Archive for the ‘Finances’ Category

Cameroun : nouveau scandale autour des primes des Lions indomptables

juin 18, 2022

La fuite du montant des rémunérations versées aux joueurs, au staff technique et à l’encadrement de la sélection nationale pour la qualification à la Coupe du Monde 2022 n’en finit pas de provoquer la polémique.

L’équipe du Cameroun lors du troisième tour de qualification pour la Coupe du Monde 2022, à Douala, le 25 mars 2022. © DANIEL BELOUMOU OLOMO/AFP

Le football camerounais a toujours su se réinventer. La preuve : pendant des années, il faisait essentiellement parler de lui pour des affaires de primes non versées ou détournées, et de préférence avant – et même pendant, sens du spectacle oblige – une grande compétition, comme la Coupe du Monde ou la CAN.

Les journalistes chargés de suivre l’actualité des Lions indomptables se souviennent encore des innombrables crises de nerfs et prises de tête entre les joueurs, leur fédération et le gouvernement chargé de payer les primes, des menaces de grèves, des palabres qui s’éternisent jusqu’au bout de la nuit, et des porteurs de valises envoyés par Yaoundé afin d’apaiser les conflits.

Un total de 807 000 euros

Cette fois-ci, alors que tout avait été négocié dans les règles de l’art entre toutes les parties concernées, et que le montant des primes devait être gardé secret, celui-ci a –opportunément ? – fuité sur les réseaux sociaux. On y apprend ainsi que Rigobert Song, le sélectionneur, a empoché 31 175 euros, et ses quatre adjoints (Sébastien Migné, Augustine Simo, Souleymanou Hamidou, Raphaël Fèvre) 19 000 euros chacun. Soit autant que la prime accordée à chacun des 27 joueurs retenus pour la double confrontation avec l’Algérie (0-1, 2-1) en mars dernier et au médecin de l’équipe. Bill Tchato, l’ancien international, a pour sa part touché un peu moins : son compte en banque a été crédité de 17 580 €.

Raymond Kall, « team manager », a de son côté été gratifié de 14 900 €, un peu plus que l’analyste vidéo (12 185 €), le kinésithérapeute (10 150 €), les deux agents de sécurité, l’officier de presse et les deux intendants en charge du matériel (9 480 €). Enfin, tout en bas du document qui n’aurait jamais dû se retrouver sur les réseaux sociaux, une prime de présence, attribuée à deux personnes à ce jour non identifiées, et d’un montant total de 29 100 €. Au final, la qualification des Lions indomptables aura coûté 807 630 € au budget de l’État.

CEUX QUI SONT À L’ORIGINE DE CE DÉBALLAGE PUBLIC ONT RÉUSSI LEUR COUP

La divulgation de ce document a évidemment produit son petit effet. La Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a rapidement publié un communiqué pour déplorer la fuite d’un document dont le seul ministère des Sports devait être le destinataire. Certains Camerounais y voient la main du pouvoir politique, lequel aurait fort peu goûté la spectaculaire sortie de Samuel Eto’o, président de la Fecafoot, le 9 juin dernier après la victoire face au Burundi (1-0) à Dar es Salaam, lors des qualifications pour la CAN 2023.

« Son discours dans le vestiaire était prémédité, puisqu’il portait un micro-cravate. Et il n’y a pas une seule fois fait référence au rôle de l’État auprès des Lions. Je peux vous assurer que cela a déplu à une partie des responsables politiques, souffle un proche de la sélection. Ici, beaucoup de gens pensent que cette fuite a été organisée par le milieu politique. Ceux qui sont à l’origine de ce déballage public ont réussi leur coup : bien rappeler à tout le monde que c’est l’État qui paye, pas la fédération. » Ce scénario n’a rien de farfelu, tant Samuel Eto’o s’est attiré l’inimitié de certains hauts responsables politiques.

Deux bénéficiaires non identifiés

Journaliste à CRTV-Radio, Raphaël Nkoa se fait quant à lui l’écho d’une autre polémique soulevée par la divulgation de ces paiements : « Concernant cette prime de présence, deux bénéficiaires n’ont pas été identifiés. Cela fait parler, les gens cherchent à savoir de qui il s’agit. » Un autre débat porte sur l’utilité des primes perçues par les joueurs camerounais évoluant en Europe, dans le Golfe persique ou aux États-Unis, pour qui ces sommes ne représentent qu’une infime partie de leurs confortables salaires.

Cette question sensible devrait resurgir à l’approche de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, puisque la Fifa versera 8,6 millions d’euros à chacune des 32 fédérations concernées. Un montant qui augmentera en fonction du parcours des sélections. Lors de son intervention dans les vestiaires de Dar es Salaam, Eto’o a expliqué aux Lions qu’il ambitionnait de remporter la compétition. Le vainqueur du Mondial devrait empocher 40 millions d’euros, versés par la Fifa. Si le Cameroun parvient à se hisser sur le toit du football mondial, cela promet de joyeuses – et juteuses – négociations.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Canada-Québec: Vol de données chez Desjardins : la Cour approuve le règlement de 200 M$

juin 17, 2022
Symbole montrant une main qui tient une carte d'accès à un guichet.

Le vol de données chez Desjardins touche 2,9 millions de membres particuliers et entreprises. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

La Cour supérieure a approuvé l’entente à l’amiable de 200 millions de dollars intervenue dans le cadre d’une action collective déposée après le vol massif de données dont l’institution avait été victime en 2019.

Une vaste opération d’indemnisation va se déployer au cours des prochains mois auprès de 9,7 millions de membres des caisses Desjardins.

Selon le jugement de la Cour supérieure, le processus se mettra en branle dès le 21 juillet.

Comme nous l’expliquait récemment l’un des avocats qui ont déposé l’action collective, un avis explicatif sera transmis aux membres, d’abord par Accès D, puis par lettre et ensuite dans les journaux sur une période de 13 semaines, afin d’éviter si possible un engorgement du système de réclamation.

Au terme des 13 semaines, les membres auront six mois pour réclamer un montant lié à la perte de temps, et le versement sera fait au terme des six mois, précise Me Jérémie Longpré, du cabinet Kugler Kandestin. Pour l’indemnité liée au vol d’identité, les membres auront jusqu’à trois ans pour réclamer, avec un paiement prévu chaque année.

La compagnie RicePoint a été désignée(Nouvelle fenêtre) comme administrateur des réclamations, aux frais de Desjardins.

Des formulaires de réclamation pourront être remplis en ligne et les documents pertinents pourront être téléversés.

Les premiers versements devraient avoir lieu d’ici le printemps 2023.

Selon les termes de l’entente, qui avait été soumise au juge Claude Bouchard le 24 mai dernier, les membres de Desjardins pourront réclamer un montant en cas de perte de temps liée à la fuite de renseignements personnels, basé sur un taux horaire de 18 $ jusqu’à un maximum de 90 $, et/ou un montant pouvant aller jusqu’à 1000 $ en cas de vol d’identité.

Le jugement précise qu’un total de 458 membres des caisses Desjardins ont préféré s’exclure de l’entente à l’amiable afin de préserver notamment leur droit de poursuivre Desjardins en cas de problème à l’avenir.

En juin 2019, la direction du Mouvement Desjardins dévoilait publiquement avoir fait l’objet d’une fuite colossale de données de ses membres et clients, orchestrée par un employé malveillant, qui a depuis quitté l’institution.

Un service de surveillance du crédit avait été offert pour une durée de cinq ans à des millions de membres aux frais de Desjardins.

8,5 millions de dollars aux avocats

L’un des éléments qui demeuraient en litige concernait le montant que Desjardins devait verser aux avocats qui ont organisé l’action collective.

Ces derniers réclamaient 20 millions de dollars, tandis que Desjardins offrait 4,8 millions de dollars.

Le juge a tranché à 8,5 millions de dollars, car il estimait qu’il s’agissait d’honoraires justes et raisonnables.

Avec Radio-Canada par Daniel Boily

Quand la finance africaine s’empare du défi de la biodiversité

juin 14, 2022

ALERTE. Parmi les atouts dont l’Afrique peut se prévaloir, il y a l’extrême richesse de sa biodiversité. Pour la préserver, des acteurs financiers se mobilisent.

L'Afrique a perdu 75 % des populations d'elephants de forets a cause du braconnage.
L’Afrique a perdu 75 % des populations d’éléphants de forêts à cause du braconnage.© STEEVE JORDAN / AFP

Comme partout ailleurs, la majorité des États africains ont des difficultés à fixer un cadre pour mieux protéger la biodiversité, pour d’autres le sujet est très loin dans la liste des problèmes auxquels ils sont confrontés ces dernières années. En revanche, les milieux financiers commencent tout juste à prendre conscience de l’impact des activités humaines sur l’environnement et les écosystèmes. C’est le cas de plusieurs banques et institutions financières africaines, dont FirstRand Ltd, Standard Chartered, Access Bank et Equity Group ou de l’assureur Sanlam ainsi que de la banque panafricaine Ecobank, basée au Togo. Ensemble, et sous la houlette de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique et de l’agence de développement financée par le Royaume-Uni FSD Africails, ils ont lancé l’Alliance africaine pour le capital naturel. Une initiative qui vise à investir dans le climat et la nature pour faire de la biodiversité une question financière prioritaire. 

Tout est parti d’un constat : alors que l’Afrique abrite la plus grande population mondiale de grands mammifères ainsi que le bassin du Congo, la deuxième plus grande forêt tropicale et que plus de 60 % de son produit intérieur brut dépend de la nature, juste derrière l’Indonésie et l’Inde, d’après le Forum économique mondial, il faut désormais prendre en compte le fait que la destruction de cette biodiversité représente aussi une perte financière. Le calcul n’est pas évident, mais les institutions financières s’y sont attelées pour une autre mesure, celle des émissions carbone, où des standards et des certifications ont vu le jour pour s’assurer de l’authenticité des objectifs annoncés par les entreprises pour la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Et la nécessité d’intégrer la nature dans la prise de décision financière est particulièrement aiguë en Afrique où la biodiversité décline rapidement. Entre 1970 et 2016, la population de mammifères, de poissons, d’amphibiens et de reptiles du continent a chuté de 65 %, a constaté le WWF. Résultat : la perte de biodiversité menace directement la stabilité financière.

Des défis immenses pour l’Afrique où le changement climatique frappe déjà

La gestion responsable du capital naturel de l’Afrique, y compris son eau, ses sols et ses forêts, « crée des opportunités fantastiques et contribue à la croissance et au développement du continent », a commenté Rachael Antwi, responsable du groupe ESG chez Ecobank. L’enjeu est double : d’une part, l’Alliance africaine pour le capital naturel veut concentrer ses efforts sur le transfert des flux financiers des activités qui détruisent la nature vers des pratiques plus durables et, d’autre part, influencer les normes mondiales de gestion des risques liés à la nature, afin qu’elles reflètent les contextes africains.

La tâche s’annonce ardue, car l’Afrique est déjà confrontée à la crise climatique. Quant à la lutte pour préserver la biodiversité, elle n’est pas toujours populaire sur le continent. Au Gabon, par exemple, pays qui a fait de la protection de sa biodiversité une priorité et plaide pour des « crédits biodiversité » sur le modèle des crédits carbonne, les habitants des zones reculées qui vivent de ce qu’ils plantent et de la chasse ne perçoivent pas ces enjeux de la même manière. Dans ce petit État d’Afrique centrale, les éléphants de forêt, une espèce menacée d’extinction, dont la population dans le monde a chuté de 86 % en 30 ans, a doublé en 10 ans, pour atteindre quelque 95 000 individus, dont certains ravagent régulièrement les cultures vivrières. « La perte de biodiversité et le changement climatique sont interdépendants, les solutions le sont aussi », décrypte Madeleine Ronquest, responsable des risques environnementaux, sociaux et climatiques à FirstRand Ltd. 

Des pistes de réflexion autour des financements innovants émergent.

Faire entendre la voix de l’Afrique dans le débat mondial

Selon McKinsey et Credit Suisse, le secteur de la conservation de la biodiversité souffre toujours d’un déficit de financement de 598 à 824 milliards de dollars par an. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut mettre plus d’argent sur la table pour protéger la biodiversité, mais les avis divergent sur les montants et la source. Le groupe africain, représenté par le Gabon, le Brésil, l’Inde, le Pakistan, l’Argentine et d’autres pays d’Amérique latine, a demandé aux pays développés « au moins 100 milliards de dollars par an dans un premier temps, puis 700 milliards de dollars par an d’ici à 2030 et au-delà » pour les pays en développement. Des pays développés sont prêts à mettre plus sur la table, mais pas autant. Ils prônent la mobilisation de toutes les ressources – nationales, aide publique au développement, fonds privés.

« Nous sommes ravis d’être l’un des membres fondateurs de l’Alliance africaine pour le capital naturel pour apporter notre expérience et notre voix à cet agenda mondial critique de la gestion des risques et des opportunités liés à la nature », a commenté le Dr James Mwangi, directeur général du groupe et PDG d’Equity Bank, alors que se prépare la COP15 sur la biodiversité à Kunming en Chine. Après l’accord de Paris de 2015 qui a demandé de rendre « les flux financiers compatibles » avec une trajectoire à faible émission de carbone, aucun engagement similaire n’est demandé pour la biodiversité. La COP15 vise à établir le même principe pour la nature. 

« La stratégie d’Equity Group, décrite dans notre Plan de relance et de résilience pour l’Afrique, est de catalyser une industrialisation de l’Afrique axée sur les ressources naturelles. Nous comprenons que la nature est un atout précieux qui stimule nos économies, mais a également un impact significatif sur nos vies et nos moyens de subsistance. Pour cette raison, nous devons sauvegarder cet atout mais aussi trouver des moyens d’utiliser notre capital naturel de manière durable pour la prospérité socio-économique des peuples d’Afrique », a ajouté James Mwangi. Cette initiative panafricaine intervient au moment où, au niveau mondial, les institutions financières se concertent de plus en plus. L’Alliance africaine pour le capital naturel est membre de la Taskforce on Nature Related Financial Disclosures (TNFD, groupe de travail sur les informations financières liées à la nature), répétant l’expérience du TCFD (Taskforce on Carbon Related Financial Disclosures) pour les émissions carbones. Elle doit publier son cadre opérationnel en 2023

Par Le Point

Effondrement des cryptos : un partenaire de la Caisse de dépôt dans l’eau chaude

juin 13, 2022

Le bas de laine des Québécois avait investi 150 M$ US dans Celsius Network en octobre 2021.

Différentes cryptomonnaies. En arrière plan, une tablette électronique montre l'évolution du cours d'une cryptomonnaie.

En sept mois, soit d’octobre 2021 à mai 2022, les cryptoactifs sous gestion de Celsius sont passés de 27 à 12 milliards de dollars. Photo : Getty Images

Celsius Network, un partenaire de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), a subitement cessé de permettre à ses clients de retirer les cryptomonnaies qu’ils ont placées sur sa plateforme dimanche soir alors que l’entreprise est secouée par de nouveaux remous dans le marché de la crypto.

L’annonce est survenue huit mois jour pour jour après que la CDPQ eut investi 150 M$ US dans Celsius, une entreprise qui offre des services de prêts dans l’univers de la cryptomonnaie.

En raison de conditions extrêmes dans le marché, nous annonçons aujourd’hui que Celsius met sur pause tous les retraits, les échanges et les transferts entre comptes, a écrit l’entreprise dans un communiqué(Nouvelle fenêtre) envoyé à ses clients peu avant 23 h, dimanche.

Nous comprenons qu’il s’agit de nouvelles difficiles, mais nous croyons que notre décision […] est l’action la plus responsable que nous pouvons entreprendre pour protéger notre communauté, poursuit le communiqué.

Comme Radio-Canada le rapportait fin mai, Celsius avait été durement frappée par un effondrement des prix des cryptoactifs ayant eu lieu dans la semaine du 9 mai. Certains clients de la plateforme s’étaient plaints d’avoir tout perdu après avoir obtenu des prêts en cryptomonnaie auprès de Celsius.

Depuis, Celsius peine à se relever. Selon les statistiques de l’entreprise, l’entreprise a perdu près de 2 G$ US en dépôts de ses clients depuis un mois. Celsius affirmait en octobre gérer 27 G$ de cryptoactifs pour le compte de ses clients. Ce chiffre avait baissé à 12 G$ en mai. Depuis, l’entreprise ne publie plus sur son site le total des actifs qu’elle gère.

La valeur du CEL, la cryptomonnaie qui a été créée par l’entreprise et qu’elle encourage ses clients à utiliser, s’est effondrée, passant d’environ 3 $ US en avril à 0,20 $ US aujourd’hui. Au moment de l’investissement de la CDPQ, le prix du CEL s’établissait à 5,60 $ US.

Le site comporte la phrase "unbank yourself" (débarrassez vous de votre banque).

Capture d’écran du site web de Celsius Photo : Capture d’écran – Celsius Network

Effondrement des prix des cryptomonnaies

Les conditions actuelles du marché de la crypto indiquent que Celsius n’est probablement pas au bout de ses peines. La plupart des cryptomonnaies majeures ont piqué du nez au cours du week-end dans un vent de panique qui a soufflé le marché, porté en partie par des indicateurs économiques inquiétants frappant l’économie mondiale.

Lundi matin, le S&P 500 perdait plus de 3 % de sa valeur, tandis que Dow Jones perdait un peu plus de 2,5 %. Ces deux indices connaissent une année difficile : ils ont respectivement reculé de 21,4 % et de 16,3 % depuis le début de 2022.

Le prix du bitcoin, la cryptomonnaie la plus populaire, avait chuté de près de 16 % en 24 heures, lundi matin. D’un sommet de plus de 67 000 $ US en novembre 2021, le prix du bitcoin, très volatil en temps normal, atteint maintenant un peu plus de 23 000 $ US.

Pour Hilary J. Allen, professeure de droit au Washington College of Law et experte en réglementation de la crypto, il n’est guère étonnant de voir le marché de la crypto s’effondrer dans les circonstances économiques actuelles.

Il n’est pas surprenant que dans un environnement où les taux d’intérêt augmentent, l’argent facile quitte le système. Il y a moins d’argent à investir dans les cryptoactifs, juge-t-elle.

Mme Allen explique que des investisseurs qui ont placé des cryptoactifs du côté de Celsius pourraient être durement affectés si l’entreprise s’effondre.

Pour les gens qui ne disposaient pas de beaucoup de moyens pour investir là-dedans, c’est potentiellement dévastateur. Nous avons vu avec [l’effondrement des cryptomonnaies Terra et Luna en mi-mai] qu’il y a eu au moins un suicide. Les gens publiaient des lignes de prévention du suicide dans les groupes sur Reddit et ainsi de suite. Je suspecte que nous verrons la même chose avec Celsius parce que beaucoup de gens ont investi beaucoup d’argent qu’ils ne pouvaient pas se permettre de perdre, ajoute Mme Allen.

Un modèle d’affaires critiqué

C'est une photo de profil d'un homme qui regarde la caméra.

Le PDG de Celsius, Alex Mashinsky Photo : Capture d’écran – Linkedin

Au moment d’investir dans Celsius, la CDPQ avait vanté le modèle d’affaires de l’entreprise. La technologie des chaînes de blocs présente un potentiel perturbateur pour plusieurs secteurs de l’économie traditionnelle, avait déclaré Alexandre Synnett, premier vice-président et chef des technologies à la CDPQ, dans un communiqué.

L’enquête de Radio-Canada recensait les inquiétudes soulevées par des experts du domaine de la crypto, qui soulignaient que Celsius utilise des pratiques financières semblables à celles ayant mené à l’implosion du système financier en 2008. Plusieurs États américains avaient d’ailleurs allégué que l’entreprise vendait des valeurs mobilières non enregistrées et ont forcé l’entreprise à limiter ses activités aux États-Unis.

Le ministère fédéral des Finances, qui n’avait pas offert de commentaire précis concernant Celsius, avait toutefois statué que les entreprises qui agissent de façon non réglementée – comme c’est le cas de Celsius – font illégalement affaire au Canada.

Le reportage révélait également que Celsius compte dans son orbite plusieurs individus qui se retrouvent au cœur de controverses dans le monde de la crypto, dont une personne liée à des sites que les autorités financières canadiennes ont à l’œil.

En réponse à des questions découlant de notre enquête, qui soulevait des inquiétudes quant aux activités de Celsius, la CDPQ avait réitéré son soutien à l’entreprise. Tous les investissements de la Caisse font l’objet d’un processus d’analyse rigoureux afin de prendre des décisions avisées dans l’intérêt de nos déposants, nous avait répondu une porte-parole.

Consternation chez les clients

L’annonce de dimanche soir a causé de la consternation chez les clients de Celsius. En réponse au gazouillis de l’entreprise concernant le gel sur les transactions, de nombreux clients ont fustigé la décision. Le silence radio du PDG de l’entreprise, Alex Mashinsky, a aussi fait réagir.

Alex tweete constamment, il se vante que Celsius est une entreprise magnifique, il critique les autres plateformes. Et maintenant, quand nous attendons désespérément de l’entendre, il est silencieux. Il n’a offert aucune mise à jour, alors que la communauté vit cette dure épreuve. C’EST DÉGOÛTANT, a écrit un client dans un groupe Telegram de la communauté Celsius.

En réponse à un gazouillis d’un client, samedi, Alex Mashinsky avait répondu : Connaissez-vous une seule personne qui a eu du mal à retirer ses fonds de Celsius? Pourquoi partagez-vous de la peur et de la désinformation?

Celsius n’a pas donné suite à nos questions. Au moment de publier cet article, la CDPQ n’avait pas offert de commentaires, mais le texte sera mis à jour lorsque nous recevrons leur réponse.

Avec Radio-Canada par Jeff Yates et Brigitte Noël

Madagascar-Tinoka Roberto : 20 milliards de FMG détournés

juin 8, 2022
Tinoka Roberto

Pendant que les habitants de la capitale comme dans  nos  campagnes paniquent à cause d’une série de kidnappings pour lesquels les  responsables  officiels  n’arrivent pas encore à rassurer la population, certains membres du gouvernement, les malfaiteurs de tous bords se livrent à leurs activités mafieuses sans  crainte. L’occasion est  trop belle pour profiter de cette diversion qui tombe à pic et qui  sert  d’écran  de fumée à leurs activités  criminelles (détournements et dilapidations de deniers publics,  complicité de commercialisation au détail de cocaïne dans les rues  et parmi les jeunes). Il n’y a pas de quoi  s’étonner lorsque  depuis 2015 déjà «après une série d’enlèvements qui perdure depuis 1995, l’ambassade de France à Madagascar par le biais de son diplomate François Goldblatt veut renforcer le système déjà mis en place afin de mettre fin à ces activités criminelles(…) » Jusqu’à  ce jour, l’effort  consenti par la  coopération policière  française semble être restée lettre morte.

Pourtant selon les médias de l’époque, « des dossiers recueillis par l’ambassade, après cette série de rapts qui n’en finit plus, seront transmis à la présidence de la république de Madagascar, au Premier Ministre, ainsi qu’aux ministères en charge de la sécurité, a-t-il ajouté. Selon toujours le diplomate français, des noms et des fonctions de têtes présumées du rapt contre rançon, y figurent avec photographies à l’appui afin de mettre les enquêteurs sur les pistes des auteurs et des cerveaux des kidnappings ». Et  si  de  nos jours, le pays subit  de  nouveau le terrorisme ambiant de ces rapts qui frappent les  esprits,  c’est parce  que rien  ne  semble  avoir  été pour «prévenir et réprimer ces activités criminelles (…)» Les commanditaires et les hommes  de main d’antan sont  toujours là et peuvent reprendre du  service  quand ils  sont  sollicités, rien que pour troubler l’état  d’esprit  de la population et pour passer à l’arrière-plan les compromissions  de  quelques  dirigeants égarés  dans les pratiques illégales.

Des  sources  dignes  de foi proches  du Ministère  de la  Jeunesse et des  Sports révèlent les avantages scandaleux de  Tinoka  Roberto dans les utilisations affairistes  du  budget  de l’Etat. Il y a  aussi  ce  contrat  de  complaisance avec le cachet de rémunération de Nicolas  Dupuis,   Directeur  Technique  National  de FMF (Fédération  Malagasy  du  Football) évaluée à « dix mille cinq  cents (10.500) Euros net à payer» pendant la durée du  contrat plus les  avantages  en  nature  «  dont les  frais et coût seront  directement payés aux  fournisseurs en  sus  du  salaire et  des primes,  sans  que le  Directeur  Technique ne  soit  jamais inquiété ». Les  avantages  en  nature comprennent «un  véhicule  de fonction de  type 4×4 pris  en  charge par le PRM, indemnité de logement,  téléphone mobile, prise  en  charge des  déplacements Paris-Madagascar aller-retour» et  des  tas d’autres faveurs. Bref, tout est  aux  frais  de la princesse pour les piètres performances récoltées  jusqu’à  ce  jour. C’est de l’argent  jeté par la  fenêtre qui pue la  combine à plein nez surtout que le  signataire  du  contrat. Le représentant de la  Présidence de la  République  de Madagascar  est un  certain  Valérie, Secrétaire Général de la Présidence  de la  République  actuellement « limogé »… Quant à  Tinoka  Roberto, la population  de  Toleara se  demande toujours  si l’intéressé  s’est  soumis à l’obligation  de déclaration de patrimoine. Plusieurs immeubles  qu’il  aurait  acquis dans  des  conditions obscures (Hôtel Amazon) expliquent les diverses « Demandes d’Engagement » visées par les  services  financiers  de la Primature au profit  des  associations  fictives telles  que HIGH FIVE, KIASY et MIHARISOA…Pour des prévisions chiffrées chacune à  1 milliard FMG pièce, les  sommes utilisées  effectivement dépassent à peine 190 millions de  FMG, la différence est pratiquement  détournée par le ministre  Tinoka sans  que les  Directeurs  liquidateurs de la ligne budgétaire puisse  rouspéter. Et le tour de passe-passe  est  joué…Ces actes délictueux  sont prouvables sur les  documents  comptables concernés. Il suffit  que l’Inspection  Générale  de l’Etat  s’en  occupe.

Avec La Gazette de la Grande île par Noël Razafilahy

Algérie: le frère de l’ex-président Bouteflika condamné à huit ans de prison

juin 7, 2022

Saïd Bouteflika, frère cadet du défunt ex-président Abdelaziz Bouteflika, déjà en détention pour d’autres affaires, a été condamné lundi à huit ans de prison ferme pour des faits de corruption, selon les médias.

Saïd Bouteflika, frère de l’ex-chef de l’État algérien et ancien conseiller à la présidence. © FAROUK BATICHE/AFP

Saïd Bouteflika, le frère cadet de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika a été condamné ce lundi 6 juin à huit ans de prison ferme. Son co-accusé, l’ancien patron des patrons Ali Haddad, également condamné dans plusieurs affaires, a écopé de quatre ans de prison ferme. Les deux hommes doivent aussi verser des amendes au Trésor public. Le parquet avait requis dix ans ferme contre Saïd Bouteflika, 64 ans, et Ali Haddad, 57 ans, qui ont comparu devant le tribunal de Sidi M’hamed à Alger pour « trafic d’influence », « abus de fonction », « blanchiment d’argent » et « non déclaration de biens ».

Précédentes condamnations

Fin mai, Saïd Bouteflika avait été acquitté après avoir été condamné en octobre à deux ans de prison ferme pour « entrave à la justice ». Ali Haddad a, lui, été condamné dans d’autres affaires de corruption avec une sanction de quatre ans de prison en janvier 2021.

En novembre 2020, Ali Haddad avait été condamné en appel à douze ans de prison ferme et, dans un autre procès en appel fin mars 2020, à quatre ans de prison ferme. Ex-dirigeant de la principale organisation patronale algérienne, le Forum des chefs d’entreprises (FCE), de 2014 à mars 2019, Ali Haddad avait été arrêté à un poste-frontière entre l’Algérie et la Tunisie en possession de deux passeports et condamné en juin 2019 à six mois de prison pour détention illégale de deux documents de voyage. Les deux hommes sont aussi poursuivis dans d’autres affaires. En Algérie, les peines de prison ne sont pas cumulables. C’est la peine la plus lourde qui est imposée.

Enquêtes sur l’entourage de l’ex-président

Après la chute d’Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril 2019, sous la pression du mouvement de protestation du Hirak et de l’armée, la justice a lancé une série d’enquêtes sur des affaires impliquant des membres de son entourage. Par ailleurs, le parquet a requis lundi une peine de dix ans de prison à l’encontre de l’ex-PDG d’Ennahar, le premier groupe de médias privé algérien, Anis Rahmani, poursuivi dans une affaire de corruption, selon le site Ennaharonline.

La même peine a été requise contre l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout, poursuivi dans cette même affaire pour blanchiment d’argent. De son vrai nom Mohamed Mokadem, Anis Rahmani, proche de Saïd Bouteflika, a déjà été condamné en appel en mars 2021 à trois ans de prison ferme. Il était accusé d’avoir illégalement enregistré et diffusé, en octobre 2018, une communication téléphonique qu’il avait eue avec un colonel du renseignement.

Par Jeune Afrique avec AFP

UEMOA : l’Ivoirien Jean-Claude Brou nommé gouverneur de la BCEAO 

juin 6, 2022

 Désigné à Accra pour conduire la politique monétaire de l’Union, le nouveau gouverneur prendra ses fonctions à la tête de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest le 4 juillet prochain.

Jean-Claude Kassi Brou, alors président de la Commission de la Cedeao, à Paris, le 7 avril 2022. © Jacques Torregano pour JA

Réunis à Accra ce samedi 4 juin lors d’un sommet extraordinaire de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest, les dirigeants des huit pays ayant en commun le franc CFA ont décidé de nommer l’Ivoirien Jean-Claude Brou, jusqu’ici président de la Commission de la Cedeao au poste de gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Il remplacera à compter du 4 juillet prochain, son compatriote Tiémoko Meyliet Koné, promu vice-président de la Côte d’Ivoire après avoir dirigé l’institution monétaire pendant plus d’une décennie.

Les dirigeants de l’UEMOA ont félicité le gouverneur Koné pour « les réformes réalisées à la tête de la Banque centrale, notamment la réforme du franc CFA ». Ils ont également salué le travail du désormais vice-président de la Côte d’Ivoire pour la relance des économies de l’Union, à travers par exemple la mise en place des obligations de relance pour contrer les effets financiers dévastateurs de la crise sanitaire de 2020. L’UEMOA a régulièrement affiché, au cours des années pré-Covid, de fortes progressions de son PIB. Cette croissance s’est ainsi établie à 7 % en 2016, soit la plus forte progression de toute l’Afrique ; après avoir été de 6,5 % en moyenne entre 2012 et 2015.

Au service de la croissance

La désignation de Jean-Claude Brou, ancien banquier central lui aussi, a été entérinée ce samedi 4 juin à Accra, lors d’une réunion des chefs d’Etats de l’UEMOA, en marge d’un sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. “Si les chefs d’État l’ont choisi, en particulier Ouattara, c’est qu’il (Brou) incarnera la continuité de l’œuvre entreprise par le gouverneur Koné”, assure une source introduite au sein de l’UEMOA, basée à Ouagadougou. Selon nos informations, le nouveau gouverneur, qui a remercié les Chefs d’États pour la confiance placée en lui, s’est engagé à travailler à la bonne tenue de la monnaie et surtout à être un gouverneur au service de la croissance des économies de l’Union.

Ancien ministre ivoirien de l’Industrie et des Mines, Jean-Claude Brou avait été nommé à la présidence de la Commission de la Cedeao en décembre 2017. Les quatre ans et demi de mandat de l’Ivoirien ont été notamment marqués par la gestion de plusieurs crises politiques avec la résurgence des coups d’État au Mali, au Burkina ou encore en Guinée. Il faut cependant noter que  le mandat du président sortant de la Commission de la Cedeao a aussi été marqué par la mise en place du marché régional de l’électricité, celle d’un visa unique ou encore l’avancement du gigantesque projet d’autoroute entre Lagos et Abidjan, pour lequel les investisseurs ont récemment promis près de 15 milliards de dollars (13,99 milliards d’euros).

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly

France-Gabon : l’ex-Miss Sonia Rolland mise en examen dans l’affaire des « biens mal acquis »

juin 1, 2022

L’actrice franco-rwandaise est poursuivie à Paris pour recel de détournement de fonds publics, de corruption et d’abus de bien sociaux. En cause, un appartement dans le XVIe arrondissement de Paris offert en 2003 par l’ancien président gabonais Omar Bongo Ondimba.

L’ex-Miss et actrice franco-rwandaise, Sonia Rolland, en octobre 2021. © JOEL SAGET/AFP

Sonia Rolland, l’ancienne Miss France 2000 devenue actrice, a été mise en examen le 30 mai dans l’affaire des « biens mal acquis », selon une information du quotidien français Le Parisien, confirmée par son avocat à Jeune Afrique. Les enquêteurs se penchent sur les conditions dans lesquelles l‘ancien chef de l’État gabonais Omar Bongo Ondimba lui a offert un appartement en 2003.

Dans ce dossier judiciaire ouvert il y a plus de dix ans, la Franco-Rwandaise avait été entendue le 6 janvier 2021 sous le régime du suspect libre à l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), sur des faits de recel de blanchiment de détournement de fonds publics, ont indiqué une source judiciaire et une source proche du dossier.

Cadeau à 800 000 euros

Sonia Rolland s’est expliquée sur un cadeau qu’elle avait reçu des époux Bongo Ondimba, un appartement dans le 16e arrondissement de Paris d’une valeur de 800 000 euros, sous le régime d’une société civile immobilière (SCI). Selon le journal français Libération, elle a raconté avoir rencontré en 2001 Edith Bongo Ondimba, l’épouse de l’ancien président gabonais, alors que celle-ci parrainait des concours de Miss en Afrique. En 2002, l’ex-Première dame lui aurait dit qu’elle lui ferait un cadeau afin de la remercier pour l’image qu’elle véhiculait de l’Afrique.

L’acquéreur de l’appartement serait une société de décoration française, qui avait une filiale au Gabon « détenant un compte dans une banque locale, sur lequel ont été déposées pendant des années des valises de cash, livrées par des collaborateurs de Bongo Ondimba », écrit le quotidien.

Sonia Rolland a plaidé la naïveté. Elle a toujours assuré ne rien savoir du montage financier et des malversations qui se cachaient derrière l’achat de cet appartement et a souligné son jeune âge à l’époque – l’ancienne Miss avait alors 22 ans.

Condamnation

Depuis 2010, la justice française enquête sur le patrimoine considérable amassé en France par Omar Bongo Ondimba et d’autres chefs d’État africains. En avril 2016, des biens immobiliers à Paris et à Nice, sur la Riviera française, appartenant à la famille du président gabonais Ali Bongo Ondimba – le fils d’Omar Bongo Ondimba, qui a succédé à son père à la tête du pays en 2009 – ont été saisis. Puis en 2017, le juge d’instruction a annoncé son intention de clore le volet gabonais de l’enquête, sans n’avoir prononcé aucune mise en examen, prélude donc à un non-lieu. Mais quelques mois plus tard, un nouveau juge a relancé les investigations.

Dans le dossier équato-guinéen, Teodoro Nguema Obiang Mangue, le fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a été condamné. Il a écopé en 2017 de trois ans de prison et de 30 millions d’euros d’amende avec sursis pour « blanchiment d’abus de biens sociaux ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Afrique : « L’autre défi à relever est le risque accru de défaut de paiement »

mai 31, 2022

ENTRETIEN. Président de la banque d’investissement et de développement de la Cedeao, George Agyekum Nana Donkor, revient sur les défis qui attendent le continent.

La zone Cedeao subit un ralentissement de la croissance des activites economiques dans tous les secteurs d'activite.
La zone Cedeao subit un ralentissement de la croissance des activités économiques dans tous les secteurs d’activité. © HALIL SAGIRKAYA / Anadolu Agency via AFP

Alors que la reprise économique en Afrique était dans tous les agendas après deux années de ralentissement dû à la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine vient fortement contrecarrer les projets des grandes institutions. L’Afrique de l’Ouest, et plus particulièrement la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), n’est pas épargnée. Presque tous les secteurs d’activité subissent les impacts du conflit, les États ne disposent pratiquement plus de marges de manœuvre – au contraire, ils anticipent plutôt une baisse de leurs recettes et donc de réduire in fine leurs budgets d’investissement. Sur le long terme, les risques sont grands désormais de voir le développement de la sous-région impacté.

C’est dans ce contexte que la BIDC, banque d’investissement et de développement de la Cedeao*, bras financier des 15 États membres, a la lourde de charge de catalyser la relance économique de la zone. Établi à Lomé, au Togo, le siège de l’institution est en ébullition après une période de traversée du désert caractérisée par le manque de ressources financières dans le secteur bancaire en Afrique de l’Ouest. L’institution a dû revoir tous les pans de sa stratégie de mobilisation de ressources afin de renforcer la résilience des États membres face à la pandémie de Covid-19. Ce qui lui permit de limiter les risques accrus de défaut de paiement tout en injectant des ressources financières dans les économies d’Afrique de l’Ouest. Quid de l’avenir ? George Agyekum Nana Donkor, le président de la BIDC, est revenu en détail pour Le Point Afrique sur les défis qui attendent le continent africain sur les sujets du financement, du développement et des investissements.

Le Point Afrique : Votre institution est le bras financier des 15 États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Mais elle a traversé une zone de turbulences ces dernières années faute de ressources financières. Qu’en est-il présentement alors que les États de la sous-région ont besoin de financement ?

George Agyekum Nana Donkor : Tout d’abord, permettez-moi de retracer un peu l’historique de cette grande banque de développement. En 2006, l’autorité des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a accepté de réorganiser les deux filiales de l’ex-fonds de la Cedeao créé en 1975, c’est-à-dire la fusion du Fonds régional de développement de la Cedeao (FRDC) dédié au financement du secteur public et la banque régionale d’investissement de la Cedeao (BRIC) dédiée au financement du privé. Cela, dans le but d’étendre les services de la banque à une plus large variété d’acteurs impliqués dans le développement des activités économiques ainsi que des programmes au niveau tant national que régional. La BIDC a commencé ses opérations sous cette nouvelle structure en janvier 2007 et est à ce jour l’une des plus grandes institutions financières en Afrique. Pour revenir à votre question, tout n’a pas été facile. Je suis heureux d’annoncer qu’en 2021 la banque a mobilisé des ressources estimées à plus d’un milliard de dollars auprès de sources de financement diversifiées, y compris des partenaires financiers de la Cour européenne des comptes (ECA), ainsi que des partenaires bilatéraux. Aujourd’hui, nous sommes très reconnaissants envers des partenaires tels que AKA Bank, ODDO BHF, Commerzbank, KfW IPEX Bank, Ebu Dhabi Export Finance et Cargill Financial Services Inc. En mai 2021, la banque a établi un record suite à l’émission d’un emprunt obligataire par appel public à l’épargne dénommé « BIDC-EBID 6,50 % 2021-2028 » d’un montant de 50 milliards de FCFA (environ). L’opération a démarré et s’est achevée en l’espace d’une heure avec 168 % de souscription. De plus, nous avons également reçu un financement de 40 milliards de FCFA provenant de Bank of Africa en novembre 2021. J’aimerais souligner que, suite à la meilleure notation reçue par la banque auprès de l’agence Moody’s, tous les partenaires veulent nous octroyer des financements. La banque a reçu la notation B2, ce qui a ouvert la voie aux financements provenant de beaucoup de partenaires bilatéraux. Donc la problématique de ressources n’est plus d’actualité à la banque.

Comment la banque s’est-elle arrangée pour atteindre ce niveau de notation par l’agence Moody’s en si peu de temps après une période d’incertitude ?

Avant, nous avions des perspectives négatives et les agences internationales de notation nous avaient adressé quelques recommandations. Il s’agissait de certains actifs non performants de la banque. En plus, on avait un taux de prime minimum (TPM) élevé et, en termes de souscription au capital, les États membres étaient, pour la plupart, encore redevables à la banque. Je peux également dire que nos procédures étaient un peu lentes et que nous avions des politiques obsolètes, ce qui entravait la rapidité de nos activités. Donc nous avions dû discuter à l’interne des remarques provenant de ces agences internationales de notation pour résoudre définitivement ces problèmes. En 2020, notre taux de prime minimum (TPM) était de l’ordre de 8,5 %. Mais ce taux a été rabaissé à 5,8 % quand l’agence de notation Moody’s évaluait les performances de la banque en fin d’année 2021. C’est le ratio exigé par le secteur. En termes de souscription au capital, nous avions en 2020 environ 140 millions de dollars. Mais, à la fin d’année 2021, nos États membres ont pour la plupart payé leurs redevances, en particulier les grands actionnaires que sont le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Sénégal. En fait, nous avions pu recouvrer 60 % des arriérés de capital à la fin de l’année 2021. Donc toutes ces performances, ajoutées à la qualité de nos services, ont motivé les agences internationales de notation à élever notre notation. Nous avons aussi revu notre portefeuille pour être beaucoup plus performants. Cette bonne notation reçue par la BIDC continue d’attirer des investisseurs.

Les Institutions de financement se sont réunies en 2020 en France pour évaluer les enjeux et défis du secteur. La BIDC avait également pris part à cette grande rencontre. Quelles étaient les grandes recommandations issues de cette rencontre et comment les mettez-vous en pratique en cette période marquée par la crise sanitaire ?

La récente rencontre a exhorté les institutions financières de développement (IFD) à beaucoup plus de collaboration afin de faire face aux conséquences issues de la pandémie. À cet effet, la BIDC a déjà fait des avancées significatives et va continuer de renforcer ses collaborations avec ses différents partenaires dans le secteur du financement afin de mobiliser beaucoup plus de ressources pour développer des projets dans la sous-région. En effet, pour la seule année 2021, suite à la crise sanitaire, nous avons décidé d’injecter beaucoup de financements dans les différentes économies en Afrique de l’Ouest afin de soutenir la relance économique. Je suis ravi de vous informer qu’en 2021 nous avons injecté environ 267 millions de dollars dans les différents secteurs de la vie économique en Afrique de l’Ouest. Et je peux affirmer avec certitude que la relance économique est en bonne marche dans notre sous-région.

Vous affirmez avec certitude que la mobilisation des ressources n’est plus un problème avec la BIDC. Mais qu’en est-il des ressources concessionnaires disponibles dans la sous-région ?

Vous avez évidemment raison puisqu’à cause des dispositions qui existent entre nos États membres et les institutions de Bretton Woods, notamment le Fonds monétaire international (FMI), certains d’entre eux ne peuvent pas lever des fonds sur le marché international. Donc il est primordial qu’une institution régionale telle que la BIDC mette en place des mécanismes leur permettant d’accéder aux financements concessionnaires en vue de soutenir leurs différents programmes de développement. À cet effet, j’aimerais vous informer que le gouvernement indien, à travers Indian Exim Bank, a octroyé une enveloppe d’environ 1 milliard de dollars à la banque d’investissement et de développement de la Cedeao sous des termes concessionnaires afin de permettre à notre institution de prêter à nos États membres.

Auparavant vice-président de la BIDC chargé des finances, de l’administration et des services institutionnels. George Agyekum Nana Donkorest est devenu le président de l’institution le 3 février 2020. © Blamé Ékoué

En ce moment même, nous disposons déjà d’environ 90 % de facilités de crédit. Hormis cet avantage du gouvernement indien, que je tiens à remercier à travers votre canal, nous sommes en train de négocier avec d’autres partenaires asiatiques en vue d’obtenir des financements concessionnaires pour nos États membres. En plus, nous avons mis en place à l’interne de la banque ce que nous appelons un « fonds de bonification d’intérêt ». Ce fonds est mis en place par la banque en collaboration avec la Commission de la Cedeao. À la fin de chaque exercice financier, nous mettons de côté une partie de nos bénéfices pour alimenter ce fonds. La Commission de la Cedeao est censée nous donner environ 4 millions de dollars chaque année pour soutenir ce fonds. L’idée motrice conduisant à la mise en place de ce fonds est de subventionner les projets du secteur public. Cela, dans le but de permettre aux États membres d’accéder à des financements provenant de la banque avec des taux concessionnaires et avantageux afin de leur permettre de financer leurs projets.

Allant toujours dans le sens de la mobilisation de ressources, est-ce que la banque a aussi recours aux sociétés financières privées pour booster ses activités ?

Les pères fondateurs de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest ont reconnu le rôle essentiel que les sociétés de capital-investissement peuvent jouer au sein de l’actionnariat de la banque. C’est ainsi qu’environ 30 % de notre capital autorisé ont été réservés à des membres non régionaux. Ces membres non régionaux sont constitués d’entités ou de firmes privées appropriées, d’États, des organisations internationales de financement, ainsi que des organisations multilatérales de développement n’appartenant pas aux États membres. J’aimerais également préciser que le Conseil des gouverneurs, l’autorité principale de prise de décision de la banque, avait auparavant invité des entités non régionales à intégrer l’actionnariat de la banque. En ce moment précis, des invitations sont adressées à certains membres non régionaux pour entrer dans l’actionnariat de la banque. Les discussions sont toujours en cours avec des entités à travers le monde pour voir la nécessité pour elles d’entrer dans notre actionnariat. Les négociations ont beaucoup avancé, mais ce n’est pas le moment pour moi ici de donner des noms car les transactions n’ont pas encore été faites à ce stade des négociations. Mais, s’il plaît à Dieu, je pense qu’ils feront bientôt leur entrée dans l’actionnariat de la banque afin de booster le capital. Pour la mobilisation de ressources, les textes sont déjà disponibles et le Conseil des gouverneurs a déjà décidé de l’ouverture de l’actionnariat de la banque à des partenaires non régionaux.

Face à la baisse des ressources pour financer les projets de développement dans les pays en Afrique de l’Ouest, pourquoi ne pas recourir à une mobilisation de ressources sur des marchés financiers locaux ?

Vous devriez savoir que la banque a réussi à lever des fonds depuis 2006 sur le marché financier de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa) à six différentes reprises. Comme je l’avais dit précédemment, nous avons effectué une opération en mai 2021 sur ce marché. Elle a démarré et s’est achevée en l’espace d’une heure avec 168 % de souscriptions. La banque ambitionne de réaliser un autre record à travers une autre émission dans le courant du deuxième trimestre 2022 pour mobiliser 120 milliards de FCFA environ (183 millions d’Euros). En plus, la banque s’efforce de reconquérir le marché financier nigérian. En effet, nous sommes en train de déployer des efforts afin de lever des fonds en nairas (devise locale) sur le marché financier nigérian. Cela, dans le but d’utiliser ces mêmes ressources financières levées sur le marché financier local en nairas pour financer les projets du pays. Nous envisageons de faire de même en levant des ressources en cedis au Ghana pour financer des projets sur place. Bref, des efforts sont consentis dans ce sens sur certains marchés financiers des États membres.

La banque d’investissement et de développement, bras financier de la Cedeao, a été lancée en 2003. Son siège est situé à Lomé, la capitale du Togo, non loin de la BOAD, la banque de développement de la sous-région ouest-africaine. © Blamé Ékoué

La crise sanitaire a paralysé les activités de la sous-région. Quels sont les impacts de cette crise sanitaire sur les activités de la BIDC ?

Comme vous le saviez déjà, l’impact de la crise sanitaire a affecté toutes les entités dans tous les secteurs d’activité. En tant qu’institution financière de développement, nous demeurons sensibles à la détresse de nos clients, qui sont aussi pour certains nos actionnaires. L’impact de la pandémie de Covid-19 sur les activités économiques a été assez révélateur avec une situation financière précaire des entreprises. L’un des secteurs clés ayant beaucoup souffert durant cette pandémie n’est autre que celui de l’industrie hôtelière. Les restrictions de voyages imposées comme une mesure de lutte contre la propagation ont affecté la fréquentation des hôtels. En outre, l’embargo imposé sur la tenue des conférences dans plusieurs pays dans la sous-région ouest-africaine en pleine flambée épidémique explique le fait que la plupart des entreprises de ce secteur ne généraient pratiquement plus de revenus. Par conséquent, il serait insensible de la part de la banque d’exiger que ses débiteurs continuent de s’acquitter de leurs dettes comme c’était prévu avant la pandémie. En effet, la banque a accordé une période moratoire d’acquittement des créances à sept entités afin de leur permettre d’avoir une marge de manœuvre pour affronter la pandémie. Cette situation a conduit à une réduction du flux de liquidités pour la banque avec un impact découlant sur la profitabilité. Une fois nos revenus d’intérêts réduits, toutes les activités de la banque tournaient au ralenti parce qu’on ne pouvait pas atteindre les résultats escomptés. Les agences de notation ont vu en ce geste quelque chose de problématique dans leurs évaluations des notations, cela, du fait que la période moratoire dépassait 90 jours, leur seuil permis pour les dépréciations sur des prêts accordés. En effet, cette situation a entraîné une hausse du niveau des prêts non productifs de la banque, ce qui a, à leurs yeux, exercé une pression à la baisse sur la cote de solvabilité de la banque. En plus, certains États membres faisaient face à une instabilité politique et cela a eu des répercussions négatives sur la banque. Pire encore, il y a eu une détérioration de la chaîne d’approvisionnement conduisant à une hausse des prix des biens et services dans la plupart des États membres. Certains étaient au bord du gouffre, pour ne pas parler de récession. Tous ces facteurs ont contribué à affecter négativement nos activités parce que les États membres sont nos clients et en même temps nos actionnaires. Donc l’impact de la crise sanitaire sur nos activités en tant que banque a été immense. Toutefois, il a fallu trouver une voie de sortie pour surmonter la situation en réduisant considérablement nos dépenses. Nous étions aussi capables de recouvrer certains prêts. Bref, nous avons pu réaliser des profits à la fin de l’année financière en décembre 2021. Face à la situation qui prévalait, nous étions obligés de réduire nos dépenses.

Quels sont les grands défis auxquels feront face les institutions opérant dans le secteur financier ou bancaire après la crise sanitaire dans la sous-région ?

Le flux des capitaux en direction de l’Afrique de l’Ouest pourrait être inhibé par la hausse des taux d’intérêt dans les économies les plus développées du monde. Cela, à cause de la flambée des prix due à la crise sanitaire, entraînant une rupture des chaînes d’approvisionnement. En effet, cette situation ne sera pas seulement l’apanage des États de l’Afrique de l’Ouest suite aux coûts élevés des emprunts mais le secteur bancaire aura également fort à faire pour avoir accès à des ressources financières nécessaires afin d’exécuter leur mandat. L’autre défi à relever sera également le risque accru de défaut de paiement étant donné que beaucoup d’entités se retrouvent dans des conditions financières précaires post-Covid-19. Si on n’en tient pas compte, les prêts non performants (PNP) vont augmenter de court et moyen terme et pourraient même finir par compromettre la qualité des actifs du secteur bancaire. Le risque accru crée une certaine aura d’incertitude qui conduira à un examen approfondi des modèles d’affaires. À cet effet, beaucoup de ressources financières et des heures de travail seront dédiées à l’évaluation des crédits, ce qui va ralentir sûrement le processus d’octroi de prêts. En tant que banque, nous avons réellement renforcé notre processus d’octroi de prêts. Car, si on ne fait pas ainsi, on fera face à un risque accru de défaut de paiement de crédits. Nous avons aussi changé notre modèle d’affaires. Au lieu d’octroyer des crédits à des promoteurs particuliers ou privés, nous passons maintenant par le canal des banques commerciales. Nous faisons ainsi parce que nous pensons que les banques commerciales sont dans une meilleure position pour faire le suivi et gérer le risque en ce qui concerne les projets dans le secteur privé. Donc nous avons déjà changé notre modèle d’affaires en tenant compte des changements dus à la pandémie de Covid-19. Aujourd’hui, la BIDC accorde des prêts aux banques commerciales qui, en retour, prêtent aux promoteurs de projets dans la sous-région. Ainsi, nous avons pu réduire considérablement le risque accru de défaut de paiement de crédits.

La guerre en Ukraine a montré une dépendance accrue des États africains vis-à-vis du monde occidental de certains produits de base tels que les céréales et même l’engrais. Que faire dans le futur pour éviter que, dès qu’une guerre éclate sur un autre continent, l’Afrique n’en pâtisse pas trop ?

C’est vrai que la guerre entre la Russie et l’Ukraine a des conséquences sur le monde entier. Comme vous le savez, la Russie est l’un des plus grands importateurs d’engrais au monde. Les deux pays sont également les plus grands producteurs de blé. Avec la guerre entre ces deux pays, le prix de ces denrées flambe. Pire encore, je peux dire qu’avec cette guerre le prix des biens et services est en train d’être impacté sur notre continent. Désormais, le moment est venu pour que les pays africains en général et ouest-africains en particulier puissent développer leurs propres capacités en termes d’agriculture mais aussi la transformation des produits agricoles. Nous avons besoin de transformer ces produits agricoles en produits manufacturés qui ont une valeur ajoutée sur le marché mondial. Bref, on aura besoin de transformer une bonne partie de nos matières premières dans la sous-région ouest-africaine pour ne pas continuer à dépendre du monde occidental. Je pense que l’agriculture sera la clé du développement de la sous-région mais également du continent tout entier. Les États auront désormais besoin de mettre sur pied des solutions pour booster ce secteur car cela permettra de générer des revenus à travers l’exportation de produits agricoles manufacturés vers l’Occident.

Avec Le Point propos recueillis par notre correspondant à Lomé, Blamé Ekoué

Crises humanitaires en Afrique : le Congo apporte une contribution de deux millions de dollars

mai 28, 2022

Les participants au sommet de Malabo

« Face aux crises humanitaires qui secouent le continent, nous avons décidé de prendre notre situation en main. Le moment est venu pour les dirigeants africains de lancer un message clair au reste de la communauté internationale. J’annonce que le Congo apporte une contribution de deux millions de dollars », a déclaré le président Denis Sassou N’Guesso, lors de la Conférence des donateurs en marge des travaux du seizième sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA), le 27 mai à Malabo, en Guinée équatoriale, principalement consacré aux crises humanitaires à travers le continent.

Selon le président de la Commission de l’institution panafricaine, Moussa Faki Mahamat, l’UA marque sa ferme détermination à poursuivre ses efforts en faveur de la réduction des souffrances dont sont victimes les réfugiés et des personnes déplacées internes sur le continent. Il a dressé un tableau peu reluisant de la situation humanitaire continentale. De nombreuses urgences constituent, en effet, une véritable préoccupation.

Pour sa part, le président en exercice de l’UA, Macky Sall, a pensé qu’il faut attaquer le mal à la racine. Selon lui, le continent ne peut pas se résoudre à une vocation de terre d’urgence d’humanitaire. Il faut rester debout et poursuivre sans relâche le combat pour la justice. Par ailleurs, le président du pays hôte, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a lancé un appel à ses pairs pour plus d’engagement afin de sortir le continent des facteurs aggravant des crises humanitaires.

Les travaux de ce seizième sommet extraordinaire de l’UA ont été suivis de la conférence des donateurs traditionnels et non traditionnels dans le but de mobiliser des ressources conséquentes pour faire face aux crises humanitaires en soulageant les peines des personnes touchées.

Avec Adiac-Congo par Rominique Makaya