Archive for the ‘Opinion’ Category

France: Le philosophe Jacques Bouveresse est mort

mai 11, 2021

Figure majeure de la philosophie française, Jacques Bouveresse est décédé dimanche 9 mai, à Paris, rapporte « Libération ». Il avait 80 ans.

Jacques Bouveresse en 2002.
Jacques Bouveresse en 2002.© SELDERS/SIPA / SIPA / SELDERS/SIPA

L’ancien professeur au Collège de France et spécialiste de Ludwig Wittgenstein Jacques Bouveresse est décédé dimanche 9 mai à l’âge de 80 ans, à Paris, rapporte Libération.

Influencé par le cercle de Vienne, Jacques Bouveresse défendait une position rationaliste. Il défendait l’usage du langage ordinaire et de l’humilité, même lorsqu’il s’agissait de parler de choses compliquées.

Le philosophe français a également introduit en France l’œuvre de Ludwig Wittgenstein, pour qui « la philosophie n’est pas une théorie mais une activité » visant à éclaircir les problèmes, et a également écrit sur les écrivains autrichiens Karl Kraus et Robert Musil.

Grand Prix de philosophie de l’Académie française

En 1995, Jacques Bouveresse a été élu au Collège de France et a intitulé sa chaire Philosophie du langage et de la connaissance. Depuis 2010, il était professeur honoraire de cette institution.

Le philosophe laisse derrière lui une œuvre majeure, qui a en effet exercé une influence considérable sur plusieurs générations de philosophes et qui devrait continuer dans les années à venir. Il a également reçu en 2019 le Grand Prix de philosophie de l’Académie française pour l’ensemble de ses ouvrages.

Jacques Bouveresse avait par ailleurs refusé la Légion d’honneur. En 2010, lorsqu’il est fait chevalier de Légion d’honneur, sans être consulté au préalable, le philosophe avait immédiatement réclamé l’annulation de cette distinction.

Avec Le Point

France/Esclavage: personne ne demande de « repentance », s’agace Taubira

mai 10, 2021
Esclavage: personne ne demande de "repentance", s'agace Taubira
Esclavage: personne ne demande de « repentance », s’agace Taubira© AFP/Archives/Jewel Samad

L’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira s’est agacée lundi « du monologue furieux » de ceux qui s’inquiètent d’une « culture de la repentance », à l’occasion de la journée des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition.

« J’avais entendu ça à l’époque des débats » autour de la loi de 2001 qui a reconnu l’esclavage et la traite comme des crimes contre l’humanité, a déclaré sur France Culture l’ancienne députée de Guyane.

« Vous avez des gens qui sont perchés sur leurs balcons et qui disent +on en a assez de la repentance+. Personne ne leur en demande et c’est en ce sens que j’appelle ça un monologue furieux », a-t-elle ajouté.

« Ce n’est pas le sujet, à la limite ce serait trop facile la repentance, on n’en veut même pas. Moi je n’entre pas en discussion avec des gens qui se disputent avec eux-mêmes », a poursuivi Mme Taubira. « C’est une affaire extrêmement sérieuse. La repentance qu’ils croient qu’on leur demande, pour nous qui prenons ça très au sérieux c’est juste du pipi de chat et ça ne sent pas bon ».

Revenir sur son passé, « si on le fait dans l’esprit de la loi Taubira » permet de « renforcer la cohésion nationale », a souligné pour sa part le président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage Jean-Marc Ayrault sur RFI.

La loi de 2001 « nous montre le chemin, le chemin c’est d’abord la reconnaissance. Nier ce n’est pas un acte de liberté et de responsabilité », a poursuivi l’ancien Premier ministre socialiste, insistant également sur l’importance de la transmission à l’école.

Concernant Haïti et les sommes exigées par Paris en échange de l’indépendance de son ancienne colonie en 1804, « il y a quelque chose à construire de plus juste », a estimé M. Ayrault à l’heure où la question de la réparation de l’esclavage reste épidermique.

« Ce n’est pas forcément quantifiable mais ça doit être traduit dans des politiques publiques dans des choix que l’on fait, qui ne doivent pas être faits dans un esprit paternaliste mais dans un esprit de coopération et d’égalité », a-t-il ajouté.

Par Le Point avec AFP

Pourquoi la librairie est essentielle

mai 10, 2021

INTERVIEW. Christian Thorel (Ombres blanches) et Benoît Bougerol (Privat), deux acteurs historiques de la profession, défendent une aide à la transmission.


Vitrine culturelle. La librairie Ombres blanches, une institution toulousaine.
Vitrine culturelle. La librairie Ombres blanches, une institution toulousaine.

Le Point a réuni deux anciens présidents du Syndicat de la librairie française (SLF) pour évoquer l’avenir post-Covid du secteur. Christian Thorel a transmis Ombres blanches en 2018 à des salariées et Benoît Bougerol a installé sa fille, Anne, à la tête de la librairie Privat, rachetée en 2013.

Le Point :Les librairies sont désormais considérées comme des commerces essentiels, mais ce ne fut pas le cas au début de l’épidémie. Avez-vous craint de ne pas remonter le rideau ?

Benoît Bougerol : Oui, j’ai eu peur, comme tout chef d’entreprise, je crois. Le premier confinement a été un grand moment de doute. Heureusement, nous avons pu rapidement créer un groupe de travail à l’initiative de Bruno Le Maire avec plusieurs libraires pour tenter de chiffrer nos pertes. Nous avons bénéficié des aides du gouvernement rapidement.

Benoît Bougerol (librairie Privat).

Christian Thorel : Désormais retraité, j’ai vécu ce confinement dans une certaine sidération. J’avais régulièrement au téléphone Emmanuelle Sicard [gérante d’Ombres blanches depuis 2018, NDLR], qui m’a rapidement rassuré sur la solidité de la librairie. Elle a su gérer rationnellement la crise. Je m’interroge toutefois sur sa durée. J’ai paradoxalement mieux vécu le premier confinement que cette sorte d’hypothèque qui plane sur nous constamment. Je trouve que ça commence à devenir inquiétant.

Christian Thorel (librairie Ombres blanches).

B. B. : Nos librairies ne sont pas seules en jeu. J’ai bien entendu, en tant qu’élu à la chambre de commerce, que d’autres chefs d’entreprise étaient désemparés. Lors du déconfinement, il a aussi fallu faire face à des salariés qui avaient peur de tomber malades en venant travailler. Rassurer les clients, également.

Finalement, le plus rassurant, ce sont les ventes : l’objet livre demeure essentiel à l’époque des tablettes numériques et des objets connectés ?

B. B. : On a effectivement battu des records de ventes lors de la réouverture. Et ça continue… À Rodez, on a vu davantage d’hommes, traditionnellement moins lecteurs que les femmes. On a aussi vu revenir avec plaisir les jeunes dès que les établissements scolaires ont été rouverts. Pour une ville comme la nôtre, c’est important d’avoir 5 000 élèves dans notre périmètre. Ils viennent beaucoup pour les mangas, mais on en voit aussi tourner autour du rayon des livres de poche : Hugo, Camus, des classiques…

C. T. : C’est quand même de plus en plus compliqué de vendre des livres réputés « difficiles ». Je constate que, même dans une ville universitaire comme Toulouse, la diffusion des savoirs est à la peine. Comme si l’université, qui a vocation à ouvrir les horizons, avait tendance à les refermer. Il en va de même de la culture. J’en parlais avec un ancien d’Ombres qui a ouvert une librairie à Auch, à propos d’un superbe bouquin de 700 pages publié par Verdier : il ne pense pas en vendre plus de deux ou trois exemplaires !

B. B. : C’est clair, le niveau d’exigence a beaucoup baissé. Mais je ne vais reprocher aux jeunes de lire des mangas alors que mon père, qui était aussi libraire, m’interdisait de lire des BD quand j’étais jeune. Aujourd’hui, le rayon BD, c’est ce qu’on appelle un « point d’entrée » dans le métier. Mais un point d’entrée, c’est fait pour être dépassé.

Pendant le confinement, on a vu se développer le « click and collect » et les livreurs à deux-roues ont envahi les villes. Peut-on imaginer se faire livrer un livre demain comme une pizza ?

C. T. : À Toulouse, on fait appel à une start-up qui facture le service environ 5 euros. Pour un livre qui coûte en moyenne entre 10 et 20 euros, ça fait cher. Mais pas question de passer par des sociétés type Uber, qui exploitent des jeunes gens même pas salariés. Ce ne serait pas politiquement correct. À mon sens, une librairie n’a pas à offrir ce genre de service. Si on intègre la livraison dans le prix, le risque est d’en arriver à un système de remise déguisée qui irait contre le principe du prix unique du livre pour lequel nous nous sommes impliqués à quelques-uns, dont le père de Benoît, il y a quarante ans. Nous étions minoritaires, mais nous avons gagné parce qu’on a milité, avec Jérôme Lindon. Ce dernier a su convaincre Jack Lang contre le conservatisme de la profession, qui ne voyait pas le péril que représentait alors la Fnac, remplacé aujourd’hui par le danger Amazon.

B. B. : À Rodez, on fait appel à un livreur à vélo qui travaille aussi pour d’autres commerces, mais uniquement dans le centre-ville. Il facture la course 3,90 euros, mais c’est un service marginal. En réalité, on faisait déjà du « click and collect » bien avant le confinement avec notre site en ligne, qui permet de réserver un livre ou de se le faire expédier par Colissimo. Avec la poste, on peut avoir des clients à Dunkerque comme à Toulouse… C’est quand même bizarre, alors que, dans le même temps, les consommateurs se veulent désormais « locavores ». Peut-être que le Covid aura fait prendre conscience qu’on a besoin de commerces de proximité, pas de plateformes logistiques situées dans des entrepôts périphériques.

Le prix unique du livre est une chose, mais le prix des loyers et des baux commerciaux grimpe dans les villes, entraînant la fin d’institutions comme Castéla, place du Capitole. Christian Thorel dénonce dans son « Tract » la gentrification*, qui a causé tant de fermetures dans le quartier historique des éditeurs et des libraires parisiens. Une fatalité ?

C. T. : Quand j’ai commencé dans le métier dans les années 1980, il y avait une quarantaine de libraires à Toulouse, dont une dizaine rien que dans la rue du Taur, mais pas de « grands paquebots ». Beaucoup de petites librairies ont fermé, d’autres ont ouvert. La loi sur le prix unique a favorisé l’implantation de librairies un peu partout. Il y en a peut-être moins, mais elles sont plus sérieuses, avec un fonds de qualité. On le voit à Figeac, à Agen, parfois même dans des villages. C’est formidable ! On a la chance dans le Sud-Ouest d’avoir trois grandes libraires indépendantes à Toulouse, Montpellier et Bordeaux.

B. B. : C’est vrai que nous disposons d’un maillage de librairies de qualité dans la région, mais il y a tout de même des trous dans la raquette. Regardez Narbonne ou Tarbes, deux villes où les anciennes librairies Privat ont disparu. C’est quand même triste de constater que, dans une préfecture comme Albi, ce sont les centres Leclerc qui sont devenus les principaux point de vente de livres.

C. T. : Benoît a raison, c’est préoccupant. Les librairies sont aussi dépendantes de la fréquentation commerciale des centres-villes. Quand elle chute sous l’effet des implantations de grandes surfaces en périphérie, comme à Villefranche-de-Rouergue, c’est plus compliqué de se maintenir.

B. B. : Il faudrait peut-être inventer un système de soutien pour aider à la transmission des librairies. La profession dispose paradoxalement de beaucoup d’aides à la création de nouvelles librairies, mais pas pour leur reprise par de nouvelles générations. C’est lourd financièrement de racheter une librairie, surtout avec un fonds important. On l’a vu récemment quand un « gros paquebot », comme Sauramps, à Montpellier, a commencé à tanguer.

Par Le Point propos recueillis par Stéphane Thépot

L’Église d’Angleterre s’attaque à ses monuments célébrant l’esclavage

mai 10, 2021

L’institution anglicane s’apprête à publier des directives demandant à chaque paroisse et cathédrale d’examiner ses monuments potentiellement problématiques.

Dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, contestations, questionnement et introspection ont essaimé aux États-Unis, en Europe et particulièrement au Royaume-Uni, où une importante vague de remise en question s’articule depuis autour du passé colonial du pays et de sa représentation. Mi-septembre, le National Trust, association chargée de la conservation de grands sites britanniques, avait indiqué qu’un tiers des monuments historiques dont elle avait la charge présentaient des liens avec le colonialisme ou l’esclavage.

Mais en juin dernier, deux vieilles institutions britanniques, l’Église anglicane et la Banque d’Angleterre, ont marqué les esprits en exprimant un repentir quant au rôle historique de certains de leurs membres dans l’esclavage. Ce repentir est une réponse aux travaux de l’University College London (UCL) montrant que des responsables de ces institutions avaient tiré profit de la traite d’êtres humains. « Si nous reconnaissons le rôle moteur qu’ont joué le clergé et les membres actifs de l’Église anglicane pour obtenir l’abolition de l’esclavage, c’est une source de honte que d’autres au sein de l’Église aient activement participé à l’esclavage et en aient tiré un bénéfice », écrivait un porte-parole de l’Église.

Un examen à l’échelle nationale

Moins d’un an plus tard, l’Église d’Angleterre, institution officielle anglicane, va plus loin. Selon le Guardian, elle s’attaque désormais à un « patrimoine contesté », encourageant, via des directives à paraître cette semaine, chacune des 12 500 paroisses et 42 cathédrales du pays à examiner les monuments dédiés à l’esclavage et à prendre des mesures (modification ou retrait pur et simple) en concertation avec les communautés locales.

L’objectif de l’Église d’Angleterre est avant tout de faire face au problème sans imposer de décision ou de mesure systématique. Il conviendra à chaque paroisse de considérer les éléments patrimoniaux concernés et d’agir. Selon le Guardian, cela va du retrait d’une statue, d’une plaque, d’un monument, à un déplacement, une simple modification ou à l’ajout d’informations contextuelles, voire à rien de tout cela.

Ces nouvelles considérations de certains éléments du patrimoine ont parfois donné lieu à des tensions dans la société britannique, le Premier ministre Boris Johnson dénonçant des « extrémistes » et appelant à ne pas « censurer le passé » après des manifestations entraînant le déboulonnage de statues ou le tag d’un monument à Winston Churchill avec l’inscription « raciste ». L’actuel maire de Londres a de son côté récemment mis en place une commission visant à améliorer la diversité dans l’espace public, mesure qui prendra de l’ampleur au cœur du programme qui a, cette semaine, mené à sa réélection.

Par Le Point avec AFP

Congo-Diables rouges : Alain Giresse ou Paul Put pour la succession de Ngatsono

mai 10, 2021

Le nom du futur sélectionneur des Diables rouges sera dévoilé dans les prochains jours. Le ministère des Sports et de l’Education physique et la Fédération congolaise de football ont un choix à faire entre le  Français Alain Giresse et le Belge Paul Put.

Paul Put (à gauche) et Alain Giresse (à droite)/Fecofoot

Ces deux entraîneurs ont été retenus pour leurs compétences ainsi que leur connaissance du football africain et leur qualification. Ils sont arrivés à Brazzaville, le 7 mai  avant de passer leur audition le 8 mai devant  la commission mixte ministère des Sports-Fécofoot.

Alain Giresse (68 ans) et Paul Put (64 ans) qui connaissent parfaitement le football africain, sont obsédés par un nouveau challenge au Congo. Le Français  a, en effet,  entraîné les Panthères du Gabon entre 2006 et 2010  avant de s’engager avec les Aigles du Mali avec lesquels, il a remporté la médaille de bronze lors de la Coupe d’Afrique des nations  2012.

Après le Mali, Alain Giresse a tenté une expérience avec les Lions de la Teranga du Sénégal entre 2013 et 2015 avant de revenir chez les Aigles du Mali entre 2015 et 2017. Il a ensuite entraîné les Aigles de Carthage de la Tunisie de 2018-2019 et les a emmenés jusqu’en demi-finale de la dernière CAN 2019 en Egypte, perdue face au Sénégal.

Le Belge Paul Put a, pour sa part, entraîné la Gambie (2008-2011) avant de s’engager en 2012-2015 en faveur des Etalons du Burkina Faso. Il a réussi l’exploit de qualifier cette équipe à sa première finale historique de la Coupe d’Afrique des nations 2013 en Afrique du Sud. Malheureusement, les  Burkinabés s’étaient inclinés 0-1 face aux Super Eagles du Nigeria.  Après son passage au Kenya (2017-2018), il a réussi à qualifier la  Guinée en 8e de finale de la dernière CAN 2019 en Egypte.

La balle est désormais dans le camp de la commission qui devrait se prononcer sur le nom du nouveau patron du staff technique des Diables rouges lors de sa prochaine séance. Les Diables rouges sont privés de sélectionneur depuis la fin du contrat du Brésilien Valdo Candido. Barthélémy Ngatsono qui assurait l’intérim n’a pas réussi à qualifier le Congo à la phase finale de la CAN 2021 au Cameroun. Le nouveau sélectionneur qui doit lui succéder aura pour mission de qualifier le Congo à la phase finale de la Coupe du monde 2022 et à la CAN 2023.

Avec Adiac-Congo par James Golden Eloué

Le Président de l’UA uaFélix Tshisekedi en visite de travail dans trois pays

mai 10, 2021

Avec Voc info TV

Congo-Diaspora/Marche du 8 mai 2021: Justice -Vérité sur la mort de Pako

mai 9, 2021

Avec Polémique Congo Brazza Europe

Bob Marley inspire-t-il toujours les artistes africains ?

mai 9, 2021
Les Guinéens célèbrent le 20e anniversaire de la mort de Bob Marley, le 11 mai 2001.

Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly, principaux disciples de l’icône rasta, sont les baobabs reggae qui cachent une forêt musicale qui a énormément évolué.

Bob Marley inspire-t-il encore les artistes africains ? Si on regarde les hits qui passent en boucle sur Trace Africa, la question peut paraître incongrue. Le reggae n’y est quasiment plus présent, balayé par des genres urbains plus récents : hip-hop, afrobeats, coupé-décalé, RnB…

De la Côte d’Ivoire…

On peut bien citer les maîtres ivoiriens du domaine, mais on parlait déjà d’eux pour les 30 ans de la mort de l’icône rasta. Bien sûr, Alpha Blondy confie lui-même en entretien (en parlant de lui à la troisième personne) : « Alpha Blondy a pu faire son travail de chanteur parce que Bob Marley a existé. Bob Marley est un soleil, Alpha Blondy n’est qu’une petite étoile dans le ciel du reggae. »

La star ivoirienne a repris certains titres à sa manière (comme « J’ai tué le commissaire », adaptation un peu paresseuse de « I shot the sheriff »). Il a été jusqu’à enregistrer avec les Wailers au studio originel Tuff Gong de Kinston, notamment le titre « Yitshak Rabin »… Un symbole pour celui qui a toujours clamé son amour pour le maître et son message d’espoir anti-raciste. Via sa radio Alpha Blondy FM, créée en 2015, le chanteur et ambassadeur de l’ONU continue de mettre en avant les ténors et les jeunes pousses du reggae.

LES MUSULMANS PENSENT À MAHOMET TOUS LES JOURS, NOUS ON PENSE À BOB MARLEY

L’autre grand pilier du reggae ivoirien, et ancien rival d’Alpha Blondy, est évidemment Tiken Jah Fakoly, longtemps auréolé par son exil. « Les musulmans pensent à Mahomet tous les jours, nous on pense à Bob Marley », expliquait-il dans un entretien au HuffPost. Il raconte que c’est un anglophone, venu du Ghana, qui lui a expliqué le message du Jamaïcain, dans lequel il s’est totalement retrouvé, se lançant dès lors dans une carrière de chanteur.

Il a repris plusieurs titres de son idole (« War », « Get up, stand up »…), sa manière d’être sur scène (les petits sauts à pieds joints qui contrastent avec sa carrure de géant), et sa mission : éveiller les consciences. Lui aussi a créé une radio, Radio libre Fakoly, aux couleurs sonores jamaïcaines.

D’autres Ivoiriens reprennent l’héritage du grand Bob : Ismaël Isaac, Beta Simon, Serge Kassi, Kajeem… tous nés dans les années 1960.

…au Sénégal et à la Guinée

Hors de la Côte d’Ivoire, le reggae compte encore quelques résistants. Par exemple Meta Dia, au Sénégal, qui après un bref début rap a été conquis par le reggae lors d’un passage à New York. Il est toujours en tournée avec son groupe The Cornerstones et qui a pu collaborer avec Damian Marley, l’un des fils les plus talentueux de Bob Marley.

Puppa Lëk Sèn, également originaire de Dakar, est passé lui aussi du rap (hardcore) à des influences plus reggae, revendiquant une inspiration de Marcus Garvey (militant considéré comme un prophète par les rastas) et Bob Marely, bien sûr. Son style, le « kanasou » est un mélange de reggae, de reggae dancehall et d’afro-beat.

Il faut aussi compter sur Mohamed Mouctar Soumah, alias Takana Zion. Le Guinéen a encore lâché un album en 2019, Human Supremacy. Sur le disque précédent, Good life, il invitait en featuring Bunny Wailer, membre fondateur des Wailers, mort le 2 mars dernier.

Reggae vieillissant

Cet alignement de noms démontre que le reggae est toujours vivant en Afrique… mais aussi vieillissant. En dix ans d’entretiens de musiciens issus du continent, on n’en a jamais rencontré un de moins de 30 ans citant spontanément Bob Marley ; à l’inverse d’un Fela, copié constamment par les chanteurs nigerians, et notamment Burna Boy. L’image cool et non-violente de l’icône rasta, moins adaptée à la période, y est sans doute pour beaucoup. C’est également une question de mode : le reggae roots a été supplanté jusqu’en Jamaïque par des genres plus musclés, du ragga au hip-hop.

Pour autant la culture reggae continue d’imprégner les sociétés africaines. D’abord parce que les albums de Marley étaient généralement écoutés par les parents des jeunes artistes d’aujourd’hui, même les plus inattendus : le rappeur hardcore d’origine congolaise Kalash Criminel a ainsi été bercé par les hits du chanteurs.

Ensuite parce que le mouvement rastafari propose une grille de lecture du monde suffisamment large pour rester valable aujourd’hui. Babylone pouvant être assimilé tour-à-tour à l’État africain corrompu, au capitalisme, ou à l’Occident prédateur. Il n’est à ce titre pas étonnant que le mouvement burkinabè du Balai citoyen ait été fondé par un rappeur (Smockey) et un chanteur reggae, Sams’K Le Jah.

Avec Jeune Afrique par Léo Pajon

Canada/Étudiants étrangers : aucune demande officielle pour interdire leur arrivée en Ontario

mai 9, 2021
Une main agite un petit drapeau du Canada alors qu'un homme portant un masque marche dans l'aéroport.

Les étudiants étrangers représentent une part importante des financements des universités canadiennes. (Archives)

PHOTO : REUTERS / CARLOS OSORIO

Pour le moment, le gouvernement ontarien n’a formulé « aucune demande officielle pour interdire les étudiants internationaux » à Ottawa.

Le bureau du premier ministre de Doug Ford a offert cette précision après l’annonce du premier ministre Justin Trudeau, vendredi. Lors de la rencontre entre les premiers ministres des provinces et territoires et le premier ministre du Canada, la question d’interdire l’arrivée de ces étudiants en Ontario en raison de la propagation des variants avait été soulevée par M. Ford.

Le premier ministre Ford a demandé à ce que nous suspendions l’arrivée des étudiants internationaux. Parce qu’à l’heure actuelle, l’Ontario est la seule province à en faire la demande, nous sommes heureux de travailler plus étroitement avec eux. Nous contacterons les fonctionnaires [vendredi] pour officialiser cette demande, avait dit Justin Trudeau en point de presse.

Plus tard, le bureau de M. Ford a toutefois précisé qu’aucune demande officielle n’avait été envoyée à Ottawa : Nous attendons avec impatience que le gouvernement fédéral fournisse des solutions pour réduire l’introduction des variants au Canada.

Il est ajouté dans la déclaration que les restrictions de voyages actuelles, notamment le système de quarantaine, ne fonctionnent pas.

Le cabinet du ministre des Affaires intergouvernementales du Canada, Dominic LeBlanc, répond lundi par courriel que les provinces ont le pouvoir de déterminer qui peut entrer sur leur territoire, comme nous l’avons vu au Canada atlantique. Nous avons des contrôles parmi les plus rigoureux au monde à notre frontière internationale. Notre gouvernement reste là pour aider de toutes les façons possibles et nous continuerons à travailler en collaboration avec les provinces et les territoires pour lutter contre la COVID-19.

À l’heure actuelle, les étudiants internationaux sont exemptés des règles de voyage du Canada relatives au COVID-19. Ils peuvent entrer au Canada s’ils ont un permis d’études valide ou une lettre d’introduction qui montre qu’ils ont été approuvés pour un permis d’études et qu’ils fréquentent un établissement d’enseignement désigné avec un plan de préparation à la COVID-19 approuvé par sa province ou son territoire.

C’est le ministère de l’Immigration qui accepte les candidatures des étudiants après leur admission à l’université. Lors du passage à la frontière, ce sont les agents frontaliers qui valident leur entrée sur le territoire canadien.

Les universités se disent préparées

Le système actuellement en place repose sur une collaboration entre le gouvernement fédéral et ceux des provinces et territoires. C’est à ces derniers de fournir aux services frontaliers une liste d’institutions postsecondaires qui ont établi des mesures sanitaires adéquates.

Pour interdire l’arrivée de ces étudiants, il faudrait donc que certains établissements d’enseignement supérieur spécifient qu’ils n’acceptent plus de tels étudiants.

Le président et président-directeur général du Conseil des universités de l’Ontario, Steve Orsini, a fait savoir dans un communiqué que les universités de la province ont mis en place des politiques et des procédures solides pour garantir que les étudiants de l’extérieur du Canada peuvent arriver en toute sécurité et répondent aux exigences fédérales d’auto-isolement.

Selon M. Orsini, les universités ont investi massivement dans la prévention et le contrôle des infections et des procédures permettent de soutenir les étudiants lors de leur arrivée au pays, y compris des procédures de surveillance.

Il est également demandé aux gouvernements fédéral et provincial de tenir compte des conséquences que cela aurait sur les étudiants et les universités, si une telle mesure était mise en place.

Un apport financier important

Environ 50 % des étudiants internationaux du pays viennent étudier en Ontario, selon les dernières données de Statistique Canada (2018).

Ces étudiants ont contribué de 22,3 milliards de dollars à l’économie canadienne en 2018, soit 19,7 milliards de dollars au PIB du pays. La plus importante contribution à ce PIB, soit 55,3 %, est venue de l’Ontario, suivie de la Colombie-Britannique (19,8 %) et du Québec (11,9 %).

Depuis 2010, le pourcentage d’étudiants étrangers dans les universités a presque doublé. Du côté des collèges, ce pourcentage a presque triplé. Les institutions comptent aussi de plus en plus sur les revenus tirés de leurs droits de scolarité.

Des inquiétudes parmi les étudiants

Sur Twitter, les messages d’inquiétude se sont multipliés depuis la prise de parole du premier ministre Trudeau.

Cher M. Trudeau, nous vous demandons d’autoriser l’entrée [des étudiants étrangers], car c’est un énorme investissement pour tout le monde. Il s’agit d’une demande de millions d’étudiants, car notre avenir dépend entièrement du gouvernement canadien. Veuillez ne pas nous interdire de voyager.

Nous ne somme autorisés [à voyager] qu’après avoir effectué un test PCR négatif dans les 72 heures précédant le départ, nous sommes testés à l’aéroport, restons trois nuits en hôtel de quarantaine, sommes à nous testés et passons une quarantaine. Comment pouvez-vous nous blâmer pour la propagation [du virus]?, questionne dans son message sur Twitter Mandeep Kaur.

Joint sur Twitter, l’étudiant vit à Punjab Mam, en Inde. Il est inscrit au Collège Canadore, à North Bay. Depuis janvier, il suit les cours en ligne, mais a obtenu son visa pour venir au pays à la fin du mois de février. Il devait arriver le 25 avril, mais en raison de l’interdiction des vols en provenance de l’Inde et du Pakistan, il a dû annuler son voyage.

Il s’inquiète que cette interdiction soit prolongée.

C’est vraiment difficile à cause du décalage horaire de rester éveillés pour travailler la nuit. On a aussi des problèmes de réseau Internet. Malgré tout, on poursuit [nos études], car c’est notre avenir qui est en jeu, dit-il.

M. Kaur raconte aussi que les étudiants comme lui s’inquiètent du message envoyé par les gouvernements lorsqu’ils considèrent interdire l’arrivée des étudiants internationaux. Pourquoi tout le monde nous blâme pour la COVID-19? Nous prenons toutes les précautions nécessaires pour assurer la sécurité, conclut-il.

Avec Radio-Canada par Camille Feireisen

Canada/Fête des Mères : des Ontariens rendent hommage à leur maman

mai 9, 2021
Nadège Civil et sa mère Danise Maurice devant des bouquets de fleurs.

Nadège Civil et sa mère Danise Maurice.

PHOTO : PHOTO FOURNIE PAR NADÈGE CIVIL

Chaque fois que la Sudburoise Nadège Civil pense à sa mère Danise Maurice qui vit en Haïti, elle se souvient de 2 mots qui la décrivent le mieux: « Ce qui m’a marqué chez ma mère, c’est sa force et sa résilience. C’est un ange ma mère », dit-elle.

Même si c’est depuis son enfance que madame Civil a décelé le côté résilient de sa mère, elle affirme que c’est surtout lors de la naissance de son premier enfant qu’elle a réalisé que sa maman était exceptionnelle.

Depuis que je suis née, je n’ai jamais vu ma mère fatiguée.Une citation de :Nadège Civil

Nadège évoque aussi la disponibilité de sa mère à l’assister quand elle a besoin d’elle. L’année dernière j’étais encore malade, j’ai appelé ma mère, je lui ai expliqué que je ne pouvais pas prendre soin des enfants et que j’étais très fatiguée. Elle a acheté le billet et a passé 6 mois avec nous. Elle s’est occupée de mon mari et de mes enfants, raconte-t-elle.

À l’occasion de la fête des Mères, Nadège Civil remercie sa maman alors qu’elle attend son troisième enfant.

Oh, maman! Comme je t’ai toujours dit tu es un ange pour moi parce que je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme toi. Je t’aime de tout mon cœur. Et quand je pense à toi, je pleure parce que j’ai peur de perdre. Je ne pourrai jamais, jamais finir de te remercier.Une citation de :Nadège Civil

La persévérance de ma mère m’a influencée à devenir ce que je suis

Trois générations de la mère famille posent, tout sourire.

Sarah Rice, son fils et sa mère Bonita McGregor.

PHOTO : PHOTO FOURNIE PAR SARAH RICE

D’après la Sudburoise Sarah Rice, sa mère Bonita McGregor est une femme formidable  et persévérante . Elle explique que sa mère a décidé de retourner à l’école malgré, notamment, l’environnement difficile auquel les autochtones faisaient face à l’époque. Sarah Rice est de la Première Nation Anishinaabe. Ma mère avait 20 ans quand elle m’a mis au monde et elle a décidé de retourner à l’école pour faire des études postsecondaires. Elle devait conduire chaque jour une heure, parfois un peu plus pour se rendre à l’école, raconte-t-elle. Ce qui a surtout marqué Sarah Rice, c’est le combat que sa mère a mené contre le racisme à l’école.

Ma mère a fait face à une quantité incroyable d’actes de racisme dans ses études postsecondaires au point que cela l’a presque empêchée d’atteindre ses objectifs.Une citation de :Sarah Rice

Stephen Lecce lors d'un point de presse devant les bureaux du conseil scolaire Kinoomaadziwin.

Le ministre de l’Éducation de l’Ontario, Stephen Lecce, a déclaré en 2019 que le gouvernement prend des mesures pour permettre un cheminement scolaire plus fluide pour les élèves des Premières Nations.

PHOTO : RADIO-CANADA / JEAN-LOUP DOUDARD

À cause du racisme, il était même difficile à la mère se Sarah Rice de poursuivre son cheminement dans le programme d’étude qu’elle avait choisi. Elle n’était pas la seule, les autres étudiants autochtones qui étaient dans son programme ont découvert plus tard qu’ils avaient tous échoué à la suite du racisme, dit-elle.

Madame Rice explique qu’après avoir changé de programme, sa mère a obtenu son diplôme et un emploi. Elle était dans une carrière différente pour laquelle elle était très bien adaptée, et cela m’a toujours rendu très fier de ma mère. Elle a eu par la suite un grave accident qui a changé sa vie, mais elle a été résiliente, car elle aurait pu tout abandonner, ajoute-t-elle.

Selon Sarah Rice, c’est de sa mère qu’elle a eu la détermination à aller plus loin dans ses études. Sa persévérance et sa résilience m’ont influencé pour être la personne que je suis. Mme Rice est la conseillère aux affaires autochtones au Service de santé publique de Sudbury et du district.

Ma mère se sacrifiait pour me trouver quelque chose à manger

Montage photo de Richard Makitu dans un bureau et d'une autre photo de sa mère Madeleine Mwanga.

Le Windsorois Richard Makitu et sa mère Madeleine Mwanga.

PHOTO : PHOTO FOURNIE PAR RICHARD MAKITU

En septembre 1991, plusieurs villes de la République démocratique du Congo, y compris la capitale Kinshasa, connaissent des émeutes et des pillages. La même année, Richard Makitu a fini ses études secondaires et se préparait à entamer ses études universitaires. Mais les conséquences des pillages vont assombrir son projet. Mon père avait perdu son emploi parce que son entreprise a été complètement pillée. Pour aller à l’université c’était un problème puisqu’on a connu des difficultés financières parce mon père ne travaillait plus. Il n’y avait pas d’argent pour payer les frais de scolarité, se souvient Richard Makitu

Son père lui a alors suggéré d’oublier pour un moment son projet de faire des études de droit, mais Madeleine Mwanga sa mère lui a proposé autre chose : ma mère m’a dit que je préfère que tu puisses continuer à aller à l’université. Et on va voir ce qu’on peut faire. Mon père a accepté malgré lui. C’est un homme réfléchi et rationnel il se dit, je n’ai pas de travail, je n’ai pas de moyen, tu restes à la maison. Mais ma mère a utilisé son cœur et a dit vas-y d’abord on va voir ce qu’on peut faire.

Les encouragements de sa mère l’ont motivé à fréquenter l’université. Ma mère me soutenait par des conseils. Elle a commencé à se débrouiller à gauche et à droite pour me soutenir, elle qui était une femme ménagère. Moi-même, aussi, je commençais à me débrouiller, dit M. Makitu. Le plus dur pour lui n’était pas que de payer les frais scolaires.

Je logeais à la résidence des étudiants à l’université et je rentrais de temps en autre à la maison pour manger. Mais de fois je ne trouvais pas de nourriture, car le moment était difficile, mais ma mère se sacrifiait pour trouver quelque chose à manger pour que j’aie la force de retourner à l’université.Une citation de :Richard Makitu

Ces sacrifices, Madeleine Mwanga les a consentis pendant toute l’année scolaire. Ses sacrifices et ses conseils ont payé puisque j’ai terminé les études universitaires, je suis devenu avocat au Congo et au Canada, je travaille aussi, déclare Richard Makitu avec sourire. Pour le Windsorois, sa maman est une personne merveilleuse et une personne à qui il doit tout.

Ma mère a arrêté de travailler pour s’occuper de nous 

Christophe Navas et sa mère Marie-Paule Navas assis sur une colline.

Christophe Navas et sa mère Marie-Paule Navas

PHOTO : PHOTO FOURNIE PAR CHRISTOPHE NAVAS.

À cause de la COVID-19, deux ans se sont passés depuis que le Torontois Christophe Navas a rencontré physiquement sa mère Marie-Paule Navas qui habite en France.

On se parle [uniquement] par Skype. J’espère qu’on va se revoir très bientôt, dit-il. Une des choses qui manquent à Christophe c’est la cuisine de sa mère. Elle est très bonne cuisinière, déclare Christophe Navas qui n’oublie pas tous les efforts accomplis par sa mère pour l’élever ainsi que son frère. Ma mère a arrêté de travailler après ma naissance pour s’occuper de moi et de mon frère et même aujourd’hui si on a besoin de quelque chose on peut compter sur elle, car on sait qu’elle est là, conclut-il.

Avec Radio-Canada par Freddy Mata