Archive for the ‘Hommage’ Category

Hamed Bakayoko « à jamais dans nos cœurs » : l’hommage de la Côte d’Ivoire à son Premier ministre

mars 18, 2021
Un portrait d’Hamed Bakayoko, au grand stade d’Abidjan, mercredi 17 mars.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées, mercredi 17 mars, au stade Ebimpé, à Abidjan, pour saluer la mémoire du Premier ministre ivoirien, décédé le 10 mars.

Ismaël Isaac pénètre sur la piste du stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, à Anayama, une commune d’Abidjan, à bord d’un 4×4 Toyota FJ Cruiser orange. Au même moment, dans sa salopette en cuir noir, le chanteur Obam’s fait le show sur la pelouse, accompagné par Emmanuel Adebayor. « Les Chinois [nom donné aux fans de DJ Arafat, décédé le 12 août 2019] sont là ! La jeunesse, je suis avec vous », lance l’ancien footballeur togolais, qui entame un petit tour d’honneur, levant un poster d’Hamed Bakayoko.

Au tour d’Ismaël Isaac de monter sur scène. « Depuis le décès d’Hambak, je pleure. Vous savez, il était gentil », déclare la star du reggae ivoirien, originaire de Treichville, avant d’entonner son titre mythique Magno Mako devant une foule en liesse. Il est 22 heures. La famille d’Hamed Bakayoko s’est déjà retirée, mais l’hommage au Premier ministre ivoirien, décédé le 10 mars en Allemagne d’un cancer, ne fait que commencer. En tout, une cinquante d’artistes se succéderont, de Fally Ipupa à Koffi Olimidé, en passant par Sidiki Diabaté, Alpha Blondy, Yode et Siro, Les Garagistes, Didier Bilé ou encore Bawa Traoré.

« Hambak vivra ! »

Lors de l’hommage national à Hamed Bakayoko, au grand stade d’Abidjan, le 17 mars 2021.

Avant cela, plusieurs personnalités politiques avaient pris la parole pour évoquer la mémoire du défunt, soutien indéfectible des artistes africains. Le directeur exécutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Adama Bictogo, avait pris soin de chauffer les milliers de personnes venues assister à l’événement. « Pendant ces trente années de politique, on retiendra d’Hamed qu’il a été un trait d’union entre les chapelles politiques, entre les chapelles religieuses, a-t-il insisté. Je voudrais lui exprimer toute notre reconnaissance et lui dire que sa mémoire vivra. Hambak vivra ! »

Présent ce mercredi, tout comme l’ancien ministre devenu opposant Marcel Amon Tanoh, le chef du Front populaire ivoirien (FPI) légalement reconnu, Pascal Affi N’Guessan, s’est également exprimé. « Hamed Bakayoko transcendait les divergences politiques. Il a été pour beaucoup dans le rapprochement entre le pouvoir et l’opposition. Il faut saluer son esprit d’ouverture car, en politique, on a des divergences mais la fraternité doit perdurer », a de son côté déclaré le révérend Joseph Kojo, représentant de la plateforme Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS, proche de Laurent Gbagbo).

Si le stade olympique n’affichait pas complet, le public, très jeune, semblait acquis à la cause du « golden boy ». Soutien d’Alassane Ouattara, Lamine estime que le Premier ministre représentait ce que l’on attendait des hommes politiques. « Il pouvait nous réunir, faire la vraie réconciliation », dit-il, une casquette vissée sur la tête. « Hambak, à jamais dans nos cœurs », lit-on sur son t-shirt.

Si Bio Gérard se décrit, lui, comme un militant du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), il a tenu à venir car « Hamed était un homme qui aidait beaucoup la jeunesse ». « Sa mort m’a découragé, confie-t-il. Qui va nous aider maintenant ? » Mohammed, 20 ans, termine d’engloutir le sandwich distribué gratuitement à l’entrée. S’il est d’abord venu pour les artistes, il se dit « touché » par la mort d’Hamed.

Chefs d’États et honneurs militaires

La journée d’hommages au désormais ex-chef du gouvernement avait commencé dans la matinée au palais présidentiel, dans le quartier du Plateau, par une cérémonie sobre et solennelle. Les chefs d’État Nana Akufo-Addo (Ghana), Roch Christian Marc Kaboré (Burkina Faso), Alpha Condé (Guinée) et Umaro Sissoco Embalo (Guinée-Bissau), ainsi que le vice-président de la Guinée équatoriale, étaient présents. Samuel Eto’o, Alpha Blondy, Asalfo et Fally Ipupa également. Quant à l’ancien président Henri Konan Bédié, il s’est fait représenter par son bras droit, Maurice Kacou Guikahué.

TRÈS ÉMU, ALASSANE OUATTARA A DÉCORÉ « SON FILS », L’ÉLEVANT À LA DIGNITÉ DE GRAND-CROIX DE L’ORDRE NATIONAL

Visiblement très ému aux côté de son épouse, Dominique Ouattara, Alassane Ouattara a décoré « son fils », l’élevant à la dignité de Grand-Croix de l’ordre national, la plus haute distinction honorifique en Côte d’Ivoire. Hamed Bakayoko a aussi eu droit à une ultime revue des troupes et aux honneurs militaires en tant qu’ancien ministre de la Défense.

Le ministre de la Jeunesse, Mamadou Touré, et la ministre de la Culture, Raymonde Goudou Coffie, ont pris la parole pour saluer sa mémoire. Et c’est au médiateur de la République, Adama Toungara, qu’est revenue la tâche de lire l’oraison funèbre d’Hamed Bakayoko, qui sera enterré ce jeudi dans son fief de Séguéla, où il venait tout juste d’être réélu député.

Avec Jeune Afrique par Vincent Duhem

Décès d’Hamed Bakayoko : Ouattara, Kaboré, Tshisekedi… Les hommages se multiplient

mars 11, 2021
Le Premier ministre ivoirien Hamed Bakayoko (ici le 22 mars 2015 à Abdijan), est décédé le 10 mars 2021.

Les réactions se succèdent depuis l’annonce de la mort du Premier ministre ivoirien, ce mercredi 10 mars. Les chefs d’État du continent saluent un « grand homme d’État » dont la disparition constitue « une grande perte pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique ».

La plupart le savaient condamné, mais le décès d’Hamed Bakayoko, le 10 mars en Allemagne, a provoqué une onde de choc parmi les dirigeants ivoiriens et africains. Dans les heures qui ont suivi l’annonce de sa disparition, beaucoup ont réagi à la disparition du Premier ministre, fauché à 56 ans par un cancer fulgurant.

Dans un communiqué publié mercredi soir, Alassane Ouattara, le chef de l’État ivoirien, a rendu hommage à « (son) fils et proche collaborateur, trop tôt arraché à notre affection ». « Le Premier ministre Hamed Bakayoko a servi la Côte d’Ivoire avec dévouement et abnégation. C’était un grand homme d’État, un modèle pour notre jeunesse, une personnalité d’une grande générosité et d’une loyauté exemplaire », poursuit le président.

De nombreux ministres ont rapidement rendu hommage à leur ex-chef de gouvernement sur les réseaux sociaux. Patrick Achi, ministre d’État, nommé le 8 mars pour assurer l’intérim d’Hamed Bakayoko à la primature, évoque ainsi un « grand serviteur de la Côte d’Ivoire ».

Mamadou Touré, porte-parole adjoint du gouvernement et du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le décrit comme un « modèle pour la jeunesse ».

Opposants à l’unisson

Les opposants ivoiriens aussi saluent la mémoire de leur ancien adversaire. Pascal Affi N’Guessan, le président du Front populaire ivoirien (FPI) légalement reconnu, mentionne ainsi le souvenir « d’un homme de convictions, généreux et combatif ». Albert Mabri Toikeusse, ancien ministre d’Alassane Ouattara, qui a longtemps été aux côtés de Bakayoko au sein du gouvernement, souligne lui « un grand homme qui a servi (son pays) avec abnégation ».

Depuis son exil européen, Guillaume Soro, avec lequel Hamed Bakayoko entretenait des relations tendues ces dernières années, rend également hommage au défunt. « Je m’incline devant la douleur du Worodougou qui, avec cette disparition, perd l’un de ses cadres les plus éminents », écrit Soro.

