Archive for the ‘Santé’ Category

Canada: Seulement six infirmières de Montréal se portent volontaires pour Maisonneuve-Rosemont

février 3, 2023

Deux semaines après avoir lancé un appel à l’aide auprès de ses partenaires sur l’île, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal constate pour l’instant qu’il devra puiser dans ses propres rangs pour pallier la pénurie d’infirmières aux urgences.

L'hôpital Maisonneuve-Rosemont

L’hôpital Maisonneuve-Rosemont Photo : Radio-Canada/Charles Contant

Dans un geste exceptionnel, la direction du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal lançait il y a deux semaines un appel aux infirmières du réseau, partout sur l’île, pour qu’elles viennent prêter main-forte à l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR).

Nous travaillons en collaboration avec nos partenaires du réseau montréalais afin d’apporter l’aide requise à nos équipes et nous les remercions de leur précieuse collaboration, disait alors le PDG du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, Jean-François Fortin-Verreault.

Or, selon les informations obtenues par Radio-Canada, à peine quelques infirmières du réseau montréalais se joindront aux urgences de HMR et de Santa-Cabrini, aussi aux prises avec un manque de personnel.

En ce qui concerne l’aide potentielle en provenance des autres organisations de santé de la région métropolitaine, nous avons reçu des offres de trois organisations différentes de la région de Montréal pour un total de six personnes, dont cinq infirmières et une infirmière auxiliaire, confirme le porte-parole Christian Merciari.

Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal est un de ceux qui vont contribuer.

Nous avons envoyé deux infirmières en plus de deux autres infirmières, qui occupent des postes de gestionnaire à notre CIUSSS, pour aller aider les équipes à l’urgence de HMR, écrit la porte-parole du CIUSSS de l’Ouest, Hélène Bergeron-Gamache.

Ils seront présents quelques jours entre le 23 janvier et le 17 février et proviennent de nos équipes des cliniques de vaccination COVID, précise-t-elle.

Au CUSM, une infirmière auxiliaire s’est portée volontaire et commencera son orientation sous peu, indique-t-on.

Au CISSS de Laval, un communiqué interne a été envoyé la semaine dernière au personnel pour solliciter des volontaires.

« Certains établissements sont plus particulièrement touchés que d’autres. C’est le cas de l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont […] qui vit actuellement une situation préoccupante dans sa capacité d’offrir des soins et services sécuritaires au sein de son urgence, notamment en raison d’un manque de personnel infirmier en nombre suffisant. »— Une citation de  CISSS de Laval, communiqué interne, 24 janvier 2023

Une porte-parole du CISSS de Laval précise que peu d’infirmières se sont portées volontaires et que l’établissement évalue leur disponibilité en fonction des besoins de HMR tout en s’assurant de ne pas compromettre les services à la population lavalloise.

Marie-Eve Despatie-Gagnon ajoute que le CISSS a augmenté sa capacité d’accueil quant au nombre d’ambulances arrivant à l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé; rapatrié des usagers lavallois sur le territoire, avec des niveaux de soins alternatifs (NSA), qui occupaient des lits d’hôpitaux à Montréal; proposé à HMR qu’il réfère des usagers vers la clinique conjointe d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS) CISSS de Laval – Université de Montréal.

De son côté le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal a également fait circuler un courriel auprès des employés.

Des infirmières et infirmiers et du personnel rassemblés dans une salle commune.

Un sit-in a eu lieu lors du quart de travail de soir du 15 janvier à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont pour marquer le refus d’un plan de contingence décidé par la direction et dénoncer les heures supplémentaires obligatoires. Photo : Radio-Canada/Davide Gentile

Plusieurs sources d’autres urgences de la région indiquent qu’il est simplement impossible de venir à la rescousse des hôpitaux de l’Est de Montréal.

On manque nous-mêmes d’infirmières. Je ne vois vraiment pas qui pourrait en envoyer à l’urgence de HMR, indique un médecin d’urgence dans un autre établissement de l’île de Montréal.

Sept autres infirmières indépendantes se sont portées volontaires pour des postes permanents.

73 infirmières du CIUSSS de l’Est

À ce jour, près de 90 infirmières au total ont levé la main pour offrir des disponibilités à l’urgence de Maisonneuve-Rosemont, la plupart du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

L’opération de recrutement récemment lancée afin d’ajouter du personnel qualifié pour les salles d’urgences du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a permis d’obtenir des offres d’aide de 173 employés de notre CIUSSS dont 60 infirmières, 13 infirmières auxiliaires et 100 préposés aux bénéficiaires, précise le porte-parole Christian Merciari.

Parmi ces personnes, des infirmières sont actuellement en orientation et elles pourront contribuer à des quarts de travail pour nous aider à combler les besoins infirmiers dans nos salles d’urgences, ajoute-t-il.

L’établissement emploie plus de 4000 infirmières dans les hôpitaux, CHSLD et CLSC qui relèvent de lui.

Les hôpitaux Maisonneuve-Rosemont et Santa-Cabrini auront recours à du personnel infirmier d’agence pour combler des quarts de soir, de nuit et de fin de semaine, indique-t-on.

Comme le soulignait récemment au micro de Tout un matin la gestionnaire du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, la docteure Martine Leblanc, quand on a des couvertures de postes de l’ordre de 30 % pour les quarts de nuit et de 40 % ou moins pour les quarts de soir, vous comprenez que la pression sur les équipes est trop élevée.

Pour le député de Camille-Laurin et chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon,nous ne sommes malheureusement pas surpris que peu d’infirmières se soient portées volontaires […] sans un véritable changement à la source, HMR devra composer avec du temps supplémentaire obligatoire et une surcharge de travail et de patients. Les citoyens et les travailleurs de l’Est-de-Montréal méritent mieux.

Ces derniers mois, le CIUSSS a confié au ministère de la Santé un nombre record de mandats pour recruter 565 infirmières, que ce soit en France, au Maroc ou en Amérique du Sud.

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

Canada-Québec: Retour des infirmières d’agence à 100 $ l’heure

janvier 24, 2023

Depuis le début de l’année, de nombreux propriétaires de centres d’hébergement pour aînés doivent composer avec des hausses tarifaires de 30 % à 40 % de la part des agences de placement de personnel infirmier. Toutefois, selon ces agences, ces hausses s’imposaient en raison de l’inflation.

Une personne âgée se déplace avec une marchette dans le corridor d'une résidence privée pour aînés.

Une personne âgée se déplace avec une marchette dans le corridor d’une résidence privée pour aînés. Photo : Radio-Canada/Josée Ducharme

Au début du mois de janvier, l’équipe de gestion du Groupe Santé Arbec a sursauté lorsqu’elle a reçu de nouvelles grilles tarifaires des agences de placement d’infirmières.

On a eu plusieurs agences qui ont fait des tentatives pour hausser les tarifs horaires de façon assez exagérée, explique le président directeur général du Groupe, Paul Arbec.

Une agence est par exemple passée de 72 $ à 95 $ l’heure pour du personnel infirmier, précise-t-il, soit une hausse de plus de 30 %.

Le Groupe Santé Arbec gère plus d’une quinzaine de milieux d’hébergement, dont des CHSLD privés non conventionnés sous contrat avec le gouvernement.

M. Arbec, qui est aussi porte-parole de l’Association des établissements de longue durée privés du Québec (AELDPQ), constate que plusieurs membres de l’Association reçoivent des augmentations de 35 %, 40 %.

Jusqu’à maintenant, le plus élevé qu’on a vu pour du temps simple, c’est 107 $ […] pour une infirmière qui, en temps normal, nous coûterait 50 $ de l’heure, dit le président de l’AELDPQ.

Un homme dans son bureau.

Paul Arbec, président-directeur général du Groupe Santé Arbec Photo : Radio-Canada

Au début de la pandémie, des agences avaient facturé jusqu’à 150 $ l’heure.

Un arrêté ministériel de 2021, échu le 31 décembre dernier, avait plafonné le tarif horaire à près de 72 $, tant au public qu’au privé.

Le PDG du Groupe Santé Arbec, tout comme le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), espère une intervention rapide de Québec.

On pourrait dire que c’est le free for all, c’est vraiment du n’importe quoi au niveau des agences, affirme Marc Fortin, du RQRA. Il va vraiment falloir que le gouvernement [s’occupe de régler] cette question-là, dit-il.

Selon le dernier rapport sur l’effectif infirmier 2021-2022 de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), plus de 3,2 % du personnel infirmier, soit 2400 personnes, exerçait cette profession principalement auprès d’agences de placement ou de soins privés en mars dernier.

Cependant, pour le représentant des agences privées de placement, des ajustements tarifaires s’imposaient.

De façon générale, les prix ont été plafonnés par le gouvernement lors des deux dernières années en utilisant des données datant de 2018, alors que la planète entière traversait la pire crise inflationniste des dernières décennies, explique Patrice Lapointe, de l’Association des entreprises privées de personnel soignant du Québec (EPPSQ). Il est donc possible que certains ajustements tarifaires puissent avoir été nécessaires dans certains cas.

Des contrats octroyés sans appel d’offres par le réseau public durant la pandémie ont également eu un impact sur les salaires versés aux infirmières d’agence, selon l’EPPSQ. M. Lapointe espère une rencontre avec le gouvernement.

Abolir Recrutement Santé Québec

La pénurie d’infirmières dans le réseau de la santé et de l’hébergement privé pour aînés s’est accentuée depuis la pandémie.

Radio-Canada dévoilait la semaine dernière que les établissements publics avaient mandaté Recrutement Santé Québec (RSQ) afin de recruter plus de 3300 infirmières à l’étranger. RSQ est le service de recrutement officiel du ministère de la Santé à l’extérieur du Canada.

Au RQRA, on suggère une transformation de RSQ.

On a demandé au gouvernement d’abolir RSQ pour créer un organisme à but non lucratif qui s’occuperait des besoins [de recrutement dans le secteur] de la santé, que ce soit au public, au privé ou au communautaire, lance Marc Fortin, du RQRA.

Un homme dans son bureau.

Marc Fortin, président-directeur général, Regroupement québécois des résidences pour aînés Photo: Radio-Canada

Pour le moment, il n’y a pas d’ouverture, mais c’est quelque chose qu’on devrait regarder parce qu’on est tous interreliés dans un écosystème, soutient M. Fortin.

Entre-temps, l’association qu’il représente a recours depuis l’an dernier à des intermédiaires pour recruter du personnel à l’étranger.

On travaille avec des entreprises privées […] qui recrutent pour des entreprises comme St-Hubert et Olymel, où on essaie d’avoir une économie d’échelle, précise M. Fortin.

Les bureaux du ministère de l’Immigration dans des pays francophones sont également utilisés

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

Crise dans les urgences : manque-t-il d’infirmières partout dans le monde?

janvier 22, 2023
Des infirmiers sont dans le couloir d'un hôpital.

Pour palier le manque de personnel, les gestionnaires des hôpitaux utilisent régulièrement le temps supplémentaire obligatoire, imposant des quarts parfois très longs aux employés. Photo : Radio-Canada/Evan Mitsui

« Il manque d’infirmières partout dans le monde », a déclaré le premier ministre du Québec, François Legault, mercredi dernier, alors que son gouvernement devait répondre, une fois de plus, à la question du manque de personnel dans les hôpitaux de la province. Mais est-ce vraiment le cas? Et si oui, existe-t-il des solutions à cette pénurie?

Il manque effectivement d’infirmières dans les autres provinces et territoires du Canada, et dans plusieurs pays d’Europe qui, contrairement à certains systèmes comme celui exclusivement privé des États-Unis, peuvent être comparables au Québec en ce sens qu’ils gèrent également des réseaux de santé publics.

Selon Pascal Garel, de la Fédération européenne des hôpitaux qui représente les réseaux d’une trentaine de pays, c’est un problème partout, que ce soit en Grèce, où on a une infirmière pour un médecin, ou en Irlande, où on a cinq infirmières pour un médecin.

La situation est assez proche chez vous et chez nous, en Europe. On a un vieillissement de la population [et] on a reçu la triple claque cet hiver – la pandémie, la grippe et la bronchiolite – qui a touché nos enfants. Ça a fait exploser la situation dans certains pays.

Et là aussi, en plus de l’augmentation de la clientèle, les conditions de travail liées à la surcharge poussent de nombreuses infirmières à quitter le réseau de la santé et à changer de carrière. Il y a une pression insupportable et encore plus quand on a vécu la COVID. On a beaucoup donné et on a le sentiment de ne rien voir venir en termes de salaire et de conditions de travail, explique Pascal Garel, en entrevue à l’émission Les faits d’abord, sur les ondes d’ICI Première.

Mais alors, quand François Legault dit qu’on va essayer avec l’immigration et la requalification, est-ce une solution réaliste pour renflouer les rangs des infirmières du Québec?

Non, parce que tout le monde joue à la même chose, lance sans hésitation Sylvain Brousseau, président de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada.

« Toutes les provinces canadiennes essayent d’aller piocher des infirmières chez leurs voisins et, au niveau international, tous les pays riches essayent d’aller piocher des infirmières dans les pays où les conditions sont moins bonnes. »— Une citation de  Sylvain Brousseau, président de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada

On a essayé [en Europe] et ça n’a pas marché, ajoute Pascal Garel, qui souligne d’ailleurs que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande des pratiques éthiques en matière de recrutement international pour éviter de piller les professionnels se trouvant dans des pays pauvres, qui ont déjà besoin de ce personnel médical.

Le nerf de la guerre : les conditions de travail

Sylvain Brousseau compare le problème à une baignoire qui fuit : il faut arrêter de tenter d’y remettre de l’eau, mais plutôt s’attaquer à pourquoi elle fuit.

D’ailleurs, comment se fait-il qu’on parle de pénurie d’infirmières au Québec, alors que 80 000 membres sont inscrits à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), soit un nombre environ 10 % plus élevé que dans les dernières années?

Quand on parle de la pénurie d’infirmières, on parle de pénurie dans un secteur en particulier, répond Damien Contandriopoulos, professeur en soins infirmiers à l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique. Ce n’est pas que les infirmières ont disparu, c’est que les infirmières, comme professionnelles assez qualifiées, sont capables de choisir les milieux de travail qui sont les moins pires.

« Et en ce moment, le milieu qui est le pire, c’est le milieu hospitalier. […] C’est une pénurie concentrée. Ce n’est pas que les infirmières ne sont pas là, c’est que les infirmières ont la possibilité d’aller travailler dans des milieux qui ne les rendent pas folles ni malades. »— Une citation de  Damien Contandriopoulos, professeur en soins infirmiers à l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique

Ces infirmières vont donc dans les agences privées ou dans toutes sortes de secteurs dans la santé ou la parasanté avec de meilleures conditions de travail.

Et c’est là, selon les trois intervenants, le nerf de la guerre : les conditions de travail, dont le temps supplémentaire obligatoire (TSO).

Lorsqu’on travaille dans un milieu où on perçoit constamment de la toxicité, de la violence, du racisme, ce n’est pas tenable, lance Sylvain Brousseau. Lorsqu’on demande constamment à une infirmière de rester 22, 23, 24 heures, ce n’est pas tenable. Et il en va de la qualité des soins : lorsqu’elles terminent leur quart de travail, elles se remettent en question parce qu’elles sont constamment sous pression. Ce n’est pas tenable.

C’est un problème de gestion catastrophique, généralisé et autorenforçant, précise Damien Contandriopoulos. Quand on est un hôpital avec des conditions de travail pourries, c’est un petit milieu, tout le monde le sait. Donc, les infirmières ne veulent pas y aller et le problème fait juste se renforcer.

« Il faut que les employeurs dans les hôpitaux deviennent des employeurs de choix. Ça veut dire des salaires compétitifs, des conditions de travail décentes et que les gens puissent exercer complètement leurs compétences. Ce qui n’est pas le cas présentement. »— Une citation de  Sylvain Brousseau, président de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada

Le plus décourageant selon Damien Contandriopoulos? Je commente ce sujet-là depuis 15 ans maintenant et rien ne bouge. […] Les pistes d’action qui sont mises de l’avant par le gouvernement sont généralement unidirectionnelles – c’est juste de l’argent – et trop timides.

Il y a une panoplie de solutions qui existent depuis très longtemps, on les mentionne depuis une quinzaine d’années, ajoute Sylvain Brousseau, qui suggère aux provinces canadiennes de consulter le document préparé par la Fédération canadienne des syndicats infirmiers en 2022, Soutenir les soins infirmiers au Canada.

Avec Radio-Canada par Anaïs Brasier

Royaume-Uni: les infirmières à nouveau en grève pour des hausses de salaire

janvier 18, 2023
Royaume-Uni: les infirmieres a nouveau en greve pour des hausses de salaire
Royaume-Uni: les infirmières à nouveau en grève pour des hausses de salaire© AFP/CARLOS JASSO

Après une première grève historique en décembre, des milliers d’infirmières ont à nouveau cessé le travail mercredi en Angleterre pour deux jours, réclamant de meilleurs salaires et conditions de travail, dans un Royaume-Uni confronté à une forte inflation.

Près d’un quart des services de santé publics étaient affectés.

Après des années de vaches maigres, les infirmières réclament des augmentations supérieures de 5 % à l’inflation, qui a atteint 10,5 % en décembre, en très légère baisse par rapport à novembre (10,7 %).

Les discussions entre le gouvernement conservateur de Rishi Sunak et le principal syndicat d’infirmières, le Royal College of Nursing (RCN) sont au point mort. Après une première grève de deux jours en décembre, du jamais vu en un siècle d’existence du syndicat, deux autres journées de grève sont annoncées pour les 6 et 7 février, touchant davantage d’hôpitaux.

Alors que les grèves affectent de nombreux autres secteurs, les infirmières seront rejointes par des milliers d’ambulanciers et personnel de ce secteur le 6 février, à l’appel du syndicat GMB qui a annoncé mercredi quatre nouveaux jours de grève, les 6 et 20 février et les 6 et 20 mars.

Les infirmières ne protestent pas seulement pour obtenir de meilleurs salaires, mais aussi contre la dégradations des conditions de travail.

« Si je devais choisir une formation aujourd’hui, je ne serais pas infirmière. C’est un boulot tellement dur en ce moment », explique à l’AFP Orla Dooley, 29 ans dont dix en tant qu’infirmière. « C’est quelque chose que j’aimais, c’est vraiment triste ».

En cette matinée glaciale, elle a rejoint le piquet pour soutenir les grévistes après son service de nuit à l’hôpital Saint-George de Londres.

Il manque souvent « 10, 12 infirmières, soit la moitié de l’effectif », souligne-t-elle. « Les problèmes de sécurité des patients ne surviennent pas que les jours de grève, mais tous les jours ».

Le sort des patients est au centre de leurs préoccupations, assurent les grévistes.

Service minimum

Faire grève est « la dernière chose qu’on veut faire », explique Steven Bedford, qui travaille dans la santé mentale. « On sait que les urgences vont probablement avoir du mal aujourd’hui, mais on doit se faire entendre ».

Le gouvernement, qui veut faire voter une loi instaurant un service minimum dans certains secteurs, dont la santé, dénonce lui les perturbations que vont engendrer ces grèves pour la population en plein hiver.

Avec « 47.000 postes vacants » en Angleterre, « je ne sais pas comment le gouvernement va faire » pour instaurer un service minimum, a déclaré la secrétaire générale du RCN Pat Cullen sur la chaîne ITV. Elle a également appelé le gouvernement à revenir à la table des négociations.

Le ministre de la Santé Steve Barclay a jugé « inabordable » une augmentation de 10 % pour les infirmières, soulignant que cela coûterait 3,6 milliards de livres par an (4,1 milliards d’euros. « Cela enlèverait de l’argent au service des patients », a-t-il ajouté lors de la visite d’un hôpital à Harrow (nord-ouest de Londres).

Selon lui, les deux jours de débrayage des infirmières en décembre avaient entraîné l’annulation de 30.000 opérations et rendez-vous.

Selon la NHS Confederation, qui représente les hôpitaux, cette nouvelle grève pourrait entrainer l’annulation de 4.500 opérations et 25.000 rendez-vous.

« Conflit dommageable »

Son président, Matthew Taylor, a appelé le gouvernement à « faire tout ce qu’il peut pour mettre fin à ce conflit dommageable » pour le service public de santé, le NHS.

« Nous ne pensons pas que c’est la bonne manière d’agir, nous continuons d’appeler les syndicats à quitter les piquets de grève et à continuer les discussions », a affirmé un porte-parole du Premier ministre Rishi Sunak, évoquant aussi la grève à venir des enseignants à partir du 1er février, à laquelle s’ajoutera un nouveau débrayage des cheminots.

Le mouvement des infirmières est le plus populaire de tous ceux qui secouent le Royaume-Uni ces derniers mois, confronté à sa pire crise sociale depuis des décennies.

Selon un sondage Ipsos pour l’agence PA, 57 % des Britanniques estiment que le gouvernement est le plus à blâmer pour la longueur de la grève des infirmières.

82 % des personnes interrogées éprouvent de la sympathie pour les infirmières et 80 % pour les ambulanciers.

Par Le Point avec AFP

Canada: L’Est-de-Montréal cherche 565 infirmières à l’international

janvier 18, 2023

De tous les établissements de santé du Québec, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal est celui dont les espoirs de recrutement à l’étranger sont les plus élevés afin de juguler la pénurie d’infirmières dont souffre notamment Maisonneuve-Rosemont.

L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

L’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont est aux prises avec une crise de personnel. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada/Charles Contant

Ces derniers mois, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a confié au ministère de la Santé un nombre record de mandats pour recruter des infirmières, que ce soit en France, au Maroc ou en Amérique du Sud.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, les attentes sont particulièrement élevées pour l’Est-de-Montréal, où le CIUSSS souhaite en recruter 565, en hausse de plus de 200 par rapport aux demandes de mai 2022.

Ce CIUSSS emploie environ 4400 infirmières dans les hôpitaux, CHSLD et CLSC qui relèvent de lui.

Pour l’ensemble du Québec, les cibles de recrutement à l’international s’élèvent à plus de 3300 infirmières, indique-t-on au ministère de la Santé.

À l’inverse, le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal en recherche actuellement 240, une baisse marquée par rapport au printemps dernier. L’établissement du Nord-de-Montréal s’est doté en 2021 d’une équipe de ressources humaines(Nouvelle fenêtre) qui se consacre au recrutement de personnes de l’étranger afin de les intégrer, les suivre dans leur cheminement d’immigration, les accueillir.

De la Montérégie aux Laurentides, la grande région de Montréal représente 70 % des mandats pour recruter à l’international.

De passage mercredi à l’émission Tout un matin, diffusée sur les ondes d’ICI Premières, pour parler de la crise à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, le PDG du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a expliqué l’ampleur des besoins de main-d’œuvre infirmière dans l’Est-de-Montréal par rapport au CIUSSS voisin du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

La première chose qui explique cette différence, c’est l’intensité de la COVID, car lors de la première vague avec 17 % des lits (…) on a servi 40 % des patients COVID à Montréal, a mentionné Jean-François Fortin Verreault.

Suite à cette première vague, on a eu 200 infirmières qui ont quitté et ç’a laissé des traces, a ajouté le PDG.

À la base, notre enjeu, c’est la pénurie de main-d’œuvre qui frappe fort dans l’Est, a indiqué la directrice générale adjointe (DGA) des programmes de santé physique généraux et spécialisés au CIUSSS, la docteure Martine Leblanc.

De l’avis de la docteure Leblanc, c’est sûr qu’actuellement, on n’a pas bonne presse, on en est conscient et ça n’attire pas les gens à venir travailler […] à [re]joindre nos équipes, mais il faut trouver le moyen de renverser ça et de se redonner une image plus positive pour que les gens aient le goût de [re]joindre nos équipes.

Selon nos informations, une campagne de recrutement dotée d’un budget publicitaire a été suspendue, le temps d’apaiser la crise à l’hôpital.

Christian Dubé en mêlée de presse devant l'hôpital.

Le ministre de la Santé Christian Dubé a rencontré le PDG du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal lundi soir et mardi matin en raison de la crise qui sévit à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. (Photo d’archives) Photo : La Presse Canadienne/Ryan Remiorz

Une poignée de recrues

Si les attentes de recrutement se chiffrent par milliers, le nombre de recrues de l’étranger se chiffre par centaines.

Selon les données du ministère de la Santé, 92 infirmières ont été recrutées à l’international depuis le mois de septembre.

Pour la période de 12 mois de septembre 2021 à août 2022, 394 ont été embauchées, dont les deux tiers dans la grande région de Montréal.

Le recrutement à l’étranger ne s’est donc pas révélé jusqu’ici la panacée espérée. Dans l’immédiat, on se penche sur le temps supplémentaire obligatoire (TSO) qui nuit à l’embauche.

Je peux vous dire que là où il n’y a plus de TSO et un meilleur climat de travail, il y a beaucoup moins de problèmes de personnel, a lancé le ministre Christian Dubé mardi devant l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Le député solidaire Vincent Marissal appelle quant à lui à réquisitionner les infirmières qui travaillent dans des agences privées. Il y a un seul bassin de main-d’œuvre […] Les infirmières ont été formées à nos frais, on a juste à les réquisitionner […] on va le faire à la guerre comme à la guerre, s’est-il exclamé.

C’est le fun d’éteindre des feux et de régler des urgences, mais moi, je ne suis pas là pour ça […] mais pour avoir des effets structurants qui vont changer des choses, avait déclaré Christian Dubé lors de sa première mêlée de presse de l’année la semaine dernière.

Visiblement, l’actualité a bousculé ses plans.

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

Chine : au moins 60 000 morts en lien avec le Covid depuis un mois

janvier 14, 2023

À la suite de manifestations généralisées, la Chine a commencé à assouplir sa politique dite de « zéro Covid », entraînant de nombreuses contaminations.

La Chine a annoncé samedi au moins 60 000 décès dans les hôpitaux en lien avec la pandémie de Covid-19, depuis la levée des restrictions sanitaires dans le pays il y a un mois. « Un total de 59 938 (décès) ont été recensés entre le 8 décembre 2022 et le 12 janvier 2023 », a indiqué devant la presse une responsable des autorités sanitaires, Jiao Yahui. Ce bilan ne tient pas compte des décès enregistrés en dehors des structures médicales.

Après trois années de restrictions parmi les plus draconiennes au monde, la Chine a brutalement levé début décembre l’essentiel de ses mesures sanitaires contre le coronavirus. Le nombre de malades a connu dans la foulée une forte croissance. Des hôpitaux se retrouvent submergés de patients âgés et des crématoriums apparaissent dépassés par l’afflux de corps.

Une méthode critiquée

Pékin a revu en décembre sa méthodologie pour la comptabilité des morts du Covid. Seules les personnes décédées directement d’une insuffisance respiratoire liée au coronavirus sont désormais intégrées dans les statistiques. Ce changement de méthodologie controversé signifie qu’un grand nombre de décès ne sont plus répertoriés comme étant dus au Covid.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a critiqué la semaine dernière cette nouvelle définition chinoise d’un mort du Covid, la jugeant « trop étroite ». Pékin avait fustigé ces critiques et appelé l’OMS à adopter une position « impartiale » sur le Covid. Mercredi, les autorités sanitaires chinoises avaient estimé qu’il n’était « pas nécessaire » de s’attarder dans l’immédiat sur le nombre précis de décès liés au Covid.

Par Le Point avec AFP

Canada-Québec: Une centaine d’infirmières de l’urgence de Maisonneuve-Rosemont de Montréal menacent de démissionner

janvier 14, 2023

Les infirmières exigent le départ de la cheffe d’unité de l’urgence à qui elles reprochent notamment de générer une ambiance toxique.

L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont Photo : La Presse Canadienne/Paul Chiasson

Un bras de fer s’installe entre le personnel infirmier de l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) et la direction du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

L’équipe complète d’infirmières et d’infirmières auxiliaires de l’urgence de l’hôpital exige la démission immédiate de notre cheffe d’unité […] sans quoi nous nous engageons à remettre notre démission, peut-on lire dans une pétition consultée par Radio-Canada.

Environ 90 % des 110 travailleuses de l’équipe avaient signé la pétition vendredi après-midi avec un ultimatum fixé à mercredi prochain.

Nous lui reprochons de n’avoir rien mis en place depuis son arrivée pour tenter de retenir son personnel. Son manque de soutien, d’écoute et d’empathie envers l’équipe contribue à générer une ambiance toxique et des conditions de travail inhumaines, affirme-t-on.

En place depuis juillet 2022, la cheffe de l’urgence occupait auparavant un poste similaire dans un autre hôpital de la région de Montréal.

Cette initiative des syndiquées n’étonne pas le président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, Denis Cloutier.

La fréquence à laquelle les professionnelles en soins de l’urgence de HMR sont forcées de travailler en temps supplémentaire obligatoire est inhumaine et constitue un réel abus de gestion, écrit Denis Cloutier.

Denis Cloutier en entrevue à l'extérieur.

Denis Cloutier, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Est-de-l’Île-de-Montréal Photo : Radio-Canada

Selon lui, les gestionnaires de premier niveau qui sont responsables d’appliquer les TSO ont souvent recours à la menace et à l’intimidation pour parvenir à leurs fins.

Au CIUSSS, un porte-parole a précisé qu’aucun commentaire ne serait fait pour l’instant.

Questionné plus tôt cette semaine sur cet hôpital de l’est de Montréal, le ministre Dubé avait répondu que l’établissement figurait parmi ceux qui ont le plus de difficulté à implanter des mesures.

Le ministre se demandait alors pourquoi il y a une trentaine d’hôpitaux qui ont réussi à implanter la gestion locale des horaires alors que le recours aux heures supplémentaires obligatoires demeure élevé à l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Radio-Canada dévoilait récemment que le gouvernement du Québec a fermé la porte à un projet pilote visant à réduire les heures supplémentaires obligatoires à Maisonneuve-Rosemont.

L’établissement peine à recruter du personnel. La pénurie nationale de personnel y est donc exacerbée, particulièrement à l’urgence de l’établissement.

Le taux d’occupation des civières à l’urgence a oscillé entre 94 % et 141 % au cours de la dernière semaine.

L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont est l’un des plus vétustes du Québec. Des travaux de plusieurs milliards de dollars pourraient s’étendre sur une période de 11 à 13 ans, au-delà de 2033.

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

COVID-19 : un nouveau sous-variant aux États-Unis pourrait bientôt arriver en Ontario

janvier 4, 2023
Une personne tient un écouvillon dans la main.

Le sous-variant XBB.1.5 est l’une des mutations de la souche Omicron. (Archive) Photo : La Presse Canadienne/Paul Chiasson

L’Ontario pourrait bientôt connaître une hausse de cas de COVID-19 lié à un nouveau sous-variant de la souche Omicron qui se propage rapidement aux États-Unis, selon un expert.

Le variant XBB.1.5 est actuellement à l’origine de plus de 40 % des infections à la COVID-19 aux États-Unis, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention (CDC)).

Il fait partie de la longue lignée de variants qui ont émergé de la vague Omicron au début de l’année dernière, explique le Dr Fahad Razak, l’ancien directeur scientifique du Groupe consultatif scientifique ontarien de lutte contre la COVID-19.

Selon l’épidémiologiste, l’infectiosité de ce sous-variant est encore inconnue, mais rien n’indique qu’il présente des symptômes plus sévères que les autres sous-variants d’Omicron.

Windsor touchée en premier?

Selon les données des CDC, cinq comtés du Michigan présentent des niveaux élevés d’infections à la COVID-19, alors que le comté de Wayne, qui inclut la ville de Détroit, montre un seuil d’infections moyen.

La ville frontière de Windsor est habituellement la première région canadienne à ressentir les effets d’une nouvelle vague aux États-Unis, selon le Dr Razak.

Portrait du Dr Fahad Razak.

Dr Fahad Razak est l’ancien directeur scientifique du Groupe consultatif scientifique ontarien de lutte contre la COVID-19. (Archive) PhotoHOTO : (DRFAHADRAZAK/TWITTER)

C’est statistiquement là où l’on peut s’attendre à ce que débordent en premier les infections des États-Unis, détaille-t-il.

Selon les données de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), les cas causés par le sous-variant XBB.1.5 ne représentaient que 0,6 % des infections dans la semaine du 11 décembre au Canada.

L’ASPC soutient que le processus d’identification des souches d’infections prend de une à trois semaines.

Le programme de surveillance génomique de la COVID-19 en Ontario n’avait quant à lui pas identifié le sous-variant XBB.1.5 dans son dernier rapport. Celui-ci était basé sur les données récoltées jusqu’au 10 décembre.

Par Radio-Canada avec les informations de CBC

France/Covid-19: tests à l’arrivée de passagers venant de Chine pour « suivre les différents variants », selon Braun

janvier 1, 2023
Covid-19: tests a l'arrivee de passagers venant de Chine pour "suivre les differents variants", selon Braun
Covid-19: tests à l’arrivée de passagers venant de Chine pour « suivre les différents variants », selon Braun© AFP/JULIEN DE ROSA

Les tests PCR effectués depuis dimanche de manière aléatoire sur les passagers entrant en France en provenance de Chine vont « permettre de suivre les différents variants », a déclaré le ministre de la Santé François Braun à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

« Ce contrôle à l’arrivée n’est pas un contrôle qui empêcherait des citoyens de rentrer sur notre territoire, mais c’est un contrôle plus scientifique, qui va nous permettre de suivre de façon extrêmement précise les différents variants », a déclaré à la presse M. Braun, accompagné du ministre délégué chargé des Transports Clément Beaune.

« Ce sont essentiellement des variants Omicron qu’il y a actuellement en Chine », a poursuivi M. Braun, évoquant « une discussion au niveau européen dans la semaine pour harmoniser ce modèle de prise en charge ».

Depuis dimanche, les voyageurs en provenance de Chine doivent obligatoirement porter un masque chirurgical et ils ont consenti au préalable à être soumis à des tests PCR aléatoires, à leur arrivée.

A partir de jeudi, ils devront aussi présenter un test (PCR ou antigénique) négatif de moins de 48 heures au départ de leur vol.

La France, comme le Royaume-Uni, l’Italie ou les Etats-Unis, a pris ces mesures face à l’explosion des cas d’infections au coronavirus en Chine, qui a levé début décembre ses mesures de restrictions.

Les mesures sont prévues jusqu’au 31 janvier.

« Il y a six vols qui viennent de Chine de manière hebdomadaire en France, 10 si on inclut les vols à partir de Hong Kong », a précisé Clément Beaune.

La plupart des passagers en provenance de Chine ne font que transiter par le hub aéroportuaire de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Parmi les 300 passagers du vol Pékin-Paris ayant atterri en fin de matinée, une soixantaine sont entrés sur le territoire français. Tous ont accepté de passer un rapide test PCR avant d’aller récupérer leurs bagages.

Avant d’être testés, l’identité des voyageurs est prise par les agents du centre de dépistage situé dans le Terminal 2E de Roissy. Si leur test s’avère positif, ils sont rappelés et doivent s’isoler sept jours, comme ils y ont consenti à leur départ.

Trois ans après l’apparition des premiers cas de coronavirus à Wuhan (centre), la Chine a mis fin le 7 décembre à sa politique draconienne dite du « zéro Covid ».

Depuis la levée des restrictions, les hôpitaux chinois sont submergés par une déferlante de malades pour la plupart âgés, et vulnérables car peu ou pas vaccinés.

Par Le Point avec AFP

Prières en Allemagne et à Rome pour Benoît XVI, dans un état « stationnaire »

décembre 30, 2022
Prieres en Allemagne et a Rome pour Benoit XVI, dans un etat "stationnaire"
Prières en Allemagne et à Rome pour Benoît XVI, dans un état « stationnaire »© AFP/Archives/Vincenzo PINTO

L’ex-pape Benoît XVI, âgé de 95 ans et dont la santé s’est dégradée ces derniers jours, est dans un état « stationnaire », a indiqué vendredi le Vatican alors que les catholiques continuent de prier pour le théologien allemand.

« Actuellement, son état est stationnaire », a déclaré le chef du service de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni. « La nuit dernière, le pape émérite a pu bien se reposer. Et hier (jeudi) après-midi il a participé à la célébration de la messe dans sa chambre », a-t-il ajouté.

Le pape François avait annoncé mercredi que son prédécesseur était « gravement malade » et appelé à prier pour celui dont la renonciation en 2013 pour raisons de santé avait pris le monde par surprise. Une messe à son intention doit d’ailleurs être célébrée vendredi en fin d’après-midi à la basilique de Saint-Jean-de-Latran, à Rome.

« Sa santé s’est dégradée il y a environ trois jours. Ce sont ses fonctions vitales qui lâchent, y compris le coeur », avait précisé à l’AFP une source vaticane mercredi, ajoutant qu’aucune hospitalisation n’était prévue, la résidence de Benoît XVI disposant de l’équipement médical nécessaire.

François a lui-même rendu visite mercredi à Benoît XVI au monastère Mater Ecclesiae, lieu de résidence du pape émérite situé au coeur des jardins du Vatican.

En Allemagne, dans l’église Saint Oswald de Marktl am Inn, où l’ancien pape a été baptisé, une photo de Benoît XVI a été installée sur un trépied près d’un baptistère. Des photos de sa visite en 2006 dans le bourg tapissent les murs. Des badauds entrent de temps en temps dans le bâtiment blanc, coiffé d’un clocher noir.

L’un d’entre eux, Tobias Ferstl, 43 ans, a prié les yeux fermés plusieurs minutes devant le portrait de l’ancien souverain pontife.

« Je devais passer par ici, j’ai donc décidé de faire une halte sur le lieu de naissance du pape émérite », explique à l’AFP ce fervent catholique.

« Je ne ressens pas de grande tristesse ou d’étonnement, mais plutôt une gratitude », assure-t-il, quelques larmes dans les yeux, décrivant Benoît XVI comme « quelqu’un de doux ».

Messe à Rome

Sur la place Saint-Pierre de Rome, le flot de touristes et de pèlerins prenant des selfies devant le sapin de Noël et la crèche contrastait avec les quelques journalistes présents dans l’éventualité d’une annonce du Vatican.

« Il a été un grand pape, peut-être mal compris par une partie du monde catholique, mais il a servi l’Eglise. Il a fait des homélies et des écrits extraordinaires », a déclaré à l’AFP Carmelo Dellisanti.

Une messe à l’intention de l’ex-pape a été célébrée vendredi soir en la cathédrale Saint-Jean-de-Latran à Rome.

« Benoît XVI a toujours manifesté une grande confiance dans la providence. En tant que prêtre, théologien, évêque, pape, il a exprimé tout à la fois la force et la douceur de la foi », a rappelé dans son homélie le cardinal Angelo De Donatis, vicaire du diocèse de la capitale italienne.

Benoît XVI, dont le pontificat de huit ans (2005-2013) a été marqué par de multiples crises, a été rattrapé début 2022 par le scandale de la pédocriminalité dans l’Eglise.

Mis en cause par un rapport en Allemagne sur sa gestion des violences sexuelles du temps où il était archevêque de Munich, il est sorti de son silence pour demander « pardon » mais a assuré ne jamais avoir couvert de pédocriminel.

« Je pense qu’il a vécu une période difficile en tant que pape, à cause du scandale de la pédophilie, et qu’il n’a jamais vraiment voulu être pape, donc il serait bien qu’il rejoigne le paradis, car il a fait son temps ici-bas », a confié Annika Hafner, une Allemande de 30 ans, place Saint-Pierre.

Joseph Ratzinger est apparu de plus en plus fragile ces derniers mois, se déplaçant en chaise roulante, mais continuant de recevoir des visiteurs. Les photos de sa dernière visite reçue, datant du 1er décembre, montrent un homme frêle et visiblement affaibli.

Sur la dernière vidéo publique de Benoît XVI, diffusée par le Vatican en août, on voit aussi un homme amaigri, muni d’un appareil auditif, ne pouvant plus parler mais au regard toujours vif.

Avec Le Point par AFP