Archive for the ‘International’ Category

Australie : une adolescente de 16 ans tuée par un requin

février 4, 2023

La jeune adolescente se baignait dans une rivière lorsqu’elle a été tuée par un requin. Une telle attaque n’avait pas eu lieu depuis 1960.

Une adolescente de 16 ans est morte samedi après avoir été attaquée par un requin pendant qu’elle nageait dans une rivière dans l’ouest de l’Australie, ont annoncé les autorités. La jeune fille a été grièvement blessée par ce requin d’une espèce inconnue dans la rivière Swan, à Fremantle dans la banlieue de Perth, selon un communiqué du gouvernement de l’État. Elle a été sortie de l’eau puis déclarée décédée sur place après l’échec des tentatives de réanimation, a précisé Paul Robinson, de la police de Fremantle.

« C’est encore très tôt, ce qu’on sait c’est qu’elle était à la rivière avec des amis », a-t-il dit lors d’une conférence de presse. « Ils étaient sur des Jet-Skis. Un groupe de dauphins aurait été vu dans les environs, et la jeune fille aurait sauté dans l’eau pour nager avec les dauphins », a-t-il poursuivi.

Première attaque mortelle en plus de soixante ans

La famille de la jeune fille, originaire de Perth, est « totalement anéantie par la nouvelle » de cet « incident très, très traumatisant », a-t-il ajouté. Selon les experts, ce n’est pas courant de trouver des requins dans cette partie de la rivière, a indiqué Paul Robinson. Le gouvernement de l’État a appelé la population à faire preuve de « davantage de prudence » dans la rivière Swan et à respecter les fermetures de plages.

La dernière attaque mortelle dans une rivière en Australie remonte à 1960, quand un requin-bouledogue d’une longueur estimée à 3,3 mètres s’en est pris à un plongeur à Roseville Bridge à Sydney, selon une base de données tenue par la Société de conservation de Taronga. En février de l’an dernier, un moniteur de plongée britannique âgé de 35 ans, Simon Nellist, avait été dévoré au large de la plage de Little Bay à Sydney, première attaque de ce genre depuis 1963 dans la plus grande ville du pays.

Avec Le Point avec AFP

Un deuxième présumé ballon-espion chinois détecté au-dessus de l’Amérique latine

février 4, 2023
Un ballon dans le ciel.

Le ballon chinois a été aperçu au-dessus de Billings, au Montana, le 1er février 2023. Photo : AP/Larry Mayer

Un deuxième ballon espion chinois survole l’Amérique latine, a déclaré le Pentagone vendredi, un premier engin de ce type ayant été détecté dans le ciel nord-américain la veille.

Nous sommes au courant des informations faisant état d’un ballon survolant l’Amérique latine. Nous considérons qu’il s’agit d’un autre ballon espion chinois, a déclaré dans un communiqué Pat Ryder, porte-parole du Pentagone, sans préciser sa localisation exacte.

Après le repérage du premier ballon de surveillance, Washington et Ottawa ont dénoncé cette intrusion de l’espace aérien nord-américain. Le Canada a convoqué jeudi l’ambassadeur Cong Peiwu pour discuter de l’incident et le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a reporté vendredi une rare visite prévue à Pékin qui était censée apaiser les tensions avec le rival chinois.

Les autorités chinoises ont eu beau exprimer leurs regrets pour cette intrusion involontaire, selon elles, Washington a jugé l’affront inacceptable et a décidé in extremis d’annuler le déplacement du secrétaire d’État américain qui était prévu pour dimanche et lundi.

M. Blinken en a fait directement part au directeur du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, prenant note des regrets exprimés par la Chine, mais dénonçant un acte irresponsable et une violation claire de la souveraineté des États-Unis qui sape l’objectif du voyage.

La priorité, à présent, c’est de faire en sorte que cet engin espion quitte notre espace aérien, a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse.

Antony Blinken parle pendant un point de presse.

Antony Blinken, le 31 janvier 2023, lors d’une visite en Israël Photo : AP/Ronaldo Schemidt

Dans le même temps, le chef de la diplomatie américaine s’est efforcé de calmer le jeu en assurant que sa visite serait reprogrammée quand les conditions le permettront, insistant sur la nécessité de garder les lignes de communication ouvertes avec Pékin.

Imaginez un instant ce qu’aurait été la réaction en Chine s’ils avaient été concernés, a-t-il relevé.

Pékin exprime des « regrets »

Le Pentagone avait annoncé jeudi avoir détecté un aérostat de grande taille au-dessus des États-Unis, et avait assuré n’avoir aucun doute sur sa provenance chinoise et son usage à des fins d’espionnage.

Pékin, qui avait d’abord appelé à ne pas monter en épingle cette affaire, a reconnu vendredi qu’il s’agissait bien d’un appareil venu de Chine.

Mais c’est un aéronef civil, utilisé à des fins de recherches, principalement météorologiques, a assuré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué.

Influencé par les vents, ce ballon a dévié de sa trajectoire, a-t-il ajouté, en exprimant les regrets de son pays pour cette violation involontaire de l’espace aérien américain.

Je peux vous dire que le ballon se dirige vers l’est et se trouve actuellement au-dessus du centre des États-Unis, à quelque 18 000 mètres d’altitude, et qu’il devrait rester sur le territoire américain encore quelques jours, a fait savoir vendredi le porte-parole du Pentagone lors d’un point de presse.

Il a répété que le ballon, manoeuvrable, naviguait au-dessus du trafic aérien commercial et ne présentait pas de menace militaire ou physique pour les personnes au sol. Le porte-parole s’est refusé cependant à mentionner explicitement si les mouvements de l’engin étaient téléguidés.

Pas la première fois

Selon les médias américains, le ballon a survolé les îles Aléoutiennes dans le nord de l’océan Pacifique, puis a traversé l’espace aérien canadien, avant d’entrer aux États-Unis il y a environ deux jours.

Il a notamment volé au-dessus de l’État du Montana (ouest), qui abrite des silos de missiles nucléaires, où des avions de chasse se sont approchés de lui, avait indiqué jeudi un haut responsable du Pentagone sous le ouvert de l’anonymat.

Il a été décidé de ne pas l’abattre, en raison des risques posés par d’éventuels débris pour les personnes au sol, a-t-il ajouté, tout en jugeant limitée sa capacité à collecter des informations.

Le Canada prend des mesures pour assurer la sécurité de son espace aérien, a déclaré de son côté, vendredi, le département de la Défense, dans un communiqué.

Ce n’est pas la première fois que l’armée américaine constate une telle intrusion, mais cet aéronef est resté plus longtemps que d’autres dans l’espace aérien américain.

L’incident a suscité de vives réactions au sein de la classe politique aux États-Unis.

Cette violation de la souveraineté américaine […] montre que les signes récents d’ouverture de la part des autorités chinoises ne reflètent pas un changement réel de politique, ont notamment commenté les chefs républicain et démocrate d’une commission parlementaire sur la Chine, Mike Gallagher et Raja Krishnamoorthi.

Abattez ce ballon!, a exhorté l’ancien président républicain Donald Trump sur Truth Social, tout comme nombre d’élus de l’opposition républicaine.

La visite en Chine d’Antony Blinken aurait été la première d’un secrétaire d’État américain depuis octobre 2018.

Elle devait permettre aux deux superpuissances d’éviter que les vives tensions qui les opposent ne dégénèrent en conflit ouvert.

Parmi les nombreux sujets de contentieux figurent Taïwan, que la Chine revendique comme faisant partie intégrante de son territoire, et les activités de Pékin en mer de Chine méridionale.

Par Radio-Canada avec AFP et AP

L’armée de l’air américaine a abattu le « ballon-espion » chinois

février 4, 2023
Une tache blanche dans le ciel sur laquelle on distingue la silhouette d'antennes et d'appareils de télécommunications.

Le ballon repéré par les Américains a été abattu par l’armée de l’air samedi en milieu d’après-midi. Photo: Reuters/Chase Doak

L’armée de l’air américaine a abattu samedi le « ballon-espion » chinois qui survolait le territoire des États-Unis depuis quelques jours. Le secrétaire américain à la Défense a immédiatement confirmé que le ballon était utilisé par Pékin pour surveiller des sites stratégiques dans la zone continentale des États-Unis.

Des images retransmises par plusieurs médias américains montrent l’engin, un grand aéronef blanc, éclater sous l’impact. Un photographe de Reuters, dans la région de Myrtle Beach, a pu voir le ballon dans le ciel avec deux avions militaires américains qui volaient à ses côtés.

Washington a qualifié le ballon de violation manifeste de la souveraineté américaine.

Plus tôt dans la journée de samedi, le président démocrate Joe Biden avait indiqué qu’il « allait s’occuper » du ballon. À la question de savoir si le ballon allait être abattu, M. Biden avait levé le pouce devant les journalistes.

Son administration a fait fermer une partie de l’espace aérien sur la côte est, dans la région de la Caroline du Nord et du Sud, en interrompant au passage les activités de trois aéroports du sud-est du pays.

Le gouvernement chinois se défend

Pékin a reconnu qu’il s’agissait bien d’un appareil venu de Chine, mais a assuré qu’il s’agissait d’un aéronef civil, utilisé à des fins de recherches, principalement météorologiques.

L’engin aurait dévié de sa trajectoire, avait ajouté un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères en exprimant les regrets de son pays pour cette violation involontaire de l’espace aérien américain.

Le ballon a notamment volé au-dessus de l’État du Montana, qui abrite des silos de missiles nucléaires, avant de se déplacer vers l’est.

On avait jusque-là décidé de ne pas l’abattre en raison des risques posés par d’éventuels débris pour les personnes au sol, avait expliqué un haut responsable du Pentagone.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

Nord-Kivu : le Conseil de sécurité condamne les avancées du M23 en RDC

février 4, 2023

La dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire au Nord-Kivu, précisément dans le Masisi où l’on note une progression continue de la rébellion M23, continue de préoccuper les Nations unies.

Dans un communiqué de presse du 3 février, le Conseil de sécurité des Nations unies a fermement condamné la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans la province du Nord-Kivu, vu les conséquences que cela entraîne sur la vie de la population locale de plus en plus livrée à elle-même. Cet organe de haut niveau des Nations unies estime qu’ il n’y a pas d’autre alternative que le retrait des troupes du M23 de toutes les zones occupées, comme convenu dans le cadre du processus de Luanda approuvé par l’Union africaine.

Les membres du Conseil de sécurité ont, par ailleurs, souligné les engagements pris par la région, au titre du Cadre de paix, de sécurité et de coopération pour la République démocratique du Congo (RDC) et la région, « de ne pas tolérer ni fournir d’assistance ou de soutien d’aucune sorte aux groupes armés ». Sans le citer explicitement, le Conseil a condamné l’attitude du Rwanda, principal soutien au M23, tout en demandant que cela soit mis fin immédiatement. Les membres du Conseil de sécurité ont demandé à tous les acteurs impliqués de rester attachés aux décisions prises lors du mini-sommet des chefs d’État du 23 novembre 2022 à Luanda et de s’y conformer. Ils ont, en outre, réitéré leur soutien aux efforts régionaux déployés par les chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est dans le cadre des processus de Nairobi et de Luanda dirigés par cette organisation sous-régionale pour rétablir la confiance, résoudre les différends par le dialogue et continuer à utiliser les organisations et mécanismes sous-régionaux existants.

Enfin, tout en réitérant son soutien total au représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, Bintou Keita, et aux actions stabilisatrices de la Monusco, le Conseil de sécurité a réaffirmé son attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de ce pays.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

M23 en RDC : Tshisekedi, Kagame, Ruto… réunion de l’EAC au Burundi

février 4, 2023

Les dirigeants des pays de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) sont réunis ce samedi en sommet extraordinaire à Bujumbura pour discuter de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.

Le président congolais Félix Tshisekedi, est accueilli par le président burundais Évariste Ndayishimiye au sommet extraordinaire de l’EAC à Bujumbura, Burundi, le 4 février 2023. © Tchandrou Nitanga / AFP

Le président de la RDC, Félix Tshisekedi participe, ce samedi 4 février, à une réunion de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC, constituée de sept pays), qui a déployé une force dans l’est congolais où les rebelles du M23 continuent à gagner du terrain. « Programme : évaluation de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo et perspectives », a tweeté l’EAC vendredi en annonçant le sommet.

Le président Tshisekedi a été convié à cette réunion organisée par le Burundi, qui préside actuellement l’EAC, avait indiqué un peu plus tôt une source diplomatique. Les chefs d’État de plusieurs pays d’Afrique centrale et de l’Est sont réunis en sommet extraordinaire à Bujumbura pour discuter de la situation sécuritaire en RDC. Cette réunion intervient en pleine recrudescence des violences dans l’est du pays.

Feuille de route pour la paix

Dans la province congolaise du Nord-Kivu, la rébellion du M23, que Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir, s’est emparée de larges territoires riches en minerais, et elle continue d’avancer malgré une feuille de route pour la paix conclue à Luanda, en Angola, en juillet 2022. Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour faire taire les armes et apaiser les tensions, en vain jusqu’à présent. « Les discussions devraient se concentrer sur l’évaluation de la feuille de route de Luanda qui exigeait le retrait effectif et définitif des troupes du M23/RDF (Forces de défense rwandaises) des zones occupées avant le 15 janvier », a déclaré samedi la présidence congolaise.

« Les troupes terroristes du M23 n’ont jamais quitté ces zones, au contraire le M23 et ses alliés ont élargi leurs zones d’occupation », a-t-elle ajouté. Si la RDC accuse le Rwanda de soutenir le groupe rebelle, ce qui est corroboré par des experts de l’ONU et les pays occidentaux, Kigali s’en défend. Il s’agit de « parvenir à des décisions qui amélioreront la situation sécuritaire et faciliteront le rétablissement de la paix dans l’est de la RDC », a déclaré sur Twitter l’actuel président de l’EAC, le président burundais Évariste Ndayishimiye.

Outre les présidents burundais et congolais, participent au sommet les chefs d’État rwandais Paul Kagame, kényan William Ruto, ougandais Yoweri Museveni et tanzanienne Samia Suluhu Hassan. Cette rencontre est convoquée alors qu’une vive tension persiste entre la RDC et le Rwanda, et se tient peu après la visite du pape François à Kinshasa, où il a condamné les « cruelles atrocités » perpétrées dans l’est de la RDC. De nombreux groupes armés y sévissent depuis des décennies, dont beaucoup sont un héritage des guerres régionales qui ont éclaté dans les années 1990-2000.

« Clarification urgente »

Pour lutter contre ces groupes, l’EAC a créé en 2022 une force régionale devant comprendre des militaires kényans – arrivés à Goma à partir de novembre –, ougandais, burundais et sud-soudanais. Le mini-sommet réuni le 23 novembre à Luanda lui a confié la mission de « faire usage de la force » contre les rebelles du M23 s’ils refusaient de se retirer des zones occupées, ce qu’elle n’a pas encore fait. À Bujumbura, le président Tshisekedi « entend clarifier le mandat de la force régionale », a déclaré samedi la présidence congolaise.

À la demande de Kinshasa, cette force ne comprend pas de troupes rwandaises, mais quelques officiers rwandais étaient toutefois présents à son quartier général de Goma. Fin janvier, Kinshasa a fait savoir que ces officiers avaient été « enjoints de quitter le sol congolais pour des raisons sécuritaires ». Dans une lettre au ministre congolais des Affaires étrangères, le secrétariat général de l’EAC a demandé « une clarification urgente » sur cette décision.

Cette semaine encore, durant la visite du pape François à Kinshasa, Félix Tshisekedi a réitéré ses accusations contre Kigali. « Outre des groupes armés, des puissances étrangères avides des minerais contenus dans notre sous-sol commettent, avec l’appui direct et lâche de notre voisin le Rwanda, de cruelles atrocités », a-t-il déclaré.

Rapprochement rwando-burundais

Dans une déclaration avant le sommet, William Ruto a demandé que les riches ressources minières de RDC, à l’origine des nombreux conflits en cours, soient protégées. « Le moment est venu depuis longtemps pour la communauté internationale d’auditer avec la plus grande vigilance les chaînes d’approvisionnement industrielles et de s’assurer que la production et la consommation mondiales respectent la souveraineté congolaise en matière de ressources et ne profitent pas des conflits et des souffrances humaines », a-t-il déclaré.

Un début de rapprochement rwando-burundais se noue par ailleurs en marge du sommet : c’est la première visite de Paul Kagame au Burundi depuis 2013. Les deux pays avaient jusqu’alors des relations tendues. Le Burundi a notamment accusé le Rwanda d’abriter les responsables d’un coup d’État raté en 2015. En 2020, Paul Kagame avait exhorté son homologue Évariste Ndayishimiye, élu depuis peu, à normaliser les relations diplomatiques, mais cette demande avait alors été rejetée, qualifiée d’« hypocrite ».

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Canada-Consommation d’électricité: réduction demandée par Hydro-Québec à ses abonnés

février 3, 2023

MONTRÉAL — Hydro-Québec demande à ses abonnés de pendre quelques mesures afin que la consommation d’électricité du Québec soit réduite alors qu’une période de froid intense a débuté jeudi soir dans la plupart des régions.

Consommation d’électricité: réduction demandée par Hydro-Québec à ses abonnés© Fournis par La Presse Canadienne

La société d’État prévoit que vendredi et samedi, la demande d’électricité pourrait dépasser la pointe de consommation historique, qui a été d’environ 40 500 mégawatts (MW) en janvier 2022. 

Les températures extrêmement froides mettront à l’épreuve la capacité des bâtiments à conserver leur chaleur, ce qui augmentera la demande liée au chauffage partout au Québec.

Les Québécois sont donc invités à réduire le chauffage d’un à deux degrés Celsius, notamment dans les pièces inoccupées de la maison, et à utiliser moins d’eau chaude. On leur demande aussi de réduire ou de reporter à plus tard l’utilisation des gros appareils électroménagers, particulièrement la sécheuse et le lave-vaisselle. 

Ces gestes d’économie sont particulièrement recommandés entre 16h00 et 21h00 ce vendredi ainsi qu’entre 6h00 et midi, samedi.

Hydro-Québec signale que de telles mesures contribueront à amoindrir la pression sur le réseau électrique et à diminuer les importations d’électricité en provenance des réseaux voisins.

La société d’État assure qu’à l’instar de sa clientèle, elle réduira le chauffage et l’éclairage dans tous ses locaux au Québec.

Avec La Presse Canadienne

Paco Rabanne, le prophète de la mode, est mort

février 3, 2023

Couturier autodidacte, visionnaire et excentrique, Paco Rabanne est mort à 88 ans. Représentant du Space Age, il a connu le succès dès les années 1960.

« Ce n’est pas un couturier, c’est un métallurgiste ! » disait de lui Coco Chanel. Et pour cause, Paco Rabanne, dont la marque a confirmé au Point ce vendredi 3 février la mort à 88 ans, a introduit dès 1966 des matériaux industriels dans ses collections. À 32 ans, dans les salons de l’hôtel George-V, il présente son premier opus haute couture baptisé « Manifeste », composé de « 12 robes importables en matériaux contemporains ». Ses créations expérimentales, ornées de sequins, d’aluminium et de plaques en rhodoïd, sont portées par des mannequins aux pieds nus qui défilent au rythme saccadé du « Marteau sans maître » de Pierre Boulez – chose rare à l’heure où ce sont encore les aboyeurs qui animent les défilés de mode.

Né en 1934 à Pasaia (dans le Pays basque espagnol), le jeune Francisco Rabaneda y Cuervo (de son vrai nom) a fui la guerre civile espagnole avec sa mère – première main chez Cristobal Balenciaga, alors établi à Saint-Sébastien. Son père, officier, a été assassiné en 1936 par les armées franquistes. Arrivé à Morlaix à l’âge de 5 ans, il quittera la Bretagne en 1951 pour suivre des études d’architectures à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris – études qu’il financera en réalisant des croquis de mode (notamment des dessins de chaussures pour Charles Jourdan), puis en devenant accessoiriste pour les grandes maisons de mode (Nina Ricci, Balenciaga, Pierre Cardin…).

BB, Jane Fonda Françoise Hardy

En 1959, il publie ses premiers dessins de mode dans le journal américain Women’s Wear Daily sous le nom de Franck Rabanne, avant de choisir définitivement le pseudonyme de Paco Rabanne. C’est avec cette nouvelle identité qu’il lancera, en 1965, les « Pacotilles » – des accessoires en rhodoïd (boucles d’oreilles et lunettes) en partenariat notamment avec Emmanuelle Khanh –, puis fondera officiellement sa marque éponyme en 1966. Rapidement ses créations singulières – à commencer par ses robes à l’esprit cotte de mailles – attirent tous les regards. Tout comme ses défilés aux allures de happening qui s’énoncent loin des présentations très codifiées de l’époque.

Une mannequin le  21 janvier 1970 à Paris.© – / AFP

À noter qu’avec Yves Saint Laurent, il est l’un des premiers à faire défiler des mannequins à la peau noire. Les stars de l’époque sont séduites par la modernité du propos. Anouk Aimée, Françoise Hardy ou encore Brigitte Bardot plébiscitent la marque. Paco Rabanne collabore aussi avec l’industrie du cinéma. On se souvient de Jane Fonda moulée dans son costume métallisé pour les besoins du film Barbarella (1968) devant la caméra de Roger Vadim – une pièce conservée aujourd’hui au MoMA à New York.


Francoise Hardy et Paco Rabanne. La chanteuse porte une robe à 10,4 millions de dollars du créateur.© FITITJIAN/SIPA / Sipa Press SIPA / SIPA

En mode expérimental

Preuve est faite que métallerie et glamour peuvent rimer. Toutefois, les tenants d’une mode plus traditionnelle ne comprennent pas ce vestiaire qu’ils jugent trop lourd et inconfortable (certaines robes pouvant peser jusqu’à 8 kilos). Qu’importe, Paco Rabanne continue d’expérimenter et d’innover (des modèles fluorescents, en plastique moulé, en catadioptres orangés, d’autres faits de caches de diapositives et des robes de mariée en kit) et se diversifie en parallèle, entre débuts dans la parfumerie (en association avec le groupe catalan Puig) et lancement du prêt-à-porter masculin et féminin.

Le succès est au rendez-vous : les jus s’arrachent – à commencer par Calandre, puis XS et Paco, avant One Million – et le créateur, qui se décrit davantage comme un artisan, est récompensé d’un Dé d’or pour sa collection haute couture printemps-été en 1990. À partir de 1999, il se retire progressivement des podiums, quittant d’abord la haute couture, puis le prêt-à-porter – la marque poursuit son œuvre aujourd’hui sous la houlette du designer breton Julien Dossena. Passionné de sciences occultes, c’est sur un autre terrain que le couturier fera ensuite parler de lui.

Nostradamus de la mode

Multipliant les apparitions sur les plateaux de télévision pour faire le récit de ses vies antérieures, il annoncera tour à tour le crash de la station spatiale MIR sur Paris et l’apocalypse dans le sud-ouest de la France prévue le 11 août 1999 à 11 h 22. Autant de fausses prédictions, reprises dans son ouvrage Feu du ciel (1999), qui l’inciteront par la suite à la discrétion médiatique. Souvent cité par une galaxie de designers venus après lui (Martin Margiela en tête), force est de reconnaître que Paco Rabanne aura tout de même été visionnaire sur le terrain de la mode : entre pratique de l’upcycling avant l’heure, diversité des castings et défilés pensés comme des performances.

Avec Le Point par Astrid Faguer

Canada: Seulement six infirmières de Montréal se portent volontaires pour Maisonneuve-Rosemont

février 3, 2023

Deux semaines après avoir lancé un appel à l’aide auprès de ses partenaires sur l’île, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal constate pour l’instant qu’il devra puiser dans ses propres rangs pour pallier la pénurie d’infirmières aux urgences.

L'hôpital Maisonneuve-Rosemont

L’hôpital Maisonneuve-Rosemont Photo : Radio-Canada/Charles Contant

Dans un geste exceptionnel, la direction du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal lançait il y a deux semaines un appel aux infirmières du réseau, partout sur l’île, pour qu’elles viennent prêter main-forte à l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR).

Nous travaillons en collaboration avec nos partenaires du réseau montréalais afin d’apporter l’aide requise à nos équipes et nous les remercions de leur précieuse collaboration, disait alors le PDG du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, Jean-François Fortin-Verreault.

Or, selon les informations obtenues par Radio-Canada, à peine quelques infirmières du réseau montréalais se joindront aux urgences de HMR et de Santa-Cabrini, aussi aux prises avec un manque de personnel.

En ce qui concerne l’aide potentielle en provenance des autres organisations de santé de la région métropolitaine, nous avons reçu des offres de trois organisations différentes de la région de Montréal pour un total de six personnes, dont cinq infirmières et une infirmière auxiliaire, confirme le porte-parole Christian Merciari.

Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal est un de ceux qui vont contribuer.

Nous avons envoyé deux infirmières en plus de deux autres infirmières, qui occupent des postes de gestionnaire à notre CIUSSS, pour aller aider les équipes à l’urgence de HMR, écrit la porte-parole du CIUSSS de l’Ouest, Hélène Bergeron-Gamache.

Ils seront présents quelques jours entre le 23 janvier et le 17 février et proviennent de nos équipes des cliniques de vaccination COVID, précise-t-elle.

Au CUSM, une infirmière auxiliaire s’est portée volontaire et commencera son orientation sous peu, indique-t-on.

Au CISSS de Laval, un communiqué interne a été envoyé la semaine dernière au personnel pour solliciter des volontaires.

« Certains établissements sont plus particulièrement touchés que d’autres. C’est le cas de l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont […] qui vit actuellement une situation préoccupante dans sa capacité d’offrir des soins et services sécuritaires au sein de son urgence, notamment en raison d’un manque de personnel infirmier en nombre suffisant. »— Une citation de  CISSS de Laval, communiqué interne, 24 janvier 2023

Une porte-parole du CISSS de Laval précise que peu d’infirmières se sont portées volontaires et que l’établissement évalue leur disponibilité en fonction des besoins de HMR tout en s’assurant de ne pas compromettre les services à la population lavalloise.

Marie-Eve Despatie-Gagnon ajoute que le CISSS a augmenté sa capacité d’accueil quant au nombre d’ambulances arrivant à l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé; rapatrié des usagers lavallois sur le territoire, avec des niveaux de soins alternatifs (NSA), qui occupaient des lits d’hôpitaux à Montréal; proposé à HMR qu’il réfère des usagers vers la clinique conjointe d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS) CISSS de Laval – Université de Montréal.

De son côté le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal a également fait circuler un courriel auprès des employés.

Des infirmières et infirmiers et du personnel rassemblés dans une salle commune.

Un sit-in a eu lieu lors du quart de travail de soir du 15 janvier à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont pour marquer le refus d’un plan de contingence décidé par la direction et dénoncer les heures supplémentaires obligatoires. Photo : Radio-Canada/Davide Gentile

Plusieurs sources d’autres urgences de la région indiquent qu’il est simplement impossible de venir à la rescousse des hôpitaux de l’Est de Montréal.

On manque nous-mêmes d’infirmières. Je ne vois vraiment pas qui pourrait en envoyer à l’urgence de HMR, indique un médecin d’urgence dans un autre établissement de l’île de Montréal.

Sept autres infirmières indépendantes se sont portées volontaires pour des postes permanents.

73 infirmières du CIUSSS de l’Est

À ce jour, près de 90 infirmières au total ont levé la main pour offrir des disponibilités à l’urgence de Maisonneuve-Rosemont, la plupart du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

L’opération de recrutement récemment lancée afin d’ajouter du personnel qualifié pour les salles d’urgences du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a permis d’obtenir des offres d’aide de 173 employés de notre CIUSSS dont 60 infirmières, 13 infirmières auxiliaires et 100 préposés aux bénéficiaires, précise le porte-parole Christian Merciari.

Parmi ces personnes, des infirmières sont actuellement en orientation et elles pourront contribuer à des quarts de travail pour nous aider à combler les besoins infirmiers dans nos salles d’urgences, ajoute-t-il.

L’établissement emploie plus de 4000 infirmières dans les hôpitaux, CHSLD et CLSC qui relèvent de lui.

Les hôpitaux Maisonneuve-Rosemont et Santa-Cabrini auront recours à du personnel infirmier d’agence pour combler des quarts de soir, de nuit et de fin de semaine, indique-t-on.

Comme le soulignait récemment au micro de Tout un matin la gestionnaire du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, la docteure Martine Leblanc, quand on a des couvertures de postes de l’ordre de 30 % pour les quarts de nuit et de 40 % ou moins pour les quarts de soir, vous comprenez que la pression sur les équipes est trop élevée.

Pour le député de Camille-Laurin et chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon,nous ne sommes malheureusement pas surpris que peu d’infirmières se soient portées volontaires […] sans un véritable changement à la source, HMR devra composer avec du temps supplémentaire obligatoire et une surcharge de travail et de patients. Les citoyens et les travailleurs de l’Est-de-Montréal méritent mieux.

Ces derniers mois, le CIUSSS a confié au ministère de la Santé un nombre record de mandats pour recruter 565 infirmières, que ce soit en France, au Maroc ou en Amérique du Sud.

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

Le rat, le serpent et les hyènes: en Afrique, des dessins animés au service de la propagande russe

février 3, 2023
Le rat, le serpent et les hyenes: en Afrique, des dessins animes au service de la propagande russe
Le rat, le serpent et les hyènes: en Afrique, des dessins animés au service de la propagande russe© AFP/OLYMPIA DE MAISMONT

Ils circulent sur WhatsApp, FacebookTwitter, Telegram ou TikTok. La France y apparaît tantôt sous les traits d’un rat, tantôt sous ceux d’un serpent menaçants, mais le scénario de ces dessins animés est toujours le même: l’envahisseur tricolore débarque en Afrique de l’Ouest pour piller ses anciennes colonies, qui résistent et triomphent.

Depuis le mois de décembre, au moins deux productions surfant sur le rejet grandissant de la France au Sahel ont surgi sur les réseaux sociaux, avant d’être reprises et partagées par de nombreux comptes pro-russes et des influenceurs panafricains.

« Nous sommes les démons de Macron, maintenant, c’est notre pays », grincent des squelettes décharnés coiffés de casques aux couleurs de la France dans la plus récente de ces vidéos, diffusée mi-janvier sur Twitter. Puis vient ensuite un gigantesque serpent tricolore annonçant qu’il veut « conquérir toute l’Afrique ». Le 21 décembre, une vidéo du même acabit était publiée sur Facebook avec un rat particulièrement agressif prénommé « Emmanuel ».

Volant au secours de soldats arborant les drapeaux maliens, burkinabè ou ivoiriens, on retrouve chaque fois des hommes blancs armés et en treillis portant bien en évidence l’insigne du groupe paramilitaire russe Wagner.

Ces productions « empruntant les codes de la fiction pour enfants (couleurs vives, protagonistes campés par des animaux, graphisme simpliste) accessibles à un large public sont clairement l’oeuvre de trolls russes ou prorusses » susceptibles d’opérer depuis Saint-Petersbourg, Bamako ou encore Ouagadougou, indique une source militaire française.

Une analyse partagée par plusieurs sources diplomatiques et experts interrogés par l’AFP, selon qui ces vidéos s’inscrivent dans la vaste campagne d’influence – militaire, économique et culturelle – orchestrée ces dernières années par Moscou dans cette région en proie à des insurrections jihadistes, où la France est en net recul.

Des « trolls » déjà connus

La première occurrence du clip le plus récent, identifiée sur Twitter le 14 janvier, émanait du compte @Souleym25304454. Un profil déjà connu pour avoir relayé des accusations contre la France en avril 2022, après la découverte d’un charnier à Gossi, dans le centre du Mali, près d’une base que les soldats français venaient de rétrocéder à l’armée malienne dans le cadre de leur désengagement du pays.

Sur les réseaux sociaux, des photos de cadavres floutés enterrés dans le sable avaient alors massivement circulé. L’armée française avait aussitôt dénoncé une manipulation, et diffusé des images de drone montrant, selon elle, des mercenaires russes en train d’enterrer des corps quelques jours plus tôt.

Autre élément qui interpelle, selon le collectif d’enquête All Eyes on Wagner: le « timing » de la publication, apparue en ligne pendant la « Journée de souveraineté retrouvée » au Mali, date fériée instaurée récemment par la junte parvenue au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat.

Il s’agit d' »un moment clef (…) pour la cohésion nationale autour de cette junte », et cette vidéo remplit la mission assignée à Wagner de « soutenir +informationnellement+ le gouvernement qui les emploie », estime All Eyes on Wagner. Les autorités maliennes ont toujours démenti avoir recours à des mercenaires, parlant d’instructeurs militaires venus aider à combattre les jihadistes.

Emmanuel Dupuy, président de l’Institut prospective et sécurité en Europe (Ipse), y voit « la preuve que (le groupe) est sorti un peu de son rôle de déni pour se présenter comme une armée privée au service des gouvernements qui l’ont sollicitée: le Mali aujourd’hui, peut-être le Burkina Faso demain ».

Contrainte de quitter le Mali en 2022, au terme de neuf ans de lutte antijihadiste dans le pays, l’armée française s’est vue tout récemment sommée de retirer ses soldats du Burkina Faso d’ici fin février, alors que la junte à Ouagadougou a opéré un rapprochement avec Moscou, alimentant les spéculations sur une possible entente avec Wagner.

« Des faisceaux d’indice comme les codes graphiques ou l’utilisation récurrente de l’anthropomorphisme suggèrent » que ce genre de vidéo « pourrait provenir de la galaxie Prigojine », du nom de l’homme d’affaires à la tête de Wagner, Evguéni Prigojine, abonde Maxime Audinet, chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (Irsem).

Le laboratoire centrafricain

Ce type de propagande déguisée n’est en effet pas totalement nouveau. Dès 2019, un dessin animé glorifiant la présence russe en Centrafrique, relatait l’histoire d’un éléphant attaqué par des hyènes venues lui voler sa récolte. Un ours originaire « d’un pays lointain du Nord qui s’appelle la Russie » accourt alors pour secourir l’éléphant et « établir la paix » entre les différents animaux de la savane.

Contrairement aux autres, cette vidéo était « signée », les crédits à la fin de la vidéo mentionnant explicitement Lobaye Invest, une société qui détient des concessions minières en RCA, selon le Trésor américain, qui a sanctionné cette entité en septembre 2020 pour ses liens avec Wagner.

La Centrafrique, en guerre civile depuis dix ans, a en quelque sorte constitué un laboratoire pour Wagner, dont les combattants sont accusés par l’ONU de graves violations des droits de l’Homme dans ce pays où depuis 2018, ils ont aidé le gouvernement à repousser des offensives rebelles et à récupérer une partie de son territoire.

La stratégie du groupe consiste notamment à « façonner les représentations favorables au groupe paramilitaire, justifier par des moyens médiatiques et culturels son implantation et, par extension, légitimer la présence croissante de la Russie dans la région », écrivaient les chercheurs Maxime Audinet et Colin Gérard dans un article publié sur la plateforme Le Rubicon en février 2022.

Pour Emmanuel Dupuy, de l’Ipse, la multiplication de ces fictions animées démontre en tout cas que « le continent africain devient le lieu d’expression d’une guerre par +proxy+ », autrement dit par procuration, « contre les intérêts occidentaux, plus précisément ciblée sur la France ».

Cette propagande s’avère d’autant plus efficace que la France a tardé à prendre la mesure du phénomène. « Il est facile de critiquer la France parce qu’elle ne se défend pas très bien et qu’elle n’a pas tout à fait pris conscience qu’une guerre informationnelle se joue », pointe le chercheur.

« Nous sommes face à un rouleau compresseur qui joue sur les perceptions des populations locales confrontées à des difficultés existentielles (conflits, pauvreté…), notamment celles de la jeunesse, et vise à exploiter les ressentiments contre la France », admet une source militaire française.

Face à l’urgence, Paris s’active pour rattraper son retard. Le ministère des Affaires étrangères s’est doté d’une sous-direction de la veille et de la stratégie, et l’état-major des armées a nommé un général en charge de ces problématiques. Le chef de l’Etat Emmanuel Macron l’a martelé en novembre dernier: « l’influence » est aujourd’hui considérée comme une « priorité stratégique ».

Avec Le Point avec AFP

Canada: Ottawa retire deux amendements controversés à la Loi sur le contrôle des armes à feu

février 3, 2023
Armes à feu.

La définition des armes d’assaut et semi-automatiques à proscrire contenue dans un des amendements était dénoncée comme étant trop large et portait préjudice, selon ses opposants, au droit des chasseurs de posséder certains types d’armes. Photo : Istock

Une motion a été adoptée vendredi, par consentement unanime, au Comité permanent de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes, pour retirer ces amendements jugés problématiques touchant les armes d’assaut du projet de Loi sur le contrôle des armes à feu.

Dans une déclaration publiée sur son compte Twitter, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a confirmé le retrait des deux amendements en évoquant des préoccupations légitimes soulevées au cours des nombreuses discussions qui ont eu lieu sur l’impact anticipé de ces amendements pour les propriétaires d’armes légales du pays.

« Mon collègue Taleeb Noormohamed, avec l’appui du gouvernement, a retiré les amendements G-4 et G46. Nous allons maintenant travailler avec nos collègues parlementaires pour élaborer une solution claire qui empêchera les armes de type assaut de se retrouver dans nos rues. »— Une citation de  Marco Mendicino, ministre fédéral de la Sécurité publique

Ces amendements au projet de loi C-21 des libéraux devaient mieux définir les armes d’assaut interdites au Canada, en plus de restreindre la possession de modèles d’armes à feu semi-automatiques possédant un chargeur amovible et pouvant contenir plus de cinq cartouches.

La nouvelle loi proposée aboutissait à une liste de plus de 3000 types d’armes à feu qui seraient désormais interdites au pays.

Jugées trop sévères par les conservateurs ainsi que par plusieurs associations de chasseurs et d‘amateurs d’armes à feu, ces modifications au projet de loi auraient eu pour effet, selon eux, de rendre illégal un large éventail d’armes semi-automatiques, dont plusieurs sont utilisées pour la chasse.

« Nous entendons ces préoccupations, nous regrettons la confusion que ce processus a provoquée et nous nous engageons à mener une conversation réfléchie et respectueuse, basée sur les faits et non la peur. »— Une citation de  Marco Mendicino, ministre fédéral de la Sécurité publique

Une chasseuse marche dans la neige.

Ottawa se défend de vouloir restreindre les droits des chasseurs. Photo : Radio-Canada/Gavin Boutroy

Maintes fois accusé par l’opposition conservatrice de s’attaquer aux chasseurs et aux populations autochtones qui vivent de la chasse, le ministre Mendicino a réitéré que le projet de loi C-21 ne restreint pas les armes couramment utilisées pour la chasse.

La chasse n’est pas seulement une fière tradition canadienne, c’est un mode de vie pour les communautés de tout le pays. Le projet de loi C-21 ne vise pas les chasseurs, mais certaines armes à feu qui sont trop dangereuses dans d’autres contextes, a déclaré le ministre.

D’un point de vue plus procédural, le fait que ces amendements majeurs aient été ajoutés à la dernière minute l’automne dernier par le gouvernement, soit plusieurs mois après le dépôt du projet de loi, était également une source d’irritation au sein du Comité permanent de la sécurité publique chargé d’étudier la volumineuse pièce législative.

L’opposition reprochait aussi au gouvernement l’absence, dans ce projet de loi, de mesures pour endiguer le trafic d’armes à feu illégales aux frontières, l’un des principaux facteurs aggravants de la violence par armes à feu au Canada.

Pierre Poilievre s'adresse aux journalistes.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, accuse Justin Trudeau de s’en prendre, par ce projet de loi, au mode de vie des communautés rurales et autochtones. Photo: La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Une offensive contre le mode de vie des Canadiens, martèle Poilievre

Réagissant à l’annonce de cette volte-face du gouvernement, le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a accusé personnellement le premier ministre Justin Trudeau de mener une compagne contre le mode de vie des Autochtones et des communautés rurales.

Sur CTV, il a dit en décembre […] que son gouvernement allait retirer et bannir des armes utilisées pour la chasse. Des outils de nos Autochtones, de nos fermiers et d’autres Canadiens qui ont déjà un permis d’acquisition pour utiliser ces outils légalement.

« Il [Justin Trudeau] gaspille des ressources qui pourraient être utilisées pour renforcer nos frontières et empêcher l’importation des armes utilisées dans la criminalité. »— Une citation de  Pierre Poilievre, chef de l’opposition officielle aux Communes

Après huit ans de Justin Trudeau, la criminalité violente a augmenté de 32 %. Attaquer les armes de chasse de nos Autochtones et les fermiers ça ne fait rien pour empêcher le crime , a ajouté M. Poilievre.

Pour le chef conservateur, ce repli des libéraux n’est qu’une pause dans une stratégie globale de Justin Trudeau pour bannir les armes de chasse au pays. Soyez assurés que s’il en a la chance, il va le faire, a-t-il prévenu.

Le Bloc attend une nouvelle proposition

Au Bloc québécois on estime aussi que le retrait de ces amendements était nécessaire, mais pour d’autres raisons.

Depuis le dépôt même des amendements, le gouvernement a mal piloté son dossier, en procédant dans un désordre tel que le Bloc Québécois a dû lui-même initier des démarches pour rajouter des séances au comité afin d’entendre les experts et les groupes sur les amendements concernés, explique Kristina Michaud, porte-parole du Bloc québécois en matière de Sécurité publique.

« Ce retrait était nécessaire, mais devra [..] être suivi d’une nouvelle proposition. »— Une citation de  Kristina Michaud, porte-parole du Bloc québécois en matière de Sécurité publique

Affirmant tendre la main au gouvernement, le Bloc estime que le gouvernement doit faire davantage pour retirer les armes d’assaut de style militaire de la circulation tout en respectant cependant les droits des chasseurs. Il doit définir ce qui constitue une arme d’assaut plutôt que bannir les modèles au cas par cas.

Chez les Néo-démocrates, le député de New Westminster – Burnaby, Peter Julian, a pour sa part dit espérer que le retrait de ces deux amendements problématiques allait maintenant pouvoir permettre aux membres du comité permanent d’avancer et de se pencher sur l’essence de C-21, soit l’interdiction des armes de poing.

La désinformation a gagné, déplore PolySeSouvient

Dans un communiqué publié dans les minutes qui ont suivi l’adoption de la motion retirant les deux amendements du projet de loi C-21, l’organisme PolySeSouvient, qui milite au nom des survivants et victimes de tuerie de masse, a déploré le recours à la désinformation par les députés conservateurs et le lobby pro armes pour obtenir gain de cause dans ce dossier.

« Il est clair que la désinformation propagée par les députés conservateurs et le lobby pro armes a gagné.  »— Une citation de  Nathalie Provost, survivante de la tuerie de Polytechnique et porte-parole de PolySeSouvient.

Selon Nathalie Provost, la seule lueur d’espoir repose dans la possibilité d’une réintroduction de nouveaux amendements en fonction des consultations supplémentaires qui ont été simultanément votées.

Nous attendons avec grande impatience pour entendre la position de l’opposition sur la suite des choses, notamment celle du Bloc québécois. Le gouvernement n’a besoin qu’un seul parti d’opposition pour livrer sur sa promesse d’interdire les armes d’assaut et il serait impensable pour le Bloc de ne pas collaborer en ce sens,  conclut la porte-parole de PolySeSouvient.

Avec Radio-Canada par Stéphane Bordeleau