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France: Christian Estrosi rejoint Horizons, le parti d’Édouard Philippe

décembre 1, 2021

Christian Estrosi a annoncé mercredi qu’il s’engageait aux côtés d’Édouard Philippe et rejoignait les rangs de son parti politique Horizons.

Christian Estrosi et Edouard Philippe ont pris un cafe ensemble a Nice mercredi 1er decembre 2021.
Christian Estrosi et Édouard Philippe ont pris un café ensemble à Nice mercredi 1er décembre 2021.© VALERY HACHE / AFP

Après avoir quitté Les Républicains en mai dernier, avoir annoncé son soutien à Emmanuel Macron et avoir fondé son propre mouvement politique (appelé La France audacieuse), Christian Estrosi a pris une nouvelle grande décision mercredi 1er décembre : rejoindre le parti Horizons d’Édouard Philippe. Il l’a annoncé lors d’une grande réunion publique, qui a eu lieu à Nice, et en présence d’Édouard Philippe avec lequel il a d’ailleurs pris un café en terrasse.

« En rejoignant aujourd’hui Édouard Philippe au sein d’Horizons, je m’inscris au sein de la seule organisation qui peut aujourd’hui légitimement revendiquer » l’héritage du RPR et de l’UMP, a déclaré Christian Estrosi.

Le parti Horizons est l’une des composantes de la « maison commune » de la majorité présidentielle, baptisée « Ensemble citoyens ! », officiellement inaugurée mardi et qui regroupe sous une même bannière différents partis gravitant autour d’Emmanuel Macron, dont LREM et le MoDem, en vue des élections de 2022.

Estrosi veut défendre les « valeurs de la droite et du centre »

Pour Christian Estrosi, « il n’y a aucune incompatibilité à témoigner (ma) reconnaissance » à Emmanuel Macron et « à vous dire : “oui, je suis de droite et je ne m’en excuse plus” ». « Je m’engage avec toi mon cher Édouard (Philippe) et vous mes amis partout en France à défendre notre héritage et à porter nos valeurs de la droite et du centre », a ajouté Christian Estrosi.

Édouard Philippe s’est « réjoui » du ralliement du maire de Nice. Le maire du Havre, qui a estimé que la France a « besoin d’ordre, de mouvement et de projets » a prévenu que « le prochain quinquennat, même si le président (Macron) est réélu, sera difficile ».

Par Le Point avec AFP

France: La droite choisit son candidat à la présidentielle

décembre 1, 2021
La droite choisit son candidat a la presidentielle
La droite choisit son candidat à la présidentielle© AFP/JULIEN DE ROSA

Les adhérents des Républicains ont commencé à voter mercredi pour désigner leur candidat à la présidentielle, ouvrant un scrutin de quatre jours qui s’annonce serré.

Michel BarnierXavier BertrandEric CiottiValérie Pécresse et l’outsider Philippe Juvin se présentent à ce congrès de LR, dont le vainqueur sera connu samedi à 14H30, à l’issue d’un scrutin à deux tours.

A midi mercredi, la participation atteignait 25,4 %, selon le parti. Michel Barnier, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ont posté sur les réseaux sociaux des photos d’eux en train de voter lors du scrutin électronique.

Le premier tour s’achèvera jeudi à 14H00. Le second opposant les deux finalistes aura lieu de vendredi 08H00 à samedi 14H00. La majorité des fédérations ont aussi un point de vote physique en soutien. Une conférence de presse suivra à chaque fois.

A la permanence de Pegomas (Alpes-Maritimes), plusieurs adhérents étaient venus voter dès mercredi matin, comme Paul Zotier qui « ne dispose toujours pas d’Internet » chez lui. « C’est vrai qu’il y avait pas beaucoup de différence » entre les candidats, « cela a été très difficile, j’y ai pensé hier puis toute la nuit, ce (mercredi) matin j’ai pris la décision de celui que je pense être le meilleur », dit à l’AFP Henri Formica.

Côté pratique, le parti a tout fait pour sécuriser le processus, confié à la plateforme Neovote: « Chaque électeur doit fournir un numéro de portable, une adresse mail et une adresse postale pour pouvoir voter », selon le président de LR Christian Jacob.

Le vote s’annonce très ouvert, chacun des quatre « gros » candidats pouvant prétendre au second tour, d’autant que l’approche du congrès a attiré de nouveaux adhérents.

Au total, 140.000 personnes pourront voter, très loin des quelque 4 millions d’électeurs de 2016, mais il s’agissait alors d’une primaire ouverte où chacun, moyennant 2 euros et une profession de foi, pouvait voter.

Avant la fin de la campagne officielle, mardi soir, les candidats avaient eu une dernière occasion d’exposer leurs programmes lors d’un débat télévisé et de tenter de faire oublier l’irruption d’Eric Zemmour dans la campagne.

« Il n’a pas la stature pour rassembler les Français », a lancé Xavier Bertrand, tandis que Michel Barnier estimait qu' »il faut du sérieux, de la dignité, du respect ». Valérie Pécresse a raillé la « fébrilité » du polémiste d’extrême droite, qu’elle oppose à une droite « de retour ».

Distancés par Macron et l’extrême droite

Si cette candidature d’Eric Zemmour n’est pas une surprise, la date semble avoir été choisie à dessein pour parasiter le scrutin LR, d’autant que le candidat identitaire tiendra un meeting dimanche au Zénith, au lendemain des résultats du congrès.

LR doit aussi convaincre alors qu’une partie de son électorat pourrait être tentée par la macronie: mercredi, le maire de Nice Christian Estrosi, qui a claqué la porte du parti en mai, a rejoint Horizons, le mouvement de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe (ex-LR lui aussi). C’est « la seule organisation » pouvant « légitimement revendiquer l’héritage du RPR, de l’UMP et des Républicains », s’est justifié M. Estrosi.

LR reste distancé dans les sondages par Emmanuel Macron et l’extrême droite, mais espère qu’une dynamique s’enclenchera une fois son candidat désigné.

A l’approche du scrutin, les réunions publiques, interviews et annonces de soutien se sont multipliées, chacun jetant ses dernières forces dans la bataille pour tenter de convaincre les indécis, en jouant chacun sa carte: rassemblement pour Xavier Bertrand, compétence pour Valérie Pécresse, sérieux pour Michel Barnier, rupture pour Eric Ciotti…

Le quatrième et dernier débat a aussi été l’occasion de parler de leur programme au-delà de l’immigration et de l’insécurité qui ont dominé la campagne.

Pas de différences « insurmontables »

Michel Barnier a ainsi prôné une « grande politique familiale », Xavier Bertrand une aide au logement pour les soignants en zone tendue, Valérie Pécresse le recrutement de 25.000 soignants, et Philippe Juvin l’obligation de passer un an dans les déserts médicaux.

« Il y a peut être des différences entre nous mais rien n’est insurmontable », a affirmé Michel Barnier, qui a toutefois critiqué plusieurs propositions de Valérie Pécresse.

Les candidats sont astreints au silence jusqu’à l’annonce des résultats jeudi. Ils devront de nouveau se mettre en retrait jeudi à 23H59, jusqu’à ce que le nom du vainqueur soit dévoilé samedi.

Par Le Point avec AFP

France: Eric Zemmour officialise sa candidature à l’élection présidentielle

novembre 30, 2021

Le polémiste d’extrême droite a annoncé sa décision dans une vidéo publiée, mardi, sur les réseaux sociaux, en lisant un texte aux accents dramatiques.

Eric Zemmour a officialisé sa candidature à l'élection présidentielle de 2022 dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, mardi 30 novembre.
Eric Zemmour a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2022 dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, mardi 30 novembre. CAPTURE ÉCRAN YOUTUBE

Après de nombreux déplacements en France et à l’étranger, ces dernières semaines, Eric Zemmour a officialisé, mardi 30 novembre, sa candidature à l’élection présidentielle. Le polémiste d’extrême droite a annoncé sa décision dans une vidéo publiée, mardi à midi, sur les réseaux sociaux. Il sera l’invité du journal télévisé de 20 heures de TF1, mardi soir.

« Il n’est plus temps de réformer la France, mais de la sauver. C’est pourquoi j’ai décidé de me présenter à l’élection présidentielle », a déclaré l’ancien chroniqueur du Figaro et de CNews dans une vidéo de dix minutes, en lisant un texte aux accents dramatiques et nostalgiques, entrecoupé d’images d’archives et de sa campagne sur le 2e mouvement de la 7e Symphonie de Beethoven. Il justifie sa décision ainsi : « Je me suis contenté du rôle de journaliste, d’écrivain, de Cassandre, de lanceur d’alerte. Je croyais alors qu’un politicien allait s’emparer du flambeau que je lui transmettais. Je me disais “à chacun son métier, à chacun son rôle, à chacun son combat”. Je suis revenu de cette illusion. »

Un discours sur fond de théorie raciste du « grand remplacement »

Eric Zemmour, l’air grave, a lu lentement son texte, dans une scénographie copiée sur l’appel du 18 juin du général de Gaulle : un étrange et énorme micro posé sur un bureau, devant une bibliothèque assez sombre, comme dans les allocutions officielles des présidents de la République. Sur le fond, le discours est apocalyptique sur l’état du pays, pendant que défilent des images de violences, puis de son image d’une France rêvée – de Gaulle, Jeanne d’Arc, Napoléon –, ce pays « léger et brillant »« tellement intelligent »« ce pays qui est en train de disparaître ».

Le candidat d’extrême droite a égrené tout au long de sa déclaration des références à la théorie raciste du « grand remplacement ». Après une longue anaphore décrivant la France comme « le pays des chevaliers »« de Victor Hugo »« des barricades et de Versailles », « de Clemenceau », « de Barbara » ou encore « de Jean Moulin », il s’est adressé directement à ceux qui se sentent « étrangers dans [leur] pays ». « Vous êtes des exilés de l’intérieur », leur a-t-il dit.

« L’immigration n’est pas la source de tous nos problèmes même si elle les aggrave tous », a poursuivi le candidat. Il se veut le porte-parole des Français qui sont « méprisés par les puissants, les élites, les bien-pensants, les journalistes, les politiciens, les universitaires, les sociologues, les syndicalistes, les autorités religieuses ». Fustigeant l’Union européenne, « qui ne sera jamais une nation », M. Zemmour promet de « reconquérir » la souveraineté de la France « abandonnée aux technocrates et aux juges européens ».

Face aux « gouvernants de droite comme de gauche », qu’il accuse d’avoir « menti » en « dissimulant la gravité de notre déclassement » et « caché la réalité de notre remplacement », M. Zemmour dit ne pas vouloir laisser le pays se faire « dominer, vassaliser, conquérir, coloniser ». « Nous ne nous laisserons pas remplacer », lance-t-il dans les derniers instants de son adresse.

La vidéo, publiée en live sur YouTube, a cumulé près de 90 000 connexions simultanées. Olivier Ubéda, responsable des événements de son équipe de campagne, a confirmé au Monde que « la vidéo [avait] été tournée il y a deux semaines, dans un endroit privé ».

Le défi des parrainages

A quatre mois et demi de l’élection, l’ancien chroniqueur est donc lancé officiellement après une précampagne électrique, ponctuée de plusieurs polémiques. M. Zemmour, qui a 63 ans, doit tenir son premier véritable meeting de campagne dimanche après-midi, au Zénith de Paris. La Confédération générale du travail (CGT) de Paris, Solidaires Paris et la Jeune Garde antifasciste ont déjà promis une manifestation pour « faire taire Zemmour », à 13 heures au départ de Barbès, dans le 18e arrondissement de la capitale.

En se déclarant mardi, le polémiste, qui ambitionne de rassembler les électeurs de droite et d’extrême droite, parasite au passage le processus d’investiture en cours au sein des Républicains (LR), qui départagent de mercredi à samedi leurs cinq prétendants. Ceux-là doivent débattre une dernière fois à la télévision mardi soir, juste après le journal télévisé de 20 heures, sur France 2 et France Inter.

M. Zemmour, condamné deux fois pour provocation à la haine raciale, se déclare après avoir conclu, ce week-end, une visite chahutée à Marseille par un échange de doigts d’honneur avec une passante. Un geste « fort inélégant », a-t-il convenu le lendemain.

Stanislas Rigault, qui anime Génération Z, le mouvement de jeunesse du candidat, a reconnu un moment « compliqué » à Marseille. « Ce n’est pas la meilleure période », mais « je ne pense pas que la dynamique va s’essouffler, on a un Zénith qui sera rempli », a-t-il assuré sur BFM-TV. « L’aventure va commencer demain à 12 heures »avait-il tweeté, lundi soir.Lire aussi  Doigt d’honneur d’Eric Zemmour : « fiasco », « disqualifié »… Le geste du polémiste d’extrême droite au centre des critiques

Ne bénéficiant pas du soutien d’un parti, la constitution d’un réseau sur le terrain sera l’un de ses nombreux défis, ne serait-ce que pour récolter les 500 parrainages d’élus nécessaires à une candidature à la présidentielle. Son camp assure s’appuyer sur 250 à 300 promesses de parrainages.

Selon Marine Le Pen, « il n’apporte rien », « écarte et divise »

Réagissant à l’imminence de cette annonce, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a évoqué, mardi matin, au micro d’Europe 1, un candidat putatif qui « s’est vendu comme le [Donald] Trump français ». « C’est un Trump commandé sur [la plate-forme] Wish », a-t-il raillé. Condamnant le geste de M. Zemmour à Marseille, M. Attal a continué : « On ne fait pas des doigts d’honneur aux Français quand on veut être président. »

Fabien Roussel, candidat à l’élection présidentielle du Parti communiste français, a, quant à lui, rappelé qu’il déposerait, jeudi, une résolution à l’Assemblée nationale afin que toute personne condamnée pour incitation à la haine raciale soit rendue inéligible.

La candidate d’extrême droite pour le Rassemblement national, Marine Le Pen, s’en est, elle, pris à M. Zemmour sur le fond pour s’en différencier. « Une partie de son projet est complètement contraire au mien : femmes, économie, immigration. La fermeté n’est pas la brutalité. C’est un polémiste, ce n’est pas un candidat à la présidentielle. Il écarte et divise », a-t-elle ainsi avancé à l’antenne de Sud Radio, avant d’asséner :

« Je ne souhaitais pas qu’il se rallie à moi, je souhaitais qu’il ne soit pas candidat. Il n’apporte rien, il n’a pas de plus-value. La division n’est pas un service à rendre au pays. »

Eric Ciotti, candidat à l’investiture LR, a affirmé que l’officialisation de la candidature de M. Zemmour était « un non-événement ». Si le député des Alpes-Maritimes confirme « partage[r] des points essentiels de ses constats » alors qu’il avait affirmé qu’en cas de second tour entre M. Zemmour et Emmanuel Macron il voterait pour le premier, il a également condamné, mardi, « le débat de violence et de haine » qui entoure, selon lui, le candidat. M. Ciotti a néanmoins déclaré que sa principale différence avec lui était « au sujet de son analyse de l’histoire, notamment sur Pétain » et qu’en tant que « gaulliste » il ne pouvait « en rien la partager ».

Par Le Monde avec AFP

France-Crise aux Antilles: Lecornu arrivé en Martinique après un dialogue de sourds en Guadeloupe

novembre 30, 2021
Crise aux Antilles: Lecornu arrive en Martinique apres un dialogue de sourds en Guadeloupe
Crise aux Antilles: Lecornu arrivé en Martinique après un dialogue de sourds en Guadeloupe© AFP/Alain JOCARD

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu est arrivé en Martinique lundi soir après une visite de 24h en Guadeloupe, achevée par un dialogue de sourds avec l’intersyndicale et où le gouvernement envoie des forces de sécurité intérieure supplémentaires pour faire face à la violence durant la crise sociale.

M. Lecornu a atterri en début de soirée en Martinique, a-t-on appris auprès de son entourage, deuxième et dernière étape d’un court séjour destiné à apaiser les tensions et tenter de sortir de la crise sociale traversée par les deux îles des Antilles françaises, distantes de 120 km et marquées par un fort taux de chômage, en particulier chez les jeunes.

Il doit être de retour mercredi à Paris.

Lundi en Guadeloupe, où il était arrivé la veille, les discussions avec l’intersyndicale et les élus locaux ont tourné court.

Le ministre a jugé qu’aucune discussion n’était possible tant que les syndicats « ne « veulent pas condamner des tentatives d’assassinat contre des policiers et des gendarmes », un « préalable pourtant évident et indispensable ».

Sa rencontre avec quatre représentants syndicaux de l’UGTG et FO s’est donc résumée à une simple remise de « documents de revendication ».

Réclamant une « prise de conscience » face aux violences, Sébastien Lecornu a annoncé lors d’un point presse l’envoi d’un escadron de 70 gendarmes mobiles et 10 membres du GIGN supplémentaires, pour « tenir ».

« Lorsqu’on tire et qu’on arrose au 9 millimètres dans les rues », c’est « un miracle qu’un enfant de 9 ou 10 ans » ne se soit pas « retrouvé sous ces balles », a-t-il insisté.

« Tout va être mis en oeuvre pour libérer les barrages » qui entravent encore par endroits la circulation sur l’île « et les renforts participent de ça », a poursuivi Sébastien Lecornu.

Lundi, le Collectif des socio-professionnels, qui rassemble plusieurs corps de métiers très différents (transporteurs, taxis, BTP, tourisme), a menacé d' »une action » d’ici 24 heures s’il n’était pas invité aux négociations.

Le collectif avait barré la Guadeloupe durant trois jours en février.

– Rapport de forces-

Né du refus de l’obligation vaccinale pour soignants et pompiers, le mouvement s’est étendu à des revendications politiques et sociales, notamment contre la vie chère, et a occasionné des violences, pillages et incendies, comme en Martinique.

Les deux îles sont placées sous couvre-feu.

Sébastien Lecornu a par ailleurs vivement critiqué les responsables syndicaux qui « ont commencé à vouloir chercher des amnisties » pour les auteurs de violences.

Côté syndicats, la délégation estime que Sébastien Lecornu « n’est pas venu pour négocier, mais parce qu’il a été forcé par le rapport de forces que nous avons installé ».

Maïté Hubert-M’Toumo, de l’UGTG, rappelle leurs revendications « prioritaires » comme « l’arrêt des suspensions des personnels et professions libérales » non-vaccinés, la « suspension des condamnations des personnes pour les violences », et un « plan d’urgence pour la qualification des jeunes et les conditions de travail des familles guadeloupéennes ».

Alors que de nombreux domaines sont gérés par les collectivités territoriales (distribution d’eau, voierie, transport, environnement, formation professionnelle), Sébastien Lecornu a également placé les élus locaux face à leurs responsabilités.

« Je veux bien me faire engueuler pour des choses que l’Etat n’a pas faites avant même que nous soyons au pouvoir ( ?.) ce qui est compliqué c’est de se faire engueuler pour des choses dont l’Etat n’est pas responsable », a-t-il affirmé.

« Il faut que chacun soit à sa place dans ce territoire », a ajouté le ministre, qui avait déclaré vendredi que le gouvernement était « prêt » à « parler » de davantage d’autonomie pour la Guadeloupe.

Plus tôt, les élus locaux guadeloupéens avaient décidé de ne pas se rendre à une rencontre prévue avec le ministre, qui a néanmoins participé à une visio-conférence avec 16 maires de l’île.

« (…) Nous ne voyons pas cet état d’esprit d’apaiser la situation et de faire en sorte que les conditions soient réunies » pour sortir de crise, a indiqué Guy Losbar, ex-président du département dont l’élection a été annulée, pour justifier le refus des élus locaux.

Sébastien Lecornu rencontrera également en Martinique les élus locaux et l’intersyndicale, qui ont signé avec l’Etat un « accord de méthode » pour tenter de sortir de la crise.

Sept thématiques (santé, jeunesse, vie chère dont prix des carburants et du gaz, transports, chlordéconomie, pêche, culture) doivent faire l’objet de discussions.

« La situation n’est en rien comparable entre la Guadeloupe et la Martinique puisqu’en Martinique, (les) préalables républicains » aux négociations « ont été remplis par les élus et l’intersyndicale » a estimé Sébastien Lecornu.

Par Le Point avec AFP

France: Hommage vibrant à Joséphine Baker par Emmanuel Macron au Panthéon

novembre 30, 2021

Avec France24

France: Merci, Joséphine Baker

novembre 30, 2021
Exposition « Joséphine Baker, au fil de l’eau », du 25 novembre au 31 décembre 2021 à la piscine Joséphine-Baker, Paris. © La piscine – Joséphine Baker

Ce 30 novembre, Joséphine Baker entre au Panthéon. Un symbole qui fait, à juste titre, l’unanimité. Puisse-t-il nous inspirer!

Ni remous ni scandales, ni contestations ni réserves. Pour une fois, le choix du président Emmanuel Macron semble faire l’unanimité et l’entrée de Joséphine Baker au Panthéon, temple républicain des « grands hommes », lui fournira ce 30 novembre 2021 l’occasion de dire ce que doit être la France de demain.

En habile manipulateur des symboles, il caressera dans le sens du poil le pays des Droits de l’homme et du citoyen tel qu’il aime à se penser : égalitaire, libertaire et fraternel. En un temps où certains communiquent avec des doigts d’honneur, il serait malvenu de faire la fine bouche face au symbole. Surtout quand celui-ci a les yeux et la voix de Joséphine Baker.

Un exemple d’affranchissement

Dès 2013, dans une tribune pour le quotidien Le Monde, le philosophe Régis Debray demandait l’entrée de la chanteuse et danseuse au Panthéon. « L’époque n’est pas au sacrifice ? Justement. La Gestapo a quitté la place et personne ne nous demande de faire sauter les trains. On peut encore, en revanche, secouer les apartheids en réinventant le quotidien. Joséphine Baker n’a pas l’aspect d’une héroïne. C’est une irrégulière. Ce n’est pas un mythe. C’est un exemple. De quoi ? D’un affranchissement, qui a bousculé les conformismes et dérangé les lignes », écrivait-il déjà.

UNE FEMME NOIRE, ANTIRACISTE, FÉMINISTE, RÉSISTANTE, BISEXUELLE, FRANC-MAÇONNE SERA CÉLÉBRÉE PAR LA NATION RECONNAISSANTE

Emmanuel Macron l’a lu et entendu, le cénotaphe de l’enfant née Freda Joséphine McDonald, le 3 juin 1906 à Saint-Louis (Missouri), attirera désormais en visiteurs les fantômes de Jean Moulin, Victor Schœlcher et Félix Éboué, entre autres, comme sa loge parisienne attirait Hemingway, Man Ray, Le Corbusier et bien d’autres.

Et le temps d’un discours, au moins, une femme noire, antiraciste, féministe, résistante, bisexuelle, franc-maçonne sera célébrée par la nation reconnaissante. Laquelle peut bien lui dire merci pour ce qu’elle a offert : son talent, son engagement, sa générosité, sa reconnaissance.

Exposition « Joséphine Baker, au fil de l’eau », du 25 novembre au 31 décembre 2021 à la piscine Joséphine-Baker, Paris.
Exposition « Joséphine Baker, au fil de l’eau », du 25 novembre au 31 décembre 2021 à la piscine Joséphine-Baker, Paris. © Piscine Joséphine-Baker

Merci pour la beauté, merci pour le spectacle, merci pour le retournement du regard, merci pour le combat, et surtout merci pour l’exemple et l’inspiration. Les plus jeunes générations iront chercher et trouveront dans les livres d’histoire, les albums jeunesse (Joséphine Baker, la danse, la résistance et les enfants, de Patricia Hruby Powell, Rue du monde, 108 pages, 19,50 euros), les bandes dessinées (Joséphine Baker, de Catel & Bocquet, Casterman, 568 pages, 30 euros), les documentaires (Stupéfiant – Modèles noirs, regards blancs et Secrets d’histoire : Joséphine Baker, la fleur au fusil, diffusés les 2 et 3 décembre sur France 2/TV5 Monde), les expositions (Baker au fil de l’eau, piscine Joséphine-Baker, jusqu’au 31 décembre), de quoi nourrir une vision de la France qui ne soit pas celle, rance, du rejet et de l’égoïsme.

Merci Joséphine Baker de nous aider encore, par-delà la mort, à être un peu meilleurs.

Joséphine Baker, intersectionnelle avant l’heure

Joséphine Baker dans le film muet « La sirène des tropiques » (1927), de Mario Nalpas et Henri Etievant © Mary Evans/AF Archive/SIPA

Joséphine Baker est la première femme noire à entrer au Panthéon le 30 novembre 2021. Un hommage à cette incarnation du jazz qui combattait toutes les formes d’oppression.

Joséphine Baker entre au Panthéon, ce lieu dévolu aux grands hommes et femmes de l’histoire de la France, le 30 novembre. Ce sera seulement la cinquième femme honorée pour 72 hommes, et la première femme noire. Pour respecter la volonté de la famille, son corps restera au cimetière marin de Monaco. Elle y a été inhumée vêtue de son uniforme militaire, avec les médailles reçues du fait de son rôle pendant la Résistance.5.

Il serait vain de tenter de retracer en quelques phrases une vie aussi riche. Née à Saint-Louis (Missouri), Joséphine Baker est devenue au cours des années 1930 l’une des premières artistes connues internationalement. Joséphine Baker, c’est d’abord pour beaucoup l’incarnation du jazz. À 13 ans, elle intègre une troupe de spectacle de rue, The Jones Family Band. À 15 ans, elle participe au St. Louis Chorus Vaudeville Show. Elle rejoint ensuite New York et la revue musicale Shuffle Along. Les années 1920, c’est la renaissance de Harlem, avec une explosion d’énergie créatrice au sein de la communauté artistique africaine-américaine. Des comédies musicales et des boîtes de nuit comme le Cotton Club font émerger des talents noirs à la popularité sans précédent auprès de l’Amérique blanche.

RIHANNA ET BEYONCÉ, AVEC SA ROBE BANANE, LUI ONT RENDU HOMMAGE

Joséphine Baker va internationaliser ce mouvement en participant de son exportation outre-atlantique. À Paris, elle devient la danseuse de revue la mieux payée de l’époque, à la tête d’une troupe de 25 artistes, la fameuse « Revue nègre » qui se produit aux Folies Bergères et au Théâtre des Champs Élysées… Le 20 septembre 1926, Joséphine enregistre ses premiers 78 tours chez Odéon. C’est alors que le public francophone découvre les plus grands standards du jazz.

Aujourd’hui encore, les artistes africains-américains rendent hommage au rôle de Joséphine. On se souvient de Beyoncé et de sa jupe banane lors de sa performance en 2006 au Fashion Rocks ou de Rihanna en 2014 aux Fashion Awards qui arborait une robe transparente inspirée de Joséphine.

« Tribu arc-en-ciel »

Joséphine Baker, c’est aussi l’exaltation de la « diversité ». Pas de cette diversité théorique dont on parsème les discours, mais bien d’une diversité concrète, vivante, qui forge un projet de vie. Chez Joséphine, cette diversité est à l’origine d’une expérience humaine atypique au coeur d’un XXe siècle marqué par le racisme et les préjugés. En 1953, après une décennie de réflexion et d’élaboration, Joséphine fonde une famille à partir de zéro, en décidant d’adopter des enfants issus de tous les continents du monde : Asie du Sud-Est, Afrique du Nord et de l’Ouest et Amérique latine. Elle les éduquera dans le sud-ouest de la France au sein d’une ferme pédagogique. C’est pour elle la famille de l’avenir, ce qu’elle nomme fièrement sa « tribu arc-en-ciel ».

Personne n’a jamais vu auparavant une femme noire adopter un enfant blanc. Personne n’a non plus vu une femme noire adopter douze enfants dans un château pour qu’ils deviennent les soldats de l’amour. Le Monde rapporte alors que Joséphine Baker est sur le point de devenir « la mère d’une famille de toutes les couleurs » et décrit Joséphine comme « une militante de la lutte antiraciale ». Les enfants seraient « élevés comme des frères », bien que chacun « maintiendrait la langue, l’habillement, les coutumes et les religions de son pays ».

QUAND JOSÉPHINE OUVRE SA BOUCHE, LE MONDE ENTIER ENTEND »

Joséphine Baker considère alors sa famille comme une petite organisation des Nations unies, riche d’une diversité linguistique, religieuse, raciale et nationale. Elle le déclare aux journalistes : « Je ferai tous les efforts pour que chacun montre le plus grand respect pour les opinions et les croyances de l’autre. Je prouverai que les êtres humains peuvent se respecter les uns les autres s’ils en ont l’occasion. »

Contre la domination

Honorer Joséphine enfin, c’est célébrer la « Résistance ». Une résistance farouche, constante, en tout temps et en tout lieu. Ce qu’on appelle aujourd’hui l’intersectionnalité – ce mélange de tous les combats contre la domination –, Joséphine l’a fait sienne avant l’heure. Pendant la Seconde guerre mondiale, elle rejoint la Résistance française. Elle collecte des informations sur les mouvements de troupes qu’elle recueille auprès de plusieurs ambassades et les acheminent en Angleterre. Elle utilise son statut de star pour justifier ses voyages. Elle abrite des résistants en Dordogne, dans son château des Milandes. Quelques semaines avant le débarquement en Normandie, elle intègre l’armée de l’air et devient sous-lieutenant.

Militante des droits civiques, elle participe aussi en 1963 à la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté. Amie de Martin Luther King, elle est invitée à faire un discours dont les mots simples et directs résonnent encore aujourd’hui : « Je suis entré dans les palais des rois et des reines et dans les maisons des présidents. Mais dans le même temps je ne pouvais pas entrer dans un hôtel en Amérique et prendre une tasse de café, et cela m’a rendu folle. Quand je m’énerve, vous savez, j’ouvre ma grande bouche. Et quand Joséphine ouvre sa bouche, le monde entier entend »…

Avec Jeune Afrique par Nicolas Michel et

François Durpaire

Par François Durpaire

Historien, professeur à l’université de Cergy

Migrants illégaux: « pas de remise en cause » des accords du Touquet, il faut un accord UE/Royaume-Uni, selon Darmanin

novembre 29, 2021
Migrants illegaux: "pas de remise en cause" des accords du Touquet, il faut un accord UE/Royaume-Uni, selon Darmanin
Migrants illégaux: « pas de remise en cause » des accords du Touquet, il faut un accord UE/Royaume-Uni, selon Darmanin© AFP/FRANCOIS LO PRESTI

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a affirmé lundi qu’il n’y aurait « pas de remise en cause » des accords du Touquet sur la frontière franco-britannique et souhaité un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni pour endiguer les traversées de migrants illégaux dans la Manche.

