Archive for the ‘Économie’ Category

La SNCF sommée de revoir sa gestion des grands travaux après le chaos à Montparnasse

décembre 4, 2017

La ministre des Transports Élisabeth Borne, le 27 novembre 2017, à Paris / © AFP/Archives / BERTRAND GUAY

Le gouvernement a exigé lundi de la SNCF qu’elle tire les conséquences d’une nouvelle panne géante qui a paralysé la gare de Paris-Montparnasse, avec, d’ici à la fin de la semaine, des propositions pour mieux gérer ses grands travaux.

La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a convoqué lundi le PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, après l’incident qui a paralysé le trafic dimanche à Montparnasse, pour la deuxième fois depuis cet été.

M. Jeantet est sommé de présenter « d’ici la fin de la semaine » une « nouvelle organisation et un nouveau management de la gestion des grands travaux », selon un communiqué du ministère.

Des changements de personnel sont donc à prévoir à la direction de SNCF Réseau, tandis que nombre de messages qui circulaient sur Twitter interrogeaient sur le mutisme du président de la SNCF, Guillaume Pepy.

Plusieurs voix sur les réseaux sociaux, dont celle du président de Debout La France, Nicolas Dupont-Aignan, réclamaient sa démission.

M. Pepy, qui avait exprimé ses « plus sincères regrets » après la méga-panne de l’été dernier, est jusqu’à présent resté silencieux au sujet de la dernière péripétie à Montparnasse.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a lui aussi tapé du poing sur la table en marge d’une visite à Tourcoing (Nord) : « La SNCF doit nous expliquer ce qui s’est passé, elle doit rendre des comptes au gouvernement et surtout aux Français pour que ça ne se reproduise pas. »

« On doit toujours faire le maximum pour améliorer le service public des Français et en matière de transport ferroviaire, c’est particulièrement vrai », a-t-il dit.

– Information voyageurs revue –

La SNCF a annoncé tôt lundi matin un retour à la normale pour l’ensemble du trafic, mais faisait état en fin de matinée de « 4 ou 5 trains supprimés » et de « quelques retards » qui ont affecté des trains de province.

Mme Borne a répété lundi que l’incident de dimanche « ne pouvait être toléré alors que ces travaux étaient pourtant prévus de longue date », demandant à SNCF Réseau « d’accélérer la mise en œuvre » des mesures prises après la panne qui avait engendré trois jours de pagaille dans cette même gare fin juillet.

La SNCF devra ainsi rendre « compte régulièrement devant les conseils de surveillance et d’administration du groupe public ferroviaire » des avancées de ce programme visant à améliorer l’information des voyageurs et « qui sera déployé à partir du 1er janvier ».

De son côté, SNCF Réseau, chargé de moderniser le réseau afin de répondre à la hausse du nombre de voyageurs et au vieillissement des infrastructures, lance « immédiatement un audit de ses programmes de tests et de remise en service à la fin des grands chantiers ».

L’incident de dimanche a été causé par un dysfonctionnement informatique sur un poste d’aiguillage, détecté à l’issue de travaux réalisés sur ce poste durant le week-end.

Le trafic avait été interrompu pour ces travaux entre samedi 20H00 et dimanche 12H00. Mais la panne a empêché la reprise de la circulation de tous les trains prévus ensuite, laissant des milliers de personnes sans transport.

SNCF Réseau, qui affirme moderniser son réseau au rythme de 1.500 chantiers chaque année jusqu’en 2020, reconnaît avoir mis « à peu près deux heures pour voir ce bug informatique et le réparer dans la foulée ».

Son patron évoque « un contexte de montée en charge importante des travaux sur la région parisienne » avec il y a 5 ans près d’un milliard d’euros par an de travaux, y compris la maintenance sur les voies, contre 2 milliards cette année.

« Donc statistiquement, l’homme étant faillible, on commet inévitablement des erreurs », s’est-il défendu.

Fin juillet déjà, en plein chassé-croisé estival, une panne de signalisation dans l’alimentation électrique d’un poste d’aiguillage à Vanves, près de Paris, avait provoqué trois jours de pagaille à Montparnasse, pénalisant 55.000 clients voyageurs.

Romandie.com avec(©AFP / 04 décembre 2017 13h32)                

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Zimbabwe: le nouveau président appelle à l »unité » pour relancer l’économie

décembre 4, 2017

Le nouveau président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa, le 4 décembre 2017 à Harare / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Le nouveau président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a appelé la population du pays « à l’unité » pour « relancer l’économie » de son pays en ruines après le règne de Robert Mugabe, lundi au cours de la prestation de serment de son gouvernement.

« Je veux qu’ils (les Zimbabwéens) soient unis, nous devons relancer l’économie », a déclaré le président au palais présidentiel.

« Je pense que mon équipe va relever le défi », a-t-il ajouté, ajoutant que son équipe avait pour mission « de finir le mandat du président précédent pour une période de six à sept mois ».

Emmerson Mnangagwa, ancien proche de Robert Mugabe, a été investi chef de l’Etat le 24 novembre, trois jours après la démission de l’homme fort du pays pendant trente-sept ans.

Mugabe, âgé de 93 ans, a été contraint d’abandonner le pouvoir sous la pression de l’armée, qui avait pris le contrôle du pays mi-novembre, de la rue et de son parti, la Zanu-PF.

Les militaires étaient intervenus pour barrer la route à la Première Dame, Grace Mugabe, qui ne cachait plus ses ambitions de remplacer le moment venu son époux, à la santé fragile.

Le principal défi du nouveau chef de l’Etat consiste à relancer l’économie, en crise depuis une funeste réforme agraire lancée au début des années 2000.

Plus de 90% de sa population est officiellement au chômage et le pays manque cruellement de liquidités.

Dans un souci de ramener de l’argent frais au Zimbabwe, le président Mnangagwa a lancé la semaine dernière un ultimatum de trois mois aux entreprises et aux particuliers pour rapatrier tous les capitaux illégalement sortis du pays.

M. Mnangagwa est vivement critiqué pour avoir nommé des militaires et des membres de la vieille garde de Robert Mugabe dans son gouvernement, des mesures qui pourraient refroidir les ardeurs des investisseurs.

Les militaires retenus dans la nouvelle équipe ont notamment un passé extrêmement sulfureux.

Le général Sibusiso Moyo, qui occupe le portefeuille des Affaires étrangères, est cité dans un rapport de l’ONU sur le pillage des ressources de la République démocratique du Congo (RDC).

Le nouveau ministre de l’Agriculture, le général Perence Shiri, dirigeait lui la tristement célèbre unité formée en Corée du Nord qui a causé quelque 20.000 morts pendant les opérations de répression ordonnées par Robert Mugabe dans la région de Matabeleland (ouest) dans les années 80.

Ces officiers ont officiellement pris leur retraite de l’armée pour entrer au gouvernement.

« Ils sont tous les deux à la retraite », a déclaré à l’AFP le secrétaire permanent du ministère de l’Information, George Charamba. « Vous ne pouvez servir deux plateformes à la fois », a-t-il ajouté.

« J’ai toujours voulu être un soldat mais j’accepterai n’importe laquelle des missions qui me sera donnée par le parti », avait indiqué le général Shiri à la presse en prenant ses fonctions au ministère de l’Agriculture.

Des élections présidentielle et législatives sont prévues d’ici août 2018 au Zimbabwe. La Zanu-PF a désigné M. Mnangagwa comme son candidat à la fonction suprême.

Romandie.com avec(©AFP / 04 décembre 2017 14h20)                

Facebook ouvre un nouveau site à Londres, 800 emplois crées

décembre 3, 2017

Londres – Facebook ouvre ce lundi de nouveaux bureaux à Londres, faisant de la capitale britannique son plus important centre d’ingénierie en dehors des Etats-Unis, avec à la clé la création de 800 emplois, a annoncé le géant de l’internet.

Ce nouveau site, situé dans le centre de Londres à proximité d’Oxford Street, portera à 2.300 le nombre de salariés du réseau social dans le pays. La société de Mark Zuckerberg, qui a ouvert ses premiers bureaux londoniens il y a dix ans, y voit le signe que Facebook « est plus engagé que jamais envers le Royaume-Uni ».

Le pays a « joué un grand rôle dans l’histoire de Facebook au cours de la dernière décennie », a affirmé Nicola Mendelsohn, vice-présidente de Facebook pour l’Europe, le Moyen Orient et l’Asie à l’agence de presse britannique Press Association.

« L’écosystème entrepreneurial britannique florissant et sa réputation internationale d’excellence en matière d’ingénierie en font l’un des meilleurs endroits au monde pour bâtir une société de technologie », a-t-elle ajouté.

Conçu par l’architecte Frank Gehry, le bâtiment de sept étages et de 23.000 m2 comprend un espace dédié à l’incubation de starts-up, appelé « LDN_LAB ».

Ce renforcement de la présence de Facebook dans le pays démontre que la Grande-Bretagne est « le meilleur endroit » pour développer un business, a salué le ministre britannique des Finances Philip Hammond.

« C’est une marque de confiance dans notre pays que des entreprises innovantes comme Facebook investissent ici, et c’est une nouvelle formidable qu’elle s’apprête à embaucher 800 salariés hautement qualifiés l’an prochain », a-t-il affirmé.

Le maire de Londres Sadiq Khan s’est lui aussi réjoui que Londres reste « à l’avant-garde de l’innovation mondiale » et que l’incubateur « LDN_LAB » « prépare la voie pour la prochaine génération de start-ups ».

Romandie.com avec(©AFP / 04 décembre 2017 01h01)                                            

Congo: les experts du FMI seront à Brazzaville à partir du 5 décembre 2017

décembre 1, 2017

Ils sont attendus à Brazzaville comme des rois mages en référence aux visiteurs qui figurent dans l’Évangile selon Matthieu, lesquels, ayant appris la naissance de Jésus, viennent « de l’Orient » guidés par une étoile pour rendre hommage « au roi des Juifs » et lui apporter à Bethléem des présents d’une grande richesse symbolique : or, myrrhe et encens.

Malheureusement pour le Congo, il y’aura les mages pour annoncer le Programme d’Ajustement Structurel mais les cadeaux ne sont pas dans les bagages. Le Père Noel se chargera du transport et de la distribution des cadeaux.

Le bitcoin franchit pour la première fois le seuil de 10.000 dollars

novembre 29, 2017

Le bitcoin a franchi pour la première fois le seuil record de 10.000 dollars / © AFP/Archives / KAREN BLEIER

La monnaie virtuelle bitcoin a franchi mercredi pour la première fois le seuil record de 10.000 dollars, continuant de grimper après avoir vu sa valeur multipliée par dix en moins d’un an.

Le bitcoin, qui s’achète et se vend sur des plate-formes spécialisées sur internet, valait 10.058 dollars (8.489 euros) dans les premiers échanges en Asie, selon des données compilées par l’agence Bloomberg.

A la mi-octobre, la monnaie cryptographique s’échangeait encore à 5.000 dollars, soit la moitié la valeur atteinte mercredi. La récente flambée est d’autant plus spectaculaire que le bitcoin avait commencé l’année autour de 1.000 dollars, avant de trébucher dans l’un des krachs qu’il connaît régulièrement.

Sans existence physique, le bitcoin lancé en 2009 s’appuie sur un système de paiement de pair-à-pair basé sur la technologie dite « blockchain » ou « chaîne de blocs ». Il s’échange sur des plateformes spécifiques sur internet et n’a pas de cours légal.

Il n’est pas régi par une banque centrale ou un gouvernement mais par une vaste communauté d’internautes et accepté dans un nombre grandissant de transactions (restaurants, immobilier, etc.).

Mais cette monnaie cryptographique provoque de nombreuses critiques, notamment d’institutions financières telles les banques ou de gouvernements qui ne peuvent la contrôler.

– Alternative ou escroquerie ? –

A la mi-septembre, le PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, avait ainsi estimé que le bitcoin était une « escroquerie » destinée à « imploser », tandis que le patron de Crédit Suisse, Tidjane Thiam, avait déclaré récemment que c’était « la définition même d’une bulle ».

Les montagnes russes du bitcoin avivent la crainte d’un emballement spéculatif. A son lancement en février 2009, un bitcoin ne coûtait que quelques centimes…

La Chine a banni en septembre les échanges de monnaies cryptographiques sur les plateformes du pays en assurant vouloir contrer les « activités illégales » mais également endiguer les risques potentiels pour son système financier.

L’interdiction chinoise a momentanément chahuté le marché, mais les cours ont rapidement repris leur irrésistible ascension.

Pour ses défenseurs, le bitcoin offre une alternative sécurisée aux devises traditionnelles: le « blockchain » rend les transactions infalsifiables car, afin de modifier une information, il faudrait la changer simultanément chez tous les utilisateurs.

Cette caractéristique intéresse fortement le secteur bancaire, où le « blockchain » pourrait ouvrir de nouveaux horizons, simplifier les transactions dématérialisées et générer des économies.

L’américain CME, l’un des plus importants opérateurs boursiers mondiaux, a ainsi annoncé fin octobre qu’il allait proposer des produits dérivés permettant de spéculer sur le bitcoin.

A Wall Street, la banque d’affaires Goldman Sachs envisage également de spéculer dessus pour le compte de ses clients, avait indiqué à l’AFP début octobre une source proche du dossier. Sa rivale JPMorgan Chase s’est également dit « très ouverte » aux monnaies cryptographiques « proprement contrôlées et régulées ».

Romandie.com avec(©AFP / 29 novembre 2017 04h49)                

RDC: quand Matata Ponyo cultive sa stature internationale

novembre 28, 2017
Augustin Matata Ponyo, alors Premier ministre de la République démocratique du Congo, pose dans son bureau à Kinshasa le 14 octobre 2014. © Gwenn Dubourthoumieu / Jeune Afrique

Depuis qu’il a quitté la primature de la République démocratique du Congo (RDC) fin 2016, Matata Ponyo Mapon multiplie les conférences à l’étranger.

Après les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence 2017 au début de juillet, l’ex-chef du gouvernement congolais a fait partie de la cinquantaine de participants triés sur le volet de la 12e Rencontre Europe-Afrique organisée du 24 au 25 novembre à Annecy, par l’Institut Aspen France, en partenariat notamment avec le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN).

Étaient également au rendez-vous Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC, le docteur Jean-Claude Brou, ministre ivoirien de l’Industrie, l’économiste franco-béninois Lionel Zinsou, l’ancien Premier ministre sénégalais aujourd’hui consultant international Mamadou Lamine Loum. Au menu des échanges : les « nouveaux partenariats » entre l’Europe, l’Afrique et la Chine.

« C’est en tant que personne-ressource que j’ai été invité », explique à Jeune Afrique Matata Ponyo. Une reconnaissance à l’extérieur du « travail que nous avons fait dans le domaine du développement économique dans notre pays », ajoute celui qui a lancé cette année Congo Challenge, un cabinet de conseil aux particuliers et aux entreprises.

Jeuneafrique.com

Zimbabwe: redresser l’économie, priorité des priorités

novembre 23, 2017

Des Zimbabwéens font la queue devant une banque à Harare, le 20 novembre 2017 / © AFP / ZINYANGE AUNTONY

A 76 ans, Chareka Mutungwazi a passé une nouvelle nuit devant son bureau de banque. Comme tant d’autres Zimbabwéens, il n’en peut plus de vivre dans un pays ruiné par les politiques erratiques de l’ex-président Robert Mugabe.

« Il fallait que je dorme dans la queue si je voulais être sûr de toucher mon argent », explique ce retraité croisé par l’AFP sur un trottoir de la capitale Harare. Assis inconfortablement, il peste: « après 55 ans de travail, c’est comme être de retour au boulot! »

Dans cette banque, faute de liquidités, les retraits sont plafonnés à 20 dollars. Un peu plus loin, une autre a fixé la limite à 10 dollars.

Charles Mutimhairi, 35 ans, propriétaire d’une papeterie à Harare, y attend patiemment son tour en commentant la fin des trente-sept ans de règne de Robert Mugabe, poussé à la démission mardi par l’armée, la rue et son parti.

L’arrivée au pouvoir d’Emmerson Mnangagwa, qui sera investi vendredi président, suscite « des espoirs », reconnaît-il. Attention, met-il toutefois en garde, « il faut de vrais changements, ça veut dire créer un environnement stable pour attirer de nouveaux investissements, de l’argent et créer des emplois ».

La crise financière n’est qu’un des nombreux maux dont soufre le pays, qui se débat avec une croissance atone, une inflation rampante et un chômage de masse.

M. Mnangagwa a promis mercredi, dans son premier discours depuis sa désignation, de s’attaquer à ces problèmes. « Nous voulons la croissance de notre économie, nous voulons des emplois », a-t-il lancé, sans plus de détails.

Sa tache s’annonce titanesque.

Longtemps pourtant, le Zimbabwe fut un modèle de réussite en Afrique, au point d’être surnommé le « grenier à blé » du continent.

A son arrivée au pouvoir en 1980, Robert Mugabe a mis sur pied un système d’éducation et de santé solide, ménagé les intérêts de la minorité blanche et stabilisé le pays.

Mais en 2000, il a lâché les vétérans de la guerre d’indépendance contre les fermiers blancs. Plus de 4.000 d’entre eux ont quitté le pays dans la précipitation et la violence. Le secteur agricole s’est effondré, entraînant dans son sillage toute l’économie.

– ‘Vagabonds’ –

Le régime a alors eu recours à la planche à billets pour financer ses dépenses, entraînant une hyperinflation vertigineuse, se comptant en milliards de pour cent.

En 2009, il a dû renoncer à la monnaie locale pour adopter le dollar américain et le rand sud-africain. Fin 2016, il a lancé une nouvelle devise pour tenter de ralentir la fuite des dollars vers l’étranger. Mais ces « billets d’obligation » n’ont pas produit les effets espérés.

Robert Mugabe a « fait de nous des vagabonds », résume le député d’opposition James Maridadi.

« L’économie va se rétablir grâce au camarade Mnangagwa », espère pourtant Berry Makiyi, 35 ans, un ingénieur en électricité favorable au nouvel homme fort, qui lui conseille de s’attaquer « d’abord à la crise financière ».

« Il devrait également essayer d’avoir une meilleure politique en matière d’investissement, de se montrer plus souple sur les règles d’indigénisation », ajoute-t-il.

Les lois dites « d’indigénisation » ont été votées en 2007 pour contraindre les entreprises étrangères à céder la majorité de leurs parts à des investisseurs locaux. Sans être pleinement appliquées, elles ont rendu très frileux les investisseurs étrangers.

Ancien ministre de Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, est considéré par la communauté internationale « comme plus ouvert aux réformes », souligne la société d’analyse économique BMI Research.

« Nous avons plus de raison d’être optimiste sur un retour du Zimbabwe auprès des investisseurs internationaux au cours des deux prochaines années », ajoute dans une note BMI, qui ne croit toutefois pas possible de résoudre la crise financière dès 2018.

