Archive for the ‘Santé’ Category

Canada-COVID-19 : le gouvernement Trudeau lève les mesures sanitaires visant les voyageurs

septembre 26, 2022
Jean-Yves Duclos ajuste son oreillette pendant une conférence de presse.

Le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, a souligné que les Canadiens sont « en bien meilleure position » maintenant. Photo : La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Le gouvernement fédéral annonce la fin des mesures frontalières liées à la COVID-19 à compter du 1er octobre, y compris les vaccinations obligatoires, les tests de dépistage et la mise en quarantaine des voyageurs internationaux.

Nous sommes dans une bien meilleure position aujourd’hui qu’en 2020, a annoncé en point de presse lundi le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, ajoutant toutefois que la COVID-19 est toujours là.

Le ministre a néanmoins affirmé que le gouvernement pourra rétablir des mesures en cas de nouveaux variants ou d’autres menaces pour la santé publique.

À compter de samedi, les voyageurs n’auront plus à :

  • utiliser l’application ArriveCan (qui devient facultative);
  • fournir une preuve de vaccination;
  • subir un test de dépistage avant ou à l’arrivée au Canada;
  • s’isoler ou se mettre en quarantaine;
  • surveiller ou signaler les signes ou les symptômes de COVID-19 à leur arrivée au Canada.

De plus, les personnes voyageant par avion ou par train n’auront plus besoin de porter de masques ou de subir de contrôles à partir du 1er octobre.

Le décret ministériel maintenant les mesures frontalières liées à la COVID-19 ne sera donc pas renouvelé lorsqu’il expirera le 30 septembre.

Les personnes de plus de 12 ans devaient jusqu’ici être vaccinés pour entrer au pays ou bien se soumettre à un test de dépistage avant l’entrée, à l’arrivée et se placer en quarantaine pendant 14 jours.

Également présent au point de presse,  Marco Mendicino, ministre canadien de la Sécurité publique, a souligné que les touristes étaient revenus en grand nombre au Canada , avec plus de 38 millions d’entrées en 2022. Nous voulons maintenir cet élan, a-t-il ajouté.

Le ministre Duclos estime que les progrès sur le plan sanitaire ont été réalisés grâce aux vaccins contre la COVID-19. L’accent doit être mis sur la vaccination, a-t-il souligné, invitant les Canadiens à obtenir leurs doses de rappel.

Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne et Agence France-Presse

Congo: Dr Louzolo sensibilise à la prise en charge de la prostate

septembre 22, 2022

Le médecin urologue, Lere Louzoulo a révélé le 20 septembre à Brazzaville, à l’occasion de la journée mondiale de la Prostate, que la tumeur de la prostate, fréquente chez les hommes âgés de 50 à 60 ans, peut efficacement être prise en charge et traitée quand elle est dépistée tôt.

« Les infections sexuellement transmissibles, la consommation excessive des viandes rouges et des graisses d’animal, ainsi que les gènes biologiques sont des facteurs favorisant la tumeur de la prostate chez les hommes. Elle se manifeste par le besoin fréquent d’uriner dans la nuit, le faible jet d’urine, l’infection urinaire », a déclaré Lere Louzoulo, médecin urologue à l’hôpital de référence de Makélékélé.

Par ailleurs, il a précisé qu’il existait trois types de traitement pour guérir une tumeur de la prostate dont la surveillance active qui est une étape consistant à détecter la maladie chez le patient ; en la surveillant jusqu’à ce qu’elle arrive au stade symptomatique suscitant la prescription d’un traitement fiable par rapport à la progression de la maladie.

« Une fois que la maladie est à un stade avancé on peut décider d’intervenir pour enlever totalement la tumeur chez les patients qui ont assez de chance, et chez d’autres par contre, on enlève une partie et on poursuit le traitement pour stopper la progression de la maladie », a-t-il fait savoir.

Pour prévenir les populations de cette maladie, le docteur Lere Louzolo a recommandé vivement la consommation des légumes rouges comme la tomate et la carotte, puis adopter un comportement sexuel responsable afin d’éviter les infections sexuellement transmissibles.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Canada: Des enfants d’aînés morts de la COVID-19 en résidence poursuivent Québec au civil

septembre 22, 2022
La photo d'un homme est affichée sur une porte.

Le fils d’André Dumont estime que le gouvernement n’a pas suffisamment protégé son père lors de la première vague de la pandémie. Photo : Famille Dumont

Dans le cadre d’une poursuite civile, deux familles réclament au gouvernement du Québec neuf millions de dollars en dommages pour la maltraitance présumée de leurs parents hébergés en résidence pour aînés lors de la première vague de COVID-19.

Patrick Dumont, Emmanoel Makris et sa sœur, Vickie Vassiliki Makris, réclament chacun des dommages punitifs de trois millions de dollars en raison d’un laxisme des règles sanitaires pratiquées lors de la première vague de la pandémie au printemps 2020 et d’un manque flagrant de consignes entourant la sécurité des résidents et du personnel.

Selon le document déposé à la Cour supérieure du Québec le 9 septembre dernier, cette poursuite vise la Maison Wilfrid-Grignon, le Groupe Santé Arbec, le CHSLD Pavillon Philippe-Lapointe, le CISSS des Laurentides et le Procureur général du Québec (pour le gouvernement du Québec et pour le ministère de la Santé).

Selon l’avocat au dossier, Me George Samet, on réclame ces montants en dommages punitifs d’abord et avant tout pour que ça ne recommence plus.

Le système n’a pas bien fonctionné. Il faut qu’il y ait des conséquences. On a laissé des personnes mourir dans des conditions épouvantables. On n’a pas pris de précautions, même si on savait que [le virus] était contagieux et grave, dit Me Samet.

Pour moi, ce qui est important, c’est d’obtenir justice. Tout le monde le sait, nos aînés ont été sacrifiés, dit Patrick Dumont, qui espère qu’un jugement en leur faveur poussera le gouvernement à améliorer les soins aux aînés.

M. Makris croit qu’une poursuite est la seule façon de faire en sorte que le gouvernement fasse tout en son pouvoir pour qu’une telle tragédie ne se reproduise pas.

« Je me sens comme une victime du gouvernement du Québec pour ce qu’il a fait non seulement à ma famille mais aussi à beaucoup d’autres familles à travers la province. »— Une citation de  Emmanoel Makris

Cette poursuite s’ajoute ainsi au recours collectif de 500 millions de dollars autorisé par la Cour supérieure en octobre 2019 contre le gouvernement provincial pour le traitement honteux des résidents des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD). Lancé par le Conseil pour la protection des malades (CPM), ce recours vise le gouvernement du Québec ainsi que 22 CISSS et CIUSSS qui administrent des CHSLD.

Appelé à réagir à l’annonce de cette nouvelle poursuite, Paul G. Brunet, président-directeur général du CPM, estime qu’il n’y aura jamais assez de poursuites pour faire comprendre à l’État que ce qu’il n’offre pas aux personnes hébergées en termes de quantité et de qualité de soins et de services, il le paiera en compensations.

M. Brunet reconnaît que ce recours collectif risque de prendre plusieurs années avant d’aboutir. La grande majorité des personnes victimes de cette maltraitance seront décédées, déplore-t-il.

C’est d’ailleurs pourquoi MM. Makris et Dumont ont choisi l’avenue d’une poursuite au civil dans l’espoir qu’un jugement soit rendu plus rapidement.

Rappelons également qu’une entente de 5,5 millions de dollars a été conclue le 31 mars 2022 entre les résidents du CHSLD Herron, les membres de leurs familles et les propriétaires de cette résidence privée pour personnes âgées en perte d’autonomie.

Allégations de négligence

Une femme est assise dans un fauteuil roulant.

Despina Pafou est décédée le 17 mai 2020 des suites de la COVID-19, une infection qu’elle a contractée à la résidence Wilfrid-Gagnon. Photo : Emmanoel Markis

Le document présenté à la cour cite de nombreux reportages dans les médias qui décrivent la situation chaotique qui régnait dans de nombreux CHSLD ainsi que les témoignages de MM. Makris et Dumont.

Despina Pafou, la mère d’Emmanoel Makris, qui habitait la résidence intermédiaire Wilfrid-Gagnon, à Sainte-Adèle, a été infectée au début de mai 2020. Pourtant, dit M. Makris, la direction de cette résidence continuait de dire aux familles que tout était maîtrisé. J’ai su que la situation était affreuse quand j’ai lu des articles de journaux.

Son fils allègue que sa mère a été laissée à l’abandon lorsqu’elle a été placée en isolement dans une chambre. Les travailleurs n’avaient pas l’équipement ni le soutien nécessaires pour affronter la pandémie, déplore-t-il. Les gens avaient trop peur pour venir la voir.

M. Makris raconte qu’après plusieurs jours, sa mère, paniquée, a réussi à appeler la police. Elle leur a dit :  »J’ai froid, j’ai faim, j’ai soif, je suis enfermée dans une pièce et je ne peux pas sortir. » Selon M. Makris, les policiers auraient trouvé une résidence en plein chaos et Mme Pafou gisant par terre dans sa chambre.

Despina Pafou a été conduite à l’hôpital, où elle est décédée le 17 mai 2020. M. Makris a seulement pu constater son déclin et dire ses adieux par iPad. Elle est morte de la pire des manières que je puisse imaginer : isolée, seule, terrifiée, dit-il.

« Tout cela a ruiné ma vie et j’essaie encore de comprendre ce qui s’est passé. C’est une douleur que je ne peux pas décrire et une douleur qui est vécue par des milliers de familles. »— Une citation de  Emmanoel Makris

Mouvements de personnel infecté

Un homme est assis dans un fauteuil roulant en compagnie d'une femme qui porte un équipement de protection individuelle.

André Dumont était un usager et un résident du Pavillon Philippe-Lapointe, un CHSLD situé à Sainte-Agathe-des-Monts, depuis 2016. Photo : Famille Dumont

Le père de Patrick Dumont, André Dumont, a été infecté en avril 2020. C’est un travailleur d’une agence privée venu prêter main-forte qui a transmis le virus à plusieurs résidents.

M. Dumont raconte avoir lui aussi appris l’existence de l’éclosion en écoutant les nouvelles. Il dit que sa famille a subi énormément d’anxiété, ne sachant pas ce qui se passait. Tout était secret, c’était l’omerta. […] J’ai appelé, mais je n’ai jamais eu de retour d’appel. J’ai compris que le message était qu’il ne fallait pas en parler.

Tous les résidents du Pavillon Philippe-Lapointe ont fini par être infectés.

Le père de M. Dumont a survécu à sa première infection mais a été infecté à deux reprises avant sa mort, survenue en octobre 2021, des complications de la COVID-19.

« On leur fait confiance pour prendre soin de nos aînés. Ils n’étaient pas préparés à ça, ils manquaient d’équipement, de personnel, de formation. »— Une citation de  Patrick Dumont

Selon Me Samet, ces familles craignent par ailleurs que le rapport de la coroner Géhane Kamel sur les décès survenus en CHSLD soit relégué aux oubliettes. Dans son rapport d’enquête publique, la coroner a affirmé qu’il y a eu rupture du contrat moral et sociétal en laissant mourir des dizaines de patients en CHSLD dans des conditions épouvantables.

Le CISSS n’a pas souhaité commenter cette poursuite et Santé Arbec n’a pas répondu à nos courriels.

Demande d’excuses

Selon M. Dumont, le gouvernement, le CISSS et le système de santé ont échappé la gestion de la pandémie. Il dénonce aussi l’indifférence des autorités. Il y a eu zéro empathie, zéro compassion.

C’est d’ailleurs pourquoi M. Dumont souhaite que le premier ministre sortant François Legault présente des excuses formelles à toutes les familles d’aînés en résidence. S’il avait des couilles, ça se produirait, dit-il sans réserve.

M. Dumont s’explique mal pourquoi, pendant la campagne électorale actuelle, les partis n’osent pas parler de la situation catastrophique qui a régné dans les CHSLD à l’époque.

Je suis très étonné. On a la mémoire courte au Québec. Ils parlent du troisième lien, du tramway, de l’inflation. Ces choses sont importantes, mais on ne peut pas faire semblant que ça n’a pas existé.

Avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

Canada: Première éclosion au Québec d’un super-champignon mortel

septembre 22, 2022

Résistant aux traitements, Candida auris inquiète le monde entier. Il serait favorisé par la crise climatique.

Des médecins effectuent une opération et ont des outils dans les mains.

La transmission du champignon entre les patients s’est faite dans une unité de chirurgie de l’Hôpital Pierre-Boucher. Photo: Shutterstock

Une cellule de crise nationale est mobilisée et une enquête est en cours à l’Hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil, où le « champignon tueur » s’est propagé, a appris Radio-Canada. C’est la première fois qu’une éclosion de Candida auris survient au Québec.

La plupart des employés de l’Hôpital ignorent que cet intrus est présent dans leur établissement. Selon une source en santé publique, les autorités ont demandé aux personnes informées de faire preuve de discrétion.

Candida auris s’attaque aux malades hospitalisés, principalement ceux dont le système immunitaire est affaibli ou ceux subissant une chirurgie ou un traitement par intraveineuse. Une personne infectée a 30 à 60 % de risques de mourir.

Chronologie de l’éclosion

Dès le 8 septembre, la présence du champignon mortel a été suspectée sous les aisselles d’un patient de 65 ans, traité pour une pneumonie à Pierre-Boucher. Le cas positif a été officialisé le 15 septembre, par le Laboratoire de santé publique du Québec.

Puis, le 19 septembre, un deuxième cas a été confirmé. Il s’agissait de l’occupant de la même chambre. Celui-ci est décédé le lendemain, aux soins intensifs, d’une autre cause.

Façade de l'Hôpital Pierre-Boucher.

L’Hôpital Pierre-Boucher est situé à Longueuil. Photo: Radio-Canada/Martin Thibault

Ce qui préoccupe les autorités de santé, c’est qu’aucun des deux patients ne revenait de l’étranger. Une déclaration d’éclosion a été émise mardi, le 20 septembre, auprès du personnel de santé concerné.

Le CISSS de la Montérégie-Est a informé Radio-Canada que trois autres usagers de l’Hôpital ayant eu des contacts étroits sont sous investigation. Toutefois, selon nos sources, des dizaines de patients auraient été dépistés, sur plusieurs unités, car ils auraient eu un contact direct ou indirect avec les cas positifs.

Ça m’inquiète énormément, dit un membre du corps médical de l’établissement, informé de la situation, qui n’est pas autorisé à en parler.

« On savait qu’éventuellement le Candida auris allait s’en venir au Québec, c’était une question de temps quand on regarde ce qui se passe aux États-Unis. Je suis juste surpris qu’il soit au Québec aussi rapidement. »— Une citation de  Un membre du corps médical informé de la situation à l’Hôpital Pierre-Boucher

La super-levure préoccupe de plus en plus les autorités de santé américaines. Mercredi, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis (CDC) ont de nouveau émis un avertissement.

En plus d’être difficile à détecter, Candida auris résiste aux traitements antifongiques. Le problème est devenu endémique aux États-Unis, où de plus en plus de cas sont détectés dans les hôpitaux.

Nombre de cas de Candida auris identifiés aux États-Unis du 1er juin 2021 au 31 mai 2022.

Nombre de cas de Candida auris identifiés aux États-Unis du 1er juin 2021 au 31 mai 2022. Photo: CDC

On peut difficilement se débarrasser du champignon sur les surfaces qu’il occupe, jusqu’à plusieurs semaines. En 2019, à l’hôpital Mont Sinaï de New York, il a fallu retirer et remplacer des sections de murs et du plafond pour parvenir à éradiquer le champignon des parois contaminées.

Un article du New York Times(Nouvelle fenêtre) rapportait que tout était positif au C. auris autour des patients infectés : des téléphones, des portes, des poignées, des matelas, des fenêtres, etc.

Précaution accrue à Pierre-Boucher et dans un autre hôpital

Le CISSS de la Montérégie-Est assure que des mesures de précaution additionnelles ont été mises en place dès le 8 septembre, auprès des cas suspectés et [des] contacts étroits, qui ont été isolés.

À partir du 15 septembre, quand une éclosion a été suspectée, des mesures ont été ajoutées comme le port de masques, blouses et gants, ainsi que l’utilisation de produits chlorés pour désinfecter les surfaces.

« Depuis le 8 septembre, les équipes de soins concernées ont été tenues au courant des mesures à appliquer. […] Des informations supplémentaires sur le Candida auris ont été transmises au personnel concerné le 13 septembre. »— Une citation de  Caroline Doucet, porte-parole du CISSS de la Montérégie-Est

Selon nos sources, l’Hôpital Anna-Laberge de Châteauguay fait aussi l’objet d’une surveillance accrue, car le premier patient positif y a séjourné une journée cet été.

Des préposés dans un couloir d'un hôpital.

Selon l’INSPQ, le Québec avait connu dans le passé seulement trois cas isolés de Candida auris, tous des patients de retour de l’étranger. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) est mobilisé dans ce dossier, aux côtés du ministère de la Santé et des Services sociaux. Selon l’INSPQ, le Québec avait connu dans le passé seulement trois cas isolés de Candida auris, tous des patients de retour de l’étranger (Afrique et États-Unis).

C’est donc la première fois que des Québécois sont contaminés sans avoir séjourné à l’extérieur du pays.

Une seule éclosion avait été rapportée au Canada auparavant, pour un total de 37 cas depuis 2012, incluant les derniers en date, à Longueuil. Il s’agit surtout de personnes revenant de voyage de tourisme médical à l’étranger.

Les changements climatiques intensifient Candida auris

Des études ont démontré que le super-champignon s’adapte à des températures plus élevées. Cette tolérance à la chaleur pourrait contribuer à son émergence en tant que maladie fongique chez l’humain.

Des chercheurs des États-Unis et des Pays-Bas soupçonnent que le réchauffement climatique mondial pourrait contribuer à la propagation de cette infection.

Certains scientifiques pensent même que l’expansion de C. auris pourrait être lié à l’utilisation massive de fongicides en agriculture.

Une souche agrandie au microscope d'un champignon.

Une souche de Candida auris Photo: Reuters

Le champignon indésirable est le parfait exemple d’une des grandes menaces pour l’Humanité listées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : la résistance aux antibiotiques, que ce soit de la part de bactéries, de virus ou de champignons.

Ce problème croissant pourrait causer la mort de 10 millions de personnes dans le monde en 2050, selon une étude(Nouvelle fenêtre) financée par le gouvernement du Royaume-Uni, soit plus que les décès annuels du cancer.

Avec Radio-Canada par Thomas Gerbet

Psychiatrie et maladie mentale en Afrique : l’omerta continue

septembre 18, 2022

Entre déni, rejet et structures médicales inexistantes, la maladie mentale reste le parent pauvre des systèmes de santé africains. Malgré des besoins immenses, seule une poignée d’établissements, souvent animés par des religieux ou des humanitaires, tente de prendre soin des patients touchés par ces affections dont personne ne veut entendre parler.

À l’hôpital psychiatrique pour femmes de Freetown, au Sierra Leone, le 16 février 2022. © Finbarr O’Reilly/NYT-REDUX/REA

Depuis plus de cinquante ans, je suis un psychiatre entièrement dévoué à la cause des malades mentaux. À presque 80 ans et depuis dix ans, j’ai consacré ma retraite à des missions humanitaires dans plusieurs pays d’Afrique. Alors que ma longue carrière s’achève et que ces missions ne seront bientôt plus possibles, je veux partager mon inquiétude et mon amertume concernant la situation sur ce continent. Comment passer sous silence ce qui s’apparente à une réelle tragédie ?

Parmi son 1,4 milliard d’habitants, l’Afrique compte, comme partout ailleurs, entre 5 et 7 % de malades mentaux, dont on ne parle pratiquement jamais, des pathologies lourdes comme la schizophrénie ou des troubles comme l’autisme. Et cela sans compter les séquelles psychopathologiques des guerres. Le traitement souvent inhumain qui est réservé à ces malades, les violences, l’enfermement, l’enchaînement sont largement passés sous silence, au prétexte assez hypocrite des « particularités culturelles de l’Afrique ».

Un silence assourdissant

Depuis une dizaine d’années, je dénonce cette omerta. En 2018, après plusieurs missions auprès des malades mentaux en Afrique de l’Ouest – Bénin et Côte d’Ivoire, et à Madagascar –, j’ai voulu alerter les opinions dans un livre, Fous d’Afrique, l’omerta, dans l’espoir d’attirer l’attention sur la souffrance de ces malades.

LE SORT RÉSERVÉ À CES MALADES PARTICULIERS EST EFFRAYANT

J’y racontais certaines de mes expériences sur le terrain, je proposais une histoire de la psychiatrie en Afrique, depuis l’arrivée, en 1958, du professeur Henri Collomb (1913-1979) à l’hôpital de Fann, au Sénégal. J’y faisais un tour complet des publications internationales sur la psychiatrie du continent, ainsi que sur la situation sanitaire dans ce domaine, depuis la riche Afrique du Sud jusqu’à l’Égypte, en passant par le Kenya, l’Ouganda, le Nigeria, le Ghana, le Liberia, la Sierra Leone ou les pays du Maghreb…

Je m’indigne que le constat soit à peu près le même partout : le ratio des psychiatres par nombre d’habitants est terrible, et le sort réservé à ces malades particuliers est effrayant. Aujourd’hui, quatre ans plus tard, après plusieurs missions, à nouveau en Côte d’Ivoire et à Madagascar, puis à Mayotte, je relance exactement la même alerte, revue et augmentée, de mes derniers constats. À mon précédent travail sur les grosses pathologies, j’ajoute un travail particulier sur l’autisme, dont j’avais déjà perçu qu’il était le parent pauvre des troubles mentaux.

Un hôpital psychiatrique au Gabon. © Celia Lebur/AFP
Un hôpital psychiatrique au Gabon. © Celia Lebur/AFP

Au crépuscule de ma longue carrière de psychiatre, je ne me résous pas au silence assourdissant qui étouffe la maladie mentale en Afrique ! J’ai donné mon livre à des dizaines de décideurs et de personnalités africaines, j’ai tenté d’alerter les médias, français et africains, les associations, qui se substituent souvent aux États… mais l’omerta est épouvantable !

Enfermement et violences

En Afrique, j’ai vécu des expériences de travail intense : jusqu’à 100 consultations quotidiennes, des trajets en brousse, le personnel trop peu ou pas qualifiés, souvent sans croiser un seul européen, logé au cœur des centre de traitement pour malades mentaux ou dans des familles de parents d’autistes… Honnêtement, je ne croyais pas revoir au XXIe siècle ce que j’avais connu des asiles psychiatriques français dans les années 1970, quand j’étais un jeune interne.

PARCE QUE C’EST L’AFRIQUE, ON DEVRAIT ACCEPTER QUE DES MALADES ENCHAÎNÉS

Cet enfermement et ces violences contre lesquels je m’étais battu avec tant d’autres psychiatres de l’époque. Et là, je découvre que, parce que c’est l’Afrique, on devrait accepter que des malades soient enchaînés ou matraqués de doses massives de médicaments, les « neuroleptiques retard » qui assomment commodément les patients, souvent pour toute leur vie ! J’ai même vu des patients mourir brutalement de surdosages médicamenteux…

Comme au Moyen Âge

Au fil des dix dernières années, j’ai visité nombre de structures d’aide aux malades mentaux, souvent sous l’aile de l’église catholique ou de bienfaiteurs occidentaux, ou animées par des parents d’autistes. J’avoue avoir connu l’émerveillement des débuts, en débarquant dans de mirifiques associations. Et puis ce fut le temps des désillusions, des déceptions, quand j’ai réalisé que tel leader charismatique, bien médiatisé mais absolument pas qualifié, avait fini par étendre une mainmise dictatoriale sur les soins, leur organisation et même les financements astronomiques versés par des organisations humanitaires naïves ou peu regardantes.

ON PRIE, ON EXORCISE, ON MÉDICALISE LOURDEMENT, ON TAPE UN PEU…

J’ai découvert les relations d’emprise entre ces leaders – catholiques, protestants ou évangélistes –, les patients, les bienfaiteurs et même les bénévoles occidentaux, sous le charme de l’infatigable piété. Quand je posais des questions gênantes, on me répondait que Dieu pourvoirait, que c’était le dessein de la Providence… Quand je questionnais l’absence de compétences professionnelles des prétendus soignants ou du chef lui-même, on me répondait que c’était une histoire de « don » conféré par Dieu. Et pendant ce temps-là, sans tenir compte des avis des médecins bénévoles, on matraquait sans relâche les patients… « Voyez comme ils sont calmes et apaisés… »

De même, j’ai visité d’autres lieux de soins, les « tobys » de Madagascar, où les malades sont clairement enchaînés, comme au Moyen Âge. Je n’invente rien, j’ai de nombreuses photos et plusieurs reportages photo ou audiovisuels qui témoignent de ces pratiques encore trop répandues. On prie, on exorcise, on médicalise lourdement, on tape un peu, on enchaîne…

Remuer ciel et terre

Évidemment, tout n’est pourtant pas sombre. J’ai vu aussi, ailleurs, des choses intéressantes, voire passionnantes. En Côte d’Ivoire, j’ai vécu et travaillé dans un lieu tenu par les sœurs de la Charité, des femmes courageuses, ayant traversé des évènements politiques graves et des luttes intestines afin de se défendre contre le fameux leader précédemment évoqué qui voulait les avaler toutes crues. J’ai tranquillement assisté, moi le médecin incroyant, aux bénédicités d’avant repas ; mais surtout j’ai bien travaillé, en liberté, en situation d’indépendance et de transparence totales.

Chez les enfants autistes enfin, notamment à Madagascar, l’un des pays les plus pauvres du monde, j’ai vécu des aventures également hors du commun, reçu par des bénévoles, des jeunes femmes le plus souvent, qui jamais ne m’ont parlé religion, mais qui remuaient ciel et terre pour que je puisse diagnostiquer des enfants autistes, au rythme de cinq longs examens par jour. Car l’autisme, l’un des grands sujets de ma carrière médicale, est aussi présent en Afrique qu’ailleurs. Et malheureusement, on l’associe encore trop souvent à une malédiction divine, à des enfants sorciers, ou même à la réincarnation du Diable.

Quant à l’Occident, il s’en fout…

Avec Jeune Afrique

Pierre Sans

Par Pierre Sans

Le Dr Pierre Sans est psychiatre retraité et l’auteur de « Chroniques d’un psychiatre libertaire 1966-2016 » (Broché, 2016).

France/Covid-19 : pourquoi les contaminations repartent à la hausse

septembre 16, 2022

Quelque 33 263 nouveaux cas ont été comptabilisés jeudi, contre 19 866 une semaine plus tôt. Une reprise épidémique due à la conjonction de deux phénomènes.

Les contaminations de Covid-19 augmentent de nouveau en France, laissant présager une possible huitième vague de l’épidémie au sortir de l’été, dont l’ampleur reste difficile à prévoir. « Le scénario le plus probable est celui d’un pic épidémique à la rentrée », affirmait mi-août Brigitte Autran, tout juste nommée présidente du comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires, le successeur du conseil scientifique.

Il semblerait que les faits lui donnent raison. Depuis plusieurs jours, les contaminations ont recommencé à progresser. « La circulation du Sars-CoV-2 est repartie à la hausse après plusieurs semaines d’amélioration de la situation épidémique », observe ainsi Santé publique France dans son point hebdomadaire. Jeudi 15 septembre, 33 263 nouveaux cas de Covid étaient comptabilisés, contre 19 866 une semaine plus tôt, soit un bond de plus de 67 %. « Depuis deux jours, le taux de reproduction du virus (le fameux R, NDLR) est supérieur à 1, ce qui est le signal robuste d’une reprise épidémique », a affirmé à l’Agence France-Presse l’épidémiologiste Mircea Sofonea.

Autre indicateur : le nombre de tests (852 500) a augmenté de 9 % la semaine du 5 au 11 septembre, a indiqué jeudi la Drees, le service statistique des ministères sanitaires et sociaux. Ils ont notamment fortement augmenté chez les moins de 16 ans (+ 56 %). « Le nombre de tests PCR n’est pas très élevé actuellement et ne permet pas de faire des analyses très fiables, mais la tendance semble confirmer à tout le moins un arrêt de la décrue épidémique et possiblement un rebond, prémisse d’une possible nouvelle vague pandémique », a analysé pour l’AFP l’épidémiologiste Antoine Flahault. « La reprise a certainement commencé il y a plus d’une semaine, mais on ne peut l’attester statistiquement que depuis deux jours », a relevé de son côté Mircea Sofonea.

Déclin immunitaire et brassage, les deux responsables ?

La conjonction de deux phénomènes pourrait expliquer cette reprise. D’abord, un certain déclin immunitaire dans une population qui a parfois été contaminée ou a reçu son dernier vaccin il y a de nombreux mois. Or la protection contre l’infection s’érode avec le temps. Ensuite, le contexte de rentrée, scolaire et professionnelle, qui favorise davantage les brassages. La hausse des contaminations est « principalement portée par les moins de 20 ans », à commencer par les 0-9 ans (+ 111 %, sur la semaine du 5 au 11 septembre), relève Santé publique France.

Ce n’est pas dans une situation inédite. À la même époque de 2021, à la faveur de la rentrée scolaire, le variant Delta, qui avait aussi causé une vague estivale, était revenu déclencher une vague automno-hivernale. « Il semble bien que l’actuel sous-variant dominant d’Omicron, BA.5, qui a frappé l’Europe cet été, se propage à nouveau depuis la rentrée et progresse dans toutes les régions de France métropolitaine (sauf encore la Corse), et dans presque tous les pays d’Europe occidentale », a avancé Antoine Flahault.

Si une huitième vague devait se produire, il semble encore difficile de prévoir son ampleur. En effet, on ne sait pas précisément à quel point la population est actuellement immunisée. « On va rester dans un certain brouillard pendant au moins les deux prochaines semaines », prédit encore Mircea Sofonea. En se fondant uniquement sur les dynamiques observées lors des deux précédentes vagues, « on ne devrait pas courir le risque d’une saturation hospitalière », selon lui.

Les espoirs de l’OMS déjà douchés ?

Mercredi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a envoyé un message d’espoir, jugeant la fin de la pandémie « à portée de main » mais invitant à ne pas relâcher les efforts pour y parvenir. En attendant, à défaut de remarquables progrès pour améliorer la ventilation des lieux clos, la France pourrait encore essayer d’accroître la couverture vaccinale face à une nouvelle vague. Malgré les préconisations des autorités sanitaires, seuls environ 30 % des plus de 60 ans ont reçu une deuxième dose de rappel.

D’ici à quelques semaines, les vaccins bivalents (ciblant à la fois la souche originale du virus et le variant Omicron) seront par ailleurs disponibles en France. Mais les personnes les plus à risque sont invitées à ne pas attendre pour recevoir leur quatrième dose. En début de semaine prochaine, la Haute Autorité de santé (HAS) va préciser l’articulation de ces nouveaux vaccins dans la stratégie vaccinale française.

Par Le Point avec AFP

La fin de la pandémie de COVID-19 est en vue, affirme le patron de l’OMS

septembre 14, 2022
Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une conférence de presse à Genève.

Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, estime que la pandémie de COVID-19 tire à sa fin. Photo : Reuters/Fabrice Coffrini

Le monde n’a jamais été en aussi bonne position pour mettre fin à la pandémie de COVID-19, qui a tué des millions de personnes depuis la fin 2019, a affirmé mercredi le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La semaine dernière, le nombre de décès hebdomadaires de la COVID-19 est tombé au plus bas depuis mars 2020. Nous n’avons jamais été dans une meilleure position pour mettre fin à la pandémie, a dit le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’un point de presse à Genève.

Il a toutefois mis en garde : Nous n’y sommes pas encore, mais la fin est à portée de main.

Quelqu’un qui court un marathon ne s’arrête pas quand il aperçoit la ligne d’arrivée. Il court plus vite, avec toute l’énergie qui lui reste. Et nous aussi, a souligné le chef de l’OMS.

« Nous pouvons tous voir la ligne d’arrivée, nous sommes en passe de gagner, mais ce serait vraiment le plus mauvais moment de s’arrêter de courir. »— Une citation de  Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l’OMS

Si nous ne saisissons pas cette opportunité, nous courrons le risque d’avoir plus de variants, plus de morts, plus de perturbations et plus d’incertitude, souligne le Dr Tedros, en appelant à saisir cette opportunité.

Selon le dernier rapport épidémiologique publié par l’OMS et consacré à la COVID-19, le nombre de cas a baissé de 12 % durant la semaine du 29 août au 4 septembre par rapport à la semaine précédente, s’établissant à quelque 4,2 millions de nouvelles infections déclarées.

Le nombre d’infections est sans doute beaucoup plus élevé, notamment parce que les cas bénins ne sont pas forcements déclarés, mais aussi parce que de très nombreux pays ont plus ou moins démantelé leur capacité de tests.

Au 4 septembre, l’OMS comptabilisait plus de 600 millions de cas officiellement confirmés – là aussi un nombre sans doute très inférieur à la réalité tout comme celui des morts officiellement répertoriés de 6,4 millions de personnes décédées.

Une étude de l’organisation basée sur des projections et des évaluations publiée en mai faisait état de 13 à presque 17 millions de décès supplémentaires à cause de la COVID à la fin 2021.

L’outil clé de la vaccination

En même temps que le Dr Tedros lançait son message d’espoir, l’OMS a publié six guides destinés aux États membres afin de leur permettre de rapidement mettre derrière eux cette crise sanitaire qui a aussi coûté des milliers de milliards d’euros en termes de croissance, paralysé pendant de longs mois des pans entiers de l’économie mondiale et mis à nue les inégalités dans le monde, notamment en matière de vaccination.

Les pays riches se sont accaparé les doses disponibles et, dans nombre de pays pauvres, les taux de vaccination restent encore insuffisants.

Ces recommandations sont un appel urgent aux gouvernements de se pencher sérieusement sur leurs politiques, de les renforcer contre la COVID-19 et les pathogènes futurs qui pourraient avoir le potentiel de provoquer une pandémie, a souligné le patron de l’organisation onusienne.

Parmi ces recommandations, des messages que l’OMS répète depuis presque deux ans et l’arrivée des vaccins : vacciner 100 % des personnes vulnérables et des personnels de santé, poursuivre les programmes de tests et de séquençage génique, qui permet notamment de suivre à la trace de nouveaux variants potentiellement dangereux. Nous pouvons mettre un terme à cette pandémie ensemble, mais seulement si les pays, les entreprises, les communautés et les individus se mobilisent et saisissent l’opportunité, a martelé le Dr Tedros.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Canada: Une victime de viol refoulée à l’urgence de Fredericton

septembre 12, 2022
L'affiche à l'entrée de l'Hôpital régional Dr Everett Chalmers, à Fredericton.

La femme s’est présentée à l’urgence de l’Hôpital régional Dr Everett Chalmers de Fredericton. Photo : Joe McDonald/CBC

Une femme de Fredericton est encore sous le choc après s’être rendue à l’urgence de l’hôpital local pour subir un examen médico-légal après une agression sexuelle et avoir reçu la consigne de prendre rendez-vous le lendemain.

Elle s’est fait dire qu’aucune infirmière qualifiée du programme des infirmières examinatrices en cas d’agression sexuelle n’était sur place ou de garde ce soir-là pour effectuer l’examen à l’Hôpital régional Dr Everett Chalmers.

La victime de 26 ans, dont l’identité n’est pas dévoilée, a raconté qu’on lui avait dit de rentrer chez elle en pleine nuit, de ne pas prendre de douche ni de se changer et d’utiliser la salle de bain le moins possible, pour aider à préserver toute preuve.

« Je voulais vraiment ne pas avoir à préserver mon corps dans l’état où il était pendant encore 12 heures. J’avais l’impression qu’on me demandait de garder cette expérience. Que je pouvais le sentir sur moi. »— Une citation de  La victime

Elle a rappelé la police pour obtenir des conseils sur ce qu’elle pouvait faire. Ce n’est que lorsqu’un agent est intervenu que l’hôpital a appelé une infirmière pour l’aider, a-t-elle indiqué.

Aucune femme qui a été violée ne devrait jamais se faire dire de revenir le lendemain pour obtenir de l’aide après avoir trouvé le courage de demander de l’aide, plaide la victime.

Une trousse d'examen médico-légal des agressions sexuelles.

Une trousse d’examen médico-légal des agressions sexuelles.Photo: CBC

Une expérience traumatisante

Elle a décidé de parler de son expérience, ajoute-t-elle, pour s’assurer que cela n’arrive à personne d’autre.

L’agression a eu lieu en août, pendant la longue fin de semaine de la fête du Nouveau-Brunswick, lorsqu’elle est allée à un rendez-vous avec un homme qu’elle avait rencontré en ligne.

Elle est rentrée chez elle vers 22 h 30 et a décidé d’appeler le service de police de Fredericton pour lui demander ce qu’elle devait faire lorsqu’elle a vu tout ce sang.

L’agent à qui elle a parlé lui a recommandé d’aller à l’hôpital pour se faire examiner, bien que ce soit ultimement son choix.

Il lui a également mentionné qu’elle pourrait obtenir une trousse médico-légale pour recueillir des preuves au cas où elle déciderait de porter des accusations contre l’homme.

« Le policier m’avait dit que je ne devrais pas avoir à attendre longtemps. Les mots qu’il a utilisés étaient qu’ils traitent cela aussi sérieusement que si vous aviez une blessure par balle. »— Une citation de  La victime

La femme a attendu anxieusement dans la salle d’attente d’urgence de l’Hôpital régional Dr Everett Chalmers. Une infirmière l’a finalement amenée dans la zone de triage et a commencé à lui poser des questions de routine.

Je l’ai interrompue et je lui ai dit que j’étais là pour une trousse de viol.

L’infirmière l’a ensuite emmenée dans une pièce calme avec une porte, où elle pouvait être seule, tandis qu’ils ont contacté une infirmière du programme des infirmières examinatrices des cas d’agression sexuelle (programme SANE).

Après environ de 15 à 20 minutes, elle a pu parler au téléphone avec une infirmière du programme qui lui a dit qu’elle était très courageuse d’être venue.

Toutefois, personne n’était de garde jusqu’au soir suivant à 20 heures, a déclaré la représentante du programme, mais elle était disposée à se déplacer pour lui faire passer l’examen elle-même le lendemain matin.

Sachant qu’il aurait pu y avoir de l’aide disponible et qu’il n’y avait personne autour, c’était difficile à entendre, se souvient la femme. Et j’étais un peu sous le choc de prendre rendez-vous pour voir quelqu’un pour ce traumatisme.

« Je voulais vraiment que ce soit fini. Et se faire demander d’attendre jusqu’au lendemain, c’était comme me demander de continuer à vivre cette expérience pendant 12 heures de plus, comme si c’était comme un rhume que je pourrais affronter demain. »— Une citation de  La victime

Elle ajoute avoir été surprise que l’hôpital ne lui offre pas de rester.

La police rappelée

Elle a alors rappelé la police peu après 1 heure du matin, depuis sa voiture dans le stationnement.

« Quand j’ai parlé à la police [la première fois], ils m’ont dit que c’était une grosse affaire, qu’elle serait traitée comme telle et que j’obtiendrais les soins médicaux dont j’avais besoin.  »— Une citation de  La victime

La victime a parlé au même agent, qui, selon elle, a été très surpris d’apprendre qu’elle avait été renvoyée chez elle sans aucun soin. Ça n’aurait pas dû t’arriver, lui aurait-il dit.

Son partenaire policier a également été surpris, à un point tel qu’il est allé directement à l’hôpital pour la rencontrer et parler ensuite aux infirmières.

Une autopatrouille de la police de Fredericton.

La victime d’agression sexuelle affirme avoir obtenu la collaboration de la police de Fredericton dans ses demandes. Photo : Archives

Il lui a dit que si personne n’était disponible à l’hôpital Chalmers cette nuit-là, ils pourraient avoir à conduire jusqu’aux hôpitaux d’Oromocto ou de Woodstock. Selon la victime, le policier lui a assuré qu’il allait trouver un endroit où elle pourrait être vue.

Personne à l’hôpital Chalmers ne lui avait mentionné que d’autres options existaient.

Après environ 30 minutes, l’agent est sorti pour lui dire que l’hôpital Chalmers avait appelé une infirmière et qu’elle arriverait sous peu.

Je suis très reconnaissante que la police ait pu trouver quelqu’un… pour m’aider ce soir-là, confie-t-elle.

La police de Fredericton a confirmé qu’un agent avait fourni de l’aide et fait un suivi auprès de l’hôpital Chalmers au nom d’une personne qui avait signalé un crime sexuel grave. Le dossier est maintenant entre les mains de la GRC, précise-t-elle.

Le Service de police de Fredericton prend très au sérieux toute allégation d’agression sexuelle et encourage les membres du public à demander de l’aide s’ils en ont fait l’expérience le plus rapidement possible. Nous sommes très fiers de la façon dont notre agent a géré la situation ce soir-là, a répondu la force dans un courriel.

Le réseau Horizon au courant de la situation 

Margaret Melanson, présidente intérimaire et chef de la direction du Réseau de santé Horizon, a confirmé qu’elle est au courant de cette situation.

Mes pensées sont certainement avec la victime en ce moment, déclare-t-elle dans un courriel.

En ce qui concerne le programme des infirmières examinatrices en cas d’agression sexuelle, il est conforme aux normes de pratique que si un examen en personne ne peut être effectué immédiatement, le patient a alors la possibilité de retourner à la maison, dans un environnement confortable où il peut y avoir du soutien, plutôt que d’attendre à l’urgence, a indiqué Mme Melanson.

Margaret Melanson.

La présidente-directrice générale par intérim du Réseau de santé Horizon, Margaret Melanson Photo : Radio-Canada

Dans ces situations, et conformément aux protocoles du programme, les patients recevront de l’information sur la façon de préserver toute preuve jusqu’à ce qu’une trousse de collecte de preuves puisse être administrée en personne par l’infirmière en service du programme. Cela se fait habituellement dès que l’infirmière est disponible, souvent au plus tard le lendemain, a-t-elle poursuivi.

Le programme est offert dans 12 des 23 hôpitaux de la province, seulement ceux ouverts 24 heures sur 24. Mais les infirmières du SANE peuvent se rendre dans d’autres hôpitaux.

Environ 80 infirmières du Nouveau-Brunswick ont reçu une formation spéciale tenant compte des traumatismes pour traiter les survivantes de violence sexuelle et utiliser des trousses de preuve en cas d’agression sexuelle.

Roxanne Paquette, coordonnatrice du programme des infirmières examinatrices en cas d’agression sexuelle pour les réseaux Horizon et Vitalité, n’a pas répondu à une demande d’entrevue.

Radio-Canada d’après un reportage de Bobbi-Jean MacKinnon et des informations de Sarah Déry, de CBC

Congo-Retour des étudiants de Cuba : les violons ne s’accordent pas

septembre 12, 2022

La bourse est la pomme de discorde entre les étudiants congolais à Cuba et la délégation du ministère des Finances, du Budget et du Portefeuille public qui a effectué le déplacement de la Havane pour payer deux trimestres d’arriérés, soit six mois. Les étudiants exigent le paiement de l’intégralité des arriérés qui font treize trimestres au total.

Une vue des médecins formés à Cuba, troisième vague/DR

« Vis-à-vis des événements qui ont lieu aujourd’hui à la Havane et la note du décaissement de notre bourse qui a été falsifiée, le collectif des finalistes et étudiants de Cuba informe les agents payeurs et l’ensemble du corps diplomatique du refus catégorique de percevoir deux trimestres », souligne un communiqué attribué aux étudiants.

Ceux-ci, qui disent avoir été informés par des sources non révélées qu’ils devraient percevoir six trimestres de bourse et non six mois, veulent avoir des éclaircissements sur le dossier de la bourse avant de commencer le paiement. C’est ainsi que par les mêmes canaux de communication, ils ont adressé une lettre au ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public.

Le Trésor public rassure les étudiants

Le deuxième Fondé de pouvoirs à la direction générale du Trésor, André Lema, a, à travers une attestation sur l’honneur signée le 7 septembre à Brazzaville, rassuré les étudiants que la délégation dépêchée par le gouvernement à Havane a pour mission de payer six mois de bourses. Il s’agit notamment du « 3e et 4e trimestre de 2019, soit un semestre à la Havane et les autres villes de Cuba. » 

Plus de 2000 médecins formés à Cuba

La République du Congo, dans le cadre du partenariat signé avec le gouvernement cubain, a envoyé 2091 bacheliers à Cuba en 2013, 2015 et 2016 pour une formation dans différents domaines de la santé. Pour le compte de la première vague, ils étaient environ 500 étudiants à avoir quitté le pays en 2013 pour le regagner six ou sept ans après leurs études. Partie du pays en octobre 2015, la deuxième quant à elle a été composée de 706 étudiants, dont 22 techniciens biomédicaux pour le compte du ministère de la Santé et de la Population et 35 au nom de la Force publique dans la perspective de la construction de l’hôpital des armées. En effet, les deux premières promotions avaient été sélectionnées par le ministère de la Santé et de la Population, sans une implication totale du ministère en charge de l’Enseignement supérieur.

Le plus grand contingent des étudiants congolais a été envoyé en janvier 2016. Il avait été composé de 862 jeunes sélectionnés par le ministère de la Santé, en collaboration avec celui de l’Enseignement supérieur pour aller passer sept années d’études en médecine et entretien des équipements sanitaires. « La formation sera payée par l’État congolais. La partie congolaise vous paiera mensuellement un trousseau (100 000 FCFA) qui vous permettra de gérer vos petits besoins. Vous avez les baccalauréats qu’il faut, mais vous devez avoir la volonté d’étudier dans ce secteur et la détermination de servir votre pays », déclarait François Ibovi, alors ministre de la Santé et de la Population, initiateur du projet.

En attendant l’arrivée imminente de la troisième promotion qui est estimée à environ 600 étudiants, au total, 720 médecins sont déjà rentrés au pays à ce jour. Ils sont actuellement en stage d’immersion et de consolidation des connaissances avant leur intégration à la Fonction publique.

Mais, certains d’entre eux n’ont pas pu achever leurs études pour diverses raisons.  L’objectif du gouvernement était d’atteindre plus de 3000 jeunes formés en médecine dans la perspective du fonctionnement des hôpitaux généraux en construction dans les chefs-lieux des douze départements du pays.

Avec Adiac-Congo par Rominique Makaya et Parfait Wilfried Douniama

La famille royale au chevet d’Élisabeth II

septembre 8, 2022
La reine vue à partir des épaules

La reine Élisabeth II règne depuis plus de 70 ans. PHhoto : AFP via Getty Images/Joe Giddens/Pool

L’inquiétude a étreint jeudi le Royaume-Uni. Les médecins de la reine Élisabeth II, âgée de 96 ans, se disent « préoccupés » par son état de santé et recommandent « qu’elle soit placée sous surveillance médicale », alors que sa famille se rassemblait au château de Balmoral en Écosse où elle se trouve.

La reine continue à se sentir à l’aise à Balmoral, a ajouté le palais dans un bref communiqué.

Son héritier Charles, 73 ans, est arrivé avec sa femme Camilla à Balmoral, où la reine passe tous les ans la fin de l’été, ainsi que sa fille Anne. Ses deux autres enfants, les princes Andrew et Edward étaient en route en début d’après-midi.

Son petit-fils William, deuxième dans l’ordre de succession, était aussi attendu sur place, tandis que son épouse Kate restait à Windsor où leurs trois enfants George, Charlotte et Louis passent leur première journée complète dans leur nouvelle école.

Son frère Harry, qui vit en Californie avec sa femme Meghan Markle, devait participer à une cérémonie à Londres avec sa conjointe jeudi soir, mais il a pris la direction de l’Écosse seul.

Mercredi soir, le palais avait annoncé que la reine avait reporté une réunion en ligne, ses médecins lui ayant conseillé de se reposer.

La reine Élisabeth II dans un état de santé préoccupant

Tous les yeux sont rivés sur Balmoral, où se trouve la reine Élizabeth II, âgée de 96 ans. Celle qui siège depuis 70 ans sur le trône britannique est sous surveillance médicale. Les précisions de Jean-Philippe Hughes.

La monarque à la longévité record et à l’immense popularité, dont le Royaume-Uni a fêté en juin les 70 ans de règne, a vu sa santé se dégrader depuis qu’elle a passé une nuit à l’hôpital, il y a près d’un an, pour des raisons jamais précisées.

Elle n’apparaissait plus que rarement en public, ses services évoquant des problèmes de mobilité épisodiques. Elle délègue depuis des mois une part croissante de ses fonctions à son fils Charles. Il a notamment prononcé en mai à sa place le discours du trône au Parlement pour la première fois, l’une de ses fonctions constitutionnelles essentielles.

Liz Truss serre la main de la reine Élisabeth II.

Liz Truss a été reçue par la souveraine de 96 ans au château de Balmoral, en Écosse. Photo: Reuters/Pool

La reine a officialisé mardi la nomination de Liz Truss au poste de première ministre, son 15e chef de gouvernement. Elle avait décidé de rester à Balmoral au lieu de rentrer à Londres, où se passe d’habitude la transition, en raison de ses problèmes de santé.

Des images diffusées par le palais ont montré la souveraine souriante et s’appuyant sur une canne et serrant la main de la nouvelle dirigeante.

Vœux de rétablissement

De nombreux responsables politiques ont adressé leurs vœux de rétablissement à la souveraine.

« Le pays tout entier sera profondément préoccupé par les nouvelles en provenance du palais de Buckingham de ce midi. Mes pensées, et celles de tous les habitants du Royaume-Uni, vont à Sa Majesté la reine et à sa famille. »— Une citation de  Liz Truss, première ministre britannique, sur Twitter

La cheffe du gouvernement s’exprimait au parlement avant que le palais ne fasse état de la dégradation de l’état de santé de la souveraine. Elle a quitté la Chambre des communes après avoir été informée discrètement par un ministre, tandis que le chef de l’opposition Keir Starmer recevait une note écrite.

Le chef spirituel des anglicans, Justin Welby, a adressé ses prières à la reine, très croyante et dirigeante de l’Église d’Angleterre.

Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau ainsi que la gouverneure générale, Mary Simon, ont offert leurs pensées à la famille royale et ont souhaité un prompt rétablissement à la reine.

Mes pensées, et les pensées de tous les Canadiens, accompagnent Sa Majesté la reine Élisabeth II en ce moment. Nous espérons qu’elle ira mieux et transmettons nos vœux les plus chers à la famille royale, a écrit Justin Trudeau sur Twitter.

Au palais de Buckingham, à Londres, un panneau a été sorti pour informer les touristes que la relève de la garde n’aurait pas lieu. Il a été retiré un peu plus tard.

Un panneau annonçant qu'il n'y aurait pas de relève de garde est déposé devant le palais de Buckingham à Londres.

Un panneau a été sorti pour informer les touristes que la relève de la garde n’aurait pas lieu au palais de Buckingham à Londres. Photo : Getty Images/Leon Neal

Début juin, les Britanniques avaient célébré pendant quatre jours les 70 ans de règne d’Élisabeth II. Elle est restée quasi absente de ce jubilé de platine, ne se montrant qu’à deux brèves reprises au balcon du palais de Buckingham devant des dizaines de milliers de personnes.

Quelques semaines plus tard en revanche, elle s’est montrée plusieurs fois pour des apparitions publiques en Écosse, apparaissant souriante et avec une canne lors d’un défilé des forces armées à Édimbourg fin juin.

Élisabeth II est veuve depuis la mort de son mari Philip en avril 2021, peu avant ses 100 ans. Le déclin de la santé de la reine, arrivée sur le trône le 6 février 1952, à 25 ans, après la mort de son père George VI, a relancé des questions sur l’avenir de la monarchie.

La reine Élisabeth II salue ses sujets à la fin du spectacle du jubilé de platine depuis le palais de Buckingham, à Londres.

Aux côtés du prince Charles et de Camilla, duchesse de Cornouailles, la reine Élisabeth II salue ses sujets à la fin du spectacle du jubilé de platine depuis le palais de Buckingham, à Londres. Photo : AP/Chris Jackson

L’institution a été ébranlée par une série de scandales ces derniers mois : accusations d’agressions sexuelles aux États-Unis contre son fils Andrew, qui y a mis fin en déboursant des millions de dollars, ainsi que des allégations de racisme visant la famille royale, de la part de son petit-fils Harry et de son épouse Meghan Markle, désormais installés en Californie et en froid avec le reste de la famille.

L’après-Élisabeth II s’annonce plus compliqué avec Charles, à la popularité bien plus faible. Les Britanniques lui préfèrent le prince William et son épouse Kate.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et BBC

Avec Radio-Canada