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Vaccin Mosquirix : « Le paludisme ne sera plus la première cause de décès chez les enfants »

octobre 12, 2021
Vaccination antipaludique à Yala, au Kenya, en octobre 2021 © A health worker prepares a malaria vaccination for a child at Yala Sub-County hospital, in Yala, Kenya, on October 7, 2021. – World Health Organization (WHO) approved using the malaria vaccine, Mosquirix, on children between 5-month to 5-year old in sub-Saharan Africa and other parts with moderate to high malaria transmission after the malaria vaccine implementation programme (MVIP) in Ghana, Kenya, and Malawi since 2019. © BRIAN ONGORO/AFP

Le 6 octobre, l’OMS a décidé de recommander l’administration d’un premier vaccin antipaludique aux enfants du continent. Entretien avec le Pr Alassane Dicko, qui a dirigé les tests au Mali.

C’est un moment qualifié d’ « historique » par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanon Ghebreyesus. Ce 6 octobre, son organisation a décidé de recommander l’administration du vaccin antipaludique « Mosquirix » aux enfants du continent. Dès 2015, l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait délivré un « avis scientifique positif » sur le vaccin RTS,S/AS01, sur lequel les laboratoires GlaxoSmithKline (GSK) travaillaient depuis plusieurs décennies, après qu’une étude clinique avait été réalisée dans sept pays africains et que les résultats avaient été publiés dans The Lancet. Mais a l’époque, l’OMS avait jugé les éléments en sa possession insuffisants, demandant aux promoteurs du sérum des données complémentaires sur la façon optimale d’utiliser le vaccin.

Une phase de vaccination « pilote » a donc été menée, à partir de 2017, au Kenya, au Ghana et au Malawi, tandis qu’une autre série de tests était menée au Burkina Faso et au Mali, en collaboration avec la London School of Hygiène and Tropical Médecine. Et les résultats observés ont été publiés en août dernier dans la revue The New England Journal of Medecine, motivant la décision de l’OMS.

Au Mali, les recherches étaient centralisées au Malaria Research and Training Center (MRCT), de renommée mondiale, dont les équipes installées à Bougouni et à Ouelessebougou, dans la région de Sikasso, étaient dirigées par Alassane Dicko, assisté de Issaka Sagara. Le professeur, lauréat en 2017 de l’Africa Prize pour ses recherches sur le paludisme, a répondu aux questions de Jeune Afrique sur cette découverte qui devrait sauver des milliers de vie chaque année sur le continent.

COMME LE COVID-19, LE PALUDISME MÉRITE DES DÉCISIONS URGENTES

Jeune Afrique : Comment avez-vous accueilli la décision de l’OMS de donner une recommandation pour l’utilisation du vaccin antipaludique ?

Pr Alassane Dicko : Nous étions convaincus de la qualité des résultats. L’OMS semble avoir tiré les leçons du Covid-19 : on a rapidement trouvé un vaccin, les mécanismes pour le déployer et des décisions politiques appropriées ont été prises aussitôt. Le paludisme mérite aussi des décisions urgentes. On ne doit pas laisser les enfants africains mourir s’il y a une solution qui est disponible, comme celle que nous venons de trouver. Il faut désormais déployer ce vaccin.

Les résultats sont-ils conformes à ce que vous espériez ?

Les résultats vont au-delà des espérances. On ne s’attendait pas à un impact aussi important. Le vaccin permet une réduction de l’ordre de 70 % des formes sévères et de 73 % des décès si on le combine avec la chimio-prévention. C’est extraordinaire, on n’a pas eu de progrès aussi importants en vingt ans de lutte. Malgré tous les outils que nous avons largement déployés – le CTA [combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine], les moustiquaires imprégnées d’insecticides, la CPS –, le paludisme continue à être la première cause d’hospitalisation et de décès des enfants en Afrique. Selon les résultats que nous venons de produire, cela ne sera plus le cas grâce à ce vaccin.

Le vaccin a une certaine efficacité pendant quelques mois, puis celle-ci baisse. Nous aurons donc le maximum d’impact en l’administrant au début de la saison de transmission du paludisme – près de 80% des cas surviennent entre juillet et novembre. C’est comme cela qu’on aura le maximum d’impact.

CERTAINS PARTENAIRES CESSENT DE SOUTENIR LES CAMPAGNES DE LUTTE AU MALI, NOTAMMENT DANS LE NORD DU PAYS

Quelle est l’efficacité du vaccin par rapport à la chimio-prévention ?

Avec le RTS,S, les accès de paludisme sont réduits de 63% par rapport à la CPS. C’est important pour le continent. Il y a une bande en Afrique australe où la CPS ne fonctionne pas parce que les parasites sont résistants aux médicaments. Il faut introduire une vaccination saisonnière dans ces régions. Mais il faut toujours maintenir la chimio-prévention. Car nous n’avons pas encore le vaccin idéal. Les recherches continuent pour trouver des améliorations.

Avez-vous déjà une visibilité sur ces possibles améliorations ?

À Bougouni et Ouelessebougou, on est en train de tester un autre vaccin, qui s’appelle R21, un « cousin proche » de RTS,S. Nous sommes à la phase 3 d’évaluation et nous espérons que ce vaccin va venir s’ajouter à l’arsenal disponible. Comme on l’a vu avec le Covid-19, c’est important d’avoir plusieurs sources de vaccin contre le paludisme.

Quels sont les défis que doit aujourd’hui relever le Mali dans la lutte contre le paludisme ?

Le combat contre les maladies comme le paludisme est une course de fonds et non de vitesse. Le problème, c’est que certains de nos partenaires cessent de soutenir les campagnes de lutte, notamment dans le nord du pays. Avec le Programme national de lutte contre paludisme, nous avons initié une rencontre pour voir comment engager certaines sociétés privées susceptibles de collaborer avec nous. Si nous ne faisons pas ça, nous reviendrons à la case départ. Parce que c’est une maladie infectieuse, qui va continuer à se propager.

Avec jeune Afrique par Bokar Sangaré

Mort à 85 ans de A.Q. Khan, père de la bombe atomique au Pakistan

octobre 10, 2021
Mort a 85 ans de A.Q. Khan, pere de la bombe atomique au Pakistan
Mort à 85 ans de A.Q. Khan, père de la bombe atomique au Pakistan© AFP/Archives/Aamir QURESHI

Abdul Qadeer Khan, père de la bombe atomique au Pakistan et héros national pour ses admirateurs, est mort dimanche à 85 ans, après avoir été testé positif au Covid-19 et hospitalisé plusieurs fois depuis août.

Le scientifique pakistanais, admiré pour avoir fait du pays la première puissance nucléaire islamique mais accusé d’avoir diffusé illégalement des technologies vers l’Iran, la Corée du Nord et la Libye, est mort après avoir été transféré à l’hôpital KRL d’Islamabad pour des problèmes pulmonaires, selon la télévision publique PTV.

Le Dr Khan avait déjà été hospitalisé dans cet établissement en août après avoir été testé positif au Covid, puis renvoyé chez lui, avant que son état ne se dégrade dimanche matin, a précisé la chaîne.

Le Dr Khan avait gagné son statut de héros national en mai 1998 lorsque la République islamique du Pakistan est devenue officiellement une puissance atomique militaire, grâce à des essais conduits quelques jours après ceux de l’Inde, l’éternelle rivale.

Sa mort a généré une vague de tristesse à travers le pays.

« Je suis profondément attristé par le décès du Dr A.Q. Khan », a déclaré sur Twitter le Premier ministre Imran Khan, soulignant à quel point le scientifique nucléaire était admiré au Pakistan pour « sa contribution cruciale à faire de nous un Etat doté de l’arme nucléaire ».

« Pour le peuple pakistanais, il était une icône nationale », a-t-il ajouté.

Les funérailles du Dr Khan se sont déroulées dimanche à la grande mosquée Faisal d’Islamabad. Quelques heures après l’annonce de sa mort, une pelle mécanique orange a commencé à préparer sa tombe, alors que des fidèles arrivaient dans la mosquée géante, la 6ème plus grande au monde.

Une pluie drue a commencé à tomber au moment où le cercueil, couvert du drapeau national, est apparu, entre une mer de parapluies noirs.

Le cercueil a été conduit sous une tente où l’attendaient sa famille et les officiels, sous haute protection. Plusieurs milliers de personnes se pressaient aux alentours.

« Sauvé le pays »

Le Dr Khan était admiré pour avoir permis au Pakistan de rivaliser avec l’Inde dans le domaine du nucléaire. Mais en février 2004, il a été placé en résidence surveillée à Islamabad, accusé d’avoir diffusé illégalement des technologies dans les années 1990.

En février 2004, il a admis à la télévision s’être livré à des activités de prolifération, avant de revenir sur ses déclarations et d’obtenir le pardon du président de l’époque, le général Pervez Musharraf.

« J’ai sauvé le pays pour la première fois quand j’ai fait du Pakistan un Etat doté du nucléaire et je l’ai encore sauvé quand je l’ai admis et en ai pris l’entière responsabilité », a déclaré le Dr Khan a l’AFP dans une interview en 2008.

En 2009, un tribunal avait prononcé la fin de son placement en résidence surveillée. Depuis, il était resté soumis à une protection ultra-rapprochée.

Né le 1er avril 1936 dans la ville indienne de Bhopal, onze ans avant la partition sanglante de l’Empire britannique des Indes, le Dr Khan est également responsable du programme de développement de missiles de son pays.

Diplômé en sciences à l’université de Karachi en 1960, il est parti compléter sa formation à Berlin, puis aux Pays-Bas et en Belgique.

Sa principale contribution au programme nucléaire pakistanais a été la conception de centrifugeuses, qui ont permis d’enrichir l’uranium afin de le porter à un taux de concentration permettant la fabrication d’armes.

Il a été accusé d’avoir volé cette technologie aux Pays-Bas, pendant qu’il y travaillait pour le consortium Urenco. A son retour au Pakistan, le Premier ministre de l’époque Zulfikar Ali Bhutto l’a désigné pour diriger le programme national d’enrichissement d’uranium.

En 1978, son équipe est parvenue à l’enrichir et en 1984 ils étaient prêts à faire exploser leur première bombe atomique, a révélé plus tard le Dr Khan.

Il a admis en 1990 qu’il s’était procuré les éléments nécessaires à l’étranger. « Il ne nous était pas possible de tout fabriquer dans le pays », a-t-il justifié.

Après les premiers essais atomiques en 1998, en réponse à ceux de l’Inde, le Dr Khan a assuré que son pays « ne voulait pas développer des armes nucléaires. Il a été forcé de le faire ».

Aucune des controverses qui ont jalonné sa carrière n’a entamé sa popularité au Pakistan. Des écoles, des universités, des hôpitaux portent son nom et son portrait illustre des affiches, des objets et des sites internet.

Par Le Point avec AFP et bur-nl-eb-mm/sg

Une chimie écolo, la « plus grande fierté » du Nobel David MacMillan

octobre 6, 2021

L’Américano-britannique David MacMillan a été récompensé mercredi du prix Nobel de chimie pour l’élaboration d’une nouvelle technique permettant de fabriquer des molécules de façon respectueuse de l’environnement, sa « plus grande fierté ».

David MacMillan, qui a remporté le prix Nobel de chimie, sur une photographie datant de 2012 fournie par l'université de Princeton

© Denise APPLEWHITE David MacMillan, qui a remporté le prix Nobel de chimie, sur une photographie datant de 2012 fournie par l’université de Princeton

Il a répondu* aux questions de l’AFP quelques heures après l’annonce du jury, depuis le New Jersey où il vit et travaille à l’université de Princeton, tout en n’oubliant pas ses origines: « Je dis toujours aux gens que je suis Ecossais », a-t-il souligné dans un sourire.

– Comment avez-vous appris avoir remporté le Nobel? –

Benjamin List (qui a également remporté le Nobel avec M. MacMillan mercredi, ndlr), m’a envoyé un message à 05H30 ce matin, et j’ai vraiment pensé que c’était une blague. Je lui ai dit, « c’est juste une blague », et je me suis rendormi. Environ 20 minutes plus tard, mon téléphone n’arrêtait pas de vibrer. Je suis descendu à la cuisine et j’ai vu ma photo à la Une du site du New York Times. Je suis quasiment tombé de ma chaise.

J’étais extrêmement surpris, je ne m’y attendais vraiment pas. Je suis très heureux, comme vous pouvez l’imaginer.

– En quoi votre découverte a-t-elle changé la donne? –

Les réactions chimiques constituent tout ce qui se trouve autour de nous, les médicaments, les matières… Et elles requièrent une catalyse (accélération de la réaction, ndlr). 

La catalyse réclamait en général beaucoup de choses toxiques. Quand vous mettez du métal dans l’océan ou l’eau, cela peut être toxique pour les animaux qui y vivent.

Il y a environ 23 ans, on a eu cette idée: pourquoi n’utiliserait-on pas le même type de molécules que l’on trouve dans notre corps? 

Ces molécules organiques se dégradent très rapidement dans la nature. On savait qu’elles seraient plus faciles à manipuler, à développer, et on savait aussi qu’elles seraient biodégradables, et ne poseraient donc pas de problème pour l’environnement. 

– Les applications sont multiples. De quoi êtes-vous le plus fier? –

Les gens utilisent (cette technique) pour faire des médicaments à très, très grande échelle. Et pour faire des médicaments pour tout le monde, vous devez en faire dans d’énormes quantités. Utiliser des catalyseurs qui permettent cela et soient en même temps respectueux de l’environnement est ma plus grande fierté. 

– A quoi attribuez-vous le succès de cette technique? –

Quand on a publié (les premiers résultats), ça a pris de façon incroyable. Ça s’est répandu et les gens ont commencé à l’adopter très rapidement, ce qui était très enthousiasmant. 

Aucun scientifique ne travaille en vase clos. C’est parce que la communauté scientifique a appuyé cette découverte, a commencé à l’utiliser et à inventer à partir de cela, que c’est devenu important. 

– C’était il y a 20 ans… Sur quoi travaillez-vous aujourd’hui? –

Nous travaillons toujours sur l’organocatalyse, mais en utilisant maintenant la lumière. Nous avons passé beaucoup de temps là-dessus. 

Ce travail est aujourd’hui très utilisé pour faire des médicaments et d’autres matériaux. Nous venons de commencer à l’appliquer en biologie. Nous sommes très enthousiastes.

*L’interview a été légèrement modifiée pour des questions de lisibilité.

Avec AFP par la/cjc

Prix Nobel de physique : Giorgio Parisi ou les clés du chaos

octobre 6, 2021

Son nom circulait depuis quelques jours pour le Nobel de physique. L’Italien Giorgio Parisi, 73 ans, vient de remporter le précieux prix scientifique aux côtés de deux experts de la modélisation du changement climatique, l’Américano-Japonais Syukuro Manabe et l’Allemand Klaus Hasselmann. Si on comprend immédiatement quels sont les apports des travaux de ces deux corécipiendaires, le domaine de recherche du scientifique transalpin, né à Rome en 1948 et récompensé « pour la découverte de l’interaction du désordre et des fluctuations dans les systèmes physiques, de l’échelle atomique à l’échelle planétaire », est, vous l’avez compris, autrement plus difficile à appréhender.

© ALBERTO PIZZOLI / AFP

Diplômé de l’université La Sapienza de Rome en 1970 à l’issue d’une thèse sur le boson de Higgs ? une particule supposée responsable de la masse de tout ce qui nous entoure ?, Giorgio Parisi, issu d’une famille aisée de la capitale italienne, est l’un des théoriciens les plus connus et les plus respectés des systèmes physiques complexes. Autrement dit des ensembles constitués d’un grand nombre d’entités en interaction et dont le comportement ne peut pas être déduit simplement du comportement de ses composants. « Dit comme ça, cela peut faire un peu peur, mais, concrètement il peut, par exemple, s’agir de comprendre les mouvements d’un banc de poissons ou le déplacement d’une colonie d’oiseaux à partir du comportement individuel de chacun de ces animaux », nous explique patiemment son confrère, le physicien Bernard Derrida du laboratoire de physique de l’École normale supérieure, professeur au Collège de France.

Des outils pour penser le chaos

Parce qu’ils sont caractérisés par le désordre et par l’aléatoire, ces systèmes sont particulièrement difficiles à comprendre, et c’est pour sa contribution à leur description et à la prédiction de leur comportement à plus ou moins long terme que le physicien italien vient d’être distingué. Mais de la mécanique statistique à la matière condensée, de la physique des particules à la dynamique des fluides, des réseaux de neurones au système immunitaire, de la forme des tumeurs au mouvement des groupes d’animaux : le spectre de ses recherches est si large que même ses pairs peinent à résumer l’étendue de son ?uvre. Dans bien des domaines, Giorgio Parisi, qui a également reçu le prix Wolf de physique cette année, a contribué à l’élaboration d’outils intellectuels permettant de penser le chaos.

Ainsi sa brisure de symétrie des répliques permet-elle d’appréhender le comportement des systèmes complexes dits désordonnés, c’est-à-dire dans lesquels toutes les composantes ne sont pas identiques. « Cette approche qu’il a inventée a permis de mieux comprendre les propriétés des verres comme celles des réseaux de neurones et est également utilisée dans bien d’autres domaines, comme la génétique ou l’optimisation », souligne Bernard Derrida. Quant à l’équation KPZ qu’il a rédigée, en 1986, avec l’Iranien Mehran Kardar, installé aux États-Unis, et le Chinois Yi-Cheng Zhang de l’université suisse de Fribourg, elle montre comment les surfaces d’objets en train de croître fluctuent. « Or cette équation peut s’appliquer aussi bien aux contours d’une tumeur qu’aux fluctuations du trafic routier ! »

Loin de l’image du physicien théoricien vivant dans sa tour d’ivoire, Giorgio Parisi a touché à tout ce que sa science pouvait permettre d’expliquer, donnant du grain à moudre à de nombreux domaines, de la modélisation du climat aux mathématiques.

Avec AFP par Chloé Durand-Parenti 

Le prix Nobel de médecine remis à deux chercheurs pour la découverte de récepteurs

octobre 4, 2021

STOCKHOLM — Deux scientifiques basés aux États-Unis ont reçu lundi le prix Nobel de médecine pour leur découverte des récepteurs qui permettent aux humains de ressentir la température et le toucher.

© Fournis par La Presse Canadienne

David Julius et Ardem Patapoutian ont concentré leurs travaux dans le domaine de la somatosensation, c’est-à-dire la capacité d’organes spécialisés tels que les yeux, les oreilles et la peau à voir, entendre et sentir.

«Cela dévoile vraiment l’un des secrets de la nature», a déclaré Thomas Perlmann, secrétaire général du comité Nobel, en annonçant les lauréats. «C’est en fait quelque chose qui est crucial pour notre survie, c’est donc une découverte très importante et profonde.»

Le comité a expliqué que M. Julius, 65 ans, utilisait la capsaïcine, le composant actif des piments chilis, pour identifier les capteurs nerveux qui permettent à la peau de réagir à la chaleur.

M. Patapoutian a trouvé des capteurs sensibles à la pression dans les cellules qui répondent à la stimulation mécanique, a ajouté le comité.

Le couple avait partagé le prestigieux prix Kavli pour les neurosciences l’année dernière.

«Imaginez que vous marchez pieds nus dans un champ un matin d’été», a illustré Patrik Ernfors du comité Nobel. «Vous pouvez sentir la chaleur du soleil, la fraîcheur de la rosée du matin, une brise d’été caressante et la texture fine des brins d’herbe sous vos pieds. Ces impressions de température, de toucher et de mouvement sont des sensations reposant sur la somatosensation.

«Ces informations circulent en permanence depuis la peau et d’autres tissus profonds et nous relient au monde externe et interne. C’est également essentiel pour les tâches que nous effectuons sans effort et sans trop y penser», a ajouté M. Ernfors.

M. Perlmann a déclaré qu’il avait réussi à parler aux deux gagnants avant l’annonce.

«Je (…) n’ai eu que quelques minutes pour leur parler, mais ils étaient incroyablement heureux», a-t-il raconté. «Et pour autant que je sache, ils étaient très surpris et un peu sous le choc, peut-être.»

Le prix avait été décerné l’an dernier à trois scientifiques qui avaient découvert le virus de l’hépatite C qui ravage le foie, une percée qui a conduit à des remèdes contre la maladie mortelle et à des tests pour empêcher le fléau de se propager dans les banques de sang.

Le prix prestigieux est accompagné d’une médaille d’or et de 10 millions de couronnes suédoises (plus de 1,14 million $ US). L’argent du prix provient d’un legs laissé par son créateur, l’inventeur suédois Alfred Nobel, décédé en 1895.

Le prix est le premier à être décerné cette année. Les autres prix récompenseront des travaux exceptionnels dans les domaines de la physique, de la chimie, de la littérature, de la paix et de l’économie.

By The Associated Press

Cames: Le professeur Bertrand MBatchi est décédé

septembre 25, 2021

Le secrétaire général du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES), Bertrand Mbatchi n’est plus. L’information de son décès est tombée ce samedi 25 septembre 2021.

Deuil au sein du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES). L’institution a perdu son secrétaire général, le Professeur Bertrand Mbatchi. Il est mort ce samedi à Ouagadougou (siège de l’institution) des suites d’une maladie. Né à Pointe-Noire, d’origine vili, il avait pris la nationalité gabonaise.

Nommé Secrétaire général du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) le 1er août 2011 par le Conseil des Ministres du CAMES, pour un mandat de 5 ans, renouvelé en 2017, le Professeur Bertrand MBATCHI est titulaire d’un Doctorat d’État en biologie et physiologie végétales et d’un doctorat de 3e cycle en biologie et physiologie végétales obtenus à l’Université de Poitiers (France).

Enseignant-chercheur, au grade de Professeur Titulaire, le Professeur MBATCHI a aussi exercé les fonctions de Chef du département de biologie de la Faculté des Sciences de l’Université des Sciences et Techniques de Masuku à Franceville, au Gabon (USTM) de 1990 à 1991 et de Vice-recteur de l’USTM, de 1991 à 2006. Il a été Conseiller du Ministre gabonais de l’Enseignement supérieur, puis Secrétaire Général du Ministère gabonais de l’Enseignement supérieur. Il a présidé en 2010 les « États Généraux de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Adéquation Formation Emploi (EGERAFE) » au niveau du Gabon.

En tant que Secrétaire Général du CAMES, le Professeur Bertrand MBATCHI, es qualité Grand Chancelier de l’Ordre International des Palmes Académiques du CAMES (OIPA/CAMES) et Président de la Commission d’Éthique et de Déontologie du CAMES (CED/CAMES), incarne l’organe exécutif du CAMES. À ce titre, il a initié de nombreux chantiers, menés quasiment à termes qui replacent aujourd’hui le CAMES au premier rang des institutions panafricaines de référence en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, à travers l’élaboration du premier Plan stratégique de développement du CAMES, 2015-2019 puis 2020-2022.

Le Pr MBATCHI a présidé le réseau africain d’assurance qualité (AfriQAN) de 2017 à 2020.

Il est membre du Comité de pilotage du projet de l’Union Africain de mise en place du Cadre continental d’assurance qualité et du cadre continental de qualification de compétences et de professionnalisation. Il est aussi membres des Conseils d’administration de l’Université Senghor, Centre africain d’études supérieures en gestion (CESAG) et Centre Ouest Africain de Formation et d’Etudes Bancaires (COFEB).

En universitaire engagé dans la promotion de l’éducation, le Professeur MBATCHI est auteur de nombreuses publications et détenteurs de divers titres honorifiques décernés au Gabon et à l’international, notamment : Chevalier de l’Ordre de Étalon (Burkina Faso), Commandeur de l’Ordre National des Palmes académiques de l’Éducation du Gabon, Commandeur de l’Ordre National du Mérite Gabonais, Grand-Croix de l’Ordre International des Palmes Académiques (OIPA) du CAMES, Commandeur de l’Ordre du Mérite de l’Éducation Nationale de la Côte d’Ivoire, Commandeur de l’Ordre National des Palmes académiques du Togo et Commandeur dans l’Ordre du Mérite universitaire du Congo.

En diplomate averti, le Pr MBATCHI a élevé à la Dignité de Grand-Croix, en sa qualité de Grand Chancelier, plusieurs Chefs d’État et de Gouvernement dans l’Ordre International des Palmes Académiques du CAMES (OIPA/CAMES) pour leurs engagements et services rendus à l’enseignement supérieur.

Le Président du Conseil des Ministres et ses collègues ministres des 19 États membres du CAMES, expriment leurs condoléances les plus attristées à sa famille ainsi qu’à toute la communauté scientifique.

Professeur Adama DIAWARA

Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de Côte d’Ivoire, Président du Conseil des Ministres du CAMES

Par Cames avec BeninwebTV

Le Camerounais John Nkengasong, de l’Union africaine à l’administration Biden

septembre 24, 2021
John Nkengasong à Addis-Abeba, en 2019

Encore inconnu il y a deux ans, le virologue camerounais a acquis une renommée internationale en devenant l’un des piliers de la lutte contre le Covid en Afrique. Au point que Washington l’a choisi pour prendre la tête du programme américain de lutte contre le VIH.

Fin 2019, peu de gens connaissaient le docteur John Nkengasong en dehors de son Cameroun natal et des milieux médicaux américains. Né à Douala en 1959, ce diplômé en virologie de l’université de Yaoundé s’est spécialisé en médecine tropicale à Anvers avant de rejoindre, en 1993, l’OMS puis, rapidement, d’entrer dans le réseau américain des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), ce qui l’a amené à vivre de nombreuses années aux États-Unis mais aussi à travailler en Afrique, et en particulier à Abidjan. Avec, parmi ses spécialités, la lutte contre l’épidémie de VIH.

« Héros africain des temps modernes »

C’est donc un scientifique camerounais au profil très « américain » qui, en 2016, est appelé par l’Union africaine à prendre la direction de la toute nouvelle structure mise en place pour lutter à l’échelle continentale contre les grandes épidémies : l’Africa CDC. À Addis-Abeba, où siège la nouvelle institution, beaucoup louent le calme et le sens de la pédagogie du brillant scientifique. Mais s’il fait la fierté des Camerounais, John Nkengasong n’est pas encore une célébrité internationale.

Tout change début 2020, avec l’apparition du Covid-19. Si Tedros Adhanom Ghebreyesus, le patron de l’OMS et Matshidiso Moeti, la directrice du bureau africain de l’organisation, occupent la scène médiatique dès l’identification du virus en Chine, John Nkengasong et l’Africa CDC ne vont pas tarder à devenir familier aux oreilles de ceux qui s’intéressent au mystérieux coronavirus, avant même qu’il n’atteigne l’Afrique. Dès la fin février, le médecin camerounais évoque dans le Lancet une « menace imminente » qui pourrait avoir « un effet dévastateur » sur le continent. C’est d’ailleurs sans doute grâce à son insistance que l’UA parvient à réunir, le 22 février, les ministres africains de la Santé afin d’évoquer le problème et de commencer à discuter des moyens de protection et de riposte.

IL N’HÉSITE PAS À CONDAMNER L’ÉGOÏSME DES PAYS RICHES AU SUJET DE LA RÉPARTITION DES VACCINS

Aujourd’hui, le Dr Nkengasong fait partie des quatre ou cinq noms qui reviennent systématiquement lorsqu’on évoque la riposte africaine au Covid-19. Il figure dans la plupart des listes et classements de personnes les plus influentes du continent, y compris celui du Time, paru tout récemment, dans lequel Ngozi Okonjo-Iweala, également distinguée, le qualifie de « héros africain des temps modernes ». Le patron de l’Africa CDC est souvent la voix la plus audible, au point d’éclipser parfois celle des dirigeants de l’OMS, avec lesquels il prend toujours soin de préciser qu’il travaille main dans la main.

Débauché par Washington

Partisan de la fabrication en Afrique de matériel médical et de médicaments, favorable à la levée des brevets sur les vaccins – comme il le déclarait dans une interview à Jeune Afrique en janvier 2021 –, il ne mâche pas non plus ses mots pour condamner l’égoïsme des pays riches en ce qui concerne la répartition des vaccins et appelle à une remise à plat complète de la politique internationale en la matière.

C’est donc cet homme que, selon une indiscrétion du New York Times publiée le 21 septembre, l’administration américaine s’apprête à débaucher pour le mettre à la tête du PEPFAR, le programme gouvernemental américain de lutte contre le VIH (actif dans 50 pays, notamment en Afrique). La nomination n’a pas été officialisée à ce jour mais devrait intervenir très vite. Au Cameroun, la presse a d’ailleurs déjà salué « le premier Africain de l’administration Biden ».

L’AFRICA CDC PERD UN PATRON EFFICACE ET CHARISMATIQUE

Pour John Nkengasong, cette évolution de carrière est logique. Spécialiste du VIH, il a longtemps travaillé avec les Américains, y compris au sein du PEPFAR lorsque celui-ci a été créé, en 2003. Il y bénéficiera de moyens colossaux – le programme a déjà investi 85 milliards de dollars depuis sa création et son budget annuel avoisine les 7 milliards – et aura fort à faire, la lutte contre le sida ayant beaucoup pâti des contraintes imposées par la pandémie de Covid depuis deux ans. Le nombre de personnes dépistées aurait ainsi baissé de 22 % en 2020.

L’UA en quête de leaders

Le revers de la médaille concerne l’Africa CDC. L’agence perd un patron efficace et charismatique alors même que le continent reste confronté à de nombreux défis sanitaires, au premier rang desquels la pandémie de Covid-19, qui sévit toujours. Nul ne songe à critiquer le choix de John Nkengasong d’aller faire profiter une autre organisation de ses talents, mais beaucoup, y compris au sein de l’UA, craignent une « perte de leadership » au moins temporaire et se demandent où trouver une personnalité capable de succéder au médiatique virologue camerounais.

La pandémie de Covid a toutefois permis de faire émerger les noms de grands spécialistes africains des virus et de la santé publique, du Maroc à l’Afrique du Sud. C’est dans cette liste que l’UA va maintenant devoir choisir. Et le plus tôt sera le mieux.

Avec Jeune Afrique par John Nkengasong

Coronavirus : L’OMS finalement pessimiste sur la vaccination pour venir à bout de la pandémie

septembre 11, 2021

VIRUS A cause des variants, l’Organisation mondiale de la santé pense qu’il nous faudra vivre avec la maladie tout en continuant à se faire vacciner

Le directeur de l'OMS en Europe s'est montré plus pessimiste vendredi 10 septembre 2021 sur la capacité d'un taux élevé de vaccination à stopper à lui seul la pandémie de Covid-19
Le directeur de l’OMS en Europe s’est montré plus pessimiste vendredi 10 septembre 2021 sur la capacité d’un taux élevé de vaccination à stopper à lui seul la pandémie de Covid-19 — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

La probabilité que l’on parvienne à éradiquer complètement le Coronavirus paraît de moins en moins probable selon l’Organisation mondiale de la santé. En mai dernier pourtant, Hans Kluge, le directeur de l’OMS en Europe avait affirmé que « la pandémie serait terminée lorsque nous aurons atteint une couverture vaccinale minimale de 70 % » de la population mondiale.

Mais les nouveaux variants plus contagieux, principalement Delta, ont changé la donne et laissent désormais penser que la maladie restera de façon endémique. A l’époque, même si le variant détecté initialement en Inde sévissait déjà, « il n’y avait pas une telle émergence des variants plus transmissibles et plus viraux », a fait valloir le responsable sanitaire onusien lors d’une conférence de presse ce vendredi.

Un vaccin pour avant tout « empêcher les formes graves »

En conséquence, Hans Kluge a appelé à « anticiper pour adapter nos stratégies de vaccination », notamment sur la question des doses supplémentaires. « Je crois que cela nous amène au point où l’objectif essentiel de la vaccination est avant tout d’empêcher les formes graves de la maladie et la mortalité », a-t-il souligné.

« Si on considère que le Covid va continuer à muter et rester avec nous, comme la grippe, alors nous devons anticiper comment adapter progressivement notre stratégie de vaccination à la transmission endémique, et acquérir un savoir très précieux sur l’impact des doses supplémentaires », a-t-il ajouté.

La vaccination « pour réduire la pression sur nos systèmes de santé »

Selon des épidémiologistes, il semble désormais illusoire d’atteindre l’immunité collective uniquement grâce aux vaccins, mais ceux-ci restent tout de même cruciaux pour circonscrire la pandémie de Covid-19. Un niveau très élevé de vaccination reste aussi indispensable « pour réduire la pression sur nos systèmes de santé qui ont désespérément besoin de traiter les autres maladies que le Covid », a souligné Hans Kluge vendredi.

Désormais dominant, le variant Delta est jugé 60 % plus transmissible que le précédent (Alpha) et deux fois plus que le virus historique. Or, plus un virus est contagieux, plus élevé est le seuil nécessaire à l’immunité collective, c’est-à-dire le seuil de personnes immunisées au-delà duquel l’épidémie cesse. Celle-ci peut s’obtenir via les vaccins ou l’infection naturelle.

Avec 20 minutes par M.F avec AFP

Une scientifique affirme que les doses de rappel ne seront peut-être pas nécessaires

septembre 10, 2021

LONDRES — Les doses de rappel pour allonger la protection des vaccins contre la COVID-19 peuvent être inutiles pour de nombreuses personnes, a déclaré vendredi une scientifique derrière le vaccin AstraZeneca.

© Fournis par La Presse Canadienne

La professeure de l’Université d’Oxford Sarah Gilbert a déclaré au journal «The Telegraph» que l’immunité offerte par le vaccin résistait bien, même contre le variant Delta. Alors que les personnes âgées et les personnes immunodéprimées peuvent avoir besoin de rappels, le régime thérapeutique à deux doses offre une protection durable pour la plupart des gens, a-t-elle déclaré.

«Nous examinerons chaque situation; les immunodéprimés et les personnes âgées recevront des rappels», a-t-elle dit. «Mais je ne pense pas que nous ayons besoin d’un rappel pour tout le monde. L’immunité dure bien chez la majorité des gens.»

Ces commentaires interviennent alors que le Comité mixte sur la vaccination et l’immunisation, un groupe d’experts qui conseille le gouvernement britannique, devrait faire des recommandations dans les prochains jours sur l’ampleur d’un programme de rappel. Le régulateur médical britannique a déclaré jeudi que les vaccins Pfizer et AstraZeneca pouvaient être utilisés en toute sécurité comme doses rappel.

Le secrétaire britannique à la Santé, Sajid Javid, a dit qu’il s’attendait à ce qu’un programme de rappel soit lancé plus tard ce mois-ci.

Mme Gilbert a indiqué que la priorité mondiale devrait être d’acheminer davantage de vaccins dans les pays qui ont reçu un approvisionnement limité.

«Nous devons faire parvenir des vaccins dans les pays où une faible proportion de la population a été vaccinée jusqu’à présent», a déclaré Mme Gilbert. «Nous devons faire mieux à cet égard. La première dose a le plus d’impact.»

Avec Danica Kirka, The Associated Press

Deux nouveaux variants du coronavirus sous la loupe des chercheurs à travers le monde

septembre 6, 2021

Le variant B.1.621, mieux connu sous le nom de Mu, a récemment été désigné comme « variant à suivre » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), puisqu’il pourrait résister aux anticorps, notamment ceux développés par les vaccins.

Le variant Delta reste largement prédominant et représente jusqu'à 90 % des nouvelles infections au pays, selon des données de la santé publique du Canada.

© Ben Nelms/ben nelms/cbc Le variant Delta reste largement prédominant et représente jusqu’à 90 % des nouvelles infections au pays, selon des données de la santé publique du Canada.

Un autre variant, encore connu sous le nom de C.1.2, inquiète des scientifiques en Afrique du Sud, qui étudient ses mutations pour tenter de comprendre comment il se comporte. Ces nouveaux variants représentent-ils une menace dans la lutte contre la COVID-19 au Canada?

Pour l’heure, le variant Delta, jugé extrêmement contagieux, reste largement prédominant et représente jusqu’à 90 % des nouvelles infections au pays, selon des données de la santé publique du Canada.

Ce qui ne veut pas dire que ces nouveaux variants ne méritent pas d’être soigneusement étudiés, disent les experts.

Ce que l’on sait du variant Mu

Le variant Mu a une constellation de mutations qui indiquent des propriétés potentielles d’évasion immunitaire», peut-on lire dans le bulletin épidémiologique du 30 août du l’OMS, qui catégorise le variant Mu comme variant à suivre».

Des tests préliminaires indiquent en effet que le variant Mu pourrait être résistant aux vaccins ou aux anticorps développés par les patients qui ont déjà contracté une souche antérieure du virus. L’OMS prévient toutefois que ces observations doivent être confirmées par d’autres études».

Mu a d’abord été détecté en janvier 2021 en Colombie. Il a depuis poursuivi sa progression, allant jusqu’à représenter 39 % des nouvelles infections, ce qui en fait la souche prédominante dans ce pays d’Amérique latine.

Or ce variant est pour l’instant quasiment absent du reste du globe. Pour le moment, 39 pays ont déclaré des cas liés à Mu.

Au Canada, sa présence est également à la baisse. S’il représentait à un moment un peu plus de 3 % des nouvelles infections, ce chiffre est récemment passé à 0,3 %. Il n’est pas possible de savoir pour l’instant ce qui explique cette perte de vitesse du variant.

C.1.2, le variant aux origines nébuleuses

C.1.2 n’est peut-être pas présentement sous haute surveillance par l’OMS, mais plusieurs chercheurs pressent l’organisation d’y porter une attention particulière.

Ce variant a été observé pour la première fois par des chercheurs en Afrique du Sud, mais son origine exacte reste pour l’instant indéterminée.

Richard Lessels, un spécialiste des maladies infectieuses et auteur d’une recherche préliminaire sur C.1.2 a affirmé à l’agence Reuters que le variant pourrait être encore plus résistant aux anticorps que le variant Delta.

Toutefois, on ne sait pas si C.1.2 est aussi contagieux, ou même s’il résiste autant aux vaccins qu’aux anticorps développés par une personne qui a déjà contracté la COVID-19.

Le Dr Zain Chagla, consultant en maladies infectieuses à St. Joseph's Healthcare Hamilton.

© /CBC/Craig Chivers Le Dr Zain Chagla, consultant en maladies infectieuses à St. Joseph’s Healthcare Hamilton.

Ces choses prennent du temps à étudier», affirme le docteur Zain Chagla, spécialiste en maladies infectieuses de l’Université McMaster de Hamilton. Delta est incroyablement fort et incroyablement contagieux. Il a aussi une bonne capacité à remplacer [les autres souches] de façon agressive. Rien n’indique que ce soit le cas encore [pour C.1.2].»

Doit-on s’inquiéter de ces variants?

Étant donné que le variant Delta représente la majorité des cas de COVID-19 au Canada et qu’il y a encore beaucoup d’inconnues à propos de Mu ou de C.1.2, les inquiétudes concernant ces nouveaux variants doivent être mises en contexte.

Pas besoin de s’inquiéter encore», résume Zain Chagla, qui insiste toutefois sur l’importance d’étudier et de garder à l’œil ces variants. À propos de C.1.2, il affirme qu’on a vu une hausse de transmission dans certains pays d’Afrique, mais qu’il est difficile de dire si son taux de contagion s’approche de celui de Delta.

De nombreux variants sont apparus durant cette pandémie, rappelle-t-il. Il cite par exemple les autres variants à suivre» comme Alpha, Beta, Lambda ou encore le nouveau venu Mu, et soutient qu’ils peuvent tous être supplantés par Delta ou alors s’épuiser d’eux-mêmes avec le temps».

Pour déterminer la fréquence à laquelle ces variants apparaissent au pays, l’Agence de la santé publique du Canada travaille avec les provinces, les territoires et le Réseau génomique du Canada (RCanGéCo) pour séquencer un certain pourcentage de tous les résultats de test positifs à la COVID-19.

Le séquençage dévoile le code génétique du virus et permet de savoir quel variant était à l’origine de l’infection.

Prévenir l’apparition de nouveaux variants

Depuis le début de la pandémie, de nouveaux variants apparaissent dans des populations durement touchées par une transmission non contrôlée de la COVID-19, notamment en Inde, en Amérique du Sud et en Afrique. Selon les experts, cette tendance devrait se poursuivre tant qu’une plus grande partie de la planète ne sera pas vaccinée.

[Ces nouveaux variants sont] un rappel crucial – même s’il peut s’agir de fausses alertes – de l’importance de l’équité et du partage des vaccins dans le monde», croit Zain Chagla.

Selon le chercheur, cette région du monde inquiète puisque les taux de vaccinations y sont bas, que les systèmes de santé en place sont souvent défaillants et qu’une partie importance de la population est immunosupprimée en raison du VIH, qui touche de 15 à 20 % des adultes dans certains pays.

Il s’agit en quelque sorte d’un cocktail de mauvais scénarios propice à l’émergence d’un variant… alors je ne crois pas que nous devrions être surpris de voir que quelque chose semble apparaître», avance Zain Chagla.

C’est ce que nous avons vu, et c’est ce que nous allons continuer de voir», croit-il.

Avec CBC/Radio-Canada à partir d’un texte de Lauren Pelley et Adam Miller, CBC