Archive for the ‘Musique’ Category

Canada-Québec: Décès de l’artiste Karim Ouellet

janvier 18, 2022
Karim Ouellet tient fièrement son trophée dans les mains. Il pose pour la caméra, vêtu d'un complet et d'un noeud papillon.

Karim Ouellet avec son prix Juno de l’album francophone de l’année en 2014. Photo: La Presse Canadienne/Jonathan Hayvard

L’auteur-compositeur-interprète Karim Ouellet s’est éteint. L’artiste a été trouvé mort lundi soir à Québec. La cause et la date de son décès ne sont pas connues pour le moment.

Son corps inanimé a été découvert un peu avant 22 h à l’intérieur du studio L’Unisson, rue Saint-Anselme, dans le quartier Saint-Roch, selon nos sources.

Le Service de police de la Ville de Québec écarte la thèse criminelle pour expliquer la mort de Karim Ouellet. Il était vraisemblablement décédé depuis plusieurs heures au moment de la découverte de son corps, selon nos informations. Aucune manoeuvre de réanimation n’aurait donc été entreprise.Une bâtisse avec des graffitis et l'inscription Unisson.

Le corps de Karim Ouellet a découvert à l’intérieur du studio L’Unisson, dans le quartier Saint-Roch, à Québec. Photo: Radio-Canada/Sébastien Vachon

Proches et communauté des artistes sont sous le choc à la suite de cette triste nouvelle. Karim Ouellet s’était replié sur lui-même ces dernières années.

Il était beaucoup plus reclus qu’à l’époque où moi je l’ai côtoyé, a confié Stéfane Campbell, relationniste de presse de Karim Ouellet durant plusieurs années, à l’animatrice en information Julie Drolet sur les ondes de RDI.

Né à Dakar, au Sénégal, Karim Ouellet avait récemment célébré son 37e anniversaire. Ayant grandi au Québec après avoir été adopté, il se fait d’abord connaître dans la capitale à partir de 2007 en multipliant les collaborations avec CEA, Webster et Limoilou Starz, notamment.

Il se fait remarquer à plus grande échelle lors du Festival international de la chanson de Granby en 2009.Sarahmée et Karim Ouellet.

Karim Ouellet et sa soeur Sarahmée Photo: Instagram.Com/Sarahmeeo

Distinctions

Son second album remporte le prestigieux prix de l’album francophone de l’année aux Junos en 2014. Fox s’écoule à plus de 33 000 exemplaires.

Il obtient le prix Félix-Leclerc pour sa chanson L’amour, qui l’a fait connaître du grand public québécois.

En 2013, Karim Ouellet est nommé quatre fois à l’ADISQ, puis devient Révélation Radio-Canada en 2012-2013.

En février 2018, pour le 27e Mois de l’histoire des Noirs, le chanteur est choisi comme porte-parole francophone de cet événement national.Karim Ouellet est debout sur une scène et il joue de la guitare

L’animateur d’ICI Musique, Philippe Fehmiu, rend un vibrant hommage à Karim Ouellet Photo : Radio-Canada

Il fait aussi des premières parties lors de concerts du célèbre Stromae et participe souvent à des célébrations de grande envergure, comme la fête du Canada.

Peu avant sa mort, il travaillait sur son quatrième album, selon sa biographie sur Spotify. Il était aussi juge pour le concours de chant Anjou Star.

Consternation

La classe politique est également sous le choc. Le premier ministre du Québec, François Legault, lui a rendu hommage sur son compte Twitter.

Mes condoléances à la famille et aux proches de Karim Ouellet, un jeune artiste qui a amené un nouveau style à la musique québécoise, a écrit le politicien.

Le maire de Québec, Bruno Marchand, a également exprimé son chagrin.

Un homme, un auteur, un interprète hors du commun qui a su redonner goût a la musique francophone s’envole aujourd’hui, a-t-il rédigé sur son compte Twitter.

« Sa douceur et sa plume continueront de vivre par sa musique qui restera gravée dans le paysage musical des Québécoises et des Québécois à jamais. […] À toi, cher Karim, passionné, je te souhaite un bon voyage. »— Une citation de  Bruno Marchand, maire de Québec.

La cheffe de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, Dominique Anglade, a pour sa part cité des paroles de la plus célèbre chanson de Karim Ouellet.

Je suis sous le choc. Karim Ouellet est décédé à 37 ans. J’envoie mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches. Dans L’amour, Karim nous chante : « allons voir s’il nous est permis de garder l’espoir ». Que ces paroles continuent de résonner dans nos cœurs.

Il laisse notamment dans le deuil sa soeur, la rappeuse Sarahmée.

Radio-Canada avec

Alain Rochefort

Alain Rochefort et la collaboration de Hadi Hassin, Eloïse Léveillé-Chagnon, Édith Hammond et Steve Jolicoeur

Céline Dion annule sa tournée nord-américaine pour des raisons de santé

janvier 15, 2022
Couverture de l'album « Courage », qui représente Céline Dion, en robe longue rouge, devant un feu.

La tournée « Courage » avait commencé à Québec, en septembre 2019. Photo: The HE Associated Press/Andrew Whelan

La portion de la tournée mondiale Courage que Céline Dion devait mener entre le 9 mars et le 22 avril au Canada et aux États-Unis est annulée, selon ce qu’a annoncé la diva québécoise sur Twitter.

La chanteuse de 53 ans souffre de spasmes musculaires graves et persistants qui l’empêchent de performer, et son rétablissement prend plus de temps qu’elle ne l’espérait, détaille un communiqué de presse diffusé samedi matin.

À noter que la tournée, qui a commencé le 18 septembre 2019 à Québec, a été suspendue à deux reprises au cours des deux dernières années en raison de la crise sanitaire.

Il restait encore 19 concerts à venir dans 16 villes nord-américaines, sans compter les dates de la tournée européenne. Le dernier concert était prévu à Nyon, en Suisse, le 17 juillet 2023.

Spectacles annulés au Canada

  • Winnipeg : 14 mars
  • Saskatoon : 17 mars
  • Edmonton : 20 et 21 mars
  • Vancouver : 28 et 29 mars

J’espérais vraiment être prête à remonter sur scène maintenant, mais je constate que je dois être plus patiente et suivre les recommandations de mes médecins, a déclaré Céline Dion samedi sur les réseaux sociaux.

Je serai tellement heureuse quand je retrouverai la santé, que la pandémie sera derrière nous et que je monterai sur scène à nouveau, écrit-elle.

Les détenteurs et détentrices de billets des spectacles annulés recevront sous peu un courriel leur expliquant les démarches à suivre pour se faire rembourser, précise le communiqué.

Avec Radio-Canada

France: Nouvelles mesures anti-Covid : les artistes ont trouvé la parade

décembre 28, 2021

Julien Doré, Hoshi, Eddy de Pretto… Plusieurs chanteurs annoncent avec humour se « lancer » en politique en réaction aux règles imposées aux concerts et non aux meetings.

Nouvelles mesures anti-Covid : les artistes ont trouve la parade
Nouvelles mesures anti-Covid : les artistes ont trouvé la parade

La sentence est tombée, lundi 27 décembre dans la soirée. Confronté à une propagation rapide du variant Omicron, l’exécutif a mis sur pied de nouvelles mesures sanitaires contre le Covid-19. Deux annonces ont mis vent debout les artistes : la jauge à 2 000 personnes en intérieur et la fin des concerts debout. À quatre mois de la présidentielle, ces restrictions s’appliquent aux milieux culturels, mais pas aux meetings politiques.

Dans la foulée, plusieurs artistes se sont emparés de leurs réseaux sociaux pour réagir avec humour à cette différence de traitement. Julien Doré, en tournée dans toute la France dès le mois de février, a barré la mention « en concert » de son affiche officielle, la remplaçant par « en meeting ». « C’est notre projet », a ironiquement indiqué le chanteur sur Instagram. Eddy de Pretto a également pris le parti d’en rire, en annonçant se lancer dans la course à l’Élysée. « Je me présente en tant que président de la République », a-t-il déclaré sur Twitter, publiant sa liste de « meetings » au Bataclan et autres Zénith pour son second album.

« On en a marre, vraiment »

La chanteuse Hoshi a, de son côté, opté pour un photomontage où elle apparaît dans le costume présidentiel d’Emmanuel Macron sur son portrait officiel à l’Élysée. Un trait d’humour qui n’empêche pas l’autrice-compositrice d’être épuisée par cette crise sanitaire. « Je suis dans le même état que vous. On en a marre, vraiment », avait-elle posté plus tôt sur ses réseaux sociaux. Si les grands rassemblements sont à nouveau soumis à des jauges, ce n’est pas le cas des activités politiques, car celles-ci bénéficient de dispositions spécifiques protégées par la Constitution. L’État ne peut ni limiter la fréquentation des meetings ni imposer de pass sanitaire.

Hoshi

Pour autant, des mesures pourraient être prises pour encadrer les meetings. Une commission sur l’organisation de la présidentielle sera réunie par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en présence de toutes les formations politiques. Objectif : concilier les mesures sanitaires, en pleine reprise épidémique, avec le respect du droit constitutionnel.

Avec le Point

 RDC-Defao : l’adieu brutal du général

décembre 27, 2021
Defao : l'adieu brutal du général

L’artiste musicien congolais Lulendo Matumona, plus connu sous le nom de général Defao est décédé ce lundi 27 décembre 2021 à Douala, au Cameroun. Diabétique, il aurait été infecté par le covid-19.

Le général Def Defao aurait eu 63 ans le 31 décembre 2021. Il était à Douala où il devait donner un concert privé. Mais plusieurs heures avant le spectacle, il a été pris d’un malaise dans sa chambre. Il était presque dans le coma pendant de longues heures jusqu’à ce qu’il soit finalement découvert tard dans la nuit dans un état inquiétant.

Il a été immédiatement évacué vers l’hôpital Laquintinie de Douala où il est décédé lundi soir. Dès l’annonce de son décès, plusieurs artistes congolais dont Fally Ipupa, Barbara Kanam, Ferre Gola ont exprimé leur tristesse face à la disparition de ce grand chanteur.

Après plus de dix ans d’exil au Kenya, Defao a fait son grand retour dans son pays la RDC le 4 août 2019. L’un de ses premiers gestes a été de se rendre à la Nécropole entre Ciel et Terre pour s’incliner devant les Tombes de Papa Wemba, Tabu Ley, King Kester Emeneya, Madilu System, Pépé Kallé… Son premier concert de retour, il le donnera ensuite dans la ville portuaire de Matadi (province du Kongo Central) quelques semaines plus tard.

Alors de retour sur les lieux, il a effectué son dernier voyage en Afrique de l’Ouest il y a quelques semaines. Il était à Ouaga, Burkina, à l’occasion de la cérémonie des Kundé 2021. Et le 26 Novembre, au la voix angélique du général Defao Palais des Sports de Ouaga 2000, a augmenté pour la dernière fois, revisitant ses plus grands succès dont » l’ école amour », « la famille Kikuta ».

Vêtu d’une veste avec une grosse chaîne dorée qui scintillait autour de son cou, l’artiste a démontré qu’il conservait encore l’agilité de ses beaux jours. Une présence et une performance très appréciées du public.
Ce soir-là, les Kundé lui décernent un trophée honorifique pour l’ensemble de sa carrière.

Une carrière qui a débuté dans les années 1970, d’abord dans de petits groupes de quartier. Puis il rejoint le groupe Zaïko Langa Langa en 1981.

Quelques temps plus tard, il fera les grandes heures du groupe Shock Stars entre 1983 et 1991 avant de créer son propre groupe Big Star .
Au revoir l’artiste ! Au revoir Général !

Avec News.in-24 par C. Simba et OAKader
(Crédit photo : Kundé)

Le jour où Papa Wemba est mort sur scène, par A’Salfo

décembre 26, 2021
Papa Wemba sur la scène du Femua, à Abidjan, le 24 avril 2016 © AFP

Le 24 avril 2016, l’icône de la musique congolaise s’effondre en plein concert, à Abidjan. Organisateur du festival où il se produisait, Salif Traoré, dit A’Salfo, du groupe Magic System, était aux premières loges.

Quelques heures avant qu’il ne monte sur scène, je suis passé voir Papa Wemba dans sa loge. J’avais l’impression de voir un footballeur qui s’apprêtait à entrer sur le terrain. Il était en train de s’échauffer, alternant les étirements et les mouvements de fitness. Il était en pleine forme et me l’avait dit : il était très heureux d’être à l’affiche du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua). Quand je le lui avais proposé quelques mois plus tôt, il n’avait pas hésité. Il avait même révélé sa présence plus tôt que prévu, alors que nous souhaitions entretenir le suspense. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas chanté à Abidjan !

Papa, c’était notre idole, la superstar de cette édition. Alors ce 24 avril, il était bien sûr le dernier à monter sur scène. La nuit était avancée quand il a commencé à chanter, avec sa grande veste blanche et noire et son haut chapeau rouge. Un super show avec ses danseuses, comme toujours. Moi, j’étais juste derrière la scène, dans une loge, j’entendais tout. La rumba, sa voix incroyable, la clameur du public. On était heureux.

« Rien, sinon le silence »

Il était près de 5h30 du matin, j’étais en interview avec un journaliste. Je me souviens qu’il venait de me demander quel bilan je tirais de cette édition du Femua. C’était comme prémonitoire, car je lui avais dit : « Je ne peux pas répondre tant que ce n’est pas fini ». Quelques instant plus tard, la musique s’est coupée. Un étrange silence s’est installé. Il y avait 10 000 personnes, des techniciens, des danseurs, un chanteur, mais c’est comme si tout à coup, il n’y avait plus personne. Rien, sinon le silence.

Quelqu’un – je ne sais même plus qui tant ces instants sont confus – m’a dit : « Il y a un problème ». J’ai accouru sur scène. J’ai vu Papa Wemba allongé par terre, avec l’équipe médicale autour de lui. Le médecin m’a dit qu’ils l’évacuaient. Ils l’ont installé dans l’ambulance, que j’ai suivie avec ma voiture jusqu’à l’hôpital de l’Hôtel Dieu de Treichville.

TOUT S’EST EFFONDRÉ AUTOUR DE MOI, J’AI EU L’IMPRESSION DE CHAVIRER

L’attente a débuté. C’était dur, mais je pensais que c’était un petit malaise, un coup de fatigue. Je ne pouvais imaginer que quelque chose de grave était en train de se passer. Dans le hall de l’hôpital, j’étais avec Cornely Malongi, le manager de Papa Wemba, et Bazoumana Coulibaly, collaborateur de Hamed Bakayoko, alors ministre de l’Intérieur, qui était ce soir-là au concert, quand un médecin est arrivé. Il était 6h30 du matin. Il m’a appelé et on s’est tous levés, mais il a insisté : il voulait me voir seul.

La montre de Papa Wemba

On s’est mis à l’écart, il a glissé la main dans la poche de sa tunique blanche et il en a sorti la montre de Papa Wemba. J’entends encore ses mots. Il m’a dit : « C’est fini. Le Vieux a décidé de quitter cette terre à Abidjan. » Tout s’est effondré autour de moi, j’ai eu l’impression de chavirer. La demi-heure qui a suivi a été très longue. Je ne pouvais rien dire à personne, il fallait que je prévienne les autorités et la famille. J’ai essayé d’appeler le ministre de la Culture, Maurice Bandaman, mais il n’a pas répondu. J’ai tenté de joindre Hamed Bakayoko, qui était un fan de musique, il n’a pas décroché. Tout le monde dormait.

« Hamed » a été le premier à me rappeler, quelques minutes plus tard. Il m’a rassuré, m’a dit que le président Ouattara allait prévenir Joseph Kabila, le chef de l’État congolais. On a appelé les proches de Papa Wemba, et puis très vite, il a fallu préparer un communiqué. C’était un dimanche matin, les gens allaient se réveiller et tout le monde allait s’interroger. Avec Aby Raoul, le maire de la commune de Marcory, le journaliste Claudy Siar et Serge Fattoh, l’animateur du Femua, on a pesé chaque mot. À 11 h pile, on l’a annoncé : Papa Wemba, le baobab de la rumba, est mort. À y repenser, j’en ai encore la chair de poule. »

Avec Jeune Afrique par Anna Sylvestre-Treiner

RDC-Congo : comment la rumba a fait chavirer l’Unesco

décembre 15, 2021
La rumba est entrée au patrimoine immatériel de l’Unesco, ce mardi 14 décembre 2021. © Dom

Cinq ans après la cubaine, la rumba congolaise a fait son entrée au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Un projet porté par Kinshasa et Brazzaville, qui n’ont pas ménagé leurs efforts.

En juin 2019, peu avant sa mort, Fumu Fylla, alors président du Comité rumba du Congo, déclarait : « Le rythme de la rumba congolaise est la cadence même du fleuve Congo, avec ses secousses vertigineuses, avec ses élans impétueux et fusionnels. » C’était lors d’une réunion des comités scientifiques des deux Congos chargés d’élaborer le plaidoyer pour l’inscription de leur rumba sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Indépendance Cha-Cha

Devant opérer le choix d’un élément d’exception, les experts ont opté pour la rumba congolaise « parce qu’elle est l’expression par excellence de notre passion de vivre, de notre résilience, justifiait le document de plaidoyer. Compagne de route et de lutte de l’histoire politique des Congos, elle a fini par devenir, non plus seulement un moment festif et un défouloir, mais un vecteur de mobilisation des consciences populaires  ».

À ce titre, les chansons Indépendance Cha-Cha, de la star kinoise Joseph Kabasele (Grand Kallé), et Pont sur le Congo, du poète brazzavillois engagé Franklin Boukaka, sont des références significatives.

Pour le dossier de candidature, l’Unesco a posé cinq questions essentielles concernant la viabilité de la danse : la reconnaissance des communautés locales, l’intérêt des scientifiques pour la rumba, de même que le degré d’implication des États candidats dans sa sauvegarde et sa promotion, spécialement avec des inventaires fiables comme « pièces à conviction ».

À ces interrogations, les experts ont répondu positivement en indiquant, notamment, que l’histoire montre que la rumba congolaise est de tradition populaire, que la communauté scientifique est arrivée à cerner l’essence et le sens de la chanson. Mais également des « ambiances » – comme disent les Congolais –, à savoir : la danse, la sape, les associations de plaisance et d’entraide, la vocation des « bars » comme temples de plaisirs, avec leurs rythmes, leurs idoles et leurs « fans », leurs vestales et leurs rituels.

Démarche inédite, l’Institut national des arts de Kinshasa sort progressivement la rumba congolaise de l’oralité, en mettant sur partitions, dans des répertoires périodiques, ses œuvres emblématiques.

Inépuisable créativité

Malgré des accointances génétiques partagées dans les Amériques, notamment dans le giron afro-cubain, des variables substantielles sont apparues. La rumba congolaise se distingue entre autres par la prédominance du lingala, langue « préfabriquée » à partir des parlers vernaculaires de la partie septentrionale du bassin du Congo, puis enrichie par les échanges sur le parcours du fleuve ainsi que par des codes de l’armée coloniale et, surtout, comme support littéraire de la chanson populaire urbaine, dans ses variations à la fois romantiques et satiriques. La rumba congolaise continue de s’approprier les innovations contemporaines de la « world music » dans une inépuisable créativité.

La pluralité des influences qui l’ont engendrée autant que le succès mondial de ses différentes déclinaisons font reconnaître la rumba comme porteuse d’une identité sociale transversale qui la hisse à la notoriété planétaire.

En fin de compte, pour nous Congolais, notamment les professionnels et les entrepreneurs culturels, l’inscription de la rumba congolaise sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité n’est que le point de départ de la vraie aventure de sa promotion, de sa sauvegarde et de sa viabilité. Pour qu’au centre d’un continent inventif, entreprenant, la rumba soit la métaphore d’un grand Congo (celui de Lumumba, de Kabasele, de Boukaka, de Tchicaya U Tam’si), cœur battant d’une Afrique vivante.

André Yoka Lye

Avec Jeune Afrique par André Yoka Lye

Président de la Commission mixte RDC-Congo pour la promotion de la rumba

La rumba congolaise, patrimoine culturel immatériel de l’humanité

décembre 14, 2021

L’Unesco a annoncé mardi l’admission sur sa liste de cette musique phare des deux Congo.

Le chanteur congolais Papa Wemba, surnommé le « roi de la rumba », lors d’un concert au New Morning à Paris en février 2006.
Le chanteur congolais Papa Wemba, surnommé le « roi de la rumba », lors d’un concert au New Morning à Paris en février 2006. PIERRE VERDY / AFP

Au paradis des ambianceurs des deux rives du fleuve Congo, les Papa Wemba, Grand Kallé, Wendo, Tabu Ley Rochereau, Franklin Boukaka et autres Pamelo Mounka sont heureux : la rumba congolaise fait officiellement partie du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

L’Unesco, réunie cette semaine pour étudier une soixantaine de candidatures, a annoncé mardi 14 décembre sur Twitter que la rumba congolaise – dossier présenté par la République démocratique du Congo (RDC) et le Congo-Brazzaville – était admise sur sa liste. Elle y rejoint la rumba cubaine, inscrite en 2016 et, pour l’Afrique centrale, les polyphonies pygmées de Centrafrique (2003) ou les tambours du Burundi (2014).Li

« Cette richesse venue du Congo et exportée dans le monde entier constitue un des éléments de notre fierté », avait tweeté le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement de RDC Patrick Muyaya dès jeudi dernier, alors qu’une conférence de presse était organisée pour commenter l’événement, avec quelques jours d’avance. « Il est de notre devoir à tous de promouvoir la #Rumba », ajoutait-il.

A Kinshasa et Brazzaville, les spécialistes situent les origines de la rumba dans l’ancien royaume Kongo, où l’on pratiquait une danse appelée Nkumba, qui signifie « nombril », parce qu’elle faisait danser homme et femme nombril contre nombril.

Musique de « résistance et de résilience »

Avec la traite négrière, les Africains ont emmené dans les Amériques leur culture et leur musique. Ils ont fabriqué leurs instruments, rudimentaires au début, plus sophistiqués ensuite, pour donner naissance au jazz au nord, à la rumba au sud. Avant que cette musique soit ramenée en Afrique par les commerçants, avec disques et guitares.

La rumba dans sa version moderne a une centaine d’années. C’est une musique des villes et des bars, de rencontre des cultures et de nostalgie, de « résistance et de résilience », de « partage du plaisir aussi », avec son mode de vie et ses codes vestimentaires (« la sape »), expliquait récemment à l’AFP le Pr André Yoka Lye, directeur à Kinshasa de l’Institut national des arts (INA). Pour lui, la rumba est « tentaculaire, présente dans tous les domaines de la vie nationale ». Elle est marquée par l’histoire politique des deux Congo, avant et après l’indépendance.

Elle a connu des hauts et des bas, ses stars font parfois polémique voire scandale, ses réseaux de production et de distribution sont critiqués pour manquer de rigueur. Mais elle vit et se renouvelle, assure-t-on dans les deux capitales congolaises, où on compte sur cette inscription au patrimoine mondial pour lui donner une notoriété nouvelle, y compris auprès des Congolais eux-mêmes. « Nous sommes le pays de la rumba, qu’est-ce que nous en faisons ? », s’interrogeait le ministre de la communication de RDC.

Par Le Monde avec AFP

Congo: Décès de l’artiste-musicien Kassoul Chalkidri

décembre 8, 2021

Décès mardi 7 décembre 2021, à l’hôpital militaire de Brazzaville de l’ex sociétaire de extra musique de roga roga, Kassoul Chalkidri. Ce jeune artiste talentueux était maintenant dans Extra Musica nouvel horizon.

Kassoul Chalkidri

Auteur de la chanson « Maman Mapassa » dans l’album Vision où il fait l’éloge de Pamela Ondongo. Un chef-d’œuvre de mélodie sympathique mais également de très haute inspiration unique et prophétique.

Repose en paix

Avec Brazzanews

États-Unis: Les rappeurs Travis Scott et Drake poursuivis pour le mouvement de foule meurtrier survenu lors du festival Astroworld de Houston

novembre 8, 2021

Un spectateur texan, blessé pendant l’événement, a déposé plainte contre les deux rappeurs, qu’il accuse d’être responsables de la bousculade qui a causé la mort de huit personnes, vendredi.

Des spectateurs du festival Astroworld se recueillent au mémorial qui a été installé au NRG Park de Houston, le 7 novembre 2021.
Des spectateurs du festival Astroworld se recueillent au mémorial qui a été installé au NRG Park de Houston, le 7 novembre 2021. THOMAS SHEA / AFP

L’une des personnes grièvement blessées lors du festival de musique Astroworld à Houston (Texas), vendredi 5 novembre, a porté plainte contre les rappeurs Travis Scott et Drake, accusés d’avoir « semé la pagaille » et d’être responsables du mouvement de foule qui a fait huit morts et douze blessés.

