Archive for the ‘Éducation’ Category

En Ukraine, le retour d’enfants enlevés par la Russie

mars 23, 2023
En Ukraine, le retour d'enfants enleves par la Russie
En Ukraine, le retour d’enfants enlevés par la Russie© AFP/SERGEI CHUZAVKOV

Ala sortie d’un bus à Kiev, un petit garçon de 10 ans saute dans les bras de son père. Il fait partie d’un groupe de 17 enfants revenus, grâce à une ONG, de « déportation » en Russie ou de territoires ukrainiens occupés.

Denys Zaporojtchenko n’avait pas vu son fils, ainsi que ses deux filles également dans le bus, depuis six mois et demi.

Tous habitaient ensemble à Kherson, dans le sud occupé de l’Ukraine lorsqu’ils ont été séparés, raconte-t-il, le 7 octobre, un mois avant la reconquête de la ville par les forces ukrainiennes.

Alors que des combats terribles s’annonçaient à Kherson avec la contre-offensive ukrainienne, M. Zaporojtchenko affirme avoir accepté d’envoyer ses enfants loin de la guerre en « camps de vacances » plus au Sud, en Crimée annexée.

Les responsables russes de l’école où étaient scolarisés ses enfants « avaient promis de les envoyer pour une semaine ou deux dans ce camp », poursuit-il. « Mais quand on a réalisé qu’il n’aurait pas fallu faire ça, c’était trop tard. »

Il précise avoir pu échanger avec ses trois enfants par téléphone pendant ces longs mois de séparation.

Pour l’Ukraine, ces enfants, comme quelque 16.000 autres au moins, ont été « enlevés » par les Russes. Moscou dément, s’auréole de les avoir « sauvés » de la guerre et d’avoir mis en place des procédures pour les réunir avec leurs familles.

La Cour pénale internationale (CPI) a, elle, émis la semaine dernière un mandat d’arrêt historique contre Vladimir Poutine, en estimant qu’il était présumé responsable du « crime de guerre de déportation illégale » de mineurs.

Selon des chiffres officiels du parquet général ukrainien datant de ce jeudi, 16.226 enfants ont été déportés depuis le début de l’invasion russe en Ukraine le 24 février 2022.

Depuis cette date, 465 enfants sont morts, 940 ont été blessés et 395 sont portés disparus du fait du conflit.

« Intimidation et chantage »

Myroslava Khartchenko, juriste pour l’ONG Save Ukraine qui a organisé le rapatriement des 17 enfants, affirme que les autorités russes ont utilisé « l’intimidation, la manipulation et le chantage » pour s’emparer des bambins.

« Ils disent (aux parents) qu’ils ont une heure pour réfléchir et que si les Ukrainiens arrivent, ils amèneront des mercenaires américains qui +vous frapperont et vous violeront et que c’est votre unique chance de sauver vos enfants+ ».

L’ONG répond, elle, aux demandes de parents désespérés qui n’ont pas réussi à récupérer leurs enfants, face au refus de l’administration russe.

Sans l’aide d’organisations gouvernementales ou internationales, faute d’accord diplomatique entre Kiev et Moscou, l’ONG doit se plier à des procédures administratives mises en place par les Russes pour chaque rapatriement.

Pour la première fois, l’association a réussi à organiser un retour groupé en Ukraine.

Elle a affrété un bus, en emmenant à bord certaines des mères, qui a fait un très long détour via la Pologne, le Bélarus, la Russie puis la Crimée, faute d’avoir eu l’autorisation de franchir la ligne de front dans le sud ukrainien.

Rééducation politique

Plusieurs enfants, interviewés mercredi par l’AFP, disent ne pas avoir subi de mauvais traitements, mais racontent une forme d’éducation politique pour les convertir au discours du Kremlin.

« Si tu ne chantais pas l’hymne national (russe), ils t’obligeaient à écrire des notes explicatives. Et au Nouvel an, ils nous montré (le discours de) Poutine », raconte Taïssia Volynska, 15 ans, originaire de Kherson.

Yana Zaporojtchenko, la fillette de 11 ans de Denys, dit qu’il y avait « beaucoup » d’inspections de responsables russes dans son camp. « Ils nous demandaient de chanter et de danser quand il y avait des inspections », indique la jeune fille.

Inessa Vertoch, 43 ans, qui a attendu son fils « jour après jour », dit l’avoir retrouvé « plus sérieux ». « Il me regarde et me dit +Maman, je ne veux pas te raconter, tu ne dormirais plus la nuit+ ».

Myroslava Khartchenko, de Save Ukraine, assure que des psychologues prendront en charge chacun de ces enfants.

Et elle insiste auprès des parents pour qu’ils ne retournent pas vivre dans « des zones dangereuses ».

Par Le Point avec AFP

Québec-Absence du français : l’OQLF demande des correctifs à l’Université McGill

mars 22, 2023

Des courriels aux employés et des pages du site web de l’Université ont été rédigés uniquement en anglais.

Vue extérieure du bâtiment principal de l’Université McGill.

L’Université McGill est une université anglophone mais soumise à la Charte de la langue française. Photo : La Presse Canadienne/Ryan Remiorz

L’Office québécois de la langue française (OQLF) a rappelé l’Université McGill à l’ordre ces derniers jours à la suite d’une plainte, a appris Radio-Canada. Cet établissement universitaire devra s’assurer d’inclure le français dans toutes ses communications afin de respecter la Charte.

Après analyse du dossier, la Direction de la protection de la langue française a constaté que des départements de l’Université McGill ont communiqué avec leurs employés uniquement en anglais à de nombreuses reprises.

Par ailleurs, le site web de l’Université n’est pas toujours traduit en français, notamment la page sur l’équité, la diversité et l’inclusion.

Une page web uniquement en anglais.

La page web de l’Université McGill au sujet de l’équité, de la diversité et de l’inclusion. Photo : Radio-Canada

On peut lire dans cette décision, obtenue par Radio-Canada, que l’OQLFconsidère que la dénonciation est fondée en vertu de l’article 41 de la Charte de la langue française.

« Conformément à cet article, les communications écrites d’un employeur doivent au moins être rédigées en français. »— Une citation de  L’Office québécois de la langue française dans sa décision

En effet, selon la loi,  un employeur est tenu d’utiliser le français dans les communications écrites avec son personnel. Il peut aussi utiliser l’anglais, mais le français ne doit pas être absent.

L’OQLF confirme avoir communiqué avec l’Université McGill à ce sujet. Selon la décision, il s’agissait de demander à McGill qu’elle apporte les corrections requises pour se conformer à la Charte. Le dossier est toujours en traitement, ajoute l’Office.

McGill demande à ses départements de se conformer

Invitée à réagir, l’Université reconnaît qu’en tant qu’établissement anglophone au sens de la Charte de la langue française, elle doit se conformer aux dispositions qui lui sont applicables.

La porte-parole Shirley Cardenas explique qu’un message a été transmis par la direction dans les jours qui ont suivi notre premier échange avec l’Office québécois de la langue française.

« Le recteur et vice-chancelier par intérim a fait un rappel des obligations législatives concernant la langue des communications émanant des divers dirigeants de l’Université et a lancé une démarche visant à mettre en place des processus afin de s’assurer que nos sites web respectent les dispositions applicables de la Charte de la langue française. »— Une citation de  Shirley Cardenas, porte-parole de l’Université McGill

En novembre 2021, Radio-Canada avait révélé que l’Université McGill avait aboli un programme de français en l’annonçant en anglais uniquement aux chargés de cours. Des enseignants de français concernés avaient pris cette annonce comme un coup de couteau dans le dos.

« Ironique », dit un professeur francophone de McGill

C’est quand même ironique que le site web parle de diversité et d’inclusion et qu’on y écarte le français, lance Martin Drapeau, professeur de psychologie à McGill.

Il fait partie des enseignants qui se sont déjà exprimés publiquement pour critiquer le peu de place accordé au français à l’Université McGill.

« C’est quand même une université québécoise, située au Québec, qui doit se soumettre aux lois québécoises. »— Une citation de  Martin Drapeau, professeur de psychologie du counselling à l’Université McGill

Même s’il maîtrise parfaitement l’anglais, ce professeur estime que c’est une question de principe et de survie et de défense du français.

Avec Radio-Canada par Thomas Gerbet

Canada-Québec: Un professeur plaide coupable d’attouchements sexuels sur des mineures

mars 7, 2023
De la neige tombe sur l'enseigne du palais de justice de Montréal, sur la rue Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal.

Au cours de l’enquête, les policiers ont appris que Dominic Blanchette entretenait des liens très étroits avec ses élèves de sexe féminin, avec qui il communiquait sur diverses plateformes numériques. Photo : Radio-Canada

Un enseignant d’une école primaire de Montréal a plaidé coupable mardi de plusieurs crimes à caractère sexuel impliquant cinq jeunes filles.

Dominic Blanchette a plaidé coupable de huit chefs d’accusation, notamment de contacts sexuels, possession de pornographie juvénile, leurre d’enfants et exploitation sexuelle. Ses crimes ont été commis entre septembre 2017 et mai 2022, moment auquel il a été arrêté.

Des documents judiciaires indiquent que M. Blanchette, âgé de 28 ans et qui enseignait dans l’arrondissement de Montréal-Nord, a utilisé son influence en tant qu’enseignant et entraîneur de basketball pour amadouer et exploiter sexuellement un total de cinq filles de cinquième et sixième année.

L’affaire a été révélée quand la mère d’une des victimes a découvert, sur la tablette électronique de sa fille, une conversation intime sur Snapchat dans laquelle l’accusé décrivait un fantasme sexuel l’impliquant lui, la jeune victime et une de ses camarades de classe. Des photos intimes d’un homme adulte nu se photographiant dans le miroir d’une salle de bains ont aussi été trouvées dans l’appareil électronique.

La dame a alors reconnu l’enseignant de sa fille, qu’elle avait rencontré à quelques reprises lors de rencontres de parents à l’école. Elle a par la suite affronté M. Blanchette, qui a d’abord nié entretenir une liaison avec son élève ou détenir un compte Snapchat. Il aurait attribué le récit du fantasme à un autre élève et aurait affirmé que son égoportrait avait été volé par l’élève, ce qui a dissuadé la mère de famille de porter plainte.

Une photo de Dominic Blanchette prise lors de son arrestation en mai 2022.

Dominic Blanchette a plaidé coupable de huit chefs d’accusation, notamment de contacts sexuels, possession de pornographie juvénile, leurre d’enfants et exploitation sexuelle. Photo : Radio-Canada/SPVM

Les jours suivants, M. Blanchette et son élève ont tout de même poursuivi leurs échanges à caractère sexuel, qui se sont retrouvés dans la messagerie texte d’un des téléphones cellulaires de la mère. Cette fois-ci, la dame a dénoncé l’enseignant à la police.

Échanges de photos intimes

Lors de son arrestation et de son interrogatoire, en mai 2022, Dominic Blanchette a reconnu certains faits et exprimé des remords. Il a pris sur lui l’entière responsabilité de la relation entretenue avec la victime et a exprimé des craintes par rapport aux conséquences de ses gestes, aussi bien pour lui que pour la jeune fille. Il a toutefois indiqué n’avoir fait qu’une seule victime.

Au cours de leur enquête, les policiers ont appris que Dominic Blanchette entretenait des liens très étroits avec ses élèves de sexe féminin, avec qui il communiquait sur diverses plateformes numériques.

Ces échanges, au départ anodins, finissaient par prendre une tournure romantique et sexuelle. Des échanges de photos intimes ont été effectués de part et d’autre.

L’enquête a aussi permis d’apprendre que le professeur emmenait plusieurs de ses protégées au restaurant à l’heure du dîner, les sortait du service de garde en fin de journée et passait du temps seul avec elles.

Témoignages attendus

Plusieurs victimes ont témoigné avoir subi des attouchements aux seins, aux fesses ou dans le cou de la part de Dominic Blanchette. Bon nombre d’épisodes se sont déroulés pendant un camp organisé par l’école, lors duquel M. Blanchette était surveillant.

À une de ses victimes qui a tenté de prendre ses distances avec lui, l’accusé a dit qu’elle aurait sa mort sur la conscience.

En juin 2022, après une deuxième vague de plaintes, l’accusé a indiqué à l’enquêtrice qu’il avait du mal à dormir en pensant à ce qu’il avait fait. Il a indiqué avoir un plan pour trouver quelle prison avait la meilleure thérapie.

Cette affaire reviendra devant le tribunal en juillet prochain pour une audience de détermination de la peine, au cours de laquelle ses victimes témoigneront.

La poursuite, représentée par Me Annabelle Sheppard, a demandé qu’entre-temps, un agent de probation produise un rapport présentiel sur l’accusé ainsi qu’une évaluation sexologique.

L’accusé est pour sa part représenté par Me Laurence Juillet.

Radio-Canada par La Presse canadienne

Canada: De nombreuses personnalités réclament le changement du nom de l’Université de Moncton

mars 6, 2023

Plus de 850 personnes ont signé cette pétition qui demande le changement de nom de l’Université de Moncton, dont Antonine Maillet, Édith Butler et les maires de Caraquet et Tracadie, Bernard Thériault et Denis Losier.

L'entrée du campus de Moncton de l'U de M avec des drapeaux.

Plus de 850 personnalités ont signé une pétition qui demande le changement le nom de l’Université de Moncton. Photo : Radio-Canada/Guy Leblanc

Le recteur de l’Université de Moncton affirmait la semaine dernière qu’il ne constatait pas de « consensus » au sujet d’un éventuel changement au nom du plus important établissement d’enseignement supérieur francophone du Nouveau-Brunswick.

La communauté a répondu à cet appel à la mobilisation en lui faisant parvenir une pétition signée par 860 personnes appuyant le renommage de l’Université de Moncton.

Le débat sur le nom de l’université revient de façon cyclique. Le mois dernier, Jean-Marie Nadeau, militant acadien de longue date, l’a relancé dans un essai publié par Le Moniteur acadien(Nouvelle fenêtre). Il estime qu’il est aberrant que l’une des institutions phares de l’Acadie porte le nom de Robert Monckton.

Copie en noir et blanc d'un portrait peint au 18e siècle d'un administrateur colonial britannique en uniforme, assis et avec la main droite rentrée entre les boutons de sa chemise, sur son ventre.

Un portrait de Robert Monckton (1726-1782) peint par Thomas Hudson. Photo: Bibliothèque et Archives Canada, Droits d’Auteurs Périmés

La ville de Moncton a hérité son nom de Robert Monckton (1726-1782), administrateur colonial et colonel de l’armée britannique qui a joué un rôle actif dans l’emprisonnement et la déportation de milliers d’Acadiens.

J’aime définir l’Acadie de manière positive et quand on traîne le nom de Monckton dans le nom de notre université acadienne au Nouveau-Brunswick, quant à moi c’est perpétuer l’aplaventrisme, l’horreur, l’inacceptable, déclarait Jean-Marie Nadeau lors d’une entrevue avec Radio-Canada Acadie le 9 février.

Longue liste de personnalités

La missive qui vient d’être envoyée aux dirigeants de l’Université de Moncton est accompagnée d’une pétition de quelque 860 noms. Ce sont des personnalités provenant de diverses sphères d’activités, dont le milieu de l’enseignement, de la politique, de la culture et des affaires.

On y lit entre autres les noms de députés actuels du Nouveau-Brunswick, comme Francine Landry, Isabelle Thériault, Kevin Arseneau et Robert Gauvin; des députés fédéraux Serge Cormier et René Arseneault; ceux des anciens ministres Bernard Richard, Bernard Thériault, Jean-Paul Savoie et Wilfred Roussel. Le chef de Pabineau, Terry Richardson, et les maires Jean-Pierre Ouellette, de Haut-Madawaska, et Denis Losier, de Tracadie, l’ont également signée.

Bernard Richard assis pour une discussion.

L’ancien ministre et ombudsman du Nouveau-Brunswick Bernard Richard est un signataire de la pétition. Photo : Radio-Canada

Bernard Richard, qui est aussi ancien ombudsman du Nouveau-Brunswick, estime que le contexte actuel est propice pour changer le nom de l’Université de Moncton.

Pour moi, ce serait un geste d’affirmation de fierté, de libération en quelque sorte aussi, et ça arrive dans un contexte nord-américain de rejet de personnalités qui ont joué des rôles plus ou moins racistes, violents, dans l’histoire de notre région. Puis, pour moi, c’est plutôt l’aspect positif, moins pour rejeter l’histoire, on ne peut pas changer l’histoire, mais on peut s’affirmer et regarder vers l’avenir, explique Bernard Richard au cours d’une entrevue accordée lundi à l’émission La matinale, d’ICI Acadie.

« Je pense que c’est le temps pour nous de se définir autrement, plus positivement. »— Une citation de  Bernard Richard, ancien ministre, ancien ombudsman du Nouveau-Brunswick et signataire de la pétition

Bernard Richard ne propose pas lui-même un nom de rechange. Il dit qu’il faudrait tout d’abord que le conseil de l’Université accepte l’idée de changer le nom et qu’elle lance un processus de consultation publique pour en trouver un autre.

Pour le moment, M. Richard se réjouit de voir que cette pétition est une démarche citoyenne. Ça m’encourage. […] Je pense que ça veut dire que l’idée, justement, a fait son chemin, que le temps est arrivé, que c’est le bon moment, dit-il.

Il faudrait modifier une loi pour changer le nom

En entrevue à Radio-Canada vendredi, le recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton a expliqué qu’un changement de nom, si l’institution voulait aller de l’avant, se déciderait ultimement à Fredericton.

Denis Prud’homme, vêtu d'un complet et debout près d'un bureau de travail, pose pour une photo.

Denis Prud’homme, recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton, dans les studios de Radio-Canada à Moncton, vendredi dernier. Photo : Radio-Canada/Nicolas Steinbach

Il existe une Loi sur l’Université de Moncton(Nouvelle fenêtre), a expliqué Denis Prud’homme. Et la loi de l’Université a prescrit le nom. Si on veut changer le nom de l’Université, on va devoir rouvrir la loi, pour demander une modification et à ce moment-là, ça devra aller à la Chambre pour approbation.

Parmi quelques autres signataires connus de la pétition en faveur du changement de nom, on relève les noms d’Antonine Maillet, d’Édith Butler, de Zachary Richard, d’Armand Caron, qui est l’ancien vice-recteur de l’Université de Moncton, campus de Shippagan, de l’avocat spécialisé en droits linguistiques Michel Doucet, de la militante Huberte Gautreau, de Warren Perrin, avocat et militant acadien de Louisiane, du musicien Calixte Duguay, des cinéastes Renée Blanchar, Phil Comeau et Denise Bouchard, de Jacques Verge, secrétaire d’Égalité santé en français, et de Jean-Claude Basque, cofondateur du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick.

Enseigne et bâtiments du campus de Shippagan de l'Université de Moncton le 8 juin 2019.

Le campus de l’Université de Moncton à Shippagan, au printemps 2019 Photo : Radio-Canada/Wildinette Paul

Jean-Bernard Robichaud, qui fut recteur de 1990 à 2000, mentionnait lors d’une entrevue à Radio-Canada en février que l’idée d’un possible renommage avait été portée à l’attention du conseil des gouverneurs de l’Université au cours de son premier mandat, mais s’était heurtée à une fin de non-recevoir.

M. Robichaud est, avec M. Nadeau, cosignataire de la lettre envoyée aux dirigeants de l’université.

Le nom de l’oppresseur

Dans leur lettre, MM. Nadeau et Robichaud demandent : Pourquoi les autorités de notre Université refusent-elles à répétition le changement de nom? […] Serait-ce que nous doutons de notre légitimité comme université du peuple acadien? Avons-nous honte d’affirmer à la face du monde qui nous sommes? Agissons-nous comme des colonisés?

Historiquement, nos institutions adoptaient le nom d’un saint patron, pour signifier de qui on revendiquait la protection. Avons-nous troqué le nom d’un saint patron pour celui de notre oppresseur? ajoutent-ils en faisant référence à Robert Monckton.

La lettre est adressée à Denis Prud’homme, le recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton, qui préside aussi le sénat académique; à la chancelière Louise Imbeault; et à Denis Mallet, président du conseil de l’Université. Mme Imbeault a été auparavant présidente de la Société nationale de l’Acadie (SNA), de 2017 à 2021.

Nous, on est là pour écouter

La semaine dernière, devant le comité spécial sur les universités publiques, à Fredericton, Denis Prud’homme se disait prêt à écouter les arguments au sujet d’un renommage si une masse critique se manifestait.

On voit qu’il n’y a pas nécessairement un consensus, a-t-il ajouté vendredi dernier lors d’une entrevue à Radio-Canada, tant au niveau de la communauté universitaire que de la communauté civile.

Il disait néanmoins que la question serait examinée par les hautes instances universitaires si on leur démontrait qu’une telle volonté existait au sein du public. Nous, on est là pour écouter, a dit M. Prud’homme.

Jean-Marie Nadeau ne suggère pas officiellement de nouveau nom pour l’Université de Moncton. Le mois dernier, il disait préférer Université de l’Acadie, plutôt que le nom d’une personnalité.

Radio-Canada avec des renseignements de Nicolas Steinbach, Frédéric Cammarano et Michel Corriveau

France-Réseaux sociaux: vers un accord parental obligatoire pour les moins de 15 ans

mars 2, 2023
Reseaux sociaux: vers un accord parental obligatoire pour les moins de 15 ans
Réseaux sociaux: vers un accord parental obligatoire pour les moins de 15 ans© AFP/Archives/Martin BUREAU

L’Assemblée a voté jeudi l’obligation pour les réseaux sociaux comme TikTok ou Snapchat de vérifier l’accord des parents pour l’inscription des moins de 15 ans, l’un des maillons d’une série d’initiatives visant à encadrer les usages numériques des enfants.

La proposition de loi, portée par le patron des députés Horizons Laurent Marcangeli, a été adoptée à une quasi-unanimité (82 voix contre 2) en première lecture, dans un climat de concorde devenu rare au Palais Bourbon. Elle doit désormais être examinée au Sénat.

Rejetant tout « discours moralisateur », M. Marcangeli a défendu des « garde-fous indispensables » à poser face à « la précocité croissante de la puberté numérique et de la puissance des outils mis à disposition de nos jeunes ».

Pornographie, cyberharcèlement, standards de beauté inatteignables ou encore procédés addictifs pour capter l’attention: lors des débats, les députés se sont accordés sur la liste des risques face auxquels il fallait protéger les plus jeunes.

La « majorité numérique » à 15 ans à laquelle se réfère le texte n’est pas nouvelle: elle a été introduite en France en 2018 en application d’une législation européenne, qui laissait la possibilité de la fixer entre 13 et 16 ans.

Mais ce seuil concerne plus largement l’âge sous lequel un accord parental est requis pour que les données personnelles d’un mineur soient traitées. Pas véritablement appliqué, il n’a pas eu d’impact en termes d’accès des enfants aux réseaux sociaux.

« Chacun ses responsabilités »

Pour y remédier, le texte voté jeudi vise à instaurer l’obligation pour les réseaux sociaux « de mettre en place une solution technique de vérification de l’âge des utilisateurs finaux et du consentement des titulaires de l’autorité parentale » pour les moins de 15 ans, qui devra être certifiée par les autorités.

En cas de manquement, une sanction est prévue, avec une amende allant jusqu’à 1 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise.

Le texte, débattu dans le cadre d’une journée réservée au groupe Horizons (allié des macronistes), donne aussi la possibilité aux parents de demander la suspension du compte d’un enfant de moins de 15 ans.

Un amendement a par ailleurs ajouté une contrainte en prévoyant que les parents ne pourraient pas donner leur accord pour les moins de 13 ans, sauf pour des « plateformes labellisées ».

« Il s’agit pour chacun – parents, entreprises, jeunes – de prendre ses responsabilités » face à l’amplification des pratiques numériques des enfants, a fait valoir Laurent Marcangeli.

Sur les réseaux sociaux, la première inscription intervient « en moyenne vers 8 ans et demi, et plus de la moitié des 10-14 ans y sont présents », selon des données de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), citées par les députés.

France en pointe

Après ce texte, les députés vont avoir l’occasion de se plonger à nouveau dès lundi dans ces questions qui préoccupent de plus en plus de parents.

Ils examineront dans l’hémicycle un texte de la députée macroniste Caroline Janvier, qui vise à prévenir les risques pour les plus jeunes enfants d’une exposition excessive aux écrans. Sa proposition de loi prévoit notamment d’insérer dans le Code de la santé publique un chapitre dédié à ce thème, et d’inscrire des recommandations dans les carnets de grossesse.

Un texte d’un autre député Renaissance, Bruno Studer, sera aussi au menu lundi. Il vise à « garantir le respect du droit à l’image des enfants », y compris face à certains parents diffusant sans limite des images de leurs enfants sur internet.

Le gouvernement, qui soutient toutes ces initiatives, se veut actif sur ces sujets: il a lancé en février une campagne « pour sensibiliser les parents et pour populariser le site jeprotegemonenfant.gouv.fr », a rappelé la secrétaire d’Etat à la protection de l’Enfance, Charlotte Caubel.

Et « la France sera bientôt le premier pays du monde à généraliser le contrôle parental par défaut sur tous les appareils vendus sur son territoire », a souligné le ministre délégué à la Transition numérique Jean-Noël Barrot.

Le gouvernement a par ailleurs prévu de tester en mars une solution de vérification d’âge bloquant l’accès des mineurs aux sites pornographiques.

Avec Le Point par AFP

Canada-Québec: La filière africaine pour recruter 1000 infirmières

mars 1, 2023

D’ici deux ans, environ 1000 étudiantes recrutées en Afrique auront terminé leur mise à niveau pour devenir infirmières au Québec. Une bouée de sauvetage pour plusieurs cégeps en région, mais une source de frustration pour des hôpitaux montréalais, aux prises avec une pénurie d’infirmières.

Une étudiante au cégep.

Amelie Leticia Kwebou Tchasseum, étudiante en sciences infirmières, cégep de Chicoutimi. Photo : Radio-Canada

En 2018, l’enseignement des sciences infirmières au Cégep de La Pocatière, au Bas-Saint-Laurent, a bien failli être rayé des programmes de l’établissement.

Ça a été notre année la plus difficile, se rappelle la directrice générale du cégep, Marie-Claude Deschênes. Quatre étudiantes étaient inscrites au programme, alors faites les calculs : il n’y a rien de rentable à garder un programme de quatre étudiants […] avec cinq, six enseignants.

Après discussion avec le ministère de l’Éducation, les hôpitaux de la région et des groupes citoyens, le conseil d’administration du cégep a autorisé la poursuite du programme.

On a décidé de valoriser la profession d’infirmière dans la région […] et d’attirer des étudiants internationaux, explique Mme Deschênes.

Une femme dans une bibliothèque.

Marie-Claude Deschênes, directrice générale du cégep de La Pocatière. Photo : Radio-Canada

L’Afrique francophone a été privilégiée plutôt que la France.

« On a fait des partenariats, notamment au Cameroun. Ces gens-là étaient prêts à immigrer ici, à rester travailler dans la région, c’était un avantage. »— Une citation de  Marie-Claude Deschênes, directrice générale du cégep de La Pocatière

Aujourd’hui, le programme en soins infirmiers compte 59 étudiantes, dont sept recrutées à l’international.

Comme le soulignent les données de la Fédération des cégeps, la relève au collégial en soins infirmiers demeure un défi. Le nombre d’étudiantes inscrites au DEC en sciences infirmières au Québec a diminué de 1765 en 2010 à moins de 1500 en 2020.

Infirmières de l’étranger : du Cameroun au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Le gouvernement du Québec annonçait l’an dernier un investissement de 65 millions de dollars pour recruter plus de 1000 infirmières de l’étranger. Les renforts commencent à arriver : une bénédiction pour les hôpitaux et les programmes de soins infirmiers, qui seraient, faute de secours, forcés de fermer. Reportage de Davide Gentile

65 000 $ par étudiante

L’approche développée par La Pocatière s’inscrit dans un contexte propice alors que Québec lançait, il y a un an, un programme impliquant les cégeps de la province en vue de recruter, à terme, 1000 infirmiers et infirmières à l’international.

Dévoilé par les ministres Jean Boulet et Christian Dubé, il vise à accélérer la reconnaissance des compétences pour des candidates et candidats francophones qui possèdent une expérience de travail comparable […] et une formation en soins infirmiers similaire à celle offerte au Québec.

C’est ce qui permet, par exemple, au Bas-Saint-Laurent d’accueillir une trentaine d’étudiantes internationales depuis l’automne.

Québec assume notamment les frais de scolarité et verse une allocation hebdomadaire de 500 $ aux étudiantes.

Enveloppe prévue : 65 millions de dollars sur deux ans.

Depuis la session d’automne 2022, près de 500 étudiantes sont inscrites dans une formation d’appoint dans les cégeps d’une dizaine de régions, dont le Saguenay-Lac Saint-Jean.

Des élèves en formation en sciences infirmières.

Des étudiantes camerounaises en sciences infirmières au cégep de Chicoutimi. Photo : Radio-Canada

Au Cameroun, on entendait beaucoup parler de la profession infirmière au Québec, que c’est une profession tellement valorisée au Québec, explique Amelie Leticia Kwebou Tchasseum.

La formation au Cameroun est bonne, mais après, on n’a pas toujours un emploi qui nous permet d’être stables dans la vie, ajoute-t-elle.

Lors de notre passage au cégep de Chicoutimi, d’autres étudiantes du Cameroun racontent combien le Québec et le Canada ont bonne réputation.

Oui, ça se parle dans les médias tout le temps, mais pour dire vrai, moi, c’était un rêve, affirme Landrine Gymfat Teufac Tobie. Je disais toujours à mon père que j’irais un jour au Québec, j’irais un jour au Canada.

La surcharge de travail tant médiatisée n’effraie pas l’étudiante Danielle Constantine Foning Maffo.

« L’inquiétude de la charge de travail n’a pas été parce que chez nous aussi la charge de travail est énorme, on avait une infirmière pour au moins 15 patients chez nous. »— Une citation de  Danielle Constantine Foning Maffo

Une étudiante au cégep.

Danielle Constantine Foning Maffo, étudiante en sciences infirmières, cégep de Chicoutimi. Photo : Radio-Canada

En moins de 12 mois, la plupart auront terminé leur formation et leur stage. Ce que j’apprends réellement, c’est la manipulation des appareils qui ne sont pas les mêmes, les techniques de notation ne sont pas les mêmes après avoir administré les soins, remarque Mme Foning Maffo.

Au total, le réseau de la santé Saguenay-Lac-Saint-Jean s’attend à embaucher autour de 25 candidates issues du programme dans la prochaine année.

Ça demande beaucoup pour l’intégration et l’adaptation de ce monde-là, donc on aime mieux y aller à petites doses et que les résultats soient concluants, affirme le conseiller-cadre en planification de main-d’œuvre au CIUSSS, Dominique Gagnon.

Un homme dans une salle d'hôpital.

Dominique Gagnon, conseiller-cadre en planification de main-d’œuvre au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Photo : Radio-Canada

Une petite dose qui pourrait prendre de l’ampleur.

Au niveau de la démographie, la région a un problème […] on n’a pas le choix de se tourner vers l’immigration, c’est un des moyens, soutient M. Gagnon. Ce n’est pas l’unique moyen, mais un des moyens de s’en sortir.

Sans oublier la survie des programmes d’enseignement collégial en région.

C’est la clientèle internationale qui nous permet de continuer d’offrir nos programmes, d’avoir assez d’étudiants pour nous permettre de donner nos cours, reconnaît Sébastien Renaud, directeur de la formation continue, cégep de Chicoutimi.

Montréal, pas avant 2024

Selon les plans du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Montréal obtiendra une part des cohortes lors de la dernière phase du programme qui s’étend jusqu’à l’hiver 2024.

L’objectif est d’avoir 389 candidats […] dans les régions de Montréal et Québec, écrit-on.

Pour le président du Syndicat des professionnels en soins de l’Est-de-l’île-de-Montréal, Denis Cloutier, la cible pour Montréal et le délai n’est absolument pas justifiée.

« Selon moi, on est vraiment face à un objectif du ministère de l’Immigration qui souhaite voir plus d’immigrants s’installer en région sans tenir compte vraiment des besoins des établissements du réseau de la santé »— Une citation de  Denis Cloutier, président du Syndicat des professionnels en soins de l’Est-de-l’île-de-Montréal

Encore récemment, un rapport faisait état du manque criant d’infirmières dans l’est de Montréal, où l’on retrouve 29 % de la population de l’île.

De tous les établissements de santé du Québec, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal est celui dont les espoirs de recrutement à l’étranger sont les plus élevés afin de juguler la pénurie d’infirmières dont souffre ses hôpitaux et CHSLD.

Un mandat pour recruter 565 infirmières a été confié par l’établissement au ministère de la Santé. Pour Denis Cloutier, du Syndicat des professionnels en soins de l’Est-de-l’île-de-Montréal, le système de reconnaissance des diplômes étrangers des infirmières pourrait être amélioré.

Selon lui, le modèle idéal demeure l’entente France-Québec qui implique une reconnaissance automatique des diplômes français, alors que le programme implique une évaluation de chaque dossier, même si les parcours académiques ont déjà été évalués.

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

France-Papillomavirus : Macron lance une campagne de vaccination dans les collèges

février 28, 2023

Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une campagne de vaccination gratuite « généralisée » dans les collèges afin d’éradiquer le papillomavirus.

Emmanuel Macron choisit la manière forte. Le président de la République a annoncé mardi 28 février la mise en place d’une campagne de vaccination gratuite « généralisée » dans les collèges pour les élèves de 5e afin d’éradiquer le papillomavirus, responsable chaque année de plus de 6 000 nouveaux cas de cancers.

« On va généraliser à partir de la rentrée prochaine pour les 5e », a indiqué le chef de l’État lors d’une rencontre avec des élèves dans un collège de Jarnac (Charente). « Cela permet d’éviter beaucoup de cancers », a ajouté Emmanuel Macron. Ces annonces interviennent quatre jours avant la Journée mondiale de sensibilisation autour des maladies induites par le papillomavirus humain (HPV).

Extrêmement fréquentes, ces infections sont la plupart du temps bénignes, mais elles peuvent persister et aboutir à un cancer : les HPV sont responsables de 2 900 cancers du col de l’utérus provoquant plus de 1 000 décès par an, 1 500 cancers de la sphère ORL, 1 500 cancers de l’anus, 200 cancers de la vulve ou du vagin et une centaine de cancers du pénis.

Des cancers « totalement éliminables »

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces cancers seraient totalement éliminables grâce au dépistage et à la vaccination. Fin 2021, 45,8 % des jeunes filles de 15 ans avaient reçu une dose de vaccin, et seulement 6 % des garçons du même âge, alors que la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 vise un objectif de 80 % d’ici à sept ans.

La vaccination est aujourd’hui recommandée pour les filles et les garçons entre 11 ans et 14 ans. Elle peut également être proposée en rattrapage jusqu’à l’âge de 19 ans et reste possible jusqu’à 26 ans pour les hommes qui ont des relations sexuelles avec les hommes.

En Australie, grâce à la vaccination, le taux de personnes infectées par les HPV est passé de 22,7 % en 2005-2007 à 1,5 % en 2015 chez les jeunes femmes de 18-24 ans. Et les prévisions envisagent une éradication du cancer du col de l’utérus d’ici à 15 ans.

Quelle est la couverture vaccinale en France ?

Fin 2021, 45,8 % des jeunes filles âgées de 15 ans avaient reçu une dose, et 37,4 % des jeunes filles de 16 ans un schéma complet à deux doses, selon les chiffres de Santé publique France qui font référence. Chez les garçons, 6 % avaient reçu une dose à 15 ans.

« La couverture vaccinale a progressé, car en 2018, 29 % des jeunes filles de 15 ans avaient reçu une dose de vaccin, 40,7 % en 2020 », souligne Sophie Vaux, coordinatrice de programme sur la surveillance de la couverture vaccinale à Santé publique France. « Elle reste néanmoins bien en dessous des objectifs du plan cancer 2014-2019 qui fixait l’objectif de couverture à 60 % ou du dernier plan cancer (2021-2030) qui vise une couverture de 80 % en 2030. » « La France a par ailleurs une couverture vaccinale parmi les plus faibles d’Europe », poursuit-elle.

Plus de 70 % des adolescentes sont en effet vaccinées en Finlande, Suède, Hongrie, Norvège, Espagne ou encore au Royaume-Uni.

Quels sont les freins ?

« Plusieurs raisons expliquent la faible couverture vaccinale française », souligne Sophie Vaux. L’une des premières est le coût du vaccin, compris entre 95 et 116 euros. S’il est remboursé à 65 % par l’Assurance maladie et la part restante prise en charge par une mutuelle complémentaire, l’avance des frais ou l’absence de mutuelle peuvent freiner.

Une récente étude de Santé publique France a notamment montré que la vaccination était plus faible dans les populations les plus pauvres. En France, contrairement à d’autres pays, la vaccination contre les infections à HPV est dite « opportuniste » dans le sens où c’est l’adolescent ou ses parents qui prennent rendez-vous avec le médecin pour la vaccination.

« Une prise en charge par la médecine scolaire pourrait permettre d’augmenter les couvertures vaccinales comme cela a été observé en Australie, au Canada, en Finlande, en Norvège ou en Écosse », estime Sophie Vaux. Une expérimentation en milieu scolaire menée dans le Grand Est pendant deux ans a montré de bons résultats chez les jeunes scolarisés en 5e : le taux de vaccination est passé de 9 % à 27 % la première année et de 14 % à 31 % la seconde.

Avec Le Point.fr par V.P. avec AFP

Canada: Deux autres universités annulent les doctorats remis à Mary Ellen Turpel-Lafond

février 25, 2023

Ces révocations des universités McGill et Carleton s’ajoutent à une série d’annulations déjà entamées par d’autres institutions universitaires.

Mary Ellen Turpel-Lafond est accompagnée de dirigeants autochtones lors du point de presse du 9 juillet 2020.

L’ancienne juge et représentante des enfants et de la jeunesse en Colombie-Britannique, Mary Ellen Turpel-Lafond, mène l’enquête sur le racisme dans le système de santé de cette province. Photo : Mike McArthur/CBC

L’Université McGill à Montréal a déclaré que le sénat de l’institution avait voté afin de révoquer le diplôme honorifique décerné à Mary Ellen Turpel-Lafond en 2014. Dans une déclaration publique, l’Université Carleton à Ottawa a annoncé à son tour qu’elle avait adopté une motion visant à annuler le diplôme qui lui avait été décerné en 2019.

L’automne dernier, CBC avait publié une enquête mettant en doute la revendication d’ascendance autochtone de Mme Turpel-Lafond. À la suite de ce reportage, le Collectif des femmes autochtones et d’autres groupes au pays ont demandé à toutes les universités qui lui avaient remis un doctorat honorifique de le révoquer.

L’Université McGill indique avoir informé Mme Turpel-Lafond de sa décision, qui repose sur une recommandation du comité des diplômes honorifiques et des convocations de l’université, à l’issue d’un processus d’examen mené par un sous-comité ad hoc.

Sur la base de son travail, le sous-comité a trouvé des preuves remettant en question la validité des informations relatives aux titres et aux réalisations universitaires figurant dans le curriculum vitae de Mme Turpel-Lafond. Il a également reconnu que ses affirmations concernant son « statut d’Indien » faisaient l’objet de questions importantes, a déclaré McGill dans un courriel adressé à CBC.

De son côté, l’Université Carleton a commenté sa décision dans une déclaration publique. La recommandation du comité des grades honorifiques du Sénat a suivi un processus comprenant des consultations avec le conseil d’éducation autochtone de l’université et un examen minutieux de toutes les informations disponibles publiquement, stipule le communiqué.

« Les preuves qui sont apparues au sujet des revendications contestées concernant à la fois l’identité autochtone et les titres universitaires ont été jugées plus importantes que les réalisations qui justifiaient à l’origine l’octroi du diplôme. »— Une citation de  Université McGill

Mme Turpel-Lafond a reçu des diplômes honorifiques de 11 universités canadiennes. Toutes ont déclaré qu’elles prenaient en compte les appels du Collectif des femmes autochtones à révoquer ces distinctions. Au début du mois, l’Université de Regina a annoncé qu’elle avait annulé le doctorat honorifique en droit qu’elle avait décerné à Mme Turpel-Lafond en 2003. C’était la première fois qu’une institution universitaire annulait un diplôme.

Une femme et un homme sourient.

Mary Ellen Turpel-Lafond a reçu son 12e doctorat honorifique lors d’une cérémonie en novembre 2019 à l’Université Carleton à Ottawa. PhotoHOTO : Fédération HSS/YOUTUBE

Appel à la gouverneure générale du Canada

Mme Turpel-Lafond a également rendu volontairement des diplômes honorifiques de l’Université de l’île de Vancouver, à Nanaimo, et de l’Université Royal Roads, à Victoria, en Colombie-Britannique.

Le Collectif des femmes autochtones a toutefois ajouté que la décision des deux universités de l’île de Vancouver d’accepter le retour volontaire des bourses était une erreur, car elle ne respectait pas l’intégrité académique en rendant Mme Turpel-Lafond responsable de ses actes.

En revanche, dans une déclaration faite au début du mois, le collectif a tenu à saluer l’action décisive de l’Université de Regina. Nous applaudissons l’Université de Regina pour son courage et son engagement à faire respecter l’intégrité académique, à dénoncer la fraude d’identité autochtone et à se conduire dans l’esprit de la vérité et de la réconciliation, pouvait-on lire dans le communiqué.

Le collectif a aussi demandé à la gouverneure générale du Canada de révoquer l’Ordre du Canada qui a été accordé à Mme Turpel-Lafond en décembre 2021.

À la lumière du refus continu de Mme Turpel-Lafond de fournir des explications raisonnables pour des revendications filiales réfutées, nous demandons à la gouverneure générale du Canada de dénoncer l’usurpation d’identité autochtone et de mettre fin à l’Ordre du Canada décerné à Mme Turpel-Lafond, souligne la déclaration.

Radio-Canada avec les informations de CBC

France: Une professeure poignardée par un élève au Pays basque, enquête ouverte pour assassinat

février 22, 2023
Une professeure poignardee par un eleve au Pays basque, enquete ouverte pour assassinat
Une professeure poignardée par un élève au Pays basque, enquête ouverte pour assassinat© AFP/GAIZKA IROZ

Une enquête a été ouverte pour assassinat après la mort d’une professeure d’espagnol, poignardée mercredi dans sa classe à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) par un élève présenté comme instable psychologiquement, un drame rarissime en France.

« Il s’est approché d’elle et lui a planté un grand couteau dans la poitrine, sans rien dire », a raconté à l’AFP Inès, 16 ans, qui se trouvait dans la classe de seconde du collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d’Aquin au moment des faits, survenus en milieu de matinée.

« On ne savait pas comment réagir, il y a un élève qui a ouvert la porte et on est tous partis. Moi je me suis enfuie, je suis sortie de l’établissement et le père d’une copine est venue me récupérer, je ne me sentais pas en sécurité dans le lycée », a-t-elle ajouté, assurant qu’il « n’y avait jamais eu de problème entre » l’auteur de l’agression « et la professeure en classe ».

La victime, que les secours n’ont pu ranimer, est une enseignante de 52 ans selon le parquet. « Il s’agit d’une professeure d’espagnol qui était dans cet établissement depuis longtemps. Elle était consciencieuse », a déclaré à l’AFP Serge Hastoy, délégué FEP-CFDT du Pays Basque.

Le ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, venu sur les lieux, a salué « l’exceptionnel dévouement » de cette enseignante et son « engagement au service de ses élèves ».

L’auteur présumé de l’agression, âgé de 16 ans, a été « placé en garde à vue » et « n’était pas connu des services de police, ni des services de justice », selon le procureur de Bayonne, Jérôme Bourrier, qui a ouvert une enquête pour « assassinat ».

« Son état permet la garde à vue » dans les locaux de la police judiciaire de Bayonne, a-t-il précisé, alors que deux sources proches du dossier ont évoqué à l’AFP un jeune homme tenant « des propos incohérents » et aux « troubles psy avérés ».

« A ma connaissance, il n’y avait pas de circonstances ou de signalements particuliers », a précisé Pap Ndiaye lors d’une conférence de presse organisée devant l’établissement, aux côtés de son homologue de la Fonction publique Stanislas Guerini et de M. Bourrier.

Minute de silence

« C’est un jour triste pour l’Éducation nationale », a ajouté le ministre qui a annoncé qu’une minute de silence serait respectée jeudi à 15h00 dans les collèges et lycées du pays qui ne sont pas actuellement en période de congés scolaires.

« La Nation est à vos côtés », a déclaré le président Emmanuel Macron à l’adresse de la communauté éducative sur Twitter, tandis que la cheffe du gouvernement Élisabeth Borne partageait « le choc et la peine de la communauté éducative » du collège-lycée Saint-Thomas d’Aquin.

Cet établissement privé catholique d’un peu plus de 1.100 élèves était jusqu’ici « calme » et « réputé pour son sérieux et pour la sérénité de son climat scolaire », selon M. Ndiaye.

Après avoir été confinés durant environ deux heures dans leurs salles de cours, les élèves sont sortis de l’établissement à la mi-journée, à l’exception de ceux de la classe de l’enseignante décédée, qui ont quitté les lieux deux heures plus tard, a constaté une correspondante de l’AFP.

Ils ont été pris en charge par une cellule psychologique, tout comme les élèves des deux autres classes de seconde de l’établissement. La matinée de jeudi sera également « banalisée », a indiqué M. Ndiaye.

Maha Bargueche, professeure de mathématiques en région parisienne qui passe des vacances au Pays basque, est venue déposer un bouquet de fleurs devant l’établissement « en signe de soutien ». « Je suis très triste, ça aurait pu m’arriver, ça peut arriver à n’importe quel enseignant. C’est pour ça que je suis venue aussitôt », a-t-elle déclaré.

Agressions fréquentes mais rarement mortelles

C’est la première fois qu’un enseignant est tué dans ses fonctions en France depuis l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie décapité le 16 octobre 2020 par un jeune homme islamiste radicalisé.

Les agressions sont fréquentes mais l’AFP a recensé moins d’une dizaine de meurtres sur les quatre dernières décennies.

En juillet 2014, une institutrice de 34 ans avait été poignardée à mort par la mère d’une élève dans une école d’Albi. En août 1996, alors qu’il se promenait à la feria de Dax, un professeur d’anglais de 51 ans avait été tué par deux jeunes, dont un de ses élèves recalé au baccalauréat.

Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, s’est dit « très touché de la sollicitude des autorités » en arrivant sur les lieux pour exprimer « toute (s)a compassion et toute (s)a prière pour cette famille sous le choc d’un événement impensable et qui n’aurait jamais dû avoir lieu ».

Par Le Point.fr avec AFP

Congo-Brazzaville/Université Marien-Ngouabi : l’intersyndicale déclenche une grève générale illimitée

février 18, 2023
 Université Marien-Ngouabi : l’intersyndicale déclenche une grève générale illimitée

Le collège intersyndical de l’Université Maren-Ngouabi (UMNG) a lancé, à travers une déclaration rendue publique le 17 février dans la capitale congolaise, une grève générale illimitée à compter du 18 février à 7 heures 00.

Selon le collège intersyndical, le travail ne reprendra que lorsque les revendications des travailleurs de l’UMNG trouveront satisfaction. La coordination reproche au pouvoir la non-prise en charge de leurs doléances contenues dans le cahier des charges après le préavis lancé le 10 février dernier. Face à la non satisfaction de ces doléances et au regard de l’épuisement des procédures syndicales conformément aux lois et textes en vigueur, le collège intersyndical a décidé de l’entrée en grève illimitée à compter du 18 février.

Il réitère ses félicitations à l’ensemble des travailleurs de l’UMNG pour le calme et la discipline observés et lui demande de redoubler de vigilance pour les batailles futures. Le collège intersyndical met en garde toute personne physique ou morale qui tenterait de récupérer ce mouvement pour des raisons inavouées.

En rappel, dans le cahier des charges déposé sur la table du gouvernement, les travailleurs de l’UMNG revendiquaient, entre autres, l’allocation d’un budget conséquent; l’application intégrale du statut particulier de cette université ; l’apurement du reliquat du premier protocole d’accord ; le paiement des heures diverses dues des années 2018-2019 ; 2019-2020 ; 2020-2021 ; 2021-2022 ; le respect de la concomitance dans le paiement des salaires des agents de l’UMNG avec ceux de la Fonction publique ; la nomination aux postes vacants à la présidence de l’UMNG et dans certains de ses établissements.

A noter que les trois composantes de l’intersyndicale sont le Syndicat du personnel non-enseignant du supérieur, le Syndical national de l’université et le Syndicat des enseignants du supérieur privé.

Avec Le Congolais.fr