Archive for the ‘International’ Category

Élections à Trois-Rivières: Robert Martin candidat dans Marie-de-l’Incarnation

mai 4, 2021

L’ancien journaliste sportif au Nouvelliste, Robert Martin, sera candidat au poste de conseiller municipal dans le district Marie-de-l’Incarnation lors du scrutin du 7 novembre prochain.

Robert Martin sera candidat au poste de conseiller municipal dans le district Marie-de-l’Incarnation lors des prochaines élections municipales.

© STÉPHANE LESSARD Robert Martin sera candidat au poste de conseiller municipal dans le district Marie-de-l’Incarnation lors des prochaines élections municipales.

Robert Martin était candidat aux élections de 2017 dans le district des Estacades, mais avait dû se retirer à quelques semaines du scrutin pour des raisons familiales. Quatre ans plus tard et résident d’un nouveau quartier, il souhaite retourner dans la mêlée.

«Adolescent et jeune adulte, j’ai demeuré à deux reprises dans le district. Et maintenant, j’y habite à nouveau. C’est un secteur que je connais bien et que j’aime bien. J’apprends toujours à le découvrir, il y a de belles choses qui se passent ici», lance-t-il d’emblée en entrevue.

Le manque de logements sociaux dans le district Marie-de-l’Incarnation doit être pris au sérieux, estime Robert Martin. «Plusieurs immeubles ont été rénovés, ce qui a augmenté beaucoup le prix des loyers. Ça n’a pas de bon sens pour un quartier comme ici», affirme-t-il.

«Il s’en fait encore des logements sociaux, mais il faut travailler là-dessus. Un quartier comme ici, le développement social est très important. Mais le quartier a aussi beaucoup changé. L’avenue des Draveurs à Trois-Rivières sur Saint-Laurent n’existait pas il y a quatre ans.»

Au cours des prochains mois, Robert Martin ira à la rencontre des électeurs dans les limites prévues par la Santé publique. Celui qui est reconnu par plusieurs pour son entregent s’attend à connaître une campagne électorale en pandémie plutôt différente que ce à quoi nous sommes habitués.

«On ne peut pas encore faire d’assemblées de cuisine, mais lorsqu’on pourra, ça serait quelque chose d’intéressant», note-t-il.

Journaliste pour la section des sports durant presque toute sa carrière, Robert Martin a été affecté à la couverture du GP3R durant de nombreuses années. Après sa retraite comme journaliste, il a été introduit en 2016 au temple de la renommée de cet événement.

Ces dernières années, le financement de cet événement soulève l’opposition d’élus trifluviens, dont l’actuel conseiller de Marie-de-l’Incarnation, Denis Roy. Ces élus estiment que le GP3R va à l’encontre de la déclaration d’urgence climatique adoptée par le conseil municipal.

« Je suis proévénement. Tout ce qui est bon pour la Ville de Trois-Rivières sur le plan économique je suis favorable», affirme-t-il.

«Le grand prix évidemment, ça cause des gaz à effet de serre. Mais on ne peut pas mettre la charrue avant les bœufs. Le visage du GP3R va changer avec la plus grande présence des véhicules électriques sur les routes et les circuits de courses. On va diminuer beaucoup l’impact.»

Avec  Gabriel Delisle – Le Nouvelliste 

Canada-Québec: La ministre caquiste Marie-Eve Proulx démissionne

mai 4, 2021

QUÉBEC — La ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Ève Proulx, a démissionné mardi, selon ce que rapporte Radio-Canada.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

Elle était dans la controverse depuis plusieurs mois: plus d’une dizaine de personnes dans son entourage avaient démissionné ou avaient été licenciées.   

Lundi, Mme Proulx avait laissé entendre que la toute dernière démission survenue parmi son personnel, soit son attachée de presse, était une affaire de régie interne et qu’elle ne souhaitait pas commenter.  

Le vendredi 9 avril, elle devait comparaître au Tribunal administratif du travail pour répondre à deux plaintes d’un ex-employé de son bureau de circonscription, une pour harcèlement psychologique et une autre pour congédiement pour cause de maladie ou d’accident.

Une entente à l’amiable était finalement intervenue et la ministre n’avait pas eu à comparaître.

La ministre est députée de Côte-du-Sud. 

Avec Patrice Bergeron, La Presse Canadienne

797 nouveaux cas de COVID-19 et 15 décès de plus au Québec

mai 4, 2021

Les autorités sanitaires du Québec recensent 797 nouveaux cas de COVID-19 au cours des dernières 24 heures, ce qui porte à 353 475 le nombre de cas confirmés dans la province depuis le début de la pandémie.

La campagne de vaccination doit s'intensifier au Québec au cours des prochains jours en raison de l'augmentation des livraisons de vaccins et de l'ouverture graduelle de la vaccination à l'ensemble de la population adulte.

© Paul Chiasson/The Canadian Press La campagne de vaccination doit s’intensifier au Québec au cours des prochains jours en raison de l’augmentation des livraisons de vaccins et de l’ouverture graduelle de la vaccination à l’ensemble de la population adulte.

La santé publique fait également état dans son bilan quotidien de 16 nouveaux décès, ce qui porte à 10 959 le total des pertes de vie liées à la pandémie depuis février 2020.

Un décès non attribuable à la COVID-19 a été retiré du bilan total des pertes de vie.

Parmi les décès recensés, trois sont survenus au cours des dernières 24 heures, douze ont eu lieu entre le 27 avril et le 2 mai et un autre est survenu avant le 27 avril.

Le nombre des hospitalisations a, quant à lui, augmenté de 6 par rapport aux données de la veille, pour un total de 594 patients alités en raison de la COVID-19. Parmi ceux-ci, 155 sont traités aux soins intensifs, soit quatre de plus que la veille.

Il y a une semaine, on dénombrait 643 hospitalisations au Québec. Il s’agit donc d’une diminution nette de 49 hospitalisations sur sept jours.

Les opérations de dépistage se poursuivent pendant ce temps dans la province, où 25 133 tests ont été effectués le 2 mai.

Où en est la vaccination?

Au cours des dernières 24 heures, 50 379 doses de vaccin ont été administrées. La santé publique a aussi ajouté au bilan 1762 doses inoculées avant le 3 mai, ce qui porte le total à 3 308 542 doses depuis le début de la campagne de vaccination.

Jusqu’à maintenant, 3 843 089 doses ont été reçues au Québec et plus de 37 % de la population a reçu une première dose de vaccin contre la COVID-19.

Québec a reçu cette semaine 394 290 doses du vaccin de Pfizer et 50 310 doses de plus sont attendues au cours de la journée.

Avec CBC/Radio-Canada

Décès de Béchir Ben Yahmed : la Tunisie, orpheline de « Si Béchir »

mai 4, 2021
Le président Habib Bourguiba (à g.), Béchir Ben Yahmed, ministre de l’Information (avec des lunettes de soleil) et Ahmed Mestiri, ministre des Finances, à Tunis, en juillet 1957.

Plus jeune ministre de Habib Bourguiba, BBY a contribué aux pourparlers pour l’indépendance de la Tunisie. Devenu patron de presse, ce natif de Djerba continuait à accorder une place spéciale à son pays d’origine dans « Jeune Afrique ». Témoignages.

La nouvelle a fuité dans la matinée du 3 mai mais personne ne croyait au décès de « Si Béchir ». « Attendons d’abord une confirmation », écrivait sur les réseaux sociaux Sonia Ben Frej, ancienne dirigeante de banque. Mais déjà les hommages affluaient. Tandis que Mondher Khanfir, vice président du think tank Tunisian African Business Council (TABC) évoquait « un homme d’exception qui a porté l’Afrique dans son cœur », le journaliste Mondher Chraiet saluait « l’un des plus grands journalistes arabes et africains ».

Taoufik Hbaieb, directeur de la revue Leaders, consultait souvent « BBY », comme l’appelait beaucoup de familiers de la maison Jeune Afrique. « Il a façonné une légende. La sienne, d’abord, celle d’un grand patron de presse, et celle de Jeune Afrique. BBY et Jeune Afrique ont exercé un magistère d’une rare autorité et puissance », estime-t-il. À Tunis, lorsqu’on disait « Si Béchir », on savait qu’il s’agissait de Béchir Ben Yahmed.

« Un véritable journaliste d’opinion »

Sa singularité et son courage ont marqué les esprits. « C’était un véritable journaliste politique d’opinion, c’est-à-dire qui a des opinions, note le politologue Hatem Mrad. Il était la référence à l’époque de l’autoritarisme ». Comme lui, personne n’a oublié que le jeune Béchir a été le premier à oser fustiger le pouvoir personnel d’un Bourguiba au faîte de sa puissance.

IL ÉTAIT ATTENTIF À L’AVIS DES LECTEURS ET AVAIT LE DON DE S’INTÉRESSER AUX GENS.

Ses éditos, les fameux « Ce que je crois », étaient très attendus par des lecteurs qui appréciaient la liberté de ton du fondateur de Jeune Afrique. L’architecte et ancien directeur exécutif de Afek Tounes, Mohamed Ali Mankaï, raconte comment, au début des années 2000, BBY l’avait contacté en toute simplicité après avoir remarqué qu’il écrivait régulièrement au courrier des lecteurs. « Il était une icône de l’Afrique francophone et a marqué plusieurs générations. Mais il était aussi attentif à l’avis des lecteurs et avait le don de s’intéresser aux gens », confie-t-il.

Aujourd’hui très émue, la journaliste et militante pour les droits humains Souhayr Belhassen n’a jamais oublié ses années à Jeune Afrique, l’esprit qui y régnait mais aussi l’exigence et la rigueur de « Si Béchir ». « C’était une école », se rappelle celle qui a cosigné avec Sophie Bessis une biographie de Bourguiba. Cette dernière est tout aussi bouleversée : « Chapeau bas. Si Béchir avait la presse dans la peau. Ma vie ne serait pas la même s’il n’avait pas été sur mon chemin. »

Mohamed Ben Smaïl (à g.) avec Béchir Ben Yahmed (c.), à Tunis, en 1960.

« Grande liberté »

Sans qu’il intervienne directement sur la scène tunisienne, BBY était perçu comme la référence d’un journalisme précurseur qui saisissait les enjeux géopolitiques mais aussi comme l’un des bâtisseurs de la Tunisie moderne. « Si Béchir a été impliqué dans la construction de l’État-nation et a été le plus jeune membre du gouvernement. Son nom est important dans l’histoire nationale, aux côtés de ceux de Mohamed Masmoudi et de Mohamed Ben Smail, souligne le spécialiste des médias Larbi Chouikha. Il s’est opposé à Bourguiba, dont il s’est affranchi pour créer un journal à sa manière. Malgré toutes les propositions du président, il n’est pas revenu en Tunisie. Il avait compris qui était Bourguiba et ses limites. Il a parfois été controversé mais il a fait de Jeune Afrique un empire médiatique qui a rayonné sur toute l’Afrique et qui a fait école. »

SES ÉDITORIAUX, SES ÉCRITS, ÉTAIENT TOUJOURS ATTENDUS, SOUVENT CRAINTS MAIS TOUJOURS RESPECTÉS

Fervent lecteur de La Revue, titre auquel BBY accordait toute son attention depuis 2003, l’ancien président de la République tunisienne par intérim, Foued Mebazaa, salue l’action de celui qui a été le plus jeune ministre (de l’Information) du premier gouvernement Bourguiba, à 28 ans. Alors qu’il n’avait même pas l’âge requis pour être député, « il a fait de l’excellent travail sans jamais se départir de sa liberté d’expression, affirme-t-il. Cela a valu des tracas à cet homme remarquable qui a fait beaucoup pour le rayonnement de la Tunisie ».

C’est cette même liberté qu’admirait l’ancien chef du gouvernement Mehdi Jomaa, qui a connu Si Béchir d’abord à travers son hebdomadaire mais aussi grâce aux récits de son oncle Mohamed Masmoudi. Compagnon de route de Bourguiba, il avait côtoyé le jeune Béchir Ben Yahmed lors des négociations pour l’indépendance. « Au fil de nos rencontres s’est développé un lien de considération filiale. Il était exceptionnel et s’exprimait avec une grande liberté sans s’embarrasser de contraintes », commente celui qui vit cette disparition comme une perte personnelle.

Il n’est pas le seul : l’avocate Donia Hedda Ellouze voit aussi disparaître un être cher qui l’a « profondément marquée par sa culture, son intelligence, sa faculté d’anticipation et son patriotisme ».

« Le dernier monument »

« C’est le dernier monument qui nous quitte », affirme Radhi Meddeb, fondateur de Comete Engineering. Ce proche de BBY se souvient de sa grande discrétion et de sa grande réserve tout en soulignant son côté très humain.

IL AGAÇAIT BOURGUIBA MAIS LUI A ÉVITÉ, AINSI QU’À D’AUTRES, BEAUCOUP DE DÉRAPAGES

« Je me sens un peu orphelin de ce patriarche, mémoire vivante de la Tunisie contemporaine et du continent africain, l’homme des indépendances africaines, poursuit-il. C’est un géant qui nous quitte, un homme qui a connu et côtoyé tous les grands de ce monde, et n’a pas été toujours tendre avec eux. Ses textes, ses éditoriaux, ses écrits, étaient toujours attendus, souvent craints mais toujours respectés »

« Il était exceptionnel », lance dans un cri du cœur Abdessalem Ben Ayed, mettant l’accent sur la faculté qu’avait BBY de se faire entendre par les plus grands. « Il agaçait Bourguiba mais lui a évité, ainsi qu’à d’autres, beaucoup de dérapages », raconte ce chef d’entreprise, déjà nostalgique des conversations avec son ami de toujours, intarissable sur une Tunisie qu’il critiquait autant qu’il chérissait.

Avec Jeune Afrique par Frida Dahmani – à Tunis

Forêt : la Banque mondiale octroie 41,8 millions de dollars au Congo

mai 4, 2021

Le montant d’environ 22,8 milliards FCFA annoncé par la Banque mondiale, le 30 avril, est destiné à réduire les émissions dues à la déforestation et à augmenter la séquestration du carbone forestier.

L’accord de financement, qui s’inscrit dans le cadre du Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF), est un mécanisme mondial œuvrant pour la réduction des émissions causées par la dégradation forestière, la conservation des stocks de carbone forestier, la gestion durable des forêts et le renforcement des stocks de carbone forestier (REDD+).  

En effet, l’accord de paiement des réductions d’émissions, encore appelé ERPA, signé entre le gouvernement congolais et l’institution de Bretton Woods va récompenser les efforts visant à diminuer de 8,4 millions de tonnes d’émissions de carbone jusqu’en 2025, à travers l’ambitieux programme de réduction des émissions de la République du Congo. 

« Cet accord marque une étape importante vers un secteur forestier plus durable au Congo. Les paiements basés sur les résultats générés par l’ERPA inciteront les entreprises, les communautés et le gouvernement (…). Notre objectif commun est d’équilibrer les avantages économiques et environnementaux de cette précieuse ressource, maintenant et pour les générations à venir », a déclaré Abdoulaye Seck, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Congo.

Il faut souligner que le programme de réduction des émissions du Congo sera l’un des premiers en Afrique à tester le système REDD+ à grande échelle. Il sera expérimenté dans les départements de la Sangha et de la Likouala, dans une localité couvrant plus de 12 millions d’hectares de terres et représentant près de 60 % des forêts du pays.

Ce programme va travailler avec les entreprises impliquées dans l’exploitation forestière, la production d’huile de palme et l’exploitation minière, sur des activités de réduction des émissions, telles que l’adoption de techniques d’exploitation forestière à impact réduit et l’identification et l’évitement de la conversion de forêts à haute valeur de conservation.   

Enfin, le programme comprend un plan de partage des bénéfices inclusif, élaboré par le biais de consultations approfondies des parties prenantes au niveau national et local, afin de garantir que les membres de la communauté et les partenaires locaux soient récompensés pour leur rôle dans la réduction des émissions.

Les cibles sont principalement les populations autochtones et les bénéficiaires locaux qui dépendent des forêts pour leur subsistance. Ils contribueront à la réduction des émissions de carbone et à l’augmentation de leurs propres revenus par le biais des activités agricoles durables et de liens avec les marchés, notamment la production de cacao par les petits exploitants, les systèmes agroforestiers de subsistance et les programmes de plantations satellites.

Avec Adiac-Congo par Fiacre Kombo

Béchir Ben Yahmed : Emmanuel Macron salue « un homme de presse et de conviction »

mai 4, 2021
Béchir Ben Yahmed dans son bureau à Jeune Afrique, en 2007.

La présidence française a publié un long hommage à Béchir Ben Yahmed, fondateur de « Jeune Afrique » décédé le 3 mai à l’âge de 93 ans. Emmanuel Macron y salue notamment « un homme de presse et de conviction qui a accompagné et éclairé les indépendances africaines ». Voici le texte intégral.

« Le journaliste franco-tunisien Béchir Ben Yahmed, fondateur du magazine panafricain Jeune Afrique, s’est éteint ce jour, à 93 ans et pratiquement autant d’années de lutte, d’écriture et d’indépendance. Il était un grand témoin et une haute conscience de l’ère post-coloniale et des combats qui l’ont précédée.

Béchir Ben Yahmed était né en 1928 sur l’île tunisienne de Djerba, lorsque la Tunisie était sous protectorat français. Fils d’un commerçant, il creusa d’abord cette veine paternelle par des études qui le menèrent jusque sur les bancs d’HEC. Mais le jeune homme sentait grandir en lui deux vocations, la politique et le journalisme, qu’il embrassa toutes deux avant de les marier sous les auspices du journal qu’il fonda.

Jeune militant pour la souveraineté de son pays, Béchir Ben Yahmed fut de ceux qui négocièrent son autonomie puis son indépendance aux côtés de Habib Bourguiba. Nommé Secrétaire d’Etat à l’information sous le premier gouvernement de la Tunisie indépendante, à seulement 28 ans, il répondit en même temps à l’appel du journalisme en lançant L’Action en 1955, un hebdomadaire tunisien auquel il donna bientôt une envergure maghrébine mais qui fit long feu.

Indépendances africaines

En 1960, année phare des indépendances africaines, il décida de relancer le titre. Il n’avait que 10 000 francs, mais une ambition immense l’animait, une ambition aux dimensions d’un continent : créer un hebdomadaire panafricain, une agora d’encre et de papier qui puisse attiser le vent de liberté qui soufflait sur toute l’Afrique. Le 17 octobre 1960, les lecteurs francophones découvraient dans leurs kiosques le tout premier numéro d’Afrique Action, rebaptisé Jeune Afrique un an plus tard.

Le magazine était piloté par un duo : Mohamed Ben Smaïl tenait les rênes de la rédaction et Béchir Ben Yahmed dirigeait « tout le reste », de la ligne éditoriale aux relations extérieures, des recrutements aux ventes, en passant par la publicité et la diffusion. Les colonnes du titre érigèrent l’un des piliers des luttes de décolonisation. Dans ses éditos, toujours intitulés « Ce que je crois », Béchir Ben Yahmed se faisait le chantre de la cause tiersmondiste.

Journaliste sans frontières, il sillonna le monde pour faire résonner depuis les tribunes de son journal toutes les voix de l’indépendance : il avait rencontré Che Guevara à Cuba, s’était entretenu à Hanoï avec Ho Chi Minh, en pleine guerre du Vietnam, fréquentait l’Égyptien Nasser, le Ghanéen Nkrumah, le Congolais Lumumba et l’Algérien Ben Bella.

Au milieu des années 1960, en quête d’une plus grande indépendance vis-à-vis du pouvoir tunisien, il élut domicile à Paris et y installa le siège de son groupe. Depuis ses nouveaux quartiers, il fit rayonner son journal jusque sur le continent européen et auprès des communautés françaises issues de l’immigration africaine.

Fraternité d’âme

Le titre, que ses fervents lecteurs appellent simplement « JA », fut un véritable vivier où de grands auteurs aiguisèrent leur plume et leur conscience politique : Frantz Fanon, le héraut de la décolonisation algérienne et l’auteur des Damnés de la terre, Jean Daniel, le futur fondateur du Nouvel Obs, Kateb Yacine, le poète des Aurès, Amin Maalouf, l’académicien ou encore Leïla Slimani, lauréate du prix Goncourt, tous participèrent à l’une des plus grandes aventures de la presse contemporaine. Et tous ont conservé le souvenir unique de passer sous les fourches caudines d’un relecteur acharné, aussi bienveillant qu’exigeant.

Le journal, qui contribua à insuffler dans toute l’Afrique une conscience continentale, est devenu si influent au fil des décennies qu’il est parfois surnommé le 55e pays d’Afrique. À la fin des années 2000, « BBY » en avait transmis le flambeau à ses deux fils, Amir et Marwane, mais sans jamais renoncer à décrypter l’actualité africaine d’une plume alerte dont la lucidité clinique n’épargnait aucun chef d’Etat, ni africain, ni français.

Le président de la République salue un homme de presse et de conviction qui a accompagné et éclairé les indépendances africaines, qui a insufflé une fraternité d’âme entre les États de ce continent, et qui a incarné la profondeur du lien indéfectible entre la France et l’Afrique. Le président adresse ses sincères condoléances à sa famille et à ses proches, à tous ceux qui ont collaboré à Jeune Afrique, à tous ses lecteurs en particulier et à tous les francophones en général. »

Par Jeune Afrique

Covid à Madagascar: les ravages dévastateurs du variant sud-africain

mai 4, 2021

Avec France24

Le chef de l’OMS compte briguer un deuxième mandat

mai 3, 2021

LE CHEF DE L'OMS COMPTE BRIGUER UN DEUXIÈME MANDAT

© Reuters/POOL New

(Reuters) – Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, compte briguer un deuxième mandat de cinq ans à la tête de l’agence spécialisée des Nations unies, rapporte lundi le site spécialisé dans la santé Stat news.

L’ancien ministre éthiopien de la Santé et des Affaires étrangères incarne les efforts mis en oeuvre par l’OMS pour lutter contre la pandémie de COVID-19, depuis l’émergence du nouveau coronavirus SARS-CoV-2 dans la ville chinoise de Wuhan à la fin de l’année 2019.

En 2017, Tedros, comme il est d’usage de le nommer, est devenu le premier Africain à diriger l’OMS et a fait de la fourniture de soins de santé pour tous l’une de ses priorités.

Un porte-parole de l’OMS a déclaré qu’il ne pouvait pas faire de commentaire quant aux candidats potentiels. Les 194 États membres de l’OMS ont jusqu’à septembre pour proposer des noms avant les élections de l’année prochaine.

Des diplomates ont déclaré à Reuters que le soutien des Etats africains pourrait être crucial en vue d’une réélection, bien qu’ils doutent que Tedros puisse compter sur le soutien de l’Ethiopie, le pays l’accusant d’avoir pris parti pour les rebelles dans le conflit du Tigré en novembre dernier.

Avec Reuters par (Manojna Maddipatla à Bengalore et Stephanie Nebehay à Genève, version française Lucinda Langlands-Perry, édité par Jean-Stéphane Brosse)

Donald Trump apprendra mercredi s’il pourra retrouver son compte Facebook

mai 3, 2021

L’ancien président Donald Trump découvrira cette semaine s’il peut revenir sur Facebook.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le conseil de surveillance quasi indépendant du réseau social a dit qu’il annoncera sa décision mercredi sur une affaire concernant l’ancien président.

Le compte de Donald Trump a été suspendu pour avoir incité à la violence qui a conduit aux émeutes meurtrières du 6 janvier au Capitole.

Après des années à tolérer la rhétorique incendiaire de M. Trump, Facebook et Instagram ont désactivé ses comptes le 7 janvier, affirmant à l’époque qu’il serait suspendu «au moins» jusqu’à la fin de sa présidence.

Facebook a mis en place le conseil de surveillance pour se prononcer sur des questions épineuses concernant le contenu de ses plateformes, en réponse aux nombreuses critiques sur son incapacité à réagir rapidement et efficacement à la désinformation, aux discours haineux et aux campagnes d’influence néfastes.

– Par The Associated Press avec La Presse Canadienne

Génocide des Tutsi au Rwanda : non-lieu requis dans l’enquête sur l’opération Turquoise à Bisesero

mai 3, 2021
Des soldats français de l’opération Turquoise, en 1994 sur l’aéroport de Bukavu au Zaïre (actuelle RDC), juste avant leur départ pour la France.

Le parquet de Paris a requis un non-lieu général dans l’enquête sur l’inaction reprochée à l’armée française lors des massacres de Bisesero fin juin 1994. La décision finale revient désormais aux juges d’instruction.

Le parquet de Paris a considéré que n’a été « établie aucune aide ou assistance des forces militaires françaises lors de la commission d’exactions, aucune adhésion de ces dernières au projet criminel poursuivi par les forces génocidaires ni aucune abstention d’intervenir face à des crimes constitutifs d’un génocide ou de crimes contre l’humanité en vertu d’un accord antérieur », a expliqué le procureur de Paris, Rémy Heitz, dans un communiqué.

Au terme de ses réquisitions de 386 pages, le parquet n’écarte pas la possibilité que la non-intervention des militaires soient constitutives d’une « non-assistance à personne en péril », mais conclut que cet éventuel délit est quoiqu’il en soit prescrit. « Ce réquisitoire est navrant et affligeant juridiquement », a déclaré Eric Plouvier, l’avocat de l’ONG Survie, dénonçant « un déni de justice ».

Les parties civiles réclament un procès en « complicité de génocide »

Depuis 2005, les associations Survie, Ibuka, FIDH et six rescapés de Bisesero accusent la force Turquoise, déployée au Rwanda sous mandat de l’ONU pour faire cesser les massacres, d’avoir sciemment abandonné aux génocidaires pendant trois jours des centaines de Tutsi réfugiés dans les collines de Bisesero, dans l’ouest du pays. Pendant l’instruction, cinq hauts-gradés français – dont le chef de Turquoise, le général Jean-Claude Lafourcade – ont été entendus par les juges et sont restés placés sous le statut de témoin assisté, moins incriminant que celui de mis en examen qui ouvre, lui, la voie à un éventuel procès.

Un choix contesté par les parties civiles qui réclament un procès en « complicité de génocide » contre ces officiers mais aussi contre l’entourage, jamais visé par l’enquête, de l’ancien président français François Mitterrand. Pour les plaignants, le rapport publié en mars par la commission présidée par l’historien Vincent Duclert, sur la politique française au Rwanda entre 1990 et 1994, a révélé « des charges nouvelles » qui justifient de relancer l’enquête et d’auditionner enfin des hauts-responsables de l’Élysée de l’époque.

Les cinq officiers généraux de l’opération Turquoise visés par l’enquête n’ayant pas été mis en examen, les magistrats devraient logiquement ordonner un non-lieu, à moins qu’ils ne décident de relancer les investigations, comme réclamé récemment par des associations et des rescapés après la publication du rapport Duclert sur le rôle de la France au Rwanda

Par Jeune Afrique avec AFP