Archive for the ‘Médias’ Category

Militaires tués : Charlie Hebdo défend son «esprit satirique»

décembre 1, 2019

Riss, le directeur de l’hebdomadaire, a reconnu dans une lettre au chef d’état-major de l’armée de terre «l’importance du travail (des) soldats français».

Le directeur de Charlie Hebdo a défendu dimanche «l’esprit satirique» du journal tout en reconnaissant «l’importance du travail (des) soldats français pour lutter contre le terrorisme», dans une lettre au chef d’état-major de l’armée de terre, qui avait critiqué la publication de dessins sur la mort de 13 militaires français au Mali.

A la veille de l’hommage national aux militaires tués dans un accident d’hélicoptères, Riss écrit que «notre journal se doit de rester fidèle à son esprit satirique, parfois provocateur». «Cependant, je tenais à vous dire que nous sommes conscients de l’importance du travail effectué par les soldats français pour lutter contre le terrorisme,» poursuit le patron de l’hebdomadaire, lui-même blessé en janvier 2015 lors de l’attaque terroriste contre le journal.

Tradition antimilitariste

Après l’accident des militaires, l’hebdomadaire à la longue tradition antimilitariste a publié en ligne cinq dessins associant ces décès à une campagne de recrutement récemment lancée par l’armée française. L’un montre ainsi le président Emmanuel Macron debout devant un cercueil recouvert du drapeau bleu-blanc-rouge et surmonté d’un des slogans de cette campagne: «J’ai rejoint les rangs pour sortir du lot».

Dans une lettre ouverte à Riss, le général Thierry Burkhard, patron de l’armée de terre, à laquelle appartenaient les victimes engagées dans l’opération anti-jihadistes Barkhane, s’était indigné que «le temps du deuil de ces familles a été sali par des caricatures terriblement outrageantes dont votre journal a assuré la diffusion».

Il avait, «avec sincérité et humilité», invité Riss «à (se) joindre à nous ce jour-là, pour leur témoigner vous aussi, qui avez souffert dans votre chair de l’idéologie et de la terreur, la reconnaissance qu’ils méritent».

Esprit «provocateur»

Dans sa réponse, transmise à l’AFP, Riss «exprime (ses) condoléances aux familles et aux proches endeuillés» et remercie le général pour son invitation à la cérémonie aux Invalides, «à laquelle (il) ne pourra cependant pas assister».

«Nous savons que leur mission (des soldats français) est difficile et qu’ils font face à des ennemis sans pitié. Ces dessins n’avaient pas pour but de douter de leur courage et de leur détermination», ajoute-t-il. «Mais notre journal se doit de rester fidèle à son esprit satirique, parfois provocateur. Cela ne signifie nullement qu’il mésestime le dévouement de ceux qui se battent pour défendre des valeurs au service de tous. Nous tenions à vous le dire ainsi qu’aux familles des victimes,» conclut-il.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Congo: Décès du journaliste Borgia Samba

novembre 29, 2019
Le Congo pleure ce brillant journaliste, Borgia SAMBA vient de nous quitter dans la soif du professionnalisme. Borgia luttait dans l’ombre pour la restauration de la démocratie et la liberté d’expression.
Borgia SAMBA venait à peine d’être nommé directeur de l’information de Télé-Congo.
Photo de BrazzaNews.
Borgia Miguel Samba Bouesso

 

Il se faisait simplement appeler Borgia Samba, pourtant à l’état civil, il était bien Borgia Miguel Samba Bouesso. Ce journaliste émérite, maniant avec aisance autant le Français que l’Anglais, avait su conquérir le cœur de nombreux téléspectateurs, tant il mettait un point d’honneur à l’excellence et au travail bien fait. Le verbe facile, l’expression raffinée, le directeur de l’information de la Télévision Nationale Congolaise avait tout pour s’inscrire dans la lignée des grands journalistes qui ont marqué la profession en lettres d’or. L’homme s’est éteint jeudi soir, au CHU de Brazzaville, trois jours après un accident vasculaire cérébral.

Licencié en Sciences et Techniques de la Communication de l’Université Marien Ngouabi et diplômé de la State University of Arizona où il s’est spécialisé dans les nouveaux médias, Borgia était un journaliste ouvert sur le monde et en phase avec son temps. Pour son mémoire de fin de cycle, il planchera sur le thème ‘’la relation entre médias et gouvernement dans un contexte d’état démocratique’’.

Ardent travailleur, Borgia Samba avait fait des mots de Victor Hugo, dans les Misérables, son leitmotiv. « Ceux qui vivent sont ceux qui luttent ». Aussi, luttait-il avec comme armes, le travail.

Son tempérament courtois était une porte ouverte sur les autres qu’il acceptait sans préjugés ni à priori, usant toujours de tact pour reprendre ou corriger un collègue. Il comprenait toujours les autres, même quand lui n’était pas toujours compris. « Contre les extrêmes en toutes circonstances, toujours relativiser, tel est mon principe », aimait-il à rappeler.

Quand il arrive au journal de 20 heures de Télé-Congo, Borgia Samba accroche tant de par sa prestance, son phrasé que sa photogénie. C’est avec aisance qu’il tient son édition, au point que nombreux l’assimilent à Jean Claude Kakou dont ils pensent la relève assurée, comme présentateur-vedette. D’ailleurs, Jean-Claude Kakou ne l’a-t-il pas accompagné dans les circuits-fermés ? Presque une passation de témoin, entre la génération qui s’en va, et celle qui lui succède.

Après un peu plus de huit ans à la Télévision congolaise ce passionné de l’Art gréco-romain et de littérature avait encore tant à donner. Le ministre de la Communication et des Médias, Thierry Moungalla qui l’avait nommé à la direction de l’information croyait en ses compétences, son savoir-faire, ainsi que son savoir-être. Hélas, à la fleur de l’âge, la mort l’a fauché alors qu’il était en pleine ascension.

Une étoile était née, une étoile s’est éteinte trop tôt. L’éclat de son passage brillera toujours au firmament de la presse congolaise.

Adieu Borgia. Adieu cher confrère.

Brazzanews.fr avec Les Échos du Congo-Brazzaville by Bertrand BOUKAKA

RDC: un journaliste agressé par des partisans de l’ex-premier ministre

octobre 7, 2019

 

Un journaliste d’une des trois principales stations de radio en République démocratique du Congo a été agressé par des partisans de l’ex-premier ministre Bruno Tshibala, a dénoncé lundi 7 octobre une ONG de défense des droits de la presse.

Le reporteur de Top Congo FM Dominique Dinanga a été agressé samedi à Kinshasa lors de la remise d’un prix à Bruno Tshibala, d’après plusieurs témoignages. Il a été frappé par des militant après avoir montré sa carte de journaliste de Top Congo. «Le journaliste a été admis aux urgences dans un centre hospitalier où il a reçu la visite de Bruno Tshibala qui a condamné cette agression», écrit dans un communiqué l’ONG Journaliste en danger (JED). JED «dénonce vigoureusement [cette] agression (…) et demande que les responsables soient identifiés et sanctionnés», écrit dans un communiqué cette ONG congolaise.

Bruno Tshibala a été premier-ministre de mars 2017 à mai 2019. Top Congo est l’une des trois radios en RDC avec la RTNC (publique) et radio Okapi (Onu).

Par Le Figaro.fr avec AFP

Le Gabon suspend l’accréditation du journaliste de RFI

août 23, 2019

 

L’autorité de régulation des médias au Gabon a suspendu pour deux mois l’accréditation du journaliste de Radio France internationale (RFI) jugeant «mensonger» un article mettant, selon elle, «en cause l’intégrité physique» du président Ali Bongo Ondimba.

La Haute autorité de la communication (HAC) a signifié cette suspension jeudi soir dans une décision lue à l’antenne de la télévision nationale. En cause, un reportage publié samedi sur le site internet de la radio française sur la cérémonie de la fête de l’indépendance à Libreville, en présence du chef de l’Etat, dix mois après son accident vasculaire cérébral (AVC). «Le président de la République ne s’est à aucun moment levé comme autrefois pour saluer les troupes de l’armée» lors du défilé militaire, avait notamment écrit le journaliste gabonais de RFI sur le site de la radio, Yves-Laurent Goma.

Pour la HAC l’article utilise des «informations inexactes avec insinuation malveillant (…) mettant en cause l’intégrité physique» du président Bongo. Le président, «conformément aux directives du protocole d’Etat, s’est levé chaque fois que nécessaire», poursuit le texte de la décision. La HAC a donc suspendu deux mois l’accréditation de Yves-Laurent Goma, lui interdisant de facto d’exercer son métier de journaliste au Gabon. Outre RFI, Yves-Laurent Goma dirige également un site d’information, Gabonactu.com. «La direction de RFI déplore le retrait par la HAC de l’accréditation de son correspondant pour une durée de deux mois», lit-on vendredi sur le site internet de la radio française.

«RFI est attachée à la liberté de l’information et souhaite que son correspondant retrouve au plus vite son autorisation de travail afin qu’il continue de couvrir l’actualité gabonaise, comme il le fait sans discontinuer depuis 17 ans», poursuit le texte. La HAC a également suspendu jeudi pour trois mois l’un des principaux sites privés d’information en ligne du pays, Gabon Review. En cause, un article publié début août ayant nui «à l’image de la HAC par des insinuations malveillantes», selon elle.

Depuis le début de l’année, la HAC a multiplié les suspensions de médias pour non respect de la loi. «Les médias qui osent critiquer le président ou ses proches s’exposent à des sanctions presque systématiques», avait estimé fin juin l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF). Créée en 2018, la HAC est présidée par Raphaël Ntoutoume Nkoghe, ancien conseiller chargé des relations avec la presse à la présidence de la République. Pays pétrolier d’Afrique centrale, le Gabon est dirigé par Ali Bongo Ondimba, qui a succédé en 2009 à son père Omar Bongo, arrivé au pouvoir en 1967.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Hamza, fils d’Oussama Ben Laden, est mort, selon les médias américains

juillet 31, 2019

Hamza

Hamza ben Laden, le fils d’Oussama ben Laden, est mort et les États-Unis ont contribué à l’opération visant à l’éliminer, ont annoncé les médias américains, le 31 juillet 2019.FEDERATION FOR DEFENSE OF DEMOCRACIES / AFP

Hamza Ben Laden, l’un des fils d’Oussama Ben Laden, présenté comme son héritier à la tête d’Al-Qaïda, est mort et les États-Unis ont contribué à l’opération visant à l’éliminer, selon des informations mercredi du New York Times et de la chaîne NBC.

Premier média à révéler cette possible élimination, NBC a affirmé ce mercredi 31 juillet que Washington disposait d’informations de services de renseignement attestant de la mort de Hamza Ben Laden, s’appuyant sur trois responsables anonymes.

« Je ne veux pas faire de commentaire là-dessus », a répété à deux reprises le président Donald Trump, interrogé mercredi par des journalistes sur cette information de NBC.

Le New York Times affirme de son côté que les États-Unis ont « eu un rôle » dans l’opération au cours de laquelle Hamza ben Laden, considéré comme un dirigeant clé d’al-Qaïda, a été tué. Le quotidien cite deux responsables américains.

Ni NBC ni le New Yok Times n’ont pas de détails sur la date, le lieu ou les circonstances du décès. Selon le New York Times, il serait intervenu dans les deux dernières années, mais les Américains ont mis du temps à le confirmer.

Washington avait offert en février une récompense pouvant atteindre un million de dollars pour toute information permettant de retrouver Hamza ben Laden. En mars il avait été déchu en mars de sa nationalité saoudienne.

Parmi des archives d’Oussama ben Laden, saisies lors du raid américain de 2011 au cours duquel il a été tué au Pakistan, dévoilées fin 2017 par la CIA, figure une vidéo du mariage de son fils Hamza, apparemment en Iran, dont on a ainsi découvert les premières images à l’âge adulte. Hamza était considéré comme le fils préféré –voire le successeur désigné– d’Oussama Ben Laden

Par Rfi.fr avec AFP

Mauritanie : libération du blogueur Mohamed Cheikh Ould Mkheïtir, accusé de blasphème

juillet 31, 2019

Mohamed Cheikh Ould Mkhaitir, blogueur mauritanien, était incarcéré depuis 2014. © DR / Human Rights Watch

 

Condamné à mort pour blasphème en 2014, le blogueur mauritanien Mohamed Cheikh Ould Mkheïtir a été remis en liberté le 29 juillet, après plus de cinq ans de détention. Il a immédiatement quitté Nouakchott pour le Sénégal.

Après cinq années de détention, le blogueur mauritanien Mohamed Cheickh Ould Mkheïtir a été remis en liberté le 29 juillet, a annoncé Reporters sans frontières (RSF), qui lutte depuis 2014 pour sa libération. Le blogueur – condamné en 2014 à la peine de mort pour un billet de blog jugé blasphématoire, une condamnation ramenée à deux années de prison – a immédiatement été exfiltré au Sénégal, afin d’éviter les mouvements de contestation à son égard.

Contacté par RSF, il « a remercié les organisations qui se sont mobilisées pour sa libération depuis près de six ans de détention ». Sa libération « est un immense soulagement car, pour un simple article publié sur un réseau social, il a vécu un véritable calvaire, en violation d’une décision de justice rendue par son propre pays », a indiqué Christophe Deloire, le secrétaire générale de RSF.

Mohamed Cheickh Ould Mkheïtir n’est pas « entièrement libre de ses mouvements », a néanmoins précisé Me Fatima Mbaye, son avocate. En effet, le blogueur doit désormais trouver un pays d’accueil, le Sénégal n’étant qu’un pays de transit en attendant de recevoir qu’un pays lui accorde l’asile.

Aucune destination n’a pour le moment été citée. L’Agence mauritanienne d’information (AMI, officielle) a néanmoins annoncé que le président français, Emmanuel Macron, s’était entretenu au téléphone lundi après-midi avec le nouveau président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, qui doit être investit ce 1er août. « L’entretien a porté sur les excellentes relations entre la France et la Mauritanie », ont déclaré les autorités mauritaniennes, qui n’ont pas souhaité s’exprimer sur le cas de Mohamed Cheickh Ould Mkheïtir.

Persona non grata en Mauritanie

Dans un article publié sur son blog en janvier 2014, Mohamed Cheick Ould Mkheïtir avait dénoncé l’utilisation de la religion pour justifier des inégalités entre les castes, notamment au détriment de la sienne, les maalemine, une classe de forgerons dont il est issu. Il avait ensuite été placé en détention dès le 2 janvier 2014, dans l’attente de son procès, à la prison civile de Nouadhibou (Nord-Ouest). Bien que la peine capitale ne soit plus appliquée en Mauritanie depuis 1987, des manifestants avaient réclamé sa condamnation à mort lors de rassemblements à Nouakchott.

En première instance, il avait été reconnu coupable d’apostasie et condamné à mort le 24 décembre 2014 par la Cour criminelle de Nouadhibou. Le 21 avril 2016, la cour d’appel de Nouadhibou avait confirmé la condamnation en requalifiant les faits en « mécréance », une accusation moins lourde prenant en compte son repentir, puis renvoyé son dossier devant la Cour suprême, qui avait ordonné en janvier la tenue d’un nouveau procès devant une cour d’appel autrement composée. Celle-ci avait ramené en novembre 2017 sa condamnation à deux ans de prison.

Début juillet, il avait renouvelé la démarche en brisant le silence sur sa page Facebook, inactive depuis 2014. « Comme je l’avais annoncé au début 2014 et comme je l’ai répété à toutes les occasions qui s’offraient à moi devant les tribunaux, je réaffirme ici mon repentir devant Allah, le seigneur des mondes », a-t-il déclaré. La dernière repentance qui lui a valu sa libération a été cette fois exigée par une commission d’oulémas – chef religieux – qui a été spécialement constituée pour son cas.

 Par Jeune Afrique avec AFP

Le président mauritanien assume la détention d’un blogueur au-delà de sa peine

juin 21, 2019

 

La justification par le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz du maintien en détention au-delà de sa peine de l’auteur d’un billet de blog jugé blasphématoire a indigné son avocate, qui a appelé vendredi son futur successeur à régler en priorité ce «dossier pourri».

L’auteur de ce texte, Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheïtir, taxé de blasphème envers le prophète de l’islam pour cet article et détenu depuis janvier 2014, a vu sa condamnation à mort pour «apostasie» ramenée en appel à deux ans de prison en novembre 2017 après avoir exprimé son repentir. Il aurait donc dû être remis en liberté, le pourvoi en cassation du parquet n’étant pas suspensif. Mais il a été placé depuis en détention administrative dans un lieu tenu secret, y compris de ses avocats.

Lors d’une conférence de presse en forme de bilan jeudi soir, peu avant la fin de la campagne pour l’élection présidentielle de samedi à laquelle il ne peut se représenter après deux mandats, Mohamed Ould Abdel Aziz a justifié cette situation par «sa sécurité personnelle aussi bien que celle du pays». «Nous savons que du point de vue de la loi, il doit être libéré, mais pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons mettre en jeu la vie de plus de 4 millions de Mauritaniens», a-t-il répondu à une question sur l’affaire Ould Mkheïtir. «Des millions de Mauritaniens étaient descendus dans la rue pour réclamer son exécution, sa remise en liberté signifierait laisser s’installer la pagaille dans le pays», a-t-il fait valoir.

Une avocate du jeune homme, Fatimata Mbaye, a qualifié de «choquants» les propos du chef de l’Etat, dans une déclaration à l’AFP vendredi. «Ce dossier, c’est lui seul qui le gère. C’est lui qui l’a créé, c’est lui qui le gère», a-t-elle affirmé au sujet du président sortant, soulignant que «ce jeune homme n’est pas détenu dans un lieu connu de la justice». Il s’agit d’un cas de «détention arbitraire», qui constituera pour le prochain président, quel qu’il soit, «un dossier à régler le plus rapidement possible», a estimé Me Mbaye. «On est en train de lui léguer un dossier pourri», en raison du tort qu’il a déjà causé à l’image de la Mauritanie, a-t-elle dit.

Dans une lettre ouverte rendue publique vendredi, Reporters sans frontières (RSF) et 11 autres ONG exhortent le président Ould Abdel Aziz à «utiliser les quelques semaines qui lui restent à la tête du pays pour mettre fin à la détention illégale» du blogueur. Autrement, «son bilan après 11 années au pouvoir s’en trouverait fortement assombri», selon les organisations, qui ne mentionnent pas les déclarations du président sortant jeudi soir.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Ukraine: passé à tabac, un journaliste succombe à ses blessures

juin 20, 2019

 

Un journaliste et militant anticorruption tabassé par des inconnus en mai dans le centre de l’Ukraine a succombé jeudi à ses blessures, a annoncé la police qui enquête sur un possible lien entre l’attaque et ses activités professionnelles.

Violemment pris à partie le 4 mai dans la ville de Tcherkassy, Vadym Komarov, journaliste et militant, avait été grièvement blessé à la tête et restait depuis dans le coma. Il est décédé à l’hôpital, a indiqué dans une vidéo le chef de la police nationale, Vadym Kniazev. Les enquêteurs étudient trois hypothèses dont la première serait un crime lié aux activités journalistiques de la victime, a précisé à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Artem Chevtchenko.

Les deux autres hypothèses sont celles d’un crime crapuleux et d’un conflit personnel, a-t-il précisé. Depuis mai, la police a interrogé plus de 1300 personnes, mais les assaillants n’ont toujours pas été identifiés, selon Kniazev. Selon la presse locale, Komarov, qui travaillait notamment sur la corruption et le crime organisé dans sa ville, avait déjà été victime d’attaques ces dernières années. L’organisation Reporters Sans Frontières s’est dite «choquée» par sa mort.

«Nous exigeons de la police une enquête rapide et de trouver les coupables», a écrit sur Facebook Oksana Romaniouk, directrice de l’ONG ukrainienne IMI (Institut of mass information) spécialisée dans la défense des droits des médias. Les journalistes disposent d’une liberté de parole relative en Ukraine, qui dispose d’un paysage médiatique pluraliste, mais la sécurité reste une préoccupation : les attaques contres les professionnels de l’information ne sont pas rares et les enquêtes souvent n’aboutissent pas. Parmi les derniers cas les plus retentissants figure l’assassinat d’un journaliste russo-bélarusse chevronné, Pavel Cheremet, tué en juillet 2016 à Kiev, où il habitait, par l’explosion d’une bombe placée dans sa voiture. Son meurtre n’a toujours pas été élucidé.

En 2000, Guéorgui Gongadzé, fondateur du site d’informations respecté Ukraïnska Pravda, avait lui été enlevé puis retrouvé décapité dans une forêt de la région de Kiev. Cette affaire avait provoqué une vague de manifestations et éclaboussé jusqu’au président du pays à l’époque, Leonid Koutchma, mais ses commanditaires n’ont jamais été retrouvés. L’Ukraine, une ex-république soviétique, figure à la 102e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse 2019 établi par l’organisation Reporters sans frontières.

Par Le Figaro.fr avec AFP

France: Décès de Zappy Max, dernière grande voix de l’âge d’or de la radio

juin 18, 2019

 

L’ancien animateur Zappy Max, dernière grande voix de l’âge d’or de la radio française, est décédé dimanche à l’âge de 97 ans, a annoncé mardi à l’AFP sa famille.

«Le dernier pionnier de l’Âge d’Or de la Radio vient de quitter la scène et les micros. Tous ceux qui l’ont aimé lui rendront hommage samedi 22 juin à 16h30 en l’église Saint-Roch, 296 rue Saint-Honoré à Paris», a précisé son épouse Joëlle dans un communiqué transmis à l’AFP.

Durant plusieurs décennies, d’abord sur Radio Luxembourg (de 1947 à 1966), puis sur RMC (de 1974 à 1983), il avait été l’une des personnalités les plus populaires du paysage radiophonique, grâce notamment au célèbre jeu «Quitte ou double» qu’il avait créé et pour lequel il avait parcouru le pays de long en large. «C’était le dernier des géants de la radio française, et la dernière grande voix d’une époque révolue», à l’époque reine des transistors, a témoigné à l’AFP André Torrent, autre animateur avec qui il s’était lié d’amitié dans les années 1980.

Né le 23 juin 1921 à Paris, Max Doucet suit des études de chimie quand il est contraint d’effectuer son Service du travail obligatoire (STO) comme tourneur-fraiseur à l’usine Zapp de Cologne. Il s’inspirera de ce nom, et des Marx Brothers, quand viendra l’heure de prendre un pseudonyme. Attiré après la guerre par le music-hall, il débute comme chanteur fantaisiste dans un orchestre. Puis il rejoint Radio-Luxembourg pour y animer «Quitte ou double», un jeu de culture générale qui va marquer son époque, et auquel l’abbé Pierre participera en 1952.

Devenu le roi du «crochet radiophonique», il anime dans les années 50 cette émission sous l’immense chapiteau itinérant du «Radio Circus», qui parcourt huit mois par an le pays et sur lequel s’affiche son portrait géant. Il participe parallèlement à des émissions ou des feuilletons comme «Vas-y Zappy», «Ça va bouillir» ou «C’est parti mon Zappy». Mais, en 1966, il est écarté de Radio-Luxembourg qui devient RTL et souhaite se renouveler et tuer «la radio de papa». Profondément blessé, il rebondit à RMC et y reprend «Quitte ou double», chaque jour, à l’heure du déjeuner, jusqu’au début des années 80.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Mexique: libération d’un journaliste enlevé par des hommes armés

juin 13, 2019

 

Un journaliste enlevé mercredi dans l’Etat de Veracruz (sud-est) a été libéré ce jeudi à l’aube, a annoncé le gouverneur Cuitlahuac Garcia. «Nous avons réussi à libérer le journaliste Marcos Miranda», a annoncé le gouverneur dans un tweet, qui a également félicité la police et les membres des forces armées qui ont participé à sa libération. Selon un source militaire, qui a requis l’anonymat, le journaliste a «été retrouvé frappé et désorienté alors qu’il marchait sur la voie publique».

Marcos Miranda, journaliste et directeur du site d’informations Noticias a Tiempo, avait été enlevé par deux hommes armés alors qu’il conduisait sa fille de 10 ans à l’école dans la ville de Boca del Rio. Son épouse, Maria del Pilar Gasca, avait indiqué à la presse locale que son mari avait reçu des menaces du ministre de l’Intérieur de l’Etat, Eric Cisneros, en raison de ses reportages. «Il voulait que (mon mari) écrive des choses positives sur lui en échange de pots-de-vin. Il lui a dit que s’il ne le faisait pas, il savait ce qui allait lui arriver», avait-elle témoigné.

L’enlèvement s’était produit moins de 24h après le meurtre mardi soir de Norma Sarabia dans l’Etat voisin de Tabasco, qui porte à six le nombre de journalistes tués au Mexique depuis le début de l’année. Norma Sarabia avait été correspondante du journal Tabasco Hoy pendant 15 ans et travaillait depuis quelque temps pour d’autres médias locaux. Elle a été attaquée mardi soir par deux individus armés circulant à moto, à proximité de son domicile dans la ville de Huimanguillo, à 400 km de Boca del Rio.

Selon le décompte de Reporters sans frontières, le Mexique est le pays le plus meurtrier au monde pour les journalistes, avec cinq journalistes tués entre le début de l’année et le mois de mai. Avec plus de 100 journalistes tués depuis 2000, l’organisation classe le pays parmi les trois pays les plus dangereux pour la presse avec la Syrie et l’Afghanistan.

La grande majorité de ces assassinats restent impunis.

Par Le Figaro.fr avec AFP