Archive for the ‘International’ Category

Face au réchauffement climatique, l’Afrique doit changer de régime

octobre 30, 2020
Projet "Un million d'arbres" men" par Sos Sahel avec les paysans de la province de la Gnagna, au Burkina Faso, en juin 2012

Quelles conséquences le changement climatique aura-t-il sur l’agriculture et l’alimentation en Afrique ? Une étude préconise d’opter pour des productions plus durables, et notamment de limiter la culture du maïs et du riz.

Sécheresse, inondations, tempêtes, invasion de ravageurs tels que les criquets… L’actualité récente le montre, le changement climatique en cours a des conséquences directes et concrètes sur les récoltes, en particulier en Afrique subsaharienne. Dans une étude conduite au Mali, au Bénin, au Ghana, en Éthiopie et au Rwanda, publiée le 14 octobre dans Global Change Biology, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) a voulu faire le point sur les conséquences de ces phénomènes sur le rendement céréalier.

Les conclusions sont hélas sans appel : une augmentation des températures de 4°C au cours des soixante prochaines années conduirait à une chute du rendement du maïs de l’ordre de 14 % sans engrais et de 26 % avec une fertilisation azotée abondante (hypothèse haute d’un scénario de + 1 à + 4 °C). Un mécanisme qui ressemble fort à un cercle vicieux puisque, soulignent les experts, les engrais chimiques azotés, utilisés pour augmenter des rendements déjà faibles, libèrent à travers les plantes et les sols du protoxyde d’azote (N20), qui accentue encore plus le réchauffement climatique.

Prendre soin des sols

L’étude du Cirad tombe à pic pour rappeler l’urgence à mettre en place des systèmes agricoles durables, fondés sur la diversification des cultures et la transition agroécologique. Une transition défendue notamment par l’Alliance pour l’agroécologie en Afrique de l’Ouest (3AO), plateforme constituée d’organisations paysannes, de syndicats agricoles, d’instituts de recherche et d’ONG, soutenue par la Cedeao. Il s’agit aussi de sortir de la dépendance aux importations de denrées alimentaires, dont la hausse des prix, selon les experts, est inévitable sous l’effet du réchauffement.

Que fera-t-on pousser demain en Afrique, dans la région du Sahel tout particulièrement ? Quelles sont les solutions locales et durables pour adapter l’agriculture au changement climatique ? Comment augmenter la sécurité alimentaire des populations ? Quelles sont les alternatives pour un régime plus riche en nutriments, protéines et fer notamment ?

Pour Émile Frison, docteur en sciences agronomiques et membre du panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables Ipes-Food, la question des sols est cruciale pour l’avenir : « Dans le passé, on a accordé peu d’attention à la santé et à la biologie des sols. On a traité les sols comme un substrat pour les plantes, alors qu’ils sont des organismes vivants, capables de puiser en profondeur et de rendre les nutriments disponibles pour les plantes à travers les microbes, les champignons, les bactéries et autres vers de terre ».

TRÈS CULTIVÉ SUR LE CONTINENT, LE MAÏS EST TRÈS SENSIBLE AUX STRESS THERMIQUE ET HYDRIQUE

« Ce rôle de sol vivant a été complètement négligé par l’agriculture industrielle des soixante dernières années. Et en Afrique subsaharienne, même si l’emploi des engrais est moindre qu’ailleurs dans le monde, ce manque d’attention se paie aujourd’hui, poursuit-il. Les sols africains sont des sols très anciens, très fragiles et très détériorés par les monocultures de quelques céréales et la perte de diversité variétale. D’où l’importance aujourd’hui, au vu des changements climatiques, d’apporter de la matière organique dans les sols grâce à la diversification des cultures et le choix de plantes moins gourmandes en eau que ne le sont le maïs et le riz. »

Périmètre maraîcher des femmes, à Boulsa, au Burkina, mis en place avec l'ONG SOS Sahel en juin 2012

Privilégier les variétés moins gourmandes en eau

Le maïs, l’une des céréales les plus cultivées sur le continent, est aussi l’une des cultures les plus sensibles aux stress thermique et hydrique. En revanche, les cultures vivrières traditionnelles de sorgho et de mil sont mieux adaptées au changement climatique. Elles résistent mieux à de hautes températures et ont besoin de peu d’eau. Combinées avec des cultures intercalaires, des légumineuses comme le niébé (haricot), des légumes racines comme la patate douce, riche en bêtacarotène, ou des légumes verts, elles permettent d’obtenir une alimentation beaucoup plus équilibrée et riche en micronutriments produits localement.

Mais, bien que très résistantes, les variétés de sorgho et de mil plantées dans l’ouest du Sahel risquent aussi de pâtir d’un climat plus sec et de voir leurs capacités d’adaptation dépassées par des émissions de CO2 élevées. D’où l’intérêt de travailler sur la sélection des variétés les plus résistantes, d’alterner cycles longs et cycles courts, céréales et maraîchage. A contrario, continuer de miser sur la culture et la consommation des grandes céréales, maïs, blé, riz, qui demandent beaucoup d’eau, semble inadapté et risqué.

C’EST DANS L’OUEST DU SAHEL QUE LES PERTES DE RENDEMENT CÉRÉALIER SERONT LES PLUS IMPORTANTES

« On estime c’est dans les pays de l’ouest du Sahel que les pertes de rendement céréalier seront les plus importantes. Dans le nord du Sénégal, on pourrait ainsi avoir des pertes de l’ordre de 15-20 % dans l’hypothèse tout à fait plausible d’un réchauffement compris entre 1,1 °C et 2 °C en 2050 », indique Benjamin Sultan, climatologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Les modèles tablent sur une hausse des pluies et des inondations au Niger, mais sur un climat plus chaud et plus sec dans l’ouest du Sahel.

Réduire la dépendance aux importations alimentaires

Avec le réchauffement climatique, les experts craignent par ailleurs une envolée des prix mondiaux. Aujourd’hui, la part des importations dans les disponibilités alimentaires énergétiques atteint 25 % en Afrique de l’Ouest, au Cameroun et au Tchad, souligne une étude de 2017 menée par le Cirad et Afristat intitulée « Les villes d’Afrique subsaharienne sont-elles si dépendantes des importations alimentaires ? ». Le défi est bien réel, dans les villes d’Afrique subsaharienne notamment, où la dépendance céréalière est forte : blé et riz y représentent au moins la moitié de la consommation de produits amylacés (qui contiennent de l’amidon) de base.

« À Dakar, le riz et le blé représente 90 % de la valeur monétaire de la consommation de produits amylacés, contre 40 % à Lomé et Cotonou », précise Olivier Lepiller, sociologue de l’alimentation au Cirad. Excepté à N’Djamena et à Bamako, mils et sorghos sont encore marginaux dans la consommation des citadins.

Reste que les tendances évoluent. Les cultures « vivrières » deviennent des cultures alimentaires commerciales. Les citadins inventent leur propre « modernité alimentaire », métissée, où les produits locaux ont largement leur place (sorgho, mil, fonio, mais aussi manioc, igname, banane plantain, patate douce).

L’AFRIQUE DOIT AMÉLIORER SA BIODIVERSITÉ ET DIVERSIFIER SES APPORTS NUTRITIONNELS

Au Burkina Faso, le bâbenda, plat de soudure traditionnel de l’ethnie mossi, sorte de bouillie peu dense qui associe mil pilé et premiers légumes feuilles de la nouvelle saison des pluies, est aujourd’hui revalorisé et consommé en ville, comme le souligne l’ouvrage Manger en ville. Regards socio-anthropologiques d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, paru en 2020 aux éditions Quæ.

Consommer plus d’insectes

Confrontée aux changements climatiques, à une insécurité alimentaire et nutritionnelle forte, l’Afrique subsaharienne a tout intérêt à adapter ses productions agricoles, à améliorer sa biodiversité et à diversifier ses apports nutritionnels « plutôt que d’augmenter le volume de quelques cultures seulement (…) », pointe Maria Antonia Tuazon, responsable de la division insectes comestibles à la FAO.

Dans ce contexte, la consommation d’insectes et de larves, qui a déjà largement cours en Afrique centrale et australe, fait partie des solutions les plus réalistes et efficaces à mettre en œuvre. Riche en protéines et en lipides, la consommation d’insectes offre des bénéfices certains pour la santé, et de nombreux avantages environnementaux.

Avec Jeune Afrique par Christelle Marot

Commémoration : la ville de Verquin honore la mémoire des soldats africains morts pour libérer la France

octobre 30, 2020

Pendant que Brazzaville vivait au rythme des travaux du colloque international « De Gaulle et Brazzaville, une mémoire partagée entre la France, le Congo et l’Afrique », Verquin dans le Haut de France, en souvenir de Brazzaville, honorait les combattants africains pour la liberté du monde.

Verquin en France lors de l'hommage rendu aux combattants africains morts pour la France

Photo : Verquin en France lors de l’hommage rendu aux combattants africains morts pour la France Crédit photo : Verquin Seja

Mardi 27 octobre dernier, a été commémoré le 80e anniversaire du Manifeste de Brazzaville. Cet événement a donné lieu, à la fois au Congo Brazzaville, dont la capitale devint, en octobre 1940, la capitale de la France libre et à Verquin, petite ville du Pas-de-Calais, devant un ensemble de sculptures érigées en hommage aux combattants africains qui ont contribué à la victoire de la France libre et des forces alliées contre le nazisme.

Cette cérémonie placée sous l’égide de l’ambassade du Congo à Paris s’est déroulée en présence de Chantal Ambroise, sous-préfète de Béthune, Félix Mokiemo, ministre conseiller près l’ambassade du Congo en France, Thierry Tassez, maire de la ville hôte et Anatole Collinet Makosso, ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, invité d’honneur de cette commémoration et qui pour la circonstance  a été élevé en qualité de citoyen d’honneur de la ville de Verquin.

En cette année 2020, consacrée au général de Gaulle, natif de Lille, les élèves des écoles de Verquin ont travaillé sur le Congo en abordant différents aspects. Par exemple, durant une semaine, ils ont  appris à connaître la situation géographique du Congo en commençant à s’intéresser à sa faune et sa flore, sa littérature, sa cuisine et la musique et ses contes.

Selon le maire de Verquin, de cette éducation des jeunes à la découverte du monde, naîtront les armes pour lutter contre le racisme et cultiver le « vivre ensemble ». Dans la continuité de sa pensée, il a invité le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’Alphabétisation du Congo pour  recevoir une médaille de la ville pour  son travail dans le cadre de la poursuite du droit à l’éducation aux enfants congolais durant la crise sanitaire du moment.

Tout en remerciant le peuple congolais, à l’époque de l’empire, d’avoir su donner la dignité à la France, le maire s’est engagé à effectuer les démarches afin d’inscrire sur la liste des commémorations en France, le 27 octobre comme date de la commémoration du Manifeste de Brazzaville.

A titre symbolique,  Chantal Ambroise, Anatole  Collinet Makosso, Thierry Tassez, Félix Mokiemo, ont déposé des gerbes de fleurs pour honorer la mémoire de ces soldats africains morts pour la France.

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Lire ou relire : « Désir d’Afrique » de Boniface Mongo-Mboussa

octobre 30, 2020

L’essai publié aux éditions Gallimard est un puissant plaidoyer en faveur de la littérature africaine réalisé par un critique littéraire africain.

Le souci d’écrire l’histoire du continent africain anime de plus en plus l’élite africaine face aux incohérences souvent décriées dans des ouvrages écrits par des Occidentaux spécialistes des questions d’Afrique. Au-delà d’une passion puérile, le critique littéraire congolais Boniface Mongo-Mboussa explore la production littéraire africaine depuis les pères de la Négritude jusqu’aux plumes émergentes du XXIe siècle.

Cette œuvre analytique n’est certes pas exhaustive, néanmoins elle est fondamentale. D’une part, elle présente un tableau englobant des classiques africains et, de l’autre, elle fait une synthèse assez pertinente des thématiques majeures de la littérature africaine de façon diachronique.

La littérature africaine a la particularité d’être fortement liée au vécu. Et souvent c’est une écriture soit de révolte, soit de réminiscence culturelle en guise de mémorial, ou encore d’appropriation de l’exotique pour enrichir le fait endogène. En bref, d’amont en aval, la quête identitaire et l’altérité demeurent, depuis des lustres, les caractéristiques majeures de cette portion de la littérature mondiale.

Pour Sami Tchak, qui a écrit la postface, « Désir d’Afrique offre la possibilité, même à celui qui ignore encore tout de la littérature africaine, de l’aborder sous la forme d’une mise en scène où apparaissent nombre des principaux acteurs qui la font » (page 369).  Quant au préfacier, Ahmadou Kourouma voit en cet ouvrage une immense œuvre d’érudition, un grand trésor caché à exploiter, dont la cachette n’est qu’un secret de polichinelle. « De page en page, écrit-il, on est surpris de constater tout ce qu’on ignorait et que Mongo-Mboussa nous apprend ; rapidement on comprend, on comprend jusqu’à aimer ces chevaliers de la plume, jusqu’à désirer l’Afrique et ses problèmes » (page 17).

Docteur ès lettres, Boniface Mongo-Mboussa est enseignant supérieur de littérature francophone à Paris, critique littéraire à la revue L’Atelier du roman et animateur de l’émission « Francoscopie » pour la radio Fréquence protestante.

Avec Adiac-Congo par Aubin Banzouzi

RDC-Angola – Décès de l’homme d’affaires Sindika Dokolo

octobre 30, 2020
Isabel dos Santos aux côtés de son époux Sindika Dokolo, au Portugal en mars 2015 (photo d'illustration).

L’homme d’affaires et collectionneur d’art congolais Sindika Dokolo est décédé, le 29 octobre, à la suite d’un accident de plongée.

Sindika Dokolo est décédé, ce jeudi 29 octobre à Dubaï, où il résidait, à la suite d’un accident de plongée. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par plusieurs membres de sa famille.

Dandy cultivé et homme d’affaires avisé, Sindika Dokolo était aussi un observateur attentif de la scène politique régionale. Il était âgé de 48 ans.

Il était depuis 2002 l’époux d’Isabel dos Santos, la fille de l’ancien président angolais, José Eduardo dos Santos, au pouvoir de 1979 à 2017.

Intelligent et ambitieux

Il était aussi le fils de l’homme d’affaires Augustin Dokolo Sanu, dont il avait hérité en 2001. Aux côtés de sa femme, Hanne Kruse, une Danoise épousée en 1968, ce patriarche mukongo avait édifié l’un des plus vastes empires économiques du Zaïre de Mobutu, avec pour fleuron la Banque de Kinshasa.

Sindika Dokolo lui-même avait grandi entre l’Afrique et l’Europe. Intelligent et ambitieux, il avait construit carrière et fortune aux côtés de son épouse Isabel dans le pétrole, les diamants (via De Grisogono), la distribution, le ciment, et la téléphonie. Collectionneur d’art, il plaidait pour que les œuvres d’art pillées soient restitués aux musées africains.

En 2017, alors que le mandat de Joseph Kabila arrivait à son terme et que celui-ci entretenait le mystère sur ses intentions, Dokolo avait fondé le mouvement citoyen « Congolais debout » et appuyé financièrement d’autres organisations et personnalités proches de l’opposition.

Luanda Leaks

Son épouse était récemment tombée dans le collimateur de la justice en Angola et au Portugal, où les avoirs du couple, estimés à plusieurs milliards de dollars, sont gelés.

En début d’année, les Luanda Leaks ont aussi exposé les dessous de l’empire financier du couple. En août, le demi-frère de sa femme, José Filomeno dos Santos, avait pour sa part été condamné à cinq ans de prison pour fraude, blanchiment d’argent et trafic d’influence dans le cadre d’un projet de constitution d’un fonds d’investissement quelques mois avant le départ de son père de la présidence angolaise.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnalités ont commencé à lui rendre hommage, rappelant son combat pour « l’instauration d’un État de droit » en RDC et son engagement pour le respect de l’identité africaine

Avec  Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala– à Kinshasa

France/Attentat islamiste à Nice : «C’est la France qui est attaquée», dénonce Emmanuel Macron

octobre 29, 2020

Des policiers gardent la rue menant à la basilique Notre-Dame de l’Assomption, à Nice.

Selon une source policière au Figaro, une première femme, âgée et venue prier de bon matin, a été retrouvée égorgée et «quasiment décapitée» près du bénitier dans l’édifice religieux. Un homme, le sacristain, a également été retrouvé égorgé dans l’église. Une seconde femme, qui avait réussi à se réfugier dans un café voisin, y a perdu la vie, le corps lardé de plusieurs coups de couteaux. L’attaque a également fait plusieurs blessés.

La police municipale a interpellé l’auteur des faits, qui a été transporté à l’hôpital à la suite d’une blessure par balle. Il s’agirait d’un Tunisien de 21 ans qui se nomme Brahim Aouissaoui. Non demandeur d’asile en France, il serait arrivé par Lampedusa fin septembre. Il aurait déclaré avoir agi seul et revendiquerait les faits, sans plus de précisions à l’heure actuelle.

Le président Emmanuel Macron s’est rendu sur place. Devant la basilique Notre-Dame, il a dénoncé une « attaque terroriste islamiste ». Une réunion de crise a par ailleurs été ouverte à l’Intérieur, présidée par le ministre Gérald Darmanin. Le premier ministre Jean Castex a de même quitté l’Assemblée pour participer à la réunion.

Le parquet antiterroriste a ouvert immédiatement une enquête pour «assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste» et «association de malfaiteurs terroriste criminelle». Le procureur antiterroriste Jean-François Ricard s’est rendu sur place.

Jean-Yves Le Drian lance « un message de paix au monde musulman »

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a lancé un «message de paix au monde musulman», en soulignant que la France était le «pays de la tolérance», pas du «mépris ou du rejet».

«N’écoutez pas les voix qui cherchent à attiser la défiance. Ne nous laissons pas enfermer dans les outrances d’une minorité de manipulateurs», a-t-il déclaré lors de l’examen du budget de son ministère à l’Assemblée nationale.

L’assaillant est un Tunisien de 21 ans arrivé par Lampedusa

L’attaquant au couteau est un Tunisien de 21 ans qui se nomme Brahim Aouissaoui. Non demandeur d’asile en France, il était arrivé en Europe par Lampedusa fin septembre, où il avait été mis en quarantaine par les autorités italiennes avant d’être visé par une obligation de quitter le territoire italien et laissé libre, a ajouté cette source. Il est sur le territoire français depuis le début du mois d’octobre.

Selon certaines sources judiciaires, son identité n’est pas encore formellement confirmée. Les enquêteurs ne disposeraient pour l’instant que d’un document de la Croix rouge italienne correspondant à l’identité de Brahim Aouissaoui.

«Fermeté et unité, telle est la ligne que nous devons suivre», insiste Macron

Le chef de l’État, devant la basilique Notre-Dame de Nice, a ensuite appelé les Français à «l’unité de tous» et à «ne rien céder à l’esprit de division». «Fermeté et unité, telle est la ligne que nous devons suivre», a-t-il insisté avant de clore son allocution.
Des policiers surveillent les abords de la basilique Notre-Dame de l’Assomption à Nice, quelques heures après l’attentat terroriste islamiste.

Macron : «Je veux dire le soutien de la nation tout entière aux catholiques»

Lors de son allocution à la presse, devant la basilique Notre-Dame de Nice, le président Emmanuel Macron a souhaité avant tout «dire le soutien de la nation tout entière aux catholiques de France et d’ailleurs».

Le président français parle aux médias à Nice.
«Après l’assassinat du père Hamel à l’été 2016, c’est une nouvelle fois les catholiques qui sont attaqués dans notre pays, menacés», a ajouté le chef de l’État, se référant à l’assassinat du père Jacques Hamel, égorgé dans son église par des terroristes islamistes le 26 juillet 2016 à Saint-Étienne-du-Rouvray.

«La nation tout entière se tient à leurs côtés et se tiendra pour que la religion puisse continuer de s’exercer librement dans notre pays», a poursuivi le chef de l’État.

«Très clairement, c’est la France qui est attaquée», a poursuivi Emmanuel Macron, notamment accompagné du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, du ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, du maire de Nice Christian Estrosi et du président des évêques de France Mgr Éric de Moulins-Beaufort.

Au même moment, un site consulaire français était attaqué en Arabie-Saoudite à Jeddah, a rappelé le chef de l’État – un vigile du consulat français à Jeddah a en effet été blessé au couteau ce jeudi matin. Et «au même moment, des interpellations sur notre territoire se faisaient», a continué le président.

«Si nous sommes attaqués (…) c’est pour les valeurs qui sont les nôtres, pour notre goût de la liberté, pour cette possibilité sur notre sol de croire librement (…). Nous n’y céderons rien», a poursuivi Emmanuel Macron devant la presse, à Nice. Le président a également annoncé le passage de 3000 à 7000 militaires pour l’opération Sentinelle.

Lors de son déplacement à Nice, le président de la République a dénoncé, lors d’un point presse, «une attaque terroriste islamiste».
Emmanuel Macron lors d’un point presse, à Nice, ce jeudi. AFP

De nombreuses églises viennent de sonner le glas à 15 heures, à Strasbourg, Mulhouse, La Rochelle, Nantes, Lourdes et Paris.

Cette décision survient après un appel de la conférence des évêques de France (CEF), qui a invité dans un communiqué les catholiques à prier pour les victimes : «Malgré la douleur qui les étreint, les catholiques refusent de céder à la peur (…) Partout où cela sera possible, le glas des églises de France sonnera aujourd’hui à 15h. Les catholiques seront invités à une prière pour les personnes victimes».

Dans la capitale, le glas de la cathédrale Notre-Dame de Paris, toujours en travaux, a retenti à 15h. Plusieurs passants se sont alors recueillis sur le parvis, tandis que des policiers surveillaient leurs alentours, rapporte notre journaliste Alban Barthélémy sur place :

Le glas de Notre-Dame est sonné par les compagnons et architectes en chef du chantier de sécurisation de la cathédrale, précise une journaliste de Paris Notre Dame, le journal du diocèse de Paris.

À Nantes, l’église Sainte-Croix a également sonné le glas, rapporte un journaliste sur place :

Le glas a également été sonné à Lourdes, tandis que le rosaire était récité pour les victimes de l’attentat.

En janvier 2015, après l’attentat contre le pourtant très anticlérical hebdomadaire Charlie Hebdo, les cloches des églises de France avaient déjà sonné le glas. Après les attentats du 13 novembre 2015, c’est le glas de Notre-Dame de Paris qui avait retenti.

«À la suite de l’attentat de ce matin à la basilique Notre-Dame de Nice, l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, présidera une messe à l’intention des victimes à 15h15 à Saint-Sulpice, après la sonnerie du glas», a annoncé le diocèse de la capitale dans un communiqué.

À 20h30, Mgr Michel Aupetit rencontrera le premier ministre Jean Castex à Matignon. Il donnera une conférence de presse à l’issue de sa rencontre, précise le diocèse.

Selon nos informations, l’individu, né en 1994 et connu des services de renseignements, était vêtu d’une djellaba et d’une veste de treillis. Son arrestation a semble-t-il permis d’éviter une nouvelle tragédie.

L’Arabie saoudite a «condamné avec force» l’attentat survenu à Nice dans la matinée. «Nous condamnons avec force et dénonçons l’attaque terroriste qui a fait des morts et des blessés (…) à Nice, en France», a indiqué le ministère saoudien des Affaires étrangères sur Twitter. «Nous réitérons le rejet catégorique du royaume à de tels actes extrémistes qui sont contraires à toutes les religions, les croyances et le bon sens», ajoute le texte.

Il appelle en outre à «rejeter les pratiques qui entraînent la haine, la violence et l’extrémisme».

Trois personnes ont été tuées ce matin. La première des victimes était une femme âgée d’environ 70 ans. La deuxième victime, une trentenaire, a succombé aux nombreux coups de couteau donnés par l’assaillant. Enfin, la troisième victime n’était autre que le sacristain de l’église, Vincent, père de deux filles.

Emmanuel Macron est arrivé à Nice, en compagnie notamment du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti est à ses côtés, ainsi que Christian Estrosi, le maire de la ville.
Éric Dupond-Moretti, Gérald Darmanin, Emmanuel Macron et Christian Estrosi, ce jeudi, à Nice. AFP

La président de la République est actuellement en train de discuter avec des forces de l’ordre présentes sur place. Les policiers municipaux ont effectivement contribué à l’interpellation de l’auteur des faits ce matin.

Le grand imam de la mosquée et université Al-Azhar, l’un des plus hauts dignitaires de l’islam sunnite, a condamné et dénoncé dans un tweet «cet abominable attentat terroriste». «Il n’y a aucune justification pour ces actes terroristes haineux qui contredisent les enseignements tolérants de l’islam et de toutes les religions divines», a-t-il poursuivi. Il met également en garde contre «l’escalade de la rhétorique de la violence et de la haine» et appelle à «la prédominance de la voix de la sagesse».

Les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande ont tous deux dénoncé un acte de «barbarie», Nicolas Sarkozy appelant la France à «faire preuve d’une détermination sans faille» contre «les ennemis de la démocratie», François Hollande affirmant que «la démocratie est notre arme» face au «terrorisme islamiste».

«Je suis proche de la communauté catholique de Nice, en deuil après l’attaque qui a semé la mort dans un lieu de prière et de consolation. Je prie pour les victimes, pour leurs familles et pour le bien-aimé peuple français, afin qu’il puisse réagir au mal par le bien», a réagi officiellement le pape François sur son compte Twitter.

«Dès la nouvelle de cet attentat à Nice, la responsable de la sécurité de la cathédrale pour l’État est d’ailleurs venue me trouver pour voir si nous ne devions pas renforcer notre dispositifconfie à La Vie l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, qui avait été confronté en 2016 à l’assassinat islamiste du père Hamel. Mais nous ne devons pas céder devant la peur. Nous ne devons pas fermer nos églises.»

« C’est un moment de tristesse, dans un moment de confusion. Le terrorisme et la violence ne peuvent jamais être acceptés », a déclaré Matteo Bruni, directeur de la salle de presse du Vatican, ce 29 octobre , rapporte l’agence de presse romaine I.Media. «L’attentat d’aujourd’hui a semé la mort dans un lieu d’amour et de consolation, comme la maison du Seigneur », ajoute-t-il. Le pape selon lui est informé de la situation et se fait proche de la communauté catholique en deuil. «Il prie pour les victimes et leurs proches, pour que la violence cesse, pour qu’on recommence à se regarder comme frères et soeurs et non comme des ennemis, pour que le peuple français puisse réagir uni contre le mal, avec le bien.»La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé la «solidarité» de l’Allemagne avec la France. «Je suis profondément bouleversée par les meurtres cruels dans une église à Nice», a déclaré la dirigeante citée sur le compte Twitter du porte-parole du gouvernement allemand. «Dans ces heures difficiles, l’Allemagne adresse sa solidarité à la nation française», a-t-elle ajouté.

La Turquie a «fermement» condamné l’attaque «sauvage» au couteau de Nice, mettant de côté les vives tensions entre Ankara et Paris pour exprimer sa «solidarité».

«Nous condamnons fermement l’attaque qui a été commise aujourd’hui à l’intérieur de l’église Notre-Dame de Nice (…) et présentons nos condoléances aux proches des victimes», a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

«Il est clair que ceux qui ont commis une telle attaque sauvage dans un lieu de culte sacré ne peuvent s’inspirer de quelque valeur religieuse, humaine ou morale que ce soit», a ajouté le ministère, exprimant sa «solidarité avec le peuple français face au terrorisme et à la violence».

Le premier ministre britannique Boris Johnson s’est dit, dans un tweet en français, «sous le choc» après «l’attaque barbare» qui a fait au moins trois morts dans une église de Nice, dans le sud-est de la France.

«Je suis sous le choc d’apprendre la nouvelle de l’attaque barbare au sein de la basilique Notre-Dame à Nice. Nos pensées vont aux victimes et à leurs familles, et le Royaume-Uni est aux côtés de la France pour lutter contre la terreur et l’intolérance», a-t-il écrit.

L’auteur de l’attaque au couteau a crié «Allah Akbar» en accomplissant son geste, selon une source proche de l’enquête citée par l’AFP.

Le plan vigipirate est porté au niveau «urgence attentat» sur l’ensemble du territoire national après l’attentat de Nice, vient d’annoncer devant l’Assemblée nationale Jean Castex, précisant qu’un conseil de défense aurait lieu vendredi matin.

Le premier ministre a également dénoncé une «attaque aussi lâche que barbare qui endeuille le pays tout entier».

Deux fidèles, qui connaissaient le sacristain assassiné, témoignent, bouleversées, devant un journaliste de Nice Matin: «C’était un homme calme, très calme. Il ne disait rien, il servait l’église. Il était tout le temps à l’écoute (…).»«Il est urgent que cette gangrène soit stoppée comme il est urgent que nous retrouvions l’indispensable fraternité qui nous tiendra tous debout face à ces menaces», ajoutent les évêques dans leur communiqué.«C’est parce qu’elles se trouvaient dans la Basilique que ces personnes ont été attaquées, assassinées. Elles représentaient un symbole à abattre»commente la CEF dans un communiqué«Ces assassinats nous rappellent le martyre du Père Jacques Hamel. À travers ces actes horribles, c’est tout notre pays qui est touché. Ce terrorisme vise à installer l’angoisse dans toute notre société.» 

La conférence des évêques de France (CEF) a appelé dans un communiqué à un hommage à 15h, invitant les catholiques à prier pour les victimes et toutes les églises du territoire national à faire sonner le glas : «Malgré la douleur qui les étreint, les catholiques refusent de céder à la peur (…) Partout où cela sera possible, le glas des églises de France sonnera aujourd’hui à 15h. Les catholiques seront invités à une prière pour les personnes victimes».

À Rome, les cloches de l’église Saint-Louis-des-Français sonneront également le glas à 15h.Après les départs à Nice d’Emmanuel Macron, Gérald Darmanin (Intérieur) et Éric Dupond-Moretti (Justice), et Jean Castex à l’Assemblée nationale, la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, assure la présidence de la cellule interministérielle de crise à Beauvau, a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

Le président de la République se rendra à la basilique Notre-Dame de Nice en début d’après-midi, a indiqué l’Élysée à la mi-journée. Il sera accompagné du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, du ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti, de Jean François Ricard, chef du parquet national antiterroriste ainsi que de Mgr de Moulin Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, précise l’Élysée dans un communiqué. Emmanuel Macron échangera avec les forces de sécurité et secours mobilisées sur place. Il rencontrera sur place le maire de Nice, Christian Estrosi ainsi que les députés Cédric Roussel et Eric Ciotti.

Selon des sources policières du Figaro, deux heures après l’attaque de la basilique de Notre-Dame de Nice, un homme a tenté d’attaquer des policiers à Avignon, dans le quartier de Montfavet. Il a été abattu par les forces de l’ordre vers 11h15.

«Ma tristesse est infinie en temps qu’humain devant ce que d’autres êtres, dits humains, peuvent commettre», a réagi Mgr André Marceau, évêque de Nice, dans un communiqué ce jeudi en fin de matinée. «À cet instant, toutes les églises de Nice sont fermées jusqu’à nouvel ordre, et placées sous protection policière», indique-t-il.

«Toutes mes prières rejoignent les victimes, leurs proches, les forces de l’ordre en première ligne de cette tragédie, prêtres et fidèles meurtris dans leur foi et leur espérance, ajoute Mgr Marceau. Que l’esprit de pardon du Christ prévale face à ces actes barbares.»

«Je suis profondément choqué et attristé par la nouvelle de l’horrible attentat de Nice. Cette douleur est ressentie par nous tous en Europe, a réagi David Sassoli, président du Parlement européen, sur son compte Twitter. Nous avons le devoir de nous unir contre la violence et ceux qui cherchent à inciter et à répandre la haine.»

«Solidarité avec les famillles des victimes et tous les habitants de Nice, une nouvelle fois frappée au coeur. Restons unis et déterminés de toutes nos forces pour faire face à la menace du terrorisme islamiste sur notre pays», a réagi l’ancien premier ministre et ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

«Pensée de compassion affligée pour les victimes de l’attentat de Nice. Solidarité émue avec les catholiques de France», a réagit ce matin le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon sur Twitter.
Interrogée par un reporter de Nice Matin, une Niçoise témoigne : «souvent, je passe le matin (dans la basilique), pour mettre un cierge. Cela aurait pu être moi».

Une autre femme, à quelques mètres du drame, s’indigne et crie sa rage, à quelques mètres du drame, rapporte encore Nice Matin. 

Les premières images des agences de presse montrent les forces de l’ordre continuer de boucler le secteur de la basilique Notre-Dame et des riverains sous le choc, après l’attentat terroriste ayant causé la mort de trois personnes.

Les forces spéciales du Raid, unité d’élite de la police nationale du Raid, ont investi la basilique.

«Drame à Nice. Ma prière pour les victimes et leurs proches. Dimanche, pour la Toussaint, nous entendrons le Seigneur : Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. Heureux si l’on vous persécute à cause de moi. Car votre récompense sera grande dans les cieux», écrit l’archevêque du diocèse de Reims et président de la Conférence des évêques de France, Mgr de Moulins-Beaufort, dans un tweet en hommage aux victimes.

«Ma prière toute spéciale encore pour les diocésains de Nice et Mgr Marceau, leur évêque. Qu’ils sachent se soutenir dans cette épreuve et soutenir ceux qui sont éprouvés dans leur chair», a-t-il ajouté.Prêtre à Versailles, blogueur influent et régulièrement invité sur les plateaux télévisés, l’abbé Pierre-Hervé Grosjean a réagi ce matin sur Twitter à l’attaque survenue dans le secteur de la basilique Notre-Dame de Nice : « Immense peine après l’attentat dans l’église Notre Dame de Nice. Communion avec les prêtres, les paroissiens, le diocèse. Prière pour les défunts, tués parce qu’ils étaient chrétiens. Prière et… immense colère contre ces barbares islamistes, qui viennent nous attaquer si lâchement», a-t-il écrit.

«Les fleurs et les bougies ne suffiront pas», a-t-il poursuivi dans un second tweet. « Nous croyants, nous prierons pour les défunts et leurs proches, pour la conversion du coeur des barbares… mais la mission des politiques, ce n’est pas les fleurs ni les bougies. C’est de nous protéger contre cet ennemi et de le vaincre», a-t-il insisté.

«Aujourd’hui, nous sommes en train de payer un tribut beaucoup trop lourd en étant une fois de plus victimes de l’islamo-fascisme (…) Cela ne fait aucun doute, (…) il n’a cessé de répéter ‘Allah akbar’», a précisé à la presse Christian Estrosi.
«Je condamne avec force l’attentat terroriste qui s’est produit près de la basilique Notre-Dame de Nice. En signe de deuil et de solidarité avec les victimes et leurs proches, j’appelle les musulmans de France à annuler toutes les festivités de la fête du Mawlid», commémoration de la naissance du prophète Mahomet, a réagi jeudi matin sur Twitter le Conseil français du culte musulman (CFCM).

«Mes premiers mots sont des mots de compassion à l’égard des proches et des familles des victimes, ainsi que pour tous ceux de la communauté paroissiale de la basilique Notre-Dame de Nice», a déclaré à la presse le maire de la ville. Il s’est également adressé à «tous les Niçois qui sont sous le coup de l’émotion», et a rendu «hommage aux forces de l’ordre».

Avec Lefigaro par Bénedicte Lutaud, Margaux d’Adhémar, Christophe Cornevin et Steve Tenré

Pour l’ex-premier ministre de Malaisie, «les musulmans ont le droit de tuer des Français»

octobre 29, 2020

L’ex-premier ministre de Malaisie, Mahathir Mohamad, a déclaré jeudi 29 octobre que les musulmans avaient le droit «de tuer des millions de Français», peu après un attentat au couteau à Nice. Trois personnes ont été tuées jeudi, dont au moins une égorgée, dans une église de Nice lors d’une attaque considérée par les autorités françaises comme terroriste.

Peu après, celui qui fut premier ministre de Malaisie, pays à majorité musulmane, jusqu’à la chute de son gouvernement en février, a posté sur son compte Twitter des propos incendiaires. Se référant à la décapitation le 16 octobre d’un enseignant français qui avait montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves, dans le cadre de son enseignement, Mahathir Mohamad a déclaré qu’il n’approuvait pas l’attentat mais que la liberté d’expression n’incluait pas «les insultes à l’égard d’autrui». «Quelle que soit la religion mise en cause, les gens qui sont en colère tuent», a affirmé l’ex-premier ministre, âgé de 95 ans, auteur dans le passé de déclarations controversées sur les juifs et les homosexuels. «Au cours de leur histoire, les Français ont tué des millions de gens. Beaucoup étaient musulmans. Les musulmans ont le droit d’être en colère et de tuer des millions de Français pour les massacres du passé», a-t-il ajouté.

Mahathir Mohamad, qui a occupé à deux reprises le fauteuil de premier ministre pendant une durée cumulée de 24 ans, a jugé que le président français Emmanuel Macron était «très primitif». «Les Français devraient enseigner à leurs citoyens le respect des sentiments d’autrui. Puisqu’on accuse tous les musulmans et la religion des musulmans pour ce qu’une personne en colère a fait, les musulmans ont le droit de punir les Français», a-t-il poursuivi. «Le boycott ne peut pas compenser les méfaits commis par les Français toutes ces années».

Twitter a finalement retiré le message de l’ex-Premier ministre malaisien dans la journée, après que la France a réclamé la suspension pure et simple du compte.

Il n’a fait aucune référence à l’attaque de Nice, commise selon une source française proche de l’enquête au cri d’«Allah Akbar» («Dieu est le plus grand», en arabe).

Après la décapitation de l’enseignant français, Samuel Paty, par un jeune de 18 ans Russe tchétchène, Emmanuel Macron a promis que la France ne renoncerait pas aux caricatures, au nom de la liberté d’expression. Ses propos ont entraîné dans plusieurs pays musulmans de vives tensions, allant de manifestations massives jusqu’au boycott de produits français.

Par Lefigaro avec AFP

Les Afro-américains, « faiseurs de roi » de l’élection présidentielle ?

octobre 29, 2020

Quel rôle vont jouer les communautés latino et noires américaines dans l’élection présidentielle entre Joe Biden et Donald Trump ?

Olivier Richomme, maître de conférence en civilisation américaine à l’Université Lumière Lyon 2 et spécialiste des questions raciales, d’identités et de politique aux Etats-Unis éclaircit ces questions pour Euronews, en abordant également la problématique de la participation de ces communautés à un scrutin bouleversé par la pandémie de Covid-19.


Euronews : En ce qui concerne les votes des Latinos et des Noirs américains, doit-on parler de bloc monolithique ou au contraire, est ce qu’il y a une vraie diversité politique au sein de ces communautés ?

Olivier Richomme : Si votre question concerne une analyse fine des communautés et des différents positionnements, effectivement il y a une certaine diversité. Il y a une certaine diversité au sein de la communauté africaine-américaine : il y a des conservateurs, ou sur les questions sur le port d’armes ou sur l’homosexualité. Mais dans les faits, les Africains-Américains votent pour le Parti démocrate à 90%. Et ça depuis quasiment les années 1960 ; ils font partie de la coalition démocrate. Je ne veux pas donner l’impression que cette communauté serait monolithique ; il y a des différences, mais d’un point de vue électoral, ils n’ont pas d’autre alternative que de se tourner vers le parti démocrate. Ce qui pose des problèmes puisque le Parti démocrate le sait et a des fois tendance à négliger ces communautés parce qu’il sait que, de toute façon, le Parti républicain n’est pas vraiment une option pour eux. C’est donc la participation qui reste la clé, on essaie de motiver des Africains-Américains à se déplacer.


On a vu qu’Hillary Clinton, par exemple, n’avait pas réussi à convaincre les Africains-Américains de se déplacer en nombre aussi important avec Barack Obama. Et quand l’élection se joue à pas grand-chose, comme en 2016, ça peut faire une différence.

En ce qui concerne les Latinos, ils votent à 70% pour le parti démocrate. Donc, on ne peut pas parler d’un vote monolithique, mais on a quand même une tendance très forte. On voit que le facteur ethno-racial est l’un des facteurs qui surdéterminent la façon dont les électeurs vont voter. Vous ne l’avez pas si vous prenez le sexe, si vous prenez le niveau d’éducation, si vous prenez la religion… Vous n’avez pratiquement aucun autre facteur qui donne des chiffres pareils. 90%, 70%, c’est énorme. L’une des raisons pour lesquelles les Latinos sont à 70/30 et non pas à 90% comme les Africains-Américains, c’est la question religieuse.

En fait, vous avez des catholiques très fervents, soit des évangéliques très fervents qui sont latinos, qui n’apprécient pas forcément la rhétorique de Donald Trump sur la communauté latino, mais qui sont prêts à laisser un peu ça de côté parce que la liberté religieuse, liberté de choisir l’école, le contenu des cours etc. est plus important à cause de la prépondérance de leur choix. Cela crée un plancher, ces chiffres ne descendent pas chez les Latinos.


Euronews : Qu’en est-il de la question cubaine ?

O. Richomme : Bien sûr, il y a plusieurs choses qui entrent en ligne de compte. Les Africains-Américains ont le même taux de participation que les Blancs et donc leur vote a un impact beaucoup plus important. Les Latinos votent moins que les Blancs et les Africains-Américains. Et donc même s’ils sont plus nombreux que les Africains-Américains, parce qui ne votent pas autant, leur vote n’a pas le même impact. Ils sont aussi répartis différemment dans le pays. Les Latinos sont répartis dans certains États plus ou moins clés, tels que Californie, fermement démocrate, ou le Texas que les démocrates ont, à court terme, peu de chance de faire basculer.

La Floride, elle, est l’un des États les plus importants, où il y a une communauté latino ; elle compte beaucoup d’anciens Cubains. Dans cet État, un tiers des Latinos sont cubains, un tiers sont mexicains et le dernier tiers sont d’une autre origine.

Or, la question cubaine était beaucoup plus prégnante avant. Parmi ce tiers de Cubains, l’ancienne génération est beaucoup plus intéressée par la question cubaine que la nouvelle génération, beaucoup plus ouverte au parti démocrate. C’est l’ancienne génération, celle qui est au pouvoir localement, qui a réussi à faire élire des membres du Congrès. Elle est beaucoup plus active sur l’embargo et continue la dynamique de la guerre froide.

Mais on voit qu’il y a une évolution, et c’est pour cela qu’Obama a pu renouer des relations diplomatiques avec Cuba. On voit qu’on peut commencer à parler de ce genre de choses sans avoir un impact trop important en Floride. Jusque-là, ce qui se passait, comme la Floride est un des États-clés pour l’élection présidentielle, on ne voulait pas se mettre l’électorat cubain à dos et on laissait la question cubaine de côté. Maintenant, la question peut être soulevée parce qu’il y a cette évolution démographique et électorale.


Euronews : Outre la Floride, y a-t-il d’autres États-clés où ces votes latinos et africains-américains peuvent peser ?

O. Richomme : Dans tous les États-clés et dans tous les États où la présidentielle se joue à peu de choses. Si vous vous souvenez, ce qui s’est passé en 2016, la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin ont été gagnés par Donald Trump par quelques dizaines de milliers de voix. Ça s’est joué vraiment dans un mouchoir de poche.

Et il y a aussi bien sûr la Floride, gagnée en 2016 par 100 000 voix, ce qui est très peu vu la population de l’État. Dans le Michigan vers Détroit, on a vu qu’en 2016 que les Africains-Américains ne s’étaient pas rendus aux urnes de façon aussi massive pour Hillary Clinton qu’ils ne l’avaient fait pour Barack Obama. Par conséquent, il a été dit qu’elle a perdu le Michigan à cause du vote africains-américains.

Cette élection se joue à tellement peu de voix dans certains États, les États-clés, qui concentrent toute l’énergie et tout le financement des campagnes, que n’importe quelle communauté peut prétendre être « king maker », faiseur de roi. Par exemple en Pennsylvanie, il faut absolument pour les démocrates que les Africains-Américains de Philadelphie aillent voter. Des Latinos, il y en a aussi dans le Michigan et aussi dans le Wisconsin. Pas beaucoup mais ça peut faire la différence.

En 2016, on a vu qu’il y avait une vraie baisse de la participation des Latinos, notamment à cause des mesures contraignantes mises en place pour décourager les gens de voter. Et puis la Floride, elle aussi clé, compte beaucoup d’Africains-Américains et beaucoup de Latinos. Les deux communautés sont clés dans cet État car ils font partie de la coalition démocrate.


Euronews : En fait, il s’agit d’une bataille de la mobilisation ?

O. Richomme : Une bataille, exactement, comme toujours. On voit cette année que certains États peuvent basculer : la Caroline du Nord avec un gros bastion d’Africains-Américains que Barack Obama avait gagné ou l’Arizona, qui vote beaucoup républicains d’habitude, mais qui là voit arriver une vague bleue. Et comme il y a beaucoup de Latinos en Arizona, on pense que l’État pourrait basculer. Et à chaque fois, il y a assez de diversité, que ce soit des Africains-Américains ou des Latinos pour qu’ils puissent prétendre, après, dire « C’est grâce à nous, Et donc maintenant, donnez-nous ce que vous nous aviez promis lors de la campagne ».

Euronews : Si la question du taux de participation est aussi centrale, quel poids peuvent avoir les mesures de restrictions à l’accès au vote que vous évoquez?

O. Richomme : C’est la question à un million de dollars à laquelle tout le monde aimerait pouvoir répondre. Parce que le problème, c’est que cette année, on a une situation un peu spéciale : on est en pleine pandémie. Tous les collègues spécialistes du droit électoral regardent ça avec impatience en se disant ‘qu’est ce qui va bien pouvoir se passer’.


En fait on n’a aucune idée. En temps normal, vous avez une élection qui est déjà bizarre, avec Donald Trump et avec des mesures restrictives dans un certain nombre d’États contrôlés par les républicains. Ils sont persuadés que c’est mieux s’il y a moins de monde qui va voter et si ceux qui y vont sont des personnes âgées et des retraités, c’est mieux puisque plus on est vieux plus on est conservateur. Si on peut éviter d’avoir les jeunes, les minorités etc. Donc sont mises en place ce genre de restrictions dans les États contrôlés par les républicains. Ça, c’est la situation en temps normal.

Maintenant en temps de pandémie, je n’en ai aucune idée. Forcément, ça ne va pas aider. Ça serait mieux de faire ce que fait l’Oregon ou la Californie, c’est à dire inscrire les gens directement sur les listes électorales, tout faire à distance, voter par courrier, voter de manière anticipée. Effectivement tout cela serait mieux. Mais est-ce que c’est la pandémie qui va faire que les gens ne vont pas voter et qu’en fait les restrictions électorales seront un détail ? Là, on ne le saura qu’après, une fois que tous les processus se seront passés, quand on aura fait le décompte, qu’on aura les données, c’est-à-dire d’ici un an. Avant, ça va être très difficile de différencier l’effet Covid-19 des autres mesures électorales.

Avec Sacer-infos par Pascal Nguie

Congo: la dépouille de Jacques Joachim Yhombi-Opango attendue ce jeudi à Brazzaville

octobre 29, 2020

La dépouille de l’ancien président de la République Joachim Yhombi Opango, décédé le 30 mars dernier à Paris en France à l’âge de 81 ans, arrive dans la capitale congolaise le 29 octobre par le vol d’Air France.

Mis en caveau provisoirement au cimetière parisien de Bagneux en raison des contraintes sanitaires dues à la Covid-19, Jacques Joachim Yhombi-Opango sera inhumé le 31 octobre à Owando, dans le département de la Cuvette. La nation reconnaissante lui rendra un dernier hommage le 30 octobre au Palais des congrès à Brazzaville, au cours d’une cérémonie solennelle en présence du chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso.

Président de la République de 1977 à 1979, le général Jacques Joachim Yhombi-Opango est mort des suites du coronavirus.  

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Côte d’Ivoire : à l’approche de la présidentielle, la CPI « préoccupée » par les violences

octobre 29, 2020
Fatou Bensouda à la Cour pénale internationale (CPI), le 28 août 2018.

Fatou Bensouda, la procureure générale de la Cour pénale internationale (CPI), a publié un communiqué en forme de mise en garde sur la situation en Côte d’Ivoire, qu’elle affirme suivre de près en raison des violences qui ont fait plusieurs morts ces dernières semaines.

Trois jours avant l’ouverture des bureaux de vote pour le premier tour de la présidentielle, ce samedi 31 octobre, Fatou Bensouda a publiquement pris la parole sur les violences socio-politiques ayant endeuillé la Côte d’Ivoire.

Dans un communiqué diffusé mercredi 28 octobre, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) s’est dite « profondément préoccupée par les rapports publics et les informations reçues par mon bureau, faisant état d’une recrudescence de violences graves depuis plusieurs jours dans des villes » du pays.

Violences intercommunautaires

« Je déplore particulièrement les allégations de violences intercommunautaires qui auraient causé la mort de plusieurs personnes, des blessés et des atteintes graves aux biens de la population civile. Ces actes pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la CPI », avertit-elle.

Ces dernières semaines, les violences ont été récurrentes dans différentes localités du pays. Mi-août, quelques jours après l’annonce par Alassane Ouattara de sa candidature à un troisième mandat contesté, des manifestations ont dégénéré en affrontements communautaires dans plusieurs localités telles que Divo, Bonoua ou encore Daoukro. Bilan : une dizaine de personnes tuées. Pouvoir et opposition s’étaient alors renvoyés la responsabilité de ces morts.

Après l’appel de l’opposition à la désobéissance civile, fin septembre, la tension s’est encore accentuée. Le 18 octobre, des affrontements communautaires ont éclaté à Bongouanou, fief de Pascal Affi N’Guessan, dont la résidence a par ailleurs été incendiée. Bilan : trois victimes.

Une trentaine de morts

Mais c’est surtout la semaine dernière à Dabou, à 50 kilomètres à l’ouest d’Abidjan, que les affrontements intercommunautaires ont été les plus violents. Selon un bilan officiel, 16 personnes ont été tuées et 67 blessées. Cinquante-deux individus ont par ailleurs été interpellés par les autorités, qui ont également saisi 12 fusils et 70 machettes.

Selon ces bilans, une trentaine de personnes ont donc déjà perdu la vie dans des violences avant le premier tour de la présidentielle. Beaucoup d’observateurs redoutent que celles-ci s’intensifient dans les jours à venir en raison du blocage politique entre Alassane Ouattara et ses opposants. Fatou Bensouda, dont le bureau mène toujours des enquêtes sur les crimes commis pendant la crise postélectorale de 2010-2011, en fait visiblement partie.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

France/Covid-19 : «La deuxième vague pourrait être supérieure à la première», selon Jérôme Salomon

octobre 28, 2020

La «deuxième vague» de l’épidémie de Covid-19 qui frappe la France «pourrait être supérieure à la première» car le nombre de malades en réanimation va encore «augmenter mécaniquement, quoi qu’on fasse», a déclaré mercredi 28 octobre le numéro 2 du ministère de la Santé Jérôme Salomon. «C’est justement parce qu’on est dans l’anticipation que les autorités tirent la sonnette d’alarme, alors même que les services hospitaliers ne sont pas encore arrivés à saturation», a expliqué le directeur général de la Santé devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de la crise sanitaire.

Plus de 2900 malades du Covid-19 étaient hospitalisés en réanimation mardi, occupant ainsi la moitié des lits actuellement disponibles en France dans ces services accueillant les patients les plus gravement atteints, selon les derniers chiffres officiels. Au pic de la première vague épidémique, en avril, plus de 7000 malades étaient hospitalisés en réanimation.

«Ce qu’on voit dans les statistiques» quotidiennes du nombre de nouveaux cas positifs, ce sont des personnes qui ont été contaminées en moyenne «une semaine avant» «on regarde dans le rétroviseur», a indiqué le Pr Salomon, prenant en exemple le chiffre de plus de 50.000 nouvelles contaminations publié dimanche. Parmi elles se trouvent des «personnes fragiles» (âgées, obèses, diabétiques, etc.) qui ont «une probabilité élevée d’être hospitalisées, voire d’aller en réanimation ou de décéder, mais pas aujourd’hui», a-t-il ajouté.

Les «symptômes de difficulté respiratoire nécessitant une hospitalisation» apparaissent généralement «plusieurs jours après» les premiers symptômes et le diagnostic, avait déjà déclaré le Pr Salomon mercredi matin, au cours d’un point presse en ligne. «Nous ne sommes pas encore, loin de là, arrivés au pic de cette 2e vague, compte tenu de cet effet de latence», a-t-il ajouté.

L’infectiologue de formation a par ailleurs souligné devant les députés qu’«avoir trois à quatre fois plus de lits de réanimation ne supprimerait pas le problème», expliquant qu’il s’agissait d’éviter au maximum que des patients développent des formes graves nécessitant une hospitalisation dans ces services. Outre le fait que le taux de mortalité en réanimation est d’environ 30%, «un séjour en réanimation est horriblement traumatisant psychologiquement et laisse des séquelles» dont il est difficile de se remettre, a-t-il insisté.

Par Le Figaro avec AFP