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Les changements climatiques risquent de provoquer une multiplication de pandémies

juin 5, 2022

Le réchauffement du climat, la déforestation, la densification, la migration d’espèces et le commerce d’espèces sauvages sont des facteurs qui conduisent à l’émergence de maladies infectieuses.

Une personne observe au loin deux travailleurs de la santé en tenues de protection.

Un travailleur de Médecins sans frontières à l’entrée d’un centre de traitement de l’Ebola à Goma, en République démocratique du Congo Photo : Reuters/Baz Ratner

Avant même la pandémie de COVID-19, les scientifiques sonnaient l’alarme : le risque que de nouveaux pathogènes provoquent des pandémies s’accélère avec les changements climatiques et la perte de biodiversité.

La destruction causée par les humains met de la pression sur l’environnement, ce qui crée plus de risque d’échanges viraux entre espèces. C’est un effet domino. Quand on perturbe un aspect de la nature, ça peut revenir nous hanter, prévient Neil M. Vora, médecin et épidémiologiste pour l’organisation Conservation International.

En 2020, un groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES), avertissait d’ailleurs que des pandémies plus fréquentes, plus mortelles et plus coûteuses étaient à prévoir.

« Les changements dans la manière dont nous utilisons les terres, l’expansion et l’intensification de l’agriculture, de même que le commerce, la production et la consommation non durables perturbent la nature et augmentent les contacts entre la faune sauvage, le bétail, les agents pathogènes et les êtres humains. C’est un chemin qui conduit droit aux pandémies. »— Une citation de  Dr Peter Daszak, président d’EcoHealth Alliance et du groupe d’experts de l’ONU

Et ceux qui étudient les effets des changements climatiques sur la santé disent que nous avons déjà emprunté ce chemin.

Depuis la pandémie de grippe espagnole en 1918, le monde a connu une série d’épidémies et de pandémies : le VIH/SIDA, le SRAS-CoV-1, le chikungunya, le Zika, le H1N1, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, le SRAS-CoV-2, l’Ebola, la fièvre de Lassa et le Nipah ne sont que quelques-uns des virus qui ont balayé le monde.

La probabilité que nous subissions de nouvelles épidémies va tripler au cours des prochaines décennies, conclut une récente étude(Nouvelle fenêtre). Ses auteurs estiment qu’une autre pandémie comme celle de la COVID-19 pourrait survenir d’ici une cinquantaine d’années.

Nous sommes entrés dans une ère de pandémies, a d’ailleurs déclaré(Nouvelle fenêtre) le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses des États-Unis, en août 2020.

L’impact de climats changeants

D’après Rory Gibb, un biologiste qui étudie les liens entre les maladies infectieuses et le climat à l’École d’hygiène et de médecine tropicale de l’Université de Londres, il y a un ensemble de facteurs écologiques et environnementaux qui modifient le rythme auquel les pathogènes se transmettent des animaux aux humains.

Cyril Caminade, physicien et chercheur en climatologie de l’Université de Liverpool, précise que les maladies à transmission vectorielle (peste, paludisme, dengue, Zika…) et à transmission hydrique (choléra, hépatites…) sont particulièrement sensibles aux changements climatiques.

Par exemple, la multiplication des cyclones, des ouragans et des inondations augmente le risque que certaines maladies à transmission hydrique, comme la leptospirose ou le choléra, se propagent parmi les sinistrés.

Les maladies vectorielles, surtout transmises par des arthropodes (moustiques, mouches, tiques, limaces…), sont quant à elles très sensibles aux changements climatiques. Les arthropodes sont ectothermes, donc leur température interne est régulée par les conditions environnementales.Un moustique à l'abdomen gorgé de sang pique une peau humaine.

L’anophèle peut transmettre le parasite causant la malaria. Photo : La Presse Canadienne/AP Photo/CDC, University of Notre Dame, James Gathany

Ainsi, plus la température et l’humidité augmentent, plus les conditions sont favorables à la croissance des arthropodes, explique M. Caminade. Par exemple, une augmentation des précipitations peut augmenter les zones de reproduction. Des températures plus élevées peuvent également réduire la période d’incubation de certains moustiques.

« Les températures de l’air ont un impact très fort sur la longévité, la mortalité, le développement des moustiques ainsi que sur la vitesse à laquelle le pathogène se développe à l’intérieur du moustique. »— Une citation de  Cyril Caminade, physicien et chercheur en climatologie de l’Université de Liverpool

Une étude(Nouvelle fenêtre) estime que, d’ici la fin du siècle, certaines régions tropicales pourraient voir leur saison de transmission de la malaria se prolonger de près de deux mois. La durée de la saison de transmission de la dengue pourrait augmenter de quatre mois dans les plaines des régions tropicales d’Asie du Sud-Est, d’Afrique subsaharienne et du sous-continent indien.

Parallèlement, selon M. Caminade, les changements climatiques pourraient être si extrêmes à certains endroits que des moustiques pourraient disparaître, ce qui réduirait cette fois les risques de transmission de maladies.Un homme les bras croisés devant une étagère.

« Il faut faire attention à l’environnement, à nos forêts et à notre biodiversité. Ils sont tous reliés à notre santé », dit Cyril Caminade. Ce chercheur de l’Université de Liverpool modélise les répercussions du réchauffement climatique sur les maladies vectorielles. Photo : Cyril Caminade

Les changements climatiques ont aussi une incidence sur la répartition géographique de nombreuses maladies infectieuses. Or, l’émergence de nouveaux pathogènes dans des régions où la population n’est pas immunisée peut mener à des épidémies explosives.

Rory Gibb souligne que ce ne sont pas toutes les régions du monde qui seront touchées de la même façon. Par exemple, l’Ebola, concentré surtout en Afrique de l’Ouest, pourrait se propager à l’est du continent sans devenir une pandémie mondiale.

Déjà, on voit comment des changements de température et d’humidité ont un effet sur la transmission de pathogènes dans certaines régions.

Par exemple, El Niño aurait créé en 2015-2016 des conditions favorables à la transmission du Zika en Amérique du Sud.

Des hivers plus doux, ainsi que de longues sécheresses aux États-Unis contribuent à la propagation du virus du Nil dans les zones urbaines.

Les tiques, qui peuvent transmettre la maladie de Lyme, se déplacent vers le nord depuis une dizaine d’années à cause des hivers plus doux combinés à des printemps et des automnes plus longs.La maladie de Lyme peut être transmise par une tique.

La maladie de Lyme peut être transmise par une tique. Photo : Istock

Conséquences des contacts plus fréquents entre humains et animaux

L’autre élément qui préoccupe les scientifiques est l’augmentation de la transmission de zoonoses – des maladies ou des infections naturellement transmissibles des animaux vertébrés à l’homme.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) note que les zoonoses représentent une forte proportion de l’ensemble des maladies infectieuses nouvellement recensées ainsi que de nombreuses maladies existantes.

En fait, depuis le début du XXe siècle, presque toutes les pandémies virales ont été déclenchées par une zoonose, précise Cyril Caminade.

Une étude(Nouvelle fenêtre) indique qu’entre 1994 et 2004, parmi plus de 300 nouvelles maladies infectieuses recensées, plus de 60 % ont été causées par des pathogènes zoonotiques.

Les scientifiques craignent que des contacts plus fréquents avec la faune en raison de migrations climatiques ne changent la donne.

Au fur et à mesure que la planète se réchauffe, les animaux cherchent de nouveaux habitats pour survivre. Les inondations, les feux de forêt, les températures extrêmes et la sécheresse les forcent à se déplacer là où les conditions sont plus favorables.Un homme observe au loin un émou qui fuit un feu de forêt.

De plus en plus d’animaux sont forcés de fuir leur habitat en raison de feux de forêt, d’inondations et de variations extrêmes de température. Photo : Reuters/Mike Blake

Par conséquent, des espèces qui n’avaient jamais coexisté vivront désormais côte à côte, ce qui augmentera les risques de transmission de virus entre hôtes naïfs (qui n’y avaient jamais été exposés).

Une récente étude publiée dans la revue Nature(Nouvelle fenêtre) montre que les changements climatiques entraîneront des centaines de milliers de nouvelles rencontres entre espèces d’ici 2070. Cela augmentera les probabilités que des maladies infectieuses soient par la suite transmises aux humains.

Des chercheurs ont modélisé la migration climatique de quelque 3000 espèces de mammifères au cours des 50 prochaines années pour voir comment elle pourrait influer sur la quantité d’échanges viraux.

Même selon les scénarios les plus optimistes, on pourrait observer environ 300 000 premières rencontres entre diverses espèces. Cela pourrait entraîner le transfert de 15 000 zoonoses chez des hôtes naïfs, dont 4000 entre mammifères.

Ces chercheurs ont souligné que les chauves-souris devraient être à l’origine d’une grande proportion de ces transmissions.Un groupe de Pteropus poliocephalus suspendu aux branches d'un arbre.

Un groupe de Pteropus poliocephalus Photo : Istock

Si la température de la planète continue d’augmenter, les zoonoses se propageront davantage dans les écosystèmes riches en espèces, dans les régions de haute altitude et dans les endroits densément peuplés, affirment les auteurs de l’étude.

L’apparition de nouveaux pathogènes a forcément aussi des conséquences sur la santé des animaux. Par exemple, les épidémies d’Ebola en 2002 et en 2003 au Congo et au Gabon ont tué plus de 11 000 personnes, mais aussi plus de 5000 gorilles(Nouvelle fenêtre).

Il va y avoir un impact plus marqué sur les animaux que [sur] les humains, puisque les humains ont toujours accès à plus de protection avec la médecine moderne, fait remarquer Cyril Caminade.

Combien de pandémies pourraient surgir?

Bien sûr, ces 15 000 nouvelles transmissions virales possibles ne mèneront pas nécessairement à 15 000 nouvelles épidémies, mais il suffit du transfert d’un seul pathogène à un humain pour en déclencher une, souligne Rory Gibb.

L’étude publiée dans Nature ne dit pas combien de virus pourraient causer des maladies chez l’homme.Un homme assis près d'un ruisseau.

« Lorsqu’on parle de changements climatiques, il faut parler des risques de zoonoses », dit Rory Gibb, de l’Université de Londres. Photo : Researchgate

Il est difficile de prédire où et quand un nouveau pathogène se propagera à un humain et si les conditions seront favorables pour que cet humain infecté transmette le pathogène à d’autres, explique M. Gibb. On ne voit pas le transfert d’un pathogène d’un animal à un humain, explique-t-il. On sait que c’est arrivé seulement quand la personne est infectée et devient malade.

Malgré cette incertitude, ce type de modélisation permet de mieux comprendre où les risques de transmission de zoonoses sont les plus élevés, assure M. Gibb. Cela permet aux autorités de mieux cibler leurs interventions.

C’est comme la météo : on peut prédire la probabilité de pluie pour une ville, mais il est possible que votre quartier n’ait pas de pluie, cite-t-il en exemple.

D’autres facteurs à surveiller

Des travailleurs vêtus d'habits de protection et de matériel désinfectant se promènent dans des rues désertes.

Des travailleurs désinfectent une zone résidentielle de Shanghai. Photo : Reuters/Aly Song

Il n’y a pas que le climat qui joue un rôle dans la propagation de nouveaux pathogènes, ajoute Cyril Caminade. Il faut aussi tenir compte des aspects de mondialisation, de population, d’utilisation des sols et de biodiversité.

Notamment, la déforestation pousse la faune qui survit vers les centres urbains, ce qui accroît les risques de contacts avec le bétail et les humains. La façon dont on occupe le sol peut créer beaucoup d’opportunités de sauts zoonotiques entre les animaux et les humains, dit M. Caminade.

La déforestation de la forêt amazonienne aurait notamment contribué à l’émergence des virus Zika et Hendra. Et au Bangladesh, les chauves-souris porteuses du virus Nipah se trouvent de plus en plus dans des zones à forte densité, parce que leur habitat forestier a été défriché.

Les experts observent que l’augmentation de la densification des villes et la multiplication des voyages risquent de poser problème lorsque de nouveaux pathogènes respiratoires, comme la COVID-19, se propageront. Il y a une corrélation assez forte entre la densité de population humaine et le risque de sauts de maladies, mentionne M. Caminade.

La prévention est cruciale

Neil M. Vora est catégorique : la santé publique et la conservation de l’environnement vont de pair.

« Lorsqu’on sauve la nature, nous nous sauvons aussi. Pour prévenir davantage de pandémies, il faut réparer notre partenariat brisé avec la nature. »— Une citation de  Neil M. Vora, Conservation InternationalUn homme portant des lunettes.

« Je crois qu’il a fallu cette pandémie pour que les gens comprennent que leur bien-être est intimement lié au bien-être de la nature», dit Neil M. Vora, de Conservation International. Photo : Conservation International

Le risque de pandémie peut être considérablement réduit en diminuant les activités humaines qui entraînent la perte de biodiversité et les changements climatiques, croit-il.

Dans un essai publié dans Nature(Nouvelle fenêtre), il propose quatre actions pour aider à prévenir l’apparition de nouvelles pandémies :

  • Protéger les forêts tropicales et subtropicales afin de réduire les contacts entre les humains et la faune;
  • Interdire ou réglementer strictement le commerce d’animaux sauvages vivants;
  • Améliorer les soins vétérinaires, l’alimentation et l’hébergement des animaux d’élevage;
  • Améliorer la santé et la sécurité économique des personnes à travers le monde.

Le déclenchement d’une épidémie dépend d’une multitude de facteurs. Mais la vulnérabilité d’une population reste l’une des variables les plus importantes, insiste Cyril Caminade. Par exemple, il est moins probable que le paludisme ou le choléra deviennent épidémiques en Europe ou au Canada, puisque leurs habitants ont accès à des systèmes de santé plus efficaces que ceux des pays où ces maladies ont fait des ravages dans les dernières décennies.

Puisque les conditions sont de plus en plus favorables au déclenchement de pandémies, la prévention est la clé, soutiennent les trois experts.

« Il faut penser aux moyens de préparer les gens à ces maladies. Comment peuvent-ils s’adapter [à ces nouveaux pathogènes]? »— Une citation de  Rory Gibb, biologiste à Université de Londres

D’ailleurs, selon le rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité, réagir aux maladies exclusivement après leur apparition constitue un chemin lent et incertain, rempli de souffrance.

Selon M. Caminade, lorsque la pandémie de COVID-19 sera terminée, il ne faudra surtout pas baisser la garde.

On a une fenêtre de deux ou trois mois pour agir lorsqu’on découvre un nouveau pathogène, dit-il. Et ensuite, c’est fini. Il y a quand même toujours ce potentiel d’arrêter la propagation du virus assez tôt, ce qui n’a pas été du tout le cas pendant la pandémie de COVID-19.

Avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

Canada: Le rêve « utopiste » de l’immunité collective contre la COVID-19

mai 1, 2022
Dans une rue presque déserte, un graffiti sur un bloc de béton représente le coronavirus avec une balle de tennis au centre.

Melbourne, en Australie, le 28 mai 2021, au premier jour d’un confinement d’une semaine qui a finalement duré deux semaines dans l’État de Victoria. Photo: Reuters/Sandra Sanders

L’immunité collective contre la COVID-19 n’a jamais été et ne sera jamais atteignable, selon plusieurs experts. Espérer mettre fin à la pandémie en ayant un grand nombre de personnes infectées n’est donc pas une bonne stratégie.

De prime abord, l’idée semblait pourtant prometteuse. Puisque le SRAS-CoV-2 est si présent dans la population, pourquoi ne pas simplement laisser la vaste majorité être infectée par la COVID-19 afin de susciter une immunité collective et d’accélérer ainsi la fin de la pandémie?

C’est l’approche qu’avait décidé d’emprunter la Suède, tôt durant la pandémie, avec des résultats qui lui ont valu les critiques de nombreux scientifiques(Nouvelle fenêtre) en raison du haut taux de décès entraîné par ce choix. Avec près de 19 000 morts, la Suède a un taux de décès par 100 000 habitants presque quatre fois plus élevé que la Norvège, où les mesures sanitaires étaient plus strictes.

Cela n’a pas empêché de nombreux pays, encore récemment, de voir, dans le nombre exponentiel d’infections causées par le variant Omicron, un signe que le monde avait fait un pas vers l’immunité collective.

Toutefois, selon Alain Lamarre, professeur-chercheur spécialiste en réponses immunitaires et en virologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’immunité collective est quasi impossible à atteindre à ce stade de la pandémie et ne permettrait pas, de toute façon, d’éliminer le virus.

De plus en plus de gens croient qu’avec les variants, l’immunité collective est utopiste, dit M. Lamarre. Je pense que ça va être difficile de l’atteindre comme les gens l’entendent, [c’est-à-dire] d’arriver à un stade où le virus ne se transmet plus parce que les personnes non immunisées sont indirectement protégées par celles qui sont immunisées.

En mars dernier, le Dr Luc Boileau, directeur de la santé publique du Québec par intérim, avait lui aussi affirmé en entrevue à Tout un matin que l’immunité collective ne pourrait pas être atteinte de façon stable.

Multiplication des mutations et des réinfections

En fait, plusieurs raisons expliquent pourquoi l’immunité collective n’est pas possible avec le SRAS-CoV-2.

D’abord, trop de gens ont cru qu’on pourrait atteindre l’immunité collective comme on l’a fait avec la rougeole, dit Catherine Hankins, professeure en santé publique et en santé des populations à l’Université McGill et coprésidente du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19. La réalité est bien différente avec le SRAS-CoV-2.

Depuis le début de la pandémie, rappelons-le, un nouveau variant d’intérêt ou préoccupant est apparu tous les quatre à six mois. Le virus n’a donc pas fini de muter et les scientifiques ont d’ailleurs présentement à l’œil plusieurs sous-variants d’Omicron ainsi que des recombinants.

Ce virus ne cesse pas de changer. Or, les seuls virus pour lesquels on a réussi à atteindre une immunité collective sont des virus relativement stables, dit Mme Hankins avant de donner l’exemple de la rougeole ou de la variole. Dans le cas de ces virus, une infection procurait une immunité pour la vie.

Dans un monde idéal, le SRAS-CoV-2 aurait peu muté et n’aurait infecté les gens qu’une fois.

Cependant, il est désormais clair que les réinfections font partie de l’équation puisque l’immunité conférée par une infection au SRAS-CoV-2 est généralement de courte durée. Même si vous bénéficiez d’une certaine protection contre l’infection par les autres souches, vous n’êtes pas protégé contre Omicron, explique Mme Hankins.

Elle ajoute que cette immunité est en fait tributaire du prochain variant. Or, nous ne connaissons pas les propriétés de ces nouveaux variants, dit-elle.

Au rythme où le SRAS-CoV-2 mute, atteindre l’immunité collective en se fiant aux infections devient donc un jeu du chat et de la souris sans fin. En effet, chaque fois qu’un nouveau variant fait son apparition, tout est à recommencer.

Trop contagieux pour une telle stratégie

Le caractère fortement contagieux du virus par rapport à d’autres que l’humanité a dû affronter entre aussi en ligne de compte.

Plus haut est le taux de reproduction – soit le nombre moyen de personnes à qui un individu infecté transmet le virus –, plus on a besoin d’une proportion élevée de la population qui a une protection de longue durée pour atteindre l’immunité collective, dit Jane Heffernan, experte en modélisation des maladies de l’Université York, qui étudie la réponse immunitaire du vaccin contre la COVID-19 à l’aide de modèles mathématiques.

Or, le SRAS-CoV-2 a atteint des taux de transmission très élevés, ce qui pousse le seuil de l’immunité collective hors de portée, dit-elle.

La souche originale de la COVID-19 avait un taux de reproduction situé entre 2,0 et 2,5, puis il a doublé à environ 5 pour Delta(Nouvelle fenêtre). Avec le BA1(Nouvelle fenêtre), on estime que ce taux est de 9,5, et avec le BA.2, entre 16 et 20.

En comparaison, la grippe a un taux se situant entre 2 et 3, et la varicelle, entre 10 et 12.

La rougeole, considérée comme une des maladies les plus transmissibles, a un taux de reproduction d’environ 15. On estime qu’il faut un taux de vaccination de plus de 90 % pour éviter des éclosions de rougeole.

Selon Mme Heffernan, il faudrait donc que près de 100 % de la population ait une immunité de longue durée pour satisfaire à la définition courante de l’immunité collective. Impossible, dit-elle.

De plus, affirme M. Lamarre, il est difficile de savoir avec certitude quelle proportion de la population a été immunisée après une infection, car on ne teste pas suffisamment, et de nombreuses personnes sont asymptomatiques. De plus, l’immunité post-infection diminue rapidement et varie de personne en personne ainsi que de souche en souche. Donc, comment déterminer si la proportion de personnes immunisées est suffisante?

Vaccins et transmission

Au début de la campagne de vaccination, on espérait que la pandémie serait contrôlée si 75 % de la population était vaccinée.

Cependant, si les vaccins protègent bien contre les symptômes graves de la maladie, ils ne peuvent pas prévenir toute transmission, surtout avec Omicron, qui est hautement contagieux.

Le Dr Luc Boileau précise que de 10 % à 15 % des personnes adéquatement vaccinées peuvent contracter le virus et donc le transmettre.

« Le concept [d’immunité collective] fonctionne seulement si on est protégé contre la transmission. Ce n’est pas le cas. »— Une citation de  Alain Lamarre, de l’INRS

De plus, si l’immunité conférée par un vaccin dure plus longtemps que celle acquise après une infection, elle ne dure pas toute la vie, comme c’est le cas pour la rougeole, par exemple.

Pour faire face aux futures surprises que nous réserve le SRAS-CoV-2, il faut absolument concevoir des vaccins efficaces contre une multitude de variants, dit Mme Heffernan.

M. Lamarre abonde dans ce sens. On ne va pas éradiquer le virus : ce n’est pas réaliste comme objectif. Par contre, si on met au point un vaccin qui maîtrise mieux la transmission, il sera possible de ralentir la propagation et de diminuer les pics d’infections.

Une stratégie discréditée par des études

Même si tous les signes indiquent que l’immunité collective ne sera pas atteinte dans le cas de la COVID-19, cette idée a rebondi dans les débats publics à plusieurs reprises pendant la pandémie. Elle a aussi été discréditée de nombreuses fois.

En octobre 2020, la déclaration de Great Barrington préconisait de laisser la majorité de la population s’infecter tout en protégeant les plus vulnérables. Cette proposition a été vivement critiquée, notamment pour des raisons morales. Est-ce éthique de mettre à l’écart les plus vulnérables pour que le reste des gens puissent vaquer à leurs occupations?, demandaient les opposants(Nouvelle fenêtre).

Une récente analyse publiée dans la revue Nature(Nouvelle fenêtre) a pour sa part constaté l’échec subi par la Suède en adoptant cette stratégie. Les auteurs affirment que la transmission non contrôlée a causé de nombreux décès qui auraient pu être évités.

En mai 2020, un haut responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs rappelé qu’on ne devrait pas appliquer la définition d’immunité collective aux infections naturelles. L’immunité collective atteinte grâce aux infections ne place pas les personnes, la vie et la souffrance au centre de cette équation, a affirmé Mike Ryan, directeur des urgences de l’OMS.

Même avant l’arrivée des vaccins, plusieurs scientifiques avaient affirmé dans The Lancet(Nouvelle fenêtre) que toute stratégie de gestion de la pandémie reposant sur l’immunité conférée par les infections naturelles est imparfaite.

« Essayer d’arriver à une immunité collective par l’infection est une erreur dangereuse non appuyée par des preuves scientifiques. »— Une citation de  Une étude parue dans The Lancet

Dans une autre étude publiée cette semaine(Nouvelle fenêtre), des chercheurs du Royaume-Uni ont modélisé l’impact d’une stratégie dans laquelle on aurait permis des taux élevés d’infection parmi la population moins à risque dans l’espoir de protéger les personnes vulnérables. On a donc vérifié s’il était approprié d’adopter une protection ciblée pour réduire les mesures sanitaires dans la population générale.

Les auteurs sont catégoriques : cette approche est fortement biaisée et aurait été dévastatrice pour les personnes âgées et celles qui ont des antécédents médicaux.

En fait, le Royaume-Uni aurait connu plus de 50 000 décès supplémentaires, en grande majorité des personnes vulnérables. Il s’agit probablement d’une estimation prudente, précisent les auteurs, car les hôpitaux et les unités de soins intensifs auraient été rapidement débordés [par une hausse importante du nombre de cas].

Ils expliquent que cette stratégie a trois défauts. Premièrement, il est impossible de protéger parfaitement toutes les personnes les plus vulnérables. Par exemple, les résidents des établissements de soins de longue durée ont nécessairement des contacts avec le personnel, et de nombreuses personnes à haut risque vivent dans la communauté avec des personnes à faible risque.

La deuxième faiblesse est qu’en cas de résurgence importante du nombre de cas, de nombreuses personnes auraient fort probablement changé leurs comportements pour éviter l’infection. Cela aurait provoqué des vagues plus petites et plus longues, avec moins d’infections totales. Ainsi, les niveaux nécessaires pour obtenir l’immunité collective n’auraient jamais été atteints.

La troisième faiblesse évoquée est que l’immunité collective ne confère qu’une protection indirecte et n’est que temporaire. Aussitôt que les mesures de protection pour les personnes vulnérables auraient été levées, celles-ci auraient été de nouveau à risque d’être infectées par la transmission résiduelle dans la communauté. Par exemple, les résidents des établissements de soins de longue durée seraient demeurés indéfiniment à risque.

Pour toutes ces raisons, ces trois experts affirment que les gouvernements ne peuvent pas se fier aux infections précédentes pour éviter de nouvelles vagues. La vaccination reste le meilleur outil, disent-ils, et les vaccins devront être améliorés en attendant que le virus devienne endémique.

avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

La guerre en Ukraine fait bondir la demande pour des mères porteuses canadiennes

avril 9, 2022

La procréation assistée au Canada coûte plus cher qu’en Ukraine mais beaucoup moins cher qu’aux États-Unis. Photo : Istock

L’Ukraine est un des seuls pays au monde à autoriser la gestation pour autrui commerciale pour les étrangers. Chaque année, des milliers de couples de partout dans le monde s’y rendent pour obtenir les services d’une mère porteuse. Mais depuis le début de la guerre, c’est la course contre la montre pour sauver le matériel génétique des futurs parents, lesquels sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le Canada, un pays plus stable que l’Ukraine et plus abordable que les États-Unis.

On est très occupés, lance Sally Rhoads-Heinrich, propriétaire de Surrogacy in Canada Online, une agence ontarienne spécialisée dans l’accompagnement des couples tout au long du processus de gestation pour autrui.

Depuis le début du conflit, le 24 février, l’agence est submergée de demandes de couples étrangers qui cherchent une mère porteuse canadienne.

« Le nombre de demandes a triplé. »— Une citation de  Sally Rhoads-Heinrich, propriétaire de Surrogacy in Canada Online

Actuellement, nous avons plus d’une soixantaine de dossiers de couples et seulement une mère porteuse disponible, dit-elle.

Certains des couples qui la contactent viennent d’aussi loin que de l’Australie ou encore de l’Irlande, comme Mark et Suzanne Sheerin, dont les huit embryons ont été créés dans une clinique de fertilité de Kiev.

Sauver les embryons des bombes

Lorsque les bombes ont commencé à s’abattre sur Kiev, en février, les deux Irlandais ont cru voir leur rêve d’avoir un enfant issu de leur ADN partir en fumée.

Mark et Suzanne Sheerin étaient sur le point d’être jumelés à une mère porteuse ukrainienne lorsque la guerre a éclaté. Photo : Fournie par Mark et Suzanne Sheerin

Tous les gens en Ukraine essayaient de sauver leur vie et leur famille. On s’est donc dit qu’il y avait peu de chances de pouvoir faire sortir nos embryons du pays. […] On était en train de faire notre deuil et de se faire à l’idée que nous allions devoir recommencer tout le processus, raconte ce couple, qui vit au sud de Dublin.

Environ deux semaines plus tard, les deux trentenaires ont donc eu la surprise de leur vie en apprenant que leurs embryons se trouvaient maintenant en Slovaquie.

Celui qui les a sauvés s’appelle Birol Aydin. Lorsqu’il s’est réveillé au son des explosions, le 24 février, cet embryologiste turc n’a eu qu’un seul réflexe : prendre son passeport et aller récupérer en vitesse les quelque 50 000 embryons et 10 000 ovocytes stockés dans son laboratoire de la clinique de fertilité IV MED, à Kiev.

Les gens paniquaient et il y avait beaucoup d’accidents sur les routes. […] Quand je suis arrivé, la clinique était vide. Je me suis mis à congeler tous les embryons, raconte l’embryologiste.

Sa collègue Uliana Dorofeyeva et lui-même ont ensuite rempli le coffre de leurs deux voitures de réservoirs d’azote liquide et transporté tout le matériel génétique des patients, y compris les embryons de Mark et Suzanne Sheerin, vers Bratislava, la capitale slovaque.

Birol Aydin et sa collègue Uliana Dorofeyeva ont transporté des milliers d’embryons et d’ovocytes de Kiev jusqu’à Bratislava, en Slovaquie, dans le coffre de leur voiture. Photo : Fournie par Birol Aydin

Nous avons d’abord tenté de traverser la frontière polonaise, mais nous avons dû attendre en file pendant 30 heures. Nous avons donc décidé de faire demi-tour, parce que pendant tout ce temps, nous ne pouvions pas dormir. Nous devions aussi arrêter la voiture pour économiser l’essence, mais il faisait très froid, raconte Birol Aydin, qui a réussi à traverser la frontière slovaque au bout du troisième jour de ce périple.

L’embryologiste a dû faire trois voyages et parcourir près de 5000 km pour mettre à l’abri tous les embryons et tous les ovocytes de la clinique.

Je n’avais pas le consentement de la clinique ni celui des patients pour transporter le matériel. Sur la route, j’ai longtemps pensé au risque que je prenais d’un point de vue juridique, par exemple si j’avais un accident. Mais je savais que je faisais la bonne chose, raconte-t-il.

Un long voyage vers le Canada

Aujourd’hui établi à Bratislava, Birol Aydin continue de veiller sur ses embryons. C’est de là que Mark et Suzanne Sheerin tentent maintenant de faire expédier leurs embryons au Canada.

Le problème, c’est qu’au Canada, la procréation assistée peut coûter plus de 100 000 $, soit plus du double qu’en Ukraine.

Quand on s’est rendu compte qu’on devait se tourner vers le Canada, il a fallu revoir tous nos projets. Nous sommes en train de réhypothéquer notre maison, explique Suzanne Sheerin.

De plus, contrairement à l’Ukraine, le Canada n’autorise que la gestation pour autrui dite altruiste. Une femme porteuse ne peut donc pas être payée pour ses services, ce qui réduit énormément le nombre de femmes porteuses disponibles.

Nous n’avons pas assez de femmes porteuses […]. Habituellement, en Ukraine, trouver une femme porteuse prend trois mois, tandis qu’au Canada, cela peut prendre des années, explique Sally Rhoads-Heinrich.

À l’autre bout du pays, en Colombie-Britannique, la propriétaire et fondatrice de l’agence ANU Fertility Consultants Ltd, Lorraine Smith, observe le même phénomène.

Le problème, c’est qu’il y a trop de gens qui ont besoin de notre aide. Et quand on perd un pays comme l’Ukraine et qu’on doit réorienter les gens vers un système qui est déjà surchargé, ça devient encore plus compliqué, explique-t-elle.

L’avocate Cindy Wasser, de la firme torontoise Hope Springs Fertility Law, précise que faire venir du matériel génétique comme des embryons peut imposer certains contraintes.

Les embryons doivent avoir été créés dans une clinique qui respecte les règles canadiennes en matière de santé et de sécurité, explique-t-elle.

L’avocate souligne également que les embryons doivent être accompagnés de la bonne documentation pour être utilisés au Canada.

Mark et Suzanne Sheerin ne perdent toutefois pas espoir, même si l’attente est difficile.

Nous savons [que nos embryons] sont en sécurité, mais nous ne voulons pas nous y attacher. La route sera longue avant que nous ayons un bébé dans nos bras, dit Suzanne Sheerin.

Avec Radio-Canada par Andréane Williams

Documentaire: « Femmes et science en Afrique : une révolution silencieuse » projeté à Brazzaville

mars 31, 2022

Dans le cadre de la clôture des activités du mois dédié à la lutte pour les droits de femme, la Fondation congolaise pour la recherche médicale (FCRM) a projeté, le 30 mars à l’Institut français du Congo, le documentaire « Femmes et science en Afrique, une révolution silencieuse ».

1- Une capture du film « Femmes et science en Afrique : une révolution silencieuse » lors de sa projection à l’IFC/Adiac

C’est en présence de Kate Thompson-Gorry, Michel Welterlin et de la Pre Francine Ntoumi, respectivement réalisatrice, producteur et l’une des héroïnes du film, que s’est faite la projection du documentaire « Femmes et science en Afrique : une révolution silencieuse ». Cette cérémonie s’inscrit dans la vision du programme « Femmes & Sciences » de la Fondation congolaise pour la recherche médicale dont les actions incluent des campagnes de sensibilisation en milieu scolaire, l’encouragement des femmes engagées dans les sciences par l’attribution du prix d’encouragement scientifique et des bourses aux étudiantes.

« Femmes et science en Afrique : une révolution silencieuse » est un documentaire inédit au cœur d’une communauté bouillonnante de femmes du continent, réservoir unique de talents pour la science et l’innovation. Des femmes qui, par leur dynamisme, leur travail acharné et leur implication pour l’égalité des droits, ont réussi à briser les stéréotypes dans le milieu de la recherche, tout en participant aujourd’hui au développement de l’Afrique.

Pre Tebello Nyokong (Chimiste) de l’Afrique du Sud, Pre Francine Ntoumi (Biologiste moléculaire) de la République du Congo et enfin, Zara Randriamanakoto (Astrophysicienne) de Madagascar, sont les trois protagonistes du film. En 51 min, l’œuvre les met en lumière et apporte des réponses aux questions ayant un lien direct avec leurs parcours et leurs exploits : qui sont ces femmes ? Quels obstacles ont-elles dû surmonter pour arriver au sommet de leur art ? Quel impact ont-elles sur leur communauté ? Sauront-elles trouver des solutions concrètes aux défis majeurs du XXIe siècle ? Et si le Einstein de demain était une femme africaine ?

2- Une vue des panélistes durant les échanges/DR

La projection du film s’est suivie d’une causerie-débat avec l’assistance composée, entre autres, des cadres ministériels, scientifiques, enseignants et chercheurs, étudiants, élèves, communicants, cinéastes, etc. « Mon métier de réalisatrice est avant tout de raconter des histoires qui peuvent porter, inspirer et faire découvrir des choses et des personnes qu’on ne connaît pas forcément. En étudiant le sujet de la science, j’ai découvert ces trois femmes exceptionnelles que je ne connaissais pas. Et d’ailleurs, le titre révolution silencieuse, c’est parce qu’il y a des femmes scientifiques en Afrique, mais peu d’entre elles sont connues. A travers ce film, j’ai voulu donner une voix à ces femmes et faire connaître cette révolution », a fait savoir Kate Thompson-Gorry, réalisatrice du documentaire sorti en 2019.

A ce propos, la Pre Francine Ntoumi, engagée dans la lutte contre le paludisme et présidente de la FCRM, a remercié toute l’équipe de production du film d’avoir bien voulu mettre sous les projecteurs les efforts des femmes africaines afin de porter haut cette science qui est importante pour l’avenir du continent. Aux jeunes filles intéressées par les métiers scientifiques, elle les a exhortées à se projeter à grande échelle en vue d’aller le plus loin possible. Ce, en s’appuyant sur la formation comme participation à la construction de ce rêve. « La femme ne doit pas limiter ses ambitions. Ce film est un outil formidable de plaidoyer, d’éducation et d’encouragement pour les filles et les femmes de science en Afrique », a-t-elle indiqué.

De ce temps de partage, Channie Rhonda Kono, étudiante en troisième année de biologie à l’Université Marien-Ngouabi, a exprimé sa satisfaction qu’aujourd’hui la société comprend de plus en plus que la femme est indispensable et qu’elle a beaucoup apporté dans le développement. « C’est juste magnifique de voir toutes ces femmes scientifiques rayonner, elles qui n’ont pas abandonné et qui pour nous jeunes sont de véritables modèles et sources d’inspiration », a-t-elle confié.

Notons que « Femmes et science en Afrique : une révolution silencieuse » a été produit par Michel Welterlin et la compagnie Taxi-Brousse, avec le soutien de Canal + international et de la fondation L’Oréal.

Lien pour suivre gratuitement le film en ligne : https://vimeo.com/418381005.

Avec Adiac-Congo par Merveille Atipo

Hong Kong et la Chine au cœur d’une nouvelle vague de COVID-19

mars 18, 2022

Le nombre de cas de COVID-19 a explosé à Hong Kong. Photo : Reuters/Tyrone Siu

La situation sanitaire continue de se dégrader dans plusieurs coins du monde, notamment en Chine et à Hong Kong, à cause de la propagation du sous-variant d’Omicron, le BA.2, encore plus contagieux que le BA.1 qui a frappé en décembre et janvier. De nombreux pays européens sont sur le qui-vive, alors qu’une nouvelle vague semble se profiler à l’horizon.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 40 000 décès ont été recensés à travers le monde dans la dernière semaine, soit une baisse de 17 %. Cependant, le nombre de cas est en hausse pour cette même période de 8 %, ce qui laisse présager un effet sur le nombre futur de décès. Les autorités font ainsi état de quelque 11 millions de nouveaux cas en une semaine, et ce, malgré une baisse significative du nombre de tests de dépistage effectués dans de nombreux pays.

« Cette augmentation de cas se produit malgré le nombre réduit des tests de dépistage dans certains pays, ce qui signifie que les cas que nous constatons ne sont que la pointe de l’iceberg. »— Une citation de  Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS

Les infections ont notamment augmenté de 29 % dans la zone dite du Pacifique Ouest (qui comprend la Chine) et de 12 % en Afrique.

La responsable de la gestion de la pandémie à l’OMS, la Dre Maria Van Kerkhove, a affirmé mercredi qu’au cours des 30 derniers jours, 75 % des infections étaient le fait du BA.2, et 25 %, du BA.1. Toutefois, elle a souligné que sa capacité à suivre l’évolution du variant BA.2 est compromise par la diminution substantielle des campagnes de dépistage.

La situation est particulièrement préoccupante à Hong Kong.

Officiellement, il y a eu plus de 740 000 cas depuis le début de cette vague sur quelque 7,4 millions d’habitants. Mais des chercheurs de l’Université de Hong Kong estiment que 3,6 millions de personnes, soit près de la moitié de la population, ont contracté le virus lors de l’épidémie actuelle, et que le total sera de 4,5 millions.

Au cours des trois derniers mois, Hong Kong a par ailleurs confirmé plus de 4600 décès, un choc, alors qu’à compter du début de la pandémie elle n’avait jamais enregistré plus d’une poignée de décès par jour. Depuis une semaine, on en compte près de 300 par jour.

La plupart des décès surviennent parmi les personnes âgées. Rappelons que seulement 35 % des aînés de 80 ans et plus y ont reçu deux doses du vaccin contre la COVID-19. Pourtant, environ 70 % de la population est adéquatement vaccinée.

À Hong Kong, le nombre de morts est en fait tellement élevé que les corps des victimes du coronavirus ont été placés dans des conteneurs réfrigérés. Les morgues sont remplies et on constate une pénurie de cercueils. La Ville a par ailleurs commencé à construire des établissements d’isolation qui pourront accueillir jusqu’à 90 000 personnes infectées pour tenter de juguler la crise.

Une stratégie mise en échec par le BA.2

Hong Kong connaît une vague particulièrement meurtrière de COVID-19. Photo : Reuters/Lam Yik

Cette vague est un choc pour Hong Kong, qui avait adopté depuis le début de la pandémie une stratégie COVID zéro. Du dépistage de masse, un système de traçage de contacts extrêmement efficace, de strictes mesures de quarantaine et la fermeture des frontières ont permis à ce pays de maintenir le nombre de cas et de décès extrêmement bas.

Mais lorsque le variant Omicron, qui est environ quatre fois plus contagieux que le variant Delta, est apparu, les autorités n’ont pas réussi à endiguer les cas, exponentiels.

Depuis janvier, les rassemblements de plus de deux personnes sont interdits dans les lieux publics, les bars et les restaurants doivent fermer à 18 h et les écoles ont repris l’enseignement à distance.

Malgré cette hausse fulgurante, la cheffe de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, a annoncé jeudi que le moment est venu de revoir les restrictions. Non pas parce que le nombre de cas a diminué, mais, a-t-elle admis, j’ai le sentiment très fort que les gens en ont marre.

Construction de centres d’isolement et de traitements à Hong Kong pour les personnes infectées par la COVID-19. Photo : Reuters/Alexander Solum

La Chine, qui a elle aussi adopté la stratégie de COVID zéro, fait face pour sa part, depuis quelques jours, à son pire regain épidémique depuis la première vague de 2020. Le président chinois Xi Jinping a ordonné de juguler au plus vite l’épidémie.

Depuis une semaine, la Chine a fait état de plus de 11 000 nouveaux cas de COVID-19, soit plus de 1600 par jour en moyenne. En comparaison, au début de mars, la Chine observait environ 200 nouveaux cas par jour. Il s’agit de l’un des bilans quotidiens les plus élevés depuis février 2020 et la mise sous quarantaine de Wuhan, la ville où le coronavirus a été dépisté pour la première fois.

Comme elle le fait depuis le début de la pandémie, la Chine confine de larges secteurs aussitôt qu’il y a quelques cas dans une région.

Ainsi, cette semaine, plus de 30 millions de Chinois ont été confinés; des villes entières ont été placées en confinement, dont la ville de Shenzhen, une mégalopole de 17 millions d’habitants, aux portes de Hong Kong. Plus de 2200 cas ont été enregistrés depuis le début de mars.

De plus, les 24 millions d’habitants de la province de Jilin ne peuvent se rendre dans les provinces voisines et doivent avertir les autorités s’ils veulent se déplacer à l’intérieur de la province. Les autorités continuent de procéder à un dépistage massif de la population. Jilin compte la moitié des nouveaux cas en Chine. Depuis près d’une semaine, on dénombre plus de 1000 infections par jour.

À Shanghai, les écoles sont fermées et certains complexes résidentiels où des cas sont suspectés ont été mis en quarantaine. Shanghai a recensé un peu plus de 400 cas depuis le début de mars; Pékin en compte un peu moins de 200.

Lundi, Zhang Wenhong, un expert en maladies infectieuses dans un hôpital affilié à l’Université Fudan de Shanghai, a averti dans un texte publié par le groupe média chinois, Caixin, que les chiffres sont encore aux premiers stades d’une augmentation exponentielle.

La Chine a par ailleurs commencé à construire des hôpitaux temporaires pour faire face à l’afflux de patients, comme cela a été le cas au début de la pandémie. Un total de 6000 chambres d’hôpital préfabriquées ont déjà été installées dans les villes de Changchun et de Jilin.

Pour l’instant, le nombre de nouveaux décès demeure presque nul. Les autorités espèrent que, grâce à un taux de vaccination élevé, cette hausse des cas ne mènera pas nécessairement à une hausse des décès aussi élevée qu’à Hong Kong.

Environ 85 % de la population en Chine a reçu au moins deux doses du vaccin, contrairement à 71 % à Hong Kong.

La situation demeure fragile à travers le monde

Plusieurs pays en Europe surveillent la situation de très près, puisque le nombre de cas semble remonter encore une fois.

Par exemple, le nombre de contaminations a bondi à plus de 116 000 cas en France, selon les données de Santé publique France publiées mardi, au lendemain de la levée de l’essentiel des restrictions sanitaires. Les hospitalisations et les décès n’ont pas encore augmenté.

Le Royaume-Uni connaît une recrudescence des cas depuis le début de mars; malgré le nombre limité de tests de dépistages faits, le pays recense plus de 100 000 nouveaux cas par jour en moyenne. Le nombre d’hospitalisations est aussi en hausse. Il y a plus de 14 000 personnes hospitalisées; comparativement au plus fort de la dernière vague, on comptait plus de 20 000 hospitalisations liées à la COVID-19.

Les cas sont également en hausse en Grèce, en Finlande et en Italie. Les cas étaient aussi en augmentation en Ukraine, mais les données ne sont plus disponibles depuis le début de la guerre.

Dans plusieurs États américains, notamment à New York, au Connecticut, en Pennsylvanie et en Ohio, les analyses des eaux usées montrent que le nombre d’infections est de nouveau en hausse.

La Corée du Sud a quant à elle signalé plus de 620 000 nouveaux cas de coronavirus jeudi, un nouveau record, alors que le pays continue d’assouplir les restrictions.

La Dre Maria Van Kerkhove a indiqué mercredi que la présence du variant Omicron, combiné à la levée des mesures, le retrait du port du masque et le faible taux de vaccination sont les facteurs qui contribuent à cette nouvelle recrudescence.

Si le variant Omicron n’est pas plus sévère que le variant Delta, précise-t-elle, le nombre très élevé d’infections causées par Omicron continuent de provoquer des hausses substantielles des hospitalisations et des décès.

Elle a ajouté que l’immense quantité de désinformation qui circule complique aussi la situation. On a de la désinformation qui prétend qu’Omicron est bénin; on affirme que la pandémie est finie et qu’Omicron sera le dernier variant. Cette désinformation cause beaucoup de confusion…, a-t-elle déploré.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a d’ailleurs averti que la pandémie n’est pas terminée et que les endroits qui ont levé toutes les mesures sanitaires doivent s’attendre à voir de nouvelles flambées de cas.

Je pense que nous verrons ce virus continuer de se déplacer facilement d’un endroit à l’autre, a complété le chef des urgences de l’OMS, Michael Ryan. Et dans le contexte de l’immunité décroissante, il est très probable que le virus continuera de faire écho à travers le monde; il se déplacera vers les régions où l’immunité est en déclin, il détectera les endroits où il y a le plus de personnes susceptibles et là où les populations ne sont pas protégées.

Avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

Ukraine-Tchernobyl : l’AIEA minimise les risques de fuites de substances radioactives

mars 9, 2022
Un employé dans la salle de contrôle de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

L’AIEA minimise les risques de fuites de substances radioactives à la suite de la coupure totale d’électricité de la centrale nucléaire de Tchernobyl, affirmant que la charge thermique de la piscine de stockage et le volume d’eau de refroidissement sont suffisants pour évacuer efficacement la chaleur sans alimentation électrique. Photo: Reuters/Gleb Garanich

La coupure d’électricité à la centrale de Tchernobyl en Ukraine pourrait entraîner des fuites radioactives, selon la compagnie nucléaire publique ukrainienne Energoatom. Selon elle, le manque d’électricité empêcherait le refroidissement du combustible nucléaire usagé.

Mais l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a minimisé mercredi les risques de fuites radioactives.

L’Agence internationale de l’énergie atomiqueAIEA affirme dans un communiqué que la perte d’électricité sur le site n’a pas de conséquence importante pour la centrale. La charge thermique de la piscine de stockage de combustible usagé et le volume d’eau de refroidissement sont suffisants pour évacuer efficacement la chaleur sans avoir besoin d’une alimentation électrique, indique l’Agence internationale de l’énergie atomiqueAIEA.

Cependant, les travaux pour réparer la ligne à haute tension qui alimente le site en électricité sont impossibles à effectuer, puisque les combats entre l’armée russe et les forces ukrainiennes se poursuivent toujours.

L’alimentation électrique permet aussi le fonctionnement des systèmes de ventilation. Sans eux, le personnel s’expose à des doses dangereuses d’irradiation, dit Energoatom.

Selon Energoatom, environ 20 000 barres de combustible usagé ne peuvent être refroidies, ce qui pourrait provoquer la libération de substances radioactives dans l’environnement, et le nuage radioactif pourrait affecter d’autres régions d’Ukraine, mais aussi de la Russie et de l’Europe.

Zaporijia occupée par les forces russes

À la centrale nucléaire de Zaporijia, les niveaux de radiation sont quant à eux redevenus normaux, alors que les réparations sont effectuées sur le bâtiment qui avait été endommagé par les combats entre les troupes russes et ukrainiennes. La centrale de Zaporijia, la plus grande de ce type en Europe, a été capturée par l’armée russe la semaine dernière.

Nous sommes en train d’éclaircir ces informations en lien avec l’Agence internationale de l’énergie atomiqueAIEA et avec les autorités ukrainiennes pour mesurer la situation sur place, combien de lignes électriques sont concernées, quelles sont les alternatives possibles en termes de générateurs diesel. […] Nous demandons à la Russie de coopérer pleinement avec l’Agence internationale de l’énergie atomiqueAIEA pour garantir la sécurité des sites nucléaires en Ukraine, a déclaré le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal.

L’Agence internationale de l’énergie atomiqueAIEA avait demandé plus tôt à la Russie d’autoriser le personnel de Tchernobyl à effectuer des rotations pour assurer la sécurité du site. Plus de 200 techniciens et gardes sont toujours bloqués sur le site de la centrale nucléaire, qui est surveillée par l’armée russe depuis maintenant 13 jours.

En avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl avait explosé durant un test de sécurité. Le site est situé à une centaine de kilomètres au nord de Kiev.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

États-Unis: Le premier patient greffé avec un cœur de porc est décédé

mars 9, 2022

Son état avait commencé à se détériorer il y a plusieurs jours. Il s’est éteint deux mois après son opération.

L’opération, réalisée le 7 janvier, avait soulevé de grands espoirs.
L’opération, réalisée le 7 janvier, avait soulevé de grands espoirs.AFP

Le premier patient au monde à avoir reçu une greffe de cœur d’un porc génétiquement modifié est décédé deux mois après son opération, a annoncé mercredi l’hôpital où il était pris en charge.

David Bennett, 57 ans, est décédé mardi, après que son état «a commencé à se détériorer il y a plusieurs jours», a déclaré dans un communiqué l’hôpital de l’Université du Maryland. «Lorsqu’il est devenu clair qu’il ne se remettrait pas, des soins palliatifs lui ont été prodigués.»

L’opération, réalisée le 7 janvier, avait soulevé de grands espoirs, car de telles xénogreffes – d’un animal à un humain – pourraient potentiellement permettre de remédier à la pénurie de dons d’organes. «Le cœur a très bien fonctionné durant plusieurs semaines, sans aucun signe de rejet», a déclaré l’hôpital. Après l’opération, «le patient a pu passer du temps avec sa famille et participer à des activités de physiothérapie pour l’aider à reprendre des forces».

«Jusqu’à la fin»

Les chercheurs considèrent ainsi l’expérience comme un succès. «Nous avons obtenu des informations de grande valeur, et appris qu’un cœur de porc génétiquement modifié peut correctement fonctionner à l’intérieur d’un corps humain», a déclaré Muhammad Mohiuddin, directeur scientifique du programme de xénotransplantations de cet hôpital. «Nous restons optimistes et prévoyons de continuer notre travail lors de futurs essais cliniques.»

Le porc dont provient le cœur greffé avait été génétiquement modifié afin d’éviter un rejet immédiat, qui n’a effectivement pas eu lieu. Sans cette greffe, David Bennett était condamné. «C’était soit la mort, soit cette greffe. Je veux vivre», avait-il déclaré la veille de l’opération.

«Jusqu’à la fin, mon père voulait continuer à se battre pour préserver sa vie et passer plus de temps avec sa famille», a déclaré dans un communiqué son fils, David Bennett Jr. «Nous avons pu passer de précieuses semaines ensemble lorsqu’il se remettait de son opération, des semaines que nous n’aurions pas eues sans cet effort miraculeux».

Avec Le Matin.ch par (AFP)

Que sait-on du sous-variant BA.2 d’Omicron?

février 6, 2022
Modélisation du virus de la COVID-19.

Le sous-variant BA.2 d’Omicron est présent dans une cinquantaine de pays. Photo: Shutterstock/Lightspring

Le variant Omicron domine toujours au Canada, mais un de ses sous-variants, BA.2, est désormais présent dans une cinquantaine de pays et domine au Danemark. Doit-on craindre ce « petit frère d’Omicron »?

Rappelons qu’il existe actuellement trois sous-lignées du variant Omicron : BA.1 (responsable de la plus récente vague de contagion), BA.2 et BA.3 (vraisemblablement une combinaison de BA.1 et de BA.2).

Le sous-variant BA.2 attire l’attention en ce moment en raison du type de mutations qu’il présente. En effet, il semble se répandre très rapidement et être en train de supplanter BA.1.

C’est une compétition entre les sous-variants, explique Nathalie Grandvaux, chercheuse et professeure au Département de biochimie et de médecine moléculaire de l’Université de Montréal, en entrevue à CBC(Nouvelle fenêtre). « Ça ressemble un peu à la compétition entre les variants Delta et Alpha. »

Au Danemark, à la fin de 2021, le sous-variant BA.2 était à l’origine d’environ 20 % des cas. À la mi-janvier, c’était 50 %. Au début de février, il dominait.

Au Royaume-Uni, on estime que le nombre de cas de contamination par le sous-variant BA.2 double tous les quatre jours et qu’il pourrait devenir la souche dominante en février.

Rappelons aussi que ces deux pays, tout particulièrement le Danemark, sont ceux où on fait le plus de séquençage génétique dans le monde. Ainsi, il est possible que BA.2 soit encore plus présent qu’on le pense ailleurs dans le monde.

Une centaine de cas de contamination par le sous-variant BA.2 ont déjà été recensés au Canada. En fait, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a précisé lors d’un point de presse que le Canada avait détecté le sous-variant BA.2 dès novembre 2021. Nous sommes un des premiers pays à l’avoir décelé, a-t-elle indiqué.

Que sait-on du sous-variant BA.2?

Une étude danoise(Nouvelle fenêtre) (non révisée par des pairs) montre que si une personne est infectée par le sous-variant BA.2, il y a un risque global de 39 % qu’un autre membre de son foyer soit infecté au cours de la première semaine, comparativement à 29 % pour le sous-variant BA.1.

Les données préliminaires montrent que le sous-variant BA.2 ne causerait pas plus d’hospitalisations ou de décès chez les personnes adéquatement vaccinées. Les personnes non vaccinées continuent d’être beaucoup plus à risque de souffrir de complications graves de la maladie, d’être hospitalisées et de mourir, a précisé la Dre Angela Rasmussen, virologue à la Vaccine and Infectious Disease Organization (VIDO) à l’Université de la Saskatchewan, en entrevue à CBC(Nouvelle fenêtre).

Cependant, tout comme avec le sous-variant original d’Omicron, si le nombre de cas explose, le nombre d’hospitalisations et de décès augmentera beaucoup lui aussi.

Il sera crucial de déterminer pourquoi le sous-variant BA.2 paraît plus contagieux et s’il fera croître le nombre total de cas de COVID-19 ou s’il remplacera simplement le sous-variant BA.1.

Les experts surveillent aussi de près la capacité du sous-variant BA.2 de réinfecter les gens qui ont été récemment infectés par Omicron (BA.1) après seulement quelques semaines. Il existe déjà des cas documentés de réinfection en Norvège. Il est donc possible que le sous-variant BA.2 réinfecte ceux qui ont été infectés lors de cette dernière vague. Ainsi, un plus grande nombre de personnes pourraient être infectées par le virus.

La Dre Rasmussen a dit qu’il ne faut pas paniquer tout en prévenant qu’il ne faut pas non plus sous-estimer ce sous-variant : Nous ne savons pas s’il a la capacité d’infecter et de tuer plus de gens, a-t-elle dit avant d’ajouter que les chercheurs auront une meilleure idée de l’incidence de BA.2 au cours des prochaines semaines.

Les vaccins fonctionnent-ils contre ce sous-variant?

Les gens qui ont reçu une ou deux doses, voire aucune dose de vaccin, sont plus susceptibles d’être infectés par BA.2 que par BA.1.

Une analyse préliminaire du Royaume-Uni(Nouvelle fenêtre) montre que l’efficacité vaccinale est presque la même pour les sous-variants d’Omicron.

L’efficacité du vaccin après deux doses pour prévenir les infections serait de 9 % pour BA.2 par rapport à 13 % pour BA.1. Par contre, le degré de protection passe à 63 % pour BA.2 et à 70 % pour BA.1 deux semaines après une injection de rappel.

Est-il vrai que le sous-variant BA.2 ne peut pas être détecté par un test PCR?

Dans un rapport publié au début de janvier(Nouvelle fenêtre), le Royaume-Uni précisait qu’il arrive parfois que le sous-variant BA.2 ne soit pas détecté. La raison? Il manque au sous-variant BA.1 un des trois gènes cibles utilisés dans les tests SRAS-CoV-2 à grande échelle, ce qui le rend facile à repérer. Ce n’est pas le cas de BA.2.

La Dre Rasmussen a précisé que les tests PCR décèlent encore sans problème si une personne est infectée ou non par le SRAS-CoV-2. Toutefois, il est plus difficile de déterminer si c’est le sous-variant BA.2 ou un autre variant.

C’est pourquoi elle estime que les pays doivent continuer à séquencer le plus de cas possible pour suivre l’évolution de ce sous-variant et pour détecter l’apparition de nouveaux variants.

D’où vient le sous-variant BA.2?

Les experts ne savent pas exactement où, comment et quand Omicron et ses sous-lignées sont apparus. Il y a plusieurs hypothèses.

Certains scientifiques croient qu’Omicron s’est développé chez un patient immunodéprimé qui avait une infection de longue durée. D’autres croient que le virus a été transmis à un animal et y a subi des mutations avant de se propager de nouveau chez les humains.

Une des réactions typiquement humaines consiste à vouloir trouver une explication et à trouver une personne à blâmer [pour l’apparition de ces variants et de ces sous-variants]. Mais il faut blâmer les politiques qui permettent au virus de continuer à se transmettre à grande échelle, a dit la Dre Rasmussen, qui a ajouté que plus le virus circule, plus les risques de mutations augmentent.

Le sous-variant BA.2 pourrait-il provoquer une nouvelle vague?

Selon Nathalie Grandvaux, il est difficile de savoir ce que les prochaines semaines nous réservent. Il est possible qu’une nouvelle vague survienne ou que la vague présentement en cours stagne et prenne beaucoup plus de temps à se résorber.

L’Agence de la santé publique du Canada a rappelé vendredi qu’en dépit du recul du nombre de nouveaux cas de COVID-19 répertoriés au Canada, le nombre d’hospitalisations est toujours très élevé. Ainsi, une nouvelle hausse du nombre de cas due au sous-variant BA.2 pourrait avoir une incidence considérable sur les systèmes de santé du pays.

Par ailleurs, le nombre de cas de contamination et le nombre d’hospitalisations ont récemment explosé au Danemark. Cependant, il est encore difficile de déterminer si la cause principale est ce nouveau sous-variant ou l’abandon de plusieurs mesures sanitaires.

La Dre Rasmussen a ajouté qu’on ne sait pas encore si la situation qui règne au Danemark se présentera au Canada. Au Danemark, la population est différente, la couverture vaccinale est différente, le taux de vaccination est différent et les données démographiques sont différentes, a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté que les autorités doivent être prudentes puisque de nombreuses questions demeurent à propos de ce sous-variant. Il serait sage de faire attention pendant quelques semaines, le temps de mieux comprendre les effets de ce sous-variant.

Avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

Une souche très virulente du VIH identifiée aux Pays-Bas

février 4, 2022

Baptisé « VB », ce variant provoque un déclin plus rapide des cellules protectrices chez les patients infectés, rapporte « The Independent ».

Un test de depistage rapide du virus du sida.
Un test de dépistage rapide du virus du sida. © JODY AMIET / AFP

Des scientifiques ont découvert une nouvelle souche « exceptionnellement » virulente du VIH circulant aux Pays-Bas, rapporte la publication anglaise The Independent en citant un article publié dans la revue Science. Ce variant, baptisé « VB », circulerait dans le pays depuis le milieu des années 1990 et aurait infecté 109 personnes, notent les scientifiques.

Cette mutation semble capable d’accélérer la progression habituelle du virus vers un stade plus avancé du VIH. Pour ce faire, « VB » provoquerait un déclin jusqu’à deux fois plus rapide des lymphocytes T, cellules responsables de l’immunité cellulaire. Au moment de leur diagnostic, les 109 personnes atteintes par le « VB » risquaient de développer le sida en deux ou trois ans, contre six à sept pour les personnes infectées par d’autres variants du VIH, selon les chercheurs. Les personnes infectées ont également développé des charges virales plus élevées et à un rythme plus rapide, laissant penser que cette souche serait plus contagieuse.

Le professeur Jonathan Stoye, virologue à l’Institut Francis Crick, interrogé par nos confrères, se veut pourtant rassurant. Le variant « ne semble pas s’être répandu très largement ou avoir infecté plus de personnes que ce que l’on observe habituellement avec d’autres variants ». Autre signe d’espoir, la mutation semble bien répondre aux actuels traitements antirétroviraux. Cependant, le professeur Stove estime que la prolifération de la souche « VB » pourrait être préoccupante dans les pays où il y a « moins de diagnostics précoces » et où les traitements sont plus rares, tels que l’Afrique australe.

En 2020, 680 000 personnes sont mortes des maladies liées au sida dans le monde et 1,5 million de personnes étaient nouvellement infectées par le VIH.

Avec Le Point

Omicron : l’Occident raciste envers les scientifiques sud-africains ?

janvier 25, 2022
Damien Glez © Damien Glez

Des chercheurs d’Afrique du Sud se disent victimes de discrimination de la part des pays du Nord qui ne prennent pas leurs publications au sérieux. La preuve par le dernier variant…

Les politiques et scientifiques du Nord « multiplient-ils par zéro » l’expertise médicale quand celle-ci vient des pays du Sud, singulièrement d’Afrique ? Pour le professeur Shabir Madhi interrogé par la BBC, les pays « à revenu élevé » seraient plus prompts à « absorber les mauvaises nouvelles qui viennent de pays comme l’Afrique du Sud » que les informations encourageantes. En cause, selon l’expert en vaccins de l’université de Witwatersrand de Johannesburg : la phobie de la situation sanitaire du continent et le mépris pour le niveau académique de scientifiques africains pourtant bardés de diplômes et pétris d’expérience.

« Alerte racisme ! », semble confirmer le professeur Salim Karim, ancien chef du comité consultatif Covid du gouvernement sud-africain et vice-président du Conseil international des sciences. L’épisode du variant Omicron du Covid-19 – d’abord détecté en Afrique australe – permettrait d’étayer leur thèse.

Scepticisme et mésestime

Si les scientifiques du cru, singulièrement sud-africains, ont rapidement constaté que le nombre inhabituel de mutations du variant le rendait préoccupant du point de vue de la transmissibilité – quatre fois plus infectieux –, ils ont aussi annoncé, en moins de deux semaines, que celui-ci était « dramatiquement plus bénin » que les variants responsables des précédentes vagues de la pandémie. Autrement dit :  le risque de contracter une forme grave était moins important qu’avec les autres formes du Covid-19.

Comme si les travaux sud-africains n’étaient pas dignes de foi, le monde entier les aurait ignorés, plongeant la tête la première dans une psychose, il est vrai, source de mesures de sécurité toujours bonnes à prendre. Shabir Madhi s’étonne que l’Occident semble refuser de « croire la science parce qu’elle vient d’Afrique », perclus de scepticisme quand les nouvelles venues du continent sont bonnes. Les recherches sud-africaines étant formellement rigoureuses sur le plan scientifique, la mésestime du Sud par le Nord relèverait du racisme.

Certes, « crier au loup » est un peu la vocation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ne serait-ce qu’en respect du principe de précaution, il paraissait légitime que l’institution onusienne mette en garde contre le fait de qualifier Omicron de « bénin », craignant que le « tsunami » de contagion ne déstabilise les systèmes de santé.

De toute façon, l’OMS a l’habitude, depuis le début de la pandémie, d’être taxée d’alarmiste, en particulier en ce qui concerne le continent africain… Le scepticisme de l’Occident pourrait-il se justifier par l’âge moyen de sa population bien supérieur à celui des Sud-Africains ? Pour les scientifiques de Johannesburg, l’optimisme peut tout de même être décliné dans le Nord, l’atout de la jeunesse africaine étant contrebalancé par la prévalence plus élevée, en Afrique, d’autres comorbidités.

En Afrique du Sud, la vague Omicron devrait durer deux fois moins longtemps que les précédentes et pourrait être déclarée terminée dans les prochains jours, en dépit de la crainte suscitée par les contagions en période de réouverture des écoles.

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.