Archive for the ‘Économie’ Category

Congo: Félicité par Sassou pour ses compétences, le ministre Ngobo attaqué mystiquement par d’autres ministres

janvier 27, 2023

Les inutiles qui peuplent le gouvernement ne supportent par les prouesses du ministre de l’agriculture Paul Valentin Ngobo avec ses ZAP et villages agricoles tant appréciés par le chef de la république. Ce ministre serait victime des attaques mystiques de certains de ses collègues dans le seul but de le faire taire. A plusieurs reprises en privé, Denis Sassou Nguesso n’arrête de vanter les mérites de son ministre de l’agriculture. Enfin, un qui est en symbiose avec son autosuffisance alimentaire.

Paul Valentin Ngobo, ministre de l’agriculture qui est venu exposer l’incompétence de ses prédécesseurs est depuis victimes des attaques mystiques des francs-maçons du gouvernement. Sa feuille de route qui consiste à booster l’agriculture locale avec la création des Zones agricoles protégées ne plaît pas aux laxistes et dormeurs du gouvernement.

A défaut de convaincre le chef de l’État de l’éjecter du gouvernement, ces sorciers au sein du gouvernement seraient entrain de vouloir éliminer Paul Valentin Ngobo à travers la sorcellerie qui est l’unique domaine dont ils sont la parfaite maîtrise.

Très croyant avec une confiance aveugle en Dieu, Paul Valentin Ngobo est protégé par le sang de Jésus Christ et ses ennemis vont d’échec en échec. Entre temps, des villages agricoles apparaissent un peu partout sur toute l’étendue du territoire. Le ministre tient à voir le Congo pouvoir se nourrir avec des produits locaux. Un rêve que les incompétents du gouvernement n’ont pu réaliser, d’où leur haine.

Paul Valentin NGOBO, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche au Congo : « Les zones agricoles protégées accélèrent la croissance de la production alimentaire »

La République du Congo dépense chaque année entre 500 et 700 milliards de Fcfa pour l’importation des produits alimentaires, preuve tangible de la faible productivité intérieure due au faible niveau d’agro-industrialisation du pays. Le projet d’instauration des zones agricoles protégées dans les douze départements du Congo commence à produire les résultats escomptés. D’où l’intérêt du Club Afrique Développement qui a axé sa mission multisectorielle sur les opportunités du secteur de l’agro-industrie de la République du Congo, consignée parmi les six (6) piliers du Plan national de développement 2022-2026. Dans ce numéro de décryptage, Paul Valentin NGOBO, ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche décline les grandes lignes de la politique de « développement de l’agriculture au sens large », du gouvernement congolais.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

En Afrique du Sud, Ramaphosa sous haute tension

janvier 25, 2023

Après une année 2022 catastrophique marquée par plus de 200 jours de délestages, les coupures de courant se poursuivent et fragilisent le chef de l’État. Au point qu’il a dû annuler son voyage à Davos.

Cyril Ramaphosa, le président sud-africain, ici à Londres, le 24 novembre 2022. © Justin Tallis/AFP

Les Sud-Africains ne voient pas la lumière au bout du tunnel. Ils ont traversé une sombre année 2022, marquée par plus de 200 jours de coupures de courant. Et ce record pourrait être battu en 2023. Eskom, l’entreprise publique d’électricité, parle pudiquement de « délestages », autrement dit : une interruption localisée et temporaire de la distribution électrique pour protéger le réseau quand la demande excède la production. Après des années de mauvaise gestion, de corruption, de sabotages et de décisions politiques inadéquates, Eskom se révèle tout bonnement incapable de produire de l’électricité de manière continue.

Ce qui était exceptionnel – être privé d’électricité dix heures par jour – est devenu la norme. Effarés par cette déliquescence, les Sud-Africains commencent à se mobiliser pour montrer à Cyril Ramaphosa, leur président, de quel bois ils se chauffent. De violentes manifestations ont éclaté dans plusieurs townships. Ailleurs, des organisations de la société civile battent le pavé pour relayer le ras-le-bol de la population. Ce fut le cas, le 20 janvier, à Pretoria. Une autre marche est prévue, le 2 février, à Midrand (au nord de Johannesbourg), devant les locaux d’Eskom.

L’opposition devrait rassembler les plus gros cortèges. Ce 25 janvier, l’Alliance démocratique (DA) invite « tous les Sud-Africains à faire entendre leur colère contre la destruction, par l’ANC, de [leurs] infrastructures énergétiques et de [leur] économie. » Nombreux sont ceux qui ont rejoint la marche qui est en cours devant Luthuli House, le quartier général du parti, à Johannesburg, que la DA décrit comme « une scène de crime. »

Chasse à l’homme

Pour l’Alliance démocratique, le coupable, c’est l’ANC. Pour l’ANC, le responsable, c’est la direction d’Eskom. Et pour Eskom, l’ennemi, c’est le crime organisé, qui sabote et pille ses infrastructures. Les suspects sont très nombreux, aussi les accusations fusent dans tous les sens. L’hebdomadaire Mail&Guardian a publié une galerie de portraits sous la forme d’un avis de recherche, titré : « Les assassins d’Eskom. » Parmi les 24 personnalités citées, figurent les trois derniers chefs de l’État, des ministres, d’anciens dirigeants d’Eskom et les frères Gupta – une fratrie d’hommes d’affaires indiens accusée d’avoir pris le contrôle d’Eskom avec la bénédiction de l’ancien président, Jacob Zuma.

Les 24 personnalités composent une photo de famille : celle de l’ANC depuis vingt ans. « Cette crise est un match de foot qui se joue au sein de l’ANC, où chacun se renvoie la balle », dénonce Narend Singh, chef des parlementaires de l’Inkatha Freedom Party (IFP), quatrième force politique du pays. Ses partisans manifesteront le 3 février à Durban, dans le KwaZulu-Natal, fief de l’IFP. Dans cette province riche en électeurs, le parti zoulou est un concurrent direct de l’ANC. Lors des scrutins locaux, en 2021, l’IFP y a progressé de 5 points, recueillant 24,29% des voix, contre 41,40% à l’ANC.

NON SEULEMENT VOUS DÉTRUISEZ L’ÉCONOMIE, MAIS VOUS METTEZ LA PRESSION SUR LES CONSOMMATEURS

En plus d’un front social, un front judiciaire s’est ouvert contre le gouvernement.  Avec une coalition de petits partis et de syndicats, l’Alliance démocratique attaque en justice la décision, prise par une autorité de régulation, d’augmenter le prix de l’électricité de plus de 18% pour l’exercice 2023-2024. « Non seulement vous détruisez l’économie, mais vous mettez la pression sur le consommateur, dont la facture a doublé en quatre ans, et ce pour un service défaillant », tonne Mmusi Maimane, leader du parti Build One South Africa (BOSA).

Depuis cette annonce, Cyril Ramaphosa appelle également Eskom à ne pas appliquer la hausse des tarifs. Sentant le vent tourner, il joue la carte du président du peuple. Il a ainsi annulé sa participation au Forum économique mondial de Davos pour se consacrer à la gestion de cette crise. L’annonce de son désistement a fait grand bruit, et à dessein. Le chef de l’État n’en est pas à sa première annulation. En septembre 2022, il avait renoncé à se rendre de Londres à New York, où il devait participer à la session de l’Assemblée générale des Nations unies, et était rentré au pays sitôt après les obsèques de la reine Elizabeth II. En 2019, il avait écourté une visite en Égypte pour voler au secours du réseau électrique sud-africain.

Ces changements de programme n’impressionnent nullement l’opposition. « Le président a montré son incapacité à s’attaquer à nos problèmes et à les résoudre. Il ne faut donc voir dans l’annulation de son voyage à Davos qu’un coup de communication », tacle Mmusi Maimane. Le chef de l’État a mis ces jours à profit pour consulter tous azimuts des experts et des responsables politiques. « Des réunions au cours desquelles il présente de grands plans stratégiques qui n’aboutissent jamais », fustige Ghaleb Cachalia, un parlementaire DA chargé des questions liées aux entreprises publiques.

Plans d’urgence

S’adresser à la nation ? Déjà fait. Pas plus tard qu’en juillet 2022, lors d’une énième série de délestages. Le président avait alors dévoilé un plan d’action censé sauver Eskom. Les mesures d’urgence prévoient une hausse du budget de maintenance pour réparer des centrales vieillissantes, le recrutement de personnels compétents, des achats d’électricité à des opérateurs privés et à des pays voisins, ou encore l’accélération des projets en matière d’énergies renouvelables. « Nous n’avons pas besoin de nouveaux plans », a commenté Cyril Ramaphosa, le 21 janvier, à l’issue d’une réunion du Comité national de la crise énergétique. « Le plan d’action énergétique trace clairement la voie d’une sortie de crise », assure-t-il.

En quinze années de délestages, les Sud-Africains ont appris à se méfier de l’optimisme présidentiel. En 2015, qui a dit : « D’ici à 18 mois ou deux ans, vous oublierez que nous avons eu des problèmes avec Eskom et l’électricité » ? Cyril Ramaphosa quand il était vice-président ! La citation fait régulièrement le tour des réseaux sociaux. Selon Eskom, il faudra au moins deux ans pour rétablir des capacités de production suffisantes. Et, en attendant, les délestages continueront…

NOUS PENSIONS ÊTRE LES ÉTATS-UNIS. NOUS NE SOMMES QU’UN PAYS DU TIERS MONDE

Les Sud-Africains vivent la crise énergétique comme un déclassement indigne de leur économie, pourtant la plus développée du continent. « Nous pensions être les États-Unis ; nous ne sommes qu’un pays du Tiers monde », avait résumé un agent de sécurité rencontré lors d’un reportage dans une entreprise de métallurgie. Un journaliste s’est même amusé à demander à la plateforme ChatGPT de réécrire les paroles de l’hymne national en y incluant une allusion aux délestages. L’intelligence artificielle a créé un couplet plutôt optimiste : « Nous ne sommes pas dans le noir, nous pouvons encore espérer / Le courant reviendra, il suffit de patienter / Nous serons capable de cuisiner et de regarder la TV. » Ce nouvel hymne pourrait faire vibrer le public d’un stade. Encore faudrait-il que ses lumières ne soit pas coupées…

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson – à Johannesburg

Canada-Québec: Retour des infirmières d’agence à 100 $ l’heure

janvier 24, 2023

Depuis le début de l’année, de nombreux propriétaires de centres d’hébergement pour aînés doivent composer avec des hausses tarifaires de 30 % à 40 % de la part des agences de placement de personnel infirmier. Toutefois, selon ces agences, ces hausses s’imposaient en raison de l’inflation.

Une personne âgée se déplace avec une marchette dans le corridor d'une résidence privée pour aînés.

Une personne âgée se déplace avec une marchette dans le corridor d’une résidence privée pour aînés. Photo : Radio-Canada/Josée Ducharme

Au début du mois de janvier, l’équipe de gestion du Groupe Santé Arbec a sursauté lorsqu’elle a reçu de nouvelles grilles tarifaires des agences de placement d’infirmières.

On a eu plusieurs agences qui ont fait des tentatives pour hausser les tarifs horaires de façon assez exagérée, explique le président directeur général du Groupe, Paul Arbec.

Une agence est par exemple passée de 72 $ à 95 $ l’heure pour du personnel infirmier, précise-t-il, soit une hausse de plus de 30 %.

Le Groupe Santé Arbec gère plus d’une quinzaine de milieux d’hébergement, dont des CHSLD privés non conventionnés sous contrat avec le gouvernement.

M. Arbec, qui est aussi porte-parole de l’Association des établissements de longue durée privés du Québec (AELDPQ), constate que plusieurs membres de l’Association reçoivent des augmentations de 35 %, 40 %.

Jusqu’à maintenant, le plus élevé qu’on a vu pour du temps simple, c’est 107 $ […] pour une infirmière qui, en temps normal, nous coûterait 50 $ de l’heure, dit le président de l’AELDPQ.

Un homme dans son bureau.

Paul Arbec, président-directeur général du Groupe Santé Arbec Photo : Radio-Canada

Au début de la pandémie, des agences avaient facturé jusqu’à 150 $ l’heure.

Un arrêté ministériel de 2021, échu le 31 décembre dernier, avait plafonné le tarif horaire à près de 72 $, tant au public qu’au privé.

Le PDG du Groupe Santé Arbec, tout comme le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), espère une intervention rapide de Québec.

On pourrait dire que c’est le free for all, c’est vraiment du n’importe quoi au niveau des agences, affirme Marc Fortin, du RQRA. Il va vraiment falloir que le gouvernement [s’occupe de régler] cette question-là, dit-il.

Selon le dernier rapport sur l’effectif infirmier 2021-2022 de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), plus de 3,2 % du personnel infirmier, soit 2400 personnes, exerçait cette profession principalement auprès d’agences de placement ou de soins privés en mars dernier.

Cependant, pour le représentant des agences privées de placement, des ajustements tarifaires s’imposaient.

De façon générale, les prix ont été plafonnés par le gouvernement lors des deux dernières années en utilisant des données datant de 2018, alors que la planète entière traversait la pire crise inflationniste des dernières décennies, explique Patrice Lapointe, de l’Association des entreprises privées de personnel soignant du Québec (EPPSQ). Il est donc possible que certains ajustements tarifaires puissent avoir été nécessaires dans certains cas.

Des contrats octroyés sans appel d’offres par le réseau public durant la pandémie ont également eu un impact sur les salaires versés aux infirmières d’agence, selon l’EPPSQ. M. Lapointe espère une rencontre avec le gouvernement.

Abolir Recrutement Santé Québec

La pénurie d’infirmières dans le réseau de la santé et de l’hébergement privé pour aînés s’est accentuée depuis la pandémie.

Radio-Canada dévoilait la semaine dernière que les établissements publics avaient mandaté Recrutement Santé Québec (RSQ) afin de recruter plus de 3300 infirmières à l’étranger. RSQ est le service de recrutement officiel du ministère de la Santé à l’extérieur du Canada.

Au RQRA, on suggère une transformation de RSQ.

On a demandé au gouvernement d’abolir RSQ pour créer un organisme à but non lucratif qui s’occuperait des besoins [de recrutement dans le secteur] de la santé, que ce soit au public, au privé ou au communautaire, lance Marc Fortin, du RQRA.

Un homme dans son bureau.

Marc Fortin, président-directeur général, Regroupement québécois des résidences pour aînés Photo: Radio-Canada

Pour le moment, il n’y a pas d’ouverture, mais c’est quelque chose qu’on devrait regarder parce qu’on est tous interreliés dans un écosystème, soutient M. Fortin.

Entre-temps, l’association qu’il représente a recours depuis l’an dernier à des intermédiaires pour recruter du personnel à l’étranger.

On travaille avec des entreprises privées […] qui recrutent pour des entreprises comme St-Hubert et Olymel, où on essaie d’avoir une économie d’échelle, précise M. Fortin.

Les bureaux du ministère de l’Immigration dans des pays francophones sont également utilisés

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

Crise dans les urgences : manque-t-il d’infirmières partout dans le monde?

janvier 22, 2023
Des infirmiers sont dans le couloir d'un hôpital.

Pour palier le manque de personnel, les gestionnaires des hôpitaux utilisent régulièrement le temps supplémentaire obligatoire, imposant des quarts parfois très longs aux employés. Photo : Radio-Canada/Evan Mitsui

« Il manque d’infirmières partout dans le monde », a déclaré le premier ministre du Québec, François Legault, mercredi dernier, alors que son gouvernement devait répondre, une fois de plus, à la question du manque de personnel dans les hôpitaux de la province. Mais est-ce vraiment le cas? Et si oui, existe-t-il des solutions à cette pénurie?

Il manque effectivement d’infirmières dans les autres provinces et territoires du Canada, et dans plusieurs pays d’Europe qui, contrairement à certains systèmes comme celui exclusivement privé des États-Unis, peuvent être comparables au Québec en ce sens qu’ils gèrent également des réseaux de santé publics.

Selon Pascal Garel, de la Fédération européenne des hôpitaux qui représente les réseaux d’une trentaine de pays, c’est un problème partout, que ce soit en Grèce, où on a une infirmière pour un médecin, ou en Irlande, où on a cinq infirmières pour un médecin.

La situation est assez proche chez vous et chez nous, en Europe. On a un vieillissement de la population [et] on a reçu la triple claque cet hiver – la pandémie, la grippe et la bronchiolite – qui a touché nos enfants. Ça a fait exploser la situation dans certains pays.

Et là aussi, en plus de l’augmentation de la clientèle, les conditions de travail liées à la surcharge poussent de nombreuses infirmières à quitter le réseau de la santé et à changer de carrière. Il y a une pression insupportable et encore plus quand on a vécu la COVID. On a beaucoup donné et on a le sentiment de ne rien voir venir en termes de salaire et de conditions de travail, explique Pascal Garel, en entrevue à l’émission Les faits d’abord, sur les ondes d’ICI Première.

Mais alors, quand François Legault dit qu’on va essayer avec l’immigration et la requalification, est-ce une solution réaliste pour renflouer les rangs des infirmières du Québec?

Non, parce que tout le monde joue à la même chose, lance sans hésitation Sylvain Brousseau, président de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada.

« Toutes les provinces canadiennes essayent d’aller piocher des infirmières chez leurs voisins et, au niveau international, tous les pays riches essayent d’aller piocher des infirmières dans les pays où les conditions sont moins bonnes. »— Une citation de  Sylvain Brousseau, président de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada

On a essayé [en Europe] et ça n’a pas marché, ajoute Pascal Garel, qui souligne d’ailleurs que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande des pratiques éthiques en matière de recrutement international pour éviter de piller les professionnels se trouvant dans des pays pauvres, qui ont déjà besoin de ce personnel médical.

Le nerf de la guerre : les conditions de travail

Sylvain Brousseau compare le problème à une baignoire qui fuit : il faut arrêter de tenter d’y remettre de l’eau, mais plutôt s’attaquer à pourquoi elle fuit.

D’ailleurs, comment se fait-il qu’on parle de pénurie d’infirmières au Québec, alors que 80 000 membres sont inscrits à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), soit un nombre environ 10 % plus élevé que dans les dernières années?

Quand on parle de la pénurie d’infirmières, on parle de pénurie dans un secteur en particulier, répond Damien Contandriopoulos, professeur en soins infirmiers à l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique. Ce n’est pas que les infirmières ont disparu, c’est que les infirmières, comme professionnelles assez qualifiées, sont capables de choisir les milieux de travail qui sont les moins pires.

« Et en ce moment, le milieu qui est le pire, c’est le milieu hospitalier. […] C’est une pénurie concentrée. Ce n’est pas que les infirmières ne sont pas là, c’est que les infirmières ont la possibilité d’aller travailler dans des milieux qui ne les rendent pas folles ni malades. »— Une citation de  Damien Contandriopoulos, professeur en soins infirmiers à l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique

Ces infirmières vont donc dans les agences privées ou dans toutes sortes de secteurs dans la santé ou la parasanté avec de meilleures conditions de travail.

Et c’est là, selon les trois intervenants, le nerf de la guerre : les conditions de travail, dont le temps supplémentaire obligatoire (TSO).

