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RDC: à la recherche des enfants perdus du volcan Nyiragongo

juin 4, 2021
RDC: a la recherche des enfants perdus du volcan Nyiragongo
RDC: à la recherche des enfants perdus du volcan Nyiragongo© AFP/GUERCHOM NDEBO

Le volcan ne gronde plus, Goma panse ses plaies et se repeuple doucement, dix jours après l’éruption du volcan Nyiragongo et l’évacuation forcée de la ville. Dans le quartier Ndosho, c’est la liesse ce jour-là.

Des chants et des cris de joie résonnent sur l’avenue Kako, au milieu des maisonnettes de bois au toit de tôle. Une nuée d’enfants court pour venir accueillir trois des leurs, qui avaient disparu du voisinage lors du chaos de l’évacuation ordonnée à l’aube le 27 mai par les autorités.

Pierrette Mihindano, pagne jaune et vert accordé à son écharpe canari, se précipite en direction du véhicule du Comité international de la Croix-rouge (CICR).

Trois fillettes en sortent pour se jeter dans ses bras. L’une est si petite, dans sa tenue rose à pois blancs, qu’elle tient à peine sur ses jambes. Ce ne sont qu’embrassades et larmes de joie.

« Retrouver leur trace ! »

« J’étais hospitalisée quand on a ordonné l’évacuation de la ville » le 27 mai à l’aube, raconte Pierrette, la trentaine. « Depuis ce jour, je n’avais pas revu mes trois filles. Quand je suis sortie de l’hôpital, j’étais comme folle à la maison. Je me suis mise à courir dans tous les sens, à Sake, à Mungunga. J’ai lancé des appels à la radio pour essayer de retrouver leur trace », raconte-t-elle entre deux sanglots.

Dans la débandade de l’évacuation, les trois petites s’étaient retrouvées à Minova, bourgade lovée dans une des baies du lac Kivu, à 50 kilomètres de chez elles, au sud-ouest de Goma.

« C’était effrayant de vivre seule ! Je n’arrivais plus à manger quand je me mettais à penser à mes parents », se souvient Paruis, l’aînée des trois filles, âgée de 12 ans.

Le cauchemar est terminé. Sourire jusqu’aux oreilles, la maman est enfin réunie avec ses cinq enfants, ses trois fillettes et ses deux garçons, une fin heureuse et si rare au milieu des cataclysmes de violences qui s’abattent depuis trois décennies sur cette région meurtrie.

Environ 1.300 enfants ont été séparés de leurs familles depuis la séquence qui s’est ouverte le 22 mai, selon les acteurs de la protection de l’enfance: du premier soir de l’éruption soudaine du volcan Nyiragongo, dont les laves sont venues lécher les faubourgs nord de la ville; la première fuite dans la panique des habitants, leur retour progressif et méfiant, puis la nouvelle évacuation dans la panique du 27 mai.

Près de 400.000 personnes ont été déplacées dans ce dernier exode, selon le gouvernement. Beaucoup sont revenues depuis dans la ville, où l’activité a fortement repris.

« Nous avons été surpris par l’éruption du volcan. Depuis lors nous ramassons chaque jour des enfants », constate, navré, Félicien Katenda, un responsable de la Croix-rouge locale.

Sa collègue Aline Bisimwa serre contre sa poitrine un petit garçon joufflu, au regard perdu et inquiet. Il dit s’appeler Baraka Bahati, et être âgé de 3 ans. « Cet enfant a été perdu le soir de l’éruption. Comme vous le voyez, je le porte dans mes mains et il ne pleure pas. Même si je suis au travail ».

Les acteurs de la protection de l’enfance -le CICR, l’Unicef et la Croix-Rouge congolaise notamment- précisent que 978 enfants ont, à ce jour, déjà retrouvé leurs proches.

Les systèmes d’entraide communautaire, dans cette région tristement habituée aux crises, ont facilité le travail des humanitaires et de la division des affaires sociales du Nord-Kivu.

« Jusqu’au dernier enfant »

« Avec cet événement tragique qui a touché Goma, il s’est manifesté une solidarité extraordinaire des Congolais. Beaucoup de familles ont accueilli des enfants perdus », explique Margot Champeix, responsable de la protection pour le CICR.

Pour aider ces enfants à entrer en contact avec leur familles, et vice-versa, six points d’écoute ont été installés par le CICR à Goma et dans les localités voisines où ont trouvé temporairement refuge des dizaines de milliers de personnes déplacées.

« Dans nos centres, les familles d’accueil viennent avec les enfants qu’ils hébergent pour les faire enregistrer. Ensuite nous faisons des recherches et par la grâce de Dieu, nous retrouvons certains d’entre eux, » se félicite Exode Banzo, volontaire de la Croix-rouge congolaise pour le « rétablissement des liens familiaux ».

« Il reste aujourd’hui plus de 300 enfants en attente de réunification avec leurs familles. Il est vraiment important de s’assurer que dans les prochains jours, avec le retour des déplacés à Goma, toutes les réunifications soient assurées jusqu’au dernier enfant », insiste le représentant de l’Unicef en RDC, Édouard Beigbeder.

L’arrachement aux parents et les intenses tremblements de terre qui ont secoué la région de Goma pendant plus d’une semaine ont par ailleurs provoqué des traumatismes chez certains de ces enfants isolés. Les équipes du CICR tentent de les apaiser.

« Notre mission ici est de ramener ces enfants à un état normal. Nous les assistons psychologiquement. Mais parfois il m’arrive aussi d’être emporté par leur vécu », confesse Nelson Tumusifu, un agent psycho-social du CICR, l’un de ceux qui tentent d’apporter un peu de réconfort à ces enfants en détresse.

Par Le Point avec AFP

Huile et farine de poisson : quand l’Europe affame l’Afrique de l’Ouest

juin 4, 2021
Une flottille de pirogues sénégalaises accueille l’Arctic Sunrise de Greenpeace qui inventorie les dégâts de la surpêche en Afrique

Greenpeace Afrique dénonce les entreprises et les grandes enseignes européennes qui pillent les eaux poissonneuses d’Afrique de l’Ouest pour nourrir les saumons d’élevage ou améliorer le taux en protéines de la nourriture pour chiens et chats.

Généralement soucieux de développement durable et de commerce équitable, les consommateurs européens le savent-ils ? Lorsqu’ils achètent de la truite, du saumon, du porc, et même des aliments qui viendront nourrir leur animal domestique, il existe une forte probabilité qu’ils contribuent, malgré eux, à l’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, en privant les populations locales d’une de leurs ressources les plus précieuses : le poisson.

De nombreuses enseignes célèbres sont concernées : en France (Carrefour, Auchan, Leclerc, Système U, Monoprix, Groupe Casino), en Allemagne (Aldi Süd, Lidl, Kaufland, Rewe, Metro AG, Edeka), en Espagne (Lidl España) ou encore au Royaume-Uni (Tesco, Lidl, Aldi)…

Les ONG tirent le signal d’alarme

En cause, la production exponentielle – destinée principalement aux marchés européen et asiatique – de l’huile et de la farine de poisson, au risque d’assécher les côtes ouest-africaines. Dans un rapport qui vient d’être publié (Nourrir le monstre. Comment les industries européennes de l’aquaculture et de l’alimentation animale volent la nourriture des communautés d’Afrique de l’Ouest), les ONG Greenpeace et Changing Markets tirent le signal d’alarme.

« Priver des millions d’habitants d’Afrique de l’Ouest de la source de protéines la plus fondamentale afin de nourrir les animaux ou de produire des compléments alimentaires, des cosmétiques et des produits alimentaires pour animaux de compagnie est une pratique honteuse et un mépris flagrant des lois locales et internationales », s’indigne le Dr Ibrahima Cissé, responsable de campagne à Greenpeace Afrique. Il s’en explique à JA.

Jeune Afrique Votre organisation est mobilisée sur les enjeux liés à la surpêche. Quels sont les principaux enseignements contenus dans ce rapport ?

Dr Ibrahima Cissé : Il s’inscrit dans une campagne de plaidoyers menée de longue date par Greenpeace pour dénoncer les manquements constatés dans le secteur de la pêche. C’est la troisième année consécutive que nous publions un rapport sur cette question, mais un phénomène est venu s’ajouter à la situation qui fait de la sous-région une sorte de no man’s land des océans, car c’est une zone très productive qui attire énormément de bateaux et qui est exposée à une activité de pêche illicite intense.

Cette surexploitation des ressources halieutiques se répercute sur les populations qui vivent de la pêche, provoquant des problèmes d’emploi et d’insécurité alimentaire. L’essor pris par l’industrie de la farine et de l’huile de poisson est donc, en quelque sorte, la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les usines qui transforment ces produits utilisent en effet des poissons destinés à l’alimentation des populations locales pour en faire un produit destiné aux poissons élevés en aquaculture en Europe ou en Asie, mais aussi au bétail, à la volaille, aux animaux de compagnie. Et, plus marginalement, à l’industrie pharmaceutique.

Ibrahima Cissé : « L’essor de l’industrie de la farine et de l’huile de poisson utilisent des espèces destinées à l’alimentation des populations locales. »

Une pratique honteuse

Pourquoi l’huile et la farine de poisson sont-elles utilisées pour nourrir d’autres animaux, du porc au saumon ?

D’un côté, on extrait les lipides pour obtenir de l’huile. De l’autre, on assèche l’animal pour en faire de la farine. Ce sont des ingrédients nutritifs très riches. L’huile, par exemple, est riche en oméga 3. Généralement, il faut compter quatre à cinq kilos de poissons frais pour obtenir un kilo de farine et de l’huile. Cette dernière est notamment utilisée pour fabriquer les gélules d’oméga 3 ou pour divers produits issus de l’industrie pharmaceutique. Quant à la farine, elle est utilisée traditionnellement dans l’aquaculture, mais aussi pour nourrir la volaille et le bétail, car elle est très protéinée.

Depuis quand cette industrie constitue-t-elle une menace pour les populations ouest-africaines ?

Auparavant, l’huile et la farine étaient extraites des déchets des poissons pêchés, dont les filets étaient réservés à l’alimentation. Or, depuis une dizaine d’années, on utilise le poisson frais pour les produire. Les usines spécialisées dans cette activité sont passées de quelques unités à une cinquantaine au total dans les trois pays concernés. Et au lieu de travailler à partir des déchets, comme auparavant, elles s’approvisionnent désormais en poissons frais.

Des femmes sénégalaises transformatrices, du marché aux poissons de Mantulaye Dieye, à Cayar.

La sardinelle et le bonga dans les filets

Elles ciblent en particulier la sardinelle et le bonga, qui sont les plus accessibles aux populations. Les femmes de la sous-région ont l’habitude de les transformer en les salant et en les séchant pour produire du poisson fumé.

La farine est majoritairement exportée vers l’Asie, et l’huile vers l’Europe. Les femmes transformatrices se retrouvent privées de travail, car elles ne peuvent pas concurrencer ces usines. Un demi-million de tonnes de poissons sont aujourd’hui transformées en farine et en huile destinées à l’exportation alors que les populations, de leur côté, souffrent d’un problème d’accès à la nourriture. Au lieu de penser à l’alimentation des humains, on privilégie l’alimentation d’animaux d’élevage hors d’Afrique.

Quels sont les principaux pays qui alimentent ce commerce dérivé de la pêche ?

La Chine est un gros importateur de farine de poisson. Les pays de l’Union européenne importent beaucoup d’huile de poisson, à travers un réseau opaque sur lequel nous avons enquêté pendant environ dix-huit mois. Le fruit de cette investigation est présenté dans ce rapport.

LA CHINE EST UN GROS IMPORTATEUR DE FARINE DE POISSON. LES PAYS DE L’UNION EUROPÉENNE IMPORTENT BEAUCOUP D’HUILE DE POISSON

Pourquoi les espèces de poissons que vous avez citées sont-elles particulièrement recherchées en vue de produire l’huile et la farine ?

D’abord, parce que, en matière de quantité, ce sont les plus disponibles. Ce qu’on appelle les petits pélagiques ont un taux de reproduction rapide, ils ne s’éloignent pas trop de la côte, ils sont donc faciles à pêcher. Et puis ils coûtent moins cher que d’autres espèces.

Votre rapport établit qu’en Europe, une large part de cette production sert à nourrir des animaux d’élevage…

L’huile et la farine sont utilisées comme intrants dans la fabrication du produit final qui servira à nourrir les poissons élevés en aquaculture, dont les saumons. Mais on les trouve également dans les aliments destinés aux porcs, aux poulets et aussi aux animaux de compagnie comme les chiens et les chats.

Le rapport entre l’apport nutritif élevé de ces aliments et leur faible coût les rend attractifs pour ceux qui fabriquent ces produits pour animaux.

Votre rapport cible particulièrement la côte ouest-africaine, de la Mauritanie au Sénégal en passant par la Gambie. Est-ce la seule région du continent concernée ?

Cette zone, qui se situe à l’intersection de plusieurs courants marins, est particulièrement poissonneuse. C’est ce qui fait qu’on y trouve une forte concentration de bateaux de pêche étrangers. Nous avons ciblé ces trois pays, mais en Afrique de l’Ouest le phénomène se prolonge jusqu’au Nigeria.

Des négociations régulières ont eu lieu, ces dernières années, entre les pays africains du littoral et l’Union européenne afin de fixer des quotas, et de limiter ainsi les effets de la surpêche. N’y a-t-il pas de garde-fous efficaces face à la situation que vous dénoncez ?

Certes, il existe des accords de pêche. Dans l’un d’eux, récent, signé avec le Sénégal, les pays de l’Union européenne sont censés cibler majoritairement le thon. Mais il existe aussi des brèches, en Mauritanie notamment. Des entreprises chinoises, turques ou autres s’installent sur place et y pratiquent la transformation avant d’exporter le produit fini. Il nous a été difficile de retracer cette chaîne d’exportation d’huile et de farine qui se retrouve in fine dans les aliments fabriqués par de grandes enseignes européennes.

Une chaîne d’intermédiaires traçable

Vous désignez clairement un certain nombre d’opérateurs à l’origine de ce commerce, ainsi que les grandes enseignes qui écoulent ces produits dans leurs hypermarchés…

Oui, on finit par y parvenir. Si Olvea, Lidl ou Leclerc achètent du poisson chez un producteur d’aquaculture basé en Europe, et que ce dernier s’approvisionne en huile de poisson chez un importateur basé en Espagne ou en France, lequel a lui-même importé son huile depuis la Mauritanie à bord d’un tanker qui l’a livrée à une usine de retraitement qui l’a vendue à son tour à un fabricant d’aliments pour animaux, il est possible de retracer cette chaîne. Mais cela nécessite un long temps d’enquête car le processus est opaque.

Quelles sont les répercussions de ce commerce pour les communautés de pêcheurs ?

Au Sénégal, au cours des derniers mois, on a commencé à voir des pêcheurs manifester face à l’assèchement de cette ressource. Il y a également la gestion des stocks partagés. Quand un pays laisse faire cette pratique, les répercussions se font sentir sur toute la sous-région. Les pays doivent donc gérer cette question en commun.

Il faut en revenir à une production de ces produits dérivés ajustée aux déchets des usines de transformation. Or, aujourd’hui, si l’on prend l’exemple du Sénégal, le nombre d’usines est largement supérieur à la capacité de production à partir des déchets. Mécaniquement, elles s’approvisionnent donc en poissons frais.

Les usines de farine et d’huile de poisson menacent la sécurité alimentaire, ainsi que les moyens de subsistance et les emplois de millions de personnes en Afrique de l’Ouest

Les autorités ouest-africaines sont-elles demeurées trop passives ?

Leur réaction s’est avérée trop timide au regard de l’ampleur du problème. Il s’agit d’une urgence qui appelle des mesures drastiques. Quand une usine investit 7 milliards de F CFA, comme à Cayar, au Sénégal, il est évident que ce n’est pas pour se contenter de traiter les déchets de poissons.

Nous avons déjà sonné l’alerte, aussi bien pour le Sénégal que pour la Gambie ou la Mauritanie. Il faut savoir que ces usines créent un nombre d’emplois dérisoire. De plus, elles polluent et créent une concurrence déloyale avec le secteur traditionnel de la transformation, qui, lui, génère de l’emploi et nourrit les populations. Si l’on reste sans réagir, cette industrie aboutira à épuiser les ressources halieutiques de la sous-région. Puis ces opérateurs plieront bagage et iront voir ailleurs.

Les consommateurs européens ont-ils un moyen de savoir, lorsqu’ils consomment du saumon ou achètent des aliments pour chats, que leur mode d’élevage ou de production a créé des ravages dans les régions africaines d’où proviennent l’huile et la farine de poisson ?

Les étiquettes ne permettent pas de retracer cet historique. C’est pourquoi le rapport que nous avons publié vient combler un vide et contribue à plus de transparence sur cette question. Nous avons cité les entreprises concernées, en espérant que cela les incitera à se désengager de ce commerce et que l’Union européenne prendra  la mesure du problème et adoptera des mesures adaptées.

Quant aux consommateurs, ce travail, surtout s’il est relayé par la presse, leur permettra de savoir qu’il est préférable de consommer du poisson plutôt que de se procurer des gélules d’oméga 3 en pharmacie.

Avec Jeune Afrique par Mehdi Ba

Congo-Baie de Loango : la nouvelle délimitation de la future aire maritime protégée adoptée

juin 3, 2021

Les parties prenantes du projet ont manifesté leur adhésion lors d’un atelier de concertation approfondie sur la délimitation cartographique et les superpositions des usages pour la création de la première aire marine protégée (AMP) du pays. L’atelier a récemment eu lieu au siège de la préfecture du Kouilou.

1-La photo de famille lors de l’atelier de concertation approfondie

Autorités locales, directeurs départementaux et acteurs du secteur privé concernés, représentants de la société civile et des communautés locales ont pris part, le 28 mai, audit atelier. Le projet création de la première AMP est une initiative conjointe du gouvernement congolais et du programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Les deux parties ont signé le 27 avril 2017 un accord de coopération pour protéger les richesses biologiques exceptionnelles de la Baie de Loango, zone qui attire en effet plusieurs espèces animales parmi lesquelles quatre espèces de tortues marines (tortues luth, tortue imbriquée, tortue olivâtre et tortue verte) et 153 espèces de poissons, a indiqué Marcellin Agnagna, coordonnateur du Projet de création de l’AMP.

L’ensemble de ce projet doit permettre de protéger la Baie de Loango (conservation et gestion durable des écosystèmes), de mettre en place une base de données spécifique, de développer les activités génératrices de revenus des communautés riveraines et de valoriser le site historique de la route des esclaves à travers des activités touristiques. Ouverte par Désiré Ondongo Bamboli, secrétaire général du département du Kouilou, l’atelier de concertation a eu comme objectif d’examiner et d’adopter la nouvelle délimitation et de susciter l’intérêt de tous pour des partenariats éventuels pour la gestion de cette zone. Celui-ci a été organisé en conformité avec la loi n°37-2008 sur la faune, et les aires protégées qui exigent que «la réalisation d’études de base (référencement) ainsi que la participation, dès sa conception, de toutes les parties prenantes qui sont concernées par la gestion de la future aire protégée à travers des concertations publiques ou restreintes ».

Les participants à l’atelier ont suivi la présentation technique du Projet de création de l’Aire marine protégée de la baie de Loango et les progrès réalisés (par Marcellin Agnagna) et du processus de cartographie participative approfondie de l’AMP et des limites provisoires (par le consultant-cartographe, Gaspard Lembé). Après concertation (échange, travaux en groupe, restitution des résultats), les parties prenantes du projet ont adopté la nouvelle délimitation et formulé des recommandations.

En effet, adoptées, le 18 décembre 2019 lors du premier atelier de concertation publique au siège de la préfecture du Kouilou, les limites provisoires de l’AMP ont été redéfinies en fonction des nouvelles données scientifiques et techniques obtenues après un travail de cartographie participative approfondie. Ainsi de 65000 hectares au départ, la superficie de cette zone, allant de la Pointe-indienne à l’embouchure du Bas-Kouilou, a été réduite à 49.994 hectares. Elle est constituée d’une zone marine de 45.486 hectares et d’une zone terrestre de 4458 hectares. La nouvelle délimitation prend en compte la superposition des usages et l’occupation des espaces dans la zone. 

La création de l’aire marine protégée constitue un véritable avantage pour le département du Kouilou : « La création de l’aire marine de la baie de Loango est appelée à positionner notre département au premier rang de la conservation des écosystèmes et de la biodiversité au Congo, avec 4 aires protégées, sur les 18 que compte le pays, couvrant une superficie totale de 745.944 hectares, soit 18, 46% de la superficie totale de conservation du Congo. Il s’agit là d’un avantage écologique indéniable, au regard des défis liés à l’urgence des changements climatiques qui préoccupent actuellement l’humanité », a estimé Désiré Ondongo Bamboli.

2-Description géographie de l’Aire protégée marine de Loango

Avec Adiac-Congo par Lucie Prisca Condhet N’Zinga

RDC: Le Lac Kivu crache du feu

mai 27, 2021

RDC: La population fuit la ville Goma à cause du volcan Nyiragongo

mai 26, 2021

Avec TV5Monde

Québec: [En images] Un violent orage a frappé Trois-Rivières, un scénario qui pourrait se répéter

mai 26, 2021

Foudre, pluie forte, vents violents et grêle se sont abattus sur la région mardi soir durant un dizaine de minutes vers 20 h 30. Le météorologue d’Environnement Canada André Cantin affirme que des grêlons de un à deux centimètres de diamètre sont tombés à Trois-Rivières et que les vents ont atteint au moins 80 km/h.

De la grêle d'une grosseur de 1 à 2 centimètres a été observée.

© Marie-Claude Julien/ Facebook De la grêle d’une grosseur de 1 à 2 centimètres a été observée.

Une cellule orageuse a traversé le centre-ville de Trois-Rivières et une autre est passée plus à l’ouest, a expliqué le météorologue en entrevue à l’émission Toujours le matin.

Les deux cellules orageuses ont ensuite traversé le fleuve pour aller sur la rive sud, notamment vers Bécancour. Elles seraient passées entre Thetford Mines et Vallée-Jonction, selon André Cantin. Personne n’aurait rapporté de grêle à ces endroits, mais le météorologue ne serait pas surpris que de tels témoignages surgissent au cours de la journée.

La police de Trois-Rivières a dû fermer une partie de la rue Champflour mardi soir, en raison de la présence d'une toiture qui s'était envolée d'un immeuble à logements.

© Courtoisie de Rémi Pothier La police de Trois-Rivières a dû fermer une partie de la rue Champflour mardi soir, en raison de la présence d’une toiture qui s’était envolée d’un immeuble à logements.

De la grêle encore aujourd’hui?

Le météorologue d’Environnement Canada André Cantin affirme qu’il faut possiblement s’attendre à recevoir de la grêle encore aujourd’hui et indique les rafales de vent pourrait atteindre jusqu’à 90 kilomètres à l’heure

La masse d’air demeure chaude et instable aujourd’hui», explique André Cantin. Il ajoute qu’un front froid est attendu en fin d’après-midi ou en début de soirée.

En fin de soirée mardi, Hydro-Québec faisait état de 14 pannes en Mauricie affectant plus de 1400 clients. Mercredi matin, le courant avait été rétabli.

Vos vidéos et photos de cet orange

  • L'orage a causé des dégâts à certains endroits à Trois-Rivières.
  • Exemple de dommages causés par la grêle dans le secteur Sainte-Marthe-du-Cap
  • L'orage survenu mardi soir a été court, mais a causé des dommages à Trois-Rivières.

L’orage a causé des dégâts à certains endroits à Trois-Rivières.Ecran suivantPlein écran1/4 DIAPOSITIVES © Gracieuseté de Jonathan Desrosiers

Avec Radio-Canada

RDC: Eruption du volcan de Nyiragongo : David McLachlan-Karr assure le gouvernement de son soutien

mai 26, 2021

Un numéro vert a été mis en place pour la réunification des personnes séparées lors de leur fuite.

Des laves encore chaudes de la dernière éruption de Nyirangongo/DR

« Depuis le début de l’éruption volcanique de Nyiragongo, le 22 mai à Goma, la communauté humanitaire est à pied d’œuvre pour soutenir le gouvernement congolais à apporter une réponse à cette catastrophe dont l’étendue des conséquences reste encore à déterminer », a affirmé le coordonnateur humanitaire en République démocratique du Congo (RDC), David McLachlan-Karr, dans un communiqué du 25 mai. Et de noter que les acteurs humanitaires présents sur place évaluent l’étendue des besoins causés par l’éruption volcanique et portent assistance aux personnes sinistrées.

Le communiqué du coordonnateur humanitaire en RDC indique également que les besoins répertoriés sont essentiellement en abris, eau-hygiène et assainissement, santé, protection et vivres. Aussi, fait savoir ce document, un numéro vert a-t-il  été mis en place pour la réunification des personnes séparées lors de leur fuite. Il s’agit de +243 970 351 202 et +243 974 551 013.

Ce document note également dans le nombre de priorités, la réparation du tronçon de la route Goma-Ruthsuru, coupé par une coulée de lave, un des axes essentiels à l’acheminement de l’aide humanitaire, ainsi que le rétablissement de l’électricité et des services d’eau. « Je suis attristé par les pertes en vies humaines et les dégâts causés par l’éruption. Je présente mes condoléances à toutes les Congolaises et tous les Congolais qui ont perdu des proches dans cette catastrophe. A ceux qui ont également perdu des biens ou qui se sont retrouvés sans abris, je compatis et leur souhaite de rester forts et résilients. Je réaffirme l’engagement et le soutien de la communauté humanitaire pour venir en aide aux personnes touchées par l’éruption du volcan de Nyiragongo », a indiqué le coordinateur humanitaire dans ce communiqué.

David McLachlan-Karr dit, par ailleurs, remercier le Premier ministre congolais, qui a envoyé huit ministres à Goma pour conduire la réponse humanitaire. Et de rappeler que cette éruption volcanique survient dans un contexte de besoins humanitaires aigus dans la province du Nord-Kivu. « En effet, le Plan de réponse humanitaire pour 2021 atteint à peine les douze pour cent de financement requis. Actuellement, 3,2 millions de personnes sont en situation d’urgence alimentaire dans cette province et 44 pour cent des plus de 5 millions de déplacés du pays se trouvent dans cette partie de la RDC », a souligné le coordonnateur humanitaire.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Canada: Le Québec subira un choc brutal

mai 25, 2021

Séquence exceptionnelle

Le Québec a eu droit à une séquence exceptionnelle en ce qui concerne les températures. De fait, très peu de précipitations ont été reçues depuis plusieurs semaines, mais le mercure a dépassé la barre des 20 °C à compter du 13 mai. Montréal a raté de peu le record de seize journées consécutives avec un maximum de 20 °C ou plus en mai. Tout indique que cette lancée prendra fin le 26 mai alors qu’un front froid balayera la province et fera chuter les températures de façon brutale.

© Fournis par MétéoMédia

Humidité chassée

Un front froid chassera l’humidité présente au Québec et fera chuter le mercure sous les valeurs saisonnières, jeudi. Non seulement le fond de l’air sera nettement plus sec, mais le mercure glissera sous les 20 °C pour terminer la semaine. Avec un point de rosée aussi bas, la sensation de fraîcheur sera accentuée, surtout à l’ombre. Dans le sud du Québec, on prévoit un maximum autour de 15 °C vendredi.

© Fournis par MétéoMédia

Vers une stabilité

Après une brève période de fraîcheur et de températures sous les moyennes de saison, le Québec aura droit à une séquence où le mercure devrait se stabiliser. À compter du week-end prochain, la Belle Province profitera d’une chaleur agréable avec des maximums près ou légèrement au-dessus des moyennes saisonnières.

Avec MétéoMédia

Est de la RDC : éruption du volcan Nyiragongo, la lave atteint Goma

mai 22, 2021
Est de la RDC : eruption du volcan Nyiragongo, la lave atteint Goma
Est de la RDC : éruption du volcan Nyiragongo, la lave atteint Goma© AFP/Justin KITUMWA

Une coulée de lave a atteint la lisière de la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), après l’éruption soudaine samedi soir du volcan Nyiragongo surplombant la ville, provoquant la fuite en masse et dans la panique des habitants.

« Outre la coulée de lave vers le Nord-Est (Kibumba/Rwanda), une autre coulée descend aussi sur la ville », a constaté dans la nuit un responsable du parc national des Virunga, où est situé le volcan. Cette seconde coulée « a maintenant atteint l’aéroport et, en toute logique, elle va descendre vers le lac » Kivu, selon lui.

L’aéroport est situé en périphérie nord-est de la ville, qui s’étend entre la frontière rwandaise et les rives du lac. L’information n’a pas été confirmée de source officielle, alors que la situation restait confuse en pleine nuit, et que des habitants sur place affirmaient que la coulée s’est arrêtée en lisière de l’aéroport.

La précédente éruption majeure du Nyiragongo remonte au 17 janvier 2002. Elle avait causé la mort de plus de cent personnes, couvrant de lave quasiment toute la partie est de Goma, y compris la moitié de la piste de l’aéroport.

