Archive for the ‘Éducation’ Category

États-Unis: face aux larmes des rescapés de Floride, Trump promet des mesures fortes

février 21, 2018

Donald Trump reçoit des rescapés de la tuerie de Parkland à la Maison Blanche le 21 février 2018 / © AFP / MANDEL NGAN

Des voix brisées, des larmes, de la colère aussi: face aux témoignages des rescapés de la fusillade de Floride, Donald Trump a promis mercredi des mesures « fortes », évoquant la possibilité, extrêmement controversée, d’autoriser le port d’armes pour certains enseignants.

Une semaine après le carnage perpétré dans un lycée de Parkland, où 17 personnes ont perdu la vie, le président américain s’est posé en homme à l’écoute de toutes les suggestions. Mais celui qui a promis aux membres de la National Rifle Association (NRA), puissant lobby des armes, qu’ils avaient « un vrai ami à la Maison Blanche » joue une partition délicate.

Tour à tour, des étudiants de différentes écoles endeuillées par les armes et des parents de victimes, assis en cercle autour de lui dans un vaste salon de la Maison Blanche, ont dit leur douleur, raconté leur détresse. Mais aussi avancé des propositions, très variées. La plus polémique d’entre toutes? Armer une partie du corps enseignant.

Les professeurs concernés porteraient leur arme de façon dissimulée et suivraient une formation spéciale préalable, a précisé le président, sans annoncer de décision tranchée mais indiquant que cette piste méritait véritablement d’être étudiée.

« Evidemment, cela s’appliquerait uniquement aux enseignants sachant manier une arme », a-t-il concédé, en suggérant d’armer 20% des effectifs des équipes pédagogiques.

« Beaucoup de gens ne vont pas aimer », a-t-il reconnu, après avoir organisé un rapide vote à mains levées. Environ une moitié des personnes présentes étaient pour, l’autre contre.

– ‘Combien d’enfants doivent tomber?’ –

Le locataire de la Maison Blanche a critiqué le concept de lieux sanctuaires où aucune arme n’est tolérée, en estimant que de tels sites jouaient un rôle d’aimant pour les « maniaques », qu’il a assimilés à des « lâches » qui privilégieraient les cibles où ils risquent de ne pas se faire tirer dessus en réponse.

M. Trump a par ailleurs promis de prendre des mesures « fortes » sur les vérifications des antécédents judiciaires et psychiatriques des acheteurs d’armes.

Le président septuagénaire a aussi promis, sans autres précisions, la « fermeté » sur l’âge légal pour acheter une arme à feu.

De nombreuses personnes ont relevé que Nikolas Cruz, le tueur de Floride, avait pu acquérir à 18 ans un fusil semi-automatique, alors qu’il faut avoir au moins 21 ans pour acheter de l’alcool ou des cigarettes.

« S’il vous plait M. Trump, il faut du bon sens », avait plaidé peu avant le père d’une victime, appelant à imposer sans tarder cette limite des 21 ans.

Le long témoignage d’Andrew Pollack, dont la fille de 18 ans, Meadow, a été tuée au lycée Marjory Stoneman Douglas il y a une semaine, a plongé la salle dans un silence total.

« Je ne reverrai jamais ma magnifique fille », a-t-il lancé, les mâchoires serrées de douleur, entourés de ses fils retenant leurs larmes. « Elle n’est pas là. Elle est à North Lauderdale, au cimetière King David, c’est là qu’aujourd’hui je vais pour voir mon enfant ».

« Combien d’écoles? Combien d’enfants doivent-ils tomber sous les balles? », a-t-il tonné, élevant la voix. « En tant que pays, nous avons échoué à protéger nos enfants. Cela ne devrait pas se produire. Je suis très en colère ».

Quelques heures plus tôt, beaucoup plus au sud, des jeunes de Parkland avaient investi mercredi la petite capitale de la Floride, Tallahassee, pour tenter d’arracher un durcissement de la législation sur les armes aux élus de Floride au son de « Plus jamais ça », mot d’ordre répercuté sur les réseaux sociaux.

« Que ces vies puissent être volées sans changement serait un acte de trahison à l’égard de notre grand pays », a déclaré Lorenzo Prado, un des nombreux orateurs à lancer des appels poignants au micro.

– ‘Cela ne va pas faiblir’ –

Sweat-shirt de son école et cheveux joliment tressés, Rachel Catania assurait sur CNN que le mouvement était solide. « Cela ne va pas faiblir, pas cette fois. Il va y avoir un changement », a-t-elle dit.

M. Trump a demandé mardi à son administration de prendre des mesures pour interdire la vente de dispositifs permettant de transformer des fusils semi-automatiques en mitraillettes. Ces « bump stocks » sont des systèmes amovibles fixés à la crosse d’un fusil et qui avaient été utilisés par le tueur de Las Vegas. Cinquante-huit personnes ont péri le 1er octobre 2017.

Ces évolutions potentielles de la règlementation sont très modestes à l’échelle d’un pays où environ 300 millions d’armes à feu sont disséminées dans la population. Mais elles témoignent d’une inflexion pour un président qui a juré fidélité à la NRA.

La fusillade de Parkland est la pire dans un établissement scolaire aux Etats-Unis depuis la tuerie de Sandy Hook, qui a fait 26 morts fin 2012.

Les lycéens de Stoneman Douglas, qui prévoient un grand rassemblement le 24 mars à Washington, devaient participer mercredi soir à un débat organisé par CNN. Ils doivent notamment y retrouver une représentante de la NRA, la très médiatique militante Dana Loesch.

Ce groupe de jeunes gens, qui vient d’acquérir une soudaine notoriété, est aussi confronté à des théories conspirationnistes, notamment sur les réseaux sociaux. Le collaborateur d’un élu de Floride a dû quitter son emploi après avoir qualifié certains d’entre eux de comédiens.

Romandie.com avec(©AFP / 22 février 2018 01h22)                

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France: Marion Maréchal Le Pen fait un retour remarqué

février 21, 2018

Paris – Moins d’un an après avoir quitté la politique, Marion Maréchal Le Pen, nièce de Marine Le Pen, la présidente du parti d’extrême droite français Front national, revient sur le devant de la scène cette semaine en participant à une réunion à Washington et en annonçant la création d’une « académie de sciences politiques » pour « former les dirigeants de demain ».

Dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles à paraître jeudi, l’ancienne députée (2012-2017), qui fut benjamine de l’Assemblée nationale en y entrant à 22 ans, annonce avoir « décidé de (s)’associer à la création d’une académie de sciences politiques, à côté d’autres activités professionnelles », une « école libre et indépendante ».

« Il ne s’agit pas d’un projet partisan », affirme-t-elle, en assurant que son projet « ne sert aucun » parti politique mais a vocation à « détecter et former les dirigeants de demain », « ceux qui auront le courage, l’intelligence, le discernement et les compétences pour agir efficacement dans la société et au service de la société ».

« En revanche, il est bien un projet politique. Nous souhaitons être le terreau dans lequel tous les courants de la droite pourront se retrouver et s’épanouir », poursuit-elle.

Marion Maréchal Le Pen doit aussi intervenir jeudi lors de la « Conservative Political Action Conference », important rendez-vous annuel des conservateurs à Washington. Elle sera la deuxième à prendre la parole au premier jour de la conférence, juste après le vice-président des États-Unis Mike Pence, le président Donald Trump étant lui annoncé pour le vendredi, selon le programme officiel.

La garde rapprochée de Marine Le Pen s’est voulue sereine face à la soudaine activité de celle qui fut une étoile montante du FN, où elle avançait souvent des positions plus radicales que sa tante sur les sujets de société (immigration, IVG, Islam…).

Elle « ne revient pas en politique », a assuré mercredi un porte-parole du FN, Sébastien Chenu. « Marion a eu la délicatesse de prévenir Marine Le Pen de tout cela et de lui dire précisément qu’elle ne souhaitait pas que son initiative personnelle et d’ordre professionnel soit vue comme un retour en politique », a-t-il affirmé.

Concernant son intervention à Washington, M. Chenu a laissé entendre qu’il s’agissait d’une conférence « payante »: « vous payez pour pouvoir vous exprimer et pour ensuite pouvoir lever des fonds, c’est le système américain », a-t-il dit.

« On est plutôt fier qu’elle (…) fasse connaître notre message à des Américains », a de son côté déclaré le vice-président du FN Louis Aliot, compagon de Marine Le Pen. « On verra la suite, si elle veut revenir, de toute façon elle sait très bien que le mouvement est ouvert, il n’y a pas de souci », a-t-il ajouté.

Marion Maréchal Le Pen est la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, leader historique du FN, cinq fois candidat à la présidentielle dont il avait franchi le premier tour en 2002, avant d’être battu par Jacques Chirac (droite).

Sa fille Marine Le Pen a elle aussi atteint le second tour de la présidentielle en 2017, mais a fini battue par le centriste Emmanuel Macron (66%-33%).

Fragilisée par cette défaite, en butte aux attaques de son ancien bras droit Florian Philippot, Marine Le Pen est lancée dans une opération de refondation du parti d’extrême droite.

Seulement 20% des Français jugent favorablement son action, contre 22% pour sa nièce, selon un baromètre Ipsos réalisé au début du mois.

Romandie.com avec(©AFP / 21 février 2018 17h53)                                            

Syrie: des écoles de Damas rouvrent après des jours de bombardements rebelles

février 18, 2018

Des enfants syriens sur le chemin de l’école à Damas, après plusieurs jours passés à la maison en raison des bombardements rebelles sur la capitale, le 18 février 2018 / © AFP / LOUAI BESHARA

D’un geste de la main, Hanane lance un dernier au revoir à sa fille qui a repris dimanche le chemin de l’école à Damas après plusieurs jours passés à la maison en raison de bombardements rebelles.

Avant même la fermeture de l’école de sa cadette Lina, âgée de 11 ans, cette mère de trois enfants avait pris la décision de la garder à la maison.

Quelques jours plus tard, un obus s’est abattu sur l’une des salles de l’établissement situé dans le vieux quartier de Damas.

Même « la route vers l’école était devenue très dangereuse », dit Hanane, âgée de 44 ans.

« Il vaut mieux que ma fille perde une année scolaire plutôt que sa vie (…). Je ne peux pas décrire l’anxiété qui m’accompagne du moment où elle quittait la maison jusqu’à son retour de l’école », confie-t-elle à l’AFP.

La semaine dernière, l’aviation syrienne avait intensifié ses frappes contre la Ghouta orientale, enclave rebelle à l’est de la capitale, faisant plus de 250 morts et plus de 700 blessés, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Cela avait provoqué une recrudescence des bombardements en provenance de l’enclave assiégée, tuant près de 20 civils, dont trois enfants, dans la capitale, relativement épargnée par la guerre qui saigne le pays depuis sept ans.

Une accalmie relative est observée depuis jeudi mais cette escalade avait contraint une dizaine d’écoles à fermer leurs portes.

« Aujourd’hui la situation est meilleure (…) mais j’ai tout de même consulté une page sur Facebook qui recense les tirs de mortiers sur Damas pour avoir l’esprit tranquille », confie Hanane qui vit dans le quartier d’Al-Amine au cœur du vieux Damas, soumis durant plusieurs semaines à des tirs de mortiers en provenance de la Ghouta.

– Sirènes et classes vides –

Dimanche, la vie dans le vieux quartier de la capitale semblait renouer avec la normale.

A l’instar de Hanane, de nombreux parents accompagnent leurs enfants, leurs cartables sur le dos, aux différentes écoles du quartier.

Ils slaloment entre des cratères d’obus remplis d’eau de pluie.

Avant ce retour au calme, « nous entendions les bruits des tirs, c’était effrayant », témoigne Fadia, enseignante d’anglais au collège dans une école privée, située dans le quartier de Bab Charqi.

« Les sirènes des ambulances ne s’arrêtaient jamais. Parfois nous devions fermer les fenêtres pour pouvoir entendre nos élèves », raconte-t-elle à l’AFP.

« Une des nos élèves de 15 ans, Rita el-Eid, a été tuée par un obus de mortier. Le lendemain, la plupart des salles étaient vides », ajoute l’enseignante.

L’établissement décide alors de suspendre les classes durant trois jours.

« Les enseignants et les élèves sont désormais de retour. Nous nous attendons même à un plus grand afflux demain », se réjouit Fadia.

« La vie dans le vieux Damas est étroitement liée à l’évolution des combats dans la Ghouta orientale », ajoute-t-elle.

– ‘Nous devons vivre’ –

Au cours des dernières semaines, la terreur avait également gagné d’autres secteurs de la capitale.

A quelques pas, dans le quartier de Bab Touma, une poignée de bus publics attendent les passagers.

L’un des chauffeurs, Abou Mohammad, nettoie le pare-brise de son bus blanc, avant de montrer du doigt un cratère situé à proximité de la station.

« Ici, un obus a explosé à côté d’un bus, trois personnes sont mortes et plus de dix ont été blessées », raconte-t-il.

« Nous sommes alors tous rentrés chez nous, mais sommes revenus le lendemain, nous devons vivre, nous n’avons pas le choix », confie-t-il.

L’imprévisibilité des tirs de roquettes et de mortiers ont dissuadé de nombreux Damascènes de quitter leurs foyers et ralenti ainsi l’activité des transports en commun, souligne Abou Mohammad.

« D’habitude, les passagers s’entassent ici du matin au soir, mais aujourd’hui il y a très peu de monde (…) La mort peut elle aussi monter dans les bus », déplore l’homme, âgé d’une cinquantaine d’années.

Romandie.com avec(©AFP / 18 février 2018 13h20)                

Cancer: la nourriture à risque

février 16, 2018

Cancer : la nourriture industrielle à risque

Depuis les années 1980, une avalanche d’aliments trop salés, trop gras et trop sucrés inondent les rayons de nos supermarchés. GARO/PHANIE

Une étude portant sur 105.000 personnes pendant huit ans pointe du doigt les aliments « ultra-transformés ».

Bonbons, pizza surgelée, sauce ketchup, soda… Depuis les années 1980, les produits de l’industrie agroalimentaire inondent les rayons de nos supermarchés. Une avalanche d’aliments trop salés, trop gras et trop sucrés suspectés aujourd’hui de favoriser le développement des cancers. Dans le Bristish Medical Journal (BMJ), des chercheurs français suggèrent pour la première fois un lien entre la consommation de ces produits ultra-transformés et l’apparition de tumeurs cancéreuses.

Le concept nutritionnel d’«aliment ultra-transformé», apparu en 2009, désigne les aliments, produits par les industriels, contenant des additifs alimentaires (édulcorants, colorants, conservateurs…). «Ces denrées sont plus hyperglycémiantes et caloriques que les autres, mais aussi moins rassasiantes», décrit le Dr Anthony Fardet, chercheur au sein de l’unité de nutrition humaine de l’Institut national de recherche agronomique (Inra), qui n’a pas participé à l’article du BMJ. «Des propriétés qui font le lit du diabète, de l’obésité ou encore de la stéatose hépatique (surnommée “la maladie du foie gras”, NDLR).»

Une augmentation de 10 % de la portion d’aliments ultra-transformés (charcuterie, barres chocolatées…) dans le régime alimentaire est associée à une hausse de 12 % des risques de développer un cancer

S’agissant du cancer, la littérature scientifique montre chez l’animal que ces aliments industriels ont des effets cancérogènes. Pour étudier l’impact chez l’homme, l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren), en partenariat avec l’Inserm et l’Inra, a analysé dans l’article scientifique, les habitudes alimentaires de 105.000 volontaires de la cohorte NutriNet-Santé, âgés en moyenne de 42 ans, dont 78 % de femmes. Au cours des huit ans de suivi, plus de 2200 cas de cancers ont été diagnostiqués, dont 739 cas de cancer du sein et 281 du cancer de la prostate.

Il ressort qu’une augmentation de 10 % de la portion d’aliments ultra-transformés (charcuterie, barres chocolatées, soupes…) dans le régime alimentaire est associée à une hausse de 12 % des risques de développer un cancer, et en particulier un cancer du sein. «Une tendance similaire est observée pour le cancer colorectal. Néanmoins, en raison du faible nombre de cas dans notre cohorte, nos résultats ne sont pas significatifs pour ce cancer», précise Bernard Srour, chercheur au sein de l’Eren. À l’inverse, les participants qui consomment davantage de produits bruts par rapport aux aliments ultra-transformés ont un risque de cancer réduit de 9 %.

Pour cerner uniquement le rôle de l’alimentation ultra-transformée, les chercheurs ont pris en compte le niveau d’étude, la consommation de tabac et d’alcool des volontaires ainsi que leur niveau d’activité physique. Ils soulignent que la cohorte est majoritairement féminine et a un niveau socio-économique élevé. «Or on sait que ces profils se préoccupent plus de leur alimentation. De ce fait, on peut imaginer que dans la population générale, la consommation de ces produits industriels est plus élevée et que le risque de cancer est lui aussi plus important», relève le Dr Fardet.

«J’ai la conviction profonde que nous avons suffisamment de preuves pour mettre en garde la population des risques de ces aliments et appliquer le principe de précaution»

Anthony Fardet , auteur de «Halte aux aliments ultra-transformés ! Mangeons vrai»

D’après les chercheurs, la moins bonne qualité nutritionnelle de ces aliments n’est pas le seul facteur impliqué dans cette relation. «Il se peut que les additifs alimentaires, les produits néoformés à la cuisson ou même les substances contenues dans les emballages, comme le bisphénol A, interviennent dans le processus», indique Bernard Srour. Son équipe va d’ailleurs évaluer l’impact des additifs alimentaires lors d’une prochaine d’étude. Ces substances ont, en effet, été mises en cause à plusieurs reprises ces derniers mois: les nitrites dans le jambon ou le dioxyde de titane, sous forme de nanoparticules, présent dans les biscuits. Ces produits ultra-transformés favoriseraient l’apparition de lésions cancéreuses chez l’animal.

En attendant que le coupable soit désigné, Anthony Fardet estime que ces travaux jettent un pavé dans la mare. «J’ai la conviction profonde que nous avons suffisamment de preuves pour mettre en garde la population des risques de ces aliments et appliquer le principe de précaution», affirme l’auteur de Halte aux aliments ultra-transformés! Mangeons vrai (Éditions Thierry Souccar). Selon l’étude NutriNet-Santé, près de 36 % des calories ingérées par les Français sont issues d’aliments produits par l’industrie agroalimentaire. «C’est énorme. Il ne faut pas qu’ils deviennent la base de l’alimentation. Ils ne devraient représenter qu’à peine 15 %, soit 2 portions par jour», ajoute ce spécialiste, qui précise que manger du pop-corn au cinéma ou un paquet de chips un soir est sans danger.

Pour les auteurs, ces travaux rejoignent les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS). Actualisé il y a peu, il recommande de privilégier les aliments peu raffinés (riz complet ou semi-complet par exemple) et de limiter la consommation de produits ultra-transformés.

Lefigaro.fr par 

17 morts dans un lycée américain: des prières, pas d’explication

février 14, 2018

Des élèves sous le choc durant la fusillade au lycée Marjory Stoneman Douglas en Floride, le 14 février 2018 / © AFP / Michele Eve SANDBERG

Elus et policiers n’avaient que des prières et aucune explication à offrir mercredi soir aux proches des 17 personnes abattues de rafales de fusil d’assaut par un jeune homme de 19 ans dans un lycée de Floride.

« C’est juste le mal à l’état pur », a lâché le gouverneur de Floride, Rick Scott, lors d’un point de presse à Parkland, en guise de maigre explication pour ce qui est l’une des pires tueries aux Etats-Unis depuis un quart de siècle.

Le shérif local a fait aveu d’impuissance. « Si quelqu’un veut vraiment commettre un carnage, il n’y a pas grand chose que l’on puisse ou que les forces de l’ordre puissent faire », a déclaré Scott Israel.

Nikolas Cruz –identifié précédemment par la police comme Nikolaus Cruz– a choisi la Saint-Valentin, la fête de l’amour, pour se rendre à Marjory Stoneman Douglas, son ancien lycée d’où il avait été expulsé, et ouvrir le feu avec un de ces fusils d’assaut AR-15 semi-automatiques, si répandus aux Etats-Unis.

Des images, filmées à l’intérieur d’une salle de classe pendant l’assaut sanglant probablement par un élève, donne une petite idée de la terreur qui s’est emparée de ce complexe scolaire qui compte près de 3.000 élèves.

On y entend des coups de feu à cadence très rapprochée, caractéristiques d’un semi-automatique et on y voit des élèves prostrés sous leur bureau ou allongés en silence, tandis que des hurlements s’élèvent plus loin.

En milieu de soirée, les autorités n’avaient toujours pas réussi à identifier 5 des 12 victimes, parmi lesquelles se trouvaient aussi bien des élèves que des enseignants.

– Signes avant-coureurs –

La police n’a pour l’heure livré aucun motif, mais le portrait encore très en pointillés laissait poindre un adolescent à problèmes amateurs d’armes.

« Il y a eu des problèmes quand il a menacé des étudiants l’année dernière et je pense qu’on lui a dit de quitter le campus », a déclaré au quotidien Miami Herald Jim Gard, un professeur de mathématiques qui avait eu l’élève dans sa classe.

Selon un lycéen, Nicholas Cokes, Cruz était un « solitaire » qui avait quitté l’établissement il y a quelques mois pour emménager dans le nord de l’Etat après la mort de sa mère.

Il aurait également fait une préparation militaire, selon des sources au Pentagone qui n’ont pas donné de détails.

Un autre lycéen a souligné que le tireur connaissait parfaitement les lieux et les procédures de sécurité, mises en place dans toutes les écoles aux Etats-Unis, qui simulent régulièrement une intrusion armée pour préparer leurs élèves.

Nikolas Cruz avait posté sur les réseaux sociaux des messages « très alarmants », a souligné le shérif et des images sur Instagram présentées par plusieurs médias comme le compte du tireur –avant qu’il ne soit désactivé– montraient un homme au visage masqué coiffé d’une casquette ou d’un bonnet de l’armée de terre avec des couteaux ou encore l’image d’un fusil à pompe.

« Nous n’avons reçu aucun avertissement, aucune indication », a pourtant précisé Robert Runcie, le proviseur du lycée. « A notre connaissance, aucune menace n’avait été proférée ». Quand au shérif il a répété à de multiples reprises que c’était la responsabilité de tous « de signaler des choses inhabituelles ».

– Cachés dans les placards –

Des témoins, dont plusieurs arboraient des coeurs et autres décorations de la Saint-Valentin –qu’enseignants et élèves célèbrent traditionnellement ensemble et avec beaucoup de ferveur dans les écoles américaines–, ont rapporté s’être cachés jusque dans les placards lorsque les coups de feu ont retenti peu avant la fin des cours, à 14H30.

« C’était la fin de la journée scolaire et l’alarme incendie s’est déclenchée. Nous avons commencé à évacuer. On pensait que c’était un exercice et après avoir fait 15, 20 pas hors de la classe on était à terre, et on se cachait dans le placard », a raconté une enseignante, Melissa Falkowski, sur CNN.

Une élève, Peri Harris, a elle raconté à la chaîne CBS Miami que « toute sa classe » avait trouvé refuge dans « un tout petit placard ».

– Déjà 18 fusillades –

« Aucun enfant, enseignant ou quiconque, ne devrait jamais se sentir en danger dans une école américaine », a tweeté le président Donald Trump dans l’après-midi.

Le drame survenu mercredi est le dernier d’une longue série de fusillades ayant ensanglanté l’Amérique ces dernières années. A Las Vegas en octobre 2017, 58 personnes ont péri sous les balles d’un seul tireur et 49 personnes avaient été abattues dans un club gay d’Orlando en 2016.

Et les fusillades sont particulièrement récurrentes dans les écoles américaines: il y en a déjà eu 18 en 2018 en comptant celle du lycée Marjory Stoneman Douglas.

« Il s’agit de la 291e fusillade en milieu scolaire depuis le début de 2013 », souligne Shannon Watts, fondatrice de « Moms Demand Action For Gun Sense In America », une organisation qui lutte contre la prolifération des armes à feu.

Romandie.com avec(©AFP / 15 février 2018 04h31)

Le jour de la Saint-Valentin

février 13, 2018

 

Valentin

 

Le jour je me lève sur la Saint-Valentin

Égrenant des lèvres mon chapelet de baratin

Quand mon souffle dégage des pétales de rose

Qui s’envolent de mes mains à peine éclosent

 

La glue de mes mots accroche une femme

Auprès de laquelle je déclare ma flamme

Qui fait trembler les boutons de son chemisier

Révélant sous sa poitrine ses seins de pommier

 

Mon regard scrute les durillons de ses tétons

Quand la pulpe de sa bouche à l’orient du désir

Avale les soupirs fantasmés des baisers lénifiants

Savoureusement délectés avec bonheur et plaisir.

 

Bernard NKOUNKOU

Sénéga: a Dakar, Emmanuel Macron et Macky Sall vont plaider en faveur de l’éducation

février 2, 2018

 

Emmanuel Macron et Macky Sall, jeudi 1er février 2018, sur le tarmac de l’aéroport Leopold Sédar Senghor, à Dakar. © Présidence Sénégal

Emmanuel Macron et Macky Sall co-président la troisième conférence internationale de reconstitution de fonds du Partenariat mondial pour l’éducation, qui se tient à Dakar ce vendredi 2 février. L’objectif affiché est de récolter 3,1 milliards de dollars sur la période 2018-2020 pour l’éducation.

Après une visite de deux jours en Tunisie, Emmanuel Macron a atterri jeudi soir sur le tarmac de l’aéroport Léopold Sédar Senghor. Accueilli par le président Macky Sall et son épouse ainsi que des membres du gouvernement sénégalais, le chef de l’État français a entamé une visite de trois jours avec un programme chargé.

Un entretien en tête-à-tête, ce vendredi matin, entre Emmanuel Macron et son homologue sénégalais sera suivi d’une séance de travail élargie à leurs collaborateurs, selon le site de la présidence sénégalaise. Les deux chefs d’État se rendront ensuite sur le chantier du futur Train express régional de Dakar et au collège de Hann-Bel Air, un quartier de la capitale sénégalaise. Plusieurs accords doivent également être signés.

Éducation et environnement

Emmanuel Macron et Macky Sall se rendront vendredi après-midi au Centre international de conférences Abdou-Diouf de Diamniadio, à une quarantaine de kilomètres de Dakar, pour assister à la troisième conférence internationale de reconstitution de fonds du Partenariat mondial pour l’éducation, que les deux pays co-président.

Plusieurs chefs d’État, dirigeants d’agences de l’ONU, ainsi que la chanteuse Rihanna, engagée dans la promotion de l’éducation, sont annoncés à cette conférence, destinée à réduire le nombre d’enfants non scolarisés, estimé à 264 millions.

La présidente du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), l’ex-Premier ministre australienne Julia Gillard, a appelé à enrayer le déclin, sur six années consécutives, de la part de l’éducation dans l’aide publique au développement.

La conférence vise à récolter 3,1 milliards de dollars sur la période 2018-2020, pour permettre au Partenariat de fournir deux milliards de dollars par an aux pays en développement bénéficiaires, actuellement au nombre de 65 mais qui pourraient alors passer à 89.

« Les gouvernements africains et surtout les ménages font le maximum de ce qu’ils peuvent pour leur éducation », a estimé Marie-Pierre Nicollet, directrice du département des transitions démographiques et sociales à l’Agence française de développement (AFD).

Selon un document de l’AFD, dans 15 pays d’Afrique subsaharienne, les dépenses en éducation des ménages représentent 46% de celles des États, contre par exemple 9% en France. En matière de soutien à l’éducation, « la France ne fait pas tellement mieux » que les autres pays donateurs, avec environ 2,5% de son aide publique, a reconnu Marie-Pierre Nicollet.

Une conférence de presse d’Emmanuel Macron et de Macky Sall viendra clôturer la journée. Samedi, les deux présidents s’envoleront ensuite pour Saint-Louis, dans le nord du pays.

Deux mois après le One Planet Summit organisé à Paris, le président français se rendra dans cette ville du nord du pays menacée par la montée des eaux et l’érosion côtière. Il achèvera sa visite par une conférence de presse avec Mansour Faye, maire de la ville et ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

Jeuneafrique.com

Gambie: l’inculpation d’un universitaire fait craindre le retour des méthodes de Jammeh

février 1, 2018

 

L’universitaire Ismaila Ceesay, Mazzini, à Banjul ce jeudi 1er février 2018. © Anna Pujol Mazzini pour Jeune Afrique

L’arrestation et l’inculpation de Ismaila Ceesay pour « incitation à la violence » a déclenché une levée de boucliers au sein de la société civile gambienne, qui craint de voir poindre des méthodes comparables à celles de l’ancien dictateur Yahya Jammeh, un an après sa chute.

La nuit a été longue pour le Dr Ismaila Ceesay. Après des heures d’interrogation par la police et une nuit en détention, l’universitaire a été libéré tôt, ce jeudi matin, sous les cris et les chants de quelques dizaines de ses étudiants, ainsi que de journalistes et d’activistes, qui s’étaient réunis devant les quartiers de la police nationale à Banjul.

Critiques sur la défiance des militaires envers le nouveau pouvoir

La veille, Ceesay a été inculpé pour « incitation à la violence ». En cause : une interview qu’il a accordé au journal The Voice, dans laquelle l’universitaire a critiqué le manque de confiance entre le président et chef des armées, Adama Barrow, élu en décembre 2016, et les militaires.

« Il y a des soldats qui ne sont pas satisfaits et qui se sentent rejetés par l’administration. Cela peut engendrer des mutineries », a-t-il alors mis en garde.

Depuis janvier 2016, suite à l‘intervention militaire de la Cedeao face au refus de Yayah Jammeh de quitter le pouvoir après avoir été défait aux urnes en décembre 2016, la responsabilité de la sécurité du pays est en effet partagée entre l’armée gambienne et les forces régionales de la Cedeao.

Actuellement, 500 hommes sont toujours déployés sur le territoire gambien. Une présence militaire étrangère qui fait grincer des dents.

À Banjul, le palais présidentiel et ses alentours sont surveillés par les troupes sénégalaises de la Cedeao. © Sylvain Cherkaoui pour JA

 

Manifestation devant les locaux de la police

Après avoir été convoqué à un poste de police, mercredi en début d’après-midi, Ismaila Ceesay a été interrogé pendant trois heures, puis détenu jusqu’en début de soirée. Là, des étudiants et journalistes se sont réunis devant les locaux de la police pour demander des comptes.

A peine connue, la nouvelle de l’arrestation du Dr Ceesay a enflammé les réseaux sociaux. Le hashtag #FreeDrCeesay était le plus utilisé dans le pays, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Les professeurs d’université ont alors appelé à une grève, exigeant la remise en liberté « inconditionnelle » d’Isamaila Ceesay. L’association des étudiants a pour sa part appelé à une manifestation de soutien, et exigé des « excuses » de la police. cédant à la pression, la police a accepté, mercredi soir, la remise en liberté de l’universitaire. Sauf que ce dernier a d’abord refusé de quitter les lieux sans explications ou excuses de la part des forces de police.

Jeudi matin, alors que beaucoup de membres de la société civile attendaient des explications de la part des autorités, le bureau de l’inspecteur général de police a affirmé par voie de communiqué que l’interrogatoire du Pr. Ceesay avait pour but de « clarifier des propos en liens avec une enquête en cours ».

En interpellant l’enseignant, la police a « fait son travail, car elle a de bonnes raisons de croire que la sécurité nationale est en danger », a insisté David Kujabi, son porte-parole.

Ismaila Ceesay, après sa remise en liberté, avec des militants, lors d’une réunion de soutien, le 1er février 2018 à Banjul. © Anna Pujol Mazzini pour Jeune Afrique

 

Nous croyions avoir créé une nouvelle Gambie. Mais il est toujours possible de se faire arrêter pour ses opinions

Près de quarante activistes et journalistes étaient réunis dans la banlieue de Banjul ce jeudi matin pour décider des actions à prendre pour lutter contre ce qu’ils qualifient de « violation de la liberté d’expression ». Ismaila Ceesay, présent à cette réunion après une nuit sans sommeil, se dit déçu : « Après 22 ans à lutter contre une dictature, nous croyions avoir créé une nouvelle Gambie. Mais il est toujours possible de se faire arrêter pour ses opinions. »

Pour les militants présents lors de cette réunion de soutien au Pr Ceesay, l’arrestation présente des similarités déconcertantes avec les tactiques de l’ancien président Yayah Jammeh, connu pour des arrestations arbitraires et les disparitions d’opposants. Un avis qui trouve un large écho sur les réseaux sociaux.

« Cela confirme qu’en Gambie, le système n’a pas changé », affirme ainsi Madi Jobarteh, directeur adjoint de TANGO, l’Association gambienne des organisations non-gouvernementales.

« Les gambiens doivent être préparés à se battre pour un changement réel de système, pour la protection des droits humains et de la démocratie, assène ce militant. toutes les lois qui étaient utilisées pour empiéter sur les droits humains sont toujours en place. »

Jeuneafrique.com par Jeune Afrique – Anna Pujol Mazzini, à Banjul

Canada/Québec: la présidente du CA de l’UQAM, Lise Bissonnette, démissionne

janvier 31, 2018

 Elle dénonce le « fatalisme » qui nuit au développement du réseau de l’Université du Québec

Lise Bissonnette
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lise Bissonnette

Usée par le « fatalisme » de la classe politique, la présidente du conseil de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Lise Bissonnette, tire sa révérence. Elle a donné sa démission, mardi soir, en dénonçant « l’iniquité flagrante » favorisant les universités à charte aux dépens de celles du réseau de l’Université du Québec.

« Je n’entrevois pas aujourd’hui de terme heureux à nos combats, mais ils doivent se poursuivre. Ce qui menace l’UQAM et les établissements analogues, ce n’est pas la fatalité, elle n’existe jamais. C’est le fatalisme dont la tentation rôde en nos propres espaces », indique Mme Bissonnette dans sa lettre de démission transmise au Devoir et au premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Elle a annoncé sa démission aux membres du conseil d’administration réunis en assemblée mardi soir.

Après cinq années aux commandes du C. A. de l’UQAM, Lise Bissonnette avait le coeur lourd en envisageant le cinquantième anniversaire de fondation de l’établissement — qui sera célébré en septembre 2019. « J’aurais abordé les célébrations avec des sentiments mêlés, barbouillés », indique-t-elle.

Le réseau de l’UQ a été créé en 1968 pour rendre l’enseignement supérieur accessible aux francophones de la classe moyenne — qui étaient nettement sous-scolarisés. Les dix universités de l’UQ sont établies dans toutes les régions du Québec. L’UQAM, elle, est née en 1969.

Lise Bissonnette a étoffé les arguments avancés dans une entrevue récente au Devoir : les établissements du réseau de l’UQ sont considérés comme des universités de seconde zone. Ils font un travail « extraordinaire » malgré un « mépris » généralisé de la classe politique et économique, selon elle.

« C’est un réseau qui est mal aimé et qui est négligé », affirme Mme Bissonnette en entrevue. Les disparités dans la rémunération des recteurs — les dix dirigeants les moins bien payés sont ceux du réseau de l’UQ — ne sont que la pointe de l’iceberg, selon elle.

Infrastructures à deux vitesses

Un indice évident de la politique de « deux poids, deux mesures » envers l’UQ se trouve dans le Plan québécois des infrastructures de 2017-2027, explique-t-elle. Les huit universités dites « privées » (même si elles sont largement financées à même les fonds publics) recevront plus de 3 milliards de dollars pour leurs projets d’infrastructures. Les dix établissements de l’UQ, eux, recevront ensemble 850 millions durant la même période.

Même politique « injuste », selon elle, dans la distribution du Fonds d’investissement stratégique canadien (FIS), qui a généré 730 millions pour les établissements postsecondaires québécois : à Montréal, en excluant les collèges, la somme disponible a atteint plus de 380 millions pour les universités, souligne Lise Bissonnette. L’UQAM a obtenu 10,5 millions, l’Université de Montréal a obtenu 250 millions, McGill, 75 millions, et Concordia, 37 millions.

Autre signe du parti pris du gouvernement envers les universités à charte, selon Mme Bissonnette : le feu vert donné à la création d’un campus de HEC Montréal (affilié à l’Université de Montréal) au centre-ville, à deux pas de l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’UQAM. Québec a accordé des fonds de 94 millions pour le projet, en pleine période de restriction budgétaire, même s’il est évident que HEC vient concurrencer l’ESG sur son terrain, souligne Lise Bissonnette.

La clientèle cible de ces écoles de gestion, ce sont les gens d’affaires ou du milieu de la finance qui travaillent au centre-ville. Or, le campus actuel de HEC Montréal a pignon sur rue de l’autre côté du mont Royal, chemin de la Côte-Sainte-Catherine. D’où la décision d’aménager un nouveau bâtiment de HEC au centre-ville, souligne Lise Bissonnette.

La ministre aux aguets

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, dit être en désaccord total avec la présidente du C. A. de l’UQAM. Au moment d’écrire ces lignes, Mme David n’était pas au courant de la démission imminente de Lise Bissonnette, mais elle rejetait les accusations de mépris envers le réseau de l’UQ.

« Mme Bissonnette a toutes sortes d’opinions, mais je ne peux pas être d’accord avec elle. S’il y en a une qui défend le réseau de l’UQ et l’UQAM, c’est moi. Je n’arrête pas de plaider pour le réseau de l’UQ », dit la ministre David.

C’est un réseau qui est mal aimé et qui est négligé

Lise Bissonnette

Plus de 86 % de l’enveloppe du Plan québécois des infrastructures consiste en du maintien d’actifs répartis sur une base mathématique par des fonctionnaires, explique-t-elle. La taille des bâtiments, le degré de vétusté des immeubles et le nombre d’étudiants guident notamment les décisions d’investissement.

Des critères similaires servent à arbitrer les projets retenus en vertu du FIS fédéral — le gouvernement québécois a transmis une liste de 276 projets à Ottawa, qui en a retenu 101, selon la ministre David.

Mission : refaire le monde

« Les collèges et les universités n’ont pas eu autant qu’ils l’auraient voulu pour toutes sortes de raisons, dit-elle. Il y a eu des déceptions partout. »

Il y a eu des gestionnaires d’université heureux, aussi. Le campus des sciences de l’Université de Montréal a été annoncé en grande pompe par les premiers ministres Trudeau et Couillard, en décembre 2016. « Le projet était très, très avancé quand je suis arrivée », souligne Hélène David.
Les analyses se poursuivent pour deux projets phares de l’UQAM, indique la ministre : celui du pavillon Sanguinet, qui hébergerait des services de l’ESG, ainsi que le nouveau pavillon des arts.

L’UQAM mérite à son tour d’obtenir sa part du gâteau pour les infrastructures, fait valoir Lise Bissonnette. « […] ce qui m’enchante le plus, c’est la force intellectuelle de notre université, son aptitude sans cesse renouvelée à vouloir refaire le monde en s’imposant d’abord de le repenser », écrit-elle.

Étudiante en éducation, Mme Bissonnette a vu naître cette institution dans le climat de frénésie sociale de mai 68. « Ce côté un peu frondeur est resté dans l’ADN de l’UQAM. Moi, je trouve ça très bien. »

Ledevoir.com par Marco Fortier

France/Baccalauréat: Blanquer annonce qu’il y aura plus que quatre épreuves terminales

janvier 28, 2018

 

Le reste des matières sera sanctionné par un contrôle continu, a déclaré le ministre de l’éducation nationale. La réforme du bac sera présentée le 14 février.

Des lycéens lors de l’épreuve de philosophie en 2017. FREDERICK FLORIN / AFP

Invité de l’émission « Questions politiques », sur France Inter (dont Le Monde est partenaire), le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a annoncé dimanche 28 janvier que le baccalauréat réformé ne comprendrait plus que « quatre épreuves terminales et le reste en contrôle continu ». A l’heure actuelle, l’examen qui sanctionne la fin du lycée compte dix à quinze épreuves.

« Ce que sera le bac de 2021, je le dirai le 14 février en conseil des ministres », à l’issue d’une concertation avec des acteurs du monde éducatif, et « des choses peuvent se discuter », a fait savoir le ministre. Mais « ce qui est certain, c’est que l’ossature est de quatre épreuves terminales et le reste en contrôle continu ».

Fin des filières L, ES et S

« La réflexion est probablement d’avoir le choix de deux disciplines que vous souhaitez passer en contrôle terminal », et de « deux autres épreuves communes à tout le monde, l’une sans doute la philosophie, dans la grande tradition française, qu’on n’a pas envie de fragiliser », a-t-il dit, défendant par ailleurs l’introduction parmi ces quatre épreuves d’un grand oral.

Les propositions du ministre puisent dans le rapport que lui a remis mercredi l’ancien directeur de Sciences Po Lille Pierre Mathiot. Il préconise la disparition des filières L, ES et S au profit du choix de deux matières « majeures » et de deux « mineures » (ainsi qu’une matière optionnelle), pour les années de première et de terminale.

A celles et ceux qui s’interrogent sur les risques de discrimination des enfants de milieux défavorisés, M. Blanquer a assuré qu’« on ne va pas accentuer les inégalités sociales mais au contraire les compenser parce qu’on va préparer tous les élèves ». Même s’il « il y a une part de vérité » dans ces critiques, « il faut éviter les clichés teintés de mépris social », a-t-il dit.

Lemonde.fr