Archive for the ‘Musique’ Category

Congo: Sambadio porté à sa dernière demeure à Goma Tsé-Tsé

juin 20, 2020

 

Décédé le 3 juin à l’âge de 59 ans, Dieudonné Samba dit Sambadio a été inhumé le 19 juin à Goma Tsé-Tsé dans le département du Pool. Peu avant qu’il ne soit conduit à sa dernière demeure, le ministre de la Culture et des Arts, Dieudonné Moyongo, lui a rendu un dernier hommage à la morgue municipale de Brazzaville.

 

Photo 1 : le ministre s’inclinant devant le corps sans vie de Sambadio (crédit photo/ ADIAC

La cérémonie a été marquée par des témoignages et des allocutions. Edo Farel, artiste musicien, est parmi ceux qui ont réagi. « Nous sommes très touchés de perdre un grand artiste comme Sambadio qui a fait son temps avec des chansons phares comme “Tadie”, “Analysez”. Ça fait très mal de le voir partir sitôt. Dieu a pris, qu’est-ce que l’on va encore faire ? », a déclaré Edo Farel.

Pareil pour Quentin Moyascko, qui retient de ce grand artiste l’amour qu’il avait pour la musique. « Quand j’étais installé momentanément à Pointe-Noire, régulièrement on était ensemble. C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup par sa sagesse, son amour envers la musique. Il appréciait toujours les nouvelles générations qui arrivaient pour les encourager. J’ai appris derrière la personne de Sambadio, ce qu’on appelle l’amour de la musique. Nous étions tous les jours à l’hôpital, jusqu’à ce qu’il a rendu l’âme devant nous (Gypsie, Zara Umporio, Grand Rebelle et moi). C’est inoubliable. »

Gypsie la tigresse, artiste musicienne qui l’a côtoyé depuis des décennies, a témoigné également : « Je l’appelais le vieux Sambadio. C’est quelqu’un sur qui je me suis basée pour ma musique. J’ai vu l’amour qu’il avait pour son travail. Malgré les difficultés c’est quelqu’un qui croyait positivement et donnait des conseils à tous les jeunes artistes. Je peux dire que c’est un collègue musicien, mais c’est avant tout quelqu’un que j’ai connu particulièrement, avec lequel j’ai vécu. Nous avons passé beaucoup de moments ensemble à Pointe-Noire. »

Photo 2 : Dieudonné Samba dit Sambadio (crédit photo/ DR)

Le président de l’Union des musiciens congolais (UMC), Magloire Bonguili dit Pape God, a pour sa part, remercié les responsables politico-administratifs. 

Le premier fils du défunt, Scapin Samba a réagi également. « Au moment où nous allons inhumer mon père, je ne peux que remercier tous ceux qui l’ont soutenu, en premier lieu, le ministre de la Culture et des Arts, Dieudonné Moyongo, le PCT, et les musiciens congolais. De mon père, je garde l’héritage musical. Mais pour l’instant, je ne peux pas vous dire si je ferai de la musique comme lui ou pas. Je vais encore observer. »

Rappelons que ce chanteur et auteur compositeur a fait bouger les mélomanes congolais dans les années 1990 et 2000 avec ses chansons “Tadie”, “Analysez”, “Souvenirs Josée”, “Beauté à Revendre”, “Garcia”, “Sosso pembé”, et “Mère Irène”. Les férus de la rumba congolaise ayant vécu cette époque n’oublieront jamais Sambadio, qui les a fait rêver dans son style particulier.

 

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana

RDC/Patrimoine : la résidence de Papa Wemba sera transformée en musée et en studio d’enregistrement

juin 18, 2020

 

Après avoir été informé de la mise en vente de la résidence du célèbre musicien Papa Wemba, le gouvernement de la RDC a décidé de la racheter. Cette annonce a été faite le samedi dernier par le ministère de la culture et des arts après le conseil des ministres présidé par vidéo conférence par le président Félix Antoine Tshisekendi.

 

Papa Wemba devant la résidence mise en vente (archives-DR)

Mise en vente par la famille du défunt pour la somme de 750.000 de dollars américains, la mythique villa, située dans le quartier chic de Ma Campagne dans la commune de Ngaliéma, sera transformée en musée et en studio d’enregistrement moderne. L’état congolais veut par ce geste conserver l’immense héritage culturel.

Le chanteur congolais est décédé en avril 2016 à 66 ans. Il a laissé derrière lui une carrière bien remplie qui lui a permis d’influencer bon nombre d’artistes africains. Papa Wemba a  largement contribué à l’internationalisation de la musique congolaise, après avoir signé au début des années 1990 sur le label de Peter Gabriel, Realworld. Grâce à ses tubes Maria Valencia  ou  Yolele, il est devenu l’un des emblèmes de la  world music.

Né le 14 juin 1949 à Lubefu, alors au Congo belge, Papa Wemba a commencé la musique vers l’âge de 20 ans. En 1977, il a fondé le label Viva la Musica, qui a formé de nombreuses stars de la musique congolaise et africaine. Souvent surnommé le « père » ou le « roi » de la rumba congolaise, il n’est pourtant pas le créateur du genre musical né dans les années 1950.

Papa Wemba est également l’un des pionniers du mouvement la Sape, la Société des ambianceurs et des personnes élégantes, mouvement à la fois dandy et exubérant qui s’est répandu dans le monde entier grâce à la diaspora congolaise des deux rives du Congo. Le musicien avait aussi fait quelques apparitions au cinéma. Il a joué dans « La vie est belle » en 1987 de Ngangura Dieudonné Mweze et Benoît Lamy, film dans lequel il interprétait le rôle de Kourou, un jeune paysan qui débarque en ville pour faire de la musique et se retrouve à embrasser toutes sortes de profession.

 

Avec Adiac-congo par Sarha Monguia

Congo/Zina Hope et Edo Nganga : le dernier pas de danse

juin 12, 2020

 

Zina Hope nous parle de sa rencontre avec le « Patriarche », récemment disparu, un grand écart entre générations et une amitié sincère.

 

Zina Hope, Edo Nganga et Parfait Young

Les Dépêches du Bassin Congo : Comment une artiste de 25 ans se retrouve à écouter les « vieilleries » de l’ancien temps ?

Zina Hope : Comme beaucoup de gens de mon âge, ça se passe de façon inconsciente. C’est une enfance bercée, dans la maison familiale, par les chansons des Bantous de la Capitale à la télévision ou à la radio, dans les cassettes audio. On grandit avec ces chansons là. Mon père a été un musicien de cette époque, sous le nom de Johnny Satou. Il avait même un studio d’enregistrement. J’ai donc été baignée dans cet univers avec les sons des grands noms de la musique congolaise.

LDBC : Comment avez-vous appris la disparition  d’Edo Nganga ?

ZH : C’est justement mon père qui l’a appris à la télévision. Il m’a informée de cette terrible nouvelle car il savait tout l’attachement que j’ai pour Edo. J’étais bouleversée et mon réflexe a été de joindre mon manager pour en parler avec lui sur Messenger. Nous y sommes restés tard dans la nuit sous le choc.

LDBC : Quelles ont été les circonstances de votre première rencontre avec Edo ?

ZH : C’était pour le documentaire « Mobembo Na kimia » où j’allais à la rencontre d’artistes à travers le Congo.  Mon manager m’a demandé quel artiste je souhaitais rencontrer. J’avais coché le nom d’Edo. Et c’est Cyriaque Bassoka, un autre pilier de la musique au Congo, lui aussi disparu, qui nous avait communiqué son numéro. A l’Institut français du Congo, à Brazzaville, nous nous sommes vus pour la première fois. Parfait Young était là aussi  pour nous accompagner. Edo et moi, à la guitare pour un duo d’« Aimée wa bolingo ». Nous avions, avant cela, beaucoup parlé de Véronique, sa maman, à qui est dédiée cette chanson. A peine le tournage terminé, avec mon manager, nous n’avions qu’un seul désir : faire un documentaire sur  Edo. Ce documentaire est en cours de montage. Avec le coproducteur, Sébastien Roy, nous envisageons une sortie peut être le 27 octobre qui est la date d’anniversaire d’Edo. On réfléchit à ça.

LDBC : Cela a donc provoqué d’autres rencontres pour le tournage du film ?

ZH : Oui, on s’est revus lors du  premier concert en hommage aux 60 ans de carrière des Bantous de la Capitale, qui se déroulait à Pointe Noire. Je suis allée le chercher à l’aéroport. Nous étions heureux de nous revoir. J’ai été étonnée et attendrie de le voir sortir du hall d’arrivée avec un simple sac plastique pour tout bagage. C’était Edo en toute simplicité. Le lendemain, lui et moi avons longuement discuté au Derrick, près de la Côte sauvage. Edo adorait l’Océan et le poisson pour dîner. Je l’ai donc invité à dîner à Villa Tchimbamba, là où j’enregistrais mes chansons et où il y avait plein d’instruments. Nous étions fatigués, lui de son concert, et moi de ma course folle avec Olivia, une amie, pour acheter du poisson et préparer le repas pour Edo et quelques autres musiciens. La soirée s’est terminée tard. Edo chantait encore, sans vouloir avouer qu’il était fatigué.

LDBC : Quel était votre rapport d’affection ?

ZH : Je le voyais chez lui, au quartier Makazou, c’est sa fille Solange qui me guidait parfois  car il est difficile de s’y retrouver dans ce quartier reculé de Brazzaville. Edo m’accueillait toujours avec un grand sourire. « Alors ma fille, tu m’as ramené du poisson ? » me demandait-il.  Il savait que dans ma petite glacière, il y avait du Mérou ou du Saint-Pierre, mais aussi de la Guiness, sa boisson préférée. Lui me racontait sa vie, sa famille, ses lectures, sa médaille et sa canne, des choses comme cela. Sa mémoire flanchait souvent, alors il disait : « Machin .» Un tic verbal qui pouvait remplacer le nom d’une personne, d’une date, d’un lieu. Ensemble, nous avons fait le marché, visité les voisins, parcouru ses albums photos, il m’a aussi embarquée dans une réunion de quartier car il en était le chef, nous avons même prié ensemble. Sa femme, Angélique, s’est aussi beaucoup confiée à moi.

LDBC : Et la dernière fois où vous vous êtes vus ?        

ZH : C’était chez Faignond, ce lieu mythique où les Bantous de la Capitale ont fait leur premier concert. J’avais proposé cet endroit comme rendez-vous car cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas mis les pieds. J’avais demandé au vieux Ricky Malonga, batteur et percussionniste des Bantous de la Capitale, de venir avec nous. Cela a remué beaucoup de souvenirs. Edo avait très envie de rejouer dans cette salle pour faire un grand bond de soixante années en arrière.

LDBC : Quels souvenirs garderez vous de lui ?

ZH : Edo c’est un monument. Il m’avait d’ailleurs confié qu’il aimerait bien qu’on lui dresse une statue. En tout cas, il reste dans mon cœur à jamais. Je garde de lui l’image d’un homme vrai, d’une grande sincérité, simplicité et sensibilité. Cette rencontre aura été un pur bonheur et je n’ai au fond de moi qu’un seul regret, celui de ne pas avoir fait un featuring avec lui, alors que j’ai toujours refusé  ceux que l’on me proposait. Ma rencontre avec Edo, c’est plein de jolies choses, plein de « machins » que je garde précieusement en mémoire. Pour rendre hommage à Edo, je viens d’enregistrer, avec la complicité de Parfait Young, « Aimée wa bolingo » comme un ultime au revoir.

Avec Adiac-congo par Philippe Edouard

Congo: Décès de NGANGA Édouard dit NGANGA Edo

juin 7, 2020

Disparition de l’une des dernières bibliothèques vivantes de la Rumba congolaise: l’artiste Édouard Nganga alias Edo Nganga

Photo de BrazzaNews.

L’artiste musicien est l’un des grands monuments de la musique congolaise des années 1950. Né à Léopoldville, actuelle Kinshasa, le 27 octobre 1933, il a quasiment suivi le même parcours que Jean Serge Essous et Nino Malapet jusqu’à la création de l’orchestre Les Bantous de la capitale. Il pense déjà à la relève, en encourageant les jeunes musiciens à revêtir l’esprit « Bantous » pour perpétuer l’orchestre

Edouard Nganga, alias Nganga Edo, est auteur-compositeur et artiste musicien. Il est cofondateur des orchestres Ok Jazz de la République démocratique du Congo, Négro Jazz et les Bantous de la capitale du Congo Brazzaville. Ce dernier groupe, jusqu’à preuve de contraire, est l’orchestre emblématique de ce pays.

L’icône de la musique congolaise Nganga Edo, âgé de 86 ans aujourd’hui, a fait ses études à l’époque de l’Afrique équatoriale française. Menuisier de formation, il a occupé aussi des fonctions de comptable à Schell et de stockiste à Sarma Congo, à Léopoldville .

Au-delà de ses occupations professionnelles, il aura un goût profond de la musique. Il sera compté parmi ceux qui ont créé le Négro Jazz en 1954. En 1956, il se retrouvera de l’autre côté du fleuve Congo pour enregistrer, à Léopoldville, le premier album de ce groupe. Arrivé au Congo belge, il sera sollicité par les éditions Loninguisa. Nul n’étant maître de son destin, Nganga Edo rencontrera Franco Luambo Makiadi, Vicky Longomba dit Verckys. Ensemble, ils composeront des chansons qu’ils enregistreront au nom de l’OK Jazz. « Voilà comment cet orchestre est né en 1956 », a expliquié Nganga Edo.

Dans l’OK Jazz, a-t-il poursuivi, il y avait Franco, Vicky Longomba, Nkouka Célestin, De la lune, Bossouma et lui-même. Ils vont créer d’autres éditions internes comme Epanza Makita qui appartiendra à tous les trois ( Franco, Vicky et Nganga Edo en seront les administrateurs)…

 

Photo de BrazzaNews.
Édouard Nganga alias Edo Nganga

 

Avec Brazzanews

Congo: Décès du chanteur, auteur-compositeur Sambadio à Brazzaville

juin 3, 2020

 

Artiste-musicien Sambadio

Admis au service de carcinologie du Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU-B) depuis le 16 mai dernier, l’artiste musicien, Dieudonné Samba dit Sambadio est mort ce mercredi à la suite d’une longue maladie.

Quelques stars de la chanson congolaise, comme Bongo Propheta a tenu à rendre hommage, depuis Pointe-Noire, au chanteur de « Tadie ».

« C’est avec une vive émotion et une immense tristesse que nous apprenons la disparition de Sambadio, véritable légende de la musique congolaise, ce mercredi au CHU de Brazzaville. Sambadio était à nous, Sambadio était à son public, Sambadio était au pays. Parce que Sambadio était beaucoup plus qu’un chanteur, c’était la vie. Pour beaucoup, il est devenu une présence indispensable, un ami, un frère. Certains d’entre nous ont le sentiment d’avoir perdu un membre de sa famille. Je sais que beaucoup d’entre nous depuis quelques heures découvrent une solitude étrange. Nous aussi, nous étions dans sa vie. Nous avons aimé ses chansons, nous avons vécu ses ennuis et, à chaque instant, nous l’avons aidé parce qu’il savait que nous étions là pour lui », nous a confié Bongo Propheta les larmes aux yeux et très inconsolable.

Doté d’une voix incomparable entre toutes, danseur hors du commun, abandonné à lui-même, il avait lancé un SOS et répété en boucle sur les réseaux sociaux pour qu’on lui vole au secours. Le ministre de la Culture, Dieudonné Mouyongo était même à son chevet pour lui remettre une enveloppe.

Auteur-chanteur-compositeur, Sambadio a été révélé au grand public dans les années 1990 avec la chanson “Tadie” composée au sein de l’orchestre Vivacité mélodia, dont il était le leader. Cette chanson a caracolé les hit-parades congolais au point d’être plébiscitée meilleure chanson de l’année au hit-parade de Radio-Congo.

En 2000, il lance la chanson “Analysez” qui fait de lui le meilleur auteur compositeur de l’année.

Après un passage à vide, qui a duré presqu’une décennie, Sambadio est revenu sur scène en 2010 avec le groupe d’interprétation ponténégrin « Les Makandas » dont il est l’un des leaders, avec lequel il a livré un concert mémorable à l’Institut français de Pointe-Noire en 2017.

Le soleil s’est couché sur une vie bien remplie et continuera toujours de briller dans le jardin des souvenirs de ses œuvres antologiques.

Adieu l’artiste !

Avec Lesechos-congobrazza par Jean-Jacques Jarele SIKA

Congo/Musique: Kévin Mbouandé Mbenga désigné ambassadeur de la marque Primus

mai 25, 2020

 

Le patron de l’orchestre  Patrouille des stars, Kevin Mbouandé Mbenga, a été fait ambassadeur de la marque Primus  le 22 mai, au siège des Brasseries du Congo, à  Brazzaville.

 

 

Photos : l’artiste Kévin Mbouandé et Yves Makaya, secrétaire général de Brasco signant le contrat, Kevin Mbouandé remerciant Primus / adiac

C’est un contrat d’exclusivité de l’image de Kévin Mbouandé et de Patrouille à travers la marque  Primus. Cet accord gagnant gagnant va permettre à l’artiste et à son groupe  d’accompagner  Primus dans différentes activités culturelles et sportives. Pour le responsable marketing des Brasseries du Congo, Ghislain Tchicaya, Kévin est   parmi les artistes  congolais les plus célèbres du pays.   Sa musique et notamment ses deux genres  musicaux,  la rumba et le ndombolo enflamment les Congolais, a-t-il déclaré.

Ghislain Tchicaya a aussi  fait savoir que  ce choix montre également que  l’artiste a du  talent. Il est resté fidèle aux Brasseries du Congo et  a remporté plusieurs prix, entre autres,   le prix Tam-tam d’or  en 2010 avec sa chanson « Tonton partout  partout », meilleur album  en 2016 au Sanza de Mfoa, meilleur artiste Sanza de Mfoa en 2017, meilleur artiste studio 210 de télé Congo 2017 – 2018 , meilleur artiste congolais Pool Malebo 2018, meilleure chanson le papa le papa Pool Malebo la même année.

L’image de Kévin Mbouandé sera  utilisée dans les  campagnes de communication de Primus : posters, affiches publicitaires, télévision et radio.

« Pour nous, c’est l’artiste qui doit nous  accompagner.   Kévin Mbouandé est ambassadeur  officiel mais, de manière ponctuelle, nous continuerons à travailler avec  tous les artistes  en fonction  de notre calendrier d’activités. Nous sommes déjà en pourparlers avec d’autres artistes. », a-t-il indiqué, tout en  annonçant une  chanson que l’artiste va réaliser en partenariat avec  les Brasseries du Congo.

Le secrétaire général de Brasco, Yves Makaya, a signifié que la société  continue  à soutenir la culture congolaise  à travers  ses artistes musiciens,  malgré situation économique difficile  que traverse  le pays .  « Nous devrons marcher dans ce partenariat  main dans la main; c’est un mariage que nous avons scellé », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, le patron de Patrouille des stars a  remercié  les Brasseries du Congo  pour cette marque de  confiance. « C’est un partenariat  trop sûr  pour  l’orchestre ; nous  serons fidèles  avec Primus à vie, trois fois filtrée, trois fois goût, trois fois bonne. », a  promis  l’artiste.

Signalons qu’en dehors de Kévin Mbouandé, la Brasco a signé des contrats avec d’autres artistes de la place.   C’est depuis 2002 que les Brasseries du Congo ont choisi  la musique comme vecteur de communication  pour soutenir  les artistes.

 

Avec Adiac-Congo par Bindika Rosalie

Guinée : Mory Kanté, le « griot électrique », est décédé

mai 22, 2020

Le chanteur Mory Kanté à Marrakech, en mai 2011.

Le chanteur Mory Kanté à Marrakech, en mai 2011. © Joel Jean-Pierre/AP/SIPA 

Le chanteur et musicien guinéen Mory Kanté, célèbre pour son tube « Yéké Yéké » dans les années 1980, est décédé vendredi à l’âge de 70 ans à l’hôpital sino-guinéen de Conakry.

Mory Kanté, surnommé le « griot électrique », a contribué à populariser la musique africaine et guinéenne à travers le monde. « Yéké Yéké », l’un des plus grands tubes de l’histoire de la musique africaine, sorti en 1987, s’est vendu à des millions d’exemplaires, et a atteint les sommets des hit-parades dans de nombreux pays. Mory Kanté s’est éteint « vers 9h45 ce matin à l’hôpital sino-guinéen » dans la capitale guinéenne, a annoncé son fils, Balla Kanté.

« Il souffrait de maladies chroniques et voyageait souvent en France pour des soins, mais avec le coronavirus ce n’était plus possible », a-t-il ajouté. On a vu son état se dégrader rapidement, mais j’étais surpris quand même car il avait déjà traversé des moments bien pires ».

Né dans une célèbre famille de griots, ces poètes, conteurs, musiciens dépositaires de la culture orale en Afrique, Mory Kanté fut l’un des premiers musiciens, avec le Malien Salif Keïta, à diffuser la musique mandingue loin de ses frontières. Mory Kanté, qui a passé une grande partie de sa jeunesse au Mali voisin de la Guinée, y intégra, au début des années 1970, le fameux Rail Band de Bamako, dont Salif Keïta était le chanteur.

« Un héritage immense »

Après avoir quitté le Rail Band, il révolutionna la musique ouest-africaine dans les années 1980 en électrifiant son instrument et en ouvrant les musiques traditionnelles mandingues villageoises aux beats électroniques et aux grooves plus urbains. Le concept de « World Music » était alors encore balbutiant.

Avec « Yéké Yéké », ce maître de l’instrument traditionnel à cordes qu’est la kora, doté aussi d’une puissante voix de tête, a accédé à la gloire internationale et amené la musique mandingue sur les pistes de danse. L’album « Akwaba Beach », dans lequel figure cette chanson, fut l’une des plus grosses ventes mondiales des musiques d’Afrique noire.

Dans les années 2000, après un certain désamour d’un public lassé, il s’était un temps orienté vers une musique plus acoustique, au sein d’un orchestre où prédominaient les cordes.

Au début des années 2010, dans « la Guinéenne », son premier disque depuis huit ans, enregistré au pays, il choisissait la formule du grand orchestre, celle de l’âge d’or de la musique ouest-africaine dans les années post-indépendances, avec une suite de mélodies mandingues entonnées sur des grooves occidentaux, aux accents funk, reggae, zouk.

La culture africaine est en deuil

Mory Kanté, qui fut ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation (FAO) et chanta au profit de la lutte contre la fièvre Ebola, qui frappa durement la Guinée entre 2013 et 2016, était une personnalité incontournable dans son pays.

« La culture africaine est en deuil, a tweeté le président Alpha Condé, Merci l’artiste. Un parcours exceptionnel. Exemplaire. Une fierté ».

« Il laisse un héritage immense pour la culture, trop vaste pour qu’on puisse tout citer », a dit son fils. « Il a aussi beaucoup fait pour la culture dans son pays en construisant des studios, des structures culturelles. Mais surtout, il a valorisé la musique guinéenne et africaine en la faisant connaître à travers le monde », a-t-il ajouté.

Par Jeune Afrique avec AFP

Rokia Traoré de retour au Mali malgré une interdiction de quitter la France

mai 18, 2020

La chanteuse Rokia Traoré au festival de Cannes, en 2015.

La chanteuse Rokia Traoré au festival de Cannes, en 2015. © Arthur Mola/AP/SIPA

 

Placée sous contrôle judiciaire fin mars avec interdiction de quitter le territoire français, la chanteuse franco-malienne a rejoint Bamako par avion privé.

La chanteuse franco-malienne a rejoint le Mali en violation d’une interdiction émise par la justice française qui devait la remettre à la Belgique dans le cadre d’une procédure liée à la garde de sa fille, a indiqué dimanche son avocat. « C’est une mère aux abois qui a peur qu’on lui arrache son enfant, c’est pour ça qu’elle est partie au Mali, où elle habite », a expliqué à l’AFP Me Kenneth Feliho.

Dans un texte intitulé « Je ne suis pas une terroriste », l’artiste a expliqué les raisons de son acte sur les réseaux sociaux : « Je suis choquée que puisse être utilisé ainsi contre moi le mandat d’arrêt européen comme méthode de chantage prenant en otage ma carrière internationale dans une affaire qui aurait dû trouver une solution par le système judiciaire malien, car s’agissant de la sécurité et l’épanouissement d’une enfant citoyenne malienne vivant au Mali ». Elle a précisé qu’elle avait pu quitter la France, par avion privé, « en vertu de la protection que [lui] confère [son] passeport diplomatique malien ». « Six heures après, j’étais à Bamako chez moi auprès de mes enfants », a-t-elle ajouté.

En mars, elle avait été incarcérée en raison d’un mandat d’arrêt européen émis par la justice belge. Elle avait été mise en examen pour « enlèvement, séquestration et prise d’otage », à la suite du non-respect d’un jugement rendu fin juin 2019 qui exigeait la remise de sa fille de 5 ans à son père belge, dont elle est séparée. Selon son avocat, une décision de la justice malienne a accordé à la chanteuse la garde de sa fille.

Mandat d’arrêt

L’artiste avait été interpellée à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle le 10 mars dernier, en vue de sa remise aux autorités belges. Elle avait alors entamé une grève de la faim, justifiant ses refus par des accusations d’attouchements visant son ex-compagnon : accusations qu’il nie, et qui ont été classées sans suite en Belgique. Deux autres plaintes ont été déposées en France, et au Mali.

Elle avait été libérée le 25 mars en raison de l’épidémie du coronavirus, avec l’appui des autorités maliennes et l’obligation de pointer chaque semaine dans un commissariat de la région parisienne.

Le mandat d’arrêt émis par la Belgique entraîne l’inscription de Rokia Traoré au fichier des personnes recherchées, mais elle a quitté le pays « de façon régulière » depuis l’aéroport du Bourget, au nord de Paris, a assuré une source policière.

Rokia Traoré, chanteuse et guitariste, est aussi connue pour son engagement en faveur des réfugiés et pour avoir été nommée en 2016 ambassadrice de bonne volonté par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Par Jeune Afrique avec AFP

États-Unis: Little Richard, pionnier américain du rock and roll, est mort

mai 9, 2020

Rock

Le chanteur américain Little Richard, sur la scène parisienne de l’Olympia le 7 juin 2005 (archives).afp.com/STEPHANE DE SAKUTIN

Considéré comme le créateur du rock and roll, Little Richard est mort ce samedi aux Etats-Unis à l’âge de 87 ans.

Connu pour ses hymnes entraînants comme Tutti Frutti ou Long Tall Sally et sa présence endiablée sur scène, Richard Penniman, alias Little Richard, est mort samedi à l’âge de 87 ans a annoncé son fils au magazine Rolling Stone.

Les causes de la mort de cette légende de la musique américaine qui, à l’instar de Chuck Berry ou Fats Domino, a permis dans les années 1950 l’émergence d’un genre nouveau, le rock and roll, ne sont toujours pas connues.

Porté par sa voix profonde, Richard a fasciné toute une génération et inspiré d’innombrables artistes. Avec Chuck Berry et Fats Domino, il a contribué à métamorphoser le blues. Mais bien plus que ces deux contemporains relativement sages, Little Richard a contribué à donner au rock and roll un air de scandale, avec ses chemises criardes comme aucun homme n’en portait alors, sa coiffure banane de 15 cm de haut, et sa moustache aussi fine qu’un trait de crayon.

Une influence considérable

Bien avant les rockeurs des années 1960, ses excès firent rimer rock avec décadence : en tournée, ce voyeur assumé parlait ouvertement de ses orgies nocturnes bisexuelles. Mais il s’avéra aussi être une personnalité torturée aux multiples revirements.

Son influence a néanmoins été considérable. Les premiers grands rockeurs blancs – Buddy Holly, Jerry Lee Lewis, Elvis Presley – ont tous repris ses chansons.

Les Beatles comme les Rolling Stones jouèrent, à leurs débuts, en première partie de ses concerts, et le jeune Jimi Hendrix démarra comme musicien dans son groupe. A neuf ans, David Bowie fut fasciné en voyant un film de Little Richard. « Sans lui, je ne serais probablement jamais devenu musicien », admit-il plus tard.

Remarqué par une chanteuse de Gospel

Little Richard était né le 5 décembre 1932 dans une famille pauvre de Macon, en Géorgie, dans le Sud. Dans son autobiographie de 1984, il racontait que son père, qui tenait un bar et a été tué par balle au début de sa carrière, lui avait dit un jour: « Mon père a eu sept fils, et moi aussi je voulais sept fils. Tu as tout gâché, tu n’es qu’une moitié de fils ».

Son surnom de « Petit Richard » était trompeur: l’homme mesurait 1m80. Enfant rebelle, handicapé par deux jambes de longueur différente, il traînait dans les églises, attiré par leur musique, et se distinguait par ses allures efféminées.

Il se fait remarquer en 1947 par une chanteuse de gospel. Il commence alors à chanter professionnellement, notamment dans des spectacles clandestins de drag-queen. Dans un marché de la musique en plein boom, de premières maisons de disques s’intéressent à lui. « Tutti Frutti, » qui évoque le sexe entre hommes, devient un incontournable de ses spectacles.

Mais il n’avait jamais pensé l’enregistrer, jusqu’à ce qu’un producteur chez Specialty Records, un label de Los Angeles spécialisé dans les artistes noirs, entende le titre. Il proposa de l’enregistrer en studio avec des paroles édulcorées pour permettre au titre de passer à la radio.

« Ne force pas »

Au lieu de « si ça ne rentre pas, ne force pas », les paroles, réinventées par une jeune compositrice, disaient désormais: « J’ai une petite amie Sue, qui sait exactement ce qu’il faut faire ».

Ainsi assagie, « Tutti Frutti » fit un malheur. Lors d’un concert à Baltimore en 1956, les femmes se déshabillèrent et jetèrent leurs sous-vêtements sur scène, tandis que la police empêchait des fans euphoriques d’envahir la scène ou de se jeter des balcons.

« On n’avait jamais vu un artiste venu du R&B si extraverti, si sauvage, si bruyant », raconte Chris Morris, un musicologue qui remastérisa son album « Here’s Little Richard » (1957). Viendront ensuite d’autres succès comme « Good Golly, Miss Molly » (1956). Devenu riche, Little Richard achète une villa à Los Angeles et y emménage avec sa mère.

Mais au sommet de sa gloire, en 1957, il annule brutalement une tournée en Australie pour se proclamer missionnaire de la congrégation évangélique « Church of God ». Après sa conversion, il épouse Ernestine Campbell, une secrétaire de cette église, et ensemble ils adoptent un fils. Mais quatre ans plus tard, le mariage tournait court, après que Richard fut arrêté pour comportement indécent avec des hommes dans des toilettes. Ses positions sur la sexualité resteront cependant toujours ambivalentes.

En 1995, il disait au magazine Penthouse: « j’ai été gay toute ma vie, et je sais que Dieu est un Dieu d’amour, pas de haine ». Mais fin 2017, il déclarait, sur une chaîne de télévision religieuse de l’Illinois, l’homosexualité « contraire à la nature ».

Par Lexpress avec AFP

Algérie : décès du chanteur Idir, légende de la musique kabyle

mai 3, 2020

Le chanteur algérien Idir en concert en Suisse en 2007.

Le chanteur algérien Idir en concert en Suisse en 2007. © SALVATORE DI NOLFI/AP/SIPA 

Le chanteur algérien Idir, l’un des principaux ambassadeurs de la chanson kabyle à travers le monde et l’interprète du célèbre « A Vava Inouva », est mort samedi soir à Paris à l’âge de 70 ans, a annoncé sa famille.

« Nous avons le regret de vous annoncer le décès de notre père (à tous), Idir, le samedi 2 mai à 21h30. Repose en paix papa », indique un message publié sur la page Facebook officielle du chanteur, installé en France. La famille, contactée, n’a pas souhaité s’exprimer.

« J’ai appris avec une immense tristesse la nouvelle du décès » d’Idir, « une icône de l’art algérien », a salué dans un tweet le président algérien Abdelmadjid Tebboune. « Avec sa disparition, l’Algérie perd un de ses monuments ».

De son vrai nom Hamid Cheriet, Idir était né le 25 octobre 1949 à Aït Lahcène, près de Tizi-Ouzou, capitale de la Grande-Kabylie. Alors qu’il se destinait à être géologue, un passage en 1973 sur Radio Alger change le cours de sa vie : il remplace au pied levé la chanteuse Nouara, et sa chanson en langue berbère « A Vava Inouva », qui évoque les veillées dans les villages kabyles, fait le tour du monde à son insu pendant qu’il fait son service militaire.

Mélange des cultures

« Je suis arrivé au moment où il fallait, avec les chansons qu’il fallait », racontait en 2013 Idir, imprégné dès son enfance par les chants qui rythmaient tous les moments de la vie quotidienne. Il rejoint Paris en 1975 pour produire son premier album, également intitulé « A Vava Inouva ».

Il disparaît de la scène pendant dix ans, de 1981 à 1991, mais sa carrière est ensuite relancée. À l’automne 1999, profitant de l’élan donné par ses compatriotes Cheb Mami et Khaled, il signe son retour discographique avec l’album « Identités », où il propose un mélange de « Chââbi », la musique algéroise, et de rythmes empruntés aux genres occidentaux.

À l’image de son désir du mélange des cultures, il y chante avec des musiciens de différents horizons culturels, musicaux ou géographiques, comme Manu Chao, Dan Ar Braz, Zebda, Maxime Le Forestier ou Gnawa Diffusion, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l’Orchestre national de Barbès.

Reconnaissance de l’identité culturelle de la Kabylie

En 2007, il avait publié l’album « La France des couleurs », en pleine campagne pour l’élection présidentielle française marquée par des débats sur l’immigration et l’identité.

En janvier 2018, le chanteur – qui militait pour la reconnaissance de l’identité culturelle de la Kabylie – était revenu chanter à Alger pour le nouvel an berbère « Yennayer » après une absence de 38 ans.

Dans une interview au Journal du dimanche, en avril 2019, il évoquait les manifestations populaires en Algérie et le départ d’Abdelaziz Bouteflika.

« J’ai tout aimé de ces manifestations : l’intelligence de cette jeunesse, son humour, sa détermination à rester pacifique (…) J’avoue avoir vécu ces instants de grâce depuis le 22 février comme des bouffées d’oxygène. Atteint d’une fibrose pulmonaire, je sais de quoi je parle », disait-il.

« De toute façon, nous sommes condamnés à réussir. Continuons donc à réfléchir en termes de Nation algérienne vers le progrès. Si nous restons unis, rien ni personne ne pourra nous défaire ».

Idir, qui avait été hospitalisé vendredi à Paris, a succombé à une maladie pulmonaire et devrait être enterré en région parisienne, selon son entourage proche.

Par Jeune Afrique avec AFP