Lorsqu’on travaille dans un milieu où on perçoit constamment de la toxicité, de la violence, du racisme, ce n’est pas tenable, lance Sylvain Brousseau. Lorsqu’on demande constamment à une infirmière de rester 22, 23, 24 heures, ce n’est pas tenable. Et il en va de la qualité des soins : lorsqu’elles terminent leur quart de travail, elles se remettent en question parce qu’elles sont constamment sous pression. Ce n’est pas tenable.

C’est un problème de gestion catastrophique, généralisé et autorenforçant, précise Damien Contandriopoulos. Quand on est un hôpital avec des conditions de travail pourries, c’est un petit milieu, tout le monde le sait. Donc, les infirmières ne veulent pas y aller et le problème fait juste se renforcer.

« Il faut que les employeurs dans les hôpitaux deviennent des employeurs de choix. Ça veut dire des salaires compétitifs, des conditions de travail décentes et que les gens puissent exercer complètement leurs compétences. Ce qui n’est pas le cas présentement. »— Une citation de  Sylvain Brousseau, président de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada

Le plus décourageant selon Damien Contandriopoulos? Je commente ce sujet-là depuis 15 ans maintenant et rien ne bouge. […] Les pistes d’action qui sont mises de l’avant par le gouvernement sont généralement unidirectionnelles – c’est juste de l’argent – et trop timides.

Il y a une panoplie de solutions qui existent depuis très longtemps, on les mentionne depuis une quinzaine d’années, ajoute Sylvain Brousseau, qui suggère aux provinces canadiennes de consulter le document préparé par la Fédération canadienne des syndicats infirmiers en 2022, Soutenir les soins infirmiers au Canada.

Avec Radio-Canada par Anaïs Brasier

Congo-Entrepreneuriat : Lyse Emilia Batantou lance la marque Mâma Lhyia

janvier 20, 2023

« Mâma Lhyia » est la toute première marque de sauce tomate made in Congo, fabriquée par la jeune entrepreneure Lyse Emilia Batantou, titulaire d’une licence en sciences et technologies alimentaires, des masters en commerce agroalimentaire et en gestion en audit et conseil. La marque de sauce tomate est le fruit de ses huit ans d’expérience passées dans les entreprises alimentaires en France, en qualité de responsable de commande, livraison et stockage.

Lyse Emilia Batantou

Lyse Emilia Batantou a lancé sur le marché congolais, depuis décembre dernier à Madingou, la marque de sauce tomate « Mama Lhyia« .  Elle entend élargir, jusqu’à la fin du mois février, la chaîne de distribution de son produit à travers les deux principales villes congolaises, Brazzaville et Pointe-Noire, tout en ayant un maximum de commandes et de points de vente pour permettre à la population d’acquérir très facilement ce produit.

Deux approches distinctes sont à l’origine de la création de la marque de sauce tomate « Mâma Lhyia » dont son observation du marché congolais inondé de tomates en boîte concentrée provenant de l’étranger et son désir ardent d’offrir aux Congolais une sauce tomate purement nationale, de bonne qualité, naturelle et nutritionnellement sans pesticides et sans engrains chimiques.  « Mâma Lhyia » est une marque pour les personnes qui veulent un produit bio et surtout un produit qui répond à leur demande par rapport aux impératifs de la société, un produit qui peut être utilisé en un temps record, a indiqué la promotrice.

« L’idée est venue d’une observation lors de mes voyages entre la France et le Congo. A chaque fois que je parcourais les différents marchés de Brazzaville, trois faits se présentaient, à savoir la tomate fraîche, la tomate déconcentrée qui était vendue entre 100 et 150F CFA et la boîte de tomate pelée, mais il manquait une sauce tomate congolaise et j’ai saisi l’occasion pour faire le lien. L’histoire de « Mâma Lhyia » part aussi de ce souvenir d’enfance au sein de la famille avec les plats en sauce tomate de maman. Au départ, je n’étais pas fan des plats en sauce tomate, mais un jour, ma maman m’a fait découvrir la tomate transformée que j’ai aimée et depuis, j’adore reproduire ce que faisait maman », a expliqué  Lyse Emilia batantou. 

Face aux impératifs du marché, avec sa marque de sauce tomate « Mâma Lhyia », Lyse Emilia Batantou s’est fixée pour crédo le respect des normes sanitaires et la valorisation des produits des terroirs congolais car, dit-elle, les Congolais consomment par snobisme pensant que seuls les produits venus de l’extérieur sont de bonne qualité et tout ce qui est fait sur place est dévalué. La jeune entrepreneure entend créer une grande entreprise de production de sauce tomate congolaise, tout en faisant de sa marque de sauce tomate, une marque agroalimentaire qui sera ancrée dans les esprits des Congolais.    

« La particularité de « Mâma Lhyia » est tout simplement son originalité et son authenticité. C’est une sauce artisanale, sans produits chimiques. Quand je parle d’artisanal, cela veut dire que je prends la charge de faire cuire mes tomates pendant quatre heures. Avant la cuisson, je sélectionne tout d’abord les tomates une après une tout en m’assurant que chaque tomate est fraîche. Dès lors que je constate qu’une tomate commence à sentir de la fermentation nectique, qu’elle commence à produire de l’acidité, je la mets de côté. Alors que les industriels ne le font pas, ils ajoutent des additifs, notamment le colorant et le soja pour obtenir cet aspect lourd de la sauce », renchéri Lyse Emilia Batantou.

Avec Adiac-Congo par Cissé Dimi

Coup de frein sur la croissance en Afrique et inflation au plus haut en 2022, selon la BAD

janvier 19, 2023

La croissance en Afrique a connu un ralentissement en 2022 et l’inflation est au plus haut depuis plus d’une décennie, souligne un rapport publié ce 19 janvier par la Banque africaine de développement (BAD), qui insiste toutefois sur la « résilience » des économies du continent.

Marché d’Adjamé, le plus grand d’Abidjan, en juillet 2020. © Issouf SANOGO/AFP

« Après la reprise remarquable en 2021 à la suite du choc du Covid-19, les économies africaines ont connu un ralentissement en 2022 dû à de nombreuses difficultés », indique le rapport de la BAD, citant notamment les impacts du changement climatique, la persistance des risques liés à la pandémie et la guerre en Ukraine.

« La croissance moyenne estimée du produit intérieur brut (PIB) réel a ralenti, passant de 4,8% en 2021 à 3,8% en 2022, et devrait se stabiliser à 4% en 2023–24 », précise la BAD qui salue « la résilience économique des pays africains », malgré les incertitudes mondiales.

L’inflation au plus haut depuis 10 ans

L’institution présidée par Akinwumi Adesina indique également que « l’inflation moyenne des prix à la consommation a augmenté de 0,9 point de pourcentage pour atteindre 13,8% en 2022 contre 12,9% en 2021, soit le niveau le plus élevé depuis plus d’une décennie. »

Selon elle, l’inflation est due « aux répercussions de l’invasion de l’Ukraine par la Russie sur les prix des denrées alimentaires et de l’énergie ainsi qu’à la persistance de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. » La BAD note que « 15 millions de personnes supplémentaires sont tombées dans l’extrême pauvreté en Afrique » à cause de la hausse des prix mondiaux de l’énergie et des produits alimentaires en 2022.

Stimulation du commerce intra-africain

Dans le détail, toutes les régions africaines ont connu une croissance en 2022 : l’Afrique centrale en tête (+4,7%), devant l’Afrique du Nord (+4,3%), l’Afrique de l’Est (+4,2%), l’Afrique de l’Ouest (+3,8%). L’Afrique australe a légèrement décroché avec une croissance de 2,5%.

Le rapport préconise des mesures pour « réduire les déficits budgétaires structurels et l’accumulation de la dette publique », ainsi qu’une « coordination efficace des actions budgétaires et monétaires » et « la stimulation du commerce intra-africain ».

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Les magasins Zellers de retour dans 24 villes au Canada

janvier 18, 2023
La façade d'un magasin Zellers.

Fermés en 2013, les magasins Zellers reverront le jour bientôt sous forme de points de vente dans 25 succursales des magasins La Baie d’Hudson. Photo : The Canadian Press/Ryan Remiorz

Disparus des espaces commerciaux canadiens depuis dix ans, 25 points de vente des magasins Zellers seront bientôt ouverts dans 24 villes au Canada, dont 2 succursales à Ottawa, a annoncé ce matin La Baie d’Hudson qui publiait la liste des emplacements choisis.

Tous ces Zellers seront implantés dans des succursales existantes des magasins La Baie d’Hudson sous la forme d’espaces de vente de 8000 à 10 000 pieds carrés, selon la dimension des succursales, où on retrouvera la marque et le décor des défunts magasins Zellers.

On y offrira notamment des produits de décoration intérieure, des jouets, des vêtements, des articles pour bébés ainsi que pour les animaux de compagnie à bas prix. Le tout présenté dans le rouge et le blanc qui caractérisent Zellers, promet la Baie d’Hudson. On y promet un service utile et efficace.

Le géant du commerce au détail qui mise sur la nostalgie des consommateurs qui ont connu et aimé la marque Zellers pendant plus de 80 ans renforcera l’expérience en la rendant disponible partout au pays par le biais d’une plateforme de commerce en ligne (Zellers.ca).

Une section de magasin avec des draps, des serviettes et une affiche Zellers.

Une section Zellers aménagée dans la succursale de La Baie d’Hudson de Burlington, en Ontario. Photo : Radio-Canada/Philippe De Montigny

Pour la toute première fois, les Canadiens d’un océan à l’autre pourront magasiner en ligne et au bout des doigts tout l’inventaire de Zellers, souligne la compagnie dans un communiqué.

