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Congo-Disparition : dernier hommage de la République à l’ancien ministre Gabriel Entcha-Ebia

janvier 5, 2022

Décédé le 11 décembre au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville, à l’âge de 65 ans, l’ancien Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains, Gabriel Entcha-Ebia, a été inhumé le 5 janvier au cimetière du Centre-ville.  La République reconnaissante lui a rendu un dernier hommage au Palais des congrès, en présence du chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso.

Né le 24 août 1956 à Souanké, dans le département de la Sangha, Gabriel Entcha-Ebia a été ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat de 2002 à 2005 ; Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains de 2005 à 2007, puis ministre des Postes et Télécommunications, chargé des Nouvelles technologies de l’information et de la communication en 2007.

Magistrat hors classe, il est diplômé de l’Université Marien-Ngouabi et de l’Ecole nationale de la magistrature de Paris, section internationale, et ancien procureur général près la Cour suprême du Congo. Ambassadeur du Congo au Nigeria de 2009 à 2012, Gabriel Entcha-Ebia fut également l’ambassadeur de la République du Congo en République centrafricaine de 2012 à 2017.

Président du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) et ami intime de l’illustre disparu, Philippe Mvouo a eu des mots justes pour rendre un hommage à celui qu’il qualifie comme l’un des plus grands serviteurs de la République. « Gabriel Entcha-Ebia, pour me fixer sur la cruelle réalité du moment, n’est plus. Votre fidèle et honnête serviteur s’en est allé. 65 ans de vie sur terre, l’enfant de Souanké s’est forgé un parcours assez commun à celui de tout enfant de campagne qui embrasse les chemins de l’école avec comme ressources essentielles, l’effort, l’endurance, la persévérance, mais aussi la témérité à affronter la brutalité des autres et le cœur large à digérer l’inaptitude et les échecs scolaires… », a témoigné Philippe Mvouo dans son oraison funèbre.

Sur le plan scolaire, Gabriel Entcha-Ebia a débuté ses études primaires à Souanké. Il a fréquenté aux collèges de Ouesso et Mafoua Virgile à Brazzaville avant de poursuivre ses études au lycée de la Libération, actuel Pierre-Savorgnan-de-Brazza. En effet, après le BEMG et le baccalauréat littéraire, le défunt est admis à l’Université Marien-Ngouabi où il en est sorti avec une licence en droit privé. Ce qui l’emmène à l’Ecole nationale de magistrature de Paris, section internationale où il termine diplômé en 1982.

« Un magistrat est né. Un intellectuel a germé en puissance de la maturité sociale, de la responsabilité professionnelle, de l’humaine sagesse et de l’autorité intellectuelle… Gabriel Entcha-Ebia, le magistrat, vient de tirer sa révérence après une brillante carrière professionnelle qu’il commence au tribunal de grande instance de Pointe-Noire », a poursuivi Philippe Mvouo.  

Gabriel Entcha-Ebia était aussi un écrivain. Auteur de « Djiha », son unique œuvre fictionnelle, il a publié cinq essais dont, « 800 jours au ministère de la Fonction publique et de la réforme de l’Etat », en 2009, « Les institutions de la République du Congo », en 2010, « Congo : 50 ans d’indépendance pour quel avenir ? « , en 2010, « Le moment de choisir la parole au peuple souverain », en 2015, et « Adieu Madiba », préfacé par Denis Sassou N’Guesso, en 2016.

« L’œuvre littéraire de Gabriel Entcha-Ebia est déjà immense dans sa dimension historique, politique et juridique pour constituer un précieux héritage à la postérité. Par la plume et avec sa plume, il a gravé son nom sur le marbre des immortels, des artistes immortels dont la mort se transfigure en vie sans mort pour rire de nos larmes tandis que, eux sont devenus des dieux. Car on ne pleure pas les dieux, on les célèbre. Entcha-Ebia est à célébrer désormais », a déclaré le président du CSLC.

La disparition de Gabriel Entcha-Ebia est une perte pour la République, a estimé le directeur général de l’autorité de régulation des marchés publics, David Martin Obami. « Je suis resté son directeur de cabinet jusqu’à son affectation à l’étranger comme ambassadeur. C’est pour moi à la fois un aîné, un mentor et quelqu’un qui m’a permis de mettre le pied à l’étrier de hautes charges de l’Etat », se souvient-il encore.  

Notons que l’illustre disparu a laissé six orphelins.

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Décès de Jean-Marc Vallée : pluie d’hommages de Québec à Hollywood

décembre 27, 2021
Matthew McConaughey et Jean-Marc Vallée sont debout l'un en face de l'autre.

Matthew McConaughey et Jean-Marc Vallée sur le plateau de tournage du film «Dallas Buyers Club». Photo: Remstar

Ceux et celles qui ont connu le réalisateur de C.R.A.Z.Y. sont sous le choc depuis l’annonce de son décès. Du cinéaste Jean-Marc Vallée, les personnes avec qui il a tourné se rappelleront la signature unique et le travail acharné. De l’être humain, tous et toutes soulignent le charme, l’intelligence et la gentillesse extrême.

L’autrice et scénariste Chantal Cadieux, la mère de ses deux fils, a publié un message émouvant après avoir appris la triste nouvelle : Tu es parti rejoindre les étoiles sans préavis. Tu en étais une. Tu as fait des films merveilleux et tu m’as donné deux fils qui le sont encore plus! Repose en paix, Jean-Marc… Bouleversant et imprévisible jusqu’à la fin.

En entrevue à RDI, elle a dit qu’elle et ses deux fils étaient inondés de bons mots et de beaux messages. Ça fait vraiment du bien.

C’était vraiment un passionné. Jean-Marc, c’était quelqu’un qui voulait faire des films depuis toujours. […]. Il a mis tout son cœur à l’ouvrage et il a travaillé beaucoup. C’était vraiment quelqu’un qui plongeait dans ses projets et qui les menait à terme.

Ce n’était pas seulement un grand réalisateur québécois, c’était un grand réalisateur mondiala soutenu l’acteur Michel Côté au micro de l’émission Tout un matin.

La gorge nouée par l’émotion, Michel Côté, qui a joué dans Liste noire (1995) et dans C.R.A.Z.Y. (2005) sous la direction de Jean-Marc Vallée, n’a que des éloges pour le réalisateur : C’était un plaisir de travailler avec lui. Il devenait très intense des fois, parce qu’il était complètement dans son émotion, mais jamais négativement.

« C’était un gars formidable. »— Une citation de  Michel Côté, acteur

RDI en direct / matin week-end

Un grand héritage au cinéma mondial

Sur les réseaux sociaux et dans les médias, les hommages déferlent, tant de la part des fans de ses œuvres et de personnalités politiques que de celle des gens qui ont côtoyé Jean-Marc Vallée sur les plateaux de tournage.

Son ami, le réalisateur Denis Villeneuve, qui, comme lui, mène une carrière étincelante à Hollywood, lui a fait ses adieux dans un message transmis sur Twitter : Hey vieux, qu’est-ce qui t’a pris de partir si tôt? […] Je t’aime mon ami.

Quelle nouvelle tragique, a réagi le premier ministre du Québec, François Legault, sur Twitter. Jean-Marc Vallée m’a ému de C.R.A.Z.Y. à Big Little Lies. Il était d’une extrême gentillesse. Mes condoléances à tous les proches de cet artiste exceptionnel.

Justin Trudeau a souligné le legs exceptionnel du cinéaste : Son art aura marqué le Québec, le Canada et le monde. Mes pensées vont à sa famille, ses amis et ses fans alors qu’ils pleurent son décès si soudain.

L’actrice américaine Shailene Woodley, une des vedettes de Big Little Lies, une série dont il a réalisé la première saison pour HBO et qui a été récompensée par plusieurs prix Emmy, a affirmé sur les réseaux sociaux avoir été complètement sous le choc en apprenant sa mort : J’imagine que tu en feras une grande aventure digne des livres d’histoire.

D’autres têtes d’affiche de cette série ont réagi avec stupéfaction. Mon cœur est brisé. Mon ami. Je t’aime, a écrit l’actrice Reese Witherspoon. Le monde a perdu l’un des plus grands et des plus purs artistes et rêveurs. Et nous avons perdu notre ami adoré, peut-on lire dans un message de la comédienne Laura Dern.

La pianiste québécoise Alexandra Stréliski a remercié celui qui a fait voyager sa musique par le truchement de ses films. début du widget?

Un talent indéniable

Cameron Bailey, directeur du Festival international du film de Toronto (TIFF), lui a rendu hommage en parlant de son talent prodigieux et de son feu.

Cette fougue a également marqué Pierre Even, producteur de C.R.A.Z.Y. et de Café de Flore (2011). À l’émission RDI matin, il a confié ne pas avoir été surpris du succès de Jean-Marc Vallée à Hollywood, où le cinéaste a tourné plusieurs films.

Jean-Marc était très exigeant dans le travail, avec une grande volonté de […] toujours pousser à l’extrême ce qu’il voulait faire, a-t-il affirmé. C’était un travailleur acharné. Il n’y a pas de chance là-dedans, c’est vraiment le travail.

« Jean-Marc nous emmenait dans sa folie avec lui. On était avec lui et on voulait tout donner pour lui. C’est ça qui a créé son succès à Hollywood : tout le monde était derrière lui pour l’aider à mettre sa vision à l’écran. »— Une citation de  Pierre Even, producteur

Au fil des ans, Jean-Marc Vallée a réussi à créer un style unique, selon M. Even, qui a dit avoir de la difficulté à parler au passé du réalisateur, qu’il connaissait depuis vingt ans.

En entrevue à RDI matin, le chroniqueur et critique de cinéma Michel Coulombe a également souligné le talent et l’éthique de travail irréprochable du cinéaste, qu’il a rencontré pour la première fois il y a une trentaine d’années.

À cette époque-là, déjà, on voyait l’incroyable talent de Jean-Marc, sa grande détermination et sa volonté de faire des choses qui dépassent même les horizons du Québec, a-t-il mentionné. C’était inscrit chez lui dès le début.

« On l’a vu tout au long de son parcours américain : chaque fois que des acteurs travaillaient avec lui, ils lui rendaient hommage parce qu’il les amenait au plus haut niveau. »— Une citation de  Michel Coulombe, chroniqueur et critique de cinéma

Jean-Marc Vallée serait mort après avoir subi un malaise, selon nos informations.

Avec Radio-Canada

Dans son message de Noël, Elizabeth II confie que Philip lui « manque »

décembre 25, 2021
Dans son message de Noel, Elizabeth II confie que Philip lui "manque"
Dans son message de Noël, Elizabeth II confie que Philip lui « manque »© POOL/AFP/Victoria Jones

Son regard « espiègle », son « rire familier », son engagement « pionnier » pour l’environnement… Elizabeth II a confié samedi que son défunt époux Philip lui « manque » dans un touchant hommage rendu lors de sa traditionnelle allocution de Noël, une fête de nouveau assombrie par le Covid-19.

« Bien que ce soit pour beaucoup de gens une période de grand bonheur et de gaieté, Noël peut être difficile pour ceux qui ont perdu des êtres chers. Cette année, je comprends particulièrement pourquoi », a déclaré la souveraine dans ce message, personnel comme rarement, enregistré au château de Windsor.

Elle y apparaît vêtue d’une robe rouge, assise derrière un bureau sur lequel est posée une photographie de Philip et elle se regardant en souriant, prise en 2007 à l’occasion de leurs noces de diamant (60 ans de mariage). Elle porte une broche chrysanthème en saphir qu’elle avait arboré pour sa lune de miel en 1947, bijou qui apparaît aussi sur le cliché de 2007.

La monarque de 95 ans assure avoir « tiré un grand réconfort » des nombreux hommages qu’elle a reçus depuis le décès du duc d’Edimbourg en avril à 99 ans.

Evoquant avec tendresse Philip avec laquelle elle a été mariée 73 ans, elle cite « son sens du devoir, sa curiosité intellectuelle et sa capacité à s’amuser de toute situation ». « L’éclat espiègle et interrogateur (de ses yeux) était aussi brillant à la fin que lorsque j’ai posé les yeux sur lui pour la première fois », poursuit-elle.

« Bien qu’il me manque, et manque à ma famille, je sais qu’il voudrait que nous profitions de Noël », ajoute la reine, assise auprès d’un grand sapin scintillant, insistant sur la « joie » de la fête « malgré le rire familier qui nous manque ».

2021 aura été une difficile pour la souveraine nonagénaire, qui après avoir perdu son époux a dû renoncer à la plupart de ses engagements. Ses médecins l’ont mise au repos après une nuit passée à l’hôpital en octobre pour des raisons jamais précisées.

Et ces premières fêtes de fin d’année sans Philip, qu’elle avait qualifié de « roc », sont assombries par la résurgence fulgurante des cas de Covid-19 au Royaume-Uni. Après avoir annulé le traditionnel déjeuner qu’elle donne avant les fêtes pour une cinquantaine de membres de sa famille, elle a renoncé à se rendre fêter Noël dans à Sandringham, dans l’est de l’Angleterre, restant au château de Windsor près de Londres, désormais sa résidence principale.

Jubilé de platine

Son fils aîné Charles et son épouse Camilla passent Noël à ses côtés mais pas sa fille Anne, qui s’isole depuis que son mari a été testé positif au coronavirus. Le prince William, fils aîné de Charles, son épouse Kate et leur trois enfants passent Noël dans l’Est de l’Angleterre.

Charles et Camilla se sont rendus samedi matin à une messe à Windsor avant de rejoindre la reine, dont l’absence a été présentée par les médias britanniques comme une mesure de précaution.

« Même si en raison du Covid, nous ne pouvons pas célébrer (Noël) tout à fait comme nous l’aurions souhaité, nous pouvons toujours profiter de nombreuses et joyeuses traditions » comme entonner un chant de Noël ou décorer un sapin, a suggéré Elizabeth II dans son allocution.

Evoquant la transmission de traditions et de valeurs, la reine a cité la protection de l’environnement. Elle s’est félicitée que le « travail de pionnier » de Philip ait été « repris » par Charles et William, impliqués dans la conférence sur le climat COP26 en Ecosse alors qu’elle-même avait dû annuler sa venue.

La souveraine ne fait, en revanche, aucune mention du prince Harry et de son épouse Meghan, qui ont pris leur distances avec la famille royale en 2020 et vivent désormais en Californie, même si elle s’est réjouie de la naissance de quatre enfants dans la famille royale en 2021, dont Lilibet, deuxième enfant du couple.

La reine a évoqué les grands rendez-vous de 2022 dont les jeux du Commonwealth l’été prochain, et surtout les célébrations de son jubilé de platine, marquant ses 70 ans de son accession au trône le 6 février 1952.

Par Le Point avec AFP

Emmanuel Macron et les dirigeants de l’UE rendent hommage à Giscard d’Estaing

décembre 2, 2021

Un an jour pour jour après sa disparition, le « grand capitaine » de l’Europe est mis à l’honneur au Parlement européen, à Strasbourg.

Emmanuel Macron a rendu hommage a l'ancien president mort le 2 decembre 2020.
Emmanuel Macron a rendu hommage à l’ancien président mort le 2 décembre 2020.© FREDERICK FLORIN / POOL / AFP

Le président français Emmanuel Macron, aux côtés des dirigeants de l’UE, a rendu jeudi hommage, au premier anniversaire de sa mort, à l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, « grand capitaine du projet européen ». « Valéry Giscard d’Estaing rendit notre Union plus démocratique », « plus solide et plus solidaire » et « plus étroite », a souligné le président français dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, précédé à la tribune des dirigeants des trois institutions européennes, le président du Parlement David Sassoli, celui du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

Pour Valéry Giscard d’Estaing, « l’Europe était plus qu’une utopie pour un avenir lointain et certainement plus qu’un vague paquet d’opportunités économiques sur le plus petit dénominateur commun politique », a insisté le président allemand Frank-Walter Steinmeier. Mais il était aussi l’« ami de l’Allemagne et des Allemands », et particulièrement du chancelier de l’époque, Helmut Schmidt, a-t-il rappelé devant l’épouse de l’ancien président, Anne-Aymone Giscard d’Estaing, ses enfants et petits-enfants.

Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin sur place

La cérémonie, initialement prévue le jour anniversaire de la naissance de VGE, le 2 février, a été retardée de dix mois en raison de la situation sanitaire. Elle a donc finalement eu lieu un an jour pour jour après son décès des suites du Covid-19, le 2 décembre 2020, à l’âge de 94 ans. Parmi les quelques centaines d’invités présents figuraient l’ancien président français Nicolas Sarkozy et l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. La présidente grecque, Katerina Sakellaropoulou, et les présidents portugais, Marcela Rebelo de Sousa, bulgare, Roumen Radev, et slovène, Borut Pahor, sont également venus à Strasbourg célébrer la mémoire de VGE.

« Homme d’exception à qui notre Europe doit tant » et « Européen aux mille facettes », selon les mots de David Sassoli, Valéry Giscard d’Estaing « a été architecte et artisan de l’intégration européenne tout au long de sa vie », a souligné Ursula von der Leyen. « Il est frappant aujourd’hui de constater combien les lignes de crête de son action dessinent les défis d’aujourd’hui et inspirent notre génération pour les relever », a considéré Charles Michel à la tribune du Parlement européen, au côté d’un grand portrait de l’ancien président.

Giscard d’Estaing « a fait progresser la démocratie française »

Député européen de 1989 à 1993, après son mandat présidentiel, Valéry Giscard d’Estaing est considéré comme l’un des bâtisseurs de l’Europe, ayant œuvré pour des étapes essentielles de sa construction telles la création du Conseil européen, l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct, les prémices de l’union monétaire ou encore la fondation de l’Agence spatiale européenne, comme l’avait rappelé l’Élysée en amont de la cérémonie. Des actions rappelées par des images d’archives lors de la cérémonie. À partir de 2001, VGE présida la Convention sur l’avenir de l’Europe, engageant débats et réflexions sur l’évolution de l’Union.

Les dirigeants de l’UE ont aussi souligné à plusieurs reprises son action qui « a fait progresser la démocratie française », avec l’abaissement de la majorité à 18 ans, la dépénalisation de l’avortement ou le divorce par consentement mutuel.

« Nous vous demandons de réussir »

À moins d’un mois du début de la présidence française du Conseil de l’UE, Emmanuel Macron, accompagné de son épouse, profite de cette visite à Strasbourg pour rencontrer, à l’issue de la cérémonie, les responsables des groupes politiques du Parlement européen afin d’évoquer ses priorités pour ce semestre de présidence tournante.

À cinq mois aussi de l’élection présidentielle, le chef de l’État entend faire de cette présidence française un moment de promotion de l’Europe et d’accélération des décisions des 27 sur plusieurs sujets, comme la politique migratoire, la taxation carbone aux frontières européennes ou encore l’instauration d’un salaire minimum dans toute l’UE alors que six pays n’en disposent pas. Citant les ultimes volontés de VGE pour l’Europe, son « cri du cœur : « nous vous demandons de réussir » », Emmanuel Macron a enchaîné : « Nous n’avons pas le choix et nous y sommes prêts. » Une messe, ouverte au public, en mémoire de Valéry Giscard d’Estaing doit avoir lieu en la cathédrale de Strasbourg à 15 heures.

Par Le Point avec AFP

Congo-Evocation : Pierre Moussa témoigne la grandeur d’Ambroise Edouard Noumazalaye

novembre 17, 2021

 A l’occasion du 14e anniversaire de la disparition de l’ancien secrétaire général du Parti congolais du Traval (PCT), Ambroise Edouard Noumazalaye, le 17 novembre 2007, le nouveau secrétaire général, Pierre Mousssa, après avoir déposé une gerbe de fleurs sur la tombe de l’illustre disparu, a reconnu qu’il fut un dirigeant émérite.

Ambroise Edouard Noumazalaye

Décédé le 17 novembre 2007 à Paris, en France, à l’âge de 74 ans, Ambroise Edouard Noumazalaye a totalisé, le 17 novembre 2021, quatorze ans dans l’au-delà. Le PCT qu’il a servi toute sa vie lui a rendu, comme d’habitude, un hommage mérité en reconnaissance de son militantisme engagé. S’adressant à la presse à cet effet, le secrétaire général du PCT a reconnu en cet homme les qualités d’un dirigeant politique de haute facture.

« Ambroise Edouard Noumazalaye, que nous honorons la mémoire aujourd’hui, était un colosse, une référence, une éminence grise pour notre parti, le PCT. C’est pour cela que chaque militant et sympathisant venait toujours se ressourcer auprès de sa sagesse pour suivre ses conseils. Il fut un très grand dirigeant du Parti congolais du travail. C’est donc à bon droit que nous venons nous recueillir ici sous sa tombe », a indiqué Pierre Moussa.

Tout au long de sa carrière politique, a renchéri le secrétaire général du PCT, l’illustre disparu fut un militant de conviction et engagé qui prévalait la contradiction des idées en faveur du consensus d’idées et d’opinions.

« Durant toute sa carrière politique, Ambroise Edouard Noumazalaye était un homme engagé. Membre de la fédération des étudiants d’Afrique noire en France, lorsqu’il est rentré au pays, il a vite intégré la lutte congolaise pour l’émancipation de notre peuple. De là, il a gravi des échelons dans l’Etat et au sein du PCT pour lequel il a contribué énormément à son évolution », a martelé Pierre Moussa.

Ambroise Edouard Noumazalaye, qui fait partie des fondateurs du PCT aux côtés de Marien Ngouabi, fut aussi président du Sénat de 2002 à 2007.

Avec Adiac-Congo par Firmin Oyé

France: L’émouvant hommage d’Éragny à Samuel Paty

octobre 16, 2021

Une cérémonie solennelle s’est tenue ce samedi dans la ville où habitait l’enseignant assassiné par un terroriste pour avoir montré des dessins de « Charlie Hebdo ».

La presidente d'Ile-de-France Valerie Pecresse mene la marche blanche a Eragny en hommage a Samuel Paty.
La présidente d’Île-de-France Valérie Pécresse mène la marche blanche à Éragny en hommage à Samuel Paty.© BERTRAND GUAY / AFP

« La liberté commence où l’ignorance finit », peut-on lire sur le gymnase municipal d’Éragny-sur-Oise qui accueillait ce samedi une cérémonie en l’hommage de Samuel Paty, l’enseignant décapité l’an dernier par un jeune terroriste islamiste tchétchène. Le rassemblement particulièrement émouvant s’est tenu en présence du fils du professeur martyr et de son ex-compagne, mais en l’absence de ses parents.

Samuel Paty rentrait chez lui à Éragny quand il a croisé le chemin de l’assassin. Le tueur avait été aidé – involontairement certes – par quelques élèves qui lui avaient désigné le prof d’histoire-géo comme étant celui mis en cause par des musulmans radicaux pour avoir montré à ses élèves les caricatures du prophète Mahomet parues dans Charlie Hebdo. C’est en raison de l’implication de tant de jeunes dans cette tragédie que le maire Thibaut Humbert a tenu à associer la jeunesse à cet hommage. « En direction de la jeunesse, nous avons sollicité leurs représentants dans la Ville afin qu’ils ouvrent la cérémonie ». Des adolescents ont débuté cette matinée en lisant leurs travaux sur la liberté d’expression. Quelques minutes auparavant, le maire remettait la médaille de la Ville à un Éragnien rescapé de l’attentat du Bataclan. Blessé, il a perdu deux de ses amis. Il vit à 500 mètres du lieu de l’assassinat de Samuel Paty.

Parmi les invités, des représentants du culte musulman ont tenu à montrer leur solidarité avec la famille des victimes et la Nation entière : « On est présents. C’est une évidence », affirme le Conseil régional du culte musulman. Dans la foule, trois femmes voilées font l’objet de sollicitations médiatiques. « Ceux qui commettent les attentats ne sont pas de vrais musulmans, répète en boucle une jeune femme. On nous regarde bizarrement. À l’entrée, j’ai hésité puis les gens à l’accueil m’ont invitée à entrer. »

Les Éragniens tenaient à rendre hommage à Samuel Paty, car l’an dernier la recrudescence de la pandémie de Covid les avait empêchés de descendre dans la rue. Les élus du département se sont tous déplacés, maires, sénateurs, députés ainsi que Valérie Pécresse, présidente du conseil régional. La candidate à la présidentielle a préconisé l’union derrière les enseignants menacés ou intimidés : « L’ensemble des enseignants doit savoir que nous sommes derrière eux », a-t-elle affirmé.

« Une cérémonie émouvante qui nous rappelle que le combat contre le terrorisme islamiste doit être mené dans l’unité nationale », explique Naïma Moutchou, la députée LREM du Val d’Oise. L’ancien ministre de la Défense, Alain Richard, aujourd’hui sénateur, s’est lui voulu optimiste : « La France est une Nation robuste. Elle a une grande capacité de résistance. » Un anonyme tenant une fleur à la main confie : « À chaque fois, en regardant la télé, on se dit que c’est la dernière fois. Puis le terrorisme vient en bas de chez vous. Vous passez à la télé. En espérant que c’est la dernière fois que des gens meurent. Là, c’est un professeur de collège. Après, une policière à Rambouillet. Nous sommes traumatisés. Il faut que ça s’arrête. »

Avec Le Point par Aziz Zemouri à Eragny (Val d’Oise)

Le Portugal rend un dernier hommage à l’ancien président Jorge Sampaio

septembre 12, 2021

Le Portugal a rendu dimanche un dernier hommage à l’ancien président socialiste Jorge Sampaio décédé vendredi à 81 ans, salué comme l’un des hommes politiques ayant marqué l’histoire démocratique du pays, avant d’être inhumé dans un cimetière de la capitale.

Les funérailles de l'ancien président socialiste portugais Jorge Sampaio, le 12 septembre 2021 à Lisbonne

© PATRICIA DE MELO MOREIRA Les funérailles de l’ancien président socialiste portugais Jorge Sampaio, le 12 septembre 2021 à Lisbonne

Les funérailles de l'ancien président socialiste portugais Jorge Sampaio au monastère des Hiéronymites, le 12 septembre 2021 à Lisbonne

© PATRICIA DE MELO MOREIRA Les funérailles de l’ancien président socialiste portugais Jorge Sampaio au monastère des Hiéronymites, le 12 septembre 2021 à Lisbonne

Jorge Sampaio « a contribué de manière importante à la dignité de notre démocratie et au prestige du Portugal », a souligné le Premier ministre socialiste Antonio Costa lors d’une cérémonie solennelle.

De son côté, l’actuel président de la République, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, a loué la carrière d’un homme qui a aimé le Portugal sans « chercher à devenir un héros ».

Secrétaire général du Parti socialiste, maire de Lisbonne puis chef de l’État entre 1996 et 2006, Jorge Sampaio a marqué la vie politique portugaise dans la période qui a suivi l’avènement de la démocratie en 1974.

Plusieurs personnalités internationales, dont le roi d’Espagne Felipe VI et le secrétaire général de l’Onu, le Portugais Antonio Guterres, ont participé à ce dernier hommage organisée au monastère des Hiéronymites à Lisbonne.

A l’issue de cette cérémonie, le cercueil de l’ancien président, recouvert du drapeau national rouge et vert, a été applaudi dans les rues de la capitale par de nombreux Lisboètes.

L’ancien président a ensuite inhumé dans le cimetière Alto Sao Joao, sur les hauteurs de Lisbonne.

Avec AFP par lf/mr 

France: « Magnifique » hommage de la France à Bébel, son « As des as »

septembre 9, 2021

"Magnifique" hommage de la France a Bebel, son "As des as"
« Magnifique » hommage de la France à Bébel, son « As des as »© AFP/Ludovic MARIN

« Adieu Bébel »: après l’hommage national rendu aux Invalides à Jean-Paul Belmondo, place à son public, venu parfois de loin, pour saluer l’acteur de légende qui a traversé « six décennies de vie française », selon les mots du président Macron.

Les portes des Invalides doivent s’ouvrir à partir de 19H30 à ceux qui souhaitent se recueillir devant le cercueil. Un dispositif exceptionnel qui avait déjà été mis en oeuvre après le décès de Jacques Chirac en 2019, permettant à des milliers de personnes de dire adieu à l’ancien Président.

Cet honneur fait suite à une cérémonie un peu plus solennelle, mais forte en émotion, avec personnalités du 7e art, membres du gouvernement et la famille de l’artiste.

Marseillaise jouée par la garde Républicaine, revue des troupes par Emmanuel Macron et fans émus étaient au rendez-vous pour saluer l’acteur de « Pierrot le fou ».

« Il n’a cessé de chercher le bonheur mais aussi de le donner »: tels furent les mots de Victor Belmondo, petit-fils de l’acteur, comédien lui aussi, qui a pris la parole, accompagné des autres petits-enfants de l’acteur et de sa petite dernière, Stella.

« Nous aimons Belmondo parce qu’il nous ressemblait », a salué le président Macron dans son éloge funèbre. « Flic, voyou, toujours magnifique », a-t-il poursuivi, en clin d’oeil à sa filmographie, avant de conclure « Adieu Bébel ».

Dans la cour des Invalides, près de 1.000 personnes du public ont pu assister à l’hommage, munies de leur pass sanitaire. « On t’aime Bébel », a crié a plusieurs reprises Denis Vandevyvere, 52 ans, fonctionnaire venu dès le matin de Belgique.

Grand admirateur de l’acteur, il a accumulé depuis ses 12 ans 2.500 pièces (posters, cassettes, DVD), à l’effigie de l’acteur. « C’était un grand Monsieur ».

« Il est immortel »

Pour ceux qui ne pouvaient pas entrer, des écrans géants étaient installés sur l’esplanade où la foule s’était massée. « C’était un bel hommage. Les mots étaient justes, bien choisis. C’est une page qui se tourne en espérant que celle à venir soit meilleure », a déclaré Bernadette Vincent, 64 ans, fonctionnaire à la retraite, la voix étranglée par l’émotion.

Le cercueil de l’acteur est ensuite sorti au son de « Chi Mai », musique d’Ennio Morricone dans « Le Professionnel », jouée par l’orchestre de la Garde républicaine.

Cette cérémonie avait réuni de nombreuses stars, telles Patrick Bruel, Gilles Lellouche, le couple Guillaume Canet et Marion Cotillard, le DJ Bob Sinclar, Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, ou encore Cyril Hanouna.

« Il est unique, personne ne remplacera Jean-Paul Belmondo. Comme acteur, on a tous Jean-Paul Belmondo en nous », a déclaré à la presse Jean Dujardin, peut-être un des héritiers à l’écran de Belmondo.

« Saint-Augustin disait, les morts sont des invisibles, pas des absents. Pour moi Jean-Paul, il n’est pas absent. Jean-Paul c’est comme Johnny il est là. Il n’aurait pas voulu qu’on fasse la gueule. Il est immortel, Jean-Paul, il partira jamais », a soufflé Michel Drucker, au micro de BFMTV.

« Belmondo transpirait boxe, (…) il aimait les boxeurs », a glissé de son côté Brahim Asloum, champion du noble art. Le monde sportif était aussi représenté par Luis Fernandez, ancien joueur et entraîneur du PSG.

Vendredi matin, les obsèques de Jean-Paul Belmondo se dérouleront en l’église Saint-Germain-des-Prés, dans le centre de Paris, dans l’intimité de la famille.

Figure de proue de la Nouvelle Vague (« A bout de souffle », « Pierrot le fou »), avant de devenir champion du box-office dans des comédies et des films d’action (comme « Le Marginal »), il a enchanté des générations de Français au fil de quelque 80 films, cinéphiles pointus ou amateurs de cascades spectaculaires.

L’acteur avait disparu du grand écran depuis près de 15 ans, après un AVC aux lourdes séquelles. Mais il était toujours aussi populaire.

Avec Le Point par bur-adm-ram-pgr/may/fmp/cbn

Congo-Diaspora: Hommage à l’illustre officier parachutiste Philippe Bikinkita. Par Vital Kolelas-Kouka

août 24, 2021

Une nouvelle venant de la ville de Liverpool nous est tombée dans nos oreilles, comme une pluie de glace, en plein été, dévastant nos corps déjà meurtris.

Philippe Bikinkita nous a quitté dans la première heure du samedi 21 août 2021 dans cette ville anglaise du Royaume- Uni. Une ville qui porte le suffixe Pool, en référence à sa région natale du pool. Il est décédé sans avoir remis ses pieds sur la terre du Congo qui l’a vue naître, car condamné par contumace et à rester en exil suite à la guerre du 5 juin 1997. Aussi sans avoir revu la rivière “Mboté” qui arrose, sans pause, de bonnes doses de son eau vitale, ce chapelet de villages qui peuplent  la contrée de Mayongongo sur le chemin de fer Congo-océan, dont Kari- kari son village natal est l’un des centres d’attraction.

Deux ans avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale, plus précisément en 1943, naquit  Philippe Bikinkita, de MBemba MBoua et de Mpamissa Moutombo. Très tôt, il rejoint Bernard Bakana Kolélas, son aîné,  et ce dernier va l’amener partout où il va exercer son activité professionnelle principalement dans le district de Boko et à Brazzaville.

Après  qu’il ait  décroché brillamment son baccalauréat  en 1963, il suit les cours de droit, de 1963 à 1965  à la FESAC ( Fondation d’Enseignement  supérieur en Afrique centrale), qui deviendra l’Université de Brazzaville. Il dispense parallèlement des cours d’anglais  dans les collèges de la capitale, c’est dans ce contexte qu’il va rencontrer celle qui deviendra son épouse. Dans la même période, il prend part à une formation pré-militaire organisée au Congo. C’est donc à juste titre qu’il bénéficiera  en 1965  d’une bourse d’études supérieures en France pour faire une carrière militaire. C’est la ville de Poitiers qui aura ce privilège de l’accueillir de 1965 à 1967, pour les prépas littéraires  d’entrée dans les Grandes écoles françaises.  

Élève consciencieux et studieux, mais aussi très appliqué, discipliné et ordonné,  Il est donc admis, en 1967,  au concours d’entrée à la prestigieuse école Saint Cyr Coëtquidan.

En 1969, il est diplômé de Saint Cyr, promotion Lieutnant-Colonel Brunet de Sairigné ( 1967-1969).  Il est de la même promotion que Jean-Louis Georgelin, ancien chef d’état major des armées françaises , actuellement  retraité et en charge de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris.  De 1969  à 1970, il entreprend une formation  à l’Ecole d’application d’infanterie de Montpellier suivie de celle d’instructeur parachutiste à  l’école des troupes aéroportées (  ETAP) de Pau. Il est aussi instructeur commando  diplômé du Centre national d’entrainement commando ( CNED) de Mont-Louis.

La soif d’’apprendre qui l’habite pousse  Philippe Bikinkita à engranger des diplômes civils. C’est ainsi qu’il est détenteur d’un diplôme d’interprète militaire anglais-espagnol-français,  de deux  licences  en droit et en anglais, d’une licence, d’une maîtrise et d’un DES en histoire.

Philippe Bikinkita a eu une riche carrière professionnelle. Aussitôt de retour dans son pays natal, il est affecté à Pointe-Noire. Il y sera commandant de cette zone militaire avant d’être appelé à Brazzaville, en 1977, pour occuper les fonctions de Directeur Général de la Sécurité Publique. Ensuite radié des effectifs de l’armée congolaise et emprisonné pour des faits dont il ne sera même pas jugé, il sera libéré 4 ans après. A la faveur de la Conférence Nationale Souveraine qui prend place en 1991 au Congo, il sera par la suite réhabilité.

Au plan politique, après un passage au RDD, parti politique de Jacques Joachim Yhombi, il va intégrer le Mcddi de Bernard Bakana Kolélas où il  va animer le Cabinet politique de ce dernier. Il sera Ministre d’État , Ministre de l’Intérieur sous le Président Pascal Lissouba. La guerre du 5 juin 1997 va donc le pousser en exil . il va vivre dans un premier temps à Abidjan en Côte D’Ivoire et ensuite ira s’installer au Royaume-Uni plus précisément dans la ville de Liverpool.

Philippe Bikinkita , mon oncle paternel et mon grand frère , avec cette double casquette, il était les deux pour moi.

En effet, il m’a confié un jour qu’il se considérait comme le premier enfant de son frère Bernard Bakana Kolélas. Il m’a expliqué qu’il a vu arriver “Ya Jacqueline” ma chère maman dans le foyer conjugal à Mantaba dans le District de Boko –Région du Pool. Et donc le jeune couple l’avait comme seul garçon dans leur ménage.  

“ Ya Jacqueline”, c’est ainsi qu’il appelait affectueusement  l’épouse de Bernard Bakana Kolélas.

Philippe Bikinkita m’a vu naître dans ce village de Mantaba où mon père Bernard Bakana  Kolélas exerçait les fonctions d’infirmier chef du dispensaire de la localité. Et depuis nous avions grandi ensemble, ainsi je puis me considérer à juste titre comme un témoin privilégié de sa vie de jeunesse dans les quartiers Moungali et Bacongo. Il était amoureux du ballon rond et du jeu de dames. Je l’ai vu taper au mwana foot sur les terrains poussiéreux  du stade “yougos” qui se situaient là où l’on construit actuellement le deuxième module du Marché Total de Bacongo débaptisé Bernard Kolélas. Il y’avait quatre ou cinq terrains de mwana foot juxtaposés et qui furent un réservoir de talents qui ont fait le bonheur du football congolais, donnant naissance à de vieilles gloires. Je citerai : Germain Dzabana  Jadot, Léopold Foundoux  Moulélé, Mananga  l’enfant de l’homme, MBemba  Thorex, Batiaka  Mayo, Filankébo Lipopo, Bitambiki Ben, Wamba la Josée, Bihani sivori dit muana 15 ans, la liste est longue…

Philippe Bikinkita faisait partie  effectivement  du petit monde de  ces talents qui nous émerveillaient chaque dimanche matin au stade  “Yougos”. Il  jouait dans Réal Santos qui était l’équipe de notre quartier qui englobait  le centre sportif de Makélékélé , l’école des filles et le Bar Tahiti de Bacongo. Il était aussi amoureux du jeu de dames dont les compétitions se déroulaient sur la place mythique qui était localisée sur l’avenue Matsoua, non loin du marché Total de Bacongo. Mon instituteur du CE2 de l’école laïque de Bacongo actuellement Nkéoua Joseph y prenait aussi  part. 

Je me souviens que chaque fois que Philippe Bikinkita  battait  mon instituteur au jeu de dames, le soir à la maison j’étais couvert  de railleries de sa part, il aimait me taquiner.

Philippe Bikinkita fut une exception humaine, très doué à l’école , il fut aussi un artiste au football, au jeu de dames et à la musique car il était un virtuose à la flûte, à la trompette.

Je lui ai rendu visite, avec mon épouse,  il y’a quelques jours dans sa ville de Liverpool ayant  appris la nouvelle qu’il était souffrant. Nous nous sommes empressés de sauter sur  le premier train à la gare de Birmingham, notre ville de résidence, et pendant 1h 54 qu’avait duré ce voyage, alors que je contemplais le beau paysage qui défilait devant mes yeux, se disputaient dans mon esprit au même moment des nombreux souvenirs de vie commune avec mes parents qui ont quitté cette terre des hommes, des images indélébiles. 

Je priais du fond de mon cœur afin que leurs âmes qui se reposent en paix apportent  la guérison et intercèdent aussi pour les malades dont Philippe Bikinkita.

Mon frère Axel Bikinkita était venu nous prendre à la gare de Liverpool et nous conduisit directement au domicile  à bord de sa voiture. Aussitôt arrivés  dans la maison, maman Eugénie , son épouse  nous invita à monter dans la chambre pour voir Philippe Bikinkita. Ainsi je pénétrais dans cette chambre dont la modestie reflétait la nature intérieure moulée d’intégrité et de spiritualité de l’homme.  Une atmosphère de sérénité absolue régnait dans la pièce, lui  était couché sur son lit approprié du malade qui faisait face au lit ordinaire du couple. Je m’approchais et je prenais sa main, la serrais contre la mienne en lui disant “Bonjour Tata et tiens bon” et je m’asseyais juste en face, sur l’autre lit. Un coup d’oeil aux alentours me faisait découvrir deux grosses photos encadrées de son beau père “ feu Pépé Badila” et  de son deuxième fils feu Frank Bikinkita planquées sur les murs. Pour rappel, Frank Bikinkita était le deuxième enfant de Philippe Bikinkita et de maman Eugénie, très brilliant élève, il était titulaire d’une licence en mathématiques appliqués de l’Université Marien NGouabi de Brazzaville et d’un diplôme d’ingénieur en Informatique de l’école de Rouen en France. Il s’était installé depuis de longues années dans la ville de Montréal au Canada d’où il était tombé malade. Il était décédé le 17 novembre 2015 dans la ville de Draveil, à l’âge de 47 ans, et, inhumé en France la même année.  

Comme les bonnes infirmières étaient entrées dans la chambre pour leurs consultations du jour, nous étions descendus au salon pour leur laisser le temps de travailler.

Après leur départ, nous sommes remontés dans la chambre. Cette fois-ci, il avait fait l’effort de s’asseoir sur son fauteuil accolé au mur et placé entre les deux lits. D’évidence, cette position lui était plus confortable. Nous avions discuté en dépit du mal qui le rongeait, faisant le tour de quelques faits ayant marqué sa vie de  jeunesse que lui et moi avions vécus ensemble. Un passage en revue de ses  matchs au mwana foot sur les terrains du stade “Yougos”de Bacongo, et de son ami Germain Dzabana Jadot qui nous rendait souvent visite à la maison sur son vélo moteur ”solex”, ses parties au jeu de dames sur la place mythique de l’avenue Matsoua à Bacongo, c’était émouvant !

Je quittais cette pièce en lui disant au revoir avec un sentiment mitigé: d’une part la tristesse d’avoir échangé, peut- être, avec lui pour la dernière fois et d’autre part l’espoir de me convaincre que le Dieu vivant fera ses miracles de guérison sur lui.

Adieu Tata. Paix à ton âme, que la terre te soit légère !

Requiescat in domus aurea ancestrae ! Repose dans la maison d’or des ancêtres

Vital Kolélas-kouka, ton cher neveu qui ne t’oubliera jamais.

In Congo-liberty.com by Vital Kolélas-kouka

RDC : face au rebond du Covid, Tshisekedi reporte l’hommage à Lumumba

juin 12, 2021
Félix Tshisekedi devant un portrait de Patrice Lumumba, figure de l’indépendance, assassiné dans l’ex-Katanga en janvier 1961.

La RDC va reporter à janvier 2022 une série d’hommages à son « héros national » Patrice Lumumba, initialement prévus en juin, en raison d’une hausse « exponentielle » des cas de Covid-19, a annoncé samedi le président Félix Tshisekedi.

« Il faut privilégier la santé de nos compatriotes. Et donc malheureusement je suis au regret d’annoncer le report de cette cérémonie », a déclaré le chef de l’État lors d’un point presse. La cérémonie est « reportée au 17 janvier de l’année prochaine », 61e anniversaire de la mort du héros de l’indépendance Patrice Lumumba, exécuté avec deux frères d’armes par des séparatistes du Katanga, avec l’appui de mercenaires de l’ancienne puissance coloniale belge. « Il y aura la même chose, des hommages en Belgique », a poursuivi le président.

Inhumation de la relique

Selon le programme initial, la Belgique devait restituer le 21 juin au président congolais une « relique » de Patrice Lumumba lors d’une cérémonie à Bruxelles, présidée par le Premier ministre Alexander De Croo.

Dans le détail, la RDC doit récupérer auprès de la justice belge une dent qui aurait été prélevée sur le corps de Patrice Lumumba par un commissaire de police belge, qui prétend avoir contribué à faire disparaître le corps. Des hommages étaient ensuite prévus au Sankuru, la région natale de Lumumba dans le centre du pays, puis à Kisangani, avant l’inhumation de la relique à Kinshasa.

« Le nouveau programme de la récupération, du rapatriement et de l’inhumation de la dépouille aura lieu du 8 au 17 janvier de l’année prochaine », a déclaré le président.

Multiplier les variétés de vaccins

Le chef de l’État a annoncé « dans les jours qui viennent des mesures assez draconiennes pour faire face à cette recrudescence (des cas de Covid-19) qui a la particularité d’être plus virulente que les deux premières vagues ». « Les cas de contamination sont en augmentation exponentielle, dangereusement exponentielle, et les cas de décès également », a déclaré le président, ajoutant que « nos hôpitaux sont saturés.

La RDC a enregistré 254 nouveaux dont 210 dans la capitale Kinshasa, et trois décès, selon le dernier point épidémiologique en date de vendredi. Depuis mars 2020, le pays d’au moins 80 millions d’habitants a officiellement cumulé 34 949 cas, pour 834 décès.

La RDC a lancé le 21 avril une campagne de vaccination après avoir reçu 1,7 million de doses d’AstraZeneca. « AstraZeneca a posé des problèmes et continue à en poser, à la fois d’effets secondaires mais également de confiance », a estimé le chef de l’État. « Il serait mieux que nous multiplions les variétés de vaccins et nous avons très bon espoir d’en avoir de Pfizer, des Chinois et des Russes », a-t-il dit. « J’espère que d’ici la fin de l’année non seulement la RDC mais aussi toute l’Afrique sera vaccinée à 60% de sa population ».

Par Jeune Afrique avec AFP