Archive for the ‘Santé’ Category

Coronavirus: Le nombre de contaminations dépasse les 18 millions en Inde

avril 29, 2021

CORONAVIRUS: LE NOMBRE DE CONTAMINATIONS DÉPASSE LES 18 MILLIONS EN INDE

© Reuters/RUPAK DE CHOWDHURI 

BANGALORE (Reuters) – Le bilan en Inde de l’épidémie due au nouveau coronavirus a dépassé jeudi le seuil des 18 millions de contaminations après un énième record de nouveaux cas en 24 heures alors que les services des pompes funèbres travaillent sans relâche pour faire face à l’afflux de morts.

L’Inde a fait état de 379.257 nouvelles contaminations et de 3.645 décès supplémentaires en l’espace de 24 heures. Il s’agit du plus lourd bilan quotidien en termes de morts dans le pays depuis le début de l’épidémie.

Deuxième pays le plus peuplé de la planète, l’Inde fait face à une crise sanitaire sévère, les hôpitaux et les morgues étant débordés, ce qui a amené la communauté internationale à se mobiliser pour lui venir en aide.

Sayyed Munir Kamruddin, âgé de 52 ans et employé de pompes funèbres à Bombay, a déclaré qu’il ne ménageait pas ses efforts avec ses collègues pour enterrer les victimes du COVID-19.

Devant les hôpitaux, des milliers d’Indiens cherchent désespérément de l’oxygène ou un lit, qui est pris d’assaut en quelques minutes dès qu’une place se libère dans les unités de soins intensifs.

« La violence de la deuxième vague a pris tout le monde de court », dit K. VijayRaghavan, principal conseiller scientifique du gouvernement indien, cité dans le journal Indian Express.

« (…) Aucune indication des exercices de modélisation ne suggérait l’ampleur d’une telle poussée », a-t-il ajouté.

L’armée indienne a commencé à acheminer des équipements médicaux, comme des conteneurs d’oxygène, à travers le pays et ouvrira ses centres hospitaliers aux civils. Les hôtels et les autocars ont été transformés en établissements de soins intensifs face à la pénurie de lits d’hôpitaux.

Pour contenir la flambée épidémique, l’Inde a élargi la vaccination à toutes les personnes de plus de 18 ans à compter de samedi, soit une population de 800 millions de personnes.

Bien qu’étant l’un des principaux producteurs de vaccins contre le COVID-19, l’Inde ne dispose pas de doses suffisantes pour une telle campagne.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes ont dit n’être pas parvenues à obtenir de rendez-vous ou même simplement à se connecter sur les services concernés.

Le gouvernement a déclaré que plus de huit millions de personnes s’étaient inscrites pour des vaccinations.

Sur le 1,4 milliard d’habitants que compte l’Inde, seuls 9% ont reçu au moins une dose de vaccin contre le COVID-19.

Selon les données mondiales compilées par Reuters, le ratio de décès par million d’habitants dus au COVID-19 est de 147,2 en Inde, un chiffre nettement inférieur à ceux du Brésil et des Etats-Unis, qui s’élèvent respectivement à 1.800 et 1.700.

Les experts estiment cependant que chiffre pourrait être de cinq à dix fois supérieur aux données officielles publiées par l’Inde.

Avec Reuters par Neha Arora et Shilpa Jamkhandikar puis (Anuron Kumar Mitra à Bangalore, Tanvi Mehta à Delhi, Ruma Paul à Dacca, Subrata Nag Choudhury à Calcutta; version française Camille Raynaud et Claude Chendjou)

OMS : le Dr Denis Mukwege nommé membre du Conseil scientifique

avril 28, 2021

Ce conseil, nouvellement créé, a organisé sa première réunion le mardi 27 avril pour décider des premières étapes et d’un programme de travail.

Docteur Denis Mukwege

Le Conseil scientifique de l’OMS a été créé en avril 2021 par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Cette structure, explique l’OMS, fait office de porte-parole des responsables scientifiques et conseille absolument le directeur général de l’OMS sur les questions scientifiques hautement prioritaires et les progrès de la science et de la technologie qui pourraient avoir un impact direct sur la santé mondiale. La division des sciences de l’OMS, fait-on savoir, facilitera l’activité du Conseil en définissant les principales priorités de l’OMS en matière de science, de recherche et d’innovation, indépendamment des spécificités du programme, et en se concentrant sur les domaines où des lacunes existent.

Le Conseil scientifique aura ainsi les fonctions suivantes: évaluer les questions scientifiques urgentes et hautement prioritaires et fournir des contributions et des conseils pour les traduire en impact sur la santé publique dans le cadre de la mission de l’OMS; identifier les problèmes scientifiques et technologiques actuels et nouveaux auxquels l’OMS doit s’attaquer, y compris les menaces pour la santé mondiale et les nouvelles avancées susceptibles d’avoir un impact direct ou indirect sur la santé mondiale; donner une orientation stratégique aux actions de l’OMS dans les domaines de la science, de la recherche et de l’innovation; participer à l’examen rapide et confidentiel des produits normatifs de l’OMS, à la demande du directeur général; et entreprendre d’autres tâches et fonctions conformes au présent mandat, à la demande du directeur général.

Neuf éminents scientifiques

Le Conseil est composé de neuf scientifiques éminents du monde entier. Ils servent à titre personnel et représentent un large éventail de disciplines englobant de nombreux aspects de la science, allant de la recherche fondamentale à la science de la mise en œuvre de la santé publique. Les membres, explique l’OMS, sont recrutés et sélectionnés en tant qu’experts reconnus du monde entier dans les domaines des sciences fondamentales, de la recherche translationnelle et clinique, des sciences sociales, de l’épidémiologie et de la santé publique.

Les neuf membres actuels sont : Prof Harold Varmus, lauréat du prix Nobel de médecine en 1989 et professeur au Weill Cornell Medical College, aux États-Unis (président du Conseil) ; Dr Salim Abdool Karim, directeur du centre pour le programme de recherche sur le sida en Afrique du Sud (CAPRISA) ; Dr Edith Heard, directrice générale du laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL), Royaume-Uni ; prof Adeeba Kamarulzaman, professeur de médecine et de maladies infectieuses, et président, International AIDS Society, Malaisie ; Dr Mary-Claire King, professeur de sciences du génome et directrice associée, scientifique médical, Université de Washington, États-Unis ; prof Abla Mehio Sibai, professeure d’épidémiologie, faculté des sciences de la santé, université américaine de Beyrouth, Liban ; Dr Denis Mukwege, gynécologue et lauréat du prix Nobel de la paix, République démocratique du Congo ; Dr Bill Pape, directeur et fondateur de Gheskio, Haïti et Dr Yongyuth Yuthavong, Spécialiste principal, Centre national de génie génétique et de biotechnologie, NSTDA, Thaïlande

Gynécologue et spécialiste mondial du traitement des survivants de violences sexuelles en temps de guerre

Le Dr Denis Mukwege est un militant mondial contre l’utilisation du viol comme arme de guerre.

Après avoir obtenu son diplôme de médecine à l’université du Burundi en 1983, le Dr Mukwege a travaillé comme pédiatre à l’hôpital rural de Lemera près de Bukavu. Cependant, après avoir vu des patientes qui, en raison de l’absence de soins appropriés, souffraient souvent de douleurs, de lésions génitales et de fistule obstétricale après l’accouchement, il a étudié la gynécologie et l’obstétrique à l’Université d’Angers, en France, obtenant sa maîtrise et complétant sa résidence en médecine en 1989. Le 24 septembre 2015, il a obtenu un doctorat à l’Université libre de Bruxelles pour sa thèse sur les fistules traumatiques dans la région orientale de la République démocratique du Congo.

En 1999, le Dr Mukwege a fondé l’hôpital Panzi. Il est devenu l’un des plus grands spécialistes mondiaux du traitement des survivants de violences sexuelles en temps de guerre. En 2008, il a créé la Fondation Panzi pour fournir une prise en charge holistique aux survivants et pour atteindre ceux qui ne relèvent pas de la juridiction administrative nationale de l’hôpital.

Le Dr Mukwege a reçu de nombreux prix pour son travail, notamment le prix des droits de l’homme des Nations unies (2008), le prix Right Livelihood (2013) et le prix Sakharov du Parlement européen (2014). Le magazine Time l’a classé parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde et la Fondation Carter l’a nommé «citoyen du monde». En 2018, il a reçu le prix Nobel de la paix pour ses efforts mondiaux visant à mettre fin à l’utilisation du viol comme arme de guerre.

Avec Adiac-Congo par Patrick Ndungidi

Canada: La famille de la Québécoise décédée après avoir reçu le vaccin appelle à la vigilance

avril 28, 2021

MONTRÉAL — La famille de la Québécoise qui a développé des caillots sanguins et est décédée après avoir reçu le vaccin d’Oxford-AstraZeneca exhorte les gens à demeurer à l’affût des symptômes et à obtenir de l’aide immédiatement s’ils font surface.

© Fournis par La Presse Canadienne

Francine Boyer, 54 ans, a été identifiée par sa famille dans un communiqué publié mardi soir.

Elle et son mari Alain Serres ont reçu le vaccin d’AstraZeneca le 9 avril, et dans les jours qui ont suivi, elle a commencé à ressentir des maux de tête et une fatigue intense.

Le communiqué indique que M. Serres n’a développé aucun effet secondaire.

Mme Boyer s’est rendue dans un hôpital près de chez elle avant d’être transférée à l’Institut neurologique de Montréal alors que son état s’aggravait, et elle est décédée d’une thrombose cérébrale le 23 avril.

Le directeur de la santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, a déclaré mardi lors d’une conférence de presse qu’il pensait qu’il s’agissait du premier décès au Canada potentiellement lié au vaccin, et les autorités ont souligné que les effets secondaires graves sont rares et que le vaccin sauve beaucoup plus de vies qu’il n’en met en danger.

Avec La Presse Canadienne

Virus : gravité sans précédent en Inde, prudent relâchement en Europe

avril 26, 2021
Virus : gravite sans precedent en Inde, prudent relachement en Europe
Virus : gravité sans précédent en Inde, prudent relâchement en Europe© AFP/Jewel SAMAD

La pandémie atteint une gravité sans précédent en Inde, où les patients continuent de mourir par manque d’oxygène dans des hôpitaux saturés, tandis que l’Europe relâche prudemment ses restrictions avec la réouverture lundi de terrasses de cafés et de restaurants en Italie et le retour des écoliers en France.

Partout dans le monde, les campagnes de vaccination tentent de dompter le Covid-19 mais le processus se heurte à la propagation express du virus et à l’émergence de variants responsables de virulentes poussées épidémiques.

Avec ses 1,3 milliard d’habitants, l’Inde, qui a enregistré dimanche un record mondial de près de 350.000 personnes contaminées en une seule journée, a été plongée dans le chaos en quelques jours par le variant « indien ».

A New Delhi, des témoins décrivent des couloirs d’hôpitaux encombrés de lits et de brancards et des familles suppliant en vain qu’on leur fournisse de l’oxygène ou une place pour leurs proches. Certains meurent au seuil de l’hôpital.

« Les ravages du coronavirus se poursuivent et il n’y a pas de répit », a déploré le chef du gouvernement de la capitale Arvind Kejriwal. New Delhi, l’agglomération indienne la plus touchée, est confinée pour une semaine supplémentaire.

Avec plus de 192.000 morts, l’Inde figure au quatrième rang des pays les plus endeuillés par le Covid-19.

Les Etats-Unis ont annoncé dimanche qu’ils allaient « immédiatement » lui envoyer des composants pour la production de vaccins et des équipements médicaux.

L’Union européenne, où la détection du variant « indien » en Belgique, en Suisse et en Grèce inquiète, a promis une « assistance » à l’Inde. Même le Pakistan, son rival de toujours, lui a proposé des équipements médicaux.

L’UE poursuit AstraZeneca

Sur le front des vaccins, la clé de voute d’une potentielle sortie de crise, l’UE a annoncé lundi qu’elle attaquait en justice AstraZeneca pour ses retards de livraisons. Une procédure que le laboratoire suédo-britannique a aussitôt jugée « sans fondement ».

AstraZeneca n’a livré au premier trimestre aux pays de l’Union européenne que 30 millions de doses sur les 120 millions contractuellement prévues. Au deuxième trimestre, ce groupe ne compte en fournir que 70 millions sur les 180 millions initialement programmées.

Le cap du milliard de doses de vaccins contre le Covid, administrées dans 207 pays ou territoires, a été franchi ce week-end, selon un comptage de l’AFP à partir de sources officielles.

Et le laboratoire français Sanofi va produire aux Etats-Unis jusqu’à 200 millions de doses du vaccin américain Moderna « pour satisfaire à la demande mondiale ».

L’heure reste néanmoins à l’inquiétude dans de nombreux pays.

La Thaïlande recense désormais au total 57.500 cas de coronavirus contre seulement 29.000 début avril. Tandis que de nouvelles restrictions ont été mises en place lundi, le Premier ministre s’est vu infliger une amende pour non-port du masque.

L’Iran, le pays du Moyen-Orient le plus frappé par la pandémie, a dépassé les 70.000 morts, selon les chiffres officiels lundi, avec un record national de mortalité quotidienne (496).

« Un peu d’air frais » en Italie

Face à des opinions publiques de plus en plus rétives aux mesures réduisant leur liberté de circulation et leurs activités, certains gouvernements choisissent de desserrer l’étau avec prudence, lorsque la situation sanitaire montre quelque embellie.

En Italie, où le Premier ministre Mario Draghi a subi les pressions des dirigeants des régions et de manifestants réclamant un assouplissement des dispositifs, bars et restaurants peuvent depuis lundi servir en terrasse ; ainsi que le soir pour la première fois en six mois, même si le couvre-feu reste en vigueur à partir de 22 heures. Les salles de spectacle ont aussi rouvert.

Daniele Vespa, 26 ans, chef de salle au restaurant Baccano à Rome, ne cache pas sa joie : « C’est un début de retour à la normalité qui apporte un peu d’air frais ».

Fermé depuis six mois, le cinéma Beltrade à Milan (nord) a été le premier à ouvrir ses portes dès six heures (04H00 GMT), accueillant 82 clients qui ont commencé à faire la queue dès 5H20 pour voir « Journal intime » de Nanni Moretti.

M. Draghi a reconnu qu’il prenait un « risque calculé », l’Italie continuant d’enregistrer en moyenne plus de 300 morts du Covid-19 chaque jour, même si les contagions et le nombre des admissions en réanimation diminuent.

Le chef du gouvernement présentait en outre lundi au parlement les détails de son plan de relance grâce aux prêts et aux subventions de l’UE.

En France, où le virus continue de circuler activement avec un nombre de personnes en réanimation supérieur à celui enregistré pendant la deuxième vague épidémique, les enfants des plus petites classes ont repris le chemin de l’école lundi après trois semaines de fermeture de tous les établissements scolaires.

Collégiens et lycéens devraient retourner à l’école le 3 mai, souvent en demi-jauge.

Mais cette réouverture décidée par le président Emmanuel Macron suscite les critiques d’une partie du corps médical et les craintes d’enseignants.

En Espagne, les fêtes de San Fermin à Pampelune, qui attirent en juillet des touristes du monde entier, ont été annulées pour la deuxième année consécutive.

Le virus a fait au moins 3.109.991 millions de morts dans le monde depuis que le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de son apparition fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles lundi.

Par Le Point avec AFP

La Commission européenne poursuit AstraZeneca pour non-respect de son contrat

avril 26, 2021

BRUXELLES — La Commission européenne a lancé une action en justice contre le fabricant de vaccins AstraZeneca pour non-respect des termes de son contrat avec l’Union européenne.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le porte-parole Stefan De Keersmaecker a déclaré que «la Commission a entamé vendredi dernier une action en justice contre la société AstraZeneca sur la base de violations de l’accord d’achat anticipé».

Il a déclaré lundi que la poursuite avait été déposée parce que «certaines conditions du contrat n’ont pas été respectées» et que «la société n’est pas en mesure de proposer une stratégie fiable pour assurer une livraison des doses dans les délais».

Le contrat d’AstraZeneca avec l’Union européenne prévoyait une distribution initiale de 300 millions de doses entre les 27 pays membres, avec une option pour 100 millions supplémentaires.

Mais seulement 30 millions de doses ont été livrées au premier trimestre de 2021, et la société affirme qu’elle ne pourra en fournir que 70 millions au deuxième trimestre, au lieu des 180 millions qu’elle avait promises.

— Par The Associated Press avec La Presse Canadienne

En France, amadouer les réfractaires au vaccin est un exercice délicat

avril 26, 2021

 

« Avancez vers mon collègue, s’il vous plaît! » La file n’est jamais bien longue devant l’immense Stade de France, transformé en usine à vacciner. Chaque jour depuis le début d’avril, 2000 personnes se font immuniser ici, souvent dans l’enthousiasme.

La vaccination au Stade de France

© Yanik Dumont Baron/Radio-Canada La vaccination au Stade de France

«Nous sommes de l’Est parisien», explique un retraité venu avec sa femme. «Dans notre secteur, il y a très peu de points de vaccination. On pense qu’elle nous donnera de la liberté pour voyager dans quelque temps.»

À l’écart de la file, un homme attend que sa femme se fasse immuniser. Tout s’est joué vite. Lui a été vacciné la veille. « »Il y a du Pfizer! » J’ai dit, « on y va! » J’ai foncé. J’ai pris mes parents.»

«Et je suis impatient de faire la deuxième dose pour être tranquille dans ma tête!», lance-t-il, rieur.

Cet enthousiasme encourage les responsables de la campagne de vaccination au Stade de France. Mais il masque aussi une réalité : ceux qui font la queue ces jours-ci n’ont pas eu besoin d’être convaincus.

«C’est vrai que, pour l’instant, on est en lien avec tous ceux qui sont volontaires à la vaccination», admet Katy Bontinck, première adjointe à la Santé pour la Ville de Saint-Denis.

Mais doucement, poursuit-elle, «on commence à aller vers ceux qui peuvent avoir plus de réticences, qui se posent des questions, voire qui y sont vraiment opposés».

Photo prise devant le Stade de France, transformé en usine à vacciner. Environ 2000 personnes s'y font immuniser chaque jour.

© Yanik Dumont Baron/Radio-Canada Photo prise devant le Stade de France, transformé en usine à vacciner. Environ 2000 personnes s’y font immuniser chaque jour.

Convaincre les réticents est essentiel si la France veut atteindre l’immunité collective, estimée à 60 %, voire 70 % de sa population.

Les récents sondages indiquent qu’au moins six Français sur dix sont prêts à se faire immuniser, à condition de pouvoir choisir leur vaccin. Autant dire que l’immunité collective ne pourra pas être atteinte sans une partie de ceux qui hésitent.

La chasse aux volontaires

Saint-Denis est située dans le département français le plus touché par cette troisième vague de contaminations. Conscientes du défi, les autorités ont imaginé des méthodes pour retracer ceux qui hésitent à se faire vacciner et ceux qui n’en voient pas l’utilité.

Des employés municipaux circulent dans les rues et dans les parcs de la ville, dépliants et tablette à la main. Leur mission est d’identifier des volontaires admissibles à la vaccination et de leur prendre un rendez-vous sur-le-champ.

«Quand on donne un flyer avec un numéro de téléphone, explique Katy Bontinck, on peut rentrer chez soi et ne pas le faire.» La démarche vise autant les procrastinateurs que ceux qui ont des difficultés à prendre rendez-vous sur Internet.

Dans cette «chasse aux volontaires», Saint-Denis compte aussi sur une trentaine de commerçants. Des bénévoles qui croisent beaucoup de gens chaque jour et qui sont bien placés pour discuter d’immunisation.

Parmi eux, il y a le restaurateur Marc Boulanger. La répartie facile, il aime bien discuter.

Marc Boulanger, ambassadeur de la vaccination, dans son restaurant O Grand Breton, à Saint-Denis.

© Yanik Dumont Baron/Radio-Canada Marc Boulanger, ambassadeur de la vaccination, dans son restaurant O Grand Breton, à Saint-Denis.

Il n’aborde pas directement le sujet avec ses clients, mais attend qu’il vienne dans la conversation. «Je ne suis pas là pour vendre quelque chose, affirme-t-il. De toute façon, aujourd’hui, on ne parle que de ça…»

«Tu t’es fait vacciner, toi?», lance Rachel Wignall, l’épouse de Marc à un client. «Nah!», répond ce dernier, «j’attends de voir quel vaccin tuera le moins», laisse-t-il tomber, sourire en coin.

Un cynisme de comptoir, peut-être, mais qui démontre bien la difficulté de l’exercice. Pour convaincre, il faut discuter avec ceux qui ne font pas confiance aux politiciens ou à l’industrie pharmaceutique.

Et puis, il y a ceux qui ne voient pas l’utilité d’être protégés. Rachel Wignall en connaît plusieurs «qui ont été touchés par la COVID, mais pour qui ça s’est bien passé» et d’autres qui ne connaissent aucun malade.

Le flacon au bouchon rouge contient dix doses du vaccin d'AstraZeneca. Un médecin français doit le précommander, aller le chercher en pharmacie, le transporter dans un sac isotherme sans l’agiter et en le gardant à la verticale.

© Yanik Dumont Baron/Radio-Canada Le flacon au bouchon rouge contient dix doses du vaccin d’AstraZeneca. Un médecin français doit le précommander, aller le chercher en pharmacie, le transporter dans un sac isotherme sans l’agiter et en le gardant à la verticale.

La méfiance envers AstraZeneca

Pour convaincre les sceptiques, la France mise aussi sur leurs médecins de famille. Des gens comme Cristina Marbot, par exemple, qui tient un cabinet dans un quartier populaire et multiethnique du nord de la ville.

«D’une manière générale, on a envie de se faire vacciner», explique-t-elle dans son cabinet. «Mais [les gens] sont apeurés par les informations qui circulent et, parfois, par le manque d’informations.»

Ces jours-ci, les discussions tournent surtout autour du produit d’AstraZeneca. Il n’est vraiment pas apprécié en France. Mais c’est le seul que la docteure Marbot puisse offrir dans son cabinet.

Une dizaine de patients seront vaccinés en une seule journée cette semaine. Ce qui est très peu, considérant la quantité de personnes qui passent par son cabinet chaque mois.

Mais réunir ces dix volontaires demande beaucoup de travail. Il faut contacter au moins 20 patients et tenter de les convaincre.

La docteure Cristina Marbot tient un cabinet médical dans un quartier populaire du nord de Saint-Denis.

© Yanik Dumont Baron/Radio-Canada La docteure Cristina Marbot tient un cabinet médical dans un quartier populaire du nord de Saint-Denis.

«Je suis évidemment très inquiète, parce que cette campagne de vaccination a mal commencé», admet la docteure, qui souligne toutes les hésitations devant les produits d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson.

Autre problème : tous ceux qui sont disposés à se faire vacciner, mais qui ne sont pas admissibles pour l’instant en raison des règles françaises d’attribution des doses.

Pas évident de conserver la trace de ces volontaires pour les aviser au moment où ils seront admissibles.

«Ça nécessite évidemment des efforts importants pour ne pas les oublier, pour les relancer, pour les appeler, pour les convaincre, pour leur expliquer», souligne-t-elle.

Et justement, faute d’approvisionnement suffisant, la France ne peut permettre à tous de se faire vacciner avant, au moins, le mois de juin.

Avec Radio-Canada par Yanik Dumont Baron

Lutte contre le paludisme: des chercheurs développent un nouveau vaccin efficace à 77%

avril 26, 2021

Des chercheurs américain et burkinabé de l’Université d’Oxford et des scientifiques de l’Institut de recherche en sciences de la santé du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST) ont déclaré être les premiers à atteindre l’efficacité vaccinale « impressionnante » de 77 %.

« L’efficacité vaccinale obtenue chez des enfants africains réalise l’objectif de 75 % spécifié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) », précise un communiqué conjoint des deux centres de recherche publié le 24 avril, par le ministère burkinabè de la Santé.

Le vaccin R21/Matrix-M a été testé auprès de quatre cent-cinquante enfants du Burkina Faso. Il affiche un « bon profil d’innocuité » qui a été bien toléré ainsi qu’un « excellent potentiel de fabrication à grande échelle et d’approvisionnement à faible coût », ont assuré les chercheurs. L’étude va maintenant faire l’objet d’essais à grande échelle.

Pour avoir une autorisation de vaccination à grande échelle, ces derniers ont lancé le recrutement de quatre mille huit-cents participants âgés de cinq à trente-six mois dans quatre pays africains (Burkina Faso, Kenya, Mali et Tanzanie).

« Ce sont des résultats impressionnants montrant des niveaux d’efficacité sans précédent d’un vaccin qui a été bien toléré dans notre programme d’essais clinique. Nous attendons avec impatience la prochaine étape, qui est l’essai clinique de phase II, pour confirmer avec des données à grande échelle les résultats d’innocuité et d’efficacité d’un vaccin qui est hautement indispensable pour le contrôle du paludisme dans notre région », a déclaré Halidou Tinto, professeur en parasitologie, directeur régional de I’IRSS a Nanoro, et investigateur principal de l’essai.

Pour Adrian Hil, directeur du Jenner Institute, titulaire de la chaire de professeur en vaccinologie, Lakshmi Mittal and Family à l’université d’Oxford et co-auteur du document de recherche, « ces nouveaux résultats soutiennent nos grandes attentes quant au potentiel de ce vaccin, qui, à notre avis, est le premier à atteindre l’objectif de l’OMS d’un vaccin contre le paludisme avec une efficacité d’au moins 75% ».

« Avec l’engagement de notre partenaire commercial, le Serum Institute of India, de fabriquer au moins deux cents millions de doses par an dans les années à venir, ce vaccin a le potentiel d’avoir un impact majeur sur la santé publique s’il venait à être homologué », a-t-il ajouté.

Le Pr. Charlemagne Ouédraogo, ministre de la Santé du Burkina Faso, a souligné que le paludisme est l’une des principales causes de mortalité infantile en Afrique.

« Nous avons soutenu les essais cliniques d’une gamme de nouveaux Vaccins candidats au Burkina Faso et ces nouvelles données montrent que l’homologation d’un nouveau vaccin antipaludique très utile pourrait bien se réaliser dans les années à venir. Ce serait un nouvel outil extrêmement important pour contrôler le paludisme et sauver de nombreuses vies », a-t-il expliqué.

La Covid-19 monopolise l’attention mondiale

La crise sanitaire de Covid-19 a monopolisé l’attention mondiale, faisant craindre un relâchement des efforts contre le paludisme.

« Eviter que la lutte contre le paludisme ne soit victime de la Covid-19 ». C’est l’objectif des experts du partenariat Roll Back Malaria(RBM),  impliqués dans les efforts visant à combattre cette maladie infectieuse propagée par les piqûres de moustiques.

Signalons que le partenariat RBM est la plateforme mondiale de coordination des actions de lutte contre le paludisme. Il mobilise les efforts et les ressources et forge un consensus entre les partenaires. Il a été lancé en 1998 par l’OMS, l’Unicef, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Banque mondiale, en vue d’apporter une réponse coordonnée pour faire face à la maladie dans le monde entier.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a souligné que la perturbation des traitements antipaludéens causée par la pandémie de Covid-19 pourrait entraîner des dizaines de milliers de décès supplémentaires.

« Il est donc primordial de continuer de lutter contre le paludisme sur le continent, malgré la pandémie de Covid-19 », a rappelé le Dr Moumouni Kinda, directeur général d’une ONG médicale qui agit sur le terrain en Afrique centrale et de l’ouest pour prévenir des effets de cette maladie. Depuis un an, l’OMS a enregistré une hausse de la mortalité liée au paludisme de dix-neuf mille à cent mille personnes en Afrique subsaharienne.

Certains chercheurs travaillent sur l’élaboration de nouveaux médicaments (la trithérapie). Un traitement à base de trois molécules, dont les essais sont actuellement menés sur mille six-cents enfants de moins de cinq ans dans plusieurs pays (Mali, Ghana, Gabon, Bénin…). Comme les médicaments combinés existent déjà sur le marché, le coût de cette nouvelle trithérapie serait abordable pour le continent africain.

Selon l’OMS, le paludisme tue plus de quatre cent mille personnes chaque année, dont de nombreux enfants, en Afrique subsaharienne. Au Burkina Faso, cette maladie est la première cause des hospitalisations et a tué près de quatre mille personnes en 2020, selon les données officielles.

Avec Adiac-Congo par Yvette Reine Nzaba

Les États-Unis et l’Union européenne vont apporter leur soutien à l’Inde

avril 25, 2021

Les États-Unis sont profondément préoccupés par l’augmentation massive des cas de coronavirus en Inde et prévoient de déployer rapidement un soutien supplémentaire au gouvernement indien et aux travailleurs de la santé, a déclaré samedi une porte-parole de la Maison-Blanche.

Un agent de santé recueille un échantillon sur écouvillon d'une femme dans une gare routière, à New Delhi, en Inde, le 16 mars 2021.

© Anushree Fadnavis/Reuters Un agent de santé recueille un échantillon sur écouvillon d’une femme dans une gare routière, à New Delhi, en Inde, le 16 mars 2021.

«Nous sommes en conversation active à des niveaux élevés et prévoyons de déployer rapidement un soutien supplémentaire au gouvernement indien et aux travailleurs de la santé indiens qui luttent contre cette dernière vague de l’épidémie. Nous aurons plus d’informations à partager très bientôt», a indiqué la porte-parole à Reuters dans un courriel.

Washington est de plus en plus pressé de faire davantage pour aider l’Inde, la plus grande démocratie du monde et un allié stratégique dans les efforts du président Joe Biden pour contrer la Chine, alors qu’elle est aux prises avec une augmentation record des infections au coronavirus.

Bruxelles active son mécanisme de protection civile

L’Union européenne (UE) va fournir une «assistance» à l’Inde en activant son Mécanisme européen de protection civile, a annoncé dimanche sur Twitter la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Institué en 2001, ce mécanisme permet aux États membres de l’UE participants de coordonner leur aide et de déployer des moyens dans le monde entier en cas de situation d’urgence de grande ampleur à laquelle ne peut pas faire face seule la protection civile d’un pays.

Plus tôt, la chancelière allemande Angela Merkel a, elle aussi, déclaré que son gouvernement se préparait à fournir une aide d’urgence à l’Inde, sans toutefois préciser la nature de l’aide en question.

« Où commencent les droits universels, après tout? Ils commencent près de chez soi, en des lieux si proches et si petits qu'on ne peut les voir sur aucune carte du monde [...] Si dans ces lieux les droits n'ont pas de sens, ils n'en ont guère ailleurs. Sans l'action de citoyens engagés pour les faire respecter dans leur entourage, nous ne verrons pas de progrès à l’échelle du monde. »– Eleanor RooseveltAvez-vous déjà pensé à vos droits fondamentaux? Quels sont-ils? Comment ont-ils été acquis, et comment les conserver? L'histoire nous a montré que les droits humains fondamentaux peuvent être retirés, compromis ou complètement ignorés s'ils ne sont pas défendus par des lois, des actions civiles et, dans de nombreux cas, par des luttes. Si le sujet des droits de la personne peut unir des personnes qui vivent aux quatre coins de la planète, il peut aussi mettre en évidence les disparités qui existent dans les libertés accordées aux différents peuples, en fonction des lois de leurs États-nations. Si vous jetez un coup d'œil à l'article 1 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, vous comprendrez pourquoi les manifestations, les marches et les débats publics animés concernant les droits humains fondamentaux sont nécessaires et plus fréquents aujourd'hui et plus que jamais. Cet article précise : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » À la suite des atrocités de la Seconde Guerre mondiale, la Déclaration, adoptée en 1948 par les Nations unies (ONU), alors nouvellement constituées, recense 30 droits et libertés de la personne. L’ONU a été instituée par les représentants de ses 50 États membres, sous l’impulsion d'Eleanor Roosevelt.Nous avons beaucoup progressé en tant que société depuis l'introduction de cette déclaration, notamment en ce qui concerne le droit de vote, la propriété et l'éducation. Cependant, force est de constater que les droits humains, considérés comme acquis par beaucoup de personnes privilégiées qui partent du principe qu'ils nous sont donnés à la naissance, se sont transformés en droits civils exigeant une action civique. Comme le suggère Roosevelt dans la citation ci-dessus, ces « droits humains » doivent être revendiqués. Il est de notre devoir civique d’agir pour défendre les droits et libertés universels énoncés dans cette déclaration.Dans la suite de cette galerie, vous trouverez 20 droits et libertés universels pour lesquels les gens ont dû se battre, y compris des problèmes sociaux et des droits humains à propos desquels les militants et les communautés continuent de lutter aujourd'hui.

Le gouvernement indien a déployé des avions et des trains militaires pour acheminer à Delhi l’oxygène dont les hôpitaux ont besoin.

Il a également prolongé le confinement à New Delhi, la ville la plus touchée par la COVID-19 en Inde.

«Nous avons décidé de prolonger d’une semaine le confinement», a annoncé le ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal. «Les ravages du coronavirus se poursuivent et il n’y a pas de répit», a-t-il dit.

Des patients atteints de la COVID-19 partagent un lit au service des urgences de l'hôpital Lok Nayak Jai Prakash Narayan de New Delhi.

© Danish Siddiqui/Reuters Des patients atteints de la COVID-19 partagent un lit au service des urgences de l’hôpital Lok Nayak Jai Prakash Narayan de New Delhi.

L’Inde a fait état de 349 691 cas supplémentaires dimanche, pour un total de 16,96 millions de cas, dont 192 311 décès, a indiqué le ministère de la Santé.

Le pays de 1,3 milliard d’habitants est au bord d’une catastrophe humanitaire, a averti Ashish Jha, doyen de l’école de santé publique de l’université Brown, dans une tribune publiée samedi dans le Washington Post.

Selon lui, quelque 2000 personnes meurent chaque jour, mais la plupart des experts estiment que le nombre réel est cinq à dix fois supérieur.

Les responsables des deux pays sont engagés à différents niveaux pour assurer «la production des vaccins contre la COVID-19 en Inde», a déclaré à Reuters un porte-parole de l’ambassade indienne à Washington.

Avec CBC/Radio-Canada

Un milliard de vaccins anti-Covid, vers une sortie du cauchemar pandémique

avril 24, 2021

Le 8 décembre 2020, Margaret Keenan roule la manche de son tee-shirt à pingouin de Noël. Sous les applaudissements, la nonagénaire britannique reçoit sa première dose de vaccin anti-Covid.

Le Hongrois Laszlo Cservak se fait vacciner à Budapest, le 25 février 2021 en Hongrie

© ATTILA KISBENEDEK Le Hongrois Laszlo Cservak se fait vacciner à Budapest, le 25 février 2021 en Hongrie

Cinq mois après cette première occidentale (la Chine avait entamé sa campagne dès l’automne), un milliard de doses ont été dispensées en une ou deux injections individuelles. La douzaine de vaccins mis au point en à peine plus d’un an est en train de sortir les pays les mieux nantis du cauchemar pandémique.

 Des employés en tenue de protection enterrent des victimes du Covid-19, le 17 avril 2021 à Sao Paulo, au Brésil

© Miguel SCHINCARIOL Des employés en tenue de protection enterrent des victimes du Covid-19, le 17 avril 2021 à Sao Paulo, au Brésil

Cette victoire d’étape sur le coronavirus, qui a tué trois millions d’humains et mis la planète à l’arrêt, reste encore à confirmer face aux nouveaux variants, dont on ignore précisément le degré de résistance aux vaccins, et à la forte inégalité vaccinale entre riches et pauvres qui altère l’idée même d’immunité collective.

La Britannique Margaret Keenan reçoit la première dose du vaccin Pfizer/BioNtech, le 8 décembre 2020 à l'hôpital de Coventry, au Royaume-Uni

© Jacob King La Britannique Margaret Keenan reçoit la première dose du vaccin Pfizer/BioNtech, le 8 décembre 2020 à l’hôpital de Coventry, au Royaume-Uni

Depuis la rieuse Margaret, qui s’avouait « privilégiée » sous l’aiguille, c’est par millions que les épaules se dénudent pour recevoir le précieux sésame avec l’espoir de revoir ses proches, reprendre son activité, sortir, voyager. Revivre, tout simplement.

– La vie d’avant –

« Je suis venu ici pour retrouver ma vie d’avant », s’enthousiasmait en février Laszlo Cservak, 75 ans, en attendant son tour dans un centre de Budapest. 

Après quelques ratés, sur la taille des seringues et celle des congélateurs pour conserver à -70°C les vaccins à ARN messager de Pfizer-BioNtech et Moderna, la machine à piquer s’est rodée et file maintenant à la vitesse de l’éclair.

Stades, cathédrales, écoles, pharmacies, on vaccine partout, à tour de bras et à toute heure ou presque. Au Texas, Mary Donegam attend son tour dans la voiture de sa fille sur un parking, vitre baissée: « j’ai 89 ans et demi et je ne veux pas mourir jeune! », lance-t-elle.

Champion toutes catégories, Israël fête sa liberté retrouvée aux terrasses des cafés. 

En échange d’un accès rapide à des millions de doses, le pays a offert à Pfizer les données médicales de l’effet du vaccin sur sa population: depuis décembre, 80% des Israéliens de plus de 20 ans ont reçu leurs deux doses et le pays autorise désormais à tomber le masque en public.

Résultat : la semaine passée, 39 morts ont été recensés en Israël, soit 10 fois moins que lors de la semaine la plus meurtrière en janvier (407 morts entre le 25 et le 31 janvier).

Les Etats-Unis suivent de près: après avoir connu l’an passé l’enfer des hôpitaux de campagne dans Central Park, ils ont ouvert lundi la vaccination « à tous » les âges. Et la moitié des Américains ont déjà reçu au moins une injection.

Cartes du monde montrant les pays et territoires ayant entamé leur campagne de vaccination et les différents vaccins administrés, selon un bilan de l'AFP basé sur les données officielles, au 9 avril

© Gal ROMA Cartes du monde montrant les pays et territoires ayant entamé leur campagne de vaccination et les différents vaccins administrés, selon un bilan de l’AFP basé sur les données officielles, au 9 avril

Performance égalée, à son échelle, par le Royaume-Uni avec la moitié des Britanniques (32 millions) « piqués » au moins une fois.

Comparativement, au premier trimestre 2021, l’Union européenne avait reçu 107 millions de doses, tous vaccins confondus, pour une population de 446 millions d’habitants.

 Des Israéliens à la plage, sans masque de protection, le 19 avril 2021 à Tel-Aviv

© menahem kahana Des Israéliens à la plage, sans masque de protection, le 19 avril 2021 à Tel-Aviv

Un retard relativisé par la patronne de la Commission européenne, Ursula Van der Leyen, qui maintient son objectif: « vacciner 70% des adultes européens d’ici l’été ».

– Revers et contre-performances –

Les plans de campagne des dirigeants de l’UE ont été contrecarrés, il est vrai, par les contre-performances du vaccin européen AstraZeneca: après des difficultés de production, qui ont conduit en février Bruxelles au bord de la crise de nerfs, de rares cas de thromboses, certains mortels, repérés début mars ont altéré la confiance des patients et des autorités.

Des boîtes du vaccin Johnson & Johnson en mars 2021 à Boston

© Joseph Prezioso Des boîtes du vaccin Johnson & Johnson en mars 2021 à Boston

Plusieurs pays ont suspendu temporairement l’usage du vaccin anglo-suédois sur lequel comptaient aussi de nombreux pays africains, puis en ont restreint l’usage à certaines tranches d’âge. Le Danemark y a carrément renoncé.

Première livraison de vaccins contre le Covid-19, via le système Covax, à l'aéroport d'Accra, le 24 février 2021 au Ghana

© Nipah Dennis Première livraison de vaccins contre le Covid-19, via le système Covax, à l’aéroport d’Accra, le 24 février 2021 au Ghana

Puis le vaccin américain de Johnson & Johnson a connu les mêmes revers avec l’apparition de caillots sanguins chez certains patients. Des cas ultra-limités, mais qui conduisirent de nouveau à appuyer sur « pause ». Finalement, l’agence européenne du médicament a jugé, là encore, que les bénéfices dépassaient les risques.

Un centre de vaccination contre le Covid-19, le 13 mars 2021 à Seattle, dans l'Etat de Washington

© Jason Redmond Un centre de vaccination contre le Covid-19, le 13 mars 2021 à Seattle, dans l’Etat de Washington

Mais au moment où l’économie américaine redémarre en fanfare, ces retards à l’injection accumulés par l’UE, avec des confinements à rebonds, pourraient coûter 123 milliards d’euros aux Vingt-Sept, selon l’assureur-crédit Euler-Hermes.

Pourtant, malgré quelques atermoiements initiaux attisés par des thèses complotistes – le vaccin anti-Covid accusé d’inoculer la 5G …- la fébrilité vaccinale s’est bel et bien emparée des populations, qui restent cependant très inégalement servies selon les continents.  

Ainsi, le Yémen ou la Libye, deux pays en guerre, viennent tout juste de recevoir leurs premiers vaccins. Et, selon le directeur pour l’Afrique des Centres de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), le Dr John Nkengasong, le continent est aujourd’hui « dans une impasse ».

– Diplomatie du vaccin –

Les 55 États de l’Union africaine (UA) ont reçu 35 millions de doses, pour une population estimée à 1,2 milliard. Résultat, insiste le patron de l’Organisation mondiale de la Santé Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans les pays riches, une personne sur quatre est vaccinée, contre une sur 500 dans un pays pauvre.

Cette inégalité vaccinale risque de coûter cher.

Malgré le programme Covax, partenariat public-privé géré par l’OMS qui doit garantir l’égalité d’accès aux vaccins, des difficultés de financement ont limité au 15 avril les livraisons à environ 38 millions de doses à 113 pays. 

Par solidarité avec les plus démunis, la jeune militante du climat Greta Thunberg a annoncé qu’elle refusait de se faire vacciner et offert 100.000 euros à Covax.

La Chine et la Russie s’activent de leur côté sur le front de la « diplomatie du vaccin », nouvelle version du « soft power » à coup de seringues. Pékin, en première ligne, multiplie les annonces de dons, faisant de la Serbie la championne de la vaccination anti-Covid en Europe!

Mais plus personne ne parie sur une « immunité collective » d’ici la fin de l’année. Car pendant que les Californiens retrouvent – « la larme à l’oeil », confie Lucia, quadragénaire de Los Angeles – les parcs d’attraction, en Inde les crématoriums peinent à absorber les 2.000 morts quotidiens et au Brésil, on enterre jour et nuit dans le plus grand cimetière de Sao Paulo.

Avec AFP par bur-ach/abb/am/at

Coronavirus/Inde: Un incendie dans un hôpital fait 12 victimes

avril 23, 2021

 CORONAVIRUS/INDE: UN INCENDIE DANS UN HÔPITAL FAIT 12 VICTIMES

© Reuters/FRANCIS MASCARENHAS

BOMBAY (Reuters) – Un incendie s’est déclaré vendredi dans un hôpital indien dans lequel des patients étaient soignés pour des infections au COVID-19, faisant douze victimes, a annoncé un responsable des pompiers.

« Douze personnes sont mortes dans l’incendie, selon les informations dont nous disposons actuellement », a déclaré le responsable des pompiers.

L’incendie s’est déclaré dans une unité de soins intensifs dans un hôpital de la banlieue de Bombay.

Il s’agit du dernier accident en date à frapper un établissement où se trouvent des personnes infectées par le coronavirus en Inde.

Mercredi, 22 patients atteints du COVID-19 sont décédés dans un hôpital public de l’État du Maharashtra lorsque leur alimentation en oxygène s’est épuisée à la suite d’une fuite de réservoir.

Avec Reuters par (Shilpa Jamkhandikar et Neha Arora; version française Camille Raynaud)