Archive for the ‘Hommage’ Category

France: L’émouvant hommage d’Éragny à Samuel Paty

octobre 16, 2021

Une cérémonie solennelle s’est tenue ce samedi dans la ville où habitait l’enseignant assassiné par un terroriste pour avoir montré des dessins de « Charlie Hebdo ».

La presidente d'Ile-de-France Valerie Pecresse mene la marche blanche a Eragny en hommage a Samuel Paty.
La présidente d’Île-de-France Valérie Pécresse mène la marche blanche à Éragny en hommage à Samuel Paty.© BERTRAND GUAY / AFP

« La liberté commence où l’ignorance finit », peut-on lire sur le gymnase municipal d’Éragny-sur-Oise qui accueillait ce samedi une cérémonie en l’hommage de Samuel Paty, l’enseignant décapité l’an dernier par un jeune terroriste islamiste tchétchène. Le rassemblement particulièrement émouvant s’est tenu en présence du fils du professeur martyr et de son ex-compagne, mais en l’absence de ses parents.

Samuel Paty rentrait chez lui à Éragny quand il a croisé le chemin de l’assassin. Le tueur avait été aidé – involontairement certes – par quelques élèves qui lui avaient désigné le prof d’histoire-géo comme étant celui mis en cause par des musulmans radicaux pour avoir montré à ses élèves les caricatures du prophète Mahomet parues dans Charlie Hebdo. C’est en raison de l’implication de tant de jeunes dans cette tragédie que le maire Thibaut Humbert a tenu à associer la jeunesse à cet hommage. « En direction de la jeunesse, nous avons sollicité leurs représentants dans la Ville afin qu’ils ouvrent la cérémonie ». Des adolescents ont débuté cette matinée en lisant leurs travaux sur la liberté d’expression. Quelques minutes auparavant, le maire remettait la médaille de la Ville à un Éragnien rescapé de l’attentat du Bataclan. Blessé, il a perdu deux de ses amis. Il vit à 500 mètres du lieu de l’assassinat de Samuel Paty.

Parmi les invités, des représentants du culte musulman ont tenu à montrer leur solidarité avec la famille des victimes et la Nation entière : « On est présents. C’est une évidence », affirme le Conseil régional du culte musulman. Dans la foule, trois femmes voilées font l’objet de sollicitations médiatiques. « Ceux qui commettent les attentats ne sont pas de vrais musulmans, répète en boucle une jeune femme. On nous regarde bizarrement. À l’entrée, j’ai hésité puis les gens à l’accueil m’ont invitée à entrer. »

Les Éragniens tenaient à rendre hommage à Samuel Paty, car l’an dernier la recrudescence de la pandémie de Covid les avait empêchés de descendre dans la rue. Les élus du département se sont tous déplacés, maires, sénateurs, députés ainsi que Valérie Pécresse, présidente du conseil régional. La candidate à la présidentielle a préconisé l’union derrière les enseignants menacés ou intimidés : « L’ensemble des enseignants doit savoir que nous sommes derrière eux », a-t-elle affirmé.

« Une cérémonie émouvante qui nous rappelle que le combat contre le terrorisme islamiste doit être mené dans l’unité nationale », explique Naïma Moutchou, la députée LREM du Val d’Oise. L’ancien ministre de la Défense, Alain Richard, aujourd’hui sénateur, s’est lui voulu optimiste : « La France est une Nation robuste. Elle a une grande capacité de résistance. » Un anonyme tenant une fleur à la main confie : « À chaque fois, en regardant la télé, on se dit que c’est la dernière fois. Puis le terrorisme vient en bas de chez vous. Vous passez à la télé. En espérant que c’est la dernière fois que des gens meurent. Là, c’est un professeur de collège. Après, une policière à Rambouillet. Nous sommes traumatisés. Il faut que ça s’arrête. »

Avec Le Point par Aziz Zemouri à Eragny (Val d’Oise)

Le Portugal rend un dernier hommage à l’ancien président Jorge Sampaio

septembre 12, 2021

Le Portugal a rendu dimanche un dernier hommage à l’ancien président socialiste Jorge Sampaio décédé vendredi à 81 ans, salué comme l’un des hommes politiques ayant marqué l’histoire démocratique du pays, avant d’être inhumé dans un cimetière de la capitale.

Les funérailles de l'ancien président socialiste portugais Jorge Sampaio, le 12 septembre 2021 à Lisbonne

© PATRICIA DE MELO MOREIRA Les funérailles de l’ancien président socialiste portugais Jorge Sampaio, le 12 septembre 2021 à Lisbonne

Les funérailles de l'ancien président socialiste portugais Jorge Sampaio au monastère des Hiéronymites, le 12 septembre 2021 à Lisbonne

© PATRICIA DE MELO MOREIRA Les funérailles de l’ancien président socialiste portugais Jorge Sampaio au monastère des Hiéronymites, le 12 septembre 2021 à Lisbonne

Jorge Sampaio « a contribué de manière importante à la dignité de notre démocratie et au prestige du Portugal », a souligné le Premier ministre socialiste Antonio Costa lors d’une cérémonie solennelle.

De son côté, l’actuel président de la République, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, a loué la carrière d’un homme qui a aimé le Portugal sans « chercher à devenir un héros ».

Secrétaire général du Parti socialiste, maire de Lisbonne puis chef de l’État entre 1996 et 2006, Jorge Sampaio a marqué la vie politique portugaise dans la période qui a suivi l’avènement de la démocratie en 1974.

Plusieurs personnalités internationales, dont le roi d’Espagne Felipe VI et le secrétaire général de l’Onu, le Portugais Antonio Guterres, ont participé à ce dernier hommage organisée au monastère des Hiéronymites à Lisbonne.

A l’issue de cette cérémonie, le cercueil de l’ancien président, recouvert du drapeau national rouge et vert, a été applaudi dans les rues de la capitale par de nombreux Lisboètes.

L’ancien président a ensuite inhumé dans le cimetière Alto Sao Joao, sur les hauteurs de Lisbonne.

Avec AFP par lf/mr 

France: « Magnifique » hommage de la France à Bébel, son « As des as »

septembre 9, 2021

"Magnifique" hommage de la France a Bebel, son "As des as"
« Magnifique » hommage de la France à Bébel, son « As des as »© AFP/Ludovic MARIN

« Adieu Bébel »: après l’hommage national rendu aux Invalides à Jean-Paul Belmondo, place à son public, venu parfois de loin, pour saluer l’acteur de légende qui a traversé « six décennies de vie française », selon les mots du président Macron.

Les portes des Invalides doivent s’ouvrir à partir de 19H30 à ceux qui souhaitent se recueillir devant le cercueil. Un dispositif exceptionnel qui avait déjà été mis en oeuvre après le décès de Jacques Chirac en 2019, permettant à des milliers de personnes de dire adieu à l’ancien Président.

Cet honneur fait suite à une cérémonie un peu plus solennelle, mais forte en émotion, avec personnalités du 7e art, membres du gouvernement et la famille de l’artiste.

Marseillaise jouée par la garde Républicaine, revue des troupes par Emmanuel Macron et fans émus étaient au rendez-vous pour saluer l’acteur de « Pierrot le fou ».

« Il n’a cessé de chercher le bonheur mais aussi de le donner »: tels furent les mots de Victor Belmondo, petit-fils de l’acteur, comédien lui aussi, qui a pris la parole, accompagné des autres petits-enfants de l’acteur et de sa petite dernière, Stella.

« Nous aimons Belmondo parce qu’il nous ressemblait », a salué le président Macron dans son éloge funèbre. « Flic, voyou, toujours magnifique », a-t-il poursuivi, en clin d’oeil à sa filmographie, avant de conclure « Adieu Bébel ».

Dans la cour des Invalides, près de 1.000 personnes du public ont pu assister à l’hommage, munies de leur pass sanitaire. « On t’aime Bébel », a crié a plusieurs reprises Denis Vandevyvere, 52 ans, fonctionnaire venu dès le matin de Belgique.

Grand admirateur de l’acteur, il a accumulé depuis ses 12 ans 2.500 pièces (posters, cassettes, DVD), à l’effigie de l’acteur. « C’était un grand Monsieur ».

« Il est immortel »

Pour ceux qui ne pouvaient pas entrer, des écrans géants étaient installés sur l’esplanade où la foule s’était massée. « C’était un bel hommage. Les mots étaient justes, bien choisis. C’est une page qui se tourne en espérant que celle à venir soit meilleure », a déclaré Bernadette Vincent, 64 ans, fonctionnaire à la retraite, la voix étranglée par l’émotion.

Le cercueil de l’acteur est ensuite sorti au son de « Chi Mai », musique d’Ennio Morricone dans « Le Professionnel », jouée par l’orchestre de la Garde républicaine.

Cette cérémonie avait réuni de nombreuses stars, telles Patrick Bruel, Gilles Lellouche, le couple Guillaume Canet et Marion Cotillard, le DJ Bob Sinclar, Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, ou encore Cyril Hanouna.

« Il est unique, personne ne remplacera Jean-Paul Belmondo. Comme acteur, on a tous Jean-Paul Belmondo en nous », a déclaré à la presse Jean Dujardin, peut-être un des héritiers à l’écran de Belmondo.

« Saint-Augustin disait, les morts sont des invisibles, pas des absents. Pour moi Jean-Paul, il n’est pas absent. Jean-Paul c’est comme Johnny il est là. Il n’aurait pas voulu qu’on fasse la gueule. Il est immortel, Jean-Paul, il partira jamais », a soufflé Michel Drucker, au micro de BFMTV.

« Belmondo transpirait boxe, (…) il aimait les boxeurs », a glissé de son côté Brahim Asloum, champion du noble art. Le monde sportif était aussi représenté par Luis Fernandez, ancien joueur et entraîneur du PSG.

Vendredi matin, les obsèques de Jean-Paul Belmondo se dérouleront en l’église Saint-Germain-des-Prés, dans le centre de Paris, dans l’intimité de la famille.

Figure de proue de la Nouvelle Vague (« A bout de souffle », « Pierrot le fou »), avant de devenir champion du box-office dans des comédies et des films d’action (comme « Le Marginal »), il a enchanté des générations de Français au fil de quelque 80 films, cinéphiles pointus ou amateurs de cascades spectaculaires.

L’acteur avait disparu du grand écran depuis près de 15 ans, après un AVC aux lourdes séquelles. Mais il était toujours aussi populaire.

Avec Le Point par bur-adm-ram-pgr/may/fmp/cbn

Congo-Diaspora: Hommage à l’illustre officier parachutiste Philippe Bikinkita. Par Vital Kolelas-Kouka

août 24, 2021

Une nouvelle venant de la ville de Liverpool nous est tombée dans nos oreilles, comme une pluie de glace, en plein été, dévastant nos corps déjà meurtris.

Philippe Bikinkita nous a quitté dans la première heure du samedi 21 août 2021 dans cette ville anglaise du Royaume- Uni. Une ville qui porte le suffixe Pool, en référence à sa région natale du pool. Il est décédé sans avoir remis ses pieds sur la terre du Congo qui l’a vue naître, car condamné par contumace et à rester en exil suite à la guerre du 5 juin 1997. Aussi sans avoir revu la rivière “Mboté” qui arrose, sans pause, de bonnes doses de son eau vitale, ce chapelet de villages qui peuplent  la contrée de Mayongongo sur le chemin de fer Congo-océan, dont Kari- kari son village natal est l’un des centres d’attraction.

Deux ans avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale, plus précisément en 1943, naquit  Philippe Bikinkita, de MBemba MBoua et de Mpamissa Moutombo. Très tôt, il rejoint Bernard Bakana Kolélas, son aîné,  et ce dernier va l’amener partout où il va exercer son activité professionnelle principalement dans le district de Boko et à Brazzaville.

Après  qu’il ait  décroché brillamment son baccalauréat  en 1963, il suit les cours de droit, de 1963 à 1965  à la FESAC ( Fondation d’Enseignement  supérieur en Afrique centrale), qui deviendra l’Université de Brazzaville. Il dispense parallèlement des cours d’anglais  dans les collèges de la capitale, c’est dans ce contexte qu’il va rencontrer celle qui deviendra son épouse. Dans la même période, il prend part à une formation pré-militaire organisée au Congo. C’est donc à juste titre qu’il bénéficiera  en 1965  d’une bourse d’études supérieures en France pour faire une carrière militaire. C’est la ville de Poitiers qui aura ce privilège de l’accueillir de 1965 à 1967, pour les prépas littéraires  d’entrée dans les Grandes écoles françaises.  

Élève consciencieux et studieux, mais aussi très appliqué, discipliné et ordonné,  Il est donc admis, en 1967,  au concours d’entrée à la prestigieuse école Saint Cyr Coëtquidan.

En 1969, il est diplômé de Saint Cyr, promotion Lieutnant-Colonel Brunet de Sairigné ( 1967-1969).  Il est de la même promotion que Jean-Louis Georgelin, ancien chef d’état major des armées françaises , actuellement  retraité et en charge de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris.  De 1969  à 1970, il entreprend une formation  à l’Ecole d’application d’infanterie de Montpellier suivie de celle d’instructeur parachutiste à  l’école des troupes aéroportées (  ETAP) de Pau. Il est aussi instructeur commando  diplômé du Centre national d’entrainement commando ( CNED) de Mont-Louis.

La soif d’’apprendre qui l’habite pousse  Philippe Bikinkita à engranger des diplômes civils. C’est ainsi qu’il est détenteur d’un diplôme d’interprète militaire anglais-espagnol-français,  de deux  licences  en droit et en anglais, d’une licence, d’une maîtrise et d’un DES en histoire.

Philippe Bikinkita a eu une riche carrière professionnelle. Aussitôt de retour dans son pays natal, il est affecté à Pointe-Noire. Il y sera commandant de cette zone militaire avant d’être appelé à Brazzaville, en 1977, pour occuper les fonctions de Directeur Général de la Sécurité Publique. Ensuite radié des effectifs de l’armée congolaise et emprisonné pour des faits dont il ne sera même pas jugé, il sera libéré 4 ans après. A la faveur de la Conférence Nationale Souveraine qui prend place en 1991 au Congo, il sera par la suite réhabilité.

Au plan politique, après un passage au RDD, parti politique de Jacques Joachim Yhombi, il va intégrer le Mcddi de Bernard Bakana Kolélas où il  va animer le Cabinet politique de ce dernier. Il sera Ministre d’État , Ministre de l’Intérieur sous le Président Pascal Lissouba. La guerre du 5 juin 1997 va donc le pousser en exil . il va vivre dans un premier temps à Abidjan en Côte D’Ivoire et ensuite ira s’installer au Royaume-Uni plus précisément dans la ville de Liverpool.

Philippe Bikinkita , mon oncle paternel et mon grand frère , avec cette double casquette, il était les deux pour moi.

En effet, il m’a confié un jour qu’il se considérait comme le premier enfant de son frère Bernard Bakana Kolélas. Il m’a expliqué qu’il a vu arriver “Ya Jacqueline” ma chère maman dans le foyer conjugal à Mantaba dans le District de Boko –Région du Pool. Et donc le jeune couple l’avait comme seul garçon dans leur ménage.  

“ Ya Jacqueline”, c’est ainsi qu’il appelait affectueusement  l’épouse de Bernard Bakana Kolélas.

Philippe Bikinkita m’a vu naître dans ce village de Mantaba où mon père Bernard Bakana  Kolélas exerçait les fonctions d’infirmier chef du dispensaire de la localité. Et depuis nous avions grandi ensemble, ainsi je puis me considérer à juste titre comme un témoin privilégié de sa vie de jeunesse dans les quartiers Moungali et Bacongo. Il était amoureux du ballon rond et du jeu de dames. Je l’ai vu taper au mwana foot sur les terrains poussiéreux  du stade “yougos” qui se situaient là où l’on construit actuellement le deuxième module du Marché Total de Bacongo débaptisé Bernard Kolélas. Il y’avait quatre ou cinq terrains de mwana foot juxtaposés et qui furent un réservoir de talents qui ont fait le bonheur du football congolais, donnant naissance à de vieilles gloires. Je citerai : Germain Dzabana  Jadot, Léopold Foundoux  Moulélé, Mananga  l’enfant de l’homme, MBemba  Thorex, Batiaka  Mayo, Filankébo Lipopo, Bitambiki Ben, Wamba la Josée, Bihani sivori dit muana 15 ans, la liste est longue…

Philippe Bikinkita faisait partie  effectivement  du petit monde de  ces talents qui nous émerveillaient chaque dimanche matin au stade  “Yougos”. Il  jouait dans Réal Santos qui était l’équipe de notre quartier qui englobait  le centre sportif de Makélékélé , l’école des filles et le Bar Tahiti de Bacongo. Il était aussi amoureux du jeu de dames dont les compétitions se déroulaient sur la place mythique qui était localisée sur l’avenue Matsoua, non loin du marché Total de Bacongo. Mon instituteur du CE2 de l’école laïque de Bacongo actuellement Nkéoua Joseph y prenait aussi  part. 

Je me souviens que chaque fois que Philippe Bikinkita  battait  mon instituteur au jeu de dames, le soir à la maison j’étais couvert  de railleries de sa part, il aimait me taquiner.

Philippe Bikinkita fut une exception humaine, très doué à l’école , il fut aussi un artiste au football, au jeu de dames et à la musique car il était un virtuose à la flûte, à la trompette.

Je lui ai rendu visite, avec mon épouse,  il y’a quelques jours dans sa ville de Liverpool ayant  appris la nouvelle qu’il était souffrant. Nous nous sommes empressés de sauter sur  le premier train à la gare de Birmingham, notre ville de résidence, et pendant 1h 54 qu’avait duré ce voyage, alors que je contemplais le beau paysage qui défilait devant mes yeux, se disputaient dans mon esprit au même moment des nombreux souvenirs de vie commune avec mes parents qui ont quitté cette terre des hommes, des images indélébiles. 

Je priais du fond de mon cœur afin que leurs âmes qui se reposent en paix apportent  la guérison et intercèdent aussi pour les malades dont Philippe Bikinkita.

Mon frère Axel Bikinkita était venu nous prendre à la gare de Liverpool et nous conduisit directement au domicile  à bord de sa voiture. Aussitôt arrivés  dans la maison, maman Eugénie , son épouse  nous invita à monter dans la chambre pour voir Philippe Bikinkita. Ainsi je pénétrais dans cette chambre dont la modestie reflétait la nature intérieure moulée d’intégrité et de spiritualité de l’homme.  Une atmosphère de sérénité absolue régnait dans la pièce, lui  était couché sur son lit approprié du malade qui faisait face au lit ordinaire du couple. Je m’approchais et je prenais sa main, la serrais contre la mienne en lui disant “Bonjour Tata et tiens bon” et je m’asseyais juste en face, sur l’autre lit. Un coup d’oeil aux alentours me faisait découvrir deux grosses photos encadrées de son beau père “ feu Pépé Badila” et  de son deuxième fils feu Frank Bikinkita planquées sur les murs. Pour rappel, Frank Bikinkita était le deuxième enfant de Philippe Bikinkita et de maman Eugénie, très brilliant élève, il était titulaire d’une licence en mathématiques appliqués de l’Université Marien NGouabi de Brazzaville et d’un diplôme d’ingénieur en Informatique de l’école de Rouen en France. Il s’était installé depuis de longues années dans la ville de Montréal au Canada d’où il était tombé malade. Il était décédé le 17 novembre 2015 dans la ville de Draveil, à l’âge de 47 ans, et, inhumé en France la même année.  

Comme les bonnes infirmières étaient entrées dans la chambre pour leurs consultations du jour, nous étions descendus au salon pour leur laisser le temps de travailler.

Après leur départ, nous sommes remontés dans la chambre. Cette fois-ci, il avait fait l’effort de s’asseoir sur son fauteuil accolé au mur et placé entre les deux lits. D’évidence, cette position lui était plus confortable. Nous avions discuté en dépit du mal qui le rongeait, faisant le tour de quelques faits ayant marqué sa vie de  jeunesse que lui et moi avions vécus ensemble. Un passage en revue de ses  matchs au mwana foot sur les terrains du stade “Yougos”de Bacongo, et de son ami Germain Dzabana Jadot qui nous rendait souvent visite à la maison sur son vélo moteur ”solex”, ses parties au jeu de dames sur la place mythique de l’avenue Matsoua à Bacongo, c’était émouvant !

Je quittais cette pièce en lui disant au revoir avec un sentiment mitigé: d’une part la tristesse d’avoir échangé, peut- être, avec lui pour la dernière fois et d’autre part l’espoir de me convaincre que le Dieu vivant fera ses miracles de guérison sur lui.

Adieu Tata. Paix à ton âme, que la terre te soit légère !

Requiescat in domus aurea ancestrae ! Repose dans la maison d’or des ancêtres

Vital Kolélas-kouka, ton cher neveu qui ne t’oubliera jamais.

In Congo-liberty.com by Vital Kolélas-kouka

RDC : face au rebond du Covid, Tshisekedi reporte l’hommage à Lumumba

juin 12, 2021
Félix Tshisekedi devant un portrait de Patrice Lumumba, figure de l’indépendance, assassiné dans l’ex-Katanga en janvier 1961.

La RDC va reporter à janvier 2022 une série d’hommages à son « héros national » Patrice Lumumba, initialement prévus en juin, en raison d’une hausse « exponentielle » des cas de Covid-19, a annoncé samedi le président Félix Tshisekedi.

« Il faut privilégier la santé de nos compatriotes. Et donc malheureusement je suis au regret d’annoncer le report de cette cérémonie », a déclaré le chef de l’État lors d’un point presse. La cérémonie est « reportée au 17 janvier de l’année prochaine », 61e anniversaire de la mort du héros de l’indépendance Patrice Lumumba, exécuté avec deux frères d’armes par des séparatistes du Katanga, avec l’appui de mercenaires de l’ancienne puissance coloniale belge. « Il y aura la même chose, des hommages en Belgique », a poursuivi le président.

Inhumation de la relique

Selon le programme initial, la Belgique devait restituer le 21 juin au président congolais une « relique » de Patrice Lumumba lors d’une cérémonie à Bruxelles, présidée par le Premier ministre Alexander De Croo.

Dans le détail, la RDC doit récupérer auprès de la justice belge une dent qui aurait été prélevée sur le corps de Patrice Lumumba par un commissaire de police belge, qui prétend avoir contribué à faire disparaître le corps. Des hommages étaient ensuite prévus au Sankuru, la région natale de Lumumba dans le centre du pays, puis à Kisangani, avant l’inhumation de la relique à Kinshasa.

« Le nouveau programme de la récupération, du rapatriement et de l’inhumation de la dépouille aura lieu du 8 au 17 janvier de l’année prochaine », a déclaré le président.

Multiplier les variétés de vaccins

Le chef de l’État a annoncé « dans les jours qui viennent des mesures assez draconiennes pour faire face à cette recrudescence (des cas de Covid-19) qui a la particularité d’être plus virulente que les deux premières vagues ». « Les cas de contamination sont en augmentation exponentielle, dangereusement exponentielle, et les cas de décès également », a déclaré le président, ajoutant que « nos hôpitaux sont saturés.

La RDC a enregistré 254 nouveaux dont 210 dans la capitale Kinshasa, et trois décès, selon le dernier point épidémiologique en date de vendredi. Depuis mars 2020, le pays d’au moins 80 millions d’habitants a officiellement cumulé 34 949 cas, pour 834 décès.

La RDC a lancé le 21 avril une campagne de vaccination après avoir reçu 1,7 million de doses d’AstraZeneca. « AstraZeneca a posé des problèmes et continue à en poser, à la fois d’effets secondaires mais également de confiance », a estimé le chef de l’État. « Il serait mieux que nous multiplions les variétés de vaccins et nous avons très bon espoir d’en avoir de Pfizer, des Chinois et des Russes », a-t-il dit. « J’espère que d’ici la fin de l’année non seulement la RDC mais aussi toute l’Afrique sera vaccinée à 60% de sa population ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Des mots du Président Abbé Fulbert Youlou et du destin national du Congo-Brazzaville dans le concert des nations (1917-1972)

mai 5, 2021

Hommage au président abbé Fulbert YOULOU, à l’occasion du quarante et neuvième anniversaire de son décès intervenu le 5 mai 1972 à Madrid en Espagne.

         Même là-haut l’abbé Fulbert YOULOU reste très attentif à l’actualité mondiale, en particulier, à celle ayant trait au devenir de son pays d’origine, le Congo/Brazzaville et à l’Afrique en général.

Convaincu de la pertinence des observations ou/et des analyses du président Abbé Fulbert YOULOU, le Journal du Muuntu, par le truchement de son directeur de publication taata Nduenga s’est rapproché en âme et conscience, comme par le passé, de Taata YOULOU, à l’effet de connaître ou de l’interroger sur cette actualité, en l’occurrence sur celle du Congo/Brazzaville qui, depuis la dernière élection présidentielle et la mort inopinée d’un des candidats, en la personne de Guy Brice Parfait KOLELAS, s’avère être et ce, à la fois, grave et brûlante.

LE J.M. : Bonjour vénéré père abbé ! Comment allez-vous là-haut ? Le climat socio-politique est malsain au Congo/Brazzaville et manque cruellement, de surcroît, de hauts dignitaires, comme vous l’avez été jadis, alors que pourriez-vous nous dire à ce propos ?

A.F.Y. : [ Et vous jeune homme que vous êtes comment-allez-vous ? Quant à moi, je vais bien et fort heureux de là où je suis, étant à l’abri, comme vous pouvez l’imaginer, des contraintes physiques ou existentielles propres à l’être humain ]

 [A part ça],…..Je ne peux plus me taire devant les récits que me font chaque jour les malheureux qui fuient la dictature de mes ennemis…L’Afrique a désormais son fleuve de sang, et ici comme là-bas les persécuteurs terrorisent au nom de la même idéologie monstrueuse. Pourtant le “ Monde libre” en doute et il se trouve même des gens de bonne foi pour imaginer un dialogue avec elle : c’est trahir les tyrannisés, les réduire à la passivité. Abbé F.Y. in “ J’accuse la Chine” Edition de la Table Ronde, 1966, P.13.

L’infernale machination qui a poussé l’Homme blanc à douter de la valeur de son entreprise en Afrique qui, comme toute oeuvre humaine, comporte ses grandeurs et ses seervitudes, découvre, aujourd’hui, son véritable visage qui est celui d’un impérialisme cent fois plus détestable que le colonialisme. C’est la race noire tout entière qui est menacée d’extermination sous l’occupation….A Brazzaville, de curieux savants étudient scientifiquement sur le corps de cobayes bantous les limites de résistance de l’Homme noir…voilà pourquoi je me décide à témoigner. Abbé F.Y. In “J’accuse la Chine” Op.cit P.12.

LE J.M. : Puisque vous parlez de Brazzaville, vénéré père abbé, je vous informe que Brazzaville n’est plus celle dont vous disiez, en votre temps, être le symbole de l’indépendance et de la liberté voire de la résistance. Qu’en pensez-vous père abbé ?

A.F.Y. : L’hospitalité fraternelle que mon peuple a généreusement offerte à l’homme qui, en accord et avec l’aide du Monde libre, a fait de Brazzaville le symbole de la résistance à la capitulation, confère au représentant légitime de ce peuple congolais un devoir sacré : celui de continuer le combat engagé le 18 août 1940 pour la défense du Monde libre.

Ce jour-là, en effet, le peuple congolais, qui n’était pas directement concerné par la guerre comme il l’est hélas ! Aujourd’hui, accueillait un bataillon de Français libres commandé par le capitaine Delange entouré du médecin Sice, de l’aviateur Carretier venus apporter au peuple bantou le message de liberté de mon frère africain Eboué.

Pendant des mois, Brazzaville a représenté pour la France, l’Europe et le Monde libre, l’espérance des armes, mais aussi de l’honneur et de la justice puisque ce sont des rives de notre Congo que devaient déferler les vagues si souvent détournées de la décolonisation. Pendant des mois, l’un des plus “fabuleux” acteurs de la dernière guerre mondiale allait, de cette terre qui fut très certainement le berceau de l’homme, modeler sa légende, celle de ses compagnons, qui, à force d’opiniâtreté, d’intransigeance, s’identifièrent à la France, mère de toutes libertés.

Pouvions-nous alors, dans l’euphorie de la lutte, dans l’allégresse de la victoire ensuite, imaginer que Brazza symbole d’indépendance et de liberté, tomberait, dans l’indiférence des amis d’hier, aux mains du plus abominable des colonialismes. A.F.Y. In “ J’accuse la Chine” Op cit P.11.

LE J.M. : Eh oui vénéré père abbé cette France dont vous nous parlez reste pourtant passive, inerte face à la barbarie que connaît le Congo/Brazzaville et d’autres nations africaines du monde francophone.

A.F.Y. : Hommes blancs, avez-vous bien réfléchi que vous êtes responsables de l’idée que nous nous faisons de la civilisation et que tout abandon du spirituel, toute mystification intellectuelle que vous tolérez est une erreur chance de plus pour la subversion du mal qui nous menace. Chez nous, quand un piroguier tombe dans le Congo, instinctivement il lutte contre le courant, car il sent que s’il se laisser aller là où le flot le charrie, il est perdu. Le “sens de l’Histoire”, c’est un peu l’affaire du piroguier et il me paraît aberrant que des hommes intelligents, cultivés se placent au milieu des rapides qui les emportent vers l’univers totalitaire et athée.

Voilà qui nous mène loin du Congo et de ses drames. Eh bien ! Non, car j’ai la conviction que les ennemis de la civilisdation préparent, de mon Congo occupé par les barbares, non seulement l’investissement de l’Afrique, mais celui des esprits, des coeurs et des âmes. Il faut que mon exil, mes épreuves, celles de mon peuple éclairent les Français, les Européens, les Américains et tous les hommes libres. Il fallait peut-être cette extrémité pour que je confie à la feuille blanche [ Et à vous en tant que directeur de publication du Journal du Muuntu], mes angoisses et mes certitudes, mes larmes et mes colères. Ce rideau de fer, ce fleuve de sang, qui s’est abattu entre les deux Congos concerne tous les hommes de bonne volonté. A.F.Y. In “ J’accuse la Chine” Op cit P.46.

LE J.M. : Mais vénéré père abbé, ne serait-il pas préférable de…….

A.F.Y. : Avec tout le respect que j’ai pour vous jeune homme, je vous remercie de bien vouloir me laisser aller au bout de ma réflexion, Et je vous enn serai gré !

Si vous saviez, hommes d’occident, combien dans l’épreuve où nous sommes nous avons besoin de votre sympathie dans notre lutte contre l’erreur. Résister, lutter contre le mal, c’est bien, mais il faut vaincre, et pour vaincre, il faut connaître les positions de notre ennemi. Ce sont elles que j’entreprends de dénoncer ici. Les responsabilités que j’ai assumées, l’autorité que me donne l’affection de mon peuple, les souffrances qu’il supporte, les renseignements que j’ai recueillis de la rébellion, ont regagné le troupeau, donnent à ces révélations le caractère d’un document, mais surtout d’un avertissement à la France…, à l’Europe dont nous sommes le prolongement, mais aussi à vous Américainsd, fils transplantés de cette Europe. Mais il y a plus. L’Afrique est de la même dimension que l’Amérique. Les problèmes qui se posent à nous sont ceux-là mêmes que vous avez surmontés avec tant de succès en transformant le nouveau continent. Ils sont de même taille et nécessitent des moyens exceptionnels que vous êtes, par expérience et par possibilités, en mesure de nous fournir….Vous attachez un grand prix à la liberté, à la liberté sous toutes formes, devrais-je écrire, celle de l’homme comme celle des peuples et des Etats. Votre passé le prouve. A.F.Y. In “J’accuse la Chine” Op cit P.48.

L’heure pour nous est grave, vous le savez. Les périls qui nous menacent, menacent l’Afrique, l’Europe et le Monde libre tout entier.

Au nom de mon peuple de Brazzaville opprimé, je vous dis : “Hommes libres, entendez-moi !”. A.F.Y. in “J’accuse la Chine” Op cit P.49.

LE J.M. : Merci beaucoup vénéré père abbé de vos lumières sur le regard humain, fraternel et civilisé que la France et l’occident doivent avoir vis-à-vis du Congo/Brazzaville et de l’Afrique noire en espérant qu’elles soient attentives et surtout réceptives en agissant en conséquence.

         Mais dans tout ça, quelle doit être l’attitude des Africains eux-mêmes, vénéré père abbé pour promouvoir toutes ces valeurs de liberté et d’humanité dans nos pays ?

A.F.Y. : L’élite africaine doit se mobiliser pour faire échec aux réseaux d’intoxication qui ont parfois leurs sources en Occident. Elle doit se joindre, méprisant l’accusation de néocolonialisme, aux élites occidentales luttant pour la défense d’une civilisation qui nous est commune.

Des milliers de jeunes en Europe sont tentés par cet éveil de notre continent. Il faut mobiliser nos ambassades, nos élites pour aller les convaincre que nous ne sommes pas des sauvages, des cannibales, des racistes et que leur foi, leur audace, leur compétence trouveraient, dans nos pays en voie de développement, un terrain à la mesure de leur espoir. A.F.Y. in “J’accuse la Chine” Op cit P. 120.

Propos recueillis en âme et conscience par Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU ( alias TAATA NDUENGA), coordonnateur général du cercle KI-MBAANZA ou des Amis de la Nation Congolaise ( L’A.N.C.).

Avec Congo-Liberty

Congo-Diaspora/Marc Mapingou : 5 mai 2020 – 5 mai 2021, un an déjà !

mai 5, 2021

Déjà, un an. Que le temps passe vite.

Première année, ce 5 mai 2021, de la tragique disparition de Marc Mapingou.

Marc Mapingou, un grand esprit, homme de culture. D’une humilité et d’une générosité frappantes. L’élégance chevillée au corps, exprimée dans le verbe, l’habillement, les manières et les relations avec autrui.

Citoyen congolais, Mapingou était notre compatriote. Un des meilleurs d’entre nous, au sein de la diaspora congolaise, en France où il a vécu plusieurs années. Y a construit l’essentiel de son cursus universitaire, bâti sa vie de militant progressiste et de cadre politique influent.

Marc Mapingou, par son ouverture et son accès facile, s’est, également, tissé en France un large réseau de connaissances, dans divers milieux. Il en est parti pour Brazzaville, en 1992, devenu Directeur de campagne du candidat Pascal Lissouba aux élections présidentielles congolaises de cette année.

Grâce à la dynamique rassembleuse de l’UPADS cumulée à la parfaite stratégie de communication de Marc Mapingou et au soutien ferme des Partis alliés, Pascal Lissouba triomphera de ces élections, au terme d’un scrutin au deuxième tour, face à Mr Bernard Kolelas.

En démocrate, Marc Mapingou entretenait de nobles et légitimes ambitions pour son pays, le Congo qu’il aimait intensément. Il rêvait de le diriger. Son destin en a décidé autrement.

Ayant, au prix d’un travail méticuleux et, sans la moindre exclusive, dans un environnement sensible, comme celui de la diaspora congolaise, en France, réussi à se créer les conditions optimales de se faire écouter, accepter et aimer. Suscitant, au besoin, l’effet d’entraînement nécessaire pour des causes justes.

Depuis qu’il nous a quittés, Marc Mapingou repose, en région parisienne, dans un cimetière de Neuilly Sur Seine. Attendant d’être, le moment venu, rapatrié, selon les formes voulues par sa famille, sur les riches terres millénaires de Zanaga, son terroir natal, dans la région de la Lékoumou.

Marc Mapingou n’est plus. Il demeure, cependant, pour ces Congolais qui l’ont vu et suivi, dans sa lutte, un symbole de la résistance, un repère et un modèle de combat républicain pour une alternative nouvelle au Congo.

Représentation posthume de l’œuvre patriotique commune inachevée, Marc Mapingou est vivant dans des consciences politiques congolaises.

Son nom est sans cesse répété. Son image résiste à l’effacement, dans les réseaux sociaux. Ses paroles et sa rhétorique prises en référence, lors des échanges citoyens.

Toujours, dans nos cœurs, Marc Mapingou, par nos pensées, est proche de nous.
Nous ne l’oublions pas.


Ouabari Mariotti
Brazzaville, le 5 mai 2021

Avec Congo-liberty.com

Congo: Hommage d’une grande Dame MAMBOU Aimée GNALI à Parfait Kolelas…

mars 31, 2021

….« Mes chers compatriotes,

Je suis en difficulté.

Je me bats contre la mort.

Mais cependant, je vous demande de vous lever.

Allez-y voter, pour le changement.

Je ne me serai pas battu pour rien.

Battez-vous !

Je ne me serai pas battu pour rien.

Levez-vous !

Comme un seul homme.

Faites-moi plaisir.

Je me bats sur mon lit de mort.

Vous aussi, battez-vous !

Pour votre changement.

Allez-y !

Il y va de l’avenir de vos enfants.

Battez-vous !

Merci. »

Ce sont les dernières paroles de Kolelas, avant de nous quitter. Avant de prendre l’avion qui devait le conduire dans un hôpital à Paris, où il sera finalement arrivé trop tard. Il serait en effet mort à 2h40, soit dix minutes après avoir atterri à Paris.
Sa mort et ses dernières paroles nous interpellent à plus d’un titre.
Des paroles de militant, d’homme qui se sera battu jusqu’à sa mort. Et qui nous invite à poursuivre le combat. Comme lui, jusqu’à la mort.
Quelle belle leçon de courage ! D’optimisme ! Et d’altruisme ! Je meurs. Mais je ne meurs pas pour rien, puisque la lutte continue. Avec vous. Avec nous.
Combien de Congolais ont véritablement reçu ce message ? Combien l’ont intériorisé ? Sera-t-il suivi d’effet ? Par qui ? Comment ?
J’ai reçu Kolelas dans la soirée du vendredi 12 mars, la veille de son meeting à l’Institut Thomas Sankara, ici, à Pointe-Noire. Il venait m’inviter à l’y accompagner. J’ai décliné l’offre. J’appliquais en effet la consigne de l’opposition qui boycottait l’élection, pour les raisons que l’on sait. Mais, « je suis de tout coeur avec vous ! », lui ai-je assuré. Et je les ai effectivement suivis, jusqu’à ce moment fatidique où lui-même appelle de nouveau à lutter, sur son lit de mort.
Sa mort sonnera-t-elle la renaissance du sentiment patriotique dans notre pays ? Que restera-t-il de son action ?
Ce n’est pas sans raison que Kolelas a débarqué chez moi. Nous sommes compagnons de lutte depuis que l’opposition nourrit des velléités de lutte contre le pouvoir en place, sans jamais véritablement se donner les moyens d’y parvenir. C’est-à-dire depuis une dizaine d’années au moins. Et, à cette époque-là, c’est moi qui rendais visite à Kolelas, chez lui, à Bacongo, avec d’autres « militants ». Pour construire l’avenir…
Mais devons-nous toujours nous nourrir de souvenirs et de regrets ?
Jusqu’à quand ?
Le courage de Kolelas, jusqu’à son dernier souffle, ne devrait-il pas nous inspirer plus d’énergie, plus de détermination ? Qu’allons-nous faire maintenant ?
Nous sommes si désorganisés, si peu inspirés qu’aucun d’entre nous n’a songé à capitaliser les efforts qu’il avait déjà accomplis.
Les résultats remportés par le candidat Kolelas ne pouvaient-ils pas laisser espérer un deuxième tour ?
Pourquoi n’a-t-on pas annulé l’élection, si un deuxième tour était en vue ?
Devons-nous être désorganisés et déboussolés par son absence ?
Où irons-nous à ce train ? Lui, a fait sa part. A nous d’accomplir la nôtre » .

Avec Brazzanews par Mambou Aimée GNALI

Hamed Bakayoko « à jamais dans nos cœurs » : l’hommage de la Côte d’Ivoire à son Premier ministre

mars 18, 2021
Un portrait d’Hamed Bakayoko, au grand stade d’Abidjan, mercredi 17 mars.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées, mercredi 17 mars, au stade Ebimpé, à Abidjan, pour saluer la mémoire du Premier ministre ivoirien, décédé le 10 mars.

Ismaël Isaac pénètre sur la piste du stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, à Anayama, une commune d’Abidjan, à bord d’un 4×4 Toyota FJ Cruiser orange. Au même moment, dans sa salopette en cuir noir, le chanteur Obam’s fait le show sur la pelouse, accompagné par Emmanuel Adebayor. « Les Chinois [nom donné aux fans de DJ Arafat, décédé le 12 août 2019] sont là ! La jeunesse, je suis avec vous », lance l’ancien footballeur togolais, qui entame un petit tour d’honneur, levant un poster d’Hamed Bakayoko.

Au tour d’Ismaël Isaac de monter sur scène. « Depuis le décès d’Hambak, je pleure. Vous savez, il était gentil », déclare la star du reggae ivoirien, originaire de Treichville, avant d’entonner son titre mythique Magno Mako devant une foule en liesse. Il est 22 heures. La famille d’Hamed Bakayoko s’est déjà retirée, mais l’hommage au Premier ministre ivoirien, décédé le 10 mars en Allemagne d’un cancer, ne fait que commencer. En tout, une cinquante d’artistes se succéderont, de Fally Ipupa à Koffi Olimidé, en passant par Sidiki Diabaté, Alpha Blondy, Yode et Siro, Les Garagistes, Didier Bilé ou encore Bawa Traoré.

« Hambak vivra ! »

Lors de l’hommage national à Hamed Bakayoko, au grand stade d’Abidjan, le 17 mars 2021.

Avant cela, plusieurs personnalités politiques avaient pris la parole pour évoquer la mémoire du défunt, soutien indéfectible des artistes africains. Le directeur exécutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Adama Bictogo, avait pris soin de chauffer les milliers de personnes venues assister à l’événement. « Pendant ces trente années de politique, on retiendra d’Hamed qu’il a été un trait d’union entre les chapelles politiques, entre les chapelles religieuses, a-t-il insisté. Je voudrais lui exprimer toute notre reconnaissance et lui dire que sa mémoire vivra. Hambak vivra ! »

Présent ce mercredi, tout comme l’ancien ministre devenu opposant Marcel Amon Tanoh, le chef du Front populaire ivoirien (FPI) légalement reconnu, Pascal Affi N’Guessan, s’est également exprimé. « Hamed Bakayoko transcendait les divergences politiques. Il a été pour beaucoup dans le rapprochement entre le pouvoir et l’opposition. Il faut saluer son esprit d’ouverture car, en politique, on a des divergences mais la fraternité doit perdurer », a de son côté déclaré le révérend Joseph Kojo, représentant de la plateforme Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS, proche de Laurent Gbagbo).

Si le stade olympique n’affichait pas complet, le public, très jeune, semblait acquis à la cause du « golden boy ». Soutien d’Alassane Ouattara, Lamine estime que le Premier ministre représentait ce que l’on attendait des hommes politiques. « Il pouvait nous réunir, faire la vraie réconciliation », dit-il, une casquette vissée sur la tête. « Hambak, à jamais dans nos cœurs », lit-on sur son t-shirt.

Si Bio Gérard se décrit, lui, comme un militant du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), il a tenu à venir car « Hamed était un homme qui aidait beaucoup la jeunesse ». « Sa mort m’a découragé, confie-t-il. Qui va nous aider maintenant ? » Mohammed, 20 ans, termine d’engloutir le sandwich distribué gratuitement à l’entrée. S’il est d’abord venu pour les artistes, il se dit « touché » par la mort d’Hamed.

Chefs d’États et honneurs militaires

La journée d’hommages au désormais ex-chef du gouvernement avait commencé dans la matinée au palais présidentiel, dans le quartier du Plateau, par une cérémonie sobre et solennelle. Les chefs d’État Nana Akufo-Addo (Ghana), Roch Christian Marc Kaboré (Burkina Faso), Alpha Condé (Guinée) et Umaro Sissoco Embalo (Guinée-Bissau), ainsi que le vice-président de la Guinée équatoriale, étaient présents. Samuel Eto’o, Alpha Blondy, Asalfo et Fally Ipupa également. Quant à l’ancien président Henri Konan Bédié, il s’est fait représenter par son bras droit, Maurice Kacou Guikahué.

TRÈS ÉMU, ALASSANE OUATTARA A DÉCORÉ « SON FILS », L’ÉLEVANT À LA DIGNITÉ DE GRAND-CROIX DE L’ORDRE NATIONAL

Visiblement très ému aux côté de son épouse, Dominique Ouattara, Alassane Ouattara a décoré « son fils », l’élevant à la dignité de Grand-Croix de l’ordre national, la plus haute distinction honorifique en Côte d’Ivoire. Hamed Bakayoko a aussi eu droit à une ultime revue des troupes et aux honneurs militaires en tant qu’ancien ministre de la Défense.

Le ministre de la Jeunesse, Mamadou Touré, et la ministre de la Culture, Raymonde Goudou Coffie, ont pris la parole pour saluer sa mémoire. Et c’est au médiateur de la République, Adama Toungara, qu’est revenue la tâche de lire l’oraison funèbre d’Hamed Bakayoko, qui sera enterré ce jeudi dans son fief de Séguéla, où il venait tout juste d’être réélu député.

Avec Jeune Afrique par Vincent Duhem

Décès d’Hamed Bakayoko : Ouattara, Kaboré, Tshisekedi… Les hommages se multiplient

mars 11, 2021
Le Premier ministre ivoirien Hamed Bakayoko (ici le 22 mars 2015 à Abdijan), est décédé le 10 mars 2021.

Les réactions se succèdent depuis l’annonce de la mort du Premier ministre ivoirien, ce mercredi 10 mars. Les chefs d’État du continent saluent un « grand homme d’État » dont la disparition constitue « une grande perte pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique ».

La plupart le savaient condamné, mais le décès d’Hamed Bakayoko, le 10 mars en Allemagne, a provoqué une onde de choc parmi les dirigeants ivoiriens et africains. Dans les heures qui ont suivi l’annonce de sa disparition, beaucoup ont réagi à la disparition du Premier ministre, fauché à 56 ans par un cancer fulgurant.

Dans un communiqué publié mercredi soir, Alassane Ouattara, le chef de l’État ivoirien, a rendu hommage à « (son) fils et proche collaborateur, trop tôt arraché à notre affection ». « Le Premier ministre Hamed Bakayoko a servi la Côte d’Ivoire avec dévouement et abnégation. C’était un grand homme d’État, un modèle pour notre jeunesse, une personnalité d’une grande générosité et d’une loyauté exemplaire », poursuit le président.

De nombreux ministres ont rapidement rendu hommage à leur ex-chef de gouvernement sur les réseaux sociaux. Patrick Achi, ministre d’État, nommé le 8 mars pour assurer l’intérim d’Hamed Bakayoko à la primature, évoque ainsi un « grand serviteur de la Côte d’Ivoire ».

Mamadou Touré, porte-parole adjoint du gouvernement et du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le décrit comme un « modèle pour la jeunesse ».

Opposants à l’unisson

Les opposants ivoiriens aussi saluent la mémoire de leur ancien adversaire. Pascal Affi N’Guessan, le président du Front populaire ivoirien (FPI) légalement reconnu, mentionne ainsi le souvenir « d’un homme de convictions, généreux et combatif ». Albert Mabri Toikeusse, ancien ministre d’Alassane Ouattara, qui a longtemps été aux côtés de Bakayoko au sein du gouvernement, souligne lui « un grand homme qui a servi (son pays) avec abnégation ».

Depuis son exil européen, Guillaume Soro, avec lequel Hamed Bakayoko entretenait des relations tendues ces dernières années, rend également hommage au défunt. « Je m’incline devant la douleur du Worodougou qui, avec cette disparition, perd l’un de ses cadres les plus éminents », écrit Soro.

Hommages de chefs d’État

De nombreux chefs d’État, ministres et responsables politiques du continent ont aussi réagi à la disparition du natif d’Adjamé. Roch Marc Christian Kaboré, le président burkinabè, qui était proche de Bakayoko, déplore la perte d’un « frère attaché à la vitalité des relations historiques » entre leurs deux pays. Autre voisin : Bah N’Daw, le président de la transition malienne, qui décrit « une grande perte pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique ». Félix Tshisekedi, le président de la RDC, a pour sa part rendu hommage « à ce digne fils du continent africain reconnu pour son implication dans la valorisation des cultures africaines »

Macky Sall, Mahamadou Issoufou, Idriss Déby Itno… Plusieurs autres présidents africains ont aussi publiquement adressé leurs condoléances après la disparition brutale d’Hamed Bakayoko.

« Un baobab est tombé ce soir »

Nombreuses ont aussi été les réactions dans le monde de la culture. « L’icône d’une génération s’est couchée à jamais. Un baobab est tombé ce soir. La Côte d’Ivoire perd un digne fils », a ainsi réagit A’Salfo, le chanteur de Magic System. « Toi, on te connaissait et tu nous connaissais », écrit pour sa part l’écrivain ivoirien Gauz sur Twitter, avant de conclure : « Fairywell golden boy, fairywell HamBack. »

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger