Archive for the ‘Littérature’ Category

Prix Goncourt: les noms des quatre finalistes révélés

octobre 27, 2019

 

Les jurés, réunis à Cabourg à l’occasion du centenaire du prix remis à Marcel Proust, ont annoncé le nom des écrivains qui figurent dans la sélection finale de la prestigieuse récompense littéraire.

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JOEL SAGET/AFP

Ils ne sont plus que quatre. Les jurés Goncourt, réunis à Cabourg à l’occasion du centenaire du prix remis à Marcel Proust pour A l’ombre des jeunes filles en fleurs, ont dévoilé ce dimanche 27 octobre leur troisième sélection. Cinq romans ont été écartés: Santiago H. Amigorena (Le ghetto intérieur , P.O.L), Natacha Appanah (Le ciel par-dessus le toit , Gallimard), Dominique Barbéris (Un dimanche à Ville-d’Avray , Arléa), Léonora Miano (Rouge impératrice , Grasset) et Hubert Mingarelli (La terre invisible , Buchet-Chastel).

Quatre auteurs concourent donc toujours pour le prix Goncourt. Parmi eux, Amélie Nothomb. Elle fait figure de favorite pour son roman paru chez Albin Michel, Soif dans lequel elle se glisse dans la peau du Christ. Serait-ce bientôt la consécration? Il y a tout juste vingt ans, l’auteur recevait le Grand prix du roman de l’Académie française pour son roman Stupeur et tremblements. En 2007, elle recevait le prix de Flore pour Ni d’Eve ni d’Adam. Et en 2008, le grand prix Jean Giono pour l’ensemble de son oeuvre.

Autre favori, Jean-Paul Dubois pour son livre Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (L’Olivier). Olivier Rolin est lui aussi en lice avec son roman Extérieur monde, publié chez Gallimard. Enfin, Jean-Luc Coatalem avec La part du fils (Stock) est également dans la course alors qu’il figure sur la deuxième liste du prix Renaudot.

Qui succédera donc à Nicolas Mathieu lauréat l’an passé avec Leurs enfants après eux, (Actes Sud)? Verdict le 4 novembre. Une chose est certaine: les éditions Grasset et P.O.L ne décrocheront pas le Goncourt cette année.

L’écrivain Santiago H. Amigorena reste dans la course pour le Médicis, le Renaudot et le prix Décembre. Tandis que Natacha Appanah figure sur la deuxième liste du Prix Renaudot. Barbéris, quant à elle, est toujours en lice pour le prix Femina.

Le Figaro.fr par Alice Develey et Claire Conruyt

Prix Nobel de littérature: Olga Tokarczuk et Peter Handke récompensés

octobre 10, 2019

 

Le prix a aussi été remis pour l’année 2018. Il ne l’avait pas été l’an dernier en raison de la crise traversée par l’Académie

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Olga Tokarczuk et Peter Handke. AFP

L’académie suédoise a annoncé jeudi à 13 heures les noms de ses deux derniers lauréats pour le prix Nobel de littérature. Pour l’année 2019, la distinction est décernée à l’auteur autrichien Peter Handke. Le prix Nobel de littérature 2018, qui n’avait pas été remis l’année dernière en raison de la crise traversée par l’Académie, revient à la Polonaise Olga Tokarczuk, 57 ans, lauréate du Man Booker Prize 2018. Ces nouveaux lauréats succèdent à Bob Dylan en 2016 et à Kazuo Ishiguro en 2017.

L’Académie, privée du quorum de membres siégeant prévu dans ses statuts pour désigner un lauréat Nobel, avait dû renoncer l’an dernier, et reporter l’annonce d’un an, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Après des démissions en chaîne et l’intervention du roi pour réformer les statuts, les gardiens du temple, leurs illusions perdues, aspirent à refermer le livre d’une funeste comédie humaine et ne plus désormais parler que de prose et de vers

Par Le Figaro.fr avec AFP

Cinq mots disparus que nous ferions bien d’employer (à la place des anglicismes)

octobre 8, 2019

 

«Soporatif», «se panader»… Nombreux sont ces termes anciens à s’effacer, petit à petit, des colonnes de nos dictionnaires. Le Figaro vous propose de les découvrir grâce au lumineux ouvrage de Bernard Cerquiglini, Les mots disparus de Pierre Larousse.

The Artist de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin et Berenice Bejo, 2011

Rue des Archives/Rue des Archives/BCA

Il ne s’agit pas de maudire les petits nouveaux qui se fraient un chemin dans les colonnes de nos dictionnaires. Après tout, la langue française évolue. Elle se régénère, s’enrichit parfois, s’appauvrit aussi. On ne peut pas dire que les anglicismes, qui se multiplient dans nos conversations quotidiennes, soient ni particulièrement jolis, ni complètement utiles. Bien sûr, «week-end», «parking», «corner» sont indispensables. Mais «drink», «flop», «too much» le sont-ils tout autant? À ce propos, Le Figaro vous propose de (re)découvrir cinq mots disparus à réhabiliter et à employer… sans modération! Et tout cela, grâce à l’éclairant ouvrage de Bernard Cerquiglini, Les mots disparus de Pierre Larousse.

«Best of». On l’emploie à toutes les sauces. Pour parler des chansons d’un artiste, des phrases cultes des hommes d’État, des films du XXe siècle à voir absolument… Ce mot anglais, ainsi que le précise le Larousse, a pour définition: «sélection des meilleures expressions d’une œuvre ou d’un artiste». Et ses synonymes? Bien sûr, il y a l’anthologie, un florilège ou encore, une compilation. Mais si l’on parle de littérature, l’on peut également utiliser le terme d’«analecte». À savoir: «morceaux en prose ou en vers, choisis dans les ouvrages d’un ou de plusieurs auteurs», note Le Trésor de la langue française. Ce joli mot est emprunté au latin analecta qui vient lui-même du grec signifiant «choses recueillies», issu d’analego, «choisir, recueillir, ramasser». À partir du XVIIIe siècle, il est employé au sens de «recueil».

«Ce qu’il est snob ! Non mais son comportement… C’est too much !» Concernant «snob», il vient de l’anglais snobbish attesté depuis 1840 et qui s’emploie pour parler d’une personne «qui affecte et admire les manières, les opinions qui sont en vogue dans les milieux qui passent pour distingués et qui méprise tout ce qui n’est pas issu de ces milieux», lit-on dans les colonnes du Larousse. Quant à «too much», on pourrait le traduire par: «Il en fait trop». Il existe un joli verbe qui peut s’avérer utile dans les deux cas: «(se) panader». Il signifie «Marcher d’une allure majestueuse et fière avec l’ostentation d’un paon faisant la roue», ainsi que nous le lisons sur le site du CNRTL. Le verbe est dérivé du moyen français penade, «saut d’un cheval, ruade», attesté dès 1460. À la même époque, «pennader» s’emploie en tant que verbe intransitif au sens de «sauter, ruer». Il faut attendre le XVIe siècle pour qu’il prenne le sens de «marcher avec ostentation».

Qu’il est «soporatif»!

Après une journée de travail, quoi de plus rafraîchissant qu’un verre entre collègues? «Tu veux un p’tit drink pour te détendre?» Douche froide. Un drink signifie ici un «verre». Et souvent, un verre d’alcool. Alors, pour éviter l’anglicisme, pourquoi pas proposer un «brandevin»? Mot léger et agréable signifiant «eau-de-vie» et qui nous vient de l’Allemagne. Attesté depuis 1360 sous la forme du moyen allemand brantwin, «eau-de-vie», le terme est composé de brant, abréviation du participe passé gebrant, «brûlé» et de win, «vin». Littéralement, précise Le Trésor de la langue française, «vin brûlé, c’est-à-dire distillé».

«Tout ça pour ça! Ils ont bossé des heures et des heures! Et ça donne un flop!» Comprendre: «faire fiasco», «connaître un échec (cuisant)». Ces expressions, nous les connaissons. Mais il y en a une, quelque peu familière mais intéressante, qui exprime l’idée d’une «entreprise folle suivie d’un échec». Il s’agit d’une «cacade». Au sens premier, dans le langage populaire, le terme signifie «brusque évacuation d’excréments». Et, par métaphore, la «déchéance par effondrement soudain». «Cacade» vient du provençal cagado, «selle». La forme française «caguade» apparaît au XVIe siècle.

Imaginez ceci: vous voilà assis dans un obscur auditorium, écoutant un discours aussi long qu’inintéressant. Votre voisin, agacé, se rapproche et vous souffle dans l’oreille: «C’est so boring !» La locution s’emploie souvent pour désigner une personne, une lecture, quelque chose d’«ennuyeux». Ou bien, ce qui est «soporatif»: qui a la propriété de faire dormir. Au sens premier, on parle plutôt d’une boisson ou d’une substance soporifique. Au figuré, le terme s’emploie pour désigner ce «qui ennuie profondément au point de provoquer le sommeil». Le mot est dérivé du latin sopor, «profond sommeil», et de -fique «qui produit».

Par Le Figaro.fr

Hommage à Sony Labou Tansi (extrait Africa International n°5, rubrique Culture)

septembre 12, 2019

CULTURE : « L’intérieur est plus impitoyable que le dehors », affirmait Sony Labou Tansi. Un livre-hommage au célèbre auteur Congolais mort il y a déjà près de 25 ans (1995) vient de paraître. Caroline Bourgine nous remet en mémoire l’œuvre de l’écrivain connu pour ses citations.

Publiée le 11 sept. 2019 par MRB Networks

Toni Morrison, première femme noire prix Nobel de littérature, est décédée à 88 ans

août 6, 2019

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Romancière, Toni Morrison est également l’auteur de poèmes, d’une comédie musicale, d’une pièce sur Martin Luther King ainsi que d’un essai sur les Noirs dans la littérature américaine. PATRICK KOVARIK/AFP

DISPARITION – Dans son plus célèbre roman, Beloved, elle raconte la tragédie d’une mère qui tue sa fille pour qu’elle échappe à l’esclavage. Dédié aux «soixante millions de victimes de l’esclavage», ce livre lui vaut de recevoir le prix Pulitzer en 1988.

Prix Nobel de littérature en 1993 (le premier remis à une écrivaine noire), prix Pulitzer pour Beloved en 1988, l’auteure américaine Toni Morrison est décédée lundi au Montefiore Medical Center de New York, selon des déclarations de ses proches et de son éditeur Alfred A. Knopf. Elle avait 88 ans.

Sans attendre une réaction de Donald Trump, l’ancien président Barack Obama a salué sur Twitter «un trésor national, aussi bonne conteuse, aussi captivante en tant que personne qu’elle l’était dans son oeuvre». «Son écriture représentait un défi magnifique et plein de sens pour notre conscience morale et notre imaginaire. Quel cadeau d’avoir pu respirer le même air qu’elle, ne serait-ce qu’un moment», a-t-il ajouté.

Tous les prix Nobel de littérature ne sont pas célèbres. Toni Morrison, comme Günter Grass ou Doris Lessing, était connue dans le monde entier. Petite-fille de fermiers de l’Alabama, issue d’une famille noire ouvrière catholique de quatre enfants, née le 18 février 1931, à Lorain dans l’Ohio, Chloe Anthony Wofford se passionne très tôt pour la littérature. Elle suit des études à Howard University (Washington) puis à Cornell University où elle soutient une thèse sur le thème de la folie dans l’œuvre de William Faulkner et de Virginia Woolf. Elle enseigne ensuite au Texas puis à l’université de Howard, alors réservée aux Noirs. En 1958, elle épouse l’architecte jamaïcain Harold Morrison, avec qui elle a deux fils, Harold et Slade. Le mariage est brisé en 1964. Son emploi du temps de l’époque est bien rempli.

Quand elle ne se consacre pas à l’écriture, elle occupe à New York un poste d’éditrice chez Random House, où elle est en charge de la littérature noire. Elle publiera, par exemple, les autobiographies de Mohammed Ali et d’Angela Davis mais aussi des anthologies comme The Black Book en 1973. Son premier roman, L’Œil le plus bleu (publié en France chez Bourgois, comme tous ses autres titres), touchante histoire d’une petite fille noire qui rêve de ressembler à Shirley Temple, paraît en 1970. Morrison considérera toujours ce premier livre dans lequel l’héroïne sombre dans la folie comme son livre le plus pessimiste. C’est un échec puisque seulement 700 exemplaires du roman sont achetés. Le second, Sula, est sélectionné pour le National Book Award. Ce n’est qu’avec son troisième roman, Le Chant de Salomon (1977), ample saga sur le retour au Sud et aux racines, couronnée par le National Book Critic Circle Award, que Morrison accède à la célébrité.

Le triomphe international arrive dix ans plus tard avec Beloved, l’histoire atroce d’une ancienne esclave qui préfère tuer sa fille plutôt que de la voir subir le même sort qu’elle. Ce roman dédié aux «soixante millions de victimes de l’esclavage» lui vaut de recevoir le prix Pulitzer et une volée de bois vert de certains critiques qui n’y voient qu’une «description outrancière d’un holocauste noir» visant à remporter le «concours de martyrologie».

De cette époque sans doute naîtra sa réputation de femme de caractère, peu commode, idole de la communauté black, n’hésitant pas à affirmer que les Blancs ne sont pas un sujet pour ses livres: «Je n’ai jamais trouvé une histoire impliquant un Blanc qui soit intéressant pour moi.»

« Le bonheur ne m’intéresse pas dans mon travail. Ce qui m’intéresse, c’est la survie»

En 1993, l’année qui suit la publication de Jazz, son sixième roman, sa vie et sa carrière sont bouleversées lorsque l’académie royale de Suède lui décerne le prix Nobel de littérature saluant ainsi une œuvre qui «brosse un tableau vivant d’une face essentielle de la réalité américaine». Morrison devient ainsi le premier écrivain noir récompensé par le Nobel et la huitième femme à obtenir la récompense suprême des lettres en près d’un siècle. L’écrivain devient alors une sorte de monument qu’on visite et interroge avec crainte tant sa silhouette, son regard en imposent. Elle est cet auteur qui déclare: «Le bonheur ne m’intéresse pas dans mon travail. Ce qui m’intéresse, c’est la survie.» Elle ajoute: «J’écris dans ce que l’on pourrait appeler le mode tragique dans lequel apparaît une forme de catharsis et de révélation ; entre les deux, il y a un grand nombre de variations possible.»

Grâce à son amie, la toute-puissante prêtresse de la télévision Oprah Winfrey, qui produit et joue dans l’adaptation de Beloved, le roman se vend à près d’un million d’exemplaires.

Paradis, son septième titre, qui commence par cette phrase choc: «Ils tuent la jeune Blanche d’abord», se vendra à plus de 700.000 exemplaires aux États-Unis mais l’accueil critique sera mitigé. Le New York Times, par exemple, n’hésitera pas à qualifier le roman de «lourd pensum maladroit et schématique totalement dépourvu de magie littéraire… rempli de clichés et de procédés». La rebelle Toni s’en moque bien. Elle est invitée partout dans le monde à donner des lectures de sa voix puissante et n’hésite pas à intervenir sur la scène politique. Lorsque Bill Clinton est la cible des plus virulents des Républicains, Morrison prend sa défense parce qu’il est, à ses yeux, «le premier président noir des États-Unis» et rassemble sur sa personne «tous les traits distinctifs de la “noirceur”: pauvre, milieu ouvrier, famille monoparentale brisée, sudiste, amoureux du saxophone et du McDonald.»

Toni

Toni Morrison et Barack Obama en 2012 à la Maison Blanche. Rue des Archives/©Rue des Archives/BCA/CSU

Elle sera beaucoup plus sévère avec George Bush fils. Après le choc du 11-Septembre, sa colère éclate: «Je n’ai pas entendu un seul responsable politique proposer de réfléchir à la politique américaine. D’essayer de comprendre comment nous en étions arrivés là. Il n’y a eu ni temps de réflexion ni temps de deuil. Non, nous n’avons entendu parler que du krach économique à éviter, du shopping. (…) En fait, nous n’avons pas été traités en êtres humains, en citoyens blessés, mais en agents économiques. Je trouve tout cela obscène», déclare-t-elle dans Le Monde 2 en 2004. Toni Morrison est également l’auteur de poèmes, d’une comédie musicale, d’une pièce sur Martin Luther King (Dreaming Emmet) ainsi que d’un essai sur les Noirs dans la littérature américaine (Playing in the Dark).

En novembre 2006, elle est «conservatrice invitée» au Louvre, où elle ouvre un cycle de manifestations mêlant littérature, peinture, danse et musique autour du thème «Étranger chez soi», sur lequel elle a travaillé deux ans avec les équipes du musée parisien. «Ce thème, je le connais bien pour l’avoir exploré dans mon œuvre et dans mon travail de professeur à Princeton.» En 2008, elle apportera tout naturellement son soutien au candidat démocrate Barack Obama, non pas à cause de la couleur de sa peau mais parce qu’il possède «une imagination créatrice qui, associée au brio, égale la sagesse». Le 3 novembre 2010, la romancière américaine recevait des mains du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand l’insigne d’officier dans l’ordre de la Légion d’honneur

Le Figaro.fr par Bruno Corty

A chaque hiver, ses amis et ses ennemis

février 24, 2019

La grisaille pèse sur la toiture déjà envahie par un large manteau de neige, qui presse la charpente, au point de la faire craquer. Tandis qu’à l’horizon, aucun rayon d’espérance de la lumière du soleil ne pointe son nez.

Silencieuse est la journée. Personne n’ose braver les picotements incisifs et corrosifs de l’hiver, facteurs de la porosité et la densité de l’ossature. Quand va-t-il finir et cesser de nous fouetter la peau déjà frileuse et malheureuse?

Car ceux qui ont fui l’hiver puis sont partis au soleil des Caraïbes et de la Floride, comptent les jours pour revenir. La vie est rose dans cette destination ensoleillée mais très coûteuse en couverture sanitaire.

Bref! Face aux choix de la vie, il faut savoir supporter les conséquences.

Quant aux Tout-petits, ils sont très fiers de s’amuser sur la neige tombante et abondante vêtus comme des oursons avec de bons capuchons.

Par ailleurs, les chants des oiseaux avec leurs refrains arrivent à bercer l’atmosphère. Car avec leurs plumes, ils testent le souffle de l’air du froid glacial.

Très tôt le matin la porte coince, un coup de serrure arrive de l’ouvrir. Une bouffée de fraicheur agresse mon corps. Le regard heurte les murs des bâtiments, se lève en flèche et découvre sur les branches lointaines des érables effeuillés qui ont bravé la férocité et l’âpreté du froid, quelques familles de mésanges qui exercent leur gosier pour voir si elles peuvent déjà faire passer de la nourriture sous leur cou plumé dans le repos allègre de leur jabot.

Un corbeau noir, cousin des corneilles, scrute le sol et les pieds des poubelles dans l’espoir de trouver une pitance. Car il a promis à sa colonie de ramener même un beignet jeté par un bambin en colère, capricieux devant sa maman qui lui prie de ne point pleurer. Un peu, à sa droite, il voit un écureuil qui passe avec une coque d’arachide, pris sur la véranda où des habitants lui servent sa subsistance pour l’hiver.

Furieux de l’heureux constat de la quête de l’écureuil, le corbeau essaie de l’effrayer pour qu’il laisse tomber sur le fil son gain. Mais le petit animal poilu – sûr de sa défense – a réussi d’opposer une résistance au corbeau qui a ensuite sollicité les services du chat errant, pour attraper l’écureuil afin qu’il lui facilite la chasse et de se partager sa chair.

L’entente complice du corbeau et du chat n’a pas donné des résultats de satisfaction aux deux forfaitaires.

Hélas! Le corbeau dans sa randonnée enneigée et le chat dans l’ingratitude de sa solitude sont rentrés bredouille, l’un dans sa corbeautière située sous le plafond du vieux château, et, l’autre son compère dans l’entrepôt de ferraille du garage.

Bernard NKOUNKOU

Corps purifié dans le Gange

février 24, 2019

Nage joyeusement dans le Gange

Dans la beauté épurée de ton âge

Comme le poisson luisant de ses écailles

Tu brilles sans fard à merveille avec tes ailes

Grâce est le canon secret de ton joli bassin

Aux contours flexibles accrochant le cristallin

Car à chaque immersion dans le Gange

Tu y ressors avec une nouvelle image 

Bernard NKOUNKOU

Le Nobel de littérature pourra être décerné

octobre 5, 2018

 

Suède L’académie suédoise a élu de nouveaux membres, ce qui permettra de décerner le prix Nobel de littérature en 2019.

 

Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, est l'une des deux personnalités élues vendredi à l'académie suédoise.

Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, est l’une des deux personnalités élues vendredi à l’académie suédoise. Image: AFP

L’académie suédoise, qui décerne le prix Nobel de littérature, a annoncé vendredi l’élection de nouveaux membres. Après un scandale sexuel, elle n’en comptait plus que dix actifs sur 18, ce qui a entraîné le report d’un an de la récompense en 2018.

Ses statuts requièrent la présence d’au moins douze sages. Les désaccords au sein de l’académie sur la manière de gérer les révélations d’agressions sexuelles d’un Français proche de l’institution, et marié à l’un de ses membres, ont suscité de graves dissensions internes. Plusieurs se sont mis en congé, dont la secrétaire perpétuelle alors en exercice, Sara Danius.

L’élection de Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, qui écrit en suédois et en persan, et celle d’Eric Runesson, né en 1960, juge à la cour suprême suédoise, permet ainsi à l’académie de retrouver son quorum indispensable. Mme Mossaed remplace l’écrivaine Kerstin Ekman, qui s’est mise en retrait de l’académie en 1989, après le refus de l’académie de condamner à l’époque une fatwa contre l’écrivain britannique Salman Rushdie.

«Nous avons fait un bon bout de chemin pour rétablir la confiance. Les choses semblent désormais différentes», s’est félicité le secrétaire perpétuel par intérim, Anders Olsson. Le roi Carl XVI Gustaf, parrain de l’institution, avait annoncé en mai une modification des statuts de l’académie: ses membres, initialement élus à vie, pourront désormais démissionner et être remplacés de leur vivant. (ats/nxp)

Tdg.ch créé: 06.10.2018, 03h31

France: mort de Pétillon, dessinateur de « L’Enquête corse » et satiriste décalé

septembre 30, 2018

Paris – Auteur de la BD à succès « L’Enquête corse » et fin satiriste de la politique française pour l’hebdomadaire Le Canard enchaîné, le dessinateur René Pétillon est mort dimanche à l’âge de 72 ans.

« Son humour acéré, impitoyable, légèrement décalé et néanmoins pas dénué de tendresse (faisait) mouche à tous coups », ont souligné les éditions Dargaud dans un communiqué annonçant son décès des suites d’une « longue maladie ».

Regard bleu profond, épais sourcils blancs, Pétillon était le père de Jack Palmer, un détective un peu bêta au gros nez et à l’imperméable trop grand.

Créé en 1974, son personnage fétiche a valu à Pétillon la reconnaissance du grand public un quart de siècle plus tard.

En 2000, l’une de ses aventures, « L’Enquête corse », est un énorme succès de librairie et reçoit le Prix du Meilleur album en 2001 au Festival d’Angoulême.

Cette BD, qui moque avec une égale tendresse les Corses et les « pinzuti » (les continentaux), est ensuite portée au cinéma par Alain Berberian en 2004, avec Christian Clavier dans le rôle de Palmer.

« René Pétillon était un homme très drôle et d’une grande finesse; c’est une grande tristesse de le voir partir. La BD perd un Grand », a salué cet acteur sur Twitter.

« Riposa in Pace » (« Repose en paix »), a écrit le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, une figure indépendantiste.

« Le succès de cet album m’a abasourdi », racontait Pétillon à l’AFP en 2013, encore surpris d’avoir été fait citoyen d’honneur de la ville de Bastia, dans le nord de la Corse, grâce à cet ouvrage.

Il assurait s’être « régalé » en écrivant les aventures de Palmer sur l’île de Beauté, lui qui utilisait beaucoup « la mauvaise foi » en tant que ressort comique de ses dessins.

« Les Corses s’amusent à qui sera le plus de mauvaise foi, c’est un jeu là-bas », disait celui qui s’enorgueillissait de n’avoir jamais eu « la volonté d’être méchant » et préférait manier l’ironie.

Parallèlement à la BD, Pétillon, Grand prix du Festival d’Angoulême en 1989, était aussi une vedette de la satire politique, grâce à son travail pour le Canard enchaîné.

Il y était entré en 1993 avant de mettre fin à sa collaboration avec l’hebdomadaire l’an passé, a rappelé Dargaud, selon lequel Pétillon était « un des grands portraitistes de la société française ».

Originaire de Lesneven, au nord de Brest (Bretagne), et issu d’une famille catholique traditionnelle, Pétillon était fasciné par l’image depuis sa plus tendre enfance. Ce fils de boulanger l’avait passée à dévorer les Tintin et les Spirou.

Après son service militaire en Allemagne, il rejoint Paris. Il essuie de nombreux refus pour ses dessins et enchaîne les petits boulots (magasinier, livreur, coursier, etc.).

Finalement, ses premiers dessins paraissent en 1968 dans Planète, Plexus et l’Enragé.

Sa première bande-dessinée sort en 1972 dans Pilote, « un récit de six pages intitulé +Voir Naples et mourir+ », a rappelé Dargaud. Deux ans plus tard, c’est la naissance de Jack Palmer.

Avant son entrée au Canard enchaîné, Pétillon dessine dans l’Echo des Savanes, VSD, Métal Hurlant ou Le Matin de Paris.

En 2006, dans l’une des aventures de Palmer, « L’Affaire du voile », il parvient à faire rire du voile islamique et des pratiques religieuses, en plein débat sur la laïcité.

« Je crois avoir traité le voile de façon directe et frontale » avec le souci de « ne pas faire de provocations », affirme-t-il alors.

Romandie.com avec(©AFP / 30 septembre 2018 18h41)                                                        

Un livre épingle le coût des « prédateurs » de la finance

septembre 26, 2018

L’un des auteurs, le journaliste Denis Robert, ici en 2010 avec son avocat Herve Temime lors de son acquittement au procès Clearstream / © AFP/Archives / BORIS HORVAT

Une chaîne de hamburgers, une raffinerie texane et des mines d’uranium africaines: un livre des journalistes Catherine Le Gall et Denis Robert décrypte les montages financiers de ces trois acquisitions et dénonce les « prédateurs » qui agissent selon eux aux dépens de l’Etat.

« Les prédateurs mettent en place dans les systèmes des hommes à eux », explique lors d’une rencontre avec la presse M. Robert, à l’occasion de la sortie jeudi du livre « Les Prédateurs » aux éditions du Cherche Midi.

« Ils ont à chaque fois pour cible une entreprise publique. Dans le cas de Quick, la Caisse des dépôts et consignations (CDC); dans celui de la raffinerie de Pasadena (Texas) le groupe public brésilien Petrobras, et Areva dans celui d’Uramin », détaille-t-il.

« Ce sont trois affaires, qui sont apparemment indépendantes, qui fonctionnent sur la même mécanique », affirme M. Robert.

« Dans les trois cas, on voit le rôle des experts qui effectuent une expertise qui est bidon », relate le journaliste. « Ces expertises ont pour but de gonfler les prix et de faire cracher de l’argent public, avec l’aide de complices à l’intérieur », assure-t-il.

Dans cet ouvrage, les deux auteurs reviennent sur la vente de la chaîne Quick en 2007 à la filiale de la CDC Qualium, pour 760 millions d’euros, un bien, selon eux, « incroyablement surévalué ». Deux années plus tôt, la chaîne de hamburgers était estimée à 300 millions d’euros.

A partir de l’affaire Quick, les journalistes prennent comme fil conducteur de leur enquête le milliardaire belge Albert Frère, actionnaire de Quick, et le magnat canadien Paul Desmarais.

Tous deux sont présentés comme « un duo de milliardaires ayant bâti leurs fortunes grâce à des hommes bien placés ». « On ne peut pas dire que ce soit illégal, mais on assume de dire que c’est immoral », commente Mme Le Gall.

En suivant ces deux financiers, les journalistes remontent jusqu’à la vente d’une raffinerie à Pasadena en 2005 au groupe public pétrolier brésilien Petrobras pour 1,18 milliard de dollars, alors qu’elle avait été achetée 42,5 millions sept années plus tôt par un groupe appartenant à Albert Frère.

Ils arrivent finalement à l’achat controversé d’Uramin par Areva en 2007 pour 1,8 milliard de dollars, une affaire au coeur de deux informations judiciaires en France.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de la CDC n’a pas souhaité commenter le livre. Il a rappelé que la CDC était « actionnaire » de sa filiale Qualium et estimé qu’elle « n’avait donc aucune prise sur les décisions de l’époque ».

Romandie.com avec(©AFP / (26 septembre 2018 12h04)