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Congo-Festival tuSeo 2022 : une formation en stand-up au profit des artistes nationaux

septembre 14, 2022

A l’orée de la quinzième édition du festival d’humour « tuSeo » qui se déroulera en octobre à l’Institut français du Congo, le comité d’organisation invite les artistes congolais à postuler pour une formation en stand-up.

L’affiche de candidature/DR

Organisé sur le thème « Professionnalisons le stand-up », l’atelier de formation s’adresse spécialement aux humoristes, conteurs, comédiens passionnés ou évoluant dans le domaine du spectacle du rire. L’objectif de cette initiative est d’outiller les participants à l’écriture d’un texte pour la scène. Ce, dans la mesure où de nombreux artistes, quoiqu’ayant une carrière professionnelle prolifique, se butent quelques fois à cet exercice. Comme le soulignent les organisateurs, « cet atelier offert par l’Institut français du Congo et le festival tuSeo est un moyen de maîtriser des techniques d’écriture collectives pour écrire des sketchs et des textes de stand-up ». Par ailleurs, cette formation entend contribuer à la découverte de jeunes talents et soutenir des artistes en leur offrant la possibilité d’évoluer artistiquement, tant sur le plan national qu’international.

Les candidatures à cet atelier de professionnalisation au stand-up sont ouvertes jusqu’au 15 octobre au service de la communication de l’Institut français du Congo. La formation sera donnée par l’artiste franco-camerounais Saïdou Abatcha, invité spécial de cette quinzième édition du festival tuSeo. Des observations du monde contemporain au détournement des dons humanitaires, en passant par les dictatures, l’industrie envahissante… Saïdou Abatcha est un puits sans fond de proverbes africains assez hilarants et pleins de sagesse. Avec son parcours riche et inspirant, ce conteur-humoriste, magicien du langage, livrera aux participants son expertise et ses secrets professionnels qui lui ont, entre autres, permis dans la plupart de ses spectacles d’accrocher le public en toute finesse.

Notons qu’au terme de la formation les participants auront l’opportunité de restituer leur apprentissage en présentant des spectacles au cours de la tenue du festival tuSeo, prévu du 27 au 29 octobre à l’Institut français du Congo.

Avec Adiac-Congo par Merveille Atipo

William Klein, mort d’un visionnaire

septembre 12, 2022

Le photographe américain est décédé à l’âge de 96 ans. Son œuvre englobe à la fois peintures, photos et films. Toujours d’une incroyable modernité.

William Klein, en 2007.
William Klein, en 2007.© SAKIS MITROLIDIS / AFP

Il avait le chic pour brouiller les pistes ; excellait dans l’art de rebattre les cartes. Notamment entre réel et imaginaire. William Klein n’avait pas son pareil pour transmuer le quotidien en matériau magique. Il transformait des scènes de vie les plus banales en moments de rêverie pure. Son chef-d’œuvre, Qui êtes-vous, Polly Magoo ? en est la parfaite illustration. Dans ce film onirique, sorti en 1966, Dorothy McGowan, joue le rôle d’un top-modèle repéré dans la foule, lors d’un concert des Beatles (emprunt au réel : c’est dans ces circonstances précises que la jeune femme se vit proposer un contrat de mannequinat). Le prince d’un royaume d’opérette (incarné par Sami Frey) s’éprend éperdument d’elle. Mais est-elle vraiment la femme sur lequel il fantasmait dans des magazines au papier glacé ? Conte de fées moderne, ce long-métrage est à la fois une allusion voilée à l’histoire d’amour entre Grace Kelly et le prince Rainier de Monaco. Mais aussi une critique féroce de cette « société du spectacle » que dénoncerait, un an plus tard, Guy Debord dans un essai fameux.

Tour à tour peintre, photographe et réalisateur d’une vingtaine de films, tantôt de fiction, tantôt documentaires, William Klein, décédé le 10 septembre à Paris, avait, comme son ami Chris Marker, une qualité rare. Il était visionnaire. Ses films, en forme de paraboles, en témoignent. En 1969, son Mr Freedom prenait la forme d’une comédie déjantée moquant le bras de fer, sur fond de guerre froide, entre deux super-héros : l’un américain (Mister Freedom, donc), l’autre russe (Moujik Man). Ces deux personnages ignorant que la véritable menace vient d’un troisième protagoniste, un dragon surnommé « Red China Man ». Sept ans plus tard, William Klein signait un autre film d’anticipation avec Le Couple témoin. Là encore, la farce dissimulait une prophétie puisqu’André Dussollier et Anémone jouent le rôle de deux cobayes scrutés par des équipes de scientifiques sans scrupule, dans le cadre d’une étude commandée par un sinistre ministère dit « de l’Avenir ». Là encore, l’humour enveloppait une dénonciation cinglante des instituts de sondage de l’époque pompidolienne désireux de saisir, par le biais de statistiques, les évolutions de la société. Cette intrigue prend aujourd’hui, où les algorithmes des géants

Un Paris déterminant

« Qui êtes-vous, Polly Magoo ? », 1965.© Club des Producteurs / Collection Christophel

William Klein était né à New York le 19 avril 1928 dans une famille d’immigrés hongrois. « Mon grand-père avait traversé l’Atlantique. Il était tailleur et incarnait le rêve américain. Parti de rien, il avait si bien réussi qu’il était parvenu à s’offrir une voiture décapotable. Voiture dans laquelle il devait d’ailleurs trouver la mort, au cours d’un accident de la route. Mon père, en revanche, a dilapidé la fortune familiale », résumait William Klein. Enfant précoce, il s’était beaucoup cherché, tâtant d’abord d’études de sociologie, de psychologie et de littérature au prestigieux City College de Harlem, avant de se consacrer à la peinture et, un temps, à l’architecture. Pendant son service militaire, il avait travaillé comme opérateur-radio en Allemagne puis en France. Sa découverte de Paris avait été déterminante. C’est là qu’il était devenu photographe de mode par hasard. « Un jour, j’ai gagné un appareil photo au poker. C’était un vieux Rolleiflex. Je l’ai essayé dans les rues et ça a été une révélation », racontait-il.

À la Sorbonne, où il avait suivi, en auditeur libre, des cours de sociologie, il avait rencontré le peintre Ellsworth Kelly de cinq ans son aîné. Mais aussi sa future femme : Jeanne Florin. William Klein qui fréquentait, aussi, le peintre Fernand Léger s’était risqué, sur ses conseils, à la photo abstraite. Il avait commencé par des clichés d’architecture où il s’évertuait à souligner les motifs géométriques des bâtiments. Il avait ensuite arpenté les musées et galeries d’art tentant d’introduire du mouvement dans les tableaux qu’il flashait, en bougeant au moment où il déclenchait et en s’arrangeant pour que le temps de pause soit suffisamment lent pour instiller un flou volontaire à ses images.

La série new-yorkaise

En 1951, le metteur en scène italien Giorgio Strehler repère ces curieux clichés, aux faux airs de Miró, et lui propose de les exposer dans le hall du Piccolo Teatro de Milan. William Klein a 23 ans. L’architecte et designer Angelo Mangiarotti tombe en arrêt devant ses motifs dansants. Klein se retrouve publié dans la revue Domus. Il est lancé. L’un des abonnées de ce titre, créé par Gio Ponti, s’appelle en effet Alexander Liberman. Il sera son Pygmalion. Directeur du magazine Vogue, il a fait de ce magazine un véritable laboratoire, faisant émerger une nouvelle génération de photographes de mode, dont font partie Lee Miller, Irving Penn ou encore Richard Avedon. Il embauche Klein.

Le tempérament « révolutionnaire » du jeune photographe va s’épanouir dans les pages de Vogue. Klein fait sortir les mannequins des maisons de haute couture dans la rue, là où ses prédécesseurs les cantonnaient à des séances de pose en studios. Le jeune homme a besoin de bouger. Il défriche aussi les pages « tourisme ». C’est ainsi qu’il visite la Hollande en 1955, tentant de réaliser un portrait du pays à travers un portfolio. Quelques mois plus tard, il retourne à New York, la ville de son enfance. Il y shoote la mosaïque de ghettos qui la constituent. Il ne cherche pas tant à esthétiser Manhattan qu’à réapprivoiser les quartiers qu’il a quittés près de dix ans auparavant et qu’il peine à reconnaître. « New York ne me revenait pas. Je trouvais la ville presque antipathique. Je voulais lui régler son compte », plaisante-t-il. Détail amusant : cette série new-yorkaise, William Klein la réalise avec le boîtier que lui a vendu un jeune photographe français. Son nom ? Henri Cartier-Bresson. L’idée d’un livre s’impose vite à Klein. Il prendra la forme d’un journal. Mais aucun éditeur américain n’accepte de publier cet ouvrage. « On me reprochait des images crasseuses de New York », soupirait-il. Le jeune homme se tourne alors vers un éditeur français. Ce sera le Seuil. « Dans cette maison d’édition, qui vivait alors de la vente de livrets de chants scouts, travaillait un homme qui, pour moi, résume tout le génie français », racontait Klein.

L’amitié de Chris Marker

Cet homme s’appelle, de son vrai nom, Christian Bouche-Villeneuve. Il a sept ans de plus que William Klein et déjà deux vies. Fils d’un banquier pétainiste, il s’engage dans la résistance. Il est arrêté et manque d’être fusillé. À la Libération, il décide de devenir artiste et prend le nom de Chris Marker en 1949 lorsqu’il publie son premier roman (Le Cœur net). Il devient ensuite graphiste pour une collection de tourisme (« Petite Planète »). Son bureau est un univers à part. « Quand je suis entré, j’ai d’abord vu un Martien. Marker avait un pistolet laser en plastique en bandoulière et des vaisseaux spatiaux étaient accrochés au plafond, suspendus à des fils », rigolait Klein en se rappelant cette rencontre professionnelle.

Marker s’enthousiasme pour les images de Klein, qui donnent à voir des rues déglinguées et des passants abrutis de fatigue. « William a réussi à saisir la folle brutalité de cette métropole », énonce-t-il en découvrant ces photos. Il descend voir le patron du Seuil et lui propose le marché suivant: « Soit je fais ce livre avec William Klein. Soit je démissionne. » L’ouvrage sera publié, quelques mois plus tard, sous le titre Life Is Good and Good for You in New York: Trance Witness Revels. La publication fait scandale outre-Atlantique. Mais elle est récompensée par le prix Nadar en France. Federico Fellini tombe en arrêt devant ce livre. « Fellini m’a proposé de devenir son assistant. Il en avait déjà cinq ou six, ce qui m’a rassuré parce que je n’avais aucune idée de ce qu’était un tournage », confiait le photographe. Il apprendra le métier de réalisateur dans les studios de Cinecittà, au sud de Rome. En marge du tournage des Nuits de Cabiria, il réalisera aussi son deuxième livre (Rome).

Débuts au cinéma

En 1958, sur les conseils d’Alain Resnais, William Klein tourne son premier court-métrage, Broadway by Light. Expérimental, ce film est consacré aux enseignes aux néons et autres publicités lumineuses de Time Square. « Les Américains ont inventé le jazz pour se consoler de la mort ; la star pour se consoler de la femme. Pour se consoler de la nuit, ils ont inventé Broadway », résume Chris Marker qui travaille avec lui sur ce projet. Les deux hommes feront un bout de chemin ensemble tentant d’enregistrer sur pellicule les mouvements chaotiques de leur époque. William Klein écrit alors Pierrot mon ami pour Charles Aznavour et Zizi Jeanmaire, mais ne parviendra pas à monter la production. Il tente d’adapter Zazie dans le métro de Raymond Queneau, travaille avec Louis Malle qui s’est attelé au même projet. Mais doit renoncer. « Il ne peut y avoir qu’un capitaine dans un bateau », éludait-il.

Après avoir consacré deux autres livres-portraits aux villes de Moscou et Tokyo, William Klein suit alors le boxeur Cassius Clay et réalise deux documentaires épiques sur le grand Mohamed Ali. « Ce boxeur noir, converti à l’islam, avait une vraie dimension politique », écrit le photographe. Dans l’avion qui l’emmène à Miami, avant un combat de Mohamed Ali, William Klein rencontre Malcolm X. « Personne ne voulait s’asseoir près de lui. J’ai donc pris place à ses côtés et nous avons sympathisé pendant le trajet », déclarait William Klein. « J’ai l’impression que Malcolm X trouvait ça drôle qu’un juif de New York, installé à Paris, vienne filmer un Noir à Miami. »

Des films de plus en plus engagés

À partir de cette date, les films de William Klein vont se faire de plus en plus politiques. Il ne cessera de se jouer des genres et se frottera aux combats de son temps : pour les droits civiques (Eldridge Cleaver, Black Panther), contre la guerre au Vietnam et l’impérialisme culturel, participant notamment au Festival panafricain d’Alger en 1969. Ce qui ne l’empêchera pas de traiter aussi de sujets plus légers, comme le tennis avec The French, consacré à l’Open français de Roland-Garros en 1981. Ou Mode in France, sur les défilés parisiens, en 1984.

William Klein reviendra à la photo à la fin des années 1980, publiant coup sur coup Close Up (1989), Torino 90 (1990) et In & Out of Fashion (1994), ainsi que de nombreuses monographies sur des créateurs de mode. Ses clichés, aux cadrages audacieux, donnent à voir beaucoup de portraits, réalisés dans la rue par surprise, sans souci de « pose » ni des convenances. « Ces photos volées, je les ai réalisées en pensant à ce que m’avait recommandé Fernand Léger », racontait William Klein. « Le peintre avait coutume de dire : Ne vous faites pas chier avec des collectionneurs et des galeristes, arrangez-vous juste pour trouver un motif qui vous permette de rester au cœur de la cité », disait-il. Avant de conclure, dans un grand éclat de rire : « C’est ce que j’ai essayé de faire. »

Avec Le Point par Baudouin Eschapasse

Canada: Poignardé au centre-ville d’Halifax, le rappeur Pat Stay meurt à l’hôpital

septembre 4, 2022
Pat Stay s'avance sur scène avec une bouteille d'eau à la main pour une bataille de rap.

Le rappeur Pat Stay, de Dartmouth en Nouvelle-Écosse, participait à une bataille de rap dans la cadre de l’événement «Til Death Do Us Part», organisé par Drake à Long Beach, en Californie, le 30 octobre 2021. Photo : Getty Images/Amy Sussman

La police régionale d’Halifax enquête sur la mort suspecte du rappeur de renommée internationale Pat Stay. Âgé de 36 ans, il a été poignardé sur le front de mer de la ville dans la nuit de samedi à dimanche.

Le service policier municipal dit avoir reçu un appel vers minuit et demi, dimanche, leur apprenant qu’un individu au 1600 de la rue Lower Water était armé d’un couteau.

À leur arrivée sur les lieux, les policiers ont trouvé un homme, blessé grièvement par une arme blanche.

Une banderole de la police bloque l'accès à une section de la rue. Du sang au sol est visible.

Dimanche matin, la police bloquait la section du centre-ville, lieu de l’attaque. Photo : CBC/Victoria Welland

La victime a été conduite à l’hôpital. L’homme y a succombé à ses blessures.

La police régionale d’Halifax n’a pas dévoilé l’identité de la victime, mais Peter Stay a confirmé au réseau CBC dimanche matin que le défunt était son frère Pat Stay, un artiste hip hop de Dartmouth, dans la municipalité d’Halifax.

Artiste hip hop renommé

L’artiste de la région d’Halifax avait acquis une réputation enviable pour les batailles de rap (rap battles) dans lesquelles il brillait. Dans la culture hip hop, les rap battles sont des joutes orales devant public où des rappeurs s’échangent des propos spontanés, pour la plupart improvisés dans un style libre, qui doivent être les plus incisifs et inventifs possibles.

Pat Stay avait remporté quatre fois la prestigieuse compétition King of the Dot, qui attire à Toronto des artistes de plusieurs pays.

Le 2 septembre, Pat Stay avait publié sur YouTube un nouvel enregistrement, couché sur le classique Stan d’un des maîtres des batailles de rap, Eminem, où le Néo-Écossais s’en prenait au rappeur américain The Game.

Dans la vidéo, il incorpore un extrait d’entrevue avec Drake, qui décrit Pat Stay comme l’un des meilleurs dans les batailles de rap.

Avant que la nouvelle du décès de Pat Stay ne s’ébruite, dimanche matin, la vidéo avait déjà été visionnée plus de 50 000 fois.

Pat Stay sur scène pendant une bataille de rap. Son adversaire, Real Sikh, est à côté et attend son tour.

Le rappeur Pat Stay (au centre et à l’avant de la scène), de Dartmouth en Nouvelle-Écosse, affronte Real Sikh (à gauche) dans une bataille de rap organisée par Drake à Long Beach, en Californie, le 30 octobre 2021. Photo : Getty Images/Amy Sussman

Le service policier d’Halifax demande à tout membre du public ayant des renseignements sur les circonstances de la mort de Pat Stay de communiquer avec elle au 902 490-5020.

Par Radio-Canada avec des renseignements de Richard Woodbury, CBC, et de La Presse canadienne

France-Distinction : Baudouin Mouanda sacré « Prix Roger-Pic 2022 »

septembre 3, 2022

Le photographe congolais, Baudouin Mouanda, a été désigné prix Roger-Pic 2022, le 1er septembre, pour son portfolio « Ciel de saison ». Un travail documentaire et artistique remarquable qui met en lumière les intempéries résultant du changement climatique en vue de faire prendre conscience sur la nécessité continue de protéger l’environnement.

1- Baudouin Mouanda, « Prix Roger-Pic 2022 »/DR

En hommage à Roger Pic, grand photographe, réalisateur et militant du droit d’auteur, la Société civile des auteurs multimédias (Scam) récompense, depuis trente ans, un artiste qui documente le réel, tout en interrogeant l’humanité. L’objectif étant de soutenir l’œuvre d’auteurs émergents dont le parcours mérite d’être plus amplement reconnu. En remportant ce sacre, Baudouin Mouanda devient le premier africain et le premier congolais à rejoindre le palmarès des lauréats talentueux de ce concours photographique international. Un trophée de plus qui vient s’ajouter aux vingt-trois déjà amassés sur le plan international, à savoir en France, Espagne, Angleterre, Chine, au Japon, etc.

« Je suis très fier que le prix Roger-Pic de la Scam soit attribué cette année à un photographe africain dont je suis le premier du continent, d’origine congolaise, à le remporter. Je suis très content que le Congo, à travers la photographie, arrive à attirer de l’attention en sensibilisant les populations sur un phénomène naturel que connait l’Afrique. D’où, je ne manquerai pas de remercier les membres du jury pour l’intérêt qu’ils ont porté à mon projet Ciel de Saison qui en est, à ce jour, à sa troisième distinction », s’est réjoui l’artiste congolais.

Cette victoire tant méritée, Baudouin Mouanda la doit à sa créativité et sa sensibilité autour d’une thématique capitale. En effet, les inondations sont courantes dans le monde et plus particulièrement en Afrique ; et elles ne sont point le fruit du hasard, mais plutôt de certaines actions de l’homme sur l’environnement.

« Ciel de saison est né des intempéries que connaît ces dernières années l’Afrique, dues au changement climatique. Ces photographies rappellent à tout un chacun, la nécessité de préserver et respecter l’environnement, sous peine de représailles du changement climatique », a expliqué Baudouin Mouanda.

2- Un cliché de la série « Ciel de saison »/DR

Comme le souligne-t-il, ce projet a pu être réalisé grâce à son espace culturel Classpro_Culture encore en chantier. « Ce, avec l’aide des habitants qui ont connu les inondations et qui ont bien voulu reprendre à mon appel. En me rappelant de l’engagement sans relâche du président de la république Denis Sassou N’Guesso sur le changement climatique, il m’était important d’accompagner cette action pour le bien de la population ».

Notons que le photographe congolais, Baudouin Mouanda, recevra officiellement son prix le 13 octobre prochain, en France. A cet effet, il bénéficiera d’une exposition de ses photographies, produite entièrement par la Scam, et d’une enveloppe de 5000 euros. Entre-temps, il est attendu le 17 septembre, toujours en France, à présenter son travail au festival La Gacilly. A côté de cela, Baudouin est à pied d’œuvre d’un nouveau projet photographique qui parle de la question d’eau et il devra s’intituler « La sueur du robinet » ; ce, en même temps qu’il se bat pour finaliser les chantiers de l’espace culturel Classpro_Culture, implanté dans le huitième arrondissement de Brazzaville.

Avec Adiac-Congo par Merveille Atipo

Isabelle Adjani, soutien indéfectible de Salman Rushdie

août 14, 2022

Trente ans après avoir lu un extrait des « Versets sataniques » aux César, l’actrice rend un nouvel hommage à l’écrivain visé par une fatwa et agressé vendredi.

Isabelle Adjani, entouree de Claudia Cardinale et de Jean-Pierre Aumont, lorsqu'elle cite Salman Rushdie sur la scene des Cesar, le 4 mars 1989 a Paris.
Isabelle Adjani, entourée de Claudia Cardinale et de Jean-Pierre Aumont, lorsqu’elle cite Salman Rushdie sur la scène des César, le 4 mars 1989 à Paris.© PIERRE VERDY, PIERRE VERDY / AFP

« Parce qu’on croyait révolues l’exclusion de l’artiste et sa condamnation à mort, permettez-moi de vous lire quelques lignes. » Récompensée pour sa performance dans le biopic Camille ClaudelIsabelle Adjani monte, en mars 1989, sur la scène du théâtre de l’Empire pour recevoir son césar de la meilleure actrice. En guise de discours de remerciement, la comédienne, alors âgée de 33 ans, choisit de lire un extrait des Versets sataniques (1988), œuvre de Salman Rushdie. Depuis la parution de ce livre, romançant la vie du prophète Mahomet, l’écrivain est la cible d’une fatwa de l’Iran. Après son agression vendredi dans l’État de New York, cette séquence de la 14e cérémonie des César a ressurgi sur les réseaux sociaux. Trente ans après cette lecture, Isabelle Adjani réitère son soutien à l’auteur auprès du Parisien, samedi 13 août.

L’actrice se remémore premièrement « les mots de sororité » de Simone Veil, sa voisine de siège, lors de cette grand-messe du cinéma français. Son « meilleur souvenir » de cette soirée, affirme Isabelle Adjani. « Un artiste est à défendre inlassablement. Quand l’artiste est opprimé, c’est la liberté de chacun qui est menacée », indique-t-elle, avant d’inviter à la lecture d’une lettre qu’elle a écrite à Salman Rushdie en 2018, dans le cadre de l’émission La Grande Librairie sur France 5. Un texte, « hélas, trop actuel ».

« Le danger du règne de la terreur »

Ne pouvant pas être présente sur le plateau, Isabelle Adjani avait enregistré quelques mots à destination de Salman Rushdie pour les besoins de l’émission présentée par François Busnel. En voix off, elle remerciait alors l’écrivain d’avoir « ouvert nos yeux sur l’imminence du danger d’un règne de la terreur » et saluait son « immense courage visionnaire ». « Vous écrivez pour que nous puissions rester libres », assurait dans son message la comédienne. En réaction, l’écrivain avait fait savoir qu’il se souvenait « très bien des propos d’Isabelle Adjani » en sa défense.

Isabelle Adjani, César 1989 de la Meilleure Actrice dans CAMILLE CLAUDEL from Académie des César on Vimeo.

Avec Le Point

Youtube : Fally Ipupa atteint trois millions d’abonnés

août 9, 2022

Le chanteur RD-congolais Fally Ipupa « Dicap la Merveille » est certainement en train d’écrire une nouvelle histoire de la musique congolaise moderne, avec ses records sur Youtube.

L’ancien chanteur du groupe Quartier Latin International de Koffi Olomide et de Talents Latents de Ngaliema à Kinshasa a atteint la barre de trois millions d’abonnés sur Youtube, la plus grande plateforme mondiale de vidéos. Il est à ce jour le premier artiste musicien congolais à disposer d’autant d’abonnés sur sa chaîne Youtube. Mais ce n’est pas tout. Son single « Bloqué » a totalisé trois millions de vues sur Youtube, le 5 août, en seulement huit jours après son lancement sur les plateformes de téléchargement (streaming).

Fally Ipupa affiché sur les écrans de Times Square à New York

Lancé le 31 juillet 2022, « Bloqué » est un air improvisé au départ, métissé avec un rythme de folklore et extrait de son prochain album rumba, le cinquième de la carrière du chanteur. Le morceau a accroché à travers le monde, récoltant un succès énorme au point de figurer dans le hit de platine de la semaine d’Afro-Club diffusé sur Radio France Internationale. Notons aussi dans ce hit de platine, il y a eu la chanson « Laisser tomber », une mélodie mélancolique du chanteur congolais Ya Levis Le Maya Lova.

Signalons que la chaîne Youtube de Fally Ipupa existe depuis janvier 2007 et compte actuellement plus de 1milliard 179 millions de vues. On y retrouve tous les albums studios du chanteur en version audio et vidéos, et d’autres œuvres. Fally Ipupa va effectuer en septembre 2022 une tournée américaine baptisée « Golden World Tour ». Les affiches de l’artiste sont visibles à Times Square à New York, surnommé « Crossroads of the world » (croisées des chemins du monde), annonçant la production du 11 septembre prochain au Palladium Times Square. Quartier de New York dans l’arrondissement de Manahatan, Times Square tient son nom de l’ancien siège de prestigieux journal américain, New York Times. C’est donc l’un des endroits les plus célèbres et animés au monde, comme Shibuya à Tokyo, Champs-Elysées à Paris, Piccadilly Circus à Londres, etc.

Avec Adiac-Congo par Martin Enyimo

Canada-Québec: L’humoriste Philippe Bond se retire de la vie publique et de la scène

juillet 21, 2022
Philippe Bond à l'animation.

L’humoriste Philippe Bond se retire de la vie publique. Photo: Québécomm Télévision inc.

Ciblé par des allégations d’inconduite sexuelle, l’humoriste québécois Philippe Bond annonce son retrait de la vie publique après la publication d’un article dans lequel plusieurs femmes dénoncent son comportement.

Un article publié dans La Presse jeudi détaille différentes agressions alléguées par huit femmes de la part de l’humoriste. Ces informations n’ont pas été vérifiées par Radio-Canada.

Dans un court message publié sur le compte vérifié de Philippe Bond sur Instagram, l’humoriste se dit atterré par ce qu’il a lu dans l’article. Il affirme qu’il ne reconnaît pas la personne qui y est décrite.

Par respect pour mes collaborateurs et mes employeurs qui me côtoient depuis des années et parce que je veux leur éviter de devoir répondre à une avalanche de questions des journalistes, je me retire de tout, autant de la vie publique que de la radio et des spectacles, écrit-il.

M. Bond conclut en se disant bouleversé par ce que ses enfants et sa femme auront à traverser avec lui.

Son site Internet officiel et sa page Facebook ont été désactivés. Jeudi matin, son producteur evenko n’avait pas encore réagi à la décision de l’humoriste de mettre fin à sa tournée.

Des billets étaient encore en vente pour ses prochains spectacles prévus en août à Rivière-du-Loup. Sept représentations de Merci!, son troisième spectacle solo, étaient programmées d’ici la fin de l’année.

Diplômé de l’École nationale de l’humour en 2002, Philippe Bond a fait ses débuts à la Radio Énergie de Hull/CKTF. Il s’est produit au Grand Rire de Québec et au Festival Juste pour rire, entre autres. En 2007, il a assuré la première partie du spectacle Suivre la parade de Louis-José Houde.

Philippe Bond a plaidé coupable en mai pour à une accusation pour avoir conduit avec un taux d’alcool qui excède la limite permise.

Par Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne

France-Décès de la chanteuse Dani: la nuit parisienne perd une de ses étoiles

juillet 19, 2022
Deces de la chanteuse Dani: la nuit parisienne perd une de ses etoiles
Décès de la chanteuse Dani: la nuit parisienne perd une de ses étoiles© AFP/Archives/GUILLAUME SOUVANT

Voix envoûtante, physique androgyne, icône des nuits parisiennes revenue en grâce en 2001 avec « Comme un boomerang », en duo avec Etienne Daho, Dani est décédée à 77 ans.

La chanteuse – également actrice et mannequin, entre autres – est décédée lundi dans la soirée des « suites d’un malaise » dans la région de Tours où elle résidait, a indiqué mardi à l’AFP son manager Lambert Boudier.

L’artiste venait de finir la tournée de son dernier album « Horizons Dorés » et achevait déjà la préparation d’un nouvel album.

Dani (Danièle Graule à l’état civil) avait choisi d’appeler ce prochain album « Attention Départ ». « Titre que j’ai interprété comme un nouveau départ », a commenté pour l’AFP Etienne Daho. « Ironie du sort, ce titre a une autre résonance aujourd’hui », ajoute le chanteur qui lui a « parlé hier (lundi) à 19H30 »: « Quand j’ai appris la nouvelle ce matin, je ne pouvais y croire ».

Pour Daho, l’artiste n’était « pas du tout conventionnelle », « aimait la marge » et « incarnait la rock attitude ».

Plusieurs personnalités du monde de la musique lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux, comme Jean-Louis Aubert: « Si triste, une si belle amie, si gentille et si libre. Au revoir ma Danette ».

« Elle était une égérie, une complice, une partageuse de bons moments », décrit Didier Barbelivien.

« Très chaotique »

Dani se dépeignait ainsi à l’AFP il y a deux ans, de sa voix aux délicates aspérités: « Ce n’est pas toujours facile de prendre des chemins pas comme les autres ». « C’est très chaotique, mais avec des belles rencontres ».

Elle fut la reine du « Paris by night » des années 70, aux commandes alors de L’Aventure, night-club branché, version française du Studio 54 de New York. Son mode de vie sans carcan se résumait dans sa chanson « La vie à 25 ans (Y’a pas de d’mal à se faire du bien) ».

François Truffaut la choisit pour le rôle de Liliane dans « La Nuit américaine », mise en abyme sur le monde du cinéma, Oscar 1974 du meilleur film étranger. Elle tourna aussi avec Roger Vadim, Claude Chabrol, Georges Lautner ou encore récemment Olivier Marchal.

Mais son parcours fut heurté. En 1987, l’ex-égérie yéyé avait raconté sa descente aux enfers dans « Drogue la galère ».

Boudée par les maisons de disques à cause de sa fréquentation des paradis artificiels, elle était donc revenue sur le devant de la scène avec Daho en 2001.

Ce dernier lui propose de chanter « Comme un boomerang », titre composé pour elle par Serge Gainsbourg mais recalé pour l’Eurovision 1975 – car jugé trop osé – et oublié.

Dire que l’année, précédente, en 1974, la France – qui devait être représentée par Dani – se retira de l’Eurovision au moment du décès du président de la République Georges Pompidou. Une voyante lui avait d’ailleurs prédit qu’elle n’irait pas…

« Inconscience totale »

Au départ, Daho n’était que producteur d’un titre qu’il pensait taillé pour Dani seule. Mais la chanteuse insiste pour un duo avec lui. « Dani avait eu la bonne intuition et cette chanson, qui a eu un énorme succès à sa sortie, est dorénavant un classique », expose le chanteur à l’AFP.

Depuis, elle avait retrouvé un statut d’icône, qui l’embarrassait. « Il y a un côté figé alors que j’ai l’impression d’être dans le mouvement », confiait-elle à l’AFP en 2020. Elle préférait parler d’un « parcours atypique » – mannequin, chanteuse, actrice, meneuse de revue, fleuriste…

« Est-ce qu’on m’a choisie ou est-ce que c’est moi qui ai choisi ? Va savoir ! », s’interrogeait Dani dans son autobiographie « La nuit ne dure pas ».

Tout commença pour elle quand elle quitta Perpignan pour Paris en 1963, à 19 ans.

« A mes débuts, j’étais dans l’inconscience totale. Espérant poser pour des photos de mode, j’ai frappé à la porte de +Jours de France+, le seul magazine qu’on lisait à Perpignan avec +Elle+ », confiait-elle à l’AFP en 2016.

La semaine suivante, elle était en couverture. Elle posera au cours de sa carrière devant les objectifs de Helmut Newton ou Jean-Baptiste Mondino.

Par Le Point avec AFP

Ukraine: Au milieu des ruines à Borodianka, le chant des enfants pour guérir

juillet 18, 2022
Au milieu des ruines a Borodianka, le chant des enfants pour guerir
Au milieu des ruines à Borodianka, le chant des enfants pour guérir© AFP/Ionut IORDACHESCU

La professeure de piano Oksana Chevtchenko montre un tas de métal tordu et de ciment. C’est tout ce qui reste de l’école où elle a travaillé pendant 30 ans, pulvérisée pendant l’occupation russe de Borodianka, banlieue nord-ouest de Kiev.

« La terre et rien d’autre. Un terrain vague brûlé à la place d’un lieu de culture, où les enfants étudiaient… C’est l’extermination de la culture et des Ukrainiens par les envahisseurs russes », lance Mme Chevtchenko, 53 ans.

A une heure de route de Kiev, Borodianka, une ville qui comptait 14.000 habitants avant l’invasion russe lancée le 24 février, porte les profondes cicatrices de la tentative de Moscou de prendre la capitale ukrainienne.

Avec la plupart de ses immeubles réduits à des tas de ruines ou endommagés, la rue principale est un témoignage poignant de la dévastation.

Selon des responsables de la mairie, 12 immeubles résidentiels ont été rasés et 24 endommagés. Plus de 400 maisons ont été touchées.

Leurs bâtiments ayant été détruits, la police, le bureau du procureur, la poste et la mairie se partagent désormais une école qui a échappé aux bombardements.

« Sentiment d’oppression »

Mme Chevtchenko y donne également des cours de musique, pour les enfants qui sont revenus après la libération de Borodianka le 1er avril.

Accompagnés au piano, des enfants entonnent en choeur l’hymne de l’Ukraine.

« Nous nous retrouvons et nous créons. C’était douloureux quand ça nous a été enlevé », raconte-t-elle dans une petite salle de classe bourrée d’instruments de musique.

« Cela ajoute également au stress lorsque vous perdez votre profession préférée et que les enfants perdent leurs activités préférées. Cela crée un sentiment d’oppression. »

L’école de musique, qui avait 160 élèves avant la guerre selon Mme Chevtchenko, a bénéficié de plusieurs dons d’ONG et de particuliers ukrainiens et étrangers. Un groupe de rock leur a récemment offert un clavier, une batterie et une guitare.

« Il y a des enfants qui veulent rentrer. Ils reviennent, des professeurs aussi. Alors par nous-mêmes, et avec l’aide d’associations caritatives et de gens bienveillants, nous avons commencé à renouveler nos fournitures », explique Mme Chevtchenko.

Dans une salle de classe exiguë, Diana Kovtoun, 15 ans, chante une chanson populaire ukrainienne. Elle avait quitté Borodianka au premier jour de la guerre mais est revenue.

« Avant, je me demandais si je devais aller travailler ou étudier à l’étranger. Maintenant, je suis sûre que je veux faire mes études ici en Ukraine. Je veux vivre ici », dit-elle.

« La musique guérit »

La professeure de guitare Tetiana Kryvocheïenko est également de retour pour donner des cours. Sa lèvre tremble et elle retient à peine ses larmes lorsqu’elle raconte sa fuite de Borodianka.

« Nous avons dû aller à pied pour ne pas rencontrer de Russes. Nous avons marché 10 kilomètres de nuit à travers champs jusqu’au village voisin, Zagaltsi », raconte-t-elle à l’AFP.

« Les enfants pleuraient. Ils avaient mal aux mains parce qu’on les traînait. Mon enfant me demandait de ne plus le prendre par la main », se souvient-elle.

Elle est allée jusqu’à l’ouest de l’Ukraine avant de revenir à Borodianka début mai.

« La musique guérit parce qu’elle vous aide à vous déconnecter de vos problèmes. Et les enfants me demandaient de continuer mes cours, même ceux qui sont à l’étranger », explique Mme Kryvocheïenko.

Plus de 150 personnes sont mortes à Borodianka lors de l’offensive russe, dont huit enfants.

Selon le maire par intérim Gueorgui Ierko, dont le bureau improvisé se trouve également dans l’école, il reste actuellement environ 9.000 personnes dans la ville. Près de la moitié n’ont plus de domicile.

« Si un toit fuit, vous devez le réparer pour pouvoir vivre dans le bâtiment. C’est la même chose pour une ville. Borodianka n’est pas une ville fantôme. La guerre prendra fin. La vie continuera », dit-il.

« J’espère que tout ira pour le mieux. Les gens sont revenus et ils doivent vivre dans des conditions normales. Nous travaillons dur pour assurer cela », conclut-il.

Par Le Point avec AFP

France: Ouverture d’un musée de l’art africain contemporain à Cannes

juillet 13, 2022

CRÉATION. L’établissement exposera des œuvres de la collection Jean Pigozzi, qui a réuni depuis 1989 plus de 10 000 créations d’artistes d’Afrique subsaharienne.

Chérie Samba : « Jaime la couleur » 2003

Cannes, dans le sud de la France, accueille depuis mardi 12 juillet au sein de la gare maritime l’exposition « Bande-annonce, la collection Pigozzi à Cannes » sous le commissariat artistique de Jérôme Neutres et Élisabeth Whitelaw. Avec plus d’une centaine d’œuvres composées de peintures, sculptures et photographies de vingt-sept artistes des années 1960 à aujourd’hui, cette exposition dévoile en partie la collection privée d’art contemporain africain de Jean Pigozzi, la plus importante au monde. À cette occasion, le maire de Cannes, David Lisnard, et le collectionneur ont annoncé la création d’un musée dédié à l’art contemporain africain qui sera entièrement consacrée aux œuvres de la collection Jean Pigozzi dans l’ancienne chapelle Saint-Roch de Cannes. La collection Pigozzi a beaucoup contribué à révéler au grand public la création contemporaine africaine et à la faire émerger sur la scène artistique mondiale.

Un musée dédié à l’art contemporain africain

La mairie de Cannes « a entrepris une démarche ambitieuse de promotion et de valorisation de l’art moderne et contemporain », a expliqué David Lisnard, également président de l’Association des maires de France. « Ce travail se concrétise aujourd’hui par la création du premier musée au monde consacré à la prestigieuse collection d’art contemporain africain de Jean Pigozzi », a ajouté le maire LR de la cité azuréenne mondialement connue grâce à son festival international de cinéma.

Le musée, dont la date d’ouverture n’a pas été précisée, proposera sur plus de 600 m2 une exposition permanente et un espace d’exposition temporaire, dans l’ancienne chapelle Saint-Roch de Cannes.

Jean Pigozzi, un collectionneur hors norme

Fils et héritier du patron italien de la marque automobile Simca, revendue à Chrysler en 1963, Jean Pigozzi, qui a grandi entre Antibes, Genève et Paris, s’est d’abord consacré à la photographie. Puis, en 1989, après avoir visité l’exposition « Magiciens de la terre » au centre Georges-Pompidou à Paris, il se passionne pour l’art contemporain africain. Depuis lors, il a réuni plus de 10 000 œuvres d’artistes de tout le continent africain, du Sénégal au Mali, du Congo à l’Afrique du Sud, couvrant une période allant des années 1950 à nos jours.

Sa collection, actuellement entreposée à Genève mais régulièrement exposée dans de grands musées du monde entier, réunit, entre autres, des œuvres du photographe malien Seydou Keïta, considéré comme l’un des plus grands portraitistes du XXe siècle, des créations du Congolais Bodys Isek Kingelez ou des sculptures du Tanzanien George Lilanga, tous décédés. Elle comprend aussi les célèbres masques faits à partir de bidons d’essence du Béninois Romuald Hazoumè et de nombreux tableaux des Sénégalais Soly Cissé et Mor Faye ainsi que du Congolais Chéri Samba. « Ma collection est vivante, organique, car je continue d’acheter régulièrement. J’ai adoré la période « découverte » il y a 30 ans, et je suis toujours aussi enthousiaste face à de nouveaux talents. Aujourd’hui, de nombreuses galeries représentent des artistes africains, il y a une multitude de foires en Occident et en Afrique, des biennales, etc. Je continue d’être fidèle à certains artistes. […] Parfois, on me contacte spontanément pour me proposer des œuvres, et il peut y avoir de bonnes surprises. C’est cela qui m’intéresse le plus : dénicher de nouveaux talents. Si j’étais un jeune collectionneur, je partirais avec ma valise sillonner les grandes villes africaines. Il y a un intérêt croissant pour l’art de ce continent et donc il y a forcément de nouveaux talents qui émergent, des vocations qui naissent », écrit Jean Pigozzi dans un extrait du catalogue de l’exposition ouverte jusqu’au 21 août 2022.

Avec Le Point