Archive for the ‘Cinéma’ Category

États-Unis:Trump s’en prend à Hollywood et ses élites «racistes»

août 9, 2019

 

Donald Trump s’en est violemment pris vendredi à Hollywood, «raciste au plus haut degré» selon le président américain, qui semble viser, sans le nommer, un film controversé dans lequel de riches «libéraux» organisent des chasses à l’homme pour tuer des «gens normaux».

Intitulé «The Hunt» (La Chasse), le film en question, qui doit sortir fin septembre aux Etats-Unis, est qualifié de satire ultra-violente de la profonde fracture politique divisant républicains et démocrates. Le concept: des gens du peuple, enlevés dans des bastions traditionnels du parti républicain de Donald Trump (Wyoming, Mississippi…), se réveillent dans un champ, en territoire inconnu. Ils sont traqués par des chasseurs issus de «l’élite» fortunée, qui les abattent impitoyablement pour se donner le frisson. Le film a déjà suscité la polémique après les récentes fusillades ayant endeuillé les Etats-Unis et les studios Universal ont suspendu sa promotion.

«Le Hollywood libéral est raciste au plus haut point, et avec une grande colère et de la haine!», a tweeté Donald Trump. «Le film qui va sortir cherche à allumer le feu et à provoquer le chaos», a-t-il ajouté, sans toutefois explicitement citer «The Hunt». «Ils créent leur propre violence et ensuite ils rejettent la responsabilité sur les autres. Ce sont eux les vrais racistes et ils sont très mauvais pour notre pays», a conclu le président américain, lui-même régulièrement accusé de racisme.

Dans «The Hunt», les riches chasseurs appellent parfois leurs proies les «déplorables», un terme employé durant la campagne présidentielle de 2016 par Hillary Clinton pour désigner les militants de Trump les plus extrémistes. «Nous payons pour tout, donc ce pays nous appartient», lance l’un des personnages dans la bande-annonce du film, dont les vedettes sont Hilary Swank et Betty Gilpin. Si l’on en croit son synopsis officiel, le film n’est pas complètement à l’avantage des privilégiés libéraux, puisque l’une des proies se rebiffe et traque à son tour ses tortionnaires, les éliminant les uns après les autres.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Parasite de Bong Joon-Ho remporte la palme d’or du 72e Festival de Cannes

mai 25, 2019

Parasite de Bong Joon-Ho remporte la palme d’or du 72e Festival de Cannes

Bong Joon-Ho a été couronné de la prestigieuse récompense pour cette 72e édition sous le regard d’Alejandro Gonzales Inarritu et Catherine Deneuve. STEPHANE MAHE/REUTERS

 

Le film de Bong Joon-Ho, digne représentant de la Nouvelle Vague sud-coréenne, a reçu la prestigieuse récompense à l’issue de la 72e édition du Festival de Cannes. Attribué à l’unanimité par le jury , le prix lui a été remis par Catherine Deneuve.

CocoriCorée! En remettant à l’unanimité la palme d’or à Bong Joon-ho, le Président Alejandro Gonzales Inarritu a mis tout le monde d’accord. Les membres de son jury d’abord, constitués en grande partie de réalisateurs et réalisatrices a priori peu dociles et un peu au parfum en matière de mise en scène: Pawel Pawlikowski, Maïmouna N’Diaye, Yorgos Lanthimos, Kelly Reichardt, Robin Campillo, Alice Rohrwacher, plus le dessinateur Enki Bilal et l’actrice Elle Fanning. On aurait voulu être une petite souris dans ce panier de crabes.

Satire sociale et suspense

La critique et les festivaliers ensuite ne trouveront pas grand-chose à redire à ce lauréat. Parasite , présenté mardi 21 mai, a fait son nid dans les esprits, malgré la concurrence de Tarantino et de son Once Upon a Time présenté le même jour. Les deux réalisateurs ont d’ailleurs fait la même requête à la presse: ne pas divulgâcher l’intrigue de leurs films respectifs. Avec Parasite, Bong Joon-ho, 49 ans, confirme qu’il est un raconteur d’histoire diabolique, un grand metteur en scène et un observateur acéré de son pays, la Corée du Sud, société matérialiste et ultralibérale qui singe les Etats-Unis avec un ridicule et une absence de scrupules terrifiants.

Parasite mêle satire sociale et suspense avec une maestria impressionnante. Dans un appartement en sous-sol, la famille Ki-taek vivote en fabriquant des emballages de carton à pizza. Les parents et les deux grands enfants sont au chômage. Un jour, le fils se fait recommander par un ami pour donner des cours d’anglais à la fille d’une famille riche. Les Park habitent une grande maison d’architecte. L’adolescente tombe amoureuse de son professeur particulier. Son petit frère passe son temps à jouer aux Indiens. Le père est le PDG d’une multinationale. La mère est une desesperate housewife un peu gourde. «Elle n’est pas riche mais gentille, elle est gentille parce qu’elle est riche», dira Madame Ki-taek qui a pris la place de l’ancienne gouvernante, allergique aux pêches – le détail a son importance.

