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Trump espère aboutir à une relation « extraordinaire » avec Poutine

juillet 16, 2018

Le président russe Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump avant leur première rencontre bilatérale à Helsinki en Finlande, le 16 juillet 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

Le président américain Donald Trump a entamé lundi à Helsinki un sommet historique avec Vladimir Poutine en affichant son espoir d’aboutir à une relation « extraordinaire » avec son homologue russe.

Le locataire de la Maison Blanche et l’homme fort du Kremlin se sont retrouvés en début d’après-midi dans le palais présidentiel, au coeur de la capitale finlandaise qui a une longue tradition d’accueil de sommets Est-Ouest.

« Cela me fait très plaisir de vous rencontrer », « le temps est venu de parler de nos relations sur le fond », a déclaré M. Poutine, tandis que M. Trump exprimait l’espoir d’aboutir à « une relation extraordinaire », martelant sa formule préférée: « Bien s’entendre avec la Russie est une bonne chose, pas une mauvaise chose ».

Au programme: un face-à-face avec leurs seuls interprètes, un déjeuner de travail avec leurs équipes et une conférence de presse commune.

Le tempétueux milliardaire américain, au pouvoir depuis 18 mois, affiche de longue date l’espoir de nouer une relation personnelle avec l’ex-officier du KGB, qui tient les rênes du pouvoir en Russie depuis 2000.

Le président américain Donald Trump rencontre son homologue russe Vladimir Poutine à Helsinki en Finlande, le 6 juillet 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

Peu avant la première poignée de main, il a donné le ton dans un tweet pour le moins surprenant de la part d’un président américain.

Il a attribué les mauvaises relations entre Washington et Moscou à… « des années de stupidité de la part des Etats-Unis » et à la « chasse aux sorcières » menée selon lui par le FBI qui enquête sur l’interférence russe dans la présidentielle de 2016.

Sans surprise, ce message a ravi Moscou. « Nous sommes d’accord », a répondu le ministère russe des Affaires étrangères dans un incroyable échange sur Twitter.

– « Signe inquiétant » –

Le président américain Donald Trump (2e d), son homologue finlandais Sauli Niinistö (d), et leurs épouses Melania Trump (2e g) et Jenni Haukio (g), le 16 juillet 2018 à Helsinki / © AFP / Brendan SMIALOWSKI

Torrey Taussig, de la Brookings Institution, voit dans ce tweet un « signe inquiétant ». Si les relations avec Moscou sont aussi mauvaises, rappelle-t-elle, c’est à cause de « l’attitude de Poutine en Ukraine et en Syrie, de l’interférence dans des élections democratiques… et la liste est longue ».

De la Syrie à la Crimée, nombre de diplomates et d’analystes redoutent qu’il ne fasse une série de concessions à l’homme fort du Kremlin.

Vladimir Poutine, arrivé à Helsinki en milieu de journée après avoir assisté à Moscou à la victoire de la France en Coupe du monde, est jusqu’ici resté muet sur ses attentes et sa stratégie.

La Syrie figurera en bonne place dans les débats. Le président américain est impatient de prendre ses distances avec ce conflit et de retirer les troupes américaines présentes sur place.

Sommet Poutine – Trump / © AFP / Gal ROMA

La Russie, à l’inverse, présente militairement sur place depuis 2015 en soutien au régime de Bachar al-Assad, entend plus que jamais y jouer les premiers rôles.

Sur la Crimée, M. Trump entretient depuis plusieurs semaines l’ambiguïté, refusant d’exclure explicitement la reconnaissance de son annexion par la Russie.

Donald Trump comme ses prédécesseurs démocrates et républicains ont, bien sûr, déjà rencontré Vladimir Poutine.

Mais le format de la rencontre, comme son timing, font du face-à-face d’Helsinki un rendez-vous à part.

Etats-Unis – Russie : économie et défense comparées / © AFP / Gal ROMA

– Dernière étape de la tournée –

Le sommet est la dernière étape d’un voyage d’une semaine en Europe au cours de laquelle le magnat de l’immobilier a tiré à boulets rouges sur ses alliés – Allemagne en tête – tout se tenant soigneusement à l’écart de toute critique à l’encontre du président russe.

En dépit d’un sommet particulièrement tendu, M. Trump a assuré lundi que l’Otan n’avait « jamais été aussi forte », assurant, dans un registre qu’il affectionne, qu’il n’y avait que de « l’amour » dans la salle.

L’enquête menée, à Washington, par le procureur spécial Robert Mueller sur l’interférence russe en faveur de Trump dans la campagne présidentielle de 2016, planera aussi bien sur la rencontre.

Trump espère une relation « extraordinaire » avec Poutine / © POOL/AFP / –

Elle a été relancée de façon spectaculaire à trois jours du sommet par l’inculpation de 12 agents du renseignement russe accusés d’avoir piraté les ordinateurs du parti démocrate.

Donald Trump risque-t-il de se faire malmener par cet officier du renseignement formé à détecter les faiblesses de ses adversaires?

Une demi-douzaine de sénateurs démocrates l’ont exhorté à ne pas négocier seul à seul: « Il doit y avoir d’autres Américains dans la pièce », ont-ils lancé dans une lettre ouverte.

« Serai-je prêt ? Totalement prêt! » répond depuis plusieurs semaines Donald Trump. « Je me suis préparé toute ma vie pour ce genre de truc », lançait-il récemment devant ses partisans dans le Montana.

