Archive for the ‘Médias’ Category

Tunisie : notre collaborateur Mathieu Galtier raconte son passage à tabac par la police

janvier 17, 2022
Des heurts et des arrestations ont marqué la manifestation contre la politique de Kaïs Saïed, le 14 janvier 2022, à Tunis. © YASSINE GAIDI/AFP

Alors qu’il couvrait la manifestation du 14 janvier, le correspondant de « Libération » et collaborateur de « Jeune Afrique » à Tunis a été violemment agressé par les forces de l’ordre. Il témoigne.

Le 14 janvier, Mathieu Galtier, collaborateur de Jeune Afrique à Tunis, couvrait avec d’autres confrères la manifestation marquant à la fois le 11e anniversaire de la chute de Ben Ali et l’opposition au projet politique du président Kaïs Saïed. Ce qui aurait dû être une journée ordinaire dans la vie d’un journaliste a viré au cauchemar pour Mathieu. Son tort ? Avoir voulu faire son travail et tourné des images.

« C’était assez irréel. Par rapport aux manifestations précédentes, celle du 14 janvier n’a pas vraiment drainé la foule des grands jours mais le dispositif policier était totalement disproportionné.

IL FALLAIT QUE JE ME PROTÈGE, JE NE CESSAIS DE HURLER QUE J’ÉTAIS JOURNALISTE

Un déploiement de forces qui se voulait dissuasif pour empêcher l’accès à l’avenue Bourguiba, là où, en 2011, aux abords du ministère de l’Intérieur, quelques milliers de protestataires avaient scellé la fin du régime Ben Ali et inscrit le fameux “dégage” au lexique de la révolution.

Nasse

Une brèche dans le cordon sécuritaire sur l’avenue Mohammed V a permis aux manifestants de se rapprocher de l’avenue Bourguiba, au cœur de Tunis. Les policiers ont ouvert le dispositif, attendu que les manifestants se rassemblent à la croisée des avenues, sur la place de l’Horloge, puis l’ont refermé comme une nasse.

La même technique du piège que celle mise en place lors des mouvements de protestation au quartier Ettadhamen, en janvier 2021, et ceux du 9 avril 2021, selon des témoins. Les camions à eau prennent immédiatement le relais, pendant que les manifestants sont dispersés à coups de matraques et de gaz lacrymogène.

Certains sont arrêtés. A posteriori, il est évident que ce jeu du chat et de la souris et que la bousculade étaient délibérés pour faire un maximum d’arrestations.

J’ai filmé, à ce moment là, l’interpellation musclée d’un homme que les policiers tentaient de mettre dans une fourgonnette. Un agent me demande de ne plus filmer, je lui réponds, en arabe et en français, que je suis journaliste et brandis ma carte de presse.

Ses collègues arrivent, me soulèvent, m’écartent de la manifestation, me mettent au sol entre deux fourgons et commencent à me passer à tabac.

Tout se passe très vite. Dès que j’ai été mis à l’écart, j’ai compris ce qui m’attendait. Je me suis remémoré les positions à adopter pour parer les coups enseignées lors de la formation sécurité de France Médias Monde.

Carte SD confisquée

Il fallait que je me protège, je ne cessais de hurler que j’étais journaliste. De toute évidence, ceux qui distribuaient des coups de brodequins n’en avaient cure. J’essayais d’esquiver en me mettant en position fœtale et en me protégeant la tête.

Ils savaient comment frapper pour faire assez mal sans occasionner de dégâts irréparables. Pour finir, ils m’ont maintenu par les bras, contraint à soulever la tête et l’un d’eux m’a aspergé de gaz lacrymogène à bout portant.

Cet acte délibéré avait pour objectif de me neutraliser pour récupérer mon téléphone. Il ne fallait pas que je sois trop amoché, mais les policiers avaient une certaine latitude pour m’infliger ce qu’ils doivent considérer comme une leçon pour m’ôter toute envie de recommencer.

Je récupérerai ma carte de presse et mon téléphone au commissariat, où je serai conduit après que les pompiers, auxquels je suis reconnaissant, m’ont administré les premiers soins. Mais ma carte SD avec les images de mon reportage a été confisquée, et je m’apercevrai plus tard qu’un cahier de notes a disparu de mon sac, probablement subtilisé pendant que j’étais ausculté par les pompiers. Un moyen de savoir qui sont mes contacts mais est-ce significatif de quoi que ce soit ?

CE PASSAGE À TABAC ME VAUT 15 JOURS D’ARRÊT DE TRAVAIL », RACONTE LE JOURNALISTE ENCORE SOUS LE CHOC

Au commissariat, j’aurai droit à une chaise, alors que des manifestants sont assis à même le sol, et un laconique « c’est bon » me signifiera que je peux quitter les locaux. À l’extérieur, des policiers tentent de minimiser les faits en expliquant, en riant, à des confrères qui m’attendent que “dans des manifs, il est normal de se prendre des lacrymogènes”. »

« Une manière de s’excuser qui n’empêche pas que ce passage à tabac me vaut 15 jours d’arrêt de travail », raconte avec sobriété Mathieu Galtier, encore sous le choc après cette mésaventure, mais bien décidé à continuer à travailler et à couvrir des événements.

Durant cette journée tendue, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a fait état de 20 journalistes empêchés de travailler ou arrêtés. « Pour une petite manif’, ça interpelle », remarque un cameraman, qui note qu’à l’inverse des mobilisations récentes, les manifestants n’étaient que 1200, selon le ministère de l’Intérieur. Mais, contrairement aux dernières manifestations contre Kaïs Saïed, celle du 14 janvier n’a pas été dominée par le parti islamiste Ennahdha.

Avec Jeuene Afrique par Frida Dahmani – à Tunis

Mali : entre Barkhane et Wagner, la guerre de communication fait rage

décembre 9, 2021
Damien Glez © Damien Glez

Le groupe russe Wagner mènerait une bataille de com’ sur les réseaux sociaux, flirtant avec la désinformation. Sur des médias maliens plus traditionnels, l’opération Barkhane y va aussi de ses spots publicitaires…

Au Mali, comme dans d’autres pays africains en mal de sécurité, grincent les dents des antennes militaires des chancelleries dès qu’est prononcé « Wagner », le nom du groupe paramilitaire russe. Question de principe d’abord : comment combiner, sur un théâtre d’opération, une coopération militaire publique jaugée par des contribuables européens, via leurs élus, et le concept commercial de mercenariat exonéré de considérations politiques ?

Désinformation

Au-delà du principe, ensuite, les Nations unies mettent à l’index les agissements de la société de sécurité privée présentée comme étroitement liée au locataire du Kremlin. Le 27 octobre dernier, un groupe d’experts de l’ONU appelait le gouvernement centrafricain à « mettre fin à toutes relations » avec les paramilitaires russes accusés de harceler et d’intimider « violemment » des civils.

« Niet » à Wagner, a tranché la ministre française des Armées, Florence Parly, dans un entretien accordé à Jeune Afrique le 26 novembre, en évoquant précisément le cas malien. Selon elle, la présence du groupe au Mali serait « inacceptable ». Et une dimension non négligeable du débat se fait jour : celle de la communication, qui va d’opérations de séduction à des campagnes déceptives, voire à la diffusion de fake news. Sans mettre formellement les acteurs russes à l’index, la ministre a ainsi attribué le blocage d’un convoi de l’armée française à « une action de désinformation plus large dont l’objectif est assez simple : faire partir la communauté internationale des pays concernés ».

QUI CONQUERRA LES CŒURS MALIENS ?

Compétiteur en Afrique, le groupe Wagner l’est assurément. Hyperactif sur le terrain de la com’ aussi, si l’on en croit un article du quotidien français Le Figaro. Depuis la Russie, cette « armée de l’ombre », qui ne veut ni confirmer ni infirmer un déploiement au Mali, contournerait la modération des réseaux sociaux en associant des légendes codifiées à des clichés de contextes militaires explicites – des uniformes maliens y sont reconnaissables. Le mot « orchestre », par exemple, ferait référence à une escouade constituée, tandis qu’« instrument de musique » désignerait une arme et « symphonie » une opération en cours. Telegram, Twitter et TikTok seraient le terrain de jeu favori de Wagner. Les groupes d’internautes antifrançais leurs alliés objectifs…

Sans doute percluse de scrupules à l’idée d’emprunter les biais communicationnels, la France déploie, dans cette lutte informationnelle, des spots publicitaires qui expliquent que l’opération Barkhane n’abandonne pas le Mali « en plein vol », comme le suggérait le Premier ministre malien, Choguel Maïga.

Sur les seize panneaux numériques de carrefours fréquentés et sur les antennes des chaînes de la ORTM, de Joliba TV et de Renouveau TV, un petit film montre, depuis octobre, des soldats et des blindés qui illustrent l’énigmatique message « Barkhane se transforme ». Qui conquerra les cœurs maliens ?

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Congo: Décès de l’artiste-musicien Kassoul Chalkidri

décembre 8, 2021

Décès mardi 7 décembre 2021, à l’hôpital militaire de Brazzaville de l’ex sociétaire de extra musique de roga roga, Kassoul Chalkidri. Ce jeune artiste talentueux était maintenant dans Extra Musica nouvel horizon.

Kassoul Chalkidri

Auteur de la chanson « Maman Mapassa » dans l’album Vision où il fait l’éloge de Pamela Ondongo. Un chef-d’œuvre de mélodie sympathique mais également de très haute inspiration unique et prophétique.

Repose en paix

Avec Brazzanews

RDC-Prix Lokumu 3 : Nioni Masela sacrée meilleure journaliste culturelle

novembre 29, 2021

Chargée de la rubrique culture du quotidien Le Courrier de Kinshasa, représentation kinoise de l’Agence d’information d’Afrique centrale avec Les Dépêches de Brazzaville, qu’elle anime depuis sa création en 2008, Nioni Masela est sortie de la soirée des arts, tenue le 26 novembre au Musée de Kinshasa et retransmise en direct sur Digital Congo TV, le cœur joyeux et léger, son trophée à la main.

Nioni Masela sacrée « Journaliste culturelle » de l’année (Adiac)

Photo 1 : Nioni Masela sacrée « Journaliste culturelle » de l’année /Adiac

Tenue pour la meilleure des cinq nominés de la catégorie « Journaliste culturel » de l’édition 2021 du Prix Lokumu Arts.cd, Nioni Masela a été récompensée sous une salve d’acclamations la soirée du 26 novembre. Le jury, composé d’éminentes personnalités de l’univers culturel de la République démocratique du Congo (RDC), en l’occurrence le Dr Henri Kalama, Didier Mpambia, Myoto Liyolo, Julie Ngala, Djo Moupondo et Eric Nice, lui a fait l’honneur de se lever à son passage. Celui-ci l’a sélectionnée associant son choix au vote des internautes. Ces derniers l’ont, à l’instar du jury présidé par le directeur général de l’Académie des beaux-arts, préféré à ses challengers Yves Kalwira (Goma), Joe Bangato Richard Mukadi Kayumba (Tshikapa) et Jordache Diala. En effet, les votes clôturés à quelques heures de l’événement, le  25 novembre, l’ont donné pour favorite avec 500 voix contre 389 accordées à son principal challenger, l’animateurs-télé de Goma, Yves Kalwira.

Emue d’avoir été sélectionnée à l’unanimité, Nioni Masela a dès lors adressé de vifs remerciements aux votants. La journaliste culturelle a particulièrement apprécié le fait d’avoir été « votée à près de 80% par les artistes ».

En effet, au sortir de l’événement, la plume culturelle du Courrier de Kinshasa et par ricochet des Dépêches de Brazzaville, sa jumelle, est revenue sur son adresse aux artistes affirmant avoir été marquée par leur soutien. « Nominée pour la seconde fois cette année, j‘ai réalisé que contrairement aux stars et notoriétés que sont la plupart des artistes nominés, dont les fans sont les mélomanes, fans et autres grands admirateurs ou amateurs des arts, mes supporters à moi sont les artistes », a-t-elle affirmé.

Nioni Masela a renchéri: « C’était juste touchant de voir combien de messages sympathiques j’ai reçus des artistes. Plus que mes proches, parents, amis et leur entourage qui ont de même soutenu ma candidature, ils ont insisté sur la qualité de mon travail et du cœur que je mets à l’ouvrage. Que pouvais-je espérer d’autre comme témoignage ? Venant de la part de ces artisans de notre si belle culture que j’ai tant de plaisir à mettre en lumière au travers de ma plume que l’on trouve si belle, je ne peux que me sentir honorée et gratifiée ».

Mais encore, a-t-elle conclu, « de plus, les jurés m’ont tout particulièrement touchée par leur standing ovation. Et, la lueur de joie que j’ai perçue dans leur regard m’a beaucoup émue. Cerise sur le gâteau, le président du jury m’a fait l’insigne honneur de me féliciter en face, se levant à nouveau alors que je venais de recevoir mon trophée. Et Joe Bangato, l’un de mes challengers, m’a félicitée avec de chaudes embrassades ! ».

La chantre Trina Fukiau  primée meilleure « Artiste Gospel » (Adiac)

Photo 2 : La chantre Trina Fukiau primée meilleure « Artiste Gospel » /Adiac

Il sied de rappeler que pour sa troisième édition, le Prix Lokumu avait choisi de faire honneur aux « Journaliste culturel » et « Média culturel ». Ce, a souligné Onassis Mutombo, partant de la conviction qu’il était du devoir d’Arts.cd de reconnaître le mérite de ces personnes qui travaillent à donner plus de visibilité à la culture. Ainsi, à côté de Nioni Masela, la « Journaliste culturelle » de l’année, c’est le magazine culturel en ligne Eventsrdc.com qui a obtenu la palme du meilleur « Média culturel ».

Dix-neuf prix et non vingt

Et pour ce qui est des acteurs de la culture eux-mêmes, le jury a porté son dévolu sur ceux qui se sont distingués au regard de critères énoncés par le Dr Henri Kalama. Il a évoqué, l’un après l’autre, «  l’originalité de l’œuvre, l’engagement de l’artiste dans la promotion de sa discipline, l’engagement citoyen des personnalités culturelles nominées et leurs actions pour le changement de leur environnement à travers des projets sociaux à impact visible ainsi que leur influence positive sur les jeunes ».

Par ailleurs, a-t-il ajouté : « Nous avions aussi tenu compte de la visibilité de l’artiste nominé à travers des productions scéniques de qualité et des expositions publiques tant au pays qu’au niveau international ». Le jury a également fait cas des actions manifestes témoignant de son « dévouement pour la nation, la promotion et la préservation de l’image de la RDC ». Et, quitte à faire ressortir le rôle des médias, il était crucial de veiller sur « la couverture médiatique du nominé ». À savoir notamment si « des articles lui ont été spécialement consacrés dans Arts.cd ou d’autres magazines culturels ».

Isaac Kalonji, prix Lokumu de la « Danse » esquissant quelques pas (Adiac)

Photo 3 : Isaac Kalonji, prix Lokumu de la « Danse », esquissant quelques pas /Adiac

Sur la base des critères susmentionnés, les artistes primés sont Dieudo Hamadi – « Cinéma /Réalisateur », Isaac Kalonji – « Danse », la chantre Trina Fukiau – « Artiste Gospel », DJ Amaroula – «  DJ de l’année », Anastasie Langu – « Prix de la Photographie », Claude Ndayambaje – « Personnalité culturelle », Jupiter Bokondji – « Artiste musicien de l’année », Lumino – « Musique Urbaine », Me Lema Kusa – « Prix l’immortel », Dadju – « Artiste Congolais de la diaspora », Maman Kalunga – « Théâtre Populaire », Yekima de Bel’art – « Poésie Chantée », Majoos feat Koffi Olomide « Meilleure Collaboration », Lebrun Bangala – « Prix de la Mode », Christian Gombo – « Prix de la littérature », Herman Amisi – « Humoriste de l’année » et Roga Roga – « Prix de la Francophonie Afrique centrale  ».

Cependant, le jury a décerné dix-neuf prix au lieu des vingt annoncés au préalable. Il s’est arrogé le droit de ne pas octroyer de prix à la catégorie « Arts visuels ». Une abstention expliquée de la sorte par le président du jury : « Notre réserve s’inscrit dans le souci majeur de préserver l’esprit du Prix Lokumu et son engagement sur la voie de l’excellence », soulignant: « Pour les membres du jury qui sont majoritairement des personnes du secteur des arts visuels, cette catégorie devrait être plus inclusive en s’ouvrant à d’autres cultures au parcours national et international ».

Avec Adiac-Congo par Nioni Masela

Congo-Disparition : la presse congolaise pleure Jean Banzouzi Malonga

novembre 23, 2021

Journaliste et chef de bureau du bi-hebdomadaire « La Semaine africaine » à Pointe-Noire, Jean Banzouzi Malonga a tiré sa révérence dans la nuit du  17 novembre des suites d’un accident de circulation.

Le regretté Jean Bnazouzi Malonga /Adiac

Pendant plusieurs années, la plume acérée de Jean Banzouzi Malonga a informé et formé  le public à travers ses articles et autres papiers dans le journal La Semaine Africaine sous le sceau de Paul Tchiomvo, Taty Mby Fany et Jean Banzouzi Malonga.

Spécialiste des sujets à caractère économique, Jean Banzouzi Malonga s’est imposé dans l’exigeant domaine du journalisme économique. Cultivé, archiviste, Jean Banzouzi Malonga inspirait le respect et l’admiration dans la corporation à travers ses articles concis et précis.

Agent de la Nouvelle République à la retraite, son talent et son brio l’ont conduit à exceller dans d’autres domaines de la communication (consultant, attaché à la communication, conseiller…).

Jean Banzouzi Malonga a été longtemps rédacteur en chef du « Courrier consulaire » devenu « Courrier économique », le magazine économique de la Chambre consulaire de Pointe-Noire, sans oublier son rôle précieux au sein des journaux et magazines locaux tels « Mbongui » de la société Total E & P Congo , « Entre deux pointes » du Port autonome de Pointe-Noire, « Avant Garde… » Il fut aussi correspondant du magazine international « Marchés africains » et rédacteur de « Congo économie », le bimestriel d’Uni Congo signant ses articles  sous le nom de Jean de la Haute ou JBM.

Recruté à la Fonction publique dans les années 1980, il a fait ses premiers pas dans le journalisme au sein du journal sportif « Le Stade » comme reporter avec pour mentor le regretté Paul Augustin Lagany. Dans cet organe, il a excellé également comme secrétaire de rédaction, sur les conseils et la formation « in » du feu Robert Steph Malonga, le directeur de cet organe de presse à l’époque qui l’a beaucoup encouragé dans cette voie avant d’aller se perfectionner plus tard en Allemagne où il va apprendre aussi la photographie professionnelle.

Titulaire  d’une licence en sciences et techniques de la communication obtenue à l’Université Marien-N’Gouabi, Jean Banzouzi Malonga que ses pairs appelaient affectueusement « Bonnissseur » était humble, disponible, rieur et blagueur, toujours prêt à distiller de précieux conseils aux jeunes. Sa mort a laissé un grand vide dans la presse congolaise. Adieu doyen JBM. Que la terre te soit légère.

Avec Adiac-Congo par Hervé Brice Mampouya

Congo: Mort brutale de Guy-Noël Sam’Ovhey-Panquima, la presse congolaise en deuil

novembre 15, 2021

Guy-Noël Sam’Ovhey-Panquima, docteur en sciences de l’information et de la communication, enseignant à l’université Marien Ngouabi au département des sciences et techniques de la communication (STC) et journaliste de formation, est décédé lundi à Brazzaville, des suites d’une crise d’hypertension.

Guy-Noël Sam est mort! La nouvelle née comme une brève est vite devenue une dépêche, faisant état d’un décès suite à une crise d’hypertension, lundi à Brazzaville, créant émoi et consternation dans le monde journalistique congolais.

D’une plume alerte et d’un style chatoyant qui épousait l’air du temps comme pour écrire l’histoire au présent, Guy-Noël Sam a toujours prôné la rigueur, tant dans la conception que dans le rendu d’un papier.

« Écrivez de façon à faire que votre papier soit le chef-d’oeuvre de votre vie et rendez-le de sorte qu’il marque pour bien longtemps, la mémoire de ceux qui l’auront écouté », rappelait-il à ses étudiants.

Au département des Sciences et Techniques de la Communication de l’Université Marien Ngouabi, Guy-Noël Sam s’est imposé comme un formateur hors pair. Beaucoup de ses étudiants devenus ensuite ses collaborateurs, dans les différentes rédactions où il a exercé, ont toujours mis un point d’honneur à travailler avec lui.

Journaliste de formation, Guy-Noël Sam qui se prédestinait aux mathématiques, a également fait des études de Géographie et s’est spécialisé en géographie urbaine.

C’est en 1964 que Guy-Noël Sam commence sa pratique dans un métier qui en ces temps, compte très peu de nationaux. François Itoua, alors rédacteur en chef de Radio-Congo, est fasciné par la voix et l’éloquence de ce jeune lycéen en Terminale Mathématiques élémentaires (Terminale C actuelle). Il le prend sous sa protection personnelle et l’initie aux techniques du journalisme radiophonique avec quatre règles d’or : la discipline, la rigueur, la précision et le professionnalisme. Tout y est dit, y compris l’observation des textes juridiques et la déontologie professionnelle.

Guy-Noël Sam commence comme animateur de programme. Son coup d’éssai sera un coup de maître. Sa légendaire émission « Le courrier du pèlerin » va traverser les âges, jusqu’à son arrêt, dans la moitié des années 80. Dans cette chronique de près de cinq minutes, Guy-Noël Sam châtie les moeurs, en portant un regard critique sur les Hommes, les Choses et les Idées, à travers les aventures de son « ami Michel ».

En juin 1964, sur autorisation de Jean Malonga directeur de Radio-Congo, François Itoua l’introduit au journal parlé à l’issue de six mois de circuits fermés en studio et autres exercices d’écriture et d’improvisation sous sa direction. Au service des actualités, il est accueilli par des anciens tels Marie-Josée Mathey, André Bernard, Auguste Mpassi Moûba, parmi tant d’autres.

Guy-Noël Sam va plus tard embrasser la télévision et la presse écrite car en janvier 1965, François Itoua le recommande à Levy Charles Ngoma Mby, directeur de la jeune Télévision Congolaise. D’abord pour démarrer le bulletin météo nouvellement créé, puis progressivement pour accéder au journal télévisé et enfin au reportage sportif où il va éclater de mille feux. Il effectue ensuite des stages et des études supérieures de formation professionnelles à l’étranger.

En 1978 Guy-Noël Sam commence à enseigner à l’université Marien-Ngouabi, au département des Sciences et Techniques de la Communication, comme enseignant vacataire avant d’être recruté en 1983. Il avait fait valoir mes droits à la retraite en 2009, mais continuait à enseigner à l’université Marien-Ngouabi et dans d’autres universités.

En 2009, à l’occasion des Oscars de la presse congolaise dédiés à ses 45 ans de carrière journalistique Guy-Noël Sam avait reçu un oscar d’honneur.

Deux fois membre du Conseil Supérieur de la Liberté de Communication, Guy-Noël Sam fut aussi directeur général de la Voix de la Révolution Congolaise.

Né en 1943, Guy-Noël Sam s’en est allé à 78 ans.

Adieu doc!

Adieu cher confrère!

Avec Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

Bourse Ghislaine-Dupont et Claude-Verlon : Rolf Leu Bohoula et Mahamat Zara remportent le prix

novembre 12, 2021

Photo: Rolf Leu Bohoula et Mahamat Zara/DR

Les deux lauréats bénéficient, selon le communiqué de Radio France internationale, d’une formation de quatre semaines à Paris, entièrement prise en charge par cette radio, au cours du premier trimestre 2022, sous réserve que les conditions sanitaires le permettent.

Rolf Stève Domia Leu Bohoulou, 28 ans, originaire de la République centrafricaine, est titulaire d’une licence professionnelle en journalisme. Il est actuellement journaliste à Radio Ndeke Luka. Il a réalisé pour cette édition de la bourse dont il est lauréat un reportage sur le règlement des conflits par la justice coutumière, dont le jury a apprécié la justesse du récit et de l’illustration sonore ainsi que la qualité de l’écriture.

Mahamat Hassane Zara, 33 ans, originaire du Tchad, est titulaire d’une licence professionnelle en télécommunications de l’institut Cerco du Bénin. Elle a, quant à elle, fait découvrir le métier de couturier ambulant à travers les bruits de la grande ville, tout en présentant la rencontre d’un artisan et ses clients.

Cette huitième édition de la bourse qui se tient habituellement dans un pays d’Afrique était, pour la seconde année consécutive, organisée à distance et ouverte aux pays d’Afrique francophone en raison de la pandémie de covid-19. Il a été demandé aux candidats journalistes de réaliser un reportage sur le thème « Dialogue et tolérance » tandis que les candidats techniciens ont préparé un sujet sur le thème ‘’Les petits métiers de la rue’’.

La bourse Ghislaine-Dupont et Claude-Verlan est ouverte à vingt-cinq pays d’Afrique francophone dont les deux Congo, la Centrafrique, le Gabon, le Cameroun, le Tchad, le Rwanda, l’Algérie, le Maroc, le Bénin, le Djibouti, le Mali, le Burundi, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, la Tunisie et le Togo.

Avec Adiac-Congo par Cissé Dimi

Congo-Diaspora: Décès en France de la journaliste Pauline Tsik

octobre 28, 2021

Les plus jeunes d’entre nous ne la connaissent pas. Pauline Tsik fut l’une des grandes présentatrices du JT de 20h de Télé Congo dans les années 80-90. Elle forçait l’admiration par sa rigueur professionnelle et son talent. Elle aura suscité beaucoup d’émules dans la profession.

Peu avant la guerre de juin 1997, elle s’était rapprochée de Bernard Bakana Kolélas, président-fondateur du MCDDI. A la fin de ce conflit, elle s’était exilée en France.

Elle serait morte dans son appartement où elle vivait seule.

Communiqué de Presse relatif au décès de notre Camarade de lutte Pauline Tsik TSIDEKELE


C’est avec une grande tristesse que les membres de la plateforme associative « LES
ASSISES NATIONALES DU CONGO » ont appris le décès ce 27 octobre 2021 de
Madame Pauline TSIK ( TSIDEKELE) , une grande figure historique de la télévision
congolaise et qui était devenue une Résistante exemplaire dans la diaspora congolaise
depuis le coup d’Etat de 1997 au Congo(Brazzaville).
Décédée en France où elle était réfugiée politique reconnue par la République Française
depuis le début des années 2000, au cours de son exil politique qui avait commencé au
Gabon en 1998, Pauline TSIK était membre des ASSISES NATIONALES DU CONGO,
depuis la création de cette plateforme en 2014.
Signataire de la Charte révisée des « ASSISES» en 2016, notre camarade de lutte,
journaliste de formation et jadis grande vedette du journal de 20 heures de Télé Congo
dans les années 80-90, a été de tous les combats pour la restauration de la démocratie
au Congo et pour la reconstruction de notre chère patrie. Contre vents et marrées, elle
n’a ménagé aucun effort pour apporter son expertise au sein des « ASSISES »,
toujours avec humilité et dignité.
Notre compatriote nous quitte au moment où la situation de notre pays continue de
sombrer dans une déliquescence généralisée qui s’aggrave chaque jour. En effet, il
suffit d’observer la nature des scandales économiques occasionnés par les tenants d’un
pouvoir illégal et illégitime, révélés par la presse nationale et internationale.
Incontestablement Pauline TSIK est partie meurtrie par la tragédie dans laquelle survit
le Congo depuis le coup d’Etat de 1997 et le rêve brisé de la Conférence Nationale
Souveraine de 1991 qu’elle avait vivement soutenue.
Symboliquement, nous en sommes convaincus, ses mains se joindront toujours à
celles des fils et filles de notre pays, afin de boucher les trous de « la jarre percée »
qu’est devenu notre pays – pour reprendre la métaphore bien connue du Grand
Résistant Africain que fut le Roi de Ghezo face à l’occupation colonialiste dans l’actuel
Bénin.
Pauline TSIK n’avait qu’une aspiration : la paix dans la dignité et la justice sociale, en
République. Telle est aussi l’aspiration du peuple congolais.
À travers leur bureau, les membres des « ASSISES NATIONALES DU CONGO »
présentent leurs sincères condoléances à la famille d’une GRANDE FEMME
CONGOLAISE MORTE DANS SON COMBAT POUR UN CONGO JUSTE ET POUR UNE
HUMANITE MEILLEURE.
Fait à Paris le 27/10/2021
Le Bureau des Assises Nationales du Congo.
Pour le Délégué Général,
Djess dia Moungouansi Porte-parole, Secrétaire Général par intérim.
Contacts : 06.45.89.88.52 et 06.64.39.34.94

REPOSE EN PAIX LA GRANDE … Merci pour votre soutien dans ce combat pour la Liberté.

Avec Brazanews

Carrière professionnelle : Didier Drogba désormais consultant chez Canal+

octobre 8, 2021

L’ancien capitaine des Eléphants de Côte d’Ivoire, Didier Drogba, évoluera maintenant en tant que consultant sportif pour la chaîne de télévision française.

Selon le quotidien français L’Equipe du 4 octobre, la légende ivoirienne de football va exercer le métier de consultant à temps partiel. Une bonne nouvelle pour ses nombreux fans qui souhaitaient le voir faire ce métier un jour. Après deux mois de négociation avec la chaîne Canal+, les deux parties sont finalement parvenues à un accord.

Drogba sera consultant pour la chaîne française, mais pas n’importe lequel. Il sera un « consultant exceptionnel » et ne sera pas un intervenant régulier. D’après l’Equipe, Didier Drogba ne fera que quelques apparitions tout au long de la saison, et ne sera donc pas présent à toutes les émissions présentées, notamment par les habituels Hervé Mathoux et Laure Boulleau.

Si la rumeur a circulé depuis plusieurs jours dans certains médias, elle est désormais officielle. Didier Drogba devient consultant télé au sein du géant français de l’audiovisuel Canal +.  Il a donné son accord pour participer principalement à quelques soirées Ligue des champions.

L’ancien pensionnaire du Mans FC, de l’Olympique de Marseille, du Chelsea FC, de Guingamp, de Galatasaray, de Montreal Impact ou Phoenix Rising mettra ainsi son expérience et son savoir-faire au bénéficie des téléspectateurs des matches de League des Champions.

Né le 11 mars 1978 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, Didier Yves Drogba Tébily de son vrai nom fera officiellement son apparition lors du match Paris Saint-Germain contre le RB Leipzig.

Avec Adiac-Congo par Rude Ngoma

Mali : six mois après, quel espoir de libération pour Olivier Dubois ?

octobre 8, 2021
Manifestation de soutien à Olivier Dubois, le 8 juin 2021, à Paris © SEVGI/SIPA

Alors que le ton monte entre Paris et Bamako, certains s’inquiètent de possibles répercussions sur les négociations en vue de la libération du journaliste français, otage des jihadistes.

C’est sur le terrain qu’il aimait donner à voir et à entendre. C’est aussi là qu’il se sentait le mieux. Comme lors de chacun de ses déplacements, juste avant de se rendre à Gao où il a été enlevé le 8 avril, Olivier Dubois a laissé un protocole de sécurité à Déborah Al Hawi Al Masri, son épouse. Il lui demandait d’alerter les autorités si elle n’avait pas de ses nouvelles au plus tard le 10 avril à 17h. Il était prudent, mais n’aurait jamais imaginé voir un jour son nom inscrit sur la liste des Français pris en otage à l’étranger.

Voilà maintenant six mois que ce journaliste hyperactif, collaborateur notamment de Jeune Afrique, est otage, laissant sa compagne et ses deux enfants dans un état d’angoisse… mais aussi d’espoir. L’espoir de le voir un jour revenir et reprendre le cours de sa vie.

« Je ne suis informée de rien »

À l’annonce de son enlèvement, un comité de soutien baptisé #FreeOlivierDubois s’est très vite constitué, et multiplie depuis les actions à Paris comme à Bamako. Surtout, ne pas oublier Olivier Dubois, alors même que de nombreuses interrogations demeurent. Où se trouve-t-il ? Comment se porte-t-il ? Comment les États français et maliens œuvrent-ils pour qu’il soit libéré le plus vite possible ? Les questions fusent dans la tête de ses proches, sans réponse. Ils affirment ne rien savoir d’éventuelles négociations. « Je ne suis informée de rien, confie sa compagne. Je ne sais pas si des discussions ont été entamées parce que le Mali et la France travaillent dans une totale discrétion. »

Les jours passant, cette mère de famille éprouve une certaine frustration et un sentiment d’impuissance. Mais elle veille à ne pas laisser leurs enfants dans l’ignorance : « Olivier est omniprésent dans nos pensées et sa situation n’est pas un tabou. On en parle régulièrement. Je préfère leur répondre plutôt que d’engendrer des angoisses chez eux ». Le dernier message de leur père date du 5 mai, c’est une courte vidéo de 20 secondes. Habillé en tunique traditionnelle avec une barbe de trois jours, l’otage confirmait son enlèvement à Gao, par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la nébuleuse sahélienne d’Al Qaïda dirigée par le Malien Iyad Ag Ghaly.

Le 29 septembre dernier, le journaliste Wassim Nasr, spécialiste des réseaux jihadistes, a affirmé avoir été en contact avec une source « propre » du GSIM. Contrairement au scenario avancé jusqu’alors, celle-ci affirme qu’Olivier Dubois n’a pas été attiré dans un piège ou « trompé » et que son cas « peut être ouvert à la discussion ».

Crispation

Si c’est le cas, la France – qui a officiellement pour doctrine de ne pas négocier avec les terroristes – accepterait-elle d’ouvrir des négociations ? La récente crispation des relations entre Paris et Bamako va-t-elle entraver l’avancée du dossier du seul otage français au monde ? « Je n’ai pas de craintes par rapport à la situation d’Olivier parce que les deux États m’ont affirmé qu’il est une priorité, veut croire Déborah Al Hawi Al Masri. Les problèmes géopolitiques ne seront pas un frein. » 

Depuis la fin septembre, le ton est monté d’un cran entre les deux pays. Paris n’apprécie guère que Bamako ait entamé des discussions avec des sociétés de sécurité russes de la nébuleuse Wagner. Et Emmanuel Macron a vivement réagi aux propos du Premier ministre malien, Choguel Maïga, qui a qualifié « d’abandon » le retrait progressif des troupes de Barkhane dans le nord du Mali.

Journaliste indépendant et spécialiste des questions de sécurité, Walid Ag Menani estime toutefois que ce changement de dispositif militaire n’aura pas de réel impact sur le dossier Dubois. Selon lui, cela ne veut pas nécessairement dire que la sécurité et la libération du journaliste seront compromises. « Sophie Pétronin [enlevée à Gao en 2016 et libérée en octobre 2020] a été arrêté dans une ville où des soldats français étaient présents et elle a été libérée à quelques kilomètres d’une base de l’armée française », rappelle-il. Autrement dit, la présence des troupes françaises dans la zone n’a pas empêché ce rapt.

« Il est très compliqué de tirer des conclusions, nuance Marc de Boni, membre du comité de soutien à Olivier Dubois. Il est certain que cette crispation est un facteur d’angoisse pour tous. Mais Quand Sophie Petronin a été libérée, les relations entre la France et le Mali n’étaient pas au beau fixe non plus. » Six mois après l’enlèvement d’Olivier Dubois, l’espoir est toujours aussi grand. 

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo