Archive for the ‘Littérature’ Category

Le Nobel de littérature pourra être décerné

octobre 5, 2018

 

Suède L’académie suédoise a élu de nouveaux membres, ce qui permettra de décerner le prix Nobel de littérature en 2019.

 

Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, est l'une des deux personnalités élues vendredi à l'académie suédoise.

Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, est l’une des deux personnalités élues vendredi à l’académie suédoise. Image: AFP

L’académie suédoise, qui décerne le prix Nobel de littérature, a annoncé vendredi l’élection de nouveaux membres. Après un scandale sexuel, elle n’en comptait plus que dix actifs sur 18, ce qui a entraîné le report d’un an de la récompense en 2018.

Ses statuts requièrent la présence d’au moins douze sages. Les désaccords au sein de l’académie sur la manière de gérer les révélations d’agressions sexuelles d’un Français proche de l’institution, et marié à l’un de ses membres, ont suscité de graves dissensions internes. Plusieurs se sont mis en congé, dont la secrétaire perpétuelle alors en exercice, Sara Danius.

L’élection de Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, qui écrit en suédois et en persan, et celle d’Eric Runesson, né en 1960, juge à la cour suprême suédoise, permet ainsi à l’académie de retrouver son quorum indispensable. Mme Mossaed remplace l’écrivaine Kerstin Ekman, qui s’est mise en retrait de l’académie en 1989, après le refus de l’académie de condamner à l’époque une fatwa contre l’écrivain britannique Salman Rushdie.

«Nous avons fait un bon bout de chemin pour rétablir la confiance. Les choses semblent désormais différentes», s’est félicité le secrétaire perpétuel par intérim, Anders Olsson. Le roi Carl XVI Gustaf, parrain de l’institution, avait annoncé en mai une modification des statuts de l’académie: ses membres, initialement élus à vie, pourront désormais démissionner et être remplacés de leur vivant. (ats/nxp)

Tdg.ch créé: 06.10.2018, 03h31

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France: mort de Pétillon, dessinateur de « L’Enquête corse » et satiriste décalé

septembre 30, 2018

Paris – Auteur de la BD à succès « L’Enquête corse » et fin satiriste de la politique française pour l’hebdomadaire Le Canard enchaîné, le dessinateur René Pétillon est mort dimanche à l’âge de 72 ans.

« Son humour acéré, impitoyable, légèrement décalé et néanmoins pas dénué de tendresse (faisait) mouche à tous coups », ont souligné les éditions Dargaud dans un communiqué annonçant son décès des suites d’une « longue maladie ».

Regard bleu profond, épais sourcils blancs, Pétillon était le père de Jack Palmer, un détective un peu bêta au gros nez et à l’imperméable trop grand.

Créé en 1974, son personnage fétiche a valu à Pétillon la reconnaissance du grand public un quart de siècle plus tard.

En 2000, l’une de ses aventures, « L’Enquête corse », est un énorme succès de librairie et reçoit le Prix du Meilleur album en 2001 au Festival d’Angoulême.

Cette BD, qui moque avec une égale tendresse les Corses et les « pinzuti » (les continentaux), est ensuite portée au cinéma par Alain Berberian en 2004, avec Christian Clavier dans le rôle de Palmer.

« René Pétillon était un homme très drôle et d’une grande finesse; c’est une grande tristesse de le voir partir. La BD perd un Grand », a salué cet acteur sur Twitter.

« Riposa in Pace » (« Repose en paix »), a écrit le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, une figure indépendantiste.

« Le succès de cet album m’a abasourdi », racontait Pétillon à l’AFP en 2013, encore surpris d’avoir été fait citoyen d’honneur de la ville de Bastia, dans le nord de la Corse, grâce à cet ouvrage.

Il assurait s’être « régalé » en écrivant les aventures de Palmer sur l’île de Beauté, lui qui utilisait beaucoup « la mauvaise foi » en tant que ressort comique de ses dessins.

« Les Corses s’amusent à qui sera le plus de mauvaise foi, c’est un jeu là-bas », disait celui qui s’enorgueillissait de n’avoir jamais eu « la volonté d’être méchant » et préférait manier l’ironie.

Parallèlement à la BD, Pétillon, Grand prix du Festival d’Angoulême en 1989, était aussi une vedette de la satire politique, grâce à son travail pour le Canard enchaîné.

Il y était entré en 1993 avant de mettre fin à sa collaboration avec l’hebdomadaire l’an passé, a rappelé Dargaud, selon lequel Pétillon était « un des grands portraitistes de la société française ».

Originaire de Lesneven, au nord de Brest (Bretagne), et issu d’une famille catholique traditionnelle, Pétillon était fasciné par l’image depuis sa plus tendre enfance. Ce fils de boulanger l’avait passée à dévorer les Tintin et les Spirou.

Après son service militaire en Allemagne, il rejoint Paris. Il essuie de nombreux refus pour ses dessins et enchaîne les petits boulots (magasinier, livreur, coursier, etc.).

Finalement, ses premiers dessins paraissent en 1968 dans Planète, Plexus et l’Enragé.

Sa première bande-dessinée sort en 1972 dans Pilote, « un récit de six pages intitulé +Voir Naples et mourir+ », a rappelé Dargaud. Deux ans plus tard, c’est la naissance de Jack Palmer.

Avant son entrée au Canard enchaîné, Pétillon dessine dans l’Echo des Savanes, VSD, Métal Hurlant ou Le Matin de Paris.

En 2006, dans l’une des aventures de Palmer, « L’Affaire du voile », il parvient à faire rire du voile islamique et des pratiques religieuses, en plein débat sur la laïcité.

« Je crois avoir traité le voile de façon directe et frontale » avec le souci de « ne pas faire de provocations », affirme-t-il alors.

Romandie.com avec(©AFP / 30 septembre 2018 18h41)                                                        

Un livre épingle le coût des « prédateurs » de la finance

septembre 26, 2018

L’un des auteurs, le journaliste Denis Robert, ici en 2010 avec son avocat Herve Temime lors de son acquittement au procès Clearstream / © AFP/Archives / BORIS HORVAT

Une chaîne de hamburgers, une raffinerie texane et des mines d’uranium africaines: un livre des journalistes Catherine Le Gall et Denis Robert décrypte les montages financiers de ces trois acquisitions et dénonce les « prédateurs » qui agissent selon eux aux dépens de l’Etat.

« Les prédateurs mettent en place dans les systèmes des hommes à eux », explique lors d’une rencontre avec la presse M. Robert, à l’occasion de la sortie jeudi du livre « Les Prédateurs » aux éditions du Cherche Midi.

« Ils ont à chaque fois pour cible une entreprise publique. Dans le cas de Quick, la Caisse des dépôts et consignations (CDC); dans celui de la raffinerie de Pasadena (Texas) le groupe public brésilien Petrobras, et Areva dans celui d’Uramin », détaille-t-il.

« Ce sont trois affaires, qui sont apparemment indépendantes, qui fonctionnent sur la même mécanique », affirme M. Robert.

« Dans les trois cas, on voit le rôle des experts qui effectuent une expertise qui est bidon », relate le journaliste. « Ces expertises ont pour but de gonfler les prix et de faire cracher de l’argent public, avec l’aide de complices à l’intérieur », assure-t-il.

Dans cet ouvrage, les deux auteurs reviennent sur la vente de la chaîne Quick en 2007 à la filiale de la CDC Qualium, pour 760 millions d’euros, un bien, selon eux, « incroyablement surévalué ». Deux années plus tôt, la chaîne de hamburgers était estimée à 300 millions d’euros.

A partir de l’affaire Quick, les journalistes prennent comme fil conducteur de leur enquête le milliardaire belge Albert Frère, actionnaire de Quick, et le magnat canadien Paul Desmarais.

Tous deux sont présentés comme « un duo de milliardaires ayant bâti leurs fortunes grâce à des hommes bien placés ». « On ne peut pas dire que ce soit illégal, mais on assume de dire que c’est immoral », commente Mme Le Gall.

En suivant ces deux financiers, les journalistes remontent jusqu’à la vente d’une raffinerie à Pasadena en 2005 au groupe public pétrolier brésilien Petrobras pour 1,18 milliard de dollars, alors qu’elle avait été achetée 42,5 millions sept années plus tôt par un groupe appartenant à Albert Frère.

Ils arrivent finalement à l’achat controversé d’Uramin par Areva en 2007 pour 1,8 milliard de dollars, une affaire au coeur de deux informations judiciaires en France.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de la CDC n’a pas souhaité commenter le livre. Il a rappelé que la CDC était « actionnaire » de sa filiale Qualium et estimé qu’elle « n’avait donc aucune prise sur les décisions de l’époque ».

Romandie.com avec(©AFP / (26 septembre 2018 12h04)

La colère du dieu Outaouais

septembre 23, 2018

 

Du haut de la colline du Parlement

Sur le majestueux firmament

A soufflé un triste vent violent

D’une colère sans précédent

 

Épais était son beau manteau

Dessinant les muscles de sa peau

Quand soudain au soir d’Ottawa

La peur provoquait le branle-bas

 

Voyant à côté les ombres de l’atmosphère

Gatineau tremblait dans toute sa chair

Quand de sa bouche et de sa langue acérée

Il vomissait des vents inouïs et forcenés

 

De son passage d’une rare violence

Il arrachait les toitures des maisons

Emportant des objets des balcons

Qui volaient dans les airs sans grâce

 

L’hébétude était à son comble

Comme une scène de guerre

Dont la désolation décapait la ville

Semant un désastre de grande frayeur

 

Personne ne pouvait lui résister

Le Dieu d’Outaouais déchainé

Qui demande respect et considération

À ses enfants de premières nations

 

Bernard NKOUNKOU

Droit d’auteur et numérique: les mots pour comprendre la nouvelle directive européenne

septembre 12, 2018

Le texte soulève un débat sur les bénéfices ou les dangers qu’il aurait pour la culture sur Internet.

Le Parlement européen a finalement adopté, mercredi 12 septembre, une directive qui doit adapter le droit d’auteur à l’heure du numérique. Ce vote a lieu après une campagne intense de lobbying à propos de ce texte, dont une première version avait été rejetée par le Parlement en juillet.

Pour les partisans de la directive — industries culturelles, médias, artistes… —, elle est en effet nécessaire pour assurer une meilleure rémunération des créateurs et des éditeurs dans l’économie actuelle d’Internet. Pour les opposants — les grandes entreprises du Web et les défenseurs des libertés numériques —, il s’agit d’un texte européen dangereux à la fois pour leur business et pour leur fonctionnement, ainsi que pour la liberté d’expression.

Pour bien comprendre les enjeux liés à ce texte (qui doit encore être négocié entre la Commission, le Conseil européen et le Parlement européen, avant d’être traduit dans les législations nationales de chaque pays membre de l’UE), voici un lexique des mots et expressions qui reviennent le plus souvent à son sujet.

Le contenu de la directive européenne :   Que peut-elle changer pour les internautes ?

Article 11

Cet article de la directive européenne crée le principe d’un « droit voisin » dont pourront se réclamer les entreprises de presse. Il contraint les grandes plates-formes du numérique à rémunérer les médias lorsqu’elles affichent des extraits d’articles ou d’autres contenus sur leurs services.

Tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad :   les « droits voisins », une question de vie ou de mort

  • Droits voisins

Le droit d’auteur est un droit de propriété intellectuelle sur une œuvre de l’esprit. Les « droits voisins du droit d’auteur » peuvent être accordés à des personnes physiques ou morales qui jouent un rôle dans la création de cette œuvre de l’esprit, sans en être directement l’auteur : les entreprises de presse sont concernées, car elles permettent à des journalistes de publier des articles de presse, sans en être directement l’auteur. Celles et ceux qui bénéficient d’un « droit voisin » peuvent toucher des droits patrimoniaux lorsque l’œuvre est utilisée, et ont un droit moral sur le respect de l’œuvre. Ils existent déjà dans la musique pour les artistes interprètes et les producteurs, par exemple.

En réponse à Sammy Ketz :   « Le “droit voisin” est une hydre à multiples têtes »

  • Snippets et « mots individuels »

Un élément clef des débats sur l’article 11 consiste à définir ce qui constitue, ou non, une « exploitation » d’un article de presse. Le texte adopté vise assez spécifiquement les « snippets », c’est-à-dire de courts extraits d’un article qui sont affichés par exemple lorsqu’on les partage sur Facebook ou qu’on parcourt Google Actualités. L’article 11, dans la version adoptée mercredi 12 septembre, précise toutefois que les liens seuls ne sont pas concernés, et que ces derniers peuvent être accompagnés de « mots individuels » — une notion floue que les Parlements nationaux devront vraisemblablement préciser.

Article 13

Cet article vise à contraindre les grandes plates-formes d’Internet (Google, Facebook…) à négocier des accords avec les titulaires de droits — ce qui est déjà largement le cas, mais les ayants droit estiment que ces accords leur sont défavorables. A défaut d’accord, les grandes plates-formes devront s’engager à empêcher leurs utilisateurs de publier des contenus protégés par le droit d’auteur.

  • Blocage automatique

Très critiqué, le principe d’un blocage automatique de tous les contenus ne respectant pas le droit d’auteur est déjà en place sur certaines plates-formes, dont YouTube. Ce système, dit « content ID », scanne automatiquement les morceaux de musique et les vidéos mis en ligne sur la plate-forme pour y détecter des « signatures numériques », théoriquement uniques et propres à chaque morceau ou vidéo. Lorsque YouTube détecte qu’une vidéo utilise du contenu soumis au droit d’auteur, il la bloque ou, si les ayants droit l’acceptent, laisse la vidéo en ligne, mais reverse une partie des revenus qu’elle génère aux détenteurs originaux des droits.

La tribune du chercheur Félix Tréguer :   l’affrontement factice des deux têtes du capitalisme informationnel

  • Exceptions au droit d’auteur

Les adversaires de l’article 13 notaient que les systèmes de filtrage automatique ne respectent que très partiellement les droits des internautes sur les exceptions au droit d’auteur. Dans la plupart des pays européens, la loi prévoit notamment des dérogations plus ou moins étendues pour les parodies, les remix, ou le droit de citation.

 

Lemonde.fr

Prix Nobel alternatif de Littérature: Maryse Condé parmi les finalistes

septembre 3, 2018

 

Maryse Condé chez elle à Paris, en 2015. © Jacques Torregano pour JA.

L’écrivaine guadeloupéenne se dit très étonnée d’avoir été sélectionnée par cette institution éphémère, édifiée par des intellectuels suédois.

Pas de Prix Nobel de Littérature cette année. Mais Maryse Condé, écrivaine guadeloupéenne dont l’œuvre dessine avec brio les contours du monde noir, peut encore espérer une consécration d’envergure internationale. Ceci dit, elle sera d’un tout autre genre.

Et pour cause, l’académie suédoise, entachée par un scandale sexuel, depuis novembre 2017, ayant provoqué la défection de dix de ses sages sur dix-huit ainsi que le report du Prix Nobel à l’année 2019, a vu la création d’une Nouvelle Académie par des intellectuels suédois. Ces derniers ont mis sur pied le Prix Nobel alternatif de Littérature. « La Nouvelle Académie a été fondée afin de garantir qu’un prix littéraire international soit bien décerné en 2018, mais aussi rappeler que la littérature ne va pas sans démocratie, ouverture, bienveillance et respect », peut-on lire sur le site de l’institution alternative.

Elle n’a eu de cesse de démontrer comment le colonialisme a transformé le monde

Les libraires suédois ont ainsi été invités à soumettre le nom d’auteurs qui mériteraient, selon eux, de remporter ce Graal 2.0 avant le 8 juillet. Résultat des courses : quarante-sept auteurs ont été sélectionnés avant que ce panel ne soit soumis aux votes des internautes du monde entier entre le 10 juillet et le 14 août derniers. Et l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé, fait partie des quatre derniers auteurs en lice (citons le Japonais Haruki Murakami, la Vietnamienne Kim Thuy et le Britannique Neil Gaiman).

« Étonnée »

« Maryse Condé est l’une des plus importantes auteures francophones. Son œuvre a eu une influence significative dans les Caraïbes et sur le continent africain. Elle n’a eu de cesse de démontrer comment le colonialisme a transformé le monde, et comment ceux qui en ont souffert s’attelle à se réapproprier leur héritage », rappelle la Nouvelle Académie qui sera dissoute en décembre après qu’un jury composé d’experts (professeurs de littérature, éditeurs, etc.) statue le 12 octobre prochain.

« Je suis très heureuse de compter parmi les finalistes mais toute de même très étonnée », réagit Maryse Condé auprès de Jeune Afrique. « En France, je n’ai jamais eu le sentiment que l’on écoutait vraiment ce que j’avais à dire. Je suis habituée à être un peu marginalisée. Aussi, cela m’étonne que ce soit un pays tel que la Suède, un pays voisin de la France, qui estime que ce que je suis et ce que je dis est important. Si je remporte ce prix, je ne manquerai de remercier le peuple qui m’a toujours soutenu. Je parle de mes frères et sœurs de Guadeloupe. »

Mon esprit reste au milieu des préoccupations du monde. Je suis à la fois recluse et présente

De Moi, Tituba, sorcière noire de Salem à l’épopée Ségou, de La Vie Scélérate à La Migration des Cœurs, Maryse Condé est définitivement l’une des écrivaines majeures de la littérature des Caraïbes et d’Afrique. Et que dire des différents témoignages de son existence que sont Victoire, les saveurs et les mots, La Vie Sans Fards ou Mets et Merveilles. La romancière de 81 ans y dépeint son existence au gré d’une écriture limpide et terriblement franche. Son dernier roman, Le Fabuleux et Triste Destin d’Ivan et Ivana, paru l’an dernier, rappelait que celle qui ne veut plus écrire garde un œil sur l’actualité. « Mon esprit reste au milieu des préoccupations du monde. Je suis à la fois recluse et présente », confiait-elle alors à JA, à l’occasion de la parution de ce dernier roman.

Si, depuis ses débuts en littérature, à l’âge de 40 ans, l’ancienne professeure de français à l’Université Columbia a remporté de nombreux prix (Prix de l’Académie française pour La Vie Scélérate, Prix Carbet de la Caraïbe pour Desirada, Grand Prix du Roman métis pour En attendant la montée des eaux, pour n’en citer qu’une infime partie), on ne peut que lui souhaiter ce Prix Nobel alternatif de Littérature, qu’elle mérite amplement.

Jeuneafrique.com par

L’écrivain britannique et prix Nobel de littérature V.S. Naipaul est mort

août 11, 2018

Londres – L’écrivain britannique V.S. Naipaul, prix Nobel de littérature en 2001, est mort à 85 ans, a annoncé samedi sa famille.

« Il était un géant dans tout ce qu’il a accompli et il est mort entouré par ceux qu’il aimait, ayant vécu une vie pleine de créativité merveilleuse et d’initiative », a déclaré sa femme, Lady Naipaul, dans un communiqué.

Vidiadhar Surajprasad Naipaul – peintre du déracinement, des petites gens et des empires déclinants – est l’auteur de plus de trente ouvrages.

Né le 17 août 1932 dans les Antilles britanniques, à Port of Spain, la capitale de la Trinité, d’une famille d’immigrés indiens, il avait étudié la littérature anglaise à l’université d’Oxford avant de s’établir en Angleterre en 1953.

Il avait consacré une grande partie de sa vie à voyager et était devenu un symbole du déracinement dans la société contemporaine.

En lui décernant le prix Nobel en 2001, l’Académie suédoise avait qualifié V.S. Naipaul d' »écrivain cosmopolite » et « tourmondiste littéraire ».

L’une de ses oeuvres majeures est son autobiographie « Une maison pour Monsieur Biswas » en 1964, où le héros emprunte les traits du père de l’écrivain.

A travers ce livre, il décrivait la difficulté pour les immigrants indiens dans les Caraïbes de s’intégrer dans la société tout en conservant leurs racines.

En 1998, il livrait « Jusqu’au bout de la foi », après avoir refait, apaisé, le voyage qui l’avait conduit, dix-sept ans auparavant, dans les quatre pays musulmans non arabes (Indonésie, Iran, Pakistan, Malaisie) qui avaient inspiré le fiévreux « Crépuscule sur l’Islam, voyage au pays des croyants ».

Il y décrivait les pays post-coloniaux comme des sociétés « à moitié faites » et soutenait que l’islam réduisait à l’esclavage et tentait d’éliminer les autres cultures.

Romandie.com avec(©AFP / 11 août 2018 23h51)                                                        

Wilfrid N’Sondé, Prix des Lecteurs

juin 7, 2018

 

Prix des Lecteurs: Un océan, deux mers, trois continents, « un récit bouleversant »

 

Wilfried N'Sondé.

Wilfried N’Sondé. Grazia Menna

Pour Carole Roncière, jurée du Prix des lecteurs de l’Express-BFMTV, Un océan, deux mers, trois continents relate des faits qui ont fondé les sociétés contemporaines.

Au début du 17e siècle, un jeune prêtre du Kongo, le narrateur de ce récit, est désigné par son roi comme ambassadeur africain auprès du Pape. Il doit alors se rendre au Vatican, mais son périple est jalonné de terribles épreuves : il embarque sur un navire négrier transportant les esclaves vers le nouveau monde ; puis il se retrouve emprisonné dans les geôles espagnoles, accusé d’hérésie par les inquisiteurs. Ce récit historique est terrifiant quand il décrit les horreurs de la traite négrière.

 

Un Océan, deux mers, trois continents

Un Océan, deux mers, trois continents, publié chez Actes Sud

 

Dans l’incapacité de se révolter ou de venir en aide à ses semblables, le narrateur nous entraîne dans les affres de ses douleurs ; pourtant empreint de compassion envers les malheureux, et puisant sa force dans l’espoir d’accomplir sa mission auprès des plus hauts dignitaires de l’église catholique, il finit par perdre toute foi en l’homme et en Dieu. Ce récit m’a profondément bouleversée car il relate des faits réels et horribles, qui ont fondé les sociétés contemporaines et les Etats où nous vivons actuellement.

Un Océan, deux mers, trois continents, Actes Sud, 20€.

Lexpress.fr par Carole Roncière

Premier compromis au sein des 28 pour une réforme du droit d’auteur

mai 25, 2018

Bruxelles – Les 28 de l’UE sont parvenus vendredi, malgré l’opposition de l’Allemagne, à un premier compromis en vue de réformer le droit d’auteur, afin que les plateformes rémunèrent mieux les éditeurs de presse et artistes pour leurs productions en ligne.

« Cela a duré longtemps, mais le processus d’adoption de la proposition de directive +droit d’auteur+ vient d’être franchi. La présidence bulgare (de l’UE) a désormais le mandat pour démarrer des négociations avec le Parlement européen », a tweeté une porte-parole de la représentation permanente bulgare auprès de l’UE, Elitsa Zlateva.

Réunis vendredi à Bruxelles, les ambassadeurs des 28 pays de l’Union ont réussi à s’entendre à la majorité qualifiée sur un texte de compromis présenté par la Bulgarie, qui assure la présidence tournante semestrielle de l’Union.

La Bulgarie a désormais la tâche ardue d’entamer des négociations avec le Parlement européen — autre co-législateur au sein des institutions de l’UE — sur la proposition présentée le 14 septembre 2016 par la Commission européenne, et dont l’objectif principal est la modernisation du droit d’auteur rendue nécessaire par la révolution numérique.

Le Parlement européen n’a cependant toujours pas arrêté sa position en la matière. Il devrait le faire au plus tôt en juin.

Sur les deux points qui achoppaient particulièrement, les représentants des 28 ont dégagé un compromis: tout d’abord, la mise en place d’un nouveau « droit voisin » pour les éditeurs de presse.

Proposé par l’exécutif européen, ce droit voisin devrait permettre aux journaux, magazines, mais aussi aux agences de presse comme l’AFP — qui s’estiment pillés de leurs contenus par les agrégateurs d’information comme Google News — de se faire rémunérer.

L’arrivée d’internet a en effet mis à mal le modèle économique traditionnel de la presse, les éditeurs voyant s’effondrer leurs ventes papier et leurs recettes publicitaires.

Seconde pomme de discorde sur laquelle les 28 ont accordé leur violon: la proposition de la Commission d’obliger les plateformes de partage de vidéos, comme YouTube ou Dailymotion, à déployer des technologies permettant de détecter automatiquement des chansons ou des oeuvres audiovisuelles identifiées par les titulaires de droits et devant être soit autorisées, soit supprimées.

L’objectif étant de renforcer la capacité des titulaires de droits à négocier et à être rémunérés pour l’exploitation en ligne de leurs contenus.

Romandie.com avec (©AFP / 25 mai 2018 13h28)                                                        

Philip Roth, géant de la littérature américaine, meurt à 85 ans

mai 23, 2018

L’écrivain Philip Roth le 14 janvier 2013, lors d’une émission de la chaîne américaine PBS. / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Frederick M. Brown

L’écrivain américain Philip Roth, auteur d’une trentaine de romans parmi lesquels plusieurs monuments de la littérature contemporaine, souvent cité pour un Nobel qu’il n’a toutefois jamais obtenu, est mort mardi à 85 ans.

Un employé de l’agence littéraire de l’écrivain, The Wylie Agency, a confirmé son décès à l’AFP.

Selon l’agent, cité par plusieurs médias américains, l’écrivain est mort d’insuffisance cardiaque congestive.

Philip Roth devrait être inhumé la semaine prochaine dans l’intimité au cimetière de l’université de Bard College, où il avait participé à un cours sur son oeuvre, a indiqué à l’AFP son biographe Blake Bailey.

Une cérémonie devrait être organisée en septembre dans le bâtiment principal de la bibliothèque de New York, à Manhattan, pour permettre à ceux qui le souhaitent de lui rendre un dernier hommage, toujours selon M. Bailey.

L’actrice Mia Farrow a salué un « géant des lettres », qui comptait parmi ses admirateurs l’ancien président Barack Obama, tandis que l’écrivain à succès Harlan Coben a rendu hommage à son « écrivain favori ».

Les œuvres de cet observateur lucide de la société américaine et de ses travers alternaient entre récits provocateurs des mœurs de la petite bourgeoisie juive américaine, satires politiques et réflexions sur le poids de l’histoire ou sur le vieillissement.

Son style acéré et sarcastique aura marqué plusieurs générations de lecteurs, ainsi que sa propension à mêler fiction et réalité, appuyant beaucoup de ses romans sur sa propre expérience.

Bien qu’il ait été régulièrement donné favori, le Nobel de littérature a toujours échappé au petit-fils d’immigrés juifs d’Europe de l’Est, né le 19 mars 1933 dans un quartier juif de Newark (New Jersey).

« C’était devenu un gag pour lui », explique la journaliste française Josyane Savigneau qui lui rendait régulièrement visite.

Il avait obtenu de multiples autres récompenses, notamment le Pulitzer en 1998 pour « Pastorale américaine » et avait eu en France l’honneur d’entrer de son vivant dans la collection de la Pléiade l’an dernier. « Il était vraiment content », selon Mme Savigneau.

– « Portnoy et son complexe » –

C’est « Portnoy et son complexe » qui l’a révélé au grand public en 1969. Le livre avait alors fait scandale pour ses descriptions sexuelles très crues et sa façon d’aborder la judaïté.

« La honte n’est pas pour les écrivains », avait-il dit lors d’un entretien à la radio publique NPR. « Vous ne pouvez pas vous soucier de bienséance. »

Sexe et judaïsme resteront très présents dans la majeure partie de son œuvre. Il sera plusieurs fois publiquement critiqué par des figures religieuses pour ses écrits.

« Je n’écris pas en tant que juif, j’écris en tant qu’Américain », disait celui qui goûtait peu les mondanités et les interviews. « Je n’ai pas une once de religiosité en moi », expliquait-il en 2010 à la chaîne CBS. « Quand le monde entier ne croira plus en Dieu, ce sera un endroit formidable. »

Philip Roth est notamment l’auteur de « La Tache » (2000) qui dénonce une Amérique puritaine et renfermée sur elle-même ou « Pastorale américaine » (1997) sur les ravages de la guerre du Vietnam dans la conscience nationale.

– Vocabulaire de 77 mots –

« Le complot contre l’Amérique » (2004) imaginait le destin d’une famille juive de Newark si les Etats-Unis avaient élu l’aviateur Charles Lindbergh, aux sympathies pro-nazies, plutôt que de réélire Franklin D. Roosevelt en 1940.

Beaucoup y ont vu des correspondances avec l’élection de Donald Trump mais Philip Roth était sorti de sa retraite fin janvier pour balayer toute analogie, écrivant au New Yorker que Lindbergh était « un grand héros » tandis que Trump utilise « un vocabulaire de 77 mots ».

Après avoir publié 31 ouvrages et deux ans après son dernier roman « Nemesis », ce géant de la littérature de la seconde moitié du XXème siècle avait annoncé en 2012 qu’il cessait d’écrire.

« C’était un tel perfectionniste, quand il a senti sa puissance baisser, il a voulu partir tant qu’il était au sommet et il l’a fait », a dit Judith Thurman, une amie de l’écrivain, sur CNN.

Plusieurs de ses livres ont fait l’objet d’adaptations au cinéma, dont certaines saluées par la critique, même si reproche leur était systématiquement fait de ne pas appréhender suffisamment la profondeur des œuvres.

« Kaddish (prière funéraire juive) pour Philip Roth, le grand romancier américain de notre monde d’après-guerre », a tweeté le scénariste David Simon (« The Wire » et « Treme » notamment).

L’auteur a expliqué avoir rencontré l’écrivain il y a quelques mois seulement pour discuter d’une adaptation télévisée de son roman « Le complot contre l’Amérique ».

« A 85 ans, il était plus précis et pertinent, plus affûté intellectuellement et spirituel que n’importe qui, quel que soit son âge », a-t-il ajouté. « Quel esprit merveilleux et rigoureux. »

Romandie.com avec (©AFP / 23 mai 2018 17h26)