Archive for the ‘Litterature’ Category

Le célèbre neurologue et écrivain Oliver Sacks est mort

août 30, 2015

Le neurologue et écrivain britannique Oliver Sacks, auteur du succès planétaire « L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau », est décédé dimanche à 82 ans des suites d’un cancer. Il aura passé une vie entière à explorer les mystères du cerveau humain.

Son assistante personnelle Kate Edgar a précisé qu’il était décédé, « entouré de ses proches », à son domicile de Greenwich Village à New York, emporté par un cancer. Il avait révélé en février dernier être en phase terminale de cette maladie.

« Il y a un mois, je me sentais en bonne santé, en très bonne santé, même », avait écrit le médecin dans une tribune publiée le 19 février par le New York Times. « Mais ma chance a tourné. Il y a quelques semaines, j’ai appris que les métastases s’étaient multipliées dans mon foie », poursuivait-il.

Il se disait « reconnaissant d’avoir pu vivre neuf ans en bonne santé depuis que le premier diagnostic a été établi, mais maintenant je vois la mort en face ». « Je dois maintenant choisir comment vivre les mois qu’il me reste. Je veux vivre de la façon la plus riche, la plus profonde, la plus prolifique qui soit », assurait-il.

Il y a neuf ans, Oliver Sacks avait été soigné pour une forme rare de mélanome qui lui avait fait perdre l’usage d’un oeil. Il avait appris peu avant sa tribune qu’il faisait partie des « 2% de patients malchanceux » chez qui ce type de cancer s’est étendu.

Enseignant jusqu’à la fin
Né à Londres, ses parents étaient tous deux médecins, sa mère étant l’une des premières chirurgiennes en Angleterre. Oliver Sacks a étudié à la prestigieuse université britannique d’Oxford avant d’émigrer au Canada, puis aux Etats-Unis où il a passé la plus grande partie de sa vie.

Il s’était installé en 1965 à New York, où il a enseigné, écrit et exercé en tant que neurologue jusqu’à la fin de sa vie. Au moment de sa mort, Sacks était professeur de neurologie à l’Ecole de médecine de l’Université de New York (NYU). Il a aussi enseigné à l’université Columbia dans la même ville.

Adapté au cinéma
Oliver Sacks a acquis une notoriété mondiale grâce à ses nombreux textes inspirés de son travail en clinique, explorant les mystères du fonctionnement du cerveau humain et le comportement de ses patients. Il s’était fait connaître en 1973 avec son livre « L’éveil ».

Le neurologue y exposait le cas de patients qui souffraient d' »encéphalite léthargique », une forme de « maladie du sommeil » dont le neurologue les sortait grâce à un médicament. Ce livre avait été adapté au cinéma en 1990 avec Robin Williams et Robert DeNiro.

Dans « L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau », il décrivait des patients atteints de troubles neurologiques tels qu’ils avaient perdu la mémoire, étaient incapables de reconnaître des objets ou encore qui étaient surdoués malgré leur autisme.

Parmi les premières réactions, la romancière J.K. Rowling saluait dimanche la sensibilité « humaine » de Sacks, tandis que le chirurgien et écrivain Atul Gawande tweetait: « Il était comme personne en médecine ou dans la littérature. Il me manquera ». Le New York Times le qualifie « de poète lauréat de la médecine ».

Romandie.com

Le flacon de tes larmes intimes

août 24, 2015

Je me rince le visage

Avec les larmes de ton âge

Laissées au chevet de mon lit

À l’heure de mon dernier répit

 

Ce flacon de tes larmes intimes

Qui dégage le parfum de ton âme

Accompagne mon ultime désir

Jusqu’au dernier élan du soupir

 

Quand courageuse sur la scène musicale

Les applaudissements éclatent au spectacle

Je revois fièrement ta dernière image

Qui m’enveloppe du linceul de ton âge

 

Comme le glas je résonne dans ta conscience

Aux pleurs lointains et vibrants de ton absence

Où sans voix dans mon voyage d’éternité

Je t’adresse mon baiser d’immortalité

 

Bernard NKOUNKOU

 

Sur le sable de la mort

juin 29, 2015

Sur le sable du désir
Je fumais un fin plaisir
Dans la tendresse du loisir
Loin du rêve d’en mourir

Nos visages collés face à l’océan
Goûtaient à la fraîcheur du moment
Quand soudain crépitèrent des balles
Assassines qui nous coupèrent des ailes

Maculés du sang innocent des touristes
La mer et le sable pleuraient leurs amis
Qui ont rendu brutalement l’âme si vite
Au cœur ou à la fin de la visite de la vie

Bernard NKOUNKOU

Le grand biographe de Rimbaud s’est éteint

avril 17, 2015
Jean-Jacques Lefrère DR

Jean-Jacques Lefrère DR

Jean-Jacques Lefrère, connu pour ses monumentales biographies littéraires de Lautréamont et de Rimbaud vient de disparaître. L’Express rend un dernier hommage à cet homme étonnant et attachant.

« Rendez-vous au QG ! » C’était la phrase rituelle par laquelle Jean-Jacques Lefrère vous fixait rendez-vous. Le « QG », c’était une brasserie de l’avenue de Suffren, située à mi-chemin de l’Institut National de la Transfusion Sanguine, dont il était le directeur, et sa maison proche de la Tour Eiffel, où il retrouvait son épouse, ses deux enfants et ses livres. Médecin le jour, biographe littéraire la nuit. Cet infatigable chercheur s’est éteint hier matin, au terme d’une maladie qui s’était déclarée voilà dix mois. Il était né en 1954. Seulement, serait-on tenté de dire, tant sa bibliographie est riche.

La seule photo connue de Lautréamont

Au « QG », cet érudit joyeux et modeste, qui avait conservé quelques traces de sa jeunesse pyrénéenne dans son accent, passait en revue ses dernières trouvailles. C’est là qu’il nous avait dévoilé pour la première fois, les yeux pétillants, la fameuse photo de Rimbaud à Aden retrouvée en 2010. Sa monumentale biographie du poète d’Une Saison en enfer, parue en 2001, restera sans nul doute son chef d’oeuvre. Il y mêle une érudition et une liberté de ton, qui sont sa marque de fabrique et que l’on trouvait déjà dans son Lautréamont (Fayard). Rappelons que c’est Jean-Jacques Lefrère qui a mis un visage sur l’auteur de Maldoror, découvrant dans un grenier près de Tarbes la seule photo connue du poète, comme L’Express le racontait dans un portrait paru en 2008. Aragon et Philippe Soupault, à qui il avait montré le précieux cliché, en avaient eu le souffle coupé. Ces dernières années, désertant son cher XIXème siècle, il s’était attelé à une biographie de Louis-Ferdinand Céline, qui restera hélas inachevée. Il avait prévu trois volumes de 1500 pages chacun.

Chef de bande

Cet hématologue respecté était devenu un personnage reconnu de la République des Lettres. Il avait un petit côté « chef de bande », capable d’enrôler des complices dans ses nombreuses entreprises par la seule force de son enthousiasme. Ainsi de la revue Histoires Littéraires, qui surprenait chaque trimestre par son sommaire riche et iconoclaste. Ou du Colloque des Invalides, où chaque intervenant n’avait que cinq minutes pour faire sa communication -il agitait lui-même une cloche, sourire aux lèvres, dès que le délai était dépassé. Chacune de ces entreprises portait sa « patte », rigoureuse et facétieuse à la fois.

En homme méthodique, il a tenu à laisser en ordre ses projets en cours. La revue Histoires Littéraires devrait continuer à vivre grâce aux éditions du Lérot. Il a aussi livré à sa fidèle éditrice de Fayard, Sophie Hogg-Granjean, le dernier pan de l’incroyable Correspondance posthume de Rimbaud entamée voilà quelques années. Et lorsque nous lui avions rendu visite sur son lit d’hôpital, il y a quelques semaines, il évoquait encore Proust, Henri de Régnier ou Paul-Jean Toulet. Jean-Jacques Lefrère était de ces hommes qu’on est fier d’avoir eu le privilège de connaître.

Lexpress.fr par

Afrique du Sud : une romancière frappée à coups de briques après un éloge à Salman Rushdie

mars 26, 2015

La romancière Zainub Priya Dala a été agressée par des inconnus à Durban, en Afrique du sud.
La romancière Zainub Priya Dala a été agressée par des inconnus à Durban, en Afrique du sud. © Twitter/@zpdala

L’auteur sud-africaine Zainub Priya Dala a été victime d’une violente agression à Durban après avoir fait l’éloge devant des élèves de l’écrivain britannique Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques. Signe d’une radicalisation islamiste dans un pays déjà miné par la violence quotidienne, disent certains experts.

La jeune romancière Zainub Priya Dala a été frappée à coup de briques, un couteau sous la gorge, pour avoir partagé son admiration pour Salman Rushdie la semaine dernière lors d’un festival de littérature à Durban en Afrique du Sud. L’auteur, qui présentait son premier roman, avait pris la parole devant des élèves qui lui ont demandé qui était son écrivain préféré. Le lendemain, trois inconnus l’ont suivie à bord d’une voiture et forcée à s’arrêter.

Zainub Priya Dala a été violemment agressée et  « traitée de pute de Rushdie », selon un communiqué du Penguin Random House qui abrite la maison d’édition Umuzi de l’auteure. Son dirigeant, Steve Connolly a vivement condamné cette agression sur Twitter.

« Nous condamnons totalement cette agression brutale », a déclaré son éditeur. « Avons-nous atteint un tel état d’intolérance que nous ne pouvons pas écouter un écrivain professer son admiration pour un autre sans vouloir l’attaquer avec une brique et un couteau ? »

 Zainub Priya Dala

Zainub Priya Dala

Lors de l’éloge de la jeune femme envers Salman Rushdie, plusieurs élèves et enseignants avaient ostensiblement quitté la salle. Le romancier britannique d’origine indienne fait l’objet d’une fatwa émise par l’ayatollah Khomeini en 1989 à la suite de la publication des Versets sataniques.

Salman Rushdie a immédiatement réagi en envoyant un message de soutien à Zainub Priya Dala.

La radicalisation en hausse en Afrique du Sud

La violente agression perpétrée contre Zainub Priya Dala s’inscrit dans une lente montée du radicalisme islamiste qui couve depuis plusieurs années dans le pays, selon Anneli Botha, chercheuse à l’Institute for Security Studies de Pretoria. « L’Afrique du Sud n’est pas immunisé contre le phénomène de radicalisation croissante », explique-t-elle.

Son collègue, Hussein Solomon, abonde dans le même sens dans son ouvrage Combating Islamist radicalisation in South Africa, en soutenant que la radicalisation est sous-estimée au sein de la population musulmane sud-africaine. Pourtant « il existe des preuves que l’Afrique du Sud joue maintenant un rôle important dans les réseaux jihadistes », écrit-il.

Zainub Priya Dala a déposé une plainte à la police et une enquête a été ouverte.

Jeuneafrique.com avec AFP

Prix littéraire Man Booker : quatre auteurs africains dans la liste des finalistes

mars 24, 2015

 Alain Mabanckou figurent parmi les finalistes.

Alain Mabanckou figurent parmi les finalistes. © Vincent Fournier/J.A.

Quatre auteurs africains figurent dans la liste des dix finalistes du prestigieux prix international de littérature anglophone « Man Booker ». Le jury tranchera le 19 mai.

Il y avait rarement eu autant d’auteurs africains parmi les finalistes du prix international Man Booker. Le jury devra trancher entre dix écrivains, dont le grand gagnant sera désigné le 19 mai à Londres.

Parmi les auteurs africains figurent le Mozambicain Mia Couto, le Libyen Ibrahim Al-Koni ou encore la Sud-Africaine Marlene van Niekerk. Le Congolais Alain Mabanckou, lauréat du prix Renaudot en 2006 pour Mémoires de porc-épic (Seuil), et récemment salué par la critique pour Lumières de Pointe-Noire, fait également partie de la sélection. Pour la première fois, ces pays sont représentés dans cette sélection.

Le prix, décerné tous les deux ans, récompense une oeuvre écrite ou traduite en anglais, et accorde à l’auteur la somme de 60 000 livres, soit plus de 81 000 euros. En 2007, l’écrivain nigérian Chinua Achebe, mort en 2013, avait remporté la prestigieuse récompense.

Jeuneafrique.com par Claire Rainfroy