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Canada: Ça frôle le plein emploi à Trois-Rivières

juillet 24, 2021

Avec un taux de chômage qui est passé de 12,8 % à 4,4 % en un an, la région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières affiche un ratio qui avoisine le plein emploi.

Le taux de chômage est passé de 12,8 % à 4,4 % en un an à Trois-Rivières.

© STÉPHANE LESSARD Le taux de chômage est passé de 12,8 % à 4,4 % en un an à Trois-Rivières.

C’est du moins l’opinion de l’économiste régional indépendant, Jules Bergeron, selon qui «il faut remonter à la période fin 2017, début 2018 pour avoir un taux aussi bas».

D’ailleurs, à l’échelle de l’agglomération trifluvienne, la conjoncture de l’emploi de juin 2021, comparée à celle qui prévalait une année plus tôt, se veut fort positive. à

En effet, pendant que le nombre d’emplois bondissait de 13 % sur douze mois, la population en chômage chutait de 64,7 % durant la même période.

En Mauricie, selon les plus récentes données désaisonnalisées de l’enquête sur la population active de Statistique Canada, le nombre de personnes en emploi a atteint 123 700 en juin 2021, ce qui représente une progression de 9000 postes comparativement au mois correspondant de l’an dernier.

«C’est donc dire qu’en l’espace d’une année, il y avait 7,8 % de plus de gens au travail en Mauricie. Fait tout aussi intéressant, il y a aussi un ajout de postes de l’ordre 2,6 % comparativement à mai 2021, soit 3100 emplois supplémentaires», fait remarquer M. Bergeron.

Et le gain de personnes au travail enregistré en juin 2021 comparativement au mois identique de 2020 provient de l’ajout de 5700 postes à temps plein et de plus de 3000 emplois à temps partiel.

«Cela signifie que l’effectif travaillant à temps plein s’établissait à 98 700 personnes en Mauricie, une augmentation de 6,1 % par rapport à juin 2020, alors que le nombre d’individus détenant un poste à temps partiel s’affichait à 24 900, en hausse de 14,7 % depuis un an», a-t-il ajouté.

En comparant le niveau d’emploi avant la pandémie, en mars 2020, celui-ci note toutefois que le nombre de personnes au travail se chiffrait alors à 132 900 personnes.

Un déficit d’emploi en Mauricie

«La région a donc un déficit d’emploi de 9200, et ce, 15 mois plus tard. Malgré une création d’emploi soutenue au cours des derniers mois, la Mauricie est ainsi techniquement encore en rattrapage au chapitre de l’emploi», relève le spécialiste.

Et cette situation affecte, dit-il, tous les types d’emplois, qu’ils soient à temps plein ou à temps partiel. Ainsi, la Mauricie se retrouvait en juin 2021 avec 24 900 personnes ayant un travail à temps partiel alors que 15 mois auparavant, on en dénombrait 27 000, soit 2100 de plus.

Du côté de l’effectif à temps plein, si on pouvait recenser un peu moins de 99 000 postes en juin 2021, cette donnée s’affichait à 105 400 en mars 2020, soit un écart négatif de 6700 postes.

«Il y a donc encore matière à amélioration», affirme M. Bergeron.

La situation du chômage en juin 2021 faisait état d’un ratio de sans-emploi de 5,9 % en Mauricie, soit la présence de 7700 personnes en chômage.

«Il s’agit d’une amélioration significative car, d’une part, le taux de chômage régional atteignait, sur une base désaisonnalisée, 13 % en juin 2020 et que d’autre part, la population à la recherche d’un travail s’établissait à 17 200 personnes à ce moment-là, un recul de 55,2 %», signale-t-il.

Finalement, au chapitre de l’évolution sectorielle, «rien de bien nouveau».

«Le bâtiment et le secteur manufacturier conservent un fort niveau d’activité, et ce, à l’instar du transport ainsi que des services professionnels et techniques. Mais à l’opposé, l’activité du loisir et de la culture demeure en difficulté alors que le commerce, l’hébergement et la restauration améliorent quelque peu leur bilan», a conclu M. Bergeron

Avec Marc Rochette – Le Nouvelliste .

Les Cubains saluent les mesures annoncées… mais veulent plus

juillet 15, 2021
Les Cubains saluent les mesures annoncees... mais veulent plus
Les Cubains saluent les mesures annoncées… mais veulent plus© AFP/YAMIL LAGE

« Des miettes » pour certains, « de bonnes mesures » pour d’autres: les Cubains accueillaient jeudi plutôt favorablement les premières annonces du gouvernement après les manifestations historiques du 11 juillet, mais les estimaient insuffisantes.

Principal geste concédé par les autorités communistes: l’autorisation donnée aux Cubains, jusqu’à fin décembre, de ramener de voyage aliments, produits d’hygiène et médicaments sans limite de valeur et sans taxes douanières.

Faciliter l’entrée sur l’île de biens de première nécessité était une des revendications de la population cubaine, confrontée à de graves pénuries aggravées par la crise économique qui frappe le pays, la pire en 30 ans.

Dans les rues de La Havane, encore sous forte présence policière et militaire après ces troubles inédits depuis la révolution de 1959, les Cubains, qui ont repris leur vie quotidienne, soufflent un peu à l’idée de pouvoir s’approvisionner à l’étranger.

« On a vraiment besoin actuellement de médicaments, d’aliments et de produits d’hygiène pour pouvoir soulager la situation dans laquelle on se trouve, qui est bien compliquée », réagit Darianna Guivert, 32 ans, qui travaille dans le secteur de la santé.

Même réaction chez Agustin Salas, ingénieur en construction civile de 65 ans, qui estime que ce sont « de très bonnes mesures ». « Elles bénéficient au peuple », souligne-t-il. Mais « il faut encore quelques mesures de plus, nous devons avancer encore dans ce sens ».

« Pas de miettes ! »

Dimanche, quand des milliers de Cubains ont déferlé dans les rues d’une quarantaine de villes et villages du pays, c’était aux cris de « Nous avons faim », mais aussi de « Liberté » et « A bas la dictature ».

Dès mercredi soir, la journaliste cubaine Yoani Sanchez, directrice du média en ligne d’opposition 14yMedio, a tweeté: « Nous ne voulons pas de miettes, nous voulons la liberté et nous la voulons maintenant ! » Un message partagé plus de 3.000 fois.

Pour le dissident Manuel Cuesta Morua, promoteur d’une plateforme réclamant l’autorisation d’autres partis, Cuba en Plural, les annonces du gouvernement sont « une réaction sous la pression, tardive, mais je crois qu’elle est importante ».

Il rappelle que beaucoup avaient réclamé pacifiquement des mesures ces derniers mois pour alléger les difficultés quotidiennes des Cubains… mais il a fallu ces mobilisations, qui ont fait un mort, des dizaines de blessés et une centaine de détenus pour que le gouvernement cède.

Outre l’exemption de taxes pour l’entrée d’aliments et de médicaments, les autorités ont aussi annoncé la fin de la limite imposée aux salaires dans les entreprises d’Etat et l’autorisation provisoire pour les habitants de s’installer dans une autre ville et bénéficier de la libreta, le carnet d’approvisionnement, alors que c’était impossible auparavant.

« Mécontentement »

« Cela ne doit pas masquer la réalité profondément politique des demandes des manifestants du 11 juillet, qui doivent être écoutées par le gouvernement cubain », met en garde le dissident, lui-même arrêté lors des rassemblements et libéré lundi. « Car ce qu’ont demandé tous les manifestants, surtout les plus jeunes, c’était la liberté, la liberté d’expression, le changement démocratique et quelque chose de très important: l’élection directe du président de la République ».

Pour l’économiste Omar Everleny Pérez, ces premières mesures sont « très positives », car elles « soulagent un peu la population », qui doit faire chaque jour des heures de queue pour trouver à manger ou de quoi de soigner, et souffre de coupures d’électricité quotidiennes.

Mais il souligne que dimanche, les manifestants étaient variés: « Il y a des gens désespérés qui sont allés dire au gouvernement +Regardez les coupures de courant, regardez ce qui se passe+, et d’autres groupes qui demandaient la liberté (…) Se sont rassemblés des gens qui avaient d’une manière ou d’une autre un mécontentement et voulaient que ça se sache ».

Sur le plan économique, il recommande d’aller plus loin, par exemple en étendant l’exemption de taxes douanières aux importations commerciales des travailleurs privés, ou en approuvant immédiatement les petites et moyennes entreprises, ce que le gouvernement compte faire d’ici la fin du mois.

« Il faut s’attendre à de nouvelles mesures car les mesures existantes, bien que très positives, sont insuffisantes pour résoudre le niveau de mécontentement », estime-t-il.

Par Le Point avec AFP

Covid-19 : l’île Maurice rouvre ses frontières aux vaccinés en manque de soleil

juillet 15, 2021

Presque totalement fermé aux voyageurs internationaux depuis mars 2020, l’Etat confetti de l’océan Indien permet, sous conditions, aux vacanciers de revenir.

L’île Maurice, Etat confetti de l’océan Indien, rouvre ce jeudi 15 juillet ses frontières, presque totalement fermées depuis le début de la pandémie en mars 2020, aux voyageurs internationaux. Mais le bain de soleil a un prix. Non seulement les vacanciers doivent être vaccinés et porteurs d’un test PCR négatif, mais il leur faudra en plus se soumettre à une quarantaine de quatorze jours, dans une « bulle hôtelière ».about:

George Lepoigner, chauffeur de taxi dans la capitale mauricienne Port-Louis, a hâte de voir les touristes revenir vers les plages paradisiaques et les eaux turquoise de son île. « Sans les touristes dans le pays, nous n’avons pas de devises étrangères qui rentrent. Nous n’avons pas les fonds pour continuer à vivre », affirme M. Lepoigner, 55 ans et père de deux enfants.

La pandémie a durement touché l’île Maurice, dont une part importante de l’économie repose sur les revenus générés par le secteur du tourisme. Avant l’irruption de l’épidémie sur l’île en mars 2020, le tourisme et l’hôtellerie totalisaient environ 24 % du PIB et près d’un quart des emplois. Mais au cours de la dernière année fiscale, l’économie tout entière s’est contractée de 15 %. Et le pays s’impatiente de voir revenir ses précieux touristes.

En juin, le ministre des finances Renganaden Padayachy annonçait l’objectif « d’atteindre 650 000 touristes dans les douze prochains mois », précisant que le rétablissement serait « progressif et continu ». Il ajoutait que l’autorité en charge du tourisme allait être dotée de quelque 420 millions de roupies mauriciennes (8,3 millions d’euros) pour promouvoir le pays dans ses marchés clés, comme la Chine, l’Europe et l’Afrique du Sud.

« Un choc brutal et immense »

Mais les professionnels du tourisme devront cependant attendre avant de ressentir un rebond : la réouverture complète des frontières, sans les restrictions, n’est en effet prévue que le 1er octobre. En attendant, les touristes pourront jouir de leur complexe hôtelier et de la plage, mais ne pourront pas profiter du reste de l’île pendant leur quarantaine, pas plus que de certains services, comme les spas.

Selon Le Mauricien, l’un des principaux journaux locaux, 600 touristes étaient attendus jeudi, en provenance d’Europe et de Dubaï. Gilbert Espitalier-Noel, directeur général des hôtels New Mauritius, un acteur important du secteur, note avec morosité ne pas s’attendre à une reprise avant le dernier trimestre 2021.

Les revenus de ses hôtels ont plongé à 940 millions de roupies (18,6 millions d’euros) sur la période allant de juin 2020 à mars 2021, contre 7,6 milliards de roupies (150 millions d’euros) pour la période de juin 2019 à mars 2020. « Bien que nous ayons pris des mesures pour réduire les dépenses, à travers des réductions de salaire, des départs en retraite volontaires et en maintenant les dépenses opérationnelles à leur minimum, l’entretien des hôtels reste significatif », précise-t-il.

Les effets de la crise ne se sont pas limités au tourisme, mais se sont fait sentir dans les transports, l’agriculture ou encore la vente. Evoquant les effets d’entraînement au-delà du secteur touristique, l’économiste Rama Sithanen souligne que « Maurice n’est pas sorti de ce choc brutal et immense ».

Comme d’autres pays dans le monde, l’île, qui a enregistré quelque 2 190 cas d’infections et 20 décès pour une population totale de 1,2 million d’habitants, se bat désormais contre des variants plus virulents du virus, dont le Delta.

Mais pour M. Lepoigner, le retour des touristes ne peut plus attendre. « Même s’il y a un risque de contamination avec le nouveau variant, soit nous mourons de faim, soit nous mourons du Covid. Je choisirai le Covid puisque 99,9 % des Mauriciens ont survécu au virus depuis l’année dernière », lâche-t-il.

Avec Le Monde avec AFP

Partenariat Banque mondiale – Afrique : devenir plus forts et promouvoir la reprise

juillet 15, 2021
Un Sénégalais, dans les rues de Dakar, le 29 avril 2020. (illustration)

Alors que l’Afrique paie un lourd tribut à la pandémie, les chefs d’État de la RDC, de Guinée, du Bénin ou encore du Sénégal son attendus à Abidjan ce 15 juillet pour un sommet sur le financement de l’Association internationale de développement (IDA). Axel van Trotsenburg, directeur général des opérations de la Banque mondiale, insiste sur les enjeux cruciaux de cette rencontre pour l’avenir du continent.

Alors que leurs pays sont confrontés à une troisième vague de Covid-19 aux effets sanitaires, sociaux et économiques tragiques, plus d’une douzaine de dirigeants africains vont se réunir ce jeudi 15 juillet à Abidjan pour formuler leurs plans de reprise économique, de création d’emplois et d’investissement dans le capital humain. J’ai hâte de les y rejoindre et je réaffirmerai résolument l’attachement du Groupe de la Banque mondiale à la transformation de l’Afrique.PUBLICITÉ

41 milliards de dollars d’aides

En pleine pandémie, l’axe d’intervention de l’Association internationale de développement (IDA), l’une des institutions qui forment la Banque mondiale, est double. Nous avons entrepris de doubler l’aide d’urgence apportée à l’Afrique pour faire face à la crise, notamment en contribuant à renforcer les systèmes de santé et à financer l’acquisition et le déploiement de vaccins. Parallèlement, nous approfondissons notre soutien aux efforts déployés par les pays dans le cadre de leurs plans pour une reprise forte, verte et inclusive.

Il y a plus d’un an, lorsqu’il est devenu évident que la pandémie aurait un impact énorme sur les personnes les plus vulnérables au monde, nous avons agi rapidement pour mettre à disposition de manière précoce une très grande partie de l’aide que l’IDA offre sur un cycle de trois ans aux pays les plus pauvres de la planète. Trente-neuf des 74 pays concernés se trouvent en Afrique.

Depuis avril 2020, cette intensification de notre soutien au continent africain est sans précédent et l’aide ainsi apportée s’élève à plus de 41 milliards de dollars en fin juin. La plus grande partie de cette aide a été consacrée aux mesures visant à relever les défis posés par le Covid-19, et en particulier à sauver des vies, protéger les pauvres, créer des emplois et reconstruire en mieux à la suite de la crise. Des milliards de dollars ont ainsi été affectés à des dépenses liées à la santé.

Des vaccins pour 400 millions d’Africains

Récemment, nous avons également conclu avec l’Équipe spéciale pour l’acquisition de vaccins en Afrique de l’Union africaine (AVATT) un partenariat visant à financer l’achat de vaccins contre le Covid-19 pour pas moins de 400 millions d’Africains. Les démarches sont allées très vite : les premières doses de vaccin devraient être livrées dans les prochaines semaines.

CE NIVEAU D’APPUI FINANCIER REPRÉSENTE UN CHANGEMENT STRUCTUREL DANS LE PARTENARIAT ENTRE LA BANQUE MONDIALE ET L’AFRIQUE

L’IDA est, pour les pays africains à faible revenu, la principale source de financement. Elle accorde soit des prêts à long terme sans intérêt soit des dons, le montant de ces derniers ayant dépassé 10 milliards de dollars au cours de l’année écoulée. L’aide de l’IDA permet aux pays de faire face aux effets de la crise et de relever les défis actuels liés au développement à long terme, à la fragilité et au changement climatique.

Ce niveau d’appui financier n’est pas temporaire. Il représente un changement structurel dans le partenariat entre la Banque mondiale et l’Afrique, dans le cadre duquel le niveau d’engagement de la Banque est passé de 15 % de son programme annuel de prêts il y a 20 ans à 45 % aujourd’hui. Au cours des cinq dernières années, la Banque mondiale a engagé 106 milliards de dollars en Afrique tout en augmentant ses effectifs dans les pays africains de plus de 40 %.

Besoins en constante évolution

Les interventions de la Banque mondiale se veulent globales et sans exclusive, l’institution étant déterminée à ne jamais laisser des pays sur la touche. Le Soudan en est une bonne illustration : récemment, nous avons aidé les autorités soudanaises à mettre fin à des décennies d’isolement financier et à renouer avec la communauté internationale. Ce qui nous a permis de lancer un programme majeur de réduction de la pauvreté dans le pays et un programme global d’allégement de dette qui au bout du compte réduira la dette du Soudan de plus de 90 %.

D’une manière plus générale, nous trouvons des moyens de continuer de travailler dans les pays touchés par la fragilité et les conflits, en étroite coordination avec nos partenaires des Nations unies sur le terrain. Au lieu de nous retirer, nous avons choisi de rester aux côtés de ces pays et de leur apporter un soutien indispensable, qui a augmenté de 50 % durant l’année écoulée pour atteindre près de 15 milliards de dollars.

Si l’IDA s’investit considérablement pour aider les pays à faire face à la pandémie et à d’autres crises telles que les invasions de criquets, la sécheresse et les conflits armés, tout son appui s’inscrit dans la poursuite d’un objectif ultime, à savoir promouvoir un développement économique et social durable.

Les besoins des pays étant en constante évolution, il y a tout lieu de recueillir les idées et orientations des dirigeants africains sur la manière dont la Banque mondiale peut soutenir au mieux les ambitions à long terme des pays du continent.

Moteurs de la reprise

Nous avons avancé d’un an les négociations avec les bailleurs de fonds sur la reconstitution triennale des ressources de l’IDA. Les idées venant des partenaires africains influent considérablement sur les orientations stratégiques du prochain cycle, l’accent étant davantage mis sur plusieurs domaines cruciaux : création d’emplois, stimulation du développement du secteur privé, réduction de la fracture numérique, élargissement de l’accès à l’énergie et renforcement de l’intégration régionale.

Le sommet d’Abidjan sera l’occasion de débattre des moteurs de la reprise en Afrique et des perspectives de développement à plus long terme. Il permettra de définir les orientations des négociations menées par l’IDA, étant donné que nous prévoyons qu’environ les deux tiers des ressources du prochain cycle de refinancement de l’Association seront alloués à l’Afrique.

Par ailleurs, les discussions donneront une impulsion à l’ambition quant au montant des fonds à lever, car les besoins sont très importants et les conséquences de l’inaction pourraient sérieusement assombrir les perspectives à long terme du continent. Le défi consiste à agir maintenant, en aidant l’Afrique à se reconstruire en mieux et à améliorer la vie de ses populations.

Par  Axel van Trotsenburg

Directeur général des opérations de la Banque mondiale.

Pourquoi Emmanuel Macron mise sur les patrons nigérians

juillet 14, 2021
Le président Emmanuel Macron avec le businessman et économiste nigérian Tony Elumelu à Lagos en 2018.

Alors qu’il était étudiant à l’ENA, Emmanuel Macron a séjourné pendant six mois au Nigeria. Depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, le président français met tout en œuvre pour rapprocher Paris et Lagos et encourager les investissements.

Lors du sommet Choose France, qui a réuni des chefs d’entreprise du monde entier le 28 juin à Versailles, le Nigéria était placé au centre de l’attention. En effet, la première puissance économique du continent est le seul pays à avoir eu droit à un évènement spécial, réunissant des industriels français et nigérians de premier plan.  Signe de l’importance que revêt pour Emmanuel Macron la diplomatie économique de la France au Nigeria.

Rapprochement avec l’Afrique

Le président français a une vision particulière de la relation de la France avec le continent. Il est à l’origine d’une diplomatie économique militante. Il reproche aux entreprises françaises leur timidité sur les marchés mondiaux au-delà de leurs zones de confort.

« Il y a 40 ans, la France occupait une position de premier plan au Nigeria », a déclaré le président français à Jeune Afrique/The Africa Report. « De grandes entreprises françaises occupaient des positions de premier plan dans les secteurs de la construction, de la fabrication et de la logistique. Plus de 10 000 ressortissants français vivaient au Nigéria à cette époque. »

Mais, dans les années 2000, les entreprises françaises se sont éclipsés face à la concurrence étrangère. Michelin et Peugeot, par exemple, avaient des usines emblématiques, respectivement à Port Harcourt et Kaduna, toutes deux fermées depuis.

Aujourd’hui, il n’y a même pas un millier de citoyens français enregistrés à l’ambassade de France d’Abuja. « L’ironie, c’est que de nombreuses entreprises étrangères [non françaises] emploient aujourd’hui des ressortissants français au Nigéria », a regretté Emmanuel Macron.

LES NIGÉRIANS N’ONT PAS DE COMPLEXE D’INFÉRIORITÉ À L’ÉGARD DE LA FRANCE PARCE QUE LE PAYS N’EST PAS SUR LEUR RADAR

C’est au Nigeria que la relation d’Emmanuel Macron avec le continent a débuté. En 2002, il réalise un stage de six mois à l’ambassade de France à Abuja. Il y découvre alors un pays qui n’a rien à voir avec les repaires les plus familiers de la France en Afrique comme Abidjan, Dakar ou Libreville.

Pas de complexe d’infériorité

« Les Nigérians n’ont pas de complexe d’infériorité à l’égard de la France parce que le pays n’est pas sur leur radar », a déclaré le président français à Antoine Glaser et Pascal Airault dans un livre récent. « J’étais très heureux [au Nigeria]. Il y avait tellement de choses à faire, avec des gens extrêmement entreprenants, très créatifs, avec lesquels j’ai pu avoir une relation d’égal à égal de manière très spontanée et naturelle. »

Pourtant, à cause de l’insécurité et des mauvaises infrastructures, les entreprises nigérianes n’ont pas la vie facile.

Le quotidien nigérian The Guardian avait, en 2007, publié un éditorial résumant bien la situation. « La sortie de Michelin met en lumière un certain nombre de problèmes. L’incapacité du gouvernement à fournir un environnement favorable aux fabricants de pneus, la crise énergétique et son effet sur le coût des affaires, ainsi que l’usage abusif de dérogations présidentielles en faveur de certains Nigérians privilégiés », écrivait le journal.

Trois défauts majeurs

Les entreprises françaises sont, quant à elles, confrontées à trois autres problèmes : manque de relations personnelles, manque d’audace et un déficit de flexibilité.

Tout d’abord, les réseaux. Au cours des dernières décennies, les multinationales françaises ont fait tourner leur personnel expatrié, empêchant ces derniers de se créer de véritables réseaux. « Le business au Nigéria est principalement une affaire de personnes et de liens entre elles. Si vous n’avez pas cela, il est difficile d’opérer », déclare Jean Haas, directeur général de Relais International Consultants.

NETFLIX ET DISNEY ONT COMPRIS QUE LE PROCHAIN BLACK PANTHERS SERA « MADE IN AFRICA »

Ensuite, le manque d’audace. Le groupe de média Canal+ a investi dans le service de streaming nigérian iROKO, créé par Jason Njoku. Le groupe français, propriété de Vivendi, avait une stratégie africaine claire : se développer en Éthiopie et au Nigéria. Pourtant, lorsque ROk Studios, la branche de production d’iROKO, a été mise sur le marché, Canal+ a hésité à l’acheter, bien que le coût soit modeste.

« Les entreprises américaines ne se posent pas de questions. Netflix et Disney ont compris que le prochain Black Panthers sera « made in Africa » », explique Jacques Eliezer, associé de Procadres International dépêché par Vivendi pour redresser ROK. « Regardez Disney qui balance des millions sur un illustrateur nigérian qui n’a écrit que quelques bandes dessinées », dit-il, en faisant référence à Iwaju, la série que Disney va créer avec le studio nigéro-ougandais Kugali.

Bien sûr, toutes les entreprises françaises ne perdent pas leur sang-froid au Nigeria. TotalEnergies a, par exemple, mis en service la plus grande plateforme offshore qu’elle ait jamais construite, sur le champ en eau profonde d’Egina. À son pic de production de 200 000 barils par jour, celui-ci représente 10 % de la production pétrolière totale du Nigeria.

Pour Mike Sangster, directeur général de Total au Nigeria, « là où Total a été courageux, c’est en poursuivant » ce projet de 16 milliards de dollars après l’effondrement des prix du pétrole en 2014.

Enfin, il y a un déficit de flexibilité. En effet, il serait plus pertinent de cibler les 195 millions d’habitants avec des revenus les plus faibles, plutôt que de se concentrer sur les cinq millions de personnes aisées.

Le géant français du lait Danone a, lui aussi, voulu s’implanter dans la première économie africaine. Mais, il a été frappé par l’interdiction d’importer des produits laitiers qui fait partie de la politique d’« intégration en amont » de la Banque centrale du Nigeria. De fait, l’entreprise a dû adopter une approche plus souple. En 2016, le géant laitier français a pris le contrôle de FanMilk (100 % du capital à la fin 2019), un fabricant de crèmes glacées, de yaourts à boire et de jus de fruits. Au début de 2021, elle a annoncé qu’elle allait construire une ferme laitière phare dans l’État d’Ogun pour approvisionner FanMilk en lait nigérian.

Choose France

Pour ramener des entreprises françaises au Nigeria, le président français a lancé durant le sommet Choose France, un nouveau conseil des affaires France-Nigeria.

Ce conseil est la réincarnation d’une précédente initiative, qui n’a pas vraiment fonctionné. En 2018, lors de la tournée présidentielle d’Emmanuel Macron au Nigeria, un dialogue d’affaires franco-nigérian avait été organisé à Lagos. « Pas un seul PDG français n’est venu », a déploré le président français. « Nous devions nous impliquer […]. Au final, Abdul Samad Rabiu [BUA Group] a signé avec nous [un contrat avec la société française Axens pour la construction d’une raffinerie]. Les Américains sont furieux que nous ayons réussi à le faire balancer ».

En effet, BUA Group est en train de signer un contrat avec le groupe français de construction Saint-Gobain pour la construction d’une usine de plaques de plâtre. Dans le secteur de l’énergie, le closing financier du train 7 de Nigeria LNG va entraîner un énorme investissement dans le gaz de la part de toutes les parties prenantes, y compris Total.

La relation d’affaire franco-nigériane n’est pourtant pas à sens unique. La banque nigériane Access Bank, ouvre une banque en France pour mieux servir ses clients d’Afrique francophone qui ont besoin de service de correspondances bancaires.

Plusieurs freins à l’investissement

Toutefois, pour investir au Nigeria, il faut du courage et un réel engagement avec les partenariats locaux. « Les défis sont exactement ceux dont vous avez entendu parler, mais en pire », assure Jean Haas, directeur général de Relais International consultants.

Par exemple, le détaillant sud-africain Shoprite est la dernière multinationale a avoir quitté le Nigeria, du fait des évolutions défavorables des taux de change et des interdictions d’importation qui mettent ses produits hors de portée des classes moyennes.

Pour remédier à ces problèmes, le pays mettra en service -au cours des deux prochaines années- une série de raffineries, de zones franches et de ports.

LA COMBINAISON D’UN PORT EN EAU PROFONDE ET D’UNE ZONE FRANCHE INTÉGRÉE EST UNE « SOLUTION MIRACLE »

De fait, ces installations pourraient libéraliser le véritable potentiel du pays. Pour s’en rendre compte, il suffit de monter dans une voiture et de braver les interminables embouteillages de la péninsule de Lekki, à l’est de Lagos. Les lotissements et les commerces se sont multipliés sur des dizaines de kilomètres jusqu’à Aja et au-delà. Tous les quelques centaines de mètres, on trouve une station-service, un supermarché et un centre commercial.

Plus loin, on retrouve une coentreprise entre le géant américain des céréales Kellogg’s et la société singapourienne Tolaram. En face, China Harbour Engineering est en passe de terminer le port en eau profonde de Lekki, qui sera exploité par le géant du transport maritime français CMA CGM. Pour Dinesh Rathi, directeur financier de Tolaram, la combinaison d’un port en eau profonde et d’une zone franche intégrée est « une solution miracle » pour les entreprises qui ont repéré le potentiel de la région mais qui ont reculé devant les obstacles infrastructurels d’Apapa et de Tin Can Island.

A Port Harcourt, une autre zone franche se prépare à accueillir une raffinerie de sucre qui ciblera les opportunités de la zone de libre-échange continentale africaine et concurrencera les importations de sucre du Brésil. Dans le nord du Nigeria, les plantations de sucre et les rizeries construites par les principaux conglomérats du pays servent de points d’ancrage à d’autres investisseurs.

Certes, les titres des journaux mettent en garde contre la désintégration de la nation, font état de conflits ethniques, de stagflation, de centaines d’écoliers kidnappés et de la compagnie pétrolière nationale qui affirme qu’elle sera « incapable de verser » de l’argent sur le compte de la fédération du gouvernement. Tout cela est vrai. Mais, l’adage ne dit-il pas : la chance sourit aux audacieux.

Avec Jeune Afrique Nicholas Norbrook

Au Bangladesh, 52 morts dans l’usine en feu, le propriétaire arrêté

juillet 10, 2021

Le propriétaire d’une usine d’alimentation au Bangladesh, dont l’incendie aura duré plus de 24 heures et tué 52 personnes, a été arrêté pour homicide, et pourrait également être poursuivi pour emploi illégal d’enfants.

Un homme montre la photo de sa fille disparue dans l'incendie d'une usine où elle travaillait, près de la morgue de Dacca le 10 juillet 2021

© Munir Uz zaman Un homme montre la photo de sa fille disparue dans l’incendie d’une usine où elle travaillait, près de la morgue de Dacca le 10 juillet 2021

Une usine alimentaire en feu à Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, le 9 juillet 2021© Munir Uz zaman Une usine alimentaire en feu à Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, le 9 juillet 2021

La police a annoncé avoir arrêté samedi Abul Hashem et quatre de ses fils, ainsi que trois autres responsables de cette usine de Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, qui fabriquait notamment des bonbons, des nouilles et des jus de fruit.

Les pompiers ont mis plus de 24 heures à venir à bout du feu qui s’était déclaré jeudi dans ce bâtiment où étaient stockés notamment du plastique et des produits chimiques inflammables.

Lorsque les secours sont arrivés au troisième étage, ils ont trouvé 48 cadavres. Les travailleurs n’avaient pu s’enfuir car la porte d’accès à l’escalier principal, qui aurait pu leur permettre de se réfugier sur le toit, était fermée à clé, ont indiqué les pompiers.

Selon le chef de la police locale, Jayedul Alam, non seulement cette porte était verrouillée, mais de nombreux règlements de sécurité n’étaient pas respectés dans l’usine.

« C’est un meurtre délibéré », a-t-il déclaré à l’AFP.

Avant son arrestation, le propriétaire a suggéré que l’incendie pourrait être « le résultat d’une négligence de la part des ouvriers », estimant qu’une cigarette mal éteinte pouvait être à l’origine du feu.

Une femme passe, le 10 juillet 2021, devant la carcasse de l'usine dont l'incendie a fait 52 morts, à Rupganj, dans la banlieue de Dacca

© Munir Uz zaman Une femme passe, le 10 juillet 2021, devant la carcasse de l’usine dont l’incendie a fait 52 morts, à Rupganj, dans la banlieue de Dacca

– Enfants payés 20 cents/h –

La ministre du Travail Monnujan Sufian a par ailleurs indiqué qu’une enquête avait été lancée sur l’emploi d’enfants dans cette usine.

Elle a dit à l’AFP avoir parlé à l’hôpital à deux survivants de l’incendie âgés de 14 ans, et une femme a expliqué à l’AFP que son enfant de 11 ans, qui travaillait dans l’usine, était porté disparu.

Laizu Begum, après des heures d’attente devant l’usine en flammes, a expliqué à l’AFP être sans nouvelle de son neveu, âgé de 11 ans, qui travaillait au troisième étage.

« Nous avons entendu dire que la porte du troisième étage était verrouillée. Quand nous avons vu comme l’incendie était énorme, nous avons réalisé qu’il était probablement mort », a-t-elle raconté, en pleurs.

Devant la carcasse calcinée de l’usine, l’AFP a parlé à une trentaine de survivants et de parents des victimes, qui ont confirmé que des enfants travaillaient dans cette usine, pour 20 takas (20 centimes d’euro) de l’heure.

Une femme montre la photo de sa fille qui travaillait dans une usine qui a pris feu, le 10 juillet 2021 près de la morgue de Dacca

© Munir Uz zaman Une femme montre la photo de sa fille qui travaillait dans une usine qui a pris feu, le 10 juillet 2021 près de la morgue de Dacca

Bilal Hossain, père de Mitu Akter, une adolescente de 14 ans qui n’a toujours pas été retrouvée, allait de la police aux médecins devant la morgue, à la recherche des restes de sa fille.

« J’ai envoyé ma petite fille à la mort! Comment vais-je annoncer ça à sa mère? », s’est-il lamenté.

La ministre, parlant des enfants survivants qu’elle a vus à l’hôpital, a indiqué que le plus jeune lui avait dit avoir 14 ans.

La loi au Bangladesh permet aux mineurs de travailler à partir de 14 ans, mais dans des emplois non dangereux, ce qui n’était pas le cas de cette usine, a expliqué Mme Sufian.

« S’il est prouvé qu’il employait des enfants, nous poursuivrons non seulement le propriétaire, mais aussi les inspecteurs du travail », a-t-elle ajouté.

Les incendies et les effondrements de bâtiments sont relativement fréquents au Bangladesh, un pays pauvre d’Asie du Sud, en particulier dans son importante industrie textile, en raison d’un manque de respect des normes de sécurité. Et les réformes promises dans ce domaine par le gouvernement tardent à se concrétiser.

Une femme montre la photo de son neveu de 11 ans disparu dans l'incendie de l'usine où il travaillait, le 10 juillet 2021 à la morgue de l'hôpital de Dacca

© Munir Uz zaman Une femme montre la photo de son neveu de 11 ans disparu dans l’incendie de l’usine où il travaillait, le 10 juillet 2021 à la morgue de l’hôpital de Dacca

En 2013, l’effondrement du Rana Plaza, un complexe de neuf étages qui abritait des usines de confection à Dacca, avait fait plus de 1.100 morts.

Ce nouveau drame illustre selon les syndicats combien la législation sur le travail est peu respectée. 

Pour l’Organisation Internationale du Travail, l’incendie « illustre la nécessité urgente » que les autorités et l’industrie du bâtiment du Bangladesh s’assurent que les usines respectent les normes de sécurité.

Le gouvernement doit « régler avec plus de vigueur les manquements à la sécurité sur les lieux de travail à travers le pays », a demandé l’agence onusienne.

Avec AFP par sa/tw/leg/ia/cac/sg

Exclusif – Classement : les 100 avocats d’affaires les plus influents en Afrique francophone

juillet 7, 2021
Jeune Afrique et Jeune Afrique Business+ dévoilent leur palmarès 2021 des avocats d’affaires.

C’est désormais un rendez-vous très attendu. « Jeune Afrique » et « Jeune Afrique Business+ » publient le « 100 Legal Powerlist », le palmarès exclusif des avocats d’affaires les plus influents en Afrique francophone. 

Il y a cinq ans, lorsque le groupe Jeune Afrique a lancé ce classement inédit des 100 avocats d’affaires les plus influents en Afrique francophone, nous étions loin d’imaginer qu’il prendrait une telle ampleur et rencontrerait un tel écho. À l’époque, nous vous proposions un Top 50, réalisé à partir des données fournies par une cinquantaine de cabinets internationaux et africains, représentant plus d’une centaine d’avocats.

Pour cette édition 2021, ce sont pas moins de 77 cabinets, et près de 470 avocats, qui ont répondu à notre enquête. Comme c’était déjà le cas lors de l’édition 2020, nous vous proposons cette année encore un Top 100 qui offre un panorama unique sur la pratique du droit des affaires. Qui sont les meilleurs avocats ? Quelle est leur influence réelle ? Dans quelle spécialité excellent-ils ?

Pour établir le palmarès dans le respect de la confidentialité la plus stricte, nos analystes se sont fondés sur plusieurs critères pondérés pour chaque avocat. Sont ainsi pris en compte le nombre de missions confiées à l’avocat, les pays dans lesquels il intervient, la valeur financière sous-jacente cumulée des dossiers qu’il a en charge, ainsi que la complexité des affaires qu’il a à connaître. Une surpondération a en outre été appliquée pour les projets à impact fort, notamment dans le secteur des énergies renouvelables, pour les très grandes infrastructures, ou encore dans le domaine du conseil aux gouvernements.

Premier enseignement de cette édition 2021 : le fort renouvellement. Notre Top 100 compte en effet pas moins de 26 nouveaux entrants. Autre enseignement : sur les 77 cabinets audités, 50 sont présents dans notre classement, et deux d’entre eux tiennent le haut du pavé : le groupe panafricain Asafo & Co et le français Gide Loyrette Nouel, qui alignent chacun une dizaine de robes noires dans le palmarès. Les grands noms des réseaux anglo-saxons occupent, comme à l’accoutumée, une large place : Allen & Overy, Clifford Chance, Herbert Smith Freehills, Linklaters et Norton Rose Fulbright qui comptent chacun quatre avocats classés. Les cabinets locaux sont également présents, à l’image du cabinet Nyemb au Cameroun, de SD Avocats en Guinée, ou encore de Meziou Knani & Khlif en Tunisie.

L’ACTIVITÉ DES AVOCATS D’AFFAIRES A PLUTÔT BIEN RÉSISTÉ EN 2020

Autre enseignement : l’activité des avocats d’affaires a plutôt bien résisté en 2020. Pour preuve, le développement et le financement de projets arrivent en tête des pratiques dominantes dans les cabinets d’avocats de l’Afrique francophone. Si le secteur minier tient le haut du pavé, les énergies renouvelables – principalement solaires et hydrauliques – et les grands programmes d’infrastructures souvent lancés avant la crise – dans le domaine portuaire notamment – sont en fort essor.

En revanche, on note que les avocats ont, en 2020, peu travaillé sur des projets industriels, y compris dans des pays d’ordinaire en pointe sur le sujet, comme le Maroc. De même, le niveau assez modéré de la pratique fusion-acquisition reflète une activité moindre en la matière.

Notre classement identifie par ailleurs 21 avocats ayant majoritairement exercé leur art dans l’arbitrage et le contentieux. Ce niveau élevé témoigne d’une certaine montée des tensions économiques, d’autant qu’un nombre important de litiges et d’arbitrages impliquent des États et sont liés au domaine minier, notamment en Afrique centrale.

Comme lors des éditions précédentes, plusieurs pratiques font l’objet d’une distinction particulière : « M&A », « Contentieux », « Projets », « Financement de projet », « Énergies renouvelables » et « Appui aux gouvernements ».

Enfin, deux nouveautés à signaler dans notre millésime 2021 : une mention spéciale pour le « cabinet de l’année » – toutes catégories confondues – et une autre pour le « cabinet africain de l’année », sur la base de recommandations des pairs.

L’ensemble de ce classement, publié en cinq volets, est à retrouver sur Jeune Afrique Business+.

Par Jeune Afrique

Canada: Le projet de train à grande fréquence Québec-Toronto démarre

juillet 6, 2021

Les Québécois devraient pouvoir monter à bord d’un train à grande fréquence plus rapide en direction de Toronto d’ici 2030, promet le gouvernement fédéral. Le ministre des Transports a annoncé mardi le début de consultations et le lancement d’un appel d’offres cet automne, en vue de construire une toute nouvelle ligne ferroviaire qui reliera Québec et Montréal à la Ville Reine.

Le ministre des Transports, Omar Alghabra, a déclaré que le processus d’appel d’offres se mettrait en branle prochainement.

© David Kawai Archives La Presse canadienne

Le ministre des Transports, Omar Alghabra, a déclaré que le processus d’appel d’offres se mettrait en branle prochainement.

Le gouvernement de Justin Trudeau avait annoncé un investissement de près de 500 millions de dollars pour faire avancer ce projet, dans son budget du printemps dernier. Le ministre des Transports, Omar Alghabra, a déclaré de passage à la Gare du Palais de Québec mardi que le processus d’appel d’offres se mettrait en branle prochainement.

Le fédéral entamera cet été des consultations avec 36 communautés autochtones dont le territoire sera traversé par le tracé prévu du projet. Une évaluation environnementale sera également menée. Et le gouvernement consultera en outre le secteur privé ainsi que les compagnies ferroviaires qui contrôlent les rails des centres-villes qui seront desservis par ce futur train à grande fréquence.

Aux Québécois et aux Canadiens qui se font promettre ce train rapide depuis des années sans encore l’avoir vu circuler sur les voies ferrées du pays, le ministre Alghabra a assuré que son gouvernement irait bel et bien de l’avant. « Un demi-milliard de dollars [promis dans le dernier budget] en dit beaucoup sur notre engagement envers ce projet », a-t-il insisté, en point de presse aux côtés du maire de Québec Régis Labeaume. Les ministres québécois François-Philippe Champagne et Jean-Yves Duclos de même que l’élu de Québec Joël Lightbound les accompagnaient pour cette conférence aux airs d’annonce préélectorale.

Un départ attendu dans 9 ans

Les consultations et le lancement de l’appel d’offres annoncés mardi ne sont que les premières étapes de cet important projet, dont la construction ne devrait être terminée que d’ici 2030. La facture finale pourrait atteindre entre 6 à 12 milliards de dollars, selon le projet final qui sera retenu a indiqué le ministre Alghabra.

Des voies ferrées dédiées au train à grande fréquence doivent être construites, pour permettre d’éviter de partager les voies existantes avec les trains de marchandise comme à l’heure actuelle. Ce nouveau tracé permettrait de réduire le temps de trajet de 30 minutes entre Québec et Montréal et jusqu’à 90 minutes entre Québec et Toronto, car les trains pourraient ainsi atteindre des vitesses de 177 à 200 km/h ont promis les ministres fédéraux.

L’augmentation de l’offre de trajets au quotidien devrait en outre permettre d’attirer quatre fois plus de voyageurs d’ici 30 ans — l’achalandage de cette ligne de train passant de 4,8 millions de passagers par année à 17 millions en 2059, selon les projections d’Ottawa. Outre Québec, Montréal, Ottawa et Toronto, la nouvelle ligne s’arrêterait en outre à Laval, à Trois-Rivières et Peterborough en Ontario, de même qu’à l’aéroport Jean-Lesage de Québec où une nouvelle gare sera construite.

Un TGV ne serait pas plus rapide

Si le gouvernement fédéral a privilégié une nouvelle ligne de train à grande fréquence, plutôt qu’un train à grande vitesse comme en Europe, c’est qu’un TGV aurait coûté plus cher et aurait mis plus de temps à construire sans pour autant offrir un transport plus rapide. Les distances entre les gares étant relativement courtes, un TGV n’aurait pas eu le temps de rouler à grande vitesse très longtemps avant de devoir ralentir à nouveau à l’approche d’un centre-ville, a expliqué le ministre Alghabra. « Un train à grande fréquence est la meilleure option pour les voyageurs, car il offre une fiabilité, il pourra tout de même rouler jusqu’à 200 km/h et offrira les trajets fréquents dont les Québécois et les Canadiens ont besoin », a-t-il fait valoir, avant de se rendre à Trois-Rivières pour y répéter son annonce. Le ministre reprendra en outre l’exercice mercredi, à la Gare Centrale de Montréal.

Les nouveaux trains seront électriques sur à peu près 90 % du trajet, puis à propulsion diesel dans les espaces urbains puisqu’ils devront y emprunter les voies existantes des compagnies ferroviaires privées qui ne pourront pas fournir l’infrastructure électrique.

Le Parti conservateur n’a pas perdu de temps pour critiquer cette annonce du gouvernement Trudeau, rappelant qu’elle figurait dans le dernier budget. « L’annonce libérale d’aujourd’hui n’était qu’une répétition de l’annonce du processus d’engagement préliminaire pour construire la ligne ferroviaire à grande fréquence décrite dans le budget libéral de 2021 — sans calendrier établi et sans progrès réel vers la fourniture de ce service si nécessaire », a reproché la députée Stephanie Kusie, dans une déclaration écrite fournie par son parti.

Par Marie Vastel avec La Presse canadienne

Canada: Canicule et sécheresse, les agriculteurs de l’Ouest en payent le prix

juin 30, 2021

La canicule qui sévit en ce moment sur une bonne partie de l’Amérique du Nord aura vraisemblablement des conséquences sur les récoltes et le portefeuille des agriculteurs.

Les conditions climatiques actuelles permettent également aux populations d'insectes de croître. (archives)

© Rob Kruk/Radio-Canada Les conditions climatiques actuelles permettent également aux populations d’insectes de croître. (archives)

La chaleur et la sécheresse sont source de danger pour les plants de blé et de canola. Ce qui survivra jusqu’à la récolte vaudra ainsi davantage, poussant même les prix à de nouveaux sommets.

Mardi, les contrats pour le blé printanier (ainsi nommé puisqu’on le plante au printemps et le récolte au cours de l’été) s’échangeaient à 8,34 dollars américains le boisseau à la bourse des grains de Minneapolis. Il s’agit du prix le plus élevé depuis 2013.

La valeur du boisseau de blé printanier a augmenté de 10 % au cours de la semaine.

Les conditions caniculaires que l’on vit actuellement peuvent diminuer la qualité et la quantité des récoltes.

Aux États-Unis, seuls 20 % des récoltes de blé printanier sont actuellement considérées comme étant de bonne ou d’excellente qualité, selon le département américain de l’Agriculture.

À titre comparatif, ce pourcentage s’élevait à 70 % au même moment l’année dernière.

Des récoltes de canola en danger

La situation n’est guère meilleure en ce qui concerne le canola.

Stephen Vandervalk, un agriculteur de la région de Calgary, croit que cette année sera la pire récolte de l’histoire».

Selon lui, la situation du canola est encore pire que celle du blé, surtout en comparaison avec l’année dernière qui fut excellente.

La chaleur et la sécheresse font monter les prix ici aussi : la tonne métrique de canola se vendait 800 dollars lundi, un sommet depuis 1982.

Stephen Vandervalk estime qu’il ne pourra récolter que 70 000 boisseaux cette année alors que ce nombre s’élève habituellement à 300 000.

Malgré tout, il se considère comme étant chanceux : il croit que certains agriculteurs d’autres régions feront face à des récoltes encore pires que la sienne. Ils ne pourront même pas récolter.»

Pour aggraver la situation, la canicule permet aux insectes de prospérer.

Avec une telle chaleur et une telle sécheresse, les insectes sont déchaînés explique Stephen Vandervalk. Avec dame Nature, lorsque ça va mal, ça va vraiment mal.»

Avec CBC/Radio-Canada avec les informations de Pete Evans

Tunisie, Maurice, Maroc : addition salée pour le tourisme africain

juin 30, 2021

Quelque 80 % des hôteliers tunisiens estiment avoir perdu 50 % de leur chiffre d’affaires en 2020. El Jem, en Tunisie, le 20 mai 2021.

Estimant les pertes dans le secteur à plusieurs centaines de milliards de dollars, un rapport de l’Organisation des Nations unies table sur un retour à la normale en 2023.

L’heure n’est pas encore à la reprise pour le tourisme en Afrique. C’est la conclusion d’un rapport publié le 30 juin par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced)*. S’appuyant sur les statistiques de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), elle a évalué les dégâts passés et à venir, provoqués par la pandémie de Covid-19.

Bilan : en 2021, le recul des arrivées de touristes internationaux va engendrer un manque à gagner pour le continent chiffré entre 170 et 253 milliards de dollars, selon les scénarios.

Sans surprise, la région la plus touchée sera l’Afrique du Nord avec un recul de 78 % des dépenses des visiteurs, synonyme d’une chute du produit intérieur brut (PIB) de 7,5 % selon le scénario pessimiste, et de 5 % d’après le scénario optimiste. Mais le reste du continent ne fera guère mieux avec un recul des dépenses de 69 %.

L’ARRÊT DU TOURISME EN 2020 A PRIVÉ LA TUNISIE ET LE MAROC DE 79 % DE SES VISITEURS INTERNATIONAUX

Au niveau des professionnels du secteur, l’impact est tout aussi rude. C’est encore en Afrique du Nord que les moins qualifiés d’entre eux seront les plus touchés, avec une contraction des effectifs de -10,44 %. Pour les professionnels les plus qualifiés, le recul le plus fort, soit -11,82 %, interviendra en Afrique de l’Est.

L’an dernier, la Cnuced estime que l’arrêt quasi-total du tourisme a privé la Tunisie et le Maroc de 79 % de ses visiteurs internationaux. Les autres pays dépendants du secteur accusent aussi le coup : la chute a été de 78 % pour l’île Maurice, de 72 % pour le Kenya, 70 % pour l’Afrique du Sud, 69 % pour l’Égypte et l’Éthiopie, 55 % pour le Ghana et 43 % pour Madagascar.

Vaccination, formation et réflexion stratégique

Les auteurs du rapport, qui espèrent un retour à la normale en 2023, formulent trois conseils aux dirigeants des États pour enclencher la reprise. En premier lieu, ils mettent l’accent sur la nécessité d’accélérer la vaccination afin de surmonter les craintes de contamination des visiteurs étrangers.

Ensuite, ils plaident pour un soutien aussi important que possible aux salariés du secteur, incluant le développement de formation. Enfin, ils appellent à mener une réflexion stratégique, soulignant que le tourisme africain ne sortira pas indemne de la pandémie.

Les voyageurs âgés des pays industrialisés, qui contribuent majoritairement à la croissance des visites et des recettes, risquent en effet de se limiter encore pendant un moment à un tourisme domestique quand la poussée globale de la préoccupation écologique pourrait pénaliser durablement les vols longs courriers, notamment à destination du continent. Plus que jamais, le secteur africain a intérêt à diversifier sa clientèle et donc ses produits tout en pariant sur l’essor du tourisme domestique.

Avec Jeune Afrique par Alain Faujas