Archive for the ‘Musique’ Category

Congo-Musique: Clément Ossinondé en séjour à Brazzaville

juillet 26, 2021

Depuis début juillet, c’est de Brazzaville que Clément Ossinonde publie ses chroniques sur la musique congolaise. En tant que membre du comité scientifique national du Congo, il participe aux travaux de l’inscription de la rumba sur la liste du patrimoine culturel de l’humanité de l’Unesco.

Clément Ossinonde et Marie Coco Demba, membre de l'UMC

Photo : Clément Ossinonde et Marie Coco Demba, membre de l’UMC

Aux côtés de ses pairs, Honoré Mobonda, Ghislain Amédée Moussoungou, Jean Omer Ntady, Charles Bouetoumoussa-Bouetoum-Kiyindou, Romain Pindou et du Pr Joachim Ngomathéthé, pour ne citer que ces membres, Clément Ossinonde met à profit ses connaissances dans le domaine musical. Il participe également à la réflexion de la relance des activités de l’orchestre les Bantous de la Capitale.

Par la fréquence soutenue de ses chroniques sur les réseaux sociaux, Clément Ossinonde se trouve, pour ses « suiveurs », toujours à Lyon. Pourtant, c’est de Brazzaville qu’il les distille depuis le début du mois de juillet.

Un peu comme le journaliste destiné à raviver la mémoire des mélomanes, avec une précision dans le temps et l’espace, il porte un éclairage, tantôt sur les chansons qui ont fait le Congo et demeurent tant savoureuses que ludiques à travers les générations, tantôt sur leurs auteurs mythiques, et évoque en même temps le rôle pionnier des maisons d’éditions.

À chaque description, il illustre son récit par une photo et une bande sonore. C’est un passionné portant une pédagogie preuve à l’appui.

« Une volonté de garder la mémoire musicale pour mieux la connaître et assurer la survie de la musique des deux Congo« , pourrait résumer ce travail de mémoire sans répit.

Extrait de la chronique sur l’orchestre les Bantous de la Capitale :

(Nouvelle appellation de l’orchestre Bantous, adoptée en 1962 à Bruxelles)

1962 – L’ orchestre Bantous fait sa première tournée outre-atlantique. Il est d’ailleurs le premier orchestre congolais de Brazzaville à se rendre en Europe, précisément à Bruxelles et à Paris.

Une tournée fructueuse car 50 disques CD, soit 100 chansons, vont être enregistrés dans un temps record sous la marque CEFA. Mais au terme de l’enregistrement de 99 chansons, une va manquer pour parvenir à réunir 100 chansons. C’est à ce moment que Célestin Kouka va entonner « Orchestre Bantous de la capitale  » et le coup était joué.

Ce titre « Orchestre Bantous de la capitale » sera plébiscité comme celui qui devait donner au groupe un attribut. Célestin Kouka peut donc se révéler légitimement en étant l’auteur.

Tel est le devoir de mémoire poursuivi régulièrement par Clément Ossinonde.

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Jacob Desvarieux (Kassav’) placé en réanimation à cause de la Covid-19, le chanteur est dans le coma

juillet 19, 2021

Jacob Desvarieux (Kassav’) placé en réanimation à cause de la Covid-19, le chanteur est dans le comaVOICI : Jacob Desvarieux (Kassav’) placé en réanimation à cause de la Covid-19, le chanteur est dans le coma

Co-fondateur du groupe antillais Kassav’, Jacob Desvarieux a été testé positif à la Covid-19 et plongé dans un coma artificiel. L’artiste de 65 ans, diabétique et affaibli par la greffe d’un rein, est dans un état stable mais reste surveillé de près.

Ce devait être un simple « examen médical de routine », comme l’avait annoncé son équipe sur Facebook le lundi 12 juillet. Mais Jacob Desvarieux, 65 ans, co-fondateur du groupe Kassav’, n’est toujours pas sorti de l’hôpital de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). « Jacob a été testé positif au Covid ! En conséquence de quoi il reste en observation. Tous les concerts prévus sont donc annulés sur la période de quarantaine imposée », avaient annoncé ses proches dès la semaine dernière. L’inquiétude était de mise : diabétique et greffé d’un rein en 2008, le chanteur fait partie des personnes les plus à risque. Lorsqu’il a été testé positif au coronavirus lors d’un contrôle périodique pour sa greffe, les médecins l’ont placé en réanimation. « Jacob Desvarieux a reçu les deux doses de vaccin. Cependant, comme il prend des immunosuppresseurs, son immunité est très amoindrie. C’est donc ce qui lui vaut aujourd’hui d’être en réanimation au CHUG », explique La 1ère. L’information a été confirmée par Los Production et Kassav Management dans un communiqué publié ce dimanche 18 juillet.

Jacob Desvarieux est dans un état stable

« Jacob Desvarieux a été plongé dans un coma artificiel pour lui donner les soins nécessaires. Il s’agit d’un protocole médical classique, précise le communiqué. Son état est jugé stable par ses médecins, et nous aurons plus d’informations sous 48 heures. » De son côté, La 1ère précise que « Jacob Desvarieux bénéficie de soins constants et d’une surveillance permanente, comme tous les malades qui sont pris en charge en réanimation » : « Tous espèrent maintenant que cela suffira pour renforcer sa résistance et le tirer d’affaire. »

Sur les réseaux sociaux, l’hospitalisation de Jacob Desvarieux n’en finit pas de susciter l’inquiétude… et de malheureusement donner naissance à des rumeurs sur une aggravation de son état de santé. « Nous vous remercions de ne pas faire circuler de fausses informations sur Whatsapp afin de laisser travailler sereinement l’équipe du CHU de Pointe-à-Pitre et de ménager ses proches, ont demandé Los Production et Kassav Management dans leur communiqué. Merci de faire circuler ce message. » Les nouvelles, en espérant qu’elles soient bonnes, devraient très prochainement arriver.