Avant elle, sa fille et son mari ont aussi trouvé du travail chez les Park par des moyens que la morale réprouve. Salauds de pauvre. Ils trimballent une odeur de «vieux radis», de «torchon sale». Ils ne respectent rien. À peine les Park partis en vacances, les Ki-taek prennent leurs aises. Ils se soûlent au whisky sur le canapé douillet. C’est sans compter la gouvernante précédente qui vient sonner à la porte. Voilà, on ne racontera pas plus l’intrigue.

Le retour en force du cinéma de genre

Disons simplement que la belle maison moderne de Parasite est la métaphore d’un pays où les pauvres vivent comme des rats relégués au sous-sol. Quand ils remontent à la surface, ils laissent exploser une colère noire ou jaune, avec ou sans gilet. Cette lutte des classes verticale succède à celle horizontale du train dystopique de Snowpiercer, Le Transperceneige (2013), premier film de Bong Joon-ho, en anglais qui lui vaut un bras de fer avec Harvey Weinstein, distributeur de l’œuvre aux États-Unis, décidé à réduire la parabole à un film d’action bas du front. Le réalisateur sud-coréen se bat pour maintenir sa version mais Weinstein enterre le film avec une sortie confidentielle sur le territoire nord-américain.

Avec Okja , son film suivant, Bong Joon-ho revient à Cannes en 2017. Peut-être le premier et dernier film produit par Netflix en compétition. Cette fable vegan avec un gros cochon suscite la polémique. Le président du jury Pedro Almodovar est le premier à déclarer qu’il ne se voit pas donner la Palme d’or à un film qui ne sortirait pas en salles. Depuis, Netflix est persona non grata à Cannes et Bong Joon-ho est revenu dans le circuit traditionnel et aux racines de son cinéma. Dans Parasite, on retrouve son acteur fétiche, Song Sang, le héros de son premier coup d’éclat en 2003, Memories of Murder, film de serial killer sombre et poisseux. Bong Joon-ho confirme ensuite avec The Host et Mother.

Le triomphe de Parasite symbolise le retour en force du cinéma de genre (fantastique, polar, science-fiction, néo western) cette année à Cannes. Il porte haut les couleurs de la Corée du sud, terre de cinéastes brillants depuis la fin des années 1990. Bong Joon-ho a réussi là où Lee Chang-Dong (Burning) a échoué l’an dernier. Il venge aussi Park Chan-wook, privé de Palme d’or avec Old Boy en 2004. Cette année-là, le jury présidé par Tarantino récompense Fahrenheit 9/11, de Michael Moore… Après le Japonais Hirokazu Kore-Eda, Palme d’or en 2018 avec Une affaire de famille, déjà l’histoire d’une famille de «parasites» dans une maison, la reconnaissance de Bong Joon-ho enfonce le clou: le cinéma venu d’Asie est l’un des plus passionnants du moment. Enfin, dernière bonne nouvelle, Parasite sort dans les salles françaises dès le 5 juin. Que demande le peuple?

Le Figaro.fr par Etienne Sorin

France: Décès du cinéaste Jean-Claude Brisseau

mai 11, 2019

 

Le cinéaste Jean-Claude Brisseau, auteur d’une douzaine de films dont Noce blanche, est décédé samedi à Paris à l’âge de 74 ans, a-t-on appris dans son entourage.

Le réalisateur et scénariste est décédé dans un hôpital des suites d’une longue maladie. Condamné en 2005 pour harcèlement sexuel, il avait été dernièrement rattrapé par le mouvement #metoo, la Cinémathèque annulant fin 2017 la rétrospective qu’elle devait lui consacrer.

Son film Noce blanche, sorti en 1989, restera son plus grand succès (plus de 1,8 million d’entrées). Il y fit tourner pour la première fois la toute jeune Vanessa Paradis, qui obtint pour ce long-métrage le César (récompense du cinéma français) du meilleur espoir féminin.

Auparavant il avait réalisé De Bruit et de Fureur, un autre film choc, sur la banlieue. En 2012 La Fille de nulle part lui valut le Pardo d’oro (Léopard d’Or) du Festival du film de la ville suisse de Locarno.

Que le diable nous emporte était son dernier film, sorti début 2018.

Le Figaro.fr avec AFP

Droit d’auteur et numérique: les mots pour comprendre la nouvelle directive européenne

septembre 12, 2018

Le texte soulève un débat sur les bénéfices ou les dangers qu’il aurait pour la culture sur Internet.

Le Parlement européen a finalement adopté, mercredi 12 septembre, une directive qui doit adapter le droit d’auteur à l’heure du numérique. Ce vote a lieu après une campagne intense de lobbying à propos de ce texte, dont une première version avait été rejetée par le Parlement en juillet.

Pour les partisans de la directive — industries culturelles, médias, artistes… —, elle est en effet nécessaire pour assurer une meilleure rémunération des créateurs et des éditeurs dans l’économie actuelle d’Internet. Pour les opposants — les grandes entreprises du Web et les défenseurs des libertés numériques —, il s’agit d’un texte européen dangereux à la fois pour leur business et pour leur fonctionnement, ainsi que pour la liberté d’expression.

Pour bien comprendre les enjeux liés à ce texte (qui doit encore être négocié entre la Commission, le Conseil européen et le Parlement européen, avant d’être traduit dans les législations nationales de chaque pays membre de l’UE), voici un lexique des mots et expressions qui reviennent le plus souvent à son sujet.

Le contenu de la directive européenne :   Que peut-elle changer pour les internautes ?

Article 11

Cet article de la directive européenne crée le principe d’un « droit voisin » dont pourront se réclamer les entreprises de presse. Il contraint les grandes plates-formes du numérique à rémunérer les médias lorsqu’elles affichent des extraits d’articles ou d’autres contenus sur leurs services.

Tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad :   les « droits voisins », une question de vie ou de mort

  • Droits voisins

Le droit d’auteur est un droit de propriété intellectuelle sur une œuvre de l’esprit. Les « droits voisins du droit d’auteur » peuvent être accordés à des personnes physiques ou morales qui jouent un rôle dans la création de cette œuvre de l’esprit, sans en être directement l’auteur : les entreprises de presse sont concernées, car elles permettent à des journalistes de publier des articles de presse, sans en être directement l’auteur. Celles et ceux qui bénéficient d’un « droit voisin » peuvent toucher des droits patrimoniaux lorsque l’œuvre est utilisée, et ont un droit moral sur le respect de l’œuvre. Ils existent déjà dans la musique pour les artistes interprètes et les producteurs, par exemple.

En réponse à Sammy Ketz :   « Le “droit voisin” est une hydre à multiples têtes »

  • Snippets et « mots individuels »

Un élément clef des débats sur l’article 11 consiste à définir ce qui constitue, ou non, une « exploitation » d’un article de presse. Le texte adopté vise assez spécifiquement les « snippets », c’est-à-dire de courts extraits d’un article qui sont affichés par exemple lorsqu’on les partage sur Facebook ou qu’on parcourt Google Actualités. L’article 11, dans la version adoptée mercredi 12 septembre, précise toutefois que les liens seuls ne sont pas concernés, et que ces derniers peuvent être accompagnés de « mots individuels » — une notion floue que les Parlements nationaux devront vraisemblablement préciser.

Article 13

Cet article vise à contraindre les grandes plates-formes d’Internet (Google, Facebook…) à négocier des accords avec les titulaires de droits — ce qui est déjà largement le cas, mais les ayants droit estiment que ces accords leur sont défavorables. A défaut d’accord, les grandes plates-formes devront s’engager à empêcher leurs utilisateurs de publier des contenus protégés par le droit d’auteur.

  • Blocage automatique

Très critiqué, le principe d’un blocage automatique de tous les contenus ne respectant pas le droit d’auteur est déjà en place sur certaines plates-formes, dont YouTube. Ce système, dit « content ID », scanne automatiquement les morceaux de musique et les vidéos mis en ligne sur la plate-forme pour y détecter des « signatures numériques », théoriquement uniques et propres à chaque morceau ou vidéo. Lorsque YouTube détecte qu’une vidéo utilise du contenu soumis au droit d’auteur, il la bloque ou, si les ayants droit l’acceptent, laisse la vidéo en ligne, mais reverse une partie des revenus qu’elle génère aux détenteurs originaux des droits.

La tribune du chercheur Félix Tréguer :   l’affrontement factice des deux têtes du capitalisme informationnel

  • Exceptions au droit d’auteur

Les adversaires de l’article 13 notaient que les systèmes de filtrage automatique ne respectent que très partiellement les droits des internautes sur les exceptions au droit d’auteur. Dans la plupart des pays européens, la loi prévoit notamment des dérogations plus ou moins étendues pour les parodies, les remix, ou le droit de citation.

 

Lemonde.fr

États-Unis: Décès de Burt Reynolds, vedette de « Délivrance » et « Boogie Nights »

septembre 6, 2018

Los Angeles – L’acteur américain Burt Reynolds, vedette d’Hollywood dans les années 70 et 80, est mort jeudi à l’âge de 82 ans, a annoncé son agent cité par la presse.

Le comédien, né en 1936, était particulièrement connu pour son rôle dans « Délivrance », en 1972 aux côtés de Jon Voight et avait également donné la réplique à Mark Wahlberg dans le film de Paul Thomas Anderson « Boogie Nights » (1997).

L’acteur américain était également la vedette du film « Cours après moi shérif » (1977).

Burt Reynolds est décédé dans un hôpital en Floride, a confirmé au Hollywood Reporter son manager Erik Kritzer.

L’acteur, ayant débuté sa carrière à la fin des années 50, était aussi passé derrière la caméra, réalisant plusieurs films dans les années 70 et 80.

En 1998, Burt Reynolds est nommé pour l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle pour son interprétation de Jack Horner, un producteur de films pornographiques dans le long métrage « Boogie Nights ». S’il n’obtient pas le fameux sésame, il gagne, cette année-là, un Golden Globe pour ce même film.

L’acteur, à la moustache impeccable, avait été salué l’an dernier par la critique pour sa prestation dans le film indépendant « The Last Movie Star ».

Romandie.com avec(©AFP / 06 septembre 2018 19h50)

Mort du prolifique dramaturge américain Neil Simon à 91 ans

août 26, 2018

Le dramaturge Neil Simon, le 10 janvier 2005 à New York / © Getty Images North America/Getty Images/AFP/Archives / Paul Hawthorne

Le prolifique dramaturge et producteur américain Neil Simon, qui a obtenu davantage de nominations aux Oscars et aux Tony, les récompenses américaines du théâtre, qu’un quelconque autre auteur, est mort dimanche à 91 ans, a déclaré à l’AFP un ami de longue date.

Ce natif de New York, qui a grandi pendant la Grande Dépression, a succombé vers 1 heure du matin (5H00 GMT) dans un hôpital de la mégalopole à des complications liées à une pneumonie, a expliqué à l’AFP Bill Evans, un ami proche et son agent pendant trente ans, jusqu’en 2006.

Son épouse, sa fille et son petit-fils se trouvaient à ses côtés, a-t-il ajouté.

Cette légende du théâtre américain a écrit des succès auprès des critiques et des guichets de vente de billet, comme « Drôle de couple » (1965), « Pieds nus dans le parc » (1963) et « Lost in Yonkers » (1990) ou encore la pièce « The Sunshine Boys » (1974).

Le magazine Time a rendu hommage à l’auteur de plus de trente pièces de théâtre, une vingtaine de scénarios et cinq comédies musicales, le qualifiant de « Saint patron du rire ».

Plusieurs de ses oeuvres au théâtre ont été adaptées pour le cinéma ou la télévision, à l’instar de « Adieu, je reste » (1977) qui a valu à Richard Dreyfuss de remporter l’Oscar du meilleur acteur, et de « Drôle de couple » (1968) avec Walter Matthau et Jack Lemmon.

Si plusieurs de ses créations étaient plutôt sombres, on lui attribue néanmoins le façonnement de la comédie aux Etats-Unis dans les années 1960 et 1970, dans une veine assez similaire à celle du réalisateur Woody Allen.

Il était connu pour être un roi de la comédie, saupoudrant allègrement ses pièces et scénarios de traits humoristiques percutants.

Ses écrits évoquaient beaucoup les vicissitudes de la vie quotidienne des classes moyennes dans les grandes villes, explorant ce qu’il aimait à appeler les « guerres domestiques » et les conflits familiaux. Puisant dans ses souvenirs d’enfance dans le quartier du Bronx, dans une famille peu argentée.

« C’était un écrivain et un artiste qui ne pouvait s’empêcher d’aller dans son for intérieur pour puiser de nouvelles choses. Comme pour tout artiste créatif, il avait cette compulsion à explorer davantage », a raconté M. Evans. « Il écrivait chaque jour ».

Simon avait fait parler de lui pour la première fois au début des années 1960 avec « Pieds nus dans le parc », sur un couple marié qui se chamaille, et « Drôle de couple » dont le titre original en anglais est « Old couple ».

« L’expression +Old Couple+ est désormais utilisée dans tellement de contextes différents », a relevé M. Evans.

Puis, dans les années 1980, Neil Simon a écrit une trilogie en partie autobiogaphique: « Brighton Beach Memoirs », « Biloxi Blues » et « Broadway Bound ». Anne Bancroft, Matthew Broderick ou encore Christopher Walken sont notamment à l’affiche.

En 1983, il a eu le rare honneur d’avoir un théâtre baptisé de son nom au coeur de Manhattan, le Neil Simon Theatre.

Tout au long de sa carrière, il a remporté un prix Pulitzer –en 1991 pour « Lost in Yonkers »–, un Golden Globe et trois Tony.

