Archive for the ‘Religion’ Category

Afrique du Sud : les cendres de Desmond Tutu inhumées au Cap

janvier 2, 2022
Le cercueil de Mgr Tutu sorti de la cathédrale St-Georges à l’issue de la messe de requiem, au Cap, le 1-er janvier 2022. © AFP/MARCO LONGARI

C’est dans l’intimité familiale que l’inhumation du dernier grand héros de la lutte anti-apartheid a eu lieu dimanche, dans son ancienne paroisse, au lendemain de ses funérailles.

« Les cendres de l’archevêque émérite Desmond Tutu ont été inhumées à la cathédrale Saint-Georges lors d’une célébration familiale privée », a indiqué l’Église anglicane dans un communiqué.

Sa veuve affectueusement appelée « Mama Leah » par les Sud-Africains était présente à la cérémonie organisée à l’aube pour l’homme de foi qui disait se lever chaque jour à 04H00 du matin pour être seul avec Dieu.

Ses cendres reposent désormais à une place dédiée devant le maître-autel, sous une pierre gravée en lettres capitales : « Desmond Mpilo Tutu oct. 1931 – déc. 2021 Archevêque du Cap 1986-1996 ».

Funérailles sans faste

Desmond Tutu est mort paisiblement le 26 décembre à 90 ans. L’Afrique du Sud a salué samedi la figure planétaire lors de funérailles sans faste, comme il l’avait souhaité.

Le corps du prix Nobel de la paix a été réduit en poussière par aquamation, une nouvelle méthode de crémation par l’eau présentée comme une alternative écologique aux modes de sépulture classiques.

« The Arch » s’était fait connaître aux pires heures du régime raciste aboli en 1991. Il a organisé des marches pacifiques contre la ségrégation et plaidé pour des sanctions internationales contre le régime blanc de Pretoria.

Après l’élection de Nelson Mandela en 1994, le prélat avait été chargé de présider la Commission vérité et réconciliation (TRC) dont il espérait, grâce à la confrontation des bourreaux et des victimes, qu’elle permettrait de tourner la page de la haine raciale.

Avec Jeune Afrique

Afrique du Sud: Larmes et souvenir d’un « héros » devant la cathédrale de Desmond Tutu

décembre 26, 2021
Larmes et souvenir d'un "heros" devant la cathedrale de Desmond Tutu
Larmes et souvenir d’un « héros » devant la cathédrale de Desmond Tutu© AFP/RODGER BOSCH

En route vers la plage ou avant un traditionnel barbecue en ce dimanche d’été austral au Cap, des Sud-Africains émus s’arrêtent devant la cathédrale Saint-Georges, paroisse de l’ex-archevêque Desmond Tutu, dernière grande figure de la lutte contre l’apartheid, décédé dimanche.

« Il a tellement compté dans la lutte contre l’apartheid. Pour nous, les noirs… », confie à l’AFP Brent Goliath, 44 ans, avant d’éclater en sanglots.

Prix Nobel de la paix en 1984, Mgr Tutu s’est éteint peu après l’aube dans une maison de repos. Affaibli par un cancer, il avait 90 ans.

Sur toutes les chaînes de télévision du pays, des images du petit homme à la robe violette, dansant au côté du dalaï lama ou, hilare, en compagnie de son ami Nelson Mandela, tournent en boucle.

Tenant sa petite-fille par la main, Miriam Mokwadi, 67 ans, s’est rendue à la cathédrale du Cap: « C’est la vérité, Tutu était un héros. Il s’est battu pour nous. Nous sommes libres grâce à lui. Sans lui, notre pays aurait été perdu ».

La nouvelle du décès de celui qui était considéré comme la conscience de l’Afrique du Sud est tombée juste avant la messe. L’annonce a été faite pendant la célébration.

Rapidement, la police a bouclé le quartier. Un livre de condoléances a été disposé à l’extérieur de l’édifice, pour les derniers messages adressés à « The Arch », comme il est affectueusement surnommé dans le pays.

« Aussi triste que cela puisse être, cela apporte sans doute un certain soulagement à la famille, car le père Desmond a beaucoup souffert ces dernières semaines », a déclaré en chaire le père Michael Weeder.

Lumière violette

Une photo en noir et blanc sur laquelle Tutu apparaît souriant, les mains jointes, a été accrochée sur un grillage. Des bouquets de fleurs ont commencé à y être suspendus par des fidèles ou des touristes de passage.

« Je suis née quasiment à la fin de l’apartheid mais toute ma famille parlait de Tutu et il faisait partie du programme d’histoire au lycée », raconte Amanda Xalabile, 30 ans, qui s’est arrêtée sur le chemin du parc, accompagnée de ses deux enfants.

Aucune cérémonie officielle n’est prévue dimanche. Mais la célèbre Montagne de la Table, qui domine la ville, devait être illuminée en violet à partir de 20H00 jusqu’aux funérailles dont la date doit être fixée.

S’enlaçant longuement les uns les autres, les membres de la famille de Tutu se sont petit à petit rassemblés dans sa maison au Cap, sous surveillance policière.

Derrière un cordon de sécurité, une femme en short et débardeur, accompagnée de sa fille, tend un bouquet de fleurs. « Pour la famille », glisse-t-elle aux policiers.

Dans l’autre maison de Desmond Tutu à Soweto, les rideaux sont tirés. Devant cette demeure, à quelques dizaines de mètres de la célèbre maison – transformée en musée – de Nelson Mandela, de jeunes gens branchés viennent prendre des selfies.

« On le voyait passer autrefois quand il faisait son jogging du matin donc bien sûr (…) nous les voisins, on est vraiment émus », se souvient Lerato, un peu plus âgée, dans la rue Vilakazi.

« Quand je buvais un coup, par ici, il était au milieu de tout le monde. Je n’oublierai pas ce monsieur », confie en français Samba, d’origine congolaise.

Desmond Tutu s’était fait connaître aux pires heures du régime raciste de l’apartheid. Il a organisé des marches pacifiques contre la ségrégation et plaidé pour des sanctions internationales contre le régime blanc de Pretoria.

Pour Stephen Moreo, l’archevêque anglican de Johannesburg, « son héritage est celui de son amour pour tous (…) Il disait toujours que Dieu n’est pas le Dieu des chrétiens, mais le Dieu de tout le monde ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Congo – Archidiocèse de Brazzaville : Tentative de profanation de la tombe du Cardinal Émile Biayenda

décembre 25, 2021

Cardinal Émile Biayenda

Le sépulcre du Cardinal Émile Biayenda a connu une tentative de profanation, dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 décembre. Le profanateur a tenté de forcer en vain, la grille qui protège le cercueil, pour accéder au corps. Sans doute pour le voler ou réaliser des orgies ou autres rituels mystiques.

Un individu mal intentionné pris pour un visiteur, a essayé de s’emparer de la dépouille du cardinal Émile Biayenda en s’introduisant de nuit à la cathédrale du Sacré-Cœur à Brazzaville, où repose le prélat.

Visiblement bien décidé à accomplir sa besogne, le malfrat a forcé les grilles de protection qui recouvrent le caveau, pour les décoller, au moyen vraisemblablement d’un pied-de-biche. En certaines parties du caveau, ils ont entamé la structure de béton qui scelle la grille.

Mal lui en a pris car les précédentes tentatives avaient amené les autorités épiscopales à renforcer la protection de cette tombe tant convoitée par certains praticiens occultes aux buts inavoués et désormais, il faut carrément de la dynamite, pour en venir à bout.

Informé de cette intrusion, Monseigneur Bienvenu Manamika archevêque Métropolitain de Brazzaville, est allé s’enquérir de la situation et s’assurer que la tentative de profanation avait échoué, mais surtout renforcer les mesures de protection de la tombe, partant de la dépouille du Cardinal Émile Biayenda.

Les constats d’usage effectués et les mesures de renforcement de la protection de la tombe prises, Monseigneur Manamika a conclu l’instant par une prière, pour rendre grâce à Dieu.

« Dieu notre père, nous te disons simplement merci, parce que par ta grâce, rien n’a été touché et tu nous préviens déjà de ce qui peut arriver. Donne-nous l’intelligence de protéger ces lieux comme il se doit. Pour notre vénéré cardinal, applique ces suffrages, ces prières. Intercède, non seulement pour notre archidiocèse, mais également pour tout le peuple congolais. Nous voulons te demander pardon pour tous ces esprits de vandalisme qui sont l’expression de la corruption du cœur de l’Homme. Pour eux et pour nous tous, je confesse à Dieu tout puissant… »

Dans sa prière, Monseigneur Manamika a également fait réciter la prière demandant à « Dieu qui a révélé aux hommes, par Jésus-Christ, les voies du Royaume des cieux et de l’éternité bienheureuse, d’accorder à son serviteur, le cardinal Émile Biayenda, la grâce d’être glorifié parmi ses élus du ciel, lui qui par ses vertus et le sacrifice de sa vie, a témoigné sur terre du véritable amour de Dieu et du prochain ». 

Il a terminé en demandant au « bon cardinal Émile Biayenda d’intercéder pour nous ».

À l’issue de la prière, la porte métallique couvrant la tombe a été remise et les lieux nettoyés.

Avec Lesechos-congobrazza par Faye Monama et Bertrand BOUKAKA/

France: Vers une pénurie de prêtres dans la Manche

décembre 24, 2021

Plusieurs diocèses normands s’apprêtent à voir le nombre de messes célébrées dans les églises se réduire drastiquement, explique « Le Parisien ».

C’est un constat alarmant qui ne manque pas d’inquiéter de nombreux fidèles de l’Église. Comme le rapporte Le Parisien, le nombre de plus en plus limité de prêtres dans le département de la Manche va engendrer une réduction drastique des célébrations de messes dans de nombreux lieux de culte. Le quotidien souligne que la moitié des 50 prêtres actuellement en exercice aura atteint la limite d’âge d’ici 2026, obligeant les diocèses à se réorganiser.

« Il faut se faire à l’idée que le temps où l’on avait un curé par église est révolu depuis longtemps. Même la situation actuelle n’est pas tenable. Certains ont du mal à l’admettre, mais c’est un principe de réalité », a regretté Mgr Le Boulc’h auprès du Parisien, avant de dresser la situation alarmante de son diocèse de Coutances-Avranches.

« On ne peut donc pas faire autrement que de réduire le nombre de lieux eucharistiques, c’est-à-dire les lieux où les messes sont célébrées. Dans notre département, nous en comptons aujourd’hui une cinquantaine. Nous allons progressivement nous organiser pour qu’il n’y en ait plus que 15 d’ici 3 ans », annonce-t-il.

« La stratégie de l’évêque est catastrophique »

Cette conséquence directe du faible nombre de prêtres est fortement mal accueillie par les fidèles pour de multiples raisons. « Les gens, et a fortiori nos aînés, sont souvent très liés à leur paroisse. Ils y ont été baptisés, s’y sont mariés. Il y a un attachement fort qui n’est pas interchangeable », souligne un fidèle de l’église Notre-Dame-du-Travail à Tourlaville, menacée d’être à l’avenir privée de ses messes régulières.

Ce dernier explique également que la question de proximité est un facteur non négligeable pour les catholiques : « On va fermer les églises où ils sont toujours allés, mais en plus il faudrait qu’ils fassent 5 ou 10 km pour aller en ville dans une paroisse où ils n’ont aucun repère », fustige-t-il auprès du quotidien. « La stratégie de l’évêque est catastrophique. Elle nous est imposée d’en haut comme s’il s’agissait de ressources humaines. Les fidèles ont besoin de leurs paroisses, de leurs repères », regrette un autre fidèle face à cette réorganisation qui pourrait s’aggraver encore dans les décennies à venir.

Avec Le Point

France: Marine Le Pen enrichit sa crèche de Noël avec un santon représentant Didier Raoult

décembre 24, 2021

Sur Internet, Marine Le Pen a partagé ses vœux de Noël et exhibé sa crèche, au milieu de laquelle un santon un peu spécial s’est immiscé, comme l’a souligné « Le Figaro ».

Marine Le Pen enrichit sa creche de Noel avec un santon representant Didier Raoult
Marine Le Pen enrichit sa crèche de Noël avec un santon représentant Didier Raoult

En ornement des crèches de Noël, il est commun d’y retrouver des santons, ces figurines en argile à l’effigie de l’Enfant Jésus, Joseph, ou encore des Rois Mages. Et puis, il y en a de plus originaux, utilisés pour des décorations plutôt atypiques, à l’instar de la crèche de Marine Le Pen. Une statuette de Didier Raoult trône fièrement au milieu de la scène de la Nativité qu’a confectionnée la candidate à la présidentielle en cette fin d’année. Le Figaro a repéré la présence de cette version minuscule de l’infectiologue, à gauche de la Vierge Marie et d’un bœuf, en visionnant attentivement les vœux de fin d’année adressés par la présidente du Rassemblement national depuis YouTube, vendredi 24 décembre.

Blouse immaculée laissant entrevoir le col d’une chemise rose, barbe grisonnante, chevelure blonde mi-longue… Pas de doute, il s’agit du directeur sortant de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection (IHU), qui a promu l’utilisation de l’hydroxychloroquine dans la lutte contre le Covid-19. Marine Le Pen avait fait l’acquisition de ce santon lors d’un déplacement sur le Vieux-Port de Marseille, en novembre dernier.

Le santon Didier Raoult appartenant à Marine Le Pen.© Capture d’écran / Chaîne Youtube Marine Le Pen

« C’est parce qu’il est critiqué que je l’ai acheté »

Devant les caméras, la candidate à l’élection présidentielle de 2022 avait commenté son achat insolite : « C’est parce qu’il est critiqué que je l’ai acheté. L’unanimité contre lui est injuste. Je n’aime pas les lynchages. Cette forme d’hypocrisie me le rend sympathique. » Tellement « sympathique » que Marine Le Pen a intentionnellement choisi ne pas le laisser dans ses placards et d’afficher, à nouveau, son soutien au médecin décrié.

Avec Le Point

Dieudonné Nzapalainga : « En Centrafrique, la France a ouvert la porte à l’éléphant russe »

décembre 18, 2021
Dieudonné Nzapalainga, alors archevêque, participe à la prise en charge des réfugiés pullo dans un centre pour musulmans déplacés fuyant les milices anti-balaka, à Yaloke, à quelque 200 km à l’est de Bangui, le 4 mai 2014. © ISSOUF SANOGO/AFP

L’ACTU VUE PAR. Chaque samedi, « Jeune Afrique » invite une personnalité à décrypter des sujets d’actualité. À nouveau engagé dans le dialogue de sortie de crise en Centrafrique, le cardinal Dieudonné Nzapalainga espère contrer l’égoïsme des puissants.

Le voilà de nouveau au cœur du chaos. En ce mois de décembre, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, ancien archevêque de Bangui nommé au Sacré Collège en 2016 par le pape François, a décidé de reprendre la route. Le 13, le prélat centrafricain de 54 ans va quitter Bangui pour sillonner le pays, à la rencontre de ses évêques, de la population et, aussi, des combattants rebelles qui défient toujours le gouvernement.

Dialoguer, encore. Espérer, surtout, être en mesure d’endiguer la violence et de favoriser cette paix qui semble fuir sa Centrafrique. Garder la foi, enfin, alors que l’espoir d’une élection libre s’est évanoui depuis un an dans une énième reprise des combats et de la violence. « Je dois y croire », explique-t-il à Jeune Afrique, alors que nous le contactons par téléphone à son domicile de Bangui.

Jeune Afrique : Il y a un an, la Centrafrique s’apprêtait à voter pour l’élection présidentielle et espérait mettre la guerre civile derrière elle. Depuis, le pays est retombé une nouvelle fois dans la violence. Est-ce décourageant ?

Cardinal Dieudonné Nzapalainga : Il est vrai qu’il y a eu beaucoup d’espoir. Les Centrafricains espéraient aller aux élections et s’y exprimer librement. Cela n’a pas été le cas, si ce n’est à de rares endroits à Bangui ou dans certaines villes. À la place, nous avons eu la violence et la souffrance. Évidemment, cela peut créer de la déception, amener les gens à se poser des questions. Mais ça ne peut pas être le cas pour quelqu’un qui, comme moi, est un croyant, qui plus est un leader religieux. Je reste persuadé que, dans le cœur de chacun, il y a la puissance nécessaire pour amener le changement. Je dois y croire et être présent pour chercher chez l’homme cette force qui nous permettra de nous construire, de mettre de côté nos égoïsmes et d’arrêter de nous autodétruire.

Les derniers accords de paix ne datent que de février 2019. Comment expliquez-vous que la violence soit revenue aussi rapidement ?

Je crois qu’il y a eu un manque de sincérité. À Khartoum, certains sont venus dialoguer avec des intentions cachées. Ils ont signé pour la paix mais le cœur n’y était pas. Ils ne pensaient pas au développement du pays, à la fin de la souffrance et de la misère. Quand on regarde l’état de délabrement de la Centrafrique, on pourrait s’attendre à ce que cela provoque un sursaut patriotique, mais cela n’est pas le cas.

DANS LE CŒUR DE CHACUN, IL Y A LA PUISSANCE NÉCESSAIRE POUR AMENER LE CHANGEMENT

Dans les deux camps, les intérêts égoïstes continuent de prendre le dessus. On se bat pour des ressources, pour des mines, pour de l’or. On se bat pour la conquête d’un pouvoir, d’un territoire, d’un sous-sol. Quoi qu’on en dise, que ce soit dans le cas de la Séléka il y a des années, ou aujourd’hui de la CPC [Coalition des patriotes pour le changement], il n’y a aucune homogénéité au sein des groupes armés. Ils ne se battent pas pour le peuple. Ils n’ont que des intérêts qui finissent souvent par diverger.

Récemment, Hassan Bouba, ministre issu des groupes armés et suspecté de crimes par la Cour pénale spéciale, a été arrêté puis relâché sans avoir été jugé. Est-ce un mauvais message envoyé aux victimes ?

Dès 2015, au forum de Bangui, nous avons dit : « Non à l’impunité. » Nous avons dit : « Si nous voulons la paix et l’État de droit, il faut une justice indépendante et libre. » Le président actuel était présent et tenait le même discours. Pourtant, dans cette affaire, ce n’est pas cette justice que nous avons vue. Bien sûr, le ministre est présumé innocent. Mais, s’il est suspecté de crimes, pourquoi n’est-il pas resté en détention le temps que la justice détermine, en toute indépendance, s’il est coupable ou non ? Il n’aurait pas dû sortir de prison avant cela.

Le gouvernement centrafricain travaille à l’organisation d’un dialogue national. Qu’en attendez-vous et quel rôle pourrez-vous y jouer ?

Notre rôle est toujours le même : celui de la médiation. Nous avons un représentant dans l’équipe de préparation du dialogue. Sa mission est d’aider les autres parties et de les guider au-delà de leurs intérêts personnels et politiciens. Ce dialogue doit absolument être celui de la remise en question, de la sincérité. En Centrafrique, nos enfants sont nés dans la guerre et ont grandi dans la guerre. Est-ce que nous allons les laisser mourir dans la guerre ? C’est la seule question qui doit être à l’esprit des parties présentes au dialogue. Le rôle de notre Église est de leur rappeler.

Quel est le message que vous adresseriez au président et à son gouvernement avant ce dialogue ?

Je leur demanderais d’oublier leurs intérêts personnels, de tendre la main à ceux qu’ils considèrent comme leurs adversaires. Jésus a tendu la main. Jésus a donné une nouvelle chance à ceux qui s’étaient égarés. C’est le jusqu’au-boutisme qui nous a conduit à la situation dans laquelle nous sommes.

PARLER AUX REBELLES EST UNE TÂCHE DIFFICILE CAR IL FAUT ABSORBER L’AGRESSIVITÉ ET LA TRANSFORMER EN DIALOGUE

Parlez-vous également avec les groupes rebelles de la CPC ?

Oui. D’ailleurs, quand ils ont attaqué Bangui, en décembre 2020, nous sommes allés les voir. Nous leur avons expliqué que les victimes de leur attaque étaient des frères, des sœurs, des mères. Nous parlons à tout le monde pour faire cesser les violences. C’est une tâche difficile car il faut absorber l’agressivité et la transformer en dialogue. Il faut toucher le cœur des rebelles mais aussi consoler les victimes, leur expliquer qu’il ne faut pas tomber dans la vengeance et faire confiance à la justice. C’est le seul chemin.

À la tête de la CPC se trouve officiellement François Bozizé, ancien président de la République et fervent chrétien. Comprenez-vous son choix de reprendre les armes et vous a-t-il déçu ?

La question est toujours la même : nos hommes politiques sont-ils capables de dépasser leurs intérêts personnels égoïstes pour vraiment travailler au vivre ensemble ? Dans le cas de l’ancien président François Bozizé, la réponse a été claire. Il a choisi le chaos. Il est désormais face à sa conscience. Comment le vit-il ? Si vous voyez l’intéressé, vous pourrez lui poser la question. Ce que je sais pour ma part, c’est que la Bible dit : « Tu ne tueras point. » Elle dit aussi de s’aimer les uns les autres. Aujourd’hui, en Centrafrique, nous en sommes loin.

Votre pays est au cœur des interrogations sur la place et l’influence prises par la Russie en Afrique. Que pensez-vous de cette polémique ?

Je crois qu’il faut revenir un peu aux origines : les Russes se sont engouffrés dans une ouverture qui avait été faite par la France. Quand la France a passé un accord à l’ONU avec Moscou pour permettre de livrer en Centrafrique des armes saisies en Somalie, elle a entrouvert une porte pour que l’éléphant russe entre dans notre maison. Maintenant, il est à l’intérieur et il s’est installé. Il est d’autant plus à l’aise que, sans lui, le président Touadéra et son gouvernement auraient sans doute été renversés en décembre 2020. Ce ne devait être que quelques armes et des instructeurs, mais quand les Russes sont arrivés, ils ont vu l’état de chaos dans lequel est notre pays et se sont dit qu’ils pouvaient aussi faire des affaires, implanter des entreprises, acheter des matières premières, exploiter des mines… Ils sont venus. Ils ont vu. Ils ont profité.

Comment l’Église doit-elle réagir face à cette situation ?

Nous devons réagir, condamner, tout faire pour empêcher les exactions qui touchent les populations civiles. En réalité, la question qui se pose en Centrafrique avec Wagner, c’est celle, plus vaste, de la guerre privée. Elle se pose et s’est posée ailleurs dans le monde. Comme en Irak il y a quelques années avec les Américains, nous avons aujourd’hui des mercenaires envoyés en Centrafrique avec l’aval de la Fédération de Russie. Ce ne sont pas des enfants de chœur. Oui, ils ont sauvé le gouvernement et ont rétabli un semblant de libre circulation à certains endroits. Mais cessons de dire que ces mercenaires se battent pour protéger le peuple. C’est faux : ils se battent pour des intérêts économiques égoïstes. Sur notre territoire se déroule un conflit de superpuissances qui a pour conséquence de prendre la population en otage. La Centrafrique n’est pas une jungle ou un far west pour les grandes puissances. Les droits de l’homme, ce n’est pas uniquement pour l’Europe, c’est aussi pour nous.

Ave Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Eglise catholique romaine : Donatien Nshole élevé au rang de monseigneur

décembre 14, 2021

Le pape François vient de faire du secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco) chapelain de sa sainteté le pape.

L’abbé Nshole/DR

Le secrétaire général de la Cénco, l’abbé Donatien Nshole, est élevé au rang de monseigneur par le pape François. Cette information a été certifiée par un communiqué de presse de la Cénco signé par son  deuxième secrétaire général adjoint, l’abbé Georges Kalenga. « Le Secrétariat général de la Cénco est heureux de vous informer que le pape François a élevé monsieur l’abbé Donatien Nshole Babula, secrétaire général de la Cénco, au rang de chapelain de sa Sainteté le pape. En cette qualité, il porte désormais le titre de monseigneur », peut-on lire dans ce communiqué publié le 14 décembre. Rendant grâce à Dieu, le Secrétariat général de la Cénco a également remercié le saint-père pour sa sollicitude à l’égard de la République démocratique du Congo, tout en présentant ses vives et sincères félicitations à l’heureux promu.

Wikipédia note, en effet, qu’un chapelain de sa Sainteté est un prêtre à qui le pape a accordé ce titre honorifique. « Il est appelé monseigneur  (Monsignore) et a certains privilèges, comme en ce qui concerne robe et vêtements ecclésiastiques », a précisé cette encyclopédie. A l’en croire, chapelain de sa Sainteté est le premier (plus bas) des trois rangs de monseigneur.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Congo: Accueil chaleureux de Mgr Gélase Armel Kema, nouvel évêque de Ouesso, aux deux grands séminaires de Brazzaville

décembre 9, 2021

Avec Archidiocèse de Brazzaville

Congo-Brazzaville : Nouvel évêque à Ouesso

décembre 8, 2021

Le Saint Père a nommé évêque de Ouesso, au Congo-Brazzaville, le Père Gélase Armel Kema

Le Saint Père a accepté la renonciation au gouvernement pastoral du diocèse de Ouesso, en République du Congo, présentée par Mgr Yves-Marie Monot, C,S,Sp.

Pour le succéder, le Pape François a nommé évêque de Ouesso le Père Gélase Armel Kema, qui était jusqu’ici Directeur National des Œuvres Pontificales Missionnaires en République du Congo.

Mgr Gélase Armel Kema est né le 26 octobre 1972 à Ouesso. Après ses études au Petit Séminaire de Makoua, il poursuivi ses études de Philosophie et de Théologie à l’Institut Théologique de Montréal, au Canada.

Il a été ordonné prêtre le 29 août 1999 pour le compte du diocèse de Ouesso.

Après son ordination presbytérale, il a été vicaire paroissial (1999-2000) et curé de la Paroisse Saint Joseph de Mokéko (2000-2002) ; Recteur du Séminaire Propédeutique de Ouesso (2002-2003) ; Vicaire Général de son diocèse (2002-2003) ; Curé de la Paroisse du Sacré Cœur de Jésus à Sembé (2003-2007). Il a ensuite fait la licence et le doctorat en Droit Canonique à l’Université Pontificale Urbanienne, à Rome (2007-2010). De 2010 à 2013, il a exercé le ministère pastoral à Collesalvetti, dans le diocèse de Livorno, en Italie. Depuis 2014, il est Professeur de Droit Canonique au Grand Séminaire de Théologie Cardinal Emile Byayenda, à Brazzaville ; et depuis 2018, Directeur National des Œuvres Pontificales Missionnaires en République du Congo.

Situé au nord-ouest de la République du Congo, le diocèse de Ouesso a été érigé en 1983 par le Pape Jean-Paul II.

Avec Vatican News

France-Monseigneur Aupetit : sortie à deux après sa démission

décembre 8, 2021

Depuis les révélations du « Point » et l’annonce par le pape François de sa démission, on était sans nouvelles de Mgr Aupetit. Lundi 6 décembre, il est réapparu.

Monseigneur Aupetit lors d'une ceremonie en avril 2019 devant Notre-Dame de Paris.
Monseigneur Aupetit lors d’une cérémonie en avril 2019 devant Notre-Dame de Paris.© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La vie continue pour l’archevêque de Paris monseigneur Aupetit, dont la démission a été acceptée jeudi 2 décembre par le pape François. Depuis les révélations du Point, qui dévoilait la semaine dernière qu’il avait eu en 2012 une relation intime avec une femme, sa vie privée fait l’objet de toutes les attentions. Un intérêt médiatique qui n’a pas empêché le religieux de retrouver son amie et guide spirituelle Laetitia Calmeyn pour un après-midi en forêt lundi 6 décembre. Mme Calmeyn est une théologienne belge, née le 6 septembre 1975 à Bruxelles, selon sa fiche Wikipédia, qui est devenue « vierge consacrée », comme on appelle ces femmes qui, par amour de Dieu, s’engagent à vivre dans le célibat et la chasteté.

Selon nos informations, monseigneur Aupetit a quitté la résidence officielle de l’archevêque de Paris, située rue Barbey-de-Jouy, dans le 7e arrondissement de Paris, dans la matinée pour aller retrouver son amie. Habillé en civil, il est passé la chercher en voiture dans le 15e arrondissement pour l’emmener déjeuner dans un restaurant de Viroflay, dans les Yvelines. Les deux amis sont ensuite allés se promener dans la forêt de Meudon, où un photographe de Paris Match a pu les prendre en photo. 

Ce même lundi 6 décembre, le pape François expliquait, dans l’avion qui le ramenait de Grèce, pourquoi il avait accepté la démission de l’archevêque de Paris. Mgr Michel Aupetit « ne peut plus gouverner », car « sa réputation a été atteinte » par les « commérages », a-t-il estimé.

Une messe d’action de grâce prévue dimanche

Le souverain pontife a notamment évoqué « un manquement au sixième commandement » (« Tu ne commettras pas d’adultère »), « pas total mais des petites caresses et des massages qu’il faisait à sa secrétaire ». « Ça, c’est un péché. Mais ce n’est pas le péché le plus grave, car les péchés de la chair ne sont pas les plus graves. […] Ainsi, Mgr Aupetit est pécheur. Comme je le suis, comme l’a été Pierre, l’évêque sur lequel le Christ a fondé son Église », a-t-il déclaré.

Selon nos informations, c’est davantage les explications ambiguës et les versions contradictoires et peu probantes de Mgr Aupetit, à la suite des révélations du Point, que ses « manquements » qui auraient poussé le pape à accepter la démission de l’archevêque.

Dimanche 12 décembre, une messe d’action de grâce sera célébrée à 19 heures en l’église Saint-Sulpice pour « entourer et remercier monseigneur Michel Aupetit ». Mais la moitié des religieux invités a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne s’y rendrait pas.

Avec Le Point