Archive for the ‘Religion’ Category

Pakistan: tollé après des propos d’Imran Khan liant viol et tenue vestimentaire

juin 24, 2021
Pakistan: tolle apres des propos d'Imran Khan liant viol et tenue vestimentaire
Pakistan© AFP/Aamir QURESHI

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a suscité jeudi l’indignation des organisations de defense des droits des femmes après avoir affirmé que les victimes de viols étaient « très peu vêtues ».

Dans une interview à l’émission de télévision Axios, l’ancien champion de cricket a établi un lien entre le comportement des hommes et la tenue vestimentaire des femmes, des propos jugés « dangereusement simplistes » par une dizaine d’ONG qui lui ont demandé de s’excuser.

« Si une femme est très peu vêtue, cela produira un effet sur les hommes à moins qu’ils ne soient des robots. C’est une question de bon sens », a déclaré Imran Khan interrogé sur l’épidémie de violences sexuelles et de viols qui sévit au Pakistan. Il n’a pas précisé de quels vêtements il parlait, dans un pays où l’immense majorité des femmes porte une tenue traditionnelle très couvrante.

Plus d’une dizaine d’organisations de défense des droits des femmes dont la Commission pakistanaise des droits humains, un organe indépendant, ont demandé au Premier ministre de s’excuser pour ces propos.

Les déclarations du Premier ministre « sont dangereusement simplistes et ne font que renforcer l’opinion générale selon laquelle les femmes sont des victimes « conscientes » et les hommes des agresseurs « démunis », ont estimé ces organisations.

Elles « octroient l’impunité à ceux qui sont coupables de viol, actes de sodomie et agressions », a déclaré à l’AFP Karamat Ali, responsable de l’Institut pakistanais pour le travail, l’éducation et la recherche, signataire de la déclaration.

« Je frémis à l’idée que bien des violeurs se sentent cautionnés aujourd’hui (par les propos du) Premier ministre approuvant leur crime », a tweeté Kanwal Ahmed, membre d’une organisation de défense des droits des femmes.

Début avril, Imran Khan avait déjà déclenché la polémique pour avoir établi un lien entre le viol et la manière dont les femmes s’habillent.

Il avait ensuite expliqué que la raison pour laquelle les femmes se voilent dans l’islam est de se soustraire à la tentation.

Les victimes de viols sont souvent considérées avec suspicion au Pakistan et les plaintes pour agression sexuelle y font rarement l’objet d’enquêtes sérieuses.

Une grande partie du Pakistan vit sous un code patriarcal, basé sur la notion d' »honneur », qui systématise l’oppression des femmes.

Mais le mécontentement gagne du terrain face à la manière dont les cas d’abus sexuels sont traités.

Des manifestations de protestation massives avaient eu lieu en 2020 après le viol d’une mère en présence de ses enfants qui s’était retrouvée à court de carburant sur une route.

Un responsable de la police lui avait reproché de conduire seule la nuit sans la présence d’un conjoint.

Par Le Point avec AFP

Canada-Québec: 314 927$ pour le patrimoine religieux de la Mauricie

juin 22, 2021

Le patrimoine religieux de la Mauricie recevra 314 927$ de l’enveloppe de 15 M$ du Programme visant la protection, la transmission et la mise en valeur du patrimoine culturel à caractère religieux pour l’année 2020-2021 du gouvernement du Québec.

Le Monastère des Ursulines.

© SYLVAIN MAYER Le Monastère des Ursulines.

Le montant global vise la réalisation de 73 projets au Québec et permettra de les financer jusqu’à 80 %.

En Mauricie, ce sont six projets, dont trois à Trois-Rivières, qui bénéficieront de cette annonce faite lundi par le ministre Jean Boulet au nom de la ministre de la Culture et des Communications.

Le Monastère des Ursulines reçoit la plus grosse part, soit 107 076$ pour la restauration des portes, des fenêtres et du perron.

L’église Notre-Dame-de-la-Visitation de Champlain recevra 12 000 $ pour la réfection du système électrique.

La somme de 57 050$ sera versée pour la restauration du portique du sous-sol à la Cathédrale de l’Assomption.

L’église Notre-Dame-de-la-Présentation de Shawinigan reçoit 30 345 $ pour le drainage du sous-sol et la restauration des finis intérieurs.

De son côté l’église de Sainte-Thècle pourra restaurer des fenêtres, des portes et de la maçonnerie grâce à un soutien de 52 150 $.

Finalement, 56 306 $ sont accordés à l’Évêché de Trois-Rivières pour la restauration du perron avant.

«Grâce à ces montants, les institutions pourront réaliser des travaux de restauration qui contribueront à préserver la richesse historique, sociale et culturelle de notre communauté», fait valoir le ministre Boulet.

Avec Brigitte Trahan – Le Nouvelliste 

Côte d’Ivoire: Laurent Gbagbo à la Cathédrale Saint-Paul ce dimanche pour dire merci au Seigneur

juin 20, 2021

Avec Treize News

Trois-Rivières(Québec)/Espaces bleus: le Monastère des Ursulines suscite des discussions

juin 15, 2021

L’annonce faite par le gouvernement Legault la semaine dernière de la création des Espaces bleus, ces nouvelles institutions muséales consacrées à la culture québécoise, a suscité plusieurs interrogations tant dans le public que chez les intervenants du monde muséal en région. La plus importante est sans doute de savoir à quel endroit le ministère de la Culture et des Communications va établir l’antenne mauricienne de ce réseau.

Le Monastère des Ursulines fait l’objet de beaucoup d’attention maintenant qu’on sait que le gouvernement veut établir de nouvelles institutions muséales, les Espaces bleus, dans chacune des régions de la province.

© Stéphane Lessard Le Monastère des Ursulines fait l’objet de beaucoup d’attention maintenant qu’on sait que le gouvernement veut établir de nouvelles institutions muséales, les Espaces bleus, dans chacune des régions de la province.

Sur les ondes de l’émission Toujours le matin sur Ici Première vendredi dernier, la ministre des Communications et de la Culture Nathalie Roy a indiqué que le gouvernement compte choisir des bâtiments qui sont significatifs dans chaque région pour y installer les nouveaux établissements.

Si elle a affirmé que le choix en Mauricie n’avait pas été fait, l’endroit qui semble retenir l’attention est le Monastère des Ursulines, un immeuble patrimonial hautement symbolique. Les dernières religieuses qui y habitaient l’ont quitté définitivement il y a deux ans, mais l’endroit abrite toujours le Musée des Ursulines ainsi que la chapelle.

Ce qui est certain, c’est que la Ville de Trois-Rivières est très intéressée à conserver et à mettre en valeur ce bâtiment. «Il ne fait aucun doute que pour la Ville, c’est un bâtiment d’une valeur exceptionnelle et on souhaite ardemment sa préservation ainsi que sa mise en valeur, d’indiquer Guillaume Cholette Jeanson, porte-parole de la Ville. Des gens travaillent présentement sur le dossier et plein de pistes sont explorées. Si le gouvernement voulait l’utiliser pour installer un Espace bleu, ce serait une excellente solution pour non seulement maintenir ces bâtiments, mais leur donner une fonction qui demeurerait dans la lignée d’une des vocations des Ursulines : l’éducation.»

Si, pendant un moment, IDÉ Trois-Rivières a été mêlé au dossier, son directeur général Mario de Tilly a indiqué au Nouvelliste que le dossier ne relève plus de l’organisme qu’il dirige. «On va conserver au bâtiment une vocation qui touche aux secteurs correspondants à la mission des Ursulines, soit la santé et l’éducation. En ce qui nous concerne, notre mandat concerne l’industriel et l’innovation technologique. On a été mêlé aux discussions alors qu’on cherchait à quoi il pourrait être utilisé, mais désormais, ça relève de la direction de l’urbanisme.»

À l’heure actuelle, le Monastère appartient toujours aux Ursulines et son sort relève de la maison mère à Québec où il est sous la responsabilité de Soeur Cécile Dionne. «C’est certain que nous sommes un peu préoccupées par ce dossier compte tenu que les résidentes ont quitté le bâtiment il y a maintenant deux ans, a-t-elle fait savoir en entrevue. En attendant de lui trouver une nouvelle vocation, nous en assurons l’entretien.»

«Vous comprendrez qu’un dossier de cette importance fait l’objet de beaucoup de discussions sérieuses avec toutes sortes d’intervenants et ce, depuis plusieurs années. Même bien avant que les dernières résidentes l’aient quitté. C’est un dossier très complexe pour toutes sortes de raisons. Pour l’instant, aucune décision n’a été prise quant à son avenir. Il va sans dire que dès que nous arriverons à une conclusion, les religieuses en seront les premières informées et par la suite, il nous fera grand plaisir de l’annoncer publiquement.»

«Je suis une personne très optimiste de nature et je n’ai pas de doute que nous allons en arriver à une solution qui sera satisfaisante pour tout le monde. Nous savons que la Ville de Trois-Rivières tient beaucoup à ce précieux bâtiment, mais il reste à savoir comment arriver à le conserver et le mettre en valeur en respectant la valeur historique.»

«Pour ce qui est d’une transformation en un Espace bleu, je ne suis nullement informée des secrets du gouvernement. Pour ma part, je me dis que le bâtiment est patrimonial, qu’il est situé sur un site patrimonial reconnu, le vieux Trois-Rivières, alors, il me semble que si un espace mérite d’être mis en valeur par le projet des Espaces bleus, ce serait bien celui-là.»

Par ailleurs, deux institutions muséales trifluviennes pourraient être touchées directement par l’établissement de l’Espace bleu mauricien : le Musée POP, qui s’attache à la promotion de la culture populaire québécoise et le Musée des Ursulines logé dans le Monastère de la congrégation religieuse. Au Musée POP, la directrice générale Valérie Therrien voit comme une bonne nouvelle la venue éventuelle d’un Espace bleu. «Je n’ai aucun détail autre que ce qui a été annoncé en conférence de presse, mais je ne crois pas du tout que ça puisse empiéter sur notre mission.»

«Il faut regarder la chose dans son ensemble et voir que ça va faire l’objet d’une collaboration avec les institutions existantes. Il y a là une volonté de mettre en valeur la culture du Québec et de la région. Le gouvernement semble bien aligné dans ses intentions. On veut que, grâce à ça, il y ait un plus grand accès à la culture et je pense que ça ne peut être que bénéfique.»

«Plus les gens vont être fiers de leur culture, plus ils vont vouloir la connaître et ça va avoir des retombées positives pour nous aussi. Rien de cela ne verra le jour à court terme dans la région mais je vois ce projet comme quelque chose de très positif.»

Au Musée des Ursulines, la directrice générale Josée Grandmont voit aussi la chose d’un bon œil. «Quand on entend ce qu’en dit le gouvernement, on comprend que le Monastère pourrait être considéré au même titre que d’autres endroits parce qu’il répond assurément aux critères présentés. Pour moi, ce ne serait pas une mauvaise nouvelle parce que selon ce qu’on nous dit, ça s’inscrira comme un complément à ce qui existe déjà. On va y parler de l’histoire de la région alors que nous, nous fouillons davantage celle des Ursulines. Il me semble qu’on pourra être pour les Espaces bleus un complément très intéressant.

Avec  François Houde – Le Nouvelliste 

Sénégal : sur les routes de l’islam, des femmes veillent

juin 13, 2021

REPORTAGE. Contre la religion qui déborde sur le politique, des Sénégalaises résistent. Elles refusent l’assignation des islamistes, qui avancent masqués.

La religion musulmane, majoritaire au Sénégal, structure la société et intervient dans les domaines aussi bien privés que publics. Dans un tel environnement où un certain islam se mêle de plus en plus de politique, il est des femmes qui se lèvent et font entendre leurs voix pour contenir le conservatisme religieux qui gagne le pays. Parmi elles, la Docteure Selly Ba, sociologue, spécialiste du genre et de la religion, Penda Mbow, historienne et intellectuelle, actuellement représentante du président Macky Sall auprès de la Francophonie, et Maïmouna Thior, doctorante en sociologie à l’université de Rennes et spécialiste des questions de transformation identitaire des Sénégalaises.

Un conservatisme religieux qui progresse

« La conscience collective sénégalaise est régie par l’islam », annonce d’emblée la Docteure Selly Ba. Dans ce pays à 95 % musulman, l’islam soufi, imprégné de particularismes locaux, est un pilier. Selon la sociologue, le retour en force de la religion dans la société sénégalaise et son virage conservateur se sont opérés à partir des années 1980, dans la dynamique, entre autres, de la révolution islamique iranienne. Aujourd’hui, il convient de constater que, bien que minoritaires, les islamistes, à travers la lecture qu’ils font du Coran et de la religion, sont en train de modifier doucement et en profondeur le pays. Un phénomène de réislamisation de la société prend forme. Celui-ci se traduit par une approche plus conservatrice des questions sociétales de plus en plus approchées et débattues à l’aune de la religion. « Les religieux rigoristes rassemblent sur des sujets qui font consensus. Et pour mieux obtenir une large adhésion, ils impliquent les chefs religieux », souligne l’historienne Penda Mbow. « C’est une manipulation pour mieux contrôler la société qui fait que nous n’échappons pas au phénomène de montée des conservatismes et du populisme », poursuit-elle.

Un espace de débat de plus en plus fermé

« Je suis musulmane mais aussi africaine. Nous n’avons pas besoin d’importer le code vestimentaire des Saoudiennes, ni celui de l’Occident. Nous devons garder notre identité propre et ne pas renoncer à ce que nous sommes », indique Penda Mbow, qui n’hésite pas à vanter les foulards colorés portés par les Sénégalaises des générations précédentes. Dans ce contexte, toute approche critique de la religion est rejetée. « Les gens ne savent pas distinguer la foi (l’intime) de la démarche intellectuelle. Les deux ne sont pourtant pas contradictoires car le doute est permis dans l’islam », s’attriste la Professeure Penda Mbow. Pour Maïmouna Thior, « la discussion doit être possible dans la religion, le débat aussi, mais cela n’est pas le cas au Sénégal ». « On a peur d’être rejeté et que notre “sénégalité” soit interrogée », soupire-t-elle, coincée qu’elle est entre la pratique sénégalaise et son rapport personnel à la religion.

De manière convergente, ces trois femmes sont critiques face aux exégèses des textes religieux telles qu’on les voit actuellement. « Les sourates du Coran sont coupées de leur essence car beaucoup se limitent aux parties qui les arrangent », indique Selly Ba. « Et le contexte n’est pas pris en compte alors qu’il est essentiel ! », précise-t-elle. Le contexte, voilà qui conduit à poser un autre regard sur l’arabisation de la société et de l’islam au Sénégal.

Une arabisation en expansion

Cela commence par les nouvelles sonorités données aux prénoms sénégalais pourtant en majorité inspirés du Coran. Celles-ci sont plus arabisantes au détriment de leur déclinaison locale observée jusque-là. Parallèlement, d’autres manières de pratiquer la religion se font de plus en plus jour. Le fait que beaucoup de jeunes, via des bourses, partent étudier dans des pays arabes comme l’Arabie saoudite y est pour quelque chose. Le hic, c’est qu’ils reviennent avec une vision salafiste, rigoriste de ces contrées. Puisqu’à leur retour, ils se retrouvent souvent exclus du monde du travail sénégalais dominé par ceux qui sont allés étudier dans les pays occidentaux, ils sont fragilisés. Résultat : ils ont tendance à se regrouper et à construire leur univers largement inspiré de ce qu’ils ont vu dans les pays qui les avaient reçus pour leurs études.

Pour la sociologue Selly Ba, « les sourates du Coran sont coupées de leur essence car beaucoup se limitent aux parties qui les arrangent ».© DR

« En répondant au manque de politique pour les jeunes et en leur donnant un statut, les organisations islamistes gagnent en influence », dit Selly Ba, qui rappelle que, bien que minoritaires, certains souhaitent l’instauration d’une république islamique dans le pays en opposition avec l’actuelle république laïque.

Une laïcité défiée

Il faut dire que le contexte n’est pas des plus faciles pour la laïcité à la sénégalaise. « La laïcité à la sénégalaise peut laisser perplexe car il n’y a pas de sécularisation à proprement parler dans le pays », indique la jeune doctorante Maïmouna Thior, qui fait le constat que « la mainmise du religieux est réelle ». Elle en veut pour preuve la pratique des « ndigël » par laquelle les guides religieux donnent des conseils qui s’apparentent à des consignes à leurs disciples. Cela peut intervenir dans des actes civils, mais aussi dans des actes civiques tels que le vote lors d’élections, ce qui amène à s’interroger sur l’influence du religieux sur le politique. Cela se ressent par exemple sur une réalité concrète que détaille Selly Ba : « L’impossibilité de faire passer un vote à l’Assemblée nationale sur les problématiques de genre. » Autrement dit, l’influence du religieux (chrétien et musulman) est telle qu’elle détermine certains ordres du jour à la représentation nationale.

En janvier 2000, l’ancien président Abdoulaye Wade avait ainsi proposé de supprimer la laïcité de la Constitution. Le projet a finalement été abandonné mais il montre combien le sujet est prégnant. « Il y a eu une forte résistance face à ce projet politique des islamistes qui remettait en cause toutes les avancées entre l’année 1960 et 1970 », indique Penda Mbow, universitaire au parcours professionnel prestigieux, maintes fois récompensée pour ses engagements. Et d’ajouter : « Mais je ne suis plus sûre que beaucoup résistent encore. Il y a un recul dans le débat intellectuel et sur les droits de l’homme. Plus personne n’a le courage d’aborder le sujet de la religion. » De son côté, Selly Ba avance que « les problèmes de gouvernance sont le terreau de la radicalisation ». « La justice étant malmenée sur le continent, certains voient dans l’application de la loi islamique, c’est-à-dire la charia, un moyen de faire respecter les droits humains par une gestion équitable », poursuit-elle.

Un féminisme perçu comme perturbateur des normes traditionalistes

Autre point : dans la lecture rigoriste des textes islamiques, la légitimité des femmes dans leur prise en main du religieux est remise en cause. Penda Mbow en sait quelque chose, elle qui en a fait les frais dans les années 90 du fait de ses prises de position contre les islamistes. « J’ai reçu plusieurs menaces de mort », dit-elle. « J’étais perçue comme dangereuse pour eux car, à l’inverse de beaucoup de femmes, je les contrecarrais. Il faut dire que j’ai étudié la religion aussi, s’ils voulaient me faire taire, ils n’ont jamais réussi à me déstabiliser. » Et d’ajouter d’une voix assurée : « J’ai mes convictions et mon savoir. » Pour Penda Mbow, il est vraiment important d’étudier la religion. « C’est la clé pour déconstruire la réécriture de la religion par certains », poursuit-elle.

« Le prophète Mahomet (PSL) avait une approche féministe : la femme était associée à la gestion politique, économique et sociale de la société », ajoute Selly Ba. « La tradition a pris la place sur la connaissance et les interprétations ont été faites au travers de lunettes culturelles et d’une vision patriarcale. La domination masculine se fait en confisquant l’usage de la religion aux femmes », appuie-t-elle. Dans son ouvrage Islam et radicalisation au Sénégal : la prédication féminine, une réponse*, la sociologue démontre qu’à partir des années 90, les religieux ont invité des femmes à s’exprimer mais toujours sous contrôle : « Ces prédicatrices enseignent dans les écoles religieuses ou sur les plateaux de télévision. Elles sont tolérées car elles sont des instruments de communication diffusant le discours dominant », indique-t-elle.

Quant à Penda Mbow, elle ne voit pas d’antinomie entre religion musulmane et féminisme. « Au contraire, l’islam me libère en me donnant la force morale et intellectuelle d’être indépendante des hommes en religion. Il m’aide à définir un projet de société où femme et homme ont les mêmes droits », dit-elle. De fait, l’ancienne ministre de la Culture, « profondément croyante et profondément culturelle », appelle à une meilleure cohabitation entre la religion et les traditions africaines. « La civilisation africaine est fondée sur le matriarcat et le système matrilinéaire. Les Africaines doivent revendiquer leur vision du monde et se défaire des fonds d’acculturation qui les dominent », conclut-elle.

Avec Le Point par notre correspondante à Dakar, Clémence Cluzel

Etats-Unis : une religieuse détournait de l’argent… pour jouer au casino

juin 10, 2021

En dix ans, elle aurait dépensé plus de 835 000 dollars, relate le « Los Angeles Times. Elle doit comparaître devant la justice le 1er juillet. 

Ctte nonne americaine de 79 ans risque une peine maximale de 40 ans de prison et une amende 1,67 million de dollars, soit environ 1,37 million d'euros (photo d'illustration).
Ctte nonne américaine de 79 ans risque une peine maximale de 40 ans de prison et une amende 1,67 million de dollars, soit environ 1,37 million d’euros (photo d’illustration).© FRANK FELL / Robert Harding Heritage / robertharding via AFP

Mary Margaret Kreuper a consacré sa vie à Dieu. Pourtant, cette nonne américaine de 79 ans risque une peine maximale de 40 ans de prison et une amende 1,67 million de dollars, soit environ 1,37 million d’euros révèle le Los Angeles Times et le Daily BreezeEntre 2008 et 2018, elle aurait détourné près de 835 000 dollars (environ 685 000 euros) d’un compte d’épargne scolaire et d’un autre compte destiné à payer les dépenses des religieuses de l’école qu’elle a dirigée durant 28 ans. Alors qu’elle avait fait vœu de pauvreté, elle aurait utilisé cet argent pour jouer au casino et payer ses dettes de jeu et d’autres dépenses.

Cette ancienne directrice de l’école catholique Saint-James de Torrance en Californie, retraitée depuis 2018, a été inculpée cette semaine de fraude électronique et de blanchiment d’argent, a annoncé le bureau du procureur du district central de Californie. La religieuse aurait plaidé coupable pour ces deux chefs d’accusation. Une autre religieuse a concédé avoir également détourné de l’argent dans cette affaire, mais elle ne serait pas pour l’instant poursuivie par la justice. 

Une maladie mentale évoquée par les avocats

Selon le Los Angeles Times, c’est un pasteur qui a tiré le signal d’alarme en 2018, en signalant aux parents de l’établissement catholique que les deux religieuses avaient utilisé des fonds de l’école pour s’offrir des virées à Las Vegas notamment. « La communauté de foi de St. James a été choquée et attristée par ces actions », a écrit le porte-parole de l’archidiocèse de Los Angeles, Adrian Alarcon, dans un communiqué. Les avocats de Mary Margaret Kreuper ont expliqué, qu’elle était « pleine de remords » et qu’elle avait totalement coopéré avec les autorités après ces révélations.

« Elle est devenue religieuse à l’âge de 18 ans, et pendant les 59 années suivantes, elle a consacré sa vie à aider les autres et à éduquer les enfants dans les écoles archidiocésaines. Malheureusement, plus tard dans sa vie, elle a souffert d’une maladie mentale qui a assombri son jugement et l’a amenée à faire quelque chose qu’elle n’aurait pas fait autrement », ajoutent les avocats, sans donner plus de détails sur la maladie de leur cliente. Mary Margaret Kreuper a désormais rendez-vous le 1er juillet prochain devant un tribunal.

Par Le Point 

France: Suspendu en raison d’une relation amoureuse, un prêtre pointe à Pôle emploi

juin 6, 2021

Dans les colonnes du « Parisien », l’ancien prêtre des Lilas, en Seine-Saint-Denis, juge son éviction de l’Eglise « très violente ».

Marc Fassier souhaite que son eviction de l'Eglise soit consideree comme un licenciement (photo d'illustration).
Marc Fassier souhaite que son éviction de l’Eglise soit considérée comme un licenciement (photo d’illustration).© Rémy PERRIN / MAXPPP / PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP

« Ne plus vivre caché est un immense soulagement ». Marc Fassier peut désormais vivre son histoire d’amour au grand jour, relate Le Parisien. A 43 ans, cet ancien prêtre a toutefois dû s’inscrire à Pôle emploi pour la première fois de sa vie, une conséquence inattendue de sa relation avec Ingrid. La raison ? Alors prêtre des Lilas, en Seine-Saint-Denis, il est tombé amoureux de cette paroissienne il y a trois ans et demi. 

Une relation qu’ils ont tenté de cacher, mais qui a été dénoncée à Mgr Pascal Delannoy, l’évêque de Saint-Denis, dans un courrier anonyme il y a un an. D’abord « encouragé » à quitter sa paroisse, il a été frappé de « suspense a divini » le 10 mai dernier. Il lui est reproché d’avoir évoqué sa situation lors d’un podcast fin mars. Même s’il a témoigné anonymement, son supérieur estimerait qu’avec ce témoignage il « déclare publiquement attenter au canon 1395 paragraphe 1 » du Code de droit catholique. Marc Fassier ne peut désormais plus célébrer de messer, baptiser ou encore confesser.

Ecarté de l’Institut catholique de Paris

« On me sanctionne parce que j’ai mis sur la table la question de la vie affective du prêtre et brisé la culture du silence de l’Église, ce qui est le pire des crimes à ses yeux. Elle accepte les relations secrètes tant que ça reste secret », regrette l’ex-curé, pour qui son éviction de l’Eglise a été « très violente ». Marc Fassier a également été écarté de l’Institut catholique de Paris, où il donnait des cours.

L’établissement a expliqué dans un communiqué que le principal intéressé avait « choisi un chemin de vie incompatible avec les engagements au presbytérat ». « L’enseignement est un acte de son ministère de prêtre, or il n’a plus le droit de faire acte de ministère », justifie auprès du Parisien Mgr Pascal Delannoy, sans donner plus de détails sur cette affaire : « C’est une affaire de discipline interne à l’Église, je ne souhaite pas communiquer ». 

« Aucune culpabilité vis-à-vis du Seigneur »

Diplômé de Sciences-po, docteur en théologie et ordonné prêtre en 2004, Marc Fassier va continuer à recevoir son « traitement mensuel de 1 000 euros » de la part de l’Eglise jusqu’à ce qu’il retrouve un travail. Mais le parcours du combattant ne fait que commencer pour lui, comme il s’en est rendu compte dès son premier rendez-vous téléphonique avec une conseillère Pôle emploi, alors qu’il ne peut pas toucher les allocations chômage.

« On n’existe pas socialement. Elle n’a pas trouvé prêtre dans ses catégories professionnelles et a dû forcer le logiciel », glisse-t-il, assurant qu’il souhaite porter son cas devant la justice pour que son éviction par l’Eglise soit reconnue « comme un licenciement » : « L’Église se réfugie dans son exception canonique. Elle s’autorise ce qu’aucune entreprise ne peut s’autoriser alors qu’elle prêche la morale. C’est un abus de pouvoir ». Opposé au célibat des prêtres, il va surtout pouvoir désormais « aimer librement », sans « aucune culpabilité vis-à-vis du Seigneur ».

Avec Le Point

Le populaire prophète Nigérian TB Joshua est mort

juin 6, 2021

TB JOSHUA

Le chef et fondateur de The Synagogue, Church of All Nations (SCOAN), le pasteur Temitope Balogun Joshua, populairement connu sous le nom de T. B. Joshua, est mort.

Il est décédé samedi soir à l’âge de 57 ans à Lagos, Nigeria. La cause de sa mort reste encore inconnue au moment de la rédaction de cet article.

T.B Joshua est décédé peu de temps après avoir terminé un programme dans son église samedi. Son corps a été déposé à la morgue en attente d’une autopsie. Une publication sur sa page Facebook qui compte plus de 4 millions d’abonnés a révélé :Publicité

“PROPHETE TB JOSHUA – 12 JUIN 1963 au 5 JUIN 2021

 « Certes, le Souverain SEIGNEUR ne fait rien sans révéler son plan à ses serviteurs les prophètes. »  – Amos 3:7

 Le samedi 5 juin 2021, le prophète TB Joshua s’est exprimé lors de la réunion des partenaires d’Emmanuel TV : « Il est temps pour tout – le temps de venir ici pour la prière et le temps de rentrer à la maison après le service.

Dieu a ramené chez lui son serviteur le prophète TB Joshua – comme il se doit par volonté divine.  Ses derniers moments sur terre ont été passés au service de Dieu. C’est pour cela qu’il est né, a vécu et est mort.

 Comme le dit le prophète TB Joshua : « La meilleure façon d’utiliser la vie est de la dépenser pour quelque chose qui lui survivra ».

Le prophète TB Joshua laisse un héritage de service et de sacrifice au Royaume de Dieu qui vit depuis des générations encore à naître.

 La synagogue, l’église de toutes les nations et la famille Emmanuel TV apprécient votre amour, vos prières et votre préoccupation en ce moment et demandent un moment d’intimité pour la famille.

 Voici les derniers mots du prophète TB Joshua : « Veillez et priez. »

 Une seule vie pour Christ est tout ce que nous avons ;  une seule vie pour Christ est si chère.”

Le populaire prophète Nigérian TB Joshua est mort

La méga-église de TB Joshua dirige la chaîne de télévision Emmanuel TV de Lagos. Sa chaîne YouTube, Emmanuel TV, compte plus de 1 000 000 d’abonnés YouTube avant sa suspension en Avril dernier.

TB Joshua a régné pendant plusieurs décennies en tant que prédicateur fougueux à la télévision, utilisant sa plate-forme pour attirer un grand nombre de chrétiens du monde entier. Emmanuel TV, dirigée par la SCOAN de M. Joshua, est l’une des plus grandes stations de diffusion chrétienne du Nigeria, disponible dans le monde entier via des commutateurs numériques et terrestres.

 En 2014, son église était au centre d’une enquête multinationale à la suite de l’effondrement d’une section du siège de son église à Lagos, faisant des dizaines de morts et de nombreux autres blessés.

TB Joshua a nié les allégations de négligence et un procès sur l’incident était toujours en cours avant son décès.

Né le 12 juin 1963, il était télévangéliste et philanthrope.

Avec AfrikMag par Felicia Essan

Allemagne : un éminent cardinal démissionne en dénonçant « la catastrophe des abus sexuels »

juin 4, 2021

L’un des cardinaux les plus influents d’Allemagne, l’archevêque de Munich Reinhard Marx, a demandé au pape François d’être démis de ses fonctions, tirant les conséquences de l' »échec », selon lui, de l’Église catholique dans « la catastrophe des abus sexuels » qui ébranle tout particulièrement un diocèse allemand.

L'archevêque de Munich et ancien président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, le 1er février 2017 à Stuttgart

© THOMAS KIENZLE L’archevêque de Munich et ancien président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, le 1er février 2017 à Stuttgart

Le cardinal allemand Reinhard Marx lors d'une conférence de presse à Munich (Allemagne), le 4 juin 2021

© LENNART PREISS Le cardinal allemand Reinhard Marx lors d’une conférence de presse à Munich (Allemagne), le 4 juin 2021

« Pour moi, il s’agit essentiellement de partager la responsabilité de la catastrophe des abus sexuels commis par des responsables de l’Église au cours des dernières décennies », a écrit l’ancien président de la Conférence épiscopale allemande dans ce courrier adressé le 21 mai au pape.

Il dénonce également un « échec institutionnel ou systémique » dans ce vaste scandale qui éclabousse toute l’Église.

Le prélat de 67 ans, considéré comme un libéral au sein de l’institution, juge que l’Église catholique est arrivée à « un point mort ».

Les récentes discussions ont montré « que certains au sein de l’Église ne veulent pas accepter cette responsabilité et donc la complicité de l’institution et s’opposent ainsi à tout dialogue de réforme et de renouvellement en lien avec la crise des abus » sexuels, poursuit-il dans cette missive.

A ce stade, la démission du cardinal n’a pas été acceptée par le pape François, dont il est un proche. « Le pape lui-même voulait que cette lettre soit publiée, c’est important », a souligné Mgr Marx lors d’une conférence de presse.

L’actuel président de la Conférence épiscopale, Georg Bätzing, a exprimé son « respect » pour le geste de son prédécesseur. 

« Je comprends la décision du cardinal Marx » qui veut « envoyer un signal », a-t-il dit, assurant que les abus sexuels et leur dissimulation avaient « révélé des faiblesses systémiques dans l’Eglise qui appellent également des réponses systémiques ».

Reinhard Marx fait partie d’un conseil restreint de cardinaux conseillant le pape sur ses réformes de la Curie romaine. Il coordonne aussi au Vatican le Conseil pour l’économie chargé de veiller à la bonne gestion financière du Saint-Siège.

Archevêque de Munich et de Freising (sud) depuis près de 14 ans, il avait refusé il y a un mois la plus haute distinction allemande, la Croix fédérale du Mérite.

– « Visiteurs apostoliques » –

Cette demande de démission intervient alors que le pape a ordonné fin mai une enquête sur le traitement de cas d’agressions sexuelles de mineurs au diocèse de Cologne (ouest), le plus grand d’Allemagne, secoué par une grave crise depuis des mois.

L’archevêque de Cologne, Rainer Maria Woelki, un conservateur dans les rangs de l’Église, est accusé notamment d’avoir longtemps couvert deux prêtres de la communauté religieuse de Düsseldorf soupçonnés de violences sexuelles.

Le Saint-Siège a nommé deux « visiteurs apostoliques », des envoyés pontificaux extraordinaires, chargés d' »appréhender la situation pastorale complexe à l’archevêché et parallèlement d’étudier d’éventuelles fautes » du cardinal Woelki et d’autres prélats.

Reinhard Marx a assuré que sa décision ne visait pas à dicter leur conduite à ses pairs. « Chacun doit prendre ses responsabilités comme il l’entend », a-t-il déclaré.

Un rapport accablant, rendu public en mars, révélait que des centaines de mineurs avaient subi des violences sexuelles dans le diocèse de Cologne entre 1975 et 2018, et que plusieurs responsables religieux s’étaient tus.

– Fuite en masse –

L' »affaire » du diocèse de Cologne s’est notamment traduite par une fuite en masse des fidèles.

En 2019, lors d’un sommet inédit au Vatican de présidents de conférences épiscopales consacré aux scandales d’abus sexuels sur mineurs, Reinhard Marx fut une personnalité en pointe pour réclamer davantage de transparence sur la question.

L’année précédente, il avait présenté les excuses de l’Église allemande après un rapport révélant des abus sexuels sur plus de 3.600 mineurs pendant des décennies.

Le président du puissant comité central des catholiques allemands, qui représente les laïcs au sein de l’institution, a salué son engagement dans ce domaine. « Ce n’est pas lui qui devrait partir », a jugé Thomas Stenberg au quotidien Rheinische Post.

Le chargé des questions d’abus sexuels au sein du gouvernement allemand, Johannes-Wilhelm Rörig, a lui souhaité que toute la lumière soit faite sur ces crimes dans tous les diocèses, selon l’agence dpa.

L’Église allemande, qui reste la plus grande confession du pays avec quelque 22,6 millions de membres, mène par ailleurs depuis des mois un « synode » national houleux où s’opposent progressistes en faveur par exemple de l’ordination de femmes et évêques plus conservateurs.

Avec AFP par bur-yap/ilp/mba

Congo/Vers les 60 ans du petit Séminaire de Loango : Que les jeunes prennent le temps de discerner la place qui est la leur dans l’Eglise

mai 29, 2021
VERS LES 60 ANS DU PETIT SEMINAIRE DE LOANGO : Que les jeunes prennent le temps de discerner  la place qui est la leur dans l’Eglise

Le Petit séminaire de Loango s’apprête à fêter ses 60 ans d’existence. Il s’agit d’une vénérable maison de formation qui a vu défiler dans ses murs des centaines de jeunes animés du désir de servir Dieu dans l’Eglise de Pointe-Noire. En prélude à ce jubilé, l’abbé Raphaël Nzaou, le directeur de ce Petit séminaire a répondu à nos questions.

*Père, de manière brève, comment décririez-vous les grands traits de l’histoire de ce séminaire?
**De manière brève, nous pouvons dire que le village de Loango abritait dans les années 1887-1897 un séminaire fondé par Mgr Hippolyte Marie Carrie. Ce séminaire fermera ses portes pour être transféré à Mayoumba, au Gabon, parce que Loango devenait de plus en plus bruyante et ne permettait plus aux séminaristes de suivre leur formation dans la quiétude. En 1923, l’administration coloniale française quitte Loango et s’installe à Pointe-Noire. C’est ainsi que la population de Loango se déplace à Pointe-Noire. Il faudra attendre 1955 pour que les pères spiritains reconstruisent les nouveaux bâtiments qui abriteront le nouveau séminaire qui ouvrira ses portes le 15 septembre 1961 en accueillant, dans un premier temps, 39 jeunes.

*Quelle est la vocation de ce séminaire? Par cette question, je voudrais savoir si tous les jeunes internés ici seront prêtres à l’avenir.
**La vocation de ce séminaire comme tout séminaire c’est d’accompagner et de former les jeunes qui portent dans leurs cœurs le désir de servir Dieu comme prêtre. On y entre et on y est accueilli pour discerner l’appel de Dieu. Il va sans dire que tous les jeunes qui sont accueillis au séminaire y sont pour savoir où le Seigneur les veut pour le servir, est ce dans le sacerdoce ministériel ou dans le sacerdoce baptismal?

*Depuis quelques mois, le diocèse de Pointe-Noire est devenu archidiocèse. Je suppose que cela implique plus de travail en termes de vocations pour l’archevêque et ses collaborateurs. Comment pensez-vous, avec les autres formateurs de ce séminaire, vous y prendre pour répondre à ce défi?
**Le diocèse est passé à l’archidiocèse depuis le 30 mai 2020 et vous comprenez que cela fait exactement une année. Comment pensons-nous nous y prendre avec les autres formateurs pour accompagner les jeunes qui viennent au séminaire pour discerner l’appel de Dieu? Mais nous poursuivons le travail comme il s’est toujours déroulé jusqu’ici puisque les diocèses suffragants, Dolisie et Nkayi, restent et demeurent autonomes, avec la possibilité chacun de gérer sa maison de formation. Nous travaillons en parfaite harmonie avec le recteur du séminaire Saint Gabriel de Dolisie. Cela n’implique aucun travail supplémentaire. On fonctionne selon les orientations de notre archevêque, Mgr Miguel Angel Olaverri.

*Quels sont les défis actuels de ce séminaire?
**Les défis actuels du séminaire Notre-Dame de Loango restent dans le ratio fondamental assigné à tous les séminaires. L’objectif du Petit séminaire est d’aider la maturation humaine et chrétienne des adolescents en qui se manifestent les premiers signes de la vocation au sacerdoce ministériel, afin de faire grandir en eux une liberté intérieure propre à leur âge. Cela dit, nous accompagnons les jeunes dans leur processus de maturation vocationnelle dans une plus grande liberté intérieure. Notre défi est d’aider le jeune frère à discerner où le Seigneur le veut dans sa vie. Et, surtout, qu’il soit épanoui dans son choix discerné avec les accompagnateurs. Comme dit saint François de Sales: Nous devons fleurir où le Seigneur nous a plantés.

*Quel message adresseriez-vous aujourd’hui à la jeunesse catholique de l’archidiocèse?
**La vie est un don de Dieu, et l’homme est la seule créature que Dieu a voulu à son image et à sa ressemblance en lui confiant la mission de prendre soin de sa création. Donc, prendre du temps pour discerner quelle mission le Seigneur me confie dans sa vigne, permettra à chacun de nous de prendre soin de ‘’la maison commune’’ en exerçant notre devoir comme des serviteurs quelconques. Dans l’Église, chacun de nous a une mission à remplir. D’ailleurs, nous sommes un corps à plusieurs membres ; chaque membre joue son rôle pour permettre au corps de se mouvoir et de se développer. Que le jeune prenne le temps de discerner quel est son rôle dans la vie de l’Église, de la société congolaise et dans sa famille. C’est à ce titre que chacun portera du fruit là où le Seigneur l’aura planté.

Avec La Semaineafricaine Propos recueillis par Madocie Déogratias MONGO