Romandie.com avec(©AFP / (26 août 2018 22h25)

Une actrice syrienne anti-Assad inhumée en France

août 3, 2018

May Skaf, ici à Paris le 19 août 2017, avait été l’une des premières artistes syriennes à avoir pris position contre le régime de Bachar al-Assad / © AFP / Zakaria ABDELKAFI

L’actrice May Skaf, l’une des premières artistes syriennes à avoir pris position contre le régime de Bachar al-Assad, décédée à 49 ans le week-end dernier en banlieue parisienne, a été enterrée vendredi au sud-ouest de Paris.

Cinq à six cents personnes, dont des personnalités syriennes du monde du cinéma et de la culture, ont assisté aux obsèques vendredi après-midi au cimetière de la commune de Dourdan, où flottaient de nombreux drapeaux de l’opposition syrienne.

Le cercueil de cette artiste réputée, qui avait quitté son pays après une brève détention en 2013, gagnant la Jordanie, puis la France où elle vivait avec son fils Jude al-Zoabi, était recouvert du drapeau vert-blanc-noir à étoiles rouges, a constaté un correspondant de l’AFP.

« Ce sera un lieu de repos temporaire (…) jusqu’à ce que l’on rentre tous dans notre Syrie, démocratique, juste et libre », avait indiqué Jude al-Zoabi il y a quelques jours sur Facebook.

« Je suis sûr que May n’a jamais imaginé où son chemin la mènerait. Elle croyait en ses idées et a emprunté le chemin qui respecte ses principes. Je ne sais pas si elle savait qu’elle allait devoir renoncer à sa carrière artistique et à ses intérêts en Jordanie », a-t-il dit vendredi dans son éloge funèbre.

« May est devenue une star car elle a refusé la gloire. Elle a refusé de gagner de l’argent et de travailler avec des gens qui l’exploitent », a-t-il aussi affirmé.

L’actrice a été retrouvée morte dans la nuit de dimanche à lundi chez elle à Dourdan. Son domicile avait aussitôt été mis sous scellés et une enquête ouverte, mais l’autopsie a conclu à une mort naturelle, due à un anévrisme, a-t-on appris auprès de ses proches.

May Skaf vivait à Dourdan depuis 2015, hébergée dans la ville avec son fils, comme plusieurs autres réfugiés syriens, selon la maire de la ville Maryvonne Boquet.

La Syrienne May Skaf, ici à Paris en décembre 2016, avait quitté son pays après une brève détention en 2013, gagnant la Jordanie, puis la France où elle vivait avec son fils / © AFP / Zakaria ABDELKAFI

A l’été 2012, elle avait passé trois jours en détention en Syrie après avoir participé à une manifestation d’intellectuels anti-Assad à Damas. Puis elle avait de nouveau été brièvement interpellée par les forces du régime en 2013.

Elle avait ensuite trouvé refuge en Jordanie, avant de s’envoler pour Paris.

Sur sa page Facebook, le dernier commentaire publié par May Skaf avant sa mort évoquait la Syrie : « je ne perdrai pas espoir … je ne perdrai pas espoir. C’est la Syrie majestueuse, pas la Syrie d’Assad ».

« Ce qui est triste, c’est que Bachar al-Assad a réussi à tuer environ des centaines de milliers de Syriens à l’intérieur de la Syrie. Et il réussit malheureusement à les tuer à l’étranger. Bachar al-Assad est le seul responsable des malheurs des Syriens. La mort de May fait partie de cet accablant malheur syrien », a lancé à Dourdan l’auteure syrienne Dima Wannous, une proche de May Skaf.

« May était militante et pas seulement une artiste. Elle a réussi à gagner une voix influente auprès des Syriens, vu sa sincérité et son dévouement à sa cause et aux valeurs nobles », a souligné l’acteur syrien Fares Helou, également proche de la défunte, connue principalement pour son rôle dans Khan al-Harir, une série télévisée dans laquelle elle incarnait une femme organisant des manifestations.

La Syrie est ravagée par la guerre depuis 2011. Plus de 350.000 personnes ont été tuées depuis 2011 dans ce conflit, qui est devenu plus complexe avec l’implication de pays étrangers et de groupes jihadistes sur un territoire morcelé.

Romandie.com vec(©AFP / 03 août 2018 18h26)

Au Nigeria, la ruée vers le Nollywood en ligne

juin 16, 2018

Les monteurs vidéo David Adeoti (gauche) et Jolaosho Oladimeji (droite) dans les locaux de Iroko tv, pionnier de la distribution de contenus en ligne, à Lagos, le 27 mars 2014 / © AFP/Archives / PIUS UTOMI EKPEI

La blogueuse glamour Linda Ikeji, la cinéaste Chioma Ude, le startupper Jason Njoku… Ces Nigérians n’ont a priori pas grand chose en commun, si ce n’est la même ambition: devenir le futur Netflix africain en popularisant l’accès aux films de Nollywood en ligne.

Avec près de quatre milliards de dollars de revenus et près de 2.000 films produits chaque année, l’industrie cinématographique nigériane a explosé pour devenir la deuxième au monde après Bollywood et devant Hollywood.

Start-ups locales et stars de Nollywood ont compris l’intérêt de distribuer autrement ces films très populaires sur le continent africain, où les cinémas restent rares. Jusqu’ici, la création nollywoodienne se vend surtout à la sauvette, sur des DVD piratés pour un ou deux dollars, dans les embouteillages des grandes villes.

Face à un marché plein de promesse, les plateformes de vidéo à la demande fleurissent et à Lagos, capitale de la production cinématographique, la concurrence s’annonce déjà féroce.

Linda Ikeji, icone des réseaux sociaux, a lancé ce week-end en grandes pompes LITV (Linda Ikeji Tv), qui propose, pour 1.000 nairas (2,3 euros) par mois, des dizaines de films, séries et shows inspirés d’émissions américaines à la sauce Nollywood.

« Nous espérons être à l’Afrique ce que Netflix est au monde », explique l’ambitieuse blogueuse sur sa page Instagram, qui frôle les deux millions d’abonnés.

Elle promet du glamour, de la provocation et de la comédie, notamment avec des émissions de téléréalité comme « Femmes de footballeurs » ou encore « Highway Girls of Eko », une série sur la « vraie vie des prostituées de Lagos ».

– Forte progression d’utilisateurs –

La femme d’affaire de 37 ans, qui a fait fortune grâce aux revenus publicitaires de son site, où elle commente l’actualité et la vie privée des « people », affirme avoir investi « un demi-milliard de nairas » (1,2 million d’euros) sur fonds propres. Si elle achète une partie des vidéos, elle s’est également lancé la création de contenu original avec ses propres studios à Lagos.

D’ici décembre, la société nigériane Envivo, associée au géant américain des télécoms Cisco, devrait à son tour se lancer avec un projet à plus de 20 millions de dollars, a confié à l’AFP la cinéaste Chioma Ude, directrice du marketing chez Envivo.

« Cisco veut marquer son empreinte en Afrique, et en tant que partenaire technique, ils fourniront le réseau et la technologie nécessaire pour offrir le meilleur service possible », explique la fondatrice du Festival international du film africain (AFRIFF)de Lagos.

Reste à trouver un modèle économique viable pour les promoteurs du Nollywood en ligne, alors que la faible couverture de l’Internet haut débit reste un frein important.

Seuls 34% des Africains ont aujourd’hui accès à Internet, contre plus de 50% dans le reste du monde, bien que l’Afrique soit la région qui a affiché la plus forte progression d’utilisateurs d’Internet l’an dernier, notamment grâce aux téléphones portables (rapport Global Digital 2018).

The co-founder and CEO of Iroko television Jason Njoku, cofondateur et PDF d’IrokoTv, pionnier de la distribution en ligne, à Lagos, le 27 mars 2014 / © AFP/Archives / PIUS UTOMI EKPEI

Mais selon Serge

Noukoué, organisateur de la Nollywood Week à Paris, « aujourd’hui, le consommateur (africain) paye au cas par cas pour voir un film, et le moins possible ».

« Même IROKOtv, pionnier sur le continent, ne fait pas véritablement de profits (…). Ils ont eu beaucoup de succès dans les levées de fonds mais ce que rapportent réellement les abonnés est moins probant », assure-t-il.

– « Pari sur l’avenir » –

Fondé par le trentenaire nigérian Jason Njoku en 2010, Iroko a réussi à attirer au départ près de 23 millions d’euros de capital-risque étranger et s’est remplumé il y a deux ans à hauteur de 19 millions de dollars, en s’associant notamment au groupe français Canal+.

Mais il a fait l' »erreur » de miser au départ sur le streaming: « ça ne pouvait tout simplement pas marcher. Les coûts des données étaient prohibitifs tout comme l’accès au haut-débit dans de vastes zones du continent », explique Jason Njoku à l’AFP.

En 2016, la start-up a alors « complètement repensé » son offre, en créant une application moins gourmande en données, et qui permet de télécharger gratuitement des fichiers vidéos sur portable, sans passer par les opérateurs téléphoniques.

Iroko a également sous-titré ses films en français, en swahili et en zoulou, pour les rendre plus accessibles dans les autres pays africains et s’est lancé dans la production de films et d’émissions originaux.

D’autres concurrents aux offres très accessibles ont émergé ces dernières années, avec par exemple le Kenyan BuniTV (5 dollars par mois) ou depuis 2014 le Sud-africain Africa Magic Go (8 dollars par mois).

« Si les plateformes en ligne ne rapportent pas encore d’argent, elles sont un pari sur l’avenir, pour quand les connexions seront meilleures », estime Serge Noukoué. « Beaucoup de projets ont vu le jour, mais il n’y aura pas de place pour tout le monde sur le marché à terme. La concurrence va être terrible »

Les géants du secteur comme l’Américain Netflix, qui s’est lancé dans les 54 pays africains début 2016, pourraient sérieusement faire de l’ombre aux pionniers africains de la vidéo à la demande dans les prochaines années.

« Netflix n’a pas encore pas de véritable stratégie en Afrique, mais s’il se met à produire du contenu africain original, cela va bouleverser la donne », souligne M. Noukoué. « Il a des moyens considérables que les autres n’ont pas ».

Romandie.com avec(©AFP / 16 juin 2018 10h43)

États-Unis: un grand jury confirme l’inculpation de Weinstein pour viol et agression sexuelle

mai 31, 2018

/ © POOL/AFP / Steven Hirsch

Un « grand jury » new-yorkais a validé mercredi l’inculpation de Harvey Weinstein pour un viol et une fellation forcée, une étape supplémentaire vers un éventuel procès pour le producteur déchu.

M. Weinstein, accusé depuis l’automne par près d’une centaine de femmes d’abus sexuels allant du harcèlement au viol, avait été inculpé pour la première fois vendredi par la police new-yorkaise pour un viol présumé commis en 2013 et une fellation forcée sur une actrice en 2004.

Le producteur de 66 ans avait ensuite été présenté à un juge et remis en liberté, moyennant une caution d’un million de dollars, le port d’un bracelet électronique et des déplacements limités aux États de New York et du Connecticut.

Mais les preuves réunies contre lui par le procureur de Manhattan devaient encore être validées par un « grand jury », un panel de jurés qui, selon le système judiciaire américain, doit vérifier que les preuves sont suffisantes pour une inculpation.

C’est ce qui s’est passé mercredi lorsque le panel « a voté pour inculper Harvey Weinstein », a indiqué le procureur de Manhattan, Cyrus Vance, dans un communiqué.

Cette décision « rapproche l’accusé du moment où il devra répondre des crimes dont il est inculpé », a ajouté M. Vance, en rappelant néanmoins que l' »enquête était toujours en cours » et en appelant toute victime potentielle de Weinstein à contacter ses services.

L’avocat de Weinstein, Ben Brafman, avait contesté d’avance la décision du grand jury, qu’il avait dénoncée comme « inévitable » au vu de « la pression politique injuste » pesant sur le procureur pour poursuivre Weinstein. Une pression exercée notamment par le mouvement anti-harcèlement #MeToo, qui a fait chuter des dizaines d’hommes de pouvoir aux États-Unis depuis cet automne.

Brafman avait expliqué plus tôt mercredi qu’Harvey Weinstein ne témoignerait pas devant ce grand jury, faute d’avoir pu préparer correctement son audition.

Ce ténor du barreau new-yorkais reprochait notamment au procureur de ne lui avoir fourni les détails correspondant aux deux accusations que vendredi soir, à la veille d’un long week-end férié aux États-Unis, et d’avoir refusé de reporter la convocation du grand jury.

M. Brafman a aussi jugé le transfert tardif d’informations par le procureur d’autant plus « troublant » que l’accusation de viol émanerait selon lui d' »une femme avec qui M. Weinstein a eu une relation sexuelle consentie pendant 10 ans, qui s’est poursuivie après la plainte de viol pour 2013″.

La police et le procureur n’ont jusqu’ici donné aucune information sur l’identité de cette accusatrice. L’accusation de fellation forcée émane en revanche d’une personnalité qui avait déjà rendu publiques ses allégations, Lucia Evans, aspirante actrice au moment des faits présumés en 2004.

L’acte d’inculpation validé mercredi par le grand jury, très bref, ne donne aucun détail nouveau sur les accusations contre M. Weinstein ou l’identité des victimes.

Il confirme les trois chefs d’accusation retenus vendredi par la police, deux pour viol et un pour agression sexuelle.

En cas de condamnation, ils pourraient valoir entre 5 et 25 ans de prison au producteur.

M. Brafman a réaffirmé, comme il l’avait dit vendredi, que Weinstein entendait « plaider non coupable et se défendre vigoureusement face à ces accusations non étayées qu’il dément fermement ».

La prochaine audience dans cette affaire est prévue pour le 30 juillet.

Romandie.com avec(©AFP / 31 mai 2018 13h02)                  

États-Unis: Weinstein inculpé pour viol et agression sexuelle à New York

mai 25, 2018

Harvey Weinstein se présente le 25 mai 2018 à un commissariat du sud de Manhattan, à New York / © AFP / Don EMMERT

Le producteur de cinéma déchu Harvey Weinstein, accusé par des dizaines de femmes d’agressions sexuelles, a été inculpé vendredi à New York pour un viol et une agression sexuelle, pour la première fois depuis la publication des allégations contre lui il y a sept mois.

M. Weinstein, 66 ans, en veste bleu marine sur pull bleu et chemise claire, trois livres sous le bras, était arrivé peu avant 07H30 locales (11H30 GMT) au commissariat du sud de Manhattan, non loin de là où il avait un temps des bureaux.

L »ex-producteur, qui a été accusé d’abus sexuels par une centaine de femmes, déclenchant le mouvement #MeToo, en est ressorti une heure et demie plus tard les mains dans le dos, apparemment menotté. Il était encadré par un homme et une femme qui sont entrés avec lui dans une grosse voiture noire, en partance pour le tribunal de Manhattan situé non loin de là, où il devait être présenté à un juge.

Attendu par des dizaines de caméras du monde entier, il n’a fait aucune déclaration.

– Bracelet électronique –

La police new-yorkaise a précisé peu après qu’il avait été inculpé pour un viol et une agression sexuelle sur deux femmes distinctes, sans donner d’autres détails.

Selon plusieurs médias américains, l’accusation d’agression sexuelle émanerait de Lucia Evans, une femme qui a témoigné publiquement dans le passé que Weinstein l’avait forcée en 2004 à lui faire une fellation.

Quant à l’accusation de viol, elle concernerait une femme encore non identifiée dont les allégations n’avaient jusqu’ici pas été rendues publiques, selon certains médias.

Weinstein, qui est représenté par le célèbre avocat new-yorkais Benjamin Brafman, le même qui avait obtenu en 2011 l’abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire du Sofitel, a toujours démenti avoir eu des rapports sexuels « non consentis ».

Après son inculpation, Weinstein devrait être remis en liberté moyennant une caution d’un million de dollars, le port d’un bracelet électronique et la remise de son passeport, aux termes d’un arrangement entre ses avocats et le procureur, selon le New York Times.

Depuis la publication des premières accusations contre le producteur par le New York Times et le New Yorker début octobre 2017, Harvey Weinstein a été accusé par une centaine d’actrices –dont Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow et Asia Argento–, de mannequins et d’ex-employées d’abus sexuels allant du harcèlement au viol.

Au fil des révélations du New York Times et du New Yorker, récompensés par le prix Pulitzer pour leurs enquêtes, il est apparu que Weinstein avait usé de son pouvoir, pendant près de 40 ans, pour obliger de jeunes actrices ou aspirantes actrices à céder à ses fantasmes sexuels, se faisant parfois aider par ses employés et achetant le silence de certaines victimes via des accords de confidentialité.

– « Un pas vers la justice » –

Il s’est aussi avéré que beaucoup de gens étaient au courant de son comportement, mais avaient préféré se taire souvent par peur de voir leur carrière ruinée par le producteur multi-oscarisé, longtemps vénéré pour avoir promu un cinéma original incarné par des réalisateurs comme Quentin Tarantino.

Les révélations ont fait l’effet d’une bombe. Des centaines de femmes, sous le hashtag #MeToo, se sont mis à témoigner sur des agressions sexuelles subies souvent des années plus tôt. Le mouvement a fait chuter des dizaines d’hommes de pouvoir dans des secteurs aussi divers que le cinéma, les médias, la mode, la gastronomie ou la musique.

Jeudi, le célèbre acteur Morgan Freeman est venu s’ajouter à la liste des accusés, huit femmes affirmant qu’il les avait harcelées sexuellement. Il a présenté des excuses.

L’annonce de l’arrestation du producteur, après des mois d’enquête par le procureur de Manhattan accusé de traîner des pieds, a été saluée par plusieurs figures du mouvement #MeToo.

« J’avais un besoin viscéral de le voir menotté », a déclaré vendredi sur la chaîne ABC l’ex-actrice Rose McGowan.

Dès l’annonce de son arrestation la veille, celle qui dit avoir été violée par Weinstein au festival de Sundance en 1997 avait salué son inculpation imminente comme « un pas de plus vers la justice ».

« C’est super cathartique pour beaucoup de victimes », avait aussi réagi jeudi Tarana Burke, fondatrice du #MeToo. « Nous assistons peut-être à un changement dans la façon dont les affaires de violences sexuelles sont traitées ».

Samedi dernier, lors de la clôture du festival de Cannes, l’actrice italienne Asia Argento, devenue une figure de proue du #MeToo, avait dénoncé haut et fort Weinstein, affirmant qu’il l’avait violée lors de l’édition 1997 du festival.

Romandie.com avec(©AFP / 25 mai 2018 15h40)