Archive for the ‘Éducation’ Category

Invitation au jeu de mots de la langue française

novembre 13, 2019

Seul un amoureux de la langue française réussira ce test de vocabulaire
QUIZ – «Pétaudière», «fébricitant», «lupanar»… Nos dictionnaires abritent des mots tout à fait étonnants! Les connaissez-vous? Le Figaro vous propose de le découvrir.

https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/quiz-francais/seul-un-amoureux-de-la-langue-francaise-reussira-ce-test-de-vocabulaire-20191113

Ils se cachent dans les colonnes de nos dictionnaires. Des mots rares, littéraires, familiers pour certains, qui expriment avec une précision savoureuse un état d’esprit. Ou bien, un sentiment.

Un «lucullus», par exemple, aime la bonne nourriture. Une personne qui «blézimarde» est quelqu’un qui a tendance à couper la parole. Un «agélaste» est un individu qui ne rit jamais. Celui qui a le nez «camard» a un nez aplati. Il y en a des milliers. Des termes que l’on ne connaît pas encore, que l’on croisera peut-être au détour d’une phrase, dans un livre ou une vieille revue.

Tant mieux! Dépoussiérons la langue française et dénichons-y de nouveaux (anciens) mots. Nous serions étonnés de voir à quel point ils n’ont pas pris une ride! Irez-vous jusqu’au bout de ce test de vocabulaire? Le Figaro vous propose de le découvrir…

https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/quiz-francais/seul-un-amoureux-de-la-langue-francaise-reussira-ce-test-de-vocabulaire-20191113

Par Le Figaro.fr

Un célèbre historien russe avoue avoir tué une ancienne étudiante

novembre 10, 2019

 

Oleg Sokolov, spécialiste de Napoléon, intervenait dans l’école fondée par l’ancienne députée d’extrême droite Marion Maréchal.

L’histoire est à frémir. Tôt samedi matin 9 novembre, les secours ont repêché un homme tombé dans le canal de la Moïka, au centre de Saint-Pétersbourg. Dans son sac à dos, on a retrouvé deux bras de femme, sectionnés au niveau des coudes, et un pistolet d’alarme. Lorsque la police s’est rendu à son appartement, non loin de là, elle a découvert le corps décapité d’une jeune femme.

Le meurtrier présumé, qui serait tombé à l’eau alors qu’en état d’ivresse il tentait de faire disparaître les restes de sa victime, n’est autre qu’un historien internationalement reconnu, Oleg Sokolov, 63 ans, spécialiste de Napoléon et professeur de la chaire d’histoire moderne à l’université de Saint-Pétersbourg. Ce parfait francophone, décoré de la Légion d’honneur en 2003, est aussi le fondateur d’une association organisant des reconstitutions des grandes batailles napoléoniennes en Russie, – en costumes avec des milliers de figurants-, comme celle de Borodino (1812).

Selon les médias russes, le corps décapité serait celui d’Anastasia Echtchenko, 24 ans, l’une de ses anciennes étudiantes avec lequel il entretenait une liaison. Oleg Sokolov aurait avoué à la police l’avoir tué, deux jours plus tôt, avec un fusil à canon scié, à la suite d’une dispute.

«Il se prenait pour Napoléon»

Le fait divers a largement été « couvert » par la presse russe qui a publié des photos du couple en tenue d’époque, lui en maréchal d’empire, elle en robe à crinoline. D’autres clichés le représentent menant la charge à la tête d’un régiment de cavaliers de hussards… Divers témoignages composent le portrait d’un homme à la personnalité quelque peu inquiétante, voire mégalomaniaque, et parfois brutale.

« Il se prenait vraiment pour Napoléon, au point qu’il se faisait appeler « Sire » ou « Majesté », écrit le journal Novaya Gazeta. En 2018, Oleg Sokolov s’était vu accusé de plagiat pour l’un de ses derniers ouvrages. Interrogé à ce propos par un étudiant lors d’un cours en amphithéâtre, Sokolov avait fait brutalement expulser l’impétrant par des nervis, comme le montre une séquence visible sur YouTube. Blanchi par la justice en première instance dans cette affaire de plagiat, l’historien se disait néanmoins lui-même objet de menaces.

Plus grave, en 2008, Oleg Sokolov aurait tenté d’étrangler une jeune femme, après avoir voulu lui appliquer un fer à repasser sur le visage, selon le journal Moskovski Komsomolets. L’universitaire aurait toutefois réussi à échapper aux poursuites pénales.

Respecté pour ses travaux, auteurs d’innombrables livres et articles, conseiller historique pour des films et documentaires, Oleg Sokolov était aussi membre du conseil scientifique de l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques (Issep), l’« université » fondée par Marion Maréchal à Lyon.

«Nous apprenons avec horreur par la presse le crime atroce dont se serait rendu coupable Oleg Sokolov. Etant professeur de la chaire d’histoire moderne à l’université de Saint-Pétersbourg, intervenu comme directeur d’études invité à l’Ecole pratique des hautes études à la Sorbonne, décoré de la Légion d’honneur française, nous n’imaginions pas qu’il puisse commettre cet acte odieux», expliquait samedi dans un communiqué l’Issep.

À Saint-Pétersbourg, Oleg Sokolov, hospitalisé pour hypothermie, a été placé en garde à vue et l’enquête se poursuivait dimanche. Selon le site 47news.ru, l’éminent professeur aurait indiqué lors de son premier interrogatoire avoir envisagé de se suicider après son crime, dans son uniforme de Napoléon, sur le site de la forteresse Pierre-et-Paul, devant les touristes.

Par Le Figaro.fr par Alain Barluet, correspondant à Moscou

Liban: des milliers d’écoliers et d’étudiants mobilisés pour la contestation

novembre 7, 2019

 

A travers tout le pays, les contestataires sont de mieux en mieux organisés, ralliant de nouvelles catégories sociales avec des initiatives qui visent à préserver l’ampleur de la mobilisation.

Écoliers et étudiants ont manifesté jeudi par milliers à travers le Liban, théâtre d’un soulèvement inédit contre les dirigeants politiques, accusés de corruption et d’incompétence.

Sans s’essouffler, le mouvement de protestation est entré jeudi dans sa quatrième semaine. A travers tout le pays, les contestataires sont de mieux en mieux organisés, ralliant de nouvelles catégories sociales avec des initiatives qui visent à préserver l’ampleur de la mobilisation. Depuis le 17 octobre, des centaines de milliers de personnes, toutes communautés confondues, ont battu le pavé pour dénoncer l’ensemble de la classe politique, dans un pays en proie à une grave crise économique.

Geste symbolique, des manifestants ont enlevé jeudi des affiches de soutien au Premier ministre démissionnaire Saad Hariri fixées à des lampadaires, qu’ils ont remplacées par des drapeaux libanais à Tripoli, grande ville du nord, sous les applaudissements de dizaines de personnes, a rapporté une correspondante de l’AFP. Les manifestants ont appelé par mégaphone les habitants et les commerçants à aussi enlever les affiches sur les façades de leurs immeubles. «Le message, c’est que Tripoli n’appartient à aucun leader», lance Youssef Tikriti, jeune militant de 23 ans.

Plus tôt dans la capitale, plusieurs milliers d’écoliers et d’étudiants se sont rassemblés devant le ministère de l’Education, sacs à dos sur les épaules, allumant des fumigènes colorés et brandissant des drapeaux libanais, selon un photographe de l’AFP.

«Vous donner une leçon»

«On rate nos cours pour pour vous donner une leçon», peut-on lire sur la pancarte brandie par une jeune fille. «On va à l’école, on se fatigue et au final on va décrocher des diplômes, les accrocher à la maison sans rien en faire, ni travailler», déplore de son côté Marwa Abdel Rahmane, 16 ans. Des cortèges estudiantins ont aussi défilé dans les rues de Beyrouth, rythmés par les applaudissements et les sifflements des jeunes. Les contestataires ont obtenu le 29 octobre leur première victoire avec la démission de Saad Hariri et son gouvernement –qui continue de gérer les affaires courantes en attendant la nouvelle équipe.

Saad Hariri a été brièvement reçu jeudi par le chef de l’Etat Michel Aoun au Palais présidentiel de Baabda. Les deux hommes ont mené des «consultations au sujet du (futur) gouvernement», qui vont se poursuivre avec les autres parties, a souligné le chef du gouvernement à l’issue de la réunion.

Les manifestants entendent maintenir la pression jusqu’à obtenir un gouvernement de technocrates qui ne seraient pas issus du sérail politique traditionnel.

Outre Beyrouth et Tripoli, d’autres manifestations estudiantines ont eu lieu à travers le pays, notamment dans les villes majoritairement chiite de Nabatiyé et Baalbek, deux bastions du puissant mouvement du Hezbollah, selon l’agence de presse ANI. Mercredi soir, des milliers de femmes se sont rassemblées sur la place des Martyrs au cœur de Beyrouth, tenant dans leurs mains des chandelles allumées. Accompagnées par les vivats de la foule, les manifestantes ont tapé sur des casseroles dans un joyeux tintamarre.

«Sombrer dans la pauvreté»

Les Libanais sont exaspérés par l’absence de services publics dignes de ce nom, avec notamment de graves pénuries d’eau et d’électricité. La Banque mondiale a estimé mercredi que «l’étape la plus urgente» pour le Liban était «la formation rapide d’un gouvernement correspondant aux attentes de tous les Libanais».

En cas d’impasse persistante, la moitié de la population pourrait sombrer dans la pauvreté et le chômage «augmenter fortement», a averti l’institution, à l’issue d’une rencontre d’une délégation avec le président libanais Michel Aoun. Selon la Banque mondiale, environ un tiers des Libanais vit déjà sous le seuil de pauvreté.

Ces derniers jours les autorités ont mis en avant les mesures adoptées pour illustrer leurs efforts dans la lutte anticorruption, sans parvenir à calmer la rue. La justice a ordonné jeudi l’ouverture de nouvelles enquêtes dans des affaires de corruption ou de gaspillage de fonds publics présumés visant de hauts responsables, selon ANI.

Le parquet général a commandé une enquête concernant «tous les ministres des gouvernements successifs depuis 1990 à ce jour», tandis que le procureur financier a engagé des poursuites contre le chef des douanes Badri al-Daher. Le chef de l’Etat a assuré mercredi que le prochain gouvernement inclurait des «ministres compétents et à l’abri de tout soupçon de corruption».

Par Le Figaro.fr avec AFP

Les nouvelles mesures du programme d’immigration au Québec

novembre 6, 2019

 

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© simonjolinbarrette.borduas | Facebook

François Legault avait promis une certaine réforme dans l’immigration lors des dernières élections qui l’ont vu prendre le pouvoir au Québec. Dernièrement, annonçant que les arrivants étrangers devraient passer un test des valeurs et le réussir pour obtenir leur citoyenneté, la CAQ avait beaucoup fait jaser dans les médias et la population québécoise aussi semblait divisée sur le sujet. Cette nouvelle n’était vraisemblablement qu’une entrée en matière pour le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette, alors qu’on apprend maintenant une réforme du programme de l’expérience québécoise qui accueille les étudiants et travailleurs étrangers.

En effet, des changements au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) auront un impact plus important que ce test des valeurs.

La nouvelle réforme sur l’immigration qui est désormais appliquée aura des conséquences assez lourdes sur plusieurs étudiants et travailleurs. En effet, ça ne fait pas l’affaire de tous et certains points forts doivent être soulignés. Le PEQ a été modifié, en partie, afin de satisfaire les besoins du Québec dans des domaines d’emplois précis, alors qu’auparavant, tous les domaines d’études pouvaient permettre d’accéder à ce programme.

En date du 1er novembre 2019, seulement 218 programmes, tous niveaux confondus, sont maintenant admissibles. Parmi ces derniers se retrouvent 37 DEP, 23 AEC, 59 DEC, 65 BAC et 23 MAI. Des programmes qui touchent la santé, l’administration, les communications, l’ingénierie, les affaires et l’enseignement se retrouvent toujours dans la liste, alors que d’autres, comme ceux qui touchent l’art, ont été retirés et ne sont plus considérés.

Dès maintenant, ces changements s’appliquent à tous les étudiants qui appliquent au PEQ dans les 3 ans qui suivent l’obtention d’un diplôme. De plus, les conditions suivantes s’appliquent aussi à tous ceux qui feront une demande:

– doit avoir obtenu un diplôme d’études universitaires (baccalauréat, maîtrise, doctorat) ou un diplôme d’études collégiales techniques

– doit avoir obtenu une attestation d’études collégiales (AEC), un diplôme d’études professionnelles (DEP) ou une attestation de spécialisation professionnelle (ASP) sanctionnant 900 heures ou plus de formation

– les diplômes et attestations sanctionnant 900 heures de formation (mais moins de 1 800 heures) nécessitent en plus de posséder une expérience de travail au Québec de 6 mois minimum, acquise après son programme de formation, dans son domaine de formation.

Le volet travailleur étranger temporaire a aussi vu ses conditions être modifiées. En effet, la liste des emplois donnant accès au Programme de l’expérience québécoise a été amincie, alors que seulement les emplois qui sont en demande s’y retrouvent désormais.

Cette nouvelle a en quelques sortes causé une commotion dans la population et les partis de l’opposition se sont tous levés contre le ministre Jolin-Barrette afin qu’il recule devant ces nouvelles politiques, qu’ils jugent « insensibles, maladroites et pouvant causer des dommages humains graves chez beaucoup de gens, voire briser des vies ».

De la même manière, les instituts d’enseignement, qui devront faire face à une nouvelle réalité par rapport à l’admission de leurs étudiants, se sont levées contre la décision du gouvernement caquiste. Certains, comme le recteur de l’UdeM, Guy Breton, mettent même de l’avant les répercussions de ces modifications au PEQ, alors que la majorité de leurs étudiants étrangers ne pourront plus être admissibles au PEQ.

Bref, c’est une décision qui ne fait pas l’unanimité chez la population québécoise et encore moins chez les différents partis politiques, qui souhaitent tous voir François Legault et son équipe faire demi tour. D’ailleurs, le principal intéressé a réitéré son désir d’aller de l’avant avec ce projet plus tôt mardi, mentionnant les priorités du Québec par rapport à l’économie et les emplois qui sont à combler.

Par Vincent Dupont

 

France: Pour les immigrés en France, deux systèmes de soins différents et des dérives

novembre 5, 2019

Agnès Buzyn a dénoncé les dérives de la PUMA, qui permet aux immigrés légaux de se soigner, Emmanuel Macron de l’AME, qui concerne les «sans-papiers».

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Agnès Buzyn le 22 octobre à l’Assemblée. ERIC FEFERBERG/AFP

Les subtilités administratives forment un univers kafkaïen où il est parfois difficile de se repérer. Dernier exemple en date, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et le président de la République, Emmanuel Macron, ont dénoncé deux cas typiques mais en réalité très différents de dérives en matière de dépenses de santé pour la population immigrée.

La ministre a décrit le cas de demandeurs d’asile venus de Géorgie et d’Albanie, «a priori des pays sûrs», qui profiteraient de la protection universelle maladie (PUMA) accordée aux réfugiés comme à ceux qui demandent l’asile. Le président a lui décrit le cas d’étrangers venant en France avec un visa de tourisme et qui, une fois celui-ci expiré, resteraient sur le sol national pour profiter de l’Aide médicale d’État (AME), accordée aux sans-papiers.

Ces deux exemples distincts font intervenir deux dispositifs différents. Le premier, la PUMA, est le mécanisme qui permet à toute personne travaillant ou résidant de façon régulière en France (qu’elle soit française ou non) de bénéficier de la «sécu de base» pour un coût nul ou minime (selon les revenus, la situation familiale…). Créée en 2016, la PUMA a remplacé la Couverture Maladie Universelle (CMU). Pour en bénéficier, il faut être installé depuis au moins trois mois, mais les réfugiés ou les demandeurs d’asile sont exemptés de cette règle.

«Régler vite» la question

Pour lutter contre ce que la ministre de la Santé a qualifié de «dévoiement», le gouvernement semble avoir acté l’instauration d’un délai de carence de trois mois pour l’accès à la PUMA. Il s’agirait donc de supprimer l’exception dont bénéficiaient jusque-là les demandeurs d’asile. Ainsi, un Géorgien ou un Albanais qui demanderait l’asile non pour l’obtenir réellement mais seulement pour profiter du délai d’examen de sa demande (en moyenne un an) afin de se soigner ne pourrait plus le faire dès son arrivée. Mais cela permettrait-il de décourager ces vrais-faux demandeurs d’asile? Comme la députée (LR) Véronique Louwagie l’avait fait remarquer lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2019, «les demandeurs d’asile dont la demande a été rejetée, continuent, pendant une période de douze mois, à bénéficier de la PUMA». Au total, un demandeur d’asile peut donc espérer en bénéficier vingt-quatre mois. Avec un délai de carence, cette durée passerait à vingt-et-un mois.

L’exemple pris par Emmanuel Macron concerne quant à lui le dispositif spécial, l’AME, accordé aux illégaux présents sur le territoire français depuis au moins trois mois. À propos de ces vrais-faux touristes qui voudraient en profiter une fois leur visa expiré, le président a déclaré vouloir «régler vite» la question. Mais aucune mesure n’a, pour l’heure, été annoncée. Agnès Buzyn a assuré qu’il n’y aurait «aucune réduction du panier de soins» de l’AME. Il y a quelques semaines, elle avait même déclaré que le sujet suscitait des «fantasmes». Une façon de répondre au maire de Nice, Christian Estrosi, qui évoquait le chiffre d’«au moins 70% d’abus» dans sa ville.

Il y a aujourd’hui en France 300.000 bénéficiaires de l’AME (contre 75.000 en 2000 lors de sa création) pour un coût de 934 millions d’euros en 2019 (377 millions en 2005). En pratique, l’AME prend en charge 100% des soins médicaux et hospitaliers, à l’exception des procréations médicalement assistées (PMA), des cures thermales et de certains médicaments remboursés à 15%. À côté de cette AME de droit commun, une AME dite «d’urgence» bénéficie aux illégaux présents depuis moins de trois mois. L’offre de soins est alors réduite au strict minimum. Pour trancher, le gouvernement attend les conclusions de deux rapports qu’il a commandés sur le sujet à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et à l’Inspection générale des finances (IGF).

Le Figaro.fr par Alexis Feertchak

Canada-Québec : Une Estrienne célèbre ses 110 ans

octobre 20, 2019

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© Dominique Bertrand

Yvonne Delorme Martel a fêté ses 110 au CHSLD Youville à Sherbrooke, entourée des cinq générations de sa famille.

La doyenne de l’Estrie est parmi les personnes les plus âgées au Québec. Elle a vu le jour à Ham-Sud en 1909 et a passé la majeure partie de sa vie à Stoke où elle a eu cinq enfants.

Yvonne Delorme Martel est une femme qui a travaillé dur dans sa vie, affirment unanimement ses proches.

On l’a placée en résidence quand elle avait 99 ans. Elle avait encore son appartement et se faisait à manger. Encore aujourd’hui, elle s’ennuie de son logement à Stoke, souligne sa fille Nicole Goupil.

La femme de 110 ans n’entend plus très bien et elle se déplace maintenant en fauteuil roulant, mais sa famille assure qu’elle est encore en bonne forme pour son âge.

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© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Yvonne Delorme-Martel a soufflé 110 bougies.

Une femme de campagne

En plus d’avoir travaillé comme sage-femme dans son village, Mme Delorme-Martel a élevé ses enfants dans un secteur reculé de Stoke.

Elle était dans le bois, à cinq kilomètres du village. À ma naissance, il n’y avait même pas de route, souligne sa fille Monique Martel qui est née en 1936.

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© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Yvonne Delorme-Martel a reçu la visite de son arrière-arrière-petit-fils de 7 mois lors de son anniversaire.

Yvonne Delorme-Martel travaillait la terre et pratiquait la chasse et la pêche pour nourrir sa famille.

Ah ! J’étais une bonne pêcheuse, se rappelle-t-elle. Le truc, c’était de mettre sa ligne très doucement à l’eau.

Mme Delorme Martel n’hésitait pas à tirer à la carabine pour ramener un chevreuil à la maison et elle cultivait toute une variété de légumes afin d’être autosuffisante tout au long de l’année.

Je faisais un grand jardin et après je cannais. Je cannais pour tout l’hiver, se souvient-elle.

Elle explique qu’elle faisait même sécher des tranches de pommes à l’automne afin de les utiliser tout au long de l’hiver dans ses tartes.

Dans mon temps, c’était pas riche, mais c’était quand même mieux qu’aujourd’hui.

Yvonne Delorme-Martel, 110 ans

Une inspiration pour sa famille

Audréane Châteauneuf, son arrière-petite-fille de 20 ans, s’estime chanceuse de connaître son arrière-grand-mère. Elle affirme que la femme de 110 ans est une inspiration pour elle.

Elle a commencé par défricher sa terre, elle a vu toute l’évolution de la technologie qu’on connaît aujourd’hui. Elle en connaît beaucoup plus que la plupart des gens, décrit-elle.

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© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Yvonne Delorme-Martel a eu cinq enfants, dont trois qui sont toujours en vie.

Ses filles se souviennent d’une mère qui était sévère. Elles se rappellent toutefois qu’elle était toujours prête à venir les aider lorsqu’elles en avaient besoin. Un service que sa fille Monique lui rend aujourd’hui avec plaisir, maintenant que sa mère a atteint un âge vénérable.

Radio-Canada.ca par Katy Larouche

Dix mots d’arabe que vous employez sans le savoir

octobre 11, 2019

«Abricot», «massage», «mesquin»… Nous utilisons ces termes au quotidien sans nous douter de la richesse de leur histoire. Le Figaro vous propose de la (re)découvrir.

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Pixabay

Nous sommes loin de nous imaginer l’origine des mots que nous employons au quotidien. Des mots en apparence absolument banals, parfaitement ordinaires. «Moustache», par exemple! Le terme vient de l’italien mostacchio, lui-même issu du grec byzantin mustakhion, diminutif de mustac, «lèvre supérieure». Il y a le mot «robe» aussi. Emprunté au germain rouba, «butin» d’où «vêtement dont on a dépouillé quelqu’un», précise Le Trésor de la langue française.

Ainsi, au fil des siècles, c’est tout naturellement que des mots arabes ont, peu à peu, intégré les colonnes de nos dictionnaires. L’éminent lexicologue Jean Pruvost retrace le voyage de ces mots jusque dans le vocabulaire français dans son éclairant ouvrage Nos ancêtres les Arabes, ce que notre langue leur doit (JC Lattès). Florilège.

Les mots savoureux

Le sucre que nous versons sur nos fraises, l’abricotque nous engloutissons, le chocolat que nous dégustons. Nos assiettes sont remplies de mots arabes jusqu’à la tasse de café que nous avalons. Mais aussi, plus étonnant, les sorbets que nous léchons. «C’est une sorte de boisson agréable qui nous vient du Levant», ainsi que le définit Richelet en 1680. Dix ans plus tard, on trouve le mot dans le Dictionnaire universel de Furetière: «Sorbet. s. m. Breuvage qui est fort ordinaire chez les Turcs, auxquels le vin est deffendu. Il est composé de sucre et de chair de citron». «Sorbet», donc, vient de charbat, qui désigne une boisson. À l’origine, nous le trouvons sous la forme de chourba, un terme en arabe populaire qui, par l’intermédiaire du turc, a donné chorbet. Puis, enfin, sorbetto en italien. Le mot fait son entrée en langue française en 1544, au cours de la Renaissance. Ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle, en 1782 exactement, que le «sorbet» désigne une «liqueur explicitement destinée à être convertie en glace».

Et qu’en est-il des épinards? Ce mets a fait grimacer plus d’un enfant… Ainsi que le raconte Jean Pruvost, «lorsque cette plante fut introduite par les Arabes en Espagne, il s’agissait de mettre en valeur ses vertus thérapeutiques». Puis, son utilisation devint culinaire. Rappelons néanmoins que le terme vient de l’arabe oriental asfanah, issu du persan, «puis à l’arabe d’Andalousie, isbinâkh, que l’on retrouve en latin médiéval spinachium mais aussi en espagnol, espinaca».

La mousseline, enfin. Seriez-vous étonné d’apprendre que ce mot nous vient de la ville de… Mossoul? «Au bord du Tigre, cette cité faisait entre autres commerce d’une toile très fine de coton ou de laine, qui, en transitant par l’Italie, mossolino, passa en français à la fin du XIIIe siècle, donnant naissance au mosulin, drap d’or et de soie fabriqué à Mossoul». Au milieu du XIIe siècle, et vraisemblablement par attraction avec le mot «mousse», mosulin donna «mousseline» désignant une «toile de coton délicate». Peu à peu, l’autre nom de la pâte à base de gomme adragante, additionnée de jus de citron, fut «mousseline». «C’est par assimilation que vinrent ensuite les brioches, les pommes dites mousselines, brioches ou purées très légères».

Les mots du corps

Qui n’a jamais réclamé à son cher et tendre un massage après une longue journée de travail? Sans doute serez-vous surpris de savoir que le mot nous vient de l’arabe massa, «toucher, palper». Terme qui donna le verbe «masser» attesté en français dès 1779. Il faut attendre le XIXe siècle pour que le «massage» apparaisse, notamment dans les ouvrages de médecine. Au XXe siècle, le «massage» prend une «dimension vitale». Ainsi parle-t-on, dès les années 1970, de «massage cardiaque».

Il existe un terme un peu moins doux et certainement plus familier: «niquer». Relativement récent, «il fait son entrée en 1890 en venant du sabir d’Afrique du Nord i-nik, ‘‘il fait l’amour’’, en partant de l’arabe nak, de même sens», précise Jean Pruvost. C’est par le biais de l’argot militaire que le terme a été introduit en langue française au sens de «posséder charnellement». Lorsque les militaires se faisaient inviter par les prostituées du pays, il n’était pas rare d’entendre la formule «faire nik-nik». À ne pas confondre avec l’expression «faire la nique» qui signifie»se moquer, mépriser».

Les mots des états d’âme

Il vous est sans doute déjà arrivé de qualifier quelqu’un de «maboul». Comprendre: «fou», «cinglé», «inconscient». Le terme est issu de la langue arabe d’Algérie: mabbhul signifie à l’origine «idiot». Le mot transite par l’argot d’Afrique en 1830, raconte Jean Pruvost et prend «un essor certain en langue française, immortalisé dans la poésie française, au point d’en avoir fait oublier leur origine».

Le «miskin» que nous entendons dans la bouche des plus jeunes est un mot arabe duquel vient l’adjectif «mesquin». À l’origine, miskin veut d’abord dire «être pauvre». Le mot voyage ensuite en Italie et devient meschino, avant de s’orthographier, en ancien français, meschin. Il signifie alors «jeune homme, serviteur». C’est lorsque «meschin» disparaît que «mesquin» prend davantage d’ampleur «avec tout d’abord l’idée de petitesse et de médiocrité, puis à partir du milieu du XVIIe siècle, celle d’avarice, témoignant d’une parcimonie déplaisante». En 1635 apparaît «mesquinerie» qui signifie «absence de grandeur, de générosité».

Nombreux sommes-nous à «avoir le cafard», parfois. «Cafard» vient de l’arabe kâfir, «infidèle, incroyant» puis «converti à une autre religion que la religion musulmane». Ergo, la notion d’hypocrite, remarque Jean Pruvost. Si le mot a pris un sens encore plus péjoratif, c’est en raison de «sa finale assimilée au suffixe populaire -ard, et le mot devint au XIXe siècle synonyme familier de ‘‘mouchard’’, notamment dans le vocabulaire des écoliers.

Par Le Figaro.fr

Cinq mots disparus que nous ferions bien d’employer (à la place des anglicismes)

octobre 8, 2019

 

«Soporatif», «se panader»… Nombreux sont ces termes anciens à s’effacer, petit à petit, des colonnes de nos dictionnaires. Le Figaro vous propose de les découvrir grâce au lumineux ouvrage de Bernard Cerquiglini, Les mots disparus de Pierre Larousse.

The Artist de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin et Berenice Bejo, 2011

Rue des Archives/Rue des Archives/BCA

Il ne s’agit pas de maudire les petits nouveaux qui se fraient un chemin dans les colonnes de nos dictionnaires. Après tout, la langue française évolue. Elle se régénère, s’enrichit parfois, s’appauvrit aussi. On ne peut pas dire que les anglicismes, qui se multiplient dans nos conversations quotidiennes, soient ni particulièrement jolis, ni complètement utiles. Bien sûr, «week-end», «parking», «corner» sont indispensables. Mais «drink», «flop», «too much» le sont-ils tout autant? À ce propos, Le Figaro vous propose de (re)découvrir cinq mots disparus à réhabiliter et à employer… sans modération! Et tout cela, grâce à l’éclairant ouvrage de Bernard Cerquiglini, Les mots disparus de Pierre Larousse.

«Best of». On l’emploie à toutes les sauces. Pour parler des chansons d’un artiste, des phrases cultes des hommes d’État, des films du XXe siècle à voir absolument… Ce mot anglais, ainsi que le précise le Larousse, a pour définition: «sélection des meilleures expressions d’une œuvre ou d’un artiste». Et ses synonymes? Bien sûr, il y a l’anthologie, un florilège ou encore, une compilation. Mais si l’on parle de littérature, l’on peut également utiliser le terme d’«analecte». À savoir: «morceaux en prose ou en vers, choisis dans les ouvrages d’un ou de plusieurs auteurs», note Le Trésor de la langue française. Ce joli mot est emprunté au latin analecta qui vient lui-même du grec signifiant «choses recueillies», issu d’analego, «choisir, recueillir, ramasser». À partir du XVIIIe siècle, il est employé au sens de «recueil».

«Ce qu’il est snob ! Non mais son comportement… C’est too much !» Concernant «snob», il vient de l’anglais snobbish attesté depuis 1840 et qui s’emploie pour parler d’une personne «qui affecte et admire les manières, les opinions qui sont en vogue dans les milieux qui passent pour distingués et qui méprise tout ce qui n’est pas issu de ces milieux», lit-on dans les colonnes du Larousse. Quant à «too much», on pourrait le traduire par: «Il en fait trop». Il existe un joli verbe qui peut s’avérer utile dans les deux cas: «(se) panader». Il signifie «Marcher d’une allure majestueuse et fière avec l’ostentation d’un paon faisant la roue», ainsi que nous le lisons sur le site du CNRTL. Le verbe est dérivé du moyen français penade, «saut d’un cheval, ruade», attesté dès 1460. À la même époque, «pennader» s’emploie en tant que verbe intransitif au sens de «sauter, ruer». Il faut attendre le XVIe siècle pour qu’il prenne le sens de «marcher avec ostentation».

Qu’il est «soporatif»!

Après une journée de travail, quoi de plus rafraîchissant qu’un verre entre collègues? «Tu veux un p’tit drink pour te détendre?» Douche froide. Un drink signifie ici un «verre». Et souvent, un verre d’alcool. Alors, pour éviter l’anglicisme, pourquoi pas proposer un «brandevin»? Mot léger et agréable signifiant «eau-de-vie» et qui nous vient de l’Allemagne. Attesté depuis 1360 sous la forme du moyen allemand brantwin, «eau-de-vie», le terme est composé de brant, abréviation du participe passé gebrant, «brûlé» et de win, «vin». Littéralement, précise Le Trésor de la langue française, «vin brûlé, c’est-à-dire distillé».

«Tout ça pour ça! Ils ont bossé des heures et des heures! Et ça donne un flop!» Comprendre: «faire fiasco», «connaître un échec (cuisant)». Ces expressions, nous les connaissons. Mais il y en a une, quelque peu familière mais intéressante, qui exprime l’idée d’une «entreprise folle suivie d’un échec». Il s’agit d’une «cacade». Au sens premier, dans le langage populaire, le terme signifie «brusque évacuation d’excréments». Et, par métaphore, la «déchéance par effondrement soudain». «Cacade» vient du provençal cagado, «selle». La forme française «caguade» apparaît au XVIe siècle.

Imaginez ceci: vous voilà assis dans un obscur auditorium, écoutant un discours aussi long qu’inintéressant. Votre voisin, agacé, se rapproche et vous souffle dans l’oreille: «C’est so boring !» La locution s’emploie souvent pour désigner une personne, une lecture, quelque chose d’«ennuyeux». Ou bien, ce qui est «soporatif»: qui a la propriété de faire dormir. Au sens premier, on parle plutôt d’une boisson ou d’une substance soporifique. Au figuré, le terme s’emploie pour désigner ce «qui ennuie profondément au point de provoquer le sommeil». Le mot est dérivé du latin sopor, «profond sommeil», et de -fique «qui produit».

Par Le Figaro.fr

Tunisie : environ 100 étudiants pour la première cohorte de l’université franco-tunisienne

octobre 7, 2019

Le lancement de l’Uftam s’est faite le 04 octobre à l’Institut de France à Paris. © Gilles Pécout/Twitter/2019

 

Officiellement inaugurée le 04 octobre, l’établissement veut être le pont de référence entre l’Europe et l’Afrique au niveau de l’enseignement supérieur. Mais le projet, en cours de finalisation, fait grincer des dents.

Un quart de Tunisiens et trois quarts de sub-sahariens : tel est le cocktail de la première promotion de l’Université franco-tunisienne pour l’Afrique et la Méditerranée (UFTAM). À partir de novembre, elle proposera trois masters en métier de l’eau et gestion de l’environnement, en expertise économique des politiques et projets de développement et en sciences des données et nouveau métiers du numérique. Deux certifications – modules de formations courtes et intensives – en ingénierie de projets euro-méditerranéens et en « soft skills » et entrepreneuriat sont également disponibles.

La Guinée, pays étranger le plus représenté

Au total, ce sont une centaine d’étudiants, à raison de 10 à 15 élèves par master, qui inaugureront cette première année. Choisis sur dossier sur des critères d’excellence, les Guinéens seront les étrangers les plus représentés avec environ 10 % du contingent, suivi des Tchadiens (7 %) et des Algériens (5 %). Le Cameroun, le Sénégal et la République centrafricaine sont aussi représentés. Les diplômes de masters coûtent 9 000 dinars par an (environ 2 850 euros).

La formation sera dispensée à parité entre enseignants issus des universités partenaires françaises et tunisiennes. Il s’agit d’une cocréation de diplômes entre les établissements des deux rives de la Méditerranée et non d’un double diplômes classique.

Le master en expertise économique sera par exemple dispensé par des professeurs de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de l’Institut des hautes études commerciales de Carthage (IHEC). Le master en environnement a été élaboré conjointement par Aix-Marseille Université, la Faculté des sciences de Tunis et l’Institut Supérieur des Sciences Biologiques Appliquées de Tunis (ISSBAT). Celui dédiés aux sciences du numérique est géré par l’ENSTA Paris Tech, l’École nationale des ingénieurs de Tunis (ENIT) et Sup’Com Tunisie. Les certifications sont à la charge de l’université Côte d’Azur et les universités de Tunis el Manar et de Carthage.

Durant les deux à trois premières années, les étudiants sélectionnés se retrouveront dans les murs de la Tunis Business School (TBS)

Statut juridique flou

Présente lors de l’inauguration officielle qui s’est tenue vendredi 04 octobre, la ministre française de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, espère que l’UFTAM pourra rapidement proposer un cursus complet allant de la licence au doctorat.

En attendant, l’université fonctionne sous le statut d’association de préfiguration dont les coordinateurs sont Habib Sidhom, président de l’université de Tunis, et Gilles Pécout, recteur de l’Académie de Paris. « Un bureau d’étude est en train de réfléchir au meilleur format juridique pour l’UFTAM. Il devrait rendre son rapport d’ici décembre », précise Samira Karrach, la directrice exécutive de l’UFTAM. Un flou juridique qui est dénoncé notamment par un syndicat tunisien des enseignants. Selon ces derniers, leur ministère de tutelle privilégie les structures privées au lieu de renforcer une université publique aux abois.

Durant les deux à trois premières années, les étudiants sélectionnés se retrouveront dans les murs de la Tunis Business School (TBS), gracieusement mis à disposition par l’université de Tunis, avant de pouvoir profiter d’un campus mis à niveau sur le splendide site entre mer et forêt de Hamam Chaat.

Localisé à El Mourouj, une ville de la banlieue sud de Tunis, le site de TBS, assez difficile d’accès, fait l’objet de premières critiques, notamment pour les étudiants étrangers qui ne bénéficieront pas de résidences à proximité. Des navettes depuis Tunis pourraient être mises en place pour y remédier.

Jeuneafrique.com par Mathieu Galtier

France/Suicide d’une directrice : des parents d’élèves interpellent le ministre

septembre 28, 2019

 

 

 

L’école Méhul de Pantin en Seine-Saint-Denis. MORGANE RUBETTI / LE FIGARO

«Nous vivons l’événement comme un reflet de l’état des écoles de notre secteur et comme un dramatique cri d’alerte sur les conditions de travail des directeurs d’école», écrivent-ils dans une lettre.

Les parents d’élèves d’une école maternelle de Pantin (Seine-Saint-Denis), dont la directrice s’est donné la mort ont adressé vendredi 27 septembre une lettre au ministre de l’Education nationale pour l’interpeller sur «un dramatique cri d’alerte».

Six jours après la découverte du corps de Christine Renon dans le hall de la maternelle Méhul et des nombreuses lettres qu’elle avait pris soin d’envoyer avant sa mort où elle mettait en cause l’Education nationale, les parents d’élèves ont envoyé ce courrier, également adressé au recteur, ainsi qu’à l’inspecteur d’académie et de la circonscription.

«Le geste de Christine Renon est porteur de messages clairs ; nous vous demandons de les entendre et d’en prendre acte, et nous attendons un engagement fort en faveur des écoles de Pantin, des écoles de Seine-Saint-Denis, des écoles des zones sensibles», écrivent-ils dans cette lettre que l’AFP a pu consulter. «En dehors de l’émotion, nous vivons l’événement qui secoue notre école aujourd’hui comme un tragique reflet de l’état des écoles de notre secteur et comme un dramatique cri d’alerte sur les conditions de travail des directeurs d’école», poursuivent-ils.

Comme dans le courrier adressé par la défunte à plusieurs directeurs d’école de Pantin, les parents d’élèves pointent du doigt l’«instabilité d’un interlocuteur essentiel, l’inspecteur de l’Education nationale», un nouveau «en poste à chaque début d’année scolaire». Ils évoquent aussi des problèmes liés aux rythmes scolaires,«une grande instabilité dans les équipes d’animation, des changements de personnel très fréquents, en sous-effectif régulier, souvent peu formé».

Se déclarant «bien décidés à poursuivre les combats de Christine Renon», ils interrogent le ministre : «Quelles solutions pouvez-vous apporter ?», «quelles suites pouvons-nous attendre et dans quels délais ?», «comment les enseignants de l’équipe seront-ils accompagnés et soutenus dans la durée ?».

Pas d’accompagnement

«Samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée»: c’est par ces mots que commence la longue lettre envoyée à son inspection par cette enseignante de 58 ans qui exerçait dans le 93 depuis 30 ans.

L’école, qui compte onze classes et accueille 300 enfants, a été fermée lundi. Elle a rouvert mardi avec des modalités d’accueil particulières. Jeudi, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées dans la cour de l’école Méhul pour rendre hommage à Christine Renon. Quelques heures auparavant, Jean-Michel Blanquer s’était rendu sur les lieux pour rencontrer les personnels de l’école.

Sur Twitter, une ancienne mère d’élève de l’école raconte comment les parents n’ont pas été accompagnés pour gérer le suicide de la directrice. Son récit est à lire en plusieurs messages ci-dessous :

Des appels à une grève en solidarité avec Christine Renon ont été émis pour le jeudi 3 octobre. Ainsi qu’une minute de silence lundi 30 septembre à 14h59, soit 1 minute avant celle que les fonctionnaires devront respecter pour Jacques Chirac dans le cadre de la journée de deuil national.

Par Le Figaro.fr avec AFP