Archive for the ‘Économie’ Category

Quand l’Afrique réclame le droit au populisme

septembre 25, 2022

Aux yeux de nombreux pays africains, Chinois et Russes prennent l’ascendant sur les Occidentaux, preuve qu’il est possible de créer de la richesse sans liberté politique. Des modèles à suivre, selon ces pays, notamment pour s’affranchir de la relation avec la France…

Un manifestant et sa pancarte disant « Nous voulons la Russie », à Ouagadougou, Burkina Faso, le 19 février 2022. © Olympia de Maismont/AFP

La mort de Mikhaïl Gorbatchev est venue nous rappeler à quel point le monde et le rapport des forces ont changé ces trente dernières années. Cette figure politique qui a marqué la fin de l’Union soviétique divise plus que jamais.

Certains l’adulent pour avoir marqué une bascule historique, la fin de la guerre froide. D’autres, en Russie, lui reprochent d’avoir fait perdre sa grandeur au pays. Une puissance que cherche à restaurer l’ancien agent du KGB Vladimir Poutine, avec une offre politique qui semble figurer, vue d’Afrique, une alternative au modèle occidental.

Pèlerinage à Moscou

Que le continent cherche une alternative à l’Occident n’a rien de problématique en soi, à condition qu’il cultive sa propre vision et qu’il ait le courage d’admettre et surtout de soigner ses propres fragilités. Polariser l’attention sur l’autre, l’ancien colon européen maintenant en difficulté avec la Russie, mobilise tellement qu’il se trouve des Maliens pour aller en pèlerinage à Moscou ! Et des taxis dans les rues d’Abidjan pour afficher le portrait de Poutine, comme s’il s’agissait de prendre une revanche imaginaire sur l’ancien colonisateur…

De son côté, la France rend à l’Afrique des objets d’art pillés pendant la colonisation, monte une commission paritaire d’historiens – annoncée lors du voyage d’Emmanuel Macron en Algérie –, va certainement en monter d’autres ailleurs, comme si ces gestes pouvaient tenir lieu de reformatage d’une relation France-Afrique que chaque président français prétend « refonder », sans que les fondations ne bougent vraiment.

EST-CE EN EMPILANT LES IMPÉRIALISMES QUE L’AFRIQUE FRANCOPHONE VA S’EN SORTIR ?

La plupart des pays « partenaires », « traditionnels » comme « émergents », organisent sommets et quantité de forums, où les dirigeants africains se rendent la main tendue, offrant, pour certains, un spectacle désolant. Dans ces espaces où rien ne se passe, le Japon critique, comme lors de la dernière Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad), l’endettement des pays africains auprès de la Chine.

Autrement dit, les grands se parlent entre eux, par Africains interposés. Que faut-il en retenir ? Il est possible d’accéder à des financements auprès de bailleurs de fonds prêts à fermer les yeux sur la corruption. Ce sont finalement eux qui décident quoi faire de l’Afrique, alors que les Africains n’ont guère une nette conscience de quoi faire d’eux.

Revanche sur l’Occident

La perception dominante en Afrique francophone est celle-ci : des gens que nous avions cru vaincus, les Russes et les Chinois, sont en train de prendre leur revanche sur l’Occident, de renverser l’ordre établi et l’horizon quasi mystique et indépassable du néolibéralisme.

Leur expérience montre qu’il est possible de créer de la richesse sans liberté politique, dans un contexte d’autoritarisme décomplexé et assumé. Dans la volonté de sortir du face-à-face avec la France, certains sur le continent vont, les bras croisés, vers d’autres dominateurs : les Russes donnent des armes – ce qui permet certes de s’assurer de la conservation du pouvoir –, mais ne fournissent pas le mode d’emploi pour rouvrir les écoles et centres de santé fermés par les jihadistes.

En outre, ceux – les Russes et les Chinois – que nous prenons pour des nouveaux venus étaient déjà sur le continent dans les années 1970, au Mali, au Bénin (au temps de la dictature marxiste de Mathieu Kérékou) et même en Guinée-Conakry. Avons-nous gardé la mémoire de leurs agissements d’alors ? Les mêmes Russes n’avaient-ils pas offert généreusement des chasse-neige à la Guinée, qui s’était tournée vers eux, moins par conviction idéologique que pour rompre l’isolement diplomatique dans lequel elle se trouvait après son indépendance au forceps, en 1958 ?

Est-ce en empilant les impérialismes que l’Afrique francophone va s’en sortir ? Nous le savons, les « partenaires au développement » sont intéressés par les matières premières et par de nouveaux marchés d’écoulement de leurs produits. Que veut l’Europe en Algérie aujourd’hui ? Du gaz ! Et, comme par enchantement, il n’est plus question de considérer le président Abdelmadjid Tebboune comme un problème. Il est désormais absous.

Penchants autoritaires assumés

Une nouvelle idéologie de validation de l’autoritarisme se trouve en construction, sous des formes variées. Les idoles du moment s’appellent Paul Kagame, qui verrouille tout avec un argument sécuritaire et développementaliste, ou encore Patrice Talon, qui va devant le Medef, en France, pour assumer, chose impensable il y a dix ans, la privation de liberté d’expression au Bénin. En substance, il dit avoir privé les gens du droit de grève parce que, dans un pays, il faut travailler. C’est comme s’il disait : « Votre démocratie importée d’Occident n’a rien donné. C’est de la parlotte contre le développement. Maintenant taisez-vous, on fait du développement. » Il rend légitime, dans l’intérêt du néolibéralisme, la mise entre parenthèses de la liberté dans son pays et l’assume.

Les juntes militaires du Burkina Faso, de Guinée et du Mali critiquent l’ancien ordre affidé de la France, qui a exclu les jeunes et n’a pas non plus produit de développement. Prendre les armes, promettre une alternative sans en définir les contours et confisquer le pouvoir tient lieu de projet. Les coups d’État sont fêtés avec empressement dans la rue alors que certains de leurs auteurs, comme le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba au Burkina Faso ou le colonel Mamadi Doumbouya, sont des produits des anciens systèmes. Le premier, homme du sérail de Blaise Compaoré, essaie de le réintroduire dans le pays et tente même, de façon malhabile, de lui éviter les foudres de la justice.

Tout se passe comme si, depuis les élections de Donald Trump ou de Jair Bolsonaro, fascinés également par les styles de leadership du hongrois Viktor Orban et du président turc Recep Tayyip Erdogan, les Africains estimaient avoir désormais droit, eux aussi, au populisme.

Avec Jeune Afrique

Francis Akindès

Par Francis Akindès

Sociologue, professeur à l’université Alassane Ouattara, à Bouaké (Côte d’Ivoire)

Arabie saoudite : quelles sont les dix familles les plus riches du royaume ?

septembre 23, 2022

Poids lourd de la région Maghreb-Moyen Orient, l’Arabie saoudite pèse politiquement et diplomatiquement, mais aussi économiquement. Un poids incarné par de grands groupes et conglomérats familiaux. Jeune Afrique dresse la liste des dix dynasties les plus fortunées.

Lubna Olayan (à g.), ex-PDG du conglomérat Olayan Group, à Riyad, le 23 octobre 2018. © FAYEZ NURELDINE/AFP

Selon le classement Forbes 2022, près de 40 % des 100 familles les plus riches du monde arabe sont d’origine saoudienne. La monarchie wahhabite, qui détient 23 % des réserves pétrolières mondiales, a plus que jamais un rôle économique clé, notamment en Europe, avec la crise énergétique déclenchée par l’offensive russe en Ukraine.

L’Aramco, la compagnie pétrolière nationale, se dispute avec Apple, Microsoft et Amazon le titre de première capitalisation boursière de la planète. Un jour, le royaume présente un projet pharaonique de ville du futur – « The Line », qui réunirait 9 millions d’habitants à l’horizon 2045 sur une ligne droite de 170 km de long ! –, un autre, il se dit prêt à financer l’essentiel des coûts d’une Coupe du monde de football co-organisée avec la Grèce et l’Égypte. Mais au-delà de la famille régnante des Saoud, hormis le célébrissime clan Ben Laden, quelles sont les principales dynasties de l’opulent royaume ? Voici les dix principales, par ordre décroissant de fortune.

1) Famille Olayan – 8 milliards de dollars

Fait chevalier de l’Empire britannique par la défunte reine Elizabeth II, Suliman Olayan a joué un rôle fondamental dans l’économie saoudienne, de la création de son entreprise de transport routier, en 1947, jusqu’à sa mort, en 2002. Le groupe Olayan détient aujourd’hui un portefeuille d’actions dans de nombreuses banques, dont Crédit Suisse et Saudi British Bank.

Après le décès de son père, Khaled Olayan prend la tête du conseil d’administration et sa sœur Lubna Olayan, ancienne banquière chez JP Morgan, dirige le groupe jusqu’en 2019. Avec leur mère et le reste de leur fratrie, la famille Olayan détient une fortune estimée à 8 milliards de dollars, avec des propriétés immobilières dans les quartiers les plus huppés de New York, Londres et Madrid. Les héritiers Olayan ont également investi en France. Hutham Olayan, l’une des filles, possède avec son mari et ses enfants des biens dans le 7e arrondissement de la capitale, non loin du musée Maillol. Lubna Olayan en a quant à elle acheté dans le sud de la France, dans les hauteurs de Super-Cannes.

2) Famille Abu Dawood – 4 milliards de dollars

Originaire de Jeddah, la deuxième ville du pays située au bord de la mer Rouge, Ismaïl Ali Abu Dawood crée en 1935 une entreprise de vente de produits de grande consommation. Plus de quinze ans après le décès de son fondateur, le groupe Abu Dawood, aujourd’hui dirigé par ses fils, est devenu un leader de la distribution au Moyen-Orient, notamment avec les produits de la multinationale américaine Procter & Gamble (Head & Shoulders, Always, Pampers, Gillette…).

En France, les héritiers du groupe Abu Dawood se partagent plusieurs résidences, notamment dans les villages frontaliers de la Suisse, comme Divonne-les-Bains, à quelques kilomètres de Genève. Pour gérer ces nombreuses acquisitions foncières, Anas, Osama, Ayman Abu Dawood et leurs frères et sœurs ont créé plus d’une dizaine de sociétés aux noms de gemmes : Rubis, Topaze, Perle noire, Jade ou encore Cristal. Quant à Anas Abu Dawood, l’un des héritiers siégeant au conseil d’administration du groupe, il a ouvert avec son épouse, Awatif Hamed M Zahran, une entreprise parisienne au nom du monarque valois, Anasim François Ier.

3) Famille Al Ajlan – 2,6 milliards de dollars

Réputée pour la manufacture et la vente de prêt-à-porter masculin, la compagnie Ajlan & Bros a également investi dans l’immobilier en Arabie saoudite et à l’international. Le groupe tient notamment sa renommée de ses coiffes traditionnelles masculines, le yashmagh et la ghutra.

Les quatre frères Al Ajlan ouvrent en 1979 une boutique à Riyad et deviennent au fil des décennies des leaders du prêt-à-porter saoudien, avec de nombreuses usines et plus de 10 000 employés en Chine. Avec une fortune estimée à 2,6 milliards de dollars, les frères Al Ajlan ont effectué des placements dans d’autres secteurs stratégiques, comme l’énergie, l’eau et l’alimentaire au Moyen-Orient.