Fondés en 1931, les magasins Zellers ont fait partie du paysage commercial canadien pendant plus de 80 ans avant d’être majoritairement fermés en 2013. La Baie d’Hudson, qui avait racheté Zellers en 1978, avait vendu la majorité des baux de ses magasins Zellers à la chaîne Target en 2011 avant de fermer la plupart des Zellers restants en 2013.

Target, qui n’a pas connu le succès escompté au Canada, y a fermé toutes ses succursales en 2015.

Zellers, qui comptait environ 350 succursales au pays à la fin des années 1990, était la chaîne de magasins au rabais de La Baie. Le détaillant n’avait gardé qu’une poignée de Zellers comme points de vente de liquidation jusqu’en 2020.

Avec Radio-Canada par Stéphane Bordeleau

En Guinée équatoriale, l’un fils du président Obiang arrêté pour corruption présumée

janvier 17, 2023

Ruslan Obiang Nsue, fils du président de Guinée équatoriale, est soupçonné d’avoir vendu un avion de la compagnie aérienne nationale. Il a été arrêté sur ordre de son demi-frère, Teodorín, et placé en résidence surveillée.

Un ATR de la compagnie aérienne nationale, Ceiba Intercontinental, à l’aéroport de Malabo le 3 février 2015. © AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

L’arrestation de Ruslan Obiang Nsue, l’un des fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, est inédite pour un membre de la famille présidentielle de Guinée équatoriale. Soupçonné d’avoir vendu un avion de la compagnie aérienne nationale, il a été appréhendé ce lundi 16 janvier et placé en résidence surveillée, a annoncé mardi la télévision d’État (TVGE).

Fin novembre, les autorités avaient ouvert une enquête « après avoir constaté la disparition de l’appareil ATR 72-500 appartenant à la compagnie nationale », Ceiba Intercontinental, qui se trouvait depuis 2018 en révision de routine en Espagne, explique la TVGE. Selon la même source, Ruslan Obiang Nsue aurait « vendu l’avion ATR à l’entreprise BinterTechnic », spécialisée dans la maintenance aéronautique et basée à Las Palmas, sur l’île espagnole de Grande Canarie.

En décembre dernier, la nouvelle de la disparition de cet avion et sa vente présumée par Ruslan Obiang Nsue avait suscité l’indignation nationale. Ancien secrétaire d’État chargé des Sports et de la Jeunesse, Ruslan Obiang Nsue, actuel directeur de Ceiba Aéroport, a d’abord été directeur adjoint de Ceiba Intercontinental, puis son directeur général.

Mise à disposition de la justice

« Ruslan Obiang a avoué qu’il était la personne qui a vendu l’ATR de Ceiba, je ne vais pas me laisser emporter par le familialisme ou le favoritisme, c’est pourquoi j’ai ordonné son arrestation immédiate et sa mise à disposition de la justice », a indiqué sur Twitter son demi-frère, le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé « Teodorín ».

Teodorin Obiang a lui-même été définitivement condamné par la justice française fin juillet 2021 à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende et à la confiscation de ses biens en France pour s’y être constitué frauduleusement un luxueux patrimoine dans le cadre des affaires de « biens mal acquis ». En juillet 2021, Londres a également gelé ses actifs financiers au Royaume-Uni et l’a interdit de séjour sur son territoire au terme d’enquêtes anti-corruption. Malabo a alors fermé son ambassade dans le pays pour protester contre cette décision.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Consommation : le Congo suspend la vente du riz ‘‘Royal umbrella’’

janvier 14, 2023

Les autorités congolaises ont décidé de suspendre, le 12 janvier, le commerce du riz de marque ‘‘Royal umbrella’’, suite à des images relayées sur les réseaux sociaux mettant en cause la qualité du produit. Ce riz parfumé est soupçonné impropre à la consommation.     

Des enquêtes sont en cours, certainement en laboratoire, pour déterminer le stock incriminé de la marque de riz ‘‘Royal umbrella’’, la provenance du produit et les commerçants véreux, d’après la décision conjointe de la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes commerciales et celle du commerce intérieur.  

« En attendant l’aboutissement des investigations ouvertes par la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes commerciales, la commercialisation du riz de marque ‘‘Royal umbrella’’, importée par la société Regal, est suspendue jusqu’à nouvel ordre, sur l’ensemble du territoire national », précise la décision demandant aux services compétents de renforcer les contrôles dans les marchés.

Les consommateurs congolais sont habitués, depuis quelques années, à ce genre de scandale lié à la vente des produits impropres à la consommation. En octobre 2021, la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes commerciales avait suspendu temporellement la vente du jus Ceres, après la révélation sur la nocivité d’un stock du même produit. Le jus Ceres était soupçonné de contenir un niveau élevé d’une substance appelée patuline.   

La coïncidence avec le récent scandale est que les accusations conduisent vers un même distributeur, la société Regal. Cette entreprise basée à Pointe-Noire est aussi chargée de la distribution du riz parfumé ‘‘Royal umbrella’’, l’objet de la décision de suspension.

Les associations de défense des droits des consommateurs, à l’instar de l’Observatoire congolais des droits des consommateurs, fustigent régulièrement la défaillance des dispositifs des contrôles aux frontières, des douanes, des services du ministère du Commerce.  

Avec Adiac-Congo par Fiacre Kombo

En Égypte, la monnaie nationale dévaluée de près de 50 %

janvier 11, 2023

Après une nouvelle intervention de la Banque centrale, notamment pour répondre aux critères du FMI, la livre égyptienne s’échangeait ce mercredi à la moitié de sa valeur, comparé à celle de mars. Et les dévaluations pourraient continuer, selon certains experts.

Livres égyptiennes. Photo d’illustration. © Khaled Desouki / AFP

La moitié de sa valeur, comparé à celle de mars. C’est ce que représentait la livre égyptienne ce mercredi, après la troisième intervention de la Banque centrale, dictée notamment par un nouveau prêt du Fonds monétaire international (FMI). Cette nouvelle dévaluation – à 31,95 livres (1,076 euro) pour un dollar le matin avant de remonter en début d’après-midi à 29,8 livres pour un dollar – affecte encore un peu plus les 104 millions d’Égyptiens, dans un pays où la majorité des biens sont importés.

L’inflation atteint 21,9 %, et, en décembre, les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 37,9 % sur un an, selon les statistiques officielles. La dévaluation pourrait encore continuer, selon des experts, car au marché noir la livre s’échange aux alentours de 35 pour un dollar.

L’État pris à la gorge

L’Égypte subit aussi de plein fouet les effets de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, dans la mesure où elle est le premier importateur de blé du globe, dont les deux grands producteurs du monde sont Kiev et Moscou. Elle doit désormais se fournir auprès d’autres pays à des prix qui ont soudainement flambé.

Pris à la gorge, le pays n’a plus que 34 milliards de dollars (près de 31,7 milliards d’euros) de réserve, contre 41 en février – dont 28 sous forme de dépôts des alliés du Golfe – et sa dette extérieure a plus que triplé en dix ans, à 150 milliards d’euros. Selon l’agence Moody’s, l’Égypte est l’un des cinq pays du monde le plus exposé au risque de défaut de paiement de sa dette extérieure.

Le Caire a obtenu un nouveau prêt du FMI en décembre, mais les trois milliards de dollars qui lui ont déjà été versés sur près de quatre ans pèsent peu : le seul service de la dette pour 2022-2023 s’élève à 42 milliards. Surtout, le FMI a dit réclamer « un changement définitif vers un régime de taux de change flottant » et une « politique monétaire visant à réduire graduellement l’inflation ».

L’Égypte doit aussi mener des « réformes structurelles dans de nombreux domaines pour réduire l’empreinte de l’État » dans une économie encore dominée par les entreprises publiques ou liées à l’armée, dont est issu le président Abdel Fattah al-Sissi, a plaidé l’organisation internationale.

Tourisme en berne et rationnement

Le tourisme, autre grand pourvoyeur de devises du pays, est en berne depuis la « révolution » de 2011 qui a renversé Hosni Moubarak. Alors que ce secteur – 10% du PIB et deux millions d’emplois – commençait à se relever en 2019, la pandémie de Covid-19 l’a de nouveau frappé. Reste le gaz naturel, dont un énorme gisement offshore a été découvert en 2015 dans les eaux égyptiennes : potentiellement 850 milliards de mètres cubes sur un secteur de 100 kilomètres carrés.

Mais en attendant ses retombées, avec une monnaie locale aussi faible face au dollar, de nombreux importateurs ont cessé de faire venir des biens et les étals des magasins et des centres commerciaux rutilants qui ont fleuri dans les nouveaux quartiers chics du Caire s’en ressentent. Certaines franchises internationales ont ainsi proposé tout l’été les collections d’habillement de l’automne-hiver précédent, tandis que de nombreuses pièces électriques ou appareils électroniques ne sont tout simplement plus disponibles dans le pays.

SELON LE GOUVERNEMENT, PLUSIEURS MILLIARDS DE DOLLARS DE BIENS, NOTAMMENT ALIMENTAIRES, SONT ACTUELLEMENT BLOQUÉS DANS LES PORTS DU PAYS

Pour les importateurs qui ont malgré tout passé commande, les dollars font défaut alors que les retraits sont de plus en plus contrôlés, et, selon le gouvernement, plusieurs milliards de dollars de biens, notamment alimentaires, sont actuellement bloqués dans les ports d’Égypte. Les supermarchés pratiquent désormais le rationnement, tandis que les restaurants ont drastiquement réduit leurs portions pour tenter de ne pas toucher aux prix, dans un pays où, officiellement, 30 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et autant tout juste au-dessus.

Par Jeune Afrique avec AFP