Archive for the ‘Religion’ Category

Le Pape canonise 30 martyrs du Brésil assassinés au 17e siècle

octobre 15, 2017

Cité du Vatican – Le pape François a déclaré dimanche 35 nouveaux saints, dont trente martyrs assassinés au Brésil au 17e siècle par des calvinistes hollandais et trois adolescents mexicains convertis tués au 16e siècle, reflets de l’histoire sanglante de l’évangélisation de l’Amérique latine.

L’évangélisation dans l’Etat de Rio Grande avait démarrée en 1597 avec des missionnaires jésuites et des prêtres venus du royaume catholique du Portugal. Mais au cours des décennies suivantes, l’arrivée des Hollandais calvinistes fut accompagnée de persécutions contre les catholiques.

Les prêtres André de Soveral et Ambrosio Francisco Ferro, ainsi que leurs 28 compagnons laïcs (dont un Français), devenus saints dimanche, ont été les premiers martyrs du Brésil, tués par des soldats hollandais et des Indiens au cours de deux massacres en 1645 à Cunhaù et à Uruaçu.

Ces martyrs, des hommes, femmes et enfants (béatifiés en l’an 2000 par Jean Paul II) sont morts atrocement, parfois les coeurs arrachés après des tortures et des mutilations, selon les historiens. Un laïc, Mateus Moreira, proclama notamment sa foi pendant le massacre.

Parmi les morts, il y avait aussi un Français, Jean (Joao) Lostau Navarro, né au royaume de Navarre, qui vivait de la pêche et dont on a retrouvé des titres de propriété et des documents d’Eglise à l’occasion du mariage de l’une de ses filles.

Les nouveaux saints mexicains, Cristobal, Antonio et Juan, des adolescents assassinés en raison de leur foi entre 1527 et 1529, avaient pour leur part reçu une formation auprès des premiers missionnaires franciscains arrivés d’Espagne.

Le jeune Cristobal tentait de convertir son père, qui le tua à l’âge de 13 ans à coups de bâton à son retour de l’école franciscaine.

Antonio et Juan, également nés dans le centre du Mexique, acceptèrent en 1529 d’accompagner en tant qu’interprètes des missionnaires dominicains dans la région d’Oaxaca (sud). Les deux garçons furent tués par des Indiens, alors qu’ils aidaient les missionnaires à détruire des représentations d’idoles des Indiens.

Un Italien et un Espagnol, non martyrs, sont également devenus saints dimanche.

Faustino Miguez (1831-1925), né en Galice, a consacré sa vie à l’enseignement et à l’étude notamment des plantes thérapeutiques, élaborant des remèdes qui sont toujours utilisés. Ce prêtre également enseignant a fondé un institut destiné à l’éducation des jeunes filles.

L’Italien Luca Antonio Falcone (1669-1724), qui devint après quelques doutes durant son noviciat le capucin Angelo d’Acri (ville de Calabre), fut toute sa vie un prêtre itinérant sillonnant le sud de l’Italie. Il avait été béatifié en 1825.

La sainte messe avec le traditionnel rite de canonisation, au cours de laquelle le pape François a prononcé une homélie, a été suivi dimanche sur la place Saint-Pierre par quelque 35.000 fidèles.

Romandie.com avec(©AFP / 15 octobre 2017 13h45)                                            

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Procès autour de l’appartement d’un cardinal: un an avec sursis pour un manager

octobre 14, 2017

Une photographie fournie par le service de presse du Vatican, montrant les prévenus du procès faisant face aux juges, le 14 octobre 2017 / © OSSERVATORE ROMANO/AFP / HO

Un procès au tribunal du Vatican consacré au financement des travaux de rénovation de l’appartement d’un célèbre cardinal italien s’est conclu samedi sans la convocation du prélat tandis qu’un ex-responsable d’une fondation vaticane a été condamné à un an de prison avec sursis.

Le cardinal Tarcisio Bertone, puissant numéro deux du Vatican sous le pape Benoît XVI, avait obtenu en 2013 en quittant ses fonctions un appartement de 400 m2 dans le palais San Carlo, à deux pas de la modeste résidence hôtelière où vit le pape François dans l’enceinte de la cité du Vatican.

Les prévenus du procès, deux ex-managers de la Fondation de l’hôpital pédiatrique Bambino Gesu (propriété du Vatican), étaient accusés d’avoir « détourné » 422.000 euros pour financer la rénovation du fameux appartement, dépense que personne n’avait contestée à l’époque et certainement pas le cardinal.

Giuseppe Profiti, l’ancien président de la Fondation, a été condamné samedi à un an de prison avec sursis pour « abus de pouvoir », a annoncé le tribunal. Son trésorier a été jugé non coupable.

Dans ses réquisitions la semaine dernière, le procureur du tribunal du Vatican avait évoqué un contexte « désolant » caractérisé par « le silence et l’opacité et une piètre gestion des affaires publiques ». Il avait requis trois ans de prison fermes à l’encontre de M. Profiti.

Quant au cardinal aujourd’hui âgé de 82 ans, maintes fois mentionné au cours des audiences, il n’a jamais été convoqué en tant que témoin clef, curiosité impensable dans toute autre juridiction en Europe.

Fin 2015, Tarcisio Bertone avait pourtant été sollicité par la nouvelle directrice de l’hôpital pour boucher le trou béant dans les comptes de la fondation. Il avait finalement fait « un don » de 150.000 euros.

Le pape François avait tapé du poing sur la table, après les révélations de la presse sur le train de vie luxueux de plusieurs cardinaux, assurant qu’on ne pouvait pas parler de pauvreté et « mener une vie de pharaon ».

Le cardinal Bertone avait cédé sa place de numéro deux du Vatican à l’automne 2013, quelque mois après l’élection du pape François, puis il s’était retiré de ses dernières fonctions au sein de ministères du Vatican en décembre 2014.

L’ex-dirigeant condamné Giuseppe Profiti a expliqué que la rénovation visait à créer un espace de prestige pour des réceptions « de 8 à 10 personnes » en présence du cardinal afin de récolter des dons. Une idée approuvée dans une lettre par le prélat.

M. Profiti a admis qu’aucun contrôle financier n’avait encadré les travaux, effectués entre novembre 2013 et la fin mai 2014.

C’est un rapport transmis au procureur par l’Autorité d’information financière (AIF), gendarme financier dont les locaux se trouvent dans le même palais que l’appartement du cardinal, qui avait dénoncé les irrégularités financières de la fondation fin 2015. Appelé comme témoin au procès, son directeur Tommaso di Ruzza a toutefois gardé le silence en opposant le « secret d’Etat ».

Romandie.com avec(©AFP / 14 octobre 2017 16h44)                

Mali: les évêques inquiets après plusieurs attaques contre des églises

octobre 2, 2017

 

Un prêtre célèbre une messe de Noël le 24 décembre 2016 à Gao, au Mali. © Baba Ahmed/AP/SIPA

La conférence épiscopale du Mali s’est déclarée inquiète ce 1er octobre après plusieurs attaques commises récemment contre des églises et des chapelles dans le centre du pays.

« Ces dernières semaines, ces derniers mois, nos églises, nos chapelles, ont été victimes de plusieurs attaques par de présumés jihadistes, a déclaré le secrétaire de la conférence épiscopale du Mali, Edmond Dembélé. Nous sommes inquiets ». Au Mali, pays à 90% musulman, les catholiques sont très minoritaires.

La semaine dernière, dans le village de Dobara, à 800 kilomètres au nord de Bamako, des hommes armés ont forcé la porte de l’église et y ont retiré crucifix, nappes d’autel, images et statue de la Vierge Marie et ont brûlé le tout devant l’église. D’autres attaques d’églises et de chapelles dans le centre du Mali se sont déroulés devant des fidèles les semaines précédentes.

En septembre toujours, dans la localité de Bodwal, des chrétiens ont été chassés de leur lieu de culte par des hommes armés avec ce message : « Nous allons vous tuer si nous vous voyons prier encore dans l’église ».

Le Mali, un pays laïc

La sécurité s’est nettement dégradée ces derniers mois dans le centre du Mali, où sévissent des groupes armés islamistes. Selon un rapport récent de l’ONG Human Rights Watch, ces groupes ont notamment procédé à des « exécutions sommaires de civils et de militaires de l’armée malienne, à la destruction d’écoles et au recrutement forcé d’enfants-soldats ».

« Le Mali étant un pays laïc, le gouvernement prend toutes les mesures pour assurer la sécurité des lieux de culte », a assuré un responsable du gouvernorat de Mopti, dans le centre du pays.

Jeuneafrique.com avec AFP

Sénégal: disparition de Serigne Abdoul Aziz Sy, khalife général des Tidjanes

septembre 22, 2017

 

Serigne Abdoul Aziz Sy Al-Amine lors d’une rencontre sur la fondation Mohamed VI des Oulémas africains, en juillet 2015. © YouTube

Le guide spirituel de la confrérie des Tidjanes s’est éteint dans la nuit de jeudi 21 à vendredi 22 septembre 2017, à Tivaouane, ville sainte de la confrérie, dans la région de Thiès.

Abdoul Aziz Sy était âgé de 90 ans. Dont plus d’un demi-siècle passé au service exclusif de la confrérie, successivement aux côtés de son père Khalifa Ababacar Sy (1927-1957) et de son oncle Abdoul Aziz Sy Dabakh (1957-1997). Ainsi en l’espace de six mois, l’autre grande branche de la confrérie tidjane au Sénégal vient de perdre son deuxième chef spirituel. En effet, le 15 mars dernier, disparaissait son prédécesseur à la tête de la confrérie, Cheikh Ahmed Tidiane Sy.

En dépit de son bref règne de six mois à la tête de la confrérie, il a dans les faits été la figure et la voix de celle-ci durant ce dernier quart de siècle en tant que porte-parole. Fidèle à la tradition familiale voulant que les guides religieux jouent, au-delà du spirituel, le rôle de régulateurs sociaux, Abdoul Aziz Sy n’a pas dérogé à cette exigence.

Il était à la fois, guide religieux, médiateur social et politique. Connu pour son franc-parler, il n’hésitait pas à monter au créneau pour dire ses quatre vérités aux politiques lors des soubresauts socio-politiques rythmant régulièrement le pays, ou à s’employer à rapprocher des positions antagonistes.

Médiateur entre Abdoulaye Wade et Idrissa Seck

Il avait par exemple œuvré au début de l’année 2008 à raccommoder les liens sérieusement abîmés entre l’ancien chef de l’État Abdoulaye Wade et son collaborateur d’alors, Idrissa Seck. Il a également contribué auprès des organisations syndicales à éteindre bon nombre de conflits sociaux.

Attentif aux questions internationales, surtout celles impliquant les musulmans, il s’est tout dernièrement distingué à travers un appel à la communauté internationale pour protéger les Rohyingas, les musulmans birmans.

Abdoul Aziz Sy a été inhumé dans la matinée du 22 septembre à Tivaouane en présence d’une foule de disciples venus de tout le pays. Les témoignages en  provenance de tous les bords politiques, confrériques et confessionnels du pays saluent unanimement une personnalité spirituelle et humaniste.

Informé de sa disparition dès l’atterrissage de l’avion qui l’a ramené de New York, le chef de l’État Macky Sall a, dans un communiqué officiel, aussitôt réagi en ces termes : « La nation sénégalaise vient de perdre un de ses remparts les plus solides. Le Vénéré Khalife Général des Tidjanes, Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine, a été, sa vie durant, un chantre infatigable de l’unité nationale, de la cohésion sociale et de la paix des cœurs ». Il s’est ensuite immédiatement rendu à Tivaouane.

Jeuneafrique.com par – à Dakar

Un religieux saoudien suspendu pour avoir dit que les femmes ont un « quart » du cerveau

septembre 22, 2017

Ryad – Un religieux saoudien qui a affirmé que les femmes ne devraient pas être autorisées à conduire car elles n’ont que le « quart » du cerveau d’un homme a été interdit de prêche, ont indiqué vendredi les autorités.

Saad al-Hijri a été suspendu de toute activité religieuse dans la province d’Asir (sud) après que ses propos eurent défrayé la chronique sur les réseaux sociaux dans ce royaume ultraconservateur qui applique une version rigoriste de l’islam.

Dans une vidéo qui l’identifie comme un important dignitaire religieux, Hijri affirme que les femmes ont normalement « la moitié du cerveau » d’un homme mais qu’elles n’en ont plus qu’un « quart » quand elles vont faire du shopping et qu’elles ne doivent donc pas être autorisées à conduire un véhicule.

Les femmes n’ont pas le droit de conduire en Arabie saoudite, un pays où elles sont maintenues à l’écart des hommes qui ne sont pas membres de leur famille dans les lieux publics.

Les Saoudiennes sont en outre soumises à la tutelle de membres mâles de leurs familles –généralement le père, le mari ou le frère– pour pouvoir faire des études ou voyager.

La sanction imposée à ce religieux par les autorités « est un signe montrant que les plateformes de prêche ne seront pas utilisées pour porter atteinte aux valeurs d’égalité, de justice et de respect des femmes inhérentes à l’islam », a précisé le porte-parole du gouverneur de la province d’Asir dans un communiqué.

« Quiconque utilisera ces plateformes de prêche dans le futur pour porter atteinte à ces valeurs sera suspendu », a-t-il poursuivi.

Après avoir été sanctionné, le religieux a indiqué que sa « langue avait fourché », selon le journal en ligne Sabq.

Ses propos, dénoncées par des militants des droits de la femme, ont toutefois reçu des soutiens dans des milieux conservateurs.

Romandie.com avec(©AFP / 22 septembre 2017 18h35)                                            

Oman obtient la libération d’un prêtre indien enlevé au Yémen en 2016

septembre 12, 2017

 

Capture d’écran diffusée le 12 septembre 2017 montrant Thomas Uzhunnalil, prêtre indien enlevé en 2016 au Yémen / © OMAN TV/AFP / HO

Un prêtre indien enlevé en 2016 au Yémen lors d’une attaque contre un hospice attribuée à des jihadistes, a été libéré à la faveur d’une intervention du sultanat d’Oman, a annoncé mardi l’agence officielle ONA.

Le père catholique Thomas Uzhunnalil avait été enlevé lors de cette attaque à Aden (sud) qui avait fait 16 morts, dont quatre religieuses catholiques, et avait été condamnée à l’époque comme « insensée et diabolique » par le pape François.

Les autorités de Mascate ont réussi à « ramener mardi matin à Oman un employé du Vatican » après l’avoir localisé en « coordination avec des parties yéménites », a rapporté l’agence omanaise ONA.

A New Delhi, la ministre des Affaires étrangères Shma Swaraj s’est dite « heureuse d’annoncer que le père Uzhunnalil a été secouru », dans un tweet.

L’agence omanaise a indiqué que les opérations de recherche du prêtre indien avaient été lancées sur « instruction du sultan Qabous » d’Oman et à la demande du Vatican.

L’ONA a publié deux photos de l’ex-otage qui y apparaît en bonne forme. L’une le montre descendant d’un petit avion et l’autre posant habillé d’une tunique traditionnelle omanaise et portant une longue barbe blanche.

L’attaque en mars 20165 contre l’hospice d’Aden n’avait pas été revendiquée.

Un conflit armé oppose depuis 2014 au Yémen rebelles et pouvoir. Les groupes jihadistes rivaux Al-Qaïda et Etat islamique (EI) ont profité du chaos pour élargir leur influence dans ce pays et mener de nombreux attentats meurtriers.

Al-Qaïda a nié son implication dans l’attaque contre l’hospice, mais les autorités l’ont attribuée aux jihadistes.

Durant sa détention, le prêtre indien est apparu à deux reprises dans des vidéos appelant à l’aide pour être remis en liberté par ses ravisseurs.

Il s’est ainsi adressé en décembre 2016 au pape François, lui demandant d’intervenir pour obtenir sa libération et indiquant qu’il avait des problèmes de santé.

Le gouvernement indien avait assuré après la diffusion de cette vidéo qu’il « ne ménagerait aucun effort » pour obtenir sa libération.

Le père Uzhunnalil est apparu une deuxième fois en mai dernier pour lancer un appel similaire.

Oman, qui entretient des relations équilibrées avec toutes les parties en conflit au Yémen, a réussi ces dernières années à obtenir la libération de plusieurs ressortissants de différentes nationalités enlevés ou disparus au Yémen.

Le dernier otage détenu au Yémen et libéré en mai 2017 avait été l’Australien Craig McAllister qui avait été kidnappé en septembre 2016 à Sanaa, la capitale contrôlée depuis 2014 par les rebelles.

Le Yémen a connu de nombreux enlèvements d’étrangers ces dernières décennies. Véritable industrie dans ce pays à forte tradition tribale, les tribus se servaient souvent de l’enlèvement d’étrangers pour demander des faveurs au gouvernement ou de l’argent.

Mais certains enlèvements ont été le fait de groupes extrémistes comme Al-Qaïda.

Romandie.com avec(©AFP / 12 septembre 2017 17h03)

Colombie, la papamobile freine brutalement: François légèrement blessé

septembre 10, 2017

Le pape François légèrement blessé au visage en se cognant contre une des vitres de sa papamobile qui a brutalement freiné dans un quartier de Carthagène des Indes, au dernier jour de sa visite en Colombie, le 10 septembre 2017 / © AFP / Alberto PIZZOLI

Le pape François s’est légèrement blessé au visage dimanche, en se cognant contre une des vitres de sa papamobile qui a brutalement freiné dans un quartier de Carthagène des Indes, au dernier jour de sa visite en Colombie.

Le souverain pontife, 80 ans, était en train de saluer la foule des fidèles du quartier pauvre de San Francisco quand le véhicule s’est brusquement immobilisé en raison de la multitude massée le long du parcours.

François s’est alors cogné contre l’une des parois vitrées qui surmontent la papamobile pour le protéger des intempéries, s’entaillant légèrement une arcade sourcilière et une pommette, selon les images diffusées par la télévision.

Un de ses agents de sécurité l’a alors aidé à se redresser et a nettoyé à l’aide d’un mouchoir blanc les gouttes de sang qui avaient taché la cape blanche du pape.

Après l’incident, le chef de l’Eglise catholique est réapparu, pour prononcer la prière de l’Angelus, avec un petit pansement sur le visage et une tunique propre.

François doit regagner Rome dimanche à l’issue de cette visite de cinq jours en Colombie, la première de son pontificat dans ce pays qui tente de tourner la page de plus d’un demi-siècle de conflit armé.

Romandie.com avec(©AFP / 10 septembre 2017 19h38)                

Le pape appelle l’Église à se renouveler en faveur de la réconciliation

septembre 9, 2017

Le pape François à son arrivée à Medellin, le 9 septembre 2017 / © AFP / Alberto PIZZOLI

Le pape a appelé samedi l’Eglise à se renouveler, en sortant de son confort, pour promouvoir la réconciliation dans des pays comme la Colombie, en guerre civile depuis plus d’un demi-siècle, et à s’engager pour soulager les plus démunis.

« Le renouvellement ne doit pas nous faire peur », mais « suppose le sacrifice et le courage », a déclaré François, en célébrant en présence de plus d’un million de fidèles une messe en plein air à Medellin, ancienne capitale mondiale du trafic de drogue et troisième étape de son voyage en Colombie.

« En Colombie, il y a beaucoup de situations qui demandent des disciples le style de vie de Jésus, en particulier l’amour converti en faits de non-violence, de réconciliation et de paix », a souligné le souverain pontife, promoteur du processus de pacification engagé par le président Juan Manuel Santos.

« De même que Jésus +secouait+ les docteurs de la loi pour qu’ils sortent de leur rigidité, l’Eglise aujourd’hui est aussi +secouée+ par l’Esprit afin qu’elle quitte ses facilités et ses attachements », a ajouté le pape argentin, qui depuis son arrivée au Vatican en 2013, s’est fait l’apôtre d’un rapprochement avec les plus pauvres.

Applaudi par la foule, il a appelé l’Eglise à « s’engager, bien que pour certains cela semble dire se salir, se souiller ». « Il nous est aussi demandé aujourd’hui de grandir en audace » et de ne « pas rester indifférent devant la souffrance des plus démunis » a-t-il ajouté, en se référant au père jésuite Pedro Claver, défenseur des esclaves de Carthagène des Indes.

C’est dans cette cité coloniale, perle touristique des Caraïbes mais aussi la ville au taux de pauvreté le plus élevé du pays, que François achèvera sa première visite pontificale en Colombie, avant de repartir pour Rome dimanche.

« L’humilité de François est un exemple et l’Eglise doit s’engager davantage », a déclaré à l’AFP Monica Arias, 50 ans, venue à Medellin depuis Apartado, une zone bananière très affectée par le conflit armé.

Peu après son arrivée mercredi à Bogota, le pape avait rappelé aux évêques qu’ils ne sont pas des « politiques » mais des pasteurs, en allusion aux religieux catholiques qui ont critiqué l’accord avec les Farc.

Ce pacte historique a aussi été condamné par le leader de l’opposition de droite et ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), qui a assisté à la messe à Medellin, sa ville d’origine, mais pas aux deux précédentes à Bogota et à Villavicencio.

Le président Santos a signé la paix en novembre 2016 avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui ont fini de déposer les armes à la mi-août et se sont reconverties la semaine dernière en parti politique légal.

Lundi, deux jours avant la venue du pape, le gouvernement et l’Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active, ont signé le premier cessez-le-feu bilatéral jamais conclu avec cette rébellion, en pourparlers depuis février.

Le chef de l’Etat entend parvenir à une « paix complète » dans son pays, dévasté par une guerre fratricide qui a impliqué une trentaine de guérillas, des milices paramilitaires d’extrême droite et les forces de l’ordre, faisant plus de 260.000 morts, 60.000 disparus et 7,1 millions de déplacés.

Romandie.com avec(©AFP / 09 septembre 2017 21h45)                

Il est mort sans-papiers à Dubaï

septembre 7, 2017

Avis de recherche de familles et des origines

 

Dubai

 

Avec Congo-mfoa.com

Victimes béatifiées: le pape et les blessures du conflit en Colombie

septembre 2, 2017

Des casquettes à l’éfigie du pape François qui fera une visite spéciale de quatre jours en Colombie, du 6 au 11 septembre, à Medelin le 1er septembre 2017 / © AFP/Archives / JOAQUIN SARMIENTO

Au premier coup de machette, le prêtre colombien Pedro Maria Ramirez est tombé à genoux, demandant pardon pour ses bourreaux. Quatre décennies plus tard, en 1989, l’évêque Jesus Jaramillo succombait sous les balles d’une guérilla commandée par un curé.

Tous deux seront béatifiés par le pape François durant la visite qu’il entame mercredi en Colombie, un pays déchiré par plus d’un demi-siècle d’une guerre fratricide et qui, avec l’aide du souverain pontife, tente de mettre fin au dernier conflit armé du continent américain.

L’Eglise catholique a versé sa part de sang dans la confrontation entre les forces de l’Etat, les guérillas de gauche, les milices paramilitaires d’extrême droite et les narco-trafiquants.

Depuis 1984, deux évêques et 89 prêtres ont été assassinés, 23 autres religieux, dont cinq prélats, ont été enlevés, selon la Conférence épiscopale de Colombie.

Dans ce pays en grande majorité catholique, le pape va reconnaître le martyre du curé Ramirez et celui de l’évêque Jaramillo à l’occasion de cette visite de cinq jours, du 6 au 10 septembre.

– « Père, pardonnez-leur » –

Le 9 avril 1948 éclatait la violence qui a marqué au fer rouge la Colombie du 20e siècle. Ce jour-là, le dirigeant libéral Jorge Eliecer Gaitan est assassiné à Bogota. Le lendemain, au coin d’une rue d’Armero (centre), le prêtre Pedro Maria Ramirez meurt, à genoux.

Les conservateurs et les libéraux se livreront une guerre sans merci dans les villes et les campagnes. De cet affrontement surgiront les premiers guérilleros et paramilitaires.

Le curé d’Armero a succombé à un coup de machette de partisans de Gaitan qui accusaient l’Eglise de s’allier aux conservateurs et de prêcher la mort des libéraux.

Face à ses assassins, le père Ramirez a crié: « Je veux mourir pour le Christ », raconte à l’AFP le directeur de doctrine de la Conférence, Jorge Bustamante.

En s’effondrant, couvert de sang, il a clamé: « Père, pardonnez-leur ». Puis il a reçu un coup de gourdin et un autre de machette. Il avait 49 ans. Ses restes ont été enterrés dans le cimetière de La Plata, son village natal, à environ 400 km d’Armero.

De son vivant, le père Ramirez avait une réputation de saint. « Tout le monde a foi en lui. De nombreux pèlerins viennent presque tous les jours », assure à l’AFP un habitant de La Plata, Rodrigo Fajardo, 70 ans.

Vendredi prochain, il sera béatifié par le pape François pour avoir vécu sa foi « avec héroïsme » et parce que « sa mort a été causée par une haine de l’Eglise », explique Jorge Bustamante.

– Une « erreur » de l’ELN –

Presque 40 ans plus tard, le 2 octobre 1989, Mgr Jesus Jaramillo se trouvait en voiture, avec quatre religieux, sur une route de l’Arauca, département frontalier du Venezuela.

Des guérilleros de l’Armée de libération nationale (ELN) séquestrent le prélat ainsi que le prêtre Elmer Muñoz, et laissent partir les autres. Les rebelles reprochaient à l’évêque d’être proche des militaires. Avant de se retrouver seul avec eux, Mgr Jaramillo a demandé au curé de le confesser, selon ce qu’a raconté ensuite le père Muñoz.

Le lendemain, l’évêque était retrouvé, tué de sept balles, et dépouillé de l’anneau épiscopal. Pour son « impartialité et sa condamnation de la violence, je crois qu’ils l’ont assassiné. Parce qu’il ne cédait à aucune idéologie », affirme à l’AFP Alvaro Hernandez, prêtre de l’église Maria Auxiliadora de Arauca.

Mgr Jaramillo a été tué par une guérilla alors commandée par le curé espagnol Manuel Perez, décédé de maladie en 1998. L’ELN a été fondée en 1964 sous l’influence de la révolution cubaine et de la théologie de la libération, courant de l’Eglise catholique qui revendiquait la lutte pour les plus pauvres.

Après des décennies de confrontation avec l’Etat, ces rebelles négocient, depuis février, un accord de paix similaire à celui qui a permis cette année le désarmement de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et sa transformation en parti politique.

Pablo Beltran, chef négociateur de l’ELN, a qualifié la mort de Mrg Jaramillo d' »erreur ». « Nous le reconnaissons et demandons pardon pour cette erreur », a-t-il déclaré dans un entretien.

Romandie.com avec(©AFP / 02 septembre 2017 11h48)