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Canada-Québec/Des militaires au centre de vaccination : les « jokers » du système de santé

janvier 23, 2022

Après l’appel aux retraités, c’était le dernier recours : demander l’assistance de l’Armée canadienne. Dans un système de santé qui manque cruellement de main d’œuvre, les militaires, tels les jokers d’un jeu de cartes, peuvent jouer n’importe quel rôle qu’on a besoin de leur attribuer.

Trois militaires discutent.

La présence de soldats réservistes permet aux membres du personnel de la santé de se concentrer sur leurs tâches médicales. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

Depuis le début de janvier, des soldats réservistes de l’armée canadienne travaillent dans plusieurs sites de vaccination au Québec. Ils ont quitté leurs études ou leur emploi au civil, sur une base volontaire, pour « prêter main-forte », une expression souvent entendue depuis deux ans de pandémie.

Ils permettent aux infirmières ou aux médecins de se concentrer sur leurs fonctions. Leur présence est fort appréciée pour soulager le personnel, même si elle signifie, aussi, que notre système de santé souffre en ce moment d’un terrible manque de ressources.

Ils ne font pas de piqûres, mais ils contribuent à maintenir la cadence. Leurs tâches sont logistiques et administratives, très répétitives, comme c’est souvent le cas dans un centre de vaccination. Il faut entrer 20 fois, 30 fois par heure le même type d’information dans la base de données de Clic Santé, poser les mêmes questions. Il faut désinfecter 20 fois la même chaise. Tendre un nouveau masque à l’entrée, dire c’est par icisuivez cette ligne-là.

Mais pour eux, c’est une mission comme une autre, même s’il n’y a pas de chars blindés à conduire, de sacs de sable à soulever ou d’enfants à sortir d’une maison inondée.

Ils ont déjà retroussé leurs manches pour le déluge du Saguenay de 1996, la crise du verglas de 1998, les inondations de 2017 et de 2019, la crise dans les Centre d’hébergement et de soins de longue duréeCHSLD de 2020, au début de la pandémie… Ils rappellent que c’est leur mandat premier : protéger la population civile canadienne.

Portrait de quelques-uns d’entre eux, rencontrés dans un centre de vaccination de Trois-Rivières.

Écoutez le reportage de Myriam Fimbry à ce sujet à l’émission Désautels le dimanche du 23 janvier 2022, à 10 h.

Cavalier Ève Gauvreau, étudiante en techniques policières

Portrait d'Ève Gauvreau.

Le cavalier Ève Gauvreau est âgée de 21 ans. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

C’est sa toute première opération sur le terrain. En tenue de camouflage kaki, avec un petit drapeau canadien sur le bras, Ève Gauvreau est une nouvelle réserviste de la division blindée de Trois-Rivières.

Cavalier, c’est son grade, qui n’a d’ailleurs rien à voir avec un cheval. Elle conduit plutôt des véhicules blindés lors de ses entraînements. Originaire de Joliette, elle étudie à Nicolet en techniques policières. Quand les Forces armées canadiennes ont cherché des volontaires pour aider les équipes de vaccination, elle a levé la main : Tout de suite, j’ai donné mon nom. J’espérais être choisie.

Tout le monde y donne du cœur et travaille vraiment fort, insiste-t-elle. Je trouvais ça poche un peu de ne pas pouvoir participer. De pouvoir enfin aider, je suis contente.

Assise à une table d’inscription, elle demande la carte d’assurance maladie et vérifie les données dans Clic Santé. Elle règle l’aspect administratif du rendez-vous, pendant que l’infirmière à ses côtés pose les questions d’ordre médical. En deux ou trois minutes, elles passent au suivant. Les gens défilent sans arrêt.Ève Gauvreau travaille sur un ordinateur à côté d'une infirmière.

Les militaires et les travailleurs de la santé travaillent en étroite collaboration. Photo : Radio-Canada/Myriam Fimbry

Comme tous ses collègues de l’armée ici présents, elle peut aussi désinfecter des tables et des chaises. Ce n’est pas comme conduire un char blindé, mais la volonté de se dévouer à une tâche l’emporte. Tout le monde ici a le même objectif : c’est de faire une différence, souligne Ève Gauvreau. Peu importe le travail. Tsé, tout le monde est ici volontiers et arrive à avoir du fun. L’ambiance est vraiment bonne.

Le cavalier Gauvreau (les grades de l’Armée canadienne sont encore toujours masculins) est là depuis une semaine. Elle reconnaît que ce travail administratif répétitif peut sembler bien éloigné de l’esprit d’aventure et de bravoure qui incite parfois les jeunes à revêtir l’uniforme de soldat.

Non, c’est pas comme conduire un véhicule blindé, convient-elle, mais on va être là. Si tout le monde se tannait après une semaine, il n’y aurait plus personne. Puis ça prend du monde tout le temps pour faire ce travail-là.

Arrivée depuis une semaine au site de vaccination de Trois-Rivières, elle est déjà chargée de former une collègue : Marie-Andrée Robitaille, une réserviste de Québec.

Caporal Marie-Andrée Robitaille, musicienne

Portrait de Marie-Andrée Robitaille.

Le caporal Marie-Andrée Robitaille est dans l’Armée canadienne près de 20 ans. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

Diplômée du conservatoire de musique de Québec, Marie-Andrée Robitaille joue de la clarinette. Je suis rentrée dans les Forces armées par la musique. Une audition nationale à Ottawa pour un travail d’été, puis un cours de recrue.

Alors qu’elle ne pensait pas rester dans l’armée très longtemps, elle s’y trouve depuis maintenant près de 20 ans, au sein des Voltigeurs de Québec. Les valeurs militaires de travail d’équipe, d’entraide, d’engagement et de loyauté l’ont séduite. J’ai vraiment développé un grand sentiment d’appartenance avec mon unité, qui est le premier régiment canadien-français.

Elle a participé à des parades, à des concerts, à des tattoos, ces grands rassemblements de musiciens militaires venus de partout au Canada.

La voici en formation une journée à Trois-Rivières dans un cubicule de vérification des rendez-vous, en jumelage avec Ève Gauvreau. Beaucoup de choses à apprendre, mais ça se fait très bien.

Partie de Québec à 6 h du matin, la femme de 40 ans rentrera ce soir chez elle, avant de connaître son affectation des prochains jours.

« C’est un travail très répétitif. Je suis vraiment en admiration devant les gens qui font ça depuis des mois. On est vraiment contents de pouvoir libérer un peu ces gens-là. »— Une citation de  Caporal Marie-Andrée RobitailleDes militaires à Trois-Rivières.

L’armée est arrivée en renfort à Trois-Rivières au début du mois. Photo : Radio-Canada/François Genest

Elle voit défiler beaucoup de monde en une journée, sans arrêt. Je me sens très utile, affirme-t-elle. Je suis vraiment contente d’être là, à voir tous les gens qui sont vaccinés ici.

Sa vie civile est bien remplie, notamment en tant que mère d’un garçon de deux ans et demi. Elle s’est proposé de venir en renfort, parce que la vaccination est une cause qui lui tient particulièrement à cœur. En tant que musicienne et en tant que mère. Idéalement, on espère un retour à la vie normale, que les activités culturelles puissent recommencer.

À cause de la pandémie, elle envoie très peu son garçon à la garderie, pour ne pas risquer d’attraper la COVID, mais ça le coupe de la vie sociale, importante à son âge pour son développement. J’ai hâte de pouvoir socialiser mon jeune garçon davantage.

L’opération VECTOR

  • Quelque 250 militaires contribuent présentement à l’effort de vaccination au Québec;
  • Ils sont répartis dans les régions de Montréal, Mauricie–Centre-du-Québec, Estrie, Chaudière-Appalaches et Côte-Nord, dans un total de 14 centres de vaccination;
  • L’opération a été lancée le 3 janvier pour une durée de 30 jours, mais les besoins sont réévalués constamment.

Caporal-chef Pierrick Rouat, avocat en droit international

Portrait de Pierrick Rouat.

C’est le caporal-chef Pierrick Rouat qui a comparé le rôle variable des militaires à celui des jokers d’un jeu de cartes. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

Pierrick Rouat a un nom breton; son père est originaire de Brest. Il est réserviste à Trois-Rivières au sein du 12e Régiment blindé du Canada.

D’habitude, dans la vie civile, il est avocat en droit international. Il a longtemps travaillé pour une organisation non gouvernementale, Avocats sans frontières Canada. C’est ainsi qu’il a passé un an au Mali (en 2018-2019) comme conseiller juridique volontaire au sein de la Commission vérité, justice et réconciliation, pour appuyer des enquêtes sur les crimes de guerre et la défense des droits de la personne.

Comme réserviste, l’homme de 28 ans travaille une fin de semaine par mois minimum pour les Forces armées. Il participe à des entraînements pour se maintenir à niveau et à des cours à temps plein pour élargir ses compétences et passer au prochain grade. Même quand on pense qu’on sait, on a encore des choses à apprendre. C’est des défis en continu.

Tous les jeunes militaires rêvent d’être un jour déployés outre-mer. Pierrick Rouat revient justement d’une mission de six mois en Lettonie, dans le cadre de l’opération Réassurance de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN en Europe centrale et en Europe de l’Est. Il était chargé de la coopération civilomilitaire. Un peu comme ici, sur le site de vaccination de Trois-Rivières.

« Je fais de la coordination entre les autorités civiles et l’armée. La mission qu’on a, d’accélérer la campagne de vaccination pour mieux protéger la population, je vais m’y dévouer totalement. »— Une citation de  Caporal-chef Pierrick RouatDes militaires des Forces armées canadiennes, la plupart portant un masque.

Des centaines de militaires avaient déjà été déployés dans des CHSLD de la région de Montréal au printemps 2020. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

C’est la première fois qu’il travaille pour le système de santé du Québec et il ne s’ennuie pas depuis son arrivée, il y a une semaine.

J’ai appris à gérer une équipe sur le plancher de 10 personnes, préparer des horaires, des congés, note-t-il. C’est de la résolution de problèmes personnels et professionnels. J’ai appris à faire la liaison avec les autorités civiles, pour déplacer les membres de mon équipe en fonction des priorités. J’ai appris à utiliser les logiciels d’enregistrement de Clic Santé. J’apprends tous les jours!

Selon lui, l’atout des militaires, c’est d’être capables de faire n’importe quelle tâche, avec le sourire, tout simplement parce que c’est ce qu’on leur demande de faire. Les gestionnaires de la santé apprécient cette flexibilité.

« Dans un jeu de cartes, on est comme les jokers : on peut faire toutes les tâches! Évidemment, toutes les tâches dans le cadre de notre mandat. »— Une citation de  Caporal-chef Pierrick Rouat

L’accueil de la population est excellent, assure Pierrick Rouat. Les gens sont reconnaissants. Ils nous remercient régulièrement. Quand ils ont le temps, ils nous posent des questions.

Par exemple, certains demandent des explications sur les divers symboles cousus sur l’uniforme, sur les grades… Ça fait drôle de voir l’armée, admet un monsieur. On n’est pas habitués. Mais ils sont là pour nous aider.

Caporal-chef Samuel Plamondon, réserviste à temps plein

Portrait de Samuel Plamondon.

Âgé de 22 ans, le caporal-chef Samuel Plamondon rêve d’être envoyé en mission à l’étranger. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

Samuel Plamondon ajuste son béret. C’est comme une famille. Je veux montrer à quelle famille j’appartiens, quel régiment. Je suis fier de le montrer. On peut lire sur son béret que cette famille, c’est le 12e Régiment blindé du Canada.

Basé à Trois-Rivières, où il est réserviste à temps plein, il a participé à l’intervention de l’armée lors des inondations de l’été 2019. Il emmenait en char blindé léger les premiers répondants vers des zones difficiles d’accès, ce qui permettait aux pompiers, ambulanciers et policiers d’apporter de la nourriture et des soins. Les populations civiles étaient très heureuses de nous accueillir, se souvient-il avec fierté.

Après ces deux missions en sol canadien, il aimerait bien un jour participer à un déploiement avec les Forces canadiennes à l’étranger : C’est comme un petit rêve d’enfant!

Par Radio-Canada

Guinée : Mamadi Doumbouya nomme Dansa Kourouma à la tête du CNT

janvier 23, 2022
Le colonel Mamadi Doumbouya, chef de la junte au pouvoir, le 1er octobre 2021 à Conakry. © AFP/Cellou BINANI

Le chef de l’État a nommé samedi les 81 membres du Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif devant décider de la date du retour des civils au pouvoir.

Selon un décret lu samedi soir à la télévision publique, le médecin Dansa Kourouma a été nommé président du CNT. Proche de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, il était jusqu’ici président du Conseil national des organisations de la société civile (CNOSC).

Les membres du CNT représentent toutes les organisations socio-professionnelles du pays ainsi que les partis politiques. Ils doivent participer aux discussions sur l’agenda de la transition.

Tensions avec la classe politique

La charte de transition, sorte d’acte fondamental, signée le 27 septembre indique que la durée de la transition doit être fixée « d’un commun accord entre les forces de la nation et le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) », la junte au pouvoir.

Le colonel Doumbouya, qui s’est fait investir président de transition le 1er octobre 2021, après avoir renversé le président Alpha Condé, s’est engagé à rendre le pouvoir à des civils après des élections, mais sans mentionner jusque-là d’échéance pour cette transition. Et des tensions sont récemment apparues avec la classe politique qui juge que la junte ne tient pas ses promesses, notamment en n’écartant pas suffisamment les cadres ayant fait la promotion du 3e mandat de l’ancien président.

Brouille avec la communauté internationale

La durée de la transition est également au centre de la brouille entre les militaires au pouvoir et certains partenaires internationaux du pays. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) insiste sur la nécessité de respecter le délai de six mois pour la tenue des élections et presse les autorités guinéennes de soumettre rapidement un calendrier en ce sens. Elle a en outre suspendu la Guinée de ses organes de décision et infligé des sanctions individuelles aux membres de la junte.À LIRELe Mali à la recherche d’alliés dans la sous-région

Depuis le putsch du 5 septembre, un gouvernement a été formé. Dirigé par Mohamed Béavogui, un technocrate spécialiste des questions de développement, il a bien promis de rendre le pouvoir aux civils après des élections. Mais il refuse de se laisser dicter un délai et dit que celui-ci sera fixé par le CNT.

Par Jeune Afrique avec AFP


La liste des membres du Conseil National de transition :

A. Partis politiques
1-Aboubacar Sidiki Cissé (MPDG)
2-Mme Seny Panamou (Bloc libéral)
3-Mamadou Faza Baldé (UFDG)
4-Aboubacar Koly Kourouma (GRUP)
5-Sayon Mara (RPG)
6-Bangaly Djenessa Kourouma (RRD)
7-Mohamed Victor Bangoura (UDRG)
8-Mamadou Baïlo Diallo (UPR)
9-Mme Fingui Camara (PEDN)
10-Mohamed Kaba (PADES)
11-Mme Aminata Bah (PACT)
12-Mme Fatoumata Diallo (ADC-BOC)
13-Seny Camara (PUP)
14-Ahmed Tidiane Sylla (UFR)
15-Mohamed Aïssata Camara (FAN)

B. Organisations de la société civile
16-Mme Aïssata Mariama Soumah
17-Ismaël Kabacé Samoura
18-Dansa Kourouma (Président du CNT)
19-Salia Camara
20-El Hadj Mamadi Keïta
21-Alpha Abdoulaye Diallo
22-Sekou Doré

C. Centrales syndicales
23-Yamoussa Touré
24-Mme Hawa Bangoura
25-Maoulia Sénè
26-Aboubacar Sidiki Mara
27-Mme Mariama Touré

D. Organisations patronales
28-El Hadj Mansa Moussa Sidibé
29-Abdoulaye Dima Dabo
30-Ismaël Koly

E. Forces de défense et de sécurité
31-Général 2ème section Amadou Kaba
32-Général 2ème section Abdoulaye Keïta
33-Général 2ème section Pépé Roger Sagno
34-Colonel Laye Manfa Condé
35-Colonel Lamine Diallo
36-Colonel Maïmouna Sidibé
37-Capitaine de vaisseau à la retraite Amadou Sow
38-Commissaire divisionnaire André Bangoura
39-Adjudant-chef Mama Samy Béavogui

F. Organisations de défense des droits de l’homme
40-Mory Douno
41-Fatoumata Lamarana Bah

G. Organisations des Guinéens de l’étranger
42-Dominique Kpoghomou
43-Tiguidanké Traoré
44-Mohamed Naby Sylla
45-Abou Kaba
46-Aïcha Diallo

H. Organisations de femmes
47-Mme Fatoumata Yébhè Bah
48-Mme Saran Traoré
49-Dorcas Néma

I. Organisations de jeunesse
50-Hamidou Camara
51-Mamadi Fonfo Camara
52-Bademba Baldé
53-Mme Fanta Conté
54-Mme Maïmouna Barry

J. Organisations culturelles
55-Gouamou Fabara Koné
56-Mamadou Lamine Diallo

K. Confessions religieuses
57-Monseigneur Jacques Boston
58-El Hadj Seny Facinet Sylla (2ème vice-président)

L. Secteurs informels et métiers
59-Bangaly Chérif
60-Mme Fatou Holo Kaba

M. Organisations paysannes
61-Gilbert Andéga Camara
62-Mme Mahawa Soumano Tounkara

N. Sages des régions
63-El hadj Amadou Togba
64-Mohamed Lamine Bangoura

O. Personnes vivant avec le handicap
65-Kabinet Camara
66-Mme Massoud Barry

P. Organisations socioprofessionnelles
67-Me Mohamed Traoré
68-Hassane Bah
69-Hawa Diakité

Q. Chambres consulaires
70-Lansana Fofana
71-Lounceny Chérif

R. Organisations de presse
72-Mme Asmaou Barry
73-Yamoussa Sidibé

S. Personnes ressources
74-Mamadi Kaba
75-Mohamed Ali Thiam
76-Sorel Keïta
77-Aliou Badra Thiam
78-Mme Fatima Camara
79-El Hadj Abdoul Karim Dioubaté
80-Jean-Paul Kantabadouno
81-Maïmouno Yombouno (1ère vice-présidente).

Par Jeune Afrique

Burkina Faso : tirs dans plusieurs camps militaires

janvier 23, 2022
Des soldats burkinabè patrouillent à Ouagadougou le 3 mars 2018 (illustration). © Ahmed OUOBA/AFP

Des tirs ont été entendus ce dimanche 23 janvier en début de matinée au camp Sangoulé Lamizana, principal camp militaire de Ouagadougou, ainsi que dans plusieurs autres casernes.

Beaucoup imaginaient se réveiller en pensant au seul enjeu de la journée : le huitième de finale des Étalons contre le Gabon à la Coupe d’Afrique des nations (CAN), ce soir à 17h au Cameroun. Au lieu de cela, les riverains du camp Sangoulé Lamizana, le principal camp militaire de Ouagadougou, ont été réveillés en sursaut par des rafales de tirs aux alentours de 5h du matin. D’autres tirs ont été signalés à la base aérienne, ainsi que dans un régiment basé à Kaya (Centre-Nord).

Tirs nourris

Dans un communiqué publié ce dimanche matin, le gouvernement burkinabè reconnaît « l’effectivité des tirs dans certaines casernes » mais « dément les informations véhiculées sur les réseaux sociaux tendant à faire croire à une prise de pouvoir par l’armée ».

Selon un responsable sécuritaire haut placé, les tirs entendus au camp Sangoulé Lazimana serait liés à « une mutinerie ». « Des soldats mécontents y revendiquent plus de moyens et d’équipements dans la lutte contre le terrorisme », assure-t-il.

Des tirs nourris y résonnaient toujours à 8h, heure locale. Le camp Sangoulé Lamizana abrite par ailleurs la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca), où sont détenus plusieurs militaires, dont certains officiers de haut rang, à commencer par le général Gilbert Diendéré, ex-chef d’état-major particulier de l’ancien président Blaise Compaoré.

Ces incidents interviennent quelques heures après la dispersion d’une manifestation – interdite – à Ouagadougou, qui avait lieu à l’appel du mouvement « Sauvons le Burkina Faso ». Mais surtout deux semaines après l’arrestation d’un officier, le lieutenant-colonel Zoungrana, accusé par les autorités de préparer un coup d’État. Une dizaine d’autres personnes, dont plusieurs militaires, avaient été arrêtés dans cette affaire. D’après une source sécuritaire, il est « possible » que les soldats qui tirent au camp Lamizana « aient des liens » avec ces personnes arrêtées.

Depuis l’attaque d’Inata, le 14 novembre dernier, qui avait coûté la vie à 53 gendarmes (soit la pire attaque jamais enregistrée par l’armée burkinabè), l’armée est en plein doute et le pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré fortement contesté. Après avoir promis des changements et des sanctions au sein de la hiérarchie militaire, le chef de l’État avait également procédé à un remaniement ministériel et à la nomination d’un nouveau Premier ministre, Lassina Zerbo.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Canada-Québec: Montréal refuse 25 minimaisons pour itinérants offertes par Mike Ward

janvier 22, 2022
Mike Ward au micro de Catherine Perrin.

L’humoriste Mike Ward (archives) Photo: Radio-Canada/Olivier Lalande

L’humoriste Mike Ward dit vouloir offrir 25 « tentes en bois » isolées à la Ville de Montréal afin d’aider à loger des personnes itinérantes cet hiver. La Ville a refusé son offre en indiquant que le problème est ailleurs.

Deux personnes en situation d’itinérance ont été retrouvées mortes par grand froid à l’extérieur à Montréal au cours des derniers jours.

Dans un message publié sur Facebook et destiné à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, M. Ward a indiqué que ces abris sont chauffés avec la chaleur du corps humain et qu’on peut y loger confortablement jusqu’à 30 degrés sous zéro.

Ces minimaisons sont conçues pour les gens les plus à risque, ceux qui refusent de dormir dans les refuges, a-t-il précisé. Les minimaisons sont construites et payées. Donnez le go et je peux les faire installer d’ici une semaine.

« Un simple oui de votre part et personne d’autre ne va mourir de froid cet hiver. »— Une citation de  Mike Ward, humoriste

Selon M. Ward, c’est la deuxième année consécutive qu’il fait cette offre à la Ville. Invité à préciser les détails de sa démarche, l’humoriste a indiqué par l’entremise de son agent qu’il n’accordera aucune entrevue à ce sujet.

Appelé à réagir, le cabinet de la mairesse Plante a tenu par courriel à saluer la volonté de M. Ward à venir en aide aux personnes en situation d’itinérance, mais a décliné l’offre.

L’installation de minimaisons à travers la ville n’est pas une solution adaptée pour venir en aide aux plus vulnérables, selon le cabinet de la mairesse. Les personnes en situation d’itinérance ont besoin de tout un écosystème pour les épauler. Elles ont besoin non seulement d’un toit mais aussi d’intervenants et de services adaptés.

Dans une réponse publiée sur Facebook, la mairesse Valérie Plante a déclaré que ce n’est pas des places adaptées pour tous les types de clientèle dont il manque, mais c’est des personnes pour [faire fonctionner] les ressources destinées à celles et ceux en situation d’itinérance.

Elle a invité les personnes qui souhaitent donner un coup de main à s’inscrire sur la plateforme « Je contribue »(Nouvelle fenêtre) du gouvernement du Québec.

Pour Aref Salem, chef de l’Opposition officielle à l’Hôtel de Ville de Montréal, le fait que Mike Ward interpelle la mairesse depuis maintenant deux hivers démontre que ça ne date pas d’hier qu’elle ne maîtrise pas le dossier de l’itinérance.

Si l’administration Plante avait pris ses responsabilités et qu’elle avait été en mode prévention plutôt qu’en réaction comme nous lui demandons depuis plusieurs années, on n’en serait pas rendu là, a-t-il ajouté par courriel.

Environnement Canada prévoit des températures qui descendront jusqu’à -24 degrés dans la nuit de samedi à dimanche.

Radio-Canada par Frédérik-Xavier Duhamel avec des informations de Hadi Hassin

RDC-UDPS : Jean-Marc Kabund de plus en plus isolé !

janvier 22, 2022

Le président par intérim du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), et vice-président de l’Assemblée nationale, qui voit le cercle autour de lui se rétrécir chaque jour, reste comme un homme seul, déplumé et perdant une grande partie de son soutien.

Jean-Marc Kabund/DR

Après avoir été lâché par certains députés de l’Union sacrée qui disent attendre la session prochaine pour lui régler les comptes, en cas de non-concrétisation de ses menaces de démissionner de son poste à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund voit de plus en plus son cercle se rétrécir.

Cette fois-ci, ce sont les secrétaires nationaux de l’UDPS et leurs adjoints qui le désavouent et lui retirent leur confiance.

Dans une communication faite le 21 janvier, trente-sept secrétaires nationaux du parti présidentiel et leurs adjoints réitèrent leur soutien au chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et désavouent par la même occasion le président par intérim de leur formation politique et vice-président de la chambre basse du Parlement, Jean-Marc Kabund. Les signataires lui reprochent la « répétition d’un comportement inacceptable envers le chef de l’Etat », « les actes ignobles et de barbarie causés en s’attaquant à la Garde présidentielle », « la mise en circulation des vidéos avec intention de ternir l’image de marque de l’autorité suprême de la nation », ainsi que son « adresse subversive dans laquelle il appelle les combattants à lui faire allégeance pour le suivre dans sa nouvelle vision politique en opposition au pouvoir en place et aux statuts du parti ».

La messe est déjà dite !

L’opinion se rappellera les paroles de l’ancien directeur de cabinet du président Félix-Antoine Tshisekedi, Vital Kamerhe, à sa famille, avant la dernière audience de sa condamnation dans le cadre du procès du programme des Cent jours du chef de l’Etat. Cette dernière soirée avant le prononcé du verdict, Kamerhe aurait averti son épouse et ses enfants de l’issue fatale de ce procès. « La messe est déjà dite », leur aurait-il dit, selon lui-même.

Pour Jean-Marc Kabund également, les choses sont en train de se préciser, malgré que lui-même ait fait le rétropédalage, par rapport à sa démission dont il avait annoncé avec pompe le dépôt de la lettre au bureau de l’Assemblée nationale.

Les secrétaires nationaux de l’UDPS et leurs adjoints disent ne pas pouvoir restés indifférents face à ce « comportement peu modeste de M. Jean-Marc Kabund ». Renouvelant leur attachement à Félix Tshisekedi et leur accompagnement dans son mandat, ils ont également affirmé avoir pris acte de la démission unilatérale de Jean-Marc Kabund. Ils ont rappelé que celui-ci n’a consulté ni le chef de l’Etat moins encore le parti, tombant ainsi sous le coup d’un « manque de respect et/ou de chantage à l’endroit de la haute autorité de référence du parti ». « Pour ce motif, nous condamnons cette attitude et le désavouons. Par conséquent, lui retirons toute confiance », ont déclaré les secrétaires nationaux de l’UDPS et leurs adjoints.

Les signataires de la déclaration demandent, par ailleurs, aux députés nationaux et provinciaux ainsi qu’à toute la base de l’UDPS d’en tirer toutes les conséquences politiques et de droit. Ils en appellent également aux combattants de rester mobilisés et vigilants, dans l’attente de nouvelles orientations. Ces responsables de l’UDPS ont, enfin, renouvelé leur soutien à l’armée, particulièrement à la Garde présidentielle, à la police et aux services de sécurité, avec lesquels ils doivent travailler en harmonie, pour la paix sur l’ensemble du pays.

Las carottes sont-elles cuites pour Kabund ? C’est le cas de le dire, parce que l’homme est de plus en plus isolé et les derniers verrous risquent de sauter d’ici peu, pour lui permettre d’écrire une autre page de son histoire sociale et politique. Sa garde, rappelons-le, a eu une altercation, il y a près de deux semaines, avec un élément de la Garde présidentielle qu’elle a maîtrisé, désarmé et amené devant la justice militaire. En représailles, la Garde présidentielle serait allée vandaliser la résidence du vice-président de l’Assemblée nationale, qu’elle a accusé d’avoir donné l’ordre aux policiers commis à sa garde d’humilier un de ses éléments commis à la garde d’un membre du chef de l’Etat, et, par là, tout le corps. Jean-Marc Kabund, dont cet acte sur la voie publique de Kinshasa n’est pas le premier du genre, avait annoncé qu’il allait introduire, en début de la semaine dernière, sa lettre de démission au bureau de l’Assemblée nationale. L’opinion a été surprise que celui qui avait annoncé avec pompe et fermeté sa décision, rétropédalant, ne l’a jamais concrétisée. Et depuis, des réactions vont dans le sens de pousser Jean-Marc Kabund à agir comme préalablement annoncé.

Avec Addiac-Congo par Lucien Dianzenza

Canada-Québec: La coiffeuse qui ne pouvait plus retenir ses larmes

janvier 22, 2022

Après la peur et le stress, la tristesse. La pandémie dure et s’endure de plus en plus mal. La révolte n’est peut-être pas loin. Si vous saviez tout ce que peut entendre une coiffeuse…

Dans son salon de coiffure.

Véronique Roussin-Hains, coiffeuse Photo : Radio-Canada/Émilie Dubreuil

Assise sur la chaise où s’installent habituellement ses clientes, Véronique Roussin-Hains fond en larmes à ma première question. La jeune femme de 24 ans me prie de l’excuser, se lève et disparaît de la pièce centrale de son salon de coiffure. Au bout de quelques secondes, elle revient s’asseoir, armée d’un rouleau de papier de toilette.

Je suis très émotive, me dit-elle, tout en déchirant un morceau pour s’essuyer les yeux et quelques autres pour se moucher.

Le rouleau est encore volumineux. Je remarque qu’elle ne le repose pas sur la tablette à côté des shampoings. Elle prévoit sans doute pleurer encore pendant l’entrevue.

Je suis une fille positive, prend-elle le soin de préciser. Je suis le genre de fille à qui tu peux confier tes problèmes, pis je vais te répondre : « j’ai une solution, je vais t’arranger ça ». Mais là, là, c’est lourd.

La jeune coiffeuse me raconte que, sur cette chaise, depuis presque deux ans, elle n’entend que des histoires tristes. J’ai une cliente qui s’était trouvé une job la nuit pour fuir son mari violent qui perd les pédales quand il est saoul le soir. Elle a perdu ce travail-là à cause de la pandémie. La souffrance, le taux est de 100 % sur ma chaise.

Véronique Roussin-Hains évoque les travailleuses de la santé écroulées de fatigue, les femmes d’affaires qui ont peur de tout perdre, les crises conjugales qui se développent à force de trop se voir, l’impossible conciliation enfants-télétravail, les pensées noires qui envahissent la psyché de certaines, etc.

En me racontant ce que ses clientes lui confient, elle se remet à pleurer et refait appel au papier de toilette qu’elle tient fermement dans ses mains. Dans la froidure de l’hiver de force 2022, l’objet s’érige en symbole : celui de notre passage collectif de l’anxiété à la tristesse.

Véronique Roussin-Hains a perdu son père adolescente. Il s’est suicidé. Pour échapper au chaos familial qu’a entraîné cette mort brutale, elle a décidé d’étudier la coiffure. Elle a toujours aimé coiffer. Elle travaille donc depuis qu’elle a 17 ans et est, depuis plusieurs années déjà malgré son jeune âge, propriétaire de son salon. Si je suis là avec elle, c’est qu’elle m’a écrit la semaine dernière à la suite de la publication de mon article sur le mouvement antivaccin dans les Laurentides. J’y écrivais que je voulais comprendre ce mouvement d’opposition aux mesures sanitaires qui semble si irrationnel. Elle m’a dit qu’elle me fournirait des réponses.

Je ne suis pas contre les vaccins. Mais le vaccin contre la COVID-19 est-il sécuritaire? Il est trop tôt pour le dire. En repoussant sa longue tignasse noire et brillante, la jeune femme exprime un scepticisme qui puise sa source dans l’enfance. Quand j’étais petite, on m’a bourrée de Ritalin pour me calmer. Alors qu’avec le recul, je constate que j’aurais eu besoin, enfant, de simplement jouer dehors, jouer au soccer par exemple.

Mais au-delà de la méfiance et des arguments statistiques qu’oppose la coiffeuse aux mesures sanitaires, ce qui m’a le plus frappée, c’est ce rouleau de papier de toilette et ses larmes de découragement. Et si le clivage vax, antivax, le chialage, l’exaspération, n’étaient en fait qu’une réponse à cette tristesse qui ensevelit nos âmes comme une tempête les voitures dans une rue du Plateau-Mont-Royal? L’âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu’à la tristesse prolongée, écrivait Jean-Jacques Rousseau dans La nouvelle Héloïse, roman paru à la fin du 18e siècle.

Dans son cabinet, la psychologue Rose-Marie Charest constate qu’après le stress et la peur, sa clientèle est, en effet, passée en phase Bonjour tristesse, comme aurait dit Françoise Sagan.

La tristesse est plus grave que l’anxiété. Elle est liée au sentiment d’impuissance et l’impuissance constitue la voie royale vers la dépression, explique-t-elle. Elle évoque la souffrance causée par l’isolement comme celle provoquée par la trop grande promiscuité avec les proches, les sources de joie dont nous sommes privés : sorties au restaurant, vie culturelle, etc.

Et le clivage, Madame Charest? Les clivages constituent un mécanisme de défense psychologique très primaire. Quand on se sent mal, l’humain essaie de trouver un coupable, un responsable de sa souffrance. D’ailleurs, il se pratique dès la cour d’école.

La psychologue explique que la colère exprimée par une majorité contre les gens non vaccinés exacerbe un réflexe de survie de base chez ces derniers. Il y a des gens qui ont peur du vaccin. Comme ils se sentent attaqués de toutes parts, pour se valider eux-mêmes, ils vont adhérer à un groupe à l’intérieur duquel ils se sentent protégés. Rose-Marie Charest compare même le clivage vax, antivax à une guerre de religion. La croyance mue par le sentiment d’être attaqué se déploie en conviction inébranlable.

Le psychologue et psychanalyste Nicolas Lévesque ne s’étonne pas du réflexe bien simple qui pousse les gens à se critiquer les uns les autres ou à critiquer le gouvernement. Un de nos enfants va moins bien que les autres, et ma blonde et moi, quand on se chicane, c’est souvent à ce propos, on cherche à qui la faute. C’est un réflexe très humain. Au lieu de porter la charge émotionnelle, tu la passes à quelqu’un d’autre, c’est le phénomène du bouc émissaire, dit-il.

Nicolas Lévesque pousse un peu plus loin la réflexion. Depuis le début de la pandémie, le gouvernement se présente comme un bon père de famille, cela crée dans une partie de la population des transferts au plan psychologique. Or, certains ont de bons rapports à l’autorité du père, d’autres, non. Un psychologue, dit-il encore, aurait pu expliquer au gouvernement cette équation symbolique toute simple. Il est impensable que tout le monde réagisse bien à des consignes autoritaires, souligne-t-il.

Nicolas Lévesque prévoit d’ailleurs qu’après la tristesse et l’abattement viendra la révolte, réaction inéluctable au sentiment d’impuissance.

Dans son salon de coiffure de Saint-Constant, Véronique Roussain-Hains arrête soudain de pleurer. Elle m’explique vouloir passer à l’action, trouver une solution, faire quelque chose. Ce quelque chose, pour l’instant, c’est la création d’une page Facebook qui s’intitule Pour le respect d’abord. Cette idée lui est venue lorsque le gouvernement a laissé planer la possibilité d’imposer le passeport vaccinal dans les salons de coiffure. Je ne peux pas accepter de discriminer mes clientes. Ça ne correspond pas à mes valeurs, lance-t-elle.

La page compte plus de 4000 membres. Dans les derniers jours, elle y a beaucoup fait la promotion du convoi de la liberté prévu pour le 28 janvier prochain. Ce convoi doit rassembler des camionneurs québécois qui refusent d’être soumis à la vaccination obligatoire contre la COVID-19.

Ils entendent manifester en grand nombre et se rendre à Ottawa pour faire entendre leurs klaxons et, sans doute ainsi, faire raisonner leur tristesse autrement.

Avec Radio-Canada par Émilie Dubreuil

Québec-Froid glacial : un record absolu enregistré pour une ville

janvier 22, 2022

Cette semaine, plusieurs records de froids et de consommation d’électricité ont été fracassés

Les froids polaires ont engendré une demande gigantesque en énergie depuis le début de l’année. Pas plus tard que vendredi dernier, la province battait un record en demande d’électricité.

Plus de 40 000 mégawatts requis

« Vendredi matin autour de 8 h, la consommation totale au Québec était de 40 380 mégawatts environ, c’est la consommation la plus élevée jamais enregistrée au Québec. Le 11 janvier dernier, on avait enregistré un nouveau record également qui était tout près de 40 000 mégawatts, on était à un peu plus de 39 900 mégawatts », a indiqué le porte-parole d’Hydro-Québec, Cendrix Bouchard.

© Fournis par MétéoMédia

La dernière fois que la consommation électrique des Québécois a atteint de tels sommets remonte à 2014. « Dans les deux cas (11 et 21 janvier), on a dépassé la pointe historique qui datait du 22 janvier 2014 à 39 031 mégawatts. Donc, c’est effectivement un mois de janvier qui est très froid et qui a un impact », a souligné M. Bouchard.

Hydro-Québec a demandé à nouveau, pour ce samedi, l’aide de la population pour diminuer la demande en électricité. Le matin, la pointe de consommation a été de 39 420 mégawatts, battant un record pour le week-end. Le record précédent datait de la fin de semaine dernière, alors que la province avait atteint 38 360 mégawatts.

Un froid record

Il n’y a pas que la consommation d’électricité qui a battu des records, les températures aussi ! Pas plus tard que samedi matin, Québec fracassait son record de froid, vieux de huit ans pour un 22 janvier, en enregistrant une température de -36,7 °C. Cette température a aussi égalé le record absolu pour la ville, enregistré en 2015.

© Fournis par MétéoMédia

Toutefois, la situation est particulière : cette marque a été observée à la station météorologique de l’aéroport Jean-Lesage de Québec, qui est configurée un peu comme une cuvette froide – et qui accentue, d’une certaine manière, les températures. Ainsi le froid n’est-il pas aussi poignant au sein même de la ville. De plus, la ville de Québec étant aussi un îlot de chaleur urbain, les températures sont plus élevées au sein de la municipalité qu’en périphérie.

Plusieurs autres records quotidiens de froid ont été battus pour la seule journée de samedi, un peu partout sur le territoire :

  • St-Hubert : -32.9 (l’ancien record était de -30.0 en 1934)
  • La Tuque : -38.4 (l’ancien record était de -38.0 en 1991)
  • Causapscal : -39.7 (l’ancien record était de-38.3 en 1961)

Mercure glacial encore bien présent

La semaine à venir risque d’avoir encore quelques journées froides. Notamment, les températures minimums avoisineront les -25 °C, mercredi prochain. Avec le refroidissement éolien, les ressentis se rapprocheront à nouveau des -30 dans le jour. D’ici la fin du mois, les températures seront un peu moins glaciales.

© Fournis par MétéoMédia

 Avec MultiMédia par Catherine Aubry et Julie Perreault

Burkina Faso : incidents à Ouagadougou lors d’une manifestation interdite

janvier 22, 2022
Des membres des forces de sécurité retirent des barricades installées par des manifestants, le 22 janvier 2022, à Ouagadougou. © AFP/OLYMPIA DE MAISMONT

Des manifestants ont bravé samedi à Ouagadougou l’interdiction de se rassembler pour protester contre l’insécurité liée aux violences jihadistes dans le pays. Des incidents ont éclaté quand les forces de l’ordre ont tenté de les disperser.

Les policiers anti-émeutes ont dispersé les manifestants à l’aide de gaz lacrymogène, puis une course poursuite s’est engagée dans les rues du centre-ville de la capitale burkinabè où l’on pouvait également voir des jeunes circulant à moto harcelant les policiers.

Des barricades de fortune faites de planches en bois, de pierres et de pneus enflammés ont été dressées en plusieurs endroits. Un journaliste de La Chaîne au cœur de l’Afrique (LCA), une télévision privée, a été blessé au bras gauche après avoir reçu un projectile, et évacué vers un hôpital de Ouagadougou, a indiqué un membre de la Croix rouge.

Une manifestation interdite pour « raisons de sécurité »

« Le pouvoir est aux abois », affirme un manifestant, Ahmed Soulama. « Il refuse de comprendre la douleur des populations qui font face chaque jour à des attaques qui endeuillent les familles. (…). Au lieu d’encadrer cette marche et d’entendre notre cri de cœur, voilà que ce sont des gaz qu’on nous jette », ajoute-t-il.

La manifestation contre « l’incapacité » du pouvoir à empêcher les attaques jihadistes dans le pays, à l’appel du mouvement de la société civile Sauvons le Burkina, a été interdite pour des « raisons de sécurité » par la mairie de Ouagadougou.

Sauvons le Burkina avait été à l’origine, le 27 novembre dernier, d’une précédente manifestation également interdite, qui avait fait une dizaine de blessés dans des heurts entre manifestants et forces de l’ordre.

Plus de 2 000 morts en 6 ans

La mairie a également interdit samedi un autre rassemblement de soutien au Mali, visé par des sanctions renforcées par ses voisins ouest-africains.

Le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique. Les attaques qui visent civils et militaires sont de plus en plus fréquentes et en grande majorité concentrées dans le nord et l’est du pays.

Parfois mêlées à des affrontements intercommunautaires, elles ont fait depuis six ans plus de 2.000 morts et contraint 1,5 million de personnes à fuir leur foyer.

Par Jeune Afrique avec AFP

Covid-19 : les opposants au pass vaccinal, en France, battent à nouveau le pavé

janvier 22, 2022

Les anti-pass vaccinal, qui entrera en vigueur le 24 janvier, dénoncent une parole gouvernementale « incohérente » qui a « varié » avec le temps.

Des opposants au pass vaccinal ont défilé dans les rues de plusieurs villes samedi 22 janvier 2022, deux jours avant son entrée en vigueur, réclamant la «  liberté  » et fustigeant «  l’apartheid  » imposé, selon eux, par le gouvernement entre vaccinés et non-vaccinés. À Paris, où quatre manifestations avaient été déclarées, des Gilets jaunes ont défilé dans la matinée entre le square d’Anvers et la place de la Nation, relayés dans l’après-midi par le mouvement Les Patriotes de Florian Philippot, qui a rassemblé une foule de tous âges, dont des parents accompagnés de leurs enfants.

Le cortège de plusieurs centaines de personnes, pour la plupart non masquées, a défilé de la place de Barcelone (16e) au le ministère de la Santé, dans le 7e arrondissement, portant notamment des pancartes «  Liberté  », «  Vérité  » ou «  Non à l’apartheid  », des drapeaux français ou arborant la croix de Lorraine. «  Pass vaccinal, résistance totale !  » ou «  Macron, on t’em…  », scandaient les manifestants. «  Je préfère mourir aux portes de la liberté que de mourir dans les enfers de la servitude  », proclamait une pancarte, tandis qu’une autre représentait une seringue transperçant Marianne. Un animateur faisait scander «  Résistance ! Résistance !  » ou encore «  Liberté ! Liberté !  ».

Parmi les manifestants, Sophie, juriste de 44 ans, et Franck, consultant informatique de 56 ans, ont expliqué qu’ils étaient tous les deux vaccinés, mais pas leur fille, car ils s’opposent à la vaccination des enfants et des adolescents. Ils ont expliqué être «  anti-pass vaccinal, mais pas pour Philippot  ». Pour Franck, «  le discours des autorités est incohérent et varie avec le temps, en fonction des contingences  », et «  on ne sait plus distinguer le vrai du faux  ». Sophie, pour sa part, regrette qu’«  au moment où le virus est le moins virulent on mette en place le pass vaccinal, alors qu’on pourrait jouer l’immunité naturelle collective  ».

«  Une honte  »

Même remarque de la part d’un homme se présentant comme un technicien informatique de 40 ans, venu avec son fils de 8 ans, qui dit n’avoir jamais voté pour les extrêmes mais trouve que Florian Philippot offre un contrepoint, sinon «  on entend toujours les mêmes choses  ». D’autres manifestations ont eu lieu dans toute la France. 700 personnes se sont rassemblées à Aix-en-Provence, 950 à Montpellier et 1 200 à Marseille, selon les chiffres de la police.

À Bordeaux, ils étaient 450 selon la police, deux fois moins que la semaine dernière. Parmi eux, Anaëlle, infirmière en congé maternité, pour qui «  l’obligation vaccinale est une honte  » et qui dénonce «  des projets expérimentaux  ». «  Les gens vaccinés tombent malades, à quoi ça sert ?  » s’interroge-t-elle. Les manifestants étaient également environ 300 à Lille, dont quelques dizaines de Gilets jaunes, derrière une banderole de tête disant «  non à la dictature  » et réclamant «  une justice sociale, fiscale et écologique  ». «  Fini les tests, fini les masques, on n’en veut plus !  » pouvait-on entendre à Strasbourg (600 participants selon la police).

Le pass vaccinal sera déployé lundi en France. Il faudra alors pouvoir justifier pour les plus de 16 ans un statut vaccinal pour accéder aux activités de loisirs, restaurants et bars, foires ou transports publics interrégionaux. Un test négatif ne suffira plus, sauf pour accéder aux établissements et services de santé.

Avec Le Point

France -Vidéo: Cocufié par sa femme, un Congolais, Téké de Djambala, voyage nu dans un Tram

janvier 22, 2022

C’est l’histoire d’un Congolais de Djambala qui a été trahi par sa femme qu’il aimait tant. Fatigué d’apprendre ses infidélités, le quinquagénaire est sorti en tenue d’Adam dans la rue et a emprunté les transports publics au grand étonnement des passants. Les choses de l’amour.

La vie en Europe apporte son quotidien de désagréments à plusieurs Congolais dont les couples qui subissent de plein fouet la liberté sentimentale. Les femmes ne sont pas soumises aux lois des hommes comme en Afrique avec surtout la certitude de ne jamais quitter le foyer.

Victime à plusieurs reprises de l’infidélité de son épouse , un Congolais a tenté en vain de la ramener à la raison. Il semblerait qu’elle aurait trouvé un blanc qui la donnerait tout d’où ses manques de respect à son époux.

L’homme s’est réveillé un bon matin et a décidé de se mettre à poils après une dispute avec son épouse. Devant ses enfants, il est sorti de la maison et a emprunté les transports publics expliquant à tout le monde ses déboires matrimoniales.

Avec Sacer-infos par Stany Frank