Archive for the ‘Art’ Category

Le couturier français d’origine italienne Pierre Cardin est mort mardi à 98 ans

décembre 29, 2020

PARIS — Le célèbre couturier français Pierre Cardin, notamment reconnu pour ses créations de prêt-à-porter, est mort mardi à l’âge de 98 ans.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

La nouvelle, annoncée par l’Académie des Beaux-Arts, a été confirmée par des membres de sa famille à divers médias d’information français. Cependant, l’Académie, dont Pierre Cardin était membre, n’a pas révélé la cause de son décès.  

La disparition de Pierre Cardin prive désormais le monde de la mode de l’une de ses figures les plus flamboyantes et les plus prolifiques.   

Son nom a été affiché sur une multitude de créations. Au cours des années 1970 et 1980, ses produits étaient vendus dans une centaine de milliers de boutiques du monde.  

Ce nombre a toutefois grandement diminué au cours des dernières années. De plus en plus de commentateurs ont critiqué ses produits pour leur qualité de fabrication et leurs styles figés dans le temps.  

Pierre Cardin, né Pietro Cardini, avait vu le jour le 7 juillet 1922 dans une petite localité située près de Venise, en Italie, au sein d’une famille ouvrière. Alors qu’il était jeune enfant, sa famille a déménagé à Saint-Étienne, en France, où il a commencé dès l’âge de 14 ans à être l’assistant d’un tailleur.  

Il a commencé à travailler à son compte alors qu’il n’avait pas encore 30 ans.  

Au fil des décennies, Pierre Cardin est aussi devenu un homme d’affaires à succès. Ses griffes ont été apposées sur une multitude d’autres objets que des vêtements, notamment sur des meubles, des bijoux, des produits de salle de bain et d’autres accessoires de toutes sortes.

Avec La Presse Canadienne

Congo/Alphonse NTALOULOU « Alphonso » : Le 25 Décembre 2004 nous rappelle sa disparition

décembre 24, 2020

Bassiste émérite, doublé d’un inimitable compositeur, « Alphonso » est décédé samedi 25 décembre 2004 au C.H.U. (Centre hospitalier et universitaire) de Brazzaville à l’âge de 62 ans.

Farouche individualiste de l’expression profane afro-bantoue, Alphonse Ntaloulou en était l’une des plus fascinantes personnalités. Il était plongé dès son enfance dans la tradition, essentielle et féconde qui engendra les formes citadines de la rumba moderne les plus exigeantes.

Considéré comme l’un des plus grands bassistes de la musique congolaise moderne, il fut surtout un « musicien pour musiciens  », expérimentant avant tout le monde de nouvelles possibilités à la guitare basse, avec des sonorités électroniquement bien travaillées.

Compositeur de grand talent, cet ancien sociétaire de l’orchestre Cercul Jazz, qui a intégré Les Bantous en Septembre 1963, (en remplacement de Francis Bithsoumani « Celi Bitsou ») Alphonse Ntaloulou « Alphonso » a su s’imposer dans « Les Bantous de la Capitale », aux côtés des grands noms tels que Gerry Gérard Biyela, Joseph Samba « Mascott », Nino Malapet, Jean-Serge Essous, etc …

On lui doit plusieurs chansons à succès qui ont fait bouger le Congo et l’Afrique, dont les plus connus sont : « Mama na pesi yo melesi  », « C’est l’amour  », « Koyaka te  » et surtout celle qui a battu tous les records de vente et de popularité : « Choisis ou c’est lui ou c’est moi ». C’est sûrement sa meilleure chanson, variée et parfaitement équilibrée, elle aborde un sujet d’amour très courant dans la société congolaise.

Avec Congopage par Clément OSSINONDE

Interview. Hervé Michel Bia Buetusiwa : « L’écriture est une vocation »

décembre 23, 2020

Très connu sous son célèbre sobriquet «Tata N’Longi Biatitudes », Hervé Michel Bia Buetusiwa est tout aussi multi-option que multi-facette. Dans un entretien accordé au Courrier de Kinshasa, l’intéressé retrace son parcours et veut agir aujourd’hui pour l’avenir.

L’écrivain Hervé Michel Bia Buetusiwa

Courrier de Kinshasa : Vous êtes écrivain, est-ce par passion, par mimétisme ou par ambition ?

Hervé Michel Bia Buetusiwa : J’écris depuis plusieurs années. Je le fais depuis mon enfance. J’ai participé à plusieurs concours puis j’ai arrêté Je suis allé faire les études de droit, je n’avais pas autour de moi des gens avec lesquels nous avions une passion commune. Ce qui faisait de cela une passion solitaire.  Donc, je me suis concentré sur mes études à cause de l’absence des gens qui porteraient avec moi cette passion et lorsque j’ai croisé des personnes qui partageaient ma passion, je me suis décidé de publier

C.K : Justement, d’où vous est venue cette envie d’écrire ?

M.B.B; Ce n’est pas une envie en fait ! Etre écrivain, c’est une vocation, c’est une passion on va dire.  

C.K: Aviez-vous déjà à l’époque un modèle ?

M.B.B : A l’époque, le modèle était essentiellement étranger, quand j’étais tout jeune, c’était essentiellement étranger parce que les écrivains congolais, on ne les connaissait que très peu. Et de manière générale, il n’y avait pas d’endroit connu où l’on pouvait trouver leurs ouvrages complets à part des extraits dans des anthologies, et puis, pour la plupart, on pensait qu’ils étaient morts alors qu’ils vivaient encore. Donc, c’était difficile d’avoir des modèles au niveau du pays.

CK : Qu’est-ce qui  vous a poussé à embrasser à nouveau ce métier d’écrivain après votre sortie de la faculté ?

M.B.B : C’est le fait d’avoir croisé des gens qui partageaient la même passionla passion de l’écriture m’a encouragé à publier parce que je n’avais jamais arrêté d’écrire. Mais aussi les réseaux sociaux m’ont fait découvrir qu’il y avait un public congolais qui avait le goût de la lecture.

C.K ; Quelles est votre lecture de cette carrière d’écrivain en RDC du point de vue économique ?

MBB : Déjà que la carrière d’écrivain est une carrière artistique et la carrière artistique et très difficile partout dans le monde, pas seulement en RDC. Sur les milles des jeunes qui chantent dans les quartiers, il n’y en a qu’une seule ou deux qui vont s’en sortir avec ce métier. C’est la même la chose pour le football où il y a beaucoup des garçons talentueux, mais tous ne brillent pas pour autant. Et l’écriture c’est la même chose, il y a une forme de sélection qui se fait là. Partout dans le monde il y a des gens qui publient mais très peu parviennent à en faire un métier à part entière.

CK ; Qu’est-ce qui justifie cela ? Est-ce une règle non écrite ?

MBB : Il s’agit d’une discipline artistique. Donc, il faut toucher un grand nombre des gens pour pouvoir en faire une activité rémunératrice. Or la tension, le circuit des distributions sont faites de manière à ce qu’il y ait un nombre réduit des gens qui arrivent au sommet. Ça c’est dans le monde entier même dans la musique, c’est comme ça. Comme je l’ai dit, il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus de manière générale. Même ailleurs, il y a très peu d’écrivains qui vivent de leurs ouvrages et ça, on ne le saura jamais suffisamment. Même ceux qui sont le plus connu, ils vivent des activités annexes à l’écriture par exemple, organisent des ateliers, des conférences etc.  

CK ; N’est-ce pas déjà vivre de son œuvre ?  

MBB ; C’est comme ça que je dis indirectement. Donc, ils ne vivent pas de leur droit d’auteur, ils vivent d’une économie du livre qui est installée. Ici le problème est encore plus accentué parce que l’économie du livre n’existe pas. Le circuit du livre qui part de l’édition à la librairie en passant par la promotion, n’existe pas. C’est difficile pour un écrivain de ne vivre que de son  œuvre. C’est une carrière difficile ça ressemble grandement à l’apostolat

CK : Est-ce possible de changer cet état des choses ou faut-il carrément s’avouer vaincu ?

MBB : Il y a moyen de le changer et c’est ce que nous sommes en train de faire dans le cadre des activités associatives dans lesquelles nous sommes impliqués et c’est ce que les autres acteurs culturels font aussi en soutenant justement la promotion de l’écriture. Mais la première étape consiste à ce que le public congolais puisse adhérer à la lecture. Cela va permettre la vente des livres, ce qui va à son tour  générer de l’argent. Avec d’autres amis, nous nous sommes lancés dans l’aventure de l’édition. C’est pour nous permettre d’agir au niveau de la production, de la distribution et de la promotion des livres et c’est ce que la jeune association dénommée « les écrivains du Congo Asbl » essaie de faire.

CK : Outre vos ouvrages, vous êtes aussi concepteur du célèbre concert des mots. D’où vous est venue cette idée ?

MBB : En tant qu’écrivain, j’ai envie de vendre mes textes. J’ai envie qu’on me lise. Mais surtout d’introduire les gens dans mon univers. Et comme à Kinshasa, les livres ne circulent pas et que nous sommes dans une ville empreinte de la musique, j’ai opté pour cette façon de faire. J’ai voulu être original et surtout que j’aime bien faire passer mes textes par la musique. Mais après, il faut dire que nous n’avons pas inventé le concept.

CK : Et si vous aviez à choisir entre l’écriture et le droit ?

MBB : A ce stade de ma vie je choisirais les deux, mais après à un certain moment j’aimerais avoir plus des temps pour écrire .Tout comme la littérature le droit aussi est une passion pour moi

CK ; Combien d’ouvrages deja ?

MBB :Trois notamment Mais j’aime, Cœur épelé et Bateki Mboka

CK : Un ouvrage en vue ?

MBB : Il y a beaucoup des projets en vue, du théâtre, de la poésie, du roman, etc. Nous y travaillons.

Avec Adiac-Congo propos recueillis par Christopher Khonde

USA: Une statue de Barbara Johns, militante des droits civiques, au Capitole

décembre 21, 2020
USA: UNE STATUE DE BARBARA JOHNS, MILITANTE DES DROITS CIVIQUES, AU CAPITOLE

© Reuters/KEN CEDENO

WASHINGTON (Reuters) – Une statue de Barbara Johns, l’une des figures du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, va être érigée au niveau de la rotonde du Capitole et remplacer celle du général Robert E. Lee, chef des armées confédérées durant la guerre de Sécession, ont annoncé lundi les autorités.

Barbara Johns avait seulement 16 ans lorsqu’elle a pris la tête d’un mouvement de contestation dans son lycée en Virginie contre la ségrégation raciale dans le système scolaire public américain. Ces différents mouvements ont amené la Cour suprême fédérale à déclarer en 1954 qu’un tel système était illégal.

« Le Congrès poursuivra notre travail pour débarrasser le Capitole des hommages à la haine, alors que nous luttons pour mettre fin au fléau du racisme dans notre pays », a déclaré la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, citée dans un communiqué.

« Il n’y a pas de place pour célébrer le fanatisme de la Confédération au Capitole ou toute autre lieu symbolique dans notre pays. »

Avec Reuters par (Scott Malone; version française Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot)

Restitutions des œuvres au Bénin et au Sénégal : les députés français votent « pour »

décembre 17, 2020
Les portes du palais du roi Gélé, de l’ancien Dahomey, exposées au musée du Quai Branly, à Paris.

Deux jours après le vote négatif du Sénat, l’Assemblée nationale française a adopté définitivement la loi de restitution des biens promis par le président Emmanuel Macron au Bénin et au Sénégal. Le bras de fer entre les deux chambres du Parlement français va cependant se poursuivre en 2021.

Fin de partie, mais pas fin de l’histoire. La Constitution française donnant le dernier mot à l’Assemblée nationale en cas de désaccord avec le Sénat, ce sont bien les députés qui viennent de conclure le long feuilleton de la restitution au Bénin des 26 objets issus du pillage du palais d’Abomey, exposés au musée du Quai Branly-Jacques Chirac à Paris, ainsi que l’officialisation du transfert – déjà effectué physiquement mais présenté comme un prêt – du sabre et du fourreau d’El Hadj Omar Tall au Sénégal.

Avec ce vote, il s’agit « d’accompagner une jeunesse africaine en quête légitime de son identité patrimoniale », a souligné le rapporteur du texte, le député Yannick Kerlogot (LREM, majorité présidentielle), qui a évoqué « l’attente et l’engouement des populations concernées ». La ministre française de la Culture, Roselyne Bachelot, a pour sa part insisté sur le fait que cette loi incarnait la volonté de « renouvellement et d’approfondissement du partenariat entre la France et le continent africain » affichée par l’exécutif français.

Ce vote vient répondre à celui, négatif, de la chambre haute, mardi 15 décembre. Le président (centriste) de la commission de la Culture du Sénat, Laurent Lafon, avait alors justifié le rejet du texte en affirmant qu’il ne s’agissait « en aucun cas d’un vote contre les restitutions au Bénin et au Sénégal », mais d’une « opposition à la méthode du gouvernement ».

Une méthode en question

Méthode qui consiste, comme dans le cas de la couronne ornant le dais royal de la reine Ranavalona III, exposée depuis 1910 au Musée de l’armée, à Paris, et transférée début novembre à Madagascar, ou des crânes de combattants récemment renvoyés en Algérie, à conclure avec les pays destinataires des « conventions de dépôt » qui ne valent pas transfert définitif de propriété. Et ne contreviennent donc pas au principe légal français d’inaliénabilité des collections possédées par les musées nationaux.

Un procédé aujourd’hui « dévoyé », estime la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly, présidente de la mission d’information sur les restitutions : « Le lendemain de leur arrivée en Algérie, qui s’est faite en catimini, les crânes ont été inhumés. »

Face à Emmanuel Macron et aux députés de sa majorité, qui veulent aller vite sur le sujet au nom d’impératifs diplomatiques notamment, les sénateurs affirment se poser en garant de la légalité et du respect de critères scientifiques.

C’est d’ailleurs le sens des quinze mesures qu’ils ont présentées le 16 décembre, qui prévoient notamment une « recherche sérieuse de la provenance des œuvres et des objets » détenus par les musées français, une « meilleure contextualisation des œuvres exposées », une « circulation facilitée des œuvres » (y compris françaises), une « conservation des traces » (copies, par exemple) des œuvres restituées et, surtout, la création d’un « Conseil national de réflexion sur la circulation et le retour des biens culturels extra-européens », auquel seraient associés les chercheurs des pays demandeurs.

Vers une guérilla parlementaire

En bloquant le texte sur les objets béninois et sénégalais, les sénateurs ont donc surtout voulu attirer l’attention sur le sujet des restitutions au sens large. Opposés à la multiplication de textes ad hoc officialisant les transferts d’œuvres au cas par cas, ils continuent à plaider pour une vraie discussion permettant d’élaborer une loi générale sur le sujet.

Démarche nécessaire sur le fond comme sur la forme car, en cas de désaccord sur une loi, les constitutionnalistes français ont prévu une procédure de « navette » entre les deux chambres du Parlement, mais en offrant à l’Assemblée nationale la possibilité de trancher si le débat s’éternise. Le Sénat peut donc se lancer dans une guérilla et s’opposer, au coup par coup, à chaque nouvelle décision de restitution. Mais il perdra à chaque fois et ne peut espérer peser vraiment que dans le cadre de la discussion d’un vrai texte général, déconnecté de tout contexte d’urgence politique liée aux promesses ou aux amitiés du président en place.

La présidente de la mission d’information sur les restitutions, Catherine Morin-Desailly, et ses deux co-rapporteurs, Pierre Ouzoulias (communiste) et Max Brisson (Les Républicains, droite) promettent d’ailleurs le dépôt d’un nouveau texte inspiré par les quinze mesures présentées le 16 décembre ès le début 2021.

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Covid-19 : Diaspora congolaise à l’épreuve des mesures sanitaires

décembre 17, 2020

Au rythme des mises sous cloche, du choix des lieux de respiration et du ballet des ambulances, Motse Akanati revient sur l’impact de 2020

Motse Akanati

Photo : Motse Akanati

Alors que les rues étaient devenues quasi-désertes et sinistrement silencieuses, chargées de signaux cliniques rappelant la mort qui y rodait, la styliste devant définir comment recadrer ses priorités, s’est plongée dans la réflexion et l’action. Elle s’est mise à écouter la nature, pratiquer le sport, entretenir un bon voisinage, faire des tris, des rangements, ressortir les vieilles recettes de cuisine.

Rentrée en France, après un périple en Afrique de l’Est et l’Océan Indien, elle pensait réaliser son agenda professionnel sans écueils pour organiser l’élection de Miss humanitaire 2020 avec des stars de la mode et du football, comme durant les précédentes éditions à l’Unesco.

Nous avons dû l’organiser en septembre en comité très restreint, Covid-19 oblige !”, confie la styliste en ayant une pensée spéciale pour le professeur Manda, représentant de la RDC auprès de l’Unesco, fauché par ce virus.

Tout comme les autres membres de la diaspora, la Congolaise a été frappée par la mort en solitaire de nombre de ses amis : Manu Dibango, Cyriaque Bassoka, promoteur artistique, Jean-Marie Adoua, ambassadeur du Congo en Afrique du Sud, professeur Yaï , Béninois, ancien président du conseil exécutif à l’Unesco, Simon N’Sondé, artiste céramiste, sans oublier les sapeurs Dada et Allureux.

La Covid-19 m’a rendue plus humble, rien n’est éternel sur la terre des vivants”, résume Motse Akanati qui affirme avoir adopté la bible pour livre de chevet.

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Congo: La phratrie des Moutouari

novembre 21, 2020

Côme ‘’ Kosmos’’, Pierre, Michel et Mickaëlle  Moutouari sont d’une même famille. Les trois premiers sont des frères. Mickaëlle est la fille de Pierre. Tous sont des musiciens. On évoquera les Moutouari en s’émerveillant des prodiges de la mère-nature. Comment, en effet, ne pas rendre grâce au Merveilleux quand des membres d’une famille font le bonheur de la société en s’illustrant dans une même activité ?

En 1965, dans le Brazzaville des spectacles, un jeune musicien de 21 ans mène la charge. Recrue de l’orchestre « Les Bantous de la capitale », le jeune Côme Moutouari surnommé Kosmos vient d’émerger. Son tube intitulé « E’bandeli ya mossala » est un coup de maître qui rafle tous les suffrages des mélomanes kinois et brazzavillois. La chanson dont le titre en français serait « Premiers pas sur le lieu du travail » frappe en plein dans le mille. Le thème de la chanson fait rêver dans le sous-prolétariat urbain, parmi les salariés comme parmi les chômeurs.  Le jeune Moutouari est immédiatement propulsé dans la cour des grands. Son patronyme passe un moment à la trappe. Les fans s’arrachent, en effet, leur idole qu’ils appellent « Kosmos ».

Après ce premier succès, le jeune artiste rassure définitivement ses admirateurs avec son second enregistrement intitulé « Makambo mibalé eboma mokili ». Ce titre qu’on peut traduire par « les deux maux de la terre » (qui sont l’argent et les femmes) emballe une nouvelle fois les deux Congo et, par-delà l’Afrique entière.  Les Bantous de la capitale, son orchestre, l’aligne au lead vocal avec des musiciens de renom comme Pamelo Mounk’a, Edo Nganga, Celio. En disgrâce devant les dirigeants politiques du pays, Jean Serge Essous a dû s’éclipser à l’anglaise vers des cieux plus cléments.

A Dakar, en 1966, et à Alger, en 1968, pendant le festival des Arts nègres et le festival panafricain de la musique, Kosmos tient la première ligne des Bantous de la capitale avec ses compères susmentionnés. Alger fut un succès pour les musiciens venus de l’Afrique centrale.

En 1972, Kosmos rompt avec son orchestre. Il n’est pas le seul à partir. Les talentueux Pamelo et Celio l’accompagnent dans la dissidence et créent le trio CePaKos, c’est-à-dire Celio-Pamelo-Kosmos. Théoriquement, le groupe était appelé à un bel avenir. Pamelo et Kosmos, notamment, étaient les deux figures emblématiques des Bantous de la capitale en termes de tour de la chanson et de composition. Les deux pouvaient, à bon endroit, revendiquer les meilleures ventes de leur ancien groupe musical. Sur le terrain pratique, les espoirs furent mitigés. Soumis à concurrence avec des jeunes aux longues dents, à une époque où la jeunesse recherchait une autre offre musicale, l’orchestration et les thèmes des chansons de CePaKos contraignirent le trio à refluer en désordre vers la maison-mère, les Bantous de la capitale. Kosmos inaugura par ce retour la série de ses différents va-et-vient entre son premier orchestre et la quête d’une vie musicale en solo. L’année 2005 a signé sa dernière rupture avec les Bantous de la capitale.  En dépit de cette instabilité, l’artiste né en 1944 au visage méditatif reste dans son élément avec constance. Avec le rappel à dieu d’Edo Nganga, Jean Serge Essous, Nino Malapet, Pamelo Moun’ka et d’autres, Kosmos Moutouari est resté le dernier grand musicien du légendaire orchestre Les Bantous de la capitale. (suite).

Avec Adiac-Congo par Ikkia Onday Akiera

RDC/Musique : Tshala Muana interpellée puis relâchée pour la chanson « Ingratitude »

novembre 17, 2020

« Ingratitude », tel est le titre du dernier opus de la chanteuse Tshala Muana qui lui a valu des ennuis, le 16 novembre, avec l’Agence nationale de renseignement (ANR).

Kinshasa : auteure de la chanson "ingratitude", Tshala Muana a été arrêtée  ce lundi par les agents de l'ANR - CAS-INFO.CA

La chanteuse Tshala Muana

La chanson est présentée, à tort ou à raison, comme un pamphlet dirigé à l’endroit de l’actuel chef de l‘Etat au regard de son contenu à forte saveur polémiste. La « Mamu nationale » qui est d’obédience PPRD, c’est-à-dire, proche de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, n’a sûrement pas mesuré les dégâts collatéraux qu’allait provoquer sa chanson dans un contexte de surchauffe politique de ces dernières heures.

En effet, la tension actuelle au sein de la coalition FCC-Cash sur fond des signaux de rupture entre ces deux forces politiques n’aura pas favorisé une bonne réception de la chanson. Chaque camp essaie d’interpréter son contenu à sa manière. « Ni à un examen, encore moins à une compétition tu n’as jamais gagné. Maintenant que le maître t’a montré le chemin, tu as pu t’en sortir. Et après que tu aies franchi, tu le trahis. Fais attention, tu marches avec vitesse, vaille que vaille, tu marches sans prudence », chante l’artiste. A qui s’adresse-t-elle, pourrait-on s’interroger d’autant plus qu’aucun nom n’est cité. Le reste est un déroulé des boutades, des paraboles et des expressions alambiquées difficiles à décoder. L’auteure fait, par ailleurs, recours à la bible, et évoque la rébellion de Satan contre son créateur, ou encore, la trahison de Judas vis-à-vis de Jésus de Nazareth. Se mettant dans la peau d’une victime, elle fustige l’ingratitude, banni tous ceux qui en ont fait leur seconde nature, et professe l’infortune à leur endroit. « Tu ne descendras que sur l’arbre par lequel tu es bien monté », chante-t-elle.

Une certaine récupération politicienne s’est vite cristallisée autour de la chanson, chaque camp politique cherchant à exploiter des bribes des phrases cadrant avec ses aspirations. L’UDPS/Kibassa autant que d’autres formations politiques ont fustigé l’interpellation dont a été l’objet la reine de Mutswashi estimant que le président de la République est mentalement forgé pour subir des critiques de tout genre.

Avec Adica- Congo par Alain Diasso

France: Le comédien Djédjé Apali est mort, son corps «formellement» identifié

novembre 13, 2020

L’acteur guadeloupéen était recherché pour disparition inquiétante depuis un an. Il s’est «selon toute hypothèse» suicidé en juillet 2019, a indiqué vendredi le parquet de Reims.

Le comédien Djédjé Apali, que la police recherchait pour disparition inquiétante, s’est «selon toute hypothèse» suicidé en juillet 2019, a indiqué vendredi le parquet de Reims après que de récentes comparaisons dentaires ont permis d’identifier «formellement» le corps.

Selon un communiqué du parquet, le commissariat de Reims a été informé le 13 juillet 2020 de la disparition du comédien, né en 1975 et connu notamment pour son rôle dans le Gang des Antillais de Jean-Claude Barny en 2016.

Selon sa mère, l’acteur, demeurant à Reims, n’avait plus donné de nouvelles depuis décembre 2019.

Ni l’enquête pour disparition inquiétante, ni l’appel à témoins n’ont permis de le retrouver, «malgré de nombreuses investigations (téléphone, perquisition, comptes bancaires..)», a relevé le parquet.

Mais les enquêteurs ont retrouvé, «par recoupement», «un dossier de mort violente qui avait eu lieu en gare de Bezannes (Marne), le 12 juillet 2019, où une personne s’était manifestement jetée sous un train et n’avait pu être depuis lors identifiée.»

«Une expertise odontologique a été pratiquée il y a quelques jours qui, après comparaison entre le dossier dentaire de M. Apali et les constatations dentaires faites sur le cadavre en juillet 2019, a permis formellement à l’expert d’indiquer que le corps retrouvé était bien celui de M. Djédjé Apali», poursuit le parquet.

L’enquête se poursuit en recherche des causes de la mort, «notamment pour procéder aux ultimes vérifications formelles permettant de confirmer les circonstances (de son) décès, selon toute hypothèse par suicide».

Par Le Figaro avec AFP

Jerusalema, tube mondial devenu l’hymne du confinement

novembre 12, 2020

Sorti en décembre, le morceau inspiré du gospel et aux paroles en zoulou, a incité des centaines de personnes à poster des vidéos dans lesquelles elles dansent. Dimanche, le titre a raflé le prix du meilleur morceau africain aux prix MTV Europe.

Quand le coronavirus a forcé des milliards de personnes à se confiner, un morceau dansant inspiré du gospel et aux paroles en zoulou a rapproché les gens via les réseaux sociaux, remontant un moral en berne à travers la planète. À ce jour, Jerusalema a été vu plus de 230 millions de fois sur Youtube en moins d’un an.

Son rythme entraînant a incité des centaines de personnes à poster des vidéos dans lesquelles elles dansent, tout sourire, sur son énergie positive, inspirée de la prière disent ses créateurs.

Comme ce gamin sud-africain qui saute du canapé dès les premières notes pour se déhancher frénétiquement, suscitant l’hilarité de sa mère qui le filme. Ou cette chorégraphie soigneusement exécutée par un groupe de gardes forestiers, blancs et noirs, tous en uniforme beige chemisette et bermuda, dans une réserve animalière du pays.

Partout dans le monde, soignants devant leur hôpital, mineurs autour de leur camion, religieux un poil raides ou convives au restaurant se sont pris au jeu. Jusqu’au président sud-africain, Cyril Ramaphosa, qui avait invité ses compatriotes à participer à ce «défi Jerusalema» à l’occasion d’un jour férié en septembre.

«Les retours ont été impressionnants», reconnaît le DJ sud-africain de 24 ans Master KG, qui a coécrit et enregistré le morceau avec la chanteuse Nomcebo Zikode.

Arme antidéprime

Pour Lucius Banda, organisateur du festival Sand Music organisé sur les rives du Lac Malawi au début du mois, Jerusalema est devenu «l’hymne du Covid», comme une épidémie de bonne humeur dans une période sombre.

Dimanche, il a raflé le prix du meilleur morceau africain aux prix MTV Europe, face à des poids lourds du continent, le jeune rappeur nigérian Rema, son compatriote star d’afropop Burna Boy ou encore le Congolais Gaz Mawete. «Nous sommes si fiers de nos ambassadeurs, qui représentent la patrie de manière si rassembleuse et sans précédent», a twitté le ministre sud-africain de la Culture, Nathi Mthethwa.

Le morceau est sorti fin 2019 mais les défis de danse, sur Tik Tok pour les ados, Twitter pour les adultes, et le remix en juin de Burna Boy qui cartonne aussi, lui ont valu un succès au long cours.

Master KG, dont le vrai nom est Kgaogelo Moagi, s’efforce pourtant de mener une «vie normale». «Je ne me prends pas pour Superman», confie-t-il à l’AFP, bandeau sur le front, en marge du festival au Malawi. «Je sais que j’ai en ce moment l’un des plus gros tubes dans le monde», dit-il, «mais ça ne change pas qui je suis, comment je regarde le monde, les gens. C’est de la musique».

Raphael Loopro, un musicien allemand en concert au Malawi pendant le même festival, souligne que si la pandémie n’avait pas fermé tant de frontières, Master KG serait actuellement en tournée mondiale, plutôt que quelques concerts ici et là.

Mais le DJ, star modeste, «n’avait même pas l’air de savoir que son tube était numéro un en Allemagne», sourit-il, soulignant qu’aucun morceau africain n’a atteint une telle popularité dans son pays depuis trente ans.

Par Le Figaro avec AFP