Archive for the ‘Médias’ Category

Télévision : le producteur Franck Saurat est mort

décembre 8, 2022

Franck Saurat, le fondateur de la société Carson Prod, notamment connu pour avoir produit « Stars à domicile », est mort jeudi 8 décembre, à l’âge de 55 ans.

Franck Saurat le 21 janvier 2020.
Franck Saurat le 21 janvier 2020.© Guignebourg Denis / Guignebourg Denis/ABACAGuignebourg Denis

Le monde du petit écran perd l’un de ses piliers. Le producteur Franck Saurat est mort dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 décembre, « des suites d’un arrêt cardiaque, dans un hôpital parisien », selon des informations du Parisien. Il avait fondé la société de production Carson Prod, en 2001, avec son ami Jean-Luc Delarue. C’est ainsi à eux que l’on doit plusieurs émissions cultes comme Stars à domicile, 300 Chœurs, Sosie ! Or not sosie ?, mais aussi le Sidaction, Les Victoires de la musique et l’émission consacrée à la Fête de la musique diffusée sur France 2 entre 2002 et 2009. Depuis le décès de son acolyte, Franck Saurat s’était rapproché de Jean-Marc Morandini et, ensemble, ils ont produit le magazine Crimes, ainsi que les programmes Urgences, Retrouvailles ou encore Héritages.

Proche de la chanteuse québécoise Céline Dion, le producteur a également élaboré plusieurs programmes autour d’elle, à l’image d’un Grand Show de Michel Drucker, en 2012, mais aussi Céline Dion, ma vie sans René, au décès de son mari, en 2016. Il était, en outre, derrière le programme I love You Coiffure, avec Muriel Robin.

Le décès du producteur a été annoncé sur Twitter par le directeur de TV5 Monde, Yves Bigot. Il a écrit : « Je suis dévasté d’apprendre la mort cette nuit de mon ami Franck Saurat, producteur de télévision exceptionnel. Je suis fier et heureux de l’avoir connu et d’avoir si bien travaillé avec lui depuis vingt-cinq ans à France 2 et ailleurs. Bon voyage, Franck… » Depuis, les hommages à la vedette de l’ombre du petit écran se multiplient. Stéphane Bern salue « un formidable producteur, enthousiaste, imaginatif, fidèle en amitié » et qui « affrontait les épreuves de la vie avec courage et dignité ». Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, salue, elle, un « grand professionnel de la télévision, qui a porté sur nos antennes, avec tant de talent, d’énergie et de créativité, nombre de programmes populaires et de grands divertissements et événements ».

L’émission 300 Chœurs, diffusée sur France 3 vendredi 9 décembre à partir de 21 h 10, rendra hommage à Franck Saurat, a indiqué France Télévisions dans un communiqué.

Avec Le Point

Le youtubeur Norman Thavaud en garde à vue pour viols et corruption de mineurs

décembre 5, 2022
Norman Thavaud pose pour la caméra, les mains sur la tête.

Comédien et vedette de l’Internet francophone, Norman Thavaud a été placé en garde à vue lundi par la police pour viols et corruption de mineurs. Photo : AFP via Getty Images/Joel Saget

La vedette de l’Internet francophone, qui compte plus de 12 millions d’abonnés sur YouTube, a été arrêtée et placée en garde à vue lundi dans le cadre d’une enquête de la brigade de protection des mineurs.

Norman Thavaud, qui est soupçonné d’avoir violé plusieurs jeunes femmes et d’avoir corrompu des mineurs, a été interrogé par les enquêteurs lundi.

Selon des informations obtenues par le journal Libération, la procédure judiciaire ouverte contre le youtubeur en janvier dernier a permis de retracer au moins six plaignantes. Cinq d’entre elles l’accusent de viol et au moins deux étaient mineures au moment des faits allégués.

Les dénonciations visant Thavaud se sont multipliées à compter de l’été 2020 après qu’une Québécoise, qui avait 16 ans au moment des faits, a dénoncé sur Instagram les agissements de la vedette de 31 ans.

Photos et captures d’écrans à l’appui, la jeune femme l’a publiquement accusé de l’avoir manipulée pour obtenir des photos et des vidéos d’elle à caractère sexuel et d’avoir exercé à son endroit une emprise psychologique à partir de 2018.

Une plainte aussi au Canada

La jeune femme avait également porté plainte contre Thavaud au Québec.

Dans le cadre d’une enquête franco-québécoise publiée par Urbania en avril 2021, d’autres femmes avaient formulé des accusations semblables à l’encontre du youtubeur pour des faits qui se seraient produits alors que certaines d’entre elles étaient mineures.

Interrogée par l’AFP, la jeune Québécoise a confirmé être en France pour rencontrer les enquêteurs et confronter son présumé agresseur.

À l’origine de la populaire chaîne YouTube Norman fait des vidéos, Thavaud est devenu l’un des plus suivis sur Internet, rachetant même Mixicom qui réunit de célèbres humoristes du web, dont Cyprien et Squeezie, qui partagent avec lui le podium des producteurs de vidéos les plus suivis de France.

Lucas Hauchard, alias Squeezie, dans l'un de ses vidéos publiés sur YouTube

Lucas Hauchard, alias Squeezie, dans l’une de ses vidéos publiées sur YouTube. (Archives) Photo : Capture d’écran (Squeezie)

Norman Thavaud est l’un des pionniers des baladodiffusions dans l’Hexagone avec la publication sur les réseaux sociaux de sketchs mettant en scène des banalités de la vie quotidienne.

Ses vidéos YouTube ont été vues plus de 2,7 milliards de fois, selon un décompte officiel.

Par Radio-Canada avec les informations de Libération et Agence France-Presse

Le Burkina Faso ordonne la suspension immédiate de RFI « jusqu’à nouvel ordre »

décembre 4, 2022

Après le Mali, le Burkina Faso est le deuxième pays de la région à interdire cette année Radio France Internationale (RFI).

Le capitaine Ibrahim Traoré assiste à la cérémonie du 35e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara à Ouagadougou, le 15 octobre 2022. © OLYMPIA DE MAISMONT / AFP

Le Burkina Faso a ordonné samedi « la suspension immédiate et jusqu’à nouvel ordre » de RFI, lui reprochant notamment d’avoir relayé un « message d’intimidation » attribué à un « chef terroriste », a annoncé le porte-parole du gouvernement burkinabè.

En ayant relayé ce message, RFI « contribue ainsi à une manœuvre désespérée des groupes terroristes en vue de dissuader les milliers de Burkinabè mobilisés pour la défense de la Patrie », indique un communiqué signé du porte-parole, Jean Emmanuel Ouedraogo.

Suspension immédiate

Au début de la semaine, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaïda), avait diffusé une vidéo dans laquelle l’un de ses chefs au Burkina Faso menaçait de s’attaquer à des villages défendus par des Volontaires de la défense de la patrie (VDP), supplétifs civils de l’armée, qui vient d’en recruter 90 000 en trois semaines pour faire face à la recrudescence des attaques jihadistes.

Le gouvernement reproche également à RFI, radio publique française, d’avoir repris dans sa revue de presse de vendredi « une information mensongère, indiquant que: ‘Le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, assure qu’une tentative de coup d’État a visé son pouvoir’ ».À LIREBurkina : la colère très calculée du capitaine Traoré

Le communiqué rappelle que « le 3 novembre dernier, le gouvernement avait déjà exprimé son indignation face à l’attitude tendancieuse des journalistes de ce média (RFI) et leur propension à jeter un discrédit sur la lutte dans laquelle le peuple burkinabè est engagé pour plus de liberté et de dignité ».

« Au regard de tout ce qui précède, le gouvernement a décidé de la suspension immédiate jusqu’à nouvel ordre, de la diffusion des programmes de Radio France Internationale sur toute l’étendue du territoire national », ajoute-t-il.

« Accusations infondées »

La direction de RFI « déplore vivement cette décision et s’élève contre les accusations totalement infondées mettant en cause le professionnalisme de ses antennes », a-t-elle indiqué samedi soir dans un communiqué. « Cette coupure est intervenue sans préavis et sans que ne soient mises en œuvre les procédures prévues par la convention de diffusion de RFI établie par le Conseil supérieur de la communication du Burkina Faso », affirme-elle.

🔴 @RFI DÉPLORE VIVEMENT LA SUSPENSION DE SA DIFFUSION AU BURKINA FASO HTTPS://T.CO/VFVN8GFJ3M VIA @RFI— FRANCE MÉDIAS MONDE (@FRANCE_MM) DECEMBER 3, 2022

Elle ajoute que le groupe France médias monde auquel RFI appartient, « explorera toutes les voies pour parvenir au rétablissement de la diffusion de RFI, et rappelle son attachement sans faille à la liberté d’informer comme au travail professionnel de ses journalistes ». Selon la direction de RFI, la radio est suivie chaque semaine au Burkina Faso « par plus de 40% de la population et plus de 70% des leaders d’opinion ».

MUSELER OU PERSÉCUTER LA PRESSE NE TRANSFORME PAS LE MENSONGE EN VÉRITÉ

Le gouvernement a tenu néanmoins « à réaffirmer à l’opinion nationale et internationale son attachement à la liberté de presse et d’opinion » et « au droit du public à l’information », mais « invite cependant au respect des règles et principes édictés en la matière dans notre pays ».

Le Burkina est le deuxième pays de la région à interdire RFI cette année après le Mali, en mars. « Les nerfs sont à vif, cependant museler ou persécuter la presse ne transforme pas le mensonge en vérité », a estimé Newton Ahmed Barry, journaliste et ancien président de la Commission électorale nationale (CEN).

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Sénégal : un journaliste arrêté pour une information contraire « à la sécurité nationale »

novembre 7, 2022

Directeur du site d’information Dakar Matin, Pape Alé Niang a été placé en garde à vue dimanche pour avoir divulgué une « information de nature à nuire » à la sécurité. Par ailleurs, une vidéaste de Buur News a été brutalisée par les forces de l’ordre, selon la Coordination des associations de presse.

Le journaliste Pape Alé Niang a été placé en garde à vue ce dimanche 6 novembre. © DR

Pape Alé Niang, qui dirige le site d’information Dakar Matin, est connu au Sénégal pour ses chroniques régulières sur l’actualité. Il a été arrêté puis placé en garde à vue ce dimanche 6 novembre à 14 heures (locales et GMT) au commissariat central de Dakar pour trois « infractions », a déclaré son avocat, Ciré Clédor Ly.

UNE MONTAGNE D’HÉRÉSIES, DES INTIMIDATIONS ET UNE TENTATIVE DE MUSELER LA PRESSE

La police lui reproche d’« avoir porté à la connaissance du public une information dont la divulgation est de nature à nuire à la défense nationale et des actes et manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique et à occasionner des troubles ». La troisième infraction est relative à « une violation du secret professionnel », selon Me Ly, qui a dénoncé « une montagne d’hérésies, des intimidations et une tentative de museler la presse ».

En lien avec les accusations visant Ousmane Sonko ?

La Coordination des associations de presse (CAP), qui regroupe des organisations de la presse locale, a affirmé dans un communiqué qu’elle allait « apporter toute l’assistance requise » au journaliste. L’arrestation de Pape Alé Niang avait été annoncée par des médias locaux et la CAP avant d’être confirmée par une source policière.

Selon la presse locale, l’arrestation survient après des publications du journaliste ces derniers jours sur les accusations de viols visant le principal opposant sénégalais, Ousmane Sonko.

Ousmane Sonko, 48 ans, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2024, a été inculpé pour viols et menaces de mort et placé sous contrôle judiciaire en mars 2021, après avoir été visé par la plainte d’Adji Sarr, une employée d’un salon de beauté où il allait se faire masser pour, selon lui, soigner un mal de dos. Il a été auditionné le jeudi 3 novembre pour la première fois dans cette affaire par un juge d’instruction à Dakar.

« Violence policière »

Par ailleurs, une vidéaste du site d’information Buur News, Fatou Dione, a été victime de « violence policière » samedi, lors d’une manifestation interdite à Dakar, a dénoncé la CAP dans un communiqué. La journaliste s’est « évanouie au moment où les forces de l’ordre sont venues l’évacuer avec une brutalité inouïe », a ajouté la CAP.

Une vingtaine de personnes arrêtées samedi après-midi, lors de cette manifestation interdite par le préfet de Dakar, étaient toujours en détention dimanche, selon la presse. La manifestation, à l’initiative d’un collectif formé notamment d’activistes, visait à réclamer la libération de « détenus politiques », des personnes en prison depuis plusieurs semaines et présentées dans la presse comme proches de l’opposition.

Par Jeune Afrique ( avec AFP)

Radio-Canada ferme son bureau de Pékin

novembre 2, 2022
Un soldat chinois devant un bâtiment.

Les autorités chinoises refusent d’accréditer l’équipe journalistique du diffuseur public canadien. Photo : Getty Images/Noel Celis

Après 40 ans de présence en Chine, CBC/Radio-Canada annonce la fermeture de son bureau de Pékin en raison du refus des autorités chinoises d’accréditer le personnel de ses équipes journalistiques.

Dans un texte publié mercredi matin, la directrice générale de l’Information, Luce Julien, et la première directrice Programmation nouvelles, actualités et déploiement, Ginette Viens, expliquent que CBC/Radio-Canada ne peut faire autrement dans la mesure où toutes les tentatives d’obtenir un visa et une accréditation pour le nouveau correspondant en Asie, Philippe Leblanc, se sont soldées par un refus.

« Ça fait plus de deux ans que nous tentons d’obtenir un visa pour notre correspondant Philippe Leblanc en Asie. »— Une citation de  Luce Julien, directrice générale de l’information, Radio-Canada

La société d’État avait cependant été autorisée par Pékin à envoyer des équipes aux Jeux olympiques l’hiver dernier, mais sous de strictes conditions. Aucun correspondant Radio-Canada n’a été autorisé depuis à y séjourner.

En dépit de rencontres avec le consul de Chine à Montréal, toutes les demandes d’accréditation et de visa pour le journaliste Philippe Leblanc se sont soldées par des fins de non-recevoir.

Une lettre cosignée du directeur général de l’information de CBC, Brodie Fenlon, et de Luce Julien à l’ambassadeur de Chine au Canada, Cong Peiwu, n’a eu pour réponse qu’un accusé de réception.

C’est donc à contrecœur que la direction de l’information a dû se résoudre à fermer son bureau de Pékin après quatre décennies de présence en Chine.

Radio-Canada n’est hélas pas seul à vivre d’importantes difficultés dans sa mission journalistique en Chine, soulignent Luce Julien et Ginette Viens.

« Les relations entre les médias étrangers et le gouvernement chinois ont été de tout temps complexes. Elles sont devenues particulièrement tendues ces dernières années. »— Une citation de  Extrait du Mot de l’info publié par la direction de l’information de Radio-Canada

Afin de continuer d’offrir aux Canadiens une couverture de l’actualité internationale dans cette partie de l’Asie, le journaliste Philippe Leblanc sera basé à Taïwan au moins pour les deux prochaines années.

D’une importance géostratégique primordiale, cette île de 24 millions d’habitants située au cœur de cette région du monde, sera aussi l’un des points de tension des prochaines années avec la Chine, précisent Luce Julien et Ginette Viens.

La pratique du journalisme international n’a jamais été de tout repos, mais elle a été particulièrement difficile pour Radio-Canada cette année en raison des tensions importantes entre l’Occident et la Chine, mais aussi avec la Russie. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, le gouvernement de Vladimir Poutine a révoqué les accréditations des équipes de CBC/Radio-Canada, qui n’a eu d’autre choix que de fermer son bureau de Moscou.

À notre connaissance, c’est la première fois qu’un de nos bureaux se voit ainsi expulsé d’un pays. Et le seul à ce jour à avoir subi une telle fermeture de tous les médias étrangers qui ont une présence à Moscou, déplorent Luce Julien et Ginette Viens.

En attendant de pouvoir un jour retourner en Russie, la correspondante de Radio-Canada Tamara Alteresco est contrainte de couvrir l’actualité en Russie à partir des pays limitrophes. Le diffuseur public canadien était présent en Russie depuis 44 ans.

Depuis janvier dernier, Radio-Canada a déployé des journalistes dans 36 pays, dont une quinzaine d’équipes qui se sont succédé afin d’assurer la couverture de la guerre en Ukraine.

Avec Radio-Canada par Stéphane Bordeleau

Des journalistes iraniens critiquent l’arrestation de leurs collègues

octobre 30, 2022
Un homme tient un exemplaire d'un journal.

Lettre signée par 300 journalistes iraniens apparaît sur la couverture d’un journal à Téhéran. Photo: Getty Images/AFP/Atta Kenare

Des journalistes iraniens ont dénoncé dimanche l’arrestation de plusieurs de leurs collègues par les autorités sur fond de mouvement de contestation déclenché en Iran par la mort en détention de Mahsa Amini il y a plus d’un mois.

L’Iran est secoué par des protestations depuis la mort le 16 septembre de cette jeune Kurde iranienne, décédée trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des mœurs qui lui reprochait d’avoir enfreint le code vestimentaire strict du pays, prévoyant notamment le port du voile en public.

Des dizaines de personnes, principalement des manifestants, mais aussi des membres des forces de sécurité, ont été tuées lors des manifestations qualifiées généralement d’émeutes par les autorités.

Des centaines d’autres, dont des femmes, ont été arrêtées.

Le quotidien réformateur Sazandegi a annoncé dimanche que plus de 20 journalistes sont toujours en détention, notamment à Téhéran, mais aussi dans d’autres villes. Plusieurs autres ont été convoqués par les autorités, ajoute le journal.

Détenus sans audience

Selon les médias locaux, plus de 300 journalistes et photojournalistes iraniens ont signé un communiqué afin de critiquer les autorités pour avoir arrêté leurs confrères et les avoir privés de leurs droits de citoyens après leur détention.

Ils n’ont pas eu accès à leurs avocats, ont été interrogés et accusés avant de tenir une audience publique, a ajouté le texte, appelant les autorités à libérer les journalistes.

Dans une déclaration publiée dans le journal Etemad, l’Association des journalistes de Téhéran a rejeté comme illégale et en conflit avec la liberté de la presse l’approche sécuritaire envers le métier du journalisme.

L‘Occident montré du doigt

L’association syndicale faisait allusion à un long rapport publié vendredi par des services de sécurité du pays sur les origines des manifestations et les interventions du régime américain dans les récentes émeutes en Iran.

Ils ont accusé des Occidentaux d’avoir organisé des cours de formation pour des Iraniens dans le but de renverser le pouvoir en Iran.

Le rapport accuse notamment deux journalistes, en les identifiant par leurs initiales, d’avoir reçu ces formations et d’avoir joué le rôle de sources primaires pour les médias étrangers.

Selon les médias locaux, le rapport faisait allusion à la journaliste Elaheh Mohammadi du quotidien Sazandegi et à la photographe Niloufar Hamedi du journal Shargh, qui avaient contribué à rendre publique l’affaire de Mahsa Amini et qui sont détenues depuis des semaines.

Notre journaliste et notre journal […] ont agi dans le cadre de la mission journalistique, a indiqué le directeur du quotidien Shargh, Mehdi Rahmanian, précisant que Niloufar Hamedi n’était pas la première à avoir annoncé la mort de la jeune femme. De son côté, le journal Sazandegi a critiqué le rapport décevant des services des renseignements, ajoutant que confronter les journalistes entraînerait la destruction des médias.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Iran : une image piratée du guide suprême diffusée en direct à la télévision d’État

octobre 9, 2022
Un portrait du chef suprême de l'Iran.

Chef suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei fait face à des contestations populaires dans son pays et à l’étranger. Les manifestants réclament davantage de droits et de libertés pour les femmes. Photo : Getty Images

Un groupe qui soutient la contestation déclenchée en Iran par la mort de Mahsa Amini a réussi à pirater une chaîne de la télévision d’État en diffusant en plein bulletin de nouvelles une image du guide suprême Ali Khamenei entouré de flammes.

Le sang de nos jeunes dégouline de tes doigts, a indiqué un message apparu à l’écran lors de la diffusion samedi soir du journal de la télévision d’État. Ce message était accompagné d’une photo retouchée d’Ali Khamenei, le corps entouré de flammes et un viseur sur la tête.

Il est temps de ranger tes meubles […] et de te trouver un autre endroit pour y installer ta famille à l’extérieur de l’Iran, pouvait-on lire sur un autre message qui accompagnait la photo.

L’affaire de quelques secondes

Cette cyberattaque, qui a duré quelques secondes, a été revendiquée par un groupe qui se fait appeler Edalat-e Ali (La justice d’Ali), qui appuie ce mouvement de contestation, le plus important en Iran depuis les manifestations contre la hausse des prix de l’essence en 2019.

Plusieurs médias en persan établis à l’étranger ont diffusé une vidéo de cette cyberattaque. À la fin de la vidéo, on peut voir le présentateur du journal télévisé l’air crispé, ses yeux fixant la caméra.

Une image d'Ali Khamenei entouré de flammes et avec un viseur sur la tête.

La cyberattaque n’a duré que quelques secondes. Photo : Capture d’écran/Chaîne Youtube de the Guardian

En Iran, l’agence de presse Tasnim a confirmé que la télévision d’État avait été piratée pendant quelques instants par des agents antirévolutionnaires.

L’Iran est secoué par des protestations depuis la mort, le 16 septembre, de Mahsa Amini, une jeune femme kurde iranienne de 22 ans, décédée trois jours après son arrestation par la police des mœurs à Téhéran pour avoir, selon celle-ci, enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes, qui prévoit notamment le port du voile.

Des poubelles incendiées.

La mort de Mahsa Amini a déclenché une série de violentes manifestations dans les principales villes d’Iran, notamment dans la capitale, Téhéran. Photo : Getty Images/AFP

L’ONG Iran Human Rights (IHR), établie à Oslo, a fait état d’au moins 95 morts dans la répression des manifestations depuis le 16 septembre. Selon un dernier bilan iranien donné fin septembre, environ 60 personnes ont été tuées, dont une dizaine de policiers.

La contestation se poursuit

Dimanche, apparaissant pour la première fois en vidéo depuis sa libération sous caution mardi, l’artiste Shervin Hajipour, connu pour sa chanson Baraye, qui soutient le mouvement et qui a fait près de 40 millions de vues sur Instagram, a affirmé qu’il voulait seulement exprimer sa sympathie envers les manifestants.

Dans le même temps, des étudiants des universités de Téhéran, d’Amirkabir et de Boushehr ont organisé dimanche des rassemblements dans leurs universités pour condamner les actions des émeutiers des derniers jours, a rapporté l’agence officielle IRNA.

La veille, alors que le mouvement de contestation entrait dans sa quatrième semaine, des manifestations avaient eu lieu dans plusieurs villes et les rassemblements de solidarité s’étaient poursuivis à l’étranger.

Selon l’analyste iranien Omid Memarian, une vidéo a montré des protestataires à Téhéran qui criaient Mort au dictateur.

Nous n’avons plus peur : nous nous battrons

Ailleurs, des écolières ont scandé Femmes, vie, liberté, le cri de ralliement des manifestants, à Saghez, la ville natale de Mahsa Amini, dans la province du Kurdistan, et ont marché en agitant leur foulard au-dessus de leur tête, a indiqué l’ONG de défense des droits de la personne Hengaw, établie en Norvège.

Selon des images en ligne vérifiées par l’AFP, une grande banderole placée sur un viaduc de l’autoroute qui traverse le centre de Téhéran affirme : Nous n’avons plus peur : nous nous battrons.

Deux membres des forces de sécurité ont été tués samedi lors des manifestations, l’un à Téhéran par une foule armée, l’autre à Sanandaj, capitale du Kurdistan, selon l’IRNA.

Cette agence a confirmé des protestations dans différentes villes, où des manifestants ont lancé des cocktails Molotov contre des mosquées, contre des centres de Bassidji, une milice paramilitaire, et contre des bureaux d’imams de la prière.

À Téhéran, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, a-t-elle indiqué, ajoutant que les manifestants avaient scandé des slogans ainsi qu’incendié et endommagé des biens publics, notamment un poste de police et des poubelles.

Une personne tient un portrait de Mahsa Amini.

Mahsa Amini avait été arrêtée pour avoir porté le voile de manière «inappropriée», selon les autorités iraniennes. Photo : Getty Images/AFP/Kenzo Tribouillard

Les autorités iraniennes ont affirmé vendredi que Mahsa Amini était décédée des suites d’une maladie et non de coups.

Cependant, le père de la jeune femme, Amjad Amini, qui avait affirmé que sa fille était en bonne santé avant son arrestation, a rejeté le rapport médical dans une entrevue à Iran International, une chaîne de télévision en persan basée à Londres.

J’ai vu de mes propres yeux que du sang avait coulé des oreilles et de la nuque de Mahsa, a-t-il dit.

Des militants et des ONG avaient affirmé qu’elle avait subi une blessure à la tête durant sa détention.

L’Iran accuse des pays étrangers d’attiser les manifestations, notamment les États-Unis, son ennemi juré.

Le chef de l’armée, Abdolrahim Moussavi, a promis dans un discours devant des commandants militaires que les forces armées ne permettront aucune ingérence et aucune agression de la part de puissances étrangères dans les affaires intérieures du pays, selon l’agence IRNA.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Prix Bayeux des correspondants de guerre : Associated Press, France 5, Editions Sidwaya et France Info-RTS récompensés

octobre 8, 2022

À l’exception du Burkina Faso pour la presse écrite, la couverture de l’invasion russe de l’Ukraine s’est adjugée tous les premiers prix de cette 29e édition.

Le secrétaire général français de Reporter sans frontières Christophe Deloire lors de la 29e remise des Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre. LOU BENOIST / AFP

Le Prix Bayeux des correspondants de guerre a été attribué samedi à des reportages traitant pour la plupart de l’Ukraine et diffusés par Associated Press en photo, France 5 en télé, France Info – RTS en radio et Editions Sidwaya en presse écrite.

À l’exception du Burkina Faso pour la presse écrite, la couverture de l’invasion russe de l’Ukraine s’est adjugée tous les premiers prix de cette 29e édition où l’Afghanistan occupait également une place centrale. En photo, Evgeniy Maloletka d’Associated Press (AP) est recompensé pour son reportage multimedia avec Mstyslav Chernov (Prix image vidéo) sur la chute de Marioupol, le prix du public va également à un photoreporter d’AP, Vadim Ghirda.

En presse écrite, le premier prix du jury international est décerné à Mariam Ouedraogo pour son reportage au Burkina Faso «Axe Dablo-Kaya : la route de l’enfer des femmes», aux éditions Sidwaya et le Prix Ouest France Jean Marin à Nicolas Delesalle pour «Ukraine, le convoi de la dernière chance» publié dans Paris Match. En télévision, Théo Maneval et Pierre Dehoorne s’adjugent le premier prix Amnesty International pour «Viktor et le baiser de la guerre» en Ukraine pour France 5, le prix grand format allant à Philip cox du Guardian pour «Le spiderman du Soudan».

Côté radio, le jury international a décerné le prix du comité du débarquement à Maurine Mercier (France Info – RTS) qui avait recueilli le témoignage d’une mère et sa fille sur «deux semaines de viol et de terreur à Boutcha», à nouveau en Ukraine.

Par Le Figaro avec AFP

Décès de Renaud de Rochebrune : de la guerre d’Algérie au cinéma africain, vies et passions d’un journaliste

septembre 24, 2022

Notre collaborateur Renaud de Rochebrune, dont les lecteurs de Jeune Afrique et de La Revue connaissent bien la signature, est brutalement décédé le 22 septembre à l’âge de 75 ans. Depuis les années 1970 et en parallèle de ses carrières d’auteur et d’éditeur, il n’avait jamais cessé de collaborer avec les publications du groupe.

Renaud de Rochebrune, auteur, éditeur, journaliste, critique de cinéma et ami de toujours de Béchir Ben Yahmed, le fondateur de Jeune Afrique, était né en 1947 © DR

« Et vous Renaud, qu’en pensez-vous ? » C’était une sorte de rituel, à Jeune Afrique comme à La Revue. Lorsqu’un grand sujet était débattu en conférence de rédaction, quand les avis s’opposaient, que les interprétations divergeaient, Béchir Ben Yahmed (décédé en 2021) aimait, souvent, se tourner vers Renaud de Rochebrune. Entré à Jeune Afrique dans les années 1970 après avoir commencé sa carrière au quotidien Le Monde, Renaud avait d’abord dirigé Economia, l’un des titres du groupe, avant d’occuper de multiples fonctions à JA, puis à La Revue. Silhouette longiligne enveloppée d’une veste délavée de couleur moutarde, l’intéressé se lançait, de sa voix éraillée à nulle autre pareille.

Lorsque BBY lui donnait la parole, il le faisait avec malice, presque avec amusement, tant tous les deux se connaissaient par cœur. Car Renaud, tous ceux qui l’ont côtoyé le savent, avait un avis sur (presque) tout. Et savait présenter et défendre cet avis avec talent, éloquence et, souvent, avec un peu d’entêtement. Qu’il s’agisse de parler de cinéma, du durcissement du régime chinois, des fluctuations du cours du pétrole, du bilan des socialistes au pouvoir en France, de littérature ou de la guerre d’Algérie, sa grande passion et la grande affaire de sa vie, Renaud avait toujours quelque chose à dire, et cela pouvait durer un certain temps. Et provoquer de virulents débats, dont BBY se régalait.

Éditeur, auteur, journaliste

Économiste de formation – il avait étudié à HEC, comme le fondateur de Jeune Afrique, ce qui contribuait à renforcer le lien particulier qui les unissait –, Renaud a eu mille vies. Journaliste bien sûr, mais aussi éditeur – chez Denoël, principalement –, auteur, historien, critique de cinéma… Cycliste, également, car le vélo était une passion qu’il a assouvie jusqu’au bout. Il racontait volontiers ses ascensions du célèbre Mont Ventoux, dans le sud de la France, et restait capable, à 70 ans passés, de s’embarquer pour l’Afrique du Sud avec un ami afin de participer à une course amateur organisée au Cap.

IL ÉTAIT TRÈS ÉRUDIT, TRÈS HISTORIEN, IL CONNAISSAIT DES MILLIARDS DE CHOSES

Auteur et éditeur, il avait collaboré à plusieurs biographies de personnages historiques tels que Mao ou Messali Hadj, et avait connu un certain succès au début des années 1990 avec son livre Les patrons sous l’occupation, coécrit avec son ami Jean-Claude Hazera.

Plus récemment, il avait publié avec Benjamin Stora une monumentale Guerre d’Algérie vue par les Algériens, dont les deux tomes sont parus en 2016 et en 2019. « Nous nous sommes rencontrés dans les années 1990, il était venu m’interviewer sur la guerre civile qui déchirait l’Algérie à ce moment-là et nous sommes très vite devenus amis. Il est venu me voir au Maroc et c’est là, je m’en souviens très bien, qu’il m’a proposé cette idée : écrire une histoire de la guerre d’Algérie, mais vue par les Algériens. J’ai dit oui, mais je ne pensais pas que cela nous prendrait vingt ans et que ce serait un travail aussi énorme », témoigne l’historien.

« Il travaillait tout le temps »

Les deux amis ne se sont plus quittés – Renaud était fidèle – et ont multiplié les travaux en commun, partant ensemble à Ramallah interviewer les dirigeants palestiniens, écrivant à quatre mains des articles sur le cinéma, l’une de leurs autres passions communes. « Il était très érudit, très historien, il connaissait des milliards de choses, se souvient encore Benjamin Stora. Il était toujours débordé, il travaillait tout le temps, jour et nuit. Renaud et moi, ce sont vraiment vingt ans de compagnonnage intellectuel. »

À 75 ANS, RENAUD RESTAIT SUR TOUS LES FRONTS

Avec Jeune Afrique aussi le compagnonnage fut long – près de cinquante ans – et fécond. Tour à tour journaliste, rédacteur en chef, conseiller, membre du comité éditorial, Renaud a été de toutes les aventures, suivant Béchir Ben Yahmed à La Revue tout en continuant de livrer des articles à JA.

« Nous nous étions rencontrés au milieu des années 1970, puis nous nous sommes retrouvés à La Revue, confirme son ami l’économiste et éditeur Marc Guillaume. Nous étions encore ensemble il y a une quinzaine de jours, je suis allé voir sa maison dans la Creuse, il est venu dans la mienne dans l’Aveyron. Nous avons parlé de vélo, nous voulions faire des ascensions ensemble, je l’avais associé à la revue d’écologie que je m’apprête à lancer, on avait mille projets… Je suis effondré. »

À 75 ans – qu’il a fêtés le 22 mars – Renaud restait sur tous les fronts. Son dernier article, nous l’avons publié mercredi dernier, il portait sur Ordalies, le tribunal de l’invisible, film subtil d’Hadrien La Vapeur et Corto Vaclav sur les pratiques magiques au Congo. Son prochain texte aurait dû traiter du film The Woman King, sur les Amazones du Bénin. Lors de ses conversations sur le sujet avec le responsable des pages culture, il avait confié ne pas aimer le film, trop hollywoodien pour ses goûts d’esthète, mais il voulait tout de même en montrer les aspects les plus positifs. Déjà, il se préparait à aller voir Black Panther II, sans grand enthousiasme mais avec un sens consommé du devoir.

Indomptable

Plus à l’aise avec les films d’art et d’essai qu’avec les blockbusters grand public, il fuyait les mondanités du monde du cinéma, mais adorait tout de même suivre les grands raouts de la profession comme le Fespaco, à Ouagadougou, le Festival d’El Gouna en Égypte ou le festival de Cannes dans le sud de la France, qu’il ne manquait jamais. Il était d’ailleurs devenu l’un des meilleurs spécialistes du cinéma africain, dont il avait interviewé la plupart des grands réalisateurs.

Renaud de Rochebrune, c’était un de ces personnages n’entrant dans aucune case dont Béchir Ben Yahmed aimait à s’entourer. C’était aussi, à sa façon, un indomptable : dépourvu de tout goût pour la consommation, se contentant d’une vie intellectuelle intense, il menait sa barque en toute liberté. Sans Dieu ni maître. Salut, Renaud. Et merci.

Toute l’équipe de Jeune Afrique s’associe à la douleur de tes proches et de ta compagne, Françoise.

Avec Jeune Afrique par Nicolas Michel et Olivier Marbot

Une journaliste star de CNN refuse de porter le voile pour interroger le président iranien, l’interview annulée

septembre 23, 2022

Le conseiller du président iranien a expliqué que dans ces conditions, l’entretien prévu à New York en marge de l’assemblée de l’ONU n’aurait pas lieu.

La journaliste vedette de CNN Christiane Amanpour a affirmé ce jeudi 22 septembre avoir refusé de porter un voile pour une interview la veille à New York du président iranien Ebrahim Raïssi, ce qui a provoqué selon elle l’annulation du face-à-face en plein mouvement de protestations dans le pays.

Selon les tweets de la cheffe de l’antenne internationale de CNN, un conseiller du président iranien est venu la voir «40 minutes après l’heure à laquelle l’interview aurait dû débuter», pour lui dire qu’Ebrahim Raïssi «suggérait» qu’elle porte un voile, «parce que ce sont les mois sacrés de Mouharram et Safar».

Le président iranien accuse l’Occident d’avoir «deux poids deux mesures» sur les droits des femmes

«J’ai poliment refusé. Nous sommes à New York, où il n’existe aucune loi ou tradition concernant le port du foulard. J’ai fait remarquer qu’aucun président iranien précédent ne l’avait exigé lorsque je l’avais interviewé en dehors de l’Iran», a expliqué la journaliste née en Grande-Bretagne d’un père iranien. D’après cette figure internationale de CNN, le conseiller lui a expliqué que dans ces conditions l’entretien, qui devait se dérouler en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, n’aurait pas lieu.

«Alors nous avons laissé tomber. L’interview n’a pas eu lieu. Alors que les manifestations se poursuivent en Iran et que des personnes sont tuées, cela aurait été important de parler avec le président Raïssi», a conclu Christiane Amanpour, qui a posté une photo d’elle en face d’un fauteuil vide.

Des manifestations, au cours desquelles au moins 17 personnes sont mortes selon le bilan d’un média d’État, ont éclaté en Iran depuis que les autorités ont annoncé le 16 septembre le décès de Mahsa Amini, 22 ans. Elle avait été arrêtée pour «port de vêtements inappropriés» par la police des mœurs, chargée de faire respecter le code vestimentaire strict dans la République islamique.

Par Le Figaro avec AFP