Archive for the ‘Médias’ Category

États-Unis: L’animateur de télévision Regis Philbin s’éteint à l’âge de 88 ans

juillet 26, 2020
© Fournis par La Presse canadienne
NEW YORK — Regis Philbin qui a animé pendant longtemps des émissions matinales et le jeu-questionnaire «Who Wants to Be a Millionnaire?» à la télévision américaine est mort à l’âge de 88 ans.

Philbin est mort vendredi, à peine un mois avant son 89e anniversaire, de causes naturelles, selon un communiqué de la famille transmis par le porte-parole de l’animateur, Lewis Kay.

Les personnalités se sont succédé à l’émission qui portait son nom. On se rappellera surtout des échanges sur les événements de la veille qu’il avait avec sa co-animatice Kathie Lee Gifford à l’émission «Live! with Regis and Kathie Lee» de 1985 à 2000 ou Kelly Ripa à «Live! with Regis and Kelly», de 2001 jusqu’à 2011.

«Il n’existe aucun mot pour tout mon affection pour mon grand ami Regis, a écrit Gifford, sur Instagram. Je l’adorais, tout simplement. Chaque jour avec lui était un cadeau.»

Les téléspectateurs ont bien ri de la fausse indignation affichée par Philbin parce qu’il n’avait pas obtenu la meilleure table dans un restaurant, la veille, ou se plaignant d’être brimé par sa partenaire.

Après avoir commencé sa carrière professionnelle en stationnant des automobiles dans une station de télévision de Los Angeles, Phibin a totalisé plus de 15 000 heures en ondes. Son nom est d’ailleurs inscrit dans le Livre des records de Guinness.

Il a aussi animé «Who Wants to Be a Millionaire», le jeu télédiffusé qui a été brièvement l’émission la plus populaire au tournant du siècle. ABC l’a diffusé jusqu’à cinq fois par semaine. Au cours de ses deux premières années en onde, elle a engendré environ 1 milliard $ en revenus. Le réseau a dit qu’elle avait été l’émission la plus profitable de l’histoire de la télévision. Elle a aussi été profitable pour Philbin qui est devenu lui-même multimillionnaire.

La fameuse question que posait Philbin. «Est-ce votre dernière réponse ?», est devenue un slogan national.

«On attend tout sa vie pour avoir une telle chance, et parfois, cela n’arrive jamais», avait dit Philbin lors d’une entrevue à l’Associated Press en 1999.

Il a aussi gagné un Emmy d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

En 2008, Philbin disait que «sortir le meilleur d’un invité était une spécialité».

«La limite de temps oblige à aller directement au point. Cela doit compter, avant d’aller à la publicité et de recommencer. Envoyer la vidéo. Dire au revoir. Et toujours parler sur un ton convivial.»

David Bauder, The Associated Press

Canada/Inconduites: des voix s’élèvent contre le retrait des ondes de La Faille

juillet 16, 2020
Des groupes représentant des travailleurs de l’industrie de la télévision et du cinéma s’opposent au retrait des ondes des séries dans lesquelles figurent des individus qui font face à des allégations d’inconduites, car ces décisions pénalisent toutes les personnes impliquées dans la création de ces œuvres.
L’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son (AQTIS), l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) et la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC) ont publié un communiqué jeudi soir dans lequel elles déplorent le retrait des ondes d’oeuvres de fiction comme « La faille », une série dans laquelle Maripier Morin tient un rôle.

Cette décision «pénalise non seulement leur public, mais toutes les personnes impliquées dans leur création, leur production et leur diffusion. De tels retraits sont injustes et disproportionnés», peut-on lire dans le communiqué.

«Les équipes qui travaillent d’arrache-pied sur nos séries et nos films, et leur public, ne doivent pas subir de tels abandons pour les agissements d’un seul individu».

Selon leurs présidents, Dominic Pilon (AQTIS), Gabriel Pelletier (ARRQ) et Mathieu Plante (SARTEC), « le public est en mesure de faire la part des choses entre la réalité et la fiction ».

Dans la foulée des allégations visant la comédienne Maripier Morin, Vidéotron a retiré La faille du Club illico.

La chanteuse Safia Nolin a raconté la semaine dernière sur Instagram une soirée qui s’est déroulée en 2018.

Elle relate que Maripier Morin l’a touchée, lui a mordu une cuisse en plus de lui tenir des propos sexuellement explicites et racistes. Maripier Morin a présenté des excuses pour son comportement, sans reconnaître les faits spécifiques rapportés par l’auteure-compositrice-interprète. Les allégations des deux femmes n’ont pas été testées devant les tribunaux.

Dans leur communiqué, l’AQTIS, l’ARRQ et la SARTEC ont tenu à spécifier qu’elles saluaient  «le courage des victimes qui prennent la parole et dénoncent les actes répréhensibles de certains individus».

Avec La Presse canadienne

Congo: décès de Mfumu Fylla Saint-Eudes

juin 24, 2020

Le journaliste MFUMU FYLLA SAINT-EUDES est décédé ce mercredi 24 juin 2020 au CHU DE BRAZZAVILLE des suites du Covid19.

Photo de BrazzaNews.
MFUMU FYLLA SAINT-EUDES
Avec Brazzanews

Congo-Disparition : Gilbert Chastel Tsinga a tiré sa révérence

juin 24, 2020

Journaliste, présentateur, animateur et producteur d’émission, Gilbert Chastel Tsinga est décédé le 22 juin à l’hôpital général de Loandjili des suites d’une courte maladie.

 

Le regretté Gilbert Chastel Tsinga Photo »DR »

Rigoureux, exigeant et souriant tels sont les principaux traits caractéristiques de Gilbert Chastel Tsinga qui, durant sa longue et riche carrière, a suscité l’admiration et le respect.

Passionné du micro, Chastel a été à Radio Congo dans les années 90 où il s’est s’illustré en présentant les journaux parlés avant d’être nommé coordonateur des journaux. Les auditeurs de la chaîne nationale n’ont pas oublié la voix tonique et les envolées lyriques de Chastel qui, à la même époque, sera l’animateur patenté de l’émission « Cœurs religieux », laquelle émission a fait la gloire de nombreux chantres et adorateurs de la musique religieuse. À Pointe-Noire, dans les années 2000, Chastel Tsinga évolue à Radio Congo Pointe-Noire où il sera nommé plus tard rédacteur en chef.

En 2006, Chastel Tsinga sera le premier rédacteur en chef de la chaîne de radio et télévision DVS+. Dans ce média privé, les auditeurs l’ont apprécié à travers l’émission sportive hebdomadaire « La Ronde des stades » mais aussi le « Show du samedi soir » animé dans la cour de DVS+.

Très proche du milieu religieux, Chastel Tsinga a aussi dirigé la radio du centenaire, média de l’Église évangélique du Congo et la Voix de l’orthodoxie.

Après s’être mis en retrait des médias pendant quelque temps, Chastel est revenu sur les ondes en produisant avant sa mort les émissions « Cultura », « 62 Foot » et « Parlons-en »  à Radio Congo Pointe-Noire. Adieu Chastel, que la terre te soit légère.

 

Avec Adiac-Congo par Hervé Brice Mampouya

Cameroun: un journaliste arrêté il y a dix mois est mort en détention

juin 4, 2020

 

Le journaliste camerounais Samuel Wazizi, arrêté en août 2019 pour avoir critiqué la gestion par Yaoundé de la crise anglophone au Cameroun, est mort en détention, a affirmé Reporters sans frontières (RSF), qui appelle les autorités à faire toute la lumière sur les circonstances de sa mort.

«Le journaliste Samuel Wazizi est bien mort pendant sa détention», a confirmé mercredi soir RSF dans un communiqué, après l’annonce mardi de son décès par une chaine de télévision privée camerounaise, puis par le Syndicat national des journalistes camerounais (SNCJ). Ni le gouvernement ou l’armée n’avaient encore confirmé le décès du journaliste ou réagi aux sollicitations de RSF, du SNCJ et de plusieurs organisations de défense des droits humains, selon eux. Contactées directement par l’AFP, les autorités n’avaient pas encore répondu jeudi matin.

Présentateur de la chaîne de télévision régionale Chillen Media Television, Samuel Wazizi, avait été arrêté le 2 août 2019 à Buea, chef-lieu de la région anglophone du Sud-Ouest, selon RSF. Il était accusé «d’avoir tenu sur sa chaîne des propos critiques à l’égard des autorités sur leur gestion de la crise dans les régions anglophones du Cameroun», ajoute RSF dans son communiqué. Depuis près de trois ans, des groupes séparatistes et l’armée s’affrontent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, où vit l’essentiel de la minorité anglophone qui s’estime marginalisée. Une partie d’entre eux a pris les armes contre Yaoundé et réclame l’indépendance de ce territoire.

Les combats, mais aussi les exactions et meurtres commis contre des civils par les deux camps, ont fait plus de 3.000 morts et forcé plus de 700.000 personnes à fuir leur domicile. Cinq jours après son arrestation en août, le journaliste avait été «récupéré» par des militaires, affirme RSF. Il n’a alors jamais été présenté devant la justice, affirme à l’AFP son avocat Me Lyonga Ewule, et était «détenu au secret» en «dehors de toute procédure légale», selon RSF.

Le journaliste était «malade» et serait «mort durant son transfert à Yaoundé à une date inconnue», selon un «responsable militaire de premier plan très proche de l’affaire» cité par RSF. Son avocat et le SNCJ affirment qu’il a été torturé lors de sa détention. Son corps est arrivé lundi à la morgue «sous forte escorte», selon une source de l’hôpital militaire de Yaoundé également citée par RSF. «Nous demandons aux autorités de briser le silence intolérable autour de cette affaire (…) et de conduire une enquête sérieuse et indépendante pour établir (…) les circonstances ayant conduit à cet évènement tragique», a déclaré Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF.

Par Le Figaro avec AFP

RDC-Diaspora/Sextons Creek : Thierry Dongala nommé directeur des affaires africaines

juin 2, 2020

 

Fondée en 2014 et basée aux Etats-Unis, Sextons Creek est une société de services et de communications stratégiques servant des clients dans les domaines des relations gouvernementales, des communications stratégiques, du marketing, des productions médiatiques et des services aux entreprises.

 

Thierry Dongala

D’origine congolaise et centrafricaine,Thierry Dongala sera responsable du développement des relations avec les clients actuels et futurs de la société au niveau continent africain. Il est diplômé en finances de la Penn State University.

Auparavant, Thierry Dongala a été conseiller principal pour l’Afrique au Comité des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis, au sous-comité sur l’Afrique, la santé mondiale, les droits de l’homme dans le monde et les organisations internationales. Il est aussi le fondateur du cabinet de conseil Accountable Africa.

Avant de travailler au Congrès américain,Thierry Dongala a co-présidé des forums sur la responsabilité avec le député David M. Walker, ancien contrôleur général des États-Unis et ancien chef de la direction du Bureau de responsabilisation du gouvernement américain.

Thierry Dongala a également été un ancien organisateur de conférences d’investisseurs institutionnels pour Euromoney Institutional Investor. Avant Euromoney, il a travaillé au Sénat américain pour le sénateur Bob Casey (D-PA). Il a aussi été consultant sur le changement démographique et la sécurité de la retraite pour plusieurs sociétés du Fortune 500, dont Bank of America Merrill Lynch Wealth Management. Auparavant, Thierry Dongala était vice-président de l’Alliance for Generational Equity, où il est devenu le porte-parole de la réforme des droits auprès des millénials. Les analyses politiques de Thierry Dongala ont été publiés dans le Washington Post, Politico et U.S News and World Report. Pour plus d’informations, visitez sextonscreek.com.

 

Avec Adica-Congo par Patrick Ndungidi

Des journalistes visés lors des manifestations aux Etats-Unis

mai 31, 2020

Des journalistes ont été pris à partie dans plusieurs villes des États-Unis lors des manifestations de ces derniers jours en réaction à la mort de George Floyd, par police et manifestants, agressés, arrêtés ou ciblés par des tirs.

La scène la plus médiatisée reste celle de l’interpellation du reporter de CNN Omar Jimenez, menotté par des policiers en plein direct à Minneapolis vendredi 29 mai au matin, avant d’être relâché, une heure plus tard.

Mais plusieurs autres incidents ont eu lieu dans le pays, notamment à Louisville, dans le Kentucky, où un policier anti-émeute a tiré des cartouches lacrymogènes sur une équipe de télévision locale qui le filmait. «On me tire dessus!» a crié, à l’antenne, Kaitlin Rust, de la chaîne locale WAVE 3.

A Minneapolis, une journaliste freelance, Linda Tirado, a reçu une balle en caoutchouc au visage et indiqué avoir définitivement perdu l’usage de son oeil.

«Les autorités locales doivent ordonner à leurs forces de police de ne pas prendre des journalistes pour cible», a exhorté samedi soir le Comité de protection des journalistes (CPJ).

Une haine grandissante contre les journalistes

Des membres des médias ont également été attaqués par des manifestants, comme le photographe Ian Smith, qui a affirmé avoir été passé à tabac à Pittsburgh avant que d’autres manifestants ne s’interposent.

A Atlanta, le siège de la chaîne d’information CNN a été attaqué vendredi par un groupe de plusieurs dizaines de personnes, qui ont notamment envoyé une grenade détonante dans le hall où se trouvaient des policiers.

Samedi matin, un journaliste de la chaîne d’information Fox News qui se trouvait devant la Maison Blanche a été chassé par des manifestants, et poursuivi sur plusieurs centaines de mètres, avant que la police ne disperse les assaillants. «Si vous êtes manifestants, faites ce qui vous semble juste, mais ne nous empêchez pas de faire notre travail pour le public», a demandé samedi la Société des journalistes professionnels (SPJ).

Le président américain Donald Trump a lui retweeté un message expliquant: «Ironie du sort, le siège de CNN est attaqué par des émeutiers que la chaîne a présenté comme nobles et justes. Oops.» Depuis son élection, le chef de l’Etat s’en prend régulièrement aux médias, accusés de déformer la vérité, voire de fabriquer de fausses informations dans le but de lui nuire. Il les a régulièrement qualifiés d’«ennemis du peuple», avec une mention particulière à CNN, sa cible favorite.

Par Le Figaro avec AFP

Congo: à l’aube de la Journée mondiale de la liberté de la presse

mai 2, 2020

A l’aube de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai de chaque année, un journaliste de télévision paie le prix de son poste, sur une question librement posée, sans en inventer les faits de l’actualité.

La liberté d’opinions dans certaines démocraties du monde est encore un luxe, sinon un tabou du langage. Vous pouvez partir en prison, ou, mal en pis, y perdre votre emploi.

Presse Congolaise : suspension d’un journaliste.

Le ministre de la justice, Aimé Bininga fait viré le journaliste de TeleCongo Rocil OTOUNA.

Le journaliste Rocil Otouna à été viré du journal de 20h de Télé Congo, sur le fait d’avoir posé la question sur le direct de vendredi soir: « Pourquoi ne voit-on pas des personnes guéries de coronavirus » ?

C’est la question dérangeante et excitante que notre confrère a posée au ministre de la Justice, Aimé Bininga, invité sur le plateau spécial organisé pour décortiquer le discours du Chef de l’État Denis Sassou Nguesso sur le Covid-19.

 

Photo de BrazzaNews.
Rocil OTOUNA.
Avec Brazzanews

Canada-Québec: L’ex-journaliste économique Claude Beauchamp n’est plus

avril 13, 2020
Claude Beauchamp a été à la barre de l'émission « Capital Actions » de 1995 à 2004.
© /Radio-Canada Claude Beauchamp a été à la barre de l’émission « Capital Actions » de 1995 à 2004.
Le journalisme économique perd l’un de ses pionniers au Québec.

Claude Beauchamp est décédé dimanche après-midi, a confirmé sa famille à Radio-Canada. La cause de sa mort n’a pas été révélée.

M. Beauchamp a animé l’émission Capital Actions sur RDI de 1995 à 2004 – une émission dont il était le concepteur et l’artisan.

Reconnu comme un pionnier du journalisme économique et financier québécois, Claude Beauchamp est celui qui a mis sur pied une véritable section économique au journal La Presse, où il a également travaillé comme chef de bureau à l’Assemblée nationale à la fin des années 60.

M. Beauchamp a aussi été rédacteur en chef et éditeur adjoint du quotidien Le Soleil de Québec, où il a contribué à la création d’une section économique dans les années 70. Puis la décennie suivante, c’est en acquérant 49 % des Publications Transcontinental qu’il fait sa marque en contribuant à l’essor du journal Les Affaires et de la revue Commerce.

Claude Beauchamp a également occupé la fonction de président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), en plus de contribuer à la fondation du Conseil de presse, en 1973.

Une parenthèse politique

Sa démission en tant que président des publications Les Affaires Inc. en 1990 sera suivie d’un engagement militant et politique pendant une période particulièrement trouble sur le plan des relations entre le Québec et le Canada.

Fédéraliste, M. Beauchamp s’impliquera notamment dans plusieurs forums sur la réforme de la Constitution canadienne avant de faire campagne en faveur de l’Accord de Charlottetown, qui sera finalement rejeté par voie référendaire en 1992.

Brièvement candidat à l’élection de 1994 à la mairie de Montréal , il se retirera sept mois avant le scrutin pour appuyer Pierre Bourque, qui sera ultimement élu.

Cette expérience mettra fin à son implication en politique active, malgré de nombreuses rumeurs lui prêtant l’intention plus de tard de s’impliquer en politique fédérale, provinciale et municipale.

Ses contributions financières au Conseil de l’unité canadienne, alors qu’il animait Capital Actions sur RDI, lui vaudront par ailleurs les critiques du Bloc québécois, au tournant des années 2000.

M. Beauchamp a pris sa retraite du journalisme en 2004. Sa carrière a notamment été soulignée par l’Association des économistes québécois, qui lui a remis un prix d’excellence en 2012.

Avec CBC/Radio-Canada

France: Décès de Jean Daniel, écrivain et fondateur du Nouvel Observateur

février 20, 2020

FRANCE-PRESSE-JEAN DANIEL

L’ancien journaliste de Combat et de L’Express, proche d’Albert Camus, était un compagnon de la gauche et un fervent défenseur de la presse.

Le fondateur, directeur et éditorialiste du Nouvel Observateur s’est éteint hier soir, a annoncé L’Obs. Il avait 99 ans. «L’Obs a l’immense tristesse d’apprendre la mort de son fondateur et éditorialiste Jean Daniel, peut-on lire sur le site de l’Obs. Il est décédé mercredi soir à l’âge de 99 ans après une longue vie de passion, d’engagement et de création. Le plus prestigieux journaliste français s’est éteint. Il fut à la fois un témoin, un acteur et une conscience de ce monde».

Avec Jean Daniel, c’est une des figures historiques de la gauche et du journalisme français qui vient de disparaître. Né le 21 juillet 1920 à Blida, près d’Alger, Jean Daniel, patron du Nouvel Observateur (devenu L’Obs), qu’il avait fondé en 1964, a indéniablement marqué son époque par ses engagements politiques, notamment à travers un soutien à l’union de la gauche et à François Mitterrand. Dernier-né d’une famille juive de onze enfants, le jeune Jean Daniel, qui sera éduqué dans un milieu modeste, accède à la conscience politique à partir des années 1930, époque où il est sensible aux idées du Front populaire. Il s’intéresse au marxisme, découvre la littérature et se passionne pour l’œuvre d’André Gide, qui publie, en 1936, Retour de l’URSS, ouvrage d’une lucidité précoce sur le stalinisme qui évite à Jean Daniel de succomber à la fascination communiste. Après des débuts en philosophie à la faculté d’Alger, il est sensible à l’appel du général de Gaulle et s’engage à partir de 1942 dans un groupe de résistants qui participe à la libération d’Alger par les Américains. Il rejoint la division du général Leclerc, où il est affecté dans le bataillon du génie, et participe à la campagne de France jusqu’en 1945.

D’Albert Camus à Michel Foucault

Après la Libération, la politique et le journalisme ne vont plus quitter Jean Daniel. Il entre à 26 ans, en 1946, au cabinet du socialiste Félix Gouin, proche de Léon Blum, dont il rédige des mois durant les discours, publie des articles dans le journal Combat et fonde, en 1947, la revue Caliban, sous le parrainage d’Albert Camus, qui va devenir son mentor et sa référence. Une revue qui paraîtra jusqu’en 1952, où signeront Jules Roy, Emmanuel Roblès, Étiemble et Louis Guilloux. Résolument à gauche, Jean Daniel se situe selon ses propres dires « quelque part entre la SFIO et le PCF ».

Après avoir publié un roman, L’Erreur, il est engagé par Jean-Jacques Servan-Schreiber à L’Express en 1954 et soutient la politique de décolonisation de Pierre Mendès France. Partisan de l’indépendance algérienne, il sera inculpé à deux reprises pour atteinte à la sûreté de l’État et menacé de mort par les partisans de l’Algérie française. Journaliste de stature internationale, il rencontre des personnalités aussi importantes que Kennedy ou Fidel Castro. Divergeant d’avec JJSS, il rompt avec L’Express en 1964 et accepte la proposition de Claude Perdriel d’assumer la direction de la rédaction d’un nouveau journal, Le Nouvel Observateur, qui prend la succession de France Observateur.

Proche de ce que l’on a appelé la deuxième gauche, très réceptif à des syndicats comme la CFDT ou des partis comme le PSU, le magazine de Jean Daniel a réuni des signatures de talent, tels Maurice Clavel ou Jacques Julliard. De grands noms de l’intelligentsia, depuis Michel Foucault à Roland Barthes, signeront dans ce titre qui, après Mai-68, allait être le journal de référence d’une gauche engagée sur les questions du féminisme et la revendication homosexuelle. De son côté, Jean Daniel continuera une œuvre d’essayiste politique (De Gaulle et l’Algérie. La tragédie le héros et le témoin ; Les Religions d’un président. Regards sur les aventures du mitterrandisme ; Voyage au bout de la nation, etc.), commentant à la fois l’actualité internationale, en particulier celle du Moyen-Orient, pour laquelle il a une prédilection particulière et les aléas de la politique française.

« On ne gouverne pas la France contre Le Nouvel Observateur  »

Charles de Gaulle

Si l’envergure et le rôle de Jean Daniel sont incontestables, les voix critiques n’ont pas manqué à son encontre. « On ne gouverne pas la France contre Le Nouvel Observateur », ironisera un jour de Gaulle pour critiquer la tendance de ce magazine à s’ériger en détenteur de vertu. Raymond Aron critiquera très vertement Jean Daniel, notamment durant l’affaire Soljenitsyne, lui reprochant de demander des comptes à un géant pour son anticommunisme.

Membre du conseil supérieur de l’Agence France-Presse et du Comité consultatif national d’éthique, Jean Daniel a incarné un journalisme aspirant à assumer une forme d’autorité morale. Sans doute l’affaiblissement du pouvoir de l’écrit et la diffusion de l’information tous azimuts, notamment à travers Internet, rendent-elles cette ambition plus improbable que par le passé.

Avec Le Figaro par Paul-François Paoli