Hommages de chefs d’État

De nombreux chefs d’État, ministres et responsables politiques du continent ont aussi réagi à la disparition du natif d’Adjamé. Roch Marc Christian Kaboré, le président burkinabè, qui était proche de Bakayoko, déplore la perte d’un « frère attaché à la vitalité des relations historiques » entre leurs deux pays. Autre voisin : Bah N’Daw, le président de la transition malienne, qui décrit « une grande perte pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique ». Félix Tshisekedi, le président de la RDC, a pour sa part rendu hommage « à ce digne fils du continent africain reconnu pour son implication dans la valorisation des cultures africaines »

Macky Sall, Mahamadou Issoufou, Idriss Déby Itno… Plusieurs autres présidents africains ont aussi publiquement adressé leurs condoléances après la disparition brutale d’Hamed Bakayoko.

« Un baobab est tombé ce soir »

Nombreuses ont aussi été les réactions dans le monde de la culture. « L’icône d’une génération s’est couchée à jamais. Un baobab est tombé ce soir. La Côte d’Ivoire perd un digne fils », a ainsi réagit A’Salfo, le chanteur de Magic System. « Toi, on te connaissait et tu nous connaissais », écrit pour sa part l’écrivain ivoirien Gauz sur Twitter, avant de conclure : « Fairywell golden boy, fairywell HamBack. »

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Le Pape François rend hommage au «Poète» Maradona

janvier 2, 2021

Le pape François a qualifié la légende du football Diego Maradona, mort le 25 novembre à 60 ans, de «poète sur le terrain», dans une interview fleuve consacrée au sport et publiée samedi dans La Gazzetta dello Sport. «C’était un grand champion qui a apporté de la joie à des millions de gens, en Argentine comme à Naples», a déclaré le souverain pontife argentin, au sujet de son compatriote, qui a aidé le club du sud de l’Italie à conquérir ses deux seuls titres de champion d’Italie (1987 et 1990) et l’Argentine à gagner le Mondial-1986.  «Il était aussi un homme très fragile», a ajouté Jorge Mario Bergoglio, qui avait rencontré Maradona en 2014 à Rome lors d’un «match pour la paix».

Le chef de l’Église catholique, âgé de 84 ans, a assuré avoir prié pour le défunt et envoyé un chapelet à sa famille, accompagné de mots de réconfort. Dans cet entretien, le pape, qui est supporter de San Lorenzo, un club de Buenos Aires, a par ailleurs dressé des parallèles entre le sport et ses convictions, dénonçant les «champions riches», devenus «mous, presque des bureaucrates de leur sport». «Personnellement, je pense qu’un peu de faim est le secret pour ne jamais se sentir repu, pour maintenir en vie cette passion qui, en tant qu’enfants, les a fascinés (les sportifs, NDLR)», a-t-il estimé

Le sport est pour François marqué par les victoires de ceux, nombreux, qui «ont de la sueur sur le front» sur ceux qui sont nés «avec le talent dans leur poche». Le souverain pontife, premier pape originaire d’Amérique du Sud, a enfin fustigé le dopage, «pas seulement une triche, mais un raccourci qui réfute la dignité». «Aucun champion ne se construit dans un laboratoire. C’est arrivé parfois et on ne peut pas être sûr que cela ne se reproduira pas, même si on espère que non! Mais avec le temps, on fera la différence entre les talents originels et ceux qui ont été construits: un champion naît et se renforce à travers l’entraînement», a-t-il insisté. Le dopage reviendrait «à voler à Dieu l’étincelle qu’il a donné, par ses chemins mystérieux, à certains d’une manière particulière et en plus grande quantité.» «Mieux vaut une défaite propre qu’une victoire sale», a conclu François

Avec La Rédaction par Le Figaro

Hommage du premier ministre croate à des victimes serbes de la guerre

septembre 28, 2020

Le premier ministre croate, Andrej Plenkovic, a assisté à une cérémonie à la mémoire de neuf civils serbes tués à Varivode, un village du sud de la Croatie, ce lundi.

Le premier ministre croate a rendu hommage lundi 28 septembre à des civils serbes tués après la guerre d’indépendance des années 1990, un nouveau geste de réconciliation destiné à tenter de réparer des relations toujours fragiles 25 ans après le conflit.

Les victimes avaient été abattues à bout portant devant chez elles près de deux mois après l’opération «Tempête» qui avait mis fin à la guerre entamée avec la déclaration d’indépendance de 1991. Personne n’a eu pour l’heure à répondre de ces meurtres.

C’était la première fois qu’un premier ministre croate assistait à cette cérémonie organisée par une organisation de Serbes de Croatie. Le chef du gouvernement a fait part de ses regrets pour ces «graves crimes contre des gens innocents et sans défense». «Ce crime est une insulte à la Croatie moderne et une violation des idéaux pour lesquels une grande majorité des anciens combattants croates, parmi lesquels figuraient aussi des Serbes, ont combattu». Par ce geste hautement symbolique, Andrej Plenkovic entendait témoigner une nouvelle fois de sa volonté de tenter d’améliorer les relations toujours délicates entre Serbes et Croates.

La guerre d’indépendance (1991-95) avait fait plus de 20.000 morts

Les crimes de Varivode comme les autres crimes commis contre des Serbes durant la guerre «ne peuvent être justifiés d’aucune manière», a-t-il dit, ajoutant vouloir adresser à la minorité serbe «un message de réconciliation et l’espoir de bâtir un avenir commun pour tous les citoyens de Croatie». Les autorités ont fait plusieurs gestes ces dernier temps à l’intention des Serbes de Croatie.

Le Premier ministre adjoint d’origine serbe Boris Milosevic a parlé d’événement «majeur». «C’est un geste symbolique très fort, ces victimes ici méritent aussi du respect et de l’empathie», a-t-il déclaré à la presse. Début août, Boris Milosevic avait assisté à la commémoration annuelle de l’opération «Tempête», signant la première participation d’un représentant de la minorité serbe à cette cérémonie.

Quelques semaines plus tard, le président croate Zoran Milanovic assistait à une cérémonie à la mémoire de six civils serbes tués dans le village de Grubori peu après l’opération «Tempête». Environ 200.000 Serbes avaient fui la Croatie pendant et après le conflit. La moitié d’entre eux y sont retournés depuis et les Serbes constituent aujourd’hui environ 4,5% des 4,2 millions d’habitants de la Croatie.

Par Le Figaro avec AFP

L’armée rend hommage au soldat français tué au Mali lundi aux Invalides

juillet 26, 2020

Le décès du brigadier Tojohasina Razafintsalama porte à 43 le nombre de soldats français morts au combat dans les opérations «Serval» et «Barkhane».

Le soldat français d’origine malgache tué jeudi 23 juillet au Mali par un véhicule suicide recevra un dernier hommage lundi 27 juillet aux Invalides, à Paris, a indiqué l’armée de Terre.

«RDV demain à 16h30 sur le pont Alexandre III à Paris, ou virtuellement sur nos réseaux sociaux, pour saluer la mémoire du brigadier Tojohasina Razafintsalama», indique un tweet de l’état-major.

Le soldat, qui appartenait au 1er régiment de hussards parachutistes (RHP) de Tarbes, traversera le pont avant l’hommage aux Invalides. Une seconde cérémonie est prévue dans la semaine à Tarbes, où est basé le 1er RHP, à une date qui n’a pas encore été précisée.

Tojohasina Razafintsalama était né le 20 octobre 1994 à Mahazarivo, à Madagascar. Ce célibataire sans enfant s’était engagé avec le 1er RHP en 2018 et avait été envoyé au Mali le 14 juillet dernier.

«Neutralisation» de plusieurs dizaines de djihadistes

Son décès porte à 43 le nombre de soldats français morts au combat dans les opérations «Serval» (2013) et «Barkhane» (depuis 2014), selon l’état-major. Il intervient après celui, début mai, de deux légionnaires de la force française «Barkhane» au Sahel, qui compte quelque 5000 soldats. En novembre 2019, la France avait perdu 13 soldats dans un accident entre deux hélicoptères en opération au Mali.

Ces derniers mois, l’armée française et celles des pays du G5 Sahel ont multiplié les offensives dans la région, en particulier dans la zone dite des «trois frontières» entre Mali, Niger et Burkina Faso.

Elles ont revendiqué la «neutralisation» de plusieurs dizaines de djihadistes, dont en juin l’émir d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), l’Algérien Abdelmalek Droukdel, figure du djihadisme dans la région depuis 20 ans.

Par Le Figaro avec AFP

Côte d’Ivoire/Hommage du RHDP à Amadou Gon Coulibaly: Le président Alassane Ouattara salue la mémoire de l’illustre disparu

juillet 15, 2020

 

Publiée le 15 juillet 2020 par RTI Officiel

Congo/Zina Hope et Edo Nganga : le dernier pas de danse

juin 12, 2020

 

Zina Hope nous parle de sa rencontre avec le « Patriarche », récemment disparu, un grand écart entre générations et une amitié sincère.

 

Zina Hope, Edo Nganga et Parfait Young

Les Dépêches du Bassin Congo : Comment une artiste de 25 ans se retrouve à écouter les « vieilleries » de l’ancien temps ?

Zina Hope : Comme beaucoup de gens de mon âge, ça se passe de façon inconsciente. C’est une enfance bercée, dans la maison familiale, par les chansons des Bantous de la Capitale à la télévision ou à la radio, dans les cassettes audio. On grandit avec ces chansons là. Mon père a été un musicien de cette époque, sous le nom de Johnny Satou. Il avait même un studio d’enregistrement. J’ai donc été baignée dans cet univers avec les sons des grands noms de la musique congolaise.

LDBC : Comment avez-vous appris la disparition  d’Edo Nganga ?

ZH : C’est justement mon père qui l’a appris à la télévision. Il m’a informée de cette terrible nouvelle car il savait tout l’attachement que j’ai pour Edo. J’étais bouleversée et mon réflexe a été de joindre mon manager pour en parler avec lui sur Messenger. Nous y sommes restés tard dans la nuit sous le choc.

LDBC : Quelles ont été les circonstances de votre première rencontre avec Edo ?

ZH : C’était pour le documentaire « Mobembo Na kimia » où j’allais à la rencontre d’artistes à travers le Congo.  Mon manager m’a demandé quel artiste je souhaitais rencontrer. J’avais coché le nom d’Edo. Et c’est Cyriaque Bassoka, un autre pilier de la musique au Congo, lui aussi disparu, qui nous avait communiqué son numéro. A l’Institut français du Congo, à Brazzaville, nous nous sommes vus pour la première fois. Parfait Young était là aussi  pour nous accompagner. Edo et moi, à la guitare pour un duo d’« Aimée wa bolingo ». Nous avions, avant cela, beaucoup parlé de Véronique, sa maman, à qui est dédiée cette chanson. A peine le tournage terminé, avec mon manager, nous n’avions qu’un seul désir : faire un documentaire sur  Edo. Ce documentaire est en cours de montage. Avec le coproducteur, Sébastien Roy, nous envisageons une sortie peut être le 27 octobre qui est la date d’anniversaire d’Edo. On réfléchit à ça.

LDBC : Cela a donc provoqué d’autres rencontres pour le tournage du film ?

ZH : Oui, on s’est revus lors du  premier concert en hommage aux 60 ans de carrière des Bantous de la Capitale, qui se déroulait à Pointe Noire. Je suis allée le chercher à l’aéroport. Nous étions heureux de nous revoir. J’ai été étonnée et attendrie de le voir sortir du hall d’arrivée avec un simple sac plastique pour tout bagage. C’était Edo en toute simplicité. Le lendemain, lui et moi avons longuement discuté au Derrick, près de la Côte sauvage. Edo adorait l’Océan et le poisson pour dîner. Je l’ai donc invité à dîner à Villa Tchimbamba, là où j’enregistrais mes chansons et où il y avait plein d’instruments. Nous étions fatigués, lui de son concert, et moi de ma course folle avec Olivia, une amie, pour acheter du poisson et préparer le repas pour Edo et quelques autres musiciens. La soirée s’est terminée tard. Edo chantait encore, sans vouloir avouer qu’il était fatigué.

LDBC : Quel était votre rapport d’affection ?

ZH : Je le voyais chez lui, au quartier Makazou, c’est sa fille Solange qui me guidait parfois  car il est difficile de s’y retrouver dans ce quartier reculé de Brazzaville. Edo m’accueillait toujours avec un grand sourire. « Alors ma fille, tu m’as ramené du poisson ? » me demandait-il.  Il savait que dans ma petite glacière, il y avait du Mérou ou du Saint-Pierre, mais aussi de la Guiness, sa boisson préférée. Lui me racontait sa vie, sa famille, ses lectures, sa médaille et sa canne, des choses comme cela. Sa mémoire flanchait souvent, alors il disait : « Machin .» Un tic verbal qui pouvait remplacer le nom d’une personne, d’une date, d’un lieu. Ensemble, nous avons fait le marché, visité les voisins, parcouru ses albums photos, il m’a aussi embarquée dans une réunion de quartier car il en était le chef, nous avons même prié ensemble. Sa femme, Angélique, s’est aussi beaucoup confiée à moi.

LDBC : Et la dernière fois où vous vous êtes vus ?        

ZH : C’était chez Faignond, ce lieu mythique où les Bantous de la Capitale ont fait leur premier concert. J’avais proposé cet endroit comme rendez-vous car cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas mis les pieds. J’avais demandé au vieux Ricky Malonga, batteur et percussionniste des Bantous de la Capitale, de venir avec nous. Cela a remué beaucoup de souvenirs. Edo avait très envie de rejouer dans cette salle pour faire un grand bond de soixante années en arrière.

LDBC : Quels souvenirs garderez vous de lui ?

ZH : Edo c’est un monument. Il m’avait d’ailleurs confié qu’il aimerait bien qu’on lui dresse une statue. En tout cas, il reste dans mon cœur à jamais. Je garde de lui l’image d’un homme vrai, d’une grande sincérité, simplicité et sensibilité. Cette rencontre aura été un pur bonheur et je n’ai au fond de moi qu’un seul regret, celui de ne pas avoir fait un featuring avec lui, alors que j’ai toujours refusé  ceux que l’on me proposait. Ma rencontre avec Edo, c’est plein de jolies choses, plein de « machins » que je garde précieusement en mémoire. Pour rendre hommage à Edo, je viens d’enregistrer, avec la complicité de Parfait Young, « Aimée wa bolingo » comme un ultime au revoir.

Avec Adiac-congo par Philippe Edouard

Congo: Hommage du Docteur Michel MPandi à Marc Mapingou Mitoumbi

mai 17, 2020

 

Au moment où tu vas être porté en terre et ta silhouette à jamais sous l’éteignoir. Ma peine est immense et ma douleur plus profonde que les eaux du Congo réunies.

J’aimerais tant te dire merci pour les combats menés ensemble pour la renaissance de notre beau pays. Merci pour tes pénétrantes analyses. Merci pour ta connaissance des hommes politiques congolais. Merci pour ta sollicitude.

Désormais, il nous faudra marcher haut les vents bien seuls dans la nuit noire cherchant à tâtons le Congo lumineux.

Yaya ! Tu étais un homme de synthèse qui jeta les ponts entre les bras du delta de l’opposition congolaise en France. Ton entregent et ton charisme manqueront à la lutte à un moment où le despotisme écumant de Brazzaville veut royaliser le pays.

Le pain d’exil est sans levain comme dirait U’tamsi

Comme tu le citais si souvent « Lorsque la liberté rentrera, je rentrerai » de Victor Hugo

Alors mon grand, lorsque la liberté rentrera au Congo nous rentrerons avec ta dépouille à Zanaga pour accomplir ta volonté.

Lorsque le peuple aura retrouvé ses droits imprescriptibles et qu’il aura ressaisi le sceptre usurpé. Le drapeau du Congo ombragera ta tombe et nous écrirons ton nom en lettres de feu.

Ton nom sur les pages d’histoire de la république ne sera pas une note de bas de page.
Je crois aux forces de l’Esprit. De là haut continue donc de nous irradier de tes fulgurances essentielles.

Aurevoir yaya

Docteur Michel MPANDI
INGETA!

 

Photo de BrazzaNews.

 

Avec Brazzanews

Congo-diaspora: Hommage de Guy Milex MBONZI ​à Marc MAPINGOU

mai 17, 2020

 

En Afrique, la mort d’un grand homme a toujours été considérée comme une perte aussi lourde et retentissante que la chute d’un baobab. Oui, le Congo a perdu un baobab en la personne de Marc Mapingou. Que peut-on dire à son sujet ?

Marc Mapingou était un homme d’une générosité remarquable. C’était un homme toujours disponible, toujours ouvert, malgré ses occupations et son riche carnet d’adresses. Parrain politique des uns, encadreurs des autres, guide éclairé, excellent conseillé, Marc Mapingou était d’une éloquence digne d’un sage, digne d’un technicien. Pas étonnant qu’il ait côtoyé les plus grands et qu’il ait été, à l’époque, directeur de compagne de l’ancien président congolais Pascal Lissouba.

Comme il est presque inutile de le rappeler, c’est à lui (et bien d’autres personnes) que Lissouba devait, dans une large mesure, sa victoire. Le réseautage de Marc Mapingou, ses relations à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, avait constitué un atout non négligeable dans la formation de sa carrure d’homme politique.

Mais cet homme qui savait se faire respecter et aimer – qui était une sorte de machine d’amour – avait également su gagner la confiance des Grands de ce monde dont feu Omar Bongo Ondimba.

Sur la place de Paris, Marc Mapingou était la référence et reste un modèle pour ceux qui désirent arpenter les sentiers politiques et de la communication. Et c’est précisément sur cette place que l’on s’est connu et qu’on s’est rapidement familiarisé. Marc Mapingou m’invitait très souvent à diner et discuter. Bref, nos rencontres avaient toujours été chaleureuses. Mais comme dit le proverbe, « les bonnes choses ne durent jamais. » On s’est vu pour la dernière fois, lors d’un « Vendredi du Congo », organisé par Kutana, à la gare du Nord. Marc Mapingou s’était adressé à moi en ces termes : « Mon cadet, avant que tu ne rentres à Brazzaville, on doit se voir à tout prix ; il faut qu’on parle. »

Malheureusement, je n’avais pas respecté la consigne. J’étais rentré sans même le rencontrer, ce qui est fort regrettable. D’autant plus regrettable que cela me renvoie directement à une scène vécue il y a 26 ans avec ma défunte mère. Pour la petite histoire, pendant qu’elle était agonisante, ma mère m’avait demandé de rester un moment auprès d’elle à l’hôpital parce qu’elle avait des choses à me dire. Mais ne pouvant supporter de la voir souffrir, j’avais prétexté avoir des devoirs scolaires à faire à la maison pour m’éclipser, sans savoir que c’était la dernière fois que je la voyais en vie. Convaincu qu’on se reverra, j’avais donc manqué de prendre ses derniers conseils, comme ça a été le cas avec le doyen Marc Mapingou.

La sagesse millénaire nous enseigne que chaque forme de vie est une pensée de Dieu revêtue de chair ou de matière. Étant donné que Dieu est éternel ainsi que ses pensées, la mort n’est qu’une illusion, car il n’y a de mort pour aucune de ses créatures. Perçu sous cet angle, j’estime personnellement que Marc Mapingou ne peut donc pas être mort et c’est bien et trop cruel de le considérer ainsi. Marc a juste changé d’octave, il est simplement passé d’un niveau de vie à un autre, d’un monde à un autre. Dans son corps physique, il a vécu, grandi et exécuté la tâche ou la mission qui lui avait été assignée. Puis, il a quitté son enveloppe corporelle pour changer de sphère d’existence. C’est cela mon intime conviction.

Je pense également qu’au lieu de l’aider, nos pleurs, notre chagrin, nos disputes et nos divisions l’attristent. Les sages s’accordent à dire que le pardon mutuel, l’amour, l’harmonie et l’unité des siens réchauffent le cœur du trépassé. Ainsi, seuls le manque de discernement et l’égoïsme poussent les Hommes à rappeler ici-bas, les âmes des personnes décédées.

L’homme nous a quittés, mais son image, son charisme, ses précieux conseils et son sourire demeureront gravés dans nos cœurs.
Merci doyen, pour ces instants inoubliables passés avec toi. Le mot d’ordre pour nous demeure « A l’attaque ».

Guy Milex M’BONDZI

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews

Hommage d’un fils: Thierry Mapingou à son père Marc Mapingou Mitoumbi

mai 13, 2020

Cher père,

Tu as laissé un héritage symbolique, en étant ce porteur de lumière.
Ton départ vers l’éternité est un nouveau soleil.
J’entends encore cette voix qui appelle à l’espoir et l’unité depuis ton départ.
Tu avais ce charisme naturel qui te précédait. J’évoque ta personnalité très profonde qui façonnait le beau et le sublime.

Lors de ton dernier souffle, tu avais ce visage, beau, lumineux, celui d’un chef, serein malgré la cruauté de la maladie.
À ce moment là, je déposais un dernier baiser sur ton front avec amour pour accompagner ton âme vers le repos éternel.

Ce moment de communion a été une forme de rencontre avec la mort. Ainsi, notre existence est si profonde, la tristesse de nos jours au bonheur recherché participe au mystère du temps.

Tu étais un homme passionné, animé d’une avide curiosité. Tu marquais les esprits par ta présence solennelle, et par ton éloquence chère.

Tu rappelais sans cesse la complexité de la vie, parce que tu savais la cruauté du monde.
Je perds un être cher. Tu m’as aimé, initié et transmis sans complexe.

Ton symbole était ton père, Basile Mapingou, un templier comme tu l’appelais.
Il t’a rappelé à ses côtés t’épargnant un futur incertain voire cruel.
Tu insistais sur notre noblesse. Tu disais: « Thierry vous avez le « sang bleu », vous êtes des enfants bénis ». Ce terme qui tire ses origines des grandes familles d’Europe.

Tu étais un homme qui cultivait chaque instant son silence. Ta parole résonnait dans l’éternité.

Tu es né avec humilité, tu es mort avec humilité. C’est cela l’élévation.

Tes derniers mots furent: «je vous aime, ne vous peinez pas mais soyez confiants»
J’entends encore cette voix qui lutte avec la maladie.

Maintenant c’est dans le silence que tu manifestes ta parole . C’est dans le silence que tu as combattu contre la dictature du bruit toute ta vie. Tu pars accompagner de ce grand silence, dans cette légendaire barque solaire de kheops qui accompagne les grands esprits vers l’éternité et l’illumination.

En vérité, en vérité, comme un Phœnix, Marc Mapingou renaît de ses cendres dans le cœur de tous ceux qui l’ont compris.

Le plus beau souvenir était notre dernier échange au jardin d’acclimatation de Neuilly sur Seine en Juillet 2019.

Quelques heures avant notre rencontre, tu disais au téléphone avec ta voix séduisante : « Thierry retrouve moi , au jardin où on partait jouer avec tes frères au football quand vous étiez plus jeunes»

À ces mots, je compris que le temps était arrivé pour toi , comme un chef tu préparais ton dernier voyage.

Nous nous retrouvâmes, devant le lac du jardin d’acclimatation, à parler de la vie, de l’espoir et de la foi.

Tu m’enseignais les plus profonds secrets de la vie que tu avais acquis grâce à ton expérience. Tu parlais de transmission, d’amour et de confiance en soi pour résumer notre échange à cette époque.

L’image d’un père et son fils devant ce lac calme, beau et ce bruit silencieux de la nature.

En vérité, en vérité ce sont là les paroles d’un fils qui doit la vie à son père.
«C’est mon premier fils, c’est comme ça que tu me présentais avec fierté».

Je ne ferai jamais le deuil car tu vis éternellement dans mon cœur.

Puisse ta belle âme reposer en paix .

Le temps est venu.

Avec Brazzanews par Thierry Mapingou