Archive for the ‘Education’ Category

Un léopard sème la panique dans une école indienne

février 8, 2016

VIDÉO. Le félin s’est glissé dans un établissement scolaire de Bangalore, dans le sud de l’Inde, le 7 février. Il a immédiatement été traqué par les enseignants.

Orthographe: émotion en France autour du circonflexe

février 4, 2016

L’accent circonflexe bientôt banni de la langue française? Certains médias, relayés par les réseaux sociaux, ont annoncé jeudi sa mort prochaine en vertu d’une nouvelle réforme de l’orthographe, remontant en réalité à 1990.

La réforme, avalisée en son temps par l’Académie française malgré l’indignation des puristes, simplifie aussi l’orthographe de certains mots – comme « nénufar » (nénuphar) ou « ognon » (oignon). Elle allège l’usage des traits d’union.

Mais il a fallu la publication de nouveaux manuels scolaires par l’un des principaux éditeurs spécialisés en prévision de la prochaine rentrée, avec un macaron « orthographe recommandée », pour que le grand public découvre ce que les professeurs pouvaient déjà enseigner à leurs élèves depuis des années.

Quelques articles dans les médias ont aussitôt fait fleurir le hashtag #jesuiscirconflexe. Certains déplorent « le sacrifice de la langue française » par l’Education nationale, ou s’inquiètent de possibles quiproquos entre « les « tâches et les taches ».

Gout et aout sans chapeau
En réalité, selon la réforme, l’accent circonflexe aura toujours droit de cité et sera omis sur les « i » et les « u » dans les seuls cas où cela ne prêtera pas à confusion. Goût pourra s’écrire gout ou août, aout.

La réforme de l’orthographe « est en vigueur depuis 1990 », a souligné le ministère de l’Education nationale. « Le Conseil supérieur de la langue française a adopté en 1990 les nouvelles règles », qui ont été « approuvées par l’Académie française et publiées au Journal officiel ». « Ce n’est pas le ministère de l’Education qui fait l’orthographe en France ».

« C’est l’orthographe officielle de la République depuis plus de 25 ans. Ce qui est surprenant ce que l’on s’en surprenne », indique Michel Lussault, président du Conseil supérieur des programmes (CSP).

« Plutôt du toilettage »
« L’Académie française a fait un travail très précis », estime-t-il. « Il y avait des anomalies orthographiques liées à des évolutions historiques un peu étranges, donc l’Académie avait vraiment veillé à ce que ces modifications soient compréhensibles, ce n’était absolument pas un bouleversement, plutôt du toilettage ».

Une tolérance « permet aux enseignants comme d’ailleurs à tous les fonctionnaires, d’utiliser les deux orthographes, c’est-à-dire avant révision ou après révision », souligne-t-il.

Romandie.com

Inde: une étudiante tanzanienne frappée et à demi dénudée par la foule

février 4, 2016

Bangalore (Inde) – La police indienne a arrêté jeudi cinq hommes dans l’enquête sur des violences subies par une étudiante tanzanienne frappée à Bangalore (sud) par une foule en furie qui lui a arraché son tee-shirt.

Les étudiants africains à Bangalore sont vraiment déçus, frustrés et effrayés suite à l’attaque, a assuré l’ambassadeur de Tanzanie en Inde John W. H. Kijazi à la chaîne de télévision indienne CNN-IBN, affirmant avoir appelé le gouvernement indien à renforcer la sécurité pour ces étudiants.

La ministre des Affaires étrangères, Sushma Swaraj, a qualifié cette agression de honteuse et demandé à la justice d’agir rapidement pour punir les coupables.

Nous sommes profondément peinés par cet incident honteux dont a été victime une jeune Tanzanienne à Bangalore, ville accueillant un grand nombre d’étudiants étrangers, a-t-elle dit sur Twitter tard mercredi soir.

J’ai demandé au chef de l’exécutif (de l’Etat du Karnataka) d’assurer la sécurité et la tranquillité de tous les étudiants étrangers, et une peine sévère pour les coupables, a ajouté la ministre.

La foule a attaqué l’étudiante de 21 ans et ses amis dimanche soir, semble-t-il en représailles à un accident de la route impliquant un véhicule conduit par un Soudanais ayant tué une habitante de la ville.

L’étudiante a indiqué dans sa plainte déposée mercredi que la foule déchainée avait attaqué sa voiture qui approchait du lieu de l’accident, survenu moins d’une heure plus tôt.

Notre voiture a été incendiée. Ils ont tiré sur mon tee-shirt et l’ont arraché, me laissant sans rien. Ils ont continué à nous agresser et nous avons fui pour sauver nos vies, selon sa plainte citée par le Times of India.

Mes amis et moi avons sauté dans un bus. Le conducteur n’a pas bougé et les autres passagers nous ont chassés. Un passant m’a donné son tee-shirt, il a également été frappé.

Un responsable de la police de Bangalore, N S Megharikh, a indiqué que cinq personnes avaient été arrêtées dans cet incident de la route qui, selon lui, n’a pas de connotation raciste.

L’ambassadeur de Tanzanie en Inde a estimé que l’Inde et les pays africains devaient travailler ensemble pour faire cesser ce genre d’incidents qui surviennent régulièrement.

Ce n’est pas la première fois que survient un tel acte, cela arrive plus fois par an, a-t-il dit sur la chaine NDTV.

La police est accusée de ne pas avoir empêché cette agression après que la jeune femme eut demandé son aide en soulignant qu’elle était tanzanienne et n’avait aucun lien avec l’accident.

Ils nous ont dit +Vous vous ressemblez tous, vous devriez retrouver l’homme noir qui a écrasé une femme dans le quartier+, a affirmé l’étudiante tanzanienne dans sa plainte.

En 2014 à New Delhi, une foule a attaqué trois hommes africains dans une station de métro pour avoir prétendument harcelé des femmes locales. Un incident successivement qualifié de raciste.

Romandie.com avec(©AFP / 04 février 2016 14h48)

Un étudiant italien est mort au Caire après des sévices

février 4, 2016

Un étudiant italien qui avait disparu au Caire il y a dix jours a été retrouvé mort dans un fossé, à moitié dénudé. Son corps porte des traces de sévices. Les autorités italiennes exigeant de l’Egypte « toute la vérité ».

Agé de 28 ans, l’étudiant était doctorant à l’université britannique de Cambridge. Il faisait des recherches pour une thèse sur les mouvements ouvriers en Egypte, quand il a mystérieusement disparu le 25 janvier au centre de la capitale égyptienne.

Ce jour-là, 5e anniversaire de la révolte populaire de 2011 tout rassemblement était interdit. Policiers et soldats quadrillaient la ville.

Le corps du jeune homme a été retrouvé mercredi dans un fossé en bordure d’une route, sur la commune du 6 Octobre, une banlieue du Caire, a annoncé jeudi Hossam Nassar, magistrat du parquet qui a constaté sa mort. « Il s’agit d’un meurtre », a-t-il assuré. « Il y avait des contusions et des blessures sur le corps et il ne portait que des vêtements sur le haut du corps », a-t-il précisé.

En fin d’après-midi jeudi, l’ambassadeur d’Italie s’est rendu à la morgue centrale du Caire où le corps du jeune supplicié était autopsié, ont rapporté des journalistes.

Crime crapuleux ?
« Nous voulons la vérité sur ce qui s’est passé », a exigé le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni sur la télévision italienne RAI. Toutes les hypothèses restent ouvertes sur la mort de l’étudiant italien dont celle du crime crapuleux.

« Rome s’attend de la part des autorités égyptiennes à la plus grande collaboration à tous les niveaux, à la lumière de la gravité extrême de ce qui est arrivé à notre citoyen », a insisté secrétaire général du ministère italien des Affaires étrangères Michele Valensise.

Bavure policière ?
Mais les réseaux sociaux et les milieux diplomatiques au Caire évoquent avec insistance celle d’une possible bavure policière. Dans ce pays, la police et les services de renseignements sont accusés régulièrement par les organisations de défense des droits de l’Homme d’arrêter et de détenir sans procès, voire de violenter ou torturer.

Plusieurs cas de morts violentes d’Egyptiens dans les commissariats ont donné lieu récemment à des procès contre des policiers. La police a été priée récemment par le président Abdel Fattah al-Sissi en personne, de faire preuve de retenue.

Opposition réprimée
En proie à des années d’instabilité depuis la chute de Hosni Moubarak en 2011, l’Egypte est aujourd’hui présidée par Abdel Abdel Fattah al-Sissi. Depuis qu’il a destitué et fait arrêter le 3 juillet 2013 le président islamiste élu Mohamed Morsi, M. Sissi, alors chef de l’armée, dirige un pouvoir qui réprime violemment toute opposition, islamiste, laïque et libérale.

Il a été élu président à son tour en mai 2014, en l’absence d’opposition crédible mais grâce à une forte popularité.

Plus de 1400 manifestants islamistes ont été tués en 2013 et des centaines de sympathisants de M. Morsi, dont l’ex-président lui-même, ont été condamnés à mort dans des procès expéditifs vivement dénoncés par l’ONU.

Romandie.com

Zika: « une urgence de santé de portée mondiale »

février 1, 2016

Le virus Zika, transmis par des moustiques, constitue « une urgence de santé publique de portée internationale », a déclaré lundi à Genève l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce qualificatif devrait accélérer l’action internationale.

Cette décision d’urgence a été recommandée dans la journée par un comité d’experts indépendants. Outre l’accélération des moyens mis à disposition, la recherche scientifique devrait être favorisée. L’OMS a cependant estimé que la maladie ne justifiait pas dans l’immédiat que soient imposées des restrictions de voyage ou de commerce.

Avec cette prise de position, l’agence de l’ONU paraît aussi soucieuse de faire oublier les critiques liées à sa réponse qui avait été jugée trop faible par beaucoup face à la récente épidémie d’Ebola en Afrique.

Le Brésil a sonné l’alarme
Le Brésil, zone dans le monde la plus touchée par le Zika, a sonné l’alarme en octobre, lors de l’apparition d’un nombre inhabituellement élevé dans le nord-est du pays de cas de microcéphalie. Il s’agit d’une malformation congénitale dont souffrent les enfants nés avec une tête et cerveau anormalement petits.

Depuis, ont été enregistrés 270 cas confirmés de microcéphalie et 3448 cas suspects. En 2014, on a dénombré 147 bébés souffrant de cette malformation.

Eviter de tomber enceinte
La Colombie, le Salvador, l’Equateur, le Brésil, la Jamaïque et Porto Rico ont d’ores et déjà recommandé aux femmes d’éviter toute grossesse tant que l’épidémie de Zika n’est pas sous contrôle. En Colombie, plus de 20’000 cas d’infections ont été enregistrés depuis début octobre, selon les autorités du pays.

En Europe et en Amérique du Nord, des dizaines de cas d’infection par le Zika ont été signalés parmi les personnes revenant de vacances ou de voyages d’affaires dans les pays touchés.

Pas de remède
Le Zika se transmet par une piqûre de moustique du genre Aedes aegypti ou Aedes albopictus (moustique tigre). Il n’existe aucun traitement. Et selon l’OMS, la mise au point d’un vaccin devrait prendre plus d’un an.

Romandie.com

Inde : treize étudiants se noient en mer

février 1, 2016

Mumbai (India) – Treize étudiants sont morts noyés lundi lors d’une baignade en mer au large de la côte ouest de l’Inde, a indiqué la police.

Le drame s’est déroulé à Murud beach, à environ 140 km au sud de Bombay, dans le district de Raigad, a précisé un responsable de la police locale, Arvind Patil.

Au total, 155 étudiants venant de Pune étaient sur la principale plage de Murud et certains sont partis nager vers 15H30 cette après-midi, a indiqué le policier à l’AFP.

Treize étudiants (dix femmes et trois hommes) sont morts de noyade. Les victimes étaient âgées de 19 à 23 ans, a-t-il ajouté.

Des habitants et la police sont engagés dans les opérations de secours, a poursuivi le policier, sans être en mesure de dire si le bilan était définitif.

Selon les médias locaux, les victimes venaient de l’Abeda Inamdar College de Pune – un institut spécialisé en sciences, arts et gestion – et s’étaient rendus à Murud pour un pique-nique.

Romandie.com avec(©AFP / 01 février 2016 14h24)

Pour Taubira, «l’égalité est un combat quotidien»

janvier 29, 2016

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Christiane Taubira a reçu un accueil chaleureux à la NYU. Crédits photo : JEWEL SAMAD/AFP

Après sa démission, l’ex-garde des Sceaux s’est rendue à New York pour une conférence à l’université devant un parterre enthousiaste.

Accueil enthousiaste et standing ovation pour Christiane Taubira à l’université NYU de New York. Quelques jours après sa démission fracassante pour «désaccord politique majeur» avec François Hollande et Manuel Valls sur la déchéance de nationalité, l’ex-garde des Sceaux tenait une conférence qu’elle devait, à l’origine, faire dans l’exercice de ses fonctions. «L’université a insisté pour que je maintienne cette conférence et je trouve que c’est heureux», a-t-elle dit à sa descente d’avion.

La salle était comble dans la faculté de droit Arthur Vanderbilt, pour entendre Christiane Taubira qui se revendique d’Aimé Césaire et de Victor Hugo. Le public diversifié rassemblait des étudiants, des professeurs et la diaspora noire. L’ancienne ministre, vêtue d’un blazer bordeaux et d’un foulard chatoyant, loue «la ville monde» pour son hospitalité, invoque ces Français venus à New York: Jules Romains, Antoine de Saint-Exupéry, Claude Lévi-Strauss. Elle évoque aussi l’historien américain Howard Zinn et son hommage aux classes laborieuses dans Une Histoire populaire des États-Unis. «Je vénère le mouvement de la Harlem Renaissance qui a fait partie de mes grandes découvertes en tant qu’adolescente, lance-t-elle. Il contient des clés pour les difficultés auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui.»

Comment répondre à ces sujets essentiels? «En regardant dans le passé comment on a répondu», ajoute l’ex-ministre de la Justice qui défend jalousement des «principes». «Le monde s’interroge. Sur la solidité de nos valeurs, de notre éthique, de nos principes. Car eux peuvent nous guider dans ces temps troubles. Une civilisation qui renie ses principes est une civilisation moribonde. Il ne faut pas ruser avec ces principes.»

Christiane Taubira aborde aussi la question de la laïcité, ultrasensible en France. «Vous connaissez les Français, peuple passionné qui aime se disputer, se battre à outrance. Il est même capable de se fendre en deux», dit-elle. Mais «attention, la laïcité est fondamentale: elle ne conteste pas les religions, elle organise les conditions de la vie religieuse».

«L’égalité n’est pas un slogan, c’est un combat quotidien qui incombe à la puissance publique», dit-elle, avant de citer le poète Édouard Glissant qui plaide pour «un dialogue permanent entre les hommes, les peuples, les cultures, les civilisations». «Pour que ce dialogue soit fécond, il faut que ce soit dans le respect mutuel, comprendre les tendances longues à l’œuvre, admettre la diversité, la complexité du monde qui ne se donne pas à lire aisément.»

Christiane Taubira, que les frondeurs rêvent de gagner à leur cause, élude les questions nombreuses sur 2017. «Ce que je vais faire à présent? J’adore lire. La nuit. Maintenant, je crois que je vais avoir du temps pour lire le jour.»

Lefigaro.fr par Maurin Picard

Alain Finkielkraut à l’Académie française: « C’est à n’y pas croire »

janvier 29, 2016

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Alain Finkielkraut en compagnie d’Hélène Carrère d’Encausse à l’Académie française, le 28 janvier 2016. AFP / JACQUES DEMARTHON

Le philosophe Alain Finkielkraut a fait son entrée, jeudi, à l’Académie française, un moment fort pour ce descendant de juifs polonais dont le père est un rescapé du camp d’Auschwitz.

Une consécration, pour ce chantre de la culture classique. Le philosophe Alain Finkielkraut, connu pour ses emportements et son ardeur à défendre l’identité française ou l’école républicaine, a été reçu ce jeudi à l’Académie française, à l’âge de 66 ans, en présence du Premier ministre Manuel Valls.

« C’est à n’y pas croire » a-t-il témoigné, ému. Dans son discours, il a en effet rappelé qu’il préférait dans sa jeunesse se faire appeler « Fink » ou « Finck », par peur de porter son nom « tout hérissé de consonnes rébarbatives », qui pouvait « faire peur aux bons Français ».

« … astreint à faire l’éloge d’un collabo »

L’auteur de L’identité malheureuse, descendant de juifs polonais dont le père a survécu au camp d’Auschwitz, a fait l’éloge de son prédécesseur sous la Coupole, le dramaturge d’origine belge Félicien Marceau. Ironie du sort, ce dernier fut condamné par contumace à la Libération à 15 ans de prison pour collaboration, car il avait travaillé entre 1940 et 1942 à Radio Bruxelles, alors au service de l’occupant allemand.

« Un défenseur exalté de l’identité nationale, oublieux de ses origines vagabondes et astreint à faire l’éloge d’un collabo: il n’y a pas de hasard, pensent nos vigilants, et ils se frottent les mains, ils se lèchent les babines », a lancé le nouvel habit vert.

« La République […], notre royaume de France »

Ses détracteurs lui reprochent en effet d’être passé d’une critique des idées de mai 1968, inaugurée avec Le Nouveau Désordre amoureux (1977), à un conservatisme sévère en matière d’identité nationale.

Sur son épée d’académicien, le philosophe a demandé que soit gravée: une vache normande, un Aleph, première lettre de l’alphabet hébraïque, et cette phrase de Charles Péguy qui résume son engagement: « La République Une et indivisible, notre royaume de France ».

Par LEXPRESS.fr avec AFP

France: Décès de la romancière Edmonde Charles-Roux

janvier 21, 2016

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Crédits photo : ERIC FEFERBERG/AFP

DISPARITION – Celle qui présida l’Académie Goncourt après en avoir reçu le prix pour Oublier Palerme s’est éteinte hier soir à l’âge de 95 ans.

Elle ne voulait pas écrire ses mémoires, ni raconter sa vie. Parce que parler d’elle, c’était d’abord parler de sa famille. C’était l’assumer, en épouser le renom et les causes. Car avant d’être «Edmonde», la présidente du prix Goncourt fut mademoiselle Charles-Roux, fille d’une lignée de Marseillais illustres: des huiles, si l’on ose écrire. Jules-Charles Roux, descendant du premier savonnier de la ville avait été député de Marseille et président de la Compagnie du Canal de Suez. Il fut autorisé en 1909 à porter le nom de Charles-Roux. Son fils François Charles-Roux (1879-1961) fut ambassadeur de France à Prague et au Vatican, et grand ami de Pie XII. Il était le père d’Edmonde. Sa mère s’habillait chez Madeleine Vionnet et Schiaparelli. Elle était belle et froide et laissait ses enfants sous la responsabilité des nurses. La petite fille en souffrira.

La littérature baigna son enfance, comme la Méditerranée. Son grand-père, membre du Félibrige, avait usé de son prestige pour faire obtenir le prix Nobel à Mistral. Ses parents la prénommèrent Edmonde, en hommage à l’illustre voisin Rostand, ami de sa grand mère. Chez les Charles-Roux, diplomatie, politique et belles lettres faisaient bon ménage.

La guerre comme ambulancière

François et Sabine Charles-Roux eurent trois enfants. Née en 1920, Edmonde est la dernière. Les aînés se nomment Jean-Marie et Cyprienne. Le premier se fera prêtre exerçant son ministère à Londres, à Sainte-Etheldreda au cœur de la City. Ce royaliste, portant soutane, sera toute sa vie l’avocat de la cause en béatification de Marie-Antoinette et de madame Elisabeth. Cyprienne épousera le prince Marcello Del Drago, chef de cabinet du comte Ciano, le ministre des Affaires étrangères de Mussolini. C’est donc peu dire que Edmonde Charles-Roux vécut – sinon contre (elle voyait très fréquemment les siens) – du moins en rupture avec son milieu familial. Mais à sa manière, Edmonde, c’était aussi le clan des Charles-Roux.

En mai 1940, son père est nommé secrétaire général du Quai d’Orsay par Paul Reynaud. Il passe quelques mois à Vichy, soupçonné de gaullisme, s’attirant les railleries de Drieu dans son Journal. Il démissionnera au lendemain de Montoire préférant «se retirer sous sa tente». En l’occurrence pour occuper le fauteuil paternel à la (très gaulliste) Compagnie du canal de Suez.

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Edmonde Charles-Roux reçue à l’Élysée en février 2014. Crédits photo : Mousse/ABACA

Quelque temps plus tôt, Edmonde a quitté sa famille installée à Rome pour gagner Marseille. Elle commence des études d’infirmière et, plutôt que la bonne société de Marseille, fréquente les artistes réfugiés dans le Sud. Chez la comtesse Pastré, qui sera la fondatrice du festival d’Aix, elle croise le décorateur Christian Bérard, Louis Jouvet, Pablo Casals, le danseur Serge Lifar. Un monde se révèle à elle. Ni celui de la bourgeoisie marseillaise, ni celui de la diplomatie. Un milieu qui ne doit rien à ses parents. Le sien en propre. Elle fait la guerre comme ambulancière, soignant des légionnaires italiens et tchèques, dont elle connaît la langue, elle qui a grandi à Prague et fait ses études au lycée Chateaubriand de Rome. Elle est elle-même blessée, décorée de la Croix de Guerre et citée à l’ordre du Corps d’armée. Elle fait la Une de Paris Soir et, racontera-t-elle plus tard à Match, s’attire de son grand-père cette remarque: «C’est bien, mais gagner la guerre c’est mieux». Elle passera l’Occupation à Marseille affectée dans la clinique clandestine de la Résistance. La fille de l’ambassadeur Charles-Roux sert dans les rangs des FTP.

«Tu vis comme un homme»

Au lendemain du débarquement français en Provence, le général de Lattre de Tassigny l’appelle à ses côtés et l’affecte à son État-major. Elle fait la campagne de France, est blessée une deuxième fois en Autriche, à nouveau décoré. Dans sa trousse d’infirmière, un livre: Guerre et paix qu’elle lit et relit. Rendue à la vie civile, elle n’envisage pas de rentrer dans le rang. «Tu vis comme un homme», lui reproche son père. Elle vit surtout comme elle l’entend.

Elle a son bac, aime les études, la lecture et l’écriture. Elle devient courriériste à France-Soir, le journal de Pierre Lazareff puis à Elle. À la faveur d’un article sur le retour de Toscanini en Italie, elle qui connaît Rome comme sa poche, parvient à lui être présentée dans sa loge. Elle gagne ses galons de journaliste, se hisse au niveau des grandes «baronnes» de la presse: Hélène Lazareff et Françoise Giroud. Pour devenir une vraie parisienne, elle prend conseil auprès de Coco Chanel. Bientôt ce sera Vogue où elle rentrera grâce à «Bébé», Christian Bérard, et dirigera ce magazine pendant seize ans. Elle l’ouvre à la culture, ayant ses entrées partout. Pour une interview d’Orson Welles, elle se fait aider par Jeff Kessel et Philippe Soupault avant de se lier intimement à Citizen Kane qu’elle accompagnera en tournée, s’installant même à Londres quand il remplace Laurence Oliver dans Shakespeare. Elle publie des inédits de Colette, Saint-John-Perse et Louise de Vilmorin. Grâce à Eluard, elle rencontre le peintre André Derain et accepte de poser pour lui. Au peintre compromis par un voyage en Allemagne, elle confie les décors du festival d’Aix. Pour un peu, elle le remettrait à la mode. Par son intermédiaire, elle fréquente Balthus et Giacometti, se lie d’amitié avec Saint-Laurent, voit et protège le poète maudit Jean Genet.

Un personnage du Tout-Paris

Edmonde Charles-Roux reçue au ministère de la Culture en 2011.
Edmonde Charles-Roux reçue au ministère de la Culture en 2011. Crédits photo : Briquet Nicolas/ABACA

Elle ne publie pas encore de livre, sinon un Guide de savoir-vivre, recueil d’articles sur les usages en société parus dans Elle. Mais elle écrit, pour elle, à ses moments perdus. Et pour Maurice Druon, dans cet atelier d’où sortiront les Rois Maudits et autre Alexandre le Grand. Avec Druon, ils forment alors un couple à la mode, à la ville et à la scène littéraire. Mathieu Galey note dans son journal: «Il est superbe, solaire, elle est sobre, frémissante, séductrice: un couple de roman».

Celle qu’il décrit comme «un peu institutrice», lunettes, chignon sévère, sait aussi être une élégante. Bien des hommes en sont fous. «Une Médicis», écrit encore Galey. Le titre n’est pas usurpé: raffinement, goût éclairé, fortune et cruauté. Certains ricanent, l’appellent Mousseline à cause de ses tenues à jabot, col bouillonné ou fraises noires. Si l’on murmure que peut-être Chazot a pensé à elle en créant le personnage de Marie-Chantal, ce qui est sûr c’est que dans son dictionnaire du snobisme, Philippe Jullian la dépeint sous les traits de «Charlotte Edmond-Gris».

Elle est incontestablement à cette époque un personnage du Tout-Paris. Quoique. En mai 1966, elle est renvoyée de Vogue. Elle dira: «Parce que j’avais osé mettre en couverture un mannequin noir». En réalité, pour ses relations «communistes» qui inquiètent l’éditeur américain du magazine, Condé-Nast: Edmonde, ou dernière victime du maccarthysme.

Le triomphe de Oublier Palerme

À 46 ans, elle est libre, un peu désœuvrée même. Elle sort de son tiroir le manuscrit d’un roman en cours, l’achève et le montre à son ami François Nourissier qui le passe à Bernard Privat. Il a pour titre Oublier Palerme. Si Edmonde est novice en littérature, elle n’est pas une inconnue. Dans le jury Goncourt par exemple, elle connaît Armand Salacrou à qui la lie l’amour de la montagne (elle a fait partie de l’équipe seconde de ski), ou Gérard Bauer avec qui elle a frayé chez la comtesse Pastré. Elle obtient le prix en 1966. Pour Jean-Claude Fasquelle et Yves Berger, elle incarne l’année du petit chelem: cette année-là, sous la couverture jaune, Kléber Haedens raflera l’Interallié, Nourissier le Grand prix du roman, Marie-Claire Blais le Médicis. Elle devient écrivain: Elle, Adrienne paraît en 1971. Paul Morand lui donne de la documentation pour sa biographie de Chanel qui paraîtra en 1974.

Elle reçoit dans son hôtel de la rue des Saints-Pères. On y croise Visconti, le général Oufkir. Elle voit beaucoup Nourissier et ses amis, Maurice Rheims, François Régis Bastide. Louis Aragon raffole d’elle. Il lit ses livres, en fait l’éloge dans les Lettres françaises, la promène à la fête de l’Huma. Elle a le cœur à gauche et la tête dans tous les étoiles. Morand s’écrie: «Quand on pense qu’elle est la sœur de Cyprienne Del Drago!».

En 1983, elle est élue membre de l’Académie Goncourt, puis en 2002 présidente, jusqu’en 2014, où elle cède son poste à Bernard Pivot. Jusqu’au bout, elle se pique au jeu, lisant beaucoup, bataillant pour ceux qu’elle aime. Andréï Makine, notamment, lui doit son Goncourt 1996.

«Le premier prix Goncourt marseillais»

Edmonde Charles-Roux a été la première à raconter la vie mouvementée de Coco Chanel.
Edmonde Charles-Roux a été la première à raconter la vie mouvementée de Coco Chanel.

L’année de sa consécration, cette célibataire militante rencontre celui qui sera l’homme de sa vie, Gaston Deferre. La chronique raconte que le légendaire maire de Marseille voulait décorer de la médaille de la ville «le premier prix Goncourt marseillais». Elle confiera que Gaston la connaissait depuis les années de Résistance mais qu’il n’avait pas osé aborder la fille d’un diplomate classé «vichyste». Ils se voient d’abord clandestinement, à Bandol ou en Normandie. Parfois, François Mitterrand leur sert de chaperon. En 1973, elle devient madame Deferre, épouse d’un personnage romanesque et sulfureux: le dernier homme politique à s’être battu en duel. Après la mode et la littérature, la politique. À sa manière, Edmonde poursuit la grande tradition Charles-Roux. En 1974, Deferre était programmé pour devenir le premier ministre de Mitterrand. En 1981, il devient ministre de l’Intérieur. Elle est un personnage influent de la vie politique (elle règne sur la presse locale, soutient Bernard Tapie). Elle fait jaser en incarnant le mariage – pas si familier à l’époque – de l’argent et de la gauche: elle assure, pour faire un mot, qu’on peut aimer l’argent et ceux qui en manquent. Elle déconcerte aussi, barrant à Marseille ceux qui ont manqué à Defferre et présidant en 2002 le comité de soutien de Jean-Pierre Chevènement à la présidentielle. Elle préside jusqu’en 2011 la Société des amis du journal l’Humanité.

Personnalité de la République des lettres, unanimement respectée, elle était particulièrement fière d’une distinction à part: elle avait été faite caporal d’honneur de la Légion étrangère et ne manquait jamais la cérémonie annuelle de Camerone, chaque 30 avril à Aubagne.

Pas étonnant: elle était à l’image de cette institution: pleine de charme, mystérieuse et follement romanesque.

Lefigaro.fr par Etienne De Montety

Un enfant britannique interrogé par la police pour une faute d’orthographe

janvier 20, 2016

terroriste

 La famille du petit garçon a d’abord cru à une «blague» (AFP) Crédits photo : DAMIEN MEYER/AFP

Un garçon de 10 ans a été soumis à un interrogatoire policier pour avoir écrit en classe : «Je vis dans une maison terroriste». Il s’agissait en réalité d’une faute d’anglais.

C’est une simple faute d’anglais qui a conduit le jeune garçon à se faire interroger par la police. «Je vis dans une maison terroriste», a-t-il écrit en classe, soit «terrorist house» en anglais, quand il voulait réellement dire «Je vis dans une maison mitoyenne», qui se dit «terraced house». L’enfant, musulman, a fait cette erreur pendant son cours d’anglais, dans une école du Lancashire, au nord-est de l’Angleterre.

Le lendemain, la police a débarqué chez la famille du jeune garçon, alertée par son professeur, pour l’interroger et fouiller l’ordinateur portable de ses parents. En effet, depuis juillet, les professeurs britanniques sont tenus d’alerter les autorités s’ils constatent un comportement «extrémiste», de la part de leurs élèves, dans le cadre de la loi de 2015 sur la sécurité et le terrorisme.

«Il a du mal à dormir et à manger normalement»

Cet incident, survenu le 7 décembre, a particulièrement traumatisé le petit garçon. La famille a demandé des excuses de la part de la police et de l’école, déclarant que depuis ce jour, «il avait du mal à dormir et à manger normalement». Selon sa famille, le jeune garçon s’est isolé et a refusé de parler à qui ce soit, n’osant même plus écrire. Dans un entretien à la BBC, sa cousine affirme «qu’il a désormais peur d’écrire, de faire usage de son imagination». Elle s’insurge également contre l’école: «Si l’enseignant avait une inquiétude à se faire, c’est au sujet de son orthographe».

L’affaire a largement résonné sur les réseaux sociaux, où les internautes se sont dits très choqués. Beaucoup ont défendu le jeune garçon en montrant à quel point la faute d’orthographe était ridicule. Un internaute s’est même étonné que le professeur ne demande pas directement une explication à son élève. «N’est ce pas ce que les professeurs doivent faire?» a-t-il écrit.

D’autres cas similaires

Miqdaad Versi, le secrétaire général adjoint du Conseil des musulmans du Royaume-Uni (MCB), a affirmé connaître d’autres cas similaires à celui du petit garçon. Il se dit très «inquiet» des dérives de la loi. En septembre, un adolescent de 14 ans avait été interrogé par les services de protection de l’enfance, sur ses liens éventuels avec le groupe État islamique, pour avoir employé le terme «éco-terroristes» en classe. Le collégien s’était servi de ce terme, dans un cours de français, où il était question d’écologie et de l’usage de la violence pour défendre la cause verte, dans son école du centre de Londres.

Le sort d’un autre jeune avait ému le monde en septembre. Ahmed Mohamed, 14 ans et résidant au Texas, avait été arrêté pour avoir construit un réveil artisanal, pris pour une bombe par la police locale. Ce jeune musulman avait été fouillé et interrogé pendant de longues heures. L’affaire avait vite dépassé les frontières du Texas, d’abord sur les réseaux sociaux où le hashtag #IStandWithAhmed (Je suis solidaire d’Ahmed) a été relayé des millions de fois, jusqu’à la Maison Blanche où il a été invité et reçu par le président, Barack Obama.

Lefigaro.fr par Valentine Arama