Archive for the ‘Santé’ Category

Canada-Le Québec se redéconfine : « Il faut y aller mollo », prévient Legault

janvier 25, 2022

Le premier ministre annonce des allègements en deux phases pour le 31 janvier et le 7 février.

Le premier ministre Legault en conférence de presse.

Le premier ministre François Legault a annoncé mardi certains allègements des mesures sanitaires, même si l’état du réseau de la santé demeure précaire. Photo : La Presse Canadienne/Grahams Hughes

Encouragé par une baisse légère, mais constante, des hospitalisations, le gouvernement du Québec permettra à nouveau à ses citoyens de se réunir en dehors de leurs bulles familiales respectives à compter de lundi prochain, dans les maisons et dans les restaurants, entre autres assouplissements des mesures sanitaires.

Le premier ministre François Legault a fait savoir mardi que les rassemblements dans les résidences privées seront permis à partir de la semaine prochaine. Mais attention : seules les réunions de quatre personnes (ou deux bulles familiales) seront autorisées.

La limite sera la même dans les restaurants, qui poussent un soupir de soulagement. Quatre personnes (ou deux bulles familiales) pourront s’asseoir à la même table. Les salles à manger seront également limitées à 50 % de leur capacité; le service sera interrompu à 23 h; et les clients devront avoir en main leur passeport vaccinal.

M. Legault a procédé à cette annonce lors d’une conférence de presse, mardi après-midi. Il était pour l’occasion accompagné du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique par intérim, le Dr Luc Boileau.

L’idée, c’est d’y aller graduellement, prudemment, a fait valoir le premier ministre, qui demeure inquiet de l’état précaire du réseau de la santé. Comme on dit en québécois, il faut y aller mollo, a-t-il soutenu.

« Je comprends que les gens sont tannés. Mais en même temps, il faut être prudents. Il faut penser chaque jour au personnel qui est au front depuis longtemps dans nos hôpitaux. Donc c’est pour ça qu’il faut y aller mollo. »— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Des allègements ont aussi été annoncés mardi dans les milieux de vie pour personnes âgées. Le nombre de visiteurs pourra augmenter à deux par jour pour les résidents des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et à quatre dans les résidences privées pour aînés (RPA) à partir de lundi.

M. Legault a également rappelé aux gestionnaires de milieux de vie qu’un maximum de quatre personnes pouvaient déjà s’asseoir autour d’une même table pour partager un repas dans ces établissements, et a déploré que certains d’entre eux obligent leurs résidents à manger dans leur chambre.

La pratique des sports parascolaires et civils pour les jeunes âgés de moins de 18 ans pourra en outre reprendre lundi. Toutefois, les groupes seront limités à 25 personnes et toute forme de compétition sera interdite; seuls les entraînements seront tolérés.

Cette autorisation sera également valide pour les activités parascolaires comme le théâtre ou les jeux d’échecs, a illustré le premier ministre.

Autres précisions : les concessions alimentaires des centres de ski pourront rouvrir dès lundi en fonction des mêmes modalités que celles imposées aux restaurants, et certains lieux intérieurs comme le Biodôme, le Planétarium, les aquariums, les insectariums et les jardins zoologiques pourront rouvrir à 50 % de leur capacité.

Une deuxième phase le 7 février

Quant aux salles de spectacles, aux cinémas, aux amphithéâtres et aux lieux de culte, ils devront patienter jusqu’au lundi 7 février, a indiqué François Legault, qui affirme vouloir procéder par étapes et avec prudence.

La capacité d’accueil de ces établissements sera également limitée à 50 %, avec un maximum de 500 spectateurs dans les lieux culturels et de 250 fidèles dans les lieux de culte. Le passeport vaccinal sera également exigé, sauf pour les funérailles, qui seront limitées à 50 personnes.

En ce qui concerne les gyms, les bars, les tavernes et les casinos, par contre, il est encore trop tôt pour évoquer leur réouverture.

On est sortis du tunnel, a déclaré M. Legault. Par contre, le train de la santé est magané, et il est magané depuis plusieurs années, a-t-il ajouté, réitérant l’intention de son gouvernement de présenter un vaste plan de refondation du système de santé axé sur la formation du personnel et des incitatifs au recrutement.

Ledit plan sera exposé le mois prochain, a précisé le premier ministre.Le Dr Luc Boileau en conférence de presse.

Le Dr Luc Boileau a été nommé directeur de santé publique par intérim à la suite de la démission surprise du Dr Horacio Arruda, plus tôt ce mois-ci. Photo : La Presse Canadienne/Grahams Hughes

Les mesures d’assouplissement présentées mardi constituent un premier pas, mais il ne s’agit pas de la séquence de déconfinement de la santé publique, sur laquelle le Dr Boileau travaille toujours.

« Il faut donner un espace pour permettre de vivre différemment et de continuer à vivre dans cette dimension avec le virus, tout en étant prudent. […] Je pense que c’est un calcul correct du risque de la charge hospitalière qui veut se stabiliser et du besoin pour les gens de socialiser. »— Une citation de  Dr Luc Boileau, directeur national de santé publique par intérim

Le Dr Boileau a par ailleurs annoncé mardi qu’il y aura sous peu des points de presse distincts de la santé publique par rapport au gouvernement – une demande de longue date des partis d’opposition.

Selon le bureau du premier ministre, toutefois, ces points de presse ne seront pas systématiques, et le gouvernement continuera au besoin à inviter le Dr Boileau à ses événements.Un masque médical dans la neige.

« On est tous conscients que beaucoup de Québécois sont tannés des consignes », a déclaré mardi le premier ministre François Legault.

PHOTO : RADIO-CANADA / JEAN-CLAUDE TALIANA

Pour justifier les allègements annoncés mardi, François Legault a notamment évoqué la nécessité de préserver la santé mentale des Québécois.

Cela dit, il manque toujours 12 341 travailleurs de la santé dans le réseau, dont 5719 à Montréal, et l’on compte toujours près de 3300 patients hospitalisés dans les hôpitaux de la province.

Dans son bilan de mardi, le ministère de la Santé et des Services sociaux a annoncé une légère baisse des hospitalisations (-21), mais 85 décès de plus dus à la COVID-19.

Cette tendance devrait se poursuivre, a indiqué M. Legault, qui a rencontré lundi soir des experts de l’Institut national de santé publique du Québec INSPQ, de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux INESSS et de la santé publique avec Christian Dubé. Mais il y a encore beaucoup d’incertitude, a-t-il prévenu.

Avec Radio-Canada par

Jérôme Labbé

Jérôme Labbé

Omicron : l’Occident raciste envers les scientifiques sud-africains ?

janvier 25, 2022
Damien Glez © Damien Glez

Des chercheurs d’Afrique du Sud se disent victimes de discrimination de la part des pays du Nord qui ne prennent pas leurs publications au sérieux. La preuve par le dernier variant…

Les politiques et scientifiques du Nord « multiplient-ils par zéro » l’expertise médicale quand celle-ci vient des pays du Sud, singulièrement d’Afrique ? Pour le professeur Shabir Madhi interrogé par la BBC, les pays « à revenu élevé » seraient plus prompts à « absorber les mauvaises nouvelles qui viennent de pays comme l’Afrique du Sud » que les informations encourageantes. En cause, selon l’expert en vaccins de l’université de Witwatersrand de Johannesburg : la phobie de la situation sanitaire du continent et le mépris pour le niveau académique de scientifiques africains pourtant bardés de diplômes et pétris d’expérience.

« Alerte racisme ! », semble confirmer le professeur Salim Karim, ancien chef du comité consultatif Covid du gouvernement sud-africain et vice-président du Conseil international des sciences. L’épisode du variant Omicron du Covid-19 – d’abord détecté en Afrique australe – permettrait d’étayer leur thèse.

Scepticisme et mésestime

Si les scientifiques du cru, singulièrement sud-africains, ont rapidement constaté que le nombre inhabituel de mutations du variant le rendait préoccupant du point de vue de la transmissibilité – quatre fois plus infectieux –, ils ont aussi annoncé, en moins de deux semaines, que celui-ci était « dramatiquement plus bénin » que les variants responsables des précédentes vagues de la pandémie. Autrement dit :  le risque de contracter une forme grave était moins important qu’avec les autres formes du Covid-19.

Comme si les travaux sud-africains n’étaient pas dignes de foi, le monde entier les aurait ignorés, plongeant la tête la première dans une psychose, il est vrai, source de mesures de sécurité toujours bonnes à prendre. Shabir Madhi s’étonne que l’Occident semble refuser de « croire la science parce qu’elle vient d’Afrique », perclus de scepticisme quand les nouvelles venues du continent sont bonnes. Les recherches sud-africaines étant formellement rigoureuses sur le plan scientifique, la mésestime du Sud par le Nord relèverait du racisme.

Certes, « crier au loup » est un peu la vocation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ne serait-ce qu’en respect du principe de précaution, il paraissait légitime que l’institution onusienne mette en garde contre le fait de qualifier Omicron de « bénin », craignant que le « tsunami » de contagion ne déstabilise les systèmes de santé.

De toute façon, l’OMS a l’habitude, depuis le début de la pandémie, d’être taxée d’alarmiste, en particulier en ce qui concerne le continent africain… Le scepticisme de l’Occident pourrait-il se justifier par l’âge moyen de sa population bien supérieur à celui des Sud-Africains ? Pour les scientifiques de Johannesburg, l’optimisme peut tout de même être décliné dans le Nord, l’atout de la jeunesse africaine étant contrebalancé par la prévalence plus élevée, en Afrique, d’autres comorbidités.

En Afrique du Sud, la vague Omicron devrait durer deux fois moins longtemps que les précédentes et pourrait être déclarée terminée dans les prochains jours, en dépit de la crainte suscitée par les contagions en période de réouverture des écoles.

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Passeport vaccinal dans les grandes surfaces au Québec : le décret est publié

janvier 24, 2022
L'intérieur d'un grand magasin

La mesure s’applique aux commerces dont la superficie est supérieure à 1500 mètres carrés, à l’exception des épiceries et des pharmacies. Photo: Radio-Canada/Jonathan Lamothe

Le passeport vaccinal sera obligatoire à compter de lundi dans certains magasins à grande surface. Toutefois, les pharmacies des grands magasins sont exemptées si les personnes non vaccinées sont accompagnées par un employé. Les stations-service n’auront pas non plus à vérifier le statut vaccinal de leurs clients.

Ce décret qui détaille les contours juridiques de la mesure a été publié dimanche en soirée(Nouvelle fenêtre).

Cette mesure s’applique aux commerces dont la superficie est supérieure à 1500 mètres carrés (16 000 pieds carrés), à l’exception des épiceries et des pharmacies, qui offrent des services jugés essentiels.

Les stations-service et les aires communes des centres commerciaux sont toutefois exemptées, de même que les pharmacies situées dans ces magasins à grande surface, mais à plusieurs conditions.

Dans ces pharmacies, une personne non vaccinée devra être accompagnée en tout temps lors de ses déplacements par un employé de ce commerce, de cette pharmacie ou de toute autre personne mandatée par eux à cet effet et ne pourra pas y acheter d’autres produits que ceux liés au service, précise le décret.

Des pharmaciens propriétaires intégrés à des chaînes de magasins à grande surface telles que Walmart ou Costco craignaient de ne plus pouvoir contribuer à la vaccination des Québécois ou de recevoir des clients non vaccinés, notamment les toxicomanes qui y reçoivent un traitement de substitution aux opiacés.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de vous assurer d’exclure nos pharmacies, comme l’ensemble de celles de nos confrères, des mesures d’exigence de la preuve vaccinale dans les grandes surfaces, demandaient-ils dans une lettre écrite au gouvernement et dont Radio-Canada a obtenu copie.Quelqu'un tient un téléphone intelligent. On aperçoit la preuve vaccinale sur l'écran.

La preuve vaccinale de COVID-19 du gouvernement du Québec, sous forme de code QR Photo: Radio-Canada/Olivia Laperrière-Roy

Pas d’exemptions dans les quincailleries

L’annonce faite il y a 10 jours par le gouvernement avait provoqué des réactions, notamment auprès de certaines enseignes et de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT), qui espérait que les entrepreneurs en construction en soient exemptés.

Ce ne sera visiblement pas le cas.

Est-ce qu’on est en train d’enquiquiner 92 % de la population pour quelques-uns qui ne sont pas en phase avec les mesures et qui pourront continuer de faire leurs achats comme si de rien n’était, puisque 80 % des commerces ne sont pas concernés par les mesures? se demandait en matinée Richard Darveau, président de l’AQMAT.

Plus globalement, M. Darveau se questionne sur l’utilité de ces mesures de contrôle qui vont occuper une partie des employés dans un contexte de pénurie de personnel.Richard Darveau en entrevue avec Patrice Roy

Richard Darveau, président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction Photo : Radio-Canada

Soutien de la rue avec quelques bémols

La majorité des gens interrogés dimanche ont dit approuver l’imposition du passeport vaccinal dans certains magasins à grande surface. Il faut enrayer la pandémie et aider ceux qui sont au front dans les hôpitaux, a notamment mentionné une cliente à la sortie d’un grand magasin.

Des personnes vaccinées ont cependant manifesté une certaine forme de soutien aux personnes non vaccinées et ont exprimé des questionnements quant à l’utilité de cette mesure. Le variant Omicron est moins fort, alors ce n’est peut-être pas plus mal si les gens l’attrapent et s’immunisent ainsi naturellement, a lancé un père de famille adéquatement vacciné, mais irrité par les nombreuses fermetures.

Si le gouvernement durcit les règles d’un côté, il les allège toutefois de l’autre. En effet, c’est dimanche qu’a pris fin l’obligation pour les commerces de fermer le dimanche. Afin de contribuer à limiter la hausse fulgurante du nombre d’hospitalisations liées à la COVID-19, ils avaient dû fermer leurs portes les dimanches 2, 9 et 16 janvier.

Par Radio-Canada avec Gabrielle Proulx, Thomas Gerbet, Colin Côté-Paulette et La Presse canadienne

Canada-Québec/Des militaires au centre de vaccination : les « jokers » du système de santé

janvier 23, 2022

Après l’appel aux retraités, c’était le dernier recours : demander l’assistance de l’Armée canadienne. Dans un système de santé qui manque cruellement de main d’œuvre, les militaires, tels les jokers d’un jeu de cartes, peuvent jouer n’importe quel rôle qu’on a besoin de leur attribuer.

Trois militaires discutent.

La présence de soldats réservistes permet aux membres du personnel de la santé de se concentrer sur leurs tâches médicales. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

Depuis le début de janvier, des soldats réservistes de l’armée canadienne travaillent dans plusieurs sites de vaccination au Québec. Ils ont quitté leurs études ou leur emploi au civil, sur une base volontaire, pour « prêter main-forte », une expression souvent entendue depuis deux ans de pandémie.

Ils permettent aux infirmières ou aux médecins de se concentrer sur leurs fonctions. Leur présence est fort appréciée pour soulager le personnel, même si elle signifie, aussi, que notre système de santé souffre en ce moment d’un terrible manque de ressources.

Ils ne font pas de piqûres, mais ils contribuent à maintenir la cadence. Leurs tâches sont logistiques et administratives, très répétitives, comme c’est souvent le cas dans un centre de vaccination. Il faut entrer 20 fois, 30 fois par heure le même type d’information dans la base de données de Clic Santé, poser les mêmes questions. Il faut désinfecter 20 fois la même chaise. Tendre un nouveau masque à l’entrée, dire c’est par icisuivez cette ligne-là.

Mais pour eux, c’est une mission comme une autre, même s’il n’y a pas de chars blindés à conduire, de sacs de sable à soulever ou d’enfants à sortir d’une maison inondée.

Ils ont déjà retroussé leurs manches pour le déluge du Saguenay de 1996, la crise du verglas de 1998, les inondations de 2017 et de 2019, la crise dans les Centre d’hébergement et de soins de longue duréeCHSLD de 2020, au début de la pandémie… Ils rappellent que c’est leur mandat premier : protéger la population civile canadienne.

Portrait de quelques-uns d’entre eux, rencontrés dans un centre de vaccination de Trois-Rivières.

Écoutez le reportage de Myriam Fimbry à ce sujet à l’émission Désautels le dimanche du 23 janvier 2022, à 10 h.

Cavalier Ève Gauvreau, étudiante en techniques policières

Portrait d'Ève Gauvreau.

Le cavalier Ève Gauvreau est âgée de 21 ans. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

C’est sa toute première opération sur le terrain. En tenue de camouflage kaki, avec un petit drapeau canadien sur le bras, Ève Gauvreau est une nouvelle réserviste de la division blindée de Trois-Rivières.

Cavalier, c’est son grade, qui n’a d’ailleurs rien à voir avec un cheval. Elle conduit plutôt des véhicules blindés lors de ses entraînements. Originaire de Joliette, elle étudie à Nicolet en techniques policières. Quand les Forces armées canadiennes ont cherché des volontaires pour aider les équipes de vaccination, elle a levé la main : Tout de suite, j’ai donné mon nom. J’espérais être choisie.

Tout le monde y donne du cœur et travaille vraiment fort, insiste-t-elle. Je trouvais ça poche un peu de ne pas pouvoir participer. De pouvoir enfin aider, je suis contente.

Assise à une table d’inscription, elle demande la carte d’assurance maladie et vérifie les données dans Clic Santé. Elle règle l’aspect administratif du rendez-vous, pendant que l’infirmière à ses côtés pose les questions d’ordre médical. En deux ou trois minutes, elles passent au suivant. Les gens défilent sans arrêt.Ève Gauvreau travaille sur un ordinateur à côté d'une infirmière.

Les militaires et les travailleurs de la santé travaillent en étroite collaboration. Photo : Radio-Canada/Myriam Fimbry

Comme tous ses collègues de l’armée ici présents, elle peut aussi désinfecter des tables et des chaises. Ce n’est pas comme conduire un char blindé, mais la volonté de se dévouer à une tâche l’emporte. Tout le monde ici a le même objectif : c’est de faire une différence, souligne Ève Gauvreau. Peu importe le travail. Tsé, tout le monde est ici volontiers et arrive à avoir du fun. L’ambiance est vraiment bonne.

Le cavalier Gauvreau (les grades de l’Armée canadienne sont encore toujours masculins) est là depuis une semaine. Elle reconnaît que ce travail administratif répétitif peut sembler bien éloigné de l’esprit d’aventure et de bravoure qui incite parfois les jeunes à revêtir l’uniforme de soldat.

Non, c’est pas comme conduire un véhicule blindé, convient-elle, mais on va être là. Si tout le monde se tannait après une semaine, il n’y aurait plus personne. Puis ça prend du monde tout le temps pour faire ce travail-là.

Arrivée depuis une semaine au site de vaccination de Trois-Rivières, elle est déjà chargée de former une collègue : Marie-Andrée Robitaille, une réserviste de Québec.

Caporal Marie-Andrée Robitaille, musicienne

Portrait de Marie-Andrée Robitaille.

Le caporal Marie-Andrée Robitaille est dans l’Armée canadienne près de 20 ans. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

Diplômée du conservatoire de musique de Québec, Marie-Andrée Robitaille joue de la clarinette. Je suis rentrée dans les Forces armées par la musique. Une audition nationale à Ottawa pour un travail d’été, puis un cours de recrue.

Alors qu’elle ne pensait pas rester dans l’armée très longtemps, elle s’y trouve depuis maintenant près de 20 ans, au sein des Voltigeurs de Québec. Les valeurs militaires de travail d’équipe, d’entraide, d’engagement et de loyauté l’ont séduite. J’ai vraiment développé un grand sentiment d’appartenance avec mon unité, qui est le premier régiment canadien-français.

Elle a participé à des parades, à des concerts, à des tattoos, ces grands rassemblements de musiciens militaires venus de partout au Canada.

La voici en formation une journée à Trois-Rivières dans un cubicule de vérification des rendez-vous, en jumelage avec Ève Gauvreau. Beaucoup de choses à apprendre, mais ça se fait très bien.

Partie de Québec à 6 h du matin, la femme de 40 ans rentrera ce soir chez elle, avant de connaître son affectation des prochains jours.

« C’est un travail très répétitif. Je suis vraiment en admiration devant les gens qui font ça depuis des mois. On est vraiment contents de pouvoir libérer un peu ces gens-là. »— Une citation de  Caporal Marie-Andrée RobitailleDes militaires à Trois-Rivières.

L’armée est arrivée en renfort à Trois-Rivières au début du mois. Photo : Radio-Canada/François Genest

Elle voit défiler beaucoup de monde en une journée, sans arrêt. Je me sens très utile, affirme-t-elle. Je suis vraiment contente d’être là, à voir tous les gens qui sont vaccinés ici.

Sa vie civile est bien remplie, notamment en tant que mère d’un garçon de deux ans et demi. Elle s’est proposé de venir en renfort, parce que la vaccination est une cause qui lui tient particulièrement à cœur. En tant que musicienne et en tant que mère. Idéalement, on espère un retour à la vie normale, que les activités culturelles puissent recommencer.

À cause de la pandémie, elle envoie très peu son garçon à la garderie, pour ne pas risquer d’attraper la COVID, mais ça le coupe de la vie sociale, importante à son âge pour son développement. J’ai hâte de pouvoir socialiser mon jeune garçon davantage.

L’opération VECTOR

  • Quelque 250 militaires contribuent présentement à l’effort de vaccination au Québec;
  • Ils sont répartis dans les régions de Montréal, Mauricie–Centre-du-Québec, Estrie, Chaudière-Appalaches et Côte-Nord, dans un total de 14 centres de vaccination;
  • L’opération a été lancée le 3 janvier pour une durée de 30 jours, mais les besoins sont réévalués constamment.

Caporal-chef Pierrick Rouat, avocat en droit international

Portrait de Pierrick Rouat.

C’est le caporal-chef Pierrick Rouat qui a comparé le rôle variable des militaires à celui des jokers d’un jeu de cartes. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

Pierrick Rouat a un nom breton; son père est originaire de Brest. Il est réserviste à Trois-Rivières au sein du 12e Régiment blindé du Canada.

D’habitude, dans la vie civile, il est avocat en droit international. Il a longtemps travaillé pour une organisation non gouvernementale, Avocats sans frontières Canada. C’est ainsi qu’il a passé un an au Mali (en 2018-2019) comme conseiller juridique volontaire au sein de la Commission vérité, justice et réconciliation, pour appuyer des enquêtes sur les crimes de guerre et la défense des droits de la personne.

Comme réserviste, l’homme de 28 ans travaille une fin de semaine par mois minimum pour les Forces armées. Il participe à des entraînements pour se maintenir à niveau et à des cours à temps plein pour élargir ses compétences et passer au prochain grade. Même quand on pense qu’on sait, on a encore des choses à apprendre. C’est des défis en continu.

Tous les jeunes militaires rêvent d’être un jour déployés outre-mer. Pierrick Rouat revient justement d’une mission de six mois en Lettonie, dans le cadre de l’opération Réassurance de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN en Europe centrale et en Europe de l’Est. Il était chargé de la coopération civilomilitaire. Un peu comme ici, sur le site de vaccination de Trois-Rivières.

« Je fais de la coordination entre les autorités civiles et l’armée. La mission qu’on a, d’accélérer la campagne de vaccination pour mieux protéger la population, je vais m’y dévouer totalement. »— Une citation de  Caporal-chef Pierrick RouatDes militaires des Forces armées canadiennes, la plupart portant un masque.

Des centaines de militaires avaient déjà été déployés dans des CHSLD de la région de Montréal au printemps 2020. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

C’est la première fois qu’il travaille pour le système de santé du Québec et il ne s’ennuie pas depuis son arrivée, il y a une semaine.

J’ai appris à gérer une équipe sur le plancher de 10 personnes, préparer des horaires, des congés, note-t-il. C’est de la résolution de problèmes personnels et professionnels. J’ai appris à faire la liaison avec les autorités civiles, pour déplacer les membres de mon équipe en fonction des priorités. J’ai appris à utiliser les logiciels d’enregistrement de Clic Santé. J’apprends tous les jours!

Selon lui, l’atout des militaires, c’est d’être capables de faire n’importe quelle tâche, avec le sourire, tout simplement parce que c’est ce qu’on leur demande de faire. Les gestionnaires de la santé apprécient cette flexibilité.

« Dans un jeu de cartes, on est comme les jokers : on peut faire toutes les tâches! Évidemment, toutes les tâches dans le cadre de notre mandat. »— Une citation de  Caporal-chef Pierrick Rouat

L’accueil de la population est excellent, assure Pierrick Rouat. Les gens sont reconnaissants. Ils nous remercient régulièrement. Quand ils ont le temps, ils nous posent des questions.

Par exemple, certains demandent des explications sur les divers symboles cousus sur l’uniforme, sur les grades… Ça fait drôle de voir l’armée, admet un monsieur. On n’est pas habitués. Mais ils sont là pour nous aider.

Caporal-chef Samuel Plamondon, réserviste à temps plein

Portrait de Samuel Plamondon.

Âgé de 22 ans, le caporal-chef Samuel Plamondon rêve d’être envoyé en mission à l’étranger. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

Samuel Plamondon ajuste son béret. C’est comme une famille. Je veux montrer à quelle famille j’appartiens, quel régiment. Je suis fier de le montrer. On peut lire sur son béret que cette famille, c’est le 12e Régiment blindé du Canada.

Basé à Trois-Rivières, où il est réserviste à temps plein, il a participé à l’intervention de l’armée lors des inondations de l’été 2019. Il emmenait en char blindé léger les premiers répondants vers des zones difficiles d’accès, ce qui permettait aux pompiers, ambulanciers et policiers d’apporter de la nourriture et des soins. Les populations civiles étaient très heureuses de nous accueillir, se souvient-il avec fierté.

Après ces deux missions en sol canadien, il aimerait bien un jour participer à un déploiement avec les Forces canadiennes à l’étranger : C’est comme un petit rêve d’enfant!

Par Radio-Canada

Covid-19 : les opposants au pass vaccinal, en France, battent à nouveau le pavé

janvier 22, 2022

Les anti-pass vaccinal, qui entrera en vigueur le 24 janvier, dénoncent une parole gouvernementale « incohérente » qui a « varié » avec le temps.

Des opposants au pass vaccinal ont défilé dans les rues de plusieurs villes samedi 22 janvier 2022, deux jours avant son entrée en vigueur, réclamant la «  liberté  » et fustigeant «  l’apartheid  » imposé, selon eux, par le gouvernement entre vaccinés et non-vaccinés. À Paris, où quatre manifestations avaient été déclarées, des Gilets jaunes ont défilé dans la matinée entre le square d’Anvers et la place de la Nation, relayés dans l’après-midi par le mouvement Les Patriotes de Florian Philippot, qui a rassemblé une foule de tous âges, dont des parents accompagnés de leurs enfants.

Le cortège de plusieurs centaines de personnes, pour la plupart non masquées, a défilé de la place de Barcelone (16e) au le ministère de la Santé, dans le 7e arrondissement, portant notamment des pancartes «  Liberté  », «  Vérité  » ou «  Non à l’apartheid  », des drapeaux français ou arborant la croix de Lorraine. «  Pass vaccinal, résistance totale !  » ou «  Macron, on t’em…  », scandaient les manifestants. «  Je préfère mourir aux portes de la liberté que de mourir dans les enfers de la servitude  », proclamait une pancarte, tandis qu’une autre représentait une seringue transperçant Marianne. Un animateur faisait scander «  Résistance ! Résistance !  » ou encore «  Liberté ! Liberté !  ».

Parmi les manifestants, Sophie, juriste de 44 ans, et Franck, consultant informatique de 56 ans, ont expliqué qu’ils étaient tous les deux vaccinés, mais pas leur fille, car ils s’opposent à la vaccination des enfants et des adolescents. Ils ont expliqué être «  anti-pass vaccinal, mais pas pour Philippot  ». Pour Franck, «  le discours des autorités est incohérent et varie avec le temps, en fonction des contingences  », et «  on ne sait plus distinguer le vrai du faux  ». Sophie, pour sa part, regrette qu’«  au moment où le virus est le moins virulent on mette en place le pass vaccinal, alors qu’on pourrait jouer l’immunité naturelle collective  ».

«  Une honte  »

Même remarque de la part d’un homme se présentant comme un technicien informatique de 40 ans, venu avec son fils de 8 ans, qui dit n’avoir jamais voté pour les extrêmes mais trouve que Florian Philippot offre un contrepoint, sinon «  on entend toujours les mêmes choses  ». D’autres manifestations ont eu lieu dans toute la France. 700 personnes se sont rassemblées à Aix-en-Provence, 950 à Montpellier et 1 200 à Marseille, selon les chiffres de la police.

À Bordeaux, ils étaient 450 selon la police, deux fois moins que la semaine dernière. Parmi eux, Anaëlle, infirmière en congé maternité, pour qui «  l’obligation vaccinale est une honte  » et qui dénonce «  des projets expérimentaux  ». «  Les gens vaccinés tombent malades, à quoi ça sert ?  » s’interroge-t-elle. Les manifestants étaient également environ 300 à Lille, dont quelques dizaines de Gilets jaunes, derrière une banderole de tête disant «  non à la dictature  » et réclamant «  une justice sociale, fiscale et écologique  ». «  Fini les tests, fini les masques, on n’en veut plus !  » pouvait-on entendre à Strasbourg (600 participants selon la police).

Le pass vaccinal sera déployé lundi en France. Il faudra alors pouvoir justifier pour les plus de 16 ans un statut vaccinal pour accéder aux activités de loisirs, restaurants et bars, foires ou transports publics interrégionaux. Un test négatif ne suffira plus, sauf pour accéder aux établissements et services de santé.

Avec Le Point

Canada: La santé publique de Montréal était opposée au couvre-feu de Québec

janvier 21, 2022

La directrice de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, s’était opposée, en coulisses, à l’imposition du couvre-feu, mais son avis n’a pas été suivi. Radio-Canada a obtenu les recommandations qu’elle avait fait parvenir à la direction nationale de la santé publique du Québec, au sujet de cette mesure controversée.La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.

Dans le cadre des discussions sur le couvre-feu en décembre dernier, la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP) avait émis l’avis suivant :

Malgré l’opposition de la santé publique de la métropole, le couvre-feu a tout de même été décrété dans la hâte, la veille du jour de l’An, le 30 décembre et a duré deux semaines, jusqu’au 17 janvier. Il était interdit de sortir entre 22 h et 5 h sous peine de recevoir une amende de 1000 à 6000 $.

Des craintes pour les plus vulnérables

Selon la directrice de la santé publique de Montréal, des décisions alternatives au couvre-feu auraient pu avoir plus d’efficacité à contrôler la transmission» et un potentiel moindre à engendrer des impacts collatéraux affectant disproportionnellement les populations les plus vulnérables».

La DRSP précise que ces recommandations s’appuyaient sur la situation et la réalité dans la région de Montréal, où nous considérions que les impacts collatéraux d’une telle mesure étaient considérables auprès des populations vulnérables de la métropole». On peut penser aux itinérants.

Les directions régionales de santé publique participent régulièrement à une table de discussion avec la direction nationale, au cours desquelles des avis divergents peuvent s’exprimer, mais au final, c’est le national qui tranche.

Lors de la discussion sur le couvre-feu, au moins une autre direction régionale s’est déclarée en faveur de la mesure.

La santé publique du Québec avait-elle obtenu un avis éthique?

Dans sa recommandation, Dre Mylène Drouin ajoutait que si le recours à l’imposition d’un couvre-feu provincial devait être envisagé, elle préconisait que le Comité d’éthique en santé publique ou tout autre service éthique indépendant soit mandaté pour fournir un avis».

Au moment d’écrire ces lignes, il n’avait pas été possible de savoir si la santé publique nationale avait obtenu un tel avis.

Dans les dernières heures, le ministère de la Santé a rendu publics plusieurs avis signés par le Dr Horacio Arruda avant sa démission. Celui du 29 décembre concernant le couvre-feu n’est justifié par aucune considération, contrairement aux autres avis.

Un couvre-feu impopulaire et unique au pays

Le gouvernement Legault a annoncé le 13 janvier qu’il levait le couvre-feu. Le jour même, un sondage commandé par L’Actualité rapportait qu’une majorité de Québécois désapprouvait cette mesure et que le Coalition avenir Québec (CAQ) était en baisse dans les intentions de vote.

Le premier ministre a assuré avoir pris cette décision le 12 janvier, avant de connaître les résultats de ce sondage.

Le Québec est la seule province à avoir imposé le couvre-feu durant la pandémie, mais le gouvernement n’a jamais mené d’étude approfondie sur les répercussions de cette mesure.

Le ministère de la Santé avait cité des études menées en Ontario, en France et en Jordanie pour justifier la pertinence du couvre-feu, mais la méthodologie de ces études a été critiquée.

Selon plusieurs sources impliquées dans les discussions qui ont précédé l’imposition du couvre-feu, la mesure n’était pas considérée comme efficace en tant que telle, mais plutôt comme un message à envoyer à la population pour qu’elle prenne au sérieux la situation sanitaire.

Dans un document juridique signé par le conseiller médical stratégique adjoint à la Direction générale de santé publique du Québec, Éric Litvak, en février 2021, on peut lire que si toutes les mesures en vigueur avaient été respectées à la lettre, le couvre-feu aurait eu une valeur ajoutée limitée».

Pas la première divergence de Mylène Drouin

La directrice régionale de la santé publique, qui n‘a pas fermé la porte à l’idée d’être candidate au poste de directrice nationale, n’en est pas à sa première opposition aux décisions de Québec.

Début janvier, la DRSP avait mis sur pause une directive émise pour les services de garde qui mettait fin au complet à l’isolement des enfants en cas de symptômes. Québec avait fini par reculer.

D’autres divergences étaient survenues, comme celles concernant l’isolement rétroactif des voyageurs au début de la première vague ou encore la critique du fait que les décisions aient été prises depuis Québec, au printemps 2020, alors que la crise était dans la région métropolitaine.

Avec Radio-Canada par  Thomas Gerbet 

États-Unis: Nouvelle greffe d’un rein de porc chez un humain

janvier 20, 2022
Les chirurgiens procèdent à l'installation du rein à l'intérieur du patient.

Il s’agit de la deuxième opération de ce type et la première menée à l’intérieur du corps d’un patient, qui était en état de mort cérébrale. Photo: École Heersink de Médecine de l’Université de l’Alabama à Birmingham/Alicia Rohan

Un rein de porc a été greffé à un corps humain, a annoncé jeudi une équipe médicale basée aux États-Unis; c’est la deuxième opération de ce type et la première menée à l’intérieur du corps d’un patient, qui était en état de mort cérébrale.

L’annonce intervient peu après la première greffe d’un cœur porcin chez un patient, cette fois conscient.

Ces percées dans le domaine des transplantations d’organes d’animaux chez des humains, aussi appelées xénogreffes, laissent entrevoir une possible solution à la pénurie chronique de dons d’organes.

Les résultats d’aujourd’hui sont un accomplissement remarquable pour l’humanité et font entrer les xénogreffes dans le domaine clinique, s’est félicité Selwyn Vickers, doyen de l’école Heersink de médecine de l’Université de l’Alabama à Birmingham (UAB), où l’opération a eu lieu.

Un rein de porc avait déjà été greffé sur un humain en état de mort cérébrale par une équipe de l’Université de New York, à deux reprises, le 25 septembre et le 22 novembre 2021, mais les greffons avaient été placés à l’extérieur du corps, connectés à une jambe, afin de pouvoir les observer et effectuer des prélèvements.

L’opération dévoilée jeudi a eu lieu le 30 septembre 2021. Deux reins d’un porc génétiquement modifié ont été placés dans le corps d’un homme de 57 ans dont les organes ne pouvaient être donnés à une autre personne, bien qu’il en ait fait le vœu.

Les reins transplantés ont filtré le sang, produit de l’urine et, chose importante, n’ont pas été immédiatement rejetés, a indiqué l’université dans un communiqué.

Les deux organes sont restés viables jusqu’à ce que l’expérience soit arrêtée, 77 heures plus tard, et les résultats ont été publiés dans l’American Journal of Transplantation.

Puisque les reins étaient complètement connectés à l’intérieur du corps, l’équipe assure que cette opération chirurgicale se rapproche de la réalité clinique. Ils comptent effectuer bientôt des essais sur des patients humains et demander ensuite le feu vert des autorités de régulation.

Le porc dont les reins ont été utilisés avait subi 10 modifications génétiques importantes pour rendre ses organes compatibles avec un humain.

Selon les autorités américaines, près de 107 000 personnes attendent un don d’organe aux États-Unis, dont 90 000 ont besoin d’un rein. Chaque jour, en moyenne, 17 Américains meurent faute de greffe.

La recherche médicale s’était d’abord tournée vers les primates : le cœur d’un babouin a par exemple été greffé à un nourrisson en 1984, mais il n’a survécu que 20 jours.

De nos jours, les valves cardiaques de porcs sont largement utilisées chez les humains, ainsi que la peau porcine chez les grands brûlés.

Les porcs constituent de parfaits donneurs du fait de la taille de leurs organes, de leur croissance rapide et de leur nombreuse progéniture, et parce qu’ils sont déjà élevés comme une source de nourriture.

Par Radio-Canada avec AFP

Canada-Québec/« Fausse route » sanitaire : les quincailleries dévissent l’idée du passeport vaccinal

janvier 20, 2022

« Il faut réapprendre à vivre, à gérer autrement nos entreprises et nos comportements individuels », implore le regroupement des quincailliers dans une lettre ouverte.

L'intérieur d'une quincaillerie.

Environ 120 quincailleries devront demander le passeport vaccinal à leurs clients pour les laisser entrer. Photo: Radio-Canada/Michel Nogue

C’est le coup de massue que redoutait l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT).

Dès lundi, en effet, les grandes surfaces de plus de 1500 m2 devront exiger que les consommateurs présentent leur passeport vaccinal avant d’entrer faire leurs courses. Quincailleries et centres de rénovation compris.

Le président de l’AQMAT, Richard Darveau, craint notamment que les clients non vaccinés, refusés par les grandes enseignes, se ruent vers les plus petits commerces. Où est la logique sanitaire? s’indigne-t-il.

Si vous êtes un entrepreneur en construction, vous allez les prendre où, les matériaux? s’interroge aussi M. Darveau, vent debout face à cette nouvelle mesure pour lutter contre la pandémie de COVID-19.

Le président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de constructionAQMAT a envoyé une lettre mercredi aux ministres Pierre Fitzgibbon (Économie et Innovation) et Jean Boulet (Travail, Emploi et Solidarité sociale) en leur demandant de revenir sur leur décision.Richard Darveau en entrevue avec Patrice Roy.

Richard Darveau, président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction Photo : Radio-Canada

Le représentant des quincailliers québécois justifie sa démarche par un sondage express effectué auprès de ses membres.

Pas moins de 69 % d’entre eux considèrent que c’est une mauvaise idée de croire que scinder les commerces en deux catégories réduira la contamination virale et décongestionnera le système de santé, fait valoir M. Darveau dans sa lettre ouverte.

Nos membres appliquent nos gestes barrières, assure-t-il en entrevue avec l’animateur Patrice Roy. Ça se passe très bien. On se demande : pourquoi changer quelque chose qui fonctionne bien?

Deux poids, deux mesures

Sa lettre déroule dix arguments(Nouvelle fenêtre) contre le projet de décret du passeport vaccinal, dont l’application est imminente.

Outre un attirail technique et humain inutilement encombrant, coûteux pour les grands magasins qui n’accueilleront plus de non-vaccinés, la mesure ne fera qu’engorger les petits commerces avec cette clientèle à risque.

Or, les petites quincailleries correspondent à 80 % des points de vente. C’est là où vont aller les non-vaccinés [alors que] les allées sont plus étroites, les plafonds plus bas, fait remarquer le président de l’AQMAT.

Non seulement il y a de quoi élever le niveau d’anxiété des employés de ces commerces et des clients vaccinés, assure-t-il, mais cette mesure risque aussi de mettre en opposition les quincailleries entre elles.

Selon lui, le contrôle du passeport vaccinal pourrait tout bonnement finir par encourager le marché noir.

Il y a certains [membres] qui veulent aller vers la désobéissance. Évidemment, le mot d’ordre, c’est : n’allez pas là, restez dans la légalité, implore le président de l’AQMAT en entrevue télévisée.

Avec Radio-Canada par Maud Cucchi

Guinée : Alpha Condé a quitté Conakry pour Abou Dhabi

janvier 17, 2022
Alpha Condé à Addis Abeba, en février 2020. © Minasse Wondimu Hailu/Anadolu Agency/AFP

Selon nos informations, l’avion transportant l’ancien président guinéen, un Gulfstream G-IV, a décollé de l’aéroport international Ahmed Sekou Touré ce 17 janvier, en début d’après-midi.

Alpha Condé a obtenu l’autorisation de Mamadi Doumbouya de quitter le pays, afin de recevoir des soins à Abou Dhabi. Il est accompagné de son médecin, le docteur Kaba, et de deux gardes du corps.

Avec Jeune Afrique

Canada-Québec: Si Omicron est moins sévère avec les individus, il n’épargne pas les systèmes de santé

janvier 16, 2022
Une ambulancière parle à un patient sur une civière dans le corridor de l'urgence.

L’urgence de l’Hôpital Humber River, à Toronto, est débordée. Photo: CBC/Evan Mitsui

« Omicron est moins grave sur la santé des gens. Cela a moins d’impact et c’est une bonne nouvelle », a lancé le premier ministre québécois François Legault cette semaine lors d’un point de presse. Et pourtant, Omicron a réussi à remplir à des niveaux records les hôpitaux, qui croulent déjà sous le poids des effets cumulatifs des autres vagues. Pour un variant « moins sévère », il aura réussi à écraser bien des systèmes de santé.

La vague Omicron est une vague destructrice sur les systèmes de santé. C’est un coup de grâce pour plusieurs systèmes, dit Simon Décary, chercheur au Laboratoire de recherche sur la réadaptation axée sur le patient de l’Université de Sherbrooke, qui étudie le phénomène de la COVID longue.

Le système de santé n’a jamais été aussi près de ne pas pouvoir remplir ses devoirs, ajoute le Dr Mathieu Simon, chef des soins intensifs à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, en entrevue à ICI RDI.

Plusieurs experts répètent qu’il ne faut pas penser que « moins sévère » équivaut à « meilleure situation ». Le fait qu’un variant présente généralement moins de danger pour une personne a été souvent mal interprété, comme si le variant ne représente pas du tout un danger.

Omicron affecte tout le monde. Il est tellement contagieux que même avec une sévérité réduite, ça compense par sa contagiosité. On n’est pas en train d’aplatir la courbe; c’est l’inverse, dit Benoît Mâsse, professeur de médecine sociale et préventive à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.Benoît Masse, professeur de médecine sociale et préventive à l'École de Santé publique de l'Université de Montréal

Benoît Masse, professeur de médecine sociale et préventive à l’École de Santé publique de l’Université de Montréal Photo: Capture D’Écran/Skype

Ainsi, Omicron a bel et bien causé une vague qui est sévère. Sévère sur les hôpitaux, sévère sur les travailleurs de la santé, sévère sur la société.

Selon Benoît Mâsse, les systèmes de santé, au Québec comme à plusieurs autres endroits dans le monde, vivront encore de nombreux jours, voire des semaines difficiles. Et l’incidence de tout ça s’en ressentira pendant de nombreuses années, craint-il.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs elle aussi lancé un avertissement, cette semaine, alors que la situation est critique dans plusieurs pays.

Soyons clairs : si Omicron provoque une maladie moins grave que Delta, il demeure un virus dangereux, en particulier pour ceux qui ne sont pas vaccinés. Près de 50 000 décès par semaine [dans le monde], c’est trop. Apprendre à vivre avec ce virus ne signifie pas qu’il faille accepter ce nombre de morts, a écrit cette semaine sur Twitter Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santéOMS.

De plus, l’idée selon laquelle Omicron n’est pas sévère risque plutôt d’aggraver la pandémie, comme le répètent les épidémiologistes. Plus il y a de virus qui circulent, plus on risque de voir l‘émergence d’un nouveau variant – encore plus contagieux et encore plus sévère – apparaître. Rappelons que quelques semaines avant Noël, bien des gens croyaient qu’on avait réussi à contrôler le virus. Or Omicron est rapidement venu changer la donne.Tedros Adhanom Ghebreyesus se frotte le visage lors d'un point de presse.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse sur la COVID-19 (archives). Photo: Getty Images/Fabrice Coffrini

Coup dur pour un système fragile

Les systèmes de santé se sont tant bien que mal adaptés au chaos de la pandémie. Néanmoins, l’afflux de patients infectés, combiné à un manque de personnel sans précédent, rend la situation de plus en plus intenable.

Intensiviste à l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé, à Laval, le Dr Joseph Dahine est on ne peut plus clair : C’est un raz-de-marée qui nous éclabousse, a-t-il dit en entrevue à l’émission Le 15-18.

Selon le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec et urgentologue à l’Institut de cardiologie de Montréal, la plus grande différence avec les autres vagues, c’est que le personnel était plein d’énergie; on avait des équipes complètes. On est rentrés dans cette cinquième vague, mais on ne s’est jamais remis des autres vagues…Des infirmières au travail.

Le personnel de la santé est épuisé et de nombreux travailleurs sont absents en raison du virus, ce qui amplifie les effets dévastateurs de la cinquième vague sur le réseau (archives). Photo: Cole Burston/AFP/Getty Images

Tout le monde, incluant le public, est épuisé par deux ans de pandémie. Toutefois, si la population a pu connaître certaines périodes d’accalmie entre les vagues, la pression ne s’est jamais relâchée dans le système de santé.

On a dû rattraper le retard sur les autres patients qu’on a mis sur pause pour déployer des ressources pour traiter les vagues de COVID. Cette vague est dure sur le moral, affirme le Dr Joseph Dahine, qui ajoute que les travailleurs de la santé ont fait énormément de sacrifices personnels pour répondre au besoin de la société en temps de crise.

C’est sans compter le stress d’être infecté, de ramener le virus à la maison ou d’infecter un patient ou un collègue; sans compter la culpabilité que certains ressentent lorsqu’ils doivent s’isoler et laisser leurs collègues avec encore moins de ressources; sans compter le sentiment d’impuissance de ne pas pouvoir offrir les soins nécessaires à plusieurs patients.

« Nos bras sont meurtris. C’est nous qui traitons la COVID depuis le début […] Il y a un sentiment de résignation. Si on n’a pas lâché, c’est qu’on est solidaires et dévoués aux patients. »— Une citation de  Le Dr Joseph Dahine, de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé, à Laval

De son côté, la Dre Caroline Quach-Thanh se dit néanmoins impressionnée par la résilience des travailleurs de la santé. Par contre, chaque nouvel assaut causé par une nouvelle vague devient un fardeau de plus en plus lourd à porter, comme l’explique celle qui est microbiologiste-infectiologue, épidémiologiste et responsable de la prévention et du contrôle des infections au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine, à Montréal.

Benoit Mâsse s’inquiète particulièrement de l’incidence à long terme de toute cette pression sur les travailleurs de la santé. Quand on travaille avec autant de stress, quand ça lâche, ça crée un vide. Les gens ont de la misère à reprendre et à fonctionner. Ça risque d’arriver pour ces travailleurs. […] Il n’y a pas juste le Dr Arruda qui a besoin de prendre des vacances…

« On s’est endurci avec cette pandémie. Si on avait connu une vague comme Omicron il y a trois ans, on [ne serait] jamais passé au travers. »— Une citation de  Le Dr Mathieu Simon, chef des soins intensifs à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec

Des années à s’en remettre

Par ailleurs, même si le flot de patients COVID-19 ralentit dans les prochaines semaines, les travailleurs de la santé devront ensuite faire face aux retombées de la pandémie. Aux yeux de Simon Décary, il sera impossible de retourner aux anciennes façons de faire, parce le système aura été profondément ébranlé.Des chirurgiens opèrent un patient dans une salle d'opération.

Il n’est impossible qu’après la pandémie, les travailleurs de la santé quittent leur emploi, ce qui aura des effets durables (archives). Photo: Getty Images/Morsa Images

Selon lui, la vague Omicron aura causé des dommages qui nécessiteront une intervention majeure du gouvernement. Si on a 200 000 patients sur des listes d’attente, comment on va faire? C’est complètement démesuré.

« C’est une catastrophe. Ça ne se récupérera pas facilement une fois la vague passée. »— Une citation de  Simon Décary, chercheur à l’Université de Sherbrooke

De plus, combien d’autres travailleurs de la santé choisiront de quitter ce domaine une fois la pandémie terminée? Les experts craignent que le chiffre soit important. Comment pourra-t-on alors offrir des soins à tous s’il manque trop de travailleurs?

Bien sûr, comme l’explique Simon Décary, le système de santé était à sa limite avant la pandémie, mais le chercheur croit que le système est désormais à ce point meurtri qu’il sera impossible d’ignorer le problème.

Pas juste un problème pour le gouvernement

Si c’est là un problème systémique, pourquoi le public doit-il s’en soucier?

Selon le Dr Gilbert Boucher, la réalité est que le système de santé n’est plus en mesure d’offrir des diagnostics et des traitements dans le délai voulu, et ça, le public – qu’il soit infecté ou non par la COVID-19 – continuera de le ressentir pendant un long moment.

On est en train de couper avec le délestage dans des affaires qui sont beaucoup moins électives qu’une chirurgie pour une prothèse de genou pour pouvoir aller jouer au golf. On est dans des pontages qui attendent quelques semaines et qui ont un risque de se transformer en maladie active si ce n’est pas correctement adressé, illustre le Dr Simon.

C’est pourquoi Benoît Mâsse rappelle que le public a sa part de responsabilité. Si le fait de réduire ses contacts pour éviter la transmission peut sembler superflu, chaque geste compte pourtant. Plus il y a de personnes hospitalisées, moins il y a de ressources pour aider celles qui sont malades avec autre chose que la COVID-19.

La population doit comprendre : nous sommes tous reliés, et nos actions peuvent causer des torts aux gens qu’on ne connaît pas, conclut-il.

Avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski