Archive for the ‘Science’ Category

Une comète en visite dans le ciel pour la première fois depuis 50 000 ans

janvier 7, 2023
Un météore traversant le ciel.

La comète C/2022 E3 (ZTF) se dirige actuellement vers le Soleil et atteindra son périhélie, c’est-à-dire son point le plus proche du Soleil, le 12 janvier, selon les calculs des astronomes. Photo : (NASA)/Dan Bartlett

Sa dernière visite remonte à 50 000 ans : la comète « C/2022 E3 (ZTF) », venue des confins du système solaire et découverte récemment, va passer près du Soleil cette semaine et pourrait être visible à l’œil nu fin janvier.

Le petit corps rocheux et glacé, dont le diamètre est estimé à environ 1 km, a été découvert en mars 2022 par le programme de relevé astronomique du ciel Zwicky Transient Facility (ZTF) qui exploite le télescope Samuel-Oschin de l’Observatoire Palomar, en Californie.

Détectée alors qu’elle passait dans l’orbite de Jupiter, la comète se dirige actuellement vers le Soleil et atteindra son périhélie, c’est-à-dire son point le plus proche du Soleil, le 12 janvier, selon les calculs des astronomes.

L’objet céleste se trouvera alors 10 % plus loin du Soleil que ne l’est la Terre (environ 150 millions de km), a précisé Nicolas Biver, de l’Observatoire de Paris-PSL.

Quand une comète se rapproche du Soleil, la glace contenue dans son noyau se sublime et laisse s’échapper une longue traînée de poussière reflétant la lumière du Soleil.

Un objet brillant

C’est cette chevelure brillante qu’on pourra observer de la Terre, à mesure que C/2022 E3 (ZTF) viendra vers nous.

La comète atteindra l’apogée de sa brillance quand elle sera au plus près de la Terre, explique Thomas Prince, professeur de physique à l’Institut de technologie de Californie, qui travaille pour ZTF.

Le phénomène sera cependant moins spectaculaire que lors du passage de ses congénères Hale-Bopp (1997) ou Neowise (2020), bien plus grosses.

L’astre sera facilement repérable avec une bonne paire de jumelles, et même peut-être à l’œil nu pendant une partie de la nuit, sous un ciel sans trop de Lune et exempt de pollution lumineuse.

On peut avoir une bonne surprise et voir un objet deux fois plus brillant que prévu, espère l’astrophysicien Nicolas Biver.

La meilleure fenêtre d’observation devrait être le week-end des 21 et 22 janvier et la semaine qui suivra.

Au cours de cette période, la comète passera entre les constellations de la Petite Ourse et de la Grande Ourse. Avant de plonger dans l’hémisphère Sud et repartir vers les confins du système solaire, son probable berceau.

Selon les modèles actuels, les comètes proviennent de deux réservoirs : la ceinture de Kuiper, au-delà de l’orbite de Neptune, ou le nuage de Oort, vaste zone théorique située jusqu’à une année-lumière du Soleil, à la limite de son champ de gravité.

D’après l’inclinaison du plan de son orbite, il s’agirait d’une comète à longue période provenant initialement du nuage de Oort, selon M. Biver.

Observée par le télescope James Webb

Le visiteur glacé n’en est pas à son premier passage près du Soleil : un précédent voyage l’avait déjà propulsé vers nos contrées, il y a environ 50 000 ans.

La comète était ensuite repartie dans l’autre sens, mais sans aller aussi loin que le nuage de Oort. Cette fois-ci, elle finira probablement par être définitivement éjectée du système solaire.

Son ultime visite sera l’occasion pour les scientifiques de comprendre un peu plus la composition des comètes, notamment grâce aux observations du télescope spatial James Webb.

On va l’observer sous toutes ses coutures. Ça n’est pas la comète du siècle, mais on est contents de pouvoir observer des comètes comme celles-ci tous les [ans ou aux] deux ans, parce qu’on les considère comme des vestiges de la formation du système solaire, explique M. Biver.

Ce visiteur rare apportera des informations sur les habitants de notre système solaire bien au-delà des planètes les plus éloignées, ajoute Thomas Prince.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

États-Unis: La création d’énergie par fusion nucléaire obtenue en laboratoire

décembre 13, 2022
Pour créer un allumage par fusion nucléaire, l'énergie laser est convertie en rayons X à l'intérieur du hohlraum, qui compriment ensuite une capsule de combustible jusqu'à ce qu'elle implose, créant ainsi un plasma à haute température et à haute pression.

Pour créer un allumage par fusion nucléaire, l’énergie laser est convertie en rayons X à l’intérieur d’un hohlraum, qui comprime ensuite une capsule de combustible jusqu’à ce qu’elle implose, créant ainsi un plasma à haute température et à haute pression. Photo: LLNL

Des chercheurs américains du Laboratoire national Lawrence Livermore (LLNL) en Californie sont pour la première fois parvenus à produire un gain net d’énergie grâce à la fusion nucléaire de deux isotopes d’hydrogène pour former de l’hélium, produisant au passage une immense quantité d’énergie.

La secrétaire américaine de l’Énergie, Jennifer Granholm, l’a annoncé mardi en compagnie des scientifiques du LLNL. Elle a qualifié la réalisation d’historique, qui rapproche le monde de la possibilité de créer une énergie de fusion abondante sans carbone.

Il a fallu des générations de personnes pour atteindre cet objectif. C’est une étape scientifique importante et c’est aussi une merveille d’ingénierie, a ajouté l’ingénieure Arati Prabhakar, directrice du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche.

Les scientifiques tentent depuis plus de 50 ans de créer de l’énergie grâce à la fusion nucléaire, dans le but d’en faire une source d’énergie plus propre.

Elle pourrait un jour permettre à l’humanité de rompre sa dépendance aux énergies fossiles, responsables du réchauffement climatique. Autre avantage : elle ne crée pas de déchets radioactifs, contrairement à la fission nucléaire.

Un hohlraum est un dispositif de laboratoire destiné à produire un rayonnement qui absorbe parfaitement toute l'énergie électromagnétique qu'il reçoit.

Un hohlraum est un dispositif de laboratoire destiné à produire un rayonnement qui absorbe parfaitement toute l’énergie électromagnétique qu’il reçoit. Celui-ci abrite le type de cible cryogénique utilisé pour réaliser la percée du 5 décembre 2022. Photo : LLNL

La fusion est différente de la fission, technique utilisée dans les centrales nucléaires actuellement qui consiste à casser les liaisons de noyaux atomiques lourds pour en récupérer l’énergie.

Le gain d’énergie net a longtemps été un objectif insaisissable, car la fusion se produit à des températures et des pressions si élevées qu’elle est incroyablement difficile à contrôler.

Cette réaction nucléaire est celle qui alimente les étoiles, dont notre Soleil. Grâce aux conditions de chaleur et de pression extrêmes qui y règnent, les atomes d’hydrogène fusionnent pour former de l’hélium, produisant au passage une immense quantité d’énergie.

Sur Terre, ce processus peut être obtenu à l’aide de lasers ultrapuissants.

Au LLNL, pas moins de 192 lasers sont pointés vers une cible aussi petite qu’un dé à coudre, où sont placés les atomes légers d’hydrogène à fusionner.

Les scientifiques ont ainsi produit environ 2,5 mégajoules d’énergie, soit une augmentation d’environ 20 % par rapport aux 2,1 mégajoules utilisés par les lasers.

La production d’énergie pour alimenter les maisons et les entreprises à partir de la fusion nucléaire n’est pas pour demain, mais les chercheurs soulignent qu’il s’agit néanmoins d’une étape importante d’un processus qui devrait se développer dans les prochaines décennies.

Par Radio-Canada avec les informations de Associated Press et Agence France-Presse

Les Français veulent le retour du masque obligatoire dans les lieux publics

décembre 12, 2022

Alors que l’épidémie de Covid-19 repart à la hausse, un sondage du « Figaro » affirme que 58 % des Français sont favorables au retour du masque obligatoire.

Le Covars, sucesseur du Conseil scientifique, plaide pour un retour en force du masque face a la reprise du Covid-19 (photo d'illustration).
Le Covars, sucesseur du Conseil scientifique, plaide pour un retour en force du masque face à la reprise du Covid-19 (photo d’illustration).© Bruno Levesque / MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

Face au retour de l’épidémie de Covid-19 en France, les Français se disent inquiets pour la situation sanitaire du pays. Si le gouvernement a appelé solennellement, le 9 décembre dernier, à un « sursaut » en leur enjoignant de se faire vacciner et de remettre le masque dans les transports, moins de la moitié (46 %) des personnes interrogées par un sondage Odoxa/Backbone Consulting pour Le Figarolundi 12 décembre, portent encore systématiquement un masque dans le métro ou dans le bus. En revanche, 76 % souhaitent qu’il y redevienne obligatoire et 58 % réclament le rétablissement du port du masque obligatoire dans tous les lieux publics. Le ministre de la Santé, François Braun, avait assuré sur BFMTV, le 4 décembre, que si les chiffres de contaminations continuaient d’augmenter, « (s)on bras ne tremblera(it) pas » pour rétablir l’obligation.

À l’approche des fêtes de fin d’année, 66 % des personnes interrogées sont particulièrement inquiètes « pour leurs proches » et prévoient d’être prudentes dans les prochaines semaines, en respectant les gestes barrières et en évitant au maximum les contacts et la foule. Alors que la France subit, comme ses pays voisins, une triple épidémie avec la juxtaposition du Covid-19, de la grippe et de la bronchiolite, les gestes barrières sont moins utilisés. Parmi les solutions envisagées par les Français pour limiter les déplacements et réduire ainsi les risques de propagation du virus, l’élargissement du télétravail est souhaité par 77 % des personnes interrogées.

Les Français critiquent la politique sanitaire

Selon ce sondage, les Français ont moins confiance dans le système de santé français pour lutter contre cette nouvelle vague avec par exemple la question du nombre de lits de réanimation disponibles. « Si les Français avaient relevé un “mieux” à l’hôpital quelques mois après le début de l’épidémie, les jugements se sont depuis effondrés », a indiqué Céline Bracq, directrice générale d’Odoxa, citée par Le Figaro. « Ainsi, 50 % des Français estiment que les établissements de santé sont mieux préparés à gérer l’arrivée des patients covidés. » Mais seuls 36 % d’entre eux pensent que le pays possède un nombre de lits de réanimation disponibles suffisant.

Avec Le Point

Chine : explosion dans une usine chimique

novembre 21, 2022

Nouvel incident industriel dans une usine de la ville de Taiyuan, au nord de la Chine. Le bilan humain de l’explosion est encore inconnu.

Une explosion a eu lieu dans la ville de Taiyuan, au nord de la Chine. Il s'agirait d'un accident industriel. (Photo d'illustration)
Une explosion a eu lieu dans la ville de Taiyuan, au nord de la Chine. Il s’agirait d’un accident industriel. (Photo d’illustration)© STR / AFP

L’incident s’est produit à Taiyuan, la capitale de la province du Shanxi, selon Dahebao, quotidien officiel provincial qui cite les autorités. Une explosion s’est produite lundi 21 novembre dans une usine chimique du nord de la Chine, d’après le média qui n’a pas avancé de bilan humain mais des dégâts matériels dans les immeubles alentour. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent qu’un incendie s’est déclenché sur le site industriel, dégageant une fumée grise qui a formé un énorme champignon dans le ciel.

D’autres images montrent des logements au sol jonché d’éclats de verre, des gens apeurés sortir des bâtiments ou encore des montants de fenêtres tombés au pied d’immeubles, en raison du souffle de l’explosion. « Du personnel a été dépêché sur place, le feu a été éteint et le bilan humain n’est pas encore connu », a indiqué le journal Dahebao sur le réseau social Weibo, citant les autorités.

Les accidents industriels sont fréquents en Chine

Selon des habitants interrogés par des médias locaux, l’explosion s’est produite vers 17 h 25 (9 h 25 GMT) et des personnes ont été blessées par des éclats de verre. L’usine, nommée Jiangyang, avait déjà été frappée par une explosion en septembre 2021, selon Dahebao.

Des accidents industriels surviennent régulièrement en Chine, en raison souvent d’un mauvais respect des règles de sécurité. En mars 2019, l’explosion d’une usine chimique à Yancheng, ville située à 260 kilomètres au nord de Shanghai, avait causé la mort de 78 personnes et dévasté des habitations sur plusieurs kilomètres à la ronde.

Mais un des plus graves accidents industriels est celui survenu en 2015 à Tianjin (Nord). Une gigantesque explosion dans un entrepôt de produits chimiques avait fait au moins 165 morts dans cette grande ville portuaire située à 120 kilomètres au sud-est de Pékin.

Par Le Point avec AFP

Le Nobel de physique à un trio franco-austro-américain du monde quantique

octobre 4, 2022
Le Nobel de physique a un trio franco-austro-americain du monde quantique
Le Nobel de physique à un trio franco-austro-américain du monde quantique© AFP/Jonathan NACKSTRAND

Le prix Nobel de physique a couronné mardi le Français Alain Aspect, l’Américain John Clauser et l’Autrichien Anton Zeilinger, trois pionniers des mécanismes révolutionnaires de la physique quantique.

Les trio de septuagénaires est récompensé pour ses découvertes sur « l’intrication quantique », un phénomène où deux particules quantiques sont parfaitement corrélées, quelle que soit la distance qui les sépare, a annoncé le jury Nobel.

La mise en évidence de cette propriété a ouvert la voie à de nouvelles technologies dans l’informatique quantique et des communications ultra-sécurisées, ou encore les capteurs quantiques ultra-sensibles qui permettraient des mesures extrêmement précises, comme celle de la gravité dans l’espace.

Cette mécanique était prédite par la théorie quantique. Pourtant même Einstein, qui avait soulevé en premier le problème en 1935, n’y croyait pas, qualifiant l’intrication de « mouvement à distance qui fait froid dans le dos ».

Alain Aspect a dit sa fierté de rejoindre au palmarès des grands noms de la physique comme Albert Einstein, concédant à ce dernier « une partie du mérite » de la découverte de l’intrication.

« Tous ces grands noms… Bien sûr, je suis très impressionné parce que je ne suis certainement pas au niveau de ces gens qui ont complètement changé la science physique. Mais je suis fier d’être sur la même liste, bien sûr ! », a expliqué le professeur de 75 ans rattaché à l’université de Paris-Saclay et à la très prestigieuse Ecole polytechnique.

Malgré le nom de « téléportation quantique » utilisé pour le mécanisme de l’intrication, « ce n’est pas comme dans Star Trek » avec des téléportations d’objets ou a fortiori de personnes, a de son côté souligné Anton Zeilinger, joint par téléphone par le jury.

En revanche, avec l’intrication, « on peut transférer l’information sans même connaître l’information », a souligné le scientifique de 77 ans.

La mécanique quantique est une science contre-intuitive qui décrit le monde à l’échelle de l’infiniment petit, où les choses peuvent simultanément exister, ne pas exister et être quelque part entre les deux.

Sur la base de cette science, des géants de l’économie mondiale comme Google mobilisent actuellement un grand nombre de chercheurs pour façonner une prochaine génération d’ordinateurs dits « quantiques », surpuissants en calcul.

Ordinateurs quantiques

« La première révolution quantique nous a donné les transistors, les semi-conducteurs, les ordinateurs et les lasers », explique à l’AFP Mohamed Bourennane, professeur d’informatique quantique à l’Université de Stockholm.

« Mais la deuxième, fondée sur la superposition et l’intrication, va nous permettre à l’avenir d’avoir des ordinateurs quantiques, ou des inscriptions quantiques utiles pour l’imagerie ou les capteurs ».

Aspect, Clauser et Zeilinger, qui avaient déjà gagné ensemble le prestigieux prix Wolf en 2010, sont récompensés pour leurs « expériences avec des photons intriqués, établissant les violations des inégalités de Bell et ouvrant une voie pionnière vers l’informatique quantique », selon la motivation officielle du jury Nobel.

Dans une expérience restée célèbre, Alain Aspect était parvenu à intriquer pour la première fois deux photons à 12 mètres de distance, en 1981.

Les travaux de Clauser remontent eux aux années 1960, tandis que Zeilinger a nourri le domaine à partir des années 90, selon l’institut Clarivate spécialisé dans la prédiction des Nobel scientifiques.

Le prix est doté de 10 millions de couronnes suédoises (environ 920.000 euros) dans chaque discipline, à partager en cas de colauréats.

Une récompense pour la mécanique quantique était attendue depuis nombre d’années, avec les noms des vainqueurs du jour parmi les favoris en cas de sacre dans ce domaine.

Lundi, le Nobel de médecine ou de physiologie avait sacré le Suédois Svante Pääbo, découvreur de l’ADN de l’homme de Néandertal et de Denisova et fondateur de la paléogénomique.

Les Nobel de sciences se terminent mercredi avec le prix Nobel de chimie, pour ensuite laisser la place aux très attendus prix de littérature jeudi et de la paix vendredi, le seul à être décerné à Oslo.

Le prix d’économie, de création plus récente, fermera le bal lundi prochain.

Par Le Point avec AFP

La francophonie, voie d’avenir pour une science forte et solidaire

septembre 24, 2022

Selon un collectif d’acteurs scientifiques et politiques, il est urgent d’investir le terrain de la recherche en français pour influer sur les pratiques internationales. Et ce, afin de faire enfin entendre les vrais besoins des pays africains.

Site de la future usine de production de vaccins de BioNtech et de l’Institut Pasteur de Dakar à Diamniadio, en février 2022. © Bernd Von Jutrczenka/dpa/ZUMA/REA

Tous les décideurs dans le monde ne tirent pas les mêmes bénéfices des connaissances scientifiques. En effet, notre localisation sur le globe, notre maîtrise des langues ou encore la solidité de nos réseaux de recherche influencent largement notre accès à une information scientifique de qualité, dans des délais compatibles avec la prise de décision politique. Ces inégalités sont complexes, et elles prennent racine, entre autres, dans la façon dont l’activité scientifique s’est mondialisée dans les dernières décennies.

Déséquilibre

La coopération internationale accélère de manière impressionnante l’avancement des connaissances, que ce soit en physique des particules, dans l’exploration spatiale ou pour la production d’un vaccin antiviral en moins de dix-huit mois. Cependant, les modèles de collaboration, qui s’appuient principalement sur la contribution financière des États ou sur le potentiel économique des découvertes dans une logique de partenariat public-privé, désavantagent les pays aux revenus les moins élevés.

Selon l’Unesco, en 2018, alors que les pays à hauts revenus ont dépensé 890 dollars par personne dans la recherche et le développement, ceux du continent n’ont contribué qu’à hauteur de 26 dollars par personne. Conséquemment, ils deviennent tributaires d’intérêts de recherche extérieurs, et rencontrent alors des difficultés à promouvoir leur propre agenda, ainsi qu’à pérenniser des financements structurants au bénéfice de leurs populations.

La solution la plus évidente pour pallier ce déséquilibre est d’augmenter l’investissement africain en recherche et développement, en visant la cible de 1 % du PIB national sur le continent, fixée par les membres de l’Union africaine. C’est une condition nécessaire, mais non suffisante. Les pays africains doivent aussi prendre un leadership dans les grands consortiums de recherche internationaux afin d’influencer réellement les orientations de travail au regard des réalités du continent. Nous devons laisser de côté les principes de gouvernance basés sur les contributions financières au profit d’une logique basée sur la solidarité entre pays, si nous voulons résoudre les défis mondiaux d’aujourd’hui, et mieux nous préparer à ceux qui se présenteront demain.

S’ouvrir à une recherche libre et accessible

À cet égard, la solidarité francophone offre une occasion unique de changer la donne, d’autant plus que l’espace francophone est en pleine mutation.  Près de 60 % des 321 millions de locuteurs francophones résident en Afrique et dans l’océan Indien, au sein d’une population très jeune. D’ici à 2050, nous serons potentiellement plus de 700 millions à parler français, dont 85 % sur le continent. Dans ce contexte, l’Afrique exerce une influence décomplexée au sein de grandes instances telles que l’Organisation internationale de la Francophonie, sous l’égide de secrétaires généraux comme Abdou Diouf ou Louise Mushikiwabo.

La communauté scientifique doit saisir cette occasion unique de pratiquer et de publier la science en français, d’influencer les pratiques internationales et de s’ouvrir à une recherche libre et accessible à tous en rejoignant des initiatives telles que le Plan S, la Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche (Dora) ou la Recommandation de l’Unesco sur une science ouverte. C’est dans cette optique que sera lancé dans les mois qui viennent le Réseau francophone international en conseil scientifique, afin que les connaissances produites à l’échelle locale, régionale et mondiale soient utilisables et utilisées par les grands décideurs du continent, pour bâtir l’Afrique et le monde de demain.

Par Jeune Afrique


Les signataires

Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec et président de l’INGSA (Réseau international en conseil scientifique gouvernemental)

Lassina Zerbo, président de la Commission de l’énergie atomique du Rwanda, président du Comité d’orientation du Réseau francophone international en conseil scientifique et ancien secrétaire exécutif de l’Organisation du traité d’interdiction complet des essais nucléaires

Damien Cesselin, secrétaire général administratif de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie

Jean-François Delfraissy, président du Comité consultatif national d’éthique et président du Conseil scientifique Covid-19 de France

Abdoulaye Gounou, directeur général adjoint de l’Évaluation des politiques publiques et de l’Observatoire du changement social au ministère du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale du Bénin

Francine Ntoumi, présidente de la Fondation congolaise pour la recherche médicale

Coumba Thiandoume, directrice de la promotion de la culture scientifique, ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation du Sénégal

Canada: Le Québécois Gilles Brassard reçoit un prix Breakthrough

septembre 22, 2022
Gilles Brassard devant un tableau vert.

Le cryptologue Gilles Brassard a contribué à jeter les bases de la cryptographie quantique. Photo : Radio-Canada/Matthieu Dugal

Le Pr Gilles Brassard de l’Université de Montréal reçoit le prix Breakthrough 2023 de physique fondamentale pour ses recherches en information quantique, un domaine de recherche à la jonction de l’informatique, des mathématiques et de la physique.

Les travaux les plus connus du professeur Brassard portent notamment sur les fondements de la cryptographie quantique et la téléportation quantique.

La cryptographie permet de communiquer en toute sécurité malgré la présence d’espions éventuels. Il s’agit de protéger tant la confidentialité que l’intégrité de la communication, explique le Pr Brassard sur le site de l’Université de Montréal.

Une entrevue avec le scientifique sera diffusée dimanche à l’émission Les années lumière sur ICI Première.

Le prix Breakthrough, surnommé l’Oscar de la science, a été créé en 2012 par Mark Zuckerberg et Priscilla Chan de META (Facebook), Sergey Brin de Google, ainsi que Iouri Milner et Anne Wojcicki de 23andMe. Il récompense chaque année cinq percées majeures en sciences de la vie, en physique fondamentale et en mathématiques.

Le Pr Brassard reçoit le prix avec ses collègues Charles Bennett d’IBM, David Deutsch de l’Université d’Oxford, et Peter Shor du MIT.

Ces scientifiques ont ouvert la voie en montrant la faisabilité de la téléportation sécurisée d’informations quantiques enchevêtrées par satellite ou par câble à fibre optique, note le communiqué de la Fondation des prix Breakthrough.

Chaque prix est assorti d’une récompense de 3 millions de dollars américains.

Gilles Brassard est professeur à l’Université de Montréal depuis près de 35 ans. Il enseigne actuellement au Département d’informatique et de recherche opérationnelle (DIRO). Il est notamment le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en informatique quantique.

Repères

  • Gilles Brassard a commencé ses études universitaires à l’âge de 13 ans.
  • Il a obtenu son baccalauréat en informatique de l’Université de Montréal en 1973 et sa maîtrise en 1975.
  • Il a terminé son doctorat en cryptographie de l’Université Cornell en 1979.
  • En 1984, il invente avec Charles Bennett Ie protocole BB84 de cryptographie quantique.
  • En 1993, avec ses collègues, il jette les bases de la téléportation quantique et parvient même à téléporter des photons sur une courte distance. La revue Science place cette percée parmi les plus importantes découvertes de l’année.

Le Pr Brassard est officier de l’Ordre du Canada et a reçu de nombreuses autres distinctions, dont la médaille d’or Gerhard-Herzberg du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

Il est aussi le premier Canadien à recevoir le prix Wolf de physique pour avoir inventé, avec son complice Charles Bennett, la théorie de l’information quantique. De nombreux observateurs lui prédisent l’obtention d’un prix Nobel.

Les autres catégories

Le Français Emmanuel Mignot, professeur à l’université Stanford, partage un prix en sciences de la vie avec le Japonais Masashi Yanagisawa, pour avoir découvert la cause de la narcolepsie, une maladie qui conduit les personnes qui en sont atteintes à s’endormir soudainement en pleine journée. Grâce à leur découverte, des médicaments prometteurs sont actuellement en cours de développement.

Un autre prix en sciences de la vie a été attribué au Britannique Demis Hassabis et à John Jumper, respectivement fondateur et chercheur de DeepMind, une filiale de Google spécialisée dans l’intelligence artificielle. Ils ont développé un système d’apprentissage profond (deep learning) permettant de prédire la structure de millions de protéines, une avancée qui doit notamment permettre de mieux comprendre les processus cellulaires.

Le prix de mathématiques a été remis à l’Américain Daniel Spielman, professeur à l’université Yale, pour ses travaux consacrés notamment à l’informatique théorique, à la théorie spectrale des graphes et au problème de Kadison-Singer.

Outre les prix principaux, six prix dotés de 100 000 dollars chacun ont été attribués à 11 jeunes scientifiques ayant « eu un impact substantiel dans leur domaine », selon le communiqué.

Avec Radio-Canada

Canada: Première éclosion au Québec d’un super-champignon mortel

septembre 22, 2022

Résistant aux traitements, Candida auris inquiète le monde entier. Il serait favorisé par la crise climatique.

Des médecins effectuent une opération et ont des outils dans les mains.

La transmission du champignon entre les patients s’est faite dans une unité de chirurgie de l’Hôpital Pierre-Boucher. Photo: Shutterstock

Une cellule de crise nationale est mobilisée et une enquête est en cours à l’Hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil, où le « champignon tueur » s’est propagé, a appris Radio-Canada. C’est la première fois qu’une éclosion de Candida auris survient au Québec.

La plupart des employés de l’Hôpital ignorent que cet intrus est présent dans leur établissement. Selon une source en santé publique, les autorités ont demandé aux personnes informées de faire preuve de discrétion.

Candida auris s’attaque aux malades hospitalisés, principalement ceux dont le système immunitaire est affaibli ou ceux subissant une chirurgie ou un traitement par intraveineuse. Une personne infectée a 30 à 60 % de risques de mourir.

Chronologie de l’éclosion

Dès le 8 septembre, la présence du champignon mortel a été suspectée sous les aisselles d’un patient de 65 ans, traité pour une pneumonie à Pierre-Boucher. Le cas positif a été officialisé le 15 septembre, par le Laboratoire de santé publique du Québec.

Puis, le 19 septembre, un deuxième cas a été confirmé. Il s’agissait de l’occupant de la même chambre. Celui-ci est décédé le lendemain, aux soins intensifs, d’une autre cause.

Façade de l'Hôpital Pierre-Boucher.

L’Hôpital Pierre-Boucher est situé à Longueuil. Photo: Radio-Canada/Martin Thibault

Ce qui préoccupe les autorités de santé, c’est qu’aucun des deux patients ne revenait de l’étranger. Une déclaration d’éclosion a été émise mardi, le 20 septembre, auprès du personnel de santé concerné.

Le CISSS de la Montérégie-Est a informé Radio-Canada que trois autres usagers de l’Hôpital ayant eu des contacts étroits sont sous investigation. Toutefois, selon nos sources, des dizaines de patients auraient été dépistés, sur plusieurs unités, car ils auraient eu un contact direct ou indirect avec les cas positifs.

Ça m’inquiète énormément, dit un membre du corps médical de l’établissement, informé de la situation, qui n’est pas autorisé à en parler.

« On savait qu’éventuellement le Candida auris allait s’en venir au Québec, c’était une question de temps quand on regarde ce qui se passe aux États-Unis. Je suis juste surpris qu’il soit au Québec aussi rapidement. »— Une citation de  Un membre du corps médical informé de la situation à l’Hôpital Pierre-Boucher

La super-levure préoccupe de plus en plus les autorités de santé américaines. Mercredi, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis (CDC) ont de nouveau émis un avertissement.

En plus d’être difficile à détecter, Candida auris résiste aux traitements antifongiques. Le problème est devenu endémique aux États-Unis, où de plus en plus de cas sont détectés dans les hôpitaux.

Nombre de cas de Candida auris identifiés aux États-Unis du 1er juin 2021 au 31 mai 2022.

Nombre de cas de Candida auris identifiés aux États-Unis du 1er juin 2021 au 31 mai 2022. Photo: CDC

On peut difficilement se débarrasser du champignon sur les surfaces qu’il occupe, jusqu’à plusieurs semaines. En 2019, à l’hôpital Mont Sinaï de New York, il a fallu retirer et remplacer des sections de murs et du plafond pour parvenir à éradiquer le champignon des parois contaminées.

Un article du New York Times(Nouvelle fenêtre) rapportait que tout était positif au C. auris autour des patients infectés : des téléphones, des portes, des poignées, des matelas, des fenêtres, etc.

Précaution accrue à Pierre-Boucher et dans un autre hôpital

Le CISSS de la Montérégie-Est assure que des mesures de précaution additionnelles ont été mises en place dès le 8 septembre, auprès des cas suspectés et [des] contacts étroits, qui ont été isolés.

À partir du 15 septembre, quand une éclosion a été suspectée, des mesures ont été ajoutées comme le port de masques, blouses et gants, ainsi que l’utilisation de produits chlorés pour désinfecter les surfaces.

« Depuis le 8 septembre, les équipes de soins concernées ont été tenues au courant des mesures à appliquer. […] Des informations supplémentaires sur le Candida auris ont été transmises au personnel concerné le 13 septembre. »— Une citation de  Caroline Doucet, porte-parole du CISSS de la Montérégie-Est

Selon nos sources, l’Hôpital Anna-Laberge de Châteauguay fait aussi l’objet d’une surveillance accrue, car le premier patient positif y a séjourné une journée cet été.

Des préposés dans un couloir d'un hôpital.

Selon l’INSPQ, le Québec avait connu dans le passé seulement trois cas isolés de Candida auris, tous des patients de retour de l’étranger. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) est mobilisé dans ce dossier, aux côtés du ministère de la Santé et des Services sociaux. Selon l’INSPQ, le Québec avait connu dans le passé seulement trois cas isolés de Candida auris, tous des patients de retour de l’étranger (Afrique et États-Unis).

C’est donc la première fois que des Québécois sont contaminés sans avoir séjourné à l’extérieur du pays.

Une seule éclosion avait été rapportée au Canada auparavant, pour un total de 37 cas depuis 2012, incluant les derniers en date, à Longueuil. Il s’agit surtout de personnes revenant de voyage de tourisme médical à l’étranger.

Les changements climatiques intensifient Candida auris

Des études ont démontré que le super-champignon s’adapte à des températures plus élevées. Cette tolérance à la chaleur pourrait contribuer à son émergence en tant que maladie fongique chez l’humain.

Des chercheurs des États-Unis et des Pays-Bas soupçonnent que le réchauffement climatique mondial pourrait contribuer à la propagation de cette infection.

Certains scientifiques pensent même que l’expansion de C. auris pourrait être lié à l’utilisation massive de fongicides en agriculture.

Une souche agrandie au microscope d'un champignon.

Une souche de Candida auris Photo: Reuters

Le champignon indésirable est le parfait exemple d’une des grandes menaces pour l’Humanité listées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : la résistance aux antibiotiques, que ce soit de la part de bactéries, de virus ou de champignons.

Ce problème croissant pourrait causer la mort de 10 millions de personnes dans le monde en 2050, selon une étude(Nouvelle fenêtre) financée par le gouvernement du Royaume-Uni, soit plus que les décès annuels du cancer.

Avec Radio-Canada par Thomas Gerbet

Burkina Faso : Propharm s’apprête à lancer une usine de médicaments génériques

août 30, 2022

Après plusieurs mois de retard causés par le Covid-19, le site de Propharm n’attend plus que son autorisation de mise sur le marché pour pouvoir distribuer ses comprimés au sein de l’Uemoa. Une première pour le pays.

Le Premier ministre, Albert Ouedraogo, sur le site de Propharm, situé à Googho, à quelques encablures de Ouagadougou, mardi 23 août. © Primature Burkina Faso

Dernière ligne droite pour Propharm et son usine de fabrication de médicaments génériques au Burkina Faso. Lancée en 2019, sa construction s’est achevée en mars dernier. Le site doit désormais obtenir le feu vert de l’autorité de régulation pharmaceutique locale – une demande doit être faite en septembre –, pour pouvoir distribuer sa production sur le marché national. Il a reçu, ce 23 août, la visite du Premier ministre, Albert Ouedraogo. Après le Burkina Faso, Propharm compte aussi écouler ses produits dans les sept autres pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), dont la Côte d’Ivoire, le Mali ou encore le Sénégal avant la fin de cette année.

D’un coût annoncé de 15 milliards de F CFA (22 millions d’euros), Propharm est une initiative lancée par quatre pharmaciens, dont le chef d’usine : le docteur Armel Palingwindé Coefe. Le projet financé par la dette, a été soutenu par quatre acteurs de la finance, dont Coris Bank d’Idrissa Nassa. L’inauguration de l’usine était initialement prévue en 2021, mais la pandémie de Covid-19 et son lot de restrictions sanitaires ont retardé le chantier. La possibilité de faire appel à une expertise étrangère en ingénierie a été bloquée, de même que l’importation de matières premières nécessaires pour la conception de médicaments. Les travaux n’ont pu reprendre qu’en mai 2021.

L’Afrique du Sud et le Maroc en avance

L’équipement venu tout droit des États-Unis permet à l’usine d’atteindre une capacité équivalente à 150 000 comprimés et 120 000 gélules par heure, avec, pour l’instant en production, un kit anti-trouble digestif comprenant du paracétamol 500mg, du phloroglucinol 80 mg et du zinc SRO (sel de réhydratation orale). La prochaine étape pour l’usine sera de se lancer dans la production de médicament sous forme injectable.

À ce jour, l’Afrique représente seulement 3 % de la production pharmaceutique mondiale avec 375 fabricants répartis sur 37 pays, et une importante masse de produits pharmaceutiques venue de Chine et d’Inde, selon l’agence de conseil Morgan Philips. Toutefois, 60 % des médicaments consommés sur le continent sont contrefaits ou détournés des approvisionnements classiques.

L’Afrique du Sud et le Maroc sont les pays les plus indépendants avec 70 % à 80 % de leurs médicaments produits localement. Au Maroc, la première pierre de l’usine du projet Sensyo Pharmatech, crée en 2016, a été posée en janvier par le roi Mohammed VI à Benslimane. Objectif ? Faire du pays le leader africain des vaccins.

Avec Jeune Afrique par Maureen Songne

L’eau de pluie est impropre à la consommation partout sur Terre, selon une étude

août 10, 2022
Un verre d'eau.

Les produits chimiques toxiques qui se trouvent dans l’eau de pluie dépassent les seuils recommandés, estiment des scientifiques de l’Université de Stockholm. Photo : Radio-Canada

L’eau de pluie sur Terre est impropre à la consommation à cause de la présence de produits chimiques toxiques dépassant les seuils recommandés, selon une récente étude menée par des scientifiques de l’Université de Stockholm.

Il n’y a nulle part sur Terre où l’eau de pluie serait propre à la consommation, d’après les données que nous avons utilisées, déclare à l’AFP Ian Cousins, professeur à l’Université de Stockholm et principal auteur de l’étude, publiée dans la revue Environmental Science and Technology. Son équipe a étudié des données compilées depuis 2010.

« Même en Antarctique ou sur le plateau tibétain, les niveaux présents dans l’eau de pluie sont au-dessus des recommandations proposées de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (EPA). »

Normalement considérées comme intactes, les deux régions ont des niveaux de PFAS (per et polyfluoroalkylées) 14 fois supérieurs aux recommandations américaines pour l’eau potable.

Plus communément appelés les produits chimiques éternels parce qu’ils se désintègrent de façon extrêmement lente, les PFAS, initialement présents dans les emballages, les shampoings ou encore le maquillage, se sont répandus dans notre environnement, y compris l’eau et l’air.

Une fois ingérés, les PFAS s’accumulent dans le corps.

Selon certaines études, l’exposition aux PFAS peut avoir des effets sur la fertilité et le développement du fœtus. Elle peut aussi mener à des risques accrus d’obésité ou de certains cancers (prostate, reins et testicules) et une augmentation des niveaux de cholestérol.

Un baril de récupération d'eau de pluie est placé sur des blocs de ciment prêt à déverser son contenu par le biais d'un robinet rouge.

Un baril de récupération d’eau de pluie. Photo : Radio-Canada/Rudy Desjardins

L’EPA a récemment baissé le seuil de PFAS recommandé, après avoir découvert que ces produits chimiques pourraient avoir un impact sur la réponse immunitaire à des vaccins chez les enfants, note Ian Cousins.

Selon Ian Cousins, les PFAS sont maintenant si persistants et omniprésents qu’ils ne disparaîtront jamais de la Terre.

« On a rendu la planète inhospitalière à la vie humaine en la contaminant de manière irréversible, ce qui fait que plus rien n’est propre. Et au point que ce n’est pas assez propre pour être sûr. »

Nous avons dépassé une limite planétaire, déclare Ian Cousins, en référence à un modèle permettant d’évaluer la capacité de la Terre à absorber l’impact de l’activité humaine.

Le scientifique note cependant que les niveaux de PFAS dans l’organisme des êtres humains ont diminué de façon assez significative ces 20 dernières années et que le niveau ambiant [des PFAS dans l’environnement] est resté le même ces 20 dernières années.

Ce sont les recommandations qui ont changé, précise le chercheur, en expliquant que l’on a baissé le niveau de PFAS recommandé des millions de fois depuis le début des années 2000, parce qu’on en sait plus sur la toxicité de ces substances.

Malgré les découvertes de l’étude, Ian Cousins considère qu’il faut apprendre à vivre avec.

Je ne suis pas très inquiet de l’exposition quotidienne dans les montagnes, les cours d’eau ou la nourriture. On ne peut pas y échapper…on va juste devoir vivre avec.

Mais ce n’est pas une situation idéale, où l’on a contaminé l’environnement au point que l’exposition naturelle n’est pas vraiment sûre.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse