Archive for the ‘Musique’ Category

Irving Burgie, auteur du succès «Day-O», est décédé à l’âge de 95 ans

décembre 1, 2019

 

NEW YORK — Un auteur-compositeur américain qui a grandement contribué à populariser la musique caribéenne aux États-Unis et ailleurs dans le monde n’est plus.
© (Photo by Santiago Felipe/Getty Images)
Irving Burgie, qui a coécrit le succès «Day-O (The Banana Boat Song)» avec Harry Belafonte et William Attaway, est décédé vendredi à l’âge de 95 ans. Cet air est rapidement devenu la chanson-fétiche de Belanfonte.

C’est la première ministre de la Barbade, Mia Amor Mottley, qui en a fait l’annonce lors des célébrations de l’indépendance de l’île, samedi. Elle a appelé à un moment de silence en la mémoire de Irving Burgie qui a écrit les paroles de l’hymne national de son pays. Le musicien est né à Brooklyn, dans l’État de New York, mais la Barbade était la patrie de sa mère.

La populaire chanson «Day-O» a été composée en 1952. Elle a depuis été utilisée dans toutes sortes de contextes que ce soit au cinéma, sur les scènes de Broadway ou dans la publicité. On l’a notamment entendue dans le film «Beetlejuice» de Tim Burton.

Celui qui a popularisé la musique calypso a vendu plus de 100 millions d’albums à travers le monde, selon le site web de l’artiste.

Les autres succès d’Irving Burgie incluent «Angelina», «Mary’s Boy Child» et «Island in The Sun».

Avant de se consacrer à la musique, Irving Burgie a servi dans une unité afro-américaine lors de la Seconde Guerre mondiale, contribuant à payer ses études en musique. Il a étudié dans les institutions Juilliard School of Music, à l’Université de l’Arizona et à l’Université Southern California. Il a aussi été chanteur sous le nom d’artiste  «Lord Burgess» dans les boîtes de nuit de New York et Chicago.

The Associated Press

 

Blessée aux cordes vocales, Shakira s’est rendue à Lourdes

novembre 23, 2019

SHAKIRA

Shakira lors d’un concert à New York (États-Unis) le 10 août 2018.
Victime d’une grave blessure aux cordes vocales, la chanteuse colombienne Shakira avait dû mettre sa carrière entre parenthèses durant plusieurs mois en 2017. Quelques mois plus tard, elle avait recouvré la santé et avait alors pu reprendre sa tournée internationale. Une guérison qu’elle avait qualifié de « miracle ».

Une « expérience religieuse »

Dans une interview donnée au quotidien anglais The Guardian, la vedette est revenue sur cette période sombre de sa vie. Alors que les médecins tentaient de la convaincre d’accepter une opération chirurgicale, la star sud-américaine a préféré avoir recours à l’hypnose et à la méditation et elle s’est même rendue à Lourdes en novembre 2017, où elle a bu l’eau de la source. « J’avais besoin soit d’une intervention chirurgicale, soit d’une intervention divine », a-t-elle raconté. Sa voix est finalement revenue « naturellement ». « J’avais l’impression de vivre une expérience religieuse », assure-t-elle.

L’eau de Lourdes est une eau totalement normale qui n’a ni vertu thermale ni propriété spécifique, ainsi qu’on peut le lire sur le site du sanctuaire. Elle n’est qu’un moyen de grandir dans la foi et s’inscrit dans une démarche plus vaste. On peut donc se réjouir de la démarche de la chanteuse qui semble avoir fait là une expérience forte. Elle a sûrement beaucoup à partager avec Madonna dont la fille aînée s’appelle… Lourdes.

Aleteia,com par Rachel Molinatti

 

Russie: des militants Pussy Riot arrêtés à un concert des Scorpions

novembre 5, 2019

 

Deux militants de l’organisation contestataire punk Pussy Riot ont été arrêtés mardi à Moscou par la police à un concert du groupe de rock allemand Scorpions, a annoncé mardi 5 novembre sur Twitter l’une des personnes interpellées, Piotr Verzilov.

Il a indiqué avoir été interpellé par des agents d’une brigade anti-extrémistes vers 20h (17h) au moment où il arrivait au concert en compagnie de sa camarade du groupe Pussy Riot Veronika Nikoulchina, à l’invitation du leader de Scorpions. Il a également posté sur Twitter une vidéo montrant les deux agents refusant de s’identifier, comme requis par la loi. Le police de Moscou n’a fait aucun commentaire, selon l’agence russe Interfax.

Veronika Nikoulchina et Piotr Verzilov figuraient parmi les contestataires arrêtés et condamnés à une courte peine de prison pour avoir envahi un terrain de football au cours de la Coupe du monde en Russie en juillet 2018, avec l’intention de dénoncer les abus commis par la police russe. Le groupe, dont la chanson «Wind of Change» a symbolisé la chute du Mur de Berlin en 1989, donnaient un concert à Moscou 30 ans après s’y être produits à l’époque soviétique.

Par Le Figaro avec AFP

À Toulouse, un hommage dansant à DJ Arafat

octobre 24, 2019

Hommage du chorégraphe camerounais James Carlès au chanteur ivoirien. © DR

Une soirée coupé-décalé, avec le chanteur ivoirien Meiway, aura lieu le 29 octobre, lors de la 21e édition du festival pluridisciplinaire Danses et continents noirs à Toulouse, dans le sud de la France.

L’enfant terrible du coupé-décalé continue d’être célébré trois mois après sa mort violente le 12 août dernier à Abidjan. À Toulouse, le festival Danses et continents noirs, qui se tient du 26 octobre au 8 novembre et fête cette année sa 21e édition, a prévu une soirée spéciale en l’honneur de l’artiste ivoirien.

Le 29 octobre, un hommage en danse et en musique sera rendu à DJ Arafat. Une première partie verra intervenir DJ Robert (de DSH Studio), puis la compagnie du chorégraphe James Carlès (fondateur et directeur du festival), avant une deuxième partie « 200 % zoblazo » avec la star ivoirienne Meiway, accompagné d’un DJ et de danseurs.

« J’avais découvert un jeune homme assez timide »

« J’ai reçu très violemment l’annonce du décès de DJ Arafat, confie James Carlès. En 2012, je m’étais rendu à Abidjan pour travailler un spectacle sur le coupé-décalé et interviewer les créateurs locaux, comme Boro Sanguy, Serge Defalet (La Jet Set), et évidemment Arafat. Chez lui, il y avait une impertinence, de la provocation, une manière d’être rebelle. Je me souviens de son côté bling, du 4×4 vert qu’il avait à l’époque. Mais lorsque je lui avais parlé loin de la foule et des concerts, j’avais découvert un jeune homme assez timide, effacé, un peu perdu. »

La star ivoirienne Meiway. © DR

Le travail de terrain, presque de reportage, mené par le chorégraphe d’origine camerounaise, aboutira en 2014 à la création, en collaboration avec la chorégraphe et danseuse sud-africaine Robyn Orlin, du spectacle « Coupé-décalé ». Il en livrera un court extrait durant la soirée du 29 octobre. « Arafat était un bon danseur. Il stimulait ses danseurs autant qu’il était stimulé par eux, il ne pouvait pas concevoir de musique sans danse, son rapport au son et au geste était fusionnel », remarque James Carlès qui observe que les danseurs de l’artiste avaient un niveau souvent quasi-professionnel. Certains, comme Ordinateur, ont d’ailleurs poursuivi leur carrière dans le circuit pro européen.

La saison 2020 déjà quasiment programmée

Le chorégraphe souligne une différence entre danseurs de coupé-décalé français et ivoiriens : « Chez les seconds, il y a peut-être moins de technique, mais il y a une urgence, un geste plus brut et incisif qui est lié au contexte de guerre dans lequel est né le coupé-décalé ». Durant la soirée hommage du 29 octobre, l’artiste Meiway s’est imposé comme une évidence. « Pour moi, il s’agit de l’un des précurseurs de la musique urbaine africaine. Il est très créatif, très inventif, et a maintenant plusieurs dizaines d’années de métier derrière lui. Je le vois comme un parrain d’Arafat, même intellectuel. »

Cette 21e édition du festival, mêlant théâtre, danse et musique, propose évidemment d’autres surprises. Notamment des spectacles de la chorégraphe américaine Carolyn Carlson, avec laquelle James Carlès entretien un rapport « de maître à élève ». Et la saison 2020, déjà quasiment programmée, sera plus étoffée. Meiway reviendra avec un orchestre ; une pièce d’un metteur en scène rwandais narrera l’histoire de l’indépendantiste camerounais Ruben Um Nyobè, tué par l’armée française en 1958, et une star ghanéenne ou nigériane viendra représenter la scène afrobeats.

Jeuneafrique.com par Léo Pajon

Côte d’Ivoire: Cérémonie d’inhumation de Dj Araf au cimetière de Williamsville à Abidjan

août 31, 2019

Côte d’Ivoire : le roi du coupé-décalé DJ Arafat est décédé

août 12, 2019

DJ Arafat, l’empereur du coupé-décalé. © Camille Millerand pour JA 

Victime d’un accident de moto dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 août à Abidjan, l’artiste ivoirien Ange Didier Huon – alias DJ Arafat – est mort des suites de ses blessures dans une clinique d’Abidjan, selon plusieurs sources officielles ivoiriennes, dont Maurice Bandaman, le ministre ivoirien de la Culture.

La star du « coupé-décalé » est décédé lundi 12 août à la Polyclinique des Deux Plateaux, à Abidjan. L’artiste est mort des suites de ses blessures après un grave accident de la route, survenu dans la nuit de dimanche à lundi. Sa moto a percuté une voiture conduite par une journaliste de Radio Côte d’Ivoire. Le chanteur, inconscient, a été rapidement pris en charge et admis en soins intensifs. Il n’a malheureusement pas survécu.

« Il a été admis aux urgences dans un état végétatif. Il avait notamment une fracture du crâne et un œdème », a confié à Jeune Afrique un médecin de l’établissement, sous couvert d’anonymat. Les équipes soignantes ont tenté de le réanimer, « en vain ».

Vidéo de l’accident avant la mort de DJ Arafat

Deux ministres du gouvernement ivoirien, qui se sont rendus au chevet de l’artiste, ont confirmé le décès à Jeune Afrique, de même qu’un haut fonctionnaire en poste à Abidjan. « Je suis à la clinique où DJ Arafat a été admis. Je peux vous confirmer que l’artiste est décédé. Je suis avec le ministre d’État Hamed Bakayoko, pour nous organiser avec la famille », a déclaré Maurice Bandaman, ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie.

L’information a par ailleurs été confirmée sur les antennes de la RTI, la chaîne publique ivoirienne, dans son journal de 13h.

A’salfo, le leader du groupe Magic System, s’est rendu lui aussi à l’hôpital. Selon nos informations, l’entourage de l’artiste, comme les autorités ivoiriennes, s’interrogeaient en fin de matinée sur les modalités de l’annonce du décès au public.

Roi incontesté du « coupé-décalé », DJ Arafat – de son vrai nom Ange Didier Huon – s’est forgé une renommée internationale et s’est imposé comme le patron incontesté du coupé décalé. Il avait également une réputation sulfureuse, notamment en raison des clashs récurrents qui l’opposaient à d’autres artistes de coupé-décalé.

 

Né en 1986 à Yopougon, une commune de l’ouest abidjanais, l’artiste décédé à 33 ans, aimait à s’attribuer des surnoms sans cesse nouveaux, de « Commandant Zabra » à « Yorobo » – plus récemment, il se présentait même comme « Chef de la Chine Populaire ». Tragique ironie du sort, son dernier single – qui bat des records sur YouTube avec 4,5 millions de vues depuis sa sortie en mai dernier – s’intitule « Moto-Moto ».

Jeuneafrique.com par Beaudelaire Mieu

Congo-Diaspora: décès de l’artiste musicien Fernand Mabala

août 4, 2019

L’artiste musicien congolais🇨🇬 Fernand MABALA est décédé à Paris (Ivry ) près de Paris suite à une longue maladie.

Fernand Mabala dans Yatama, l’un de ses meilleurs tubes

Repose en paix !

Avec Brazzanews.fr

Trump prêt à se porter garant du rappeur ASAP Rocky détenu en Suède

juillet 20, 2019

 

Le président américain Donald Trump a affirmé samedi qu’il était prêt à se porter «personnellement» garant du rappeur américain ASAP Rocky, détenu en Suède, et qu’il l’avait fait savoir au Premier ministre suédois.

«Je viens d’avoir un très bon appel téléphonique avec le Premier ministre suédois Stefan Löfven qui m’a assuré que le citoyen américain ASAP Rocky serait traité équitablement», a écrit le président américain sur Twitter. «Je lui ai assuré qu’ASAP ne risquait pas de fuir et j’ai offert de me porter personnellement garant pour sa remise en liberté sous caution ou toute alternative», a-t-il ajouté. «Nos équipes vont continuer à se parler, et nous avons convenu de rediscuter dans 48 heures!», a précisé Donald Trump.

Selon un porte-parole du Premier ministre suédois Stefan Löfven, la conversation, «amicale et respectueuse», a duré une vingtaine de minutes, au cours desquelles il a rappelé au locataire de la Maison Blanche que la justice de son pays était indépendante de l’exécutif. «Le Premier ministre a tenu à souligner que la justice suédoise, le parquet et les tribunaux sont totalement indépendants», a indiqué Toni Eriksson dans un communiqué transmis à l’AFP. «Tous les citoyens sont égaux devant la loi, et le gouvernement n’a ni le pouvoir ni l’intention d’essayer d’influer sur la procédure judiciaire» visant ASAP Rocky, a-t-il ajouté.

ASAP Rocky, 30 ans, de son vrai nom Rakim Mayers, est soupçonné d’agression après une rixe le 30 juin à Stockholm. Il a été placé en garde à vue le 3 juillet dans la capitale suédoise à l’issue d’un concert, avec trois autres personnes. Un tribunal a ensuite souligné qu’il présentait «un risque de fuite» et un procureur a demandé vendredi son maintien en détention jusqu’au 25 juillet. Il encourt jusqu’à deux ans de prison.

Sa situation est revenue aux oreilles de Donald Trump, à qui la vedette de téléréalité Kim Kardashian, qui a été plusieurs fois reçue à la Maison Blanche, a demandé d’intervenir. Vendredi, le président américain avait indiqué sur Twitter avoir également discuté avec le mari de Kim Kardashian, le rappeur Kanye West, «de l’incarcération d’ASAP Rocky». «Tellement de gens voudraient voir cela rapidement résolu!», avait écrit Donald Trump. Originaire de New York (Etats-Unis), ASAP Rocky s’est fait connaître en 2011 avec la sortie d’une compilation intitulée «Live. Love. ASAP». En 2013, il enchaîne avec son premier album «Long. Live. ASAP». Plus de 610.000 personnes ont signé une pétition sur internet #JusticeForRocky appelant à sa libération.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Afrique du Sud : après la mort du musicien Johnny Clegg, les hommages au « Zoulou blanc » se multiplient

juillet 17, 2019

Johnny Clegg lors d’un concert à Paris le 10 mai 1988. © Bertrand GUAY/AFP

Il avait révolutionné la musique en mêlant rythmes zoulou et pop occidentale : le chanteur sud-africain Johnny Clegg, fervent opposant à l’apartheid, est mort mardi 16 juillet à l’âge de 66 ans.

« Johnny est décédé paisiblement, entouré de sa famille à Johannesburg (…), après une bataille de quatre ans et demi contre le cancer », a annoncé son manager Roddy Quin sur la chaîne de télévision publique SABC.

« Il nous a montré ce que cela signifiait d’embrasser d’autres cultures sans perdre son identité (…). Avec son style unique de musique, il a surmonté les barrières culturelles, comme peu l’ont fait », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Chansons et danses zoulou effrénées

Surnommé le « Zoulou blanc », Johnny Clegg a puisé dans la culture zoulou son inspiration pour écrire une musique révolutionnaire où les rythmes africains endiablés cohabitaient avec guitare, clavier électrique et accordéon.

Sur scène, ses concerts relevaient de la prouesse physique, avec chansons et danses zoulou effrénées.

Fervent opposant à l’apartheid

L’artiste, qui a vendu plus de cinq millions d’albums dans le monde, a signé de nombreux tubes dont « Scatterlings of Africa » et « Asimbonanga » (« Nous ne l’avons pas vu », en langue zoulou).

Cette chanson, dédiée à Nelson Mandela, le héros de la lutte contre l’apartheid, a été un temps interdite en Afrique du Sud par le gouvernement raciste blanc, avant de devenir un symbole de la nation arc-en-ciel une fois le régime de l’apartheid tombé en 1994.

« Une perte immense »

Johnny Clegg était le « porte-flambeau » de la lutte contre l’apartheid, a réagi mardi le ministre sud-africain de la Culture, Nathi Mthethwa, sur Twitter. « Avec le décès du chanteur, compositeur et anthropologue Johnny Clegg, c’est un géant immense qui nous quitte ».

Sa musique a « contribué à la cohésion sociale » dans une Afrique du Sud divisée, a encore relevé le gouvernement.

Artiste de « légende », Johnny Clegg a « utilisé la musique pour unir les gens de différentes races » et a « inspiré le changement social, économique, culturel et politique dans le pays », a estimé le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir. « Son décès est une perte immense pour les Sud-Africains. »

« Peu de Blancs auraient fait de même »

Le Soweto Gospel Choir, qui a remporté un Grammy cette année, s’est dit « dévasté » par la nouvelle. « Une icône de la musique et un vrai Sud-Africain. Il va nous manquer. »

« C’est probablement l’un des jours les plus tristes de ce pays », a déclaré pour sa part le musicien Sipho « Hotstix », musicien et ami de Johnny Clegg. « Johnny aurait pu être l’une des personnes les plus privilégiées, comme la plupart des Blancs l’étaient (en Afrique du Sud), mais il a choisi une autre voie, dénonçant avec la musique les atrocités de l’apartheid », a-t-il rappelé.

« Il a immensément contribué à faire de l’Afrique du Sud un État paria » pendant l’apartheid, « il a pris sur lui pour chanter Nelson Mandela quand peu de Blancs auraient fait de même. Aujourd’hui nous sommes un pays différent grâce à ce que des gens comme Johnny ont fait », a-t-il estimé.

Se sachant malade d’un cancer du pancréas,  Johnny Clegg avait récemment fait une longue tournée mondiale d’adieu. « Il s’est battu jusqu’au bout », a expliqué son manager. Les détails de ses obsèques seront communiqués ultérieurement.

Jeuneafrique.com par

Brésil : décès de Joao Gilberto, un des pères de la bossa nova

juillet 6, 2019

Joao Gilberto, ici en 2008.

Joao Gilberto, ici en 2008. AFP PHOTO/Ari Versiani Ari Versiani / AFP

Auteur du tube The Girl from Ipanema, il était devenu l’ambassadeur de l’âme brésilienne.

Le Brésilien Joao Gilberto, dont le décès à l’âge de 88 ans a été annoncé samedi par son fils, était le dernier vivant des pères de la bossa nova, rythme syncopé issu de la samba mais métissé de cool jazz, devenu l’ambassadeur de l’âme brésilienne.

«Mon père est décédé. Son combat était noble, il a tenté de conserver sa dignité alors qu’il perdait son autonomie», a écrit Joao Marcelo à propos de l’icône qui vivait ruiné et solitaire à Rio.

Joao Gilberto était notamment connu pour le tube The Girl from Ipanema, sortie en 1962 et peut-être la chanson de bossa nova la plus connue au monde. Le titre avait été repris notamment par Frank Frank Sinatra et Ella Fitzgerald.

Avec Joao Gilberto, le pianiste compositeur Tom Jobim et le poète-diplomate Vinicius de Moraes, la saudade (nostalgie) a fait irruption sur les ondes, à l’été 1958. Né le 10 juin 1931 à Juazeiro, dans l’État de Bahia, Joao Gilberto Prado Pereira de Oliveira découvre la musique avec sa première guitare, à l’âge de 14 ans. Quatre ans plus tard, « Joaozinho » quitte son village natal pour Salvador de Bahia où on peut l’entendre sur les ondes de la radio locale et, à 19 ans, se retrouve à Rio de Janeiro. Il y joue dans une petite formation, Garotos da Lua, avec laquelle il fait ses premiers enregistrements et, en 1957, se fait connaître comme guitariste sur un disque de Elizeth Cardoso, Cançao do Amor Demais, composé par Tom Jobim et Vinicius de Moraes.

En août 1958, son 33 tours Chega de Saudade marque le point de départ de sa carrière et celui de la bossa nova (« nouveau truc »). Le public est sous le charme de sa voix chuchotante, des harmonies de Jobim et des paroles de Moraes. Deux autres albums de Joao Gilberto sortent en 1960 et 1961 avec outre des compositions de Jobim et Moraes, celles d’autres comme Dorival Caymmi, Carlos Lyra, Roberto Menescal.

A partir de 1962 et pendant près de 20 ans, le guitariste-chanteur vit à New York avec un intermède de deux ans au Mexique. Il travaille avec Jobim et des jazzmen comme le saxophoniste Stan Getz qui avoue être tombé amoureux de sa musique, dès les premières notes entendues.

L’album Getz/Gilberto, avec Garota de Ipanema chantée par Astrud Gilberto (voir plus haut), la première femme de Joao (qui le quittera pour Stan Getz), est un immense succès comme leur concert new-yorkais au Carnegie Hall, à l’automne 1964. En 1967, Frank Sinatra met Girl from Ipanema à son répertoire. La bossa nova envoûte un public international.

Perfectionniste à l’extrême, Joao attend 1970 pour sortir un nouvel album, Ela é Carioca.

Il reste généralement fidèle à Jobim mais collabore aussi avec Gilberto Gil, Caetano Veloso, Maria Bethania notamment, mêlant bossa nova, samba, chansons et dialogues.

Guitariste et chanteur intimiste de l’âme brésilienne, il est rentré à Rio mais se produit sur les plus grandes scènes du monde. Parmi ses nombreux morceaux d’anthologie, il cite Desafinado, Garota de Ipanema, Chega de saudade, Rosa Morena, Corcovado, Aquarela do Brasil.

En 2001, il remporte à Los Angeles le Grammy du meilleur artiste dans la catégorie Musiques du monde pour son album Joao: Voz e Violao, succédant à ses compatriotes Milton Nascimento, Gilberto Gil et Gaetano Veloso.

Son succès semble éternel: en août 2008, les billets de ses concerts pour le 50e anniversaire de la bossa nova sont épuisés en moins d’une heure. A l’été 2015, il devait encore se produire en France aux festivals de Vienne, Marcillac et Marseille.

Il a fini sa vie en solitaire et ruiné, pris dans un conflit entre deux de ses enfants, son fils Joao Marcelo et sa fille Bebel, d’une part, et sa dernière épouse dont il vivait séparé, Claudia Faissol, une journaliste 40 ans plus jeune que lui et mère de sa fille adolescente.

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