Archive for the ‘Religion’ Category

Le pape visitera Edmonton, Québec et Iqaluit en juillet

mai 13, 2022
Le pape François.

Le pape François lors de la célébration de la messe de Pâques, sur la place Saint-Pierre, au Vatican. Photo : Getty Images/Tiziana Fabi

Le pape François s’arrêtera à Edmonton, Québec et Iqaluit lors d’une visite au Canada qui aura lieu du 24 au 30 juillet, a confirmé le Vatican.

Le voyage apostolique du souverain pontife a été dévoilé dans un communiqué du directeur du service de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni.

L’archevêque Richard Smith d’Edmonton, coordinateur général du voyage pour la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), dit que ce sera une autre étape importante pour la guérison et la réconciliation.

Pour sa part, le président de la CECCConférence des évêques catholiques du Canada, Mgr Raymond Poisson, a affirmé dans un communiqué que les évêques sont ravis que le Saint-Père ait accepté l’invitation à poursuivre le chemin de la guérison et de la réconciliation avec les peuples autochtones du Canada.

Une visite applaudie

Il a souligné en entrevue que ce voyage ne devait pas être une répétition de la visite de la délégation autochtone à Rome. Cette étape-là est faite. Elle a permis à l’audience finale un message fort du Saint-Père qui s’est uni aux évêques du Canada pour des excuses. En revenant ici, c’est le même processus qui se continue, a conclu Mgr Raymond Poisson sur les ondes de RDI.

« Nous voulons être axés sur aujourd’hui et demain. »— Une citation de  Mgr Raymond Poisson, président de la CECC

Dans un communiqué, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a salué l’annonce de cette visite et le courage des communautés autochtones qui l’ont rendue possible. Sans le courage et la détermination des Survivants, des dirigeants autochtones et des jeunes qui ont raconté leur histoire, la visite prochaine de Sa Sainteté ne serait pas possible, a-t-il déclaré.

Justin Trudeau a insisté sur la nécessité que des excuses de l’Église catholique se déroulent au Canada comme la Commission de vérité et réconciliation du Canada l’a recommandé. Le communiqué ne précise pas si le premier ministre rencontrera le pape François.

C’est une très bonne nouvelle, s’est aussi félicité Jean-Charles Piétacho, chef de la communauté d’Ekuanitshit, sur la Côte-Nord, et ancien pensionnaire à Mani-utenam. Cela vient raviver l’espoir dans notre processus de guérison.L'homme et la femme de la nation innue.

Le chef Jean-Charles Piétacho du Conseil des Innus de Ekuanitshit et son épouse, Béatrice Michel Photo : Radio-Canada/Maria-Louise Nanipou

Il a indiqué sur les ondes de RDI que sa communauté s’organisait déjà pour aller voir le pape lors de son passage à Québec.

« C’est un événement historique qui va rester dans la mémoire de nos membres. »— Une citation de  Jean-Charles Piétacho, chef de la communauté d’Ekuanitshit

Une visite en collaboration avec les peuples autochtones

Les lieux de visite du pape François ont été choisis par le Vatican, et le CECCConférence des évêques catholiques du Canada signale que les problèmes de mobilité et de santé du chef de l’Église catholique ont dû être pris en compte. Le souverain pontife, qui a 85 ans, est apparu en fauteuil roulant la semaine dernière.

L’itinéraire spécifique n’a pas été dévoilé, mais les endroits visités seront choisis en collaboration avec les partenaires autochtones. Il pourrait s’arrêter au lieu historique du Pèlerinage-au-Lac-Ste. Anne, situé à 75 km au nord-ouest d’Edmonton, et visiter la Première Nation crie d’Ermineskin, à 100 km au sud de la capitale albertaine.

Edmonton compte le deuxième plus grand nombre d’Autochtones vivant dans les centres urbains au Canada. La province a par ailleurs hébergé 25 pensionnats autochtones, soit le plus grand nombre parmi les provinces et les territoires du Canada.

Iqaluit regroupe pour sa part le plus grand nombre d’Inuit au Canada. Le pape François a été personnellement invité par les délégués inuit à visiter le Nord lors de leur rencontre à la fin du mois de mars au Vatican.

La CECCConférence des évêques catholiques du Canada a ajouté que l’arrêt à Québec permettra aux Autochtones de l’est du Canada de pouvoir se déplacer plus facilement. La ville de Sainte-Anne-de-Beaupré, à une trentaine de kilomètres de Québec, est aussi un lieu de pèlerinage très populaire.

On va couvrir ainsi dans les deux sites à Sainte-Anne les rencontres possibles entre des pèlerins qui sont autochtones et non autochtones. C’est ce qu’on vise dans la réconciliation, être ensemble, a indiqué Mgr Poisson en entrevue à RDI.

Le président de la CECCConférence des évêques catholiques du Canada a évoqué le fait que la visite pourrait se dérouler dans l’ordre annoncé dans le communiqué, à savoir Edmonton en premier, puis Québec et Iqaluit en dernier. Le souverain pontife partira du Canada le 29 juillet et arrivera à Rome le 30.

Des excuses demandées en terre canadienne

Le pape avait évoqué cette visite le 1er avril durant des rencontres avec la délégation autochtone au Vatican. Il s’était alors excusé pour les gestes commis par certains membres de l’Église catholique romaine dans les pensionnats autochtones du Canada.Le pape tient dans une main un écrin contenant une sculpture et serre de l'autre main celle d'une femme.

Le pape François a remis un cadeau à la déléguée inuk Rosemary Lundrigan lors du voyage de la délégation autochtone au Vatican. Photo : Vatican via Reuters

Le pape avait également exprimé sa volonté de se rendre au Canada aux alentours de la Sainte-Anne, célébrée le 26 juillet et qui occupe une place importante dans les cultures autochtones. Il souhaitait ainsi exprimer sa proximité avec ces peuples.

Les délégués autochtones avaient, eux, rappelé qu’ils souhaitaient que le pape s’excuse lors de sa venue au Canada. C’est un premier pas historique, mais ce n’est qu’un premier pas. Le prochain est qu’il s’excuse à nos familles sur leurs terres, avait alors demandé Gerald Antoine, le chef de la délégation des Premières Nations.

Radio-Canada par Tiphanie Roquette

AFRIQUE/CONGO – Nomination de l’évêque de Dolisie

mai 11, 2022

Cité du Vatican (Agence Fides) – Le Saint-Père François a nommé Évêque du diocèse de Dolisie (République du Congo) le Père Toussaint Ngoma Foumanet, C.S.Sp., jusqu’à présent Supérieur provincial de la Congrégation du Saint-Esprit au Congo et Coordinateur de l’Union des Circonscriptions spiritainnes d’Afrique Centrale (UCSAC).

Son Excellence Mgr Toussaint Ngoma Foumanet, C.S.Sp, est né le 1er novembre 1975 à Sibiti, alors diocèse de Nkayi. En 1988, il rejoint la Congrégation du Saint-Esprit (Spiritani). De 1999 à 2002, il a étudié la philosophie à Libreville, au Gabon, de 2002 à 2003 il a fait son noviciat à Mbalmayo, au Cameroun, et de 2004 à 2008 il a étudié la théologie à Saint Cyprien à Douala. Il a prononcé ses vœux perpétuels le 14 septembre 2007 à Ngoya, au Cameroun, et a été ordonné prêtre le 26 juillet 2008 à Pointe-Noire, au Congo Brazzaville.

Après son ordination sacerdotale, il a exercé les ministères suivants : Conseiller du Supérieur régional, vicaire paroissial (2008-2009) et curé (2009-2011) du Saint-Esprit à Pissa, diocèse de Mbaïki, République centrafricaine ; doyen de Mbaïki et études de droit à l’Université de Bangui (2009-2011) ; curé de Notre-Dame d’Afrique, dans l’Archidiocèse métropolitain de Bangui, République centrafricaine ; premier assistant provincial et responsable des frères (2011-2016) ; doyen de Notre-Dame d’Afrique (2013-2016). De 2016 à aujourd’hui, il a été provincial de la Congrégation du Saint-Esprit (spiritains) au Congo et coordinateur de l’Union des circoncisions spiritainnes d’Afrique centrale (UCSAC).

Il a également été : président de la Conférence des Supérieurs d’Afrique et de Madagascar (2017-2019) ; curé de Saint Kisito Makélékélé (2018-2019), vicaire de la paroisse Saint Grégoire de Massengo (2019-2020) et vicaire de la paroisse Notre-Dame des Victoires de Ouenzé à Brazzaville (2020-2021).

Avec (SL) (Agence Fides 11/5/2022)

« Tu ne tueras point »: en Russie, les derniers prêtres rebelles

mai 1, 2022
"Tu ne tueras point": en Russie, les derniers pretres rebelles
« Tu ne tueras point »: en Russie, les derniers prêtres rebelles© AFP/Yuri KADOBNOV

Le père Guéorgui Edelchtein, 89 printemps, ne se lasse jamais d’un bon débat. Assis devant une collection d’icônes, il pointe un fauteuil vide. « J’aimerais avoir en face de moi un ou deux de mes adversaires. »

Pourquoi est-il l’un des rares prêtres orthodoxes de Russie à s’opposer à l’offensive en Ukraine ? Le vieux pope, barbe blanche et soutane noire, répond d’une voix chevrotante, mais sans hésitation.

« J’ai peur d’être un mauvais prêtre, car je n’ai pas toujours été contre toutes les guerres, mais j’ai toujours été contre les guerres agressives, de conquête. »

« L’Ukraine est indépendante, qu’ils fassent ce que bon leur semble », ajoute-t-il, interrogé par l’AFP dans sa maison du hameau de Novo-Bely Kamen, sur les bords de la Volga, à six heures de route de Moscou.

Depuis l’attaque du 24 février, seule une poignée de prêtres de l’Eglise russe — qui revendique 150 millions de fidèles à travers le monde — se sont prononcés ouvertement contre la campagne militaire du Kremlin.

A l’inverse, leur chef, le Patriarche Kirill, a multiplié les homélies belliqueuses, appelant à « faire corps » autour du pouvoir pour vaincre les « ennemis » de l’union historique entre la Russie et l’Ukraine.

Depuis sa nomination en 2009, Kirill prône sans modération une alliance avec le régime de Vladimir Poutine, au nom de valeurs conservatrices opposées à un Occident jugé impie.

L’actuelle Eglise orthodoxe russe, institution très hiérarchisée sous contrôle des services secrets pendant l’URSS, n’a jamais encouragé la critique. Mais des irréductibles demeurent.

« Sang sur les mains »

Le 25 février, le père Edelchtein a signé une lettre rédigée par l’un de ses amis, le père Ioann Bourdine, et publiée sur le site de leur paroisse du village de Karabanovo, dans la région de Kostroma.

« Le sang des Ukrainiens n’est pas seulement sur les mains des dirigeants russes et des soldats exécutant les ordres. Il est aussi sur les mains de ceux soutenant cette guerre ou se taisant », indiquait le message, depuis supprimé.

Le chef du diocèse de Kostroma, le métropolite Ferapont, a condamné cette intervention et souligné que les deux popes étaient les seuls clercs de la région, qui en compte 160, à avoir protesté contre l’offensive.

Mais la protestation ne s’est pas arrêtée là. Le 6 mars, lors d’une messe, le père Bourdine évoque négativement le conflit.

Le jour même, il est convoqué et interrogé au commissariat. Le 10 mars, il reçoit une amende de 35.000 roubles (440 euros) pour « discréditation » de l’armée, une nouvelle infraction passible de trois ans de prison en cas de récidive.

Au procès, quatre personnes ont témoigné contre lui.

« Pendant la messe, le père Bourdine ( ?) nous a dit qu’il allait prier pour l’Ukraine », a déclaré une paroissienne, selon une copie du dossier consultée par l’AFP.

« Sataniste »

Le prêtre Bourdine, 50 ans, s’exprime toujours contre l’offensive. « Le commandement +Tu ne tueras point+ est pour moi inconditionnel, comme les autres », dit-il à l’AFP, depuis sa maison située près de Kostroma.

Selon lui, peu de popes orthodoxes russes critiquent le conflit car beaucoup sont sensibles à la « propagande » et « peu éduqués ». S’ajoute la peur de sanctions ou de poursuites judiciaires.

Ioann Bourdine raconte que la police est venue prendre des photos de sa maison et de sa voiture.

« Le père Bourdine est bien plus courageux que moi », glisse le père Guéorgui Edelchtein, depuis une chapelle construite près de sa maison.

D’origine juive par son père, et polonaise catholique par sa mère, Edelchtein s’est converti à l’orthodoxie en 1955 dans l’espoir, déçu, d’échapper à l’emprise du système soviétique. L’un de ses deux fils, Yuli-Yoel, a lui émigré en Israël où il a mené une importante carrière politique.

« Les dirigeants de notre Eglise sont toujours des laquais du régime communiste », lâche Edelchtein, assurant que le Patriarcat de Moscou a été ravivé en 1943 par un « sataniste »: Staline.

Les deux prêtres ne se présentent pourtant pas comme des dissidents et, au nom de l’unité de l’Eglise russe, traversée par de terribles schismes au cours de son Histoire, n’appellent pas à désobéir au Patriarche.

« Si une personne commet un péché, il se compromet, mais ne compromet pas toute l’Eglise », estime Ioann Bourdine.

Ses déboires l’ont toutefois bouleversé. Début avril, il s’est retiré du service actif et réfléchit à son avenir, au sein ou en dehors de l’Eglise.

Issu d’une famille religieuse, mais ordonné seulement en 2015, après une carrière de journaliste, il tient à respecter ses « convictions intimes ».

« Si, au sein de cette Eglise, je parle en me censurant, si j’arrête de dire qu’un péché est un péché et que les bains de sang sont inadmissibles, alors, petit à petit, je cesserai d’être un berger. »

Par Le Point avec AFP

Vatican-Les excuses du pape saluées : « une étape nécessaire » d’un long chemin à faire

avril 1, 2022

« C’est un moment important pour les peuples autochtones » a souligné Murray Sinclair, ancien sénateur anichinabé qui a présidé la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Le pape François, lors d’une audience rassemblant les représentants des peuples autochtones au Vatican Photo: Reuters/Vatican Media

Longtemps attendues, « sur des générations » même, les excuses du pape prononcées vendredi ont été immédiatement saluées au Canada par des représentants politiques autochtones et allochtones. Des excuses outre-Atlantique en forme de préambule, en somme, avant la visite officielle du pape sur le territoire canadien cet été.

C’est une étape importante, a reconnu d’emblée le premier ministre Justin Trudeau, en assurant que le gouvernement va continuer de soutenir les communautés autochtones à travers le pays avec les ressources nécessaires pour poursuivre les recherches des tombes anonymes, dévoiler la vérité, et continuer à guérir.

Dans une déclaration écrite, le premier ministre a rappelé l’incroyable démonstration de courage des membres de la délégation qui se sont rendus au Vatican cette semaine pour continuer à demander des excuses de la part de l’Église catholique au sujet des atrocités commises dans les pensionnats pour Autochtones.

« Ces excuses n’auraient pas eu lieu si les Survivants n’avaient pas raconté leur vérité directement à l’une des institutions responsables, et s’ils n’avaient pas relaté et vécu à nouveau leurs souvenirs douloureux. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre

Seule une visite du pape sur le territoire pour obtenir des excuses in situ permettraient de répondre spécifiquement à l’appel à l’action no58 de la Commission de vérité et réconciliation, a toutefois indiqué le premier ministre.

Si plusieurs années de négociations diplomatiques ont été nécessaires pour aboutir à cet acte de reconnaissance par le Vatican, la question de l’imputabilité de l’Église reste en suspens aux yeux de nombreux observateurs autochtones.

Assumer [ses] responsabilités

L’ancien président de cette commission d’enquête qui a longuement documenté l’affaire des pensionnats a lui aussi reconnu que les excuses papales représentaient un moment important pour les peuples autochtones, pour le Canada et pour les catholiques du monde entier.

« Il est grand temps que l’Église commence à assumer la responsabilité de son rôle dans le système des pensionnats. Il s’agit d’un chapitre sombre de l’histoire colonialiste du Canada, dont l’Église a été l’un des principaux co-auteurs. »— Une citation de  Murray Sinclair, ancien sénateur anichinabé qui a présidé la Commission de vérité et réconciliation

Aujourd’hui, le pape a mis l’Église sur une meilleure voie, estime M. Sinclair. Ces excuses s’alignent sur les valeurs catholiques, dit-il, elles permettront aux croyants autochtones de revenir à la force de leur foi avec l’espoir qu’un chemin vers la réconciliation est possible.

Certains représentants autochtones émettent des réserves plus appuyées pour accompagner les formulations de gratitude usuelles.

En tant que survivant, il faut reconnaître, cette journée est importante pour l’ensemble des Premières Nations au pays, admet Jean-Charles Pietacho, chef du Conseil des Innus d’Ekuanitshit sur la Côte-Nord, même s’il déplore le fait que ces excuses interviennent trop tard pour des aînés qui ne sont plus de ce monde.

Son analyse du discours du pape? C’est un monologue qui dit ‘je m’excuse’ […], mais la réconciliation, on est encore à des kilomètres. 

Ce qui me préoccupe aussi, c’est la suite des choses, partage sans ambages l’ancien survivant innu qui prône désormais des actions concrètes.

« L’accès aux archives est important. Pourquoi nous a-t-on refusé d’accéder à ces archives? […] Qu’est-ce qu’on fait de ceux et celles qui ont commis des crimes?  »— Une citation de  Jean-Charles Pietacho, chef du Conseil des Innus d’Ekuanitshit

La seule façon de reconnaitre les torts, c’est de dire la vérité, abonde Richard Kistabish, ancien chef de la Première Nation abitibiwinni. Ce survivant du pensionnat de Saint-Marc-de-Figuery, en Abitibi-Témiscamingue, se dit tout bonnement très déçu[ par le discours du pape François.

Il a oublié certains détails importants dont la découverte des corps d’enfants à Kamloops, pointe-t-il. C’est quand même l’Église catholique qui a été partie prenante à ce massacre.

Au Vatican, ces excuses ont été plus que bien accueillies par les trois délégations présentes sur place.

Avec Radio-Canada par Maud Cucchi

Canada: Une Autochtone de la Première Nation d’Eel River Bar rencontrera le pape François

mars 27, 2022

Rosalie LaBillois, co-présidente de l’Assemblée jeunesse des Premières Nations. Photo: Linkdin/Rosalie Labillois

Rosalie LaBillois, une Autochtone de la Première Nation d’Eel River Bar au Nouveau-Brunswick, s’envolera pour le Vatican dans quelques jours pour y rencontrer le pape François.

La rencontre historique au Vatican entre le pape François, des évêques catholiques canadiens et 30 membres des Premières Nations du Canada va se tenir du 28 mars au 1er avril.

Déléguée du Nouveau-Brunswick et aussi co-présidente de l’Assemblée jeunesse des Premières Nations, Rosalie LaBillois sera de la délégation d’aînés, de gardiens du savoir, de jeunes et de survivants des pensionnats.

L’objectif du groupe est simple : obtenir pour la première fois, des excuses officielles de l’Église catholique pour sa gestion des pensionnats autochtones.

Source de traumatisme pour bien des Autochtones et leur fréquentation devenue obligatoire en 1894, ces écoles d’assimilation ont été le site d’abus physiques, sexuels et psychologiques.

Les restes de milliers d’enfants ont d’ailleurs été retrouvés près de plusieurs anciens pensionnats au cours de la dernière année.

Des excuses sincères

Rosalie LaBillois ne veut pas que de simples excuses, mais plutôt des excuses sincères. C’est quelque chose qui doit venir du cœur, clame-t-elle.

La déléguée du Nouveau-Brunswick estime que la rencontre avec le pape François doit permettre de lui faire comprendre la souffrance des peuples autochtones.

Le pape François s’est engagé à venir au Canada en 2022. Photo: AFP via Getty Images/Filippo Monteforte

Nous voulons que le Vatican comprenne que ces histoires sont vraies et que l’Église catholique y a joué un rôle important. Cela doit être reconnu, affirme-t-elle.

Rosalie LaBillois croit que le pape François pourrait attendre une visite au Canada plus tard cette année avant d’exprimer ses excuses officielles.

Avec Radio-Canada d’après le reportage de Frédéric Cammarano

Maroc-Algérie : à quelques jours du ramadan, la guerre de la datte est déclarée

mars 23, 2022
Marchand de dattes et de fruits secs, à Marrakech, au Maroc. © Lutz Jaekel/LAIF-REA

L’antagonisme entre les deux voisins a trouvé un nouveau terrain d’expression : la datte, fruit emblématique s’il en est de la période de ramadan.

Depuis quelques mois, plusieurs internautes marocains mènent sur Twitter une campagne de boycott des dattes algériennes. L’année dernière à la même période, une campagne identique avait été lancée dans un contexte similairement tendu entre les deux pays. Mais cette fois, il est également question de la potentielle cancérogénicité, voire radioactivité des dattes algériennes.

Tout est parti d’un premier tweet datant du 8 janvier dernier. Un compte anonyme – @Amal1999777 – évoque les essais nucléaires français réalisés en Algérie pendant les années 1970. « Ces expérimentations ont pollué le sable et les oasis. Malheureusement, à ce jour, l’Algérie vend des dattes issues de cette région et les exporte vers la plupart des pays arabes », avançait, sans aucune preuve ni indice, le tweet, illustré de photomontages dont les métadonnées ont été supprimées.

Solidarité avec les agriculteurs expulsés

Mais le tweet qui a réellement lancé la campagne de boycott a été publié le 14 janvier dernier. Il a été l’instigateur de plusieurs tweets reprenant le hashtag #boycott _ dattes_ algériennes en français et en arabe.

Derrière cette déferlante, le compte de Ali Terrass (@1Terrass), suivi par près de 23 000 abonnés, dont le compte officiel de la Délégation permanente du Maroc auprès de l’Unesco. Le compte, particulièrement actif depuis 2015, communique sur les actualités géopolitiques du Maroc, en particulier celles concernant le Sahara.

LE MAROC PRODUIT LOCALEMENT PRÈS DE 160 000 TONNES DE DATTES PAR AN

« Les exportations algériennes de dattes ont atteint le Maroc via la France. Le premier lot est arrivé et distribué dans certaines villes. C’est pourquoi je renouvelle ma solidarité avec les agriculteurs d’El Arja, dans l’oasis de Figuig, et je déclare mon boycott des dattes algériennes de manière permanente », peut-on lire dans le tweet à l’origine du phénomène.

En mars 2021, l’Algérie avait expulsé une trentaine de familles d’agriculteurs marocains de l’oasis d’El Arja, situé sur le territoire algérien. Dans cette région, la culture des palmiers est souvent le seul moyen de subsistance des familles.

Le gouvernement algérien avait justifié sa décision par la volonté de faire cesser les trafics illégaux persistants malgré la fermeture des frontières terrestres. Plusieurs milliers de manifestants avaient alors défilé à Figuig pour protester contre ces mesures d’expulsion.

70 000 tonnes importées

Dans plusieurs autres tweets et vidéos qui circulent également sur les réseaux sociaux, des internautes affirment même que les dattes algériennes seraient de mauvaise qualité. Certains vont jusqu’à prétendre qu’elles seraient frelatées et artificiellement colorées pour tromper les consommateurs.

Pour contrer ces accusations, ​​l’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (APOCE) a assuré dans un communiqué de presse que la qualité des dattes algériennes était garantie par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ainsi, l’appellation de la variété « Deglet Nour » serait protégée depuis moins d’un an à l’échelle internationale.

Le Maroc produit localement près de 160 000 tonnes de dattes par an. Mais à l’approche du mois de ramadan, face à la hausse de la demande, le pays en importe 70 000 tonnes supplémentaires. Il peut ainsi assurer à la fois l’approvisionnement et la stabilité des prix.

Le royaume n’étant pas autosuffisant, réduire la consommation de dattes algériennes ou interdire leur importation pourrait entraîner un problème d’approvisionnement au niveau du marché national.

Avec Jeune Afrique par Rym Bousmid

Russie: Un patriarche va-t-en-guerre divise l’Église orthodoxe

mars 18, 2022

Ancien agent du KGB, le patriarche de l’Église orthodoxe russe soutient avec ferveur l’invasion de l’Ukraine. Dans un manifeste historique, des théologiens orthodoxes parmi les plus éminents le dénoncent maintenant comme un hérétique.

Le patriarche de l’Église orthodoxe russe Photo : Reuters/Maxim Shemetov

Sur les photos qu’on trouve de lui, le patriarche de Moscou ressemble un peu à l’idée qu’on se fait de saint Nicolas. Sourire avenant, longue barbe blanche, il porte des robes brodées de fil d’or et des chapeaux pointus ornés d’images saintes. Mais la comparaison s’arrête ici, car Cyrille de Moscou, la plus haute autorité religieuse en Russie depuis 2009, n’a rien d’un personnage bon enfant.

En fait, sa sainteté, née Vladimir Mikhaïlovitch Goundiaïev à Leningrad en 1946, est un va-t-en-guerre enthousiaste et un partisan indéfectible de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Nous vaincrons : l’icône protégera l’armée russe et accélérera notre victoire, a-t-il déclaré lors d’un sermon à la fin de février, bénissant ainsi une opération militaire destinée à combattre les forces du mal.

Dans son homélie du 6 mars dernier, il en a ajouté une couche en qualifiant l’invasion de guerre sainte.

Pourfendeur des mécréants

Combattre les forces du mal? Une guerre sainte? Depuis des années, le patriarche Kyrill propage l’idée d’un Rousskii Mir, soit un univers orthodoxe et nationaliste tourné vers des valeurs traditionnelles, explique Lucian Turcescu, éminent professeur de théologie à l’Université Concordia depuis 2005 et spécialiste des liens entre politique et religion en Europe de l’Est.

Le patriarcat de Moscou oppose à cette idée d’une « Russie pure » la menace d’un Occident perverti, décadent, sans morale, précise le chercheur, établi au Canada depuis 1992. Cyrille en a tout particulièrement contre l’homosexualité et l’avortement.

Pour le patriarche, la guerre en Ukraine incombe aux Occidentaux qui veulent imposer ce genre de péchés au bon peuple russe, le souiller, ajoute M. Turcescu, que nous avons joint par visioconférence à Bucarest, en Roumanie, son pays natal, où il séjourne actuellement. Le professeur Turcescu est frappé par la tension qui règne actuellement autour de lui. Vue depuis la Roumanie, la guerre n’a rien d’une réalité abstraite, contrairement à la perception qu’on peut en avoir au Canada. Il décrit la présence de soldats de l’OTAN et le survol du territoire par des avions militaires.

La région est donc manifestement sur un pied d’alerte et, de façon plus personnelle, le théologien l’est lui aussi. Il fait partie d’un groupe de théologiens, de prêtres et de diacres orthodoxes qui ont signé une condamnation théologique de l’idéologie fascisante promue par le patriarcat de Moscou. Publié le dimanche 13 mars, ce manifeste religieux qui qualifie Kyrill d’indigne de la religion orthodoxe est signé par un nombre croissant de personnalités.

C’est un manifeste historique de dénonciation de l’usage indigne du nom de Dieu, résume le professeur Turcescu, qui compare le manifeste à la déclaration de Barmen, un texte théologique contre le régime nazi, rédigé et publié par les protestants d’Allemagne en 1934.

Des fidèles comme butin de guerre

Pour saisir le goût du patriarche Kyrill pour la guerre, il faut remonter un peu dans le temps. En 2018, un schisme survient au sein de l’Église orthodoxe en Ukraine. Une partie du clergé décide de faire reconnaître par le patriarcat de Constantinople [Istanbul], l’autorité théologique suprême dans le monde orthodoxe, une Église ukrainienne orthodoxe indépendante du patriarcat de Moscou  explique le professeur Turcescu.

Cette division des fidèles ne fait pas l’affaire de Moscou qui, du coup, perd des fidèles et de l’influence. Selon l’idéologie de Kyrill, la capitale de l’Ukraine, Kiev, est la ville sainte de l’Église orthodoxe et du Russki Mir [le monde russe]. Moscou n’en est que le siège politique, précise-t-il encore. Il faut donc comprendre que le patriarche voit dans cette guerre une occasion de récupérer ses ouailles et ses billes.

Patriarche, contrebandier et ex-espion du KGB

Même si ses fidèles l’appellent votre sainteté, Cyrille n’a rien d’un enfant de chœur. Il ne l’a jamais reconnu publiquement, mais il a été un agent important des services secrets russes à l’époque de la guerre froide, affirme le professeur Turcescu, qui croit que le patriarche et Vladimir Poutine se sont rencontrés alors qu’ils étaient tous deux des agents du KGB.

Le professeur de Concordia cite diverses sources universitaires et historiques pour appuyer cette information étonnante. En effet, Cyrille était mentionné sous le nom de code de Mikhaïlov dans les archives de l’ère soviétique qu’une commission d’enquête parlementaire de la Douma avait pu consulter au début des années 1990.

Il était devenu espion notamment en sa qualité de représentant du patriarcat russe auprès du Conseil œcuménique des Eglises (COE) à Genève. Le prédécesseur de Cyrille, Alexis II, était lui aussi un espion du KGB.

Et ce n’est pas la seule originalité dans la feuille de route de l’homme d’Église. Plusieurs enquêtes journalistiques de la Novaïa Gazeta, un journal indépendant russe, ont révélé l’implication de celui qu’on appelle aujourd’hui Cyrille dans d’énormes trafics illégaux d’alcool et de tabac grâce auxquels l’homme serait devenu immensément riche.

Alors qu’il est archevêque, il devient président du département des Affaires étrangères du patriarcat de Moscou et profite de la guerre en Irak, au début des années 2000, pour accroître davantage son immense fortune. Le commerce des cigarettes en Irak, reconnu et soutenu par la Russie, avait été confié à l’Église russe, qui prélevait une dîme. En 2006, le Moscow Times estimait déjà sa fortune personnelle à quatre milliards de dollars.

La Russie est de loin le plus grand pays orthodoxe au monde avec plus de 100 millions de fidèles. Le patriarcat russe est aussi l’autorité de plusieurs églises orthodoxes ailleurs dans le monde. Or, raconte le professeur Turcescu, de plus en plus d’évêques orthodoxes, en Ukraine ou ailleurs, refusent désormais de prier pour le primat de leur Église.

Est-ce normal, demande le chercheur, qu’un représentant de la foi fasse bénir les armes de Poutine? En effet, des prêtres sous l’autorité de Cyrille ont même béni des kalachnikovs.

Avec Radio-Canada par Émilie Dubreuil

Canada-Diocèse de Trois-Rivières: Martin Laliberté devient le nouvel évêque, Mgr Tremblay écarté

mars 14, 2022

Après plus d’un an d’attente à la suite du départ à la retraite de Mgr Luc Bouchard, les citoyens du diocèse de Trois-Rivières ont maintenant un nouvel évêque. Si Mgr Pierre-Olivier Tremblay, évêque auxiliaire et administrateur diocésain à Trois-Rivières était pressenti pour ce prestigieux poste, c’est toutefois Mgr Martin Laliberté, 57 ans, évêque auxiliaire à Québec qui vient d’être nommé. Il devient du même coup le dixième évêque en poste au diocèse de Trois-Rivières.

Bien qu’il se dise heureux de la nomination de Mgr Laliberté, Mgr Tremblay avoue en toute humilité ressentir une certaine déception de ne pas avoir été nommé à ce poste. 

«Pour moi, c’est certain que ma première réaction a été un soulagement et une joie, car on a enfin une nomination après 13 mois d’attente. Mais évidemment qu’il y a une certaine déception parce que moi j’aime le milieu et les gens sont attachants. Mais nécessairement, j’ai vécu aussi dans ma vie de prêtre de l’attachement envers les communautés et qu’on doive s’en défaire, donc ça fait partie du travail», précise celui qui se dit prêt à devenir évêque à un autre endroit si la situation se présente.

Il faut d’ailleurs comprendre qu’afin de procéder à la nomination d’un nouvel évêque, les futurs prétendants ne font pas partie du processus. Ce sont plutôt des consultations qui sont effectuées afin d’en arriver à un consensus. Si bien que dans le cas du diocèse de Trois-Rivières, ni le nouvel évêque Mgr Laliberté, ou encore Mgr Tremblay n’ont été consultés au préalable.

«Souvent, les personnes impliquées directement ne sont pas au courant du processus. Probablement qu’ils ont étudié les candidatures et là ils essaient de voir qui est le mieux placé pour avoir ce poste. Moi j’ai été averti que la semaine dernière, donc pourquoi moi plus qu’un autre, je ne sais pas, car on ne me dit pas les raisons, mais je suis certain que Mgr Tremblay aurait pu très bien continuer à faire le travail», précise Mgr Martin Laliberté.Mgr Martin Laliberté deviendra le 10e évêque en poste au diocèse de Trois-Rivières.

Mgr Martin Laliberté deviendra le 10e évêque en poste au diocèse de Trois-Rivières. Stéphane Lessard

À cet effet, le nouvel évêque avoue avoir été le premier surpris de sa nomination au poste d’évêque du diocèse de Trois-Rivières.

«Je dois dire que j’ai été surpris au départ. Je m’attendais à avoir une nomination d’évêque au Québec, car il y a plusieurs possibilités, mais Trois-Rivières n’était pas l’endroit où je pensais qu’on allait m’envoyer, car on avait déjà un auxiliaire qui est là et qui est administrateur. Mais d’un autre côté, je suis très heureux, car je connais le dynamisme de la région, donc j’ai eu un soulagement. C’est une surprise que j’ai acceptée sereinement», précise-t-il.

De nombreux défis… et de la continuité

Malgré un enthousiasme certain, Mgr Laliberté avoue d’emblée avoir plusieurs défis devant lui au cours des prochains mois à titre de nouvel évêque du diocèse. Évidemment, les états financiers des différentes églises sont du nombre, précise le nouvel évêque, bien qu’il ne s’agisse pas du seul défi qui l’attend.

«Évidemment il y a l’état financier où je dois être au courant. Mais je sais aussi qu’ici, il y a un regroupement de paroisses, donc je dois aussi voir comment ça fonctionne, comprendre toute la structure diocésaine de Trois-Rivières qui est sur un très grand territoire. De plus, je dois voir comment ça fonctionne en zone urbaine et rurale, c’est quoi la dynamique actuelle, donc ce sont des défis d’apprentissage de la réalité de ce territoire qui m’attendent.»

C’est d’ailleurs dans la continuité  que le nouvel évêque souhaite faire sa marque dans la région. Chose que confirme d’ailleurs Mgr Pierre-Olivier Tremblay. 

«Je connais bien Mgr Laliberté et sans aucun doute qu’il va continuer dans la même lignée que moi. On a une vision conjointe et c’est un homme qui vise à parler de la spiritualité avec les mots d’aujourd’hui afin de rejoindre les gens d’aujourd’hui. C’est un homme ouvert, donc ça va être un beau cadeau pour les gens de la Mauricie.»

Une longue feuille de route

Malgré son titre de nouvel évêque du diocèse de Trois-Rivières, Mgr Laliberté possède une longue feuille de route. Il est notamment évêque auxiliaire à Québec et est membre de la Société des missions étrangères de la province de Québec (SMÉ). Il détient également un baccalauréat en théologie et un diplôme en pédagogie de l’Université Laval, en plus de détenir une année de formation spirituelle au Centre de spiritualité Manrèse et une maîtrise en Sciences de la mission à l’Université Saint-Paul.

Celui qui a été ordonné prêtre le 28 octobre 1995 est notamment connu pour son engagement missionnaire, et ce, partout sur la planète. Mentionnons notamment sa contribution de deux ans à Corail en Haïti avec l’Ordre franciscain séculier et son titre de missionnaire au Brésil. Par la suite, en 2004, il est nommé directeur au Centre international de formation missionnaire (CIFM) de sa société, puis comme supérieur général de 2013 à 2019, avant d’être nommé la même année à titre d’évêque titulaire de Sertei et évêque auxiliaire de Québec.

Rappelons que Mgr Luc Bouchard a pris sa retraite il y a 13 mois pour des raisons de santé. Depuis, il est de retour dans sa ville natale, à Cornwall.

Amélie Houle

Avec Le Nouvelliste AMÉLIE HOULE

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mars 5, 2022

Avec Hardos Massamba

Sénégal : un imam accuse les catholiques d’être des « mécréants » et déclenche la colère de l’Église

mars 1, 2022
Façade de la cathédrale Notre Dame des Victoires, le 26 mai 2004 à Dakar. © AFP

Les associations et mouvements catholiques sénégalais exigent des excuses après les propos de l’imam Serigne Lamine Sall qui a considéré les catholiques – de même que les francs-maçons et les juifs – de « mécréants ». Des propos qui ont déclenché une très vive polémique.

Le 24 février, l’imam Serigne Lamine Sall était invité sur le plateau de la chaîne de télévision locale Walf TV où il a notamment affirmé que les catholiques étaient « condamnés de la même manière » que les francs-maçons et les juifs dans l’islam. Selon lui, il n’existe que deux religions, « l’islam et les mécréants ». Les propos de l’imam sont « inadmissibles et ne peuvent être justifiés que par le mépris, l’indécence et l’ignorance », a estimé le 1er mars lors d’un point presse à l’archidiocèse de Dakar Philippe Abraham Birane Tine, le président du Conseil national du Laïcat, qui rassemble les associations et mouvements catholiques du pays.

« Une parole de trop »

Ces propos ont déclenché une vive polémique au Sénégal, pays ouest-africain réputé pour sa tolérance, avec une population musulmane à près de 95%. Parmi les réactions, Mame Mactar Guèye, vice-président de Jamra, une ONG islamique, a estimé sur une radio que « l’imam Serigne Lamine Sall aurait pu se passer de ces propos malheureux à l’égard de la communauté chrétienne. C’est (une) parole de trop ».

À OFFENSE PUBLIQUE, RÉPARATION PUBLIQUE

L’Eglise catholique du Sénégal a réclamé mardi des excuses de la part de l’imam Sall et demandé aux autorités une « autosaisine » du procureur dans ce type d’affaires. « Ce que nous attendons n’est pas compliqué: il y a un adage qui dit à offense publique, réparation publique. Nous souhaitons que l’imam revienne dans l’émission où il a parlé et qu’il présente ses excuses », a expliqué l’abbé Alphonse Birame Ndour, vicaire épiscopal de l’Église catholique du Sénégal, chargé du dialogue interreligieux.

Cohésion nationale

En outre, selon lui, le parquet doit s’autosaisir car dès lors qu’il y a « flagrant délit et que la cohésion nationale peut être menacée ». « L’offense n’est pas faite seulement à la communauté chrétienne mais au Sénégal tout entier », a-t-il ajouté.

Pour Philippe Abraham Birane Tine, qui a qualifié les propos de l’imam de « discriminatoires, outrageants, agressifs », ces derniers « confortent notre certitude que les fondements de notre nation sont en danger ». Il a par ailleurs appellé le président sénégalais Macky Sall a mettre « tout en œuvre pour que, désormais, les coupables de telles forfaitures soient repérés et sanctionnés ».

Par Jeune Afrique avec AFP