4) Famille Bugshan – 2,5 milliards de dollars

Khalid Bugshan est plus connu en France pour sa potentielle implication dans l’affaire des financements libyens que pour la vente de pneus, l’activité historique de son groupe. Mis en examen depuis 2015 pour « complicité de corruption », il est soupçonné d’avoir acheté deux tableaux surévalués à l’ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, par le biais d’un avocat malaisien. L’homme d’affaires saoudien a toujours nié, et a déposé en mai 2021 une plainte pour se constituer partie civile. Un autre membre de la famille, son cousin Ahmed Bugshan, fait lui aussi l’objet de poursuites dans le même dossier. De plus, le nom de Khalid Bugshan apparaît dans l’affaire Karachi, concernant des contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan en 1994.

La famille Bugshan possède un conglomérat industriel très varié au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La compagnie, de vente de pneus à l’origine, a été fondée par Abdullah Saïd Bugshan, grand-père de Khalid Bugshan, en 1923. Les dix-sept sociétés du groupe vont de la distribution des produits PepsiCo dans la région aux parfums en passant par les pharmacies et matériaux de construction. Fratrie de neuf enfants, la famille Bugshan est propriétaire d’un important parc immobilier dans l’Hexagone, de la célèbre avenue Foch (16e arrondissement de Paris) aux hauteurs cannoises, prisées par les fortunes saoudiennes. L’hôtel 4 étoiles Croisette Beach, sur la promenade éponyme, est l’une de leurs dernières acquisitions.

5) Famille Al Hokair – 1,8 milliard de dollars

Abdulmohsin Abdulaziz Al Hokair fonde en 1978 le groupe Al Hokair, se spécialisant dans l’hôtellerie et le divertissement, en Arabie saoudite et dans l’ensemble du monde arabe. Aujourd’hui, le groupe possède plus d’une trentaine d’hôtels, de nombreux parcs d’attractions et centres commerciaux.

La fortune de la famille Al Hokair – qui n’a pas de relation avec l’autre milliardaire saoudien Fawaz Al Hokair, impliqué dans la répression anti-corruption opérée par Mohammed Ben Salman en 2017 – est estimée à 1,8 milliard de dollars.

6) Famille d’Ahmed Salem Bugshan – 1,8 milliard de dollars

Cousin de Khalid Bugshan, Ahmed Salem Bugshan est président d’une autre filiale de l’entreprise de pneus Abdullah Bugshan fondée par son grand-père. Le groupe Ahmed Salem Bugshan s’occupe notamment de la mise en bouteille des produits Pepsi et de leur distribution en Arabie saoudite, produit des matériaux de construction, et a investi dans l’exploitation pétrolière au large de la Mauritanie.

Comme son cousin, Ahmed Bugshan est soupçonné de complicité dans l’affaire des financements libyens de la campagne de l’ancien président Nicolas Sarkozy. Ahmed et Khalid Bugshan ont notamment confié pendant un temps la gestion de leurs finances à Wahib Nacer. Cet ancien banquier franco-djiboutien aurait masqué des montages financiers pour Alexandre Djouhri, intime de Claude Guéant.

7) Famille Sharbatly – 1,7 milliard de dollars

Hassan Sharbatly, fondateur de la Riyad Bank dont le groupe est demeuré actionnaire, développe dans les années 1930 l’ancêtre de la compagnie Al Nahla. La holding saoudienne détient un portefeuille d’investissement très varié, dans l’immobilier, mais aussi le secteur automobile ou encore la vente de fruits et légumes dans le Golfe.

8) Famille Al Rashed – 1,6 milliard de dollars

Fondé en 1950, le groupe Al Rashed se consacre à ses débuts aux matériaux de construction, avant de se diversifier dans l’investissement immobilier, les hydrocarbures, mais aussi l’alimentaire, les industries de télécommunications…

La famille Al Rashed, aujourd’hui à la tête d’un conglomérat de vingt-six compagnies, est l’un des plus gros investisseurs privés de la pétro-monarchie. Comme la famille Abu Dawood, l’un des héritiers de Rashed Al Rashed a lui aussi été attiré par la ville thermale de Divonne-les-Bains, à la frontière suisse.

9) Famille Al-Dabbagh – 1,5 milliard de dollars

Établi en 1962 par Abdullah Al-Dabbagh à Jeddah, le groupe a notamment investi dans les secteurs de l’alimentaire, du pétrole, de l’automobile et de l’immobilier.

D’après l’agence de presse Reuters, le PDG et président du groupe Amr Al-Dabbagh fait partie des personnalités saoudiennes assignées à résidence en 2017 par les autorités du pays, dans le cadre de la campagne anti-corruption dirigé par Mohammed Ben Salman. Le prince héritier avait alors ordonné l’arrestation et la détention de deux cents personnes au Ritz-Carlton de Riyad.

10) Famille Jameel – 1,5 milliard de dollars

Fondé en 1945, le groupe familial Abdul Latif Jameel était à l’origine le distributeur de Toyota en Arabie saoudite. Il s’est ensuite développé à l’international et est présent dans plus de 30 pays. Le groupe a investi dans de nombreux domaines, tout en continuant à s’étendre dans celui de l’automobile. La famille Jameel s’est récemment lancée dans les énergies renouvelables.

Avec Jeune Afrique par Jeanne Le Bihan

Funérailles d’Elizabeth II : une facture… royale

septembre 19, 2022

Les obsèques de la reine devraient être beaucoup plus coûteuses que celles de Diana et de la Queen Mum. Une facture à la charge du contribuable britannique.

Avec l'inflation et la magnificence des ceremonies prevues, la somme devrait facilement franchir la barre de 10 millions de livres, soit plus de 11 millions d'euros...
Avec l’inflation et la magnificence des cérémonies prévues, la somme devrait facilement franchir la barre de 10 millions de livres, soit plus de 11 millions d’euros…© JEFF SPICER / POOL / AFP

Les obsèques d’Elizabeth II ne vont pas seulement battre des records d’audience et de prestige : la facture des cérémonies s’annonce d’ores et déjà très salée pour les contribuables, même si le gouvernement n’a donné pour l’instant aucun chiffre officiel. Les experts rappellent que les funérailles de Diana, en 1997, ont coûté environ 3,5 millions de livres, tandis que celles de la Queen Mum, la mère d’Elizabeth, s’élevaient à 5 millions de livres au printemps 2002, rappelle le New York Times. Avec l’inflation et la magnificence des cérémonies prévues, la somme devrait facilement franchir la barre de dix millions de livres, soit plus de 11 millions d’euros, certains évoquant même une facture au-delà des 20 millions…

Il faut dire que les adieux à la reine se sont étalés sur plus d’une semaine en suivant un protocole particulièrement lourd, qui a mobilisé nombre de participants, gardes, régiments, officiels, forces de l’ordre… Les cérémonies se sont multipliées avec une procession dans les rues vers la cathédrale l’Édimbourg, une première exposition du cercueil en Écosse, un retour en corbillard vers Londres avec traversée de la capitale, une deuxième veillée sur cinq jours à Westminster Hall puis des funérailles royales proprement dites, avec 2 000 invités prestigieux comprenant les chefs d’État et le gratin des têtes couronnées du monde… C’est d’ailleurs le poste sécurité qui devrait coûter le plus cher au final : 10 000 agents déployés, dont 2 000 policiers venus d’Écosse et d’Irlande pour renforcer les équipes londoniennes, plus de 1 000 soldats, des drones et des hélicoptères mobilisés ainsi que des unités spéciales antiterroristes, qui travaillent en lien avec le MI5, le service de renseignement en charge de la sécurité intérieure.

Impact sur le PIB

Pour se donner une idée de l’ampleur des coûts, la sécurité des noces de William et Kate en plein Londres en 2011 avait atteint plus de 6 millions de livres, soit plus de 7 millions d’euros, d’où la somme de 10 millions avancée pour la facture des obsèques de la reine, uniquement sur le poste sécuritaire. Mais la facture la plus impressionnante reste sans conteste celle provoquée par la mise en place d’un jour férié ce lundi 19 septembre pour les funérailles d’État. La baisse d’activité des commerces, la fermeture de la Bourse, le ralentissement de l’économie, tout cela en pleine période d’inflation (plus de 10 % au Royaume-Uni), auront un impact négatif sur le PIB, sans doute de 0,2 % sur le mois de septembre, comme ce fut le cas pour le jubilé de platine en juin dernier, selon un expert du cabinet de prévisions Pantheon Macroeconomics cité par Le Monde – des pertes qui se chiffrent en centaines de millions de livres. Les économistes redoutent également un effet négatif sur le moral des ménages qui pourrait impacter la consommation à court terme.

Mais la monarchie britannique a montré qu’elle avait aussi de la ressource et était capable de fortement dynamiser l’économie sur la longueur… Les funérailles royales ont également drainé une foule considérable à Londres, autant de personnes qui se déplacent, se logent et consomment. Les ventes de souvenirs pourraient dépasser les 70 millions d’euros en marge des cérémonies. Et le quotidien Le Monde rappelle que les grands événements royaux ont toujours participé au rayonnement du pays et au business intérieur : les Windsor seraient ainsi à l’origine de 600 millions d’euros de revenus sur les 20 milliards brassés chaque année par le secteur du tourisme… À ce rythme-là, Elizabeth II laisse un bilan comptable remarquable avec plus de 40 milliards générés pendant soixante-dix ans de règne. Cela vaut bien quelques sacrifices…

Avec Le Point par Marc Fourny

Voici pourquoi le dollar canadien est à son plus bas niveau depuis deux ans

septembre 19, 2022
Des pièces de 1 $ sur un drapeau canadien.

Le huard a atteint son plus bas niveau en deux ans la semaine dernière. Photo : Reuters/Mark Blinch

Le dollar canadien pourrait descendre jusqu’à 73 cents américains, dit un expert.

L’inflation élevée et le resserrement de la politique monétaire de la FED (la Réserve fédérale américaine) expliquent la dégringolade du dollar canadien, qui a terminé la semaine à 75,15 cents américains.

Les investisseurs du monde entier ont constaté la détérioration des perspectives économiques et se sont rués vers le dollar américain, la valeur de référence.

Toujours plus d’argent dans l’économie américaine

Il y a eu un afflux absolu d’argent vers le dollar américain parce que c’est le principal refuge et que l’économie américaine est beaucoup plus forte que les autres, a dit Adam Button, analyste en chef des devises chez ForexLive.

Jusqu’à la semaine dernière, le marché nous disait que les deux [la banque centrale américaine et la Banque du Canada] arrêteraient [leurs taux] à environ 4 %, a ajouté M. Button. Maintenant, le marché nous dit que la Fed peut aller plus haut, mais la Banque du Canada pourrait ne pas être en mesure d’emboîter le pas.

Si cela arrive, c’est encore plus d’argent qui sera injecté dans le dollar américain. Voilà pourquoi cet expert ne serait pas surpris de voir le huard descendre sous la barre des 73 cents d’ici la fin de l’année. Les Canadiens ne se rendent peut-être pas compte à quel point la situation est grave.

Les prix des investissements liés au taux de la Fed suggèrent que les investisseurs pensent que le taux bancaire américain finira par atteindre 4 % voire 5 %.

Le dollar, monnaie refuge

Le huard semble faire un plongeon, car tout ce qui n’est pas dollar américain va mal en ce moment, a poursuivi M. Button. Par contre, comparativement à d’autres devises comme l’euro, la livre sterling et le yen japonais, le dollar canadien a, en fait, gagné du terrain cette année. Mais il est en baisse par rapport au dollar américain.

L’inflation persistante et élevée aux États-Unis porte à croire que la Banque du Canada devrait devoir augmenter d’une manière significative son taux d’intérêt. La Réserve fédérale américaine devrait faire exactement la même chose la semaine prochaine, haussant son taux de référence d’au moins 75 points de base à 3,25 %, sinon plus.

Les taux augmenteront [dans les semaines à venir] et ils resteront élevés plus longtemps que prévu, estime Audrey Childe-Freeman, stratège en devises chez Bloomberg Intelligence.

Si le taux de la Fed passe à 4,5 % l’an prochain, comme les investisseurs s’y attendent, c’est beaucoup plus élevé que ce que la Banque du Canada est susceptible de pouvoir faire. C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi l’écart entre les monnaies des deux pays se creuse.

Les matières premières

Une autre raison de la chute du dollar canadien est liée à la baisse des prix des produits de base comme le pétrole et l’or, car les perspectives de l’économie mondiale s’assombrissent.

Les matières premières sont faibles, en grande partie parce que le marché se rend (enfin) au fait que les perspectives de la demande mondiale sont assombries, a mentionné de son côté le chef de la stratégie de change pour l’Amérique du Nord chez Marchés des capitaux CIBC, Bipan Rai.

C’est important pour un indicateur clé comme le dollar canadien, a-t-il ajouté.

Le prix du baril de pétrole a perdu environ 30 $ depuis juin, ce qui, dans des circonstances normales, serait plus que suffisant pour entraîner le huard dans sa chute.

Radio-Canada avec les informations de Pete Evans de CBC News

La Banque du Canada hausse son taux directeur à 3,25 %

septembre 7, 2022

L’institution souhaite ralentir les dépenses et l’endettement des ménages qui, paradoxalement, doivent payer beaucoup plus cher leurs biens de consommation.

L'édifice de la Banque du Canada à Ottawa.

Il s’agit de la cinquième hausse consécutive du taux directeur de la Banque du Canada cette année. Photo : Radio-Canada/Jonathan Dupaul

Poursuivant ses efforts pour tenter de freiner la flambée inflationniste qui s’abat sur le pays, la Banque du Canada augmente son taux directeur de 0,75 point de pourcentage, à 3,25 %.

Il s’agit de la cinquième hausse consécutive du taux directeur de la Banque qui tente depuis des mois maintenant de ramener l’inflation annuelle dans une fourchette de 1 % à 3 %. Un seuil qui a été franchi en avril 2021.

L’inflation, qui a depuis atteint des sommets qu’on n’avait pas vus depuis près de 40 ans, s’établissait à 7,6 % en juillet, en léger recul par rapport aux 8,1 % de juin.

Malgré ce léger repli attribué à la baisse du prix de l’essence, il y a encore loin de la coupe aux lèvres, prévient la Banque du Canada.

D’autres hausses à prévoir

Abstraction faite de l’essence, l’inflation s’est accrue et les données indiquent que les pressions sur les prix se sont généralisées davantage, particulièrement du côté des services. Les mesures de l’inflation fondamentale de la Banque ont continué d’augmenter pour s’établir entre 5 et 5,5 % en juillet, constate l’institution.

Des enquêtes indiquent que les attentes d’inflation à court terme restent élevées. Et plus elles le resteront, plus la forte inflation risque de s’enraciner.

Pour toutes ces raisons, le Conseil de direction de la Banque estime que le taux directeur va devoir augmenter davantage.

« Les effets des éclosions de COVID-19, les perturbations persistantes de l’approvisionnement et la guerre en Ukraine continuent de freiner la croissance et de faire monter les prix. »— Une citation de  Extrait du communiqué de la Banque du Canada

En tenant compte de cette nouvelle hausse, le taux directeur a augmenté de 3 points de pourcentage depuis le début de l’année. Ce qui constitue un coup de frein majeur pour calmer l’économie en surchauffe en augmentant le coût du crédit.

Pour les consommateurs, cette nouvelle hausse du taux directeur entraînera des taux d’intérêt plus élevés et par conséquent des taux hypothécaires plus élevés. Tout comme pour les prêts automobiles, les cartes de crédit ou les marges de crédit.

Selon Equifax Canada, l’endettement à la consommation des Canadiens a augmenté de 8,2 % au deuxième trimestre de 2022 par rapport au même trimestre de l’année dernière.

Une hausse rapide des taux d’intérêt n’est pas non plus une bonne nouvelle pour les entreprises, qui doivent elles aussi composer avec des emprunts et un endettement élevé, alors que le prix des services et des matières premières demeure élevé.

Nouvelle hausse du taux directeur de la Banque du Canada qui passe à 3,25 %

La Banque du Canada hausse son taux directeur de 75 points de base, à 3,25 %, pour tenter de freiner la flambée inflationniste qui persiste au pays.

L’économie toujours en surchauffe

En ce qui a trait à l’économie canadienne, elle demeure en situation de demande excédentaire et les marchés du travail restent tendus, constate la banque centrale.

Au deuxième trimestre de 2022, le produit intérieur brut a crû de 3,3 %.

Bien que ce chiffre soit quelque peu inférieur à celui qu’avait projeté la Banque, les indicateurs de la demande intérieure ont été très forts : la consommation a progressé d’environ 9,5 % et les investissements des entreprises, de près de 12 %, écrit la direction de la Banque du Canada.

Malgré une demande qui tarde à réagir aux hausses successives de son taux directeur, l’institution anticipe néanmoins un ralentissement de l’économie au cours de la seconde moitié de l’année à mesure que la demande mondiale s’affaiblira et que le resserrement de la politique monétaire ici, au Canada, commencera à ramener la demande à un niveau plus comparable à celui de l’offre.

Radio-Canada par Stéphane Bordeleau

Mali : Bamako souligne ses « avancées » démocratiques et demande la levée des dernières sanctions

septembre 7, 2022

À Lomé, le chef de la diplomatie malienne a insisté sur les progrès accomplis dans le sens d’un retour des civils au pouvoir, tout en martelant une nouvelle fois le discours d’une souveraineté recouvrée.

Faure Gnassingbé (dr.), le président du Togo, reçoit Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères, à Lomé, le 6 septembre 2022. © Twitter / Abdoulaye Diop

C’est depuis Lomé que le Mali a demandé, mardi 6 septembre, la levée des sanctions imposées par les organisations africaines après deux coups d’État militaires en deux ans. Le ministre malien des Affaires étrangères a tenu à souligner les progrès accomplis par son gouvernement sur la voie d’un retour des civils au pouvoir. « L’une des priorités majeures du gouvernement de transition reste l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles en vue du retour à un ordre constitutionnel apaisé et sécurisé dans le délai de 24 mois [à compter de mars 2022] », a déclaré Abdoulaye Diop devant un groupe ad-hoc créé par l’Union africaine en 2020, après le premier putsch des colonels maliens.

La date d’un retour des civils au pouvoir dans un Mali en proie à une grave crise sécuritaire et politique a donné lieu, depuis le premier coup d’État d’août 2020, à deux années de confrontation entre le Mali, ses voisins ouest-africains et une partie de la communauté internationale.

L’Union africaine (UA) et la Cedeao l’ont suspendu une première fois après le putsch d’août 2020 au terme duquel Ibrahim Boubacar Keïta a été renversé, puis à nouveau après un second coup de force renforçant la mainmise des colonels en mai 2021. Les tensions se sont atténuées quand les militaires se sont engagés, sous la pression, à organiser des élections en février 2024. La Cedeao a alors levé les sévères sanctions financières et commerciales infligées en janvier 2022.

« Normalisation progressive »

Mais la suspension du Mali des organisations africaines est restée en vigueur, de même que des sanctions individuelles prises par la Cedeao fin 2021 contre quelque 150 membres de la junte. Pourtant, « les avancées indéniables » réalisées par le gouvernement malien plaident pour une levée de la suspension de l’UA, a estimé Abdoulaye Diop.

Concernant la Cedeao, le chef de la diplomatie malienne a salué une « normalisation progressive » tout en qualifiant les sanctions encore en vigueur d’ « entraves ». « Le gouvernement du Mali demande la levée de ces mesures afin de favoriser une pleine coopération avec tous les partenaires », a-t-il dit devant le groupe de suivi et de soutien à la transition au Mali.

Depuis 2021, les autorités maliennes se sont détournées de la France et de ses alliés, et tournées vers la Russie. Les relations se sont aussi compliquées avec la mission de l’ONU au Mali (Minusma) et, plus récemment, le voisin ivoirien après l’interpellation mi-juillet à Bamako de 49 soldats ivoiriens.

Ces derniers devaient, selon Abidjan et la Minusma, participer à la sécurité du contingent allemand de la Minusma, suivant des dispositions onusiennes permettant aux Casques bleus de faire appel à des prestataires extérieurs pour des appuis logistiques. Mais Bamako a présenté les Ivoiriens comme des mercenaires (trois d’entre eux – des femmes – ont fini par être libérés ce week-end). La junte est-elle même accusée de s’être assuré les services de mercenaires russes.

À Lomé, Abdoulaye Diop a martelé une fois de plus le discours d’une souveraineté recouvrée et assuré que le Mali n’était pas isolé. Le Mali est ouvert « à tous les partenariats », mais il « n’acceptera pas qu’on puisse nous imposer des agendas, qu’on puisse nous imposer notre propre agenda, nos priorités [et des] diktats », a-t-il dit.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Canada: Hausse probable du taux directeur de trois quarts de point demain

septembre 6, 2022
Carolyn Rogers parle au micro

Mercredi, la première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Rogers, prendra la parole à la suite de l’annonce concernant la hausse attendue du taux directeur. Photo: La Presse Canadienne/Patrick Doyle

En cette période de forte inflation, voir le coût du crédit augmenter n’est pas une bonne nouvelle. Or c’est ce qui risque de se produire demain une fois que la Banque du Canada annoncera probablement une hausse du taux directeur. Les analystes pensent que la hausse sera de trois quarts de point, à 3,25 %.

Car la banque centrale veut mâter l’inflation à tout prix, après un léger ralentissement le mois dernier, qui a atteint un sommet vieux de 30 ans.

Le taux d’inflation s’est en effet établi à 7,6 % en juillet après avoir été de 8,1 % en juin. Malgré ce léger ralentissement, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a affirmé dans un texte d’opinion publié le 16 août dernier que l’inflation restait une préoccupation majeure et qu’il était déterminé à ramener le taux à 2 %.

Il est prévu que la première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Rogers, prenne la parole une fois la décision annoncée.

En attendant la prochaine hausse

En attendant, la banque centrale espère qu’en augmentant le coût de la dette, les dépenses dans l’économie ralentiront et que l’inflation diminuera.

Karyne Charbonneau, directrice générale des études économiques de la Banque CIBC, croit que la hausse du taux directeur, mercredi, pourrait être la dernière avant un moment. À son avis, d’ici le mois prochain, la situation économique du Canada pourrait être suffisamment confortable pour que la banque fasse une pause.

Toutefois, ce n’est pas l’avis de tous les experts. Certains estiment qu’il pourrait y avoir une autre hausse, légère celle-ci, d’un quart de point.

Plus coûteux pour les emprunteurs

Pour le consommateur, cela veut dire que le coût des hypothèques variables ou des nouvelles hypothèques sera plus élevé. Car si le taux directeur augmente, les banques et les coopératives ajustent leurs propres taux.

Le taux préférentiel du Canada, soit le coût d’emprunt pour les meilleurs clients d’une banque, s’établit à 4,7 % à l’heure actuelle. À un taux préférentiel de 4 %, le coût du crédit pour le consommateur serait probablement bien supérieur à 6 %. Cela représente plusieurs dollars de plus chaque mois à n’en pas douter.

D’ailleurs, pour le deuxième trimestre, l’endettement à la consommation des Canadiens a augmenté de 8,2 % par rapport au même trimestre de l’année dernière, selon Equifax Canada.

Risque accru pour les entreprises

L’économiste David Macdonald, du Centre canadien de politiques alternatives, prévient pour sa part que la cadence rapide des hausses des taux d’intérêt pourrait avoir de graves répercussions en raison du niveau élevé d’endettement des entreprises et des ménages.

M. Macdonald souligne que la dette du secteur privé s’élève à 225 % du produit intérieur brut (PIB) du Canada. En comparaison, la dernière fois que la banque a relevé ses taux d’intérêt aussi rapidement, la dette du secteur privé s’établissait à 142 % du PIB.

Malgré les hausses des taux, qui font que presque tout coûte plus cher tant pour les entreprises que les particuliers, l’argent reste bon marché, rappelle l’économiste de BMO, Doug Porter, dans une entrevue à CBC, en raison des coûts d’emprunt pour les grandes entreprises qui sont inférieurs au taux d’inflation actuel.

Radio-Canada avec des informations de La Presse canadienne et de Don Pittis, de CBC

Canada-Québec/Pénurie de main-d’œuvre : les entreprises doivent ralentir leur croissance, croit FAB 3R

septembre 3, 2022
Des travailleurs manipulent une pièce mécanique suspendue dans une usine.

Les employés de FAB 3R sont spécialisés dans la fabrication, l’usinage et l’assemblage de pièces mécaniques de grandes dimensions. Photo : Radio-Canada

Le manque de main-d’œuvre pourrait forcer des entreprises à ralentir leur croissance dans les prochaines années, et peut-être même à décroître, selon plusieurs experts. L’entreprise trifluvienne FAB 3R a amorcé cette réflexion. Le manufacturier spécialisé en assemblage et usinage mécanique est en croissance, mais la perte d’une quarantaine d’employés le force à revoir son modèle d’affaires.

Même si j’aspirais à retrouver les 150 employés que j’avais avant la pandémie, ça n’arrivera pas, laisse tomber son directeur général, Yves Lacroix. Plusieurs travailleurs ont profité de la crise sanitaire pour partir à la retraite, raconte-t-il, et depuis, l’entreprise peine à trouver des remplaçants.

Yves Lacroix pose dans une usine.

Yves Lacroix est le directeur général de l’entreprise FAB 3R. Photo : Radio-Canada/Josée Ducharme

La concurrence entre les employeurs sera d’autant plus grande avec l’implantation prévue de nouvelles entreprises au parc industriel et portuaire de Bécancour, estime M. Lacroix. La pénurie de main-d’œuvre pourrait s’aggraver jusqu’en 2030, selon lui.

Quand j’entends des entreprises dire qu’elles cherchent de la croissance, on n’est malheureusement pas à un moment pour parler de croissance. Si je regarde autour, avec les investissements qui vont se faire sur la rive sud, où va-t-on trouver toute cette main-d’œuvre? , souligne Yves Lacroix.

Face à cette situation, FAB 3R se questionne aujourd’hui sur l’épaisseur de son carnet de commandes. Le projet s’apparente à une décroissance, mais son directeur général préfère parler d’une consolidation.

On ne veut pas abandonner nos clients, mais on ne veut pas les servir de la mauvaise façon. Ce n’est pas tant qu’on choisit nos commandes, c’est qu’on regarde l’expérience et les équipements qu’on a pour avoir la parfaite adéquation entre les deux pour s’assurer qu’on est en mesure de livrer ce qu’on promet , explique M. Lacroix.

Son objectif est de bâtir une entreprise plus petite dans un horizon de deux à trois ans, pour éviter de surcharger les 110 employés restants.

Il faut plus d’immigrants, dit FAB 3R

Bien que l’entreprise ait amorcé ce processus, Yves Lacroix est convaincu que le salut des entreprises repose sur l’arrivée de travailleurs étrangers. Je pense que la meilleure solution pour le moment passe par l’immigration, parce que ce n’est pas tout le monde qui peut se permettre la robotisation. 

Il souhaite que Québec et Ottawa accélèrent le traitement des demandes d’immigration. Faisons en sorte que les délais soient plus courts. Il y a bon nombre d’entreprises qui ont des besoins criants, mais ça prend jusqu’à un an et demi, tandis qu’au Nouveau-Brunswick, ils réussissent à avoir quelqu’un à l’intérieur de quatre à cinq mois. 

Une solution à quelques coins de rue

La solution au problème de FAB 3R n’est peut-être qu’à quelques coins de rue de son usine, croit le centre d’emploi pour femme, Le Pont.

Des cohortes pour former des opératrices d’équipement de production et de montage d’équipement électroniques ont déjà été mises en place par l’organisme.

Je lance un cri du cœur. Les organismes en employabilité, c’est une des solutions, j’en suis convaincue , clame la directrice du centre, Annie Brassard.

Annie Brassard parle dans un bureau.

Annie Brassard dirige le centre d’emploi pour femme, Le Pont, situé à Trois-Rivières. Photo : Radio-Canada

Elle est convaincue que son organisme pourrait faire la même chose pour former notamment des machinistes qui pourraient œuvrer chez FAB 3R. Son équipe a d’ailleurs initié un premier contact auprès de l’entreprise, vendredi, et rapporte avoir perçu une ouverture chez le manufacturier.

Radio-Canada avec les informations de Charles-Antoine Boulanger

Congo-Département du Pool : les bénéficiaires du Pdac expriment leur satisfécit

août 30, 2022

Les groupements « Avenir sans faim » et « Sueur de son front » exerçant respectivement dans la pisciculture et l’élevage des porcs à Kindamba, dans le département du Pool, ont  exprimé leur reconnaissance pour l’appui du Projet d’appui au développement de l’agriculture commerciale (Pdac) dans le développement de leurs activités, lors d’une visite de terrain d’une équipe de ce projet .

L’accord de financement signé entre la coopérative « Sueur de son front » et le Pdac s’élève à plus de 21 millions FCFA. Cet appui dont la grande partie a déjà été versée a permis à ce groupement d’éleveurs de porcs de construire un bâtiment pour abriter les 161 têtes de porcs que compte actuellement la porcherie. Ce soutien financier leur a également servi pour l’achat de l’aliment de bétail ainsi que d’un moyen de transport de marque « Kavaki » pour les déplacements.

Parmi les difficultés auxquelles fait face le groupement, son président Daily Daba a évoqué, entre autres, l’approvisionnement en aliment de bétail. « A Mindouli, il n’y a pas de dépôt de vente d’aliments de bétail. La plupart du temps, nous faisons recours à Pointe-Noire.  Avec la guerre en Ukraine, le produit est devenu plus coûteux et se fait de plus en plus rare. Il nous arrive de vendre auprès d’autres éleveurs quelques génisses pour compléter de l’argent en vue de nous procurer ces aliments », a-t-il confié.

Également bénéficiaire, le groupement « Avenir sans faim » ayant pour principale activité la pisciculture a aussi reçu du Pdac une aide financière à hauteur de 17 millions FCFA. Cette somme leur a permis d’agrandir les activités soit en multipliant le nombre d’étangs, s’approvisionnant en aliment de bétai, construisant et en équipant le laboratoire pour la reproduction des poissons.

Avec Adiac-Congo par Lopelle Mboussa Gassia

Burkina Faso : Propharm s’apprête à lancer une usine de médicaments génériques

août 30, 2022

Après plusieurs mois de retard causés par le Covid-19, le site de Propharm n’attend plus que son autorisation de mise sur le marché pour pouvoir distribuer ses comprimés au sein de l’Uemoa. Une première pour le pays.

Le Premier ministre, Albert Ouedraogo, sur le site de Propharm, situé à Googho, à quelques encablures de Ouagadougou, mardi 23 août. © Primature Burkina Faso

Dernière ligne droite pour Propharm et son usine de fabrication de médicaments génériques au Burkina Faso. Lancée en 2019, sa construction s’est achevée en mars dernier. Le site doit désormais obtenir le feu vert de l’autorité de régulation pharmaceutique locale – une demande doit être faite en septembre –, pour pouvoir distribuer sa production sur le marché national. Il a reçu, ce 23 août, la visite du Premier ministre, Albert Ouedraogo. Après le Burkina Faso, Propharm compte aussi écouler ses produits dans les sept autres pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), dont la Côte d’Ivoire, le Mali ou encore le Sénégal avant la fin de cette année.

D’un coût annoncé de 15 milliards de F CFA (22 millions d’euros), Propharm est une initiative lancée par quatre pharmaciens, dont le chef d’usine : le docteur Armel Palingwindé Coefe. Le projet financé par la dette, a été soutenu par quatre acteurs de la finance, dont Coris Bank d’Idrissa Nassa. L’inauguration de l’usine était initialement prévue en 2021, mais la pandémie de Covid-19 et son lot de restrictions sanitaires ont retardé le chantier. La possibilité de faire appel à une expertise étrangère en ingénierie a été bloquée, de même que l’importation de matières premières nécessaires pour la conception de médicaments. Les travaux n’ont pu reprendre qu’en mai 2021.

L’Afrique du Sud et le Maroc en avance

L’équipement venu tout droit des États-Unis permet à l’usine d’atteindre une capacité équivalente à 150 000 comprimés et 120 000 gélules par heure, avec, pour l’instant en production, un kit anti-trouble digestif comprenant du paracétamol 500mg, du phloroglucinol 80 mg et du zinc SRO (sel de réhydratation orale). La prochaine étape pour l’usine sera de se lancer dans la production de médicament sous forme injectable.

À ce jour, l’Afrique représente seulement 3 % de la production pharmaceutique mondiale avec 375 fabricants répartis sur 37 pays, et une importante masse de produits pharmaceutiques venue de Chine et d’Inde, selon l’agence de conseil Morgan Philips. Toutefois, 60 % des médicaments consommés sur le continent sont contrefaits ou détournés des approvisionnements classiques.

L’Afrique du Sud et le Maroc sont les pays les plus indépendants avec 70 % à 80 % de leurs médicaments produits localement. Au Maroc, la première pierre de l’usine du projet Sensyo Pharmatech, crée en 2016, a été posée en janvier par le roi Mohammed VI à Benslimane. Objectif ? Faire du pays le leader africain des vaccins.

Avec Jeune Afrique par Maureen Songne