Pourtant le temps presse. « Si le pays s’effondre, les militaires ne seront pas payés et il y aura un risque de nouveau coup d’Etat », relève l’analyste Derek Matyszak de l’Institut pour les études de sécurité (ISS). « Il faudra donc faire vite et bien ».

(©AFP / 23 novembre 2017 14h52)                

Angola: Isabel Dos Santos limogée de la présidence de la compagnie pétrolière nationale

novembre 15, 2017

Luanda – La PDG de la compagnie pétrolière nationale Isabel dos Santos, fille de l’ex-chef de l’Etat José Eduardo dos Santos et symbole du népotisme reproché à son régime, a été limogée mercredi par le nouveau président angolais Joao Lourenço.

Cette éviction spectaculaire constitue un geste fort de M. Lourenço, qui a promis à plusieurs reprises de rompre avec l’héritage de son prédécesseur.

M. Lourenço a décidé de « relever de leurs fonctions les membres du conseil d’administration » de la Sonangol, a indiqué la présidence dans une déclaration diffusée à la presse.

Surnommée la « princesse », Isabel dos Santos, 44 ans, avait pris en 2016 la direction de la compagnie, en grande difficulté.

La nomination de celle que le magazine américain Forbes présente comme la femme la plus riche d’Afrique avait suscité les plus vives critiques des adversaires de son père, accusé d’avoir privatisé l’économie du pays au bénéfice d’une poignée de proches.

Successeur désigné de M. dos Santos qui a régné pendant trente-huit ans sans partage sur le pays, Joao Lourenço a pris les rênes du pays en septembre après la victoire du parti au pouvoir aux élections générales d’août 2017.

Pendant sa campagne électorale, l’ancien ministre de la Défense, 63 ans, avait promis de prendre ses distances avec son puissant prédécesseur, toujours chef du parti au pouvoir, et de lutter contre la corruption.

« Personne ne sera au-dessus des lois », avait-il proclamé à la veille de sa victoire devant la presse étrangère.

Dans son premier discours devant le Parlement le mois dernier, Joao Lourenço avait plaidé pour un « renforcement du système démocratique » et s’était engagé à « corriger certaines pratiques générales » en « donnant l’exemple ».

Je veux continuer

Le départ d’Isabel dos Santos constitue une surprise, car elle avait elle-même affirmé à plusieurs reprises vouloir garder ses fonctions à la tête de la Sonangol.
« Le mandat de PDG de Sonangol n’est pas dépendant du processus électoral (…) je veux continuer », avait assuré la patronne de l’entreprise avant le scrutin du mois d’août.

Malgré ses efforts, la compagnie pétrolière nationale reste encore très fragile à cause du bas niveau persistant des prix du baril.

Depuis la fin en 2002 de la guerre civile, le pétrole a offert à l’Angola, un de ses deux principaux producteurs d’Afrique subsaharienne avec le Nigeria, une croissance à deux chiffres exceptionnelle, avec un pic de 20% en 2007.

Ses ventes contribuent aujourd’hui pour plus de 70% aux recettes fiscales du pays.

Mais lorsque le cours du brut a commencé à fléchir en 2014, il a mis la Sonangol en difficulté, contraint l’Etat à se serrer la ceinture et entraîné dans sa chute toute l’économie du pays, un des plus pauvres du continent.

L’économie angolaise a connu en 2016 une croissance quasiment nulle qui devrait rebondir pour atteindre 1,3% cette année, selon le Fonds monétaire international (FMI).

En décembre dernier, la compagnie a annoncé qu’elle ne verserait pas de dividendes à l’Etat, une première.

Mme dos Santos sera remplacée à la tête de la Sonangol par l’ancien secrétaire d’Etat au Pétrole Carlos Saturnino, selon le décret présidentiel.

Romandie.com avec(©AFP / 15 novembre 2017 15h34)

La richesse mondiale augmente, le nombre de millionnaires aussi (étude)

novembre 14, 2017

Zurich (awp) – La fortune mondiale a nettement progressé en 2017, portée par l’envolée des marchés actions mais aussi d’autres actifs non-financiers, a constaté mardi Credit Suisse dans son huitième « Global Wealth Report 2017 ». Le nombre de millionnaires n’a également cessé de croître, principalement aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Asie. Cette tendance doit se poursuivre à moyen terme.

Après avoir enregistré des taux de croissance à deux chiffres avant la crise financière, la progression de la richesse mondiale a marqué le pas à partir de 2008 et a même été négative en 2014 et 2015. Depuis 2016, le taux de croissance a modestement progressé de 3,9% et a atteint 6,4% en 2017, a résumé la banque aux deux voiles dans son étude annuelle.

Pendant la période sous revue, soit de mi-2016 à mi-2017, les avoirs mondiaux ont augmenté de 16’700 mrd USD à 280’000 mrd. La hausse a été particulièrement forte en Amérique du Nord (+9,9%), qui concentre la plus grande part des richesses mondiales, en Inde (+9,9%), en Europe (+6,4%) et en Chine (+6,3%), mais a été plutôt modeste en Asie-Pacifique (+0,7%) et en Afrique (+0,9%).

Par pays, les plus importants taux de croissance de la richesse ont été enregistrés aux Etats-Unis, en Chine, en Allemagne, en France et en Australie.

Les avoirs financiers ont principalement porté cette croissance, là aussi essentiellement en Amérique du Nord, représentant la moitié de la croissance enregistrée cette année.

ENCORE PLUS DE RICHES

Le nombre de millionnaires a quant à lui augmenté de 2,3 mio à 36,1 mio de personnes, dont près de la moitié aux Etats-Unis. En Europe, l’appréciation de l’euro face au dollar a également relevé le nombre de millionnaires (en billet vert) de 620’000 en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne. Quelque 200’000 nouveaux riches sont venus étoffer l’Australie et autant la Chine.

A l’inverse, le Royaume-Uni a perdu 34’000 millionnaires et le Japon 300’000 en raison principalement d’effets de change négatifs.

En Suisse, la fortune des ménages a bondi de 35% depuis 2000, correspondant à une croissance annuelle de 1,8%. Avec des avoirs moyens par adulte de 528’000 CHF en 2017, les Helvètes restent les plus riches au monde, selon l’étude.

Plus de deux-tiers des adultes vivant en Suisse disposent d’un patrimoine supérieur à 100’000 USD et 8,8% d’entre-eux sont millionnaires en dollars. L’établissement zurichois estime que 2780 personnes établies dans le pays affichent une fortune supérieure à 50 mio USD, qui dépasse 100 mio pour 1070 d’entre-eux.

Le taux de croissance de la fortune mondiale devrait rester à peu près identique sur les cinq prochaines années, la richesse totale devant atteindre 341’000 mrd USD en 2022. Le nombre de millionnaires doit quant à lui atteindre 44 mio et celui des ultra-riches (UHNWI) 193’000.

Romandie.com avec (AWP / 14.11.2017 14h30)

Le Venezuela, « au bord du précipice », dépend plus que jamais de la Russie et de la Chine

novembre 14, 2017

Paris – Le sort du Venezuela, en défaut partiel et coincé par les sanctions américaines, dépend plus que jamais de ses alliés russes et chinois, au lendemain de la réunion sans accord avec ses créanciers, ont estimé mardi des économistes interrogés par l’AFP.

« Aujourd’hui, le défaut paraît presque inévitable », analyse pour l’AFP Ludovic Subran, chef économiste chez l’assureur-crédit Euler Hermes, après une réunion à Caracas entre le gouvernement et les créanciers internationaux qui a duré une demi-heure et s’est achevée sur la promesse d’une prochaine rencontre.

Dans la foulée, l’agence de notation SP Global Ratings a déclaré le Venezuela en « défaut partiel » sur le remboursement de sa dette, devant l’incapacité du pays à rembourser 200 millions de dollars, à l’issue d’une période de grâce de 30 jours sur le paiement de deux obligations.

Le président Nicolas Maduro avait convoqué les créanciers après avoir annoncé sa volonté de restructurer sa dette extérieure, estimée à 150 milliards de dollars, car il ne dispose plus que de 9,7 milliards de réserves et doit rembourser au moins 1,47 milliard d’ici la fin de l’année, puis 8 milliards en 2018.

Selon des participants à la réunion de Caracas, qualifiée de « succès retentissant » par le gouvernement vénézuélien, ce dernier souhaite former des groupes de travail pour évaluer les propositions de renégociation de la dette à court et moyen terme.

« Le compte n’y est pas. Les créanciers ont de bonnes raisons de s’alarmer », explique à l’AFP l’économiste vénézuélien Orlando Ochoa.

« Le Venezuela se trouve paradoxalement au bord d’un précipice financier, quand bien même il dispose des ressources (pétrolières) pour mener un changement d’orientation économique qui lui permettrait de mettre sur pied un plan de redressement », affirme-t-il.

– restructuration compliquée –

« Une restructuration, ce n’est jamais simple. Mais avec les sanctions fixées par les Américains, ça l’est encore moins », prévient un spécialiste du marché de la dette, sous couvert d’anonymat.

A la fin août, Washington a interdit à ses banques et à ses citoyens d’acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords avec le gouvernement vénézuélien.

De toute façon, « c’est un peu tard pour restructurer la dette », souligne M. Subran qui ne croit pas non plus à la vente d’actifs, comme des raffineries pétrolières, pour régler la situation financière du Venezuela.

« Quand un pays est au pied du mur, il vend ses bijoux pas cher. Et de toute façon, qui serait prêt à acheter dans le contexte actuel? », s’interroge-t-il.

Pour contourner les sanctions américaines, M. Maduro compte sur la Russie et la Chine, deux alliés auxquels Caracas doit respectivement 8 et 28 milliards de dollars.

« Il est vrai que des créanciers comme ces deux pays peuvent intervenir », reconnaît le spécialiste des marchés de la dette.

– Des spéculations

La question est de savoir s’ils sont encore disposés à maintenir leur soutien financier au pays pétrolier.

Pour l’instant, rien ne laisse supposer le contraire: Pékin a déclaré mardi que sa coopération avec Caracas dans ce dossier « se déroule normalement » et Moscou devrait signer mercredi un accord pour restructurer pour trois milliards de dollars de créances vénézuéliennes, selon des sources concordantes.

Mais pour M. Ochoa, tout cela est de l’ordre de la « spéculation ». « Ces deux pays sont apparemment arrivés au bout de ce qu’ils peuvent faire », estime-t-il.

« Politiquement, bien sûr que la Russie a intérêt à aider le Venezuela », admet M. Subran. « Mais le problème ne serait que repoussé », les marchés ayant identifié le pays pétrolier comme le plus gros risque actuel pour des investissements.

Le danger pour le Venezuela, autrefois le plus riche d’Amérique latine, est de se retrouver coupé des marchés, tout comme son groupe pétrolier PDVSA, et de devoir affronter des poursuites et la saisie d’actifs et de filiales à l’étranger.

Pour se sortir de cette situation, Caracas pourrait se permettre « un petit subterfuge », devine M. Subran, qui « croit beaucoup à la théorie » que le pays sud-américain « pourrait faire défaut uniquement sur la partie souveraine, mais protéger PDVSA ».

« Si PDVSA fait défaut, les actifs pourraient être saisis et du coup il n’y aurait plus de revenus du pétrole, donc plus possible de financer le compte courant », ajoute-t-il.

« Cela fait sens », confirme M. Ochoa. « Les obligations de l’Etat sont plus facilement négociables que les titres de PDVSA », reconnaît-il.

Romandie.com avec(©AFP / 14 novembre 2017 14h59)