Archive for the ‘Cinéma’ Category

Gaspard Ulliel est mort des suites d’un accident de ski

janvier 19, 2022

L’acteur, âgé de 37 ans, avait été transporté par hélicoptère au CHU de Grenoble, mardi après-midi, après être entré en collision avec un autre skieur.

Gaspard Ulliel, lors du 17e Festival international du film de Marrakech, le 8 décembre 2018.
Gaspard Ulliel, lors du 17e Festival international du film de Marrakech, le 8 décembre 2018. MOSA’AB ELSHAMY / AP

L’acteur français Gaspard Ulliel est mort, mercredi 19 janvier, des suites d’un accident de ski survenu la veille à La Rosière (Savoie), a annoncé sa famille dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP) par son agent. Il avait 37 ans.

Mardi, peu avant 16 heures, Gaspard Ulliel avait été transporté par hélicoptère au centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble après être entré en collision avec un autre skieur au croisement de deux pistes bleues, selon une porte-parole de la station. Selon la gendarmerie, l’état de l’acteur avait alors été jugé très critique. Une enquête a été ouverte et confiée à la compagnie républicaine de sécurité (CRS) des Alpes, a, par ailleurs, annoncé le parquet d’Albertville.

Le décès de Gaspard Ulliel a suscité un flot de réactions émues du distributeur Gaumont, de confrères comme de membres du gouvernement.

« Gaspard Ulliel a grandi avec le cinéma et le cinéma a grandi avec lui. Ils s’aimaient éperdument. C’est le cœur serré que nous reverrons désormais ses plus belles interprétations et croiserons ce certain regard. Nous perdons un acteur français », a immédiatement réagi le premier ministre, Jean Castex, sur Twitter.

« Sa sensibilité et l’intensité de son jeu faisaient de Gaspard Ulliel un acteur d’exception. Le cinéma perd aujourd’hui un immense talent. J’adresse mes condoléances à ses proches et mes pensées affectueuses à tous ceux qui le pleurent aujourd’hui », déclaré la ministre de la culture, Roselyne Bachelot.

Pierre Niney, qui avait lui aussi incarné Yves Saint Laurent à l’écran, et remporté pour ce rôle le César, s’est dit « le cœur brisé ». « Gaspard était la bienveillance et la gentillesse. La beauté et le talent », a-t-il confié sur Twitter.

César du meilleur acteur

Sa dernière apparition sur les écrans remonte à l’automne dernier où il partageait l’affiche de la comédie La Vengeance au triple galop, d’Alex Lutz, avec Leïla Bekhti et Audrey Lamy. Deux ans auparavant, il était à l’affiche du film Sibyl, de Justine Triet, avec Virginie Efira et Adèle Exarchopoulos. Le film avait été présenté en compétition au Festival de Cannes de 2019.

Devenu en quelques années un acteur phare du cinéma français, Gaspard Ulliel est au casting de la minisérie Marvel Moon Knight, prochainement diffusée sur Disney +.

Révélé à 19 ans dans Les Egarés (2003), d’André Téchiné, aux côtés d’Emmanuelle Béart, où il incarne Yvan, un garçon plutôt sauvage qui, pendant l’exode, traverse les routes de France avec deux enfants et leur mère, Gaspard Ulliel a ensuite interprété un soldat de la première guerre mondiale dans Un long dimanche de fiançailles (2004), réalisé par Jean-Pierre Jeunet, un rôle qui lui a valu le César du meilleur espoir masculin en 2005.

L’acteur avait impressionné en 2014 pour son interprétation du couturier Yves Saint Laurent dans le biopic de Bertrand Bonello. En 2017, il a décroché le César du meilleur acteur pour son rôle dans Juste la fin du monde, de Xavier Dolan. Il y incarnait un écrivain retrouvant sa famille après douze ans d’absence, à qui il venait annoncer sa mort prochaine.

« Un garçon étrange, difficile à percer »

Né le 25 novembre 1984 de parents stylistes, il a passé son enfance entre l’école et l’appartement familial, dans le centre de Paris, où il dessinait pendant des heures. C’est une amie de sa mère qui lui propose d’intégrer l’agence de comédiens qu’elle vient de créer. Il n’a que 11 ans mais obtient très vite un petit rôle dans un téléfilm.

Après quelques stages d’été au cours Florent, il s’inscrit après son bac à l’université de Saint-Denis pour des études de cinéma qu’il abandonnera d’autant plus vite que sa carrière va vite décoller. Il est remarqué par Michel Blanc qui lui offre en 2002 un rôle dans une comédie à succès, Embrassez qui vous voudrez.

En 2009, on le retrouve en fils d’Isabelle Huppert dans Un barrage contre le Pacifique, de Rithy Panh, mais aussi en rejeton de Jean Reno dans un thriller, Le Premier Cercle. En 2010, il joue Henri de Guise dans La Princesse de Montpensier, de Bertrand Tavernier.

Devenu un acteur de premier plan, il enchaîne les tournages, y compris aux Etats-Unis dans Hannibal Lecter : les origines du mal, qui conte les jeunes années du serial killer cannibale. Son premier rôle en anglais.

Un contrat signé avec la marque Chanel pour laquelle il devient l’égérie d’un parfum lui a fait dire :

« Tout à coup, j’ai eu un confort financier qui m’a permis de choisir, d’attendre, de ne pas inonder les écrans. »

Un de ses metteurs en scène, Rodolphe Marconi, qui l’a fait tourner dans Le Dernier Jour, dit de lui :

« Gaspard est un ciel bleu traversé de nuages qui n’éclatent jamais. Un garçon étrange, difficile à percer. Il a sûrement une fêlure, le jour où ça va s’ouvrir, ça va faire mal… »

L’acteur était père d’un petit garçon.

Le Monde avec AFP

Le destin tragique du premier transgenre de l’histoire de France

janvier 19, 2022

Née femme en 1838, Herculine Barbin a été la première personne à voir son identité de genre modifiée à l’état civil. Un spectacle raconte sa courte vie.

Son nom est aujourd’hui oublié, mais son histoire a inspiré de nombreux écrivains. À commencer par Hervé Guibert et Michel Foucault. La figure d’Herculine Barbin, premier transgenre de l’histoire de France, sort aujourd’hui de l’ombre grâce à la metteuse en scène Catherine Marnas, qui porte sur les planches une adaptation de ses écrits intimes. La directrice du Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (TNBA) confie avoir eu envie de consacrer un spectacle au destin tragique d’Herculine après avoir pris conscience des tourments des étudiants et étudiantes « intersexes » [naissant avec des attributs génitaux et/ou chromosomiques et/ou hormonaux appartenant aux deux sexes, NDLR] de son école de théâtre. « Je n’avais pas réalisé l’ampleur du sujet avant de voir de plus en plus de jeunes confier leurs troubles à notre jury. Je me suis demandé ce que cela racontait de notre monde », confie la dramaturge.

La vie d’Herculine Barbin a tout du drame. Elle voit le jour le 8 novembre 1838 à Saint-Jean-d’Angély, près de La Rochelle, en Charente-Maritime, et est enregistrée comme « fille » à l’état civil. Mais, à la puberté, son développement sexuel ne correspond pas à celui d’une jeune femme. Ses seins ne poussent pas. « À cet âge, où se développent toutes les grâces de la femme, je n’avais ni cette allure pleine d’abandon ni cette rondeur de membres qui révèlent la jeunesse dans toute sa fleur. […] Mes traits avaient une certaine dureté qu’on ne pouvait s’empêcher de remarquer. Un léger duvet qui s’accroissait tous les jours couvrait ma lèvre supérieure et une partie de mes joues », écrit-elle dans le carnet secret où elle note ses états d’âme.

Scandale au pensionnat

Herculine poursuit sa scolarité au couvent des ursulines de Chavagnes, dans ce pensionnat féminin qui destine ses élèves à un institut de formation pour institutrices. Là, l’héroïne tombe amoureuse de la fille de la directrice. La découverte de leur passion sera à l’origine d’un scandale qui l’obligera à quitter la région. Et c’est à Paris qu’elle mettra fin à ses jours, au printemps 1868.

Si la figure de l’hermaphrodite est connue depuis l’Antiquité, le sort des individus que l’on qualifie aujourd’hui de « non binaires » est peu abordé en littérature ou au théâtre. Dans une société où les standards sexués répondent à une assignation fondée sur le genre, la difficulté qui est la leur à s’accepter, mais aussi à trouver leur place, ne peut qu’être aggravée par ce manque de visibilité.

Une vie d’exclue

La fin tragique du mythique enfant d’Hermès et d’Aphrodite qui se vit « voler » ses attributs masculins par la naïade Salmacis dans le conte d’Ovide fait écho à la douloureuse vie d’Herculine. Réassignée « homme » en 1860 après des examens médicaux qui ont révélé chez la jeune Barbin l’existence d’un micropénis et de testicules sous-cutanés, elle sera exclue du jour au lendemain du monde féminin dans lequel elle a grandi. Deux jugements du tribunal civil de Saint-Jean-d’Angély rectifieront d’un simple trait de plume son état civil. Herculine deviendra alors Abel.

La violence de cette expérience est particulièrement destructrice. D’autant que, soupçonnée d’avoir dissimulé sa vraie identité pour « corrompre » les jeunes filles parmi lesquelles elle évoluait jusque-là, Herculine-Abel est envoyée à Paris. C’est en tant qu’employé(e) de bureau dans la Compagnie du chemin de fer d’Orléans qu’il (elle) gagnera sa vie avant d’être renvoyé(e) de ce poste et de vivre misérablement durant le reste de son existence, les places de domestique lui étant refusées.

Embauché(e), un temps, dans une institution financière, Herculine-Abel envisage de partir en Amérique. Avant de finir par se suicider dans une chambre de bonne du Quartier latin, à 29 ans… laissant sur sa table de chevet des « confessions » qui seront publiées dès 1872.

Un journal intime captivant

Si le milieu scientifique se passionne pour le dossier médical hors norme d’Herculine, la postérité n’a retenu de ce drame que son aspect graveleux. Oskar Panizza en a fait le ressort de l’intrigue d’une nouvelle sulfureuse, intitulée Un scandale au couvent, écrite en 1893 et publiée en 1914. Il faudra attendre 1978 et la création par Michel Foucault de la collection « Vies parallèles » chez Gallimard pour que le texte autobiographique rédigé par Herculine entre 1863 et 1868 fasse l’objet d’un traitement sérieux.

Les confessions d’Herculine ont inspiré à Hervé Guibert un texte (inédit), conservé aujourd’hui à l’Institut mémoires de l’édition contemporaine. Le journal intime de l’hermaphrodite a été adapté au cinéma en 1985 par le réalisateur René Féret sous le titre Mystère Alexina. Le rôle principal était tenu par l’auteur de bande dessinée Philippe Vuillemin. La même année, ce texte était porté sur scène par Alain Françon au Festival d’Avignon. Lara Bruhl y a consacré une lecture-spectacle en 2001. Anne-Sophie Juvénal a également mis en scène ce texte, en 2016.

Mais la vie de cette transgenre avant l’heure restait malgré tout confidentielle. Largement documenté par Gabrielle Houbre, historienne spécialiste en études du genre, qui a publié aux Presses universitaires de France, l’an dernier, une impressionnante biographie intitulée Les Deux Vies d’Abel Barbin, né Adélaïde Herculine (1838-1868),le tragique destin d’Herculine résonne aujourd’hui étrangement avec les préoccupations d’une certaine jeunesse.

Un rôle sur mesure pour Yuming Hey

Le spectacle que nous propose Catherine Marnas rend à l’ouvrage d’Herculine toute sa modernité. Mettant en exergue les jeux de représentation faussés par l’indétermination sexuelle d’Herculine, des projections d’images, sur un grand mur blanc, font apparaître les motifs emmêlés et difficilement déchiffrables de gravures en noir et blanc du XIXe siècle. On croit apercevoir des jeunes filles sous des motifs floraux, mais rien n’est moins sûr.

C’est au milieu de lits alignés comme dans un dortoir et recouverts de tissus blancs faisant irrésistiblement penser à des linceuls que le chanteur et comédien Nicolas Martel et l’extraordinaire Yuming Hey restituent le calvaire que fut la vie d’Herculine. Ils entrecoupent ce texte âpre de chansons contemporaines (d’Indochine, notamment) qui offrent autant d’heureuses respirations. Le résultat est d’autant plus troublant que Yuming, qui prête ses traits à l’héroïne, se déclare lui-même non binaire.

« Si j’ai monté ce texte, c’est parce que l’irruption du genre sur l’avant-scène de la société fait que ce qui était souterrain jusque-là s’affiche dorénavant comme une question essentielle », explique Catherine Marnas, qui a emprunté à Éric Fassin le sous-titre de sa pièce : Archéologie d’une révolution.

Michel Foucault disait que le destin d’Herculine Barbin l’avait aidé à comprendre « les théories biologiques de la sexualité, les conditions juridiques de l’individu, les formes de contrôle administratif dans les États modernes (qui) ont conduit peu à peu à refuser l’idée d’un mélange des deux sexes en un seul corps ». C’est dans cette perspective qu’il faut écouter ce témoignage « avec son style élégant, apprêté, allusif, un peu emphatique et désuet qui était pour les pensionnats d’alors non seulement une façon d’écrire mais une manière de vivre », conclut le philosophe.

Herculine Barbin : archéologie d’une révolution, adaptation par Catherine Marnas et Procuste Oblomov, avec Yuming Hey et Nicolas Martel, coproduction Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (TNBA) et Comédie de Caen (CDN de Normandie). Jusqu’au 22 janvier. Tarif plein : 15 € ; tarif réduit : 8 €. Du mardi au vendredi à 20 heures. Samedi à 19 heures. Puis en tournée. Durée : 1 h 25.

Avec Le Point par Baudoin Eschapasse

Sidney Poitier, premier homme noir à recevoir l’Oscar du meilleur acteur, est mort

janvier 7, 2022
Portrait Sidney Poitier qui regarde au loin.

L’acteur Sidney Poitier le 19 décembre 2015, à Los Angeles Photo: Getty Images/Jason Kempin

L’acteur américano-bahaméen Sidney Poitier est mort à l’âge de 94 ans, a annoncé vendredi le vice-premier ministre des Bahamas, où l’acteur a grandi.

Nous avons perdu une icône, un héros, un mentor, un combattant, et un trésor national, écrit Chester Cooper sur sa page Facebook à propos de l’acteur sans mentionner la cause de son décès.

Sidney Poitier est le premier homme noir à avoir gagné l’Oscar du meilleur acteur en 1964 pour le film Le Lys des champs (Lilies of the Field). Le voyage a été long pour en arriver là, lançait-il très ému, en recevant la statuette dorée. À 37 ans, il est alors la seule vedette de couleur à Hollywood.

Il n’est pas le premier artiste afro-américain à en avoir gagné un. L’actrice Hattie Daniel a gagné l’oscar de la meilleure actrice en 1940 pour Autant en emporte le vent (Gone with the wind).

La citoyenneté américaine par hasard

Né prématuré à Miami, en Floride, le 20 février 1927, à l’occasion d’un déplacement de ses parents venus des Bahamas voisines.

Grâce à cette naissance prématurée, Sidney Poitier obtient la nationalité américaine. A 15 ans, ses parents peuvent donc l’envoyer à Miami chez son frère pour gagner sa vie. Il n’a alors jamais mis de chaussures ailleurs qu’à l’église.
Pour échapper aux lois racistes de Floride, il part pour New York. Son fort accent caribéen lui vaut d’être refusé par l’American Negro Theatre. Il travaille à s’en débarrasser.

Engagé en 1946 à Broadway, il est remarqué par le réalisateur Joseph Mankiewicz. Pour son premier film en 1950, La porte s’ouvre (No Way Out), il interprète un médecin au chevet de deux racistes blancs. Le film, censuré dans le sud des États-Unis, lance sa carrière.

Sidney Poitier, un pionnier critiqué

Avant lui, Hollywood cantonnait les actrices et acteurs noirs aux rôles de majordomes ou servantes. Sidney Poitier avait brisé ces stéréotypes en incarnant dans les années 50 à 70 des personnalités exemplaires, participant ainsi à la lente mutation des mentalités.Sidney Poitier dans une scène du film de 1967

Les anges aux poings serrés de James Clavell Photo: Radio-Canada

Grâce à ses rôles, le public a pu concevoir que des personnes afro-américaines pouvaient occuper différents métiers. Outre celui de médecin, lorsqu’il interprète un ingénieur et un professeur dans Les Jeunes Fauves (To Sir, with love) en 1967, ou encore un rôle de policier dans le film Dans la chaleur de la nuit (In the Heat of the Night) en 1967.

L’industrie cinématographique n’était pas encore prête à élever plus d’une personnalité issue des minorités au rang de vedette, décryptait-il dans son autobiographie This Life. A l’époque,[…)] j’endossais les espoirs de tout un peuple. Je n’avais aucun contrôle sur les contenus des films […] mais je pouvais refuser un rôle, ce que je fis de nombreuses fois.

Dans l’un de ses films les plus connus, Devine qui vient dîner? (Guess Who’s Coming to Dinner) en 1967, il campe le fiancé d’une jeune bourgeoise blanche le présentant à ses parents, un couple d’intellectuels qui se croient ouverts d’esprit. La rencontre est un choc, et donne un film majeur sur le racisme de l’époque.

Cependant, les personnes militantes de la cause noire critiquent Sidney Poitier pour avoir accepté ce rôle de médecin de renommée internationale, aux antipodes des discriminations dont souffrent les personnes noires de l’époque.Une jeune femme blanche et un jeune homme noir souriants.

« Devine qui vient dîner », de Stanley Kramer Photo: Columbia Pictures

Il est désigné comme le noir de service, fantasme de blanc. Ses qualités irréelles de gendre idéal masquent sa négritude et les problèmes racistes, estiment-elles.

Il se trouve que je compte parmi les millions de personnes à avoir aimé ce film, rétorque-t-il dans le New York Times en 1968. Le monde a besoin de tous les arguments possibles pour démontrer que l’homme est davantage bon que mauvais.

C’est en 1967, année de graves émeutes raciales, que la Cour suprême américaine reconnaît la légalité du mariage mixte.

Au début des années 70, une nouvelle ère pour le cinéma noir s’ouvre avec la Blaxploitation et ses films plus radicaux. Ma carrière comme vedette hollywoodienne touchait à sa fin, analysait l’acteur qui se consacre alors à la réalisation.

Première comédie noire à remporter un grand succès populaire aux États-Unis, Uptown Saturday night raconte les déboires de deux compères (Sidney Poitier et Bill Cosby) qui peinent à retrouver un billet de loto gagnant enfermé dans un portefeuille dérobé la veille du tirage dans un hold-up.

Sidney Poitier, également réalisateur, excelle dans ce duo comique, première embardée du cinéma noir vers le grand public.

Dans ce film, les personnes afro-américaines ne sont plus caricaturées, elles mènent la comédie. Après un tel succès, suivront Let’s do it again en 1975 et A piece of the Action en 1977. Will Smith en a acquis les droits pour en faire une autre version avec Denzel Washington qui est programmé pour 2022.

En 1997, il incarne Nelson Mandela puis le premier juge noir de la Cour suprême américaine, Thurgood Marshall.

Marié 15 ans (1950-1965) à la danseuse Juanita Hardy avec qui il a quatre filles, Sidney Poitier épouse en 1976 l’actrice canadienne Joanna Shimkus qui donne naissance à deux autres filles.

Un Oscar honorant sa carrière

En 2002 Sidney Poitier recevait un Oscar d’honneur pour ses performances extraordinaires, sa dignité, son style et son intelligence.L'homme sourit et pose avec son trophée dans la main et de l'autre il fait le signe ok avec les doigts.

Le 24 mars 2002, l’acteur Sidney Poitier reçoit un oscar pour l’ensemble de sa carrière. Photo: AFP Via Getty Images/Lee Celano

J’accepte cette récompense au nom de toutes actrices et tous acteurs afro-américains qui m’ont précédé […] et sur les épaules desquels j’ai pu m’appuyer pour envisager mon avenir, répondait l’acteur remerciant les choix visionnaires d’une poignée de producteurs, réalisateurs et directeurs de studios.

Ce même soir, Denzel Washington devenait le second homme noir à recevoir l’Oscar du meilleur acteur: Je n’arriverai jamais à votre hauteur et j’inscrirai toujours mes pas dans les vôtres. Halle Berry remportait également la statuette dans la catégorie de la meilleure actrice.L'homme et la femme posent avec leur statuette et sourient.

Denzel Washington et Halle Berry remportent l’Oscar du meilleur acteur et de la meilleure actrice en 2002. Photo: AFP VIA Getty Images/Lee Celano

En 2000, il confiait à Oprah Winfrey être resté fidèle aux principes de son père. Malgré sa grande pauvreté, il était resté digne, même si, dans toute sa vie, il n’a jamais gagné autant d’argent que ce que j’ai pu dépenser en une semaine.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Stéphane Bak : « Les récits africains sont rarement racontés en France, il faut les défendre »

janvier 5, 2022
Le réalisateur R.Guédiguian avec Stéphane Bak © Malte Ossowski/SVEN SIMON /dpa Picture-Alliance via AFP

Dans « Twist à Bamako », du Français Robert Guédiguian, l’acteur d’origine congolaise campe avec vigueur un personnage de révolutionnaire socialiste dans un Mali fraîchement indépendant.

Débit mitraillette, sens de la répartie et de la formule… À 25 ans seulement, Stéphane Bak est rôdé à l’exercice. Assis à la terrasse d’un café parisien, le comédien a gardé la fraîcheur et l’assurance précoce du gamin qui défendait du haut de ses 14 ans ses meilleures blagues sur les planches du Grand Rex ou de L’Olympia devant 2 000 personnes. Des débuts qui lui ont d’ailleurs valu l’étiquette de plus jeune humoriste de France il y a dix ans tout juste, sans passer par la voie virale des réseaux sociaux comme nombre de ses homologues issus de la génération Z.

Biberonné au stand-up et à l’écurie du Jamel Comedy Club, c’est sur les plateaux de télé que le natif de Villepinte (Seine-Saint-Denis, près de Paris) né de parents congolais a fait ses classes, exclu des bancs de l’école à 16 ans. « Jamel a ouvert la voie à des gens comme moi, aux minorités issues des quartiers, mais j’avais aussi envie de montrer que l’on pouvait proposer autre chose, ailleurs que dans l’entre-soi », reconnaît-il. Dans un paysage audiovisuel plutôt monochrome et vieillissant, le jeune trublion d’alors détonne mais se montre studieux, et présente de courts sketchs dans des émissions populaires comme Le Grand Journal de Canal+, faisant se tordre de rire les équipes du programme.

Un Roméo et Juliette malien

Si Stéphane Bak a conservé la même gouaille, la réflexion a mûri. Fini de jouer le rigolo de service sur petit écran, celui qui s’est fait remarquer dans Les Héritiers, de la réalisatrice française Marie-Castille Mention-Schaar, en 2014, voit les choses en grand (écran). Le rôle de Samba, dans Twist à Bamako, signé Robert Guédiguian, Stéphane Bak le voulait, l’attendait. Dans ce Roméo et Juliette malien sur fond de révolution et de yéyé, il joue le fils d’un riche commerçant qui souhaite installer l’idéologie socialiste au Mali, au lendemain de l’indépendance.

« Quand j’ai lu le script, j’ai immédiatement perçu que c’était un grand rôle. » C’est que Stéphane Bak a une idée bien précise de l’image qu’il souhaite renvoyer et de la carrière qu’il espère se construire. « J’aurais pu m’acheter un appartement en acceptant certains des rôles stéréotypés de dealer ou de cambrioleur que l’on m’a proposés, mais ça aurait été dégradant. On est peu d’acteurs noirs en France, alors il faut faire les bons choix. »

Une sélection de casting minutieuse qui lui a permis de tenir de petits rôles dans les films de réalisateurs reconnus comme le Français André Téchiné (L’Adieu à la nuit, 2019), et l’Américain Wes Andreson (The French Dispatch, 2021). Mais aussi de jouer dans La Miséricorde de la jungle, du réalisateur rwandais Joël Karekezi, primé au Fespaco en 2019. « Une fierté », glisse-t-il.

JE NE VOIS AUCUNE APPROPRIATION DES RÉCITS DANS LE FAIT QU’UN RÉALISATEUR FRANÇAIS S’EMPARE DE CETTE HISTOIRE

L’ancien stand-upper, qui a grandi dans une famille engagée, est conscient que « les récits africains sont rarement racontés en France, et qu’il faut les défendre ». Sa mère lui a transmis la spiritualité, son père, la politique. « Il a toujours parlé de ses revendications socialistes à la maison. Il était jeune au moment de l’indépendance du Congo, mais il m’a transmis ce pan de mon histoire. En tournant Twist à Bamako au Sénégal, j’ai creusé le sujet et j’ai renoué encore plus avec mon africanité, admet Bak, qui éprouve de la reconnaissance envers le réalisateur marseillais. Robert Guédiguian est depuis toujours reconnu pour son engagement communiste. Cet idéal n’a pas de frontières, il est universel. Je ne vois aucune appropriation des récits dans le fait qu’un réalisateur français s’empare de cette histoire sous forme de fiction. Il s’agit d’un épisode de l’Histoire qui fait aussi partie de celle de la France », rappelle-t-il.

L’acteur espère que la notoriété de Guédiguian amènera par ailleurs un public plus diversifié à découvrir ce film dans les salles en France, avant sa diffusion à la télévision sénégalaise. Stéphane Bak partagera ensuite l’affiche avec le tout aussi prometteur et jeune acteur Sami Outalbadi, lui aussi résolument tourné vers d’autres narrations, dans Novembre, de Cédric Jeminez, un film sur les attentats du 13 novembre 2015 en France.

Avec Jeune Afrique par Eva Sauphie

Décès de Jean-Marc Vallée : pluie d’hommages de Québec à Hollywood

décembre 27, 2021
Matthew McConaughey et Jean-Marc Vallée sont debout l'un en face de l'autre.

Matthew McConaughey et Jean-Marc Vallée sur le plateau de tournage du film «Dallas Buyers Club». Photo: Remstar

Ceux et celles qui ont connu le réalisateur de C.R.A.Z.Y. sont sous le choc depuis l’annonce de son décès. Du cinéaste Jean-Marc Vallée, les personnes avec qui il a tourné se rappelleront la signature unique et le travail acharné. De l’être humain, tous et toutes soulignent le charme, l’intelligence et la gentillesse extrême.

L’autrice et scénariste Chantal Cadieux, la mère de ses deux fils, a publié un message émouvant après avoir appris la triste nouvelle : Tu es parti rejoindre les étoiles sans préavis. Tu en étais une. Tu as fait des films merveilleux et tu m’as donné deux fils qui le sont encore plus! Repose en paix, Jean-Marc… Bouleversant et imprévisible jusqu’à la fin.

En entrevue à RDI, elle a dit qu’elle et ses deux fils étaient inondés de bons mots et de beaux messages. Ça fait vraiment du bien.

C’était vraiment un passionné. Jean-Marc, c’était quelqu’un qui voulait faire des films depuis toujours. […]. Il a mis tout son cœur à l’ouvrage et il a travaillé beaucoup. C’était vraiment quelqu’un qui plongeait dans ses projets et qui les menait à terme.

Ce n’était pas seulement un grand réalisateur québécois, c’était un grand réalisateur mondiala soutenu l’acteur Michel Côté au micro de l’émission Tout un matin.

La gorge nouée par l’émotion, Michel Côté, qui a joué dans Liste noire (1995) et dans C.R.A.Z.Y. (2005) sous la direction de Jean-Marc Vallée, n’a que des éloges pour le réalisateur : C’était un plaisir de travailler avec lui. Il devenait très intense des fois, parce qu’il était complètement dans son émotion, mais jamais négativement.

« C’était un gars formidable. »— Une citation de  Michel Côté, acteur

RDI en direct / matin week-end

Un grand héritage au cinéma mondial

Sur les réseaux sociaux et dans les médias, les hommages déferlent, tant de la part des fans de ses œuvres et de personnalités politiques que de celle des gens qui ont côtoyé Jean-Marc Vallée sur les plateaux de tournage.

Son ami, le réalisateur Denis Villeneuve, qui, comme lui, mène une carrière étincelante à Hollywood, lui a fait ses adieux dans un message transmis sur Twitter : Hey vieux, qu’est-ce qui t’a pris de partir si tôt? […] Je t’aime mon ami.

Quelle nouvelle tragique, a réagi le premier ministre du Québec, François Legault, sur Twitter. Jean-Marc Vallée m’a ému de C.R.A.Z.Y. à Big Little Lies. Il était d’une extrême gentillesse. Mes condoléances à tous les proches de cet artiste exceptionnel.

Justin Trudeau a souligné le legs exceptionnel du cinéaste : Son art aura marqué le Québec, le Canada et le monde. Mes pensées vont à sa famille, ses amis et ses fans alors qu’ils pleurent son décès si soudain.

L’actrice américaine Shailene Woodley, une des vedettes de Big Little Lies, une série dont il a réalisé la première saison pour HBO et qui a été récompensée par plusieurs prix Emmy, a affirmé sur les réseaux sociaux avoir été complètement sous le choc en apprenant sa mort : J’imagine que tu en feras une grande aventure digne des livres d’histoire.

D’autres têtes d’affiche de cette série ont réagi avec stupéfaction. Mon cœur est brisé. Mon ami. Je t’aime, a écrit l’actrice Reese Witherspoon. Le monde a perdu l’un des plus grands et des plus purs artistes et rêveurs. Et nous avons perdu notre ami adoré, peut-on lire dans un message de la comédienne Laura Dern.

La pianiste québécoise Alexandra Stréliski a remercié celui qui a fait voyager sa musique par le truchement de ses films. début du widget?

Un talent indéniable

Cameron Bailey, directeur du Festival international du film de Toronto (TIFF), lui a rendu hommage en parlant de son talent prodigieux et de son feu.

Cette fougue a également marqué Pierre Even, producteur de C.R.A.Z.Y. et de Café de Flore (2011). À l’émission RDI matin, il a confié ne pas avoir été surpris du succès de Jean-Marc Vallée à Hollywood, où le cinéaste a tourné plusieurs films.

Jean-Marc était très exigeant dans le travail, avec une grande volonté de […] toujours pousser à l’extrême ce qu’il voulait faire, a-t-il affirmé. C’était un travailleur acharné. Il n’y a pas de chance là-dedans, c’est vraiment le travail.

« Jean-Marc nous emmenait dans sa folie avec lui. On était avec lui et on voulait tout donner pour lui. C’est ça qui a créé son succès à Hollywood : tout le monde était derrière lui pour l’aider à mettre sa vision à l’écran. »— Une citation de  Pierre Even, producteur

Au fil des ans, Jean-Marc Vallée a réussi à créer un style unique, selon M. Even, qui a dit avoir de la difficulté à parler au passé du réalisateur, qu’il connaissait depuis vingt ans.

En entrevue à RDI matin, le chroniqueur et critique de cinéma Michel Coulombe a également souligné le talent et l’éthique de travail irréprochable du cinéaste, qu’il a rencontré pour la première fois il y a une trentaine d’années.

À cette époque-là, déjà, on voyait l’incroyable talent de Jean-Marc, sa grande détermination et sa volonté de faire des choses qui dépassent même les horizons du Québec, a-t-il mentionné. C’était inscrit chez lui dès le début.

« On l’a vu tout au long de son parcours américain : chaque fois que des acteurs travaillaient avec lui, ils lui rendaient hommage parce qu’il les amenait au plus haut niveau. »— Une citation de  Michel Coulombe, chroniqueur et critique de cinéma

Jean-Marc Vallée serait mort après avoir subi un malaise, selon nos informations.

Avec Radio-Canada

Fespaco : le Somalien Ahmed Khadar remporte l’Étalon d’or

octobre 24, 2021
Lors de la cérémonie du clôture du Fespaco, le 23 octobre 2021 à Ouagadougou, au Burkina Faso. © AFP

Le réalisateur somalien Ahmed Khadar a remporté samedi 23 octobre l’Étalon d’Or de Yennenga du 27e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) pour son premier long-métrage, « La femme du fossoyeur ».

Le jeune réalisateur de 40 ans, également de nationalité finlandaise et dont le film est tourné à Djibouti en version originale somali, n’a pas pris part à la cérémonie de clôture du festival dans la capitale burkinabè.

Le président du jury qui lui a décerné le prix, le Mauritanien Abderrahmane Sissako, a déclaré que « pour tout cinéaste africain c’est le plus beau prix qu’on puisse avoir, c’est toute une fierté ».

Né à Mogadiscio, Ahmed Khadar, également écrivain, immigre en Finlande à l’âge de 16 ans avec sa famille et obtient un statut de réfugié. Il réalise son premier court métrage, Me ei vietetä joulua, en 2014, puis deux autres en 2017, Yövaras, et 2018, The Killing of Cahceravga.

Histoire d’amour

Présenté en juillet au festival de Cannes dans le cadre de la Semaine internationale de la critique, « La femme du fossoyeur » avait reçu un bon accueil. Le film traite de l’histoire d’amour d’un couple vivant avec leurs fils dans un quartier pauvre de Djibouti.

Lorsque Nasra, l’épouse – interprétée par la mannequin canadienne née en Somalie Yasmin Warsame – est atteinte d’une grave maladie rénale et doit se faire opérer d’urgence, l’équilibre familial est menacé et son mari Guled, fossoyeur, doit trouver l’argent pour payer la coûteuse opération. Le film a également remporté le prix de la meilleure musique.

L’Étalon d’argent a récompensé « Freda« , de la Haïtienne Gessica Geneus et l’Étalon de bronze va à « Une histoire d’amour et de désir » de la Tunisienne Leyla Bouzid.

Le prix d’interprétation féminine est revenu à la Britannique d’origine sierra-léonaise Zainab Jah pour son rôle dans « Farewell Amor » de Ekwa Msangi (Tanzanie), tandis que chez les hommes Alassane Sy s’est illustré pour son rôle dans « Baamum Nafi » du Sénégalais Mamadou Dia.

Avec son film « Serbi » (Les tissus blancs) qui traite de la dignité de la femme dans une société patriarcale, le Sénégalais Moly Kane remporte le poulain d’or dans la section fiction court métrage. « Amani » de la Rwandaise Alliah Fafin et « Zalissa » de la Burkinabè Carine Bado reçoivent respectivement l’argent et le bronze.

Un festival « malgré l’adversité »

Les trophées ont été remis au Palais des sports de Ouaga 2000 par les présidents burkinabè Roch Marc Christian Kaboré et sénégalais Macky Sall, dont le pays était l’invité d’honneur de 27è Fespaco.

Se réjouissant d’avoir réussi au cours du festival la projection de « 500 œuvres au profit de 150 000 festivaliers » venus de 64 pays, « malgré l’adversité liée à l’« insécurité et à la Covid-19 », le délégué général du Fespaco Moussa Alex Sawadogo, a donné rendez-vous du 25 février au 4 mars 2023 à Ouagadougou pour la 28e édition du festival.

Un « mini Fespaco » itinérant doit avoir lieu dans le nord du Burkina Faso, région la plus touchée par les attaques jihadistes qui, en six ans, ont fait environ 2 000 morts et 1,4 millions de déplacés.

Par Jeune Afrique avec AFP

États-Unis/Tir mortel d’Alec Baldwin sur un tournage: deux personnes au cœur de l’enquête

octobre 23, 2021
Tir mortel d'Alec Baldwin sur un tournage: deux personnes au coeur de l'enquete
Tir mortel d’Alec Baldwin sur un tournage: deux personnes au coeur de l’enquête© AFP/Archives/Angela Weiss

L’enquête sur le décès jeudi d’une directrice de la photographie aux Etats-Unis, tuée par un tir d’Alec Baldwin lors du tournage d’un western, se poursuivait samedi en se focalisant sur deux personnes: l’armurière et l’assistant réalisateur du film.

Touchée au torse, selon un rapport d’enquête préliminaire consulté par l’AFP, Halyna Hutchins avait été transportée par hélicoptère à l’hôpital, où son décès avait été prononcé. Le réalisateur du film « Rust », Joel Souza, a lui été blessé à l’épaule lors du tir et se remet.

Le rôle de l’armurière de cinéma Hannah Gutierrez Reed, 24 ans, est examiné de près par les enquêteurs car c’est elle qui avait, selon le même rapport, préparé l’arme à feu avec laquelle l’acteur a tiré le coup fatal. Elle l’avait placée sur un chariot avec deux autres armes.

L’assistant réalisateur, Dave Halls, décrit comme un professionnel expérimenté, avait ensuite tendu cette arme à M. Baldwin lors de la répétition d’une scène du film, l’informant qu’elle était « froide », c’est-à-dire non chargée d’une balle réelle en jargon cinématographique.

M. Halls ne « savait pas que l’arme était chargée à balles réelles », précise le rapport de l’agent Joel Cano, du bureau du shérif du comté de Santa Fe, dans l’Etat du Nouveau-Mexique.

Après le coup de feu, Mme Gutierrez Reed s’est vue confier l’arme et a collecté la cartouche usagée, avant de les remettre aux agents des forces de l’ordre à leur arrivée, indique le rapport.

Ni l’un ni l’autre ne sont à l’heure actuelle visés par des poursuites, a confirmé vendredi un porte-parole du shérif. La procureure Mary Carmack-Altwies avait aussi indiqué dans un communiqué « ne pas savoir » à ce stade de l’enquête si « des poursuites seraient engagées ».

La thèse accidentelle semblant privilégiée, Alec Baldwin est resté en liberté après avoir été interrogé.

Un mandat de perquisition a été délivré par un juge vendredi, autorisant les forces de l’ordre à saisir le matériel lié au tournage ainsi que les armes et munitions utilisées comme accessoires, et les habits portés par l’acteur et le reste de l’équipe lors du drame.

Retweet

« Les mots me manquent pour exprimer ma stupeur et ma tristesse après l’accident tragique qui a tué Halyna Hutchins », a tweeté vendredi l’acteur de 63 ans, assurant « coopérer pleinement dans l’enquête ».

Dans la nuit de vendredi à samedi, le comédien a aussi retweeté un article de Variety dont le titre indique qu’il avait été « informé que l’arme-accessoire était sûre avant le tir fatal », sans y ajouter de commentaire.

Le film « Rust », dont le tournage a été suspendu pour une durée indéterminée, est un western écrit et réalisé par Joel Souza.

Alec Baldwin, co-producteur du film, y tient le rôle principal d’un hors-la-loi qui prend la fuite avec son petit-fils de 13 ans lorsque ce dernier est condamné, à la suite d’un homicide accidentel, à la pendaison pour meurtre.

L’appel téléphonique d’une femme membre de l’équipe au numéro d’urgence des services de secours (911) semble par ailleurs confirmer l’existence de tensions sur le site du tournage. Six membres de l’équipe technique du film avaient quitté le plateau, selon le Los Angeles Times, plusieurs heures avant le drame pour protester contre leurs conditions de travail.

« Responsable »

Questionnée par l’opératrice du 911 sur la présence de balles réelles dans l’arme, cette femme non identifiée a ainsi répondu, selon l’enregistrement rendu public par l’Albuquerque Journal: « Je ne peux pas vous dire… Et cet enfoiré d’assistant réalisateur qui m’a crié dessus au déjeuner, (…) il est censé vérifier les armes, il est responsable de ce qui se passe sur le plateau » de tournage.

Mme Gutierrez Reed, qui ne s’est pas exprimée publiquement depuis le drame, avait été interviewée dans un podcast début septembre. Interrogée au sujet d’un précédent western, « The Old Way » avec Nicolas Cage, la jeune femme confiait avoir hésité à travailler sur le film, n’étant « pas sûre d’être prête », mais elle ajoutait que le tournage s’était ensuite « très bien passé ».

Alec Baldwin s’est rendu particulièrement populaire aux Etats-Unis ces dernières années par ses imitations de Donald Trump dans la célèbre émission satirique « Saturday Night Live ».

Sa réputation, ternie par un divorce très acrimonieux au début des années 2000, avait été redorée en fin de décennie par le succès de la série comique « 30 Rock », où il incarnait un patron de studio face à Tina Fey, qui lui avait valu deux Emmy Awards, équivalent des Oscars pour la télévision américaine.

Halyna Hutchins, née en Ukraine et vivant à Los Angeles, était considérée comme une étoile montante du cinéma américain.

Son mari, Matt Hutchins, qui a confirmé à la chaîne CBS qu’Alec Baldwin l’avait contacté et avait fait preuve d’un « grand soutien », a décrit dans un tweet la « perte immense » de son épouse. « Halyna était une source d’inspiration pour nous tous », a-t-il écrit.

Avec Le Point avec AFP

Alec Baldwin ignorait qu’il y avait des balles réelles, selon les documents de cour

octobre 22, 2021

SANTA FE, N.M. — Alec Baldwin s’est vu remettre une arme chargée par un assistant-réalisateur qui a indiqué qu’elle pouvait être utilisée en toute sécurité dans les instants avant que l’acteur ne tue par balle une directrice de la photographie, selon les documents de cour dévoilés vendredi.

© Fournis par La Presse Canadienne

L’assistant-réalisateur ne savait pas que le pistolet était chargé de balles réelles, selon un mandat de perquisition déposé auprès d’un tribunal de Santa Fe.

Le mandat a été obtenu vendredi afin que les enquêteurs puissent documenter la scène du ranch où la fusillade a eu lieu. Il note que le costume taché de sang de Baldwin pour le film «Rust» a été pris comme preuve, tout comme l’arme qui a été utilisée.

Les enquêteurs ont également saisi d’autres armes à feu et munitions destinées au film.

Le porte-parole du shérif Juan Rios a déclaré qu’Alec Baldwin était autorisé à voyager. «C’est un homme libre», a affirmé M. Rios.

Au moins un coup de feu provenant d’une arme que maniait le célèbre acteur américain a atteint mortellement une femme et a grièvement blessé un homme sur le lieu de tournage du film, jeudi, dans un site désertique de l’État du Nouveau-Mexique. 

Une enquête policière a été ouverte sur cette tragédie, qui semble être accidentelle. Aucune arrestation n’avait encore été faite vendredi.  

Selon le personnel du shérif du Comté de Sante Fe, la directrice de la photographie du film «Rust», Halyna Hutchins, a été transportée par voie aérienne à l’Hôpital de l’Université du Nouveau-Mexique, où la mort de la dame âgée de 42 ans a été constatée.  

Quant au réalisateur Joel Souza, qui a également été atteint, il a été transporté dans un autre hôpital. L’homme âgé de 48 ans est soigné pour ses blessures. Certains médias rapportent qu’il a obtenu son congé.

Selon le journal Santa Fe New Mexican, Alec Baldwin a été vu en larmes près du bureau du shérif. Les tentatives pour obtenir des commentaires de l’acteur âgé de 63 ans ont été vaines. Un de ses représentants a simplement confirmé qu’un accident s’est produit sur le plateau de tournage.

«Il n’y a pas de mots pour exprimer mon choc et ma tristesse concernant l’accident tragique qui a coûté la vie d’Halyna Hutchins, une femme, une mère et une collège que nous admirions grandement, a dit M. Baldwin sur Twitter, vendredi. Je collabore pleinement avec l’enquête policière. Mon cœur se brise pour son mari, son fils et tous ceux qui connaissaient et aimaient Halyna.»

Les accessoires utilisés lors des tournages sont parfois de véritables armes qui peuvent contenir des balles réelles ou être chargées à blanc.

Chargées à blanc, elles produisent un éclair et une détonation, mais aucun projectile. Toutefois, lorsqu’on appuie sur la gâchette, l’enveloppe de papier ou de plastique de la cartouche peut être éjectée avec suffisamment de force pour être mortelle à bout portant.

Des policiers ont été appelés vers 14 h, heure locale, au ranch Bonanza Creek, a dit M. Rios, après la réception d’appels au service 9-1-1 indiquant qu’une personne avait été atteinte par balle sur le plateau de tournage.

Le lieu de tournage de «Rust» a été utilisé dans le passé pour de nombreux films, dont le récent «News of the World», de Tom Hanks.

Le tournage de «Rust» a été interrompu. L’histoire est celle d’un adolescent de 13 ans et de son frère cadet qui doivent se défendre seuls après la mort de leurs parents au Kansas dans les années 1880, selon le site Internet Movie Database. L’adolescent prend la fuite avec son grand-père (interprété par Baldwin) quand on le condamne à la pendaison pour la mort d’un fermier local.

By The Associated Press

Burkina Faso : le Fespaco, enfin !

octobre 19, 2021
Lors de la cérémonie d’ouverture du 27e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, le 16 octobre 2021. © Issouf SANOGO / AFP

Initialement prévu en février, le Fespaco se tient cette semaine dans un contexte qui fleure bon la nouveauté. Fumet trompeur ou parfum de révolution audiovisuelle ? 

C’est ce 16 octobre que se sont allumés, pour une semaine, les lampions de la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Si les discours « tarte à la crème » de ces grands-messes parfois foutraques ne manquent jamais d’invoquer renouveau et défis inédits, cette biennale est bien celle d’un « Fespaco d’après ».

« Fespaco d’après », l’inventaire du cinquantenaire de 2019. « Fespaco d’après », la crise sanitaire qui perturba tout autant les tournages que les rassemblements consacrés aux œuvres. « Fespaco d’après », les cérémonies populeuses en stade surchauffé, désormais tenues dans la climatisation d’un Palais des sports pour happy few. « Fespaco d’après », l’équipe dirigeante d’Ardiouma Soma, récemment remplacée par celle d’Alex Moussa Sawadogo. « Fespaco d’après », le début de la crise sécuritaire qui transforma le Sahel en « zone géographique déconseillée ». « Fespaco d’après », l’avènement de plateformes de streaming pour consommateurs obèses d’images en colliers. « Fespaco d’après », la glorieuse génération d’un « cinéma calebasse » moins caricatural qu’il n’y paraît… 

Transmission

Après la disparition des bâtisseurs du cinéma made in Africa Djibril Diop Mambéty, Sembène Ousmane ou Idrissa Ouédraogo, l’heure est à la transmission, comme l’a compris l’ancien lauréat de l’Étalon de Yennenga, Gaston Kaboré, qui fonda, dans ce même Faso hôte du festival, l’institut Imagine, consacré à la formation continue et au perfectionnement aux métiers du cinéma. Essentiel, lorsqu’on sait que production audiovisuelle numérique low-cost rime tout autant avec accès simplifié à la création qu’avec approximations dramaturgiques et techniques.

C’est d’ailleurs dans cette logique de transmission que deux sections du Fespaco nouveau s’adressent à la fois aux jeunes créateurs et aux jeunes cinéphiles. La section « perspectives » encourage les réalisateurs « qui sont à leur premier et deuxième long métrage ». Quant à la section « enfants » et son Fespaco Sukabè (« Fespaco enfants »), elle privilégie les films qui traitent des problématiques de cet âge avec « des histoires racontées du point de vue de leurs jeunes protagonistes ». 

TOUT AUTANT DÉVOTION NOSTALGIQUE QUE GLORIFICATION AVANT-GARDISTE, LE NOUVEAU CRU DU FESPACO ENTEND CÉLÉBRER L’ÉCLECTISME

Les anciens au service des jeunes : sept ans après le monumental long métrage Timbuktu, c’est à la tête du jury du Fespaco 2021 que l’on retrouve le plus jeune des aînés de la profession : Abderrahmane Sissako. Dans les couloirs du festival, le sexagénaire mauritanien croisera son conscrit tout aussi médiatisé : le Tchadien MahamatSaleh Haroun qui présente Lingui, les liens sacrés. 

« Cinémas d’Afrique et de la diaspora »

Tout autant dévotion nostalgique que glorification avant-gardiste, le nouveau cru du Fespaco entend célébrer l’éclectisme, « la diversité et la productivité du continent ». En tête de gondole et sur toutes les lèvres, le film d’ouverture, Atlantique, coche toutes les cases de l’ambition du moment : le métissage teinté de diaspora de l’auteure franco-sénégalaise Mati Diop, l’actualité de la thématique des migrations via l’océan et les lauriers internationaux – qui plus est féministes –, la réalisatrice étant la première femme d’origine africaine ayant remporté le Grand Prix du Festival de Cannes.

Autour du thème « Cinémas d’Afrique et de la diaspora, nouveaux regards, nouveaux défis » et sous l’œil de l’invité d’honneur – le cinéma sénégalais –, la biennale (qui a reçu 1 132 œuvres) présente au total 239 films dont 70 en sélection officielle et 15 longs métrages en compétition pour l’Étalon d’or de Yennenga. Des œuvres issues de 50 pays et réparties en six catégories : fiction, documentaires, animation, courts métrages, films d’école et séries.

La ville burkinabè qui se dit toujours capitale du cinéma africain abritera des milliers de projections, mais aussi des colloques, notamment pour approfondir la délicate réflexion sur le financement et la distribution des œuvres cinématographiques africaines.  

L’AFRIQUE EST LA ZONE QUI COMPTE LE MOINS DE SALLES DE CINÉMA PAR HABITANT, AVEC UN GRAND ÉCRAN POUR 787 402 AFRICAINS

Une étude récente de l’Unesco constatait que le potentiel économique du secteur audiovisuel africain restait « largement inexploité sur la quasi-totalité du continent ». L’Afrique est la zone qui compte le moins de salles de cinéma par habitant, avec un grand écran pour 787 402 Africains. La réflexion indispensable doit intégrer les deux extrémités du problème économique actuel : la délicate budgétisation d’œuvres africaines indépendantes et l’émergence de supports plus ou moins bienveillants, comme les plateformes de streaming, qui dissolvent subtilement la frontière entre petit et grand écran, ou des chaînes Youtube gavées de contrefaçons.

Mais si le « Fespaco d’après » est confronté à des opportunités et écueils nouveaux, il ne saurait faire l’économie d’interrogations économiques aussi vieilles que le cinéma lui-même : quelle créativité pour quel public et quelle rentabilité commerciale ? 

Le week-end prochain dira si le « Fespaco d’après » fut réellement un Fespaco nouveau sur l’autel duquel on aura sacrifié les fameux fondamentaux du festival : le désordre joyeux, la galvanisation de la population et le snobisme du snobisme. Les mois qui suivront diront si le cinéma africain, à l’aide ou non du Fespaco, a su résister à l’obsession du regard occidental et aux sirènes des facilités narratives issues de la multiplication des écrans. 

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Le nouveau gros contrat d’Omar Sy avec Netflix

octobre 12, 2021

La plateforme américaine a annoncé ce mardi avoir signé un important contrat d’acteur et de producteur avec l’acteur français.

Il n’a pas volé ce contrat du siècle ! A l’inverse d’Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur qu’il incarne à l’écran, Omar Sy est rentré mardi 12 octobre par la grande du cinéma mondial. Nertflix est tellement fan de l’acteur que la plateforme américaine lui confie un nouveau rôle devant et derrière la caméra. 

« Netflix s’est engagé sur un contrat pluriannuel de films avec l’acteur et comédien de premier plan Omar Sy. Cet accord verra la société de production de Sy basée à Paris et à Los Angeles développer des films orignaux pour Netflix, avec Sy comme acteur et producteur exécutif », a indiqué le géant américain dans un communiqué.

Cité dans le communiqué, Omar Sy se dit « très heureux d’avoir l’occasion de poursuivre (sa) relation » avec Netflix et a « hâte de cette prochaine étape dans (leur) aventure commune ».

Déjà connu à l’international et aux Etats-Unis depuis le succès du film Intouchables (2011), Omar Sy a été le héros en 2021 de la série Lupin, premier triomphe français sur Netflix, qui a conquis des dizaines de millions d’abonnés dans le monde.

Mi-septembre, la super star de 43 ans avait été le seul Français à figurer dans la liste des 100 personnalités les plus influentes de la planète selon le magazine américain Time.

Par Le Point avec AFP