Archive for the ‘Médias’ Category

France: Décès de Jean Daniel, écrivain et fondateur du Nouvel Observateur

février 20, 2020

FRANCE-PRESSE-JEAN DANIEL

L’ancien journaliste de Combat et de L’Express, proche d’Albert Camus, était un compagnon de la gauche et un fervent défenseur de la presse.

Le fondateur, directeur et éditorialiste du Nouvel Observateur s’est éteint hier soir, a annoncé L’Obs. Il avait 99 ans. «L’Obs a l’immense tristesse d’apprendre la mort de son fondateur et éditorialiste Jean Daniel, peut-on lire sur le site de l’Obs. Il est décédé mercredi soir à l’âge de 99 ans après une longue vie de passion, d’engagement et de création. Le plus prestigieux journaliste français s’est éteint. Il fut à la fois un témoin, un acteur et une conscience de ce monde».

Avec Jean Daniel, c’est une des figures historiques de la gauche et du journalisme français qui vient de disparaître. Né le 21 juillet 1920 à Blida, près d’Alger, Jean Daniel, patron du Nouvel Observateur (devenu L’Obs), qu’il avait fondé en 1964, a indéniablement marqué son époque par ses engagements politiques, notamment à travers un soutien à l’union de la gauche et à François Mitterrand. Dernier-né d’une famille juive de onze enfants, le jeune Jean Daniel, qui sera éduqué dans un milieu modeste, accède à la conscience politique à partir des années 1930, époque où il est sensible aux idées du Front populaire. Il s’intéresse au marxisme, découvre la littérature et se passionne pour l’œuvre d’André Gide, qui publie, en 1936, Retour de l’URSS, ouvrage d’une lucidité précoce sur le stalinisme qui évite à Jean Daniel de succomber à la fascination communiste. Après des débuts en philosophie à la faculté d’Alger, il est sensible à l’appel du général de Gaulle et s’engage à partir de 1942 dans un groupe de résistants qui participe à la libération d’Alger par les Américains. Il rejoint la division du général Leclerc, où il est affecté dans le bataillon du génie, et participe à la campagne de France jusqu’en 1945.

D’Albert Camus à Michel Foucault

Après la Libération, la politique et le journalisme ne vont plus quitter Jean Daniel. Il entre à 26 ans, en 1946, au cabinet du socialiste Félix Gouin, proche de Léon Blum, dont il rédige des mois durant les discours, publie des articles dans le journal Combat et fonde, en 1947, la revue Caliban, sous le parrainage d’Albert Camus, qui va devenir son mentor et sa référence. Une revue qui paraîtra jusqu’en 1952, où signeront Jules Roy, Emmanuel Roblès, Étiemble et Louis Guilloux. Résolument à gauche, Jean Daniel se situe selon ses propres dires « quelque part entre la SFIO et le PCF ».

Après avoir publié un roman, L’Erreur, il est engagé par Jean-Jacques Servan-Schreiber à L’Express en 1954 et soutient la politique de décolonisation de Pierre Mendès France. Partisan de l’indépendance algérienne, il sera inculpé à deux reprises pour atteinte à la sûreté de l’État et menacé de mort par les partisans de l’Algérie française. Journaliste de stature internationale, il rencontre des personnalités aussi importantes que Kennedy ou Fidel Castro. Divergeant d’avec JJSS, il rompt avec L’Express en 1964 et accepte la proposition de Claude Perdriel d’assumer la direction de la rédaction d’un nouveau journal, Le Nouvel Observateur, qui prend la succession de France Observateur.

Proche de ce que l’on a appelé la deuxième gauche, très réceptif à des syndicats comme la CFDT ou des partis comme le PSU, le magazine de Jean Daniel a réuni des signatures de talent, tels Maurice Clavel ou Jacques Julliard. De grands noms de l’intelligentsia, depuis Michel Foucault à Roland Barthes, signeront dans ce titre qui, après Mai-68, allait être le journal de référence d’une gauche engagée sur les questions du féminisme et la revendication homosexuelle. De son côté, Jean Daniel continuera une œuvre d’essayiste politique (De Gaulle et l’Algérie. La tragédie le héros et le témoin ; Les Religions d’un président. Regards sur les aventures du mitterrandisme ; Voyage au bout de la nation, etc.), commentant à la fois l’actualité internationale, en particulier celle du Moyen-Orient, pour laquelle il a une prédilection particulière et les aléas de la politique française.

« On ne gouverne pas la France contre Le Nouvel Observateur  »

Charles de Gaulle

Si l’envergure et le rôle de Jean Daniel sont incontestables, les voix critiques n’ont pas manqué à son encontre. « On ne gouverne pas la France contre Le Nouvel Observateur », ironisera un jour de Gaulle pour critiquer la tendance de ce magazine à s’ériger en détenteur de vertu. Raymond Aron critiquera très vertement Jean Daniel, notamment durant l’affaire Soljenitsyne, lui reprochant de demander des comptes à un géant pour son anticommunisme.

Membre du conseil supérieur de l’Agence France-Presse et du Comité consultatif national d’éthique, Jean Daniel a incarné un journalisme aspirant à assumer une forme d’autorité morale. Sans doute l’affaiblissement du pouvoir de l’écrit et la diffusion de l’information tous azimuts, notamment à travers Internet, rendent-elles cette ambition plus improbable que par le passé.

Avec Le Figaro par Paul-François Paoli

France/Mort d’une candidate de Ça commence aujourd’hui : Faustine Bollaert publie un poignant message

février 15, 2020

aU Crédits photos : Capture écran France 2

Triste nouvelle pour les fans de Ça commence aujourd’hui. Danielle, une intervenante qui avait fait un passage remarqué dans l’émission, est décédée. Faustine Bollaert lui a rendu un vibrant hommage sur ses réseaux sociaux.

Les candidats d’émissions télévisés sont de plus en plus populaires. A force de les voir apparaître à l’écran, certains téléspectateurs finissent par s’y attacher. C’est pourquoi lorsqu’un malheur leur arrive, c’est toute la Toile qui s’embrase. Ce fut notamment le cas lorsque David, candidat de Quatre mariages pour une lune de miel, a révélé que sa femme Sandrine était entre la vie et la mort.Atteinte d’un cancer depuis plusieurs années, elle aurait très mal vécu les critiques à son égard. L’homme qu’elle a épousé devant les caméras d’M6 a appelé au respect sur les réseaux sociaux. Mais voilà qu’une autre mauvaise nouvelle vient de tomber. Cette fois-ci, elle concerne l’émission Ca commence aujourd’hui diffusée sur France 2.

Faustine Bollart attristée par le décès d’une témoin

Souvenez-vous le 17 octobre dernier, une témoin prénommée Danielle avait participé à l’émission lors d’un numéro spécial « petite taille ». Elle avait alors fait forte impression auprès des téléspectateurs, qui avaient été nombreux à saluer son humour et sa bonne humeur communicative. Il faut dire qu’elle faisait preuve d’un optimisme à toute épreuve, elle qui révélait être allée au bout de ses rêves malgré son retard de croissance. Un témoignage qui avait beaucoup ému les téléspectateurs de Ça commence aujourd’hui, mais aussi Faustine Bollaert. C’est donc tout naturellement que l’animatrice de 40 ans lui a rendu un vibrant hommage sur ses réseaux sociaux. En reprenant un post Twitter de sa propre émission, l’épouse de Maxime Chattam a ainsi écrit : « Une grande tristesse. Je pense à sa famille…. fort. Cette femme était solaire. » Une belle manière pour la maman d’Abbie et Peter de lui dire au revoir une dernière fois.

 

Avec Voici par Lana Muller

Burundi : quatre journalistes d’Iwacu condamnés à deux ans et demi de prison

janvier 30, 2020

Des journalistes burundais ont protesté, lors de la Journée mondiale de la presse le 3 mai 2015, contre la fermeture d'une station de radio.

Des journalistes burundais ont protesté, lors de la Journée mondiale de la presse le 3 mai 2015, contre la fermeture d’une station de radio. © Jerome Delay/AP/SIPA

 

La justice burundaise a condamné à deux ans et demi de prison quatre journalistes arrêtés le 22 octobre alors qu’ils couvraient l’incursion de rebelles burundais venus de la République démocratique du Congo (RDC) voisine, a-t-on appris de source judiciaire et d’un témoin.

« Nous sommes sous le choc, le tribunal vient de condamner les 4 journalistes d’Iwacu à 2 ans et 6 mois de prison et à une amende de 1 million de francs burundais (485 euros), c’est une honte car ils n’ont fait que leur métier », a indiqué à l’AFP un témoin ayant assisté à l’audience et requérant l’anonymat. Ces journalistes travaillant pour Iwacu, l’un des derniers médias indépendants du Burundi, ont été condamnés pour « tentative de complicité (…) d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État » par le tribunal de Bubzabza, dans l’ouest du pays. Leur chauffeur a été acquitté.

Le parquet, qui avait requis 15 ans de prison, souhaitait les voir condamner pour « complicité d’atteinte à la sûreté de l’état », mais le tribunal a « décidé de requalifier les faits », a souligné une source judiciaire, sous couvert de l’anonymat. Selon un journaliste burundais souhaitant lui aussi garder l’anonymat, cette décision des juges résulte du fait que « la défense avait établi clairement que les journalistes n’ont jamais été en contact avec les rebelles, qu’ils n’avaient fait que leur travail ».

Iwacu fera appel

Selon un témoin présent lors du réquisitoire, le 30 décembre, l’accusation avait basé l’essentiel de son argumentation sur un message WhatsApp échangé par l’une des journalistes avec un collègue se trouvant à l’étranger, dans lequel elle écrivait: « Nous nous dirigerons vers Bubanza (…) pour aider les rebelles ». Le fondateur d’Iwacu, Antoine Kaburahe, qui vit en exil en Belgique, a indiqué sur Twitter la volonté de son organisation d’interjeter appel.

Au moins 14 rebelles du groupe burundais RED-Tabara, basé dans l’est de la RDC, ont été tués lors de l’attaque du 22 octobre, la première depuis 2017, selon la police burundaise. De son côté, le mouvement rebelle a affirmé avoir tué une dizaine de membres des forces de défense et de sécurité. Reporters sans frontières, qui souligne que les journalistes ne faisaient que leur travail, et Human Rights Watch, ont demandé à plusieurs reprises leur libération.

Hillary Clinton: les États-Unis «ne peuvent se permettre quatre ans de plus» avec Trump

janvier 26, 2020

Hillary Clinton a pris soin de ne jamais prononcer le nom de Donald Trump.

Hillary Clinton a pris soin de ne jamais prononcer le nom de Donald Trump. Amy Sussman / Getty Images / AFP

«Nous devons gagner». Venue au festival de Sundance avec Hillary, sa série documentaire autobiographique, Hillary Clinton a affirmé que les États-Unis ne pouvaient «se permettre quatre ans de plus» avec Donald Trump et qu’elle ferait «tout (son) possible» pour assurer une victoire démocrate en 2020.

Peu avant la présentation en avant-première mondiale de la série, réalisée par Nanette Burstein pour la plate-forme de streaming Hulu, l’ancienne secrétaire d’État et candidate malheureuse à la présidentielle de 2016 a accordé une poignée d’interviews sur un tapis rouge trié sur le volet, entourée d’une sécurité peu commune pour ce festival indépendant de cinéma.

Interrogée sur la prochaine élection présidentielle – à quelques jours des premiers votes pour les primaires démocrates – Hillary Clinton a lancé, en prenant soin de ne jamais prononcer le nom de Donald Trump : «Je pense juste que nous devons gagner. Je ne pense pas que nous puissions nous permettre quatre ans de plus avec le président sortant». «Ce serait absolument dangereux pour notre démocratie, et je ferai tout mon possible pour assurer, cette fois, une victoire des démocrates», a-t-elle ajouté.

Vêtue d’un manteau noir, souriante et détendue, Hillary Clinton a détaillé pour l’AFP les défis qui attendent, selon elle, son camp politique dans les semaines et mois à venir. «Nous allons devoir faire mieux que le camp adverse, car ils sont extrêmement organisés, incroyablement bien financés et ils bénéficient d’une aide étrangère», assure-t-elle sans détour. «Notre camp va devoir s’opposer aux suppressions d’électeurs, gérer la menace réelle du piratage et de l’utilisation à des fins hostiles de documents volés, contrer les fausses publicités et informations qui circulent sur les réseaux sociaux, venant de notre pays ou de l’extérieur, protéger notre appareil électoral… donc nous avons beaucoup de travail», explique-t-elle. Elle estime cependant que la victoire est à portée de main : «Nous devrions gagner car je pense que les gens ont vu les promesses non tenues et les échecs de cette administration. Mais nous allons devoir surmonter tous les obstacles que (les républicains) mettent sur notre route».

Par Le Figaro.fr avec AFP

Congo-Média: la presse congolaise pleure Laurent Botséké et François Olet

janvier 6, 2020

 

L’ancien journaliste à Radio et télévision nationales, Laurent Botséké , âgé de 77 ans, est mort le samedi 4 Janvier à Brazzaville, des suites d’une longue maladie.

 

Laurent Botséké

L’icône de la langue Lingala, l’une des deux langues nationales congolaises, avait été élevé en août 2010, au grade d’officier dans l’ordre du mérite congolais.  Dès son jeune âge,  il faisait partie de la chorale  » Les Piroguiers » de la basilique Sainte Anne du Congo qui avait animé en 1959 la messe de Noêl à la cathédrale de Reims en France.

Journaliste « en langue lingala »

Formé au cours des années 70 dans les Écoles supérieures de journalisme de Pékin (Chine) et de Sofia (Bulgarie), Laurent Botseke finit par se spécialiser journaliste de langue lingala dès son arrivée au pays. Il a travaillé à Radio Congo, aux côtés de son mentor Henri Pangui et  a traduit  en langue lingala  plusieurs textes dont  la loi sur les partis politiques ;  l’hymne national « La Congolaise » ; les comptes-rendus des conseils des ministres et  les discours des différents chefs d’Etat congolais.

 Sur le plan littéraire, il a rédigé :

– Un ouvrage intitulé “Mibeko Mya Kokoma Mpe Koloba Lingala” qui sert à vulgariser l’une des langues nationales du Congo et contribue à sauvegarder sa richesse. C’est un ouvrage de grammaire de 14 chapitres, paru à la librairie des Dépêches de Brazzaville. Il est particulièrement dédié aux journalistes, aux services des langues nationales ainsi qu’aux traducteurs dans les églises. Cet ouvrage  aide également  les étudiants, les chanteurs, et tous les locuteurs du lingala. Laurent Botseke est l’auteur de la version lingala de la Constitution de la République du Congo du 20 janvier 2002.

Admis à la retraite en 2003, Laurent Botseke a mis à profit son temps libre pour partager son expérience pour l’enrichissement de la carrière des jeunes journalistes en lingala. Il laisse en chantier son projet d’édition du dictionnaire français-lingala, dans lequel il est prévu un éventail de proverbes, de conjugaisons et de grammaire. Un projet qu’il n’a pu réaliser en raison de son  état de santé.

Outre Laurent Botséké, les journalistes congolais pleurent également  le technicien François Olet, ancien directeur du son à Radio et télévision nationales,  décédé quasiment un peu plus tôt que Laurent Botséké.

 

Adiac-Congo.com par Fortuné Ibara

Congo: décès du journaliste Ibahi-bahis

décembre 30, 2019

Nécrologie : Ibahi-bahis, journaliste à télé-Congo au service des sports, vient de tirer sa révérence ce dimanche 29 décembre 2019 à Brazzaville des suites d’une longue maladie.

 

Photo de BrazzaNews.
Ibahi-bahis
Avec Brazzanews.fr

Maroc: après une vidéo virale, l’agresseur présumé d’une femme arrêté

décembre 26, 2019

 

La police marocaine a arrêté un homme apparaissant dans une vidéo massivement partagée sur les réseaux sociaux en train de harceler une jeune femme et frapper sa voiture à Casablanca.

Firdaous Yousfi, une «make-up artist» (maquilleuse) ayant 36.000 abonnés sur Instagram, a publié une vidéo en début de semaine montrant deux hommes en voiture tentant de lui faire barrage, visiblement pour la draguer, pendant qu’elle roulait seule à bord de son véhicule à Casablanca, dans l’ouest du Maroc. La deuxième partie de la vidéo la montrait enfermée dans sa voiture à l’arrêt, en pleurs, pendant qu’un des agresseurs la menaçait en tapant nerveusement sur l’avant de son véhicule.

L’un d’eux a été arrêté mercredi pour cette «agression verbale et physique, conjuguée au harcèlement sexuel», a annoncé mercredi soir la DGSN, la police marocaine. Il a été «placé en garde à vue à la disposition de l’enquête», tandis que les «investigations se poursuivent pour arrêter le deuxième suspect». «J’ai été atteinte dans ma dignité», a confié la victime à des médias locaux après la diffusion de sa vidéo, affirmant qu’elle avait porté plainte pour que ce «genre d’actes ne se répète plus». Selon l’instagrameuse, ses agresseurs l’ont suivie jusqu’à ce qu’elle s’arrête devant un commissariat.

Sa vidéo a été largement relayée par la presse locale, qui tire fréquemment la sonnette d’alarme sur le fléau des violences contre les femmes au Maroc, en particulier le harcèlement, alors que plusieurs cas d’agressions ont défrayé la chronique ces dernières années. Selon une étude officielle marocaine parue en 2015, les lieux publics sont les endroits où la violence à l’égard des femmes est la plus manifeste. Les remarques désobligeantes et les insultes y sont fréquentes.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Maroc: un youtubeur condamné à de la prison pour «offense au roi»

décembre 26, 2019

 

Un youtubeur marocain connu dans le royaume a été condamné ce jeudi à quatre de prison pour «offense au roi» dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, a indiqué son avocat.

Mohamed Sekkaki, connu sous le surnom de «Moul Kaskita», a été condamné par le tribunal de première instance de Settat (ouest) à quatre ans de prison en vertu de l’article 179 du Code pénal marocain, a déclaré son avocat Mohamed Ziane. Cet article prévoit une peine allant jusqu’à quatre ans de prison pour «quiconque commet une diffamation, injure ou offense envers la personne du roi ou la personne de l’héritier du trône ou une violation du respect dû au roi».

Le youtubeur avait été arrêté début décembre après la diffusion d’une vidéo sur sa chaîne YouTube dans laquelle il insulte les Marocains et critique le roi Mohammed VI, dont la personne est «inviolable» selon la Constitution. Dans cette séquence d’une douzaine de minutes, il s’en prend au monarque dont les discours ne sont «suivis d’aucun résultat», pendant que les Marocains «souffrent du clientélisme et du népotisme». Il traite par ailleurs ses compatriotes d’«ânes» et d’«ignorants», qui «voient leurs droits bafoués sans piper mot».

Le ministère public avait indiqué avoir reçu dans un premier temps plusieurs plaintes d’associations. Mohamed Sekkaki était ainsi initialement poursuivi pour «injures publiques à l’égard d’individus», avant qu’une nouvelle accusation pour «offense au roi» ne soit ajoutée au dossier. «Les ONG plaignantes ont retiré leur plainte et il n’a été condamné que pour l’accusation d’offense au roi», a précisé Maître Ziani, ajoutant que son client allait faire appel. La condamnation du youtubeur, dont les vidéos dépassent généralement les 100.000 vues, intervient moins d’un mois après celle d’un rappeur marocain, Gnawi, à un an de prison pour «outrage à fonctionnaire public» dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) avait déploré en juillet une «escalade des violations des droits humains et des libertés publiques et individuelles» au Maroc.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Maroc: un journaliste inculpé pour un tweet critiquant la justice

décembre 26, 2019

 

Le journaliste et militant des droits humains marocain Omar Radi a été inculpé jeudi pour un tweet dans lequel il dénonçait une décision de justice, a indiqué son avocat.

Son procès doit débuter dès jeudi soir, selon la même source, et Omar Radi sera jugé en vertu de l’article 263 du Code pénal, qui punit d’un mois à un an de prison «l’outrage envers un ou plusieurs magistrats». D’après Maître Said Benhammani, le journaliste est poursuivi pour un tweet publié en avril et dénonçant le verdict d’un magistrat contre des membres du Hirak, un mouvement de contestation sociale qui a agité le nord du Maroc en 2016 et 2017. «Lahcen Talfi, juge de la cour d’appel, bourreau de nos frères, souvenons-nous bien de lui. Dans beaucoup de régimes, les petits bras comme lui sont revenus supplier après en prétendant  »avoir exécuté des ordres ». Ni oubli ni pardon avec ces fonctionnaires sans dignité!», avait écrit Omar Radi.

Début avril, la Cour d’appel de Casablanca (ouest) avait confirmé des peines allant jusqu’à 20 ans d’emprisonnement de 42 membres du Hirak. Le journaliste âgé de 33 ans, qui collabore occasionnellement avec des médias marocains et étrangers, a été convoqué et entendu jeudi par la police judiciaire qui l’a déféré devant le procureur. Celui-ci a décidé de le placer en détention et de le poursuivre, a rapporté son avocat. En avril, Omar Radi avait déjà été entendu une première fois par la police judiciaire et une enquête avait été ouverte. Mercredi, il a écrit sur les réseaux sociaux avoir reçu une convocation de la part de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ). «J’ignore les raisons de cette nouvelle convocation», a-t-il dit. Son arrestation a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux.

Un nouveau Code de la presse ne prévoyant plus de peines de prison est entré en vigueur en 2016, mais les journalistes continuent d’être poursuivis selon le Code pénal. Des ONG comme Human Rights Watch, Amnesty International et Freedom Now s’inquiètent des condamnations de journalistes en vertu du Code pénal. Dans son dernier classement annuel sur la liberté de la presse, Reporters sans frontières a classé le Maroc 135e sur 180 pays.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Bénin: la radio de l’opposant Sébastien Ajavon suspendue

décembre 18, 2019

 

La radio de l’homme d’affaires et opposant béninois en exil Sébastien Ajavon a été suspendue mercredi, sur les ondes et en ligne, en raison d’une décision de l’autorité béninoise de régulation des médias, a indiqué son rédacteur en chef.

«Nous avons reçu mardi un courrier du président de la Haac (Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication), qui nous demande de suspendre nos émissions à partir de minuit jusqu’à nouvel ordre», a expliqué Saturnin Djossou, rédacteur en chef de la station, Soleil FM. Mercredi, la radio n’émettait plus sur ses fréquences, et ses émissions sur son site internet étaient aussi suspendues. «Notre convention est arrivée à expiration. Nous avons introduit la demande de renouvellement dans le délai requis, mais la demande n’a pas abouti», selon Saturnin Djossou. Sollicitée, la Haac n’a pas réagi.

Candidat à la présidentielle de 2016, Sébastien Ajavon, qui a fait fortune dans l’agroalimentaire, était arrivé troisième et s’était rallié à l’actuel président, Patrice Talon. Les relations entre les deux hommes, deux milliardaires qui s’opposent en politique et en affaires, s’étaient vite dégradées. En octobre 2016, Sébastien Ajavon avait été arrêté après la découverte d’environ 18 kilos de cocaïne pure d’une valeur estimée à 14 millions d’euros dans un conteneur destiné à l’une de ses sociétés. Il avait été relaxé quelques mois plus tard, faute de preuve et «au bénéfice du doute». Mais un tribunal spécial l’avait ensuite condamné à 20 ans de prison: depuis, Sébastien Ajavon vit en exil en France.

La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) avait condamné fin novembre le Bénin à payer 60 millions d’euros de «préjudices économiques et moraux» à Sébastien Ajavon, dans cette affaire. Fin mars 2018, l’opposant a créé son propre parti en vue de la présidentielle de 2020, l’Union sociale libérale (USL).

Par Le Figaro.fr avec AFP