Archive for the ‘Politique’ Category

Les Etats-Unis lèvent les restrictions aux voyages internationaux

septembre 20, 2021
Les Etats-Unis levent les restrictions aux voyages internationaux
Les Etats-Unis lèvent les restrictions aux voyages internationaux© AFP/Brendan Smialowski

Les Etats-Unis lèveront le 1er novembre, pour les personnes vaccinées, les restrictions en place depuis mars 2020 sur les voyages internationaux, et dont le maintien agaçait nombre de leurs partenaires, Européens en tête.

En dix-huit mois, le « travel ban » a causé d’innombrables situations personnelles et familiales douloureuses.

En plus de présenter une preuve de vaccination contre le Covid-19, les voyageurs devront se faire tester dans les trois jours précédant leur voyage vers les Etats-Unis, et porter un masque, a indiqué le coordinateur de la lutte contre la pandémie à la Maison Blanche, Jeff Zients.

La levée des restrictions concernera les personnes immunisées avec les vaccins reconnus par l’agence américaine du médicament, la FDA, soit ceux de Pfizer/BioNTech, Moderna et Johnson&Johnson (Janssen).

Elle devrait aussi englober les millions d’Européens et de Britanniques vaccinés avec le sérum AstraZeneca, selon le commissaire européen Thierry Breton, chargé de coordonner l’approvisionnement de l’Union européenne en vaccins anti-Covid.

Dans sa présentation, la Maison Blanche est restée évasive sur la liste des vaccins, renvoyant cette décision aux autorités sanitaires.

Jeff Zients « m’a dit que pour les autres vaccins, pour AstraZeneca notamment, c’est leur agence de santé qui allait décider mais il avait l’air d’être positif et optimiste », a toutefois déclaré M. Breton à l’AFP.PUBLICITÉ

« Dictée par la science »

La Commission européenne a aussitôt salué l’annonce américaine, « une mesure attendue depuis longtemps par les familles et les amis séparés », et « une bonne nouvelle pour les entreprises ».

Le groupe franco-néerlandais Air France-KLM a jugé cette nouvelle « formidable » alors que les vols transatlantiques représentent une part substantielle de ses revenus. Avant la pandémie, il réalisait 40 % de son chiffre d’affaires sur ces liaisons.

Les fédérations du secteur aérien, Airlines for Europe et Airlines for America, ont aussi « applaudi » l’annonce.

Pour la Chambre de commerce américaine, cette mesure « contribuera à favoriser une reprise robuste et durable de l’économie américaine ».

L’annonce arrive en tout cas à point nommé dans un contexte de grande tension entre la France et les Etats-Unis dans une affaire de vente de sous-marins, mais Jeff Zients, sans se prononcer sur une éventuelle visée diplomatique, a insisté sur le fait que la décision elle-même était « dictée par la science ».

Thierry Breton a souligné de son côté que les Américains avaient été sensibles au fait que cette interdiction de voyage n’avait plus « aucun sens ».

L’Europe est « le premier continent du monde non seulement en matière de production de vaccins, en matière d’export (…) mais encore, en ce qui concerne le nombre de personnes (entièrement) vaccinées », a-t-il argué.

Washington lève des restrictions qui concernaient depuis mars 2020 les voyageurs en provenance notamment de l’Union européenne, du Royaume-Uni, ou de Chine, puis s’appliquant plus tard à l’Inde ou au Brésil.

Vingt mois

La Maison Blanche a voulu mettre en place un système global cohérent basé sur « les individus » et non sur des différences de traitement selon les pays de provenance, a expliqué M. Zients.

Alors que le président Donald Trump avait au départ fermé les frontières pour trente jours, les restrictions auront donc duré au total quelque vingt mois.

Au grand dam en particulier des pays européens, ayant rouvert leurs frontières aux Américains vaccinés sans réciprocité.

Le changement de politique signifie que beaucoup de familles et d’amis pourront à nouveau se réunir, après parfois près de deux ans de séparation.

Phil White, un entrepreneur britannique vivant près de San Francisco, a exprimé sa joie à l’AFP, expliquant que sa fille allait enfin pouvoir lui rendre visite depuis Londres en novembre.

« En tant que famille, nous allons être ensemble pour Thanksgiving, ce qui est génial », a-t-il déclaré, ajoutant que la situation avait été « très, très difficile » pour eux.

L’Allemagne et le Royaume-Uni ont loué la décision américaine lundi.

« Une excellente nouvelle – pour les investissements allemands et européens, nos exportations et l’ensemble de la relation transatlantique », a affirmé sur Twitter Olaf Scholz, vice-chancelier allemand et ministre des Finances.

« C’est important pour notre reprise économique, nos familles et nos échanges commerciaux », s’est félicitée la cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss sur Twitter.

La Maison Blanche a durci le ton ces dernières semaines face aux résistances contre la vaccination dans le pays et multiplié les annonces pour l’imposer là où les autorités fédérales en ont le moyen, ou au moins pour y inciter fortement.

