Archive for the ‘Éducation’ Category

Kenya: un suspect lynché après une attaque ayant fait 6 morts dans un lycée

octobre 14, 2017

Nairobi – Un étudiant soupçonné d’avoir participé tôt samedi à une attaque ayant fait six morts contre un lycée dans le nord du Kenya a été lynché par des habitants de Lokichogio (nord du Kenya), ont annoncé des responsables.

Après l’attaque, qui a tué cinq élèves et un garde de sécurité de l’internat, le suspect, un lycéen suspendu de l’établissement, a été arrêté. Par la suite, des habitants en colère l’ont lynché pour se venger.

« Six personnes ont été tuées dans l’attaque, dont cinq lycéens, et plusieurs ont été blessées », a déclaré Seif Matata, un responsable du comté de Turkana.

Dix-huit personnes ont été blessées par balle au cours de l’attaque, selon le gouverneur de la région du Turkana, Josphat Nanok.

L’attaque lancée contre le lycée a été menée par des hommes armés venus du Soudan du Sud, a-t-on appris auprès des autorités locales.

Des membres de la milice de la tribu des Toposa, du Soudan du Sud frontalier du Kenya, seraient responsables de l’attaque dirigée par le lycéen suspendu, selon M. Matata.

Ce lycéen, Abraham Lochor, originaire du Soudan du Sud et âgé de 20 ans, a été arrêté par la police mais une foule en colère a pénétré dans le commissariat de police, l’a sorti de sa cellule et l’a tué en le lapidant, mettant le feu à sa dépouille.

« Le suspect était détenu au commissariat de police de Kakuma pour un interrogatoire sur l’attaque et nous essayons de savoir comment ils ont réussi à se saisir de lui. C’est malheureux, » a déclaré le chef de la police de la région du Turkana, Ronald Opili.

L’attaque du lycée s’est produite vers 03H00 (00H00 GMT), alors que les élèves du lycée mixte de Lokichogio dormaient dans leurs chambres, selon M. Matata.

La Croix-Rouge kényane a évacué plusieurs blessés par avion vers l’hôpital d’Eldoret, plus au sud.

Les conflits communautaires, notamment les conflits territoriaux et les disputes pour du bétail opposant la tribu Toposa du Sud-Soudan et l’ethnie Turkana du Kenya, sont fréquents au Turkana, une vaste région aride et reculée du nord-ouest du Kenya.

Romandie.com avec(©AFP / 14 octobre 2017 17h54)                                            

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1,1 milliard de personnes sans identité (Banque mondiale)

octobre 13, 2017

Plus de 1,1 milliard de personnes, essentiellement en Afrique et en Asie, sont incapables de prouver leur identité avec un document officiel ce qui les prive de l’accès aux services de santé, de protection sociale ou d’éducation, déplore la Banque mondiale. Parmi ces personnes « invisibles », « plus d’un tiers sont des enfants qui n’ont pas été répertoriés » à leur naissance, a-t-elle précisé dans un communiqué à l’occasion de son assemblée annuelle à Washington.

Cette situation résulte souvent des troubles frappant les pays qui conduisent à des déplacements forcés de populations. A travers le lancement d’un programme baptisé « ID4D » (Identification for development initiative), la Banque mondiale escompte aider les pays à recenser et identifier ces personnes en s’appuyant sur la technologie digitale.

« Avec un septième de la population de la planète vivant sans aucune pièce d’identité officielle, les familles sont privées d’accès aux soins de santé, à l’éducation mais aussi aux services sociaux et financiers », a regretté Eric Jing, l’un des membres du conseil de ce programme.

Le Figaro.fr avec AFP

Unesco: la candidate française sera opposée au Qatari

octobre 13, 2017

L’ex-ministre française de la Culture Audrey Azouley à Cannes le 23 mai 2017 / © AFP/Archives / Anne-Christine POUJOULAT

Le dernier tour de l’élection très politique du prochain directeur général de l’Unesco opposera vendredi soir à Paris le représentant du Qatar Hamad bin Abdoulaziz Al-Kawari à la française Audrey Azoulay, a-t-on appris de source diplomatique.

Lors d’un vote intermédiaire en début d’après-midi, les 58 membres du Conseil exécutif de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, ont préféré la candidate française à l’Egyptienne Moushira Khattab, par 31 voix contre 25 (deux votes blancs), pour affronter M. Al-Kawari à l’ultime tour de scrutin.

Ces deux candidates étaient arrivées ex-aequo jeudi soir, avec 18 suffrages chacune, derrière le candidat qatari (22 voix) qui a fait la course en tête depuis le début de processus de sélection lundi.

Ce scénario inédit a contraint l’Unesco, dont le siège est à Paris, à organiser une sorte de vote intermédiaire pour départager les deux candidates.

La bataille fait rage pour savoir qui prendra le leadership d’une organisation déjà fragilisée par ses dissensions et ses difficultés économiques, et à laquelle les Etats-Unis et Israël ont porté « un coup dur » en annonçant jeudi leur départ, selon la directrice générale sortante de l’organisation, la Bulgare Irina Bokova.

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2017 15h29)                

Les États-Unis se retirent de l’Unesco, en pleine élection de son prochain dirigeant

octobre 12, 2017

Le logo de l’Unesco / © AFP / BERTRAND GUAY

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi leur retrait de l’Unesco, l’accusant d’être anti-israélienne, au moment même où l’institution, en perte de vitesse et à la recherche d’un second souffle, s’apprête à élire son prochain directeur général.

L’actuelle directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, la Bulgare Irina Bokova, a dit « regretter profondément » cette décision, à ses yeux préjudiciable au multilatéralisme.

Des regrets partagés par la France, qui héberge l’Unesco, et par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres qui souligne « le rôle majeur des Etats-Unis à l’Unesco depuis sa fondation », en 1946.

Le feu couve pourtant depuis des années sur fond de positions controversées de l’Unesco sur Jérusalem et Hébron défendues par les pays arabes.

En 2011, l’admission de la Palestine au sein de l’Unesco a accentué la crise et entraîné la suspension des contributions financières d’Israël et des Etats-Unis, égales à plus de 20% du budget de l’agence.

En juillet dernier, ces derniers avaient d’ailleurs prévenu qu’ils réexaminaient leurs liens avec l’Unesco, qualifiant d' »affront à l’histoire » la décision de l’organisation de déclarer la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, « zone protégée » du patrimoine mondial. Une décision qualifiée de « délirante » par Israël, qui a salué jeudi le retrait américain : « nous entrons dans une nouvelle ère aux Nations unies, celle où, quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix ».

Après son retrait, qui ne sera effectif que fin 2018 conformément aux statuts de l’Unesco, Washington souhaite y demeurer observateur.

« Cette décision n’a pas été prise à la légère et reflète les inquiétudes des Etats-Unis concernant l’accumulation des arriérés à l’Unesco, la nécessité d’une réforme en profondeur de l’organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants », a expliqué le Département d’Etat dans un communiqué.

Pour François Heisbourg, conseiller de la Fondation de la recherche stratégique (FRS), « c’est une conséquence logique », compte tenu de la position américaine sur la question israélo-palestinienne.

– Cible facile –

Un tel retrait n’est pas inédit : il y eut un précédent en 1984, sous Ronald Reagan, alors motivé par l’inutilité supposée et les débordements budgétaires de l’Unesco. Ce n’est qu’en 2002 que les Etats-Unis avaient réintégré l’organisation.

« Relativement petite », « ne touchant pas des intérêts vitaux », « l’Unesco est une cible plus facile que d’autres » et « par ailleurs, elle est allée plus loin que les autres organisations du système des Nations unies en termes de reconnaissance de l’Autorité palestinienne », note M. Heisbourg.

L’annonce américaine intervient au moment même où l’élection hautement politique du successeur d’Irina Bokova entre dans une phase décisive, cristallisant d’autres tensions diplomatiques.

Les 58 pays membres du Conseil exécutif désigneront jeudi soir deux finalistes, voire le prochain dirigeant de cette organisation en mal de réformes, de dépolitisation et de consensus. Et qui doit faire en outre avec les arriérés de contribution de ses membres.

Or, depuis le début du scrutin lundi, un des vainqueurs potentiels est le candidat qatari Hamad bin Abdoulaziz Al-Kawari qui ne fait pas l’unanimité.

Les pays arabes qui ont rompu cette année leurs relations diplomatiques avec Doha, dont l’Egypte et l’Arabie saoudite, s’en inquiètent même s’ils ont largement revendiqué le poste pour leur groupe, qui ne l’a jamais occupé.

En outre, de vieux soupçons d’antisémitisme à l’encontre du candidat qatari ont resurgi ces derniers jours, relayés notamment par le Centre Simon Wiesenthal Europe et la Ligue Anti-diffamation aux Etats-Unis.

Il lui est en particulier reproché un silence présumé face à la présence de livres antisémites au cours de foires du livre lorsqu’il était ministre de la Culture.

Pour la France, le retrait américain plaide pour sa propre candidate, Audrey Azoulay, 45 ans, ancienne ministre de la Culture qui a recueilli autant de voix que lui mercredi – 18 sur les 30 nécessaires pour être élu -, comblant l’écart qui les séparait encore la veille.

« Notre candidature à la direction générale de l’Organisation prend, dans ces circonstances, une signification nouvelle », selon le gouvernement.

Suit, avec 13 suffrages mercredi, la militante des droits de l’homme égyptienne Moushira Khattab.

Si aucun n’atteint la majorité absolue jeudi, le dernier vote vendredi départagera les deux candidats arrivés en tête.

Romandie.com avec(©AFP / 12 octobre 2017 18h37)                

« Journée de la fille » : 9 des 10 pays où les filles sont le moins éduquées sont africains

octobre 11, 2017
Collégiennes à la sortie des cours à Abidjan, Côte d’Ivoire. © Jacques Torregano / JA

À l’occasion de la journée internationale de la fille, célébrée ce 11 octobre, l’ONG ONE, a publié un rapport interpellant la communauté internationale sur les difficultés que rencontrent les filles pour aller à l’école.

Les 10 pays où les filles ont le moins accès à l’éducation sont également les pays les plus fragiles et  les plus pauvres du monde. On retrouve en tête le Soudan du Sud, la République de la centrafricaine, le Niger, l’Afghanistan, le Tchad, le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, le Libéria et l’Éthiopie.

ONE a réalisé ce classement à partir de 11 indicateurs :  le taux de filles non scolarisées en âge de fréquenter l’enseignement primaire, le premier et le deuxième cycle du secondaire ; le nombre moyen d’années de scolarisation des femmes âgées de 25 ans et plus ; le taux d’alphabétisation au sein de la population féminine des 15–24 ans; le pourcentage d’instituteurs qualifiés dans le primaire ; le nombre d’élèves par enseignant dans les écoles primaires et  les dépenses dans l’éducation en pourcentage du total des dépenses publiques.

Plus de 130 millions de filles ne sont pas scolarisées

Les obstacles à l’éducation des filles sont multiples et disproportionnés selon les régions. Chaque année, le mariage précoce prive des millions de filles d’éducation. Dans les 10 pays listés dans le classement de l’ONG ONE, la majorité des filles de moins de dix-huit ans sont déjà mariées.

Les familles font souvent le choix d’envoyer leurs garçons à l’école plutôt que leurs filles. Les tâches ménagères passent avant l’éducation. La probabilité qu’une fille ne soit pas scolarisée est de 57% plus élevée que la même probabilité pour un garçon, et cet écart atteint 83% au lycée.

Dans les zones de conflits, les inégalités entre les filles et les garçons en matière d’éducation sont plus importantes. Au Nigéria, de nombreuses écoles sont fermées à cause des attaques perpétrées par le groupe djihadistes Boko Haram – nom qui signifie en haoussa « l’éducation occidentale est un pêché ». Dans certaines régions de ce pays, plus de la moitié des jeunes filles n’ont pas accès à l’éducation.

Renforcer les moyens alloués à l’éducation

Dans son rapport, l’ONG propose différentes mesures pour améliorer l’accès des filles à l’école et à l’instruction. Elle demande à chaque gouvernement d’accorder 20% du budget national à l’éducation. Le Soudan du Sud par exemple, où seulement 27% des filles vont à l’école primaire, 2,6% du budget national est consacré à l’éducation

L’ONE souhaite que les États réforment les politiques publiques, embauchent plus d’enseignants et favorisent l’accès des élèves à internet. Mais également, que les gouvernements donateurs augmentent les financements du Partenariat mondial pour l’éducation (PME).

Friederike Röder, directrice France de ONE espère que la France « financera à hauteur de 300 000 milliards de dollars les projets du Partenariat mondial pour l’éducation pour la période 2018-2020 ».

Le pays s’est engagé avec le Sénégal à co-parrainer la prochaine reconstitution du Partenariat mondial pour l’éducation qui aura lieu en février 2018 à Dakar.

Jeuneafrique.com par

Éthiopie: une avocate non-voyante récompensée par un prix Nobel

octobre 6, 2017

 

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L’avocate éthiopienne non-voyante, Yetnebersh Nigussie, vient d’être récompensée par le prix Right Livelihood plus connu sous le nom de prix « Nobel l’alternatif ».

Le prix Right Livewood est un prix décerné aux personnes courageuses et aux organisations qui ont trouvé des solutions pratiques aux causes profondes des problèmes mondiaux.

«Si je pouvais changer une chose dans le monde, je changerais les mentalités afin que les gens pensent que l’inclusion et non l’exclusion est la norme», a déclaré Yetnebersh Nigussie en recevant son prix.

Aveugle depuis l’âge de 5 ans, Yetnebersh Nigussie a réussi à briser les préjugés liés à son handicap et à s’insérer dans le milieu professionnel en tant qu’avocate.

Ethiopie : une avocate non-voyante récompensée par un prix nobel

Parce que j’étais aveugle, je n’étais pas convenable pour un mariage précoce, une pratique courante dans mon village. Toutes mes amies se sont mariées à l’âge de 10, 11 ou 12 ans. J’étais la seule exception. L’éducation m’a libérée et m’a permis de devenir qui je suis aujourd’hui.

Yetnebersh Nigussie a créé en Ethiopie le ECDD(Ethiopian Center for Disability and Development), un centre qui a pour but d’inclure les handicapés dans les projets de développement. Elle est mariée et mère de deux enfants.

Le prix Right Livelihood a été créé en 1980 par le Germano-Suédois Jakob von Uexkull, qui fut eurodéputé écologiste, après le refus de la fondation Nobel de créer des prix pour l’environnement et le développement. Pour cette raison, la fondation qui le décerne revendique l’étiquette de «prix Nobel alternatif». La Fondation compte désormais 170 lauréats provenant de 69 pays.

Ethiopie : une avocate non-voyante récompensée par un prix nobel

Emeraude ASSAH avec Abidjantv.net

L’université d’Oxford retire un portrait de Aung San Suu Kyi

septembre 30, 2017

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, le 20 juin 2012 à l’Université d’Oxford, en Angleterre / © AFP/Archives / BEN STANSALL

La prestigieuse université britannique d’Oxford a décidé de retirer de ses murs un portrait de la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, ancienne étudiante de l’établissement, dont le pays est accusé par l’ONU de se livrer à une épuration ethnique.

« Nous avons reçu au début du mois de septembre un nouveau tableau que nous avons décidé d’exposer. Le tableau d’Aung San Suu Kyi a quant à lui été mis en lieu sûr », a indiqué l’université dans un communiqué refusant de lier cette décision à la situation actuelle en Birmanie.

Le portrait d’Aung San Suu Kyi avait été peint en 1997 par l’artiste chinois Chen Yanning. Il est remplacé par un tableau du peintre japonais Yoshihiro Takada intitulé « Morning Glory ».

Aung San Suu Kyi avait étudié entre 1964 et 1967 la politique, l’économie et la philosophie au sein de la prestigieuse université.

Récompensée par le Prix Nobel de la paix en 1991 pour sa résistance pro-démocratique face à la junte militaire, la frêle « Dame de Rangoun » avait, en 2012, reçu un doctorat honoris causa en droit de la part d’Oxford.

Les Rohingyas, plus grande population apatride au monde, sont traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90% bouddhiste. Victimes de discriminations, ils ne peuvent ni voyager ni se marier sans autorisation, et n’ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et les hôpitaux.

L’ONU considère que l’armée birmane et les milices bouddhistes se livrent à une épuration ethnique contre cette communauté musulmane dans l’Etat Rakhine (ouest), région historiquement troublée.

Romandie.com avec(©AFP / 30 septembre 2017 12h26)                

USA: un général conseille aux élèves-officiers de « foutre le camp »

septembre 29, 2017

Washington – « Foutez le camp! »: le directeur d’une académie militaire américaine n’a pas mâché ses mots quand il a découvert des insultes racistes dans son établissement, et la vidéo de son discours devant les étudiants faisait vendredi le tour du monde.

« Si vous n’êtes pas capable de traiter quelqu’un d’une autre race ou d’une autre couleur de peau avec dignité et respect, alors il faut partir », a déclaré aux élèves-officiers le général Jay Silveria, directeur de l’Académie de l’armée de l’Air à Colorado Springs, dans le Colorado (ouest du pays).

« Si vous n’êtes pas capables de traiter quelqu’un avec dignité et respect, foutez le camp! », a-t-il ajouté dans ce discours filmé par l’académie, équivalent de l’Ecole de l’air française, et mis en ligne sur son site.

Cinq étudiants noirs en année préparatoire à cette école, qui forme les futurs officiers de l’armée de l’Air américaine, ont trouvé lundi des injures racistes sur leur porte. L’un d’eux a posté sur Facebook une photo d’une ardoise blanche sur laquelle était inscrite: « Rentre chez toi, le Nègre ». Des parents ont alors alerté le corps enseignant.

Jeudi, le directeur de l’académie a réuni tout les enseignants et tous les étudiants à l’heure du déjeuner, pour leur rappeler que « ce genre de comportement n’a sa place ni dans les classes préparatoires, ni à l’académie, ni dans l’armée de l’Air américaine ».

Les étudiants écoutaient, au garde à vous, lorsque leur directeur leur a demandé de sortir leur smartphone de leur poche. « Je suis sérieux, prenez vos téléphones, je veux que vous fassiez une vidéo de tout ceci, que vous la gardiez, que vous l’utilisiez ».

La réaction du directeur de l’Académie de l’armée de l’Air était largement saluée vendredi sur les réseaux sociaux et montrée en boucle sur les chaînes de télévision américaines.

« Je suis d’accord, le racisme n’a pas sa place parmi nos militaires ou dans notre pays », a notamment tweeté le sénateur républicain John McCain.

Interviewé vendredi par CNN, le général Silveria a expliqué avoir voulu convaincre les élèves-officiers de l’importance de la diversité au sein d’un groupe.

« En fin de compte, ces jeunes hommes et jeunes femmes vont devenir des lieutenants de l’US Air Force. Ils iront au combat et ils prendront des décisions de vie ou de mort sur le champ de bataille. Nous avons besoin de ces idées diverses », a-t-il noté.

Selon un journal local, un suspect aurait été identifié après une analyse graphologique mais l’académie militaire s’est refusée vendredi à tout commentaire. Une enquête est en cours et « nous ne pouvons donner aucun détail actuellement », a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’académie.

– Un contexte tendu –

Cet incident intervient en pleine polémique sur la vague de protestations chez les joueurs de football américain qui s’agenouillent pendant l’hymne national, un moyen de symboliquement dénoncer le racisme aux Etats-Unis. Donald Trump a violemment critiqué leur attitude, leur reprochant un manque de patriotisme.

A la mi-août, les plus hauts gradés de l’armée américaine s’étaient désolidarisés des propos ambigus et des atermoiements du président américain, après les violences racistes qui ont secoué la petite ville de Charlottesville, où certains manifestants se réclamant de l’extrême droite arboraient des uniformes ou insignes de l’armée.

« L’US Navy s’opposera toujours à la haine et à l’intolérance », avait déclaré dès le lendemain l’amiral John Richardson, chef de la marine américaine, suivi aussitôt par ses collègues des armées de terre et de l’air.

Le chef d’état-major, le général Joe Dunford, avait lui aussi affirmé qu’il « n’y a pas de place pour le racisme et l’intolérance dans l’armée américaine et aux Etats-Unis dans leur ensemble ».

La question raciale est aussi sensible au sein des forces armées que dans le reste de la population: les minorités y sont très largement représentées mais plus on monte dans la hiérarchie, plus les Blancs sont majoritaires.

Selon des chiffres du Pentagone actualisés en juillet, les Noirs représentent 19% des troupes à eux seuls (alors que leur part de la population américaine tourne autour de 13%). Mais quand on monte dans la hiérarchie, les Noirs ne représentent plus que 9% des officiers de l’armée américaine.

Toutes minorités confondues (Hispaniques, Asiatiques, multiraciaux), les militaires se déclarant non-blancs représentent 29% des effectifs, mais seulement 17% des officiers.

Romandie.com avec(©AFP / 29 septembre 2017 22h53)                                            

Les écoles, fabriques d’illettrés ?

septembre 28, 2017
L’Œil de Glez. © Glez / J.A.

Le rapport 2018 de la Banque mondiale sur le développement indique qu’accéder à l’école n’est pas un gage absolu de formation satisfaisante. Des millions d’enfants sont incapables de lire ou de compter, même après des années de classe…

Peut-être y a-t-il pire, du point de vue des idolâtres de l’école, que des enfants qui ne prennent pas le chemin des classes. Ce sont les bambins qui usent leurs culottes sur les bancs, des années durant, sans pour autant assimiler les fondamentaux de l’enseignement prodigué. Pourquoi et comment alors demander aux populations désargentées de confier leurs bras mineurs à des institutions déjà qualifiées d’ « occidentalisantes » ? Le rapport 2018 de la Banque mondiale sur le développement dans le monde tire la sonnette d’alarme : aller à l’école ne serait plus une garantie de savoir lire, écrire ou compter.

L’agence financière des Nations unies a effectué des tests de connaissance dans de nombreuses écoles de tous les continents. Son rapport indique que des millions d’élèves de pays à revenu faible et intermédiaire sont incapables de lire, ni d’écrire, ni de résoudre des opérations de mathématiques élémentaires. Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est, lorsque certains élèves de troisième année de l’école primaire réussissent tout de même à déchiffrer des phrases simples, ils surprennent en dévoilant qu’ils ne comprennent pas ce que ladite phrase veut dire. Maigre consolation : pour une fois, le continent africain n’est pas le seul stigmatisé.

Crise « est d’ordre moral et économique »

En Asie, près de trois quarts des Indiens des campagnes, au même niveau de troisième année de l’école primaire, sont incapables de résoudre une soustraction entre deux nombres à deux chiffres. Sans chercher à pratiquer la satire, la Banque mondiale évalue qu’il faudrait… 263 ans à un Brésilien de 15 ans, à son rythme d’acquisition actuel, pour atteindre ce qu’il est convenu d’appeler un niveau moyen en lecture.

Si ce parfum d’échec de l’apprentissage scolaire exhale de toute la planète, il y a bien des inégalités entre les zones géographiques et entre les classes sociales. L’élève « excellent » d’un pays à revenu intermédiaire est en réalité à classer au niveau « inférieur » des pays plus riches. Le rapport de la Banque mondiale indique que les notes de l’élève moyen d’un pays pauvre sont inférieures à celles de 95% des élèves de pays à revenu élevé. Il est donc bien question de moyens, mais pas seulement.

En affirmant que la crise « est d’ordre moral et économique », le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, veut dire qu’elle est aussi le résultat d’un manque de volonté politique. Et de citer les exemples de la Corée du Sud et du Vietnam. En moins de 50 ans, le premier de ces deux pays est passé d’un taux d’alphabétisation extrêmement faible à une compétitivité remarquée dans les classements internationaux. Les Vietnamiens du second cycle du secondaire, eux, côtoient le niveau de leurs camarades allemands.

La Banque mondiale insiste sur le fait que l’apprentissage scolaire augmente fortement les chances de trouver un emploi

Bien sûr, « intelligence », « culture » ou même « éducation » ne sont pas absolument synonymes de « formation scolaire » ou de « tests de Q.I. occidentaux ». Mais la Banque mondiale insiste sur le fait que l’apprentissage scolaire augmente fortement les chances de trouver un emploi. De plus, lorsque l’accès à l’école est garanti et que l’enseignement est performant, la fréquentation des classes est source d’émancipation pour les jeunes filles et d’esprit civique pour tous. Par le sens même de son nom, la secte Boko Haram tente d’expliquer aux Africains que « l’éducation occidentale est un péché ». Quitte à commettre un péché, autant ne pas ressortir inculte de l’école…

Jeuneafrique.com par Damien Glez, dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

Séisme au Mexique: plus de 200 morts, des élèves ensevelis sous leur école

septembre 20, 2017

Des secouristes déblaient les décombres à la recherche des survivants à Mexico, le 19 septembre 2017 / © AFP / RONALDO SCHEMIDT

Les secouristes s’activaient mercredi pour tenter de retrouver des survivants dans les décombres à Mexico, frappée la veille par un très fort séisme qui a fait au moins 217 morts dans le centre du Mexique, dont 21 enfants ensevelis sous leur école.

« Pour le moment, on dénombre 217 morts », dont 86 dans la capitale mexicaine, a écrit sur Twitter le directeur de la Protection civile, Luis Felipe Puente, révisant à la baisse un précédent bilan qui faisait état de 248 morts.

Ce séisme est survenu 32 ans jour pour jour après le grand tremblement de terre de 1985 qui avait fait plus de 10.000 morts (30.000, selon certaines estimations) et qui reste un traumatisme national au Mexique.

A l’école Enrique Rebsamen de Mexico, les secouristes ont établi un contact avec une institutrice et deux élèves coincés en vie sous les décombres. L’établissement s’est partiellement écroulé sous l’effet du séisme, faisant au moins 26 morts -21 élèves âgés de sept à 13 ans et cinq adultes- et entre 30 et 40 disparus, selon les services de secours.

« Une partie du bâtiment s’est effondrée et un nuage de poussière est venu sur nous », a raconté aux médias une institutrice de l’école, Maria del Pilar Marti, la bouche et le nez protégés par un masque.

En larmes, des parents d’élèves portés disparus attendaient dans l’angoisse près des ruines de l’établissement. Victime d’une crise de nerfs, une mère a dû être soignée par une équipe médicale, selon une journaliste de l’AFP sur place. Plusieurs parents participaient également aux recherches, formant une chaîne pour évacuer les gravats dans des récipients en plastique, aux côtés des sauveteurs aidés de chiens et d’instruments destinés à détecter les sons à travers les décombres.

Le tremblement de terre, de magnitude 7,1, s’est produit mardi à 13H14 (18H14 GMT). Il a fait s’effondrer au moins cinquante immeubles dans la mégapole de 20 millions d’habitants.

– « Ne fumez pas ! » –

« Ne fumez pas ! Ne fumez pas ! », prévenaient des secouristes craignant des ruptures de canalisations de gaz, tandis que les forces de l’ordre tentaient de mettre en place des cordons de sécurité en plein chaos et que certains regagnaient leur domicile à pied.

De nombreux habitants de Mexico, ne pouvant retourner dans leurs logements endommagés et redoutant les répliques, ont passé la nuit dans la rue, sous des tentes ou dans des abris de fortune, pendant que les sauveteurs professionnels ou volontaires s’affairaient sans discontinuer.

« Les forces armées et la police fédérale travailleront sans repos jusqu’à ce que toutes les possibilités de retrouver des survivants soient épuisées », a déclaré sur Twitter le ministre de l’Intérieur, Miguel Angel Osorio.

Situé à la jonction de cinq plaques tectoniques, le Mexique est l’un des pays du monde où l’activité sismique est la plus forte.

– Exercice avant le séisme –

Début septembre, 96 personnes avaient péri dans un autre tremblement de terre, dans le sud cette fois-là.

Les autorités avaient organisé mardi un exercice parasismique pour marquer l’anniversaire du séisme de 1985 qui avait dévasté Mexico.

Le président Enrique Peña Nieto a exprimé ses condoléances aux familles. « Dans la mesure du possible, les habitants devront rester dans leurs logements lorsqu’ils sont sûrs et éviter d’encombrer les rues où doivent circuler les véhicules » de secours, a-t-il par ailleurs demandé.

Environ 40% de la capitale et 60% de l’Etat de Morelos se trouvaient sans électricité mercredi.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux témoignaient de la violence des secousses, d’effondrements d’immeubles et même d’une forte explosion dans un bâtiment. Des images saisissantes postées par des touristes naviguant à Xochimilco, zone lacustre du sud de Mexico, montraient de fortes vagues se former et secouer les embarcations sur ces canaux d’ordinaire calmes.

« Je suis bouleversée, je n’arrive pas à m’arrêter de pleurer, c’est le même cauchemar qu’en 1985 », confiait à l’AFP Georgina Sanchez, 52 ans, sur une place de la capitale.

« Ce n’est pas possible que ce soit aussi un 19 septembre ! », sanglotait Lucia Solis, une secrétaire, les mains encore tremblantes.

Le président Nieto a écourté un déplacement en province pour rentrer à Mexico en avion. « J’ai ordonné l’évacuation des hôpitaux endommagés et le transfert des patients », a-t-il écrit sur Twitter.

« Que Dieu bénisse les gens de Mexico ! Nous sommes avec vous et nous serons là pour vous », a tweeté le président américain Donald Trump, dont les relations avec le Mexique sont exécrables. L’Espagne, l’Allemagne et d’autres pays ainsi que le pape François ont également exprimé leur solidarité.

Plusieurs institutions de la capitale, dont l’aéroport et l’université nationale autonome de Mexico (Unam), l’une des principales d’Amérique latine, ont annoncé sur leur compte Twitter la suspension de leurs activités pour inspecter les bâtiments. Les écoles dans la capitale ont été évacuées et fermées. L’aéroport a rouvert quelques heures après.

Romandie.com avec(©AFP / 20 septembre 2017 13h54)