C’est la quatrième fois que présidents américain et russe se donnent rendez-vous dans la paisible capitale finlandaise.

De ce point de vue, Donald Trump et Vladimir Poutine s’inscriront dans la lignée de Gerald Ford et Léonid Brejnev (1975), George Bush et Mikhaïl Gorbatchev (1990), Bill Clinton et Boris Eltsine (1997).

Romandie.com avec(©AFP / 16 juillet 2018 15h07)

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Mondial-2018: les Bleus en route, la France attend ses héros

juillet 16, 2018

Le capitaine de l’équipe de France Hugo Lloris brandit la Coupe du monde entouré de ses coéquipiers, le 15 juillet 2018 à Moscou / © AFP / Alexander NEMENOV

Ils l’ont fait, 20 ans après la génération Zidane. Au lendemain de la fête à Moscou, la « bande à Griezmann » et Mbappé célèbre lundi en France sa deuxième Coupe du monde de football, d’abord aux Champs-Élysées avant un rendez-vous présidentiel à l’Elysée.

« Encore! », « un bonheur éternel », « le jour de gloire est arrivé », « la tête dans les étoiles »: la presse française donnait un avant-goût de ce qui va attendre les Bleus quand ils reposeront le pied dans leur pays. Ils ont pu aussi s’en faire une idée en voyant les images des Champs-Élysées noirs de monde et des marées humaines qui ont noyé Paris et la France dans la fête.

L’avion a semble-t-il eu du mal à partir, mais ces Bleus sont désormais bien en route vers Paris, où tout un peuple de supporteurs les attend.

Deschamps et sa troupe ont décollé de Moscou peu après 13h30, a confirmé Air France, et ils sont désormais attendus à Roissy vers 17h05, avec une heure de retard sur les prévisions, selon le site de Paris Aéroport.

Antoine Griezmann et ses coéquipiers à l’aéroport de Moscou le 16 juillet 2018 avant leur retour en France / © AFP / Alexander NEMENOV

Attention, le programme s’annonce copieux et de plus en plus serré !

Car les joueurs du sélectionneur Didier Deschamps doivent normalement descendre les Champs-Elysées de 17h30 à 18h30, avant d’être reçus par le président de la République au palais de l’Elysée, puis d’être accueillis à l’hôtel de Crillon. Emmanuel Macron et son épouse Brigitte, présents en tribunes au stade Loujniki à Moscou pendant la finale, puis dans les vestiaires après le match, pourront encore féliciter les nouvelles idoles du pays, suivies dimanche par 19,3 millions de téléspectateurs en France.

Les cracks bleus version 2018 descendront la « plus belle avenue du monde » depuis le plateau de l’Etoile jusqu’au rond-point des Champs-Elysées. Ils imiteront leurs glorieux aînés qui, le 13 juillet 1998, avaient défilé au même endroit à bord d’un bus à impériale, acclamés par un demi-million de personnes.

Le sélectionneur de la France Didier Deschamps porté en triomphe par ses joueurs, après la victoire en Coupe du Monde, le 15 juillet 2018 à Moscou / © AFP / Alexander NEMENOV

Un homme peut leur expliquer ce qui les attend. C’est leur sélectionneur Didier Deschamps. Il y a 20 ans, il était capitaine des champions du monde, sentinelle du milieu de terrain. Aujourd’hui, à 49 ans, il entre dans un club très fermé, ceux qui ont gagné la compétition reine comme joueur et coach. Jusqu’ici, ils n’étaient que deux à avoir réalisé cette performance, le Brésilien Mario Zagallo et l’Allemand Franz Beckenbauer.

– « Je vais être dans l’histoire » –

Il y a 20 ans, le visage d’un seul joueur, Zinédine Zidane, était projeté sur l’Arc de Triomphe après son doublé contre la Seleçao.

L’Arc de Triomphe aux couleurs de la France lors des scènes de liesse aux Champs-Elysées après le triomphe des Bleus au Mondial, le 15 juillet 2018 / © AFP / GERARD JULIEN

Cette fois, ils sont trois à avoir marqué: Antoine Griezmann, Paul Pogba et Kylian Mbappé. « Grizi » pourrait même être crédité d’un doublé, car un de ses coups francs a été dévié de la tête dans ses buts par le Croate Mario Mandzukic.

« Franchement, personnellement, je ne réalise pas encore. La coupe pèse beaucoup », a commenté dans la nuit Griezmann. « On entre dans l’histoire », s’est tout de même rendu compte le joueur de l’Atlérico Madrid, sur le toit du monde à 27 ans.

Quand on lui a demandé si on allait parler de « génération Griezmann », l’attaquant a répondu, après avoir mis « le collectif en premier »: « Je vais être dans l’histoire du foot français, même si on ne réalise pas maintenant, nos enfants vont être très fiers de porter notre nom ».

Joueurs cadres, sélectionneur, parcours et comparaison avec les anciennes générations : les éléments clés de l’Equipe de France / © AFP / Thomas SAINT-CRICQ

« On essaie de donner une bonne image de la France, des joueurs français. J’espère que beaucoup de jeunes auront vu ce match et feront pareil », a-t-il complété.

Beaucoup de jeunes auront sans doute envie de connaître la même trajectoire météorique que Kylian Mbappé. A 19 ans et demi, il a donc marqué en finale de Coupe du monde son 4e but du tournoi ! Il devient le deuxième plus jeune joueur à marquer en finale de Coupe du monde après Pelé, qui avait fait trembler les filets dans le match au sommet du tournoi de 1958.

– « On va fêter ça » –

Les Bleus arrivent à l’aéroport de Moscou / © AFP / Reza Nourmamode

« Je suis très content, j’avais affiché mes ambitions collectives en début de Mondial, c’était de remporter la Coupe du monde », s’est réjoui sur TF1 le gamin de Bondy. « C’est la vie qu’on voulait. On est fier de rendre les Français heureux. On est conscient qu’on avait ce rôle-là aussi, on voit qu’ils oublient tous leurs problèmes », a souligné le TGV du PSG.

Et d’ajouter déjà mature et ambitieux: « On joue pour ce genre de choses, j’ai toujours dit que je ne voulais pas être que de passage dans le foot. Etre champion du monde c’est envoyer un message, c’est un passeport pour continuer à travailler et à faire encore mieux ».

« J’ai le sommeil facile, mais je ne vais pas dormir, on va fêter ça », prévoyait-il. Comme la plupart des fans en France, dans les rues en fête au coup de sifflet final. Et qui attendent désormais, pour ceux présents à Paris, de pouvoir apercevoir leurs nouveaux héros.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juillet 2018 14h37)

Barack Obama visite sa famille kényane et inaugure un centre de jeunesse

juillet 16, 2018

Kogelo (Kenya) – L’ancien président américain Barack Obama a raconté lundi des souvenirs de sa famille kényane, lors d’une visite dans l’ouest du pays, où il a inauguré un centre de jeunesse conçu par sa demi-soeur, a constaté un journaliste de l’AFP.

M. Obama effectuait son premier voyage dans le pays d’origine de son père depuis 2015. Alors président en exercice, il n’avait pas pu venir dans le village familial, car son avion était trop gros pour atterrir à Kisumu, sur les rives du lac Victoria, a-t-il rappelé avec humour.

« C’est une grande joie d’être de retour auprès de tant de gens qui sont de la famille pour moi, et autant qui prétendent être de la famille. Tout le monde est un cousin », a-t-il plaisanté, déclenchant les rires de l’assistance.

Lundi matin, M. Obama a rendu visite à la matriarche de la famille Obama au Kenya, Sarah, que l’ex-président appelle « Grand-mère », même s’ils n’ont pas de liens de sang, dans le village de Kogelo, où son père est né et est enterré.

Il s’est ensuite remémoré son premier voyage au Kenya, quand il avait 27 ans. Depuis Nairobi, il avait d’abord pris « un train très lent », puis un bus avec « des poulets sur (ses) genoux et des patates douces s’enfonçant dans (ses) côtes ».

Ensuite, il avait dû s’entasser dans un « matatu » (minibus), « encore plus bondé que le bus », avant de marcher jusqu’à la maison de Sarah. Il s’est souvenu avoir dû attraper un poulet pour le dîner qu’il n’avait pas eu le coeur de tuer lui-même, ou encore avoir visité la tombe de son père et pris des bains de soleil.

« Et j’ai regardé les étoiles et (…) cela m’a donné un sentiment de plénitude qu’aucun hôtel cinq étoiles ne m’a jamais donné », a-t-il ajouté.

M. Obama s’exprimait à l’occasion de l’inauguration du centre de jeunesse Sauti Kuu (« fortes voix », en swahili), fondé par sa demi-soeur Auma Obama. Il a expliqué qu’en se remémorant tous ces souvenirs, il ne pouvait pas être « plus fier de ce que (sa) soeur a construit ».

Celle-ci a expliqué que ce centre ultra-moderne permettrait aux jeunes de la région d’avoir accès aux livres, à Internet et à des activités sportives.

Ils pourront aussi recevoir des cours d’éducation civique, de finances, sur la défense de l’environnement ou encore l’éthique de travail.

Le centre comprendra un terrain de football aux standards internationaux parrainé par le ministère allemand de la Coopération et du Développement, un terrain de basket-ball financé par la fondation Giants of Africa, ainsi qu’un terrain de volley-ball/netball et d’autres installations, dont une bibliothèque et un laboratoire Internet.

« La raison pour laquelle j’ai monté ce centre, c’est pour que ma communauté réalise combien elle est est riche. Je ne veux pas que les gens de ma communauté se comportent en mendiants (…) Commençons à dépendre de nous-mêmes », a déclaré Auma Obama.

M. Obama a estimé que le centre permettrait de responsabiliser et éduquer la jeunesse locale pour qu’elle puisse demander des comptes à la classe politique et faire « des choses remarquables, qui changent le monde ».

L’ex-président américain était arrivé dimanche au Kenya et s’était entretenu dans l’après-midi avec le président Uhuru Kenyatta et avec le leader de l’opposition Raila Odinga.

A l’issue de son séjour kényan, M. Obama s’envolera pour l’Afrique du Sud, où il prononcera un discours très attendu à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de Nelson Mandela.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juillet 2018 11h44)                                                        

France: la deuxième étoile sous une pluie de buts !

juillet 15, 2018

L’équipe de France sacrée championne du monde après sa victoire sur la Croatie en finale, le 15 juillet 2018 à Moscou / © AFP / GABRIEL BOUYS

Champagne ! Le jour de gloire est arrivé pour les Bleus qui ont gagné la deuxième Coupe du monde de leur histoire, 20 ans après celle de 1998, en dominant la Croatie 4-2 au bout d’une incroyable finale du Mondial-2018, dimanche à Moscou.

Et c’est sous une pluie battante, à 19h32 exactement, que le capitaine Hugo Lloris a soulevé le trophée tant convoité, remis par le président de la Fifa Gianni Infantino sur le podium où se trouvaient trois chefs d’Etat, le Français Emmanuel Macron, le Russe Vladimir Poutine et la Croate Kolinda Grabar-Kitarovic.

A Paris, les Champs-Elysées ont été envahis avant même le coup de sifflet final par une foule en liesse, comme partout en France. Et la fête s’annonce immense lundi sur « la plus belle avenue du monde » que les joueurs descendront en bus vers 17h00, avant d’être reçus à l’Elysée.

Ils auront encore en tête cette folle finale… Enterrés, les scores étriqués, comme dans la dernière édition (Allemagne-Argentine, 1-0 a.p.): il n’y avait jamais eu autant de buts dans une finale de Mondial depuis… 1966 (Angleterre-RFA, 4-2 a.p.)!

Des supporters à l’Arc de triomphe après la victoire des Bleus, le 15 juillet 2018 à Paris / © AFP / LUDOVIC MARIN

Eh oui, dans la capitale russe, l’étoile était bleue, décrochée par Antoine Griezmann, impliqué sur trois buts français. « Je vais être dans l’histoire du foot français, même si on ne réalise pas maintenant, nos enfants vont être très fiers de porter notre nom », a-t-il dit tout en mettant en exergue le collectif.

Etoile saisie par « Grizou », mais aussi Paul Pogba et Kylian Mbappé, qui ont tué le match à l’heure de jeu.

Et voilà, quand la France tutoie les sommets, il se passe toujours quelque chose d’exceptionnel: c’étaient les deux coups de tête de Zinédine Zidane en 1998 face au Brésil de Ronaldo (3-0), puis son « coup de boule » en 2006 (défaite contre l’Italie aux tirs au but).

L’entraîneur des Bleus Didier Deschamps porté en triomphe par ses joueurs après leur titre de champion du monde devant la Croatie, le 15 juillet 2018 à Moscou / © AFP / Alexander NEMENOV

Dimanche, il y eut pour la première fois dans une finale de Mondial un but contre son camp, lorsque Mario Mandzukic déviait dans ses cages le coup franc de Griezmann (18e), mais aussi un recours à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) entraînant un penalty, transformé par le même « Grizou » (38e). Là encore une première.

– « DD » comme Zagallo et Beckenbauer –

Incroyable finale, décidément, quand N’Golo Kanté, jusqu’alors un des meilleurs joueurs du tournoi, passait totalement au travers de son match, au point d’être remplacé par Steven N’Zonzi dès la 55e minute; puis quand Hugo Lloris commettait une énorme boulette en ratant son crochet sur Mandzukic, qui n’en demandait pas tant (69e). Même si le gardien, finalement peu sollicité, a fait aussi une belle claquette, sur une frappe puissante de Ante Rebic (48e).

La France championne du monde / © AFP / Thomas SAINT-CRICQ

« Une compétition est réussie quand elle est gagnée », avait assené le président Macron en visite à Clairefontaine fin mai pendant la préparation, exhortant la sélection à décrocher la « deuxième étoile » devant un Deschamps un brin gêné, lui qui ne promet jamais la lune.

Il la décroche plutôt qu’il n’en parle, « Dédé la Gagne », en entraîneur matois obsédé par le résultat. Et le capitaine de l’âge d’or de l’équipe française (doublé Mondial-1998/Euro-2000) a rejoint le Brésilien Mario Zagallo et l’Allemand Franz Beckenbauer, vainqueurs de Coupe du monde comme joueurs puis sélectionneurs.

Au coup de sifflet final, il a salué les supporters, les deux bras levés, les poings fermés. Avant d’être porté en triomphe par ses joueurs.

La France championne du monde: les Champs-Elysées en liesse! (2) / © AFP / Myriam Adam

« Est-ce que la France est un beau champion? On est champion du monde, la France sera sur le toit du monde pendant quatre ans, c’est ça qu’on va retenir avant tout », a-t-il dit. « Ma plus grosse fierté, avec ce groupe, c’est qu’ils ont réussi à avoir l’état d’esprit pour une telle compétition ».

Ses joueurs ont retardé sa conférence de presse en l’aspergeant joyeusement ou en scandant son nom. « C’est une bande de fadas ceux-là », a ensuite réagi Deschamps tout sourire, trempé et le cheveu en bataille. « Je suis dans le brouillard, mais on nage dans le bonheur ».

Les Bleus avaient raté le toit de l’Europe en 2016 (défaite 1-0 a.p. contre le Portugal), et cette rancoeur s’est muée en rage. Ils avaient cédé à l’euphorie en battant l’Allemagne championne du monde en demi-finale de cet Euro à domicile ? Pas cette fois, ont assuré les cadres après la victoire contre la brillante Belgique en demie (1-0). Ils étaient favoris ? Ils l’ont assumé, au détriment des Croates de Luka Modric, élu Ballon d’Or du tournoi, qui connaissaient là leur première finale.

Kylian Mbappé plus jeune champion du monde français, ici après la victoire des Bleus sur la Croatie à Moscou, le 15 juillet 2018 / © AFP / Odd ANDERSEN

Mandzukic et Ivan Perisic, buteurs pour renverser l’Angleterre en demie (2-1 a.p.), ont été cette fois leurs héros paradoxaux, en marquant encore, mais le premier contre son camp puis grâce à Lloris, le second pour l’égalisation, avant d’offrir un penalty d’une main malheureuse.

– Mbappé après Pelé –

Les Croates avaient eu un jour de récupération en moins et disputé trois prolongations dans les tours précédents, c’est-à-dire l’équivalent d’un match en plus. Et cela s’est vu, dans la chaleur de cet après-midi moscovite, malgré un contrôle du jeu en première période. Mais l’équipe à la Deschamps aime subir, pour mieux piquer.

Mondial: les visages des Bleus projetés sur l’Arc-de-Triomphe / © AFP / Myriam Adam

Et cette bascule s’est opérée autour de l’heure de jeu, quand Pogba d’une frappe du gauche (59e) et Mbappé du droit (65e), tous deux depuis l’extérieur de la surface, faisaient chanter le Coq un peu plus fort encore.

Le Parisien de 19 ans, élu meilleur jeune du tournoi, devenait le deuxième plus jeune buteur en finale de la Coupe du monde, derrière… Pelé, bien sûr (17 ans en 1958). Et les comparaisons avec le légendaire Brésilien de refleurir, nées de sa performance en 8e de finale contre l’Argentine (4-3) qui avait secoué la planète foot. « Si Kylian continue d’égaler mes records comme ça, je vais devoir rechausser mes crampons… », a d’ailleurs plaisanté le légendaire Brésilien triple champion du monde sur Twitter.

Et Mbappé a prévenu: « Ce n’est que le début. Ce n’est pas la fin, j’ai l’intention d’aller plus loin, aller jusqu’où mon potentiel me le permet et où les limites le permettent ».

Deuxième étoile pour l’éternité dans le ciel des Bleus, et des images qui resteront au long de leur parcours, un premier tour laborieux, ce match d’anthologie contre les Argentins de Lionel Messi, puis maîtrise et solidarité contre l’Uruguay (2-0) et la Belgique (1-0).

Solidarité défensive, et fraternité, voilà le credo de cette équipe-là, dont le cri de ralliement fut « Vive la France et vive la République ! ». L’esquisse d’un nouvel optimisme national, comme en 1998? Les Bleus seront en tout cas reçus lundi en héros par le peuple de Paris, après une nuit mémorable. Pour ainsi dire à la belle étoile.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juillet 2018 00h49)

Mondial-2018: à Paris, des casseurs pillent une galerie marchande des Champs-Élysées

juillet 15, 2018

Paris – Une trentaine de jeunes ont cassé et pillé dimanche soir le Drugstore Publicis, un complexe commercial en haut des Champs-Élysées, à Paris, où des centaines de milliers de personnes fêtaient la victoire française à la Coupe du monde de football, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ces jeunes, pour quelques-uns encagoulés, ont fait irruption dans le magasin de la célèbre avenue parisienne par une entrée située non sur les Champs-Élysées, mais avenue Marceau.

Ils en ressortaient rieurs, des bouteilles de vin ou de champagne sous le bras et se filmant avec des téléphones portables, tandis que les forces de l’ordre ripostaient à des jets de projectiles avec des gaz lacrymogène, selon le journaliste de l’AFP.

Au bout de 15 à 20 minutes, ils ont été dispersés du côté de l’avenue Marceau par de fortes doses de gaz lacrymogène tirées par les forces de l’ordre, qui se sont ensuite employées à protéger l’entrée du magasin. Peu après, une vingtaine de jeunes sont rentrés dans le café du Drugstore côté Champs-Elysées cette fois, suscitant une nouvelle salve de gaz lacrymogène.

A proximité, un supporteur des Bleus vêtu du maillot tricolore répétait « C’est pas ça la fête, c’est pas ça la fête », en pleurs.

Quelque 4.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés à Paris pour la finale et un large périmètre d’interdiction de la circulation des véhicules est en place jusqu’à 4H00 (02H00 GMT) lundi dans l’ouest et le centre de la capitale.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 21h24)                                                        

La France est championne du monde après sa victoire contre la Croatie (4-2)

juillet 15, 2018

Grâce à des buts de Griezmann, Pogba, Mbappé, et Mandzukic contre son camp, les Français deviennent champions du monde pour la deuxième fois de leur histoire.

 

L’équipe de France est devenue championne du monde après avoir battu la Croatie en finale (4-2), dimanche 15 juillet à Moscou. La deuxième étoile sur le maillot bleu a été gagnée à l’issue d’un match étrange, que les Bleus n’ont presque jamais maîtrisé dans le jeu mais qu’ils ont renversé grâce à des actions individuelles, des erreurs de l’adversaire et l’aide de la VAR.

L’avalanche de buts français est venue, comme un symbole, des trois plus importants joueurs offensifs de Bleus lors de ce Mondial : Antoine Griezmann (un penalty à la 38e, un coup-franc détourné par Mandzukic dans son propre but à la 18e), Paul Pogba (une frappe pure à la 59e) et Kylian Mbappé (une frappe encore plus pure de l’extérieur de la surface à la 67e).

Le trio offensif, comme l’ensemble du milieu français, est passé par des séquences de vide pendant la première mi-temps et le début de la seconde, incapables de prendre le jeu à son compte et laissant l’animation aux Croates. Mais à chaque fois que ces derniers pensaient être revenus (l’égalisation de Perisic à la 28e, l’incroyable erreur de Lloris à la 69e), les Français reprenaient le dessus.

Lemonde.fr par Luc Vinogradoff

Thaïlande: les petits rescapés de la grotte pleurent le plongeur mort

juillet 15, 2018

Capture d’écran d’une vidéo fournie par le ministère de la Santé montrant des jeunes footballeurs rescapés après avoir passé 18 jours dans une grotte en Thaïlande, à l’hôpital de Chiang Rai le 14 juillet 2018 / © Chiang Rai Prachanukroh Hospital/AFP / Handout

Les douze jeunes footballeurs rescapés d’une grotte en Thaïlande après 18 jours sous terre ont appris et pleuré ce week-end la mort le 6 juillet d’un plongeur thaïlandais qui se portait à leur secours, a annoncé dimanche le ministère de la Santé.

L’équipe des « Sangliers sauvages » était restée bloquée depuis le 23 juin jusqu’à son évacuation qui a pris trois jours et s’est achevée le 10 juillet dans la grotte de Tham Luang (nord), inondable en saison de mousson.

Les médecins estiment que les enfants sont en bonne santé après l’opération de sauvetage réalisée par des plongeurs de la marine thaïlandaise et des spécialistes étrangers de la plongée dans les grottes.

Mais un ancien plongeur de la marine thaïlandaise avait péri. Saman Kunan appartenait à une équipe qui tentait d’établir une ligne d’approvisionnement en oxygène de la chambre où les enfants attendaient d’être secourus. Cet ancien membre des commandos de marine thaïlandais avait perdu conscience sur le chemin du retour.

Les garçons, âgés de 11 à 16 ans n’ont été informés que samedi, l’équipe médicale les jugeant alors suffisamment forts mentalement pour recevoir une telle nouvelle.

Thaïlande: les enfants rescapés donnent des nouvelles / © See dopesheet/AFP / –

« Ils ont tous pleuré et exprimé leurs condoléances en écrivant des messages sur un dessin du capitaine de corvette Saman et ont observé pour lui une minute de silence », a déclaré dans un communiqué Jedsada Chokdamrongsuk, secrétaire permanent au ministère de la Santé. « Ils l’ont aussi remercié et lui ont promis d’être de bons garçons ».

Les messages ont afflué de Thaïlande et de l’étranger en hommage à Saman Kunan, triathlète et plongeur qui avait quitté l’armée en 2006 et travaillé pour l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok avant de se porter volontaire pour la mission de sauvetage des enfants de la grotte.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 12h20)

 

Nigeria: succès électoral du parti au pouvoir à l’approche de la présidentielle

juillet 15, 2018

Lagos – Le candidat du parti au pouvoir au Nigeria a remporté dimanche une élection très disputée au poste de gouverneur de l’Etat d’Ekiti, dans le sud-ouest du pays, un succès pour le camp du président Muhammadu Buhari à un peu plus de six mois du scrutin présidentiel.

Kayode Fayemi, du Congrès des progressistes (APC) et ancien ministre, a battu le gouverneur sortant Olusola Eleka, du Parti démocratique populaire (PDP) d’opposition, a déclaré la commission électorale dans un communiqué.

« Je veux féliciter le Dr John Kayode Fayemi pour avoir gagné l’élection au poste de gouverneur » de l’Ekiti, s’est réjoui le président Buhari dans un communiqué posté sur Twitter.

« Ces louanges s’adressent également à notre grand parti, l’APC, pour sa victoire remportée de haute lutte après un campagne digne », ajouté le chef de l’Etat.

L’élection s’est déroulée sans incident dans un pays où les violences électorales ne sont pas rares mais des voix ont été achetées, ont rapporté des observateurs.

« Il y a eu une pluie d’argent en Ekiti où le PDP et l’APC attirent les électeurs avec du liquide », selon le journal Vanguard. « Je pense malheureusement que cela fait partie du système », a commenté Sentell Barnes, du groupe américain pro-démocratie International Republican Institute.

« Avant les gens bourraient les urnes. Mais c’est devenu plus difficile et maintenant certains recourent à l’argent pour influencer les gens », a-t-il ajouté.

L’élection était considérée comme ayant valeur de test pour la popularité du président Buhari et la santé de la démocratie au Nigeria où la prochaine présidentielle doit avoir lieu en février 2019.

L’ancien général élu en 2015 est le premier opposant de l’histoire du Nigeria à l’emporter sur le président sortant dans un scrutin largement considéré comme libre et honnête.

Mais après une période d’optimisme initiale, il a déçu ne parvenant pas à mettre un point final à l’insurrection jihadiste de Boko Haram, ni à endiguer les vagues de violences qui surgissent aux quatre coins du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 12h21)                                                        

L’Afrique du Sud célèbre avec Obama la mémoire de Mandela

juillet 15, 2018

Un jeune Sud-Africain se fait couper les cheveux dans le cadre des célébrations du 100e anniversaire de la naissance de Nelson Mandela, le 30 juin 2018 à Johannesburg / © AFP/Archives / MARCO LONGARI

L’Afrique du Sud célèbre cette semaine, avec l’ancien président Barack Obama en vedette américaine, le centième anniversaire de la naissance de son héros et libérateur Nelson Mandela, incarnation d’un rêve « arc-en-ciel » toujours inachevé.

Cinq ans après sa mort, « Madiba » a gardé son statut d’icône mondiale pour son combat contre le régime raciste blanc de l’apartheid et son message de réconciliation, qui a permis au pays d’en tourner la page en évitant un bain de sang.

Après l’ancien président américain Bill Clinton, le milliardaire philanthrope Bill Gates ou l’ex-patron de l’ONU Kofi Annan, le premier chef d’Etat noir des Etats-Unis prononcera mardi l’hommage annuel à Nelson Mandela, point d’orgue de plusieurs jours de festivités.

Lors d’une visite en Afrique du Sud en 2013, Barack Obama avait longuement honoré son « héros ».

« Le combat ici contre l’apartheid et pour la liberté, le courage moral de +Madiba+, la transition historique de son pays vers une nation libre et démocratique ont été une source d’inspiration pour moi et le monde entier », avait-il déclaré.

Un an et demi après son départ de la Maison Blanche, l’éloge de Barack Obama est annoncé par son entourage comme son discours le plus important depuis sa retraite politique.

« Il lui donnera l’occasion de livrer un message de tolérance, d’inclusion et de démocratie à un moment où l’héritage de Mandela est remis en question dans le monde », a souligné son conseiller Benjamin Rhodes au New York Times.

Le président américain Barack Obama lors d’un hommage funèbre à Nelson Mandela, le 10 décembre 2013 à Johannesburg / © AFP/Archives / BRENDAN SMIALOWSKI

Une allusion à la politique de Donald Trump, qui a pris le contrepied systématique de son prédécesseur, notamment sur l’immigration et l’Afrique.

– « Un homme bon » –

En attendant ce grand oral, toute l’Afrique du Sud s’est déjà mise à l’heure Mandela, qui aurait eu 100 ans mercredi.

Spectacles, expositions et compétitions sportives le célèbrent. Son visage souriant illumine de nouveaux billets. « Agissez, inspirez le changement, faites de chaque jour un Jour Mandela », exhorte le slogan de la fondation qui porte son nom.

Ex-syndicaliste reconverti en homme d’affaires, le président sud-africain Cyril Ramaphosa y est allé de sa contribution en versant la moitié de son salaire à un fonds qui finance des micro-projets pour réduire la pauvreté.

« En mémoire de Madiba, en hommage à (….) son engagement sans relâche pour l’amélioration de la vie des plus démunis, beaucoup d’entre nous peuvent faire quelque chose », a lancé le chef de l’Etat en annonçant son geste.

Les nouveaux billets de banque sud-africains à l’effigie de Nelson Mandela, le 13 juillet 2018 à Pretoria / © AFP / Phill Magakoe

Ceux qui ont connu de près le détenu le plus célèbre de la planète – resté vingt-sept ans derrière les barreaux – rivalisent d’anecdotes et d’éloges.

A commencer par le dernier président blanc d’Afrique du Sud, Frederik de Klerk, l’adversaire devenu partenaire avec lequel il a partagé le prix Nobel de la Paix en 1993.

« Oui, nous avons eu des conflits. A certains moments, de vives tensions nous ont opposés. Mais il y a toujours eu du respect, qui est devenu de l’amitié personnelle », s’est-il rappelé pour l’AFP, « c’était un homme bon et unique ».

– Héritage –

L’ancien chauffeur et garde du corps de Madiba, Fuad Floris, s’est lui souvenu de la simplicité et des attentions de celui qu’il appelait « Tata ».

« Quand ma fille a eu son bac, il lui a écrit de sa main un petit mot de félicitation », a-t-il raconté à l’AFP, « il était très excité quand il voyait des enfants, ce qui lui faisait oublier toutes les consignes de sécurité, c’était notre pire cauchemar ».

Siyabulela Mandela, le petit-fils de Nelson Mandela, à la bibliothèque de l’université George Mason, lors d’une interview avec l’AFP à Arlington, le 13 juillet 2018 en Virginien / © AFP / Andrew CABALLERO-REYNOLDS

Si l’homme Mandela ne suscite que louanges, son héritage politique est aujourd’hui plus controversé.

Un quart de siècle après la chute de l’apartheid, l’Afrique du Sud est considérée par la Banque mondiale comme le pays le plus inégalitaire de la planète. Son économie patine, la pauvreté persiste et le racisme y attise toujours autant les tensions.

« Je suis convaincu que le président Mandela, s’il était encore vivant, serait très, très inquiet de la situation actuelle en Afrique du Sud », a estimé Frederik de Klerk.

Certains mettent en cause les successeurs de « Madiba » et la corruption qui a gagné le plus haut sommet de l’Etat, notamment sous la présidence de Jacob Zuma (2009-2018).

D’autres, plus rares, vont jusqu’à le traiter de « vendu » pour avoir prêché la modération envers les élites blanches, qui détiennent toujours l’essentiel des leviers économiques du pays.

« Mandela a combattu pour que nous soyons politiquement libres », a résumé à l’AFP Mtate Phaleka, un photographe noir de 19 ans, « nous ne le sommes toujours pas économiquement ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 10h19)

Mondial-2018: Vladimir Poutine a réussi son opération séduction

juillet 15, 2018

Des supporters français, le 14 juillet 2018 à Moscou avant la finale entre la France et la Croatie / © AFP / Alexander NEMENOV

Dimanche soir, la France ou la Croatie remportera la Coupe du monde et Vladimir Poutine son pari: montrer une belle image de la Russie, accueillante et souriante, à l’heure des conflits diplomatiques à répétition avec les Occidentaux. Mais rien ne dit que ça durera.

– Organisation à la hauteur –

C’est un fait incontestable: l’organisation de la Coupe du monde a été une réussite. Stades magnifiques et fonctionnels, ambiance chaleureuse, aucun incident majeur, les centaines de milliers de visiteurs (630.000 Fans ID, ces passeports du supporter qui accompagnent les billets pour les matchs et dispensent de visa, avaient été délivrées à des étrangers à l’issue du 1er tour) sont repartis avec de bons souvenirs.

Les médias du monde entier ont relayé l’atmosphère de fête qui s’est emparée de la Russie, ce que n’ont pas manqué de noter les relais du Kremlin. « Nous avons touché le cœur insensible de la presse ‘mainstream’ occidentale et ils ont vu qui nous sommes vraiment », a affirmé jeudi Margarita Simonian, la rédactrice en chef de la chaîne russe RT.

Des supportrices font un selfie devant la mascotte et l’affiche de la Coupe du monde de football, le 13 juillet 2018 à Moscou / © AFP / Odd ANDERSEN

« Nous sommes tous tombés amoureux de la Russie (…) Nous avons découvert un pays que nous ne connaissions pas », avait déjà déclaré la semaine dernière le président de la Fifa, Gianni Infantino, lors d’une visite au Kremlin.

« Toutes les peurs que certains tentaient d’attiser avec cette Coupe du monde (…) ne se sont pas réalisées, cela a été l’exact opposé », avait alors poursuivi avec emphase le patron du foot mondial.

Cette « nouvelle image » de la Russie était évidemment un objectif majeur de Vladimir Poutine. Tout sourire avec M. Infantino, il a pu saluer le fait « qu’énormément de stéréotypes sur la Russie ont volé en éclats » grâce au Mondial-2018.

Des journalistes dans la tribune de presse, avant le match entre la Croatie et l’Angleterre, le 11 juillet 2018 à Moscou / © AFP/Archives / Mladen ANTONOV

– Pas de scandales –

Parmi les « peurs » évoquées par Gianni Infantino, le racisme et le hooliganisme étaient en première ligne. Tout le monde avait en mémoire les images des hooligans russes s’en prenant à des fans anglais pendant l’Euro-2016, mais ceux-ci ont brillé par leur absence et la Coupe du monde s’achève sans incident.

Pas vraiment une surprise, tant les autorités russes avaient pris le problème à bras le corps. Mais des droits de l’Homme à la situation des homosexuels, ces problématiques qui auraient pu ternir le Mondial russe ne l’ont touché qu’à la marge.

un supporter russe sur la place rouge, le 14 juillet 2018 à Moscou à la veille de la finale de la coupe du monde de football entre la France et la Croatie, / © AFP / Jewel SAMAD

La brève arrestation du militant gay britannique Peter Tatchell, qui avait prévu de manifester sur la place Rouge pour dénoncer « la torture d’homosexuels en Tchétchénie », a fait peu de vagues, d’autant que les policiers l’ayant interpellé ont fait preuve d’une délicatesse et d’un tact inhabituels.

Mais l’exemple le plus frappant est celui du réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné pour « terrorisme » à l’issue d’un procès « stalinien » selon Amnesty International et en grève de la faim depuis deux mois pour réclamer la libération des « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.

Malgré des appels à sa libération, son cas a finalement reçu peu d’échos et très peu nombreux étaient les supporters de football présents en Russie à savoir qui il était.

Des supporters et des touristes sur la place Rouge, le 14 juillet 2018 à Moscou / © AFP / Mladen ANTONOV

– L’après-Mondial –

« La liberté est finie. Bienvenue dans la vraie Russie »: ce tweet, accompagné de la photo d’une fan zone vide symbolisant la fin de la Coupe du monde, est devenu viral sur l’internet russe. Car les voix critiques du Kremlin sont nombreuses à se demander pourquoi la Russie ne montre pas toujours un aussi beau visage.

« Est-ce qu’on aura toujours des policiers souriants après la Coupe du monde ? », s’interroge ainsi le militant anti-raciste Robert Oustian. Et les bienfaits du Mondial-2018 risquent d’être vite oubliés.

Dès lundi, Vladimir Poutine, qui s’est peu montré pendant le Mondial et a délégué son premier ministre Dmitri Medvedev dans les tribunes lors des matchs de la Russie, sera à Helsinki pour une rencontre avec le président américain Donald Trump, avec qui les sujets de tension sont nombreux.

Le président russe devra aussi gérer une très impopulaire réforme des retraites, annoncée opportunément le premier jour de la Coupe du monde mais qui a fait chuter de près de 15 points sa cote de popularité (à 64%).

En février 2014, après les jeux Olympiques d’hiver de Sotchi dont l’organisation avait été unanimement saluée, Vladimir Poutine s’était félicité que le monde ait découvert une Russie « ouverte et modernisée ». Trois semaines plus tard, la Russie annexait la péninsule ukrainienne de Crimée, ouvrant la voie aux premières sanctions économiques et au début de la crise avec les pays occidentaux.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 11h24)