La levée des restrictions annoncée lundi ne s’applique par ailleurs pas aux frontières terrestres des Etats-Unis avec le Canada et le Mexique, toujours fermées aux voyages « non-essentiels », sauf pour les citoyens américains.

Ces restrictions seront en vigueur au moins jusqu’au 21 octobre, a indiqué Jeff Zients.

Par Le Point avec AFP

Un contrat majeur pour Hydro-Québec avec New York

septembre 20, 2021

Hydro-Québec, et son partenaire américain Transmission Developpers, ont annoncé lundi avoir été sélectionnés pour fournir de l’électricité à l’État de New York à partir de 2025.

Hydro Québec vient de remporter un contrat majeur.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Hydro Québec vient de remporter un contrat majeur.

Ce contrat majeur de livraison de 10,4 TWh/an d’électricité permettra, à partir de 2025 et pendant 25 années, d’alimenter plus d’un million de foyers américains, souligne Hydro-Québec dans un communiqué de presse émis lundi.

II s’agit du plus gros contrat d’exportation remporté par Hydro-Québec. À titre de comparaison, le contrat visant à acheminer au Massachusetts 9,45 térawattheures d’hydroélectricité par année pendant 20 ans sont estimés à environ 10 milliards de dollars américains.

Le projet Champlain Hudson Power Express prévoit la construction d’une ligne de transport souterraine et sous-fluviale d’une longueur d’environ 545 km entre la frontière canado-américaine et la ville de New York.

L’État de New York fait un pas audacieux vers la décarbonation», a déclaré la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Sophie Brochu. Actuellement, 85 % de l’électricité de l’État est produite à partir d’énergies fossiles.

Acceptabilité sociale recherchée

La phase de construction permettra de créer 1400 emplois aux États-Unis indique la société d’État. Afin de favoriser l’acceptabilité sociale du projet, deux fonds seront créés.

Le premier, d’une valeur de 40 millions de dollars américains, offrira aux résidents des collectivités défavorisées et de première ligne des possibilités de formation», indique le communiqué de presse. Le second, d’une valeur de 117 millions de dollars, visera pour sa part l’amélioration de l’état de santé du lac Champlain, du fleuve Hudson et de la rivière Harlem» que le réseau traversera.

La partie québécoise de la ligne de transport (elle aussi souterraine sur 60 km) sera détenue en copropriété avec la communauté mohawk de Kahnawake, qui bénéficiera de retombées économiques pendant 40 ans.

Rappelons que le projet de ligne de transport d’électricité entre le Québec et le Massachusetts cause des tensions avec certaines communautés autochtones du côté québécois, ainsi qu’avec les communautés rurales, du côté américain.

 Avec CBC/Radio-Canada 

Mali : Bamako ne fléchit pas et n’exclut pas de collaborer avec le groupe Wagner

septembre 20, 2021
Des manifestants à Bamako, le 26 mai 2021, appellent à une intervention russe.

Les pressions se sont intensifiées ces derniers jours, mais pour les autorités maliennes, le groupe russe peut être un « plan B » pour faire face à l’après-Barkhane.

Cela fait plus d’une semaine que le nom de Wagner est sur toutes les lèvres. De Paris à Bamako, une question taraude les diplomates : les autorités maliennes vont-elles signer avec une société du groupe russe ?

Le montant de ce contrat, qui prévoit le déploiement de mercenaires en liaison avec l’armée malienne ainsi que la protection de hautes personnalités, est estimé à environ 9,1 millions d’euros, et le Mali ne parait pas prêt à y renoncer.

Le plan B ?

Le 16 septembre déjà, le Premier ministre Choguel Maïga avait déjà prévenu : « Il y a des zones abandonnées qu’il faut occuper aujourd’hui. On ne peut pas les laisser vides. […] On ne peut pas nous interdire d’acheter du matériel à un pays avec lequel on a un accord parce qu’un autre ne veut pas ? » Sans désigner nommément la France, il avait ensuite ajouté : « On ne peut pas nous empêcher d’envoyer des gens être formés dans un pays donné parce qu’un autre pays ne veut pas. On est obligé de nous interroger : ne faut-il pas avoir de plan B ? »

ON NE VA PAS POUVOIR COHABITER AVEC DES MERCENAIRES

Cela n’a pas empêché Florence Parly, la ministre française des Armées, de faire à nouveau preuve de fermeté, ce lundi 20 septembre, lors d’une visite à Bamako. Venue pour « parvenir à clarifier la position des autorités maliennes et réitérer des messages », elle a répété, avant de rencontrer son homologue malien, le colonel Sadio Camara, que la France « [n’allait] pas pouvoir cohabiter avec des mercenaires ».

Le 16 septembre, lors de la conférence de presse officialisant la mort d’Abou Walid al-Sahraoui, chef jihadiste « neutralisé » par les forces françaises le 17 août dernier, elle avait d’ailleurs tenu à insister sur le fait que « la France ne s’en [allait] pas du Mali » mais « reconfigur[ait] » son dispositif militaire au Sahel. « Si ces discussions aboutissent sur une collaboration effective entre le Mali et cette société, cela serait incompatible avec le mode d’organisation et d’intervention que nous avons mis en place avec succès [dans la région] », avait-elle ajouté.

Les Français ne sont pas les seuls à s’être inquiétés de la proximité des autorités maliennes et du groupe Wagner. Sur les antennes de RFI et en marge du sommet extraordinaire de la Cedeao qui s’est tenu à Accra, le 16 septembre, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Hassoumi Massaoudou, a affirmé que « la Cédéao [tenait] à ce que des mercenaires russes ne soient pas dans notre région pour dégrader davantage la situation sécuritaire » et que « les militaires maliens [devaient] renoncer sans délai à ce type d’accord ».

Des propos qui ont fortement déplu à Bamako. Dans un communiqué daté du 19 septembre et à la tournure fort peu diplomatique, le secrétaire général du ministère malien des Affaires étrangères a condamné des propos jugés « inacceptables »,  » inamicaux » et  » condescendants », dénonçant au passage une « campagne de dénigrement »  et de « diabolisation » des dirigeants maliens. Le communiqué rappelle que « le Niger n’assume pas la présidence en exercice de la Cedeao » et conclut en se disant ouvert à « un dialogue franc et sincère par les canaux diplomatiques appropriés ».

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo

Canada-Québec reporte encore le retour en milieu de travail des fonctionnaires

septembre 20, 2021

Le gouvernement du Québec reporte à une date ultérieure le retour au bureau de ses fonctionnaires qui était prévu le 4 octobre.

La ministre responsable de l’Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.

© Jacques Boissinot/The Canadian Press La ministre responsable de l’Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.

La situation épidémiologique nous pousse à reporter de nouveau le retour dans les milieux de travail», a annoncé la ministre responsable de l’Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, dans un communiqué.

Le personnel de la fonction publique continuera donc d’effectuer du télétravail, comme l’a recommandé la Santé publique dans ses avis.

À titre d’employeur responsable, la santé et la sécurité des employés de la fonction publique sont primordiales», a poursuivi la ministre LeBel. Je tiens d’ailleurs à remercier l’ensemble du personnel pour leur excellent travail et leur collaboration depuis le début de la pandémie.»

En juin, Mme LeBel et son collègue, le ministre du Travail Jean Boulet, avaient annoncé qu’environ 60 000 fonctionnaires québécois devraient se présenter obligatoirement un minimum de deux jours par semaine au bureau à compter de janvier 2022. Pour les trois autres journées, les employés pourraient faire du télétravail.

Puis, fin août, Québec a annoncé que le personnel de la fonction publique, qui devait réintégrer les bâtiments gouvernementaux le 7 septembre, le ferait plutôt le 4 octobre. La situation serait alors réévaluée avec une situation épidémiologique plus favorable.

La recrudescence des cas de COVID-19 qui entraîne la quatrième vague en cours, de même que la présence marquée du variant Delta, a forcé le gouvernement à repousser le retour progressif de ses employés dans les milieux de travail.

Les autorités sanitaires avaient constaté qu’une majorité des éclosions observées lors des précédentes vagues de la pandémie avaient eu lieu dans les milieux de travail.

La grande majorité des employés de la fonction publique québécoise est actuellement en télétravail, à l’exception du personnel enseignant et des travailleurs de la santé.

Avec CBC/Radio-Canada 

New-York : Félix Tshisekedi ce mardi à la tribune de l’ONU

septembre 20, 2021

Président en exercice de l’Union africaine, le président congolais figure parmi les chefs d’État de la planète qui s’exprimeront ce 21 septembre, à l’ouverture de la 76 session de l’Assemblée générale des Nations unies.

C’est depuis l’aéroport international de Loano, à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, que le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo, s’est envolé le 19 septembre pour New-York, aux Etats-Unis. Il est allé participer à la 76session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU). Le 20 septembre, aux premières heures, le chef de l’Etat congolais a foulé le sol newyorkais, par l’aéroport international John F. Kennedy. Il a été reçu au pied de l’avion par M. Balumuene, ambassadeur de la République démocratique du Congo aux États-Unis, avant de rejoindre sa résidence de circonstance, apprend-on des sources proches de la présidence. Déjà, au menu de ses premières activités, Félix Tshisekedi devrait s’entretenir en tête-à-tête avec le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, avant son grand oral du 21 septembre du haut de la tribune des Nations unies.

Sauf imprévu, l’agenda mis à jour par le bureau de l’institution onusienne prévoit que le Félix-Antoine Tshisekedi -Tshilombo prenne la parole à la tribune en onzième position, à 14h00, heure de New-York (soit 19h00, heure de Kinshasa). Son oral sera le deuxième du genre après celui de sa première participation, en septembre 2019. Cette 76e session de l’Assemblée générale de l’ONU est une occasion pour les chefs d’Etat du monde d’échanger sur les grandes questions qui préoccupent la planète, entre autres, la pandémie de la covid-19 qui a privé les dirigeants de la planète de ce rendez-vous annuel en 2020.

Pour cette année, le thème retenu est « Miser sur l’espoir pour renforcer la résilience afin de se relever de la covid-19, reconstruire durablement, répondre aux besoins de la planète, respecter les droits des personnes et revitaliser l’organisation des Nations unies ».

Un discours très attendu

Le discours du président congolais et président en exercice de l’Union africaine est très attendu. Un discours aux multiples enjeux, notamment la question sécuritaire et sanitaire. Il est très attendu car il permettra au président Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo de faire entendre la voix de l’Afrique et de son pays. Le chef de l‘Etat congolais devra donner sa vision de la prévention au traitement pour arriver à immuniser le monde et, particulièrement, l’Afrique de la covid-19. Il aura donc à défendre ses propositions presque déjà publiques qui privilégient une vaccination de masse, la fabrication des vaccins en Afrique ainsi que la poursuite des recherches sur les différents traitements.  

Un autre sujet qui devrait revenir dans son discours, c’est la sécurité avec notamment la violence qui prévaut à l’est dans son pays et en Afrique. Du terrorisme en Afrique centrale et au Sahel en passant par la déstabilisation des institutions par les coups d’Etat, il est attendu du président en exercice de l‘Union africaine des réponses idoines et efficaces susceptibles de faire bouger les lignes. Il sera aussi question, pour Félix Tshisekedi, de faire le point sur l’économie du continent africain et sur les objectifs du développement durable.

D’autres thèmes comme le changement climatique, l’autonomisation de la femme, ou encore, les droits humains, devraient logiquement figurer dans le discours du Chef de l’Etat congolais à la 76ème session de l’Onu que va présider l’actuel ministre des Affaires étrangères des Maldives, Abdulla Shahid, élu le 7 juin 2021 par l’Assemblée  générale.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Algérie : l’ex-président Bouteflika inhumé avec moins d’honneurs que ses prédécesseurs

septembre 19, 2021
Le convoi transportant la dépouille de l’ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika, dimanche 19 septembre 2021.

L’ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika a été inhumé dimanche au carré des martyrs du cimetière d’El Alia à Alger, réservé aux héros de la guerre d’indépendance, mais il a eu droit à bien moins d’honneurs que ses prédécesseurs.

Chassé du pouvoir en 2019 après 20 ans à la tête de l’Algérie, Abdelaziz Bouteflika s’est éteint vendredi à l’âge de 84 ans dans sa résidence médicalisée de Zeralda dans l’ouest d’Alger.

Le cortège funèbre est arrivé au cimetière d’El Alia, après avoir parcouru une trentaine de km depuis Zeralda. La dépouille a été portée sur un affût de canon tiré par un véhicule blindé couvert de fleurs.

Aux côtés de membres de la famille, le président Abdelmadjid Tebboune, qui fut Premier ministre sous Bouteflika, les ministres et des diplomates étrangers étaient présents au cimetière, selon les médias.

Signe d’un certain embarras officiel, l’exposition de la dépouille initialement prévue pour un hommage des dignitaires et du grand public au Palais du peuple d’Alger, a été annulée, selon des sources concordantes.

Les corps des prédécesseurs de Bouteflika et même son ex-chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah ont tous été exposés dans ce bâtiment d’apparat avant d’être enterrés.

Le ministre des Moudjahidine (les anciens combattants), Laïd Rebigua, a prononcé l’oraison funèbre de celui qui fut aussi, dans les années 1970, un flamboyant chef de la diplomatie algérienne pendant 14 ans.

La dépouille d’Abdelaziz Bouteflika a ensuite été mise en terre au carré des Martyrs où reposent ses prédécesseurs, aux côtés des figures de la guerre d’indépendance (1954-1962).

« La mort d’un simple quidam » ?

Affaibli et aphasique depuis son AVC en 2013, l’ex-président avait été contraint à la démission le 2 avril 2019, sous la pression des manifestations massives du mouvement pro-démocratie Hirak contre son intention de briguer un 5e mandat consécutif.

Au terme de plusieurs heures de flottement sans réaction officielle, M. Tebboune, au pouvoir depuis fin 2019, avait fini par décréter samedi la mise en berne du drapeau national et un deuil de trois jours pour honorer « le moudjahid Abdelaziz Bouteflika ».

Ces atermoiements illustrent, selon les observateurs, des craintes de manifestations hostiles contre un ex-président à l’image ternie.

« Franchement, j’ai mieux à faire que de m’intéresser aux obsèques d’un président qui a laissé le pays dans un état lamentable. Je préfère m’occuper de mes oiseaux », a déclaré dimanche Farès, 62 ans, un retraité des finances qui habite à Alger.

Pour Islam, 45 ans, postier dans la capitale, « cet enterrement est un non-événement. Autour de moi, personne n’en parle en tout cas. C’est comme s’il s’agissait de la mort d’un simple quidam, qui n’a jamais été président. Les Algériens donnent l’impression d’avoir oublié Bouteflika, d’avoir tourné la page de son règne ».

« Enormément de haine »

« Il y a énormément de haine autour de la figure de Bouteflika sur les réseaux sociaux », a indiqué Isabelle Werenfels, chercheuse suisse spécialiste du Maghreb à l’institut allemand SWP.

Cela a rendu les décideurs actuels « nerveux » sur l’organisation des obsèques, selon elle, car « parmi les élites politiques, économiques et administratives, il y a un nombre assez important de personnes qui sont des produits ou des profiteurs de l’ère Bouteflika ».

Tous les anciens chefs d’État ont eu droit à des funérailles solennelles et huit jours de deuil national, à l’instar du premier président de l’Algérie indépendante Ahmed Ben Bella (1963-1965) et du troisième chef d’Etat Chadli Bendjedid (1979-1992), tous deux décédés en 2012.

Sans parler des funérailles grandioses du mentor de Bouteflika, l’ex-président Houari Boumedienne (1965-1978), marquées en 1978 par le tir de cent coups de canon et qui rassemblèrent des centaines de milliers de personnes.

Après l’annonce du décès du président déchu vendredi par une simple brève lue à la télévision nationale, les médias officiels lui ont réservé un traitement minimaliste.

Le puissant chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, un ancien ministre sous Bouteflika, a lui attendu jusqu’à dimanche pour transmettre ses condoléances à la famille.

À l’étranger, le roi du Maroc Mohammed VI a adressé un message de « compassion » à M. Tebboune, en dépit de fortes tensions entre les deux pays.

Par Jeune Afrique avec AFP

Football : les mauvaises performances de l’équipe malgache agacent le président

septembre 19, 2021

Le président malgache Andry Rajoelina célèbre le deuxième but de Madagascar lors de la CAN 2019  à Alexandrie, le 7 juillet 2019.

Révélation de la CAN 2019, la sélection malgache traverse des moments compliqués et la fédération, officiellement dirigée par un président recherché par Interpol, est la cible de nombreuses critiques. Une situation qui préoccupe le chef de l’État.

La CAN 2019 semble aujourd’hui bien loin. Madagascar, qui avait atteint les quarts de finale pour la première phase finale de son histoire, n’a pas réussi à se qualifier pour la prochaine édition, qui aura lieu du 9 janvier au 6 février 2022 au Cameroun. Et les deux défaites concédées face au Bénin (0-1, le 2 septembre à Antananarivo) et à la Tanzanie (2-3, le 6 septembre à Dar es-Salaam) lors des deux premières journées du deuxième tour des qualifications pour la Coupe du monde 2022 ont confirmé l’ampleur du problème. Les Malgaches ont compromis leurs chances d’accéder au troisième tour, en mars 2022.

Pas d’ingérence

Une situation face à laquelle Andry Rajoelina ne cache pas son agacement. Le chef de l’État s’était déjà prononcé publiquement contre la suspension du sélectionneur français Nicolas Dupuis, qui avait conduit les Barea en quarts de finale de la CAN en 2019. Il avait regretté « une décision unilatérale [et prise] sans concertation » en avril dernier, mais ne s’en était pas mêlé davantage, respectant le choix de la Fédération malgache de Football (FMF). « Le chef de l’État ne peut pas intervenir dans les affaires de la fédération, car cela pourrait entraîner une suspension de Madagascar par la Fifa [Fédération internationale de football association], qui ne tolère pas les ingérences politiques dans les affaires du football », explique un proche de la sélection nationale.

Les griefs de Raoul Rabekoto, le président de la FMF, à l’égard de Dupuis étaient de plusieurs ordres. Il y avait bien sûr l’élimination de la CAN 2022, mais il lui reprochait aussi de s’être mêlé des affaires administratives, financières et commerciales de la fédération, sans toutefois en apporter la preuve concrète. Il lui a donc préféré Éric Rabésandratana, un ancien joueur du Paris-Saint-Germain qui a été sélectionneur adjoint au FC Miami City, là encore sans tenir compte de l’avis du comité exécutif.

Président en cavale

Andry Rajoelina n’avait pas tenté de s’opposer à la nomination de Rabésandratana, qu’il avait cependant déplorée en privé. Pour marquer son soutien à Dupuis (l’État prenait en charge 8 000 des 12 000 euros de salaire du technicien, les 4 000 euros restant étant versés par la FMF), le président malgache l’avait néanmoins propulsé en juin à la direction de la section football de l’Académie nationale du sport de haut niveau, une structure récemment créée.

UNE SÉLECTION NATIONALE QUI A DES RÉSULTATS, CELA NE FAIT PAS OUBLIER LA CRISE, MAIS CELA APPORTE UN PEU DE LÉGÈRETÉ

C’est un fait, Rajoelina a beau s’astreindre à une certaine réserve, il suit de très près la sélection nationale et ses tourments. « Le chef de l’État a besoin d’une sélection qui a des résultats : c’est important pour l’image du pays et pour le moral des Malgaches, résume un membre de la fédération. Cela ne fait pas oublier la crise économique et les problèmes du quotidien, mais cela apporte un peu de légèreté. Mais un président [Raoul Rabekoto] de fédération en cavale et les mauvaises performances du onze national, ce n’est pas positif pour le pays. »

Rabekoto est en effet visé par une enquête pour abus de fonction, faux en écriture publique et usage de faux. Il est soupçonné d’avoir détourné 25 millions d’euros entre 2009 et 2018, lorsqu’il était le directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CnaPS). En fuite en Europe, il est visé par un mandat d’arrêt d’Interpol et risque, s’il devait être reconnu coupable, une condamnation au pénal. La FMF pourrait alors demander à la Fifa de le destituer de son poste de président.

Rabésandratana, dont les relations avec certains joueurs se sont dégradées et qui n’a pas répondu aux sollicitations de Jeune Afrique, pourrait voir son sort scellé dans les prochains jours. Nicolas Dupuis devrait, lui, être prochainement promu à la tête de la Direction technique nationale (DTN).

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Canada: Moins de 3000 anges gardiens régularisés au Québec

septembre 18, 2021

Le programme de régularisation des demandeurs d’asile ayant travaillé au plus fort de la pandémie dans le système de santé a majoritairement profité aux anges gardiens ontariens.

Des gens manifestent.

Différentes manifestations avaient été organisées en 2020 pour pousser Québec et Ottawa à lancer ce programme de régularisation. PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / GRAHAM HUGHES

« On est content d’avoir lancé un mouvement qui a plus profité aux gens de l’Ontario qu’au Québec », confie Marjorie Villefranche, la directrice de la Maison d’Haïti.

Son commentaire, jure-t-elle, est cynique.

Comme d’autres organismes d’aide aux immigrants vulnérables, Marjorie Villefranche n’a pas digéré la décision du gouvernement Legault de restreindre l’accès au programme de régularisation des demandeurs d’asile.

Annoncé l’été 2020 par le gouvernement fédéral, ce programme a permis aux demandeurs d’asile ayant fourni des soins dans les premiers mois de la pandémie d’obtenir une résidence permanente. L’équipe de Justin Trudeau voulait élargir l’accès à ce programme (aux agents de sécurité et aux préposés à l’entretien dans les établissements de santé par exemple), mais François Legault s’y est opposé.

Ce programme a pris fin le 31 août. Au total, selon des données obtenues par Radio-Canada, Québec a finalisé moins de 1500 dossiers, ce qui correspond à environ 2900 certificats de sélection (CSQ) délivrés pour autant de personnes.

Ce chiffre pourrait légèrement grossir dans les prochains jours, puisque la date limite concerne la transmission d’une demande au gouvernement fédéral, précise une porte-parole du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).

Sur réception de celle-ci, le gouvernement fédéral en détermine l’admissibilité à la politique d’intérêt public. Ensuite, il en informe [Québec] qui poursuit le traitement de la demande, ajoute-t-elle.

L’Ontario en tête des demandes

Combien de ces anges gardiens, tels qu’ils ont été publiquement qualifiés, ont obtenu ou vont recevoir dans l’ensemble du Canada une résidence permanente? Le chiffre final n’est pas encore connu, mais le gouvernement fédéral a reçu 5260 dossiers, pour 11 910 personnes.

Ces demandes proviennent essentiellement de l’Ontario (7085 personnes potentielles) et du Québec (4270 personnes potentielles).

Mais les exigences pour pouvoir postuler à ce programme pancanadien variaient selon les provinces. Contrairement au reste du Canada, le Québec – qui sélectionne ses propres immigrants dans plusieurs programmes d’immigration – avait sa propre liste de documents à fournir.

Si le travailleur n’avait pas le bon titre de poste, il ne pouvait pas être sélectionné par Québec, regrette Marjorie Villefrance. Pourtant, on l’a vu, avec le manque de personnel dans les CHSLDCentre d’hébergement et de soins de longue durée, tout le monde a mis la main à la pâte et a fait d’autres tâches, même si ce n’était pas l’intitulé du poste.

Aux yeux de la responsable de la Maison d’Haïti, l’un des trois organismes reconnus par Québec pour accompagner ces immigrants dans leurs démarches, les exigences du gouvernement Legault ont privé de nombreux demandeurs d’asile à ce programme.

Marjorie Villefranche.

Marjorie Villefranche, directrice générale de la Maison d’Haïti. PHOTO : RADIO-CANADA

Des gens ont abandonné ou ont été refusés. Je le sais, je le voyais en les aidant à réunir ces documents. C’était la croix et la bannière.Une citation de :Marjorie Villefranche, directrice de la Maison d’Haïti

Selon Marjorie Villefranche, 10 000 personnes, familles comprises, auraient pu revendiquer une résidence permanente, par le biais de ce programme spécial, au Québec.

Aucun élargissement envisagé

C’est très décevant, juge également Stephan Reichhold, le directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

On aurait dû, dès le départ, élargir ce programme, surtout dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre.Une citation de :Stephan Reichhold, directeur de la TCRI

Ce dernier estime que plusieurs candidats ont quitté le Québec, ces derniers mois, pour s’installer en Ontario, afin de profiter de ce programme de régularisation et de démarches simplifiées.

On se complique la vie inutilement [au Québec], clame-t-il.

À l’instar de Marjorie Villefranche, Stephan Reichhold espère encore un élargissement de ce programme, mais aussi un accès à tous ceux qui ont travaillé dans le milieu de la santé depuis la première vague de COVID-19.

Mais le gouvernement Legault ferme définitivement la porte à une telle idée.

Aucune révision, allongement, élargissement ou prolongation du Programme spécial des demandeurs d’asile en période de COVID-19 ne sera fait.Une citation de :Marie-Hélène Blouin, porte-parole du MIFI

C’est un peu mesquin quand on regarde tout ce que ces gens ont fait, assure Marjorie Villefranche. Finalement, ce n’était pas très généreux.

Avec Radio-Canada par Romain Schué

Paris rappelle ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie

septembre 18, 2021

PARIS — La France, plus ancien allié des États-Unis, a rappelé vendredi son ambassadeur aux États-Unis dans une manifestation de colère sans précédent qui a éclipsé des décennies de divisions précédentes.

© Fournis par La Presse Canadienne

La relation est apparue à un tournant après que les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni ont ignoré la France en créant un nouvel accord de sécurité dans l’Indo-Pacifique.

La France n’avait jamais rappelé auparavant son ambassadeur aux États-Unis, selon le ministère français des Affaires étrangères. Paris a également rappelé son envoyé en Australie.

La France est en colère depuis l’annonce mercredi de ce partenariat sécuritaire, baptisé Aukus, et l’annulation par l’Australie du contrat prévoyant la fourniture d’une douzaine de sous-marins conventionnels pour plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré que la décision française, à la demande du président Emmanuel Macron, est justifiée par la «gravité exceptionnelle» des annonces faites par l’Australie et les États-Unis.

Il a soutenu que la décision de l’Australie d’abandonner un gros achat de sous-marins conventionnels français en faveur de sous-marins nucléaires construits avec la technologie américaine était «un comportement inacceptable entre alliés et partenaires».

L’ambassadeur Philippe Étienne a écrit sur Twitter que les annonces «affectent directement la vision que nous avons de nos alliances, de nos partenariats et de l’importance de l’Indo-Pacifique pour l’Europe».

L’administration Biden a été en contact avec des responsables français au sujet de la décision de rappeler M. Étienne à Paris, selon un responsable de la Maison-Blanche. Le responsable, qui a requis l’anonymat pour discuter de la question diplomatique sensible, a ajouté que l’administration regrettait que la France ait pris cette décision et cherchait à s’engager avec la France dans les prochains jours pour résoudre les différends suscités par le pacte de sécurité entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie.

La décision représente un revirement choquant pour la France sous le centriste Macron, qui – après une relation de plus en plus amère avec l’ancien président Donald Trump – a chaleureusement serré la main de M. Biden lors d’un sommet du G7 en juin et a confirmé que «l’Amérique est de retour».

Ce rappel est sa décision de politique étrangère la plus audacieuse à ce jour au cours d’une présidence de quatre ans au cours de laquelle il a cherché à renforcer l’empreinte diplomatique et le rôle de la France dans l’élaboration des politiques européennes, et à rallier les voisins de la France autour de sa vision d’une Europe moins dépendante du parapluie de l’armée américaine.

Avec Sylvie Corbet, The Associated Press

Bénin : face à Patrice Talon, Iréné Agossa, opposant isolé ?

septembre 18, 2021

Iréné Agossa, ex-candidat à la vice-présidence du Bénin.

Le « ticket » qu’il formait avec Corentin Kohoué à la présidentielle a été accusé de n’avoir été qu’un faire-valoir de la candidature de Patrice Talon. Iréné Agossa s’impose pourtant aujourd’hui comme le représentant de « l’opposition réelle » au président béninois. Mais aura fort à faire pour convaincre de sa bonne foi.

À défaut de la vice-présidence de la République, il se contente aujourd’hui de la présidence de son parti, « Restaurer la confiance », qu’il a porté sur les fonts baptismaux en juin dernier. Bâtie sur les cendres du mouvement qu’il avait constitué pour porter le « ticket » qu’il présentait aux côtés de Corentin Kohoué à la présidentielle d’avril dernier face à Patrice Talon, la jeune formation devra jouer des coudes pour se faire une place sur la scène politique béninoise. Surtout, il va falloir à Iréné Agossa déployer des trésors de persuasion pour convaincre ses contempteurs qu’il n’est pas le traître qu’ils dépeignent.

Rêve d’alternance

Dans le vaste bureau blanc où il accueille ses visiteurs, aucune photo, pas un tableau n’orne les murs. Irénée Agossa, fils de paysan de 52 ans qui a fait ses premières armes dans les syndicats étudiants au sein de l’Union nationale des étudiants du Bénin (UNEB), entretien une image d’ascète. C’est ici que l’opposant élabore la stratégie de son parti avec, affirme-t-il, un objectif en tête : les législatives de 2023. « Le parti Restaurer la confiance, est la suite logique de la dynamique lancée lors de la campagne présidentielle », assure-t-il. « Le peuple n’a plus confiance en ses institutions », estime celui qui se présente comme un « opposant républicain » et plaide pour un « sursaut démocratique ». Ses cibles récurrentes ? « La corruption et l’accaparement de l’économie nationale par une minorité » et « la logique ultra capitaliste à l’œuvre depuis 2016 ». Et il n’hésite pas à se fixer un horizon pour le moins ambitieux : « Nous pouvons parvenir à une alternance. »

Il y a loin de la coupe aux lèvres. Et l’opposant le sait. Les premiers qu’il devra convaincre figurent parmi ses anciens alliés au sein de l’opposition. Jusqu’aux derniers jours précédant le dépôt de leur candidature commune pour la présidentielle d’avril dernier – à l’issue de laquelle ils n’ont recueillis que moins de 3% des voix – Agossa et Kohoué comptaient parmi les principaux cadres du parti Les Démocrates, créé par l’ancien président Thomas Boni Yayi, tout entier lancé dans sa croisade anti-Patrice Talon.

TANDIS QUE LES DISCUSSIONS SUR LA DÉSIGNATION DES CANDIDATS BATTAIENT SON PLEIN, AGOSSA ET KOHOUÉ S’ÉPANCHAIENT DANS LA PRESSE

Tandis que les discussions sur la désignation des candidats battaient son plein, les deux hommes s’épanchaient dans la presse et critiquaient la tournure prises par les débats internes. Les deux hommes sont exclus. Et lorsque le parti désigne Réckya Madougou et Patrick Djivo  pour porter ses couleurs, Agossa et Kohoué se précipitent à la Commission électorale nationale autonome pour déposer leur dossier de candidature. Au sein des Démocrates, on accuse le duo de félonie, d’autant que les deux hommes, à la différence du duo dûment désigné, a pu présenter les précieux parrainages exigés.

Les candidatures de Réckya Madougou, ainsi que celles de Joël Aïvo sont rejetées. Seuls restent en lice, face à Patrice Talon et sa colistière Mariam Chabi Talata, les duos Kohoué-Agossa et Alassane Soumanou-Paul Hounkpè, pour les Forces cauris pour un Bénin émergent. Au terme d’une campagne atone, à l’issue de laquelle Patrice Talon a réalisé le « coup KO » tant annoncé par ses partisans, Kohoué et Agossa finissent bon dernier, avec un tout petit 2,25% des voix.

Ligne de crête

Paul Hounkpè hérite du rôle de « chef de file de l’opposition », créé à la faveur de la dernière réforme constitutionnelle. Agossa, abandonné par Corentin Kohoué qui a décidé de ne pas poursuivre l’aventure politique à ses côtés, se retrouve bien seul. Et si l’homme prend un plaisir évident à user de sa voix de velours pour tenter de convaincre ses interlocuteurs, il peine encore à trouver la tonalité sur laquelle jouer sa partition au sein d’une opposition en pleine recomposition. Entre la frange « dure », dont certains des représentants sont actuellement incarcérés (à l’image de Madougou et Aïvo, quand d’autres ont choisi l’exil après avoir été condamnés par la justice de leur pays), et un chef de file qui entend occuper la place « d’opposant ouvert au dialogue », la ligne de crête est fine.

IL REJETTE LA « RUPTURE DÉMOCRATIQUE » QU’IL ACCUSE PATRICE TALON D’INCARNER

Le quinquagénaire a déjà une longue carrière politique derrière lui. Après ses premiers pas dans le syndicalisme estudiantin, il va créer son premier parti en 1998, le Front pour la République, avant de cofonder l’Union pour la relève, en 2004. Après un passage au sein de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication, où il siège en tant que représentant de l’Assemblée nationale, il se verra confier par Thomas Boni Yayi les rênes de la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers. Un passage en tant que directeur général de la Sonacop dont il sera suspendu sur fond de soupçons de mauvaise gestion, en 2016, devenant ainsi le premier protégé de Thomas Boni Yayi à « sauter » quelques jours seulement après que Patrice Talon ne prenne ses quartiers au Palais de La Marina.

Aujourd’hui, cet ancien allié de Lionel Zinsou tente de jouer la carte « républicaine ». D’un côté, il rejette la « rupture démocratique » qu’il accuse Patrice Talon d’incarner. Un président « venu par les urnes, mais qui a tout fait pour que le Parlement soit géré uniquement par sa tendance politique, qui fait passer des lois qui s’imposent à tous sans qu’il soit possible d’entendre un autre son de cloche sur la gestion des affaires publiques ». De l’autre, il dénonce « ceux qui appellent à la violence » et se défie des appels au boycott. « Nous respectons les lois de la République, même si nous ne sommes pas d’accord avec elles. Nous ne pourrons les rectifier qu’en passant par les urnes », insiste-t-il.

PARTISAN D’UN « RETOUR DES OPPOSANTS EXILÉS »

En attendant de (re)constituer une base militante à même de lui permettre d’envoyer d’éventuels députés à l’Assemblée, le patron de « Restaurer la confiance » se dit partisan d’un « retour des opposants exilés » et affirme être prêt à discuter avec Paul Hounkpè, en vue de la mise en place d’une « plateforme commune de l’opposition »… Tout en affirmant tout de go qu’il a un « problème de principe » avec le chef de file de ladite opposition qu’il accuse d’avoir « un problème de légitimité ».

Avec Jeune Afrique par Maurice Thatan