Archive for the ‘Éducation’ Category

Communautés bantoues : l’hypothèse d’une immense pandémie redessine leur trajectoire

avril 11, 2021
Village au bord du fleuve Lukenye, en RDC.

Depuis plus d’un siècle, les historiens s’accordaient sur le scénario d’une « expansion bantoue » qui, partie de l’Ouest de l’Afrique il y a plusieurs millénaires, aurait gagné toute la moitié sud du continent. Une toute nouvelle étude internationale remet en question cette version des faits.

C’est une histoire relativement connue, ou du moins que les amateurs d’histoire africaine croyaient connaître. À partir de 3000 avant Jésus-Christ et au long d’une période s’étirant sur plusieurs millénaires, le continent a vécu ce que les spécialistes ont appelé « l’expansion bantoue », un vaste mouvement migratoire prenant naissance aux confins du Cameroun et du Nigeria actuels et s’étirant ensuite vers l’est et le sud, jusqu’à s’étendre à la moitié du continent.

Des Grassfields aux Grands Lacs

Cette « expansion » est considérée comme le plus important événement migratoire de la préhistoire africaine et ses conséquences s’observent encore aujourd’hui. La communauté bantouphone, qui réunit toutes les populations parlant une langue issue de la même « proto-langue primordiale », regroupe pratiquement la moitié des Africains et est présente du Gabon aux Comores, du Soudan à l’Afrique du Sud.

Ce sont des linguistes européens qui, au XIXe siècle, ont théorisé l’existence de cette communauté linguistique, puis ont reconstruit le déroulement probable de son « expansion ». Les chercheurs allemands Wilhelm Bleek et Carl Meinhof, d’abord, ont mis en évidence la spécificité des idiomes issus du bantou, en les distinguant par exemple du xhosa en Afrique du Sud. L’Américain Joseph Greenberg, ensuite, a procédé à une classification des langues africaines appuyant l’idée d’une expansion géographique tandis que l’explorateur et administrateur colonial britannique Henry Hamilton Johnston, lui, établissait la première carte dessinant et datant les étapes de cette fameuse expansion.

C’est en partie sur les travaux de ces hommes que le scénario communément admis jusqu’à présent s’est bâti et affiné. Les « Bantous » (même si, on le verra, ce terme est impropre) se seraient d’abord développés à l’ouest de la forêt du bassin du Congo, autour de l’actuelle région camerounaise des Grassfields, et auraient commencé à se déplacer à partir de 3000 avant J.-C.

De 1500 avant J.-C. à 500 après J.-C., ils auraient atteint l’actuel Angola et le KwaZulu-Natal, au sud, la région des Grands Lacs à l’Est, traversant l’immense forêt équatoriale. À partir de l’an 500 environ, ils auraient rayonné dans toutes les directions depuis les Grands Lacs, gagnant le Soudan, s’enfonçant jusqu’au Kenya, à la Tanzanie, au Mozambique et au Zimbabwe. Un scénario qui repose sur l’idée d’une expansion lente, certes, mais continue.

Ni ethnie ni culture

Cette version du peuplement de la partie subsaharienne du continent, longtemps admise, pose pourtant quelques problèmes. D’abord parce qu’elle s’appuie sur une notion centrale mais controversée : celle de « Bantou ». Cela a été dit, écrit et répété, notamment dans Jeune Afrique : « Les Bantous n’existent pas. » Du moins pas dans le sens où certains l’entendent, c’est-à-dire celui d’une ethnie ou d’une culture.

Prudents, les chercheurs utilisent aujourd’hui plus volontiers l’expression de « communauté bantouphone », car c’est de cela qu’il s’agit : des populations très différentes les unes des autres mais qui parlent des langues – on en recense jusqu’à 680 – ayant une racine commune. Dans une certaine mesure, ces populations partagent aussi quelques spécificités génétiques, mais il ne s’agit pas d’une règle absolue : les Pygmées ont adopté les langues bantoues mais ne descendent pas des populations de l’Ouest ayant lancé la migration.

BLEEK, QUI A INVENTÉ LE NOM LUI-MÊME, ÉTAIT UN RACISTE AVÉRÉ ET MEINHOF AVAIT ADHÉRÉ AU PARTI NAZI

Le terme « Bantou », de plus, est très connoté, parfois de façon on ne peut plus fâcheuse. Bleek, qui a inventé le nom lui-même, était un raciste avéré et Meinhof avait adhéré au parti nazi. À l’époque de l’apartheid, « Bantou » était tout simplement synonyme de « noir » et le mot a gardé en Afrique du Sud un caractère très péjoratif. Au Rwanda, certains Hutu extrémistes ont aussi expliqué à la veille du génocide qu’ils étaient de « vrais Bantous » alors que les Tutsi, eux, étaient des « nilotiques » venus du nord, donc des étrangers.

Dans d’autres régions, la notion de « peuple bantou » est beaucoup plus valorisée. En témoigne la tentative gabonaise de créer à Libreville un Centre international des civilisations bantoues (Ciciba). L’entreprise s’est soldée par un échec mais des tentatives de lui redonner vie sont faites régulièrement.

Un « dépeuplement massif »

Mais surtout, et c’est la nouveauté apportée en ce début d’année par une équipe pluridisciplinaire comprenant archéologues, linguistes et généticiens et emmenée par le professeur Koen Bostoen, de l’Université de Gand (Belgique), l’idée d’une expansion spatiale continue de la population bantouphone est fausse.

Depuis 2018, les chercheurs tentent de faire parler les fragments de poterie trouvés sur 726 sites de la forêt équatoriale.

Depuis 2018, ces chercheurs ont étudié et daté des fragments de poteries (qui figurent parmi les rares objets résistant au temps sur de longues périodes) trouvées dans 726 sites répartis dans toute la forêt équatoriale. Ils en ont analysé les formes et les motifs et ont procédé à des datations au carbone 14. Ils ont aussi examiné le patrimoine génétique de restes humains et ont utilisé les techniques les plus modernes d’analyse des « fluctuations paléodémographiques » pour remonter 130 générations en arrière.

UNE RUPTURE DISTINCTE QUI CONFIRME L’EXISTENCE DE DEUX PHASES DE PEUPLEMENT DANS LA FORÊT DU BASSIN DU CONGO

Leur conclusion est la suivante : l’immense majorité des vestiges retrouvés remonte soit à une période ancienne située entre – 800 et + 400, soit à une autre, plus récente, débutant vers l’an 1000. Entre les deux, on constate une chute très nette, particulièrement marquée entre 400 et 600. La seule explication possible, selon Koen Bostoen et son équipe, est celle d’un « dépeuplement massif » entre ces deux dates. Spécialiste de la datation des poteries (c’est le sujet de sa thèse), l’archéologue Dirk Seidensticker évoque « une rupture distincte qui confirme l’existence de deux phases de peuplement dans la forêt du bassin du Congo ».

« C’est très net et cela concerne toute l’Afrique centrale, renchérit Koen Bostoen : on observe une quasi-disparition des fragments et il n’y a une vraie reprise qu’à partir de l’an 1000. Le deuxième point, c’est qu’entre les fragments des deux périodes, qui remontent respectivement à l’âge du fer ancien et à l’âge du fer récent, les styles sont tout à fait différents. »

Reste à tenter d’expliquer cette rupture brutale, et c’est là que les travaux de l’équipe deviennent réellement passionnants. « Nous observons une chute du nombre d’objets produits au milieu du premier millénaire, et nous en déduisons qu’il y a eu une chute démographique, précise le linguiste à Jeune Afrique. Ensuite, nous en cherchons la cause, et nous nous appuyons là sur ce que nous savons : à cette époque, il y a eu une période climatique plus sèche qui a provoqué une réduction relative de la forêt, puis un épisode beaucoup plus froid et humide. »

« L’année sans soleil »

C’est le fameux « petit âge glaciaire de l’antiquité tardive », une période de refroidissement climatique qui débute en 536, baptisée par les historiens « l’année sans soleil ». « Le phénomène est sans doute lié à des éruptions volcaniques, suppose l’historien américain Kyle Harper dans son livre Comment l’Empire romain s’est effondré. Il en a résulté une vague de froid comme il ne s’en produit que tous les mille ans, d’où une intensification des pluies, une réduction des récoltes, un affaiblissement des défenses immunitaires et, sans doute, l’ explosion des populations de rongeurs. »

Étape suivante : en 541 éclate l’une des pires pandémies de l’histoire de l’humanité, la peste de Justinien, ainsi nommée en référence à l’empereur romain qui régnait alors à Constantinople. Cette première grande peste bubonique – à ne pas confondre avec la peste noire qui a ravagé l’Occident aux XIVe et XVe siècles – , sans doute partie de Chine, a ravagé tout le pourtour méditerranéen, tuant, selon l’historien byzantin Procope de Césarée, contemporain de la pandémie, jusqu’à la moitié des populations des régions touchées.

Pour l’équipe du professeur Bostoen, il est très possible que ce soit cette peste de Justinien qui explique la brutale chute de la démographie observée en Afrique centrale. « C’est la partie la plus spéculative de notre étude, admet sans détours le scientifique, et nous ne prétendons pas que cela soit la vérité. Mais c’est plausible, même s’il faudrait des études génétiques plus poussées pour la valider. »

C’EST TOUTE L’HISTOIRE DU PEUPLEMENT DE LA MOITIÉ SUD DU CONTINENT QUI DOIT AUJOURD’HUI ÊTRE RÉVISÉE

Peste ou non, c’est toute l’histoire du peuplement de la moitié sud du continent qui doit aujourd’hui être révisée. L’expansion des populations de langue bantoue ne s’est pas faite en une fois, depuis la préhistoire, mais en deux périodes distinctes. Certains groupes ethniques parlant des langues apparentées et vivant dans des régions voisines n’ont sans doute pas, comme on l’imaginait auparavant, d’ancêtre commun. Certaines communautés qui se croyaient installées sur leurs terres depuis des millénaires sont en fait arrivées à une époque bien plus récente qu’elles ne l’imaginaient.

Qu’est-ce que ça change ? Beaucoup de choses, assure Koen Bostoen : « Cela modifie complètement notre vision de l’histoire précoloniale. Longtemps, on a considéré que l’Afrique n’avait pas d’histoire. Ensuite on a pensé que cette histoire était en quelque sorte une longue continuité qui n’aurait été interrompue que par l’arrivée des Européens, l’esclavage puis la colonisation. » C’est cette idée de continuité que les dernières découvertes battent en brèche, mais pas seulement.

L’ESCLAVAGE ET LA COLONISATION N’ÉTAIENT PAS LES PREMIÈRES GRANDES CRISES QUE L’AFRIQUE CENTRALE TRAVERSAIT

« L’étude montre aussi, poursuit le linguiste, que les grands royaumes d’Afrique centrale ne sont pas le résultat d’une évolution linéaire, que certains sont beaucoup plus récents qu’on le pensait et que donc, ce qui est remarquable, ils ont réussi à se développer après une crise profonde et un effondrement de la population. L’esclavage et la colonisation n’étaient pas les premières grandes crises que l’Afrique centrale traversait. Son histoire est mouvementée et riche. Elle a su trouver les ressources pour s’en remettre. »

Le professeur l’admet volontiers, ce n’est pas un hasard s’il a voulu mettre en avant l’idée d’une grande pandémie alors même que le monde se débat face au Covid-19 : « Nos recherches montrent que l’Afrique centrale a su se relever après une pandémie et un épisode de changement climatique brutal, ce que nous estimons bien sûr porteur d’espoir. C’est d’abord ça le message. »


La peste a-t-elle pu arriver au Congo ?

Que le monde ait connu une période froide à partir de 536 – et jusqu’en 575, selon les travaux du climatologue Ulf Büntgen –, cela n’est pas contesté. Que la bactérie Y. pestis, « tueur global dont le taux de mortalité est proche de 100 % », juge l’historien Kyle Harper, ait ravagé le monde et favorisé la chute de l’Empire romain à partir de 541 ne fait pas débat non plus. La question est de savoir si une maladie qui a frappé essentiellement la Péninsule arabique et le monde méditerranéen a pu se frayer un chemin jusqu’en Afrique centrale et décimer les populations bantouphones du premier millénaire.

Plusieurs indices permettent de le penser, estime Koen Bostoen : « La période est la même, on sait que la peste a également touché l’Afrique. Certains disent même qu’elle trouve son origine en Éthiopie. On sait, parce qu’on a trouvé des traces de pratique de la métallurgie et de la culture du mil, que dès cette époque il y avait des échanges entre l’Afrique du Nord et l’Afrique centrale. De plus, on trouve encore aujourd’hui au Congo ou en Zambie des variants de la peste noire du Moyen-Âge. »

« Afrique subsaharienne, un continent d’histoires », publié en janvier 2021.

Dans l’ouvrage collectif Afrique subsaharienne, un continent d’histoires, paru en ce début d’année, l’historienne Iwona Gajda ajoute que le puissant royaume aksoumite, qui occupait alors l’actuelle Éthiopie, commerçait avec l’Arabie du sud ainsi qu’avec les Romains dont les navires sillonnaient l’Océan indien et la Mer rouge. Aksoum, tout comme l’Égypte, a payé un lourd tribut à la peste de Justinien. Quelques siècles plus tard, écrivent François-Xavier Fauvelle et Bertrand Hirsch dans le même ouvrage, les routes de communication partant de l’Éthiopie et de l’Érythrée s’étendaient jusqu’à Mogadiscio, Mombasa, Zanzibar et le royaume de Zimbawe au Sud, le lac Tchad et Kano à l’Ouest. La peste a-t-elle suivi le même chemin ? On l’ignore encore mais comme le dit le Pr Bostoen, « c’est plausible ».

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Québec: Une équipe de tennis voit le jour à l’UQTR

avril 11, 2021

Le Shawiniganais Jonathan Bédard devrait être l’une des têtes d’affiche de la nouvelle équipe de tennis de l’UQTR, qui commencera ses activités l’automne prochain.© COURTOISIE Le Shawiniganais Jonathan Bédard devrait être l’une des têtes d’affiche de la nouvelle équipe de tennis de l’UQTR, qui commencera ses activités l’automne prochain.

Un jeune de la région désireux de jouer au tennis à un certain niveau durant tout son cheminement scolaire pourra maintenant le faire chez lui, en Mauricie. L’Université du Québec à Trois-Rivières intégrera le circuit de Tennis Québec à l’automne.

Le sport, ancré dans certaines écoles primaires, aux Estacades de même qu’au Collège Laflèche, sera enfin accessible, dans une formule compétitive, sur le campus universitaire trifluvien.

«Grâce à cette nouvelle équipe, l’étudiant-athlète peut se développer dans le tennis à tous les échelons de son parcours académique en Mauricie», salue le directeur technique du centre Tennis 3R Charles Loranger, entraîneur-chef de cette nouvelle formation.

Celle-ci ne portera pas le nom des Patriotes, puisque la ligue universitaire est gérée par Tennis Québec, et non par le Réseau du sport étudiant du Québec. On la désignera plutôt comme le Club de tennis de l’UQTR. L’équipe rejoindra l’Université Laval, Montréal, McGill, Sherbrooke, Concordia ainsi que l’École de technologie supérieure.

«Nous alignerons une équipe compétitive», prévoit Loranger, qui devra choisir neuf joueurs, dont six réguliers.

Un talent local comme capitaine

Parmi ces joueurs, on note la présence du capitaine Jonathan Bédard. Au cours des dernières années, le Shawiniganais a évolué dans la première division de la NCAA, avec le Blue Hose de Presbyterian College, en Caroline du Sud.

Loïc Simard, Sacha Héroux, Félix Duval, William Rheault, William Guévin, Christophe Milot, Philippe Bourret, Xavier Lambert, Emmanuel Demers de même que Yazid Boussayri et Amine Amrani, deux étudiants marocains de l’UQTR, ont tous de l’intérêt à rejoindre l’équipe de tennis.

Pour l’instant, on s’en tient au tennis masculin, faute d’un nombre suffisant de joueuses pour le volet féminin. «La relève pousse chez les filles au primaire et au secondaire, alors on n’exclut pas la possibilité d’ajouter une équipe féminine dans un futur proche», explique Charles Loranger.

Ambiance de Coupe Davis

La saison de tennis universitaire se déroule à l’intérieur pendant l’automne, à l’hiver et au début du printemps. Ses finales, quant à elles, sont présentées pendant les festivités de la Coupe Rogers.

Charles Loranger croit que le niveau de jeu est appelé à grandir dans les années à venir. «Avant la pandémie, beaucoup d’athlètes du Québec choisissaient les écoles préparatoires américaines, avant de continuer dans la NCAA. Je m’attends à ce que moins de joueurs s’exilent, alors notre circuit universitaire devrait en bénéficier.»

Le Rouge et Or de même que les Carabins, par exemple, misent sur des raquettes ayant déjà percé le top-5 national.

«Il y a de belles rivalités, car la plupart des gars se connaissent depuis longtemps. Ça crée une ambiance digne de la Coupe Davis, quand tous les pays se rencontrent et s’affrontent en simple et en double.»

L’équipe de l’UQTR établira ses quartiers généraux chez Tennis 3R. Tous espèrent un début de saison à l’automne 2021

Avec  Louis-Simon Gauthier – Le Nouvelliste

France/Écoles fermées : Macron participe à un cours d’histoire avec des collégiens en visioconférence

avril 6, 2021

Emmanuel Macron s’est invité à un cours d’histoire en échangeant mardi après-midi avec des collégiens en visioconférence, à qui il a assuré qu’il ne devrait pas y avoir «de nouveau confinement d’ici la fin de l’année scolaire».

«Je voulais vous remercier de vous adapter à la situation actuelle, je sais que ce n’est pas évident», a déclaré le chef de l’État au début de son échange avec 18 élèves d’une classe de 3ème du collège Itard à Oraison (Alpes-de-Haute-Provence).

Au premier jour de la généralisation de l’enseignement à distance après la fermeture des écoles à cause du Covid-19, il est intervenu durant un cours d’histoire-géographie consacré au général de Gaulle pendant la Seconde guerre mondiale. Au début, les élèves n’ont pas voulu activer leur caméra, restant en écran noir, à l’exception de deux d’entre eux. À la question d’un collégien lui demandant s’il y aurait «un autre confinement avant la fin de l’année?», Emmanuel Macron a répondu: «on va tout faire pour éviter ça. Je dis souvent que le maître du temps c’est le virus, mais je tiens beaucoup à ce que l’école reste ouverte au maximum».

Le brevet maintenu

À l’issue des semaines de fermeture des écoles, «on pense qu’on aura bien freiné le virus un peu partout et on aura accéléré la vaccination. Cela nous permettra d’être dans une situation plus confortable» et de «prendre le virus en tenaille entre les mesures de freinage et la vaccination». «Et donc je pense que, jusqu’à la fin de l’année scolaire, il ne devrait pas y avoir un nouveau confinement». «Est-ce que le brevet sera annulé?», lui a demandé un élève. «Non, on y tient tous. L’année dernière, il n’avait pas été annulé non plus», a-t-il répondu.

Le chef de l’Etat a remercié «les enseignants, les élèves et leur famille» car l’enseignement à distance «est un travail d’adaptation». «Ce matin, il y a eu quelques difficultés: des incidents ont eu lieu, peut-être des actes de malveillance», a-t-il ajouté, en faisant référence aux bugs liés à la forte affluence d’élèves connectés en même temps et à d’éventuelles attaques informatiques. Il s’est connecté par le biais de la plateforme «Ma classe à la maison», mise en place par le Centre national d’enseignement à distance (Cned).

L’enseignement à distance a été généralisé pour cette semaine depuis la fermeture des établissements scolaires, vendredi soir, et jusqu’aux vacances de printemps unifiées à partir du 12 avril. La rentrée est fixée au 26 avril en présentiel dans les écoles, et en distanciel une semaine supplémentaire dans les collèges et lycées.

Par Le Figaro avec AFP

France: Covid-19: les assistantes maternelles n’accueilleront plus d’enfants

avril 1, 2021

Les assistantes maternelles ne pourront plus accueillir d’enfants pendant trois semaines, «en cohérence avec les crèches», a affirmé ce jeudi Matignon à l’AFP. Certaines continueront cependant à accueillir «les publics prioritaires», dont la liste est en cours d’arbitrage.

Le président de la République avait annoncé ce mercredi la fermeture des crèches et des écoles primaires pour trois semaines. «L’étude de l’Institut Pasteur montre qu’il y a plus de contaminations chez les assistantes maternelles que dans les écoles», explique encore Matignon, en évoquant une demande des assistantes maternelles. La question du «régime d’indemnisation» des employées concernées n’est «pas encore tout à fait tranchée», celui-ci n’étant «pas forcément celui de l’activité partielle», a-t-on précisé.

Lors du premier confinement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 en mars, l’État avait à l’inverse assoupli les normes, permettant aux assistantes maternelles d’accueillir simultanément six enfants au lieu de quatre et ainsi «accompagner progressivement la reprise de l’activité». En parallèle, celles qui n’avaient pas pu travailler pendant cette période avaient bénéficié du dispositif «d’indemnités exceptionnelles» mis en place pour les salariés travaillant pour des particuliers employeurs.

Par Le Figaro avec AFP

France/Covid-19 : les classes fermeront dès le premier cas de contamination dans les 19 départements reconfinés, annonce Blanquer

mars 26, 2021

Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé vendredi un protocole renforcé dans les départements reconfinés. 148 établissements ont fermé ces sept derniers jours, soit 0,24% des structures françaises.

Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé ce vendredi 26 mars un protocole renforcé dans les établissements scolaires de tous niveaux situés dans les dix-neuf départements sous «mesures de freinage renforcé», mais s’est refusé à fermer les écoles, dont le rôle dans la propagation du virus pourrait être sous-estimé selon plusieurs politiques et médecins. «Les jeunes ont besoin de l’éducation, du système scolaire», a-t-il assuré.

Ainsi, «à partir de la semaine prochaine, dans les 19 départements sous restrictions renforcées, les classes, de tous niveaux, fermeront au premier cas de contamination détecté», a annoncé le ministre. Jusqu’à présent, une classe à l’école élémentaire fermait lorsque trois cas positifs parmi les élèves étaient détectés, et un cas s’il s’agissait du variant sud-africain. «Cela va nécessairement signifier plus de fermetures de classes dans les prochains jours pour ceux qui sont concernés», a-t-il admis.

Pas favorable à une avancée des vacances d’avril

Les classes fermées le seront pour «une durée de deux à trois semaines» et les parents pourront demander à bénéficier d’arrêt de travail pour garder leurs enfants, a encore indiqué Jean-Michel Blanquer. «Cela suppose de grandes adaptations de la société», a-t-il ajouté. Des remplaçants supplémentaires seront aussi engagés.

148 établissements ont fermé ces sept derniers jours, soit 0,24% des structures françaises. 3256 classes ont été fermées, soit 0,6% de l’ensemble des classes, a-t-il aussi annoncé. 21.183 élèves ont été testés positifs ces sept derniers jours, ainsi que 2515 membres du personnel enseignant. Des chiffres en hausse, a commenté Jean-Michel Blanquer. 320.000 tests salivaires ont été proposés et 200.000 ont été réalisés la semaine dernière, soit un taux d’acceptation de 65%, car les parents d’élèves doivent donner leur accord.

En réponse à une question, le ministre ne s’est pas montré favorable à la proposition d’avancer les vacances d’avril de quinze jours. «On ne doit pas s’interdire toute sorte d’évolution mais l’objectif est plutôt de maintenir le calendrier car il n’est pas démontré que les vacances aboutissent à moins de contamination que la période scolaire», a-t-il insisté.

Par Le Figaro

Canada: Jean Boulet annonce 900 000 $ pour l’UQTR

mars 20, 2021

Trois-Rivières — Pour soutenir les capacités de recherche et d’acquisition d’équipement à la fine pointe de la technologie de la région de la Mauricie, le gouvernement du Québec accorde une aide financière de 900 000 $ à un projet d’innovation relevant de l’UQTR. C’est le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, qui en a fait l’annonce vendredi au nom de la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann.

Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

© FRANÇOIS GERVAIS Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Cet investissement s’inscrit dans le Programme de soutien aux organismes de recherche et d’innovation, qui permet aux universités et aux centres de recherche affiliés aux hôpitaux universitaires de demeurer à l’avant-garde de la recherche mondiale dans tous les secteurs.

Au total, 38 projets québécois ont été acceptés. Ils se partageront des investissements totalisant 280 millions de dollars, dont 109 251 000 $ ont été consentis par le ministère de l’Enseignement supérieur, le ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que le ministère de l’Économie et de l’Innovation.

Le nom du projet retenu est Bâtir un avenir pour la diffusion canadienne des faisceaux de neutrons. «Je suis ravi de cet investissement puisqu’il témoigne de la passion et de l’ingéniosité qui animent notre communauté. Le projet de l’UQTR fait partie d’un projet pancanadien porté par plus de 100 chercheurs de 30 universités canadiennes qui requièrent l’utilisation de faisceaux de neutrons pour leurs recherches», a commenté le ministre régional.

«Pour l’UQTR, le projet consiste à bonifier son laboratoire de faisceaux de neutrons en y ajoutant trois lignes de faisceaux», précise le ministre Boulet, pour qui de telles idées avant-gardistes et un tel savoir-faire de pointe «contribueront grandement au rayonnement du Québec sur la scène internationale».

Pour sa part, la ministre McCann a tenu à souligner la qualité des projets retenus dans le cadre du programme Fonds d’innovation. «Ces projets démontrent toute la volonté et l’ambition qui animent le réseau de l’enseignement supérieur québécois. Je suis certaine qu’ils contribueront à positionner avantageusement le Québec de demain sur la scène mondiale. Ces investissements offriront la possibilité aux étudiants, professeurs et chercheurs de poursuivre leurs travaux dans des environnements à la fine pointe de la technologie et de rivaliser avec l’ensemble des universités et centres de recherche du monde», a-t-elle fait savoir par voie de communiqué.

«Plus que jamais, nous avons besoin d’innovation en matière de santé, et c’est vers la recherche que nous devons d’abord nous tourner pour la favoriser. Que ce soit du côté du traitement des maladies ou simplement pour faire une meilleure prévention, il nous faut miser sur le travail de nos chercheuses et de nos chercheurs pour améliorer nos pratiques et optimiser notre gestion des ressources au sein du réseau. Ce financement s’avère donc une excellente nouvelle qui vient nous donner un peu d’espoir en cette période de défis majeurs pour l’organisation des services de santé», a renchéri le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

«Nos chercheurs ont besoin d’infrastructures de recherche et d’équipement de pointe pour mener à bien leurs travaux et réaliser les découvertes qui généreront les innovations de demain. C’est le mandat que nous nous donnons comme gouvernement : appuyer les projets québécois en leur fournissant les meilleures conditions technologiques et scientifiques qui soient», a conclu le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

Avec Marc Rochette – Le Nouvelliste

Bourses de master en développement de solutions de l’Université de Nottingham

mars 19, 2021

Fondé en 2001, ce programme de bourses s’adresse aux étudiants internationaux qui souhaitent faire une différence dans le développement de leur pays d’origine. Nous offrons 105 bourses couvrant 50% ou 100% des frais de scolarité de maîtrise à temps plein. Ceux-ci sont disponibles pour les étudiants internationaux très performants qui vivent en Afrique, en Inde ou dans certains pays du Commonwealth.

Admissibilité

medjouel.com vous informe que pour postuler à cette bourse, vous devez :

-Être domicilié en Afrique, en Inde ou dans l’un des pays du Commonwealth sélectionnés ci-dessous

-Être classé comme étudiant étranger aux fins des frais

-Détenir une offre pour commencer une maîtrise à temps plein (y compris MRes) dans n’importe quel domaine à l’Université de Nottingham au Royaume-Uni en septembre 2021, au sein de la  Faculté de génie , de la  Faculté de médecine et des sciences de la santé , de la  Faculté des sciences ou de la  Faculté des sciences sociales

La priorité est donnée à ceux qui n’ont jamais étudié en dehors de leur pays d’origine. Les étudiants qui étudient actuellement au Royaume-Uni ne sont pas éligibles.

Pays éligibles

Afrique (toutes les nations), Anguilla, Antigua-et-Barbuda, Bangladesh, Barbade, Belize, Bermudes, Iles Vierges britanniques, Brunei, Iles Caïmans, Dominique, Iles Falkland, Fidji, Gibraltar, Grenade, Guyane, Inde, Jamaïque, Kiribati, Malaisie, Maldives, Montserrat, Nauru, Népal, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Îles Pitcairn, Samoa, Îles Salomon, Sri Lanka, Sainte-Hélène, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Tonga, Trinité-et-Tobago, Tristan da Cunha, îles Turques et Caïques, Tuvalu et Vanuatu.

En plus de la bourse d’études de maîtrise en développement de solutions, vous pouvez postuler à l’un de nos prix régionaux d’ excellence postdoctorale . Vous pouvez être considéré pour plusieurs bourses internationales, mais vous n’en recevrez pas plus d’une.

Comment s’inscrire

Vous devez postuler et recevoir une offre pour étudier une maîtrise à temps plein (y compris MRes) à l’Université de Nottingham avant de postuler pour cette bourse. Recherchez des cours  et découvrez  comment postuler .

Lorsque vous avez reçu votre offre d’étudier avec nous, vous pouvez postuler via la section bourses de notre système de candidature,  MyNottingham .

Si vous avez une offre pour un cours MRes, envoyez un e-mail à l’équipe des bourses sur bourses-assistant@nottingham.ac.uk pour obtenir des instructions sur la façon de postuler.

Les candidatures se terminent à minuit (heure du Royaume-Uni) le 21 mai 2021 .

Exigences relatives aux bourses

Les bourses ne seront attribuées qu’aux étudiants qui acceptent leur offre d’étudier avec nous. Vous n’avez pas besoin de répondre à votre offre avant de postuler pour cette bourse. Les bourses seront attribuées après avoir évalué toutes les demandes de bourse et une bourse de 50% ou 100% des frais de scolarité peut vous être offerte. Nous vous contacterons début juillet 2021 pour confirmer le résultat de votre candidature.

Si vous recevez cette bourse, elle sera déduite des frais de scolarité qui vous sont facturés en tant qu’étudiant à l’Université de Nottingham. Nous ne vous paierons pas directement les bourses de frais de scolarité.

Ce prix ne peut pas être combiné avec une autre bourse régionale de l’Université de Nottingham ou un prix  international d’excellence sportive . Cependant, vous pouvez également recevoir une bourse d’études de votre école universitaire, une  bourse de sport ou une bourse externe de votre pays, où le total combiné ne dépasse pas 100% des frais de scolarité. Cela peut inclure, par exemple, un prix de la Nottingham University Business School et / ou du gouvernement ou d’un autre organisme de financement de votre pays.

Consultez les questions fréquemment posées  et les  conditions générales de bourses  pour plus d’informations.

Postulez via MyNottingham

contact : +44 (0) 115 951 5247

Avec Adiac-Congo par Concoursn

Canada-Québec: Plus d’étudiants de retour en classe cet automne à l’UQTR

mars 12, 2021

L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) s’attend à revoir ses étudiants en classe lors de la session d’automne 2021

Les campus de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) seront appelés à retrouver une certaine normale dans les prochains mois.© Josée Ducharme/Radio-Canada Les campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) seront appelés à retrouver une certaine normale dans les prochains mois.

Par voie de communiqué, la direction explique que la session d’été sera comparable à celle d’hiver, où l’enseignement se tient par vidéoconférence, mais qu’on devrait ensuite réintégrer les classes pour l’automne.

La direction s’attend à recevoir le feu vert de Québec grâce à la campagne de vaccination. Une distanciation physique d’un mètre et demi devrait s’appliquer.

Le recteur de l’UQTR, Christian Blanchette, a expliqué en entrevue à Toujours le matin que l’établissement d’enseignement supérieur prévoit tenir l’automne prochain un certain nombre de cours à distance et beaucoup de cours en présence ou en co-modalité, c’est-à-dire lors desquels une partie des étudiants sont en classe et une autre partie d’entre eux sont à la maison.

L’enseignement à distance pourrait demeurer au-delà de la pandémie. La hausse des inscriptions à l’UQTR ne serait pas étrangère à l’élargissement des cours en ligne et hors campus, croit le recteur, qui rappelle toutefois que les campus font partie de l’ADN de la vie universitaire.

Le nombre d’activités sur le campus augmente d’ailleurs progressivement depuis quelques semaines. Des salles de classe et des salles de travail ont notamment été ouvertes pour les étudiants.

«Beaucoup d’étudiants souffrent d’isolement», a rappelé le recteur Christian Blanchette. «L’idée, c’était de leur permettre de rencontrer des étudiants, des collègues pour travailler. »

14 199 étudiants se sont inscrits à l’UQTR pour le trimestre d’hiver 2021

Avec CBC/Radio-Canada

Canada-Québec: Un confinement plus long et plus strict déjà réclamé

janvier 4, 2021

Des experts en santé publique appellent à un prolongement du confinement après le 11 janvier au Québec étant donné l’augmentation continue du nombre de nouveaux cas quotidiens de COVID-19 malgré les mesures sanitaires plus strictes adoptées pendant le temps des Fêtes.

Selon Marina Klein, il y a eu une transmission communautaire soutenue et généralisée avant les vacances, et celle-ci s’est développée malgré les mesures mises en place durant les Fêtes.

© Graham Hughes La Presse canadienne Selon Marina Klein, il y a eu une transmission communautaire soutenue et généralisée avant les vacances, et celle-ci s’est développée malgré les mesures mises en place durant les Fêtes.

« Nous devons mettre en place des mesures de confinement strictes dès que possible, notamment en retardant le retour à l’école, en maintenant toutes les entreprises, sauf les plus importantes, fermées et en limitant les voyages. Nous devons être sur l’offensive, plutôt que d’attendre pour réagir », estime Marina Klein, professeure de médecine à l’Université McGill, spécialisée dans les maladies infectieuses et virales.

À moins d’un changement de ton de Québec cette semaine, la réouverture des écoles et des commerces non essentiels est toujours prévue lundi prochain. Or les dernières données publiées par les autorités sur l’état de la pandémie dans la province donnent froid dans le dos. Alors que les effets du confinement auraient dû commencer à se faire ressentir sur la courbe épidémiologique et à inverser la tendance dans la dernière semaine, les nouvelles contaminations quotidiennes n’ont cessé d’augmenter. La situation s’est même accélérée.

Dimanche, le bilan des autorités a fait état de 7663 contaminations de COVID-19 supplémentaires entre le 31 décembre et le 2 janvier, dont 2869 uniquement pour la journée de samedi, soit un nouveau record. À elle seule, l’île de Montréal a compté 1300 nouveaux cas cette même journée. Le nombre d’hospitalisations a également bondi de 150 samedi pour s’établir à un total de 1225 tandis que, les deux jours précédents, on avait recensé 100 hospitalisations de moins. De plus, pas moins de 121 décès se sont ajoutés au bilan, dont 11 samedi, ce qui fait un total de 8346 morts depuis le début de la pandémie.

« Malgré les mesures du temps des Fêtes, les cas et les hospitalisations sont en hausse. Ça montre que la transmission communautaire est importante, ce qui a un impact majeur sur notre réseau de santé et sur notre personnel », a déclaré dimanche le ministre de la Santé, Christian Dubé, sur Twitter, en présentant le bilan.

Selon Marina Klein, il y a eu une transmission communautaire soutenue et généralisée avant les vacances, et celle-ci s’est développée malgré les mesures mises en place durant les Fêtes.

« La situation est préoccupante. […] Le système de santé atteint déjà un point critique, les hôpitaux et les travailleurs de la santé seront débordés dans les semaines à venir si rien n’est fait », craint-elle.

La professeure dit comprendre la fatigue des Québécois, qui sont plongés depuis plus de neuf mois dans cette pandémie, mais croit nécessaires le prolongement et le renforcement des mesures de confinement. Et « plus vite cette décision sera prise et communiquée clairement à la population, mieux ce sera », souligne-t-elle, donnant en exemple l’Australie. Le pays a réussi à contenir sa deuxième vague du virus en imposant un confinement strict avec des étapes précises d’assouplissement des restrictions, combinées à un soutien financier et social de la population pour s’assurer de son adhésion aux mesures.

Les élèves du primaire à l’école

Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal (UdeM), plaide aussi pour un prolongement du confinement pendant deux semaines après le 11 janvier. Le télétravail est pour beaucoup devenu une habitude et les écoles secondaires sont déjà bien organisées pour donner leurs cours à distance, souligne-t-elle.

La professeure recommande par contre d’éviter le plus possible de reconfiner les élèves du primaire. « C’est une charge de travail supplémentaire pour les parents. Et à cet âge, les enfants ont besoin de socialiser et sont moins autonomes pour suivre des cours à distance. Mais si la situation est trop catastrophique, on n’aura peut-être pas le choix. »

Elle regrette néanmoins de devoir en arriver là. « On était 80 experts au début du mois de décembre à demander au gouvernement d’appliquer un confinement total plutôt que partiel pour plus d’efficacité. Ça n’a pas été écouté. Les entreprises manufacturières n’ont par exemple pas été mises sur pause pendant les Fêtes, alors que c’est le milieu de travail qui compte le plus d’éclosions », fait-elle remarquer.

Chiffres en explosion ?

À la vue des dernières données des autorités, elle en déduit qu’il y a également eu bien plus de rassemblements privés que l’on pense à Noël. Cette tendance au non-respect des mesures, combinée au retour des voyageurs en janvier et à la propagation du nouveau variant du virus détecté au Royaume-Uni, risque de faire encore plus exploser les chiffres dans les prochaines semaines, craint-elle, appelant le gouvernement à agir vite.

S’il se montre moins certain des retombées positives et rapides d’un confinement prolongé de deux semaines, Benoît Mâsse, épidémiologiste à l’École de santé publique de l’UdeM, recommande tout de même au gouvernement d’emprunter cette voie. « Il n’y a rien de garanti, mais ça pourrait davantage marcher cette fois-ci. Il n’y aura pas de party de bureau de fin d’année à la mi-janvier, ni de réunion de famille prévue au calendrier. Peut-être que, là, on vivrait un vrai confinement, suffisant pour inverser la tendance », espère-t-il.

C’est un coup à donner, selon lui, pour au moins essayer d’éviter des mesures encore plus restrictives, comme un couvre-feu, l’interdiction des petits rassemblements à l’extérieur pour des activités sportives hivernales, ou encore l’école à la maison pour le reste de l’année

Avec Le Devoir par Annabelle Caillou

Covid-19 : confinement étendu en Angleterre, la rentrée repoussée pour certains élèves

décembre 30, 2020

Le gouvernement britannique a étendu le confinement appliqué à une partie de l’Angleterre mercredi 30 décembre et repoussé la rentrée scolaire pour certains élèves afin de contrer une flambée du nombre des cas de nouveau coronavirus attribuée à un variant du virus. Le Royaume-Uni est l’un des plus touchés par la pandémie en Europe avec plus de 72.500 morts, dont 981 enregistrées mercredi, un record journalier par rapport à la première vague de Covid-19. Pour le deuxième jour consécutif, plus de 50.000 cas supplémentaires ont été comptabilisés mercredi.

Les services de santé subissent une pression «très importante», a déclaré le ministre de la Santé Matt Hancock à la chambre des Communes, avec «plus de 21.000 personnes hospitalisées atteintes du nouveau coronavirus en ce moment», soit plus qu’au pic de la première vague au printemps. Pour tenter de freiner sa propagation, le ministre a déclaré qu’il était «nécessaire» de placer à partir de jeudi de nombreuses régions du centre, du sud et du nord de l’Angleterre en niveau d’alerte 4, où se trouvait jusqu’alors autour de 40% de la population anglaise.

Cela implique notamment la fermeture des bars et restaurants, sauf s’ils font de la vente à emporter, des cinémas, des salles de spectacles et des hôtels. Dans ces zones, la consigne est donnée aux habitants de rester chez eux. Dans le reste du Royaume-Uni, l’Écosse continentale, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord sont actuellement confinés.

Les collégiens et lycéens d’Angleterre voient par ailleurs leur rentrée scolaire repoussée d’une semaine pour ceux ayant des examens à la fin de l’année, et de deux semaines pour les autres, a annoncé le ministre de l’Éducation Gavin Williamson, devant le Parlement. Les élèves d’école primaire «d’un petit nombre de régions aux taux d’infection les plus élevés» seront aussi concernés, même si «la majorité des écoles primaires rouvriront comme prévu lundi 4 janvier», a ajouté le ministre.

Une journée aux «sentiments mêlés»

Ces nouvelles annonces jettent un froid sur la bonne nouvelle du feu vert donné par le régulateur britannique au vaccin AstraZeneca/Oxford, qui permettra la vaccination de centaines de milliers de Britanniques dès la semaine prochaine. «Nous avons déjà 530.000 doses disponibles au Royaume-Uni à partir de lundi et des millions dues par AstraZeneca début février», a précisé le ministre de la Santé. Ce vaccin est bien moins cher que celui de Pfizer/BioNTech déjà injecté à quelque 800.000 personnes et peut être conservé dans un réfrigérateur, à une température située entre deux et huit degrés Celsius, ce qui facilite une vaccination à grande échelle.

Le ministre de la Santé a évoqué une journée aux «sentiments mêlés», entre «la joie» du feu vert au vaccin et «la tristesse face aux morts et aux souffrances causées par le virus», appelant à ne pas relâcher les efforts pendant les «difficiles semaines d’hiver à venir».

Par Le Figaro avec AFP