Il faut un « accord Union européenne (UE) et Grande-Bretagne » car « cela ne peut pas être un simple accord de réadmission de migrants sur le territoire » français, a déclaré M. Darmanin, rejetant fermement la proposition du Premier ministre britannique Boris Johnson.

Il s’exprimait lors d’une conférence de presse après la réunion le matin d’un Conseil de défense de sécurité intérieure, présidée par le chef de l’État Emmanuel Macron, et consacrée à la lutte contre les traversées de la Manche par des immigrés clandestins.

« Ce que nous voulons », a-t-il insisté, « c’est un accord équilibré qui offre de réelles solutions y compris aux problèmes de la France et de l’Europe (…) Nous ne voulons pas d’un accord unilatéral ».

Gérald Darmanin a annoncé que le Premier ministre Jean Castex écrirait mardi à son homologue Boris Johnson pour lui proposer de travailler à l’élaboration de cet accord.

« C’est un accord qui règle le travail entre la Grande-Bretagne et les pays frontaliers dans un cadre d’immigration pas négocié lors du Brexit », a souligné le ministre.

M. Darmanin a par ailleurs rejeté toute « remise en cause » des accords du Touquet (2004) qu placent la frontière britannique côté français, ainsi que l’ont suggéré plusieurs personnalités d’opposition, en rappelant que ce texte ne concernait que l’immigration légale.

Par ailleurs, il a mis en garde les Britanniques contre toute velléité de remettre à la mer les migrants qui arriveraient sur leurs côtes, ce qui serait « une ligne rouge inacceptable ». « Nous n’accepterons jamais la pratique des refoulements en mer », a-t-il assuré, car « le Royaume-Uni n’est pas exonéré du droit international ».

Plus tôt lundi matin, Gérald Darmanin avait appelé le Royaume-Uni à ouvrir un « accès légal à l’immigration » et à prendre « ses responsabilités ».

« Que faire avec les Anglais ? Et bien qu’ils changent leur législation, qu’ils prennent leurs responsabilités », avait-il lancé sur BFM/RMC, rappelant que, chaque année, 30.000 demandes d’asile sont enregistrées en Grande-Bretagne contre environ 150.000 en France.

Soulignant la nécessité de lutter contre les passeurs, le ministre a annoncé le doublement des effectifs de l’Office central dédié à la lutte contre l’immigration clandestine.

Il a prévu de se rendre mardi en « Slovénie » et vendredi en « Pologne » dans le cadre de la préparation du Conseil des ministres de l’Intérieur européen le 9 décembre prochain, qui évoquera le dossier.

Par Le Point avec AFP

Ces Soudanais qui soutiennent le coup d’État

novembre 29, 2021

REPORTAGE. Face aux opposants bien visibles au putsch, il y a une frange de civils qui jugent les militaires indispensables à la transition démocratique. Explication.

Preuve que la situation est loin d'etre stabilisee : des manifestants se sont opposes a la decision du Premier ministre Hamdok de signer un nouvel accord avec l'armee, pendant que d'autres Soudanais estimaient les militaires indispensables a la transition..
Preuve que la situation est loin d’être stabilisée : des manifestants se sont opposés à la décision du Premier ministre Hamdok de signer un nouvel accord avec l’armée, pendant que d’autres Soudanais estimaient les militaires indispensables à la transition..© – / AFP

Le 30 octobre, des centaines de milliers de Soudanais sont descendus dans les rues pour protester contre le coup d’État perpétré cinq jours plus tôt par le chef de l’armée. Certains se contentaient de réclamer le retour du tandem militaro-civil. La plupart exigeaient cependant d’exclure strictement l’armée du pouvoir. Cette seconde position a gagné du terrain au fil des « marches du million », dont la prochaine est fixée au 30 novembre. Et ce, malgré la signature, le 21 novembre, d’un accord entre le général putschiste Abdel Fattah al-Burhane et le Premier ministre Abdallah Hamdok, désormais qualifié de « traître » par bon nombre de pro-démocratie.

L’incompréhension face à l’attitude de Hamdock

« Je comprends la position de Hamdok quand il déclare qu’il veut mettre un terme au bain de sang. Mais, après ce qu’il s’est passé, nous ne pouvons plus faire confiance aux militaires. Depuis le putsch, les forces de l’ordre tuent les manifestants de la même manière que lors du démantèlement du sit-in le 3 juin [au moins 127 personnes avaient été assassinées, NDLR]. Or, nous avons précisément signé un accord avec eux pour faire cesser ces violences », rappelle Sayda Hussein, une membre d’un comité de résistance du sud de Khartoum rencontrée venue participer à la manifestation massive du 25 novembre. Elle fait référence à la charte constitutionnelle censée encadrer la transition démocratique, et amendée par le document tout juste paraphé par le général putschiste et le Premier ministre. Mais aussi aux 42 citoyens décédés durant le mois suivant le putsch, souvent victimes de balles réelles.

La retenue de certains Soudanais dans la dynamique anti-militaire

De nombreux Soudanais se sont bien gardés, eux, de se joindre à cette nouvelle vague de cortèges. Dans ce vaste pays où le taux de pauvreté atteint 65 %, la survie au jour le jour prend tout simplement le pas sur les rêves de « liberté, paix, justice » scandés depuis la révolution de 2018 qui a permis de tourner le dos à 30 ans de dictature. Une frange de la population soutient enfin explicitement le coup d’État et s’aligne même, parfois, sur la rhétorique du général Burhane qui préfère évoquer une correction du cours de la transition.

Entre coup d’État militaire et coup d’État civil

« Il ne s’agit pas d’un coup d’État, ou sinon ce serait un coup civil dans la mesure où Hamdok ne parvenait pas, tout seul, à prendre cette décision à cause de la pression exercée par les partis politiques », résume Tagwah Ahmed. Cette pharmacienne de 36 ans représente un rassemblement de plus de 500 comités de résistance basés majoritairement en périphérie de Khartoum. Elle a rencontré, avec sept autres délégués de comités de résistance, le Premier ministre lorsque ce dernier se trouvait encore assigné à résidence, avant que les putschistes ne le libèrent pour signer l’accord du 21 novembre. « Il n’a pas dit qu’il cautionnait l’initiative de Burhane, mais il a reconnu qu’un changement devait intervenir pour remettre la transition dans la bonne direction », rapporte Tagwah Ahmed.

Mi-octobre, elle avait rejoint le sit-in organisé par les Forces pour la liberté et le changement n° 2 (ou FFC 2), une coalition de partis menée entre autres par l’ex-ministre des Finances et le gouverneur du Darfour. Elle incitait l’armée à reprendre le contrôle du pays. Des participants ont affirmé que les militaires avaient eux-mêmes financé ce rassemblement. « Nous avons transmis aux représentants des FFC 2 nos demandes et les services dont les différentes zones ont besoin. Ils nous ont promis qu’ils allaient y travailler », explique celle qui a collecté quelque 3 700 CV de jeunes qualifiés sans emploi et qui a recensé 64 villages dépourvus de centres de soin.

Des citoyens découragés

« Je ne fais pas confiance aux militaires, pas plus qu’aux membres du précédent gouvernement de Hamdok », tranche Sanya Ali, qui s’occupe de la branche dédiée aux services au sein du même regroupement de comités de résistance. Cette quadragénaire juge toutefois le coup d’État indispensable. Selon elle, seuls les ministres technocrates promis par le pacte du 21 novembre permettront de garantir « un développement durable, une bonne situation économique et la sécurité ».

Fathi Ziggy Deir, 48 ans, fait également partie d’un comité de résistance qui a participé à la révolution et approuve, aujourd’hui, la reprise en main de l’armée. « Nous avons vu notre pays sombrer. La situation est devenue mille fois pire que sous la dictature d’Omar el-BéchirLes membres du précédent gouvernement voulaient seulement occuper un siège, mais ils n’ont rien fait pour l’économie, la santé ou l’éducation. Ces personnes envoient en effet vivre leurs enfants à l’étranger, dans de meilleures conditions que les nôtres. Mon fils a failli mourir d’une crise d’asthme à cause de la pénurie de Ventoline ! » Cet activiste accuse en outre les partis politiques d’avoir confisqué la révolution en validant le partenariat avec les militaires, en août 2019. Là encore, guidés par leur soif de pouvoir.

Pas de calendrier pour les élections

« À ce moment-là, Burhane et Hemeti [surnom du numéro deux du Conseil souverain, à la tête d’une puissante milice paramilitaire] auraient dû être exclus, mais les quatre principaux partis des Forces pour la liberté et le changement ont préféré remplacer les autres partis par ces militaires pour asseoir leur prépondérance », analyse Fathalrahman Fedel. Ce médecin préside Les Bâtisseurs du futur, une alliance de neuf partis d’envergure modeste qui soutient l’accord passé entre Abdallah Hamdok et le général Abdel Fattah al-Burhane. « Le coup d’État n’était pas l’idéal. En revanche, les militaires ont raison sur le fait que ce gouvernement devait être stoppé, car il n’était pas représentatif, ajoute-t-il. Il a par ailleurs échoué à agir dans l’intérêt du peuple soudanais et a laissé la situation économique se dégrader. »

Originaire du Darfour, Norein Adam raconte son engagement aux côtés des rebelles pour résister à des milices qui brûlaient village après village et tuaient sans pitié pendant la guerre amorcée en 2003*. Il a depuis pris les rênes d’un des partis des Bâtisseurs du futur. « Nous n’accepterons jamais d’être gouvernés à nouveau par les militaires après l’expérience du régime précédent. En revanche, c’est nécessaire qu’ils dirigent temporairement le pays afin de résoudre nos problèmes », assure-t-il. Le docteur en droit Ahmed el-Gaili note, lui, que « le brouillon de l’accord du 21 novembre prévoyait des élections en juillet 2023. Cette date a été retirée du texte final. Cela indique que les militaires veulent se maintenir au pouvoir aussi longtemps que possible. » Le juriste conclut : « Cet accord ressemble davantage à un contrat d’embauche qu’à un partenariat. En réalité, Hamdok devient simplement un bureaucrate travaillant pour les militaires. »

Avec Le Point par notre correspondante à Khartoum, Augustine Passilly

[Série]-Afrique-Sauve qui peut : quand les hommes de pouvoir prennent leurs jambes à leur cou !

novembre 29, 2021
« Jeune Afrique » © JA

Bozizé et Patassé, Mobutu, Bédié, Amadou Toumani Touré, Mnangagwa, Atangana Kouna… Tous ces hommes qui ont un jour été puissants, et qui parfois le sont redevenus, ont un point commun : ils ont été contraints de quitter leur pays. Toute la semaine, « Jeune Afrique » vous fait le récit de ces fuite inattendues, et parfois rocambolesques.

Il y a quelque chose de fascinant dans la fragilité du pouvoir. Un jour, on est tout-puissant et le lendemain, on n’est plus rien. Il faut fuir pour sa vie ou pour sa liberté. Le téléphone ne sonne plus, les privilèges se réduisent à peau de chagrin, parfois même on s’ennuie.

À quoi cela tient-il ? Quand des erreurs ont-elles été commises ? À quel moment le rapport de force s’est-il inversé ? Ce sont quelques-unes de ces histoires que Jeune Afrique a décidé de vous raconter tout au long de cette semaine.

Il y a ce jour de 2012 où le président malien Amadou Toumani Touré n’a eu d’autre choix que de dévaler à pied, le genou douloureux, la colline de Koulouba pour échapper aux putschistes qui tiraient sur le palais présidentiel. Preuve, s’il en fallait, que quand il s’agit de sauver sa peau, beaucoup sont prêts à tout et rivalisent d’ingéniosité.

EN 2017, EMMERSON MNANGAGWA REDEVIENT LE JEUNE MAQUISARD QU’IL FUT, MARCHANT ET RAMPANT DANS LES MARAIS

En témoigne l’histoire du Centrafricain Ange-Félix Patassé qui, en 1982, n’hésite pas à enfiler un boubou pour échapper aux hommes de Kolingba, tandis que son complice, François Bozizé, trouve son salut dans un faux plafond. En 2017, Emmerson Mnangagwa, exclu du pouvoir par Robert (et Grace !) Mugabe, redevient le jeune maquisard qu’il fut, marchant et rampant dans les marais pour parvenir à quitter le Zimbabwe. Quant à l’ancien ministre camerounais Basile Atangana Kouna, il fut contraint de fuir en voiture, nuitamment et par la route, pour être finalement rattrapé dans un hôtel au Nigeria. Il croupit depuis en prison.

Symbole

Il y a aussi ces présidents, le Congolais Mobutu Sese Seko en berline, l’Ivoirien Henri Konan Bédié en hélicoptère, devenus aveugles aux signaux et sourds aux alertes, qui durent quitter leur pays en riches et vilipendés fuyards.

Cette série ne prétend absolument pas à l’exhaustivité. Nous aurions pu faire le récit de la fuite en pirogue de l’Ivoirien Guillaume Soro travesti lors du coup d’État manqué de 2002, de celle du président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, en 2011, ou plus récemment, en juin dernier, de celle du conseiller de Joseph Kabila, Kikaya Bin Karubi, qui se cacha dans un bateau et puis dans un avion pour quitter la RDC.

Mais les récits que nous vous livrerons chaque jour de la semaine ont sans doute valeur de symbole – et peut-être de morale. Certains de nos fugitifs ont mis des années à revenir au pays, d’autres y sont devenus plus puissants encore que quand ils en étaient parti

Avec Jeune Afrique

Sébastien Lecornu se rend aux Antilles après un retour « notable » au calme

novembre 28, 2021
Sebastien Lecornu se rend aux Antilles apres un retour "notable" au calme
Sébastien Lecornu se rend aux Antilles après un retour « notable » au calme© AFP/Christophe ARCHAMBAULT

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu se rend dimanche aux Antilles et jusqu’à mercredi, d’abord en Guadeloupe puis en Martinique, saluant « un retour notable au calme » dans la nuit de samedi à dimanche dans ces deux territoires.

Cette visite intervient après plus d’une semaine de violences et d’émeutes dans ces îles françaises des Caraïbes au fort taux de chômage, en proie à un mouvement né de la contestation contre la vaccination anti-Covid obligatoire pour soignants et pompiers qui s’est étendu à des revendications politiques et sociales notamment contre la vie chère.

M. Lecornu doit rencontrer lundi en Guadeloupe « des élus locaux, des acteurs économiques et des syndicats », comme le lendemain à la Martinique, a indiqué le ministère sans donner plus de précisions, ajoutant que le ministre serait de retour mercredi à Paris.

« Dans les deux territoires de Martinique et de Guadeloupe, un retour notable au calme a eu lieu dans la nuit du samedi au dimanche grâce au travail sans relâche des forces de l’ordre », s’est félicitée cette même source.

A la Guadeloupe, la préfecture a confirmé que la nuit « n’a pas vu d’incidents ou de heurts survenir ». « Les forces de sécurité ont continué à sécuriser l’ensemble du territoire et de dégager les axes de circulation, notamment en Grande-Terre », a-t-elle ajouté, précisant qu’une interpellation avait eu lieu.

En Martinique, des sources policières ont signalé toutefois des barricades « avec des jets de projectiles dont des cocktails Molotov sur des gendarmes ». Un individu a été interpellé après avoir incendié un véhicule et un autre « pour refus d’obtempérer et non-respect du couvre-feu ».

« C’est inacceptable qu’on nous oblige à nous faire vacciner. Inacceptable ce chantage d’un vaccin contre notre salaire. Je me bats aussi pour ma fille, la vie ici est trois fois plus chère qu’en métropole. Le peuple dit qu’il en a assez », témoigne auprès de l’AFP Cédrick Louiset, sapeur-pompier depuis 27 ans. Sur un barrage depuis près d’une semaine, il déplore les violences et ceux qui tirent sur « nos frères policiers ».

En Guadeloupe comme en Martinique, distante de 120 km, les forces de l’ordre avaient essuyé des tirs par arme à feu les nuits précédentes.

Des violences qui ralentissent l’activité économique des îles et dissuadent les nouveaux arrivants de rester. Comme Kim Dubois, photographe de 23 ans, installée depuis 4 mois en Guadeloupe. Regardant les poubelles qui s’amoncellent à l’entrée de la plage à Petit Havre au Gosier, elle lâche avec regret: « c’est trop galère on va repartir dans un mois ».

Ouverture de discussions

Avant de s’envoler pour les Antilles, le ministre a salué un « accord de méthode signé cette nuit (heure de Paris) entre l’Etat, les élus locaux de Martinique et l’intersyndicale qui permettra l’ouverture de discussions sur les principales problématiques du territoire (santé, prix des carburants, jeunesse, transport ?) », souligne l’entourage du ministre.

« Certaines de ces thématiques concernent l’Etat, d’autres davantage les collectivités territoriales: chacun y prendra sa part », explique cette source qui a pris « note de l’engagement de l’intersyndicale de lever provisoirement les barrages ». « Le dialogue social pour les personnels hospitaliers et les pompiers non vaccinés se poursuivra », ajoute cette source.

Vendredi, dans une allocution télévisée aux Guadeloupéens, M. Lecornu a affirmé que le gouvernement était « prêt » à évoquer la question de davantage d’autonomie si cela pouvait permettre de « résoudre les vrais problèmes du quotidien des Guadeloupéens ».

Depuis cette annonce, l’opposition a multiplié les attaques contre le gouvernement. « C’est l’exemple type de la fuite en avant. C’est une forme de démembrement de l’unité nationale », a fustigé dimanche le candidat à l’investiture LR Xavier Bertrand sur CNews, soulignant « qu’il était temps » que M. Lecornu se rende aux Antilles.

Le ministre des Outre-mer est « hors-sol », a renchéri Marine Le Pen sur LCI.

A gauche, la candidate PS et maire de Paris Anne Hidalgo a dénoncé pour sa part « un manque de considération ». La veille, Jean-Luc Mélenchon (LFI) a jugé « stupéfiante » la « réponse de Macron » et appelé à ne parler statut que « le moment venu ».

La question de l’autonomie est « hors sujet », a de son côté tranché Elie Domota, porte-parole du collectif syndical LKP, sur LCI, soulignant que les manifestants n’ont « jamais été entendus » sur leur revendication de « négociations sur l’obligation vaccinale et sur le pass sanitaire ».

Par Le Point avec AFP