Archive for the ‘Musique’ Category

Passi : « Les artistes afro-urbains doivent beaucoup au Bisso Na Bisso »

juillet 3, 2022

À l’affiche du film « Le Prince », un drame social signé Lisa Bierwirth, le rappeur franco-congolais frappe par sa justesse dans le rôle d’un diamantaire sans papiers épris d’une Allemande. En parallèle, il continue de défendre la scène africaine avec ses acolytes Sarkodie et Akwaboah.

Passi, à Paris, le 10 juin 2022. © Nyima Marin pour JA

La silhouette est amaigrie, le visage, sans barbe. Oublions le rappeur à chaînette, casquette vissée sur la tête et baskets aux pieds. Oublions aussi les punchlines hardcore qu’il déversait avec le Ministère AMER, groupe culte des années 1990 fondé à Sarcelles, en banlieue parisienne. Pour ce rôle, Passi Balende a perdu environ 7 kg et enfilé un tout autre costume. Celui d’un acteur qui surprend par sa justesse et sa sobriété dans le film, tout aussi délicat, de la cinéaste allemande Lisa Bierwirth.

« Il fallait que l’on oublie Passi à l’écran », confirme le Franco-Congolais né à Brazzaville il y a quarante-neuf ans. Dans Le Prince, il trouve son premier vrai rôle en incarnant Joseph, un diamantaire congolais en attente de régularisation, embourbé dans des combines pour s’en sortir. Déambulant d’un maquis de Francfort à l’autre, il fait bientôt la rencontre de Monika, une galeriste allemande alors en pleine remise en question, personnelle comme professionnelle. Ils s’éprennent l’un de l’autre, alors que tout les oppose.

Un Congolais en Allemagne

Ce n’est pas la première fois que ce touche-à-tout, à qui l’on doit la réalisation de nombreux clips et documentaires musicaux, passe devant la caméra. Dès 2007, il joue un ex-taulard dans No Way!, un film qu’il coproduit, réalisé par l’Ivoirien Owell Brown. Puis il décroche quelques petits rôles à la télévision. Mais ce projet allemand a de quoi susciter la surprise.

« Cette histoire d’amour entre une Allemande et un Congolais m’a séduit, reconnaît Passi, pas mécontent de jouer dans un “film d’auteur” tandis qu’il sirote un mojito dans un hôtel parisien rococo. Je connaissais l’histoire de l’immigration congolaise en France, c’est la mienne, et en Belgique aussi bien sûr. Mais celle de l’Allemagne est plus confidentielle, je trouvais intéressant de la porter à l’écran à travers ces deux personnages. Et puis, j’aime la géopolitique », glisse ce fils d’une enseignante, arrivé en France à l’âge de 7 ans avec ses six frères et sœurs.

Investi, Passi a fait de nombreux aller-retours à Francfort pour repérer les lieux qui serviraient de décor au film, notamment le maquis dans lequel les deux protagonistes vivent une bonne partie de leur histoire. « C’est drôle car cet endroit s’appelle le Bisso Na Bisso Bar, mais Lisa s’est assurée que le nom n’apparaisse jamais à l’écran pour ne pas créer d’amalgame », insiste le créateur du collectif franco-congolais du même nom, qui signifie « entre nous » en lingala, élu meilleur groupe africain de l’année 1999. Une distinction remise par Nelson Mandela lors de la cérémonie des Kora Awards en Afrique du Sud, à une époque où MHD et son afro-trap n’existaient pas encore.

« On était de jeunes Afros en France, issus de la première génération de rappeurs, et on n’avait pas besoin d’aller chercher une crédibilité, se rappelle-t-il. On a voulu faire une musique qui nous ressemble en évitant de copier les rappeurs américains qui samplaient de vieux titres de soul. On a prouvé qu’on pouvait puiser dans notre patrimoine en samplant Miriam Makeba ou Koffi Olomidé et poser un rap dessus. La vague afro-urbaine française d’aujourd’hui doit beaucoup au Bisso. »

Diversité culturelle et créative

Si la double culture du rappeur nourrit sa musique, la France « black-blanc-beur » des années 1990 et le multiculturalisme de son quartier composé « de plus de 60 ethnies » influence sa manière de concevoir son travail. « Tout le monde arrivait à tirer profit des expériences des uns et des autres. On a grandi avec des Juifs autour de nous qui montaient des structures, des sociétés, et qui se levaient tôt pour aller vendre au marché. Tout le monde se bougeait, donc ça nous a donné envie de nous bouger aussi », décrypte celui qui a monté sa première association, AMER – pour Action, musique et rap –, à 15 ans seulement. Cette envie d’entreprendre et de créer n’a depuis jamais quitté ce bûcheur invétéré.

Plus de vingt ans se sont écoulés depuis Racines – premier album du Bisso vendu à environ 200 000 exemplaires qui fera bientôt l’objet d’une édition numérique. Mais, entre-temps, le boss n’a pas chômé. Il est pendant près de cinq ans directeur de label, développant ainsi le rappeur français ALP et quelques groupes ivoiriens, producteur de sept compilations estampillées Dis l’heure (de Rimes en 2009 à Afro pop en 2019), auxquelles Papa Wemba a plusieurs fois participé. Il réalise aussi une tournée mastodonte dans plusieurs Zénith de France pour les 20 ans du Secteur Ä, son collectif de hip-hop créé avec les anciens membres du Ministère AMER, qui compte son camarade de la première heure, Stomy Bugsy. « Avec le Bisso comme avec le Secteur Ä, on a des liens familiaux, de quartier ou d’amitié. Il n’a jamais été question de business. Quand on décide de faire une tournée ou un nouveau projet ensemble, c’est parce qu’on se voit au baptême de l’un, à l’anniversaire de l’autre ou encore au concert d’un autre. »

Du Congo au Ghana

Passant de l’ombre à la lumière sans jamais perdre son objectif de vue (créer des ponts entre l’Afrique et la France), c’est donc naturellement que Passi collabore aujourd’hui avec des artistes ghanéens comme Sarkodie et Akwaboah en se frottant à la dernière tendance musicale du moment, l’amapiano. Il dévoilera un album de cinq titres sobrement intitulé Afro le 2 septembre – un projet qui s’inscrit dans la continuité du concert donné à Accra à la fin de 2021 qu’il a exporté en France en mars dernier sous la bannière « Accra in Paris » – avant de dévoiler son septième album solo courant 2023.

« Ce sera mon dernier vrai album », avance-t-il, sans doute conscient que l’industrie de la musique a changé. « La génération d’aujourd’hui, c’est le rap d’Instagram, rigole-t-il. Elle veut faire de l’argent. Elle maîtrise les outils, poste des photos et fait des millions de vue, observe celui qui avoue avoir loupé le coche de l’économie du streaming. Cela traduit un grand changement dans la société, qui s’appauvrit en idées et veut juste gagner du blé. L’économie passe avant la culture et le fond », regrette-t-il.

Si Passi compte ralentir le rythme côté musique, le grand frère du rap français a encore de l’endurance. Alors qu’il confiait à Jeune Afrique en 2013 vouloir réaliser un film entre la France et le Congo, il voit enfin son rêve se concrétiser et travaille sur une comédie autour de la sape, avec le producteur Claude Fenioux et le réalisateur Gilles Porte. « Le Congo offre une diversité de paysages incroyable. Tourner là-bas est une façon de faire la promotion du pays », défend celui qui n’est pas près de rompre le lien avec son pays natal.

Avec Jeune Afrique par Eva Sauphie

Canada-Québec: Karim Ouellet est mort d’un diabète non traité, deux mois avant la découverte de son corps

juin 22, 2022
Un homme est sur scène avec une guitare.

Karim Ouellet sur scène à Québec en 2016 Photo : AFP via Getty Images/Florence Cassisi

L’artiste Karim Ouellet, dont le corps a été trouvé dans un studio de musique de Québec le 17 janvier dernier, est décédé d’une acidocétose diabétique « dans un contexte de consommation de méthamphétamine », selon le rapport d’investigation de la coroner dévoilé mercredi, qui établit au 15 novembre 2021 la date de sa mort présumée.

Dans son rapport, la coroner Sophie Régnière explique que Karim Ouellet, qui avait été vu la dernière fois en novembre par des locataires de l’immeuble où se trouvait son studio de musique, a été découvert en début de momification le 17 janvier en soirée à la suite de plaintes pour une odeur nauséabonde émanant du studio dont la porte n’était pas verrouillée.

Aucune trace de violence ou d’effraction n’a été constatée par la police et la coroner conclut à une mort naturelle.

Un diabète depuis longtemps mal accepté

Karim Ouellet était atteint du diabète de type 1 et la concentration élevée de corps cétoniques dans son sang suggère la survenue d’une acidocétose diabétique. Cette complication survient quand le diabète est mal ou non contrôlé.

Selon le rapport, l’artiste avait déjà été hospitalisé à 17 ans, car il refusait de prendre de l’insuline pour traiter son diabète. Il acceptait mal sa maladie.

En mai 2020, il a été hospitalisé deux fois pour une acidocétose diabétique, car il ne traitait pas son diabète pour des raisons qu’il peinait à expliquer aux médecins.

Le 31 octobre 2021, soit une quinzaine de jours avant sa mort, il avait été de nouveau hospitalisé à Québec en état d’hyperglycémie sévère et d’intoxication après avoir été trouvé inconscient. Malgré l’insistance de l’équipe médicale, il a quitté l’hôpital après avoir signé un refus de traitement.

L'auteur-compositeur-interprète Karim Ouellet, au micro de René Homier-Roy.

L’auteur-compositeur-interprète Karim Ouellet serait mort autour du 15 novembre 2021, selon les estimations de la coroner. Photo : Gabrielle Thibault-Delorme

Consommation de cocaïne et de méthamphétamine

Le rapport précise également que la police a trouvé, le 17 janvier dernier, de la cocaïne dans le studio de musique, mais les analyses effectuées n’ont décelé aucune trace de cette drogue dans l’organisme de Karim Ouellet. Toutefois, les analyses ont révélé la présence de méthamphétamine.

La coroner indique que Karim Ouellet avait commencé à consommer de la cocaïne en 2019 et qu’il était rapidement devenu dépendant à cette drogue, ce qui l’amenait à négliger sa prise régulière d’insuline.

Lors de son hospitalisation en mai 2020, un diagnostic de troubles de comportement sévère en lien avec son trouble de l’usage de substance avait été posé ainsi que de psychose toxique probable, ce qui désigne une psychose induite par la consommation de drogues.

Avec Radio-Canada

Royaume-Uni: Concert géant et pluie de vedettes pour fêter Élisabeth II à Londres

juin 4, 2022
Adam Lambert sur scène avec Brian May, le guitariste de Queen.

« C’est merveilleux d’être de retour», a confié le guitariste de Queen, Brian May, sur la BBC. Photo : Reuters/Hannah Mckay

Une pléiade de vedettes, dont le légendaire groupe britannique Queen, ont enflammé les foules samedi à Londres lors d’un concert géant organisé pour célébrer les 70 ans de règne historiques de la reine Élisabeth II, mais en l’absence de la souveraine, fatiguée.

Rod Stewart, Alicia Keys, Andrea Bocelli, Duran Duran : après la pompe et le recueillement, les plus grands noms de la scène pop-rock ou classique ont défilé sur scène, devant les grilles du palais de Buckingham, pour ce spectacle qui clôturait le troisième et avant-dernier jour des festivités du jubilé de platine de la souveraine de 96 ans, à la longévité inégalée au Royaume-Uni.

Queen et Adam Lambert ont lancé la soirée avec les chansons We Will Rock You puis Don’t Stop Me Now devant 22 000 spectateurs, dont 10 000 tirés au sort et 5000 travailleurs clés de la pandémie, qui agitaient des drapeaux de l’Union Jack.

Dans le public se trouvaient aussi plusieurs membres de la famille royale, y compris le prince héritier Charles et son fils William, venu avec sa femme Kate et deux de leurs jeunes enfants, George et Charlotte.

C’est merveilleux d’être de retour, a confié le guitariste de Queen, Brian May, sur la BBC, 20 ans après avoir marqué les esprits en interprétant l’hymne national God Save the Queen perché sur le toit du palais pour le jubilé d’or de la souveraine.

Nous voulons apporter de la joie […] après tout le malheur que nous avons vécu, a confié le batteur Roger Taylor.Un homme est photographié devant la scène du palais de Buckingham.

Près de 22 000 spectateurs se sont rassemblés devant le palais de Buckingham pour assister au spectacle samedi soir à Londres. Photo: AP/Frank Augstein

Toutefois, la vraie vedette de la soirée, Élisabeth II, était absente en raison de sa santé fragile. Elle a préféré regarder le concert à la télévision, retransmis en direct sur la BBC.

Aimée pour son sens du devoir comme pour son humour pince-sans-rire, elle a toutefois fait une apparition surprise dans une courte vidéo humoristique diffusée avant le coup d’envoi, où elle prend le thé avec l’ours Paddington, maladroite icône de la littérature enfantine britannique.

Joyeux jubilé, madame, et merci, pour tout, lui dit-il. C’est très gentil, répond-elle en sortant de son inséparable sac à main une tartine à la confiture d’orange dont raffole son invité avant de taper le rythme de We Will Rock You sur sa tasse de porcelaine avec sa cuillère d’argent.

Pourtant passionnée de courses, Élisabeth II avait déjà renoncé à se rendre samedi aux célèbres courses hippiques du derby d’Epsom, à 30 km de Londres, qu’elle n’a manquées que très rarement. Elle y a été représentée par sa fille, la princesse Anne.

Vendredi, elle avait déjà manqué le service religieux à la cathédrale Saint-Paul, car elle avait souffert d’inconfort au premier jour des célébrations jeudi, quand elle était apparue au balcon du palais de Buckingham, radieuse mais frêle, en s’appuyant sur une canne, pour la parade militaire.

Parmi les absents samedi figuraient aussi le prince Harry et son épouse Meghan, venus de Californie pour participer au jubilé mais qui avaient choisi de fêter dans l’intimité le premier anniversaire de leur fille Lilibet, que la reine aurait rencontrée pour la première fois.

Moment historique pour les Britanniques

La diva américaine Diana Ross, 78 ans, absolument ravie d’avoir été invitée à se produire pour une occasion aussi importante, a clos cette soirée de deux heures et demie qui célébrait la contribution du Royaume-Uni et des pays du Commonwealth à la musique, à l’environnement, au sport et à la comédie musicale au cours des 70 dernières années.

Joyeuse parenthèse d’unité patriotique dans la crise du coût de la vie, les fêtes du jubilé durent jusqu’à dimanche, à la faveur d’un long week-end férié de quatre jours.Un homme drapé du drapeau britannique enlace une femme habillée en reine Élisabeth II dans une foule à Londres.

Des milliers de spectateurs se sont rassemblés à Londres pour le concert géant qui a souligné le jubilé de platine de la reine Élisabeth II devant le palais de Buckingham. Photo: AP/Frank Augstein

Jusqu’à présent, les conditions météorologiques ont coopéré. Cependant, on attend de la pluie dimanche, alors que sont prévus des dizaines de milliers de déjeuners en plein air entre voisins.

Une grande parade doit clôturer les célébrations en fin d’après-midi à Londres avec quelque 10 000 participants.

Elle se terminera devant le palais de Buckingham, où Ed Sheeran devrait chanter en l’honneur de la reine et du prince Philippe, son époux décédé l’an dernier, sa célèbre ballade Perfect.

Symbole de stabilité au cours d’un siècle de grands bouleversements, Élisabeth II est montée sur le trône à l’âge de 25 ans le 6 février 1952. Elle a traversé l’histoire avec une constance et un dévouement dont les Britanniques lui sont reconnaissants.

Beaucoup de participants aux fêtes du jubilé avaient conscience que c’était peut-être la dernière fois qu’ils verraient leur souveraine.

C’est notre histoire et nous ne reverrons jamais cela, car évidemment, la prochaine fois, ce sera un roi, c’est notre dernière reine. Et je pense que c’est une merveilleuse reine, a confié à l’AFP Wendy Flynn, une mère au foyer qui participait à une fête de rue à Londres.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Mariah Carey accusée de violation des droits d’auteur

juin 4, 2022

Le plaignant, Andy Stone, affirme avoir co-écrit et enregistré une chanson du même nom en 1989, sans avoir jamais donné la permission de l’utiliser.

Maria Carey est dans la tourmente apres des accusations de plagiat sur un de ses titres phares.
Maria Carey est dans la tourmente après des accusations de plagiat sur un de ses titres phares. © ANGELA WEISS / AFP

C’est le tube incontournable des fêtes de fin d’année: la chanteuse américaine Mariah Carey est accusée de violation des droits d’auteur pour son entêtant « All I Want for Christmas Is You », par un artiste qui lui réclame 20 millions de dollars. Le plaignant, Andy Stone, affirme avoir co-écrit et enregistré une chanson du même nom en 1989, sans avoir jamais donné la permission de l’utiliser, selon le texte d’une plainte déposée vendredi en Louisiane. Il réclame 20 millions de dollars de dommages et intérêts à Mariah Carey, dont le titre est quant à lui sorti en 1994.

Andy Stone accuse la chanteuse et Walter Afanasieff, qui a co-écrit la ritournelle de Noël, d’avoir « engagé consciemment, volontairement et intentionnellement une démarche visant à violer » son droit d’auteur. « All I Want for Christmas Is You » est l’un des titres les plus diffusés de tous les temps: il a dominé les ventes dans plus d’une vingtaine de pays, et il est abondamment diffusé chaque fin d’année.

Le tube s’est vendu à 16 millions d’exemplaires et il aurait à lui seul rapporté quelque 60 millions de dollars à Mariah Carey en trois décennies. La chanson d’Andy Stone, enregistrée avec son groupe « Vince Vance and the Valiants », a elle connu un succès modéré auprès des amateurs de musique country. Si les deux chansons portent le même titre, les musiques et les paroles diffèrent.

Andy Stone n’en reproche pas moins à la chanteuse, une trentaine d’années après, d’avoir cherché à « exploiter la popularité et le style unique » de son titre, créant par là de la « confusion ». Le document déposé auprès de la justice de Louisiane indique que les avocats du plaignant ont contacté Mariah Carey et son co-auteur l’an dernier, mais n’ont « pas réussi à trouver un accord ». Les représentants de la chanteuse n’étaient pas immédiatement disponibles pour un commentaire. Au total, quelque 177 chansons portant le titre « All I Want for Christmas Is You » sont enregistrées sur le site internet du Bureau américain des droits d’auteur (United States Copyright Office).

Par Le Point avec AFP

Le compositeur grec Vangelis est mort

mai 19, 2022
L'artiste pose, pensif, devant une console de son.

Pionnier de la musique électronique, Vangelis s’est surtout fait connaître pour ses bandes-son de films populaires. Photo : Page Facebook de Vangelis

Le compositeur grec Vangelis, qui a notamment signé la musique des films Les chariots de feuBlade Runner et 1492 : Christophe Colomb est décédé à l’âge de 79 ans, selon ce qu’a annoncé jeudi l’agence de presse Athens News Agency.

C’est avec une grande tristesse que nous annonçons que le grand Grec Vangelis Papathanassiou est décédé tard dans la nuit du 17 mai, a annoncé son avocat dans un communiqué.

Les causes de son décès n’ont pas été précisées, mais selon plusieurs médias grecs, le compositeur serait décédé de la COVID-19 en France, où il partageait son temps avec Londres et Athènes.

Pionnier de la musique électronique, cet autodidacte avait trouvé son inspiration dans l’exploration spatiale, la nature, l’architecture futuriste, le Nouveau Testament et le mouvement étudiant de mai 1968.

« Sa maîtrise et son inspiration orageuse dans la création de sons, totalement originales, ont créé un public mondia. Il était oecuménique. »— Une citation de  Lina Mendoni, ministre grecque de la Culture

Sa bande originale pour Les chariots de feu a été oscarisée face à la musique de John Williams réalisée pour le premier film d’Indiana Jones, en 1982. Parmi la douzaine de trames sonores qu’il a composées figurent également celles du film de Costa-Gavras Porté disparu (Missing), de Lunes de fiel, de Roman Polanski, et d’Alexandre, d’Oliver Stone.

Il a également écrit des musiques pour le théâtre et le ballet, ainsi que l’hymne de la coupe du monde FIFA en 2002.

Un prodige qui n’a jamais étudié la musique

Evangelos Odysseas Papathanassiou est né en 1943 dans le village d’Agria près de Volos. Enfant prodige, il a donné son premier concert de piano à l’âge de 6 ans, sans avoir vraiment pris de cours.

Je n’ai jamais étudié la musique, a-t-il confié au magazine grec Periodiko en 1988 déplorant également l’exploitation croissante imposée par les studios et les médias.

Tu peux vendre un million de disques et avoir l’impression que c’est un échec. Ou tu peux ne rien vendre du tout et te sentir très heureux, avait-il dit.

Après avoir étudié la peinture à l’Ecole des Beaux-arts d’Athènes, Vangelis a rejoint le groupe de rock grec The Forminx dans les années 60. Leur succès a été stoppé net par la junte militaire en 1967 qui a mis un frein à la liberté d’expression.

Essayant de rejoindre le Royaume-Uni, il s’est retrouvé bloqué à Paris lors du mouvement étudiant de mai 1968, et avec deux autres exilés grecs, Demis Roussos et Lucas Sideras, il a formé le groupe de rock progressif Aphrodite’s Child. Le groupe a vendu des millions de disques avec des succès tels que Rain and Tears avant de se dissoudre en 1972.

Relocalisé à Londres en 1974, Vangelis a créé les studios Nemo, un laboratoire du son où il a produit la plupart de ses albums.

Une fascination pour l’espace

Vangelis, qui a eu une planète renommée à son nom en 1995, avait une fascination pour l’espace. Chaque planète chante, avait-il déclaré au Los Angeles Times en 2019.

En 1980 il a participé à la musique du documentaire scientifique Cosmos, récompensé par le prix Carla Sagan. Il a aussi écrit la musique pour la NASA de l’Odyssée sur Mars en 2001 et des missions Junon Jupiter en 2011, et a été inspiré dans un album sélectionné aux prix Grammys par la mission de la sonde spatiale Rosetta en 2016.

En 2018, il a composé un morceau pour les funérailles du scientifique Stephen Hawking qui mentionnait les derniers mots du professeur célèbre.

Vangelis a reçu le prix de musique de film Max Steiner, la Légion d’honneur en France, la médaille du service public de la NASA et la plus haute distinction grecque, l’Ordre du Phénix.

Vangelis Papathanassiou n’est plus parmi nous, a écrit le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, sur Twitter jeudi. Ce dernier a aussi souligné que le deuxième prénom de Vangelis était Ulysse. Pour nous, en Grèce, cela signifie qu’il a commencé son grand voyage sur les chariots de feu. De là, il nous enverra toujours ses notes.

Radio-Canada par Le Point avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Céline Dion, la grande inquiétude

avril 29, 2022

La chanteuse star québécoise a annoncé vendredi le report de sa tournée européenne, « Courage World Tour », à 2023 pour des raisons de santé.

La chanteuse, qui avait donne rendez-vous a ses fans europeens en 2022, a annonce qu'elle devra attendre 2023 pour donner des concerts sur le Vieux Continent.
La chanteuse, qui avait donné rendez-vous à ses fans européens en 2022, a annoncé qu’elle devra attendre 2023 pour donner des concerts sur le Vieux Continent.© ALICE CHICHE / AFP

C’est un coup dur pour ses nombreux fans à travers le Vieux Continent. Céline Dion a annoncé vendredi 29 avril qu’elle reportait à 2023 tous les concerts de sa tournée Courage World Tour prévus en Europe cette année, en raison d’un problème de santé. « Je me sens un peu mieux… mais il m’arrive encore d’avoir des spasmes », a expliqué la star québecoise de la chanson dans un communiqué publié en France par la grande salle Paris La Défense Arena.

« Je suis tellement désolée d’avoir à changer les dates de la tournée en Europe une nouvelle fois ; la première fois, ce fut à cause de la pandémie, maintenant, c’est en raison de ma santé », a précisé la chanteuse âgée de 54 ans. « Pour être sur scène, je dois être au top de ma forme. Pour être honnête, j’ai hâte, mais je ne suis pas encore tout à fait prête… Je fais de mon mieux pour revenir à 100 % pour monter sur scène, parce que c’est ce que vous méritez », poursuit-elle.

Céline Dion avait donné les 52 premiers spectacles de la tournée avant le début de la pandémie début 2020. La superstar avait annoncé en janvier dernier qu’elle annulait la partie nord-américaine de cette tournée à cause de ses problèmes de santé.

Par Le Point avec AFP

Décès du chanteur belge Arno à l’âge de 72 ans

avril 23, 2022
Le chanteur sur scène, micro à la main, avec de l'éclairage derrière.

Le chanteur Arno en 2003 au Festival des Vieilles charrues en France. Photo: Getty Images/Fred Tanneau

Le chanteur Arno, figure belge de la scène rock, connu pour sa voix cassée mâtinée d’un accent flamand, sa chevelure en bataille et ses excès, est décédé samedi des suites d’un cancer, a annoncé son agent.

L’artiste de 72 ans, parfois comparé à Alain Bashung ou Tom Waits, de la même génération que lui, avait annoncé en février 2020 souffrir d’un cancer du pancréas.

Arno nous a quittés ce 23 avril. Il va nous manquer à tous et à toutes […] mais il sera toujours là grâce à la musique qui l’a fait tenir jusqu’au bout, a écrit son agent belge Filip De Groote dans un communiqué.

Né le 21 mai 1949 à Ostende, ville côtière flamande à laquelle il est resté très attaché et qu’il évoque dans ses chansons, Arno Hintjens avait débuté sa carrière au sein du groupe rock TC Matic dans les années 80, avec notamment la chanson Putain, putain — un titre repris récemment en duo avec un autre Belge, Stromae.Début du widget YouTube. Passer le widget?

https://www.youtube.com/embed/_RhX7mgp_AUFin du widget YouTube. Retour au début du widget?

C’est en solo qu’il s’était ensuite révélé à un plus large public, grâce à des chansons comme Les yeux de ma mère ou sa reprise des Filles du bord de mer d’un autre Belge, Adamo.

Tournée interrompue

L’annonce de sa maladie était intervenue alors qu’il se trouvait en pleine promotion d’un album (Santeboutique, sorti en septembre 2019). Il avait dû interrompre sa tournée pour subir une opération.

La pandémie de coronavirus et l’impossibilité de tenir des concerts ont ensuite reporté plusieurs fois tout au long de 2020 la perspective de remonter sur scène, même s’il a pu enregistrer un nouvel album (Vivre, avec le pianiste français Sofiane Pamart, sorti fin mai 2021).

À l’époque de la sortie de l’album, il avait été empêché de le promouvoir par une nouvelle hospitalisation pour un traitement par chimiothérapie.Début du widget YouTube. Passer le widget?

https://www.youtube.com/embed/tiF-0scv11QFin du widget YouTube. Retour au début du widget?

Il est finalement remonté sur scène en février 2022, programmant une demie douzaine de dates à Bruxelles et à Ostende, sa ville natale, après un premier rendez-vous en petit comité dans les studios de la radio publique flamande le 12 janvier.

Durant ses derniers spectacles, l’artiste, assis devant un micro, visage amaigri, faisait régulièrement allusion devant son public à son état de santé.

Le 21 février, dans son habituel costume noir de scène, il avait été reçu sous les ors du palais royal de Bruxelles pour un entretien avec le roi Philippe, qui avait salué une icône de la scène musicale belge.

Nous ne verrons plus sa silhouette dans le quartier Sainte-Catherine. Putain putain, il nous manque déjà, s’est désolé sur Twitter Philippe Close, le maire de Bruxelles, une ville dont il était citoyen d’honneur.

Avec Radio-Canada par Agence France-Presse

RDC : Werrason et JB Mpiana enfin réconciliés reforment Wenge Musica

avril 12, 2022

C’est officiel, le groupe sera de retour sur scène le 30 juin, jour de la fête de l’indépendance, au stade des Martyrs de Kinshasa. Pas moins de 80 000 personnes sont attendues pour acclamer les musiciens. Un évènement qui arrive après vingt-cinq ans d’un combat sans merci entre les deux leaders.

Jean-Bedel Mpiana et Werrason. © DR

Depuis le 5 septembre 1997, la rumba congolaise était orpheline d’un de ses plus célèbres représentants. Une situation qui a pris fin le 28 février dernier avec la réconciliation médiatisée de ses deux artistes phares. Leur discorde a trouvé sa source dans la rivalité qui rythmait leurs relations. Et cette concurrence avait fini par contaminer tout le groupe. Guerres d’égo et mésententes entre les quatre administrateurs, à savoir Werrason, JB Mpiana, Didier Masela et Alain Makeba : Wenge Musica n’était plus. À partir de là, chacun pouvait tracer son chemin artistique et fonder un groupe autour de sa personne avec ses propres chanteurs et musiciens. Werrason créa Wenge maison mère et Wenge BCBG naquit de l’esprit de son rival.

« Ils ne se faisaient pas de cadeaux. La rivalité entre eux avait atteint des sommets », nous glisse Amadou Diaby, homme d’affaires congo-guinéen, producteur et aussi celui qui a réussi à les réconcilier. Une confrontation où chacun se rendait coup pour coup. Une concurrence qui frisait le comique lorsqu’en 2001, à la Fikin (Foire internationale de Kinshasa) aucun des deux ne voulait cesser de jouer tant que l’autre n’avait pas renoncé. Poussés par un public en fusion, ils jouèrent alors de 19 heures à 8 heures du matin. Il fallut que la police interrompe ce marathon musical et disperse les spectateurs déchaînés à coups de gaz lacrymogène. Mais ce duel vira au tragique lorsque l’assistance s’affronta lors de batailles rangées, comme ce jour de 2005 – toujours à la Fikin – où la prestation de JB Mpiana fut interrompue par des heurts entre spectateurs. « Les quartiers de Kin’ étaient divisés, il y avait même des couples qui se séparaient ! » s’exclame Fabrice Kabuku, spécialiste de la musique congolaise.

Rivalité prolifique

Pour lui, il ne faut pas s’y méprendre : « Oui, il y a eu des évènements terribles. Mais cette rivalité les a aidés à vendre. » Entre 1998 et 2005, période où la tension atteignait des sommets, l’attachement des fans à leurs champions a été particulièrement prolifique pour les deux hommes. Les affaires marchaient bien au-delà des frontières congolaises. Afrique, Europe et États-Unis, accueillaient ces as de la rumba. Partout dans le monde, aucun des deux ne voulait flancher. « Lorsque l’un faisait le Zenith de Paris, l’autre se sentait obligé de le faire aussi. Quand Werrason remplit Bercy en septembre 2000, JB Mpiana l’imite un an plus tard », nous dit Fabrice Kabuku, avec une pointe de fascination dans la voix, lorsqu’il évoque ce duel au sommet.

Chacun avait son public. D’un côté « Wera », ambassadeur de la paix de l’Unesco, avec son étiquette de chanteur du peuple. Un artiste qui parle aux « shegueys », ces jeunes hommes livrés à eux-mêmes dans les faubourgs de Kinshasa. JB Mpiana lui, est dans son style davantage sophistiqué, plus bling-bling. Un trait que l’on trouve dans le nom du groupe qu’il a crée après la dislocation de 1997 : Wenge BCBG…

« Cet antagonisme stylistique allait même au-delà de la musique, se souvient-il . Quand vous alliez en boîte à Kin’, vous saviez qui était pro-Werra ou pro-JB Mpiana. Les premiers avaient un style urbain tandis que les seconds s’habillaient avec un look plus distingué. »

UNE ENTREVUE SECRÈTE ET TARDIVE DE DEUX HEURES DURANT LAQUELLE LES GRIEFS SONT MIS À PLAT ET LES RANCŒURS OUBLIÉES

Comment revient-on de vingt-cinq ans de ressentiment ? Amadou Diaby a trouvé la recette. « Il fallait convaincre JB Mpiana et Werra. J’avais compris que si je réconciliais les deux, les autres administrateurs et l’ensemble du groupe emboiteraient le pas. » Il y aura eu des allers-retours et des entretiens avec l’un et l’autre durant deux mois, jusqu’à cette nuit de début février, à sa résidence de Gombé. C’est dans ce quartier résidentiel de Kinshasa, que la querelle prend fin. « Les deux sont arrivés quasi en même temps, et ils se sont tout de suite appelés par leurs surnoms. “De la Forêt” pour Werrason, et “Piano” pour son acolyte », raconte-t-il. Une entrevue secrète et tardive de deux heures durant laquelle les griefs sont mis à plat et les rancœurs oubliées.

Enregistrement d’un nouvel album

Dans son costume de producteur, Amadou Diaby s’enthousiasme : « Tout le pays attend ça. » Peut-être. Wenge Musica, crée le 12 juillet 1981, est un des piliers du patrimoine musical congolais. « Fally Ipupa et Dj Arafat se sont inspirés d’eux, insiste Fabrice Kabuku. L’influence de Wenge Musica se retrouve aussi en France. Il suffit d’écouter la rythmique des morceaux du rappeur Naza, qui puise directement dans l’afrobeat crée par Papy Kakol, le batteur de Werrason dans Wenge maison mère », poursuit-il.

Comment le public kinois et africain dans son ensemble accueillera ce come-back ? La photo des quatre administrateurs de Wenge réunis a déjà fait le buzz sur les réseaux sociaux. Werra et JB Mpiana sont désormais de retour pour de nouvelles aventures. Le 26 avril prochain, toute la troupe sera à Kinshasa pour le début des répétitions et ensuite, direction le Cap-Vert pour l’enregistrement d’un nouvel album.

Avec Jeune Afrique par Achraf Tijani

Congo-Musique : le festival « Rumba un jour, rumba toujours » organisé à Pointe-Noire

avril 8, 2022

L’Institut français du Congo (IFC) donne la possibilité aux Ponténégrins de vibrer, depuis le 5 avril, au rythme de l’histoire et des sons de la rumba congolaise à travers son festival « Rumba un jour, rumba toujours » qui réunit des grands noms de cette musique tels Sam Mangwana, Théo Blaise Nkounkou, Cosmos Mutuari, Maïka Munan, Ballou Canta, Kevin Mbouandé, Fredy Massamba, Sean Milano, Lize Babindamana ainsi que Les Bantous de la capitale qui livrent un concert ce 8 avril à Canal Olympia.

Depuis son inscription par l’Unesco au patrimoine immatériel de l’humanité, la rumba congolaise fait de plus en plus parler d’elle. Le festival « Rumba un jour, rumba toujours », qui prendra fin le 16 avril prochain, se veut un vecteur d’un message à la fois culturel et festif en s’appuyant sur la diversité, l’échange et la mixité. Par cet événement, l’IFC entend aussi faire rayonner le centenaire de la ville de Pointe-Noire dont les festivités débuteront le 11 mai prochain. Il propose ainsi une belle occasion d’annoncer ces festivités et aussi de célébrer cette belle musique qu’est la rumba.

C’est par une grande conférence de presse qui a réuni tous les participants à l’IFC que « Rumba un jour, rumba toujours » a été lancé. Plusieurs activités ont été retenues, entre autres, des ateliers (Likembé, piano, voix et guitare à l’espace Yaro, Renatura et autres) avec des références comme Maïka Muna et Ballou Canta ainsi que Pototo et Yohan Babindamana ; des projections de films « Rumba congolaise : histoire et économie », réalisé par Patrick Ndandu Mulassa, et «Rumba» d’Olivier Lichen ; des conférences et tables rondes avec d’éminents intervenants chargés de développer les différentes thématiques. Il s’agit notamment de « Les Bantous de la capitale et moi » par Théophile Obenga (Egyptologue, linguiste et historien) et Ida Ngamporo (maire de Djiri à Brazzaville) ; « Panorama de la vie musicale à Pointe-Noire, des années 1960 à 1980 » par Charles Bouetoumoussa (membre du Comité scientifique de la rumba).

Le programme du 7 avril prévoyait une conférence de presse et un showcase de Kevin Mbouadé au lycée Charlemagne (les mêmes activités auront aussi lieu le 12 avril à l’école Crayola) et une conférence sur « Les attentes consécutives à l’inscription de la rumba congolaise au patrimoine de l’humanité » par le Pr Yoka Liye Mudaba et Joachim Goma Thethet à l’IFC. Autres thèmes qui seront développés au cours du festival, «La rumba comme herméneutique de la littérature orale et de la religion traditionnelle Kongo (comité Bantou & Meno Nkumbi Nzila chez les Bantous de la capitale », le 13 avril à l’IFC par Kovo N’sondé ; « Les figures légendaires de la rumba», le 14 avril au lycée Français-Charlemagne par le journaliste Clément Ossinondé ; « Rumba congolaise patrimoine immatériel de l’humanité: quel impact économique pour les pays concernés ? » par Didier Mumengi avec le réalisateur Patrick Ndandu Mulassa.

Le 16 avril, le public débattra avec Maxime Foutou, Dominique Olessongo, Maika Munan, Clément Ossinondé et José Wasenberg sur les droits d’auteurs, les grands auteurs/compositeurs spoliés des grands morceaux de rumba qui ont marqué l’histoire, la professionnalisation- de la création de l’œuvre à sa diffusion, le statut du musicien.

Les Bantous de la capitale, premiers à monter sur la scène du festival

Très attendus du public depuis le lancement de l’événement, en raison de la carrure des artistes et groupes retenus,  les concerts de musique ont démarré le 7 mars à Canal Olympia (arrondissement 1, Emery-Patrice-Lumumba, à Mpita). Et ce sont les légendaires Bantous de la capitale qui ont eu l’honneur de monter en premier sur la scène de « Rumba un jour, rumba toujours ». Ils seront suivis du géant Sam Mangwana qui se produira le 9 avril. Le 16 avril ce sera le tour de l’exceptionnel Maïka Munan de monter sur scène avec ses célèbres invités, notamment Théo-Blaise Nkounkou, Ballou Canta, Fredy Massamba, Liz Babindamana et Sean Milano. Une belle fusion de l’ancienne et de la jeune génération de la rumba congolaise qui promet d’être très colorée. Le festival « Rumba un jour, rumba toujours »  sera clôturé par le concert du talentueux Kevin Mbouandé, à Canal Olympia.

Lucie Prisca Condhet N’Zinga

RDC : découverte par Niska, Davinhor secoue le game à Kinshasa

avril 6, 2022
Si Davinhor n’a aucun souvenir de son pays natal, qu’elle a dû quitter à l’âge de trois ans, elle rend hommage à la musique qui a bercé son enfance : la rumba congolaise. © Capitol

Repérée par Niska, dont elle partage les racines congolaises, la rappeuse de 25 ans qui vient de sortir son premier album, « Indomptable », chez Capitol, est bien décidée à montrer de quel bois elle se chauffe.

Crop top, veste en similicuir et jogging assorti, la rappeuse de 25 ans, griffes XXL au bout des doigts et abdos de sortie, est prête à débiter ses vers musclés sur une scène aux allures de ring de boxe. « Et je les piétine en talons, dis-moi qui porte le pantalon », confirme-t-elle dans le clip d’Indomptable, extrait de son premier album éponyme.

Davinhor, son vrai prénom – fusion de ceux de ses parents, David et Hortense – a pourtant des allures de jeune fille sage quand on la retrouve dans les locaux parisiens de sa nouvelle maison de disques Capitol, filiale d’Universal.

ÊTRE UNE FEMME DANS LE MILIEU DE L’ART N’EST PAS CHOSE FACILE

Escortée de son spitz allemand, Ginger, l’ancienne athlète tout en jambes s’affiche cette fois-ci en mini robe et blouse d’écolière blanche, un sac de dame griffé au bras. Et vient balayer d’un revers de main (ultra baguée !) l’idée selon laquelle une rappeuse ne peut pas être sexy, féminine et faire du rap hardcore.

Indépendance et confiance en soi

« Être une femme dans le milieu de l’art n’est pas chose facile. Toutes les rappeuses ne signent pas sur une major, on nous met souvent en concurrence », regrette-elle. Ce qui n’a pas empêché cette fan de l’Africaine-Américaine Cardi B de collaborer avec de dignes représentantes de la scène actuelle comme la Franco-Malgache Chilla, la Brésilienne Bianca Costa, la rappeuse d’origine ivoirienne Le Juiice et la Gabonaise Vicky R sur le morceau « Ahoo » (plus de 4 millions de streams), extrait du documentaire Reines diffusé cette année sur Canal +. « Une avancée pour le rap féminin », assure celle qui compte bien continuer à porter la couronne.

Si Davinhor ne se revendique pas franchement féministe, elle prône l’indépendance et appelle à la confiance en soi avec franc-parler, notamment sur Snapchat où elle s’est fait repérer par ses futurs producteurs, les Daltonnes, en 2018. Rap game oblige, l’autonomie passe pour celle qui a quitté le foyer familial à 18 ans pour s’installer à Creil, en région parisienne, par le cash et le bling. Mais pour la Congolaise née à la fin des années 1990 à Kinshasa, soit en pleine guerre du Congo, fille d’un père emprisonné à plusieurs reprises pour ses prises de positions en faveur des droits humains, il faut percer.

NOUS LES CONGOLAIS, ON EST PARTOUT !

« Cette rage qui ressort dans mes textes et mon flow me viennent de mon envie de réussir cette vie coûte que coûte. Je suis une fille de foyer, j’ai grandi entourée de réfugiés politiques venus du Congo, d’Arménie, du Tchad ou du Nigeria toute mon enfance et adolescence, se souvient-elle. Mes parents travaillaient au noir pour s’en sortir, parfois il n’y avait pas de sous. Mais j’ai eu la chance d’avoir des parrains, des Français, qui m’ont aidée. Grâce à eux, j’ai pu faire de l’équitation, de l’athlétisme… », reconnaît celle qui a abandonné les bancs de l’école pour traîner dans les studios de musique.

La musique en héritage

« J’suis quelqu’un, toi t’es qui ? », interroge-t-elle, crâneuse, dans l’un de ses morceaux, devenu viral à la suite de son passage dans l’émission Planet rap du rappeur français d’origine congolaise, Niska, qui a très tôt senti le potentiel de cette kickeuse autoproclamée.

« Nous les Congolais, on est partout !, rigole-t-elle. Notre musique est notre héritage, c’est ce que nos grands-parents nous ont laissé. » Si la rappeuse n’a aucun souvenir de son pays de naissance qu’elle a dû quitter à l’âge de trois ans, elle rend hommage à la musique qui l’a bercée, la rumba congolaise. « Dans « Flocko », mon titre avec Le Juiice, je reprends le même refrain que Pepé Kallé, sur son morceau « O nager ». C’est un clin d’œil important pour moi », assure l’artiste qui peut compter sur une base de fan congolaise solide.

« Je reçois plein de messages des populations sur place, on m’appelle « Mwana Mboka », ça veut dire « l’enfant du pays ». C’est un soutien de dingue », apprécie la rappeuse qui espère un jour pouvoir se produire sur le continent.

Avec Jeune Afrique par Eva Sauphie