Archive for the ‘Art’ Category

Passi : « Les artistes afro-urbains doivent beaucoup au Bisso Na Bisso »

juillet 3, 2022

À l’affiche du film « Le Prince », un drame social signé Lisa Bierwirth, le rappeur franco-congolais frappe par sa justesse dans le rôle d’un diamantaire sans papiers épris d’une Allemande. En parallèle, il continue de défendre la scène africaine avec ses acolytes Sarkodie et Akwaboah.

Passi, à Paris, le 10 juin 2022. © Nyima Marin pour JA

La silhouette est amaigrie, le visage, sans barbe. Oublions le rappeur à chaînette, casquette vissée sur la tête et baskets aux pieds. Oublions aussi les punchlines hardcore qu’il déversait avec le Ministère AMER, groupe culte des années 1990 fondé à Sarcelles, en banlieue parisienne. Pour ce rôle, Passi Balende a perdu environ 7 kg et enfilé un tout autre costume. Celui d’un acteur qui surprend par sa justesse et sa sobriété dans le film, tout aussi délicat, de la cinéaste allemande Lisa Bierwirth.

« Il fallait que l’on oublie Passi à l’écran », confirme le Franco-Congolais né à Brazzaville il y a quarante-neuf ans. Dans Le Prince, il trouve son premier vrai rôle en incarnant Joseph, un diamantaire congolais en attente de régularisation, embourbé dans des combines pour s’en sortir. Déambulant d’un maquis de Francfort à l’autre, il fait bientôt la rencontre de Monika, une galeriste allemande alors en pleine remise en question, personnelle comme professionnelle. Ils s’éprennent l’un de l’autre, alors que tout les oppose.

Un Congolais en Allemagne

Ce n’est pas la première fois que ce touche-à-tout, à qui l’on doit la réalisation de nombreux clips et documentaires musicaux, passe devant la caméra. Dès 2007, il joue un ex-taulard dans No Way!, un film qu’il coproduit, réalisé par l’Ivoirien Owell Brown. Puis il décroche quelques petits rôles à la télévision. Mais ce projet allemand a de quoi susciter la surprise.

« Cette histoire d’amour entre une Allemande et un Congolais m’a séduit, reconnaît Passi, pas mécontent de jouer dans un “film d’auteur” tandis qu’il sirote un mojito dans un hôtel parisien rococo. Je connaissais l’histoire de l’immigration congolaise en France, c’est la mienne, et en Belgique aussi bien sûr. Mais celle de l’Allemagne est plus confidentielle, je trouvais intéressant de la porter à l’écran à travers ces deux personnages. Et puis, j’aime la géopolitique », glisse ce fils d’une enseignante, arrivé en France à l’âge de 7 ans avec ses six frères et sœurs.

Investi, Passi a fait de nombreux aller-retours à Francfort pour repérer les lieux qui serviraient de décor au film, notamment le maquis dans lequel les deux protagonistes vivent une bonne partie de leur histoire. « C’est drôle car cet endroit s’appelle le Bisso Na Bisso Bar, mais Lisa s’est assurée que le nom n’apparaisse jamais à l’écran pour ne pas créer d’amalgame », insiste le créateur du collectif franco-congolais du même nom, qui signifie « entre nous » en lingala, élu meilleur groupe africain de l’année 1999. Une distinction remise par Nelson Mandela lors de la cérémonie des Kora Awards en Afrique du Sud, à une époque où MHD et son afro-trap n’existaient pas encore.

« On était de jeunes Afros en France, issus de la première génération de rappeurs, et on n’avait pas besoin d’aller chercher une crédibilité, se rappelle-t-il. On a voulu faire une musique qui nous ressemble en évitant de copier les rappeurs américains qui samplaient de vieux titres de soul. On a prouvé qu’on pouvait puiser dans notre patrimoine en samplant Miriam Makeba ou Koffi Olomidé et poser un rap dessus. La vague afro-urbaine française d’aujourd’hui doit beaucoup au Bisso. »

Diversité culturelle et créative

Si la double culture du rappeur nourrit sa musique, la France « black-blanc-beur » des années 1990 et le multiculturalisme de son quartier composé « de plus de 60 ethnies » influence sa manière de concevoir son travail. « Tout le monde arrivait à tirer profit des expériences des uns et des autres. On a grandi avec des Juifs autour de nous qui montaient des structures, des sociétés, et qui se levaient tôt pour aller vendre au marché. Tout le monde se bougeait, donc ça nous a donné envie de nous bouger aussi », décrypte celui qui a monté sa première association, AMER – pour Action, musique et rap –, à 15 ans seulement. Cette envie d’entreprendre et de créer n’a depuis jamais quitté ce bûcheur invétéré.

Plus de vingt ans se sont écoulés depuis Racines – premier album du Bisso vendu à environ 200 000 exemplaires qui fera bientôt l’objet d’une édition numérique. Mais, entre-temps, le boss n’a pas chômé. Il est pendant près de cinq ans directeur de label, développant ainsi le rappeur français ALP et quelques groupes ivoiriens, producteur de sept compilations estampillées Dis l’heure (de Rimes en 2009 à Afro pop en 2019), auxquelles Papa Wemba a plusieurs fois participé. Il réalise aussi une tournée mastodonte dans plusieurs Zénith de France pour les 20 ans du Secteur Ä, son collectif de hip-hop créé avec les anciens membres du Ministère AMER, qui compte son camarade de la première heure, Stomy Bugsy. « Avec le Bisso comme avec le Secteur Ä, on a des liens familiaux, de quartier ou d’amitié. Il n’a jamais été question de business. Quand on décide de faire une tournée ou un nouveau projet ensemble, c’est parce qu’on se voit au baptême de l’un, à l’anniversaire de l’autre ou encore au concert d’un autre. »

Du Congo au Ghana

Passant de l’ombre à la lumière sans jamais perdre son objectif de vue (créer des ponts entre l’Afrique et la France), c’est donc naturellement que Passi collabore aujourd’hui avec des artistes ghanéens comme Sarkodie et Akwaboah en se frottant à la dernière tendance musicale du moment, l’amapiano. Il dévoilera un album de cinq titres sobrement intitulé Afro le 2 septembre – un projet qui s’inscrit dans la continuité du concert donné à Accra à la fin de 2021 qu’il a exporté en France en mars dernier sous la bannière « Accra in Paris » – avant de dévoiler son septième album solo courant 2023.

« Ce sera mon dernier vrai album », avance-t-il, sans doute conscient que l’industrie de la musique a changé. « La génération d’aujourd’hui, c’est le rap d’Instagram, rigole-t-il. Elle veut faire de l’argent. Elle maîtrise les outils, poste des photos et fait des millions de vue, observe celui qui avoue avoir loupé le coche de l’économie du streaming. Cela traduit un grand changement dans la société, qui s’appauvrit en idées et veut juste gagner du blé. L’économie passe avant la culture et le fond », regrette-t-il.

Si Passi compte ralentir le rythme côté musique, le grand frère du rap français a encore de l’endurance. Alors qu’il confiait à Jeune Afrique en 2013 vouloir réaliser un film entre la France et le Congo, il voit enfin son rêve se concrétiser et travaille sur une comédie autour de la sape, avec le producteur Claude Fenioux et le réalisateur Gilles Porte. « Le Congo offre une diversité de paysages incroyable. Tourner là-bas est une façon de faire la promotion du pays », défend celui qui n’est pas près de rompre le lien avec son pays natal.

Avec Jeune Afrique par Eva Sauphie

Bourses internationales de la Nouvelle Académie des beaux-arts en Italie 2022

juillet 1, 2022

Date limite : 30 juillet 2022

Étudier en : Italie

Prestataire : Nouvelle Académie des Beaux-Arts

Niveau d’études : masters, PhD, postgraduate

Sujets : matières offertes par l’université

Types de financement : bourses partielles

Aperçu des bourses d’études

Pour attirer les étudiants internationaux talentueux en Italie, la New Academy of Fine Arts offre les bourses d’études ayant pour base le portefeuille pour les programmes de maîtrise en arts de deux ans pour l’année universitaire 2022-2023. La bourse vise à soutenir les jeunes gens très motivés et innovants qui souhaitent entreprendre un programme de maîtrise des arts et de maîtrise universitaire.

La New Academy of Fine Arts, également connue sous le nom de Naba, est une académie privée de beaux-arts située à Milan, en Lombardie, dans le nord de l’Italie. Elle compte environ 3 000 étudiants, dont certains viennent de l’étranger, et propose divers programmes diplômants.

Avantages de la bourse d’études

La New Academy of Fine Arts fournira des fonds d’éducation aux candidats retenus pour leur permettre de terminer leurs études en Italie.

Admissibilité des bourses d’études

Pays éligibles : toutes les nationalités sont éligibles pour cette bourse d’études internationale de la New Academy of Fine Arts.

Cours ou matières éligibles : programmes de master of arts et de masters académiques offerts par l’université.

Critères d’éligibilité : pour être éligibles, les candidats doivent répondre à tous les critères, à savoir s’inscrire à des programmes de master of arts et de masters académiques ; être des étudiants internationaux.

Comment postuler ?

Pour postuler, les demandeurs doivent s’inscrire via le portail de l’université pour le programme de diplôme de troisième cycle.

Documents justificatifs : les étudiants doivent soumettre un curriculum vitae ; une copie de la page photo de leur passeport ; une copie de leur diplôme de licence/diplôme universitaire (en anglais) ; les relevés de notes complets des études précédentes, traduits en anglais, indiquant les matières et les examens ; le portefeuille de projets ; tâches spécifiques de candidature pour le master en publicité créative ; lettre de motivation.

Conditions d’admission : les étudiants doivent être titulaires d’un certificat d’études antérieures avec des notes pertinentes.

Exigences linguistiques

Les étudiants doivent présenter les résultats des tests de compétence linguistique en anglais suivants : certificat de langue (italien ou anglais, selon le programme choisi : niveau B1 CEFR ou IELTS 5.0 Academic).

Postulez sur le site de l’université dès maintenant !

Avec Adiac-Congo par LDBC

Exposition : « Femmes peintres de l’AIAP avec Rhode Bath-Schéba Makoumbou »

juin 27, 2022

L’AIAP (Atelier international d’artistes plasticiens) présente cet été une exposition rassemblant les femmes peintres de par le monde, autour de Rhode Bath-Schéba Makoumbou, femme peintre et sculptrice d’Afrique.

Exposition  Femmes peintres de l’AIAP avec Rhode Makoumbou, juillet-août 2022, France

L’ exposition « Femmes peintres de l’AIAP » avec Rhode Makoumbou, juillet-août 2022, France

Autour de Rhode Bath-Schéba Makoumbou, du 12 juillet, jour du vernissage à 19h, au 15 août, à Gentioux-Pigerolles, dans le département de la Creuse, en France, seront exposées les œuvres de la Bulgare Miriam Savora; l’Iranienne Rada Rainyar; les Françaises Martine Biasotto, Martine Brodzki, Hélène Daguano, Irène Morgadinho, Véronique Pastor, Hélène Ségard, Jackie Soloy-Guiet, Xuan Vo, Catherine Zgoreeki; les Polonaises Jana Jaronim, Kinga Piwowarczyk; les Roumaines Timéa Don, Alexandra Gutu, Georgiana Ianeu, Liliana Mereioiu, Mina Miranda et Pusha Petrov.

Pour Richard Marcziniak, président de l’AIAP, en invitant Rhode Bath-Schéba Makoumbou à exposer avec l’AIAP, il s’agit d’élargir l’horizon vers le continent africain. « Cet été, nous innovons donc doublement, d’une part en mettant en avant les femmes peintres et sculptrices avec lesquelles l’AIAP a travaillé ces quatorze dernières années et, d’autre part, en honorant une artiste africaine reconnue internationalement », a-t-il expliqué.

L’AIAP poursuit un travail engagé depuis 2009 à Gentioux-Pigerolles, dans la région du Limousin, en France, où les échanges humains et artistiques prédominent. L’atelier d’artistes a comme objectif la rencontre de l’art et l’art de la rencontre, faire que les citoyens puissent découvrir et aimer l’art des artistes des différents pays qui sont invités, au point de les mettre en relation et en situation de partager, estime Richard Marcziniak.

Rhode Bath-Schéba Makoumbou est originaire de la République du Congo. À travers ses œuvres, ce sont surtout les activités sociales de la femme africaine qui sont mises en valeur. Certaines ont plus de trois mètres de haut ! Sa dernière œuvre importante en 2018 a été la réalisation de la sculpture de Patrice Lumumba qui a été présentée à Bozar et au Kaaitheater, à Bruxelles. Elle a un atelier dans cette ville, en Belgique, mais elle continue parallèlement à travailler à Brazzaville un ou deux mois par an.

Au mois d’août 2021, elle a ouvert un nouveau lieu culturel à Brazzaville. C’est une galerie-bar qui s’intitule « l’Espace-Mak ».

Informations pratiques :

Gentioux-Pigerolles :

Préau de l’école, bibliothèque municipale

lundi 16h45-18h et mercredi 14h30-17h, la Renouée

Heures d’ouverture de ces lieux et/ou sur réservation à la Mairie

Tél : 05 55 67 90 14

Infos : 00 33 674 64 05 58

Mail ; r.marcziniak@laposte.net

Site web : www.rhodemakoumbou.eu

Adresse : Belgique : Rue d’Alsace-Lorraine, 14. 1050 Bruxelles.

Congo : 1, rue Moundossa Tsiolo (Mansimou – OMS). Brazzaville.

Tél. : +32 (0)477.35.18.14

Email : rhodemakoumbou.eu@skynet.be

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Côte d’Ivoire : Abobo à l’heure de l’art pour tous

juin 25, 2022

Unique en son genre dans le pays, le Musée des cultures contemporaines Adama Toungara, MuCAT, met en lumière les artistes ivoiriens. Et réussit son pari : les habitants de la commune abidjanaise se le sont approprié.

« Cercles de vies », de l’artiste Jems Robert Koko Bi, est la première acquisition du musée. © Issam Zejly pour JA

La cohue du rond-point de la Mairie-d’Abobo, l’une des communes les plus peuplées du district d’Abidjan, a fait place depuis la mi-janvier à un énorme chantier. Des ouvriers s’activent à construire un échangeur, qui fait partie du Plan d’urgence pour la commune d’Abobo (Puca), engagé en 2017 par l’ancien Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Depuis, plusieurs projets d’infrastructures, d’aménagement et de sécurisation ont été programmés pour redynamiser la commune et redorer son image.

Autour du même rond-point, en face de la mairie, un bâtiment gris foncé tranche avec les lieux. Sur sa façade, une inscription en lettres blanches : Musée des cultures contemporaines Adama-Toungara (MuCAT). Bâti sur une superficie de 3 500 met imaginé par l’architecte ivoirien Issa Diabaté, le MuCAT porte bien la marque de fabrique de son concepteur : un intérieur épuré, une lumière et une aération naturelles – grâce à des ouvertures et de grandes surfaces vitrées –, et de la verdure.

Tordre le cou aux préjugés

Dès le hall d’entrée, le visiteur est accueilli par l’imposante sculpture Les Trois Âges de la Côte d’Ivoire, créée en 1972 par le plasticien Christian Lattier. C’est tout un symbole. Après avoir été retirée de l’aéroport Félix-Houphouët-Boigny en 2001, au moment de ses travaux de rénovation, cette œuvre ne sera installée au MuCAT qu’en 2021, après sa restauration, à laquelle a contribué la fondation Toungara pour l’art et la culture.À LIREEn Côte d’Ivoire, une nouvelle génération d’artistes contemporains

Ouvert en mars 2020, le Mucat est un établissement privé, membre du Conseil international des musées. C’est aussi le premier établissement entièrement consacré à l’art contemporain en Côte d’Ivoire. Son fondateur, Adama Toungara, est un collectionneur d’art et un poids lourd de la scène politique. Conseiller spécial de Félix Houphouët-Boigny entre 1981 et 1993, il a également avisé Alassane Ouattara. Premier patron de Petroci et de la Société ivoirienne de raffinage, puis ministre du Pétrole et de l’Énergie (2011-2017), il est le médiateur de la République depuis avril 2018. Surtout, il a été le maire de la commune d’Abobo pendant plus de quinze ans, de 2001 à 2017, et dit avoir créé le MuCAT pour permettre à la population de la commune d’accéder à la culture et pour tordre le cou aux préjugés. Pour donner une meilleure image d’Abobo.

« Quand les gens n’y sont pas entrés, ils s’interrogent sur l’utilité d’un musée à Abobo et se demandent s’il ne fallait pas plutôt mettre en place une activité industrielle, raconte Fodé Sylla, le directeur adjoint des services culturels et artistiques du MuCAT. Mais dès qu’ils franchissent la barrière, ils se rendent compte de l’importance d’avoir ce bâtiment dans la commune, car, en plus du musée, il y a une bibliothèque, une médiathèque et une salle de conférence, qui accueille des formations et des assemblées générales d’associations. »

La sculpture "Ethiopian", de Carine Mansan, est exposée dans le cadre de "Memoria : récits d’une autre histoire". © Issam Zejly pour JA
La sculpture « Ethiopian », de Carine Mansan, est exposée dans le cadre de « Memoria : récits d’une autre histoire ». © Issam Zejly pour JA

Depuis son ouverture, avec l’exposition itinérante panafricaine « Prête-moi ton rêve », le MuCAT a fait des Abobolais sa cible de prédilection en mettant en place des activités autour des expositions (théâtre, lectures de contes, performances d’artistes…) avec des établissements scolaires et les associations locales. « L’idée est de faciliter la compréhension de l’art contemporain par le grand public et d’essayer de lui transmettre certains codes », poursuit Fodé Sylla. Résultat : 60 % des visiteurs sont des habitants de la commune, et les riverains se sont, eux aussi, appropriés le musée – leur association a organisé une activité au cours de laquelle ils ont nettoyé le bâtiment et ses alentours.

18 000 visiteurs en 2021

S’il a dû fermer quelques jours après son inauguration à cause de la pandémie de Covid-19, depuis sa réouverture, en août 2020, le Mucat propose des expositions variées. Du 10 juillet au 5 septembre 2021, il a organisé l’exposition « Abidjan Street Act, de la rue au MuCAT », qui mettait en lumière une quinzaine de graffeurs, peintres et plasticiens abidjanais. On pouvait y voir notamment des œuvres de l’artiste Obou Gbais, dont certaines fresques ornent des façades de bâtiments d’Abobo dans le cadre de l’opération Abobo ê zo (« Abobo est beau »), lancée en juillet 2020 par Hamed Bakayoko, alors maire de la commune. En 2021, le musée a accueilli près de 18 000 visiteurs.À LIRECôte d’Ivoire : Cécile Fakhoury, l’art et la méthode

Depuis le début d’avril et jusqu’au 21 août prochain, les visiteurs peuvent voir gratuitement « Memoria : récits d’une autre Histoire » dans la grande salle d’exposition du musée. Initialement présentée à Bordeaux de février à novembre 2021, l’exposition faisait partie du « focus femmes » de la saison culturelle Africa2020. Au MuCAT, elle s’est enrichie du travail de six artistes ivoiriennes : Joana Choumali, Lafalaise Dion, Carine Mansan, Marie-Claire Messouma Manlanbien, Rachel Marsil et Valérie Oka. Elles s’expriment à travers des performances vidéo, sculptures, peintures, broderies, dessins, etc.

La médiathèque du MuCAT, en mai 2022. © Issam Zejly pour JA.
La médiathèque du MuCAT, en mai 2022. © Issam Zejly pour JA.

Pour l’heure, le musée n’a pas de collection permanente. Mais il vient de faire sa première acquisition : un ensemble de sculptures de l’artiste gouro Jems Robert Koko Bi a été installé dans l’un des jardins. Également placé dans la cour, en face de la cafétéria, un gbaka (« minibus ») sert de lieux d’expression pour les graffeurs, régulièrement invités pour des performances.

Avec jeune Afrique par Aïssatou Diallo – À Abidjan

Art : Baudoin Mouanda invente « la ligne 242 » du métro parisien !

juin 23, 2022

Ce serait dommage que le ministère de la Culture et des Arts rate le dernier métro car il faudra bien un jour qu’on élève Baudouin Mouanda au rang d’ambassadeur du 242, tant le photographe répand l’image de son pays natal aux quatre coins du globe. 

Baudoin Mouanda

Le Congo ainsi que la Société des ambianceurs et  des personnes élégantes (Sape) s’affichent en grand dans les couloirs du métropolitain parisien ! Dans les stations de métro  Hôtel de ville, La Chapelle, Saint Denis, Gare de Lyon, Pyramides, Madeleine  ou encore dans celles du RER A, à Nation et Nogent sur Marne,  Baudoin Mouanda « Rêve aller et retour », sur plusieurs dizaines de mètres,  en réponse d’un appel lancé en 2017 par les Ateliers Médicis,  le ministère français de la Culture  et le Centre national des arts plastiques, dans le cadre du projet « Regard du Grand Paris » et c’est grandiose !  Vraiment ! Fruit d’un travail, « Le sapeur de Bacongo », déjà amorcé à Brazzaville,  « Rêve aller et retour » met en lumière souterraine  la Sape du 242 hissant le drapeau vert, jaune, rouge au plus haut.  Ici c’est Paris, Ici c’est Brazza, ici c’est Mouanda !

«  Signe du destin, c’est justement à Paris, en 2007, en croisant quatre jeunes sapeurs qui faisaient le show dans le métro sous les applaudissements de toute la rame, que j’ai mesuré le fort impact de la sapologie à Paris. De là  est venu  mon concept  « Rêve aller retour « , parce que lorsque tu rentres au pays, il y a toujours cette même idée de paraître.   Je me suis imprégné bien plus tard de leur univers en y ajoutant une touche décalée dans la mise en scène de mes clichés »,  nous dit Baudoin qui aura donc sillonné l’Ile de France avec son objectif pour y saisir de somptueux clichés.

Coup gagnant, comme à son habitude, pourrait-on  dire!  Le photographe brazzavillois figure, en effet, parmi les trente-huit artistes retenus pour l’exposition « Regards du Grand Paris », du 24 juin au 23 octobre 2022, aux Magasins généraux. Une exposition unique en son genre qui se prolongera au Musée du Carnavalet – Histoire de Paris. Les photographies apparaîtront également  dans de très nombreux endroits franciliens – la liste est longue – allant du Centre Pompidou  au Centre national de la danse  en passant par les aéroports Charles-de-Gaulle-Paris et Orly.  Et, comme si cela ne suffisait pas, on notera que Baudouin Mouanda recevra, par ailleurs, le prix Roger-Pic, créé en 1993 par le grand reporter et militant du droit d’auteur Roger Pic, du concours national de photographie organisé par la Société civile des auteurs multimédia.  

Avec Adiac-Congo par Philippe Edouard

Canada-Québec: Karim Ouellet est mort d’un diabète non traité, deux mois avant la découverte de son corps

juin 22, 2022
Un homme est sur scène avec une guitare.

Karim Ouellet sur scène à Québec en 2016 Photo : AFP via Getty Images/Florence Cassisi

L’artiste Karim Ouellet, dont le corps a été trouvé dans un studio de musique de Québec le 17 janvier dernier, est décédé d’une acidocétose diabétique « dans un contexte de consommation de méthamphétamine », selon le rapport d’investigation de la coroner dévoilé mercredi, qui établit au 15 novembre 2021 la date de sa mort présumée.

Dans son rapport, la coroner Sophie Régnière explique que Karim Ouellet, qui avait été vu la dernière fois en novembre par des locataires de l’immeuble où se trouvait son studio de musique, a été découvert en début de momification le 17 janvier en soirée à la suite de plaintes pour une odeur nauséabonde émanant du studio dont la porte n’était pas verrouillée.

Aucune trace de violence ou d’effraction n’a été constatée par la police et la coroner conclut à une mort naturelle.

Un diabète depuis longtemps mal accepté

Karim Ouellet était atteint du diabète de type 1 et la concentration élevée de corps cétoniques dans son sang suggère la survenue d’une acidocétose diabétique. Cette complication survient quand le diabète est mal ou non contrôlé.

Selon le rapport, l’artiste avait déjà été hospitalisé à 17 ans, car il refusait de prendre de l’insuline pour traiter son diabète. Il acceptait mal sa maladie.

En mai 2020, il a été hospitalisé deux fois pour une acidocétose diabétique, car il ne traitait pas son diabète pour des raisons qu’il peinait à expliquer aux médecins.

Le 31 octobre 2021, soit une quinzaine de jours avant sa mort, il avait été de nouveau hospitalisé à Québec en état d’hyperglycémie sévère et d’intoxication après avoir été trouvé inconscient. Malgré l’insistance de l’équipe médicale, il a quitté l’hôpital après avoir signé un refus de traitement.

L'auteur-compositeur-interprète Karim Ouellet, au micro de René Homier-Roy.

L’auteur-compositeur-interprète Karim Ouellet serait mort autour du 15 novembre 2021, selon les estimations de la coroner. Photo : Gabrielle Thibault-Delorme

Consommation de cocaïne et de méthamphétamine

Le rapport précise également que la police a trouvé, le 17 janvier dernier, de la cocaïne dans le studio de musique, mais les analyses effectuées n’ont décelé aucune trace de cette drogue dans l’organisme de Karim Ouellet. Toutefois, les analyses ont révélé la présence de méthamphétamine.

La coroner indique que Karim Ouellet avait commencé à consommer de la cocaïne en 2019 et qu’il était rapidement devenu dépendant à cette drogue, ce qui l’amenait à négliger sa prise régulière d’insuline.

Lors de son hospitalisation en mai 2020, un diagnostic de troubles de comportement sévère en lien avec son trouble de l’usage de substance avait été posé ainsi que de psychose toxique probable, ce qui désigne une psychose induite par la consommation de drogues.

Avec Radio-Canada

L’acteur français Jean-Louis Trintignant s’est éteint à 91 ans

juin 17, 2022
Un homme porte une veste noire et une chemise blanche.

Jean-Louis Trintignant au festival de Cannes en 2017 Photo : Getty Images/Pascale Le Segretain

Figure incontournable du cinéma et du théâtre français, l’acteur Jean-Louis Trintignant est décédé vendredi à l’âge de 91 ans, a annoncé à l’AFP son épouse Marianne Hoepfner Trintignant par l’intermédiaire d’un communiqué transmis par son agent.

Il est mort paisiblement, de vieillesse, ce matin, chez lui, dans le Gard, entouré de ses proches, a précisé son épouse.

En près de 70 ans de carrière, il a notamment joué dans Et Dieu… créa la femme, avec Brigitte Bardot en 1956, et dans dans Amour, un film réalisé par Michael Haneke en 2012 et lauréat de nombreux prix. 

Sa vie personnelle a été marquée par un drame : la mort de sa fille Marie Trintignant, tuée en 2003 par son conjoint Bertrand Cantat, du groupe de musique Noir Désir.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

Guerre en Ukraine : des œuvres d’art exfiltrées par des pilleurs russes

juin 12, 2022

D’après le « Guardian », un groupe de pilleurs aurait volé de précieux objets en or scythe en Ukraine pour les rapatrier illégalement en Russie.

Un fragment de pectoral dore datant du IVe siecle. Collection du Musee des tresors historiques de Kiev. (illustration)
Un fragment de pectoral doré datant du IVe siècle. Collection du Musée des trésors historiques de Kiev. (illustration)
 © SPUTNIK / Sputnik / Sputnik via AFP

Les forcées armées russes sont accusées d’avoir volé des œuvres d’art en Ukraine. Une équipe internationale de chercheurs en Virginie (États-Unis) a entrepris de remonter ces réseaux criminels entre l’Ukraine et la Russie. D’après ses constatations, des contrebandiers se seraient organisés pour exfiltrer de précieuses collections d’art et d’or. « Il existe maintenant des preuves très solides qu’il s’agit d’un mouvement russe délibéré, avec des peintures et des ornements spécifiques ciblés et emmenés en Russie », a affirmé Brian Daniels, un anthropologue travaillant avec des archéologues, des historiens et des spécialistes de l’imagerie numérique, auprès du Guardian.

Selon cette cellule de chercheurs, les pilleurs russes viseraient particulièrement l’or scythe. Leur valeur monétaire ne serait d’ailleurs pas leur intérêt premier. Voler ces trésors cachés serait un moyen pour les soldats russes de « porter atteinte à l’identité de l’Ukraine », en tant que pays indépendant, selon Brian Daniels. Une manière de priver le peuple ukrainien d’un patrimoine historique constitutif de son histoire. « Ces objets sont visuellement époustouflants, et il y a maintenant tellement de cas rapportés de vols qu’il est évident qu’il s’agit d’une stratégie », a supposé le chercheur américain auprès du Guardian.

Des pillages à Marioupol

Alors que l’invasion russe ravage l’Ukraine depuis le 24 février, plusieurs cas de pillages de musées ont été dénoncés par les autorités ukrainiennes. À titre d’exemple, plus de 2 000 pièces des musées de Marioupol, dont des monnaies rares et artefacts en or scythe, auraient notamment été pillées et acheminées dans le Donbass, dans la « république » autoproclamée de Donetsk. Comme le relate le Guardian, les troupes russes ont fait main basse sur plusieurs œuvres originales datées du XIXe siècle, dont un unique manuscrit de la Torah et un Évangile de 1811.

Par Le Point avec AFP

Qatar : la statue du « coup de tête » de Zidane de retour au musée

juin 6, 2022

La statue géante de bronze va être réinstallée dans un musée à Doha. Elle avait été retirée après une campagne dénonçant une idolâtrie interdite par l’islam.

La statue du « coup de de tête » de Zinedine Zidane, exposée à Doha en 2013

Retirée en 2013, moins d’un mois après son installation en bord de mer dans le centre de Doha, la statue géante de Zinédine Zidane adressant un « coup de tête » à Marco Materazzi en finale du Mondial 2006 sera réinstallée au nouveau musée du Sport, a annoncé une responsable lundi. Cette statue de bronze, de plus de cinq mètres de hauteur et de plusieurs tonnes, est l’œuvre de l’artiste français Adel Abdessemed. Elle avait été achetée par l’Autorité des musées du Qatar dans le cadre des préparatifs de la Coupe du monde de football organisée du 21 novembre au 18 décembre 2022. Cette représentation du footballeur français s’était retrouvée au cœur d’une campagne dénonçant une idolâtrie interdite par l’islam, avant d’être retirée.

« On avait l’impression qu’elle n’était pas au bon endroit et elle va être réinstallée. Nous prévoyons de le faire au 3-2-1 Qatar Olympic and Sports Museum » qui a ouvert fin mars, a déclaré la présidente des musées du Qatar, cheikha Al Mayassa AlThani, sans donner de date précise. « Avec la sculpture de Zinédine Zidane, nous parlerons du stress chez les athlètes lors des grands tournois et de l’importance de parler des questions de santé mentale », a précisé cheikha Al Mayassa, lors d’une conférence de presse.

« L’art, comme toute autre chose, est une histoire de goût », a-t-elle estimé, ajoutant que « les sociétés évoluent ». « Les gens, a-t-elle ajouté, peuvent commencer par critiquer une chose avant de la comprendre et de s’y faire. » Quatorze sculptures géantes en bronze de l’artiste britannique Damien Hirst, représentant les étapes de la croissance d’un fœtus de la fécondation à la naissance, avaient dû rester couvertes devant un hôpital en construction au Qatar entre 2013 et 2018. Le calendrier culturel de l’émirat prévoit, entre autres choses, une exposition consacrée au football au musée du Sport à partir d’octobre. Le musée des Arts islamiques, rénové, doit aussi rouvrir ses portes en octobre.

Par Le Point avec AFP

Égypte : cinq antiquités potentiellement volées saisies à New York

juin 6, 2022
Cinq fragments de lin peints représentant une scène du Livre de l’Exode, daté entre 250 et 450 avant JC, évalué à 1,6 millions de dollars. © Handout / Supreme Court of the State of New York / AFP

La justice new-yorkaise a saisi, le 2 juin, cinq pièces égyptiennes en possession du prestigieux Metropolitan Museum de New York mais potentiellement issues d’un pillage. Les services du procureur de Manhattan confirment qu’il s’agit d’un nouveau développement de l’enquête menée à Paris sur un trafic d’antiquités impliquant l’ancien patron du Louvre, Jean-Luc Martinez.

Scène du Livre de l’Exode

D’après un document judiciaire obtenu par l’AFP, une juge de la Cour suprême de l’État de New York a ordonné le 19 mai la saisie de ces cinq antiquités, dont le portrait funéraire d’une femme daté des années 54 à 68 après J.-C., d’une valeur d’environ 1,2 million de dollars, et un groupe de cinq fragments de lin peints représentant une scène du Livre de l’Exode, daté entre 250 et 450 avant J.-C., évalué à 1,6 millions de dollars. Le site The Art Newspaper, qui a révélé l’information, ajoute que les cinq pièces ont été achetées entre 2013 et 2015 par le Met Museum de New York.

Portrait funéraire d'une femme daté des années 54 à 68 après J.-C., d'une valeur d'environ 1,2 million de dollars © Handout / Supreme Court of the State of New York / AFP
Portrait funéraire d’une femme daté des années 54 à 68 après J.-C., d’une valeur d’environ 1,2 million de dollars © Handout / Supreme Court of the State of New York / AFP

Les enquêteurs précisent également que le portrait, de même que les fragments, auraient été acquis lors d’une vente aux enchères à Paris et que l’un des experts ayant garanti l’origine de ces objets fait lui aussi l’objet d’une enquête.

Sarcophage subtilisé

À Paris, les autorités cherchent à établir si, parmi des centaines de pièces pillées pendant les Printemps arabes dans plusieurs pays du Proche et Moyen-Orient, certaines ont été acquises par le Louvre Abou Dhabi. Plusieurs des protagonistes inculpés, dont le propriétaire d’une galerie à Hambourg, le marchand d’art germano-libanais Roben Dib, placé en détention provisoire par la justice française, sont aussi impliqués dans la vente du sarcophage au Met Museum, selon un rapport de 2019 du bureau du procureur de Manhattan.

Pour l’heure, le musée new-yorkais se contente de renvoyer à une précédente déclaration où il se disait « victime d’une organisation criminelle internationale » et assure « coopérer » avec les autorités. En 2019, le Met avait déjà rendu à l’Égypte un sarcophage doré qu’il avait acheté en 2017 mais qui, à l’issue d’une enquête menée par le département en charge du trafic d’antiquités du bureau du procureur de New York, s’était avéré avoir été volé en 2011, en plein tumulte révolutionnaire dans ce pays.

Le musée avait alors dû brutalement interrompre une exposition consacrée à ce cercueil fabriqué pour Nedjemankh, prêtre du dieu à tête de bélier Heryshef. Sa direction avait présenté ses excuses et s’était engagée à améliorer le processus suivi lors des acquisitions d’objets anciens.

Par Jeune Afrique avec AFP