tableau de sa composition, où on le voit marcher en compagnie de Chuck Spalding, un ami du président, lors de cette marche, explique John Reardon, responsable international des montres chez Christie’s.

Gravée au dos de la montre, une inscription: « De Stas à Jackie, 23 février 1963, de 02H05 à 21H35 » – correspondant aux heures de début et de fin de cette fameuse marche.

Une dédicace similaire figure au bas du tableau: « 23 février 1963, 02H05 à 21H35/Jackie à Stas avec amour et admiration ».

Le 35e président des Etats-Unis devait mourir assassiné quelques mois plus tard, le 22 novembre 1963.

Les Kennedy « aimaient beaucoup s’offrir des cadeaux et celui-ci était sans doute l’un des plus généreux offerts par le prince Stas Radziwill », selon M. Reardon. « Sur beaucoup des photos les plus célèbres (de Jackie Kennedy, ndlr), on peut la voir porter cette montre Cartier au poignet ».

L’identité de l’acquéreur n’a pas été divulguée, mais plus d’une douzaine d’acheteurs américains, européens et asiatiques avaient manifesté leur intérêt pour cette montre avant l’adjudication, qui s’est conclue en trois minutes, selon Christie’s.

Remariée en 1968 au magnat grec Aristotle Onassis, Jackie Kennedy est morte en 1994 à Manhattan, à l’âge de 64 ans.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juin 2017 23h34)                

Le sculpteur sénégalais Ndary Lo est mort

juin 9, 2017

L’artiste originaire de Tivaouane est décédé d’un cancer à l’âge de 56 ans. Son œuvre est empreinte d’une foi radieuse en Dieu et en l’humanité. 

« Marcheurs », 2011. Fer à béton soudé (H40 x L20 x P20 cm).

« Marcheurs », 2011. Fer à béton soudé (H40 x L20 x P20 cm). Crédits : Sitor Senghor
C’était un homme pieux, qui croyait en Dieu et en l’homme. Le sculpteur sénégalais Ndary Lo s’est éteint, jeudi 8 juin, à Lyon, à l’âge de 56 ans après s’être battu contre un cancer.

Né en 1961 à Tivaouane, Ndary Lo s’est lancé dans l’art comme on entre en religion, avec une foi qui déplace les montagnes. Dans ses premiers travaux, il récupère des ossements, des têtes de poupée et des capsules en plastique multicolores. Avant d’opter presque exclusivement pour le fer à béton. « Il ne récupérait pas par économie, ou parce qu’il ne saurait pas quoi prendre, mais pour donner une nouvelle vie à un objet qui a déjà servi », précise son galeriste parisien Sitor Senghor. Ses premières sculptures, qui représentent des familles de marcheurs élancés et filiformes, ne sont pas sans rappeler les bronzes du sculpteur suisse Alberto Giacometti, dont le célèbre Homme qui marche.

Portrait de Ndary Lo posant derrière sa sculpture "Les trois hommes qui marchent", en juin 2007.
Portrait de Ndary Lo posant derrière sa sculpture « Les trois hommes qui marchent », en juin 2007. Crédits : Charles Jousselin/CC 2.0

Veilleur vigilant

Un motif apparaît souvent dans son travail : l’arbre, symbole de vie et de lutte contre la désertification. En 2008, il réalise La Muraille verte, dense forêt métallique qui remporte le Grand Prix de la Biennale de Dakar. Les branches de ses arbres se terminent parfois par des mains, allégorie d’une humanité qui doit puiser dans ses racines. Autre constante, les bras ouverts, geste qui évoque à la fois la prière et le remerciement. Un exemple monumental issu de la collection Blachère est actuellement exposé sur le parvis du Palais des papes, en Avignon, dans le cadre de l’exposition « Les éclaireurs ».

« Arbre des origines », 2013. Fer à béton soudé et mastic (H24 x L52 x P10 cm).
« Arbre des origines », 2013. Fer à béton soudé et mastic (H24 x L52 x P10 cm). Crédits : Sitor Senghor

Toujours aux aguets malgré la maladie, Ndary Lo a supervisé jusqu’au bout un catalogue que prépare la galerie Sitor. « Il s’enflammait même sur son lit d’hôpital, on pouvait discuter à bâtons rompus sur les textes du catalogue, confie Sitor Senghor. Il était vigilant, veillant à ce qu’il n’y ait pas de malentendu autour de son travail. » L’une de ses dernières œuvres représentait un groupe de marcheurs soudés, signe d’une Afrique en marche, optimiste, résolue, combative. Comme lui.

 

Jean-David Nkot : « L’Europe, c’est le cimetière des artistes africains »

juin 4, 2017

L’Afrique est à la mode en France, mais les visas que doivent demander les artistes du continent pour venir exposer ou débattre sont toujours aussi difficiles à obtenir.
        
Oeuvre du Camerounais Jean-David Nkot.
Œuvre du Camerounais Jean-David Nkot. Crédits : Galerie Carole Kvasnevski
Organisation d’un pavillon des lettres d’Afrique au Salon du livre de Paris en mars, des galeries africaines invitées à participer à la foire «Art Paris Art Fair » au Grand-Palais, des expositions mettant en avant la création du continent à La Villette, à la Fondation Louis-Vuitton… et même, dans le temple du shopping, les Galeries Lafayette, des focus Afrique annoncés aux festivals d’Avignon, de Marseille… Il n’en fallait guère plus pour que les médias français saluent un « printemps culturel africain ».

Un enthousiasme vite tempéré par le commissaire de l’exposition «Afriques Capitales ». Simon Njami, en effet, ne voit pas dans cette accumulation d’événements « un hommage à l’Afrique »– ce qui pourrait être réconfortant de croire lorsque 11 millions de personnes votent pour un parti d’extrême droite –, mais davantage une « autocélébration de ceux qui ont le sentiment d’avoir découvert quelque chose ». Et d’ajouter que « tout ceci est mêlé d’un soupçon de paternalisme ».Exagéré ?

Une plate-forme expérimentale

Une chose est sûre, ces manifestations sont l’œuvre d’initiatives privées et ne sont pas l’expression d’une volonté des pouvoirs publics français qui, parfois, sont plutôt tentés d’interdire aux femmes noires de se réunir entre elles, comme l’a démontré la maire de Paris Anne Hidalgo en s’opposant à la tenue du festival afroféministe Nyansapo, au prétexte que certains ateliers étaient «non mixtes ». Ou alors qui interdisent à des artistes africains de venir s’exprimer sur le territoire français en leur refusant un visa, quand bien même seraient-ils invités officiellement par une institution publique sous tutelle du ministère de la culture et de la communication.
C’est ce qui est arrivé le 26 mai à Jean-David Nkot, jeune plasticien camerounais prometteur né en 1989, alors qu’il avait été sélectionné pour participer au tout nouveau post-master que l’Ecole nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy (Ensapc) a lancé le 1er juin lors d’une conférence au Théâtre de la commune d’Aubervilliers réunissant chercheurs, écrivains et artistes à l’instar de Françoise Vergès, Manuel Domergue, Michel Augier, Zanele Muholi ou encore Abdellah Taïa.
    
Destiné à de jeunes artistes ou théoriciens, ce programme est une plate-forme expérimentale de recherche artistique unique, organisée en partenariat avec le centre Doual’art ainsi que l’Institut des beaux-arts de l’université de Douala, et avec le soutien de l’Institut français du Cameroun. Cette formation, devant déboucher sur une exposition, doit se dérouler en trois temps, à Cergy et à Douala. Outre Jean-David Nkot, dont le dessin ultrasensible dénonce les violences faites aux femmes et aux enfants, victimes innocentes des conflits armés mais aussi de la brutalité au sein de la cellule familiale, cinq autres artistes ont été sélectionnés sur dossier pour participer à ce post-master.

Un problème récurrent

Le thème choisi pour cette première édition : les frontières, à travers les rapports « à l’espace, au temps, aux images, aux institutions, à la politique, aux territoires, au public, à nous-mêmes »qu’elles produisent. « Le projet Moving Frontiers – faire et défaire, précise l’Ensapc, est ainsi de produire des imaginaires qui éprouvent pratiquement et théoriquement les frontières que nous rencontrons quotidiennement et avec lesquelles nous devons tous composer. »
Ce qu’aura effectivement éprouvé de manière fort peu agréable Jean-David Nkot qui, pour la troisième fois, se voit refuser un visa pour la France. La raison invoquée par les autorités consulaires françaises de Douala ? Sa « volonté de quitter le territoire des Etats membres [de l’espace Schengen] avant l’expiration du visa n’a pas pu être établie ».
    
L’invitation officielle de l’Ensapc, qui prenait en charge le déplacement et l’hébergement de Jean-David Nkot, n’aura pas suffi à convaincre le consulat français. « C’est la deuxième fois que l’on m’empêche de faire mon travail, regrette Jean-David Nkot. En 2016, Barthélémy Toguo m’avait invité à le rejoindre pour participer à l’YIA Art Fair à Paris. Même motif de refus de visa : la France pense que je veux rester là-bas, sans doute parce que ma mère y est installée. Mais, moi, j’ai fait le choix de vivre ici, au Cameroun. Je vais faire quoi là-bas ? Vendre des toiles et payer des taxes dessus ? Ça n’a pas de sens, c’est bien plus intéressant pour moi de vendre là-bas, oui, mais de rester à Douala. Ici, je vis bien, je ne meurs pas de faim, je travaille. L’Europe, c’est le cimetière des artistes africains. J’ai besoin de mon environnement pour créer, je ne veux pas perdre mon âme à partir. »
Un problème récurrent auxquels sont confrontés les artistes africains et que dénoncent aussi bien des plasticiens, à l’instar de Barthélémy Toguo, que Lina Lazaar, qui a fait de la question migratoire le thème du pavillon de la Tunisie à la Biennale de Venise 2017.
Lemonde.fr par Séverine Kodjo-Grandvaux (contributrice Le Monde Afrique, Douala)

Cannes: l’Allemande Diane Kruger prix d’interprétation féminine pour « In The Fade »

mai 28, 2017

Cannes – L’Allemande Diane Kruger a reçu dimanche le prix d’interprétation féminine du 70e Festival de Cannes pour son premier grand rôle dans une production allemande, « In The Fade » du réalisateur Fatih Akin.

L’ancienne top-modèle blonde lumineuse, exilée à Hollywood, habituée des rôles dans des superproductions, joue une mère de famille qui se venge après la mort de son mari, d’origine turque, et de son fils, dans un attentat commis par des néo-nazis.

« Fatih, mon frère, merci d’avoir cru en moi, de m’avoir permis de faire ce film. Tu me donnes une force que j’ignorais avoir et n’oublierai jamais », a déclaré l’actrice en acceptant son prix.

Dans sa carrière, Diane Kruger a tourné pour Wolfgang Petersen (« Troie »), Quentin Tarantino (« Inglourious Basterds »), ou le Français Benoît Jacquot (« Les adieux à la reine »).

Elle est une habituée des grands festivals de cinéma européens et a déjà fait partie du Jury des festivals de Berlin, Venise et Cannes.

« In The Fade » lui a offert son premier grand rôle dans un production allemande, avec un cinéaste allemand qu’elle apprécie et qui voulait travailler de longue date avec elle.

Née Heidkrüger en 1976 en Allemagne de l’Ouest, Diane Kruger a quitté à l’adolescence son village pour étudier le ballet à Londres, puis a entamé à 16 ans une carrière de mannequin à Paris, avant le cinéma.

Romandie.com avec(©AFP / 28 mai 2017 20h04)                                            

Cannes: prix de la mise en scène à Sofia Coppola pour « Les Proies »

mai 28, 2017

Cannes – La réalisatrice américaine Sofia Coppola, 46 ans, a reçu dimanche le prix de la mise en scène du 70e Festival de Cannes pour « Les Proies ».

Ce film, remake des « Proies » de Don Siegel avec Clint Eastwood (1971), raconte l’histoire d’une directrice de pensionnat (Nicole Kidman), dont la vie est bouleversée par l’arrivée d’un soldat blessé (Colin Farrell), en pleine guerre de Sécession aux Etats-Unis.

« Merci à mon père pour avoir partagé son amour du cinéma », a déclaré la fille du monument du cinéma américain, Francis Ford Coppola, en recevant son prix.

Dans une veine différente des chocs esthétiques et narratifs de « Virgin Suicides » (1999) et « Lost in Translation » (2003), la réalisatrice américaine livre dans « Les Proies » un drame historique de 01H34, sixième opus à l’esthétique soignée, dans des paysages du sud des Etats-Unis noyés dans le brouillard.

Chose rare pour un film en compétition à Cannes, « Les Proies » est un remake du film du même nom, réalisé par Don Siegel en 1971 et suit fidèlement le même déroulé, adapté d’un livre de Thomas Cullinan situé pendant la guerre de Sécession. Le rôle du caporal Mc Burney, joué par Colin Farrell chez Coppola, était tenu à l’époque par Clint Eastwood.

Blessé en terrain ennemi, ce soldat nordiste est recueilli par la poignée de jeunes pensionnaires restées dans leur internat malgré la guerre. Faut-il livrer ce « visiteur indésirable », le soigner, le cacher? L’arrivée d’un homme dans cet univers féminin trouble les coeurs et les esprits, jusqu’à ce que la situation finisse par déraper et verse dans la violence.

Au début, « je ne voulais pas faire un remake », avait confié Sofia Coppola en conférence de presse, expliquant qu’elle avait essayé « d’oublier » la version de Don Siegel. « Finalement, j’y ai réfléchi »: dans le film de 1971, « ce pensionnat de jeunes filles pendant la guerre de Sécession aux Etats-Unis, ce monde de femmes, est vu par le soldat. Je me suis dit, je vais relire le film et raconter cette histoire du point de vue des femmes ».

Romandie.com avec(©AFP / 28 mai 2017 20h24)                   

Nicole Kidman reçoit le prix spécial du 70e anniversaire de Cannes

mai 28, 2017

Cannes – Le jury a remis un prix spécial « du 70e anniversaire du Festival de Cannes » à l’actrice australienne Nicole Kidman, à l’affiche de deux films en compétition, « Les Proies » de Sofia Coppola et « Mise à mort du cerf sacré » du Grec Yorgos Lanthimos.

« Je t’aime, merci beaucoup, et j’espère à très très bientôt », a déclaré l’actrice américaine, déjà repartie de Cannes, par message vidéo, après l’annonce de son prix. Ce prix, créé spécialement pour cette édition à l’initiative du jury présidé par Pedro Almodovar, lui a été remis par le plus sexy des jurés: la star américaine Will Smith.

A 49 ans, Nicole Kidman était omniprésente sur les marches pour cette édition anniversaire du festival, avec trois films et une série en sélection officielle, dont deux long-métrages en compétition.

L’actrice australienne, qui dans sa carrière passe des blockbusters aux films indépendants, était notamment à l’affiche des « Proies » de Sofia Coppola, aux côtés de Colin Farrell, Elle Fanning et Kirsten Dunst. Sofia Coppola a reçu le prix de la mise en scène pour ce film, l’histoire d’un soldat nordiste hébergé dans un pensionnat de jeunes filles pendant la Guerre de Sécession.

Kidman était également à l’affiche, à nouveau aux côtés de Colin Farrell, du drame fantastique « Mise à mort du cerf sacré » du cinéaste grec radical Yorgos Lanthimos, qui a remporté le prix du scénario.

Hors compétition, cette grande rousse ou blonde, c’est selon, au teint de porcelaine est également sur la Croisette pour « How to talk to girls at parties » de l’Américain John Cameron Mitchell, avec Elle Fanning, dans lequel de jeunes amatrices de punk rencontrent des extraterrestres dans le Londres des années 70.

Enfin, elle joue dans la saison 2 de « Top of the Lake » de la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion, montrée en séance spéciale.

Nicole Kidman a déjà reçu trois Golden Globes, et été oscarisée en 2003 pour son rôle de Virginia Woolf dans « The Hours » de Stephen Daldry.

Romandie.com avec(©AFP / 28 mai 2017 20h35)                                            

Cannes: un Suédois rafle la Palme d’or à la surprise générale

mai 28, 2017

Le réalisateur suédois Ruben Ostlund Palme d’or du 70e Festival de Cannes avec « The Square », le 28 mai 2017 / © AFP / Valery HACHE

Enorme surprise à Cannes: la Palme d’or a été attribuée dimanche au film suédois « The Square », réalisé par Ruben Ostlund, une comédie féroce qui tourne en dérision le monde de l’art et de la bonne société.

Ostlund apporte à la Suède sa troisième Palme, après les deux récompenses glanées par Bille August, pour « Pelle le conquérant » en 1988 et « Les meilleures intentions » en 1992.

Dans « The Square », l’acteur danois Claes Bang incarne un conservateur d’un musée d’art contemporain, qui prépare une exposition sur la tolérance et la solidarité. Son univers bascule soudainement avec le vol de son portable et de son portefeuille alors qu’il porte secours à une femme. Un subterfuge des voleurs.

« C’est un film formidable et une équipe formidable », s’est exclamé sur la scène du Palais des festivals Ruben Ostlund, qui a reçu son prix des mains du président du jury Pedro Almodovar et de Juliette Binoche. Son film avait été ajouté à la dernière minute à la compétition.

Dans son film, un des rares à avoir fait rire aux éclats les spectateurs, notamment avec une scène de préservatif, Ruben Ostlund a voulu dénoncer par le sarcasme les petites et grandes lâchetés des nantis cultivés face aux migrants, réfugiés et SDF.

Alors que « 120 battements par minute » du Français Robin Campillo et « Faute d’amour » du Russe Andreî Zviaguintsev faisaient figure de favoris, « The Square » s’est démarqué dans une sélection où la noirceur a prédominé.

– Grand prix pour ‘120 battements par minute’ –

Robin Campillo a tout de même récolté le Grand Prix pour son film coup de poing sur les combats de l’association Act Up dans les années Sida.

Dans ce film, il restitue les opérations spectaculaires d’Act Up, des jets de poches de faux sang aux débats pour décider des actions à mener… Mais il montre aussi le sexe, l’amour, les gay prides et les soirées exutoires au son de la house musique, qui donne son titre au film.

Autre surprise: alors que son film avait été accueilli tièdement, la réalisatrice américaine Sofia Coppola a remporté le Prix de la mise en scène pour « Les Proies », son remake du film éponyme de Don Siegel (1971), qui raconte l’irruption d’un soldat blessé (Colin Farrell) dans un pensionnat de jeunes filles dirigé par Nicole Kidman dans l’Amérique de la guerre de Sécession.

Reine de Cannes cette année avec deux films en compétition, Nicole Kidman a reçu un Prix spécial pour la 70e édition du Festival.

« Faute d’amour » d’Andreï Zviaguintsev a obtenu le Prix du Jury, pour son histoire sur la disparition d’un enfant qui ne supporte plus les disputes de ses parents qui se battent pour ne pas le garder.

Dans ce film âpre, le cinéaste, déjà récompensé du Prix du jury en 2011 pour « Elena » et du scénario en 2014 pour « Léviathan », dépeint une société russe individualiste et déshumanisée.

Auteur d’une performance époustouflante dans « You Were Never Really Here » de Lynne Ramsay, l’acteur Américain Joaquin Phoenix décroche le Prix d’inteprétation masculine. A 42 ans, il est consacré pour sa partition tout en intensité dans le rôle d’un vétéran de l’Irak, traumatisé, mutique et ultra-violent, qui doit exfiltrer une adolescente d’un réseau de prostitution.

« C’est un prix tout à fait inattendu. J’ai renvoyé mes souliers vernis », a déclaré un Joaquin Phoenix visiblement surpris, chaussé de baskets en toile sur la scène. « Je reste sans voix. »

– Neflix bredouille –

L’Allemande Diane Kruger a remporté le Prix d’inteprétation féminine pour sa performance dans « In The Fade » du Germano-Turc Fatih Akin. Elle y incarne Katja, une femme allemande qui décide de se venger de terroristes néo-nazis qui ont tué dans un attentat son mari, un ancien trafiquant de drogue d’origine turque, et son fils de six ans.

Lynne Ramsay, réalisatrice britannique de « You were never really here », a elle partagé le Prix du scénario avec le Grec Yorgos Lanthimos (« La mise à mort du cerf sacré »).

Dans son thriller horrifique, le réalisateur grec met en scène Steven (Colin Farrell), un brillant chirurgien qui prend sous son aile un adolescent perturbé, dont le père est mort des années plus tôt sur sa table d’opération.

A noter parmi les grands perdants Netflix, pour la première fois en lice pour la Palme avec deux films, et dont la présence avait créé la polémique.

Romandie.com avec(©AFP / 28 mai 2017 21h09)