La lave s’était alors lentement écoulée vers la ville, qu’elle avait coupée en deux pour se déverser dans le lac Kivu.

Dans la nuit de samedi à dimanche, d’impressionnantes images diffusées sur les réseaux sociaux, mais non vérifiées de source indépendante, montraient des habitations en feu, lentement avalées puis englouties par la lave rougeoyante en fusion, dans la périphérie nord-est de Goma, notamment dans le quartier de Buhene.

« Cette coulée passe sur le tracé de la coulée de 2002 », a également estimé devant la presse un responsable de l’Observatoire de volcanologie de Goma, Mahinda Kasereka. La poursuite de son avancée dans la ville pourrait dépendre des niveaux de lave et de pression dans le cratère du volcan.

« Le ciel est devenu rouge »

L’éruption a débuté sans prévenir en début de soirée. Des lueurs rougeoyantes ont commencé à s’échapper du cratère et une odeur de soufre s’est répandue dans Goma, située sur le flanc Sud du volcan, sur les rives du lac Kivu.

Cette soudaine activité volcanique a aussitôt provoqué l’inquiétude des populations, familières des colères du volcan, même si aucune coulée de lave n’était immédiatement visible de la ville, ni tremblement de terre ressenti.

« Le ciel est devenu rouge », a raconté à l’AFP une habitante, témoignant « des flammes géantes sortant de la montagne ».

Dans un message aux populations, le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, le général constant Ndima, a alors « confirmé l’éruption du volcan ». Suivi rapidement par le gouvernement qui, après une réunion de crise à Kinshasa, a ordonné « l’évacuation » de la ville.

Le président congolais Félix Tshisekedi a par ailleurs annoncé avoir « décidé d’interrompre son séjour en Europe pour rentrer dès ce dimanche au pays afin de superviser la coordination des secours aux populations des zones menacées » par l’éruption.

L’électricité a été coupée dans une grande partie de la ville et des milliers d’habitants, souvent en famille, ont pris la direction, dans le désordre et à pied, à moto ou en voiture, de la frontière rwandaise toute proche.

Au fil des heures, et de la confirmation de la gravité de la situation, le flot des gens en fuite n’a cessé de grossir, matelas sur la tête, colis et enfants dans les bras, voitures klaxonnant.

La population prenait la direction du poste-frontière avec le Rwanda, dans la partie sud de la ville, ou la route de l’ouest vers Sake, vers la région congolaise du Masisi. Goma jouxte la frontière et la « grande barrière », le principal poste-frontière entre les deux pays, est situé dans le sud de la ville.

« Il y a beaucoup de monde sur la route, beaucoup de voitures, c’est la fuite », a raconté à l’AFP un habitant ayant embarqué sa famille dans sa voiture pour emprunter cette route du Masisi, vers Sake.

« Ca avance à pas de tortue, sur trois ou quatre voies. Les voitures sont remplies d’effets personnels, des matelas dans les coffres ou sur les toits. », a-t-il témoigné: « Il y a des enfants, des femmes, des vieux qui sont à pied et la pluie s’invite, c’est compliqué ».

Calme côté rwandais

Dans la nuit, des milliers de personnes avaient trouvé refuge au Rwanda, dans la ville frontière de Rubavu (anciennement Gisenyi), a constaté un vidéaste de l’AFP côté rwandais.

Les opérations étaient bien organisées, avec un accueil au stade et dans les écoles. Beaucoup de gens dormaient à même le sol aux abords de la ville. « Les frontières rwandaises sont ouvertes et l’accueil de nos voisins se déroule paisiblement », a commenté sur Twitter l’ambassadeur rwandais en RDC, Vincent Karega.

Capitale régionale du Nord-Kivu, Goma compte près de 600.000 habitants, dans une province troublée où sévissent de nombreux groupes armés.

Lors de l’éruption de 2002, les victimes étaient pour la plupart des malades, des personnes âgées ou impotentes abandonnées à leur sort dans les quartiers nord de la ville. Des pillages avaient également eu lieu.

Goma abrite un important contingent de Casques bleus et de nombreux membres du personnel de la Monusco, la mission onusienne dans le pays. Elle est la base de nombreuses ONG et organisations internationales. Leurs personnels ont pour beaucoup reçu l’ordre de se rassembler dans leurs locaux et les « guest-house », selon une source humanitaire.

Plusieurs avions basés à l’aéroport, appartenant à la Monusco et à des compagnies privées, ont décollé dans la soirée pour évacuer, selon une source aéroportuaire.

Située dans la province du Nord-Kivu, voisine de l’Ouganda, la région de Goma est une zone d’intense activité volcanique, avec six volcans, dont le Nyiragongo et le Nyamuragira qui culminent respectivement à 3.470 et 3.058 mètres.

L’éruption la plus meurtrière du Nyiragongo, en 1977, avait fait plus de 600 morts.

Une des caractéristiques de ces deux volcans sont les « éruptions douces », relativement fréquentes, des flux de lave s’écoulant par les flancs. Ce fut le cas au moment de l’éruption de janvier 2002.

Dans un rapport daté du 10 mai, l’Observatoire volcanologique de Goma appelait à la « vigilance », alors que « l’activité séismo-volcanique au niveau du Nyiragongo » avait « augmenté », méritant « une attention particulière de surveillance ».

Par Le Point avec AFP

Le plus gros iceberg existant se détache de l’Antarctique

mai 20, 2021
Le plus gros iceberg existant se detache de l'Antarctique
Le plus gros iceberg existant se détache de l’Antarctique© EUROPEAN SPACE AGENCY/AFP/Handout

L’iceberg aujourd’hui le plus gros du monde, d’une taille équivalente à la moitié de la Corse, s’est détaché de l’ouest de l’Antarctique, un phénomène probablement naturel selon les experts, même si la région est particulièrement vulnérable au réchauffement climatique.

Les scientifiques avaient à l’œil depuis plusieurs jours cet énorme bloc de glace baptisé A-76 qui avait commencé à se séparer de la barrière de glace de Ronne, un de ces rebords massifs de la calotte glaciaire qui s’étendent sur la mer.

Le vêlage -terme utilisé pour qualifier la séparation d’un iceberg- a finalement été confirmé grâce aux images du satellite Sentinel-1 du programme européen d’observation de la Terre Copernicus, a annoncé l’Agence spatiale européenne.

L’iceberg d’environ 170 km de long sur 25 km de large, pour une surface totale de 4.320 km2, flotte désormais sur la mer de Weddell où il sera presque voisin de celui qui était le plus gros, l’iceberg A-23 qui est coincé dans cette zone depuis son vêlage en 1986.

Mais si A-76 est aujourd’hui le plus gros, « il n’entrerait pas dans le top 10 des plus gros icebergs de tous les temps », explique à l’AFP Alex Brisbourne, glaciologue au British Antarctic Survey (BAS), organisme de recherches britannique qui l’avait repéré initialement.

Par exemple, en 2017, A68, un des plus gros icebergs jamais vu, de 5.800 km2, épais de 350 mètres et pesant mille milliards de tonnes, avait attiré l’attention des scientifiques et des médias en se détachant d’une autre partie de l’Ouest de l’Antarctique, la barrière de glace de Larsen, à la pointe de la péninsule.

Après un voyage de trois ans, cet iceberg s’est finalement éteint en avril, se morcelant en blocs trop petits pour être suivis. Avant sa désintégration, il s’était dangereusement approché d’une île reculée de l’Atlantique Sud, menaçant des colonies de manchots et de phoques, finalement sans conséquence désastreuse.

La formation des icebergs, blocs de glace d’eau douce issus de la fragmentation d’un glacier continental ayant atteint le littoral, est un processus naturel.

« Désintégration »

Le réchauffement de l’air et des océans peut contribuer à l’accélérer. Mais « cet iceberg particulier semble faire partie du cycle naturel et ne pas être lié au changement climatique », indique à l’AFP Andrew Shepherd, directeur du Centre d’observation et de modélisation polaire à l’université de Leeds.

« Nous savons que l’océan autour de l’Antarctique se réchauffe en raison du réchauffement climatique, mais la mer de Weddell, où se trouve l’iceberg A76, ne subit pas ce réchauffement en ce moment », renchérit Alex Brisbourne, estimant par exemple que des glaciers dans d’autres parties de l’Antarctique, comme celui de Thwaites, en sont eux victimes, accélérant la décharge de la glace vers la mer.

La planète a déjà gagné plus de 1°C depuis l’ère pré-industrielle à cause de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre provoqués par les activités humaines. Mais l’Antarctique se réchauffe deux fois plus vite.

Dans une étude publiée mercredi dans la revue Geology, des chercheurs se sont penchés sur la barrière de Larsen, la plus grande de la péninsule antarctique, qui était stable depuis 10.000 ans mais qui a subi ces 25 dernières années une série d’effondrements, avec notamment la désintégration en 2002 de la barrière Larsen B.

« La désintégration régulière de barrières de glace sur la côte est de la péninsule antarctique est liée au réchauffement de l’atmosphère vers le sud ces 50 dernières années », a commenté dans un communiqué le BAS, qui participait à l’étude.

« Dans le même temps, les courants océaniques chauds se sont accentués, affaiblissant les barrières de glace par en dessous », a-t-il ajouté.

La calotte glaciaire de l’Antarctique, qui représente l’équivalent de 55 mètres d’élévation du niveau des océans, perd 150 millions de tonnes de glace chaque année. L’hypothèse de sa fonte fait partie des « points de rupture » ou « point de bascule » identifiés par les scientifiques comme des éléments-clés dont la modification substantielle pourrait entraîner le système climatique vers un changement dramatique et irrémédiable.

Les icebergs sont traditionnellement baptisés par une lettre correspondant à la partie de l’Antarctique où ils sont originellement détectés, suivie d’un numéro.

Par Le Point avec AFP