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Face au réchauffement climatique, l’Afrique doit changer de régime

octobre 30, 2020
Projet "Un million d'arbres" men" par Sos Sahel avec les paysans de la province de la Gnagna, au Burkina Faso, en juin 2012

Quelles conséquences le changement climatique aura-t-il sur l’agriculture et l’alimentation en Afrique ? Une étude préconise d’opter pour des productions plus durables, et notamment de limiter la culture du maïs et du riz.

Sécheresse, inondations, tempêtes, invasion de ravageurs tels que les criquets… L’actualité récente le montre, le changement climatique en cours a des conséquences directes et concrètes sur les récoltes, en particulier en Afrique subsaharienne. Dans une étude conduite au Mali, au Bénin, au Ghana, en Éthiopie et au Rwanda, publiée le 14 octobre dans Global Change Biology, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) a voulu faire le point sur les conséquences de ces phénomènes sur le rendement céréalier.

Les conclusions sont hélas sans appel : une augmentation des températures de 4°C au cours des soixante prochaines années conduirait à une chute du rendement du maïs de l’ordre de 14 % sans engrais et de 26 % avec une fertilisation azotée abondante (hypothèse haute d’un scénario de + 1 à + 4 °C). Un mécanisme qui ressemble fort à un cercle vicieux puisque, soulignent les experts, les engrais chimiques azotés, utilisés pour augmenter des rendements déjà faibles, libèrent à travers les plantes et les sols du protoxyde d’azote (N20), qui accentue encore plus le réchauffement climatique.

Prendre soin des sols

L’étude du Cirad tombe à pic pour rappeler l’urgence à mettre en place des systèmes agricoles durables, fondés sur la diversification des cultures et la transition agroécologique. Une transition défendue notamment par l’Alliance pour l’agroécologie en Afrique de l’Ouest (3AO), plateforme constituée d’organisations paysannes, de syndicats agricoles, d’instituts de recherche et d’ONG, soutenue par la Cedeao. Il s’agit aussi de sortir de la dépendance aux importations de denrées alimentaires, dont la hausse des prix, selon les experts, est inévitable sous l’effet du réchauffement.

Que fera-t-on pousser demain en Afrique, dans la région du Sahel tout particulièrement ? Quelles sont les solutions locales et durables pour adapter l’agriculture au changement climatique ? Comment augmenter la sécurité alimentaire des populations ? Quelles sont les alternatives pour un régime plus riche en nutriments, protéines et fer notamment ?

Pour Émile Frison, docteur en sciences agronomiques et membre du panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables Ipes-Food, la question des sols est cruciale pour l’avenir : « Dans le passé, on a accordé peu d’attention à la santé et à la biologie des sols. On a traité les sols comme un substrat pour les plantes, alors qu’ils sont des organismes vivants, capables de puiser en profondeur et de rendre les nutriments disponibles pour les plantes à travers les microbes, les champignons, les bactéries et autres vers de terre ».

TRÈS CULTIVÉ SUR LE CONTINENT, LE MAÏS EST TRÈS SENSIBLE AUX STRESS THERMIQUE ET HYDRIQUE

« Ce rôle de sol vivant a été complètement négligé par l’agriculture industrielle des soixante dernières années. Et en Afrique subsaharienne, même si l’emploi des engrais est moindre qu’ailleurs dans le monde, ce manque d’attention se paie aujourd’hui, poursuit-il. Les sols africains sont des sols très anciens, très fragiles et très détériorés par les monocultures de quelques céréales et la perte de diversité variétale. D’où l’importance aujourd’hui, au vu des changements climatiques, d’apporter de la matière organique dans les sols grâce à la diversification des cultures et le choix de plantes moins gourmandes en eau que ne le sont le maïs et le riz. »

Périmètre maraîcher des femmes, à Boulsa, au Burkina, mis en place avec l'ONG SOS Sahel en juin 2012

Privilégier les variétés moins gourmandes en eau

Le maïs, l’une des céréales les plus cultivées sur le continent, est aussi l’une des cultures les plus sensibles aux stress thermique et hydrique. En revanche, les cultures vivrières traditionnelles de sorgho et de mil sont mieux adaptées au changement climatique. Elles résistent mieux à de hautes températures et ont besoin de peu d’eau. Combinées avec des cultures intercalaires, des légumineuses comme le niébé (haricot), des légumes racines comme la patate douce, riche en bêtacarotène, ou des légumes verts, elles permettent d’obtenir une alimentation beaucoup plus équilibrée et riche en micronutriments produits localement.

Mais, bien que très résistantes, les variétés de sorgho et de mil plantées dans l’ouest du Sahel risquent aussi de pâtir d’un climat plus sec et de voir leurs capacités d’adaptation dépassées par des émissions de CO2 élevées. D’où l’intérêt de travailler sur la sélection des variétés les plus résistantes, d’alterner cycles longs et cycles courts, céréales et maraîchage. A contrario, continuer de miser sur la culture et la consommation des grandes céréales, maïs, blé, riz, qui demandent beaucoup d’eau, semble inadapté et risqué.

C’EST DANS L’OUEST DU SAHEL QUE LES PERTES DE RENDEMENT CÉRÉALIER SERONT LES PLUS IMPORTANTES

« On estime c’est dans les pays de l’ouest du Sahel que les pertes de rendement céréalier seront les plus importantes. Dans le nord du Sénégal, on pourrait ainsi avoir des pertes de l’ordre de 15-20 % dans l’hypothèse tout à fait plausible d’un réchauffement compris entre 1,1 °C et 2 °C en 2050 », indique Benjamin Sultan, climatologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Les modèles tablent sur une hausse des pluies et des inondations au Niger, mais sur un climat plus chaud et plus sec dans l’ouest du Sahel.

Réduire la dépendance aux importations alimentaires

Avec le réchauffement climatique, les experts craignent par ailleurs une envolée des prix mondiaux. Aujourd’hui, la part des importations dans les disponibilités alimentaires énergétiques atteint 25 % en Afrique de l’Ouest, au Cameroun et au Tchad, souligne une étude de 2017 menée par le Cirad et Afristat intitulée « Les villes d’Afrique subsaharienne sont-elles si dépendantes des importations alimentaires ? ». Le défi est bien réel, dans les villes d’Afrique subsaharienne notamment, où la dépendance céréalière est forte : blé et riz y représentent au moins la moitié de la consommation de produits amylacés (qui contiennent de l’amidon) de base.

« À Dakar, le riz et le blé représente 90 % de la valeur monétaire de la consommation de produits amylacés, contre 40 % à Lomé et Cotonou », précise Olivier Lepiller, sociologue de l’alimentation au Cirad. Excepté à N’Djamena et à Bamako, mils et sorghos sont encore marginaux dans la consommation des citadins.

Reste que les tendances évoluent. Les cultures « vivrières » deviennent des cultures alimentaires commerciales. Les citadins inventent leur propre « modernité alimentaire », métissée, où les produits locaux ont largement leur place (sorgho, mil, fonio, mais aussi manioc, igname, banane plantain, patate douce).

L’AFRIQUE DOIT AMÉLIORER SA BIODIVERSITÉ ET DIVERSIFIER SES APPORTS NUTRITIONNELS

Au Burkina Faso, le bâbenda, plat de soudure traditionnel de l’ethnie mossi, sorte de bouillie peu dense qui associe mil pilé et premiers légumes feuilles de la nouvelle saison des pluies, est aujourd’hui revalorisé et consommé en ville, comme le souligne l’ouvrage Manger en ville. Regards socio-anthropologiques d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, paru en 2020 aux éditions Quæ.

Consommer plus d’insectes

Confrontée aux changements climatiques, à une insécurité alimentaire et nutritionnelle forte, l’Afrique subsaharienne a tout intérêt à adapter ses productions agricoles, à améliorer sa biodiversité et à diversifier ses apports nutritionnels « plutôt que d’augmenter le volume de quelques cultures seulement (…) », pointe Maria Antonia Tuazon, responsable de la division insectes comestibles à la FAO.

Dans ce contexte, la consommation d’insectes et de larves, qui a déjà largement cours en Afrique centrale et australe, fait partie des solutions les plus réalistes et efficaces à mettre en œuvre. Riche en protéines et en lipides, la consommation d’insectes offre des bénéfices certains pour la santé, et de nombreux avantages environnementaux.

Avec Jeune Afrique par Christelle Marot

Congo: Le ministre NGanongo insulté par ses collègues, il a proposé la réduction à moitié de leurs salaires

octobre 28, 2020

Le ministre des finances du Congo Calixte NGanongo aurait selon des sources concordantes, été victime des fortes menaces de la part de ses collègues et des généraux pour avoir proposé la réduction de leurs émoluments dans le cadre de la réduction du train de vie de l’État. Il aurait suggéré que les ministres d’État passent de 15millions à 7 et le reste de 11 à 5 millions. Les généraux percevraient 1 million au lieu des 5 millions actuels, et les députés et sénateurs toucheraient désormais 2 millions. Tous, auraient bloc commun contre Calixte NGanongo.

Dans le souci de réduire le train de vie de l’État dont il a la charge la gestion des finances, le ministre Calixte NGanongo aurait suggéré au chef de l’État que les membres du gouvernement, les députés, directeurs généraux et généraux des forces armées congolaises acceptent drastiquement de revoir leurs émoluments à la baisse afin de montrer l’exemple.

Dans les négociations avec le FMI, cette problématique a été évoquée et même suggérée, et le Congo avait accepté d’y adhérer. Mais, malheureusement, le gouvernement a choisi la voie de la pression fiscale aux entreprises et particuliers pour renflouer les caisses de l’État. Parmi les décisions dénudées de tout sens adoptées par le gouvernement, figurent l’impôt parcellaire qui a échoué et actuellement l’impôt agricole.

Ces taxes que doivent payer les agriculteurs est un frein brutal à la diversification de l’économie et surtout un rouleau compresseur pour les populations qui vivent de l’informel. Pour le ministre Calixte NGanongo, il serait déconseillé de prendre des mesures qui n’encouragent pas l’envol de l’économie.

En proposant la réduction de moitié les salaires des ministres, députés, généraux et directeurs généraux,NGanongo s’est attiré leur foudre et il est vu comme un traître et ennemi. Le Congo est devenu un pays où ses responsables se servent de lui et non le contraire et ce genre de chose ne peuvent qu’énerver.

Calixe NGanongo, aurait entendu toutes les insultes du monde de ses collègues qui agiteraient des militaires contre lui. A ce ministre, il lui aurait été rappelé le sort subi par Rigobert Andely et surtout sa dernière maladie, semble-t-il de provenance mystique.

Avec Sacer-Congo par pascal Nguie

Congo/Département de la Bouenza: La première Foire-Exposition des produits dérivés du manioc a tenu promesses !

octobre 23, 2020

     

Département de la Bouenza : La première foire-exposition des produits dérivés du manioc a tenu ses promesses!

Financé par l’Union européenne (U.E.) et mis en œuvre par le Programme alimentaire mondiale (PAM), le projet ‘’ProManioc’’, lancé en septembre dernier à Brazzaville, porte déjà ses fruits. Ils ont été présentés le 15 octobre à Madingou, chef-lieu du département de la Bouenza, au cours d’une foire-exposition, la première organisée par le PAM, en présence du préfet de la Bouenza.

Dans un seul et même espace, la foire a réuni en une journée différents acteurs impliqués dans la chaîne de valeur artisanale du manioc: équipementiers et transformateurs, dans le but non seulement de mettre en relation producteurs et productrices de manioc avec les commerçants mais aussi d’aller à la rencontre des futurs consommateurs afin de leur faire découvrir d’autres produits issus du tubercule de manioc, qui ont besoin de se forger une réputation dans un marché exclusivement dominé presque par le pain de manioc. On peut citer le gari ou semoule de manioc et l’attiéké (couscous de manioc).

La foire s’est déclinée en quatre catégories (machines, produits dérivés du manioc, haricots et gastronomie), qui ont donné lieu à quatre stands où se sont regroupés de façon bien distincte les exposants: le stand de machines où les artisans ont présenté diverses machines conçues et fabriquées pour 50 coopératives de la filière Manioc. Entre autres, râpes et presses pour les producteurs d’amidon; broyeurs d’arachides et pétrisseurs pour les producteurs de ‘’mbala pinda’’ et semouleurs, etc.; le stand des produits dérivés du manioc où des femmes des coopératives ont fait toucher du doigt des produits dérivés comme le gari, l’attiéké, le tapioca, etc; le stand de haricots où productrices et producteurs, fiers les uns, les autres, ont présenté une belle variété de haricots riches en nutriment et en fibre plantés dans cette localité (haricot blanc, jaune et une autre variété venue du Cabinda appelée faute ya mobali (c’est la faute du mari)) avec l’appui du PAM, et le stand gastronomie, merveilleuse vitrine de diversité culinaire où le public a gouté et dégusté avec envie différents mets faits à base des produits dérivés du manioc avant de s’extasier devant leur qualité.

Les visiteurs ont donc découvert une belle palette de productions et se sont informés. Près de la moitié interrogée a affirmé avoir appris quelque chose d’utile à ses réflexes de consommation ou quant au regard qu’elle porte désormais sur le manioc et ses produits dérivés. Outre le pain de manioc bien connu des Congolais et le ‘’mbala pinda’’ prisé dans la Bouenza et le Niari, ils ont été charmés par les nouveaux produits issus du manioc comme les galettes de ‘’mbala pinda’’, la salade de gari, l’attiéké, la farine panifiable du manioc…

Pour les organisateurs, le défi à relever était triple: promouvoir la richesse et la variété des produits issus du manioc; donner aux visiteurs la possibilité de les déguster sous différentes variantes et découvrir les avantages considérables qu’ils offrent en termes de sécurité alimentaire ou apprécier les revenus non négligeables qu’ils peuvent générer.

«Le ciblage de Madingou pour abriter l’évènement est tout à fait pertinent quand on sait la place fondamentale qu’occupe dans notre terroir cette denrée alimentaire à côté du haricot et de l’arachide, trois cultures à la base de la vocation agricole du département de la Bouenza, qualifié de grenier du Congo. En effet, la Bouenza doit beaucoup à cette vocation agricole et son économie rurale en dépend énormément», a dit, dans son mot de bienvenu, Simone Bakoumina, maire de Madingou et présidente du Conseil municipal.

Jean-Martin Bauer, représentant du PAM au Congo, espère que l’organisation de cette première foire-exposition du manioc, au cœur de la Bouenza, ouvrira la voie à d’autres activités de ce type pour faire connaître les produits à base de manioc, ainsi que les acteurs du manioc au Congo. «Après la mise en œuvre de ce projet, a-t-il souhaité, nous voulons qu’on trouve vos produits dans les supermarchés de la capitale et de Pointe-Noire, ainsi que dans les boutiques des quartiers.»

L’ambassadeur de l’U.E. au Congo, Raul Mateus Paula, a fait savoir que cette foire-exposition illustrait les liens étroits de coopération entre le Congo et l’U.E. «La foire-exposition a constitué une étape clé du projet en mettant un accent particulier sur la transformation du manioc en produits encore peu connus au Congo. C’est à travers ce type d’évènements que l’on peut renforcer les liens entre les différents acteurs de la chaîne de valeur manioc et la population congolaise», a-t-il soutenu.

La première édition de la foire-exposition a été un véritable point d’attraction pédagogique valorisant indéniablement les agriculteurs et les artisans exposants, qui ont pu expliquer le rôle qu’ils jouent ou qu’ils peuvent mieux jouer dans la sécurité alimentaire. Le public y a découvert des paysans, en majorité des femmes, plus responsables, passionnés et résolument tournés vers d’autres enjeux. Une bouffée d’oxygène pour eux qui, chaque jour de leur vie, nourrissent et remplissent les assiettes des Congolais!

Le projet ‘’ProManioc’’ est un Programme qui renforce la chaîne de valeur artisanale du manioc et la résilience alimentaire au Congo. Il accorde une grande importance à la sensibilisation des ménages congolais pour qu’ils utilisent les nouveaux produits dérivés qui peuvent se substituer aisément aux produits importés souvent présents dans le panier alimentaire des ménages. D’un coût global de 1,5 million d’euros, soit environ un milliard de Francs CFA, il est mis en œuvre sur une période de deux ans par le PAM. Il vise, entre autres, à renforcer les capacités de 150 artisans-soudeurs, 500 transformateurs des produits dérivés du manioc et à valoriser la commercialisation de ces produits auprès du grand public. 50 groupements de producteurs de manioc au total, seront accompagnés pour qu’ils augmentent leur production. Le programme est également une réponse à la pandémie de COVID-19 qui a fragilisé les chaînes d’approvisionnement et rappelé le besoin de renforcer le potentiel agricole local.

Avec La Semaine Africaine par Viclaire MALONGA

Congo/Les caisses de l’État dont quasiment vides: 2020 se termine mal, 2021 s’annonce très difficile !

octobre 23, 2020

La grande majorité des congolais pense peu ou prou qu’il existe en fait une grande lessiveuse au Trésor Public, dans laquelle l’État cache, comme nos grands-mères, son argent. Quand on en a besoin, il suffit d’aller dans la lessiveuse et de prendre une liasse de billets, une fois pour payer les salaires, une autre fois pour es paiements des retraites, une autre fois pour les bourses, etc. Non, la lessiveuse à billet n’existe pas car les banques centrales ont bloqué les vieux mécanismes de l’inflation. Je n’entrerai pas dans le détail de la création monétaire – processus complexe s’il en est – mais je voudrais m’intéresser aujourd’hui un peu à cette lessiveuse, car elle reflète en quelque sorte les relations entre l’emploi public et l’emploi marchand. Les caisses de l’Etat sont vides ! C’est une affirmation souvent correcte. Car les caisses de l’Etat sont par définition souvent… vides !

La véracité de cette affirmation dépend donc de l’instant où on l’exprime. C’est un point de rencontre entre la théorie quantique et les finances publiques. Alors comment est-ce possible ? Simple : l’Etat est la seule personne morale publique qui peut dépenser … ce qu’elle n’a pas. Comme dans la théorie quantique où un électron peut être en deux endroits à la fois, si on ne l’observe pas, l’Etat peut être pauvre et riche en même temps.

Prenons un exemple : lorsque la loi de finances de l’Etat est votée pour l’année N +1 (disons pour l’année 2021), l’Etat n’a encore aucun franc CFA dans ses caisses. Son budget est purement prévisionnel lorsqu’il est voté en recettes et en dépenses. Pourtant l’Etat peut dès le mois de janvier de l’année 2021 commencer à dépenser, il le fait alors que les recettes (fiscales, pétrolières, etc.) n’ont pas encore été perçues, c’est-à-dire encore recouvrées par le Trésor public. Il dépense donc ce qu’il n’a pas. Il continuera à dépenser conformément aux allocations budgétaires autorisés par loi des finances de l’année, mais alors d’où tire-t-il les moyens financiers dont il dispose ? En attendant que les recettes fiscales et non fiscales (emprunts, produit des dividendes, revenus du domaine, amendes etc.) entrent dans les caisses du Trésor, l’Etat empruntera pour faire face à ses dépenses domestiques (salaires notamment), parmi ces emprunts que l’on rattache à la gestion de Trésorerie, figurent les bons du Trésor, les fameux BTA et les OTA.

Les bons de trésor assimilables (BTA) sont un moyen d’acquisition d’argent frais pour le besoin de Trésorerie. En effet, les bons du Trésor sont des titres émis par l’Etat en représentation d’emprunts effectués dans le cadre de l’équilibre budgétaire. Ils participent à la fois au financement à court terme du Trésor public et à la réalisation de la politique monétaire de l’Etat, dont la moindre des manifestations est l’action sur la masse monétaire en circulation avec ses effets sur l’inflation, les taux d’intérêt, l’investissement, le crédit aux agents économiques, la liquidité monétaire etc. etc. Ce sur lequel il convient de se focaliser dessus, ce n’est pas le pouvoir tout-à-fait légal, sinon même indispensable, d’émission des bons du Trésors ou d’autres instruments d’emprunts (à moyen ou long terme), c’est la politique budgétaire de l’Etat mise en rapport avec la situation économique réelle du pays. En définitive, la caisse de l’Etat si elle peut être vide, elle ne l’est que temporairement. L’Etat disposant toujours de son droit régalien d’emprunter même de manière forcée.

Sans préjuger de l’état des finances publiques pour 2021, il convient de remarquer que celles de 2020, notamment les opérations financières de la loi de finances rectificative au 31 août 2020, elles ont été marquées par les charges de financement et de trésorerie de 807 milliards de francs CFA constituées de l’amortissement de la dette extérieure (610 milliards de francs CFA), de la dette intérieure (120 milliards de francs CFA), en dépit du moratoire sur le service accordé par certains créanciers, l’emprunt obligataire (Ecobank) de 52 milliards de francs CF, de la garantie de 25 milliards de francs CFA destinée à faire fonctionner le mécanisme d’appui aux entreprises affectées durement par les mesures de riposte à la pandémie. Mais pour faire face à toutes ces charges financières, les caisses de l’Etat n’ont que comme ressources, comme argent, 272 milliards de francs CFA, qui sont par ailleurs des emprunts, et donc de la dette… L’Etat est, rappelons-le, seul agent économique qui peut dépenser ce qu’il n’a pas, car contrairement aux autres agents économiques, l’Etat se garantit par… son existence.

Donc en 2020, l’Etat devrait encore emprunter car il subsiste un besoin de financement de 355 milliards de francs CFA auquel s’ajoute le déficit budgétaire de 2020 constaté le 31 aout 2020 de 104 milliards 703 millions de francs CFA. Il faudrait donc emprunter au total 459 milliards de francs CFA pour financer le gap de financement qui se dégage, et qui probablement augmentera au 31 décembre 2020.

Au premier janvier 2021, et si le projet de budget 2021 de l’Etat est voté sans être amendé par les parlementaires, notamment sur la réduction des dépenses publiques, alors l’Etat n’aura que 129 milliards de francs CFA, dans sa caisse. Depuis 2019, le Congo est entré en récession, et en 2021, l’Etat devrait dépenser 1615 milliards 907 millions de FCFA en 2021 contre 1630 milliards dans le budget réajusté de 2020, soit une baisse de 1%. Le hic, c’est que les dépenses de fonctionnement culminent à 1 088 milliards 550 millions de francs CFA, soit 67 % des dépenses publiques, hors charges de la dette et dépenses d’investissements. Donc la baisse de 1% des dépenses publiques est insignifiante.

Problème, selon les prévisions du projet de loi de finances pour 2021, les charges de trésorerie sont de 789 milliards 100 millions de francs CFA (570 milliards de remboursement de la dette extérieure ; 48 milliards 100 millions de remboursement d’obligation ; 156 milliards d’apurement de la dette intérieure, et 15 milliards de garantie d’Etat). Et compte tenu du peu d’argent dans les caisses, comme ressources de trésorerie (129 milliards de francs CFA), à laquelle, le gouvernement espère ajouter un excédent du solde budgétaire pour 2021 de 230 milliards 202 millions de francs CFA, cela ne suffira pas à financer la trésorerie de l’Etat, où l’Etat devrait emprunter à nouveau pour financer le gap de financement de d’environ 430 milliards de francs CFA… Que des dettes « Nde to zo boya » diront les congolais ! « L’Etat congolais à un comportement atypique par rapport au reste de la CEMAC. Les dépenses publiques du Congo n’ont aucun effet positif sur la croissance économique, et elles continuent à rester à un niveau très élevé. Chercher l’erreur !

A paraitre bientôt les grands problèmes économiques contemporains du Congo, un essai qui s’intéresse sur les politiques publiques, et formule le choix budgétaire que le Congo devrait faire pour 2021.

Avec Brazzanews par Richard Verlin

[Enquête] Armes contre pétrole : les affaires louches de Semlex et Gunvor en Côte d’Ivoire

octobre 22, 2020
Armes remises à l'ONUCI par d'ex-combattants de la crise post-électorale, à Abidjan, en juillet 2012.

Pendant la crise postélectorale, les sociétés Semlex et Gunvor ont été au cœur d’un système visant à fournir des armes au régime de Laurent Gbagbo, en violation de l’embargo des Nations unies. L’OCCRP et « Jeune Afrique » vous dévoilent les dessous de ce montage complexe.

*Cet article est issu du travail de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP, un consortium de journalistes d’investigation fondé en 2006), auquel Jeune Afrique a collaboré. L’original, en anglais, peut être lu ici.

Nous sommes entre fin février et début mars 2011, à Genève, en Suisse, dans un salon privé d’un palace donnant sur le Rhône, le Mandarin. Ici, les chuchotements sont de rigueur. Les affaires se concluent à l’abri des regards, dans l’illusion d’un secret cinq étoiles. Un petit groupe d’hommes d’affaires s’est réuni avec, parmi eux, des représentants de l’entreprise Gunvor, spécialisée dans le commerce de produits pétroliers.

Basée à Genève, cette société appartient alors en copropriété au milliardaire suédois Torbjörn Törnqvist et à Gennady Timchenko, un oligarque russe étroitement lié au Kremlin. Active en Côte d’Ivoire, elle travaille à Abidjan avec la Société nationale d’opérations pétrolières ivoirienne, communément connue sous le nom de Petroci.

Alors que s’amorce la crise de 2010-2011, Gunvor, négociant pétrolier parmi les plus puissants du marché, est en réalité l’un des piliers du pouvoir du président ivoirien, Laurent Gbagbo. Au point, selon l’enquête de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) à laquelle Jeune Afrique a participé, d’essayer de l’aider à se fournir en armes et en munitions.

Deux Français au cœur du système

Retour en Suisse. Au cœur de la réunion du Mandarin, un homme : Olivier Bazin. Connu sous le nom de « Colonel Mario », il a commencé à travailler pour Gunvor en Afrique en 2007, en tant que représentant en Angola. Il a ensuite poursuivi cette collaboration, au Congo-Brazzaville et en Côte d’Ivoire. Mis en cause en France dans diverses affaires de meurtre ou d’extorsion de fonds liées au milieu corse (les charges ont ensuite été abandonnées), l’homme a été condamné en 2009 pour blanchiment d’argent et contrebande d’or en lien avec le Gabon.

Décrit par un procureur suisse comme un marchand d’armes international, Bazin est l’un des hommes à tout faire de Gunvor sur le continent, et il avoue enchaîner les réunions « à Abidjan, Brazzaville, Malabo, […] Genève, […] Paris, Bruxelles, Londres » pour le compte de la société pétrolière. Son nom est bien connu sur les bords de la lagune Ebrié : il fait l’objet d’une plainte déposée par Guillaume Soro, qui l’accuse d’être l’un des auteurs de l’enregistrement qui lui vaut d’être accusé d’atteinte à la sécurité de l’État par les autorités de son pays.

Autre interlocuteur de la réunion du Mandarin : Robert Montoya. Lui non plus n’est pas un inconnu à Abidjan. Cet ancien policier français, devenu chef d’un réseau international d’armes est, selon les experts des Nations unies ayant enquêté sur lui, l’un des principaux fournisseurs de la Côte d’Ivoire depuis 2005. Sa spécialité : échanger armes et munitions d’origine biélorusse, russe ou lettone contre des ressources telles que le pétrole ou le cacao. L’ONU estime que le réseau de Montoya a vendu au gouvernement ivoirien au moins 16,3 millions de dollars d’armes entre 2006 et 2010 (13,9 millions d’euros)

« Voici l’équipement dont nous avons besoin »

L’objet de cette discrète réunion genevoise a-t-il été défini quelques semaines auparavant ? Le 24 janvier, Aubert Zohore, un conseiller de Laurent Gbagbo aujourd’hui réfugié aux États-Unis, écrit à Olivier Bazin un message confidentiel. Attaché à celui-ci, un tableau très détaillé dans lequel il énumère les armes qu’il souhaiterait se procurer, représentant un total de 4,5 millions d’euros. « Voici l’équipement dont nous avons besoin de toute urgence », explique-t-il. La liste comprend près de 7 millions de cartouches, 6 000 roquettes et 300 grenades fumigènes.

LE PRÉSIDENT GBAGBO VOULAIT OBTENIR LE SOUTIEN DE GUNVOR POUR ACHETER DES ARMES EN RUSSIE

Deux jours plus tard, le 26 janvier, Olivier Bazin transmet le message à un responsable de Gunvor. Il écrit : « Comme indiqué, je vous envoie la liste des équipements demandés par le [représentant du président] aux Russes. Veuillez confirmer que vous avez reçu cet e-mail. »

Une source au fait de l’accord explique : « Le président Gbagbo a demandé à Bazin d’obtenir le soutien de Gunvor pour acheter des armes en Russie. Bazin et Montoya ont impliqué cette entreprise dans l’accord d’armement et tous deux l’ont rencontrée à Genève à cette fin. » Elle affirme également que les armes ont été payées et que certaines d’entre elles ont été livrées avant l’arrestation de Laurent Gbagbo en avril 2011.

Dans le même temps, Olivier Bazin met en branle l’autre pan du montage ivoirien. Selon les informations de l’OCCRP, il alerte en particulier Semlex, une entreprise belge spécialisée dans la biométrie et implantée en Côte d’Ivoire, où elle est liée par contrat à Gunvor dans le domaine du pétrole depuis 2008. Olivier Bazin est à la fois le représentant de Gunvor et le mandataire de Semlex pour traiter avec cette société, l’État ivoirien et Petroci, comme le montre un document consulté par Jeune Afrique et daté de 2009.

Selon ce document de 2009, Olivier Bazin était à la fois le représentant de Gunvor et le mandataire de Semlex pour traiter avec cette société, l’État ivoirien et Petroci

Semlex est également liée par contrat à une autre entreprise, Caminex, un négociant en pétrole installé en Tunisie. Les deux entités, comme Gunvor et Semlex, collaborent dans le domaine pétrolier, selon un document en possession de Jeune Afrique daté de 2010.

Selon ce document de 2010, Semlex et Caminex, un négociant en pétrole installé en Tunisie, collaboraient dans le domaine pétrolier

Mais Caminex n’est pas tout à fait ce qu’elle prétend être : selon des observateurs de l’ONU, elle est l’une des nombreuses entreprises utilisées par Robert Montoya et un autre Français, Frédéric Lafont.

Un réseau d’entreprises, de la Tunisie à la Lettonie

Lafont, ancien légionnaire français installé en Côte d’Ivoire qui s’est reconverti dans la sécurité privée au début des années 2000, a notamment formé les escouades anti-émeute de Laurent Gbagbo. Il est surtout à la tête, en collaboration avec Robert Montoya, d’une kyrielle d’entreprises, telles que Darkwood, Protect, Caminex et Sophia Airlines, qui seront plus tard identifiées par l’ONU comme fournissant de l’armement et blanchissant l’argent issu de ce commerce. Mais il a toujours nié, par l’intermédiaire de son avocat, Gilbert Collard, les accusations onusiennes, « concoctées par jalousie » selon lui.

MONTOYA ET LAFONT ACHEMINAIENT SECRÈTEMENT DES ARMES VERS LES FORCES DE LAURENT GBAGBO

Dans un rapport daté de 2012, les experts de l’ONU ont ainsi expliqué que Montoya et Lafont avaient utilisé « une structure complexe d’entreprises basées en Côte d’Ivoire, en Tunisie et en Lettonie » pour transférer de l’argent alors qu’ils acheminaient secrètement des armes vers les forces de Laurent Gbagbo, violant « systématiquement le régime de sanctions imposé à la Côte d’Ivoire ». Parmi ces entreprises : Caminex.

Selon des documents consultés par Jeune Afrique, Gunvor, Semlex et Caminex font régulièrement affaire en 2010 et en 2011, par l’intermédiaire d’Olivier Bazin. Le 12 janvier 2011, celui-ci a d’ailleurs encore écrit un courriel au PDG de Semlex, le Belge d’origine syrienne Albert Karaziwan, en lui rappelant certaines dispositions des accords liant son entreprise à Caminex. En ce même mois de janvier, Semlex a également transféré 1,2 million de dollars à Gunvor, officiellement pour des paiements liés au pétrole.

« Pétrole contre armes »

Dans leur rapport de 2012, les experts de l’ONU n’ont jamais ciblé nommément Gunvor comme faisant partie d’un montage visant à fournir des armes à la Côte d’Ivoire sous embargo. Toutefois, dans une annexe intitulée « Demande d’un accord “pétrole contre armes” », ils citent un courriel de 2010 d’un employé de Gunvor discutant de l’achat de deux cargaisons supplémentaires de brut ivoirien pour un coût de 106 millions de dollars.

« Gunvor semble avoir utilisé sa relation avec Semlex pour cacher le fait qu’il travaillait main dans la main avec des marchands d’armes connus. Le réseau que les deux sociétés ont créé est un bon exemple des différentes couches opaques que les marchands d’armes peuvent utiliser pour dissimuler leurs activités », explique Andrew Feinstein, spécialiste du commerce d’armes international.

Contacté par l’OCCRP, le directeur des affaires corporatives de Gunvor, Seth Pietras, a nié toutes les allégations d’actes répréhensibles. Il a déclaré que la société avait été présentée à Semlex et Bazin par un ancien employé de Gunvor, qui a depuis été condamné par un tribunal suisse pour corruption, et qu’elle n’entretenait actuellement aucune relation avec l’une ou l’autre des parties.

« Gunvor ne conclurait jamais un accord dans lequel les armes constituaient un aspect de la transaction. C’était vrai à l’époque, c’est vrai maintenant », a-t-il ajouté. Semlex n’a de son côté pas répondu aux sollicitations, tandis que Montoya, Lafont et Bazin n’ont pas pu être contactés pour commenter.

Bazin, l’intermédiaire entre Gbagbo et Gunvor

Selon l’OCCRP, Gunvor est parvenue à poursuivre ses activités en Côte d’Ivoire tout au long de la crise postélectorale, alors même que l’Union européenne avait sanctionné la compagnie Petroci. En avril 2011, un courrier électronique montre ainsi que la société a acheté 1,6 million de barils de brut pour un montant estimé à 160 millions de dollars. Semlex, avec qui Gunvor collaborait depuis 2008, a alors reçu une commission de plus de trois millions de dollars sur cette transaction, laquelle s’est finalisée en plein basculement de la crise.

KADET BERTIN, L’EX-CONSEILLER SPÉCIAL DE GBAGBO, ASSURE NE CONNAÎTRE NI GUNVOR NI SEMLEX

Des documents confidentiels indiquent également que Gunvor a signé avec Petroci un accord de préfinancement pour des opérations pétrolières en 2010 et 2011. Le contrat, visé par la banque française Crédit agricole, portait sur une somme de 180 millions de dollars. En contrepartie, l’entreprise de négoce pétrolier obtenait des conditions avantageuses dans ses futures opérations à Abidjan.

Une source proche de l’accord a expliqué qu’Olivier Bazin, en qualité d’intermédiaire de Gunvor avec le gouvernement ivoirien et avec Petroci, en avait négocié les termes. Celui-ci aurait fait pression sur Laurent Gbagbo pour qu’il signe le contrat, arguant qu’il en avait besoin pour financer sa campagne présidentielle de 2010 et, au besoin, assurer sa sécurité grâce à l’achat de mercenaires et d’armes.

Contacté par Jeune Afrique, Kadet Bertin, puissant conseiller spécial de Laurent Gbagbo chargé de la Défense et de la Sécurité entre 2003 et 2011, assure ne pas connaître les entreprises Gunvor et Semlex. Il affirme ne pas pouvoir répondre à nos questions.

Quand Gunvor misait sur Ouattara

Si l’argent semble avoir continué de circuler entre le régime de Gbagbo, Semlex et Gunvor via divers comptes bancaires et sociétés jusqu’en juin 2011, la société pétrolière n’a cependant pas tout misé sur le patron du Front populaire ivoirien (FPI). Alors que les forces d’Alassane Ouattara commençaient à prendre le dessus en Côte d’Ivoire, la société couvrait en réalité déjà ses arrières.

EN JANVIER 2011, GUNVOR SIGNAIT UN ACCORD AVEC ADAMA TOUNGARA, « MINISTRE DU PÉTROLE » D’ALASSANE OUATTARA

En janvier 2011, alors qu’elle recevait encore du pétrole dans le cadre des accords passés avec les équipes de Laurent Gbagbo, Gunvor signait ainsi un accord séparé avec quelques uns de leurs adversaires, dont Adama Toungara, « ministre du Pétrole » d’Alassane Ouattara (il est aujourd’hui médiateur de la République), et des responsables chez Petroci.

L’accord, qui visait à permettre à Gunvor de poursuivre ses activités en cas de chute de son meilleur allié, Laurent Gbagbo, semble n’avoir été activé qu’en avril, lors de la victoire effective d’Alassane Ouattara. Selon certaines indiscrétions, Gunvor aurait commencé dès mai à payer des fonctionnaires du nouveau gouvernement ivoirien, par l’intermédiaire d’une société basée dans le paradis fiscal de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Belisha Capital.

Le mystère Belisha Capital

Selon une source proche de la famille, Belisha Capital appartenait alors au neveu d’Adama Toungara, l’avocat Adama Kamara. Dans une facture datée du 15 mai 2011, celle-ci réclamait notamment le paiement de 1,5 million de dollars à Gunvor comme « participation aux bénéfices » du brut vendu le mois précédent. Selon des documents de l’OCCRP, Olivier Bazin a également effectué d’autres paiements en espèces, d’un montant non divulgué, à un cadre de Petroci entre 2011 et 2013.

Dans une facture datée du 15 mai 2011, Belisha Capital réclamait le paiement de 1,5 million de dollars à Gunvor comme

Si des documents judiciaires obtenus par l’OCCRP décrivent Gunvor comme « très proche » du régime de Laurent Gbagbo, un témoignage recueilli en Suisse montre que le négociant en pétrole faisait également pression sur le nouveau gouvernement d’Alassane Ouattara, en utilisant sa relation avec Adama Toungara et Adama Kamara.

Contacté par Jeune Afrique, Adama Kamara, aujourd’hui conseiller à la Primature et avocat d’Alassane Ouattara, n’a pas souhaité donner de détails sur ses contacts avec Gunvor lors de la crise postélectorale, expliquant être tenu au secret professionnel dans le cadre de ses activités d’avocat.

Masséré Touré, directrice de la communication de la présidence et nièce du chef de l’État ivoirien, a quant à elle déclaré que l’administration actuelle n’avait aucune trace des contrats passés sous Laurent Gbagbo. Elle n’a pas souhaité répondre aux questions concernant la société Belisha Capital.

Gunvor n’a cessé d’exploiter le pétrole ivoirien qu’en 2016

Gunvor a continué à exploiter le pétrole ivoirien jusqu’en 2016 – son chiffre d’affaires s’est élevé cette année-là à 47 milliards de dollars, faisant d’elle le quatrième plus gros négociant en pétrole privé du monde. Toutefois, elle s’est progressivement retirée du terrain africain, le continent ne représentant plus, dès 2018, qu’environ 5 % de son chiffre d’affaires.

Fin 2018, Gunvor a en effet été condamnée en Suisse dans une autre affaire à une amende record de 95 millions de dollars, la justice ayant estimé qu’elle n’avait pas empêché ses employés de corrompre des fonctionnaires en Côte d’Ivoire et au Congo-Brazzaville.

Semlex n’a, quant à elle, pas été inquiétée. En 2018, l’entreprise belge a même remporté un contrat de 700 millions de dollars avec le gouvernement ivoirien pour produire 32 millions de passeports biométriques. Elle est aujourd’hui sous le coup d’une enquête judiciaire en Belgique et soupçonnée de corruption et de blanchiment d’argent dans le cadre d’un contrat de production de passeports en RD Congo, lequel n’a pas été renouvelé.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

                         

Maduro: les sanctions américaines affectent la «stabilité» du Venezuela

septembre 23, 2020

 

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a affirmé mercredi que les sanctions américaines mettaient «en danger la stabilité» de son pays et exigé la «cessation» de ces mesures contre Caracas et ses alliés internationaux. «En pleine pandémie mondiale, personne ne comprend (…) qu’il y ait une recrudescence des persécutions criminelles, du blocus, contre des pays nobles comme Cuba, Nicaragua, Venezuela, Syrie et d’autres pays frères», a déclaré Nicolas Maduro dans un discours virtuel à l’Onu, dans le cadre de la 75e Assemblée générale.

Nicolas Maduro, qui ne se rend plus aux réunions de l’Onu depuis 2018, a exigé la levée de «toutes les sanctions» adoptées, selon lui, en violation de la Charte des Nations unies et qui menacent la stabilité «de notre pays et de la région latino-caribéenne». Le président Maduro a fait l’objet de nouvelles sanctions annoncées lundi par les Etats-Unis pour ses accords d’armement avec l’Iran, l’un des soutiens internationaux à son gouvernement avec la Russie, la Chine, la Turquie et Cuba.

L’administration Trump mène une campagne internationale pour chasser du pouvoir le régime Maduro. Washington affirme que sa réélection en 2018 a été frauduleuse et l’accuse également de corruption et de graves violations des droits humains. Plus tôt cette année, le ministère américain de la Justice a accusé Nicolas Maduro et son entourage de trafic de drogue et a offert une récompense de 15 millions de dollars pour des informations pouvant conduire à son arrestation.

Les Etats-Unis soutiennent le chef de file de l’opposition Juan Guaido qui préside le Parlement et s’est proclamé le 23 janvier 2019 président par intérim du Venezuela. Il est reconnu et soutenu par plus d’une cinquantaine de pays. La Maison Blanche a imposé une batterie de sanctions dont un embargo pétrolier en vigueur depuis avril 2019.

De son côté, Juan Guaido a déclaré lors d’une téléconférence diffusée sur ses réseaux sociaux que «le moment (était) venu pour des actions opportunes et décisives» contre le gouvernement de Nicolas Maduro. Il n’a pas fourni davantage de détails. «Le Venezuela remercie ceux qui ne sont pas restés indifférents à cette tragédie (…), maintenant, il faut leur demander de continuer à insister sur la voie de la pression internationale» contre Nicolas Maduro, a-t-il déclaré.

Outre la crise politique, le Venezuela traverse la pire crise économique de son histoire récente. L’hyperinflation a dépassé les 9.000% l’an dernier et les pénuries d’essence et de médicaments sont récurrentes

Par Le Figaro avec AFP

Sanctions contre le Mali : les finances publiques et le commerce durement frappés

septembre 22, 2020
Des manifestants célèbrent la chute d'IBK à Bamako

De premières évaluations recueillies par Jeune Afrique permettent de mesurer l’impact des sanctions, décrétées par la Cedeao après le coup d’État, sur l’économie malienne.

En marge des cérémonies du 60e anniversaire de l’indépendance du Mali, le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, a pressé la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) de lever ses sanctions. «Je pense que dans les jours à venir la Cedeao doit enlever ces sanctions pour le bonheur de la population malienne», a-t-il déclaré mardi 22 septembre, confirmant les craintes d’asphyxie de l’économie malienne. Une demande qui résonne avec celles exprimées depuis plusieurs semaines par les acteurs économiques.

Première victime de l’embargo décidé par l’institution régionale ouest-africaine :  l’émission de titres publics sur le marché financier régional. Selon les estimations de Jeune Afrique, sur la période d’août à septembre, ce sont environ 60 milliards de francs CFA (91,5 millions d’euros) qui n’ont pu être mobilisés.

« Nos émissions du Trésor sont arrêtées depuis le 18 août. Nos comptes BCEAO sont également bloqués, ce qui implique une impossibilité en l’état de transférer ces fonds », glisse sous couvert d’anonymat un cadre du trésor public malien contacté par JA. « La mobilisation des ressources notamment des partenaires financiers et techniques accuse le coup », ajoute notre interlocuteur.

Après une brève suspension de son activité pour raisons de sécurité au lendemain de la prise du pouvoir par les militaires en août dernier, la BCEAO rappelle, elle, continuer à mener des opérations via ses trois agences dans le pays, à Bamako, Mopti et Sikasso.

Le commerce en net recul

JA a également obtenu copie d’une note d’information sur les indicateurs de conjoncture de la Banque centrale, au titre du mois d’août. Elle confirme une détérioration de l’activité économique. Ainsi, le chiffre d’affaires du commerce marque un recul de 16,7 % contre 1,1 %  pour les services marchands, moins affectés.

« Pour l’instant , il est difficile de mesurer l’impact des sanctions financières de la Cedeao sur notre économie qui subit déjà les conséquences de la pandémie et du climat d’insécurité. L’activité économique a ralenti », juge Mamadou Sinsy Coulibaly, le patron des patrons maliens.

SI LES SANCTIONS PERDURENT, LE MALI COURT VERS LA CATASTROPHE ÉCONOMIQUE

«Si les sanctions perdurent, le Mali court vers la catastrophe économique et je pense que les militaires ont compris cela. Étant donné que l’approvisionnement en biens transite par les ports de Dakar, Abidjan et Lomé, la fermeture des frontières va très vite asphyxier l’économie, déjà fortement perturbée », souligne l’économiste sénégalais et ancien vice-président de la Cedeao, Abdoulaye Fall.

Pour rappel, Bamako vient de voir sa notation financière réduite par l’agence Moody’s à la catégorie « risque substantiel » à la suite du coup d’État. En 2019, le Mali avait obtenu la note « B3 », la plus basse dans la catégorie des dettes dites « spéculatives ». Un niveau certes bas, mais qui est également celui du Ghana. Or, par comparaison, le PIB de la deuxième économie de la Cedeao atteint 67 milliards de dollars (en 2019) soit près de quatre fois celui du Mali (17,5 milliards).

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly

Canada-Québec/Premier centre d’innovation agroalimentaire à Trois-Rivières: L’Ouvrage ouvrira à l’été 2021

septembre 16, 2020
©SYLVAIN MAYER C’est dans l’ancien édifice de Germain et Frères que L’Ouvrage est en train de s’installer.
TROIS-RIVIÈRES — Le résultat du labeur d’un ouvrier, d’un artisan ou d’un artiste s’appelle un ouvrage. L’Ouvrage, c’est donc le nom qu’on a donné au futur centre d’innovation agroalimentaire qui verra le jour en juin 2021 sous l’impulsion d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières (IDE).

Situé en plein cœur du centre-ville de Trois-Rivières, dans l’ancien édifice industriel de Germain et Frères, tout près du CECI (Centre d’événements et de congrès interactifs), L’Ouvrage réunira sous un même toit des artisans qui maîtrisent déjà leur production.

«Ce n’est donc pas un incubateur», précise Mario De Tilly, directeur général d’IDE Trois-Rivières, mais plutôt un endroit où les petits producteurs et artisans du milieu agroalimentaire pourront vivre une synergie entre eux, explique-t-il, tout en ayant un contact avec le public. Ce n’est pas non plus un marché public, mais le public pourra y acheter les fruits du travail des artisans. Les produits offerts seront fabriqués sur place.

On veut y favoriser la création, la transformation et la valorisation des produits d’ici et aider les artisans à tisser des liens d’affaires entre eux.

De façon épisodique, des centres de recherche viendront sur place pour aider les producteurs et transformateurs de la région à développer de nouveaux produits et de nouveaux débouchés. Des séminaires et des formations feront partie de l’ambiance dans laquelle L’Ouvrage veut faire évoluer ses futurs partenaires.

«Les gens qui seront là devront être des transformateurs, de petits artisans, des gens qui vont faire de la transformation des produits du terroir», explique le directeur général. «On veut aussi qu’il se crée une cohésion entre eux», dit-il. Un exemple très simple serait le producteur de charcuteries qui s’associerait au boulanger pour produire des sandwiches, dit-il pour illustrer le principe.

Dans un contexte social où l’idée d’arriver à une autonomie alimentaire s’impose de plus en plus, la présence de L’Ouvrage arrive à point nommé, estime-t-il.

L’ouverture de L’Ouvrage a été retardée à cause de la COVID-19. Les travaux devaient en effet commencer au moment où le gouvernement a décrété le confinement. On vient donc tout juste d’amorcer les travaux qui étaient prévus à ce moment-là, indique M. De Tilly. Les rénovations intérieures, visant à rendre le bâtiment conforme aux normes sanitaires agroalimentaires, seront donc réalisées au cours de l’hiver tandis que les travaux extérieurs, eux, seront effectués le printemps prochain, dit-il. Il s’agit, pour IDE Trois-Rivières, d’un investissement de 6 M$. C’est sans compter les investissements des futurs locataires de l’endroit qui s’élèvent aussi à 6 M$.

Si la COVID ne vient pas perturber à nouveau l’économie, l’inauguration se fera donc l’été prochain.

M. De Tilly indique que 50 % des espaces ont déjà «une forte présomption de location».

Selon lui, la présence de L’Ouvrage à proximité du CECI en plein centre-ville aura un impact important. «Ça va devenir un épicentre touristique», prévoit-il.

Avec Brigitte Trahan – Le Nouvelliste

Pourquoi les supermarchés désertent le Kenya

septembre 11, 2020
Un supermarché Shoprite à Kinshasa (photo d'illustration)

Après seulement deux ans de présence sur le marché kényan, Shoprite jette l’éponge. Un retrait qui suit ceux de Choppies et TFG, et la faillite du géant Nakumatt.

« Le Kenya a continué à afficher cette année des performances en deçà des exigences », constate le groupe sud-africain dans son rapport financier de 2020. Conséquence, la chaîne prévoit « de fermer ou de céder l’année prochaine [ses] deux magasins encore ouverts dans le pays ».

C’est en 2018 que Shoprite fait ses premiers pas sur le marché kényan, espérant profiter de l’échec des deux chaînes de supermarchés leaders dans le pays. Son directeur général, Pieter Engelbrecht, avait à l’époque confié à Reuters que la désorganisation totale du secteur  « en désorganisation  totale » lui permettait de pénétrer le marché à moindre coût :  « Nous pouvons assurer sept implantations en nous acquittant seulement du prix convenu pour le loyer », expliquait-il.

En décembre 2018, le groupe ouvre donc ses quatre premiers magasins. Mais en avril et mai, il commence à réduire la voilure, fermant deux de ses magasins et licenciant le personnel, et le sort de ses deux derniers supermarchés est désormais tranché.

Restrictions sanitaires

L’échec de Shoprite suit le retrait, en 2019, de Choppies, une chaîne du Botswana qui s’était implantée au Kenya en acquérant une participation majoritaire d’un groupe local en 2016. En avril 2019, le départ de la chaîne a été suspendu en raison d’un désaccord avec le fisc kényan.

Et en janvier dernier, la chaîne kényane Nakumatt a été placée en liquidation judiciaire, vaincue par une dette de 38 milliards de shillings kényans (337 millions d’euros). En juin, c’est la chaîne de prêt-à-porter The Foschini Group (TFG) qui a annoncé son retrait du Kenya en raison des loyers élevés en dollars. Ses dirigeants pointaient également l’importance des taxes d’importation, estimant que l’ensemble rend le marché kényan « absolument pas viable ».

La pandémie s’est ajoutée à ce contexte déjà difficile. Dans son rapport de semestriel sur le Kenya, le consultant immobilier Knight-Frank note une chute importante de la fréquentation des centres commerciaux en raison des restrictions sanitaires et du changement de comportement des consommateurs engendré par la pandémie de Covid-19.

Selon Google Mobility Reports, précise l’étude, qui se base sur le bornage des téléphones portables des clients (« pings »), les magasins et centres de loisirs kényans ont enregistré environ 46 % de chute de fréquentation en avril. Le rythme de cette baisse vertigineuse s’est ralenti en juin passant à – 35%.

Le rapport de Knight Frank relève également une baisse des loyers, mais celle-ci devrait s’avérer insuffisante pour sauver le secteur à court terme. Les groupes qui survivent sur ce marché adoptent de nouvelles stratégies pour survivre à la crise sanitaire, en s’installant en centre-ville et en étoffant leur offre d’e-commerce.

Naivas tire son épingle du jeu

Le secteur attire malgré tout l’attention des fonds de private equity. En février, un consortium de différents acteurs, parmi lesquels la Société financière internationale (IFC) de la Banque mondiale, le fonds souverain allemand DEG et le fonds mauricien MCB Equity Fund ont acheté une part minoritaire dans le leader de grande distribution kényane, Naivas.

L’opération a valorisé le groupe à 20 milliards de schillings (92,6 millions d’euros) plus du double de ce qu’il avait atteint en 2013 lors des négociations avec le sud-africain Massmart, détenu par Walmart. À la place, le groupe basé à Johannesburg a préféré opter pour un investissement direct dans le pays et connaît une expansion mesurée depuis. En août 2020, Massmart a ouvert un magasin de sa chaîne de bricolage dans le même centre commercial que Shoprite quittait en avril.

De 2015 à 2019, le secteur du commerce, de l’hôtellerie et restauration représentait environ 2 millions d’emplois, selon des statistiques gouvernementales. Mais la sortie successive des enseignes de grande distribution sud-africaine, qui disposaient d’une présence limitée mais croissante au Kenya, et les réductions de personnel par les acteurs survivants du secteur risquent fort d’aggraver la situation sur le marché du travail kényan. Selon les statistiques gouvernementales publiés en août, le pays a perdu près d’1,7 million d’emplois entre mars et juin 2020, entraînant le doublement du taux de chômage, passé de 5,2 à 10,4 %.

Avec Jeune Afrique par Morris Kiruga

CFA-Eco : la monnaie unique de la Cedeao « différée à une date ultérieure »

septembre 8, 2020

Les chefs d’État et de gouvernement ont acté l’impossibilité de lancer d’ici la fin de l’année la nouvelle monnaie régionale.

Il ne restait plus que quatre mois pour lancer la monnaie unique de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), comme l’évoquaient régulièrement les textes depuis 2015. Un délai bien court alors qu’il restait encore à créer la banque centrale fédérale, à préciser le régime de change de la nouvelle monnaie, sans compter les nécessaires démarches administratives et informatiques liées à un changement de devise et la fabrication des pièces et billets…

Réunis le 7 septembre à Niamey, les chefs d’État et de gouvernement de la région ont donc acté le report – inéluctable – de la mesure.

Ils ont ainsi décidé de « différer, à une date ultérieure, le lancement de la monnaie unique » et ont évoqué l’élaboration d’une « nouvelle feuille de route », sans pour l’instant déterminer de nouveau calendrier.

La hache de guerre avec l’Umoa enterrée ?

Si le premier trimestre 2020 a été marqué par l’apparition de tensions entre pays de la zone franc et ZMAO, et notamment par une sourde rivalité entre Abuja et Abidjan, c’est le non respect des critères de convergence et l’impact économique du Covid-19 qui sont mis en avant pour justifier ce report.

La réunion, qui a d’ailleurs vu se succéder des discours du président ivoirien Alassane Dramane Ouattara – pour l’Umoa – et du ministre sierra-léonais des Affaires étrangères – côté ZMAO – a d’ailleurs « pris acte des transformations importantes réalisées dans la zone monétaire Umoa », mais précise que cette réforme « s’inscrit dans le cadre des actions à réaliser pour transformer le  F CFA, tout autant que les autres monnaies, en Eco, conformément à la feuille de route révisée de la Cedeao ».

Si aucune indication n’est donnée pour la mise en place de cette future monnaie, qui se fera de manière « graduelle », comme le stipulaient déjà les textes précédents, il est à noter que la Cedeao exempte ses membres du respect des critères de convergence macroéconomique en 2020.

Avec Jeune Afrique par Nelly Fualdes