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Agroalimentaire : le Togo à l’assaut du défi de la transformation

octobre 14, 2021

REPORTAGE. Ces dernières années, producteurs et politiques cherchent les voies et moyens d’engager une transformation locale des matières premières. Illustration.

A travers quelques produits agricoles cles comme le cacao, le soja ou le coton, le Togo veut impulser de nouveaux schemas pour faire de la transformation locale une realite.
À travers quelques produits agricoles clés comme le cacao, le soja ou le coton, le Togo veut impulser de nouveaux schémas pour faire de la transformation locale une réalité.© GODONG/DELOCHE / BSIP via AFP

Au Togo, comme dans la plupart des pays d’Afrique, l’agriculture occupe une très large portion des actifs et contribue énormément à l’économie, dont elle est d’ailleurs le moteur, avec pas moins de 40 % du produit intérieur brut (PIB). Mais la transformation in situ des matières premières pour avoir une plus-value en est le talon d’Achille. Aujourd’hui encore, c’est l’exportation sous forme brute vers l’Occident qui prime. Résultat : malgré l’abondance des ressources, le continent continue à importer chaque année des milliards de dollars d’aliments transformés et de produits raffinés. Les produits agricoles qui illustrent assez bien ce schéma sont la noix de cajou, le café et le cacao. Alors que le continent africain concentre 70 % de la production mondiale de fèves de cacao et que la transformation du chocolat est à l’origine de 100 milliards de dollars à travers le monde, selon l’International Cocoa Organization, seuls 6 % de cette somme reviennent aux pays exportateurs de la matière brute, comme la Côte d’Ivoire et le Ghana.

Le soja comme vitrine

Depuis quelques années, il y a une véritable prise de conscience sur le besoin de développer les infrastructures de transformation sur place. Ananas, mangues, papayes, soja, légumes frais, café, cacao. Choco Togo, d’Éric Agbokou, spécialisée dans la transformation du cacao – en plus de la production locale, elle importe le bio du Ghana et de la Côte d’Ivoire, des plus grands pays producteurs d’Afrique et du monde – en chocolat, fait partie des têtes de pont. Ses chiffres d’affaires montant crescendo depuis 2013, la diversité des pays d’exportation du chocolat de Choco Togo, les prix glanés un peu partout pour sa qualité sont assez parlants. L’ambition d’Éric Agbokou est de s’approprier le marché ouest-africain et de passer le cap des 10 000 tonnes annuelles de production.

Kanyi Group, de Kanyi Koffi Anoumou, est aussi une référence dans le secteur dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, notamment pour la transformation des fruits séchés, aux côtés d’Ecocert. Agrokom, de Daniel Komlan ,fait dans la trituration du soja, tout comme Mama Soja.

Le Togo rêve de devenir un champion du soja bio dans le monde (image d’illustration).© WIKUS DE WET / AFP

Concrètement, le soja « made in Togo » est le porte-étendard de cette nouvelle stratégie. La filière est très porteuse, de la production à la transformation de la graine jusqu’à sa commercialisation. Le petit pays en a produit jusqu’à 176 000 tonnes à l’été 2021, contre 40 000 tonnes en 2018. Le soja constitue une matière première de choix pour une multitude d’industries sur le marché mondial des huiles et des protéines végétales. Il représente plus de 50 % en masse de la production mondiale d’oléagineux. Le Togo ne veut plus se contenter d’exporter. Il veut transformer localement et exploiter son immense potentiel pour en faire de l’huile, bien sûr, mais aussi de la farine, des savons et même du fromage.

Les politiques en place et les chiffres

Cet essor du secteur de la transformation in situ des produits agricoles bio tient en partie au cadre institutionnel et politique tracé par l’État togolais. En effet, bien des structures ont été créées dans la perspective de la promotion agricole de façon générale. Projet de transformation agroalimentaire du Togo (PTA-Togo) dans le cadre du plan stratégique de développement des agropoles au Togo (2017-2030) et de l’initiative Nourrir l’Afrique (2016-2025), visant à accroître de 19 à 40 % la part des produits agricoles transformés sur place, Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA) et ses dérivés, mécanisme incitatif de financement agricole (MIFA), etc. De nombreux programmes, projets ou mécanismes ont permis de faire un grand pas vers la transformation des produits agricoles sur place. Manifestation ultime ces derniers temps de cette volonté politique, la mise en place de la plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) et la promotion du volet transformation des produits.

Le secteur a par ailleurs bénéficié des appuis des partenaires en développement aussi. « Si nous appuyons les acteurs de la transformation, alors cela va agir sur toute la chaîne de valeur. Donc nous appuyons les transformateurs dans la démarche qualité, mais également pour obtenir les équipements nécessaires pour pouvoir répondre aux besoins du marché », a déclaré Isaac Nyuito, chargé de programme à la délégation de l’Union européenne au Togo.

Avant Choco Togo, la quasi-intégralité des fèves togolaises était exportée.© Choco Togo

L’un des pays européens actifs dans l’appui aux transformateurs des produits bio est sans doute l’Allemagne, qui, avec des programmes, projets et autres appuis aussi bien financiers que matériels, logistiques et techniques, aura contribué à booster cette activité au Togo, avec son bras armé, la GIZ.

En l’espace de quelques années, le Togo est parvenu à rattraper son retard et à occuper le rang de second exportateur africain de produits bio à destination des pays de l’Union européenne, derrière l’Égypte, selon des données statistiques rendues publiques en juin 2020. Passant de 22 000 tonnes à près de 45 000 tonnes, soit une hausse de 102 % enregistrée, le pays avait plus que doublé ses exportations de produits biologiques vers cet espace entre 2018 et 2019. Ce chiffre faisait du Togo le 14exportateur mondial (contre la 31place pour 2018), et de nouveau le premier plus gros exportateur de la Cedeao vers l’UE dans le domaine.

Outil de création d’emplois et de valeur ajoutée

Certains acteurs l’ont compris depuis bien longtemps, la transformation locale des produits agricoles apporte une plus-value énorme aussi bien aux producteurs qu’au pays puisqu’elle permet la création d’emplois de meilleure qualité. « Si nous devons développer l’Afrique, ça ne peut qu’être par la voie de l’entrepreneuriat. Et nous n’allons pas produire sans transformer. La transformation sur place apporte une grande valeur ajoutée. Aller travailler dans une fonction publique, ce n’est pas mal, mais ça ne vous permet pas spécifiquement de contribuer au développement de votre pays », estime Kanyi Koffi Anoumou.

« J’étais dans la transformation des épices et farine et j’employais 2 personnes, mais, depuis que je me suis tourné vers les fruits séchés, ce nombre oscille désormais entre 10 et 14 en fonction de la production », explique Solim Kpemissi, la directrice générale de Futur of Africa SAS.

Défis et perspectives

Les défis ne maquent pas, cependant : entre la disponibilité des matières premières, les équipements pour ce faire, l’absence de débouchés locaux pour consommer ces produits, entre autres. Mais les acteurs du secteur, grâce à leurs diverses approches, tentent de surmonter de plus en plus ces écueils. « Les défis sont énormes : défis en termes de production, défis en termes de disposition de machines, défis en termes de personnel, de formation adéquate pour le personnel en matière de transformation », liste Kanyi Koffi Anoumou. « Mais nous arrivons à apporter des solutions, souligne-t-il. Je ne dirai pas que j’ai cherché une matière première pendant une ou deux semaines sans trouver. Parce qu’au fur et à mesure qu’on avance nous essayons de former nos coopératives à produire beaucoup plus en quantité pour que nous ne manquions de rien. »

Des produits transformés et commercialisés directement sur place trouvent leur place sur les étals des marchés et des principaux commerces du Togo.© DR

L’autre défi de grande portée à relever, c’est la consommation locale des produits bio. « Le marché d’écoulement, au début, c’était extrêmement difficile. Mais maintenant, je dirais que ça va mieux, pas totalement à 100 %. Avec le temps, on espère vivement que ça changera. (…) Il y a la concurrence qui est un peu rude, ce qui fait que parfois les productions locales deviennent plus chères que les produits importés. Nous sommes en train de régler ce côté-là pour que nos produits soient accessibles à tout le monde », ajoute le patron de Kanyi Group.

Amana Azotou, à la tête d’Ecocert abonde : « Honnêtement, certains produits transformés localement ont plus de valeur ajoutée à l’exportation que sur le marché local, si l’on pense créer plus de richesse pour l’entreprise et participer au développement de son pays », insiste-t-il. Pour lui, le marché togolais est trop petit. « C’est vrai qu’il faut travailler pour faire connaître localement ses produits car cela vous permet de nouer des contacts avec des partenaires qui peuvent porter votre projet et vous aider à vous faire connaître sur le marché international. L’exportation se prépare et c’est un travail de longue haleine », dit-il.

Comme pour témoigner de la place du bio et encourager sa production au Togo, il a été institué un marché idoine, l’Espace Viva. « On a identifié les producteurs qui font de l’agroécologie, utilisent des techniques comme la permaculture. On leur rend visite avant de les sélectionner pour qu’ils participent au marché des paysans. On les connaît donc très bien, ce sont des personnes engagées depuis très longtemps », a déclaré Aimée Abra Tenou, sa fondatrice.

Avec Le Point par notre correspondant à Lomé, Kouevi Nyidiiku

Espagne : des poissons tués par la pollution des élevages porcins ?

octobre 13, 2021

Selon une récente enquête citée par le « Guardian », l’impact de l’industrie porcine espagnole, en termes de pollution, pourrait avoir été sous-estimé.

La faune d'un des plus grands lagons d'eau salee d'Europe pourrait courir un danger jusqu'a present sous-estime.
La faune d’un des plus grands lagons d’eau salée d’Europe pourrait courir un danger jusqu’à présent sous-estimé.© JOSE MIGUEL FERNANDEZ / AFP

La faune d’un des plus grands lagons d’eau salée d’Europe pourrait courir un danger jusqu’à présent sous-estimé. Dans un article publié mercredi 13 octobre, Le Guardian évoque une récente enquête, selon laquelle la pollution causée par l’industrie porcine espagnole pourrait être à l’origine du décès massif de poissons. Cette enquête, conjointement menée pendant quatre mois par le collectif de journalistes Lighthouse Reports, ainsi que des collaborateurs du média elDiario.es, est arrivée à la conclusion que l’élevage intensif aurait grandement contribué à créer l’une des pires catastrophes environnementales de ces dernières années.

Dès le mois d’août, des habitants de la région de Murcie, située dans le sud-est de l’Espagne, ont commencé à tirer la sonnette d’alarme après avoir vu des dizaines de poissons morts s’échouer sur les rives de la lagune de Mar Menor, relate le quotidien britannique.

Plus de cinq tonnes de carcasses en décomposition

En quelques jours seulement, le bilan s’est aggravé, atteignant les plus de cinq tonnes de carcasses en décomposition, qui jonchaient alors des plages autrefois très prisées par les touristes. Petit à petit, des images montrant les eaux troubles de la lagune et des témoignages de plaintes provenant des habitants, au sujet de l’odeur nauséabonde qui découlait du phénomène, ont commencé à inonder les médias espagnols, poursuit le Guardian. Dans le même temps, des scientifiques ont pointé du doigt plusieurs décennies de ruissellement d’eau chargée en nitrates. Selon eux, ce phénomène serait à l’origine d’importantes proliférations d’algues, qui ont épuisé l’eau en oxygène, provoquant ainsi la mort des poissons par suffocation.

Alors que des poissons sans vie continuaient à s’échouer tout au long de l’été, le gouvernement régional a interdit l’utilisation d’engrais à une distance inférieure de 1,5 kilomètre de la lagune, suggérant que la responsabilité de la crise était imputable à la vaste étendue de champs agricoles qui bordent la lagune, observe le site d’information. De son côté, le gouvernement central s’est montré plus direct, reprochant aux responsables locaux d’avoir eu un comportement laxiste en matière d’irrigation des champs. Mais ni l’un ni l’autre n’a jamais mentionné les élevages porcins. Pourtant, comme le précise le Guardian, ces derniers ont proliféré au cours de la dernière décennie, près de la lagune.

FMI : Kristalina Georgieva, soutenue par les pays africains, sauve son poste à la tête du Fonds

octobre 12, 2021
La directrice générale Kristalina Georgieva rencontre le président de la République démocratique du Congo Felix Tshisekedi au Fonds monétaire international. © Joshua Roberts/FMI/Flickr Licence CC

Appuyée par les représentants de plusieurs États africains, mais également par la France et plusieurs pays européens, l’économiste bulgare a été maintenue, le 11 octobre, à la direction générale de l’institution multilatérale, après plusieurs semaines d’incertitude.

Dans un communiqué publié dans la nuit du 11 au 12 octobre, le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé le maintien à son poste de Kristalina Georgieva, l’économiste et haut fonctionnaire bulgare à la tête de l’institution financière depuis le 1er octobre 2019.

« Le Conseil d’administration réaffirme sa pleine confiance dans le leadership de la directrice générale et dans sa capacité à continuer d’exercer efficacement ses fonctions. Le Conseil a confiance dans l’engagement de la directrice générale à maintenir les normes les plus élevées de gouvernance et d’intégrité au sein du FMI », indique le communiqué.

Allégations datant de son passage à la banque mondiale

Pendant plusieurs semaines et au cours de pas moins de huit sessions, le conseil d’administration du FMI a examiné le rôle joué – ou non – par l’ancienne numéro deux de la Banque mondiale dans diverses altérations supposées au classement Doing Business 2018.

À la suite d’une investigation confiée au cabinet d’avocats WilmerHale, la Banque mondiale avait annulé, le 16 septembre, la publication du rapport Doing Business, alléguant diverses manipulations commises à l’époque par les équipes sous la direction de Kristalina Georgieva, au profit notamment de la Chine. Une décision farouchement contestée par l’économiste de 68 ans.

L’EXAMEN DU RAPPORT WILMERHALE NE FOURNISSAIT PAS DE DÉTAILS SUR DES ÉLÉMENTS SUFFISAMMENT PRÉCIS

« Le Conseil d’administration a estimé que les informations présentées au cours de son examen ne démontraient pas de manière concluante que la directrice générale avait joué un rôle inapproprié concernant le rapport Doing Business 2018 lorsqu’elle était DG de la Banque mondiale », a conclu la direction du FMI.

Chasse aux sorcières

Le sort de Kristalina Georgieva, par ailleurs ancienne Commissaire européenne à la coopération internationale, faisait l’objet d’intenses spéculations ces dernières semaines, d’aucuns pointant une forte hésitation des États-Unis (16,5 % du capital du FMI) et du Japon (deuxième actionnaire avec 6,14 % du capital) à maintenir la responsable bulgare à son poste, sans un examen approfondi de son rôle à la Banque mondiale.

D’autres, parmi lesquels le prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz, ont dénoncé une chasse aux sorcières et un règlement de comptes contre une dirigeante ayant bravé le conservatisme de Washington pour aider les pays du Sud face à la crise du Covid-19.

ELLE A ÉTÉ UN PARTENAIRE D’UNE VALEUR INESTIMABLE QUI A CONTRIBUÉ À NOS SUCCÈS COLLECTIFS

L’agence américaine Bloomberg rapportait récemment que selon des sources françaises (Paris détient 4,03 % des capitaux du FMI) et européennes, « l’examen du rapport WilmerHale ne fournissait pas de détails sur des éléments précis permettant de remettre directement en question la conduite de Mme Georgieva ».

Un rôle décisif

Dans un texte inédit, publié au début d’octobre par Jeune Afrique, une quinzaine de ministres africains de l’Économie et des Finances, étaient montés au créneau pour apporter leur soutien à la patronne du FMI.

« Kristalina Georgieva a joué un rôle décisif dans l’allocation générale sans précédent de droits de tirage spéciaux (DTS) équivalant à 650 milliards de dollars américains, en fournissant des liquidités et des réserves tampons à de nombreux pays qui se trouvaient dans le besoin. Elle s’est battue pour faire progresser le multilatéralisme et nous avons toujours su qu’elle était une ardente défenseure des nations en développement. Elle a été un partenaire d’une valeur inestimable qui a contribué à nos succès collectifs », ont-ils rappelé dans la tribune cosignée notamment par le Béninois Romuald Wadagni et l’Ivoirien Adama Coulibaly.

Les pays africains sont représentés au FMI par, entre autres, Ita Mary Mannathoko (Botswana), Willie Nakunyada (Zimbabwe), Osana Jackson Odonye (Nigeria) et Hossein Mirshojaeian Hosseini (Iran).

Avec Jeune Afrique par Joël Té-Lessia Assoko

Canada-Québec: Économiste et directeur des opérations à l’Institut économique de Montréal… à 25 ans!

octobre 12, 2021

On entend souvent que les jeunes de la génération Y et même Z n’ont pas d’ambition et ne sont pas du genre à se tuer à la tâche. Si cette affirmation peut être véridique dans certains cas isolés, elle ne s’applique toutefois pas au Trifluvien Miguel Ouellette qui cumule depuis maintenant un an les fonctions d’économiste et de directeur des opérations à l’Institut économique de Montréal, en plus d’être chargé de cours au HEC Montréal, et ce… à seulement 25 ans!

À 25 ans seulement, Miguel Ouellette est économiste et directeur des opérations à l’Institut économique de Montréal.

© MARTIN ALARIE À 25 ans seulement, Miguel Ouellette est économiste et directeur des opérations à l’Institut économique de Montréal.

«Ce que j’aime de l’économie, c’est tout d’abord l’économie régionale et les politiques publiques et je veux m’impliquer avec la population québécoise pour faire du Québec un endroit plus libre et si je peux apporter mon grain de sel, c’est vraiment ce qui me passionne.»

Il est en effet impossible de dire que le Trifluvien qui garde un fort attachement à sa région malgré son exil pour les études, puis pour le travail, n’a pas d’ambition, lui qui a finalement trouvé sa voie comme économiste.

Mais détrompez-vous, même si le jeune homme de 25 ans est un passionné de chiffres depuis son enfance, cela ne veut pas dire que son choix de carrière a été plus facile à faire pour autant.

«J’ai toujours été captivé par l’entrepreneuriat, les chiffres et les mathématiques, mais je n’étais pas capable de mettre le doigt sur ce que je voulais faire, donc quand je suis arrivé au cégep, j’ai décidé d’aller au Collège militaire, car j’aimais beaucoup la discipline liée à l’armée, mais une fois rendu-là, j’ai découvert que je n’avais pas la liberté pour entreprendre des projets, donc j’ai décidé de sortir du Collège pour aller au Cégep de Trois-Rivières», raconte-t-il avec enthousiasme.

C’est finalement après avoir testé les rudiments de l’entrepreneuriat et de l’immobilier, puis ceux de l’administration que l’idée de devenir économiste a germé dans la tête de Miguel.

«Quand j’ai eu 18 ans, j’ai décidé d’acheter un immeuble à revenus avec l’argent que j’avais amassé pour essayer l’entrepreneuriat et l’immobilier, mais je me suis rendu compte qu’il me manquait une portion académique. J’ai donc décidé d’aller à l’UQTR en administration, mais cette fois, il me manquait le côté chiffres. C’est donc à ce moment que j’ai réalisé que c’était vraiment l’économie qui pouvait joindre tous ces aspects-là», énumère celui qui avoue que son principal problème a certainement été celui d’aimer trop de choses à la fois.

Ce nouveau chapitre de vie a ainsi amené le Trifluvien à se diriger du côté de l’Université de Montréal pour effectuer un baccalauréat en économie, avant de se diriger à Toronto quelques années plus tard pour effectuer sa maîtrise.

Une opportunité en or à l’IEDM

C’est d’ailleurs un stage à l’Institut économique de Montréal(IEDM) pendant sa première année au baccalauréat en économie qui aura permis à Miguel de se démarquer et de tranquillement tracer sa voie au sein de cette entreprise phare dans le domaine.

«Je pensais faire un doctorat après ma maîtrise, mais un matin, le président de l’IEDM, Michel, m’a écrit au début de ma maîtrise pour me demander s’il pouvait venir me rencontrer à Toronto. On a commencé à se parler et il m’a dit qu’il aimerait que je revienne à Montréal pour travailler avec eux. J’ai réfléchi à ça et j’ai décidé d’aller de l’avant. J’étais super intéressé, donc j’ai commencé comme économiste à l’été 2020 et 2-3 mois après, Michel m’offrait de me donner une autre position, soit celle du directeur des opérations. Je suis donc le bras droit de Michel en plus de mon poste d’économiste», mentionne celui qui a également la tâche de commenter certains dossiers économiques dans les médias.

Ces postes en soi sont évidemment déjà un grand pas pour le jeune homme, mais cela ne l’a pas empêché d’accepter également un poste de chargé de cours au HEC Montréal.

Si bien qu’en plus d’être le plus jeune de l’IEDM à obtenir un poste de cette envergure, Miguel Ouellette est probablement également l’un des plus jeunes à occuper un poste de chargé de cours. Cependant, le syndrome de l’imposteur, ce n’est pas pour Miguel, bien au contraire!

«Oui, je suis le plus jeune à l’IEDM et pour l’enseignement, ça ne me surprendrait pas, car j’ai plusieurs de mes étudiants qui sont plus vieux que moi, donc ça se peut très bien. Mais j’accueille ça avec humilité et au final, je n’ai pas la vérité absolue et je ne l’aurai jamais, et je pense aussi que comme professeur, j’ai beaucoup à apprendre de mes étudiants et eux aussi, donc c’est un beau défi pour moi.»

Apprendre à vitesse grand V

Si plusieurs se demandent comment un jeune de 25 ans peut gravir les échelons d’une entreprise aussi rapidement, pour Miguel Ouellette, il s’agit sans doute d’un concours de circonstances en raison de son implication dans le domaine de l’économie.

«Je pense que Michel de l’IEDM a vu en moi mon esprit entrepreneurial et quand il a vu que je faisais ma maîtrise à Toronto et qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui font ce genre de maîtrise au Québec, il voulait m’avoir ici. Mais je crois aussi que le fait que je viens de Trois-Rivières, d’une famille de la classe moyenne, il trouvait que ça apportait une autre perspective à mon travail.»

Cela ne veut cependant pas dire que le jeune homme ne doit pas affronter des défis au quotidien depuis son entrée en poste à l’Institut économique de Montréal, tient-il à préciser.

«Évidemment, le fait que j’arrive à cet emploi très jeune, c’est un peu un monde que je dois apprendre et c’est une progression rapide. Je dois la suivre, mais en même temps ce qui me passionne, c’est d’apprendre un peu sur le tas et de passer des connaissances académiques aux connaissances pratiques.»

D’ailleurs, après plus d’un an passé à pratiquer son métier d’économiste, Miguel a encore des rêves plein la tête pour son avenir.

«C’est sûr que j’aimerais encore monter en grade, car je me plais ici à l’IEDM. Mais une autre chose que j’aimerais beaucoup, c’est de m’impliquer encore plus dans ma région pour parler aux gens, car je me considère toujours comme un Trifluvien», conclut-il.

Avec Le Nouvelliste par Amélie Houle – Le Nouvelliste

Le prix Nobel d’économie 2021 à 3 chercheurs basés aux États-Unis, dont un Canadien

octobre 11, 2021

STOCKHOLM — Un Canadien figure parmi les trois économistes basés aux États-Unis qui sont les récipiendaires du prix Nobel d’économie de 2021.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

Il s’agit de David Card, natif de Guelph en Ontario, qui travaille à l’Université de Californie à Berkeley. 

Les deux autres sont Joshua Angrist du Massachusetts Institute of Technology et Guido Imbens de l’Université Stanford.  

L’Académie royale des sciences de Suède explique lundi que les trois spécialistes de l’économie expérimentale ont redéfini le travail empirique en sciences économiques. Ils sont récompensés pour leurs travaux sur les impacts du salaire minimum sur le marché du travail, de même que sur l’immigration et l’éducation.

«Leurs recherches ont considérablement amélioré notre capacité à répondre aux questions clés de causalité, ce qui a été très bénéfique pour la société», a déclaré le président du Comité des sciences économiques, Peter Fredriksson. 

M. Card a travaillé sur des recherches en ayant recours à des restaurants dans le New Jersey et dans l’est de la Pennsylvanie pour mesurer les effets de l’augmentation du salaire minimum. Lui et son défunt partenaire de recherche Alan Krueger ont découvert qu’une augmentation du salaire minimum horaire n’affectait pas l’emploi, remettant en cause l’idée reçue selon laquelle une augmentation du salaire minimum entraînerait une diminution des embauches.

Le travail de l’économiste canadien a également remis en question une autre idée répandue, selon laquelle les immigrants font baisser les salaires des travailleurs nés dans le pays. Il a constaté que les revenus des natifs peuvent bénéficier de l’arrivée récente d’immigrants, alors que ceux issus d’une immigration précédente risquent d’être affectés négativement.

L’Académie attribuera à David Card la moitié de la bourse de 10 millions de couronnes suédoises, soit environ 1,426 million $ CAN. Joshua Angrist et Guido Imbens se partageront l’autre moitié.

MM. Angrist et Imbens ont été récompensés pour avoir résolu les problèmes méthodologiques qui permettent aux économistes de tirer des conclusions solides sur les causes et les effets même lorsqu’ils ne peuvent pas mener des études selon des méthodes scientifiques strictes.

Contrairement aux autres prix Nobel, le prix d’économie n’a pas été établi dans le testament d’Alfred Nobel mais par la banque centrale suédoise en sa mémoire en 1968, le premier lauréat étant sélectionné un an plus tard. Il s’agit du dernier prix annoncé chaque année.

La semaine dernière, le prix Nobel de la paix 2021 a été décerné aux journalistes Maria Ressa des Philippines et Dmitry Muratov de la Russie pour leur combat pour la liberté d’expression dans des pays où les journalistes ont été victimes d’attaques persistantes, de harcèlement et même de meurtres.

Mme Ressa était la seule femme honorée cette année dans toutes les catégories.

Le prix Nobel de littérature a été décerné à l’écrivain tanzanien basé au Royaume-Uni, Abdulrazak Gurnah, qui a été reconnu pour son interprétation «sans compromis et compatissante des effets du colonialisme et du sort des réfugiés».

Le prix de physiologie ou de médecine est allé aux Américains David Julius et Ardem Patapoutian pour leurs découvertes sur la façon dont le corps humain perçoit la température et le toucher.

Trois scientifiques ont remporté le prix de physique pour des travaux qui ont aidé à expliquer et à prédire les forces complexes de la nature, notamment en élargissant notre compréhension des changements climatiques.

Benjamin List et David W.C. MacMillan ont remporté le prix de chimie pour avoir trouvé un moyen plus simple et plus écologique de construire des molécules pouvant être utilisées pour fabriquer des composés, notamment des médicaments et des pesticides.

Avec La Presse Canadienne

Banque mondiale : pourquoi il faut sauver le rapport Doing Business 

octobre 6, 2021
Siège de la Banque mondiale à Washington © USA : World Bank in Washington , 21.05.2017 , © Rainer UNKEL/REA

Annoncé le 16 septembre dernier, l’arrêt définitif de l’enquête annuelle sur le climat des affaires est une erreur. Véritable référence pour l’analyse économique et entrepreneuriale dans 190 pays, c’est un instrument perfectible, mais indispensable.

Dans la foulée d’une enquête indépendante menée par le cabinet d’avocats WilmerHale, qui pointait les pressions inopportunes exercées par la Chine et par d’autres pays lors de la préparation de son rapport annuel Doing Business, la Banque mondiale a décidé de suspendre, purement et simplement, cette publication. C’est une mauvaise décision. Ce rapport représente en effet un bien public d’une énorme valeur, puisqu’il passe en revue les réformes favorables à la libre entreprise à travers le monde. Au lieu de l’éliminer, il aurait plutôt fallu le dissocier des méthodes de gestion de l’institution.

Données objectives

Depuis son lancement au début des années 2000, ce document a établi une approche innovante et pertinente dans l’évaluation du climat des affaires dans 190 pays. Contrairement aux sondages, sur lesquels s’appuient nombre d’exercices similaires, la méthodologie de Doing Business repose presque exclusivement sur des données objectives compilées par des intermédiaires de confiance, le plus souvent des firmes juridiques locales réputées. Par exemple, le rapport ne demande pas aux usagers ce qu’ils pensent d’une société d’électricité, mais combien de jours en moyenne nécessite un nouveau raccordement au réseau.

LES « NOTES PAYS » FONT AUSSI L’OBJET DE PRESSIONS SANS QU’IL SOIT QUESTION DE LES JETER À LA POUBELLE

Le classement apporte en outre une vue exhaustive sur la facilité ou non d’entreprendre, en couvrant douze thèmes. On peut certes l’accuser, comme c’est le cas en France, de faire la promotion de valeurs néo-libérales. Le rapport n’en apporte pas moins des informations très utiles. Par exemple, les États-Unis, au premier rang pour leur environnement général propice à l’entreprise, se classaient deuxième en 2020 dans le domaine de la gestion de l’insolvabilité, dix-septième en matière d’application des contrats, et seulement vingt-cinquième en ce qui concerne la facilité de payer les impôts. La Russie se classe loin derrière, nous apprend le rapport – sauf pour l’application des contrats, où elle apparaît quatre rangs plus bas que les États-Unis.

Même si son score doit maintenant être questionné, la Chine se distingue parmi les pays où il est le plus facile de faire des affaires, plus que quasiment toutes les économies à revenus intermédiaires. Et ce, alors que son climat des affaires reste bien moins favorable à celui des États-Unis et des grands pays européens.

Zone grise

Comme pour tout exercice de ce type, à la fois complexe et d’envergure – et très peu atteignent le niveau de Doing Business –, la méthodologie et les sources pour évaluer tel ou tel aspect spécifique s’avèrent questionnables. Le choix des mesures et des poids accordés à différentes variables implique inévitablement une marge discrétionnaire de la part des experts de la Banque mondiale.

Mais bien d’autres rapports sont sujets à une mesure plus ou moins lourde de pression politique, à l’instar des « notes pays » ou articles « T4 » du FMI, sans qu’il soit question de les jeter à la poubelle. Faut-il le rappeler  ? Tous les rapports à portée mondiale sont passés en revue et font l’objet d’un examen par les comités de direction des institutions qui les publient, parce qu’une zone grise prévaut toujours dans le jeu de leur élaboration, entre le travail des équipes de chercheurs et les intérêts des pays membres des institutions.

Quoi qu’il en soit, Doing Business est devenu une référence pour l’analyse économique et entrepreneuriale, une source de données pour les réflexions politiques, les présentations dans le secteur privé et les discours académiques. Plus important encore, les décideurs politiques suivent le rapport, et des dizaines de pays ont élaboré des réformes pour répondre aux faiblesses qui y sont pointées !

LE MEILLEUR MOYEN DE GÉRER UN CONFLIT D’INTÉRÊTS CONSISTE À L’ABORDER FRONTALEMENT

Bien des pays ont rationnalisé les processus pour établir une nouvelle entreprise, au bénéfice des PME comme des investisseurs étrangers. Les chefs d’État et les ministres se félicitent régulièrement des avancées de leur pays dans le rapport, et chaque année, le classement est couvert par la presse internationale. Doing Business est une référence essentielle dans les secteurs du commerce et du développement. Il a notamment relevé la forte détérioration de la situation en Afrique du Sud, passée du 41e au 84e rang entre 2014 et 2020.

Créer un département indépendant

La volonté des puissances mondiales d’utiliser leur poids et leur capital politique pour essayer de modifier leur position dans le classement en dit long sur son importance, et pourquoi il doit continuer à exister. Le cabinet WilmerHale, n’a d’ailleurs pas recommandé son élimination, ni critiqué sa méthodologie. Il a pointé un conflit d’intérêts : lorsque des pays puissants n’aiment pas les messages du rapport, ou sont en désaccord avec leur position dans classement, ils peuvent exercer des pressions sur les responsables de la Banque. Et puisque ces pays figurent parmi les plus grands actionnaires de l’institution et sont des bailleurs importants pour les initiatives de la Banque mondiale, celles-ci peuvent être difficiles à surmonter.

WilmerHale a fait plusieurs recommandations visant à protéger le rapport Doing Business des manipulations, en rendant ses procédures et sa méthodologie transparentes. La Banque mondiale doit poursuivre le rapport, et même aller au-delà de ces recommandations. Le meilleur moyen de gérer un conflit d’intérêts consiste à l’aborder frontalement, avec les moyens dont on dispose.
La Banque mondiale possède ainsi d’un Département d’évaluation indépendante dont le rôle est de juger de l’échec ou du succès des projets menés en lien direct avec le conseil d’administration. Ses chefs sont choisis parmi les managers les plus expérimentés et les plus chevronnés, proches de leur fin de carrière – et donc dans l’impossibilité de briguer un autre poste par la suite. L’équipe du rapport Doing Business pourrait être établie sur le même modèle, en tant que département indépendant de la Banque mondiale, afin de fournir un service essentiel à la communauté internationale.

Uri Dadush

Par Uri Dadush

Senior Fellow au Policy Center for the New South, ex-directeur de l’Economist Intelligence Unit et de la Politique économique à la Banque mondiale.

Madagascar-Deux poids de lourds dépravés : Démesure de la complaisance

octobre 5, 2021

A la question pertinente «pourquoi Madagascar est-il considéré comme un pays pauvre» par le concert des nations ? Certains  font valoir des raisons politiques comme les «7ans de règne durant lequel le président Marc Ravalomanana s’est pris pour le grand souverain indiscutable» et a «également monopolisé l’économie du pays. ». Ce disant, les observateurs font preuve d’un euphémisme certain. La plume acérée de notre collègue Riri précise qu’ayant remarqué la forme de dictature perpétrée par le régime Tiko, les gens en ont eu marre et l’obligent à abandonner le pouvoir pour s’exiler ensuite en Afrique du Sud.

Laissant ainsi son pays dans une paupérisation constante, il a essayé de revenir au pays pour sauver son parti, mais en vain (…) Il « n’est jamais arrivé à lui rendre son ancienne splendeur… » C’est pour vous dire que le peuple a la rancune tenace et ne pardonne pas les insultes faites au pays, par les écarts de conduites, les agissements immoraux touchant les intérêts supérieurs de la nation et la sexualité plus que dépravée en d’autres endroits discrets en trompant le mari ou l’épouse. Même si de l’avis des mauvaises langues, ces «supposées élites se contentent de faire l’amour obscurément, le samedi soir en position missionnaire, avec leur première épouse. » Suivez mon regard et souvenez-vous de la fameuse idylle qui a servi de fond au succès d’une chanteuse vedette pour laquelle le patron de l’empire Tiko, membre de la direction de l’Eglise FJKM a eu le béguin. Il n’y a que les fanatiques bornés et d’une cécité intellectuelle morale et intellectuelle pour croire qu’on reproche les dérives et abus financiers du fondateur du parti Tim.

Voilà qu’on fait réellement preuve d’une complaisance complice à l’endroit d’une histoire d’un mari trompé qui a très mal réagi en passant pour tuer son rival sans toutefois réussir. Le mal est fait… Au sein du gouvernement actuel, on ferme les yeux sur les frasques adultérines étalées sur la place publique d’une Mama SOSY, ministre décevante, censée être une modèle pour la jeunesse en matière de Culture avec un grand « C ». Les mères de famille ne sont pas scandalisées, mais surtout vexées que celle qui, il fut un temps, n’a jamais caché son mépris pour l’honorable Première Dame actuelle et se comporte aujourd’hui comme si de rien n’était. Or, pour moins que çà, on a largué et remercié les ministres Ahmad Ahmad (pour avoir demandé l’aide de la communauté internationale pour du matériel de protection supplémentaire ainsi que des respirateurs), Thérèse Volahaingo sous prétexte d’avoir mal géré les paniers garnis, alors que… Brice Randrianasolo, objet d’une cabale pseudo-judiciaire… Si en haut-lieu, on continue dans cette lancée, il y a de très fortes chances que le public change d’opinion à l’endroit d’un Premier ministre Christian Ntsay trop prompt à se tromper d’ennemi.

Avec La Gazette de La Grande Ile par Noël Razafilahy

Le fossé se creuse entre pays riches et pauvres, alerte le FMI

octobre 5, 2021

Alors que la croissance mondiale sera plus faible qu’attendu, Kristalina Georgieva s’inquiète de la hausse des inégalités causée par la crise sanitaire.

La directrice generale du Fonds monetaire international, Kristalina Georgieva,  s'est montree inquiete du fosse grandissant entre les pays riches qui profitent globalement de la reprise et les pays pauvres affectes par le manque de vaccins et les poussees inflationnistes.
La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva,  s’est montrée inquiète du fossé grandissant entre les pays riches qui profitent globalement de la reprise et les pays pauvres affectés par le manque de vaccins et les poussées inflationnistes.© SALVATORE DI NOLFI / KEYSTONE / EPA

La croissance économique mondiale sera « légèrement » plus faible qu’attendu cette année, a prévenu mardi 5 octobre la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, inquiète du fossé grandissant entre les pays riches qui profitent globalement de la reprise et les pays pauvres affectés par le manque de vaccins et les poussées inflationnistes.

« Nous sommes confrontés à une reprise mondiale qui reste entravée par la pandémie et son impact », a résumé Kristalina Georgieva lors d’une conversation virtuelle à l’université de Bocconi, à Milan, avant les réunions d’automne du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Kristalina Georgieva devait initialement se rendre en personne en Italie. Sollicitée par l’Agence France-Presse, sa porte-parole n’a pas précisé pour l’heure pourquoi ce voyage a finalement été annulé.

En juillet, le Fonds avait révisé à la hausse sa prévision de croissance mondiale à + 6 % cette année. Mais c’était avant que le variant Delta ne fasse de nouveaux ravages dans le monde. « Nous sommes incapables d’avancer correctement, c’est comme si nous marchions avec des pierres dans nos chaussures ! » a expliqué la dirigeante dans une métaphore. L’institution de Washington publiera dans une semaine ses prévisions actualisées en ouverture des réunions annuelles.

De lourdes conséquences sur le long terme pour les pays émergents et en développement

Les États-Unis et la Chine, les deux premières puissances économiques, restent « les moteurs essentiels de la croissance, même si leur élan ralentit », constate Kristalina Georgieva. Quelques économies avancées et émergentes poursuivent leur expansion, « dont l’Italie et plus largement l’Europe ». En revanche, « dans de nombreux autres pays, la croissance continue de se dégrader, entravée par le faible accès aux vaccins et une réponse politique limitée, en particulier dans certains pays à bas revenus », déplore-t-elle.

La « divergence » dans la reprise est telle que les économies avancées vont revenir à leurs niveaux d’avant la pandémie « d’ici à 2022 » quand la plupart des pays émergents et en développement « mettront encore de nombreuses années à se remettre » de la crise provoquée au printemps 2020 par la pandémie de Covid-19. Plus la reprise prend du temps, plus l’impact à long terme sera important dans ces pays, notamment en termes de pertes d’emplois, qui frappent durement les jeunes, les femmes et les personnes travaillant au noir, déplore Kristalina Georgieva.

L’obstacle le plus immédiat est la « grande fracture vaccinale », dit-elle. « Trop de pays avec trop de peu d’accès aux vaccins laissent trop de personnes sans protection contre le Covid », déplore-t-elle, exhortant à augmenter « fortement » la livraison de doses. La pandémie a fait près de 4,8 millions de morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse lundi.

La vaccination et la hausse des prix de l’énergie au cœur des inquiétudes

« Les nations plus riches doivent tenir leurs promesses de dons immédiatement », tempête la directrice générale du Fonds alors que le FMI et la Banque mondiale ont fixé comme objectif de faire vacciner 40 % de la population mondiale d’ici à la fin de cette année et 70 % d’ici à la première moitié de 2022. Outre les problèmes d’immunisation, certains pays émergents et économies en développement sont confrontés à des pressions sur les prix qui « devraient persister », selon le FMI.

L’augmentation des prix alimentaires mondiaux, plus de 30 % au cours de l’année écoulée, est « particulièrement préoccupante », souligne Kristalina Georgieva. « Conjuguée à la hausse des prix de l’énergie, cela met encore plus de pression sur les familles les plus pauvres. » Kristalina Georgieva estime ainsi que les risques et les obstacles à une reprise mondiale équilibrée « sont encore plus marqués » qu’il y a quelques mois.

Elle recommande aux banques centrales de se tenir « prêtes à agir rapidement si la reprise se renforçait plus promptement que prévu ou si les risques inflationnistes devenaient tangibles ». De plus, elle appelle les gouvernements à accélérer les réformes pour assurer une transition vers une économie verte générant de nouveaux emplois. Elle pointe enfin le problème de la dette publique mondiale qui, selon les calculs du FMI, atteint désormais près de 100 % du PIB mondial.

Par Le Point avec AFP

Les Young Leaders se réunissent à Paris en amont du sommet Afrique-France

octobre 4, 2021
La promotion 2021 des Young Leaders de la French-African Foundation se retrouve à l’Hôtel Pullman, à Paris, à partir du 4 octobre 2021. © Ben Evans/IRITS Events/Wikimedia Commons

Les 4, 5 et 6 octobre, la promotion 2021 des Young Leaders de la French-African Foundation se retrouve à l’Hôtel Pullman. Objectif : ouvrir la réflexion sur les solutions concrètes à apporter aux défis de demain. Un prélude à leur participation au Nouveau Sommet Afrique-France du 8 octobre.

Au total, 95 des 100 Young Leaders de la French-African Foundation (FAF) ont répondu présent pour le premier rendez-vous du programme phare de l’institution. Avec en ligne de mire le Sommet Afrique-France du 8 octobre à Montpellier, ils seront invités à réfléchir, échanger et confronter leurs points de vue pendant trois jours avec des institutionnels, des chefs d’entreprise et des personnalités politiques afin de formuler des solutions sur le thème de la résilience appliqué à divers domaines d’activités.PUBLICITÉ

« C’est l’objectif du programme : outiller et favoriser l’idéation par des rencontres avec les pairs et les experts », souligne Alexandre Coster, coprésident de la French-African Foundation.

« L’énergie, le changement climatique et la jeunesse »

À partir de ce 4 octobre, les lauréats seront réunis dans des ateliers, rencontres et séances plénières aux thèmes aussi variés que « L’énergie, le changement climatique et la jeunesse », une session qui donnera la parole à Jean-Marc Jancovici, président du think tank The Shift Project ; « Qu’est-ce qu’un leader aujourd’hui et comment fait-on le lien avec le sport ?», animé par Alexandre Mars, entrepreneur, philanthrope et auteur, « La prochaine rupture technologique », déjeuner thématique autour du député Cédric Villani ou encore « Le coaching de carrière » avec Didier Acouetey, président du groupe AfricSearch.

UNE LARGE PLACE SERA DÉVOLUE AU THÈME DU SPORT COMME LEVIER DE DÉVELOPPEMENT

Les Young Leaders seront aussi confrontés à l’ex-députée Brune Poirson, désormais directrice du développement durable du groupe Accor, sur le thème de la résilience et du leadership.

Visites de Franck Riester et David Martinon

La journée du 4 octobre sera marquée par la visite de Franck Riester, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité.

Lors de la deuxième journée, qui consacrera une large place au thème du sport comme levier de développement, Sylvain Itté, ambassadeur et envoyé spécial pour la diplomatie publique en Afrique, prendra la parole pendant le déjeuner.

Le 6 octobre, les Young Leaders seront invités à partager leur expertise en séance plénière. Les ateliers donneront notamment la parole aux principaux dirigeants du Groupe Duval, à la productrice Laurence Lascary, au directeur de Cinewax, Jean Fall, à des membres de la direction de Meridiam sur le thème des Objectifs de développement durable (ODD) et du secteur privé et, enfin, à Bernard Celli, membre de la task force Vaccins Covid au ministère des Solidarités et de la Santé sur le thème du management en temps de crise.

Le 7 octobre, à l’issue de la séance plénière « Penser le futur » et de divers ateliers, le déjeuner aura lieu en présence de David Martinon, ambassadeur de France en Afghanistan. Les Young Leaders se rendront ensuite à Montpellier afin de pouvoir participer au Sommet Afrique-France, le 8.

Avec Jeune Afrique

Madagascar-Une île pauvre : Condamnée à un avenir radieux

octobre 1, 2021

Tous les  experts sont unanimes : Madagascar regorge de ressources naturelles (uranium, titane, nickel, pétrole). L’or et les pierres précieuses les plus  recherchées  dans le  monde ont  fait la fortune de  tous  les trafiquants locaux  et étrangers sans que la population bénéficie des retombées financières…Selon  des sources crédibles, l’île  vit dans un  contexte politique que la pandémie avait perturbé jusqu’à presque paralyser le pays. Situation  qui  a permis à une opposition  sans ossature réelle ni  institutionnelle de traiter Andry Rajoelina et  son  équipe de  tous les  noms avec une  forte  dose  de mauvaise  foi pour faire  de l’agitation.  Avec  des  intentions insurrectionnelles à peine  cachées.

L’actuel  Chef  de l’Etat n’a jamais caché ses intentions de ne plus compter désormais qu’uniquement  sur nos propres  ressources pour développer le pays. Avec les succès récents de ses bonnes relations positives avec les partenaires techniques et financiers internationaux, ses détracteurs l’accusent alors (à tort bien  entendu) de double langage et de démagogie. Ironie  du  sort et  comme pour  donner  raison à Andry  Rajoelina, la  Banque Mondiale  comme le Fonds Monétaire International (F.M.I) viennent d’octroyer des  enveloppes consistantes et  des allocations de plusieurs millions  de  dollars dans  des conditions favorables au  système en place…

Dans les  rangs  des éternels agitateurs de  service, on digère mal le  fait que dans le contexte des dures réalités post-coronavirus très  critiques, l’aide exceptionnelle du FMI  sous la  forme d’un « don non remboursable » de 332 millions  de  dollars de  Droits  de  Tirage Spéciaux  en  date  du 23 septembre dernier pour la République de Madagascar s’ajoute au financement de 312,4 millions de dollars du Fonds Monétaire International au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) du mois  de mars dernier. C’est une  énorme bouffée  d’oxygène alors qu’en face on attendait à une paralysie  économique du  régime. Le pouvoir  en place obtient ainsi  le  feu  vert pour les projets de développement dans différents secteurs (infrastructures, énergie renouvelable, protection sociale,  surtout les adductions d’eau dans le Sud et de lutte contre la malnutrition).

Avec toutes les bonnes cartes entre les mains, Madagascar a  bon  espoir pour le  bien-être de ses habitants. A une  seule  condition : maintenir le cap de la bonne  gouvernance débarrassée des brebis  galeuses de la  République.

Avec La Gazette de La Grande Ile par Noël Razafilahy