Le cabinet texan Thomas J. Henry Law a tweeté, dimanche 7 novembre, un article publié par le quotidien Daily Mail sur ces poursuites, confirmant qu’il avait déposé « l’une des premières plaintes contre la tragédie au festival Astroworld de Travis Scott ». Le plaignant, un homme de 23 ans, s’appelle Kristian Paredes.

Au total, près de 50 000 personnes se trouvaient dans la foule du festival Astroworld, où plus de 360 agents de police et 240 agents de sécurité étaient mobilisés. Vers 21 heures, heure locale, la foule a commencé à se presser vers le devant de la scène, provoquant un début de panique et de premiers blessés. Puis des spectateurs se sont mis à tomber et à perdre conscience, ce qui a généré un mouvement de panique supplémentaire, selon les autorités.Lire aussi  Un mouvement de foule lors du festival Astroworld fait huit morts à Houston

Les organisateurs du concert poursuivis également

M. Paredes, résident du Texas, poursuit également les organisateurs du concert, Live Nation, et la salle de spectacle. Il explique avoir « ressenti une poussée immédiate » à l’avant de la section des entrées générales lorsque Travis Scott est monté sur scène, selon la plainte : « La foule est devenue chaotique et une bousculade a commencé. » « Plusieurs personnes ont supplié les agents de sécurité de Live Nation de les aider, mais ont été ignorées », poursuit la plainte.

Celle-ci, déposée devant le tribunal de Houston, assure que Travis Scott a déjà « incité au chaos et à la pagaille » lors de précédents concerts. Elle accuse également le rappeur Drake d’avoir contribué à ce mouvement de foule en montant sur scène. Ce dernier a continué son concert, malgré le fait que la « foule devenait hors de contrôle ».

Selon d’autres témoignages, Travis Scott, qui a lancé le festival Astroworld en 2018, a arrêté de jouer en voyant ses fans en détresse près de la scène. Le maire de Houston, Sylvester Turner, a déclaré que les autorités examinaient les séquences vidéo et s’entretenaient avec les témoins, les organisateurs du concert et les personnes hospitalisées.

Par Le Monde avec AFP

Canada: agenda musical de Joyce N’Sana

novembre 8, 2021

La révélation Radio-Canada 2021-2022 en « musique métissée » au style d’Afrobluehop déroule la scène d’un mois de novembre bien chargé.

Visuel agenda novembre 2021 Joyce N'Sana

Photo : Visuel agenda novembre 2021 Joyce N’Sana

En plus de participer à une résidence artistique dans le cadre de Vue Sur la Relève et de présenter son spectacle à la vitrine Mundial Montréal, l’artiste congolaise en résidence au Canada donnera des prestations avec quelques dates de concert à noter sur l’agenda.

Le 6 novembre dernier, dans le cadre du Gala Opalescence, les mélomanes ont vécu le premier spectacle à Laval. Juste après, le Centre national des arts à Ottawa vibrera aux sons de Joyce N’Sana.

Elle poursuivra à Montréal avec deux dates : mardi 16 novembre, « les mardis Métissés »au théâtre Outremont et, une semaine plus tard, le 24 novembre, à la Maison de la Culture Claude-Léveillée.

Joyce N’sana est la voix du Afrobluehop. La petite femme à grande voix, connue entre autres pour son reggae, présente une musique qui est un unique et savoureux mélange d’Afro-blues et de Hip-hop. La nouvelle révélation Radio-Canada 2021-2022, qui a grandi dans le contexte des guerres congolaises, livre un message clair et déterminé ; elle propage un art de paix.

On la remarque pour son « intensité incroyable » (Éric Barette, Radio-Canada), pour sa « fougue d’une survivante » (Stéphane Laporte, La Voix) et on dit de son nouvel EP Obosso que c’est « du grand calibre » (Jean-François Côté, Radio-Canada).

Le mini-album, « EP », intitulé « Obosso », de Joyce N’sana est disponible sur toutes les grandes plateformes.

Bandcamp -Spotify – Apple Music -Amazon Music – You TubeMusic

Gérance : holyhills@live.com

Booking : lesproductionszion@gmail.com

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma