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COVID-19 : 300 travailleurs de la santé absents et hospitalisations en hausse en Mauricie et au Centre-du-Québec

juillet 5, 2022
Un lit dans un couloir d'hôpital. On distingue un travailleur de la santé à l'arrière-plan de la photo, qui a été floutée.

Environ 300 travailleurs sont absents du réseau de la santé en raison de la COVID-19 dans la région. (Archives) Photo: Getty Images/Istockphoto

Environ 300 travailleurs sont absents du réseau de la santé en raison de la COVID en Mauricie et au Centre-du-Québec. La directrice de la santé publique du territoire, Marie-Josée Godi, assure que les services essentiels sont maintenus.

Le manque de personnel, dû au virus et aux vacances estivales, a tout de même un impact dans certains secteurs. Au niveau de la capacité hospitalière, au bloc opératoire, nous fonctionnons avec 70 % de la capacité actuelle, précise la Dre Godi.

« Nous recommandons, pour les personnes qui ont besoin de soins mineurs, d’aller voir leur médecin de famille au lieu de se rendre à l’urgence. »— Une citation de  Dre Marie-Josée Godi, directrice de la santé publique en Mauricie et au Centre-du-Québec

La Dre Marie-Josée Godi conseille aussi à la population de tout faire pour éviter d’attraper et de transmettre la COVID-19. C’est que le nombre d’hospitalisations liées au virus est en augmentation en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Lundi, 70 personnes hospitalisées étaient atteintes de la COVID-19.

Compte tenu de la transmission de la COVID qui est très importante dans la communauté, il y a des personnes qui sont hospitalisées pour d’autres motifs, mais, lorsqu’on les dépiste, [on découvre qu’]elles sont aussi porteuses de la COVID, a-t-elle expliqué en entrevue à l’émission Toujours le matin.

Cas de COVID-19 dans les hôpitaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec

HôpitauxNombre de cas
Centre hospitalier affilié universitaire régional (Trois-Rivières)21
Hôpital Sainte-Croix (Drummondville)23
Hôtel-Dieu d’Arthabaska (Victoriaville)7
Hôpital du Centre-de-la-Mauricie (Shawinigan)19
CMSSS Haut-Saint-Maurice (La Tuque)0
TOTAL70

En date du 4 juillet 2022

Source : CIUSSS MCQ

Une vingtaine d’éclosions

La directrice de la santé publique en Mauricie et au Centre-du-Québec soutient qu’il y a une vingtaine d’éclosions de COVID-19 actuellement sur le territoire.

La Dre Marie-Josée Godi affirme qu’elles se trouvent dans les milieux hospitaliers, les résidences privées pour aînés (RPA) et dans les Centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), sans préciser dans quels établissements.

Avec Radio-Canada par Marilyn Marceau

Tabaski : le mouton plus cher que jamais à la veille de l’Aïd

juillet 5, 2022

Dans de nombreux pays, alors que l’inflation fait rage, le prix des caprinés s’envole à mesure qu’approche le sacrifice de l’Aïd-el-Kébir.

© Damien Glez

Si les voies du Seigneur restent impénétrables, les voies du saigneur de mouton sont très limpides, en période de préparatifs des saintes festivités. Pendant le jeûne du ramadan qui invite à la solidarité, de nombreux acteurs du marché alimentaire pratiquent déjà la spéculation sans vergogne. Et voici venue la bombance de l’Aïd-el-Kébir… Célébrée chaque année par les musulmans du monde entier, la Tabaski devrait voir sa date fixée par le bon vouloir de la lune, le 9 ou le 10 juillet. Mais c’est déjà un casse-tête pour de nombreux ménages musulmans.

Pression sociale

La tradition de la fête implique l’abattage de moutons, en mémoire du sacrifice que Dieu demanda à Abraham pour éprouver sa foi. Si le Coran n’impose pas, à chacun, l’égorgement d’un ruminent, il en est tout autre de la pression sociale, la réputation d’une famille se mesurant parfois à la grosseur du bélier de Tabaski. Et le marché en a conscience…

Ainsi, le prix de l’ongulé tant désiré s’envole dans de nombreux pays particulièrement concernés par les festivités musulmanes : de 50 000 à 100 000 dinars (entre 300 et 700 euros) pour un animal en Algérie ; près de 3 000 dirhams au Maroc ou 1 000 dinars en Tunisie (300 euros) ; entre 350 et 450 euros en France, 150 euros pour bon nombre de mouton d’Afrique de l’Ouest…

Inflation exceptionnelle

L’évocation d’une flambée des prix inédite pourrait avoir l’air d’une rengaine, tant elle s’entend chaque année. Mais le contexte inflationniste est bien exceptionnel en 2022. Certes, l’ovin sacrifié n’aura vraisemblablement aucune origine ukrainienne. Mais, par effet papillon, le pouvoir d’achat de nombreux musulmans est effectivement mis à rude épreuve, depuis le début du conflit en Europe de l’Est, le fidèle devant orchestrer des arbitrages cornéliens entre les différents éléments de son budget, alimentaires ou non. Et le coût des aliments pour bétail a presque doublé, par rapport à l’année dernière, notamment au Maghreb. Et la sécheresse subie par une partie de la façade méditerranéenne africaine ne simplifie pas l’équation.

Le fervent carnivore est censé être aidé, dans certains pays, par une subvention concernant les aliments de bétail, comme au Sénégal où l’effet sur l’accessibilité des moutons de Tabaski n’est pourtant pas sensible. Conscients qu’ils devront affronter le regard de la famille et le jugement du quartier, certains se recentreront tout de même sur les préceptes des textes saints qui ne font guère de différence entre une chèvre maigrelette, un bouc modeste et un mouton de compétition. D’autres opteront pour un partage d’ovin. Le principe restera conforme à l’impératif de sociabilité des fêtes religieuses, tout autant qu’il permettra l’exhibition d’un bel animal, avant son sacrifice. En garde alternée

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Canada: Des camps de vacances ferment au Québec à cause de la hausse des cas de COVID-19

juillet 5, 2022

L’association des camps s’inquiète et demande une rencontre avec la santé publique pour clarifier les règles.

Des enfants dans un camp de vacances d'activités nautiques apprennent comment tenir leur pagaie, sous les conseils d'une monitrice.

L’été à peine commencé, au moins trois camps de vacances sont déjà fermés au Québec en raison d’éclosions. Les animateurs sont particulièrement touchés par la remontée des cas de COVID-19(Nouvelle fenêtre), ce qui donne des maux de tête aux gestionnaires des autres camps.

Le Camp Ouareau, qui accueille plus de 150 campeuses, dans Lanaudière, doit renvoyer toutes les filles chez elles, au grand dam de sa directrice, Jacqui Raill, dans un courriel aux parents envoyé lundi.

Elle leur demande de venir chercher les jeunes mardi. Le camp rouvrira le 13 juillet.

Nous sommes extrêmement tristes d’en arriver là. Cette décision n’a pas été prise à la légère, écrit-elle après la découverte de sept cas de COVID-19 au camp.

« Nous prévoyons que d’autres cas pourraient être détectés dans les prochains jours. »— Une citation de  Jacqui Raill, propriétaire du Camp Ouareau

La saison venait tout juste de débuter, la semaine dernière, et des parents avaient planifié leur été en fonction du séjour de leur enfant au camp de vacances.

« Déraisonnable », selon une mère

Sept cas, ça me paraît peu pour fermer un camp, déplore Emmanuelle, qui doit réorganiser sa journée pour aller chercher ses filles à Notre-Dame-de-la-Merci.

Je trouve ça super dommage. Ça leur permet de quitter la ville. Elles sont obligées de revenir cinq jours plus tôt que prévu, ajoute-t-elle.

« Mes filles gèrent déjà la COVID depuis deux ans. Elles ont porté le masque en classe, fait l’école à la maison, mis de côté leur vie sociale et leurs activités parascolaires. Elles avaient enfin la possibilité de prendre l’air et s’amuser avec des amies. »— Une citation de  Emmanuelle, mère dont les filles fréquentent le Camp Ouareau

Durant la pandémie, les camps de vacances ont été fermés à l’été 2020 et certains n’ont pas ouvert leurs portes à l’été 2021.

Trois jeunes filles font un feu de camp.

Le Camp Ouareau propose plusieurs activités de plein air à de jeunes filles francophones et anglophones, dans un environnement bilingue. Photo : Camp Oouareau

La mère rappelle que, pendant ce temps, il y a des personnes qui s’entassent dans les restaurants et dans les salles de spectacle.

Elle juge la situation complètement ridicule et la décision déraisonnable, alors que la quasi-totalité des mesures sanitaires est levée au Québec. En ce qui concerne les camps, les règles ne sont pas claires, dit-elle.

Flou autour des recommandations de la santé publique

Dans son courriel aux parents, la propriétaire écrit que la décision de fermer le camp a été prise suite aux conseils de notre direction locale de la santé publique. Or, la santé publique de Lanaudière affirme qu’elle n’a pas fait cette recommandation.

Nous avons été informés de la fermeture du camp, indique la porte-parole du CISSS de Lanaudière, Pascale Lamy. La fermeture complète du Camp Ouareau demeure une décision qui revient à l’administration du camp.

Éric Beauchemin est assis dans son bureau.

Éric Beauchemin est directeur général de l’Association des camps du Québec. Photo : Radio-Canada

Il n’y a pas de règle clairement établie pour décider d’une fermeture à cause d’une éclosion, constate le directeur général de l’Association des camps du Québec, Éric Beauchemin.

La santé publique nationale interpellée

L’Association des camps du Québec déplore au moins deux autres fermetures, mais ne veut pas révéler les endroits. Un recensement est en cours pour savoir s’il y a d’autres situations semblables.

Lundi, Éric Beauchemin a sollicité une rencontre avec la santé publique nationale pour clarifier les règles.

« On a déjà vécu les éclosions de gastro-entérite, avant que la COVID existe. C’est possible de maintenir les opérations dans un contexte comme celui-là. Il faut voir avec la santé publique jusqu’à quel point et quelle est la marge de manœuvre. »— Une citation de  Éric Beauchemin, directeur général de l’Association des camps du Québec

Les camps suivent déjà des règles comme la distanciation, la limitation à 10 des personnes par unité d’hébergement. Ils privilégient aussi les activités en extérieur.

Les règles à suivre avec un cas de COVID-19 dans un camp :

  • l’enfant ou l’animateur doit s’isoler et porter un masque;
  • si le cas est un enfant, ses tuteurs sont appelés pour venir le chercher;
  • si le cas est un employé, il rentre chez lui le temps requis.
Des enfants se baignent dans un lac, surveillés par un moniteur du camp d'été.

Les camps suivent déjà des règles comme la distanciation et privilégient aussi les activités en extérieur. Photo : Fournie à La Presse Canadienne par Brigadoon Village

Les moniteurs plus touchés par la COVID-19 que les campeurs

Selon les échos du terrain qui arrivent à l’Association des camps, c’est beaucoup le personnel d’animation qui est frappé. Or, un animateur absent peut priver une dizaine de jeunes d’encadrement.

« C’est un casse-tête pour les organisations. Si on n’est pas en mesure de maintenir les ratios prescrits [moniteur/enfants], on est dans une situation où on doit cesser les opérations du camp. »— Une citation de  Éric Beauchemin, directeur général de l’Association des camps du Québec

La pénurie de main-d’œuvrequi touche les camps, comme bien d’autres domaines, complexifie encore plus la situation. Les remplaçants se font rares.

Il y a 110 camps de vacances au Québec. Du côté des camps de jour, on ne déplore au moins une fermeture, celle du camp de jour de la ville de Sept-Îles, toute cette semaine, toujours à cause d’une éclosion de COVID-19.

Avec Radio-Canada

Thomas Gerbet

par Thomas Gerbet

Guerre en Ukraine : l’Afrique ne doit pas oublier ses étudiants

juillet 5, 2022

Cinq mois après le début de l’offensive de la Russie, précarité et insécurité administrative sont le lot des jeunes Africains qui ont quitté l’Ukraine et tentent de s’installer ailleurs en Europe. Nos dirigeants doivent collectivement leur venir en aide.

Réfugiés fuyant l’Ukraine à la gare de Przemyśl, en Pologne, le 2 mars 2022 © Davide Bonaldo/Sipa USA

En février dernier, les images insoutenables d’actes de racisme sur des ressortissants africains avaient fait le tour du monde. Parmi ces derniers figuraient notamment de jeunes étudiants, violemment brimés aux frontières de l’Ukraine qu’ils essayaient de franchir, ou aux abords de trains qui quittaient ce pays : ils n’étaient pas jugés aussi prioritaires dans leur fuite que les autres.

Aujourd’hui, l’on assiste à un autre épisode malheureux. Après avoir échappé aux canons et aux bombardements en Ukraine – parfois au prix de profonds traumatismes – pour trouver refuge ailleurs sur le Vieux continent, c’est contre la précarité et l’insécurité administrative qu’ils sont désormais nombreux à batailler. Après leur avoir accordé une brève protection temporaire, plusieurs États européens ordonnent aux étudiants africains qui ne remplissent pas les conditions d’obtention d’un titre de séjour de quitter leurs territoires, considérant que leurs pays d’origine ne sont, pour la plupart, pas en guerre.

Titre de séjour : un si rare sésame

En effet, pour séjourner durablement dans un pays européen, ces jeunes Africains doivent introduire des demandes de titres de séjour selon les modalités de droit commun. En France par exemple, ils n’ont d’autre choix que de demander un titre de séjour ou de déposer une demande d’asile pour ne pas se retrouver en situation irrégulière. Toutefois, les chances d’obtention d’un titre de séjour sont faibles en raison des conditions strictes exigées. Il en est de même pour la demande d’asile, qui a peu de chance d’aboutir dans la mesure où celle-ci sera étudiée au regard de la situation des pays d’origine desdits étudiants et non pas de la situation en Ukraine.

Deux constats factuels et quelque peu troublants découlent de ces cas éprouvants. Le premier, c’est le double standard des pays européens, bien loin des discours de leurs hauts représentants lors de sommets successifs Afrique-Europe, rappelant l’importance stratégique de la relation avec l’Afrique et la volonté d’engager cette dernière dans le « camp du bien », dans la croisade contre le « méchant agresseur russe ». La cohérence aurait voulu un traitement strictement égal entre Africains et Ukrainiens, ce qui, au passage, aurait nourri l’empathie d’une partie de l’opinion publique africaine. C’est sans doute une faute politique que l’histoire n’ignorera pas.

Créer un groupe d’envoyés spéciaux africains

Le second constat, et c’est le plus important, porte sur la difficulté pour les États et institutions d’Afrique à apporter une réponse à la hauteur des enjeux de leur jeunesse où qu’elle se trouve. Faute d’anticipation, de réaction plus robuste et de coordination, des centaines de milliers d’étudiants africains sont livrés à eux-mêmes lorsqu’ils sont pris dans les tourments d’une crise comme celle de la pandémie de Covid-19. Or, derrière chacun d’eux, c’est un projet de vie, des ambitions et des rêves, voire l’espoir de familles entières, qui sont dangereusement compromis. La récente tournée du président en exercice de l’Union africaine, Macky Sall, en Russie et plus récemment au G7, portant sur la question de l’approvisionnement alimentaire du continent offrait l’occasion de soulever la question de l’abandon de cette jeunesse et de porter un message politique fort en faveur de ces étudiants.

L’urgence du moment, au-delà des condamnations des actes discriminatoires ainsi que des initiatives salutaires de personnes de bonne volonté est de répondre collectivement et intelligemment à ce défi, pour garantir les conditions d’un retour à une vie normale, la continuité pédagogique et renforcer durablement les capacités du continent à offrir à sa jeunesse des cadres de formation d’excellence et de réussite professionnelle sur le continent. Pour cela, des pistes de solutions peuvent être explorées.

En premier lieu et à court terme, il faut amplifier l’accès à l’information et aux droits, capital pour accompagner ces jeunes plongés dans une détresse administrative en raison de la situation inédite qu’ils vivent. C’est le sens de la plateforme initiée par Initiative for Africa (IFA) et le think tank Molongwi, destinée d’une part à centraliser l’ensemble des initiatives de soutien aux étudiants africains fuyant l’Ukraine, et d’autre part, à mettre en relation les bonnes volontés et ces jeunes. Nous devons amplifier et multiplier ce genre d’outils.

En second lieu, sur un plan politique, nous estimons impérieux, au regard de la place importante de la jeunesse dans l’agenda de l’Union africaine et, à l’instar des initiatives continentales prises lors de la crise du Covid, de créer un organe ou nommer un groupe d’envoyés spéciaux du continent africain réunissant un groupe de personnalités qualifiées à même de réfléchir et répondre aux conséquences économiques, alimentaires et énergétiques et plus largement humaines. La question éminemment importante de la formation et de la situation des ressortissants africains, en particulier des jeunes étudiants, devra figurer comme l’une des priorités du mandat de cette institution ad hoc.

Former nos élites sur le continent

Enfin, dans une perspective de moyen et long terme, la question de l’excellence académique en Afrique ne saurait être éludée. La présente crise la pose avec une singulière acuité. Comment expliquer que se perpétue ce système de délégation de la formation des futures élites du continent à l’étranger ? Et comment expliquer que l’option d’un retour en Afrique proposée à plusieurs de ces jeunes a été largement exclue par ces derniers, en raison des insuffisances du système de formation sur le continent ?

Le conflit actuel en Ukraine comme les autres avant est un énième appel au sursaut : la transformation du continent demande de bâtir en Afrique, les structures et systèmes de notre autonomie stratégique. Il n’y a pas de raccourci. Sinon nous continuerons à sous-traiter aussi notre développement. Il n’est pas trop tard !

Avec Jeune Afrique

Adébissi Djogan

Par Adébissi Djogan

Adébissi Djogan est président d’Initiative for Africa.

Fortuné Ahoulouma

Par Fortuné Ahoulouma

Avocat au Barreau de Paris, co-fondateur du think tank Molongwi

Canada: Six personnes allèguent avoir été agressées sexuellement par un ancien agent de la GRC

juillet 4, 2022
Graeme Willson et Bon Callan, adolescents, dans deux photos côte à côte.

Graeme Willson, à gauche, et Bon Callan, à droite, lorsqu’ils étaient adolescents. Tous deux allèguent avoir été agressés sexuellement, à l’époque, par l’ancien agent de la GRC Don Cooke. Photo : Famille de Graeme Willson/Famille de Bob Callan

Quatre hommes et deux femmes allèguent qu’un ancien agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Don Cooke, les a agressés sexuellement lorsqu’ils étaient adolescents, en Colombie-Britannique et à Terre-Neuve. Don Cooke, aujourd’hui âgé de 64 ans, nie ces allégations. Il a fait l’objet d’une enquête criminelle concernant certaines d’entre elles, mais n’a fait face à aucune accusation. Trois poursuites civiles sont toujours en cours contre Don Cooke et la GRC.

Avertissement : Des détails et témoignages contenus dans ce texte peuvent être éprouvants pour certains lecteurs.

Les allégations s’échelonnent sur plusieurs années. Sur une période d’environ 15 ans, plusieurs victimes alléguées se sont manifestées auprès de CBC/Radio-Canada pour s’exprimer à ce sujet.

Graeme Willson a été le premier à raconter son histoire en 2007. Même si certaines de ses pensées étaient alors confuses, son souvenir central semblait net : il a affirmé avoir été agressé sexuellement à plusieurs reprises par un agent de la GRC en service alors qu’il était adolescent à Abbotsford, en Colombie-Britannique, en 1982.

J’ai été agressé, victimisé et harcelé à plusieurs reprises par l’agent Don Cooke, avait-il alors déclaré.

Il décrivait l’agent de la GRC comme un policier qui utilise son autorité pour manipuler […] et détruire les gens.

Graeme Willson avait souligné que sa famille et lui avaient signalé les agressions alléguées à la GRC en 1982, mais qu’ils avaient eu l’impression de ne pas avoir été crus. Depuis lors, sa vie était un véritable gâchis, avait-il dénoncé.

Graeme Willson s'exprime lors d'une entrevue.

Graeme Willson lors de son entrevue avec CBC, en 2007. Photo : Radio-Canada

Lors de son entrevue avec CBC, Graeme Willson a aussi rapporté que le service de police d’Abbotsford lui avait confié qu’il enquêtait sur des allégations similaires faites contre Don Cooke par plusieurs autres hommes.

Quand j’ai entendu [qu’il pouvait y en avoir d’autres], ça m’a fait pleurer, avait révélé Graeme Willson.

Selon lui, ce service de police lui a indiqué que les autres victimes présumées étaient des adolescents qui faisaient partie d’une équipe de hockey mineur locale dont Don Cooke était l’entraîneur, à peu près à la même époque que lors de ses propres allégations.

Les allégations de Graeme Willson n’ont jamais été prouvées.

Ni la police d’Abbotsford ni la GRC n’ont répondu aux demandes de commentaires de CBC/Radio-Canada au sujet de ces allégations.

Don Cooke a poursuivi la GRC

Don Cooke, à présent à la retraite, a fait l’objet d’une enquête criminelle sur les allégations d’agression sexuelle des membres de l’équipe de hockey qu’il entraînait. En 2009, le procureur de la Couronne de la Colombie-Britannique a toutefois décidé de ne pas porter d’accusations. Les raisons qui ont motivé sa décision n’ont pas été rendues publiques.

La police d’Abbotsford n’a pas, non plus, rendu publics les détails de son enquête.

Don Cooke a décliné la demande d’entrevue de CBC/Radio-Canada.

Dans un courriel, son avocat avance qu’une enquête approfondie des allégations a été menée par la police et que le procureur de la Couronne a confirmé par écrit qu’aucune accusation ne serait portée et que la police et le procureur de la Couronne fermaient leur dossier.

En 2010, Don Cooke a intenté une poursuite contre la GRC au sujet de l’enquête sur les plaintes déposées contre lui. Il y attestait que les allégations n’étaient pas fondées et que l’enquête elle-même avait révélé son homosexualité au sein de la GRC, qu’il a qualifiée d’ homophobe. Par conséquent, il ne pouvait plus travailler en tant qu’agent de la GRC, avait-il déclaré. Don Cooke avait affirmé qu’il avait souffert de dépression et de crises de panique, à la suite de cet épisode.

Un agent de la GRC ouvre une cellule de prison.

L’agent de la GRC d’Abbotsford Don Cooke visite les nouvelles installations de la police sur le chemin Marshall en 1984. Photo : Dave Paller/Abbotsford News/The Reach

Dans sa déclaration, il a également maintenu que l’un des joueurs de hockey était amer et en colère parce qu’il l’avait suspendu de l’équipe. Quant à Graeme Willson, il était peu fiable, selon Don Cooke, parce qu’il avait déjà échoué à un test au détecteur de mensonges.

La poursuite a été réglée de façon privée.

Par ailleurs, la police d’Abbotsford a déclaré qu’elle n’avait aucune trace de la plainte déposée par la famille de Graeme Willson en 1982.

En 2005, Graeme Willson a même intenté une poursuite contre Don Cooke, mais l’a abandonnée lorsque ce dernier n’a pas été inculpé. Aigri par le fait que ses allégations ne semblaient pas être crues, Graeme Willson s’est éloigné de ses amis et de sa famille et a rompu le contact avec son avocat.

Il a été retrouvé mort en 2017 dans un campement de sans-abri de la Colombie-Britannique. Il a été déterminé qu’il avait fait une surdose au fentanyl.

Trois poursuites civiles contre Don Cooke et la GRC toujours en cours

En 2012, l’un des anciens joueurs de hockey, Bob Callan, a intenté une poursuite au civil contre Don Cooke et la GRC.

Bob Callan, aujourd’hui âgé de 53 ans, allègue que des agressions sexuelles se sont produites à l’aréna d’Abbotsford, dans les douches de l’équipe, dans le véhicule privé de Don Cooke et dans le sous-sol de la maison qu’il partageait avec un autre membre de la GRC.

C’est un prédateur, il profite des gens, il utilise son pouvoir en tant que roi de la montagne, selon Bob Callan.

Il raconte qu’il ne s’est jamais plaint à l’époque parce que Don Cooke l’a menacé. On m’a dit qu’en raison de sa position, de ses connaissances des méthodes de la police, je serais tué, je disparaîtrais, a-t-il expliqué.

Bon Callan dans un aréna à Abbotsford, en Colombie-Britannique.

Bob Callan, maintenant âgé de 53 ans, allègue qu’il a été agressé sexuellement à l’adolescence par Don Cooke, qui était son entraîneur de hockey mineur à l’époque. Photo : Radio-Canada/Dave Rae

Peu après le dépôt de la poursuite de Bob Callan, un autre homme d’Abbotsford, Tom Thiessen, a déposé sa propre plainte au civil contre Don Cooke et la GRC.

Maintenant âgé de 55 ans, Tom Thiessen allègue qu’à l’âge de 14 ans, il a été maintenu au sol et essentiellement violé.

C’est très écoeurant, a-t-il lancé.

Tom Thiessen raconte qu’il a rencontré l’agent Don Cooke lors d’un contrôle routier, alors qu’il se promenait avec son nouveau vélo.

J’en étais si fier, et il m’a dit la même chose, qu’il venait d’avoir un nouveau vélo et que peut-être, un jour, nous pourrions faire une promenade, a-t-il affirmé.

De multiples balades dans la voiture de patrouille de la GRC de Don Cooke et des visites au domicile de ce dernier ont suivi, selon Tom Thiessen. Ensuite, les visites ont débouché sur des combats de lutte impromptus, puis sur des attouchements occasionnels et enfin, sur une agression sexuelle, d’après lui.

J’étais juste effrayé par tout ce qui se passait , a-t-il déclaré.

Tom Thiessen allègue que Don Cooke l’a agressé à plusieurs reprises alors qu’il était en service, notamment dans le champ d’un fermier près de la maison familiale, toujours dans sa voiture de police.

En 2019, dans la foulée des poursuites intentées par Bob Callan et Tom Thiessen, un autre ancien joueur de hockey, coéquipier de Bob Callan, s’est joint à eux.

Travis Piers a déposé une poursuite distincte contre Don Cooke et la GRC, alléguant que de 1982 à 1985, il a été agressé sexuellement à de nombreuses occasions par Donald Cooke.

La GRC est en pourparlers avec les parties civiles

Cette année, deux femmes de Terre-Neuve allèguent que Don Cooke a entretenu des relations sexuelles malveillantes avec chacune d’entre elles lorsqu’elles étaient adolescentes, à partir de 1986. Ce dernier y avait été transféré après son séjour en Colombie-Britannique.

CBC/Radio-Canada a accepté de ne pas identifier les deux femmes, car elles craignaient d’être stigmatisées dans la petite communauté où elles ont vécu.

L’une d’entre elles a affirmé avoir été terrifiée par Don Cooke, qui l’aurait, selon elle, enfermée dans une cellule de détention de la GRC.

Les deux femmes ont appris l’existence des poursuites civiles en cours contre Don Cooke et la GRC en Colombie-Britannique par hasard, lors d’une recherche sur le Web, et ont communiqué avec les hommes qui les ont intentées. Elles ont, depuis, fourni des déclarations destinées à appuyer les allégations des hommes.

Toutes deux ont affirmé qu’elles avaient gardé le silence pendant des décennies parce qu’elles avaient honte de ce qui s’était passé et parce qu’elles pensaient être les seules.

La GRC et les trois hommes responsables des poursuites ont entamé des pourparlers qui pourraient mener à un règlement. S’ils parviennent à un accord, les détails seront probablement gardés privés en vertu d’une entente de non-divulgation, une pratique courante dans de tels cas.

Tom Thiessen se dit enragé de la façon dont tout s’est déroulé.

Ça me met très en colère que personne n’ait écouté, qu’il soit toujours [libre]. […] Tout le monde doit payer et le système ne l’a pas arrêté quand il aurait dû le faire, déplore-t-il.

Bob Callan est également en colère, mais il est aussi déterminé à poursuivre le processus civil. Il admet cependant avoir de la difficulté, parfois, à se détacher de ces souvenirs.

On pense tellement à la façon dont on aurait dû s’en sortir, ou à ce qu’on aurait pu faire différemment. Pourquoi on s’est retrouvé dans cette position, vous savez, pour être si vulnérable, témoigne-t-il.

Il s’exprime maintenant pour que d’autres puissent connaître cette histoire et, espère-t-il, en tirer des leçons.

Radio-Canada d’après un reportage de Paul Hunter

Un richissime Canadien disparu depuis 5 ans réapparaît pour être jugé en Chine

juillet 4, 2022
Gros plan de Xiao Jianhua.

Xiao Jianhua lors d’une discussion avec des journalistes à Hong Kong, en décembre 2013. Photo : La Presse Canadienne/AP/Next Magazine

Il avait disparu en 2017 de son luxueux hôtel hongkongais dans de mystérieuses conditions : le magnat canadien d’origine chinoise Xiao Jianhua, jadis réputé proche des hauts dirigeants communistes, est jugé ce lundi en Chine.

Il était l’un des hommes les plus riches de Chine et le fondateur du conglomérat Tomorrow, un empire aux intérêts divers, notamment dans le secteur bancaire, l’immobilier et les assurances.

Jusqu’à sa disparition, M. Xiao vivait à Hong Kong dans un appartement d’un hôtel multi-étoilé, le Four Seasons, qui a eu la réputation d’être un refuge pour les magnats chinois des affaires.

Selon des informations de presse de l’époque, le milliardaire aurait été enlevé fin janvier 2017 par des agents de Pékin, au mépris des lois de Hong Kong qui interdisaient alors à la police chinoise d’agir dans le territoire semi-autonome.

L’affaire avait suscité l’émoi dans l’ancienne colonie britannique, qui dispose d’un cadre juridique distinct de celui en vigueur en Chine continentale.

Depuis la disparition de M. Xiao, peu d’informations ont filtré et les autorités chinoises ont toujours gardé le silence sur l’affaire.

L’ambassade du Canada à Pékin a confirmé lundi le procès de l’homme d’affaires.

Affaires mondiales Canada a connaissance qu’un procès dans l’affaire du citoyen canadien, M. Xiao Jianhua, aura lieu le 4 juillet 2022, a indiqué à l’AFP l’ambassade, qui n’a précisé ni le lieu du procès ni les charges visant l’accusé.

Les agents consulaires canadiens suivent cette affaire de près, fournissent des services consulaires à sa famille et continuent de faire pression pour obtenir un accès consulaire, a-t-elle souligné.

D’après des informations de presse, le magnat aurait eu des liens étroits avec de hauts dirigeants du Parti communiste au pouvoir en Chine.

L’homme d’affaires a pu être victime de la campagne anticorruption du président chinois Xi Jinping qui, selon ses détracteurs, lui sert aussi à cibler ses opposants politiques et leurs soutiens.

Après cinq ans d’attente discrète, notre famille continue, sur la base des strictes instructions de mon frère, à faire confiance au gouvernement et à la loi chinoise, confiait le mois dernier au Wall Street Journal le frère aîné du magnat déchu, Xiao Xinhua.

C’est très compliqué, avait-il déclaré à propos de l’affaire, selon le quotidien américain.

Le cas Xiao Jianhua rappelle la « disparition » en 2015 de cinq libraires de Hong Kong, connus pour publier des livres au contenu salace sur la classe politique chinoise.

Tous s’étaient volatilisés pour refaire surface en Chine continentale, aux mains de la justice.

L’un d’eux, Lam Wing-kee, avait été autorisé à rentrer à Hong Kong pour récupérer la liste des clients de sa librairie et retourner en Chine continentale. Mais il avait à la place convoqué la presse pour livrer des révélations explosives sur ce qui lui était arrivé.

Lam Wing-kee vit aujourd’hui à Taïwan, où il a été rencontré par l’envoyé spécial de Radio-Canada, Philippe Leblanc. Lisez ce reportage.

Issu d’un milieu pauvre, Xiao Jianhua, après des études à la prestigieuse Université de Pékin, avait débuté en vendant des ordinateurs. Il a un temps été l’un des hommes les plus riches de Chine.

Selon le classement Hurun des milliardaires chinois, la fortune du magnat était estimée à quelque 6 milliards de dollars en 2017, année de sa disparition.

Ce dossier judiciaire pourrait revenir empoisonner les relations sino-canadiennes.

Les années qui ont suivi la disparition de Xiao Jianhua avaient été marquées par de vives tensions entre la Chine et le Canada, provoquées par l’arrestation fin 2018 à Vancouver de Meng Wanzhou.

Cette directrice financière du groupe privé chinois de télécommunications Huawei avait été interpellée sur demande des États-Unis, qui réclamaient son extradition afin de la juger pour fraude.

Dans la foulée de son arrestation, Pékin avait arrêté deux Canadiens en Chine et visé les exportations agricoles canadiennes. Les trois protagonistes avaient finalement été libérés en septembre 2021.

Un dégel des relations avait suivi. La Chine a ainsi levé en mai 2022 son interdiction sur les importations de canola canadien, une variété de colza.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

RDC-Kinshasa : de nouvelles résidences pour officiers supérieurs des Fardc

juillet 4, 2022

Les officiers supérieurs et généraux des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc) ont désormais leur quartier, ou mieux une nouvelle cité de résidence, situé à une trentaine de kilomètres du centre-ville de Kinshasa, dans sa périphérie est.

Quelques villas pour hauts officiers de l’armée

Le président de la République, Félix-Antoine  Tshisekedi Tshilombo, a remis symboliquement, le 2 juillet, les  trente premières villas sorties de terre  et prêtes à accueillir les premiers occupants.

Il s’agit du « Pool Malebo » qui est un projet du gouvernement initié en 2016 mais dont les travaux s’étaient arrêtés en 2018, faute de financement. En janvier dernier, sur instruction du chef de l’Etat, le gouvernement, à travers le ministère de la Défense nationale, a relancé ce projet avec le même partenaire, à savoir Congo international investment group.

En l’espace de six mois, le partenaire a réussi à rendre viable une trentaine de villas sur les cent quatre-vingt-dix attendues. « Ce résultat ne constitue que les prémices du projet, lequel va s’étendre sur les cinq prochaines années », a précisé le ministre de la Défense nationale, Gilbert Kabanda Kurhenga, qui a ajouté qu’ « au-delà de la sphère des officiers généraux et supérieurs, le projet  couvrira également les besoins en logement de tous les officiers et sous-officiers de carrière ». Chaque occupant devrait consentir à hauteur de 35% du coût de chaque villa.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Danemark: Trois morts dans une fusillade à Copenhague, un suspect arrêté

juillet 3, 2022
Des véhicules d'urgence devant le centre commercial où a eu lieu la fusillade.

Le bilan de la fusillade est passé à trois morts et trois blessés graves. Photo : Reuters/Annegret HilseI

Trois personnes ont été tuées et trois autres ont été grièvement blessées lors d’une fusillade dimanche dans un grand centre commercial de Copenhague. Une personne a été arrêtée en rapport avec cette affaire, selon la police.

Au dire du chef de la police, Soren Thomassen, un homme dans la quarantaine et deux individus plus jeunes ont ainsi péri sous les balles du tireur.

Le suspect est un homme de nationalité danoise âgé de 22 ans.

Le jeune homme a été arrêté peu après l’arrivée des policiers. Selon des témoins, il était armé d’un imposant fusil.

De telles fusillades sont rares au Danemark. M. Thomassen a déclaré qu’il était trop tôt pour émettre des hypothèses sur les motifs du tireur, mais qu’il ne pouvait pas exclure un acte de terrorisme.

En revanche, aucune indication ne porte à croire que d’autres tireurs étaient présents.

La direction du principal hôpital de Copenhague, Rigshospitalet, a déclaré à l’agence de presse Reuters que l’établissement avait reçu un petit groupe de patients pour des soins et que du personnel supplémentaire, notamment des chirurgiens et des infirmières, avait été appelé en renfort.

Les coups de feu ont été tirés en fin d’après-midi à l’intérieur du centre commercial Fields, le plus grand au pays, situé entre le centre-ville et l’aéroport de la capitale.

Des passants fuient un centre commercial danois.

Plusieurs personnes ont fui le centre commercial après avoir entendu les coups de feu. Photo : Reuters/Ritzau Scanpix/Olafur Steinar Gestsson

Selon des témoins interrogés par des médias locaux, le suspect a tenté de piéger des victimes, par exemple en affirmant que son arme était fausse afin de les inciter à se rapprocher.

Des renforts policiers ont été dépêchés aux abords de cette vaste galerie marchande. Des images des lieux montraient des ambulanciers embarquer un blessé sur un brancard et des mères consoler leurs enfants dans leurs bras.

C’est de la pure terreur. C’est affreux, a déclaré Hans Christian Stoltz, un consultant en informatique de 53 ans. On peut se demander comment une personne peut faire ça à d’autres êtres humains.

Chaos sur place

Lorsque les premiers coups de feu ont retenti, plus d’une centaine de personnes se sont ruées à l’extérieur de la galerie commerciale, selon des témoins cités par les médias danois.

D’autres ont été contraintes de se cacher à l’intérieur.

Tout à coup, nous avons entendu des coups de feu, j’ai entendu dix tirs et nous avons couru aussi vite que nous l’avons pu pour nous réfugier aux toilettes, a expliqué une femme à la chaîne de télévision DR.

Nous sommes sur place, des coups de feu ont été tirés et plusieurs personnes ont été touchées, a annoncé la police peu après sur Twitter.

Les autorités ont appelé les personnes qui se trouvaient potentiellement dans le bâtiment à attendre l’arrivée des secours à l’intérieur et à tous les autres à se tenir loin du secteur.

Deux femmes en pleurs s'enlacent.

Deux femmes en pleurs s’enlacent à l’extérieur du centre commercial Fields, à Copenhague. Photo: AFP/Olafur Steinar Gestsson

Des routes autour du centre commercial ont été bloquées dans un vaste périmètre de sécurité et la circulation du métro a été interrompue.

Activités annulées

De nombreux visiteurs du centre commercial devaient se rendre plus tard en soirée dans une salle voisine pour un concert de la vedette britannique Harry Styles, mais le spectacle a été annulé.

Peu de temps après les tirs, le palais royal a déclaré qu’une réception avec le prince héritier Frederik liée au Tour de France n’aurait pas lieu. Les trois premières étapes de la course cycliste se sont tenues au Danemark cette année. La réception devait se dérouler sur le yacht royal amarré à Sønderborg, la ville où s’est terminée la troisième étape.

La direction du Tour de France a exprimé sa compassion à tout le peuple danois après la fusillade.

Le Tour est particulièrement choqué et attristé par le drame qui vient de frapper Copenhague, a déclaré en début de soirée la société organisatrice ASO.

Le dernier attentat à Copenhague remonte aux 14 et 15 février 2015, lorsqu’une série de fusillades à motivation islamiste avait fait deux morts et cinq blessés.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Mali, Burkina, Guinée : la Cédéao se penche sur les sanctions

juillet 3, 2022

Les dirigeants ouest-africains se réunissent ce dimanche 3 juillet au Ghana pour réexaminer leur plan d’action face aux juntes arrivées au pouvoir par la force au Mali, en Guinée et au Burkina Faso.

Assimi Goïta, ici lors d’une réunion de la Cedeao, à Accra, le 15 septembre 2020. © REUTERS/Francis Kokoroko

Levée, maintien ou durcissement des sanctions ? Les leaders des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), réunis ce dimanche à Accra, doivent notamment se prononcer sur le Mali, qui subit depuis le 9 janvier de sévères mesures de rétorsion commerciales et financières et qui a accepté récemment des prérequis indispensables à leur levée.

« Le Mali a fait d’énormes progrès »

La décision sur la levée de l’embargo sur les transactions commerciales et financières est très attendue au Mali, où les négociations entre la junte et la Cedeao durent depuis des mois. Le médiateur Goodluck Jonathan, ancien président du Nigeria, est venu la semaine dernière à Bamako. Si rien n’a officiellement filtré des échanges, un membre de son entourage a indiqué à l’AFP que « le Mali a fait d’énormes progrès ».

Les autorités ont annoncé mercredi un calendrier électoral fixant la présidentielle à février 2024, le référendum constitutionnel à mars 2023, et les législatives entre octobre et novembre 2023. Il vient compléter l’adoption, le 17 juin, d’une nouvelle loi électorale et la mise en place d’une commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution.

Un potentiel point de blocage dans les négociations peut néanmoins subsister avec la porte désormais ouverte, par la nouvelle loi électorale, d’une candidature d’un militaire à une élection présidentielle. Les « actes qui ont été posés ces jours-ci vont dans le sens d’une levée de ces sanctions », a estimé vendredi soir le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop.

La Guinée veut rassurer

Le Burkina Faso et la Guinée seront également au centre des attentions. Les deux pays ne sont pour l’heure que suspendus des organes de la Cedeao. Mais les juntes en place entendent y rester trois ans et exposent leur pays à un durcissement des sanctions.

La Guinée a mené cette semaine une intense campagne diplomatique pour apaiser les dirigeants ouest-africains et éviter de nouvelles sanctions. Les autorités guinéennes avaient suscité l’ire de ses voisins en actant une durée de transition de 36 mois. Un délai qualifié d’« impensable » par le chef de l’État sénégalais Macky Sall, président en exercice de l’Union africaine. « La Cedeao va devoir prendre des mesures », avait-il dit.

Le Premier ministre de transition, Mohamed Béavogui, a reçu samedi le représentant spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif. Le message de la Guinée est de rassurer « les frères de la Cedeao » sur l’engagement du pays à mener une transition apaisée et inclusive, a souligné le gouvernement.

Lundi, le gouvernement a aussi reçu les principales formations politiques en vue d’engager un dialogue. Plusieurs mouvements politiques ont conditionné leur participation à la nomination d’un médiateur ouest-africain. « Il nous apparaît fondamental que la Cedeao intervienne pour présider le dialogue et favoriser ainsi le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée », a déclaré vendredi le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC).

« Sur la voie du compromis » au Burkina

Au Burkina Faso, la Cedeao a nommé l’ex-président nigérien Mahamadou Issoufou comme médiateur. « Nous sommes sur la voie du compromis » avec ce pays, a dit à l’AFP un diplomate de la sous-région. En visite samedi à Ouagadougou, Mahamadou Issoufou a salué « l’ouverture au dialogue » des militaires et dit avoir « échangé sur le chronogramme de la transition » présenté mercredi aux leaders politiques.

Les autorités burkinabè prévoient les dates du 24 décembre 2024 pour un référendum constitutionnel et du 25 février 2025 pour la tenue d’élections législatives et présidentielle.

Vendredi, les partis de l’ex-majorité du président Roch Marc Christian Kaboré renversé ont dénoncé l’agenda présenté par la junte comme une « manœuvre solitaire qui contraste avec les impératifs d’une transition inclusive et réussie », regrettant « l’absence de concertations en amont ».

La Cedeao, qui a vu se succéder les coups de force des colonels et lieutenants-colonels, multiplie les sommets, les médiations et les pressions pour accélérer le retour des civils à la direction de ces pays. Mais le dernier sommet en date, le 4 juin, avait accouché d’une souris : aucune décision n’avait été prise et la Cedeao s’était donnée un mois de plus pour négocier.

Avec AFP

Chasser la France, choisir la Russie : pour le meilleur et pour le pire au Mali

juillet 3, 2022

La junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali il y a près de deux ans a remercié les Français et décidé de se rapprocher plutôt des Russes pour assurer la sécurité du pays. Plusieurs membres de la diaspora malienne appuient ce choix, même s’il n’est pas sans conséquence, notamment en matière de respect des droits de la personne.

Manifestation antifrançaise dans la capitale du Mali, Bamako, en février 2022.

Au Mali, le sentiment antifrançais a pris passablement d’ampleur, un phénomène dont profite la Russie. Photo: AFP

« À bas la France! La France, dégage! La France, terroriste! » Ce sont des slogans antifrançais fréquemment entendus lors de manifestations dans les rues de plusieurs pays africains, dont le Mali. La colère gronde contre l’ancien colonisateur qui, après neuf ans de présence militaire, n’a pas réussi à chasser les djihadistes, qui sèment la terreur dans le pays.

Pendant ce temps, d’autres drapeaux ont fait leur apparition dans ces rassemblements. Ils sont blanc, bleu et rouge eux aussi, mais ce sont ceux de la Fédération de Russie, fièrement brandis par les manifestants. Parmi eux, on peut aussi voir des pancartes sur lesquelles il est écrit : Merci Wagner!, une allusion au groupe de mercenaires russes de la société privée Wagner.

Ce groupe est de plus en plus présent en Afrique et travaillerait main dans la main avec le Kremlin pour mener des opérations antiterroristes, bien qu’officiellement Moscou nie tout lien avec ces militaires maintes fois accusés d’avoir massacré des civils.

Les relations entre la France et le Mali se sont détériorées depuis le coup d’État militaire d’août 2020 et le renversement du gouvernement de transition quelques mois plus tard. Paris reproche aux militaires de vouloir s’accrocher au pouvoir et de faire appel aux services du groupe Wagner pour y parvenir. Ce sont d’ailleurs les arguments qu’a utilisés le président français Emmanuel Macron pour justifier le retrait des troupes françaises du Sahel. Les autorités maliennes se défendent d’instaurer une dictature et réfutent la présence de Wagner sur leur territoire. Elles affirment vouloir décider, enfin, de l’avenir de leur pays.

L’espoir de la diaspora et le discours pro-junte

Lassine Traoré.

L’ancien président du Haut Conseil des Maliens du Canada, Lassine Traoré Photo : Radio-Canada/Karine Mateu

L’ancien président du Haut Conseil des Maliens du Canada, Lassine Traoré, qui habite à Montréal, s’est établi au Québec il y a 16 ans. Depuis, il n’a jamais cessé de suivre l’évolution politique de son pays d’origine. Selon lui, c’est la jeunesse malienne qui est derrière les bouleversements que connaît le pays en ce moment. Avec Internet, les jeunes naviguent beaucoup. Ils voient d’autres pays. Ils veulent que le Mali soit un pays développé, un pays comme ses voisins. C’est une jalousie constructive. Ils veulent un changement! dit-il.

C’est cette même jeunesse, ajoute-t-il, qui souhaite la présence de la Russie, qui n’est pas nouvelle au Mali. Au contraire, précise Lassine Traoré : lors de son indépendance, le pays s’était aligné sur le bloc de l’Est jusqu’à la chute de l’URSS, en 1991.

« Les Russes nous ont aidés pendant nos tout débuts. Donc, les gens sont descendus dans les rues réclamer les Russes pour venir à notre secours parce que la France, qui avait été acclamée, ne fait plus l’affaire et joue à des jeux troubles. L’armée a juste voulu répondre aux besoins de la population. »— Une citation de  Lassine Traoré, ancien président du Haut Conseil des Maliens du Canada

L’échec de la France

Youssouf Tounkara.

Le président du Haut Conseil des Maliens du Canada, Youssouf Tounkara Photo : Youssouf Tounkara

Comme son prédécesseur, l’actuel président de cette organisation, Youssouf Tounkara, n’est pas tendre envers la France qui, selon lui, a échoué dans sa mission d’éliminer la menace djihadiste. Presque une dizaine d’années plus tard, le conflit, au lieu d’être isolé au nord, s’est répandu au centre du pays, avec quelques cas isolés au sud. Par la suite, la population a découvert beaucoup d’histoires choquantes. Lorsqu’on apprend qu’un camp militaire de l’armée malienne se fait attaquer tout près de l’armée française, que celle-ci n’intervient pas et qu’en plus elle interdit à l’armée malienne d’intervenir, on comprend que la population soit agacée et qu’elle demande à ses autorités de chercher de nouveaux partenaires pour l’aider dans cette lutte, déplore-t-il.

Il s’étonne par ailleurs que la présence russe suscite autant de questionnement : Moi, ça me fait rire, parce que je trouve que l’Occident se focalise beaucoup sur la Russie, mais comme nos autorités le disent, nous avons beaucoup d’autres partenaires. La France est un partenaire du Mali, même si nos relations sont tendues. L’Union européenne, la Turquie, la Chine et la Russie : nous avons beaucoup de partenaires.

Censure ou patriotisme?

Par ailleurs, ce n’est pas seulement le rapprochement avec la Russie qui mine les relations entre la junte malienne et les Occidentaux. Ces derniers accusent l’armée malienne et les mercenaires de Wagner de commettre des exactions contre des populations civiles lors de leurs opérations antiterroristes, comme cela aurait été le cas à la fin de mars dans la ville de Moura, au centre du pays, où 300 civils auraient été tués.

Bamako réfute ces accusations : il s’agissait non pas de civils mais plutôt de combattants djihadistes. Selon les autorités, ce serait une victoire militaire. Elles nient encore une fois toute présence du groupe Wagner sur leur territoire. Seuls des instructeurs russes seraient présents au Mali, disent-elles.

Accusés de vouloir rapporter de fausses informations qui nuisent à la junte, les médias RFI et France 24 ont été chassés du pays en avril dernier. Lassine Traoré appuie cette décision des autorités maliennes. C’est comme en Russie quand les médias occidentaux, dont Radio-Canada, ont été interdits, parce que la communication importe beaucoup, affirme-t-il. Aujourd’hui, tous les Maliens de l’intérieur ou de l’extérieur sont fiers du régime en place, de l’armée et de la récupération des territoires aux mains des djihadistes.

« En interdisant la diffusion de ces deux antennes [RFI et France 24], je crois que les autorités sont dans leur droit de mettre fin à la propagande qui était diffusée sur ces ondes pour ne pas affaiblir l’élan de patriotisme que les Maliens commencent à avoir. »— Une citation de  Lassine Traoré, ancien président du Haut Conseil des Maliens du Canada

Youssouf Tounkara adhère lui aussi à la version des autorités maliennes en ce qui concerne la présence du groupe Wagner sur le territoire malien.

« On parle beaucoup de Wagner au Mali. Nos autorités ont toujours été claires : il n’y a pas de Wagner au Mali. Et moi, en tant que citoyen malien, je fais confiance à mes autorités. Lorsqu’elles disent qu’il n’y a pas de Wagner au Mali, eh bien, pour moi, il n’y a pas de Wagner au pays! »— Une citation de  Youssouf Tounkara, président du Haut Conseil des Maliens du Canada

La démocratie pour qui?

Soumaila Coulibaly.

Le président de l’Association de la diaspora africaine du Canada, Soumaila Coulibaly Photo : Radio-Canada/Karine Mateu

Le président de l’Association de la diaspora africaine du Canada, Soumaila Coulibaly, s’est installé à Ottawa à son arrivée en sol canadien. Bien qu’il ne représente pas uniquement le Mali, son pays d’origine, les accusations d’exactions commises par l’armée malienne et par le groupe Wagner le font réagir.

Wagner, vraiment, ce n’est pas un problème du Mali. C’est un peu l’épouvantail de la communication. Comme le ministre Abdoulaye Diop l’a répété à la tribune des Nations unies dernièrement, le problème du Mali aujourd’hui, ce n’est pas Wagner. Le problème du Mali aujourd’hui, c’est la sécurité. Le problème du Mali aujourd’hui, c’est l’accès aux soins. Le problème du Mali aujourd’hui, c’est l’éducation des citoyens maliens, affirme-t-il.

M. Coulibaly soutient par ailleurs la junte au pouvoir, d’autant qu’elle a annoncé le transfert du pouvoir aux civils d’ici deux ans. Et il tient à rappeler que la démocratie par le vote, telle que préférée par l’Occident, est discutable.

« Quand on parle de démocratie, on doit se demander : comment a-t-on instauré cette démocratie? Comment ces élections sont-elles organisées? Parce qu’il y a des gens qui organisent ces élections et qui [font élire] des gens pour leurs intérêts et pour ceux de leurs compagnies. Chaque fois que la population est laissée pour compte, les forces armées sont obligées d’intervenir pour rétablir l’équilibre. »— Une citation de  Soumaila Coulibaly, président de l’Association de la diaspora africaine du Canada

La Russie, un partenaire dangereux

Frédéric Samy Passilet.

Spécialiste en prévention des conflits en Afrique, Frédéric Samy Passilet a aussi travaillé pour les missions de maintien de la paix des Nations unies au Congo, en Côte d’Ivoire et au Mali. Photo : Frédéric Saly Passilet

Lui aussi installé à Ottawa depuis six ans, Frédéric Samy Passilet, un spécialiste en prévention des conflits en Afrique, comprend le rejet de la France par les populations africaines mais s’inquiète de cet engouement pour la Russie. Ce Tchadien qui a dû fuir son pays d’origine a aussi travaillé pour des missions de maintien de la paix des Nations unies au Congo, en Côte d’Ivoire et au Mali.

« Voilà l’erreur que l’Afrique est en train de commettre : allez chasser les Français et allez pactiser avec des criminels de tout bord, comme les gens de Wagner. Parce que ce sont des criminels, ce sont des terroristes. Le terroriste est celui qui utilise la violence pour atteindre ses objectifs. »— Une citation de  Frédéric Samy Passilet, spécialiste en prévention des conflits en Afrique

Wagner utilise la violence la plus sadique. Il tue les populations civiles. Je crois que c’est une erreur. Un jour, nous allons écrire l’histoire du Mali et ils vont regretter, même si aujourd’hui, ils croient qu’il y a la sécurité, craint-il.

Frédéric Samy Passilet met aussi en garde contre les régimes qui ne tolèrent aucune critique : Pour le moment, nous assistons à une situation de populisme politique au Mali, ce qui fait qu’il y a un aveuglement pour cerner la vérité. Et tous les chefs d’État, toutes les autorités africaines qui ne veulent pas la vérité désignent Radio France Internationale et les organisations des droits de l’homme comme des cibles. En vérité, il n’y a pas de fumée sans feu. Pourquoi n’ont-elles pas permis à la mission de l’ONU qui est présentement au Mali, la MINUSMA, d’enquêter sur les crimes? Pourquoi? Que cachent les autorités maliennes?

Une tromperie?

Tatiana Smirnova.

Tatiana Smirnova est chercheuse au postdoctorat au Centre franco-paix de l’Université du Québec à Montréal. Photo : Radio-Canada/Karine Mateu

Chercheuse postdoctorale au Centre franco-paix de l’Université du Québec à Montréal, Tatiana Smirnova, qui est d’origine russe et française, est une spécialiste de la situation au Sahel. Selon elle, la Russie, qui est de plus en plus isolée sur la scène internationale en raison de la guerre en Ukraine, va s’engager davantage en Afrique, mais l’investissement n’y sera pas comme au temps de l’URSS.

L’URSS avait mis beaucoup d’argent dans le volet développement : la construction d’hôpitaux, de stades, etc. Sa présence n’était pas que militaire, elle était aussi axée sur le développement. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. La Russie n’en a pas les moyens. Elle s’investit donc à travers la vente d’armes et le développement militaire ainsi que par des contrats économiques avec de grandes entreprises. Malheureusement, je pense que c’est là en quelque sorte la tromperie de l’offre que la Russie fait aux populations, parce que celles-ci acceptent l’offre en espérant que la Russie va revenir comme au temps de l’URSS avec toute cette offre, y compris avec une coopération en matière de santé et plus encore, prévient-elle.

Tatiana Smirnova précise que la Russie a changé, tout comme ses méthodes.

« La Russie s’appuie aujourd’hui sur les élites politiques du business parce que ça nourrit, le business. Et Wagner, c’est une des compagnies privées, mais il y en a d’autres. Le problème des groupes privés est qu’ils sont moins redevables à l’État. Ils sont plus redevables à eux-mêmes et aux intérêts privés qui les payent. C’est ça, le danger. »— Une citation de  Tatiana Smirnova, chercheuse postdoctorale au Centre franco-paix de l’Université du Québec à Montréal

La spécialiste dit comprendre les Maliens qui cherchent d’autres partenaires pour leur venir en aide, mais à long terme, les conséquences pourraient être graves.

La stratégie contre le terrorisme russe qui a été vendue aux pays sahéliens est efficace à court terme, mais elle va engendrer des effets extrêmement graves pour les populations à long terme. Elle va produire des tensions intercommunautaires, parce qu’il y aura des exactions, des missions de punition et ainsi de suite, dit-elle. Ce que je trouve aussi malheureux, c’est que les partenaires occidentaux peuvent maintenant mettre tous les malheurs du Sahel sur le dos de la Russie ou sur celui de Wagner, alors qu’il y a eu des exactions bien avant l’arrivée de Wagner au Mali. On ne peut pas regarder la situation d’une façon dichotomique. Il faut aller au-delà de l’affrontement avec la Russie.

Toutefois, aux yeux du spécialiste des conflits en Afrique Frédéric Samy Passilet, le Mali et d’autres pays africains jouent un jeu bien dangereux en se tournant vers la Russie.

« Les Russes ne viennent pas sans intérêt. Les Russes ne regardent pas la démocratie. Un jour, le peuple va commencer à exiger la démocratie et le régime en place va dire :  »Non! vous ne pouvez pas avoir le beurre et l’argent du beurre! » »— Une citation de  Frédéric Samy Passilet, spécialiste des conflits en Afrique.

Avec Radio-Canada avec AFP