Archive for the ‘Musique’ Category

Bob Marley : « Africa Unite », « War », « Exodus »… un message universel

mai 11, 2021
Bob Marley lors d’un concert à Paris, le 4 juillet 1980.

Musicien surdoué, promoteur du mouvement rasta créé par Leonard Percival Howell, ce rebelle qui portait l’Afrique en lui continue de faire des émules partout dans le monde. Avec un message qui parle aux exclus de la Babylone contemporaine.

Décédé le 11 mai 1981, Bob Marley était un chanteur populaire dont la renommée avait dépassé les frontières de sa petite île natale, la Jamaïque, pour s’étendre au reste du monde. Son message, universel, parlait à tous les opprimés, les sans-droits, les laissés-pour-compte, du Bronx à Soweto. À l’instar de beaucoup de Caribéens et d’Africains-Américains, la question identitaire, la quête des racines, l’émancipation étaient au cœur de ses préoccupations, exacerbées par l’histoire violente de la Jamaïque.

Cette île des Caraïbes, où Robert Nesta Marley est né d’un père blanc et d’une mère noire, existe parce que des esclaves, importés d’Afrique, l’ont fertilisée de leur sueur et de leur sang. Pour l’essentiel issus du peuple ashanti, dans l’actuel Ghana, ils étaient durs à dompter et n’éprouvaient aucune peur lorsque le maître les marquait au fer rouge. Leur volonté de rentrer un jour au pays de leurs ancêtres n’a jamais disparu, le marronnage n’étant qu’un moyen de recouvrer la liberté avant le grand retour. Un rêve que l’abolition de l’esclavage n’a pas estompé.

En grandissant, Bob Marley entend parler de cette histoire. Il entend aussi parler de son compatriote Marcus Garvey, fondateur de l’Universal Negro Improvement Association (UNIA) en 1914. Mort en 1940, Garvey prônait le retour des Noirs en Afrique, convaincu qu’« aucune sécurité, aucun succès ne viendra à l’homme noir tant qu’il sera une minorité dans la communauté particulière où il pourrait devenir industriellement et commercialement fort. » Garvey mourut sans avoir mis le pied sur le continent, mais il n’en demeure pas moins l’un des précurseurs du panafricanisme et de la conscience noire. Dans l’esprit du jeune Marley, les choses sont claires : l’Afrique représente Sion, la terre promise, alors que le monde occidental oppresseur n’est autre que la Babylone biblique.

Le retour en Éthiopie

Également nourri de la ferveur des Églises qui pullulent en Jamaïque et se qualifient d’éthiopiennes pour affirmer leur africanité, Bob Marley trouve son Dieu en ras Tafari Makonnen, devenu Haïlé Sélassié Ier, empereur d’Éthiopie, et adhère au rastafarisme. Sensible au discours sur le retour en Afrique, le négus a accordé des terres aux Noirs du monde afin qu’ils participent à la reconstruction de son pays. Ce sera à Shashemene, à 250 km au sud d’Addis-Abeba. Les premiers arrivants sont des Jamaïcains. Bob Marley n’a pas la chance de voir son idole quand le négus visite la Jamaïque en 1966 : il est alors aux États-Unis. Il ne le rencontrera jamais. Reste qu’en 1968, il enregistre son premier disque de l’ère rastafarienne : Selassie Is the Chapel.

Dans les années 1970, l’engagement du chanteur pour l’Afrique s’amplifie. À peine une décennie après les indépendances, les coups d’État se sont multipliés sur le continent, les libertés individuelles ont reculé et les partis uniques triomphent. Marley est-il au courant ? Sans doute. En 1974, il ne fait pas partie des artistes venus des Amériques pour se produire à Kinshasa en marge du combat de boxe Ali-Foreman. Et quand le négus est déposé à Addis-Abeba, puis meurt en 1975, Marley compose Jah Live  pour honorer sa mémoire. On retrouve ce thème du retour en Afrique dans Rastaman Chant et dans l’album Exodus.

C’EST LORS DE SON PREMIER VOYAGE EN AFRIQUE QU’IL ÉCRIT L’UNE DE SES CHANSONS LES PLUS CÉLÈBRES, « ZIMBABWE »

L’année 1978 est importante à plus d’un titre. Elle est marquée par la sortie d’Africa Unite, chanson avec laquelle Marley exprime sa volonté de voir le continent s’unir et affirme son soutien aux combattants de la liberté. Il précise aussi que, si sa musique s’adresse à toute l’humanité, son cœur bat pour l’Afrique. Au siège de l’ONU, à New York, il reçoit la médaille de la paix « attribuée par 500 millions d’Africains ».

Dans la chanson War, il interprète même le texte d’un discours prononcé par Haïlé Sélassié Ier à l’ONU, en 1963. Mais le plus émouvant demeure sans doute son premier voyage en Afrique. Au mois de novembre 1978, il se rend en Éthiopie, à Shashemene. Même s’il n’y passe que quatre jours, il découvre la terre africaine et retrouve les Jamaïcains qui s’y étaient installés. Il n’y donne aucun concert, mais c’est là qu’il écrit l’une de ses chansons les plus célèbres, Zimbabwe, dédiée aux guérilleros en lutte contre le régime raciste de Ian Smith, en Rhodésie du Sud. En octobre 1979, Marley participe à un concert à Harvard dont les recettes, 250 000 dollars, sont versées à l’organisation Amandla pour le financement des combattants de la liberté en Afrique.

Deux ans plus tard, il est invité à Libreville par Pascaline Bongo, la fille du président du Gabon, à l’occasion de l’anniversaire de son père. Le concert qu’il donne est réservé aux dignitaires… Mais en avril 1980, Marley est à Harare, au Zimbabwe, où les nationalistes africains s’apprêtent à proclamer l’indépendance. À ses frais, il y donne, les 18 et 19 avril, ses deux uniques concerts publics en Afrique. Si le premier jour les choses se passent mal au stade Rufaro à cause de l’exclusion du peuple, le lendemain, des dizaines de milliers de Zimbabwéens viennent vibrer avec celui dont la chanson Zimbabwe est devenue l’hymne de leur armée de libération. En novembre 1980, quelques mois avant sa mort, Bob Marley se fait baptiser à l’Église orthodoxe éthiopienne de New York sous le nom de Berthane Sélassié. Ultime hommage et fidélité à l’Afrique. Ce n’est pas par hasard que, le 6 février 2005, 300 000 personnes ont assisté sur Meskel Square, la plus grande place d’Addis-Abeba, à un mégaconcert à l’occasion du soixantième anniversaire de sa naissance.

Avec Jeune Afrique par Tshitenge Lubabu M.K.

La France part grande favorite pour l’Eurovision

mai 11, 2021

La malédiction bientôt terminée ? La France, représentée par Barbara Pravi, est favorite des bookmakers pour cette édition 2021. On croise les doigts…

Barbara Pravi represente la France a l'Eurovision cette annee.
Barbara Pravi représente la France à l’Eurovision cette année.  © SADAKA EDMOND/SIPA

Enfin une bonne nouvelle du côté de l’Eurovision : le concours, annulé l’an dernier en raison du Covid, revient en force et avec de sérieux atouts du côté français. Pour la première fois depuis des années, la candidate tricolore est en effet favorite des bookmakers, à une dizaine de jours de la finale, prévue à Rotterdam le 22 mai prochain.

Sur le site officiel de l’Eurovision, qui affiche tous les jours les compteurs des favoris, la France arrive en effet première des 38 pays en lice, avec 18 % de chances de l’emporter, suivie de près par Malte (16 %) puis la Suisse (13 %), de quoi rebooster le moral de la délégation hexagonale.

La chanteuse Barbara Pravi, qui représente cette année la France, s’est empressée de partager la bonne nouvelle sur les réseaux sociaux, en gardant tout de même la tête froide : « La France numéro 1 des bookmakers, ça c’est fou ! Même si je sais que ça va encore bouger… » Choisie par les téléspectateurs français au terme d’une compétition qui s’est déroulée en janvier dernier, elle disait vouloir donner le meilleur d’elle-même : « À chaque fois que je fais quelque chose, j’essaie absolument d’être présente à moi-même et à ce que je fais. » Même Anne Hidalgo a partagé l’information en encourageant la candidate : « Vive Barbara Pravi, un espoir pour la France ! » a tweeté la maire de Paris.

Une valse 100 % française

Tout peut encore évidemment bouger, notamment lors des fameuses répétitions, pendant lesquelles la voix, le style, la scénographie, les qualités tout comme les défauts sont scrutés à la loupe… Jusqu’alors, c’était la chanteuse maltaise qui avait la cote, mais sa répétition du week-end semble avoir refroidi les bookmakers, propulsant la France en tête. Barbara Pravi peut-elle transformer l’essai ? Sa chanson « Voilà » a déjà marqué les esprits : une valse envoûtante, portée par l’artiste qui rappelle par bien des côtés la môme Piaf, un texte travaillé, des paroles pour une fois entièrement en français, une belle tessiture de voix…

Voilà qui nous change des prestations vulgaires, loufoques ou commerciales que l’on nous inflige régulièrement au concours de l’Eurovision… À 28 ans, Barbara Pravi est une autrice-compositrice, qui a déjà travaillé pour plusieurs artistes comme Yannick Noah, Florent Pagny ou encore Louane, et ne cache pas son admiration pour Brel, Barbara ou Aznavour…

Parviendra-t-elle enfin à briser la malédiction française ? On le sait, on le répète chaque année, notre pays n’a rien gagné depuis 44 ans, depuis la victoire de Marie Myriam en 1977 avec « L’oiseau et l’enfant ». On détient même un triste record : la France est le pays qui a le plus souvent terminé à la troisième et quatrième marche de la compétition – le meilleur classement récent étant celui d’Amir en 2016, à la sixième place. C’est dire si ces bons sondages rallument une petite lueur d’espoir…

Avec Le Point par Marc Fourny

Papa Wemba Forever : Abidjan et Kinshasa rendent hommage à l’icône de la rumba

avril 22, 2021

Les deux capitales africaines toutes deux très attachées à la mémoire de l’illustre chanteur disparu vont, chacune de son côté, commémorer, le 24 avril, la cinquième année du décès inopiné du « Maître d’école » sur la scène du Festival d’Anoumabo en Côte d’Ivoire.

Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR)

Photo 1 : Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR) Photo

Organisée sous le haut patronage de l’ambassade de la RDC en Côte d’Ivoire, la commémoration de cet événement aussi tragique que mémorable survenu il y a cinq ans est prévue autour d’une programmation spéciale. Diverses manifestations se tiendront à cet effet au lieu même où s’est écroulé le grand baobab de la musique congolaise, tel un vaillant soldat au front, devant son micro, chantant Est-ce que ?, un de ses anciens tubes. Lieu baptisé l’année suivante Place Papa Wemba. Vont donner le ton deux parties de foot, prévues entre 10h-11h30, opposant deux paires d’équipes. Il s’agit des Léopards d’Abidjan, composés de la communauté congolaise d’Abidjan, contre les membres de l’AARCI (Amicale des amis de la rumba en Côte d’Ivoire) et l’équipe des sapeurs contre celle des jeunes d’Anoumabo. Ce quartier de la commune Marcory plus célèbre que jamais depuis la disparition de Mwalimu sur la scène de son festival, le Femua (Festival des musiques urbaines d’Anoumabo), alors même qu’il en était la tête d’affiche et en assurait la clôture.

En plein milieu de la journée, de12h00 à 13h00 est annoncée une messe de suffrage à la Place Papa-Wemba d’Anoumabo. Et de 13h00 à 16h00 est prévu un moment convivial où le comité d’organisation entend convier les différentes équipes et ses invités au partage d’un repas et de rafraichissements avec les jeunes d’Anoumabo. Il y sera associé des activités animées par les jeunes d’Anoumabo autour des chants, danses et une parade de sapeurs.

Hommage artistique

Un hommage artistique est censé clore la journée à la suite de ceux rendus par les officiels. Les allocutions attendues à l’occasion sont celles du maire de Marcory, l’ambassadrice de la RDC en Côte d’Ivoire, le commissaire général du Femua. Et pour boucler la boucle, le mot de circonstance de Zacharie Bababaswe, chef de la délégation de Kinshasa conviée à l’événement et celui du Cardinal Ekumany, représentant à la fois de Papa Wemba et Viva La Musica en Côte d’Ivoire, souligne le programme de la célébration.Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

2 : Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

Cerise sur le gâteau, subséquent au dépôt de gerbes de fleurs, l’hommage artistique portera sur une interprétation du répertoire de Papa Wemba. Des artistes congolais à l’instar de Laëtitia Lokua et José Lenga mais aussi la rappeuse ivoirienne Nash qui chanta en featuring avec Papa Wemba Sapologie, un titre dédié à la sape. Une cérémonie en l’honneur au grand sapeur que fut Papa Wemba de son vivant ne peut pas s’imaginer sans une parade de sapeurs. Pas étonnant que des sapeurs soient tout naturellement aussi associés à l’événement ainsi que des humoristes. Il y aura notamment Ali Asgar, Wassala petit Mangobo, Cesar Uomo, JB Mitsiono et Ingénieur Douglas.

Du côté de Kinshasa, rien de vraiment officiel n’est prévu sinon que la famille de l’illustre disparu a, elle, choisi de faire les choses dans la sobriété le 24 avril. En matinée, à 9h, la veuve Marie-Rose Amazone, sa progéniture et la famille Shungu vont, en compagnie des membres de la Fondation Papa-Wemba ont, comme à l’accoutumée, prévu un recueillement devant sa tombe et d’y déposer des gerbes de fleurs. Ils invitent ensuite les proches et autres mélomanes à la messe de suffrage à la Paroisse Saint-Joseph de Matonge à 15h. L’office religieux sera suivi d’un cocktail dans la cour du Complexe scolaire Monseigneur Moke à quelques pas de l’église. L’on signale nénamoins qu’il s’agit là du lancement des cérémonies à venir qui se tiendront d’ici à juin pour commémorer le cinquième anniversaire de la disparition de feu Shungu Wembadio Pene-Kikhomba, alias Papa Wemba, Bakala dia Kuba.

Avec Adiac-Congo par Nioni Masela

RDC : Koffi Olomidé abonné aux procès reportés

avril 14, 2021
Glez

Condamné en France en première instance pour agressions sexuelles et séquestration, le roi de la rumba congolaise attend un procès en appel dont la date vient encore d’être décalée de six mois.

Le rythme de la justice française est inversement proportionnel à la cadence de la production musicale congolaise. Alors que Koffi Olomidé a mis en ligne, mi-mars, le clip « Excellence » en hommage à feu Hamed Bakayoko, l’ancien Premier ministre ivoirien, et qu’il annonce, d’ici le week-end prochain, une chanson en featuring avec Charlotte Dipanda, c’est une information judiciaire qui semble le rattraper. À moins de considérer celle-ci comme une non-information…

Le procès en appel du roi de la rumba a de nouveau été reporté en France. Condamné en première instance à deux ans de prison avec sursis, il y a deux ans, l’artiste aux multiples surnoms – Grand Mopao, Mokonzi, Quadra Kora Man, Patraõ, Le Rambo, Nkolo Lupemba ou encore Mokolo Bilanga – doit être rejugé. Le rendez-vous avait déjà été décalé de six mois, en octobre dernier. Ce lundi 12 mars, le procès a de nouveau été reporté d’un semestre supplémentaire. L’audience est renvoyée au 25 octobre prochain, avec un déménagement du tribunal de Nanterre à la cour d’appel de Versailles.

Agressions sexuelles et séquestration

Les chefs d’accusation, eux, ne changent pas : agressions sexuelles contre quatre anciennes danseuses, y compris une mineure de 15 ans, et séquestration, pour des faits qui se seraient produits entre 2002 et 2006 dans la villa du chanteur,  à Asnières, commune de la région parisienne.

Les motifs des différents reports sont variés : en octobre, son avocat était mobilisé par une autre affaire aux assises. Cette fois, les parties civiles invoquent des problèmes de garde d’enfant et l’absence d’avocat pour la plaignante mineure au moment des faits. La crise sanitaire ne serait pas non plus étrangère aux turbulences de calendrier : les parties civiles déplorent l’absence de réponse de Grand Mopao à l’ensemble des convocations de la justice. Les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 pourraient lui fournir un nouveau prétexte…

Les calendriers artistique et judiciaire pourraient se télescoper, Antoine Christophe Agbepa Mumba – le vrai nom de Koffi Olomidé – annonçant son retour sur une scène parisienne en novembre…

Nombreuses procédures

Le pedigree judiciaire du fondateur du groupe « Quartier latin international » ne se limite pas à cette procédure française débutée par la mise en examen de février 2012. En 2012 également, à Kinshasa, il était condamné à trois mois de prison avec sursis pour coups et blessures sur son ancien producteur Diego Music.

Plus tôt, en 2006, c’est pour fraude fiscale qu’une sentence d’un an de prison avec sursis avait été prononcée à son encontre en France. En 2016, c’est à nouveau aux autorités congolaises que l’auteur compositeur eut affaire, après avoir asséné un violent coup de pied à l’une de ses danseuses, lors d’un séjour à Nairobi.

En 2018, la justice zambienne ordonnait l’émission d’un mandat d’arrêt contre le chanteur, pour l’agression d’un photographe à Lusaka. Peut-être les titres des chansons de Koffi Olomidé permettent-ils de cerner sa personnalité, comme « La chicotte à papa 

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Mali : Ras Bath placé en détention provisoire pour « atteinte à la sûreté de l’État »

décembre 31, 2020
L’activiste malien Ras Bath, lors d’un rassemblement de l’opposition à IBK en août 2018.

Interpellées il y a une semaine, plusieurs personnalités poursuivies pour « atteinte à la sûreté de l’État », dont l’activiste Ras Bath, ont été présentées devant un juge qui a décidé de les placer sous mandat de dépôt.

Au terme d’une audience qui s’est tenue ce jeudi au tribunal de Bamako, le juge chargé du dossier a décidé de placer en détention préventive Mohamed Youssouf Bathily – dit Ras Bath – , ainsi que cinq de ses coprévenus. Les cinq hommes sont poursuivis dans le cadre d’une instruction judiciaire ouverte pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

« Ils sont accusés d’atteinte à la sûreté de l’État et ont été placés sous mandat de dépôt, a confirmé à Jeune Afrique Boubacar Yalkoué, secrétaire administratif du Collectif pour la défense de la République (CDR, dont est membre Ras Bath). Nous pensions pourtant qu’au regard du fond du dossier, ils seraient libérés après avoir été entendus par le juge d’instruction. »

Il a par ailleurs précisé que les avocats des prévenus se sont réunis pour décider d’une stratégie commune dès la décision de placement sous mandat de dépôt connue, et insisté sur le fait que les actions futures s’inscriraient « dans le cadre légal ».

Flou autour des interpellations

C’est un dossier qui défraie la chronique à Bamako depuis que plusieurs personnalités ont été interpellées dans des circonstances troubles, dès lundi 21 décembre. Il avait fallu attendre le dimanche 27 septembre pour que le procureur de la République, Mamadou Kassogué, ne livre enfin les raisons qui avaient conduit à ces arrestations.

Dans un communiqué, le magistrat a alors expliqué que les mis en cause avaient été arrêtés « suite à une dénonciation des services de sécurité faisant état de faits d’atteintes à la sûreté de l’État » et qu’ils avaient été « mis à la disposition » du service d’investigation de la gendarmerie nationale « pour les besoins de l’enquête ».

Si l’affaire fait autant de bruit, c’est que les personnalités citées dans cette enquête sont, pour certaines, très connues. Outre Sékou Traoré, secrétaire général de la présidence, un statut qui lui donne le rang de ministre, on trouve en effet le polémiste Mohamed Youssouf Bathily – dit Ras Bath – , célèbre chroniqueur sur Renouveau FM, une radio sur laquelle il anime « Grands dossiers », une émission dans laquelle il s’est montré critique à l’encontre des nouvelles autorités ces derniers mois.

Sont également concernés par l’enquête Mahamadou Koné, trésorier payeur général, Vital Robert Diop, directeur général de la société PMU-Mali, Aguibou Tall, directeur général adjoint de l’AGEFAU, ainsi que Souleymane Kansaye, receveur général du district. Tous, à l’exception de Sékou Traoré, avaient été placés en détention préventive avant d’être présentés devant le juge, ce mardi.

Tous ont également été placés ce jeudi sous mandat de dépôt par le juge d’instruction. Sékou Traoré, qui a repris ses activités à la présidence, n’a quant-à lui pas été concerné par cette décision.

L’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), qui avait auparavant dénoncé des « arrestations extrajudiciaires », a pu avoir accès aux locaux de la gendarmerie au cours du week-end dernier. L’AMDH s’était réjouie, dans un communiqué daté du 28 décembre, « de la judiciarisation des dossiers » et avait assuré que les conditions de détention des personnes mises en cause étaient correctes.

Les prévenus devaient initialement être présentés au procureur de la République dès lundi, mais, selon une source judiciaire, le magistrat a décidé de reporter la convocation en raison d’une manifestation organisée par plusieurs militants du Collectif pour la défense de la République (CDR) de Ras Bath. Une nouvelle audience devant le juge avait été programmée pour ce mercredi 30, mais avait finalement été, à nouveau, reportée.

Par Bokar Sangaré – à Bamako

Congo/Alphonse NTALOULOU « Alphonso » : Le 25 Décembre 2004 nous rappelle sa disparition

décembre 24, 2020

Bassiste émérite, doublé d’un inimitable compositeur, « Alphonso » est décédé samedi 25 décembre 2004 au C.H.U. (Centre hospitalier et universitaire) de Brazzaville à l’âge de 62 ans.

Farouche individualiste de l’expression profane afro-bantoue, Alphonse Ntaloulou en était l’une des plus fascinantes personnalités. Il était plongé dès son enfance dans la tradition, essentielle et féconde qui engendra les formes citadines de la rumba moderne les plus exigeantes.

Considéré comme l’un des plus grands bassistes de la musique congolaise moderne, il fut surtout un « musicien pour musiciens  », expérimentant avant tout le monde de nouvelles possibilités à la guitare basse, avec des sonorités électroniquement bien travaillées.

Compositeur de grand talent, cet ancien sociétaire de l’orchestre Cercul Jazz, qui a intégré Les Bantous en Septembre 1963, (en remplacement de Francis Bithsoumani « Celi Bitsou ») Alphonse Ntaloulou « Alphonso » a su s’imposer dans « Les Bantous de la Capitale », aux côtés des grands noms tels que Gerry Gérard Biyela, Joseph Samba « Mascott », Nino Malapet, Jean-Serge Essous, etc …

On lui doit plusieurs chansons à succès qui ont fait bouger le Congo et l’Afrique, dont les plus connus sont : « Mama na pesi yo melesi  », « C’est l’amour  », « Koyaka te  » et surtout celle qui a battu tous les records de vente et de popularité : « Choisis ou c’est lui ou c’est moi ». C’est sûrement sa meilleure chanson, variée et parfaitement équilibrée, elle aborde un sujet d’amour très courant dans la société congolaise.

Avec Congopage par Clément OSSINONDE

Congo/Musique : hommage à Franklin Boukaka

novembre 26, 2020

L’Institut français du Congo (IFC) organise en partenariat avec le ministère de la Culture et des Arts, 2 Rives productions de Claude Blanchard Ngokoudi et Frémeaux et associés, un hommage à l’artiste musicien qui sera diffusé le 27 novembre sur toutes les chaines de télévisions et radios nationales. 

Photo : Franklin Boukaka (crédit photo/ DR)

Au programme, de la rumba engagée, de la poésie musicale et panafricaniste. Après le mot de Sony Benga, maître de cérémonie, les artistes Zoba Casimir Zao et Liz Babindamana feront leur apparition sur scène, accompagnés de l’orchestre symphonique kimbaguiste. S’ensuivra le chœur Jubilate Deo.

Sont programmés également, Egige Lenguis, Alban Kodia, Atisse, sous la direction artistique de Faustin Nsakanda et de Big Kloz à la réalisation.  

Pour Claude Blanchard Ngokouli, porteur du projet, cet immense artiste aurait eu 80 ans cette année. « On ne pouvait pas laisser passer cette occasion sans pourtant lui rendre un hommage, puisque ses œuvres sont restées intemporelles. C’est pourquoi nous avons souhaité lui rendre un hommage par rapport à l’ensemble de sa carrière et de l’œuvre qu’il nous a léguée. Quand on écoute Franklin Boukaka aujourd’hui c’est l’actualité. Nous avons voulu aussi faire un petit rappel à l’histoire afin que les nouvelles générations sachent que le Congo a connu un grand artiste qu’on appelait Franklin Boukaka. Parce qu’aujourd’hui, il y a des jeunes qui fredonnent la chanson “Aye Africa” mais ne savent pas que cette chanson engagée est de lui », a-t-il déclaré.

Artisté engagé, Franklin Boukaka a chanté tout, l’amour, l’engagement… « L’engagement tient de son amour du prochain. Parce que c’est quelqu’un qui voyait le bien-être pour tous. C’est donc un événement riche à ne pas raté », a estimé Claude Blanchard Ngokouli.

Il est prévu pendant cet hommage des témoignages de plusieurs personnalités dont son fils Malcom Boukaka ; des chroniqueurs et producteurs d’émissions, Robert Brazza et Claudy Siar. « Franklin Boukaka, c’est un immortel », pense Robert Brazza, alors que pour Claudy Siar, « Franklin Boukaka, c’est l’homme des Bucherons, c’est l’homme de Ayé Africa. Cette chanson qui est un hymne du panafricanisme pourrait peut-être devenir l’hymne de l’Union africaine. »

Franklin Boukaka en peu de mots

Né le 10 octobre 1940 à Brazzaville et mort assassiné le 22 février 1972 dans la même ville, Franklin Boukaka est un chanteur, guitariste et auteur-compositeur congolais, spécialiste de la rumba et du soukous. D’après Maxime N’Debeka et Clément Ossinondé, François Boukaka alias Franklin Boukaka, est un ancien musicien de l’ensemble musical La gaieté. Franklin Boukaka n’use pas trop longtemps le fond de ses culottes sur les bancs de l’école. Il cède très vite à la forte sollicitation de l’art. Ainsi, en 1955, il débute sa carrière d’artiste dans le groupe musical Sexy Jazz fondé par Miguel Samba, Siscala Mouanga et Aubert Nganga. Deux ans plus tard, en 1957, il se retrouve dans le groupe Sympathic Jazz avec lequel il fait une tournée au Cabinda et à Léopoldville. Dans cette grande métropole, Franklin rencontre Michel Boyimbanda et Jean Mokuna avec qui il monte l’orchestre Negro Band. Cette nouvelle aventure ne le satisfait. Elle va être brève comme les premières. Le jeune artiste semble vaguer. Mais il est à la recherche de quelque chose. Franklin Boukaka sent en tout cas qu’il lui faut continuer la quête du Graal. Rien ne l’arrête. Il se lance dans d’autres aventures, s’ouvre à de nouvelles expériences. Tout d’abord dans l’orchestre Jazz Africain avec le clarinettiste Edo Clary Lutula, avec Jeannot Bobenga, Tabu Ley, Mutshipule alias Casino, André Kambite alias Damoiseau, papa Bouanga, Charles Kibongue et autres musiciens, qui réalisent merveilleusement les toutes premières et belles œuvres de Tabu Ley. Puis dans l’orchestre Vox Africa qu’il fonde avec Jeannot Bobenga et d’autres musiciens après dislocation du Jazz Africain en 1959 tandis que Tabu Ley va s’engager ailleurs…

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana

Congo: La phratrie des Moutouari

novembre 21, 2020

Côme ‘’ Kosmos’’, Pierre, Michel et Mickaëlle  Moutouari sont d’une même famille. Les trois premiers sont des frères. Mickaëlle est la fille de Pierre. Tous sont des musiciens. On évoquera les Moutouari en s’émerveillant des prodiges de la mère-nature. Comment, en effet, ne pas rendre grâce au Merveilleux quand des membres d’une famille font le bonheur de la société en s’illustrant dans une même activité ?

En 1965, dans le Brazzaville des spectacles, un jeune musicien de 21 ans mène la charge. Recrue de l’orchestre « Les Bantous de la capitale », le jeune Côme Moutouari surnommé Kosmos vient d’émerger. Son tube intitulé « E’bandeli ya mossala » est un coup de maître qui rafle tous les suffrages des mélomanes kinois et brazzavillois. La chanson dont le titre en français serait « Premiers pas sur le lieu du travail » frappe en plein dans le mille. Le thème de la chanson fait rêver dans le sous-prolétariat urbain, parmi les salariés comme parmi les chômeurs.  Le jeune Moutouari est immédiatement propulsé dans la cour des grands. Son patronyme passe un moment à la trappe. Les fans s’arrachent, en effet, leur idole qu’ils appellent « Kosmos ».

Après ce premier succès, le jeune artiste rassure définitivement ses admirateurs avec son second enregistrement intitulé « Makambo mibalé eboma mokili ». Ce titre qu’on peut traduire par « les deux maux de la terre » (qui sont l’argent et les femmes) emballe une nouvelle fois les deux Congo et, par-delà l’Afrique entière.  Les Bantous de la capitale, son orchestre, l’aligne au lead vocal avec des musiciens de renom comme Pamelo Mounk’a, Edo Nganga, Celio. En disgrâce devant les dirigeants politiques du pays, Jean Serge Essous a dû s’éclipser à l’anglaise vers des cieux plus cléments.

A Dakar, en 1966, et à Alger, en 1968, pendant le festival des Arts nègres et le festival panafricain de la musique, Kosmos tient la première ligne des Bantous de la capitale avec ses compères susmentionnés. Alger fut un succès pour les musiciens venus de l’Afrique centrale.

En 1972, Kosmos rompt avec son orchestre. Il n’est pas le seul à partir. Les talentueux Pamelo et Celio l’accompagnent dans la dissidence et créent le trio CePaKos, c’est-à-dire Celio-Pamelo-Kosmos. Théoriquement, le groupe était appelé à un bel avenir. Pamelo et Kosmos, notamment, étaient les deux figures emblématiques des Bantous de la capitale en termes de tour de la chanson et de composition. Les deux pouvaient, à bon endroit, revendiquer les meilleures ventes de leur ancien groupe musical. Sur le terrain pratique, les espoirs furent mitigés. Soumis à concurrence avec des jeunes aux longues dents, à une époque où la jeunesse recherchait une autre offre musicale, l’orchestration et les thèmes des chansons de CePaKos contraignirent le trio à refluer en désordre vers la maison-mère, les Bantous de la capitale. Kosmos inaugura par ce retour la série de ses différents va-et-vient entre son premier orchestre et la quête d’une vie musicale en solo. L’année 2005 a signé sa dernière rupture avec les Bantous de la capitale.  En dépit de cette instabilité, l’artiste né en 1944 au visage méditatif reste dans son élément avec constance. Avec le rappel à dieu d’Edo Nganga, Jean Serge Essous, Nino Malapet, Pamelo Moun’ka et d’autres, Kosmos Moutouari est resté le dernier grand musicien du légendaire orchestre Les Bantous de la capitale. (suite).

Avec Adiac-Congo par Ikkia Onday Akiera

Prix Découvertes RFI 2020 : deux Congolais en course pour le titre

novembre 20, 2020

Après la campagne d’inscriptions au concours lancée en juin dernier, la Radio France Internationale (RFI) vient de dévoiler la liste des dix finalistes de son Prix Découvertes 2020. Les artistes congolais, Nix Ozay et Young Ace Wayé, font partie des candidats en lice pour tenter de remporter ce prix.

Les deux artistes congolais en finale du prix Découvertes RFI 2020/DR

Comme lors de chaque édition depuis la création du prix musical en 1981, cette année encore, le comité d’écoute du Prix Découvertes RFI s’est prononcé sur les dix artistes africains sélectionnés, représentant plusieurs pays dont le Congo, le Sénégal, la Guinée, le Tchad, le Mali, le Rwanda et enfin le Gabon.

C’est avec son titre « Mukuyu », qui veut dire fantôme, que Nix Ozay avait posé sa candidature pour le Prix Découvertes RFI 2020. Rap purement congolais, le single proclame la vigueur et la réussite de l’artiste grâce à son art. De son vrai nom Elion Kye Elky, l’artiste rappeur chante en plusieurs langues, notamment le lingala, le français et l’anglais. Fasciné dès sa jeunesse par ses idoles Michael Jackson et 50Cent, il a développé une passion immense pour la musique. En carrière solo depuis 2014, l’artiste est actuellement en préparation de son Ep intitulé « Mesiya ».

Young Ace Wayé, quant à lui, est un artiste rappeur/chanteur de nationalité congolaise. Sa rencontre avec l’art remonte à son enfance. Il s’intéresse d’abord au dessin puis au théâtre mais c’est de la musique qu’il tombera amoureux. C’est avec son dernier single « Mbok’Oyo » qu’il se confronte à d’autres artistes talentueux du continent. Sorti en décembre 2019 et extrait de son prochain EP, celui-ci est une dénonciation de la mauvaise gestion des affaires publiques ainsi que de la dépravation des mœurs au sein de la société congolaise. 

« Le Prix Découvertes est l’occasion chaque année de mettre en avant les nouveaux talents musicaux du continent africain. Les dix finalistes seront soumis au vote d’un jury composé d’artistes et de professionnels, mais également à celui du public qui peut voter dès maintenant jusqu’au 3 décembre », ont annoncé les organisateurs.

En effet, suite à la victoire, en 1982, de l’artiste musicien Casimir Zoba dit Zao, grâce à son titre « Sorcier ensorcelé », le Congo espère voir l’un de ses candidats sélectionnés remporter ce titre. Ainsi, Nix Ozay et Young Ace Wayé vont devoir mobiliser leurs fans pour récolter le plus de voix possibles.

Après les votes du jury professionnel, présidé par l’artiste ivoirien Didi B, ainsi que ceux du public, le lauréat sera désigné le 10 décembre. Il bénéficiera, à cet effet, de 10 000 euros, d’une tournée en Afrique et d’un concert à Paris. Par ailleurs, RFI, en partenariat avec la Sacem, l’Institut français, l’Organisation internationale de la francophonie et l’Unesco s’engage auprès du lauréat pour lui offrir un soutien professionnel, une promotion sur leurs antennes et leurs sites web.

Avec Adiac-Congo par Merveille Jessica Atipo

RDC/Musique : Tshala Muana interpellée puis relâchée pour la chanson « Ingratitude »

novembre 17, 2020

« Ingratitude », tel est le titre du dernier opus de la chanteuse Tshala Muana qui lui a valu des ennuis, le 16 novembre, avec l’Agence nationale de renseignement (ANR).

Kinshasa : auteure de la chanson "ingratitude", Tshala Muana a été arrêtée  ce lundi par les agents de l'ANR - CAS-INFO.CA

La chanteuse Tshala Muana

La chanson est présentée, à tort ou à raison, comme un pamphlet dirigé à l’endroit de l’actuel chef de l‘Etat au regard de son contenu à forte saveur polémiste. La « Mamu nationale » qui est d’obédience PPRD, c’est-à-dire, proche de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, n’a sûrement pas mesuré les dégâts collatéraux qu’allait provoquer sa chanson dans un contexte de surchauffe politique de ces dernières heures.

En effet, la tension actuelle au sein de la coalition FCC-Cash sur fond des signaux de rupture entre ces deux forces politiques n’aura pas favorisé une bonne réception de la chanson. Chaque camp essaie d’interpréter son contenu à sa manière. « Ni à un examen, encore moins à une compétition tu n’as jamais gagné. Maintenant que le maître t’a montré le chemin, tu as pu t’en sortir. Et après que tu aies franchi, tu le trahis. Fais attention, tu marches avec vitesse, vaille que vaille, tu marches sans prudence », chante l’artiste. A qui s’adresse-t-elle, pourrait-on s’interroger d’autant plus qu’aucun nom n’est cité. Le reste est un déroulé des boutades, des paraboles et des expressions alambiquées difficiles à décoder. L’auteure fait, par ailleurs, recours à la bible, et évoque la rébellion de Satan contre son créateur, ou encore, la trahison de Judas vis-à-vis de Jésus de Nazareth. Se mettant dans la peau d’une victime, elle fustige l’ingratitude, banni tous ceux qui en ont fait leur seconde nature, et professe l’infortune à leur endroit. « Tu ne descendras que sur l’arbre par lequel tu es bien monté », chante-t-elle.

Une certaine récupération politicienne s’est vite cristallisée autour de la chanson, chaque camp politique cherchant à exploiter des bribes des phrases cadrant avec ses aspirations. L’UDPS/Kibassa autant que d’autres formations politiques ont fustigé l’interpellation dont a été l’objet la reine de Mutswashi estimant que le président de la République est mentalement forgé pour subir des critiques de tout genre.

Avec Adica- Congo par Alain Diasso