Avec Voici par La Rédaction

Magic System : « On rêve d’être disque d’or »

juin 26, 2021
Les Magic System.

Avec « Envolée zougloutique », un 11e album paru pour la première fois chez Universal Music Africa, le groupe emmené par A’Salfo entend continuer à faire bouger la nouvelle génération.

Il est loin ce temps où Magic System peinait à trouver des producteurs. Si « Premier Gaou » résonne encore dans toutes les têtes, ce tube sorti en 1999 a pourtant failli ne jamais être diffusé. « Il ne faut pas oublier que notre premier album a été un bide, rappelle le leader du groupe A’Salfo, de passage à Paris, dans son costume tiré à quatre épingles. Ce qui fait notre longévité, c’est notre persévérance. » Mais c’est sans compter la loyauté de cette joyeuse troupe formée dans le quartier populaire d’Anoumabo à Abidjan, au milieu des années 1990. « Jamais d’accord, toujours ensemble », glissent de concert Salif Traoré, de son vrai nom, et son manager, aux côtés de la bande depuis 18 ans. Autant de fidèles années que le groupe a également passées chez la major Warner. Aujourd’hui pourtant, les Ivoiriens annoncent un tournant dans leur carrière en rejoignant Universal Music Africa. Cette signature s’accompagne de la publication d’un 11e album, Envolée zougloutique. Un titre qui « rappelle le lien que l’on a avec ce mouvement musical, mais qui est aussi annonciateur de rebond », reconnaît la tête pensante du projet.

Avec 25 ans de carrière au compteur et une petite quarantaine d’années de moyenne d’âge, Magic System n’entend pas quitter de sitôt son statut d’ambassadeur du zouglou, genre éminemment lié à la jeunesse ivoirienne. « Ce groupe iconique a décidé de nous faire confiance, et c’est un formidable signal pour les jeunes talents que l’on forme et les équipes qui portent ce jeune projet de label depuis le début », admet Franck Kacou, directeur général d’Universal Music Africa, dans les locaux parisiens du groupe. Le moyen pour la division ivoirienne, qui a implanté ses bureaux à Abidjan en 2018, de parier sur des valeurs sûres du patrimoine musical africain. Et pour Magic System de garder le cap sur les tendances actuelles du marché.

Son festif et porteur de messages

« On n’est pas totalement de la vieille école, mais on a débuté à une époque où l’industrie de la musique vendait encore des disques. L’arrivée du numérique et de la nouvelle génération nous obligent à nous adapter et à nous renouveler », admet A’Salfo. Toujours un œil rivé sur les chiffres, ce businessman invétéré se dit néanmoins fier de comptabiliser 10 000 pré-commandes physiques au moment où on le rencontre, à quatre jours de la sortie officielle du nouvel opus. Preuve que les fans de la première heure sont toujours au rendez-vous. « On rêve d’être disque d’or pour montrer que cette clientèle-là, adepte du physique, existe aussi. On a eu l’habitude de voir nos fans nous réclamer des CD à la fin de chaque concert, se souvient A’Salfo nostalgique. Cette époque nous manque. » Une époque toutefois révolue, à l’heure où l’économie du streaming domine le paysage de l’industrie.

IL N’Y A PLUS DE MUSIQUE URBAINE IVOIRIENNE, MAIS UNE MUSIQUE URBAINE AFRICAINE. NOUS AVONS LA CHANCE AVEC MAGIC SYSTEM D’ÊTRE DES CLASSIQUES.

Cette nouvelle stratégie sera donc confiée à Universal Music Africa, qui a d’ailleurs prouvé sa capacité à se positionner sur le numérique, notamment au début de la pandémie liée au Covid, période durant laquelle la maison a mis en place une série de formats digitaux pour promouvoir les poulains de son catalogue. Pour le reste, Magic System ne changera pas sa recette gagnante : un son festif mais néanmoins porteur de messages sur l’éducation, le chômage des jeunes, l’environnement… « Notre musique est intergénérationnelle car nous parlons du quotidien des Africains et défendons les valeurs de courage et de détermination, martèle le président de la fondation Magic System, engagée dans l’éducation, la santé, la culture et l’environnement. On a su montrer aux Africains que l’on pouvait connaître le succès, et devenir un exemple pour des générations tout au long de notre carrière. On a envie de dire à cette jeunesse qui a tendance à baisser les bras au moindre échec que c’est au bout de la souffrance que se trouve la victoire », poursuit-il en chantonnant un extrait du tube « Bouger bouger » (« Tant qu’il y a la vie, on dit toujours il y a espoir »), sorti en 2005. C’est aussi sur ce même morceau en featuring avec le rappeur franco-malien Mokobé, que le groupe clame à l’envi que « rien n’a changé ». Un mantra qui définit la signature sonore des Magic.

Un album 100 % ivoirien

Leur musique métissée au croisement du zouglou et du coupé-décalé n’a pas changé. Elle est comme figée dans le temps, ni tout à fait obsolète ni tout à fait progressiste. Mais elle perdure, à l’heure où la Côte d’Ivoire peine pourtant à renouveler son répertoire. « Depuis une dizaine d’années, il n’y a eu aucun nouveau phénomène musical sur ce territoire qui a pourtant vu naître le ziglibithy, le zoblazo, le gnama gnama, le rap ivoirien, le zouglou et le coupé-décalé, énumère A’Salfo. Je crois que les réseaux sociaux ont tué cette dynamique, car toutes les musiques du continent s’agglomèrent sur Facebook. Il n’y a plus de repères géographiques, observe-t-il. Il n’y a plus de musique urbaine ivoirienne, mais une musique urbaine africaine. Nous avons la chance avec Magic System d’être des classiques. Nous ne jouons plus un genre de musique mais une marque, et c’est tout à notre honneur. »

Avec en moyenne 50 dates livrées par an un peu partout dans le monde, le groupe a eu pour habitude de vivre entre deux avions. Mais la crise sanitaire aura eu raison de ce rythme effréné. Suisse, France, Allemagne, Angleterre ou encore États-Unis, autant de pays où le combo devait se produire en 2020. Cette parenthèse lui a néanmoins permis de se recentrer sur l’écriture et la création, et surtout sur l’Afrique. « On ne s’était pas posés en Côte d’Ivoire pendant une année complète depuis… 2001, réalise A’Salfo. Ce contexte nous a naturellement conduit à réaliser un projet 100 % ivoirien. » Enregistré dans plusieurs studios d’Abidjan, Envolée zougloutique – qui compte des collaborations avec Fally Ipupa et le rappeur burkinabé Smarty – est l’album du retour aux sources.

La pandémie aura tout de même bouleversé l’agenda de celui qui porte le Femua (Festival de musique urbaines d’Anumabo), l’un des plus importants festivals de musique en Afrique qui se tient en avril depuis 2008. Avec une édition annulée en 2020 et celle de 2021 a priori reportée en septembre, les pertes financières ont été colossales. Pour le fondateur de l’événement, il fallait privilégier la santé des quelque 100 000 festivaliers et éviter tout cluster. Mais il l’assure, la cuvée prévue cette année se fera. « La tenue du Femua sera la sortie du tunnel pour tous les promoteurs africains qui ont envie de défendre des projets culturels, mais qui ont été bloqués jusqu’à présent, estime celui qui a été nommé conseiller économique, environnemental et culturel par le président Alassane Ouattara en 2019. Une nomination que cet apolitique revendiqué voit comme une opportunité de plus d’être du côté du peuple. Cette édition sera le signal de relance », soutient-il.

En 2017, Magic System fêtait ses 20 ans de carrière et se produisait dans 14 pays. Une rareté dans le paysage musical ouest-africain où le manque de partenaires sonne peu à peu le glas des tournées, lesquelles sont de moins en moins rentables pour les organisateurs. « Nous avons la chance d’avoir une base de fans, mais ce n’est pas forcément le cas des nouveaux artistes, estime A’Salfo. Voir que les artistes africains rejoignent une grande maison comme Universal et qu’une partie du groupe est dirigée par un jeune Africain, ce n’était pas quelque chose que l’on aurait imaginé il y a 20 ans. On a ouvert la voie à la nouvelle génération. Aujourd’hui c’est la musique de ceux que l’on appelait les blédards autrefois qui inspire la jeunesse. »

Avec Jeune Afrique par Eva Sauphie

Streaming : Nix, le rappeur défenseur des musiques panafricaines

juin 22, 2021
Le rappeur et entrepreneur sénégalais Nix.

Après avoir cofondé la plateforme de streaming africaine Deedo, le rappeur et entrepreneur sénégalais compte bien continuer à promouvoir les talents du continent.

Avec plus de vingt-cinq ans de carrière et huit projets musicaux à son actif, Nix, 42 ans, n’est pas un inconnu. Son expérience lui permet de creuser aujourd’hui son sillon dans l’industrie en pariant sur l’économie du streaming et de la distribution digitale. À l’heure où l’afrobeat résonne partout sur les ondes, Nicolas Omar Diop, de son vrai nom, se gausse des tendances.

LES SAMPLES SONT L’ESSENCE MÊME DU HIP-HOP

Trap américaine, rap francophone, influences anglo-saxonnes, rythmiques congolaises et nigérianes… Un métissage sonore qui résume bien le parcours de celui qui a su traverser toutes les époques et les frontières du rap. « Je défends une musique fusion, revendique l’ex-gamin du groupe de rap Kantiolis, fondé à Dakar alors qu’il n’a que de 13 ans. Les samples sont l’essence même du hip-hop. C’est ce mélange des genres qui fait que cette scène a su tenir dans la durée. »

À l’aube des années 1990, le Sénégal vibre au son de Positive Black Soul, groupe de rap culte de l’époque. Le jeune artiste contribue à l’une de ses mixtapes et ne tarde pas à se faire repérer par un journaliste français spécialiste des musiques urbaines. Direction Paris pour celui qui n’est encore qu’un parfait inconnu dans le game hexagonal, mais qui rencontrera bientôt la fine fleur du genre, comme Oxmo Puccino et Disiz la Peste, sur plusieurs plateaux. « Disiz, qui est sénégalais d’origine, préparait un album en hommage au pays [Itinéraire d’un enfant bronzé, NDLR]. Collaborer avec lui faisait sens, analyse ce défenseur de la francophonie.

Mc Solaar et Assassin

Élevé par sa grand-mère professeure de français, Nix commence à écrire ses premiers textes dans la langue de Molière en s’inspirant de Mc Solaar ou encore d’Assassin. « C’est le Français qui m’a permis d’être écouté au Sénégal, puis un peu partout en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale », assure-t-il.

IL FALLAIT QUE J’ÉCRIVE EN WOLOF. LE SÉNÉGAL M’A TOUJOURS SOUTENU

Après un premier album solo en 2003, Black Crystal – récompensé aux Hip Hop Awards de Dakar –, quelques mixtapes et la sortie d’un deuxième opus, Rimes de vie, en 2010, toujours écrit en français, il est pourtant temps pour le compositeur de proposer une autre forme de narration. « Il fallait que j’écrive en wolof. Le Sénégal m’a toujours soutenu depuis mes débuts, je me devais de lui rendre la pareille en publiant un projet dans notre langue. » Et ce sera Excuse my wolof, en 2016.

Le potentiel des diasporas

Jamais là où on l’attend, c’est ensuite avec le chanteur haïtien des Fugees, Wyclef, qu’il enregistre un morceau pour l’album Art de vivre (2016). Autant de collaborations qui prouvent qu’un réel potentiel créatif existe entre diasporas. C’est cette dynamique que Nix a flairée depuis le début de sa carrière et qu’il tente aujourd’hui de structurer via la plateforme de streaming panafricaine Deedo, cofondée avec Awa Diop Girard en 2017.

« Il y a quatre ans, c’était totalement avant-gardiste de lancer un tel projet, réalise-t-il. On a senti qu’on pouvait rattraper le retard du physique sur le numérique en centralisant tous les mélomanes de musiques afro sur une même plateforme. »

Aujourd’hui, le service – principalement soutenu par des banques – est proposé sur huit territoires (Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire, Gabon, Cameroun, Nigeria, France et Royaume-Uni) et compte 60 000 abonnés. Pas de quoi faire pâlir Apple Music (qui a élargi son offre à trente pays d’Afrique), ni de quoi rougir non plus.

PARMI SES ARTISTES, QUELQUES POIDS LOURDS COMME DJ ARAFAT ET SIDIKI DIABATÉ

Pour les artistes africains, soumis à la loi des algorithmes et à la concurrence internationale, Deedo offre l’occasion de bénéficier d’une plus grande visibilité. Au menu : rumba, afrobeat, hip-hop, blues, reggae… « On a négocié le catalogue d’Universal’, s’enorgueillit l’entrepreneur, qui compte parmi ses artistes quelques poids lourds comme Dj Arafat et Sidiki Diabaté.

Nouveaux talents

Au total, sa plateforme recense quelque 14 millions de morceaux d’artistes africains et de la diaspora. Mais ce service n’est que le début de l’aventure Deedoo. Nix vient d’inaugurer un studio d’enregistrement et de signer une licence avec Def Jam Africa (branche d’Universal) pour lancer le label Deedo Records, sur lequel il a publié son dernier EP, Virgo. Le moyen surtout pour lui de soutenir et de signer de nouveaux talents sénégalais comme Coco Cissoko, « fille d’un grand joueur de kora », et Obree – tous les deux en featuring sur l’album. « Deedoo distribue aussi les artistes qu’il signe. On veut vraiment maîtriser l’ensemble de la chaîne : production, distribution et diffusion », ambitionne-t-il.

Avec Juene Afrique par Eva Sauphie

Un rappeur contestataire cubain placé en détention et poursuivi

juin 3, 2021

L’artiste cubain Maykel Osorbo, co-auteur de la chanson contestataire «Patria y vida» qui détourne le slogan révolutionnaire «Patria o muerte», a été placé en détention provisoire pour résistance, outrage à la justice et agression, a confirmé jeudi à l’AFP une source proche de l’artiste.

Le rappeur de 37 ans «est à la prison de 5 y Medio, il n’a pu appeler qu’au bout de 14 jours», a déclaré Camila Lobon, une amie proche, via un message audio dans lequel elle indique que son avocat examine les accusations portées contre lui. Citant des sources du ministère de l’Intérieur, le portail officiel d’informations Cubadebate avait indiqué mercredi que le chanteur était «accusé de délits (…) auxquels il a participé le 4 avril 2021».

L’ambassade des Etats-Unis à Cuba a retweeté jeudi un message de l’administratrice de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), Samantha Power, dans lequel elle appelle à «mettre fin à cette tentative infâme de réduire au silence la liberté de pensée et de débat», et reprochait à Cuba d’«emprisonner Maykel Castillo et d’autres artistes qui osent réclamer des droits de l’homme». Le 4 avril, des habitants du quartier de San Isidro de La Havane où vit le musicien ont tenté d’empêcher la police de l’arrêter, selon ses déclarations. Sur les images diffusées en direct sur les réseaux sociaux, il apparaît dans la rue au milieu de plusieurs personnes, dont le dissident Luis manuel Otero Alcantara, chantant «Patria y vida» tout en criant des slogans anti-gouvernementaux.

Maykel Osorbo a été arrêté le 18 mai, le bureau du procureur a ordonné son placement en détention provisoire et il a été transféré le 31 mai à la prison de Pinar del Rio, à 160 km à l’ouest de La Havane, selon Cubadebate. «C’est termin黫le peuple est fatigué» clame le morceau «Patria y vida» sorti mi-février et qui appelle à une «nouvelle aube» sur l’île. La chanson, qui cumule 5,4 millions de vues sur Youtube, a suscité une vive réaction du gouvernement, qui a affirmé qu’il s’agissait d’une «campagne contre Cuba».

Par Le Figaro avec AFP

France: Le rap, c’est fini pour Gims

juin 2, 2021

Le chanteur va se concentrer sur la pop et annonce que l’album rap de Sexion d’assaut, « Le Retour des rois », est enterré, malgré l’attente des fans.

Gims et son groupe fetiche Sexion d'assaut seront en tournee en France a partir de 2022, avec un passage a La Defense Arena en mai.
Gims et son groupe fétiche Sexion d’assaut seront en tournée en France à partir de 2022, avec un passage à La Défense Arena en mai.© ZAKARIA ABDELKAFI / AFP

Changement de cap dans la carrière de Gims : dans une interview accordée au média Rapunchline, le chanteur de 35 ans annonce qu’il abandonne le rap pour se concentrer sur d’autres univers musicaux. « J’aime beaucoup le rap, mais je pense que je n’en ferai plus, a-t-il annoncé. Aujourd’hui, la majorité de mon public, ce n’est pas forcément des gens qui m’attendent dans du rap pur et dur. Ils m’attendent sur de la pop, de la variété, sur du reggaeton, sur de l’afro… »

Une nouvelle qui a surpris au moment où il sort justement Les Vestiges du fléau, une suite-réédition de son album rap Le Fléau, avec notamment un duo événement avec Nekfeu, « C’est quoi l’del », qui cartonne ces derniers jours. « Je sais qu’aujourd’hui les gens ne m’attendent pas là, a-t-il expliqué sur BFMTV. Je ne vais pas refaire un Stade de France avec un album 100 % rap. Cet album, c’était une envie, et je suis content de l’avoir fait, mais je ne pense plus rerapper un jour, en vérité. Le son avec Nekfeu, je pense que c’est mon dernier son, c’est mon dernier couplet rap. Il n’y en aura plus. »

Caméléon musical

Une suite finalement logique pour Gims, qui a connu ses gros succès avec des titres plus pop, à l’image de « Bella », « Est-ce que tu m’aimes ? », « Laissez passer », ou encore avec son album Ceinture noire et son duo remarqué avec Vianney. Un opus qui faisait la part belle à d’autres genres musicaux que le rap, mêlant le hip-hop avec l’afropop et des sonorités latines inspirées du flamenco, avec finalement plus d’un million d’exemplaires écoulés, faisant de Gims l’un des plus gros vendeurs d’albums en France. L’artiste a compris que le public l’attendait désormais sur d’autres terrains et compte bien continuer sa mue musicale, à la manière d’un caméléon – il avait déjà changé son nom de scène en supprimant le mot « Maître », un délire de jeunesse sur le manga et les arts martiaux…

Dans la foulée, le chanteur a également annoncé qu’il n’y aurait pas finalement de nouvel album de Sexion d’assaut, le groupe de rap qui l’a lancé dans les années 2000. Plusieurs fois évoqué, puis reporté, l’album Le Retour des rois est définitivement enterré, malgré l’attente des fans. Une façon pour Gims de s’éloigner un peu plus d’un genre musical dont il souhaite s’émanciper ? L’artiste préfère évoquer des « galères juridiques » : « Dans la vie, quand tu essayes de faire quelque chose maintes et maintes fois et que tu n’y arrives pas, que c’est compliqué, c’est un signe qu’il faut prendre au sérieux, a-t-il expliqué au média Rapunchline. C’est triste pour certaines personnes, c’est dur, mais on ne va pas faire poireauter les gens. »

Les fans pourront en revanche retrouver Gims et son groupe fétiche dans une grande tournée, à partir de 2022, avec un passage à La Défense Arena en mai, avant plusieurs dates dans toute la France. « Les retrouvailles vont être joyeuses, a promis le chanteur sur BFMTV. Les gens vont revivre plein de choses. Gros moment de souvenirs, beaucoup de frissons… Ça va être un moment à vivre. »

Par Le Point avec Marc Fourny

Bob Marley : « Africa Unite », « War », « Exodus »… un message universel

mai 11, 2021
Bob Marley lors d’un concert à Paris, le 4 juillet 1980.

Musicien surdoué, promoteur du mouvement rasta créé par Leonard Percival Howell, ce rebelle qui portait l’Afrique en lui continue de faire des émules partout dans le monde. Avec un message qui parle aux exclus de la Babylone contemporaine.

Décédé le 11 mai 1981, Bob Marley était un chanteur populaire dont la renommée avait dépassé les frontières de sa petite île natale, la Jamaïque, pour s’étendre au reste du monde. Son message, universel, parlait à tous les opprimés, les sans-droits, les laissés-pour-compte, du Bronx à Soweto. À l’instar de beaucoup de Caribéens et d’Africains-Américains, la question identitaire, la quête des racines, l’émancipation étaient au cœur de ses préoccupations, exacerbées par l’histoire violente de la Jamaïque.

Cette île des Caraïbes, où Robert Nesta Marley est né d’un père blanc et d’une mère noire, existe parce que des esclaves, importés d’Afrique, l’ont fertilisée de leur sueur et de leur sang. Pour l’essentiel issus du peuple ashanti, dans l’actuel Ghana, ils étaient durs à dompter et n’éprouvaient aucune peur lorsque le maître les marquait au fer rouge. Leur volonté de rentrer un jour au pays de leurs ancêtres n’a jamais disparu, le marronnage n’étant qu’un moyen de recouvrer la liberté avant le grand retour. Un rêve que l’abolition de l’esclavage n’a pas estompé.

En grandissant, Bob Marley entend parler de cette histoire. Il entend aussi parler de son compatriote Marcus Garvey, fondateur de l’Universal Negro Improvement Association (UNIA) en 1914. Mort en 1940, Garvey prônait le retour des Noirs en Afrique, convaincu qu’« aucune sécurité, aucun succès ne viendra à l’homme noir tant qu’il sera une minorité dans la communauté particulière où il pourrait devenir industriellement et commercialement fort. » Garvey mourut sans avoir mis le pied sur le continent, mais il n’en demeure pas moins l’un des précurseurs du panafricanisme et de la conscience noire. Dans l’esprit du jeune Marley, les choses sont claires : l’Afrique représente Sion, la terre promise, alors que le monde occidental oppresseur n’est autre que la Babylone biblique.

Le retour en Éthiopie

Également nourri de la ferveur des Églises qui pullulent en Jamaïque et se qualifient d’éthiopiennes pour affirmer leur africanité, Bob Marley trouve son Dieu en ras Tafari Makonnen, devenu Haïlé Sélassié Ier, empereur d’Éthiopie, et adhère au rastafarisme. Sensible au discours sur le retour en Afrique, le négus a accordé des terres aux Noirs du monde afin qu’ils participent à la reconstruction de son pays. Ce sera à Shashemene, à 250 km au sud d’Addis-Abeba. Les premiers arrivants sont des Jamaïcains. Bob Marley n’a pas la chance de voir son idole quand le négus visite la Jamaïque en 1966 : il est alors aux États-Unis. Il ne le rencontrera jamais. Reste qu’en 1968, il enregistre son premier disque de l’ère rastafarienne : Selassie Is the Chapel.

Dans les années 1970, l’engagement du chanteur pour l’Afrique s’amplifie. À peine une décennie après les indépendances, les coups d’État se sont multipliés sur le continent, les libertés individuelles ont reculé et les partis uniques triomphent. Marley est-il au courant ? Sans doute. En 1974, il ne fait pas partie des artistes venus des Amériques pour se produire à Kinshasa en marge du combat de boxe Ali-Foreman. Et quand le négus est déposé à Addis-Abeba, puis meurt en 1975, Marley compose Jah Live  pour honorer sa mémoire. On retrouve ce thème du retour en Afrique dans Rastaman Chant et dans l’album Exodus.

C’EST LORS DE SON PREMIER VOYAGE EN AFRIQUE QU’IL ÉCRIT L’UNE DE SES CHANSONS LES PLUS CÉLÈBRES, « ZIMBABWE »

L’année 1978 est importante à plus d’un titre. Elle est marquée par la sortie d’Africa Unite, chanson avec laquelle Marley exprime sa volonté de voir le continent s’unir et affirme son soutien aux combattants de la liberté. Il précise aussi que, si sa musique s’adresse à toute l’humanité, son cœur bat pour l’Afrique. Au siège de l’ONU, à New York, il reçoit la médaille de la paix « attribuée par 500 millions d’Africains ».

Dans la chanson War, il interprète même le texte d’un discours prononcé par Haïlé Sélassié Ier à l’ONU, en 1963. Mais le plus émouvant demeure sans doute son premier voyage en Afrique. Au mois de novembre 1978, il se rend en Éthiopie, à Shashemene. Même s’il n’y passe que quatre jours, il découvre la terre africaine et retrouve les Jamaïcains qui s’y étaient installés. Il n’y donne aucun concert, mais c’est là qu’il écrit l’une de ses chansons les plus célèbres, Zimbabwe, dédiée aux guérilleros en lutte contre le régime raciste de Ian Smith, en Rhodésie du Sud. En octobre 1979, Marley participe à un concert à Harvard dont les recettes, 250 000 dollars, sont versées à l’organisation Amandla pour le financement des combattants de la liberté en Afrique.

Deux ans plus tard, il est invité à Libreville par Pascaline Bongo, la fille du président du Gabon, à l’occasion de l’anniversaire de son père. Le concert qu’il donne est réservé aux dignitaires… Mais en avril 1980, Marley est à Harare, au Zimbabwe, où les nationalistes africains s’apprêtent à proclamer l’indépendance. À ses frais, il y donne, les 18 et 19 avril, ses deux uniques concerts publics en Afrique. Si le premier jour les choses se passent mal au stade Rufaro à cause de l’exclusion du peuple, le lendemain, des dizaines de milliers de Zimbabwéens viennent vibrer avec celui dont la chanson Zimbabwe est devenue l’hymne de leur armée de libération. En novembre 1980, quelques mois avant sa mort, Bob Marley se fait baptiser à l’Église orthodoxe éthiopienne de New York sous le nom de Berthane Sélassié. Ultime hommage et fidélité à l’Afrique. Ce n’est pas par hasard que, le 6 février 2005, 300 000 personnes ont assisté sur Meskel Square, la plus grande place d’Addis-Abeba, à un mégaconcert à l’occasion du soixantième anniversaire de sa naissance.

Avec Jeune Afrique par Tshitenge Lubabu M.K.

La France part grande favorite pour l’Eurovision

mai 11, 2021

La malédiction bientôt terminée ? La France, représentée par Barbara Pravi, est favorite des bookmakers pour cette édition 2021. On croise les doigts…

Barbara Pravi represente la France a l'Eurovision cette annee.
Barbara Pravi représente la France à l’Eurovision cette année.  © SADAKA EDMOND/SIPA

Enfin une bonne nouvelle du côté de l’Eurovision : le concours, annulé l’an dernier en raison du Covid, revient en force et avec de sérieux atouts du côté français. Pour la première fois depuis des années, la candidate tricolore est en effet favorite des bookmakers, à une dizaine de jours de la finale, prévue à Rotterdam le 22 mai prochain.

Sur le site officiel de l’Eurovision, qui affiche tous les jours les compteurs des favoris, la France arrive en effet première des 38 pays en lice, avec 18 % de chances de l’emporter, suivie de près par Malte (16 %) puis la Suisse (13 %), de quoi rebooster le moral de la délégation hexagonale.

La chanteuse Barbara Pravi, qui représente cette année la France, s’est empressée de partager la bonne nouvelle sur les réseaux sociaux, en gardant tout de même la tête froide : « La France numéro 1 des bookmakers, ça c’est fou ! Même si je sais que ça va encore bouger… » Choisie par les téléspectateurs français au terme d’une compétition qui s’est déroulée en janvier dernier, elle disait vouloir donner le meilleur d’elle-même : « À chaque fois que je fais quelque chose, j’essaie absolument d’être présente à moi-même et à ce que je fais. » Même Anne Hidalgo a partagé l’information en encourageant la candidate : « Vive Barbara Pravi, un espoir pour la France ! » a tweeté la maire de Paris.

Une valse 100 % française

Tout peut encore évidemment bouger, notamment lors des fameuses répétitions, pendant lesquelles la voix, le style, la scénographie, les qualités tout comme les défauts sont scrutés à la loupe… Jusqu’alors, c’était la chanteuse maltaise qui avait la cote, mais sa répétition du week-end semble avoir refroidi les bookmakers, propulsant la France en tête. Barbara Pravi peut-elle transformer l’essai ? Sa chanson « Voilà » a déjà marqué les esprits : une valse envoûtante, portée par l’artiste qui rappelle par bien des côtés la môme Piaf, un texte travaillé, des paroles pour une fois entièrement en français, une belle tessiture de voix…

Voilà qui nous change des prestations vulgaires, loufoques ou commerciales que l’on nous inflige régulièrement au concours de l’Eurovision… À 28 ans, Barbara Pravi est une autrice-compositrice, qui a déjà travaillé pour plusieurs artistes comme Yannick Noah, Florent Pagny ou encore Louane, et ne cache pas son admiration pour Brel, Barbara ou Aznavour…

Parviendra-t-elle enfin à briser la malédiction française ? On le sait, on le répète chaque année, notre pays n’a rien gagné depuis 44 ans, depuis la victoire de Marie Myriam en 1977 avec « L’oiseau et l’enfant ». On détient même un triste record : la France est le pays qui a le plus souvent terminé à la troisième et quatrième marche de la compétition – le meilleur classement récent étant celui d’Amir en 2016, à la sixième place. C’est dire si ces bons sondages rallument une petite lueur d’espoir…

Avec Le Point par Marc Fourny

Papa Wemba Forever : Abidjan et Kinshasa rendent hommage à l’icône de la rumba

avril 22, 2021

Les deux capitales africaines toutes deux très attachées à la mémoire de l’illustre chanteur disparu vont, chacune de son côté, commémorer, le 24 avril, la cinquième année du décès inopiné du « Maître d’école » sur la scène du Festival d’Anoumabo en Côte d’Ivoire.

Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR)

Photo 1 : Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR) Photo

Organisée sous le haut patronage de l’ambassade de la RDC en Côte d’Ivoire, la commémoration de cet événement aussi tragique que mémorable survenu il y a cinq ans est prévue autour d’une programmation spéciale. Diverses manifestations se tiendront à cet effet au lieu même où s’est écroulé le grand baobab de la musique congolaise, tel un vaillant soldat au front, devant son micro, chantant Est-ce que ?, un de ses anciens tubes. Lieu baptisé l’année suivante Place Papa Wemba. Vont donner le ton deux parties de foot, prévues entre 10h-11h30, opposant deux paires d’équipes. Il s’agit des Léopards d’Abidjan, composés de la communauté congolaise d’Abidjan, contre les membres de l’AARCI (Amicale des amis de la rumba en Côte d’Ivoire) et l’équipe des sapeurs contre celle des jeunes d’Anoumabo. Ce quartier de la commune Marcory plus célèbre que jamais depuis la disparition de Mwalimu sur la scène de son festival, le Femua (Festival des musiques urbaines d’Anoumabo), alors même qu’il en était la tête d’affiche et en assurait la clôture.

En plein milieu de la journée, de12h00 à 13h00 est annoncée une messe de suffrage à la Place Papa-Wemba d’Anoumabo. Et de 13h00 à 16h00 est prévu un moment convivial où le comité d’organisation entend convier les différentes équipes et ses invités au partage d’un repas et de rafraichissements avec les jeunes d’Anoumabo. Il y sera associé des activités animées par les jeunes d’Anoumabo autour des chants, danses et une parade de sapeurs.

Hommage artistique

Un hommage artistique est censé clore la journée à la suite de ceux rendus par les officiels. Les allocutions attendues à l’occasion sont celles du maire de Marcory, l’ambassadrice de la RDC en Côte d’Ivoire, le commissaire général du Femua. Et pour boucler la boucle, le mot de circonstance de Zacharie Bababaswe, chef de la délégation de Kinshasa conviée à l’événement et celui du Cardinal Ekumany, représentant à la fois de Papa Wemba et Viva La Musica en Côte d’Ivoire, souligne le programme de la célébration.Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

2 : Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

Cerise sur le gâteau, subséquent au dépôt de gerbes de fleurs, l’hommage artistique portera sur une interprétation du répertoire de Papa Wemba. Des artistes congolais à l’instar de Laëtitia Lokua et José Lenga mais aussi la rappeuse ivoirienne Nash qui chanta en featuring avec Papa Wemba Sapologie, un titre dédié à la sape. Une cérémonie en l’honneur au grand sapeur que fut Papa Wemba de son vivant ne peut pas s’imaginer sans une parade de sapeurs. Pas étonnant que des sapeurs soient tout naturellement aussi associés à l’événement ainsi que des humoristes. Il y aura notamment Ali Asgar, Wassala petit Mangobo, Cesar Uomo, JB Mitsiono et Ingénieur Douglas.

Du côté de Kinshasa, rien de vraiment officiel n’est prévu sinon que la famille de l’illustre disparu a, elle, choisi de faire les choses dans la sobriété le 24 avril. En matinée, à 9h, la veuve Marie-Rose Amazone, sa progéniture et la famille Shungu vont, en compagnie des membres de la Fondation Papa-Wemba ont, comme à l’accoutumée, prévu un recueillement devant sa tombe et d’y déposer des gerbes de fleurs. Ils invitent ensuite les proches et autres mélomanes à la messe de suffrage à la Paroisse Saint-Joseph de Matonge à 15h. L’office religieux sera suivi d’un cocktail dans la cour du Complexe scolaire Monseigneur Moke à quelques pas de l’église. L’on signale nénamoins qu’il s’agit là du lancement des cérémonies à venir qui se tiendront d’ici à juin pour commémorer le cinquième anniversaire de la disparition de feu Shungu Wembadio Pene-Kikhomba, alias Papa Wemba, Bakala dia Kuba.

Avec Adiac-Congo par Nioni Masela

RDC : Koffi Olomidé abonné aux procès reportés

avril 14, 2021
Glez

Condamné en France en première instance pour agressions sexuelles et séquestration, le roi de la rumba congolaise attend un procès en appel dont la date vient encore d’être décalée de six mois.

Le rythme de la justice française est inversement proportionnel à la cadence de la production musicale congolaise. Alors que Koffi Olomidé a mis en ligne, mi-mars, le clip « Excellence » en hommage à feu Hamed Bakayoko, l’ancien Premier ministre ivoirien, et qu’il annonce, d’ici le week-end prochain, une chanson en featuring avec Charlotte Dipanda, c’est une information judiciaire qui semble le rattraper. À moins de considérer celle-ci comme une non-information…

Le procès en appel du roi de la rumba a de nouveau été reporté en France. Condamné en première instance à deux ans de prison avec sursis, il y a deux ans, l’artiste aux multiples surnoms – Grand Mopao, Mokonzi, Quadra Kora Man, Patraõ, Le Rambo, Nkolo Lupemba ou encore Mokolo Bilanga – doit être rejugé. Le rendez-vous avait déjà été décalé de six mois, en octobre dernier. Ce lundi 12 mars, le procès a de nouveau été reporté d’un semestre supplémentaire. L’audience est renvoyée au 25 octobre prochain, avec un déménagement du tribunal de Nanterre à la cour d’appel de Versailles.

Agressions sexuelles et séquestration

Les chefs d’accusation, eux, ne changent pas : agressions sexuelles contre quatre anciennes danseuses, y compris une mineure de 15 ans, et séquestration, pour des faits qui se seraient produits entre 2002 et 2006 dans la villa du chanteur,  à Asnières, commune de la région parisienne.

Les motifs des différents reports sont variés : en octobre, son avocat était mobilisé par une autre affaire aux assises. Cette fois, les parties civiles invoquent des problèmes de garde d’enfant et l’absence d’avocat pour la plaignante mineure au moment des faits. La crise sanitaire ne serait pas non plus étrangère aux turbulences de calendrier : les parties civiles déplorent l’absence de réponse de Grand Mopao à l’ensemble des convocations de la justice. Les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 pourraient lui fournir un nouveau prétexte…

Les calendriers artistique et judiciaire pourraient se télescoper, Antoine Christophe Agbepa Mumba – le vrai nom de Koffi Olomidé – annonçant son retour sur une scène parisienne en novembre…

Nombreuses procédures

Le pedigree judiciaire du fondateur du groupe « Quartier latin international » ne se limite pas à cette procédure française débutée par la mise en examen de février 2012. En 2012 également, à Kinshasa, il était condamné à trois mois de prison avec sursis pour coups et blessures sur son ancien producteur Diego Music.

Plus tôt, en 2006, c’est pour fraude fiscale qu’une sentence d’un an de prison avec sursis avait été prononcée à son encontre en France. En 2016, c’est à nouveau aux autorités congolaises que l’auteur compositeur eut affaire, après avoir asséné un violent coup de pied à l’une de ses danseuses, lors d’un séjour à Nairobi.

En 2018, la justice zambienne ordonnait l’émission d’un mandat d’arrêt contre le chanteur, pour l’agression d’un photographe à Lusaka. Peut-être les titres des chansons de Koffi Olomidé permettent-ils de cerner sa personnalité, comme « La chicotte à papa 

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.