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Pakistan: tollé après des propos d’Imran Khan liant viol et tenue vestimentaire

juin 24, 2021
Pakistan: tolle apres des propos d'Imran Khan liant viol et tenue vestimentaire
Pakistan© AFP/Aamir QURESHI

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a suscité jeudi l’indignation des organisations de defense des droits des femmes après avoir affirmé que les victimes de viols étaient « très peu vêtues ».

Dans une interview à l’émission de télévision Axios, l’ancien champion de cricket a établi un lien entre le comportement des hommes et la tenue vestimentaire des femmes, des propos jugés « dangereusement simplistes » par une dizaine d’ONG qui lui ont demandé de s’excuser.

« Si une femme est très peu vêtue, cela produira un effet sur les hommes à moins qu’ils ne soient des robots. C’est une question de bon sens », a déclaré Imran Khan interrogé sur l’épidémie de violences sexuelles et de viols qui sévit au Pakistan. Il n’a pas précisé de quels vêtements il parlait, dans un pays où l’immense majorité des femmes porte une tenue traditionnelle très couvrante.

Plus d’une dizaine d’organisations de défense des droits des femmes dont la Commission pakistanaise des droits humains, un organe indépendant, ont demandé au Premier ministre de s’excuser pour ces propos.

Les déclarations du Premier ministre « sont dangereusement simplistes et ne font que renforcer l’opinion générale selon laquelle les femmes sont des victimes « conscientes » et les hommes des agresseurs « démunis », ont estimé ces organisations.

Elles « octroient l’impunité à ceux qui sont coupables de viol, actes de sodomie et agressions », a déclaré à l’AFP Karamat Ali, responsable de l’Institut pakistanais pour le travail, l’éducation et la recherche, signataire de la déclaration.

« Je frémis à l’idée que bien des violeurs se sentent cautionnés aujourd’hui (par les propos du) Premier ministre approuvant leur crime », a tweeté Kanwal Ahmed, membre d’une organisation de défense des droits des femmes.

Début avril, Imran Khan avait déjà déclenché la polémique pour avoir établi un lien entre le viol et la manière dont les femmes s’habillent.

Il avait ensuite expliqué que la raison pour laquelle les femmes se voilent dans l’islam est de se soustraire à la tentation.

Les victimes de viols sont souvent considérées avec suspicion au Pakistan et les plaintes pour agression sexuelle y font rarement l’objet d’enquêtes sérieuses.

Une grande partie du Pakistan vit sous un code patriarcal, basé sur la notion d' »honneur », qui systématise l’oppression des femmes.

Mais le mécontentement gagne du terrain face à la manière dont les cas d’abus sexuels sont traités.

Des manifestations de protestation massives avaient eu lieu en 2020 après le viol d’une mère en présence de ses enfants qui s’était retrouvée à court de carburant sur une route.

Un responsable de la police lui avait reproché de conduire seule la nuit sans la présence d’un conjoint.

Par Le Point avec AFP

Congo: Pour avoir refusé d’engager des poursuites contre le colonel Oniangue, le procureur Oko mon parquet menacé par JDO

juin 24, 2021

Monsieur mon parquet, le fameux procureur de la république Oko Ngakala aurait decidé de vivre désormais en paix avec sa conscience en évitant d’incriminer des innocents qui finissent à la maison d’arrêt. Son refus catégorique d’engager des poursuites judiciaires contre les colonel Albert Oniangue lui coûte des menaces de la part de Jean Dominique Okemba et son acolyte Jean François Ndenguet. Mais il a décidé de leur tenir tête.

Les deux sécurocrates diaboliques du pouvoir de Brazzaville ont pêché de naïveté et d’amateurisme en envoyant quelques éléments de la police à leurs bottes déposer des armes au domicile du Colonel Oniangue au plateau des 15 ans. Les cameras de surveillance de la résidence avaient tout filmé.

Quelques jours plus tard, dans la continuité de leur idiotie, ils ont ramené des journalistes pour immortaliser la grande découverte des armes qui devraient servir de motif à l’accusation d’atteinte à la sûreté intérieur de l’État contre le colonel Oniangue. Le procureur Oko Ngakala détenait alors tous les éléments pour clouer Oniangue.

Une enveloppe Top secret parvenue au bureau du chef de l’État et ensuite du procureur de la république va tout changer du plan des deux bêtisiers que sont JDO et Ndenguet. On y voit comment les policiers ont déposé les armes et leur conversation a été enregistrée. Un coup de maître du colonel pasteur qui a ridicule ceux qui en voulaient à sa peau. Son unique tort a été de participer à la présidentielle du 21 mars contre son ancien chef, un acte impardonnable pour le clan de l’Alima qui a fait de Sassou leur dieu.

Depuis cette mise en scène stupide, le procureur Oko Ngakala aurait pris la décision de ne plus seconder les sales coups de JDO et Ndenguet. En refusant de faire leur volonté Oko Ngakala fait l’objet des menaces de leur part. Malgré les évidences innocentant Oniangue, JDO et Ndenguet poussaient Ngakala à ouvrir une enquête.

Du reste Oko Ngakala s’est rapproché de Dieu et évite de faire du mal à son prochain. Il a demandé à JDO de le virer si ses agissements de ne leur plaisent plus !

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Ethiopie: 64 morts dans une frappe aérienne de l’armée éthiopienne au Tigré

juin 24, 2021
Ethiopie: 64 morts dans une frappe aerienne de l'armee ethiopienne au Tigre
Ethiopie: 64 morts dans une frappe aérienne de l’armée éthiopienne au Tigré© AFP/Yasuyoshi CHIBA

Au moins 64 personnes ont été tuées et 180 autres blessées mardi sur un marché de la région en guerre du Tigré, dans une frappe aérienne menée par l’armée éthiopienne qui affirme avoir visé des combattants rebelles.

Mercredi, des survivants sortis au compte-gouttes de la localité de Togoga, située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale régionale Mekele, avaient raconté le carnage causé la veille à la mi-journée par un bombardement aérien alors que le marché hebdomadaire était bondé.

Jeudi, un responsable régional de l’administration intérimaire de cette région du nord de l’Ethiopie a dressé le lourd bilan.

« Jusqu’à présent, il y a 64 morts et 180 blessés à Togoga », a déclaré à l’AFP Mulu Atsbaha, conseiller en charge de la santé maternelle et infantile au sein de l’administration de transition du Tigré.

Ce bilan, élaboré à partir de chiffres recueillis auprès « des dirigeants locaux et de la population de Togoga », reste provisoire. M. Mulu a indiqué que la collecte d’informations auprès des familles des victimes allait se poursuivre.

Ce bombardement sanglant a été condamné mercredi par l’ONU, qui a demandé une « enquête rapide sur cette attaque et les actes ultérieurs privant les victimes de soins médicaux », ainsi que l’Union européenne et les Etats-Unis. Le pape François a indiqué jeudi suivre « avec appréhension » le conflit au Tigré.

Le bombardement est intervenu au lendemain d’élections législatives et régionales en Ethiopie, qui ne se sont pas tenues au Tigré, où l’armée fédérale mène depuis novembre une opération qui a conduit au renversement des autorités locales dissidentes, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Depuis, Addis Abeba a installé une administration de transition au Tigré.

Cette opération militaire s’est transformée en conflit de longue durée, marqué par de nombreux récits d’exactions sur les civils (massacres, viols, déplacements de population…).

« Propagande »

Au centre des accusations, l’armée éthiopienne a indiqué jeudi avoir mené une « opération » le 22 juin à Togoga contre des forces réunies « pour célébrer ce qu’ils appellent la fête des martyrs », commémoration d’un bombardement sur la ville tigréenne d’Hawzen le 22 juin 1988 durant la guerre civile, a déclaré à l’AFP un porte-parole, le colonel Getnet Adane.

« Il n’est pas possible que ces (combattants) lorsqu’ils dansent armés pour célébrer leur soi-disant +Jour des martyrs+, puissent en même temps s’appeler des civils lorsqu’ils sont ciblés dans une opération militaire. C’est inacceptable », a-t-il affirmé.

« Il est clair que les derniers combattants du TPLF et de ses milices s’habillent en civil », a-t-il insisté.

« Lier cette opération à un jour de marché (…), c’est de la pure propagande », a-t-il affirmé. L’armée éthiopienne est également accusée d’avoir empêché les secours d’accéder à Togoga et les blessés de se rendre à l’hôpital de Mekele.

Plusieurs ambulanciers ont raconté avoir voulu rejoindre Togoga depuis mardi et en avoir été empêchés par des soldats.

De rares ambulances ont été autorisées à passer. Un total de 73 blessés, dont plusieurs enfants en bas âge, avaient atteint Mekele jeudi après-midi, a-t-on appris de source médicale.

Un médecin a déclaré jeudi matin à l’AFP que le personnel de l’hôpital de Mekele avait procédé à des amputations et traitait également des brûlures et des blessures par éclats d’explosif, caractéristiques d’un bombardement.

« Je n’ai rien entendu jusqu’à ce qu’un avion de chasse nous survole. Et tout à coup, il y a eu une explosion, des débris métalliques ont volé dans tous les sens. Deux de mes amis ont été tués » a rapporté à l’AFP à Mekele un survivant, Gebregiorgies Gebrehaweria, 23 ans.

Avion abattu

Un haut responsable du TPLF, Getachew Reda, a dénoncé sur Twitter une « attaque gratuite ». Il a par ailleurs affirmé mercredi soir que les forces pro-TPLF avaient abattu un avion « transportant des explosifs et des munitions ».

Jeudi, les vols commerciaux en provenance et à destination de Mekele étaient annulés pour la seconde journée consécutive.

Les combats durent depuis plus de sept mois au Tigré entre les forces pro-TPLF et l’armée fédérale éthiopienne, épaulée par des troupes des autorités régionales voisines de l’Amhara et l’armée de l’Erythrée, pays frontalier du Tigré.

Ils ont fait des millions de déplacés et selon l’ONU, au moins 350.000 personnes sont en situation de famine dans la région, ce que conteste le gouvernement éthiopien.

Ces derniers jours, habitants, responsables locaux et diplomates ont relaté à l’AFP un regain d’activité militaire, notamment autour des villes stratégiques d’Adigrat et Wukro.

Jeudi matin, des habitants faisaient état de bombardements au nord de Mekele.

Par Le Point avec AFP

États-Unis/Floride : au moins un mort dans l’effondrement d’un immeuble, lourd bilan redouté

juin 24, 2021

Un immeuble résidentiel de 12 étages s’est effondré dans la nuit de mercredi à jeudi près de Miami. Les secours craignent un bilan humain « catastrophique ».

L'effondrement de toute une aile de ce complexe donnant sur l'ocean a touche environ 55 appartements.
L’effondrement de toute une aile de ce complexe donnant sur l’océan a touché environ 55 appartements.© JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Au moins une personne a trouvé la mort et les autorités étaient sans nouvelles de dizaines d’autres jeudi 24 juin, après l’effondrement spectaculaire d’un immeuble résidentiel près de Miami, où une opération de recherches massive était en cours, les secours redoutant un bilan catastrophique. «  Nous avons transporté au moins deux personnes à l’hôpital ce matin et l’une d’entre elles est décédée  », a déclaré sur NBC Charles Burkett, le maire de la ville de Surfside, où se trouve le complexe Champlain Towers South auquel appartenait l’immeuble en Floride, dans le sud-est des États-Unis.

Les douze étages se sont écroulés vers 1 h 30 du matin (5 h 30 GMT), dégageant, selon des témoins, un grand nuage de poussière sur plusieurs pâtés de maisons. On ignore pour l’heure la cause du sinistre. «  Un côté de l’immeuble est tombé, il n’existe plus  », a raconté à l’Agence France-Presse Nicolas Fernandez, un Argentin vivant à Miami et dont des amis logeaient dans le complexe. «  Je n’ai pas de nouvelles d’eux. Je ne sais pas s’ils sont vivants ou si…  » a balbutié le jeune homme de 29 ans.

« Nous nous préparons à recevoir de mauvaises nouvelles  »

Les services de secours craignent pour la vie de 51 personnes «  censées habiter  » dans la partie effondrée de l’immeuble et n’ayant «  ni appelé (pour signaler être en sécurité) ni demandé à quelqu’un d’appeler  » à leur place, a indiqué sur CNN Sally Heyman, une administratrice du comté de Miami-Dade. «  Mais on ne sait jamais, entre les vacances et autres… Donc, on continue d’attendre. Et malheureusement, même s’il en reste, l’espoir s’amenuise.  » «  Nous nous préparons à recevoir de mauvaises nouvelles, étant donné la destruction à laquelle nous avons assisté  », a prévenu le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, qui a salué la «  réponse rapide  » des secours, ce qui a, selon lui, «  sauvé des vies  ».

L’effondrement de toute une aile de ce complexe donnant sur l’océan a touché environ 55 appartements, a précisé lors d’une conférence de presse Ray Jadallah, chef adjoint des services de secours du comté de Miami Dade, qui a ajouté que 35 personnes avaient été évacuées de l’immeuble, dont certaines de la partie effondrée.

«  Comme un tremblement de terre  »

Le ministère argentin des Affaires étrangères a confirmé jeudi matin la présence d’au moins quatre ressortissants argentins dans l’immeuble, trois adultes et une fillette de 6 ans, portés disparus. «  Nous avons soigné dix personnes sur place  », a indiqué le maire de Surfside, précisant que les unités canines n’avaient détecté aucune victime sous les gravats. Les recherches pourraient durer «  au moins une semaine  », a estimé lors de la même conférence de presse Andrew Hyatt, un autre responsable de Surfside.

Un habitant du quartier, Santo Mejil, a indiqué que sa femme, une aide à domicile, se trouvait dans l’immeuble au moment de son effondrement. «  Elle a dit qu’elle a entendu une grosse explosion. C’était comme un tremblement de terre  », a-t-il confié au quotidien Miami Herald, les larmes aux yeux alors que sa femme le rappelait pour lui dire qu’elle était en train d’être évacuée.

Causes encore inconnues

Les causes de l’écroulement de ce complexe résidentiel étaient toujours «  inconnues  » jeudi matin, a confié au Miami Herald Daniella Levine Cava, une autre administratrice du comté. Des travaux visant à le mettre aux normes étaient en cours, notamment sur le toit de l’immeuble, ont précisé plusieurs responsables, estimant néanmoins peu probable qu’ils soient la cause de l’effondrement.

Les services d’urgence ont dépêché près de 80 unités d’intervention sur les lieux, près de la plage. La police de Miami Beach a indiqué que ses agents étaient venus en aide à la ville de Surfside. Des médias locaux ont rapporté que l’immeuble avait été construit en 1981 et comprenait plus de 130 appartements.

Par Le Point avec AFP

France/Danièle Obono dépeinte en esclave : « Valeurs actuelles » et le racisme en procès

juin 24, 2021
La France insoumise réunie en comité de soutien à Danièle Obono, devant le tribunal de Paris, le 23 juin.

En août 2020, l’hebdomadaire français proche de l’extrême droite représentait la députée France insoumise Danièle Obono en esclave dans une « fiction historique » polémique. L’affaire est passée en justice mercredi 23 juin, à Paris.

Coutumier des provocations et des coups d’éclat, l’hebdomadaire français Valeurs actuelles avait une fois de plus choqué en publiant, le 27 août dernier, une « fiction historique » intitulée « Obono l’Africaine ». On y voyait la députée de la France insoumise ramenée au XVIIIe siècle et capturée puis réduite en esclavage par un groupe d’assaillants eux aussi africains. Maltraitée, humiliée, la députée ne trouvait finalement le réconfort qu’auprès d’un missionnaire blanc, premier personnage du récit à lui témoigner un minimum de compassion.

En plein mouvement de protestation Black Lives Matter et dans la foulée des manifestations organisées en France autour des violences policières, et notamment concernant l’affaire AdamaTraoré, la publication avait provoqué beaucoup d’émoi.

Après avoir hésité, Danièle Obono a finalement attaqué le journal en justice avec plusieurs associations, parmi lesquelles la Ligue des droits de l’homme, SOS Racisme ou la Ligue de défense noire africaine, bientôt rejointes par le ministère public et par le parti de la députée, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

L’affaire a été jugée mercredi 23 juin 2021, devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris, spécialisée dans les contentieux concernant la presse. Bien décidée à mettre en évidence le caractère politique de l’affaire, la France insoumise s’était déplacée en force : devant le tribunal et sur les réseaux sociaux, les élus Adrien Quatennens, Éric Coquerel, Alexis Corbière et Manon Aubry affirmant bruyamment leur soutien à leur consœur face au « torchon » Valeur Actuelles, rappelant s’il en était besoin que « le racisme n’est pas une opinion mais un délit ».

Dérive extrémiste

Dans la salle d’audience, l’ambiance est logiquement plus feutrée. C’estt d’abord à la défense du magazine de prendre la parole. Le directeur de la publication, Erik Monjalous, l’avait déjà déclaré après la parution de l’article incriminé : sa publication a été « une grave erreur » et a suscité beaucoup d’ « incompréhension ». Il rappelle aussi que le texte était le dernier d’une série d’été plongeant des personnages contemporains dans un événement historique : le Pr Didier Raoult dans les tranchées de la Première Guerre mondiale ou Éric Zemmour à Waterloo…

L’auteur du texte, Laurent Julien, lui succède à la barre et tente à son tour d’atténuer le caractère polémique de son travail. Humiliant ? Lui estime que l’histoire visait à susciter la « compassion » à l’égard de la députée et assure avoir été « très attentif à ce que Mme Obono garde sa dignité dans ce récit ».

Raciste ? Il précise qu’au moment de l’élaboration du sujet il avait aussi été envisagé de placer dans la même situation Omar Sy ou Lilian Thuram. Mais, assure Laurent Julien contre toute logique, « Madame Obono n’a pas été choisie pour sa couleur de peau mais pour ses convictions ».

C’est la principale ligne de défense de Valeurs actuelles : face à un contexte de « racialisme » et de « révisionnisme » historique « tendant à instrumentaliser l’esclavage dans un objectif de culpabilisation à sens unique de l’homme occidental », l’idée était de rappeler que l’esclavage a aussi été le fait de certains Africains eux-mêmes. L’auteur admet tout de même : « Le fait de choisir une personnalité d’origine africaine rendait cette histoire plus… romanesquement possible. »

L’ANCIEN PATRON DE CHARLIE ET DE FRANCE INTER BOUCLE SA DÉRIVE VERS L’EXTRÊME DROITE

Le malaise suscité par ces déclarations maladroites augmente encore lorsque le journal appelle à la barre l’ancien patron de Charlie Hebdo, Philippe Val. Lequel, se plaçant sur le terrain de la stricte liberté d’expression et soulignant qu’il ne se sent « nullement proche des opinions » de l’hebdomadaire, estime qu’une affaire comme celle-là est politique et ne devrait pas se régler devant les juges.

« Aujourd’hui c’est l’opinion qui censure », conclut-il alarmiste, alors que sur les réseaux, ses adversaires se déchaînent. « Pitoyable naufrage », estime Agnès Tricoire, l’avocate de la Ligue des droits de l’homme, tandis que Jean-Luc Mélenchon tranche sur Twitter : « Philippe Val en soutien à Valeurs actuelles contre Danièle Obono présentée en esclave ! L’ancien patron de Charlie et de France Inter boucle sa dérive vers l’extrême droite. »

Présentation dégradante

La députée elle-même prend ensuite la parole pour évoquer son «­ humiliation » à la lecture de l’article, la violence du propos qui la réduit « à quelque chose qu’elle n’est pas : une étrangère ». Et puisque le magazine affirme l’avoir prise pour cible en raison de ses idées, elle développe : « Ils auraient pu s’attaquer à moi sur mes idées, plein de sujets possibles ! Mais ce n’est pas là-dessus qu’ils m’attaquent. C’est sur le lieu où je suis née, ma couleur de peau. Ils ont annihilé mon identité politique pour me ramener à plus bas qu’humain. »

« Je parle beaucoup, poursuit-elle, mais pour le coup, je ne m’exprime pas beaucoup sur le sujet de l’esclavage. Me faire prendre des positions qui nieraient l’existence de l’esclavage en Afrique c’est une insulte à mon intelligence. »

ILS ONT ANNIHILÉ MON IDENTITÉ POLITIQUE POUR ME RAMENER À PLUS BAS QU’HUMAIN

L’ancien footballeur Lilian Thuram, très impliqué dans la lutte contre le racisme, prend à son tour la parole pour dénoncer un article établi sur des « préjugés » et la présentation volontairement dégradante de Danièle Obono. La contenu du texte, estime-t-il, véhicule un argument « extrêmement courant dans le discours raciste : si tu n’es pas content, retourne chez toi. »

Au terme d’une très longue audience achevée à une heure du matin, le procureur a requis contre le magazine une peine essentiellement symbolique de 1 500 euros d’amende. Le jugement sera rendu le 29 septembre prochain.

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Quand Buhari contre-attaque et coupe Twitter au Nigéria

juin 23, 2021
Le président Muhammadu Buhari du Nigeria lors d’une réunion avec le président Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 30 avril 2018, à Washington.

Censuré pour n’avoir pas respecté les règles édictées par Twitter, le président n’a pas hésité à recourir à des mesures de représailles qui pénalisent les 40 millions d’usagers de son pays. Une attitude qui alimente les soupçons de déni de démocratie.

Dans les années 1980, apparaissait, dans les quartiers populaires d’Abidjan, une nouvelle race de jeunes : les ziguéhis. Le muscle ferme, les articulations souples, les coups de poings et de pieds faciles, ils imposaient leur volonté par un phrasé court, percutant, qui bien évidemment souffrait peu la contradiction. Quand on a les moyens de son verbe, les débats ne sont jamais longs. Abreuvés des codes westerns (le plus rapide), des films de kung-fu (le plus fort) et de la mythologie du guerrier africain (le plus brave), ils faisaient régner un semblant d’ordre qui, en général, ne servait que leur image et leurs intérêts.

Ziguéhi un jour, ziguéhi toujours

Justement, Muhammad Buhari a pris le pouvoir au Nigeria dans les années 1980, comme un ziguéhi. D’abord par un coup d’État, ensuite en imposant un arsenal de mesures d’austérité économique et sociale à faire pâlir les fonctionnaires les plus retors du FMI. Et bien évidemment, aucune de ces mesures ne pouvait être contestée, même pas au second degré avec la plume de Wole Soyinka ou avec un saxophone sibyllin comme celui de Fela Anikulapo Kuti. Les ziguéhis abidjanais criaient : « Tenter-regretter ! » Pour Buhari 1er, c’était « Tenter-emprisonner ». Justice expéditive et prison – dans le meilleur des cas – pour tous ceux qui osaient. Mais « c’est fer qui coupe fer » : le général s’est fait balayer par un autre général.

Et puis les années ont passé. La plupart des ziguéhis sont morts avant leurs 50 ans, phénomène naturel chez les pauvres en Afrique. Buhari lui, est toujours vivant et en activité après ses 75 ans, phénomène naturel chez les politiciens en Afrique. L’homme a fait comme beaucoup d’anciens putschistes : il a troqué le treillis contre le boubou pour devenir Buhari II, président « démocratiquement élu ». Déjà, son pote Obasanjo (ils ont renversé Gowon ensemble, en 1976) avait fait pareil. Notons au passage cette spécialité nigériane de recycler de l’ancien putschiste en président de démocratie. Fela qui s’élevait contre Buhari disait « demo-crazy » (Teacher Don’t Teach Me Nonsense, 1986). Car ziguéhi un jour, ziguéhi toujours.

Formules désastreuses et simplistes

Alors, il a gardé ses anciennes « vertus » : le sens de la formule facile, péremptoire, et les allergies graves à la contradiction. La première marche bien avec Twitter, outil moderne et incontournable de communication. Tout dire en 280 signes (exactement ce qu’il y a avant cette parenthèse, vous pouvez compter) est jouissif quand il faut mettre du complexe et du subtil dans des phrases simples. Ce qui fait de Twitter un instrument puissant aux mains d’artistes, de lettrés et d’hommes de culture. Mais l’oiseau bleu est aussi idéal pour le processus inverse, c’est-à-dire simplifier les choses complexes et subtiles, parfois jusqu’à les vider de tout sens. Ce qui en fait un instrument puissant aux mains des caricaturistes et des populistes de tous bords.

AVEC LA MÊME ARDEUR À MULTIPLIER LES TWEETS RÉDUCTEURS PATINÉS DE MENACES ET DE HAINE, ON PEUT DIRE QUE BUHARI EST DE LA MÊME… TRUMP

Ces dernières années, Trump en était l’exemple le plus abouti. Il a ventilé un nombre incalculable de formules désastreuses et simplistes. Avec la même ardeur à multiplier les tweets réducteurs patinés d’acrimonie, de menaces et de haine, on peut dire que Buhari est de la même… Trump. Conséquence pour les deux : get out ! Mais leurs chemins de désormais ex-twittos divergent à partir de la deuxième « vertu » du ziguéhi. Trump, tout aussi allergique à la contradiction, était le président d’une democracy. Buhari est le chef d’une « demo-crazy ». Là où le premier s’est contenté de bouder tout rouge dans les couloirs de la Maison-Blanche, le second a vu rouge tout court et a coupé Twitter dans un pays qui compte 40 millions d’utilisateurs. C’est le jour où Trump a dû amèrement regretté de ne pas être à la tête de ce qu’il appelait tendrement shit hole country. Je dédie cet article à la mémoire de Fela Anikulapo Kuti.

Par  Gauz

Écrivain ivoirien, auteur de « Debout payé » (2014), « Camarade papa » (2018), et « Black Manoo » (2020).

Le Togo en passe d’adhérer au Commonwealth

juin 23, 2021
Le Togo en passe d’adhérer au Commonwealth

(Agence Ecofin) – Après le Rwanda en 2009, qui a ouvert la voie, le Togo, à l’instar du Gabon, autre pays francophone, frappe à la porte du Commonwealth, l’organisation qui regroupe essentiellement d’anciens territoires de l’Empire britannique.

« Le Commonwealth, c’est un marché de 2 milliards de consommateurs. C’est une opportunité pour le Togo », a indiqué Franck Missité, directeur de Cabinet au ministère de la Communication alors qu’une mission de l’organisation intergouvernementale démarrait une nouvelle évaluation à Lomé.

Le pays qui ambitionne depuis 2014 d’adhérer à la communauté dont les Etats membres sont en majorité d’anciens territoires de l’empire britannique, ne compte pas toutefois rompre les liens avec la francophonie.

« Le Togo ne quitte pas la francophonie. Il demeure membre à part entière. Le Togo reste un pays francophone. On va seulement renforcer les programmes d’enseignement de l’anglais. Nous voulons simplement réactiver d’autres partenariats », a précisé le directeur de cabinet.

Sur le plan économique, l’adhésion du pays au Commonwealth, lui permettra de bénéficier du Fonds pour la Coopération Technique (CFTC) qui joue un rôle important dans le progrès économique et social de ses membres, souligne Togo First

Ainsi, la délégation après avoir échangé avec le Premier ministre, Victoire Tomegah-Dogbé et des membres du gouvernement, s’entretiendra avec les organisations de la société civile (OSC), les médias et les partis politiques.

Au terme de la mission, la délégation produira un rapport qui devra situer le Togo sur la suite du processus d’adhésion.

Le Commonwealth a pour mission de promouvoir une série de valeurs communes à ses membres, notamment l’égalité, la non-discrimination, la démocratie et la primauté du droit.

Avec Agenceecofin par Esaïe Edoh

Congo-Développement : moderniser le secteur agricole pour réduire les importations des denrées alimentaires

juin 23, 2021

Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a exprimé, le 21 juin à Brazzaville, la détermination du gouvernement de moderniser l’agriculture afin d’améliorer la productivité et réduire le coût des importations des denrées alimentaires au Congo.

Vue d’un site agricole/ DR

« Désormais, le gouvernement modernisera ce secteur pour en améliorer la productivité. Nous miserons notamment sur la mécanisation, avec à la clé une unité de montage de tracteurs à Maloukou », a fait savoir Anatole Collinet Makosso.

Selon le chef du gouvernement, avec une agriculture modernisée offrant des possibilités de réduction des coûts et une filière industrielle moderne, le Congo sera un espoir pour sa jeunesse au terme des cinq prochaines années.

Le Premier ministre a indiqué devant les députés que le Congo importe divers produits agricoles et denrées alimentaires à près de 700 milliards de FCFA, en moyenne, chaque année. Mais, dit-il, la relance de l’économie va de pair avec la réduction à terme des importations alimentaires. Pour cela, il a estimé qu’il faut développer les cultures vivrières et fruitières sur toute l’étendue du territoire national, intensifier les cultures maraîchères en zones urbaines et préurbaines, ainsi qu’étendre l’élevage de différentes espèces animales et des volailles.

Le gouvernement s’emploiera à vulgariser les nouvelles techniques agricoles, résultant de la recherche et des études scientifiques mèneront sur un important programme d’irrigation dans les bassins de production.

Il sera procédé à la relecture des lois ayant trait au foncier, notamment la loi foncière et domaniale qui devra s’imposer, en vue d’un recadrage législatif de la gouvernance du secteur, autant qu’est envisagée la poursuite du programme de constitution des réserves foncières de l’Etat.

Avec Adiac-Congo par Gloria Imelda Lossele

Mauricie-et-Centre-du-Québec: La vaccination des 18-39 ans piétine dans la région

juin 23, 2021

Alors que le gouvernement du Québec peine à convaincre la tranche d’âge des 18-39 ans de recevoir une première dose de vaccin contre la COVID-19, le CIUSSS de la Mauricie-et-Centre-du-Québec annonce l’arrivée d’une nouvelle formule sans rendez-vous.

Toutes les personnes âgées de 18 ans et plus peuvent dorénavant se présenter dans un des sites de vaccination de la région sans rendez-vous.

© /Radio-Canada Toutes les personnes âgées de 18 ans et plus peuvent dorénavant se présenter dans un des sites de vaccination de la région sans rendez-vous.

Toutes les personnes âgées de 18 ans et plus peuvent dorénavant se présenter dans un des sites de vaccination de la région, sans rendez-vous, afin de recevoir une dose du vaccin Moderna.

Cet effort doit servir à administrer le vaccin à 30 000 personnes afin que la région atteigne son objectif de vacciner 75 % de la population pour la première dose, une cible à laquelle Québec souhaitait arriver d’ici la Fête nationale.

Ce sont principalement les jeunes adultes de 18-39 ans qui manquent à l’appel.

Pour les encourager à se faire vacciner, le CIUSSS MCQ utilisera également la clinique de vaccination mobile envoyée notamment à l’Université du Québec à Trois-Rivières ou dans les Cégeps de la région.

Ce samedi, elle sera au centre-ville de Trois-Rivières où se déroule le Festivoix.

Les 12-17  ans de la Mauricie et du Centre-du-Québec devront quant à eux attendre avant de pouvoir bénéficier de cette formule sans rendez-vous en raison des retards de livraison du vaccin Pfizer.

Ils peuvent cependant prendre rendez-vous pour leur première dose sur la plateforme Clic Santé.

Quant aux difficultés rencontrées lors du devancement de la deuxième dose pour les groupes d’âge admissibles, le CIUSSS MCQ invite les utilisateurs à faire usage du module de dépannage du portail Clic Santé.

Des représentants de la Santé publique seront ensuite mandatés pour joindre par téléphone les personnes concernées afin de les aider à devancer leur deuxième dose.

Le changement pourra aussi se faire directement sur les lieux du rendez-vous de dépannage.

Avec  CBC/Radio-Canada 

Côte d’Ivoire : Guillaume Soro condamné à la prison à perpétuité

juin 23, 2021
Guillaume Soro, le 28 janvier 2020 à Paris lors d’une intervention devant des journalistes.

L’ancien président de l’Assemblée nationale a été reconnu coupable d’« atteinte à la sûreté de l’État » et condamné par contumace à la prison à perpétuité.

Le tribunal criminel d’Abidjan a donc suivi les réquisitions du parquet. Ce mercredi 23 juin, Guillaume Soro a été condamné à une peine de prison à perpétuité pour « atteinte à la sûreté nationale », comme l’avait réclamé Richard Adou, le procureur de la République, une semaine plus tôt.

« Complot »

L’ancien Premier ministre et 19 de ses partisans étaient accusés de « complot », « tentative d’atteinte contre l’autorité de l’État » ainsi que de « diffusion et publication de nouvelles fausses jetant le discrédit sur les institutions et leur fonctionnement, ayant entraîné une atteinte au moral des population ».

En avril 2020, l’ancien président de l’Assemblée nationale avait déjà été condamné à vingt ans de prison ferme, 4,5 milliards de francs CFA d’amende et à la privation de ses droits civiques pour une période de cinq ans après avoir été reconnu coupable de recel de deniers publics détournés et de blanchiment de capitaux.

Le parquet l’accusait d’avoir acquis une villa à Marcory résidentiel, un quartier huppé d’Abidjan, en 2007, alors qu’il était Premier ministre, grâce à des fonds du trésor public ivoirien.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger