Archive for the ‘Art’ Category

Droit d’auteur et numérique: les mots pour comprendre la nouvelle directive européenne

septembre 12, 2018

Le texte soulève un débat sur les bénéfices ou les dangers qu’il aurait pour la culture sur Internet.

Le Parlement européen a finalement adopté, mercredi 12 septembre, une directive qui doit adapter le droit d’auteur à l’heure du numérique. Ce vote a lieu après une campagne intense de lobbying à propos de ce texte, dont une première version avait été rejetée par le Parlement en juillet.

Pour les partisans de la directive — industries culturelles, médias, artistes… —, elle est en effet nécessaire pour assurer une meilleure rémunération des créateurs et des éditeurs dans l’économie actuelle d’Internet. Pour les opposants — les grandes entreprises du Web et les défenseurs des libertés numériques —, il s’agit d’un texte européen dangereux à la fois pour leur business et pour leur fonctionnement, ainsi que pour la liberté d’expression.

Pour bien comprendre les enjeux liés à ce texte (qui doit encore être négocié entre la Commission, le Conseil européen et le Parlement européen, avant d’être traduit dans les législations nationales de chaque pays membre de l’UE), voici un lexique des mots et expressions qui reviennent le plus souvent à son sujet.

Le contenu de la directive européenne :   Que peut-elle changer pour les internautes ?

Article 11

Cet article de la directive européenne crée le principe d’un « droit voisin » dont pourront se réclamer les entreprises de presse. Il contraint les grandes plates-formes du numérique à rémunérer les médias lorsqu’elles affichent des extraits d’articles ou d’autres contenus sur leurs services.

Tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad :   les « droits voisins », une question de vie ou de mort

  • Droits voisins

Le droit d’auteur est un droit de propriété intellectuelle sur une œuvre de l’esprit. Les « droits voisins du droit d’auteur » peuvent être accordés à des personnes physiques ou morales qui jouent un rôle dans la création de cette œuvre de l’esprit, sans en être directement l’auteur : les entreprises de presse sont concernées, car elles permettent à des journalistes de publier des articles de presse, sans en être directement l’auteur. Celles et ceux qui bénéficient d’un « droit voisin » peuvent toucher des droits patrimoniaux lorsque l’œuvre est utilisée, et ont un droit moral sur le respect de l’œuvre. Ils existent déjà dans la musique pour les artistes interprètes et les producteurs, par exemple.

En réponse à Sammy Ketz :   « Le “droit voisin” est une hydre à multiples têtes »

  • Snippets et « mots individuels »

Un élément clef des débats sur l’article 11 consiste à définir ce qui constitue, ou non, une « exploitation » d’un article de presse. Le texte adopté vise assez spécifiquement les « snippets », c’est-à-dire de courts extraits d’un article qui sont affichés par exemple lorsqu’on les partage sur Facebook ou qu’on parcourt Google Actualités. L’article 11, dans la version adoptée mercredi 12 septembre, précise toutefois que les liens seuls ne sont pas concernés, et que ces derniers peuvent être accompagnés de « mots individuels » — une notion floue que les Parlements nationaux devront vraisemblablement préciser.

Article 13

Cet article vise à contraindre les grandes plates-formes d’Internet (Google, Facebook…) à négocier des accords avec les titulaires de droits — ce qui est déjà largement le cas, mais les ayants droit estiment que ces accords leur sont défavorables. A défaut d’accord, les grandes plates-formes devront s’engager à empêcher leurs utilisateurs de publier des contenus protégés par le droit d’auteur.

  • Blocage automatique

Très critiqué, le principe d’un blocage automatique de tous les contenus ne respectant pas le droit d’auteur est déjà en place sur certaines plates-formes, dont YouTube. Ce système, dit « content ID », scanne automatiquement les morceaux de musique et les vidéos mis en ligne sur la plate-forme pour y détecter des « signatures numériques », théoriquement uniques et propres à chaque morceau ou vidéo. Lorsque YouTube détecte qu’une vidéo utilise du contenu soumis au droit d’auteur, il la bloque ou, si les ayants droit l’acceptent, laisse la vidéo en ligne, mais reverse une partie des revenus qu’elle génère aux détenteurs originaux des droits.

La tribune du chercheur Félix Tréguer :   l’affrontement factice des deux têtes du capitalisme informationnel

  • Exceptions au droit d’auteur

Les adversaires de l’article 13 notaient que les systèmes de filtrage automatique ne respectent que très partiellement les droits des internautes sur les exceptions au droit d’auteur. Dans la plupart des pays européens, la loi prévoit notamment des dérogations plus ou moins étendues pour les parodies, les remix, ou le droit de citation.

 

Lemonde.fr

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Algérie: le chanteur engagé Rachid Taha s’est éteint

septembre 12, 2018

Le chanteur algérien Rachid Taha est décédé dans la nuit du mardi 11 septembre. © Vit Simanek/AP/SIPA

Le chanteur algérien Rachid Taha, ex-leader du groupe de rock Carte de séjour, est décédé dans la nuit du mardi 11 septembre à Paris.

L’artiste de 59 ans Rachid Taha a été victime d’une crise cardiaque dans son sommeil, a confirmé sa famille à l’Agence France-Presse.

Tête d’affiche de la formation Carte de séjour, ce natif d’Oran arrivé en Alsace à l’âge de dix ans avait connu la célébrité en reprenant des tubes comme « Douce France », de Charles Trenet, et « Ya Rayah », du mythique interprète chaâbi Dahmane El Harrachi, chantant les douleurs de l’immigration.

D’après Le Parisien, Rachid Taha s’apprêtait à sortir un nouvel album en 2019, produit par le label Believe.

« Algérien pour toujours et français tous les jours », titrait-t-il dans le dernier chapitre de son autobiographie Rock la Casbah.

Jeuneafrique.com

États-Unis: Décès de Burt Reynolds, vedette de « Délivrance » et « Boogie Nights »

septembre 6, 2018

Los Angeles – L’acteur américain Burt Reynolds, vedette d’Hollywood dans les années 70 et 80, est mort jeudi à l’âge de 82 ans, a annoncé son agent cité par la presse.

Le comédien, né en 1936, était particulièrement connu pour son rôle dans « Délivrance », en 1972 aux côtés de Jon Voight et avait également donné la réplique à Mark Wahlberg dans le film de Paul Thomas Anderson « Boogie Nights » (1997).

L’acteur américain était également la vedette du film « Cours après moi shérif » (1977).

Burt Reynolds est décédé dans un hôpital en Floride, a confirmé au Hollywood Reporter son manager Erik Kritzer.

L’acteur, ayant débuté sa carrière à la fin des années 50, était aussi passé derrière la caméra, réalisant plusieurs films dans les années 70 et 80.

En 1998, Burt Reynolds est nommé pour l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle pour son interprétation de Jack Horner, un producteur de films pornographiques dans le long métrage « Boogie Nights ». S’il n’obtient pas le fameux sésame, il gagne, cette année-là, un Golden Globe pour ce même film.

L’acteur, à la moustache impeccable, avait été salué l’an dernier par la critique pour sa prestation dans le film indépendant « The Last Movie Star ».

Romandie.com avec(©AFP / 06 septembre 2018 19h50)

Johnny Hallyday bientôt au Panthéon ?

juillet 21, 2018
Johnny Hallyday, bientôt au Panthéon ?
 Johnny Hallyday

Pierre Ragottaz, fan du Taulier, souhaite lancer une pétition pour que le rockeur fasse son entrée au Panthéon. Il a récemment expliqué son projet au Figaro et à Closer.

Voltaire, Rousseau, Hugo, Zola, Pierre et Marie Curie, Simone et Antoine Veil… Toutes ces personnalités ont une chose en commun, en plus d’avoir marqué l’histoire de la France : celle d’être inhumées au Panthéon de Paris. A ce jour, on y compte 78 hommes et 5 femmes. La dernière entrée en date ? Celle de Simone et Antoine Veil, le 1er juillet 2018. Un an plus tôt, lors de l’hommage rendu à Simone Veil aux Invalides, le président de la République Emmanuel Macron avait annoncé son entrée au Panthéon, au côté de son mari. Johnny Hallyday pourrait-il, lui aussi, reposer place des Grands Hommes ?

Une pétition circule déjà sur la Toile pour que le rockeur le plus célèbre de France fasse son entrée au Panthéon, aux côtés de toutes ces figures historiques, par le biais d’une plaque.  Mais cela ne suffit pas à Pierre Ragottaz, professeur d’histoire à la retraite  à l’origine de la statue érigée en son honneur dans l’Ardèche, qui souhaite sa panthéonisation véritable et veut, pour cela, lancer une autre pétition. Son argument principal, soutenu par de nombreux fans du Taulier ? Johnny Hallyday est enterré trop loin de ses admirateurs, à Saint-Barthélemy. « Le Panthéon est à Paris et c’est beaucoup moins loin que Saint-Barth pour la plupart des Français qui ne pourront jamais aller se recueillir là-bas », explique-t-il ainsi au Figaro. Il rappelle, auprès de Closer, que le rockeur « appartenait au monde des arts et de la culture. »

Comme le précisent nos confrères du Figaro, « les panthéonisations » répondent toutefois « à un protocole » bien précis. Haute marque de reconnaissance de la Patrie, elle doit en effet être approuvée par le président, en l’occurrence Emmanuel Macron. Un protocole qui ne semble pas effrayer Pierre Ragottaz, qui espère que le chef de l’Etat entendra sa requête. Ne resterait alors plus qu’à convaincre la famille Hallyday qui, à tout moment, peut s’opposer à cette entrée au Panthéon… et son départ de Saint-Barthélemy, île que l’artiste aimait tant. Une famille qui, actuellement, est toujours occupée à se battre par avocats interposés pour l’affaire du testament.

Femmeactuelle.fr

 » Nicki Minaj est la transfiguration du mythe vaudou de Mami Wata « 

juin 29, 2018

Pour le sociologue gabonais Joseph Tonda, l’imaginaire des Africains continue d’être colonisé par l’utopie occidentale au moyen des écrans.

La chanteuse Nicki Minaj aux MTV Video Music Awards, à Los Angeles, en août 2015.
La chanteuse Nicki Minaj aux MTV Video Music Awards, à Los Angeles, en août 2015. Crédits : Mario Anzuoni/REUTERS

Joseph Tonda est sociologue à l’université Omar-Bongo, à Libreville, et invité régulier de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), à Paris. Dans son dernier ouvrage, L’Impérialisme postcolonial, critique de la société des éblouissements, il dénonce, à la suite de Guy Debord, une société du spectacle techno-capitaliste qui éblouit ses sujets. Cheville d’un capitalisme décuplé par l’avènement technologique, ce système mutant s’attaque aux déshérités, en leur faisant miroiter à travers les écrans les mirages d’une utopie de l’autre côté de la Méditerranée. Une « afrodystopie » présente selon le sociologue gabonais, dans les nombreux contenus culturels déversés sur tout le continent : des clips lascifs de chanteuses comme Nicki Minaj jusqu’au récent succès cinématographique de Black Panther. Bienvenue dans une néocolonisation de l’imaginaire aux conséquences bien réelles.

Pourquoi les écrans de téléphone, d’ordinateur et de télévision sont-ils un prolongement de l’impérialisme, un outil de poursuite de la colonisation ?

Joseph Tonda Toutes les situations de colonisation sont des situations de rencontre. Chacun voit l’autre en fonction de son histoire et de sa culture, son écran en quelque sorte. Les Européens, blancs, en venant en Afrique, ont vu des diables, des bêtes. Les Africains noirs, eux, ont vu des fantômes de leurs ancêtres. Cette rencontre a produit ce que j’appelle un éblouissement, une subjugation qui a emprisonné les Africains dans la soumission. Ces éblouissements se transmettent aujourd’hui par les écrans, devenus dispositifs perpétuant la colonisation. Cela ne concerne pas que les Africains. Aujourd’hui, la civilisation de l’écran est mondiale. Tout le monde est exposé à leurs éblouissements. Il faut voir derrière ces écrans un outil idéal de reproduction du capitalisme, un spectre qui colonise l’inconscient de tous et modifie nos comportements.

Dans votre livre, vous prenez en exemple la star américaine Nicki Minaj et son clip suggestif Anaconda, situé dans une forêt africaine…

« Nicki Minaj a des clones à Brazzaville, à Kinshasa, à Douala, à Libreville »

Elle est l’exemple même de l’éblouissement capitaliste. Femme afrodescendante devenue instrument d’un néolibéralisme où chacun est à la fois producteur et marchandise, Nicki Minaj a des clones à Brazzaville, à Kinshasa, à Douala, à Libreville. Vous voyez des filles qui s’habillent et se comportent comme elle. Cette colonisation qui ne dit pas son nom se démultiplie et se dissémine. Ces filles séduites, voulant lui ressembler, deviennent des agents de dissémination d’une culture capitaliste qui n’est pas africaine.

Comment le capitalisme que vous décriez utilise-t-il les écrans qui nous entourent pour se diffuser ?

La particularité de ce colonialisme, c’est qu’il n’est pas violent. Il fonctionne à la fascination, à la séduction, à l’éblouissement. Les écrans sont devenus outils de travail comme de divertissement. Ils occupent nos journées et nos nuits. Nous nous bombardons d’images en permanence, volontairement. Nous participons activement à notre propre colonisation.

Quel est le risque pour l’Africain ?

Le risque, c’est de réaliser ce que Guy Debord avait conceptualisé dans La Société du spectacle, ce que j’appelle aujourd’hui « la société des éblouissements ». Dans La Société du spectacle, Debord disait que la réalité s’éloigne dans la représentation, que nous vivons une dépossession de notre réalité. Dans la société des éblouissements, le réel ne s’éloigne pas mais s’incorpore, s’intériorise à travers les images-écrans que nous absorbons.

Quand cette société des éblouissements est-elle née ?

Je pense qu’elle a commencé au lendemain de la seconde guerre mondiale, avec l’essai atomique américain sur l’île de Bikini. Un couturier français, Louis Réard, a décidé d’appeler son nouveau vêtement, très osé pour l’époque, le bikini, car il souhaitait produire le même effet d’éblouissement que la bombe nucléaire avait eu sur le public. D’un instrument de mort massive, il en a fait une métonymie sexuelle, de la fascination et de la séduction. « Bombe » au sens sexuel est ensuite entrée dans le langage courant.

Cette colonisation par éblouissement serait donc une forme de séduction ?

« Le monde occidental est une utopie transmise en Afrique par les écrans »

Oui, et il y a là quelque chose de troublant. Car la séduction et l’éblouissement ont été pensés de la même manière dans de nombreux mythes à travers la colonisation africaine. Je pense à cette légende urbaine du Congo belge, dans les années 1950 : le mythe d’une voiture dont les phares, éblouissant la nuit, transformaient les Congolais en cochons ; objet qui terrorisait et soumettait les colonisés. Il y a aussi la figure de Mami Wata, déesse vaudou de l’eau que l’on trouve notamment au Congo et au Bénin, à qui on vouait un culte. Le haut de son corps est celui d’une femme blanche, le bas est une queue de poisson ou de serpent. Lorsqu’on signe un pacte avec elle, il faut lui offrir une personne en sacrifice. Dans ces cultures africaines, elle renvoie au mythe de la puissance esclavagiste qui vous possède. Nicki Minaj est en quelque sorte la transfiguration contemporaine de ce mythe.

Vous développez aussi une théorie sur « l’afrodystopie ». De quoi s’agit-il ?

De plus en plus d’Africains, à travers ce genre de personnage télévisuel, vivent ailleurs, dans un monde transposé par l’écran qui n’est pas leur quotidien. Ils vivent dans un réel insalubre qu’ils ne transforment pas, car les écrans sont une distraction si grande qu’ils en oublient leur propre vie. Le monde occidental est une utopie transmise en Afrique par les écrans. L’attirance est si forte qu’elle pousse certains à traverser la mer Méditerranée ou le désert libyen pour la vivre plutôt que de changer leur réalité. Mais cette utopie se révèle bien souvent une dystopie mortelle. L’afrodystopie, c’est ça : le rêve immobile qui se termine en cauchemar réel.

Vous dites qu’il n’existe dans la littérature africaine presque aucun exemple de récit utopique. Pourtant le phénomène récent du film Black Panther, qui prend pour sujet l’utopie d’un royaume africain ayant évité la colonisation grâce à sa maîtrise de la technologie, a eu un succès phénoménal sur le continent et dans la diaspora. Comment l’expliquer ?

« Marvel a compris que les Noirs souffrent d’une blessure narcissique profonde »

C’est le film le plus afrodystopique qui soit. On parle d’une civilisation imaginaire, dans une Afrique qui n’existe pas. Le récit n’est pas africain, mais américain. Il s’agit d’une production Marvel. La puissance de ce royaume du Wakanda s’est construite sur l’exploitation d’un minerai issu d’une météorite. Ce n’est pas le produit du génie africain mais un fétiche, comme l’argent. Marvel a compris que les populations noires, africaines et afrodescendantes, souffrent d’une blessure narcissique profonde d’avoir été mises en esclavage puis colonisées. On leur dit : voilà ce que vous seriez si l’on ne vous avait pas colonisés, contentez-vous de ce rêve utopique pour vous valoriser et nous faire gagner de l’argent, mais ne vous employez pas à changer votre quotidien. Voilà l’afrodystopie dans toute sa splendeur. Si les Noirs ont couru dans les salles obscures, c’était pour panser cette blessure. C’est une illusion. Le film ne changera pas leur quotidien.

Comment sortir de ce schéma ? Les Africains doivent-ils concrétiser leurs propres utopies au lieu de se nourrir de l’Occident ?

C’est une voie possible. L’Afrique doit sortir de la nuit pour se projeter dans le futur, anticiper. L’anthropologue Roger Bastide disait que ce qui caractérise la civilisation occidentale, c’est que, devant une situation dystopique, elle se projette dans le futur en créant des utopies, alors qu’en Afrique, devant situation semblable, elle s’enfonce dans la nuit, croyant y trouver des réponses. Frantz Fanon avait fait remarquer que dans la transe nocturne, l’Africain trouvait une solution provisoire ou dérisoire lui permettant de résister. Un moyen de résilience devant la dureté de la situation coloniale. Ce qui va permettre de se décoloniser, c’est l’instruction, la réflexion et l’intelligence de nos peuples capables de se regarder en face plutôt que de regarder les écrans.

Lemonde.fr propos recueillis par Matteo Maillard (Dakar, correspondance)

États-Unis: Joe Jackson, père de Michael Jackson, est mort

juin 28, 2018

Manager des Jackson Five, il avait la réputation de mener son monde à la baguette. Ses enfants ont raconté cette violence des années plus tard.

 

Joe Jackson, à Los Angeles (Californie), en septembre 2011.
Joe Jackson

 

Joseph Walter « Joe » Jackson, qui a été le manager de ses enfants, en particulier du groupe The Jackson Five, et est à l’origine de leurs carrières en solo, dont celles de Michael Jackson (1958-2009) et de Janet, est mort mercredi 27 juin, dans un hôpital de Las Vegas (Nevada), des suites d’un cancer du pancréas, à l’âge de 89 ans. L’information a été annoncée par sa famille. Depuis le 21 juin des nouvelles circulaient sur des sites people concernant la dégradation de son état de santé.

Ainé des cinq enfants de sa mère et de son père, professeur, Joe Jackson est né le 28 juillet 1928, à Fountain Hill, un village de l’Arkansas. Lorsque ses parents divorcent, il est âgé de 12 ans et part avec son père en Californie. Il s’installera plusieurs années après dans la région de Chicago (Illinois), où vit sa mère. C’est là qu’il commence à travailler, comme grutier et soudeur, tout en pratiquant la boxe.

En novembre 1949, il épouse, en secondes noces, Katherine Scruse. En janvier 1950, le couple s’installe à Gary, dans l’Indiana, où naîtront leurs dix enfants – Brandon, jumeau de Marlon, meurt un jour après sa naissance en mars 1957.

Après la boxe, qu’il abandonne, il caresse un temps l’idée de devenir musicien professionnel, guitariste au sein d’une formation de rhythm’n’blues, The Falcons, qui s’arrête en 1952. Son rêve se fera une décennie plus tard par l’intermédiaire de ses enfants.

Au début des années 1960, les trois garçons – Jackie, né en 1951, Tito, né en 1953, et Jermaine, né en 1954 – forment le groupe vocal The Jackson Brothers. Leur père leur fait répéter plusieurs heures par jour, avant et après l’école, des pas de danse et des parties vocales. La troupe commence à être connue localement. Marlon, né en 1957, et Michael, en 1958, intègrent bientôt la formation, qui devient The Jackson Five.

Un père violent

En 1967, le groupe, qui a gagné quelques concours de jeunes talents, tourne régulièrement. Durant cette période d’apprentissage, Joe Jackson menait son monde littéralement à la baguette. Une erreur, une mise en place incertaine sont punies d’une forte gifle, d’un coup de ceinturon. Ce que frères et sœurs révéleront lors d’entretiens des années plus tard. Le temps passant, le discours officiel de la famille étant que c’était ainsi que l’on éduquait les enfants à l’époque.

Joe Jackson, en 2005.

A l’été 1968, la chanteuse Gladys Knight, qui a découvert le groupe, le recommande auprès de la grande compagnie phonographique de soul music Motown Records. Il faudra toutefois attendre août 1969 et le parrainage d’une autre chanteuse de la maison, Diana Ross, pour que débute aux Etats-Unis la « Jacksonmania ».

Les tubes se succèdent : I Want You Back, ABC, I’ll Be There, The Love You Save… les concerts aussi. Une série télévisée animée en 1971 et 1972 est consacrée au groupe. Dans le même temps, les responsables de Motown misent sur une carrière solo de Michael Jackson, qui enregistre son premier album sous son nom en 1972.

En 1975, Joe Jackson négocie un nouveau contrat avec la compagnie phonographique Epic Records. Le groupe devient The Jacksons. Randy, né en 1961, remplace bientôt Jermaine, les sœurs Rebbie, née en 1950, LaToya, en 1956, et Janet, en 1966, rejoignent la formation à l’occasion sur scène.

En plus de ses activités de manager, Joe Jackson fonde une compagnie de disques, Ivory Tower International Records, qui ne laissera guère de traces.

Victory Tour

Ses enfants devenant adultes, l’emprise paternelle s’atténue. Il a permis, en signant chez Epic, qu’ils obtiennent le contrôle artistique de leurs enregistrements (ils produisent Destiny, en 1978), mais peu à peu il devient moins décisionnaire.

Au sein de The Jacksons, le succès international des albums en solo de Michael, Off The Wall (1979) et Thriller (1982), va peu à peu éloigner le jeune chanteur du groupe. Il participe au Triumph Tour de 1981 et enregistre son dernier album avec eux, Victory, en 1984. L’album et le Victory Tour de juillet à décembre 1984 ont réuni les six frères.

En 1982, Joe Jackson prend encore en charge la carrière de sa dernière fille, Janet. Il obtient pour elle un contrat chez A & M Records, supervise la réalisation de son premier album, Janet Jackson, suivi de Dream Street, en 1984. En 1986, Janet Jackson prend, après ses frères et sœurs, son indépendance artistique, change de manager et débute une collaboration à succès avec les producteurs Jimmy Jam et Terry Lewis.

Lemonde.fr  par Sylvain Siclier

Naomi Campbell et Monica Bellucci en mannequins stars de Dolce & Gabbana

juin 16, 2018

La mannequin Naomi Campbell défile pour la maison italienne Dolce&Gabbana à Milan, le 16 juin 2018 / © AFP / MIGUEL MEDINA

L’actrice Monica Bellucci et la mannequin Naomi Campbell, star des années 80, ont créé la sensation en défilant samedi pour la maison italienne Dolce&Gabbana, qui a offert un show autour des « contraires qui s’attirent », au deuxième jour de la Fashion week de Milan.

Un décor baroque doré, de grands chandeliers, des miroirs ovales, des anges… le duo de stylistes siciliens Domenico Dolce et Stefano Gabbana avaient créé, comme à leur habitude, un décor tout en excentricité pour ce défilé conçu comme un voyage autour de l’ADN « revisité » de leur marque.

Le défilé, mixte, se voulait le reflet de la diversité de la société. Couple hétérosexuel, d’hommes, de femmes, « cougar » avec jeune homme ou quinquagénaire avec jeune femme, sans oublier la famille avec enfant.

La maison, dont les millenials (ces jeunes nés entre 1980 et 2000) sont la cible de choix, a de nouveau fait défiler quelques uns des plus célèbres d’entre eux, comme l’acteur Cameron Dallas, connu grâce à ses vidéos postées sur Vine, le chanteur chinois Karry Wang, ou encore Kailand Wander, le fils du chanteur Stevie Wonder.

Monica Bellucci défile pour Dolce&Gabbana à MIlan le 16 juin 2018 / © AFP / MIGUEL MEDINA

Mais la première surprise est venue avec l’apparition, pour ouvrir le défilé, de Monica Bellucci, dont le dernier défilé remontait à 1992, déjà pour le duo sicilien. Cheveux en un carré long lissé, l’actrice portait un costume noir, sur des talons vertigineux.

Le public a eu droit à deux autres surprises, avec l’arrivée des mannequins Marpessa et Naomi Campbell, toutes deux vêtues de costumes masculins, casquette gavroche pour l’une et chapeau pour l’autre.

Le reste du défilé était beaucoup moins sobre, conformément à l’ADN de la marque: vestes incrustées de pierres précieuses, redingotes noires ou rouges à paillettes, ensemble noir recouvert de pâtes géantes ou tenues à l’inspiration gothique tagué « Devotion », sans oublier un groupe de mamies en goguette vêtues dans un style « rappeur ».

Naomi Campbell (2EG) et Monica Bellucci (c) lors d’un défilé de Dolce&Gabbana à Milan, le 16 juin 2018 / © AFP / MIGUEL MEDINA

– Sensualité chez Versace –

L’autre poids lourd de cette journée était la marque italienne Versace, qui a proposé elle aussi un défilé mixte (co-ed), une tendance de plus en plus prégnante au sein du monde de la mode, avec comme mannequin vedette Bella Hadid.

Chez Versace, hommes et femmes peuvent s’habiller assortis, en motif serpent rouge ou gris, imprimés fleuris, motifs baroques colorés sur fond noir ou pour les plus aventureux en fluo vert ou rose.

Un modèle au défilé Versace à Milan, le 16 juin 2018 / © AFP / MIGUEL MEDINA

Les hommes portent leur costume ou short sur des baskets ou des claquettes revisitées.

Donatella Versace, la directrice créative de la marque, a expliqué avoir conçu sa collection masculine en pensant à trois types d’hommes, la star en « street style », le fashionista et le haut dirigeant, des « hommes qui s’affranchissent des règles » et « font leurs propres choix vestimentaires ».

« L’homme Versace n’est pas ordinaire, il est regardé, on parle de lui », affirme-t-elle. Et la nouvelle collection joue avec ce côté sensuel.

Un modèle au défilé Versace à Milan, le 16 juin 2018 / © AFP / MIGUEL MEDINA

La maison Marni a de son côté remporté la palme de l’originalité du lieu, en organisant son défilé dans un parking souterrain.

Assis sur de gros ballons d’exercice, journalistes, blogueurs et fashionistas ont pu découvrir une collection très inspirée par le sport, du cricket au baseball, avec des pantalons ou bermudas longs souples, des superpositions de tissus. La collection de Francesco Risso faisait aussi la part belle aux imprimés des artistes Betsay Podlach et Florian Hetz.

Dimanche défileront notamment le numéro un du luxe italien Prada, Dsquared2, des jumeaux canadiens Dean et Dann Catten, ou encore la marque montante Isabel Benenato, qui avait séduit en janvier les fashionistas avec son minimalisme sophistiqué.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juin 2018 19h42)

Au Nigeria, la ruée vers le Nollywood en ligne

juin 16, 2018

Les monteurs vidéo David Adeoti (gauche) et Jolaosho Oladimeji (droite) dans les locaux de Iroko tv, pionnier de la distribution de contenus en ligne, à Lagos, le 27 mars 2014 / © AFP/Archives / PIUS UTOMI EKPEI

La blogueuse glamour Linda Ikeji, la cinéaste Chioma Ude, le startupper Jason Njoku… Ces Nigérians n’ont a priori pas grand chose en commun, si ce n’est la même ambition: devenir le futur Netflix africain en popularisant l’accès aux films de Nollywood en ligne.

Avec près de quatre milliards de dollars de revenus et près de 2.000 films produits chaque année, l’industrie cinématographique nigériane a explosé pour devenir la deuxième au monde après Bollywood et devant Hollywood.

Start-ups locales et stars de Nollywood ont compris l’intérêt de distribuer autrement ces films très populaires sur le continent africain, où les cinémas restent rares. Jusqu’ici, la création nollywoodienne se vend surtout à la sauvette, sur des DVD piratés pour un ou deux dollars, dans les embouteillages des grandes villes.

Face à un marché plein de promesse, les plateformes de vidéo à la demande fleurissent et à Lagos, capitale de la production cinématographique, la concurrence s’annonce déjà féroce.

Linda Ikeji, icone des réseaux sociaux, a lancé ce week-end en grandes pompes LITV (Linda Ikeji Tv), qui propose, pour 1.000 nairas (2,3 euros) par mois, des dizaines de films, séries et shows inspirés d’émissions américaines à la sauce Nollywood.

« Nous espérons être à l’Afrique ce que Netflix est au monde », explique l’ambitieuse blogueuse sur sa page Instagram, qui frôle les deux millions d’abonnés.

Elle promet du glamour, de la provocation et de la comédie, notamment avec des émissions de téléréalité comme « Femmes de footballeurs » ou encore « Highway Girls of Eko », une série sur la « vraie vie des prostituées de Lagos ».

– Forte progression d’utilisateurs –

La femme d’affaire de 37 ans, qui a fait fortune grâce aux revenus publicitaires de son site, où elle commente l’actualité et la vie privée des « people », affirme avoir investi « un demi-milliard de nairas » (1,2 million d’euros) sur fonds propres. Si elle achète une partie des vidéos, elle s’est également lancé la création de contenu original avec ses propres studios à Lagos.

D’ici décembre, la société nigériane Envivo, associée au géant américain des télécoms Cisco, devrait à son tour se lancer avec un projet à plus de 20 millions de dollars, a confié à l’AFP la cinéaste Chioma Ude, directrice du marketing chez Envivo.

« Cisco veut marquer son empreinte en Afrique, et en tant que partenaire technique, ils fourniront le réseau et la technologie nécessaire pour offrir le meilleur service possible », explique la fondatrice du Festival international du film africain (AFRIFF)de Lagos.

Reste à trouver un modèle économique viable pour les promoteurs du Nollywood en ligne, alors que la faible couverture de l’Internet haut débit reste un frein important.

Seuls 34% des Africains ont aujourd’hui accès à Internet, contre plus de 50% dans le reste du monde, bien que l’Afrique soit la région qui a affiché la plus forte progression d’utilisateurs d’Internet l’an dernier, notamment grâce aux téléphones portables (rapport Global Digital 2018).

The co-founder and CEO of Iroko television Jason Njoku, cofondateur et PDF d’IrokoTv, pionnier de la distribution en ligne, à Lagos, le 27 mars 2014 / © AFP/Archives / PIUS UTOMI EKPEI

Mais selon Serge

Noukoué, organisateur de la Nollywood Week à Paris, « aujourd’hui, le consommateur (africain) paye au cas par cas pour voir un film, et le moins possible ».

« Même IROKOtv, pionnier sur le continent, ne fait pas véritablement de profits (…). Ils ont eu beaucoup de succès dans les levées de fonds mais ce que rapportent réellement les abonnés est moins probant », assure-t-il.

– « Pari sur l’avenir » –

Fondé par le trentenaire nigérian Jason Njoku en 2010, Iroko a réussi à attirer au départ près de 23 millions d’euros de capital-risque étranger et s’est remplumé il y a deux ans à hauteur de 19 millions de dollars, en s’associant notamment au groupe français Canal+.

Mais il a fait l' »erreur » de miser au départ sur le streaming: « ça ne pouvait tout simplement pas marcher. Les coûts des données étaient prohibitifs tout comme l’accès au haut-débit dans de vastes zones du continent », explique Jason Njoku à l’AFP.

En 2016, la start-up a alors « complètement repensé » son offre, en créant une application moins gourmande en données, et qui permet de télécharger gratuitement des fichiers vidéos sur portable, sans passer par les opérateurs téléphoniques.

Iroko a également sous-titré ses films en français, en swahili et en zoulou, pour les rendre plus accessibles dans les autres pays africains et s’est lancé dans la production de films et d’émissions originaux.

D’autres concurrents aux offres très accessibles ont émergé ces dernières années, avec par exemple le Kenyan BuniTV (5 dollars par mois) ou depuis 2014 le Sud-africain Africa Magic Go (8 dollars par mois).

« Si les plateformes en ligne ne rapportent pas encore d’argent, elles sont un pari sur l’avenir, pour quand les connexions seront meilleures », estime Serge Noukoué. « Beaucoup de projets ont vu le jour, mais il n’y aura pas de place pour tout le monde sur le marché à terme. La concurrence va être terrible »

Les géants du secteur comme l’Américain Netflix, qui s’est lancé dans les 54 pays africains début 2016, pourraient sérieusement faire de l’ombre aux pionniers africains de la vidéo à la demande dans les prochaines années.

« Netflix n’a pas encore pas de véritable stratégie en Afrique, mais s’il se met à produire du contenu africain original, cela va bouleverser la donne », souligne M. Noukoué. « Il a des moyens considérables que les autres n’ont pas ».

Romandie.com avec(©AFP / 16 juin 2018 10h43)

Royaume-Uni: l’école d’art de Glasgow, bâtiment emblématique, ravagée par un incendie

juin 16, 2018

Des pompiers au travail pour éteindre l’incendie de la prestigieuse école d’art de Glasgow en Ecosse, le 16 juin 2018 / © AFP / Andy Buchanan

La prestigieuse école d’art de Glasgow en Ecosse, installée dans un bâtiment historique qui est un chef d’oeuvre de l’architecte Charles Rennie Mackintosh, a été ravagée par les flammes dans la nuit de vendredi à samedi, quatre ans après avoir été déjà victime d’un incendie.

Le feu n’a fait aucun blessé et a mobilisé plus de 120 hommes, ont indiqué les pompiers, alertés vers 23H20 vendredi (22h20 GMT) et qui venaient samedi matin à bout de l’incendie.

« Le feu s’est répandu très rapidement » et « le bâtiment principal est gravement endommagé », a commenté sur place le chef adjoint des pompiers, Peter Heath. Ses équipes ont dû fournir un « énorme effort dans des conditions extrêmement difficiles », a-t-il souligné. L’école se trouve dans le centre de Glasgow qui était très fréquenté vendredi soir. Des riverains ont dû être évacués.

Le bâtiment touché a été conçu il y a plus d’un siècle par l’architecte écossais Charles Rennie Mackintosh (1868-1928), l’un des principaux représentants de l’Art Nouveau, célèbre pour son goût pour les bâtiments aux lignes épurées et les meubles à angles droits. Surnommé le « Mack », c’est l’un des bâtiments les plus connus de Glasgow.

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a confié sur Twitter avoir le « coeur brisé ». « C’est une triste matinée pour Glasgow », a-t-elle ajouté un peu plus tard, se disant toutefois « soulagée » qu’il n’y ait pas eu de victimes et « pleine d’admiration » pour les pompiers.

« Mais il est difficile de trouver des mots pour transmettre le sentiment de dévastation totale ressenti ici et partout dans le monde pour l’emblématique bâtiment Mackintosh @GSofA », a-t-elle poursuivi.

Des pompiers travaillent à éteindre l’incendie de l’école d’art de Glasgow en Ecosse, le 16 juin 2018 / © AFP / ANDY BUCHANAN

– Sentiment de perte –

« Nous avons un très fort attachement émotionnel » à ce bâtiment, a déclaré le chef adjoint des pompiers, évoquant « un sentiment de perte », chez les pompiers, mais aussi chez les habitants de Glasgow.

L’école avait déjà été endommagée par les flammes il y a 4 ans. A l’époque, le président de la Société royale des architectes britanniques (RIAS), Iain Connelly, avait qualifié le bâtiment de « trésor international qui reflète le génie d’un de nos plus grands architectes ». Sa valeur « va bien au-delà de Glasgow ou même de l’Écosse », avait-il souligné, « c’est une oeuvre de patrimoine architectural de renommée mondiale et son influence sur l’architecture du 20ème siècle est incommensurable ».

Le « Mack » était en cours de rénovation depuis le dernier incendie survenu en 2014, un projet qui aurait coûté entre 20 et 35 millions de livres (entre 23 et 40 millions d’euros). Le bâtiment est le « plus important architecturalement à Glasgow », « nous ne pouvons pas le perdre », s’est désolé sur Twitter un député local, Paul Sweeney, « dévasté » par la nouvelle de l’incendie.

« Le mieux que nous puissions espérer est un maintien de la structure de la façade et une reconstruction complète de l’intérieur », a-t-il ajouté, constatant l’étendue des dégâts.

GB : incendie à la Glasgow School of Arts / © AFP / -, Mark McLaughlin

L’incendie de 2014, provoqué par un projecteur, avait détruit la bibliothèque du bâtiment, reconnue comme l’un des plus beaux exemples d’Art Nouveau au monde.

Cette fois-ci, l’incendie a été encore plus dévastateur et s’est étendu à des bâtiments voisins, dont une boîte de nuit.

La Glasgow school of arts, une des plus anciennes institutions britanniques dédiées à l’art et au design, a été fondée en 1845 et a formé des artistes contemporains majeurs. Trois de ses anciens élèves ont récemment remporté le prix Turner: Simon Starling en 2005, Richard Wright en 2009 et Martin Boyce en 2011.

Son bâtiment emblématique a été construit entre 1897 et 1909.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juin 2018 11h48)

Pologne: un festival d’art poursuit en justice le ministère de la Culture

juin 7, 2018

Varsovie – Le Festival Malta a annoncé jeudi avoir porté plainte contre le gouvernement conservateur polonais pour le non versement d’une dotation, une sanction, selon les plaignants, motivée par la désignation à sa tête du metteur en scène croate controversé Oliver Frljic.

Il s’agit d’une somme de 300.000 zlotys (71.500 euros), soit quelques pour cent d’un budget de près de 100.000 euros que le ministère était tenu de verser pour la 27e édition de ce festival d’art contemporain organisé à Poznan, dans l’ouest de la Pologne, aux termes d’un accord sur trois ans passé en 2016.

Le festival, qui chaque année attire quelque 85.000 personnes, a alors fait appel aux dons pour combler ce manque. L’appel, baptisé Zostan Ministrem Kultury (Deviens ministre de la Culture en polonais), a été largement suivi par des personnes privées et des entreprises.

« Le festival Malta en soi n’était pas sur une liste noire du ministère de la culture. C’est Olivier Frljic qui y était après sa mise en scène provocatrice d’une pièce à Varsovie », a déclaré à l’AFP son directeur Michal Merczynski.

« Le ministère est en droit d’attribuer des aides financières selon ses propres critères mais ce qui nous a été attribué doit être payé. Nous ne pouvons pas accepter ce genre de mauvais précédent », a-t-il ajouté.

Frljic a fait scandale en Pologne avec son spectacle anticlérical « La Malédiction » dans lequel la statue du défunt pape Jean Paul II est pendue et affublée de la pancarte « défenseur des pédophiles ».

La mise en scène a suscité des protestations et des manifestations de représentants de l’extrême droite catholique en Pologne où ce pape polonais, canonisé en 2014, est vénéré par les catholiques.

Le ministre de la Culture Piotr Glinski a justifié son retrait de fonds au festival en argumentant qu’Oliver Frljic « provoquait des conflits profonds et des vagues de protestations » et qu’il « éloignait du théâtre une grande partie de la société ».

Des artistes, dont le compositeur Krzysztof Penderecki, les réalisatrices Agnieszka Holland et Malgorzata Szumowska, ou le groupe slovène Laibach ont mis aux enchères leurs oeuvres ou différents objets précieux, dans le cadre de la collecte de financements participatifs.

Créé en 1991, le Malta Festival s’est imposé comme l’un des événements phares de la scène culturelle en Pologne. D’abord consacré au théâtre d’avant garde, ce festival international réunit aujourd’hui des artistes du monde entier autour des différents arts de la scène.

Dans le domaine de la culture, depuis leur arrivée au pouvoir en 2015, les conservateurs accordent une place particulière aux sujets historiques liés à la Seconde guerre mondiale, mettant en exergue l’héroïsme des Polonais dans leur lutte contre les nazis et les communistes, privilégiant des artistes à perception conservatrice et catholique du monde.

Le réalisateur polonais Pawel Pawlikowski, Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes pour « Cold War », a évoqué l’existence de « listes noires » informelles d’artistes et d’oeuvres depuis l’arrivée au pouvoir du parti conservateur Droit et Justice, sur lesquelles figure son film « Ida », couronné par un Oscar en 2015

Reproche que le ministre Glinski a fermement rejeté en assurant qu' »il régnait en Pologne la plus complète liberté de création ».

Romandie.com avec(©AFP / 07 juin 2018 15h32)