Archive for the ‘Santé’ Category

Congo(Covid-Organics) Alexis Elira Dokékias : « le produit malgache n’est pas toxique »

mai 27, 2020

 

Dans une interview exclusive accordée aux Dépêches de Brazzaville, le professeur Alexis Elira Dokékias, président de la Commission prise en charge au sein du Comité de riposte au coronavirus (Covid-19) annonce la publication, le 28 mai du rapport d’analyses toxicologiques faites par le laboratoire de l’Institut de recherche en science de la santé du Congo.

 

-Professeur Alexis Elira Dokékias/Photo Adiac

Les Dépêches de Brazzaville : le Congo a reçu un lot de Covid-organics, la décoction malgache censée guérir le coronavirus. A quand la distribution du produit aux malades ?

Alexis Elira Dokékias : la première étape ne consiste pas en la distribution du produit à la population, mais plutôt à faire des analyses chimiques et toxicologiques, pour vérifier si le produit a la toxicité sur les rats à titre expérimental. Les conclusions d’analyses toxicologiques faites par le laboratoire de l’institut de recherche en science de la santé du Congo seront disponibles le 28 mai. La composition chimique est connue, et les analyses toxicologiques montrent que le produit n’est pas toxique.

Cependant, le produit contient une quantité de sucre non négligeable. De ce fait, nous devons tenir compte de ce qui est rapporté pour que le produit soit administré à la population. Il y a près de quatre semaines, nous avons reçu, en terme préventif, deux cents doses, qui ont été calculées sur la base de la situation épidémiologique du Congo, trois cents doses curatives. Avant de lancer les essais, nous avons pris un minimum de précautions.

L.D.B : Que faut-t-il faire avant d’utiliser le produit ?

A.E.D : D’abord, il a fallu obtenir l’avis du comité d’éthique pour savoir si ce que nous faisons est en conformité avec les directives de l’OMS en matière d’expérimentation, puis celui du comité des experts. Tous les essais ont été faits, et les protocoles rédigés.

Le premier essai, à titre préventif, concernera les sujets exposés, c’est-à-dire, les infirmiers, les médecins, la presse. En un mot, tous ceux qui sont exposés au risque d’être contaminés. Toute personne en bonne santé doit prouver que son test de la Covid-19 est négatif au départ. Le deuxième essai c’est à titre curatif.

Dans les deux essais, les patients doivent être âgés de plus de dix-huit ans, puisqu’ils doivent au préalable signer leur consentement éclairé. D’ici la semaine prochaine nous débuterons l’essai. Il y a un bilan minimal à faire avant d’inclure tout patient. Plusieurs examens sont nécessaires avant la consommation du produit.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a jamais fait d’études sur ce produit. C’est à nous de confirmer l’efficacité du produit, et l’OMS attend nos conclusions. Elle devrait coordonner les études pilotes. Dans la période actuelle, il est important d’être humble puisqu’il n y a pas encore de protocole consensuel. Pendant que les essais se font, il faut être prudent, parce que dans cette maladie, les mesures les plus efficaces pour l’instant se résument en prévention et sur le plan curatif, il n’y a pas de consensus.

L.D.B : Quel produit administrez-vous aux malades atteints de coronavirus ?

A.E.D : Nous administrons aux malades des traitements très efficaces. Dans le protocole mis en place, nous enregistrons rarement les échecs. Lorsqu’on reprend le traitement cinq ou dix jours après, la virémie a disparu. Nous avons plus de 95% de réussite. Nous avons en assemblage des produits pharmaceutiques, y compris la fameuse chloroquine, et un antibiotique. Tout ceci, associé à un médicament qui fait ses preuves dans les propriétés antivirales. Voilà la trithérapie administrée aux patients, qui parfois, entraîne des petits effets secondaires comme un petit inconfort gastrique. De façon observationnelle, nous n’avons aucun décès dû à ce traitement. Mais, nous devons rester vigilants, en mettant tous les moyens nécessaires pour assurer la surveillance des patients.

L.D.B : Votre point de vue sur l’usage de la chloroquine dans la lutte la Covid-19 comme le professeur Didier Raoult ?

A.E.D : Je n’ai pas encore pris connaissance des travaux du professeur Didier Raoult. En pratique, j’utilise, en tant que hématologue, l’hydroxychloroquine depuis plus de 25 ans, pour moduler la réponse immunitaire en vue de combattre le Covid-19. Ses vertus sont certainement réelles. Mais, sur le plan expérimental, au Congo, nous n’avons pas choisi l’hydroxychloroquine seule. Nous l’associons à un antiviral, car, en dehors de la réponse humanitaire, il faut un médicament qui agit contre les différentes phases de l’évolution du virus. Par conséquent, je ne peux pas critiquer un confrère scientifique. Il a ses moyens et sa méthodologie. Nous avons mis en place un protocole avec méthodologie et des moyens qui sont adaptés à nos capacités.

L.D.B : Votre message à la population congolaise ?

Il faut se faire dépister, surtout, après avoir été en contact avec une personne diagnostiquée positive, afin de commencer le traitement tôt. En plus, il faut observer les mesures de prévention pour éviter de contacter la maladie, en appliquant les mesures barrières, (la distanciation sociale, le lavage des mains…). Ce sont les seules mesures qui garantissent la prévention. Je reproche aux Congolais l’automédication, parce que c’est très dangereux. Elle peut entraîner des morts subites.

 

Avec Adiac-Congo propos recueillis par Yvette Reine Nzaba

Canada: L’armée décrit l’horreur dans les CHSLD en Ontario

mai 27, 2020

«C’est le rapport le plus dur que j’ai lu de toute ma vie», a déclaré le premier ministre ontarien, Doug Ford.

© Nathan Denette La Presse canadienne «C’est le rapport le plus dur que j’ai lu de toute ma vie», a déclaré le premier ministre ontarien, Doug Ford.
Agressivité du personnel soignant, médicaments périmés, présence de coquerelles : le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a dévoilé mardi après-midi un rapport accablant des Forces armées canadiennes sur les cinq résidences ontariennes pour aînés où des soldats ont été déployés.« C’est le rapport le plus dur que j’ai lu de toute ma vie », a déclaré Doug Ford en point de presse, qualifiant les informations contenues dans le rapport d’« horribles » et de « choquantes ». Le premier ministre canadien Justin Trudeau a, quant à lui, parlé d’un rapport « extrêmement dérangeant ».

« J’ai eu de la tristesse, j’ai été choqué, j’ai été déçu, j’ai été fâché, a-t-il mentionné. Je pense qu’on voit une situation qui évidemment est une réalité liée actuellement à la COVID, mais qui est là depuis longtemps et que nous devons entreprendre en tant que pays à améliorer. »

L’armée a également préparé un rapport sur son déploiement dans 25 CHSLD du Québec, qui a été expédié au gouvernement provincial mardi en fin de journée. On ignore si les constats des soldats canadiens y ont été aussi dramatiques qu’en Ontario. Mais une source fédérale a confié au Devoir que les conclusions n’étaient pas reluisantes. Une autre personne a expliqué que le fait que le rapport ait été préparé en cours de mission, plutôt qu’après la fin du déploiement des Forces armées, suggère qu’il y avait un « enjeu sanitaire ».

Depuis plusieurs semaines, les témoignages faisant état d’une qualité de soins déficiente, de patients laissés à eux-mêmes et de conditions hygiéniques déplorables dans certains CHSLD et résidences pour aînés du Québec se bousculent dans les médias. Le bureau du coroner a en outre ouvert une enquête sur la mort suspecte de 51 résidents de la résidence Herron dans l’ouest de l’île de Montréal.

Des résidences en crise

En point de presse, le premier ministre Doug Ford a plaidé pour que « cette tragédie serve de prise de conscience [wake-up call] pour tout le pays ». La crise de la COVID a mis au jour les failles profondes du réseau de soins de longue durée qui a été négligé pendant des années, a-t-il argué. La voix nouée par l’émotion, le premier ministre Ford a assuré qu’il allait « remuer ciel et terre pour réparer ce système, peu importe ce qu’il faudra et combien ça coûtera ».Le rapport de l’armée dresse point par point les défaillances notées dans les cinq résidences de la région de Toronto qui étaient « en situation de crise » lorsque l’armée est arrivée en renfort. Des soldats ont rapporté avoir été témoins de patients criant à l’aide parfois pendant deux heures avant d’obtenir du soutien ou encore de résidents s’étant étouffés après avoir été nourris ou abreuvés sans que leur tête ait été adéquatement soulevée. Certains aînés n’avaient pas pris de bains depuis des semaines et plusieurs avaient des escarres. D’autres étaient en détresse après avoir été coupés de contacts avec leur famille sans pour autant bénéficier d’un soutien psychologique. Certains résidents ne recevaient pas trois repas par jour.

L’armée rapporte également de nombreuses défaillances dans la prévention et le contrôle des infections : des patients ayant contracté la COVID-19 circulaient à leur guise dans la résidence, du personnel passait des zones chaudes aux zones froides et du matériel médical souillé était utilisé.

Multiples enquêtes
« Il est choquant que cela puisse se produire ici au Canada », a regretté le premier ministre Ford, ajoutant que la lecture du rapport l’avait hantée une partie de la nuit. « Il y aura justice pour ces résidents et leur famille », a-t-il dit.Déjà, le gouvernement ontarien a ouvert une enquête pour faire la lumière sur les allégations rapportées par l’armée. Le Bureau du coroner en chef enquête sur un décès. Et la Direction de l’inspection du ministère des Soins de longue durée va enquêter sur certains incidents graves rapportés par l’armée.

Queen’s Park avait en outre déjà annoncé le lancement en septembre d’une commission indépendante sur le système de soins de longue durée. « Nous avons besoin de réponses », a dit Doug Ford.

Les cinq centres de soins de longue durée visés par le rapport de l’armée sont : Eatonville Care Centre à Etobicoke, Hawthorne Place Care Centre à North York, Orchard Villa à Pickering, Altamount Care Community à Scarborough et Holland Christian Homes’Grace Manor à Brampton.

À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau a réitéré plusieurs fois qu’il fallait que les choses changent et qu’Ottawa aiderait les provinces. « Le gouvernement fédéral sera là pour appuyer les provinces dans le travail qu’elles devront faire », a-t-il mentionné.

Le rapport sur les abus constatés dans les résidences pour aînés en Ontario est daté du 14 mai. Les bureaux des ministres de la Sécurité publique et de la Défense, Bill Blair et Harjit Sajjan, affirment en avoir obtenu copie seulement le 22 mai. Le gouvernement ontarien a été alerté cette fin de semaine.

Prolongement de la mission
Les gouvernement québécois et ontarien ont par ailleurs demandé à Ottawa de prolonger le déploiement de soldats dans leurs résidences de soins de longue durée. Le premier ministre ontarien Doug Ford a indiqué souhaiter que l’armée prête main-forte 30 jours de plus en Ontario, au-delà de la date prévue de la fin de la mission le 12 juin.Justin Trudeau a indiqué que les gouvernements discuteraient de cette demande. « Mais bien sûr, nous allons être là pour aider », a-t-il assuré.

Le Devoir et La Presse canadienne par Marie Vastel avec Hélène Buzzetti

Le Québec commence à tester la population sans symptôme

mai 26, 2020
Un test de dépistage de la COVID-19.
© Francois Lenoir/Reuters Un test de dépistage de la COVID-19. L’augmentation des dépistages de personnes asymptomatiques n’est pas étrangère à la forte augmentation du nombre de tests effectués dans les derniers jours, au Québec. Un nouvelle directive devrait bientôt recommander de multiplier les tests aléatoires de la population.

Alors que le déconfinement est lancé dans le Grand Montréal, François Legault a été heureux d’annoncer que la cible de 14 000 tests par jour a enfin été atteinte. Le premier ministre envisage même d’aller jusqu’à 20 000 dépistages quotidiens.

Nous devons d’abord avoir des gens prêts à se faire tester, a-t-il toutefois précisé. C’est le nerf de la guerre à la COVID-19. Face au manque d’affluence par endroit, Radio-Canada a appris que certaines cliniques mobiles testent n’importe quelle personne qui s’y présente.

Jocelyn Barbe s’est présenté la semaine dernière à une clinique mobile de l’est de Montréal. L’homme de 62 ans n’a pas caché le fait qu’il ne présente aucun symptôme et n’a pas été en contact avec des cas de COVID-19. Ça a très bien passé, raconte-t-il. Il n’y avait personne. Juste deux voitures. Ça a pris 15 minutes, pas plus.

Autre clinique mobile, même fonctionnement. À Laval, une infirmière nous explique tester tout le monde, avec ou sans symptôme. Le CIUSSS de Laval confirme accepter les gens qui n’ont pas de symptômes, mais qui ont des craintes ou des inquiétudes.

Dans l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, « tout le monde peut être dépisté », dit la présidente locale du Syndicat des professionnelles en soins de santé, Johanne Riendeau, ce que ne confirme pas le CIUSSS.

Une nouvelle directive à venir pour tester tout le monde

Officiellement, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) s’en tient à sa directive en vigueur qui ne prévoit pas de tester la population de façon aléatoire. Dans certaines circonstances, des personnes asymptomatiques peuvent être dépistées, par exemple des travailleurs de CHSLD ou des personnes ayant été en contact avec des malades.

Selon une source bien informée, le ministère devrait émettre, dans les heures à venir, une nouvelle directive pour permettre ce qui se fait déjà sur le terrain.

Moins de cas positifs malgré l’augmentation des tests

Les observateurs attentifs auront remarqué que malgré l’augmentation du nombre de test quotidiens, on détecte de moins en moins de cas positifs et de plus en plus de cas négatifs.

À Laval, la semaine dernière, le taux de tests positifs était de 16 %, alors qu’il y a quelques semaines, en fonction des priorités de dépistage du gouvernement, les taux de tests positifs se sont élevés jusqu’à plus de 40 % pour certaines journées.

Tester tout le monde est une bonne nouvelle selon une experte

Un test de dépistage de la COVID-19.

© Mussa Issa Qawasma/Reuters Un test de dépistage de la COVID-19.
En Ontario, des épidémiologistes ont convaincu le gouvernement Ford de tester toute la population avec ou sans symptôme, en rappelant que le virus est répandu par des personnes sans symptôme.Le fait qu’on teste maintenant des gens asymptomatiques, c’est excellent, sachant qu’on fait face à une infection qui peut être silencieuse, se réjouit Nima Machouf, épidémiologiste et chargée de cours à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

L’experte rappelle que jusqu’à la moitié des personnes infectées peuvent ne présenter aucun symptôme.

Si le virus est présent dans l’organisme, il sera détecté par les tests rappelle l’épidémiologiste. Selon le ministère de la Santé, une personne asymptomatique est à faible risque de développer descomplications de la maladie.

Le Dr Horacio Arruda annonce que des tests sérologiques seront disponibles dès le mois de juin. Ils permettront de dépister les personnes qui ont eu la maladie sans le savoir dans le passé et qui ont développé des anticorps.

Avec Radio-Canada par Thomas Gerbet

Tunisie : l’accès des femmes à la santé, victime collatérale du Covid-19

mai 25, 2020

Maternité de l’hôpital de la Rabta, Tunis, le 11 mars 2019.

Maternité de l’hôpital de la Rabta, Tunis, le 11 mars 2019. © Mohamed Hammi/Sipa

 

La pandémie de Covid-19 a mis en exergue la dégradation de la santé sexuelle et reproductive en Tunisie. Mais la montée du conservatisme explique aussi certaines difficultés.

Depuis trois semaines, Malek pouponne, mais elle n’en croit toujours pas ses yeux : « Cette naissance est un petit miracle, j’ai eu très peur du coronavirus et qu’il arrive quoi que ce soit au bébé. » La jeune maman reconnaît que l’angoisse et le confinement lui ont fait voir le virus partout, bien qu’elle ait mis au monde son enfant dans une clinique privée où toutes les précautions avaient été prises. « Mon établissement applique les règles d’hygiène les plus strictes. Il fallait surtout gérer les appréhensions des nouveaux parents », assure son obstétricien, Faouzi Ariane. Pour lui, le coronavirus n’a rien changé à la routine bien rodée des actes gynécologiques.

Il n’en a pas été ainsi pour toutes les parturientes. Une enquête menée par le Groupe Tawhida Ben Cheikh et l’Association tunisienne des sages-femmes (ATSF) révèle que, pendant le confinement, 10 % des Tunisiennes ont donné naissance à leur bébé à la maison, bien plus que le 0,1 % habituel. « À chacune son histoire : certaines n’avaient pas de moyens de transport, d’autres étaient dans l’urgence et n’étaient pas en mesure, physiquement, de se déplacer », précise Jamila, sage-femme à Menzel Bourguiba, aux environs de Bizerte (Nord). Cette dernière s’inquiétait davantage de la qualité de l’accompagnement qu’elle pouvait apporter aux patientes alors qu’elle manquait du minimum d’équipements requis.

« Le matériel allait en priorité aux structures dévolues aux soins du Covid-19. Nous avons pu compter sur la société civile pour obtenir des masques, des gants et des blouses. Je n’aurais pas voulu représenter un danger pour une future maman, mais je désirais aussi me protéger puisque j’évolue dans un milieu hospitalier où nul n’est à l’abri d’une infection », explique Jamila. Elle a également relevé un manque de respect du « tri » des patients et des circuits d’accès dans certains hôpitaux.

Avortements clandestins

« Le couvre-feu et le confinement généralisé, ainsi que la crainte des contaminations, créent des difficultés supplémentaires pour les femmes, en particulier lors des accouchements ou pour accéder aux urgences de santé reproductive. Le risque de voir augmenter les accouchements à domicile et les avortements clandestins, avec les complications qui peuvent en résulter, est réel », s’inquiète le Groupe Tawhida Ben Cheikh, du nom de la première femme gynécologue tunisienne qui a lancé le planning familial au début des années 1960.

Comme Jamila, elles sont 2200 à exercer en tant que sages-femmes. Elles suivent 210 000 naissances et près de 1 million de visites prénatales par an tout en faisant face à toutes les difficultés que présente le secteur de la santé reproductive en Tunisie. Dès le début de la pandémie, les consultations de santé maternelle et néonatale ainsi que les services de contraception et d’avortement ont rencontré des obstacles.

Détérioration préoccupante

L’évaluation de l’étude est sans appel : la détérioration de la prestation des services de santé sexuelle et reproductive (SSR) dans les structures de première ligne est préoccupante. Tout comme la fermeture de certains centres de l’Office national de la famille et de la population (ONFP). En cause, une absence d’information adéquate sur le virus et sur les procédures de protection, ainsi que la faible diffusion des directives et des conduites à tenir. Des manquements à l’origine des complications rencontrées pour accéder aux services de santé sexuelle et reproductive essentiels.

Le docteur Amira Yaacoubi dénonce une tentative de réduire le droit des femmes à la santé et à disposer d’elles-mêmes : « Sous le prétexte de la pandémie, trois centres de planning familial ont fermé. » « C’est également une question d’inégalités entre les territoires », commente de son côté une sage-femme de Douz, qui rappelle que, depuis 2012, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) alerte sur la persistance de la mortalité en couches dans le Sud tunisien.

« L’accès aux soins n’est pas facile, les populations sont éparses, et les moyens de transport pas toujours disponibles », commente le docteur Hédia Belhaj, présidente du groupe Tawhida Ben Cheikh, qui s’inquiète surtout de la régression du planning familial. Elle est à l’initiative d’un appel, signé par une cinquantaine d’associations et 70 personnalités, exhortant le ministère de la Santé à la reprise des services de première ligne, dont les consultations prénatales et postnatales, la contraception et l’avortement médicamenteux.

Messages erronés ou idéologiques

Augmentation des violences conjugales, morbidité, indisponibilité des services de suivi de grossesse ou d’identification des cas présentant des risques, mais aussi recours aux avortements à risques sont autant de dangers qui menacent la santé des femmes et que la pandémie du Covid-19 a mis un peu plus en exergue.

Le docteur Belhaj impute la dégradation de la santé sexuelle et reproductive, amorcée bien avant la pandémie, à un manque de leadership de l’ONPF et d’appui du gouvernement, mais aussi à l’émergence d’un conservatisme véhiculant bien souvent des messages erronés ou idéologiques. « Non seulement l’utilisation des moyens de contraception est souvent en baisse par pénurie desdits moyens, mais de nombreuses femmes se voient refuser un avortement pour des raisons non médicales », alarme le médecin.

Avec Jeune Afrique par Frida Dahmani

 

 

Centenaires à travers le monde, ils ont survécu au coronavirus

mai 24, 2020

Français, Espagnols, Italiens ou Russes : ils ont déjà traversé un siècle et en 2020, ils ont vaincu le Covid-19.

Plusieurs dizaines de centenaires dans le monde entier ont guéri du coronavirus créant surprise et admiration du personnel soignant.

«Je vais très bien maintenant. Je suis fatiguée parce que je ne suis pas jeune», s’est réjouie Geneviève Mazet au Midi Libre . Âgée de 104 ans, cette habitante de Montpellier a pu retrouver sa chambre dans son Ehpad après trois semaines passées à la clinique Saint-Jean puis à celle du Mas de Rochet à Castelnau-le-Lez. Le coronavirus n’était pas la première épreuve pour elle. Née pendant la première guerre mondiale, elle a traversé 39-45 en tant qu’infirmière psychiatrique.

Épreuve supplémentaire

Geneviève n’est pas la seule centenaire à avoir terrassé le virus. En Espagne, la doyenne Maria Branyas, âgée de 113 ans, s’est elle-aussi rétablie, après avoir connu la grippe espagnole en 1919. Elle a pu retrouver sa résidence à Olot, à une centaine de kilomètres au nord de Barcelone, créant beaucoup d’admiration de la part du personnel et de tout le pays.

Chaque guérison, une victoire

Pour les soignants, une personne guérie est toujours un succès. Le rétablissement d’un centenaire est presque un miracle, tant les victimes du virus sont pour la plupart des personnes âgées. Hélène François, 103 ans, est elle-aussi une rescapée du coronavirus. «La voir aussi dynamique et de s’en sortir surtout…, s’émeut, sur France Info, Carine Mensah, infirmière à l’hôpital de Courbevoie (Hauts-de-Seine). Quand on a des victoires comme ça, ça nous permet de continuer».

Une haie d’honneur. C’est ce qui attendait Julia Dewilde, jeune centenaire en sortant de l’hôpital de Bois de l’Abbaye à Seraing en Belgique. Une immense réussite pour le service hospitalier belge. «C’est la première centenaire qui sort de notre service en zone Covid actuellement, s’enthousiasmait Anne Coenen, chef du service gériatrie. C’est un beau message pour le reste du public, d’observer que malgré son grand âge, ce n’est pas peine perdue.»

De 100 à 113 ans, qu’ils vivent en France, en Russie ou en Angleterre, les centenaires guéris émerveillent les soignants. Ana del Valle, Espagnole de 107 ans, Noémie Baraldi, ancienne résistance de 100 ans soignée à Besançon, Hélène François à Courbevoie, Connie Titchen, Britannique de 106 ans, Pelagueïa Mikhaïlovna Poïarkova, centenaire moscovite ou encore Saltanat Akbari, Iranienne sortie le 24 mai de l’hôpital Khansari… Ils ont tous survécu au coronavirus.

Avec Le Figaro

Le New York Times consacre sa une aux morts du coronavirus

mai 24, 2020

 

Les États-Unis vont passer la barre des 100.000 morts.

Pour marquer le passage imminent de la barre des 100.000 morts du coronavirus aux États-Unis, le quotidien américain The New York Times consacre dimanche 24 mai sa une à la mémoire d’un millier d’entre elles et évoque pour chacune ce qu’a été sa vie.

«Ces 1000 personnes ici ne représentent qu’à peine un pour cent du total. Aucune d’elles n’était un simple numéro», écrit le journal en présentant brièvement sa une, entièrement couverte d’un texte imprimé serré.

Les États-Unis sont le pays le plus touché par la pandémie de coronavirus, tant en nombre de morts que de cas, avec 97.048 décès pour 1.621.658 cas selon les dernières données disponibles samedi soir. Samedi, le pays a recensé 1.127 nouveaux décès en 24 heures. Le franchissement de la barre des 100.000 morts ne semble qu’une question de jours.

Parmi les victimes citées par le New York Times, avec pour chacune le lieu où elles ont succombé à la maladie Covid-19, figurent «Joe Diffie, 62 ans, Nashville, star de la country music distingué par un Grammy», ou «Lila A. Fenwick, 87 ans, New York City, première femme noire diplômée de la Harvard Law School». Et aussi «Myles Coker, 69 ans, New York City, remis en liberté après avoir été condamné à la prison à vie», «Ruth Skapinok, 85 ans, Roseville, Californie, les oiseaux du jardin venaient manger dans sa main», «Jordan Driver Haynes, 27ans, Cedar Rapids, Iowa, jeune homme généreux avec un sourire enchanteur».

«Je voulais quelque chose que les gens puissent relire dans 100 ans ans pour comprendre le poids de ce que nous traversons», a expliqué Marc Lacey, le rédacteur en chef national du journal.

George Conway, un critique du président et l’époux d’une conseillère de la Maison-Blanche Kellyanne Conway, a tweeté une photo de la une du journal aux côtés d’une photo de Donald Trump jouant au golf samedi. Le président était allé jouer au golf pour la première fois depuis le 8 mars dans son club de Virginie, près de Washington

Par Le Figaro avec AFP

 

COVID-19, état de la situation: Québec déplore 75 autres décès

mai 23, 2020
nurse holds a swab for the coronavirus / covid19 test
© Getty nurse holds a swab for the coronavirus / covid19 test
MONTRÉAL — La COVID-19 a fauché 75 nouvelles vies au Québec, pour un bilan de 3940 morts depus le début de la pandémie.

Le nombre d’infections est en progression de 697 cas pour s’établir à 46 838. Ce nombre inclut toutefois les morts et les 14 044 guérisons enregistrées à ce jour.

Les données présentées samedi après-midi font état de 1452 personnes hospitalisées, en baisse de 27. Parmi celles-ci, 167 étaient soignées aux soins intensifs.

On rapporte 550 cas confirmés de plus à Montréal, pour un total de 23 693 personnes infectées. Le nombre de personnes ayant contracté le virus est passé à 5090 à Laval et à 5783 en Montérégie.

Cette mise à jour quotidienne a été publiée en ligne, puisque le premier ministre François Legault n’accorde pas de conférence de presse ce weekend.

Son homologue fédéral Justin Trudeau prend lui aussi une pause.

Autres développements

Le feu vert de la santé publique pour la tenue de rassemblements extérieurs coïncide avec l’arrivée du temps estival.

Après deux mois de confinement, les Québécois peuvent enfin recevoir parents et amis dans leur cour arrière pour partager un barbecue ou siroter un apéro.

Ces rassemblements sont tolérés depuis vendredi, à condition de réunir un maximum de dix convives qui maintiennent en tout temps une distance de deux mètres entre eux s’ils ne résident pas à la même adresse.

Ils devront aussi éviter d’entrer à l’intérieur, sauf en cas de besoin, pour aller à la salle de bains par exemple.

Ces rassemblement sont également permis dans les parcs.

Par ailleurs, le comité exécutif de la Ville de Montréal a sans surprise renouvelé l’état d’urgence, jusqu’au 26 mai, sur l’ensemble du territoire de l’agglomération de Montréal.

Décrété le 27 mars dernier, l’état d’urgence local accorde des pouvoirs exceptionnels à la métropole pour faire face à la pandémie.

Vendredi, la vice-première ministre du Québec Geneviève Guilbault et la ministre de la Culture, Nathalie Roy, ont annoncé la réouverture des musées, des comptoirs de prêt des bibliothèques et des cinq cinéparcs de la province à partir du 29 mai.

Les consignes sanitaires, dont la distanciation de deux mètres, devront être appliquées en tout temps. Les cinéparcs devront garder leurs aires de jeu fermées et leurs restaurants ne pourront offrir que des commandes pour emporter.

Par ailleurs, les studios d’enregistrement et la captation de spectacles en salle, sans public, pourront reprendre leurs activités à compter du 1er juin, en observant des règles très strictes, dont le maintien d’une distance de deux mètres entre les personnes sur scène ou en studio et la réduction de l’équipe technique à un maximum de cinq personnes.

Bilan canadien

Il y a eu plus de 1 429 000 tests de dépistage administrés au Canada à ce jour. Environ 5 % d’entre eux ont détecté la maladie. À travers le pays, on fait passer en moyenne 28 000 tests sur une base quotidienne.

Jusqu’à maintenant, on a recensé 83 611 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 6353 Canadiens.

Distribution des cas, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 46 838 cas au Québec, dont 3940 décès; 25 040 cas en Ontario, dont 2048 décès; 6818 cas en Alberta, dont 135 décès; 2507 cas en Colombie-Britannique, dont 155 décès; 1049 cas en Nouvelle-Écosse, dont 58 décès; 630 cas en Saskatchewan, dont sept décès; 292 cas au Manitoba, dont sept décès; 260 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 121 cas au Nouveau-Brunswick, tous guéris, sauf un; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

Avec La Presse canadienne

Coronavirus : à Madagascar, lancement d’un nouveau laboratoire après des erreurs de diagnostic

mai 21, 2020

Le président malgache Andry Rajoelina, le 9 mai.

Le président malgache Andry Rajoelina, le 9 mai. © Andry Rajoelina/Twitter 

Après des « erreurs » dans les résultats de tests menés conjointement par l’Institut Pasteur de Madagascar et les autorités sanitaires locales, le président Andry Rajoelina a annoncé l’ouverture d’un nouveau laboratoire avant le 26 juin.

Ce jeudi 7 mai, l’étonnement et les interrogations ont gagné la cellule de gestion de crise du Covid-19 à Madagascar. La veille, l’Institut Pasteur, le centre d’analyse de référence du pays, a détecté 67 nouveaux cas de coronavirus dans les échantillons que les autorités sanitaires lui ont transmis [l’institut ne s’occupe que des analyses et non des prélèvements, ndlr]. C’est environ six fois plus que la moyenne des bilans quotidiens.

« C’était inexplicable », se souvient Lalatiana Rakotondrazafy, porte-parole du gouvernement. Le président Andry Rajoelina lui-même décide alors de procéder à de nouveaux tests. Ces prélèvements sont effectués par le laboratoire Mérieux, rattaché à l’Université d’Antananarivo, et les analyses sont confiées conjointement à Pasteur et Mérieux. Dix jours plus tard, lors d’une allocution télévisée, le président Rajoelina annonce que les nouveaux résultats sont sans appel : il n’y a plus que 10 patients positifs sur les 67, soit 85 % de tests erronés.

En coulisses, certains conseillers de la présidence parlent de « manipulation politique » visant à faire gonfler les chiffres du nombre de cas de Covid-19, sans toutefois nommer de coupables. Lors d’une allocution télévisée, le 17 mai, Andry Rajoelina s’est lui aussi interrogé : « Était-ce une défaillance ou un acte volontaire pour semer le trouble ? ». Sans préciser s’il s’agit d’une relation de cause à effet, le chef de l’État a par ailleurs annoncé le lancement d’un nouveau laboratoire avant le 26 juin, date du 60ème anniversaire de l’indépendance. On ignore néanmoins si la nouvelle structure remplacera Pasteur ou si elle viendra augmenter les capacités de tests.

Mesure de l’efficacité du Covid-Organics

Comment expliquer de tels écarts entre les deux séries de prélèvements ? « Notre investigation n’a pas montré de dysfonctionnement dans le processus de diagnostic, a déclaré le directeur de Pasteur, André Spiegel, le 15 mai, lors d’une conférence de presse. Mais tout n’est pas encore élucidé. Une charge virale exceptionnelle dans un échantillon a pu en contaminer d’autres sains », reconnaît-il, sans que l’on sache s’ils l’auraient été avant ou après leur arrivée au laboratoire.

Côté gouvernement, le président Rajoelina « n’a pas été satisfait des réponses données », déclare Lalatiana Rakotondrazafy, qui annonce que les investigations se poursuivent. Les autorités malgaches enquêtent aussi sur la chaîne de prélèvements, dont les équipes, récemment constituées, ne sont pas autant expérimentées que celles de l’Institut Pasteur. Depuis le début de l’épidémie, ce dernier a mené plus de 5 000 tests, à 18,5 euros de coût brut, soit près de 100 000 euros. « Nous ne recevons pas d’argent de la part de l’État malagasy », a précisé l’institut lors de la conférence de presse.

À Madagascar, si les tests mesurent l’avancée de la pandémie, ils évaluent aussi indirectement l’efficacité du Covid-Organics (CVO), la tisane « préventive et curative » contre le coronavirus, à base d’artemisia. Depuis début avril, le président fait la promotion de ce « remède miracle » qu’il a déjà offert à une vingtaine de pays africains. Son efficacité, qui n’a pas été prouvée scientifiquement mais suscite l’espoir d’une partie de la population, pourrait être contredite si le nombre de cas venait à augmenter soudainement à Madagascar.

Sur les trois derniers jours, le pays a compté respectivement 45, 21, puis 18 nouveaux cas. Le 17 mai, Madagascar a aussi annoncé son premier mort du Covid-19. « Toutes les personnes récemment atteintes n’avaient pas pris de CVO », a précisé le président Rajoelina qui n’a, cette fois, pas contesté les résultats des dépistages.

Avec Jeune Afrique par Emre Sari 

 

Russie: une fillette excisée, demande de poursuites contre la clinique

mai 20, 2020

Une ONG russe de défense des droits de l’Homme a réclamé des poursuites contre une clinique du Caucase russe, majoritairement musulman, après l’excision forcée d’une fillette de 9 ans. «Nous avons porté plainte au Comité d’enquête le 12 mai» contre le centre médical Aïbolit, situé à Magas, chef-lieu de la république caucasienne russe d’Ingouchie, a déclaré mercredi à l’AFP Tatiana Savvina, juriste de l’ONG Initiative de Justice (SJI, Stichting Justice Initiative).

Créée en 2000 pour faire face aux violations des droits de l’Homme dans le Caucase russe, l’ONG demande une enquête sur les activités de ce centre médical qu’elle accuse d’effectuer «des opérations mutilantes sur les organes génitaux féminins».

L’antenne régionale du Comité d’enquête russe (le principal organisme chargé des investigations criminelles dans le pays) a confirmé à l’AFP avoir reçu la plainte, son porte-parole, Zourab Gueroïev, ayant toutefois précisé qu’«aucune décision n’était prise pour le moment».

A l’origine de la plainte, l’excision forcée d’une fillette de 9 ans, amenée au centre médical Aïbolit à la demande de son père par sa belle-mère, et contre le gré de la mère de l’enfant, selon l’ONG.

Selon la grand-mère de la fillette citée par le site d’information local Daptar, la mère, dont le nom n’est pas révélé, vit en Tchétchénie voisine après avoir divorcé avec le père de son enfant. Mais elle lui a laissé la fillette pour quelques jours qui se sont soldés par un drame.

Pendant l’intervention, les médecins tenaient la fillette en pleurs par les jambes et sa belle-mère par les bras, a affirmé la grand-mère. Le médecin qui l’a ausculté à son retour chez elle a découvert une plaie sur son clitoris.

Une enquête contre la gynécologue de la clinique, Izania Nalguïeva, qui a effectué l’intervention, a été ouverte en juillet 2019 et un procès contre elle est déjà en cours. Il s’agit du premier procès en Russie pour excision, le Code pénal russe ne prévoyant aucune punition pour ce genre d’opération.

Selon un rapport de l’ONG SJI réalisé en 2018, chaque année quelque 1.240 petites filles de moins de douze ans subissent l’excision dans des familles musulmanes du Caucase du Nord.

Par Le Figaro avec AFP

Décès d’une médecin enceinte en Algérie : le directeur de l’hôpital limogé

mai 19, 2020

Des médecins marchent devant une clinique à Alger, le 26 février 2020.

Des médecins marchent devant une clinique à Alger, le 26 février 2020. © Anis Belghoul/AP/SIPA

 

Le directeur d’un hôpital de Ras el Oued a été démis de ses fonctions après le décès des suites du coronavirus d’une médecin de 28 ans, enceinte de huit mois, à qui il avait refusé un congé.

À la suite du décès de la docteure Wafa Boudissa et de l’enfant qu’elle portait, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a mis fin aux fonctions du directeur de l’hôpital de Ras el Oued (est), une sanction administrative, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier qui a requis l’anonymat. Le nom du directeur n’a pas été divulgué.

Abderrahmane Benbouzid avait ordonné samedi l’ouverture d’une enquête administrative pour déterminer les circonstances du décès de la médecin, chargeant, de manière exceptionnelle, l’inspecteur général du ministère de la Santé de mener les investigations. À l’issue de l’enquête, le dossier est susceptible d’être transmis à la justice et, si une faute grave est avérée, le ou les responsables risquent d’être poursuivis pour homicide par négligence, a précisé cette source.

Incompréhension

Âgée de 28 ans, cette docteure était employée aux urgences chirurgicales de l’établissement public hospitalier de Ras el Oued, dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj, à 170 kilomètres au sud-est d’Alger. Dans un reportage télévisé, le ministre de la Santé, en visite à l’hôpital puis au domicile de la jeune femme, a manifesté son incompréhension devant le fait d’avoir laissé travailler une femme enceinte de huit mois.

Les collègues de la victime ont fustigé, devant les caméras, les responsables de ce décès et exigé leur révocation. Une de ses consœurs a expliqué que la demande de congé de Wafa Boudissa avait reçu l’appui de tous ses collègues qui avaient signé sa requête. Son décès a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, d’autant que la jeune médecin était prioritaire pour bénéficier d’un congé exceptionnel.

Plus de 500 décès

Un décret présidentiel, visant à lutter contre la propagation du Covid-19, stipule que « sont considérées comme prioritaires au titre du congé exceptionnel les femmes enceintes et les femmes élevant des enfants ainsi que les personnes atteintes de maladies chroniques et celles présentant des vulnérabilités médicales ».

Plus de 548 décès ont été recensés en Algérie, selon le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie, dont 19 parmi le personnel médical et paramédical, selon le ministre de la santé. Plus de 7 000 cas de contamination ont été officiellement déclarés dans le pays.

Par Jeune Afrique avec AFP