Archive for the ‘Littérature’ Category

Toni Morrison, première femme noire prix Nobel de littérature, est décédée à 88 ans

août 6, 2019

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Romancière, Toni Morrison est également l’auteur de poèmes, d’une comédie musicale, d’une pièce sur Martin Luther King ainsi que d’un essai sur les Noirs dans la littérature américaine. PATRICK KOVARIK/AFP

DISPARITION – Dans son plus célèbre roman, Beloved, elle raconte la tragédie d’une mère qui tue sa fille pour qu’elle échappe à l’esclavage. Dédié aux «soixante millions de victimes de l’esclavage», ce livre lui vaut de recevoir le prix Pulitzer en 1988.

Prix Nobel de littérature en 1993 (le premier remis à une écrivaine noire), prix Pulitzer pour Beloved en 1988, l’auteure américaine Toni Morrison est décédée lundi au Montefiore Medical Center de New York, selon des déclarations de ses proches et de son éditeur Alfred A. Knopf. Elle avait 88 ans.

Sans attendre une réaction de Donald Trump, l’ancien président Barack Obama a salué sur Twitter «un trésor national, aussi bonne conteuse, aussi captivante en tant que personne qu’elle l’était dans son oeuvre». «Son écriture représentait un défi magnifique et plein de sens pour notre conscience morale et notre imaginaire. Quel cadeau d’avoir pu respirer le même air qu’elle, ne serait-ce qu’un moment», a-t-il ajouté.

Tous les prix Nobel de littérature ne sont pas célèbres. Toni Morrison, comme Günter Grass ou Doris Lessing, était connue dans le monde entier. Petite-fille de fermiers de l’Alabama, issue d’une famille noire ouvrière catholique de quatre enfants, née le 18 février 1931, à Lorain dans l’Ohio, Chloe Anthony Wofford se passionne très tôt pour la littérature. Elle suit des études à Howard University (Washington) puis à Cornell University où elle soutient une thèse sur le thème de la folie dans l’œuvre de William Faulkner et de Virginia Woolf. Elle enseigne ensuite au Texas puis à l’université de Howard, alors réservée aux Noirs. En 1958, elle épouse l’architecte jamaïcain Harold Morrison, avec qui elle a deux fils, Harold et Slade. Le mariage est brisé en 1964. Son emploi du temps de l’époque est bien rempli.

Quand elle ne se consacre pas à l’écriture, elle occupe à New York un poste d’éditrice chez Random House, où elle est en charge de la littérature noire. Elle publiera, par exemple, les autobiographies de Mohammed Ali et d’Angela Davis mais aussi des anthologies comme The Black Book en 1973. Son premier roman, L’Œil le plus bleu (publié en France chez Bourgois, comme tous ses autres titres), touchante histoire d’une petite fille noire qui rêve de ressembler à Shirley Temple, paraît en 1970. Morrison considérera toujours ce premier livre dans lequel l’héroïne sombre dans la folie comme son livre le plus pessimiste. C’est un échec puisque seulement 700 exemplaires du roman sont achetés. Le second, Sula, est sélectionné pour le National Book Award. Ce n’est qu’avec son troisième roman, Le Chant de Salomon (1977), ample saga sur le retour au Sud et aux racines, couronnée par le National Book Critic Circle Award, que Morrison accède à la célébrité.

Le triomphe international arrive dix ans plus tard avec Beloved, l’histoire atroce d’une ancienne esclave qui préfère tuer sa fille plutôt que de la voir subir le même sort qu’elle. Ce roman dédié aux «soixante millions de victimes de l’esclavage» lui vaut de recevoir le prix Pulitzer et une volée de bois vert de certains critiques qui n’y voient qu’une «description outrancière d’un holocauste noir» visant à remporter le «concours de martyrologie».

De cette époque sans doute naîtra sa réputation de femme de caractère, peu commode, idole de la communauté black, n’hésitant pas à affirmer que les Blancs ne sont pas un sujet pour ses livres: «Je n’ai jamais trouvé une histoire impliquant un Blanc qui soit intéressant pour moi.»

« Le bonheur ne m’intéresse pas dans mon travail. Ce qui m’intéresse, c’est la survie»

En 1993, l’année qui suit la publication de Jazz, son sixième roman, sa vie et sa carrière sont bouleversées lorsque l’académie royale de Suède lui décerne le prix Nobel de littérature saluant ainsi une œuvre qui «brosse un tableau vivant d’une face essentielle de la réalité américaine». Morrison devient ainsi le premier écrivain noir récompensé par le Nobel et la huitième femme à obtenir la récompense suprême des lettres en près d’un siècle. L’écrivain devient alors une sorte de monument qu’on visite et interroge avec crainte tant sa silhouette, son regard en imposent. Elle est cet auteur qui déclare: «Le bonheur ne m’intéresse pas dans mon travail. Ce qui m’intéresse, c’est la survie.» Elle ajoute: «J’écris dans ce que l’on pourrait appeler le mode tragique dans lequel apparaît une forme de catharsis et de révélation ; entre les deux, il y a un grand nombre de variations possible.»

Grâce à son amie, la toute-puissante prêtresse de la télévision Oprah Winfrey, qui produit et joue dans l’adaptation de Beloved, le roman se vend à près d’un million d’exemplaires.

Paradis, son septième titre, qui commence par cette phrase choc: «Ils tuent la jeune Blanche d’abord», se vendra à plus de 700.000 exemplaires aux États-Unis mais l’accueil critique sera mitigé. Le New York Times, par exemple, n’hésitera pas à qualifier le roman de «lourd pensum maladroit et schématique totalement dépourvu de magie littéraire… rempli de clichés et de procédés». La rebelle Toni s’en moque bien. Elle est invitée partout dans le monde à donner des lectures de sa voix puissante et n’hésite pas à intervenir sur la scène politique. Lorsque Bill Clinton est la cible des plus virulents des Républicains, Morrison prend sa défense parce qu’il est, à ses yeux, «le premier président noir des États-Unis» et rassemble sur sa personne «tous les traits distinctifs de la “noirceur”: pauvre, milieu ouvrier, famille monoparentale brisée, sudiste, amoureux du saxophone et du McDonald.»

Toni

Toni Morrison et Barack Obama en 2012 à la Maison Blanche. Rue des Archives/©Rue des Archives/BCA/CSU

Elle sera beaucoup plus sévère avec George Bush fils. Après le choc du 11-Septembre, sa colère éclate: «Je n’ai pas entendu un seul responsable politique proposer de réfléchir à la politique américaine. D’essayer de comprendre comment nous en étions arrivés là. Il n’y a eu ni temps de réflexion ni temps de deuil. Non, nous n’avons entendu parler que du krach économique à éviter, du shopping. (…) En fait, nous n’avons pas été traités en êtres humains, en citoyens blessés, mais en agents économiques. Je trouve tout cela obscène», déclare-t-elle dans Le Monde 2 en 2004. Toni Morrison est également l’auteur de poèmes, d’une comédie musicale, d’une pièce sur Martin Luther King (Dreaming Emmet) ainsi que d’un essai sur les Noirs dans la littérature américaine (Playing in the Dark).

En novembre 2006, elle est «conservatrice invitée» au Louvre, où elle ouvre un cycle de manifestations mêlant littérature, peinture, danse et musique autour du thème «Étranger chez soi», sur lequel elle a travaillé deux ans avec les équipes du musée parisien. «Ce thème, je le connais bien pour l’avoir exploré dans mon œuvre et dans mon travail de professeur à Princeton.» En 2008, elle apportera tout naturellement son soutien au candidat démocrate Barack Obama, non pas à cause de la couleur de sa peau mais parce qu’il possède «une imagination créatrice qui, associée au brio, égale la sagesse». Le 3 novembre 2010, la romancière américaine recevait des mains du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand l’insigne d’officier dans l’ordre de la Légion d’honneur

Le Figaro.fr par Bruno Corty

A chaque hiver, ses amis et ses ennemis

février 24, 2019

La grisaille pèse sur la toiture déjà envahie par un large manteau de neige, qui presse la charpente, au point de la faire craquer. Tandis qu’à l’horizon, aucun rayon d’espérance de la lumière du soleil ne pointe son nez.

Silencieuse est la journée. Personne n’ose braver les picotements incisifs et corrosifs de l’hiver, facteurs de la porosité et la densité de l’ossature. Quand va-t-il finir et cesser de nous fouetter la peau déjà frileuse et malheureuse?

Car ceux qui ont fui l’hiver puis sont partis au soleil des Caraïbes et de la Floride, comptent les jours pour revenir. La vie est rose dans cette destination ensoleillée mais très coûteuse en couverture sanitaire.

Bref! Face aux choix de la vie, il faut savoir supporter les conséquences.

Quant aux Tout-petits, ils sont très fiers de s’amuser sur la neige tombante et abondante vêtus comme des oursons avec de bons capuchons.

Par ailleurs, les chants des oiseaux avec leurs refrains arrivent à bercer l’atmosphère. Car avec leurs plumes, ils testent le souffle de l’air du froid glacial.

Très tôt le matin la porte coince, un coup de serrure arrive de l’ouvrir. Une bouffée de fraicheur agresse mon corps. Le regard heurte les murs des bâtiments, se lève en flèche et découvre sur les branches lointaines des érables effeuillés qui ont bravé la férocité et l’âpreté du froid, quelques familles de mésanges qui exercent leur gosier pour voir si elles peuvent déjà faire passer de la nourriture sous leur cou plumé dans le repos allègre de leur jabot.

Un corbeau noir, cousin des corneilles, scrute le sol et les pieds des poubelles dans l’espoir de trouver une pitance. Car il a promis à sa colonie de ramener même un beignet jeté par un bambin en colère, capricieux devant sa maman qui lui prie de ne point pleurer. Un peu, à sa droite, il voit un écureuil qui passe avec une coque d’arachide, pris sur la véranda où des habitants lui servent sa subsistance pour l’hiver.

Furieux de l’heureux constat de la quête de l’écureuil, le corbeau essaie de l’effrayer pour qu’il laisse tomber sur le fil son gain. Mais le petit animal poilu – sûr de sa défense – a réussi d’opposer une résistance au corbeau qui a ensuite sollicité les services du chat errant, pour attraper l’écureuil afin qu’il lui facilite la chasse et de se partager sa chair.

L’entente complice du corbeau et du chat n’a pas donné des résultats de satisfaction aux deux forfaitaires.

Hélas! Le corbeau dans sa randonnée enneigée et le chat dans l’ingratitude de sa solitude sont rentrés bredouille, l’un dans sa corbeautière située sous le plafond du vieux château, et, l’autre son compère dans l’entrepôt de ferraille du garage.

Bernard NKOUNKOU

Corps purifié dans le Gange

février 24, 2019

Nage joyeusement dans le Gange

Dans la beauté épurée de ton âge

Comme le poisson luisant de ses écailles

Tu brilles sans fard à merveille avec tes ailes

Grâce est le canon secret de ton joli bassin

Aux contours flexibles accrochant le cristallin

Car à chaque immersion dans le Gange

Tu y ressors avec une nouvelle image 

Bernard NKOUNKOU

Le Nobel de littérature pourra être décerné

octobre 5, 2018

 

Suède L’académie suédoise a élu de nouveaux membres, ce qui permettra de décerner le prix Nobel de littérature en 2019.

 

Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, est l'une des deux personnalités élues vendredi à l'académie suédoise.

Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, est l’une des deux personnalités élues vendredi à l’académie suédoise. Image: AFP

L’académie suédoise, qui décerne le prix Nobel de littérature, a annoncé vendredi l’élection de nouveaux membres. Après un scandale sexuel, elle n’en comptait plus que dix actifs sur 18, ce qui a entraîné le report d’un an de la récompense en 2018.

Ses statuts requièrent la présence d’au moins douze sages. Les désaccords au sein de l’académie sur la manière de gérer les révélations d’agressions sexuelles d’un Français proche de l’institution, et marié à l’un de ses membres, ont suscité de graves dissensions internes. Plusieurs se sont mis en congé, dont la secrétaire perpétuelle alors en exercice, Sara Danius.

L’élection de Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, qui écrit en suédois et en persan, et celle d’Eric Runesson, né en 1960, juge à la cour suprême suédoise, permet ainsi à l’académie de retrouver son quorum indispensable. Mme Mossaed remplace l’écrivaine Kerstin Ekman, qui s’est mise en retrait de l’académie en 1989, après le refus de l’académie de condamner à l’époque une fatwa contre l’écrivain britannique Salman Rushdie.

«Nous avons fait un bon bout de chemin pour rétablir la confiance. Les choses semblent désormais différentes», s’est félicité le secrétaire perpétuel par intérim, Anders Olsson. Le roi Carl XVI Gustaf, parrain de l’institution, avait annoncé en mai une modification des statuts de l’académie: ses membres, initialement élus à vie, pourront désormais démissionner et être remplacés de leur vivant. (ats/nxp)

Tdg.ch créé: 06.10.2018, 03h31

France: mort de Pétillon, dessinateur de « L’Enquête corse » et satiriste décalé

septembre 30, 2018

Paris – Auteur de la BD à succès « L’Enquête corse » et fin satiriste de la politique française pour l’hebdomadaire Le Canard enchaîné, le dessinateur René Pétillon est mort dimanche à l’âge de 72 ans.

« Son humour acéré, impitoyable, légèrement décalé et néanmoins pas dénué de tendresse (faisait) mouche à tous coups », ont souligné les éditions Dargaud dans un communiqué annonçant son décès des suites d’une « longue maladie ».

Regard bleu profond, épais sourcils blancs, Pétillon était le père de Jack Palmer, un détective un peu bêta au gros nez et à l’imperméable trop grand.

Créé en 1974, son personnage fétiche a valu à Pétillon la reconnaissance du grand public un quart de siècle plus tard.

En 2000, l’une de ses aventures, « L’Enquête corse », est un énorme succès de librairie et reçoit le Prix du Meilleur album en 2001 au Festival d’Angoulême.

Cette BD, qui moque avec une égale tendresse les Corses et les « pinzuti » (les continentaux), est ensuite portée au cinéma par Alain Berberian en 2004, avec Christian Clavier dans le rôle de Palmer.

« René Pétillon était un homme très drôle et d’une grande finesse; c’est une grande tristesse de le voir partir. La BD perd un Grand », a salué cet acteur sur Twitter.

« Riposa in Pace » (« Repose en paix »), a écrit le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, une figure indépendantiste.

« Le succès de cet album m’a abasourdi », racontait Pétillon à l’AFP en 2013, encore surpris d’avoir été fait citoyen d’honneur de la ville de Bastia, dans le nord de la Corse, grâce à cet ouvrage.

Il assurait s’être « régalé » en écrivant les aventures de Palmer sur l’île de Beauté, lui qui utilisait beaucoup « la mauvaise foi » en tant que ressort comique de ses dessins.

« Les Corses s’amusent à qui sera le plus de mauvaise foi, c’est un jeu là-bas », disait celui qui s’enorgueillissait de n’avoir jamais eu « la volonté d’être méchant » et préférait manier l’ironie.

Parallèlement à la BD, Pétillon, Grand prix du Festival d’Angoulême en 1989, était aussi une vedette de la satire politique, grâce à son travail pour le Canard enchaîné.

Il y était entré en 1993 avant de mettre fin à sa collaboration avec l’hebdomadaire l’an passé, a rappelé Dargaud, selon lequel Pétillon était « un des grands portraitistes de la société française ».

Originaire de Lesneven, au nord de Brest (Bretagne), et issu d’une famille catholique traditionnelle, Pétillon était fasciné par l’image depuis sa plus tendre enfance. Ce fils de boulanger l’avait passée à dévorer les Tintin et les Spirou.

Après son service militaire en Allemagne, il rejoint Paris. Il essuie de nombreux refus pour ses dessins et enchaîne les petits boulots (magasinier, livreur, coursier, etc.).

Finalement, ses premiers dessins paraissent en 1968 dans Planète, Plexus et l’Enragé.

Sa première bande-dessinée sort en 1972 dans Pilote, « un récit de six pages intitulé +Voir Naples et mourir+ », a rappelé Dargaud. Deux ans plus tard, c’est la naissance de Jack Palmer.

Avant son entrée au Canard enchaîné, Pétillon dessine dans l’Echo des Savanes, VSD, Métal Hurlant ou Le Matin de Paris.

En 2006, dans l’une des aventures de Palmer, « L’Affaire du voile », il parvient à faire rire du voile islamique et des pratiques religieuses, en plein débat sur la laïcité.

« Je crois avoir traité le voile de façon directe et frontale » avec le souci de « ne pas faire de provocations », affirme-t-il alors.

Romandie.com avec(©AFP / 30 septembre 2018 18h41)                                                        

Un livre épingle le coût des « prédateurs » de la finance

septembre 26, 2018

L’un des auteurs, le journaliste Denis Robert, ici en 2010 avec son avocat Herve Temime lors de son acquittement au procès Clearstream / © AFP/Archives / BORIS HORVAT

Une chaîne de hamburgers, une raffinerie texane et des mines d’uranium africaines: un livre des journalistes Catherine Le Gall et Denis Robert décrypte les montages financiers de ces trois acquisitions et dénonce les « prédateurs » qui agissent selon eux aux dépens de l’Etat.

« Les prédateurs mettent en place dans les systèmes des hommes à eux », explique lors d’une rencontre avec la presse M. Robert, à l’occasion de la sortie jeudi du livre « Les Prédateurs » aux éditions du Cherche Midi.

« Ils ont à chaque fois pour cible une entreprise publique. Dans le cas de Quick, la Caisse des dépôts et consignations (CDC); dans celui de la raffinerie de Pasadena (Texas) le groupe public brésilien Petrobras, et Areva dans celui d’Uramin », détaille-t-il.

« Ce sont trois affaires, qui sont apparemment indépendantes, qui fonctionnent sur la même mécanique », affirme M. Robert.

« Dans les trois cas, on voit le rôle des experts qui effectuent une expertise qui est bidon », relate le journaliste. « Ces expertises ont pour but de gonfler les prix et de faire cracher de l’argent public, avec l’aide de complices à l’intérieur », assure-t-il.

Dans cet ouvrage, les deux auteurs reviennent sur la vente de la chaîne Quick en 2007 à la filiale de la CDC Qualium, pour 760 millions d’euros, un bien, selon eux, « incroyablement surévalué ». Deux années plus tôt, la chaîne de hamburgers était estimée à 300 millions d’euros.

A partir de l’affaire Quick, les journalistes prennent comme fil conducteur de leur enquête le milliardaire belge Albert Frère, actionnaire de Quick, et le magnat canadien Paul Desmarais.

Tous deux sont présentés comme « un duo de milliardaires ayant bâti leurs fortunes grâce à des hommes bien placés ». « On ne peut pas dire que ce soit illégal, mais on assume de dire que c’est immoral », commente Mme Le Gall.

En suivant ces deux financiers, les journalistes remontent jusqu’à la vente d’une raffinerie à Pasadena en 2005 au groupe public pétrolier brésilien Petrobras pour 1,18 milliard de dollars, alors qu’elle avait été achetée 42,5 millions sept années plus tôt par un groupe appartenant à Albert Frère.

Ils arrivent finalement à l’achat controversé d’Uramin par Areva en 2007 pour 1,8 milliard de dollars, une affaire au coeur de deux informations judiciaires en France.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de la CDC n’a pas souhaité commenter le livre. Il a rappelé que la CDC était « actionnaire » de sa filiale Qualium et estimé qu’elle « n’avait donc aucune prise sur les décisions de l’époque ».

Romandie.com avec(©AFP / (26 septembre 2018 12h04)

La colère du dieu Outaouais

septembre 23, 2018

 

Du haut de la colline du Parlement

Sur le majestueux firmament

A soufflé un triste vent violent

D’une colère sans précédent

 

Épais était son beau manteau

Dessinant les muscles de sa peau

Quand soudain au soir d’Ottawa

La peur provoquait le branle-bas

 

Voyant à côté les ombres de l’atmosphère

Gatineau tremblait dans toute sa chair

Quand de sa bouche et de sa langue acérée

Il vomissait des vents inouïs et forcenés

 

De son passage d’une rare violence

Il arrachait les toitures des maisons

Emportant des objets des balcons

Qui volaient dans les airs sans grâce

 

L’hébétude était à son comble

Comme une scène de guerre

Dont la désolation décapait la ville

Semant un désastre de grande frayeur

 

Personne ne pouvait lui résister

Le Dieu d’Outaouais déchainé

Qui demande respect et considération

À ses enfants de premières nations

 

Bernard NKOUNKOU

Droit d’auteur et numérique: les mots pour comprendre la nouvelle directive européenne

septembre 12, 2018

Le texte soulève un débat sur les bénéfices ou les dangers qu’il aurait pour la culture sur Internet.

Le Parlement européen a finalement adopté, mercredi 12 septembre, une directive qui doit adapter le droit d’auteur à l’heure du numérique. Ce vote a lieu après une campagne intense de lobbying à propos de ce texte, dont une première version avait été rejetée par le Parlement en juillet.

Pour les partisans de la directive — industries culturelles, médias, artistes… —, elle est en effet nécessaire pour assurer une meilleure rémunération des créateurs et des éditeurs dans l’économie actuelle d’Internet. Pour les opposants — les grandes entreprises du Web et les défenseurs des libertés numériques —, il s’agit d’un texte européen dangereux à la fois pour leur business et pour leur fonctionnement, ainsi que pour la liberté d’expression.

Pour bien comprendre les enjeux liés à ce texte (qui doit encore être négocié entre la Commission, le Conseil européen et le Parlement européen, avant d’être traduit dans les législations nationales de chaque pays membre de l’UE), voici un lexique des mots et expressions qui reviennent le plus souvent à son sujet.

Le contenu de la directive européenne :   Que peut-elle changer pour les internautes ?

Article 11

Cet article de la directive européenne crée le principe d’un « droit voisin » dont pourront se réclamer les entreprises de presse. Il contraint les grandes plates-formes du numérique à rémunérer les médias lorsqu’elles affichent des extraits d’articles ou d’autres contenus sur leurs services.

Tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad :   les « droits voisins », une question de vie ou de mort

  • Droits voisins

Le droit d’auteur est un droit de propriété intellectuelle sur une œuvre de l’esprit. Les « droits voisins du droit d’auteur » peuvent être accordés à des personnes physiques ou morales qui jouent un rôle dans la création de cette œuvre de l’esprit, sans en être directement l’auteur : les entreprises de presse sont concernées, car elles permettent à des journalistes de publier des articles de presse, sans en être directement l’auteur. Celles et ceux qui bénéficient d’un « droit voisin » peuvent toucher des droits patrimoniaux lorsque l’œuvre est utilisée, et ont un droit moral sur le respect de l’œuvre. Ils existent déjà dans la musique pour les artistes interprètes et les producteurs, par exemple.

En réponse à Sammy Ketz :   « Le “droit voisin” est une hydre à multiples têtes »

  • Snippets et « mots individuels »

Un élément clef des débats sur l’article 11 consiste à définir ce qui constitue, ou non, une « exploitation » d’un article de presse. Le texte adopté vise assez spécifiquement les « snippets », c’est-à-dire de courts extraits d’un article qui sont affichés par exemple lorsqu’on les partage sur Facebook ou qu’on parcourt Google Actualités. L’article 11, dans la version adoptée mercredi 12 septembre, précise toutefois que les liens seuls ne sont pas concernés, et que ces derniers peuvent être accompagnés de « mots individuels » — une notion floue que les Parlements nationaux devront vraisemblablement préciser.

Article 13

Cet article vise à contraindre les grandes plates-formes d’Internet (Google, Facebook…) à négocier des accords avec les titulaires de droits — ce qui est déjà largement le cas, mais les ayants droit estiment que ces accords leur sont défavorables. A défaut d’accord, les grandes plates-formes devront s’engager à empêcher leurs utilisateurs de publier des contenus protégés par le droit d’auteur.

  • Blocage automatique

Très critiqué, le principe d’un blocage automatique de tous les contenus ne respectant pas le droit d’auteur est déjà en place sur certaines plates-formes, dont YouTube. Ce système, dit « content ID », scanne automatiquement les morceaux de musique et les vidéos mis en ligne sur la plate-forme pour y détecter des « signatures numériques », théoriquement uniques et propres à chaque morceau ou vidéo. Lorsque YouTube détecte qu’une vidéo utilise du contenu soumis au droit d’auteur, il la bloque ou, si les ayants droit l’acceptent, laisse la vidéo en ligne, mais reverse une partie des revenus qu’elle génère aux détenteurs originaux des droits.

La tribune du chercheur Félix Tréguer :   l’affrontement factice des deux têtes du capitalisme informationnel

  • Exceptions au droit d’auteur

Les adversaires de l’article 13 notaient que les systèmes de filtrage automatique ne respectent que très partiellement les droits des internautes sur les exceptions au droit d’auteur. Dans la plupart des pays européens, la loi prévoit notamment des dérogations plus ou moins étendues pour les parodies, les remix, ou le droit de citation.

 

Lemonde.fr

Prix Nobel alternatif de Littérature: Maryse Condé parmi les finalistes

septembre 3, 2018

 

Maryse Condé chez elle à Paris, en 2015. © Jacques Torregano pour JA.

L’écrivaine guadeloupéenne se dit très étonnée d’avoir été sélectionnée par cette institution éphémère, édifiée par des intellectuels suédois.

Pas de Prix Nobel de Littérature cette année. Mais Maryse Condé, écrivaine guadeloupéenne dont l’œuvre dessine avec brio les contours du monde noir, peut encore espérer une consécration d’envergure internationale. Ceci dit, elle sera d’un tout autre genre.

Et pour cause, l’académie suédoise, entachée par un scandale sexuel, depuis novembre 2017, ayant provoqué la défection de dix de ses sages sur dix-huit ainsi que le report du Prix Nobel à l’année 2019, a vu la création d’une Nouvelle Académie par des intellectuels suédois. Ces derniers ont mis sur pied le Prix Nobel alternatif de Littérature. « La Nouvelle Académie a été fondée afin de garantir qu’un prix littéraire international soit bien décerné en 2018, mais aussi rappeler que la littérature ne va pas sans démocratie, ouverture, bienveillance et respect », peut-on lire sur le site de l’institution alternative.

Elle n’a eu de cesse de démontrer comment le colonialisme a transformé le monde

Les libraires suédois ont ainsi été invités à soumettre le nom d’auteurs qui mériteraient, selon eux, de remporter ce Graal 2.0 avant le 8 juillet. Résultat des courses : quarante-sept auteurs ont été sélectionnés avant que ce panel ne soit soumis aux votes des internautes du monde entier entre le 10 juillet et le 14 août derniers. Et l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé, fait partie des quatre derniers auteurs en lice (citons le Japonais Haruki Murakami, la Vietnamienne Kim Thuy et le Britannique Neil Gaiman).

« Étonnée »

« Maryse Condé est l’une des plus importantes auteures francophones. Son œuvre a eu une influence significative dans les Caraïbes et sur le continent africain. Elle n’a eu de cesse de démontrer comment le colonialisme a transformé le monde, et comment ceux qui en ont souffert s’attelle à se réapproprier leur héritage », rappelle la Nouvelle Académie qui sera dissoute en décembre après qu’un jury composé d’experts (professeurs de littérature, éditeurs, etc.) statue le 12 octobre prochain.

« Je suis très heureuse de compter parmi les finalistes mais toute de même très étonnée », réagit Maryse Condé auprès de Jeune Afrique. « En France, je n’ai jamais eu le sentiment que l’on écoutait vraiment ce que j’avais à dire. Je suis habituée à être un peu marginalisée. Aussi, cela m’étonne que ce soit un pays tel que la Suède, un pays voisin de la France, qui estime que ce que je suis et ce que je dis est important. Si je remporte ce prix, je ne manquerai de remercier le peuple qui m’a toujours soutenu. Je parle de mes frères et sœurs de Guadeloupe. »

Mon esprit reste au milieu des préoccupations du monde. Je suis à la fois recluse et présente

De Moi, Tituba, sorcière noire de Salem à l’épopée Ségou, de La Vie Scélérate à La Migration des Cœurs, Maryse Condé est définitivement l’une des écrivaines majeures de la littérature des Caraïbes et d’Afrique. Et que dire des différents témoignages de son existence que sont Victoire, les saveurs et les mots, La Vie Sans Fards ou Mets et Merveilles. La romancière de 81 ans y dépeint son existence au gré d’une écriture limpide et terriblement franche. Son dernier roman, Le Fabuleux et Triste Destin d’Ivan et Ivana, paru l’an dernier, rappelait que celle qui ne veut plus écrire garde un œil sur l’actualité. « Mon esprit reste au milieu des préoccupations du monde. Je suis à la fois recluse et présente », confiait-elle alors à JA, à l’occasion de la parution de ce dernier roman.

Si, depuis ses débuts en littérature, à l’âge de 40 ans, l’ancienne professeure de français à l’Université Columbia a remporté de nombreux prix (Prix de l’Académie française pour La Vie Scélérate, Prix Carbet de la Caraïbe pour Desirada, Grand Prix du Roman métis pour En attendant la montée des eaux, pour n’en citer qu’une infime partie), on ne peut que lui souhaiter ce Prix Nobel alternatif de Littérature, qu’elle mérite amplement.

Jeuneafrique.com par

L’écrivain britannique et prix Nobel de littérature V.S. Naipaul est mort

août 11, 2018

Londres – L’écrivain britannique V.S. Naipaul, prix Nobel de littérature en 2001, est mort à 85 ans, a annoncé samedi sa famille.

« Il était un géant dans tout ce qu’il a accompli et il est mort entouré par ceux qu’il aimait, ayant vécu une vie pleine de créativité merveilleuse et d’initiative », a déclaré sa femme, Lady Naipaul, dans un communiqué.

Vidiadhar Surajprasad Naipaul – peintre du déracinement, des petites gens et des empires déclinants – est l’auteur de plus de trente ouvrages.

Né le 17 août 1932 dans les Antilles britanniques, à Port of Spain, la capitale de la Trinité, d’une famille d’immigrés indiens, il avait étudié la littérature anglaise à l’université d’Oxford avant de s’établir en Angleterre en 1953.

Il avait consacré une grande partie de sa vie à voyager et était devenu un symbole du déracinement dans la société contemporaine.

En lui décernant le prix Nobel en 2001, l’Académie suédoise avait qualifié V.S. Naipaul d' »écrivain cosmopolite » et « tourmondiste littéraire ».

L’une de ses oeuvres majeures est son autobiographie « Une maison pour Monsieur Biswas » en 1964, où le héros emprunte les traits du père de l’écrivain.

A travers ce livre, il décrivait la difficulté pour les immigrants indiens dans les Caraïbes de s’intégrer dans la société tout en conservant leurs racines.

En 1998, il livrait « Jusqu’au bout de la foi », après avoir refait, apaisé, le voyage qui l’avait conduit, dix-sept ans auparavant, dans les quatre pays musulmans non arabes (Indonésie, Iran, Pakistan, Malaisie) qui avaient inspiré le fiévreux « Crépuscule sur l’Islam, voyage au pays des croyants ».

Il y décrivait les pays post-coloniaux comme des sociétés « à moitié faites » et soutenait que l’islam réduisait à l’esclavage et tentait d’éliminer les autres cultures.

Romandie.com avec(©AFP / 11 août 2018 23h51)