Archive for the ‘Politique’ Category

Les Afro-américains, « faiseurs de roi » de l’élection présidentielle ?

octobre 29, 2020

Quel rôle vont jouer les communautés latino et noires américaines dans l’élection présidentielle entre Joe Biden et Donald Trump ?

Olivier Richomme, maître de conférence en civilisation américaine à l’Université Lumière Lyon 2 et spécialiste des questions raciales, d’identités et de politique aux Etats-Unis éclaircit ces questions pour Euronews, en abordant également la problématique de la participation de ces communautés à un scrutin bouleversé par la pandémie de Covid-19.


Euronews : En ce qui concerne les votes des Latinos et des Noirs américains, doit-on parler de bloc monolithique ou au contraire, est ce qu’il y a une vraie diversité politique au sein de ces communautés ?

Olivier Richomme : Si votre question concerne une analyse fine des communautés et des différents positionnements, effectivement il y a une certaine diversité. Il y a une certaine diversité au sein de la communauté africaine-américaine : il y a des conservateurs, ou sur les questions sur le port d’armes ou sur l’homosexualité. Mais dans les faits, les Africains-Américains votent pour le Parti démocrate à 90%. Et ça depuis quasiment les années 1960 ; ils font partie de la coalition démocrate. Je ne veux pas donner l’impression que cette communauté serait monolithique ; il y a des différences, mais d’un point de vue électoral, ils n’ont pas d’autre alternative que de se tourner vers le parti démocrate. Ce qui pose des problèmes puisque le Parti démocrate le sait et a des fois tendance à négliger ces communautés parce qu’il sait que, de toute façon, le Parti républicain n’est pas vraiment une option pour eux. C’est donc la participation qui reste la clé, on essaie de motiver des Africains-Américains à se déplacer.


On a vu qu’Hillary Clinton, par exemple, n’avait pas réussi à convaincre les Africains-Américains de se déplacer en nombre aussi important avec Barack Obama. Et quand l’élection se joue à pas grand-chose, comme en 2016, ça peut faire une différence.

En ce qui concerne les Latinos, ils votent à 70% pour le parti démocrate. Donc, on ne peut pas parler d’un vote monolithique, mais on a quand même une tendance très forte. On voit que le facteur ethno-racial est l’un des facteurs qui surdéterminent la façon dont les électeurs vont voter. Vous ne l’avez pas si vous prenez le sexe, si vous prenez le niveau d’éducation, si vous prenez la religion… Vous n’avez pratiquement aucun autre facteur qui donne des chiffres pareils. 90%, 70%, c’est énorme. L’une des raisons pour lesquelles les Latinos sont à 70/30 et non pas à 90% comme les Africains-Américains, c’est la question religieuse.

En fait, vous avez des catholiques très fervents, soit des évangéliques très fervents qui sont latinos, qui n’apprécient pas forcément la rhétorique de Donald Trump sur la communauté latino, mais qui sont prêts à laisser un peu ça de côté parce que la liberté religieuse, liberté de choisir l’école, le contenu des cours etc. est plus important à cause de la prépondérance de leur choix. Cela crée un plancher, ces chiffres ne descendent pas chez les Latinos.


Euronews : Qu’en est-il de la question cubaine ?

O. Richomme : Bien sûr, il y a plusieurs choses qui entrent en ligne de compte. Les Africains-Américains ont le même taux de participation que les Blancs et donc leur vote a un impact beaucoup plus important. Les Latinos votent moins que les Blancs et les Africains-Américains. Et donc même s’ils sont plus nombreux que les Africains-Américains, parce qui ne votent pas autant, leur vote n’a pas le même impact. Ils sont aussi répartis différemment dans le pays. Les Latinos sont répartis dans certains États plus ou moins clés, tels que Californie, fermement démocrate, ou le Texas que les démocrates ont, à court terme, peu de chance de faire basculer.

La Floride, elle, est l’un des États les plus importants, où il y a une communauté latino ; elle compte beaucoup d’anciens Cubains. Dans cet État, un tiers des Latinos sont cubains, un tiers sont mexicains et le dernier tiers sont d’une autre origine.

Or, la question cubaine était beaucoup plus prégnante avant. Parmi ce tiers de Cubains, l’ancienne génération est beaucoup plus intéressée par la question cubaine que la nouvelle génération, beaucoup plus ouverte au parti démocrate. C’est l’ancienne génération, celle qui est au pouvoir localement, qui a réussi à faire élire des membres du Congrès. Elle est beaucoup plus active sur l’embargo et continue la dynamique de la guerre froide.

Mais on voit qu’il y a une évolution, et c’est pour cela qu’Obama a pu renouer des relations diplomatiques avec Cuba. On voit qu’on peut commencer à parler de ce genre de choses sans avoir un impact trop important en Floride. Jusque-là, ce qui se passait, comme la Floride est un des États-clés pour l’élection présidentielle, on ne voulait pas se mettre l’électorat cubain à dos et on laissait la question cubaine de côté. Maintenant, la question peut être soulevée parce qu’il y a cette évolution démographique et électorale.


Euronews : Outre la Floride, y a-t-il d’autres États-clés où ces votes latinos et africains-américains peuvent peser ?

O. Richomme : Dans tous les États-clés et dans tous les États où la présidentielle se joue à peu de choses. Si vous vous souvenez, ce qui s’est passé en 2016, la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin ont été gagnés par Donald Trump par quelques dizaines de milliers de voix. Ça s’est joué vraiment dans un mouchoir de poche.

Et il y a aussi bien sûr la Floride, gagnée en 2016 par 100 000 voix, ce qui est très peu vu la population de l’État. Dans le Michigan vers Détroit, on a vu qu’en 2016 que les Africains-Américains ne s’étaient pas rendus aux urnes de façon aussi massive pour Hillary Clinton qu’ils ne l’avaient fait pour Barack Obama. Par conséquent, il a été dit qu’elle a perdu le Michigan à cause du vote africains-américains.

Cette élection se joue à tellement peu de voix dans certains États, les États-clés, qui concentrent toute l’énergie et tout le financement des campagnes, que n’importe quelle communauté peut prétendre être « king maker », faiseur de roi. Par exemple en Pennsylvanie, il faut absolument pour les démocrates que les Africains-Américains de Philadelphie aillent voter. Des Latinos, il y en a aussi dans le Michigan et aussi dans le Wisconsin. Pas beaucoup mais ça peut faire la différence.

En 2016, on a vu qu’il y avait une vraie baisse de la participation des Latinos, notamment à cause des mesures contraignantes mises en place pour décourager les gens de voter. Et puis la Floride, elle aussi clé, compte beaucoup d’Africains-Américains et beaucoup de Latinos. Les deux communautés sont clés dans cet État car ils font partie de la coalition démocrate.


Euronews : En fait, il s’agit d’une bataille de la mobilisation ?

O. Richomme : Une bataille, exactement, comme toujours. On voit cette année que certains États peuvent basculer : la Caroline du Nord avec un gros bastion d’Africains-Américains que Barack Obama avait gagné ou l’Arizona, qui vote beaucoup républicains d’habitude, mais qui là voit arriver une vague bleue. Et comme il y a beaucoup de Latinos en Arizona, on pense que l’État pourrait basculer. Et à chaque fois, il y a assez de diversité, que ce soit des Africains-Américains ou des Latinos pour qu’ils puissent prétendre, après, dire « C’est grâce à nous, Et donc maintenant, donnez-nous ce que vous nous aviez promis lors de la campagne ».

Euronews : Si la question du taux de participation est aussi centrale, quel poids peuvent avoir les mesures de restrictions à l’accès au vote que vous évoquez?

O. Richomme : C’est la question à un million de dollars à laquelle tout le monde aimerait pouvoir répondre. Parce que le problème, c’est que cette année, on a une situation un peu spéciale : on est en pleine pandémie. Tous les collègues spécialistes du droit électoral regardent ça avec impatience en se disant ‘qu’est ce qui va bien pouvoir se passer’.


En fait on n’a aucune idée. En temps normal, vous avez une élection qui est déjà bizarre, avec Donald Trump et avec des mesures restrictives dans un certain nombre d’États contrôlés par les républicains. Ils sont persuadés que c’est mieux s’il y a moins de monde qui va voter et si ceux qui y vont sont des personnes âgées et des retraités, c’est mieux puisque plus on est vieux plus on est conservateur. Si on peut éviter d’avoir les jeunes, les minorités etc. Donc sont mises en place ce genre de restrictions dans les États contrôlés par les républicains. Ça, c’est la situation en temps normal.

Maintenant en temps de pandémie, je n’en ai aucune idée. Forcément, ça ne va pas aider. Ça serait mieux de faire ce que fait l’Oregon ou la Californie, c’est à dire inscrire les gens directement sur les listes électorales, tout faire à distance, voter par courrier, voter de manière anticipée. Effectivement tout cela serait mieux. Mais est-ce que c’est la pandémie qui va faire que les gens ne vont pas voter et qu’en fait les restrictions électorales seront un détail ? Là, on ne le saura qu’après, une fois que tous les processus se seront passés, quand on aura fait le décompte, qu’on aura les données, c’est-à-dire d’ici un an. Avant, ça va être très difficile de différencier l’effet Covid-19 des autres mesures électorales.

Avec Sacer-infos par Pascal Nguie

Congo: la dépouille de Jacques Joachim Yhombi-Opango attendue ce jeudi à Brazzaville

octobre 29, 2020

La dépouille de l’ancien président de la République Joachim Yhombi Opango, décédé le 30 mars dernier à Paris en France à l’âge de 81 ans, arrive dans la capitale congolaise le 29 octobre par le vol d’Air France.

Mis en caveau provisoirement au cimetière parisien de Bagneux en raison des contraintes sanitaires dues à la Covid-19, Jacques Joachim Yhombi-Opango sera inhumé le 31 octobre à Owando, dans le département de la Cuvette. La nation reconnaissante lui rendra un dernier hommage le 30 octobre au Palais des congrès à Brazzaville, au cours d’une cérémonie solennelle en présence du chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso.

Président de la République de 1977 à 1979, le général Jacques Joachim Yhombi-Opango est mort des suites du coronavirus.  

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Congo: Le ministre NGanongo insulté par ses collègues, il a proposé la réduction à moitié de leurs salaires

octobre 28, 2020

Le ministre des finances du Congo Calixte NGanongo aurait selon des sources concordantes, été victime des fortes menaces de la part de ses collègues et des généraux pour avoir proposé la réduction de leurs émoluments dans le cadre de la réduction du train de vie de l’État. Il aurait suggéré que les ministres d’État passent de 15millions à 7 et le reste de 11 à 5 millions. Les généraux percevraient 1 million au lieu des 5 millions actuels, et les députés et sénateurs toucheraient désormais 2 millions. Tous, auraient bloc commun contre Calixte NGanongo.

Dans le souci de réduire le train de vie de l’État dont il a la charge la gestion des finances, le ministre Calixte NGanongo aurait suggéré au chef de l’État que les membres du gouvernement, les députés, directeurs généraux et généraux des forces armées congolaises acceptent drastiquement de revoir leurs émoluments à la baisse afin de montrer l’exemple.

Dans les négociations avec le FMI, cette problématique a été évoquée et même suggérée, et le Congo avait accepté d’y adhérer. Mais, malheureusement, le gouvernement a choisi la voie de la pression fiscale aux entreprises et particuliers pour renflouer les caisses de l’État. Parmi les décisions dénudées de tout sens adoptées par le gouvernement, figurent l’impôt parcellaire qui a échoué et actuellement l’impôt agricole.

Ces taxes que doivent payer les agriculteurs est un frein brutal à la diversification de l’économie et surtout un rouleau compresseur pour les populations qui vivent de l’informel. Pour le ministre Calixte NGanongo, il serait déconseillé de prendre des mesures qui n’encouragent pas l’envol de l’économie.

En proposant la réduction de moitié les salaires des ministres, députés, généraux et directeurs généraux,NGanongo s’est attiré leur foudre et il est vu comme un traître et ennemi. Le Congo est devenu un pays où ses responsables se servent de lui et non le contraire et ce genre de chose ne peuvent qu’énerver.

Calixe NGanongo, aurait entendu toutes les insultes du monde de ses collègues qui agiteraient des militaires contre lui. A ce ministre, il lui aurait été rappelé le sort subi par Rigobert Andely et surtout sa dernière maladie, semble-t-il de provenance mystique.

Avec Sacer-Congo par pascal Nguie

Mauritanie : le gouvernement «indigné» par les attaques contre l’islam et son prophète

octobre 27, 2020

Le gouvernement mauritanien s’est dit «indigné» par les attaques contre l’islam «sous le fallacieux prétexte de la liberté de la presse», tout en «dénonçant» tout acte de «terreur» au nom de la religion, après la défense par le président français Emmanuel Macron de la liberté de caricaturer le prophète Mahomet.

«La République islamique de Mauritanie suit avec indignation les actions d’incitation menées depuis un certain temps contre l’islam sous le fallacieux prétexte de la liberté de la presse, ainsi que la provocation des musulmans en portant atteinte à notre Prophète» Mahomet, a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué reçu mardi 27 octobre. Le pays sahélien, où est appliquée la charia (loi islamique), «dénonce» cependant «tout acte de terreur commis au nom de la religion contre des innocents», dans ce communiqué.

Emmanuel Macron est devenu la cible de manifestations dans plusieurs pays après avoir promis que la France continuerait à défendre ce genre de caricatures, lors d’un hommage national le 21 octobre à Samuel Paty, un professeur décapité dans un attentat islamiste le 16 octobre pour en avoir montré certaines à ses élèves. Des dizaines de jeunes ont par ailleurs manifesté lundi près de l’ambassade de France à Nouakchott pour dénoncer les propos du dirigeant français, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le parti islamiste Tewassoul, première force de l’opposition à l’Assemblée nationale, a quant à lui appelé le gouvernement mauritanien à prendre «une forte position contre les propos indécents et inacceptables de Macron» et appelé «à un boycott économique de la France», à l’instar de celui prôné par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Par Le Figaro avec AFP

RDC/Vie des partis : Pius Muabilu suspendu du regroupement politique AA/a

octobre 27, 2020

La participation du ministre Muabilu à la cérémonie de prestation de serment des trois nouveaux juges constitutionnels nommés par le président Tshisekedi lui a valu une suspension à titre préventif décidée par la Conférence des présidents de l’Alliance pour l’avenir (AA/a), regroupement politique affilié au FCC dont il est membre.

RDC : Muabilu suspendu de son propre regroupement politique, fidèle au FCC,  Kokonyangi prend les rênes de l'AA/a | Actualite.cd

Le ministre Pius Muabilu

Pour avoir pris part à la cérémonie de prestation de serment des trois nouveaux juges constitutionnels nommés par le président Félix-Antoine Tshisekedi en faisant fi du mot d’ordre de boycott lancé par le Front commun pour le Congo (FCC) dont il est membre, le ministre de l’urbanisme et habitat, Pius Muabilu, vient d’être suspendu à titre préventif. Cette décision découle d’une réunion de la Conférence des présidents du regroupement politique AA/a affilié au FCC, laquelle réunion a été élargie aux députés nationaux, aux sénateurs, aux membres du gouvernement central, aux gouvernements provinciaux ainsi qu’aux mandataires proches de ce regroupement politique.

La décision est sans appel. Le ministre Pius Muabilu ainsi que Marie Nyange, présidente intérimaire du regroupement, aperçus à l’hémicycle lors de la cérémonie de prestation de serments de trois juges constitutionnels, « sont suspendus de toute activité du regroupement politique AA/a et, par conséquent, ne peuvent plus engager le regroupement AA/a à dater de ce jour », peut-on lire dans la déclaration publiée le 26 octobre. En attendant l’issue de l’action disciplinaire ouverte à leur encontre via l’institution d’une commission disciplinaire chargée de statuer sur leurs cas, les deux personnalités incriminées sont astreintes à se plier à ces restrictions au risque de corser leur sanction.

En attendant, la Conférence des présidents du regroupement politique AA/a désigné Joseph Kokonyangi comme président a.i et Geneviève Inagosi comme membre de la Conférence des présidents du FCC. Ces deux cadres ont reçu de la Conférence des présidents le mandat de représenter le regroupement politique dans les différents organes du FCC  et vis-à-vis des tiers. Toutefois, aussi curieux que cela puisse paraître, l’AA/a n’a pas été associée à la réunion que l’autorité morale du FCC, Joseph Kabila, avait convoqué à Kingakati avec les présidents des regroupements politiques membres du FCC.

Entre-temps, les députés du regroupement AA/a ont réitéré leur soutien à Pius Muabilu estimant que ce dernier a posé un acte républicain basé sur une éthique politique  en participant à la prestation de serment de trois juges constitutionnels. « Sa présence à cette cérémonie est un acte d’un homme d’Etat que tout le monde devrait copier. Pius Muabilu est lui-même l’autorité morale de notre regroupement AA/a qui regroupe vingt députés », a indiqué le porte-parole du regroupement AA/a, Adubangu Nkoy, qui n’écarte pas l’éventualité de quitter le giron FCC.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Congo: Manifeste de Brazzaville. La solidarité au cœur de l’Appel du général de Gaulle

octobre 27, 2020

 

A l’ouverture, mardi 27 octobre, du colloque « De Gaulle et Brazzaville : une mémoire partagée entre la France, le Congo et l’Afrique », l’essentiel des allocutions a porté sur la volonté des intervenants de voir les parties concernées œuvrer à l’avènement d’une relation nouvelle tournée vers la solidarité et le respect mutuel.

Pendant deux heures, les chefs d’Etat et de délégation ont salué la célébration dans la capitale congolaise, ancienne capitale de la France libre, des 80 ans de la signature par le général Charles de Gaulle du Manifeste appelant à ne pas capituler face à l’Allemagne nazie. Ils ont plaidé pour que soit reconnue, à sa juste valeur, la place tenue par l’Afrique dans la mobilisation qui permit de triompher de l’occupant pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les présidents Denis Sassou N’Guesso, Idriss Déby Itno, Faustin Archange Touadera, Félix Tshisekedi, les Premiers ministre gabonais et camerounais, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo et d’autres personnalités, parmi lesquelles, le président de la Fondation Charles de Gaulle, Hervé Gaymard et le maire de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba, ont mentionné l’intérêt pour la France et l’Afrique de se mettre ensemble face aux défis communs du terrorisme, de la pauvreté et de la crise sanitaire de covid-19.

Avec Adiac-Congo par Gankama N’Siah

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Kemi Seba s’invite dans le débat

octobre 27, 2020

Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Capo Chichi, lors d’une manifestation contre le franc CFA, à Dakar, le 19 août 2017.

Interdit de séjour en Côte d’Ivoire, l’activiste Kemi Seba est arrivé à Abidjan le 24 octobre pour appeler à un report de l’élection présidentielle.

L’activiste Kemi Seba, président de l’ONG Urgences panafricanistes, se trouve actuellement en Côte d’Ivoire. Un pays dont il avait été expulsé en mars 2019, et qui l’a déclaré persona non grata.

Le Franco-Béninois Kemi Seba, qui réside au Bénin depuis son expulsion du Sénégal en 2017, a rejoint la Côte d’Ivoire depuis Cotonou, par la route et « en pirogue », après avoir traversé le Togo – un pays où il est aussi interdit de séjour – et le Ghana.

Dans un Facebook Live (il est suivi par 794 000 personnes) diffusé à 11 heures GMT, l’activiste anti-Françafrique a appelé ce mardi à une « mobilisation pacifique » afin de surseoir à l’élection présidentielle prévue samedi 31 octobre.

Détracteur de longue date d’Alassane Ouattara, ayant milité pour la libération de Laurent Gbagbo, Kemi Seba se revendique « citoyen de l’Uemoa et de la Cedeao et militant panafricaniste » et indique être venu en Côte d’Ivoire « pour parasiter ce processus électoral vicié et pousser Alassane Ouattara à reporter les élections et à inclure les candidats qu’il a exclus ».

Déclaré indésirable au cours des dernières années dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest (la Guinée, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Sénégal), malgré son passeport béninois, Kemi Seba entretient des relations avec différents mouvements d’opposition et de la société civile dans la sous-région.

Avec Jeune Afrique par Mehdi Ba

Nouvelles concertations politiques : possible entrevue entre Félix Tshisekedi et Martin Fayulu

octobre 26, 2020

Comme il fallait s’y attendre, l’adresse du chef de l’Etat du 23 octobre a donné lieu à une série de réactions en sens divers. Si, pour les uns, Félix Antoine Tshisekedi a pris la bonne option en engageant le pays sur la voie de nouvelles consultations en vue de mise en place d’une Union sacrée pour la nation »; pour les autres, il a simplement botté en touche.

Au regroupement politique Lamuka du chef de file Martin Fayulu, l’on préfère se donner un peu de temps avant de se prononcer sur le message du chef de l’Etat. Entre-temps, le parti de Martin Fayulu, l’Engagement pour la citoyenneté et le développement, n’exclut toute possibilité d’une entrevue entre Etienne Tshisekedi et son leader qui détient, par devers lui, une proposition de sortie de crise. « Nous sommes humains, vous savez que même dans les guerres les plus atroces, on finit toujours par se parler », a-t-on signifié.

Il est à noter que les relations entre les deux hommes se sont détériorées à Genève en 2018, lorsque Félix Tshisekedi, à l’époque président de l’Union pour la démocratie et le progrès social, avait retiré sa signature de l’accord qui avait désigné Martin Fayulu comme candidat commun de l’opposition. Insatisfait des résultats électoraux publiés par la Céni, Martin Fayulu a enfourché la trompette de la contestation au point de devenir le chantre de la vérité des urnes mettant en cause la légitimité du leadership actuel.

Au niveau de la Nouvelle société civile congolaise, l’on se dit satisfait de la communication du chef de l’Etat tout en l’exhortant d’aller au bout de sa logique en démantelant toute force qui fait obstruction à l’avancement du pays en procédant à la recomposition de l’espace de gestion de la gouvernance de la République. Même ressentiment à l’Association congolaise pour l’accès à la justice qui souhaite à ce que les pourparlers que le chef de l’Etat va entamer cette semaine puissent déboucher sur la mise en place d’un gouvernement qui va réunir toutes les grandes forces politiques et sociales sur la base d’un programme censé mettre exclusivement en avant les intérêts du pays.

D’autres personnalités politiques, comme le haut représentant du chef de l’Etat, Kitenge Yesu, soutiennent l’option prise par Félix Tshisekedi d’organiser de nouvelles consultations. « Nous étions en coalition, c’était comme une voiture, qui ne peut pas avoir deux chauffeurs. La voiture n’a qu’un seul chauffeur (…) C’est pourquoi le président de la République a dit que je rentre vers le peuple, qu’il me dise ce qu’il veut que je fasse. Ce que le président a décidé n’exclut personne », avait-il indiqué, ce week-end, dans la foulée de la sortie officielle de la plate-forme Coalition nationale populaire.

Des soutiens à la démarche présidentielle ne cessent de se multiplier dont celle de l’Eglise catholique assortie néanmoins de quelques observations. « Le pays tel que piloté par la coalition actuelle au pouvoir ne sert pas les intérêts des populations. Que le chef de l’État entrevoie une autre solution politique en passant par les consultations. Nous saluons cette initiative si c’est avec l’intention vraiment de servir la population », a dit le secrétariat général de la Conférence épiscopale du Congo, l’abbé Donatien N’shole. Et de marteler : « Si c’est pour partager le pouvoir et oublier encore une fois le peuple, ça personne n’acceptera ».

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

             

RDC/Discours de Tshisekedi : le CASC exhorte à la convocation d’un dialogue inclusif

octobre 26, 2020

Plate-forme regroupant en son sein les organisations formelles de la société civile, des mouvements citoyens et des personnalités, le CASC a salué l’annonce du chef de l’Etat d’amorcer des consultations en vue de créer une « Union sacrée de la nation ». Mais cette structure penche beaucoup plus pour la convocation d’un dialogue inclusif.

Les membres du CAS

L’annonce faite par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, lors de son adresse à la nation le vendredi 23 octobre, des consultations à l’effet de créer une « Union sacrée de la nation » et qui visent la refondation de l’action gouvernementale autour des principes de participation à la gestion du pays suscitent des réactions. Parmi ces réactions, l’on note celle du Collectif d’actions de la société civile (CASC).

L’initiative du chef de l’Etat d’entamer des consultations avait été souhaitée bien avant par cette plate-forme regroupant en son sein les organisations formelles de la société civile, des mouvements citoyens et des personnalités. Dans sa déclaration le lundi 26 octobre au cours d’un point de presse à Kinshasa, le CASC note avec satisfaction la résolution prise par le président de la République de procéder à des consultations desquelles sortiraient des décisions qui changeront à coup sûr la physionomie politique actuelle du pays. Mais le Collectif prévient : « Tout en saluant cette initiative qui, du reste, cadre avec l’appel au dialogue lancé par notre collectif dans son communiqué du 13 juin de l’année en cours, il y a lieu de relever que la crise que traverse actuellement le pays n’est pas que politique, elle est aussi sociale et surtout morale et que des consultations politiques autour du chef de l’État ne pourront les résorber. Certes, la politique tient en état tous les autres domaines, mais la spécificité de chacun d’entre eux exigent un regard particulier pour espérer dégager des voies des sorties idoines spécifiques pour chaque domaine de la vie nationale ».

Le CASC reste constant dans sa démarche de la convocation d’un dialogue global et inclusif. Aussi exhorte-t-il le président à ne pas se limiter à ces consultations qui constitueront certainement une bonne base des données, mais de convoquer un dialogue qui aurait le mérite de rassembler les Congolais autour des valeurs républicaines, au-delà des clivages politiques et tribaux, et de produire des résolutions à l’instar de la Conférence nationale souveraine (CNS), à l’effet de favoriser un climat harmonieux, propice au développement appelé de tous les vœux. « Le CASC, qui s’engage néanmoins à accompagner cette initiative, exhorte les forces politiques et sociales à considérer ces consultations non comme une occasion des règlements des comptes mais comme un premier pas vers la réconciliation, la concorde et la cohésion sans lesquelles il serait illusoire d’espérer une issue heureuse pour la République », indique la déclaration lue par Samuel Bosasele, membre de la plate-forme.

En guise de conclusion, le CASC fait remarquer : « La situation sociopolitique est certes tendue, mais elle n’est pas aporétique, un dépassement de soi et une disposition à privilégier l’intérêt général permettrait un dénouement heureux et les consultations initiées par le chef de l’État viennent à point nommé pour impulser cette dynamique qui ouvrira la voie à un dialogue inclusif et les résolutions qui en seraient issues seront salutaires pour la nation ». Au cours d’un bref échange avec la presse, Mito Nzila du CASC a insisté sur la tenue d’un dialogue qui produiront des recommandations dont certaines aboutiront à des réformes légales pour une vision commune du développement du pays. « Lorsqu’on parle développement du Congo, il faut avoir le même langage, nonobstant les bords politiques », a-t-il ajouté.

Avec Adiac-Congo par Martin Enyimo

Boycott des produits français : le Maghreb aussi ?

octobre 26, 2020
Les appels au boycott des produits français se sont multipliés à la suite du discours d'Emmanuel Macron du 21 octobre 2020.

Alors que les appels au boycott des produits français se multiplient dans le monde musulman à la suite du discours du président Emmanuel Macron, le mouvement ne prend que timidement au Maghreb.

Le mouvement est parti des pays du Golfe. De Koweït et du Qatar surtout, où le 23 octobre plusieurs enseignes de grande distribution ont retiré les produits alimentaires français — fromages, confitures, etc. — de leurs étals.

En cause : le discours du président français Emmanuel Macron promettant de ne pas renoncer aux caricatures du prophète Mohammed, lors de la cérémonie d’hommage à Samuel Paty le 21 octobre.

« Atteinte délibérée à l’islam et ses symboles »

L’Université du Qatar a également annoncé le report de la semaine culturelle française après « l’atteinte délibérée à l’islam et ses symboles ». L’Organisation de la coopération islamique a, elle, dénoncé « les propos de certains responsables français (…) susceptibles de nuire aux relations franco-musulmanes », quand Nayef Falah Mubarak Al-Hajraf, le secrétaire général koweïtien du Conseil de Coopération du Golfe, a pointé les « déclarations irresponsables » du président français sur « l’islam et les musulmans ».

Le ministère français des Affaires étrangères a, lui, a appelé les gouvernements des pays concernés à faire « cesser » les appels au boycott, lesquels « dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine ». Sur les réseaux sociaux, le hashtag #Boycott_France_Products a ainsi beaucoup circulé ces trois derniers jours.

AU MAGHREB, LES AUTORITÉS ONT VERTEMENT RÉAGI AUX PROPOS DE MACRON, ET À LA REPUBLICATION DES CARICATURES DU PROPHÈTE

Au Maghreb, les autorités ont également vertement réagi aux propos d’Emmanuel Macron. Ou plus précisément à la republication des caricatures en question. Le ministère marocain des Affaires étrangères a publié un court communiqué le 25 octobre dans lequel il « condamne vigoureusement la poursuite de la publication des caricatures outrageuses à l’islam et au Prophète ».

Pour le ministère, ces caricatures « reflètent l’immaturité de leurs auteurs, et réaffirme que la liberté des uns s’arrête là où commencent la liberté et les croyances des autres ». Le chef du gouvernement Sâadeddine el-Othmani a lui aussi publié le communiqué sur son compte Twitter. Pour autant, rien à signaler pour l’instant du côté du boycott des produits français.

« Nos clients français sont en alerte, mais le mouvement est pour le moment limité au Moyen-Orient », explique Moncef Belkhayat, l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports qui se consacre maintenant exclusivement à ses affaires, notamment comme président du groupe de communication WB Africa.

Dans plusieurs filiales marocaines de marques françaises, la consigne est « de ne pas bouger pour le moment », nous explique une cadre, « vu que le mouvement n’a pas encore pris d’ampleur ici [au royaume]. Rien ne sert de s’affoler et de communiquer maladroitement. »

« Je suis Mohammed, je ne suis pas Charlie Hebdo »

Les appels au boycott, bien sûr, circulent sur les réseaux sociaux marocains. Les sympathisants du Comité commun de défense des détenus islamistes, groupe de tendance salafiste qui avait organisé des manifestations sous le slogan « Je suis Mohammed, Je ne suis pas Charlie Hebdo » en 2015, font par exemple tourner les appels.

Boycott des cosmétiques français, à Koweït City, le 25 octobre 2020.

Au Maroc, les appels au boycott des entreprises françaises résonnent avec les événements de 2018. Un mouvement de protestation contre la vie chère lancé sur les réseaux sociaux avait incité les consommateurs à viser des marques accusées de profiter de leur situation de leaders dans leur marché pour pratiquer des prix élevés. Parmi elles, Centrale Danone, une filiale marocaine du groupe français Danone. Cette année-là, le boycott avait coûté un point de croissance au français.

En Tunisie, à part la justification de l’assassinat de Samuel Paty faite par le député radical Rached Khiari, la position sur le séparatisme adoptée par le président français Emmanuel Macron n’ont eu que peu d’écho. Mais la gronde couvait : il a suffi qu’un autre élu conservateur, Yacine Ayari, allume la mèche en proposant un boycott du sommet de la Francophonie pour qu’une grande majorité de l’opinion lui emboîte le pas et crie haro sur la France.

EL KARAMA A COMMUNIQUÉ EN CONDAMNANT « FORTEMENT LE RACISME ENVERS LES ARABES ET LES MUSULMANS »

Dans un post Facebook, l’élu de la circonscription France Nord en 2019 fustige la France qu’il accuse de « ridiculiser et de mépriser nos croyances et d’imposer des restrictions sur les diverses cultures sur son sol pour des raisons politiques et électorales, loin du respect mutuel».

La coalition islamiste El Karama a, elle, communiqué en condamnant « fortement le racisme envers les Arabes et les musulmans, qui évolue de jour en jour, et qui a atteint son paroxysme en republiant les caricatures françaises insultantes envers le Saint Prophète ».

Pays interconnectés

L’historienne Kmar Bendana dédramatise : « Ce n’est qu’une énième éruption. Alors que nos situations sont différentes, on transpose en Tunisie une problématique française. Nos pays sont interconnectés ; mondialisés avec chacun sa réalité. La crise est dans le retard des élites dans nos pays », estime-t-elle. Les chiffres imposent aussi une réalité : avec des échanges commerciaux de 7,8 milliards d’euros et une communauté de près de 800 000 Tunisiens, la Tunisie est dans une large mesure dépendante de l’Hexagone.

Pour la France, le pays est un allié stratégique dans la région qui justifie, le déblocage, lors de la visite du ministre de la Défenses, Jean-Yves Le Drian à Tunis le 22 octobre d’un plan d’aide de 300 millions d’euros et la fourniture de 500 000 euros d’équipements sanitaires pour lutter contre le Covid-19.

Pour ce qui est de l’Algérie, le Mouvement de la société pour la paix, d’obédience islamiste, a appelé, le 24 octobre « les institutions officielles algériennes, notamment la présidence, à dénoncer les déclarations de Macron et de prendre une position diplomatique, politique et économique adéquate, conformément au serment de respect envers la religion musulmane et sa gloire et dans un esprit de cohésion avec les sentiments des Algériens ». Sans être entendu pour le moment.

Avec Jeune Afrique par Frida Dahmani et Jules Crétois