Archive for the ‘Science’ Category

Vaccin d’AstraZeneca: le Canada ne suivra pas l’exemple du Danemark pour l’instant

avril 14, 2021

OTTAWA — Le Canada ne suivra pas, pour l’instant, la voie du Danemark qui a abandonné le vaccin d’AstraZeneca contre la COVID-19 en raison de très rares cas de caillots sanguins.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

Pour le moment, Santé Canada a simplement mis à jour les mises en garde sur l’étiquette du vaccin d’AstraZeneca et Covishield afin d’informer les Canadiens et les professionnels de la santé des effets secondaires possibles, 

En conférence de presse, le Dr Marc Berthiaume dit que Santé Canada n’a pas trouvé de facteurs de risques particuliers, comme l’âge ou le sexe, pour ces caillots sanguins très rares. Par conséquent, son utilisation n’est pas restreinte à certaines populations selon le régulateur fédéral. 

Santé Canada considère toujours que le risque de ces caillots sanguins est très faible et que les avantages du vaccin l’emportent sur ses inconvénients potentiels.

Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) examinera les données accessibles et déterminera s’il y a lieu ou non de modifier sa recommandation de ne pas administrer le vaccin aux personnes de moins de 55 ans.

Rappelons qu’un premier cas de thrombocytopénie avec thrombose est survenu au Québec à la suite de l’administration du vaccin d’AstraZeneca. Il s’agit du seul cas recensé au Canada jusqu’à maintenant. 

Le Danemark est devenu mercredi le premier pays européen à abandonner l’utilisation du vaccin. 

Il y a eu de très rares cas de caillots sanguins associés à un faible taux de plaquettes à la suite de l’administration du vaccin AstraZeneca. Selon l’autorité de réglementation britannique, la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency, une personne sur 250 000 a signalé cet effet secondaire. 

Avec Catherine Lévesque, La Presse Canadienne

États-Unis: La vraie vie de la Silicon Valley

avril 13, 2021
La Silicon Valley vue par Ramak Fazel.
La Silicon Valley vue par Ramak Fazel. © DR

Avec son projet No_Code lancé en 2018, la marque italienne Tod’s explore les évolutions de la société et de nos modes de vie, avec une touche artisanale.

C’est un endroit qui nourrit les fantasmes. Vu d’ailleurs, on a l’impression que se balader dans la Silicon Valley se résume à croiser des campus de start-up créées par des étudiants surdoués devenus milliardaires et des geeks en claquettes-chaussettes dont l’augmentation du salaire va aussi vite que leur capacité à créer des lignes de code.

« À l’image de Hollywood, c’est un lieu qui est à la fois un mythe et un business », résume très justement l’ethnographe Sara Thornton dans l’introduction d’un livre de photos qui ambitionnent de raconter la « vraie » Silicon Valley. Son auteur ? Ramak Fazel, parti là-bas dans le cadre de No_Code, une cellule de réflexion sur la vie moderne lancée par Tod’s en novembre 2018.

Réalité contrastée

Le but de ce projet ? Explorer les évolutions de la société et de nos modes de vie. Évidemment, il donne lieu à des produits, des modèles de baskets hybrides qui mêlent à la fois les matériaux les plus modernes et l’artisanat le plus traditionnel qui a fait la réputation du chausseur italien, mais pas uniquement.

En 2019, il y a eu une exposition au Salone del mobile autour de l’histoire de l’habitat vue par des artistes contemporains mais aussi un scooter électrique en collaboration avec la marque spécialisée Qooder. Et aujourd’hui, ce livre édité par Rizzoli qui raconte un autre visage de la Silicon Valley, une vision loin des clichés de ce coin de la Californie où les prix des maisons augmentaient de 100 dollars par heure en 2018. L’artiste irano-américain Ramak Fazel y dresse une réalité contrastée, entre la modernité du siège d’Airbnb et du terrain de volley-ball de Google mais aussi un dîner local et ce marchand de tapis installé dans les murs de ce qui fut l’un des premiers Apple Store.

Avec Le Point avec Vicky Chahine

Congo/Distinction : Francine Ntoumi congratulée par le gouvernement

avril 13, 2021

Elue présidente du Conseil scientifique de l’Institut de recherche (IRD) pour le développement de France au début de ce mois, Francine Ntoumi, dont les travaux témoignent de la capacité du Congo à produire de la science, a été congratulée par le ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou, le 12 avril à Brazzaville au nom du gouvernement.

Francine Ntoumi élue présidente du Conseil scientifique de l’IRD

« Ma présence à la tête du conseil scientifique de l’IRD est celle de tout le Congo. Notre pays joue ainsi le rôle de porteur des aspirations des pays du sud à une connaissance pleine et valorisante de leurs capacités à la production de la science au service d’un développement durable et humain », a déclaré Francine Ntoumi, lors de la cérémonie de sa congratulation. Elue à une majorité de 76% à la tête de l’IRD, cette dernière a pour missions d’orienter et d’évaluer la politique scientifique de l’institution de recherche. Il s’agit là d’une lourde responsabilité, a-t-elle reconnu.

Justifiant l’intérêt de cette congratulation, le ministre Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou a rappelé que le mérite se félicite. « Nous devons multiplier ces exemples pour  que nos productions scientifiques soient au rendez-vous en qualité et en excellence, car peu de Congolais bénéficient de la reconnaissance internationale », a-t-il dit, lui-même commandeur dans l’ordre du mérite maritime français depuis 2017.

Abondant dans le même sens, Francine Ntoumi qui estime que les scientifiques congolais sont compétents a lancé un appel à l’unité. « Leurs talents se bonifieraient s’il existait entre eux une dynamique de synergie et de complémentarité par la mise en place en réseaux verticaux, horizontaux et transversaux, car la science et la recherche ne se pratiquent pas de manière isolée », selon elle.

Très attachée à la place de la femme dans la recherche scientifique, Francine Ntoumi, qui dirige au plan local la Fondation congolaise pour la recherche scientifique, a plusieurs distinctions à son palmarès, entre autres, le prix kwame-Nkrumah de l’Union africaine pour les femmes scientifiques en 2012, en 2015 prix scientifique Goerg Forster de la fondation Alexander-Von-Humbolt, prix Christophe Mérieux de l’Institut de France en 2016 pour ses travaux sur les maladies infectieuses en Afrique centrale.

Avec Adiac-Congo par Rominique Makaya

Communautés bantoues : l’hypothèse d’une immense pandémie redessine leur trajectoire

avril 11, 2021
Village au bord du fleuve Lukenye, en RDC.

Depuis plus d’un siècle, les historiens s’accordaient sur le scénario d’une « expansion bantoue » qui, partie de l’Ouest de l’Afrique il y a plusieurs millénaires, aurait gagné toute la moitié sud du continent. Une toute nouvelle étude internationale remet en question cette version des faits.

C’est une histoire relativement connue, ou du moins que les amateurs d’histoire africaine croyaient connaître. À partir de 3000 avant Jésus-Christ et au long d’une période s’étirant sur plusieurs millénaires, le continent a vécu ce que les spécialistes ont appelé « l’expansion bantoue », un vaste mouvement migratoire prenant naissance aux confins du Cameroun et du Nigeria actuels et s’étirant ensuite vers l’est et le sud, jusqu’à s’étendre à la moitié du continent.

Des Grassfields aux Grands Lacs

Cette « expansion » est considérée comme le plus important événement migratoire de la préhistoire africaine et ses conséquences s’observent encore aujourd’hui. La communauté bantouphone, qui réunit toutes les populations parlant une langue issue de la même « proto-langue primordiale », regroupe pratiquement la moitié des Africains et est présente du Gabon aux Comores, du Soudan à l’Afrique du Sud.

Ce sont des linguistes européens qui, au XIXe siècle, ont théorisé l’existence de cette communauté linguistique, puis ont reconstruit le déroulement probable de son « expansion ». Les chercheurs allemands Wilhelm Bleek et Carl Meinhof, d’abord, ont mis en évidence la spécificité des idiomes issus du bantou, en les distinguant par exemple du xhosa en Afrique du Sud. L’Américain Joseph Greenberg, ensuite, a procédé à une classification des langues africaines appuyant l’idée d’une expansion géographique tandis que l’explorateur et administrateur colonial britannique Henry Hamilton Johnston, lui, établissait la première carte dessinant et datant les étapes de cette fameuse expansion.

C’est en partie sur les travaux de ces hommes que le scénario communément admis jusqu’à présent s’est bâti et affiné. Les « Bantous » (même si, on le verra, ce terme est impropre) se seraient d’abord développés à l’ouest de la forêt du bassin du Congo, autour de l’actuelle région camerounaise des Grassfields, et auraient commencé à se déplacer à partir de 3000 avant J.-C.

De 1500 avant J.-C. à 500 après J.-C., ils auraient atteint l’actuel Angola et le KwaZulu-Natal, au sud, la région des Grands Lacs à l’Est, traversant l’immense forêt équatoriale. À partir de l’an 500 environ, ils auraient rayonné dans toutes les directions depuis les Grands Lacs, gagnant le Soudan, s’enfonçant jusqu’au Kenya, à la Tanzanie, au Mozambique et au Zimbabwe. Un scénario qui repose sur l’idée d’une expansion lente, certes, mais continue.

Ni ethnie ni culture

Cette version du peuplement de la partie subsaharienne du continent, longtemps admise, pose pourtant quelques problèmes. D’abord parce qu’elle s’appuie sur une notion centrale mais controversée : celle de « Bantou ». Cela a été dit, écrit et répété, notamment dans Jeune Afrique : « Les Bantous n’existent pas. » Du moins pas dans le sens où certains l’entendent, c’est-à-dire celui d’une ethnie ou d’une culture.

Prudents, les chercheurs utilisent aujourd’hui plus volontiers l’expression de « communauté bantouphone », car c’est de cela qu’il s’agit : des populations très différentes les unes des autres mais qui parlent des langues – on en recense jusqu’à 680 – ayant une racine commune. Dans une certaine mesure, ces populations partagent aussi quelques spécificités génétiques, mais il ne s’agit pas d’une règle absolue : les Pygmées ont adopté les langues bantoues mais ne descendent pas des populations de l’Ouest ayant lancé la migration.

BLEEK, QUI A INVENTÉ LE NOM LUI-MÊME, ÉTAIT UN RACISTE AVÉRÉ ET MEINHOF AVAIT ADHÉRÉ AU PARTI NAZI

Le terme « Bantou », de plus, est très connoté, parfois de façon on ne peut plus fâcheuse. Bleek, qui a inventé le nom lui-même, était un raciste avéré et Meinhof avait adhéré au parti nazi. À l’époque de l’apartheid, « Bantou » était tout simplement synonyme de « noir » et le mot a gardé en Afrique du Sud un caractère très péjoratif. Au Rwanda, certains Hutu extrémistes ont aussi expliqué à la veille du génocide qu’ils étaient de « vrais Bantous » alors que les Tutsi, eux, étaient des « nilotiques » venus du nord, donc des étrangers.

Dans d’autres régions, la notion de « peuple bantou » est beaucoup plus valorisée. En témoigne la tentative gabonaise de créer à Libreville un Centre international des civilisations bantoues (Ciciba). L’entreprise s’est soldée par un échec mais des tentatives de lui redonner vie sont faites régulièrement.

Un « dépeuplement massif »

Mais surtout, et c’est la nouveauté apportée en ce début d’année par une équipe pluridisciplinaire comprenant archéologues, linguistes et généticiens et emmenée par le professeur Koen Bostoen, de l’Université de Gand (Belgique), l’idée d’une expansion spatiale continue de la population bantouphone est fausse.

Depuis 2018, les chercheurs tentent de faire parler les fragments de poterie trouvés sur 726 sites de la forêt équatoriale.

Depuis 2018, ces chercheurs ont étudié et daté des fragments de poteries (qui figurent parmi les rares objets résistant au temps sur de longues périodes) trouvées dans 726 sites répartis dans toute la forêt équatoriale. Ils en ont analysé les formes et les motifs et ont procédé à des datations au carbone 14. Ils ont aussi examiné le patrimoine génétique de restes humains et ont utilisé les techniques les plus modernes d’analyse des « fluctuations paléodémographiques » pour remonter 130 générations en arrière.

UNE RUPTURE DISTINCTE QUI CONFIRME L’EXISTENCE DE DEUX PHASES DE PEUPLEMENT DANS LA FORÊT DU BASSIN DU CONGO

Leur conclusion est la suivante : l’immense majorité des vestiges retrouvés remonte soit à une période ancienne située entre – 800 et + 400, soit à une autre, plus récente, débutant vers l’an 1000. Entre les deux, on constate une chute très nette, particulièrement marquée entre 400 et 600. La seule explication possible, selon Koen Bostoen et son équipe, est celle d’un « dépeuplement massif » entre ces deux dates. Spécialiste de la datation des poteries (c’est le sujet de sa thèse), l’archéologue Dirk Seidensticker évoque « une rupture distincte qui confirme l’existence de deux phases de peuplement dans la forêt du bassin du Congo ».

« C’est très net et cela concerne toute l’Afrique centrale, renchérit Koen Bostoen : on observe une quasi-disparition des fragments et il n’y a une vraie reprise qu’à partir de l’an 1000. Le deuxième point, c’est qu’entre les fragments des deux périodes, qui remontent respectivement à l’âge du fer ancien et à l’âge du fer récent, les styles sont tout à fait différents. »

Reste à tenter d’expliquer cette rupture brutale, et c’est là que les travaux de l’équipe deviennent réellement passionnants. « Nous observons une chute du nombre d’objets produits au milieu du premier millénaire, et nous en déduisons qu’il y a eu une chute démographique, précise le linguiste à Jeune Afrique. Ensuite, nous en cherchons la cause, et nous nous appuyons là sur ce que nous savons : à cette époque, il y a eu une période climatique plus sèche qui a provoqué une réduction relative de la forêt, puis un épisode beaucoup plus froid et humide. »

« L’année sans soleil »

C’est le fameux « petit âge glaciaire de l’antiquité tardive », une période de refroidissement climatique qui débute en 536, baptisée par les historiens « l’année sans soleil ». « Le phénomène est sans doute lié à des éruptions volcaniques, suppose l’historien américain Kyle Harper dans son livre Comment l’Empire romain s’est effondré. Il en a résulté une vague de froid comme il ne s’en produit que tous les mille ans, d’où une intensification des pluies, une réduction des récoltes, un affaiblissement des défenses immunitaires et, sans doute, l’ explosion des populations de rongeurs. »

Étape suivante : en 541 éclate l’une des pires pandémies de l’histoire de l’humanité, la peste de Justinien, ainsi nommée en référence à l’empereur romain qui régnait alors à Constantinople. Cette première grande peste bubonique – à ne pas confondre avec la peste noire qui a ravagé l’Occident aux XIVe et XVe siècles – , sans doute partie de Chine, a ravagé tout le pourtour méditerranéen, tuant, selon l’historien byzantin Procope de Césarée, contemporain de la pandémie, jusqu’à la moitié des populations des régions touchées.

Pour l’équipe du professeur Bostoen, il est très possible que ce soit cette peste de Justinien qui explique la brutale chute de la démographie observée en Afrique centrale. « C’est la partie la plus spéculative de notre étude, admet sans détours le scientifique, et nous ne prétendons pas que cela soit la vérité. Mais c’est plausible, même s’il faudrait des études génétiques plus poussées pour la valider. »

C’EST TOUTE L’HISTOIRE DU PEUPLEMENT DE LA MOITIÉ SUD DU CONTINENT QUI DOIT AUJOURD’HUI ÊTRE RÉVISÉE

Peste ou non, c’est toute l’histoire du peuplement de la moitié sud du continent qui doit aujourd’hui être révisée. L’expansion des populations de langue bantoue ne s’est pas faite en une fois, depuis la préhistoire, mais en deux périodes distinctes. Certains groupes ethniques parlant des langues apparentées et vivant dans des régions voisines n’ont sans doute pas, comme on l’imaginait auparavant, d’ancêtre commun. Certaines communautés qui se croyaient installées sur leurs terres depuis des millénaires sont en fait arrivées à une époque bien plus récente qu’elles ne l’imaginaient.

Qu’est-ce que ça change ? Beaucoup de choses, assure Koen Bostoen : « Cela modifie complètement notre vision de l’histoire précoloniale. Longtemps, on a considéré que l’Afrique n’avait pas d’histoire. Ensuite on a pensé que cette histoire était en quelque sorte une longue continuité qui n’aurait été interrompue que par l’arrivée des Européens, l’esclavage puis la colonisation. » C’est cette idée de continuité que les dernières découvertes battent en brèche, mais pas seulement.

L’ESCLAVAGE ET LA COLONISATION N’ÉTAIENT PAS LES PREMIÈRES GRANDES CRISES QUE L’AFRIQUE CENTRALE TRAVERSAIT

« L’étude montre aussi, poursuit le linguiste, que les grands royaumes d’Afrique centrale ne sont pas le résultat d’une évolution linéaire, que certains sont beaucoup plus récents qu’on le pensait et que donc, ce qui est remarquable, ils ont réussi à se développer après une crise profonde et un effondrement de la population. L’esclavage et la colonisation n’étaient pas les premières grandes crises que l’Afrique centrale traversait. Son histoire est mouvementée et riche. Elle a su trouver les ressources pour s’en remettre. »

Le professeur l’admet volontiers, ce n’est pas un hasard s’il a voulu mettre en avant l’idée d’une grande pandémie alors même que le monde se débat face au Covid-19 : « Nos recherches montrent que l’Afrique centrale a su se relever après une pandémie et un épisode de changement climatique brutal, ce que nous estimons bien sûr porteur d’espoir. C’est d’abord ça le message. »


La peste a-t-elle pu arriver au Congo ?

Que le monde ait connu une période froide à partir de 536 – et jusqu’en 575, selon les travaux du climatologue Ulf Büntgen –, cela n’est pas contesté. Que la bactérie Y. pestis, « tueur global dont le taux de mortalité est proche de 100 % », juge l’historien Kyle Harper, ait ravagé le monde et favorisé la chute de l’Empire romain à partir de 541 ne fait pas débat non plus. La question est de savoir si une maladie qui a frappé essentiellement la Péninsule arabique et le monde méditerranéen a pu se frayer un chemin jusqu’en Afrique centrale et décimer les populations bantouphones du premier millénaire.

Plusieurs indices permettent de le penser, estime Koen Bostoen : « La période est la même, on sait que la peste a également touché l’Afrique. Certains disent même qu’elle trouve son origine en Éthiopie. On sait, parce qu’on a trouvé des traces de pratique de la métallurgie et de la culture du mil, que dès cette époque il y avait des échanges entre l’Afrique du Nord et l’Afrique centrale. De plus, on trouve encore aujourd’hui au Congo ou en Zambie des variants de la peste noire du Moyen-Âge. »

« Afrique subsaharienne, un continent d’histoires », publié en janvier 2021.

Dans l’ouvrage collectif Afrique subsaharienne, un continent d’histoires, paru en ce début d’année, l’historienne Iwona Gajda ajoute que le puissant royaume aksoumite, qui occupait alors l’actuelle Éthiopie, commerçait avec l’Arabie du sud ainsi qu’avec les Romains dont les navires sillonnaient l’Océan indien et la Mer rouge. Aksoum, tout comme l’Égypte, a payé un lourd tribut à la peste de Justinien. Quelques siècles plus tard, écrivent François-Xavier Fauvelle et Bertrand Hirsch dans le même ouvrage, les routes de communication partant de l’Éthiopie et de l’Érythrée s’étendaient jusqu’à Mogadiscio, Mombasa, Zanzibar et le royaume de Zimbawe au Sud, le lac Tchad et Kano à l’Ouest. La peste a-t-elle suivi le même chemin ? On l’ignore encore mais comme le dit le Pr Bostoen, « c’est plausible ».

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Canada: Vaccination sans rendez-vous : les Québécois répondent à l’appel

avril 8, 2021

C’est le début de la vaccination sans rendez-vous au Québec pour les citoyens de 55 ans et plus. Près d’une quarantaine de cliniques à travers la province permettent désormais à ceux qui le désirent de recevoir le vaccin d’AstraZeneca contre la COVID-19.

Il y avait une longue file d'attente jeudi matin au stade olympique afin de mettre la main sur un précieux coupon permettant de se faire vacciner.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Il y avait une longue file d’attente jeudi matin au stade olympique afin de mettre la main sur un précieux coupon permettant de se faire vacciner.

À Québec, les coupons donnant accès à un rendez-vous ont rapidement trouvé preneurs ce matin.

Moins d’une quinzaine de minutes après l’ouverture, à 6 h, la clinique située à L’Ancienne-Lorette, soit l’une des deux cliniques pour la vaccination sans rendez-vous dans la Capitale-Nationale, avait distribué 300 coupons.

À l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, 960 coupons ont été donnés avant 7 h du matin.

Les détenteurs de coupons pourront recevoir leur vaccin la journée même.

En Outaouais, où les cas de COVID-19 et les hospitalisations qui en découlent sont à la hausse, la file n’a pas tardé à se former à l’entrée du Palais des Congrès de Gatineau. Dès 7 h, une centaine de personnes attendaient pour obtenir un rendez-vous.

Du côté de Montréal, où 7 cliniques accueillent les Québécois de 55 à 79 ans, des centaines de personnes étaient en file avant l’ouverture, à 8 h, devant le stade olympique.

Les personnes désirant se faire vacciner avec l’AstraZeneca devront faire la file à l’extérieur, ont expliqué les autorités sanitaires Si cette file est évaluée à plus d’une heure d’attente, les personnes se verront remettre un coupon précisant l’heure à laquelle revenir.

Et peu importe le lieu de résidence : les cliniques de sans rendez-vous accueillent les visiteurs de n’importe quelle région du Québec, a précisé une porte-parole de la santé publique.

Certaines cliniques du Bas-Saint-Laurent, du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine et de la Côte-Nord débuteront leur campagne de vaccination sans rendez-vous vendredi seulement.

Les résidents de l’Abitibi-Témiscamingue n’y auront toutefois pas droit : le vaccin d’AstraZeneca ne peut être inoculé en raison de la transmission des variants qui a cours dans cette région, a indiqué la santé publique.

Daniel Fullum, de Repentigny, était heureux d'avoir pu mettre la main sur un précieux coupon.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Daniel Fullum, de Repentigny, était heureux d’avoir pu mettre la main sur un précieux coupon.

L’engouement pour la vaccination sans rendez-vous est une bonne nouvelle pour les autorités québécoises, qui tente de mettre les bouchées doubles afin de freiner la transmission des variants et d’endiguer la troisième vague.

D’autant plus qu’il s’agit du vaccin d’AstraZeneca, dont l’efficacité et la sûreté avaient récemment été remises en cause.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, qui a lui-même reçu le vaccin d’AstraZeneca, a encouragé les Québécois à s’inscrire au sans rendez-vous, considérant la récente résurgence du virus et de ses variants. Ceux qui décideraient de ne pas se faire vacciner avec AstraZeneca s’exposent à attendre longtemps avant de recevoir leur première dose, a-t-il expliqué mercredi en point de presse.

Il revient aux Québécois de faire «un choix éclairé», a-t-il ajouté.

Le Comité consultatif national sur l’immunisation a recommandé de ne pas avoir recours à ce vaccin pour les adultes de moins de 55 ans, en raison de cas graves, quoique rares, de caillots sanguins survenus après l’inoculation du vaccin en Europe. À la fin mars, plusieurs provinces avaient suspendu son utilisation pour cette tranche d’âge.

Le lien entre ce vaccin et l’apparition de caillots sanguins rares causés par une faible numération plaquettaire est néanmoins de plus en plus difficile à ignorer, ont déclaré mercredi l’Agence européenne des médicaments (EMA) et l’Agence britannique de réglementation des médicaments et des produits de santé. Elles sont toutefois incapables d’expliquer l’origine exacte de ces caillots et continuent de souligner que les bénéfices du vaccin surpassent de loin les risques.

En date de mercredi, un total de 1 636 310 doses de vaccin contre la COVID-19 avaient été administrées dans la province. Les autorités sanitaires ont reçu jusqu’à présent 2 358 095 doses.

Le Canada s’attend à recevoir environ 6,4 millions de doses d’AstraZeneca d’ici la fin juin.

Avec CBC/Radio-Canada

Vaccin AstraZeneca : l’Agence du médicament confirme un risque de thrombose rare

mars 26, 2021

«Neuf cas de thromboses (…) ont été déclarés», soit six de plus que la semaine précédente, indique l’ANSM, qui souligne que la balance bénéfice/risque reste «favorable». Parmi ces cas, «deux décès» ont été rapportés entre le 12 et le 18 mars.

L’Agence du médicament (ANSM) a confirmé vendredi 26 mars l’existence d’un risque «rare» de thrombose atypique associé au vaccin contre le Covid-19 d’AstraZeneca, après la survenue de nouveaux cas en France, dont deux décès, tout en soulignant que la balance bénéfice/risque restait «favorable».

«Neuf cas de thromboses des grosses veines, atypiques par leur localisation (cérébrale en majorité, mais également digestive), pouvant être associés à une thrombopénie – diminution du nombre de plaquettes dans le sang, NDLR – ou à des troubles de coagulation ont été déclarés», soit six de plus que la semaine précédente, indique l’ANSM dans son dernier point de situation sur la surveillance des vaccins contre le Covid-19.

Parmi ces cas, «deux décès» ont été rapportés entre le 12 et le 18 mars, dont celui d’un étudiant en médecine nantais mort le 18 mars plusieurs jours après avoir été vacciné, mentionné lundi soir par l’ANSM dans un communiqué et pour lequel des analyses complémentaires sont en cours, dans le cadre d’une enquête judiciaire.

«Délai médian de 8,5 jours après la vaccination»

«Le caractère très atypique de ces thromboses, leurs tableaux cliniques proches et le délai de survenue homogène conduisent le comité de suivi à confirmer la survenue, très rare, de ce risque thrombotique chez les personnes vaccinées par le vaccin AstraZeneca», explique l’agence sanitaire. Ces cas sont survenus «dans un délai médian de 8,5 jours après la vaccination chez des personnes sans antécédents particuliers identifiés à ce jour», ajoute-t-elle, précisant que sept patients avaient moins de 55 ans, et deux, plus de 55 ans.

Le vaccin développé par le laboratoire suédo-britannique et l’université d’Oxford avait été suspendu le 15 mars par plusieurs pays européens après le signalement de cas de caillots sanguins, parfois mortels. La France a levé la suspension vendredi, après un avis de l’Agence européenne des médicaments (EMA) le jugeant «sûr et efficace» et affirmant que sa balance bénéfice/risque face à l’épidémie de Covid-19 était positive.

La Haute autorité de santé a toutefois recommandé de le réserver aux personnes de 55 ans et plus car jusqu’alors les cas de thrombose veineuse cérébrale avaient uniquement été observés chez des moins de 55 ans. L’EMA a conclu que le vaccin n’était pas associé à une augmentation du risque global de caillots sanguins mais qu’un «lien possible avec deux formes très rares de caillots sanguins (coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) et thromboses des sinus veineux cérébraux) associés à un déficit en plaquettes sanguines ne (pouvait) pas être exclu à ce stade».

«Un groupe d’experts» de l’EMA étudie «le mécanisme d’action, les éventuels facteurs de risque sous-jacents et toute donnée supplémentaire pour expliquer les événements observés», rappelle l’ANSM. Sur 1,4 millions de vaccins AstraZeneca injectés en France au 18 mars, environ 5700 effets indésirables ont été analysés par les centres de pharmaco-vigilance, en «grande majorité» des «syndromes pseudo-grippaux, souvent de forte intensité» (fièvre, maux de tête, courbatures).

Par Le Figaro avec AFP

Égypte: Le tombeau de Toutankhamon et autres objets maudits

mars 21, 2021
Le masque d’or de Toutankhamon au musée égyptien du Caire, en 2015.

La lecture de cet article n’est pas recommandée aux âmes sensibles, il y est question d’objets pouvant vous faire passer de vie à trépas… Pour traverser l’Achéron, votre guide sera l’auteur J.W. Ocker.

C’est bien connu, il ne faut ni s’aventurer dans les cimetières la nuit, ni profaner les tombes des morts. Quant aux sépultures égyptiennes, mieux vaut s’en tenir éloigné, conseil d’expert. C’est en tout cas la leçon que nous donne l’histoire du tombeau de Toutankhamon, telle que la raconte l’auteur J. W. Ocker, créateur du site OTIS (Odd Things I’ve Seen) dans son livre Maudits, histoires et légendes des objets ensorcelés (éditions Cernunos, (mal) traduit par Isabelle Pernot, 338 pages, 24,95 euros).

Né aux alentours de 1345 avant Jésus-Christ, Toutankhamon serait le fils d’Akhenaton et de sa propre sœur. Onzième pharaon de la XVIIIème dynastie (Nouvel empire), il a régné moins d’une dizaine d’années entre ses neuf ans et sa mort, vers 18 ans. Celle-ci reste aujourd’hui encore bien mystérieuse, diverses hypothèses ayant été avancées, de l’infection généralisée suite à une blessure à l’accident de char, en passant par le paludisme…

Le mécanisme fatal de la malédiction enclenché

Mais si le jeune et beau pharaon demeure aujourd’hui encore l’un des plus célèbres, c’est surtout en raison de la découverte de son tombeau, riche de quelque 5 000 artéfacts, en 1922. Et de la malédiction que cette découverte par Howard Carter semble avoir libérée. Vous n’y croyez pas, mécréant que vous êtes ? Alors écoutez bien cette histoire que nous raconte dans le détail J. W. Ocker. Avec cet humour provocateur qui traverse tout son livre : « En 1922, Toutankhamon est arraché au repos éternel. Son tombeau avait jusque-là résisté aux nombreux pilleurs de la Vallée des Rois pendant des siècles. Aujourd’hui, tout le monde connaît son nom, car c’est grâce à lui que l’ancienne Égypte est redevenue « cool » en Occident. »

Carter fouille le désert depuis 1917 à la recherche de ce tombeau, et en novembre 1922, son mécène, George Herbert, cinquième comte de Carnarvon, envisage de lui retirer son financement.  La découverte d’une série de seize marches s’enfonçant dans le sable et menant à une porte scellée change la donne… L’ensemble est aussitôt recouvert et c’est un peu plus tard, en présence de Lord Carnarvon, qu’est déblayé le passage menant à la porte où sont gravés les symboles de Toutankhamon. Il faut plusieurs jours d’intenses travaux pour parvenir à l’ouvrir, mais la récompense est là : une antichambre remplie de trésors archéologiques, la plupart en or. Pendant sept semaines, les archéologues cataloguent tous les objets, impatients d’ouvrir la porte scellée derrière laquelle se trouve, sans doute, la momie de l’enfant-roi. La découverte fait le tour du monde, curieux et journalistes affluent. Mais une fois l’antichambre vidée, le site est fermé pour la saison et tout le monde reste sur sa faim, attendant de savoir si le pharaon est bien là.

Malheureusement, la simple ouverture du tombeau a déjà enclenché le mécanisme fatal de la malédiction… À Assouan où il se trouve, Lord Carnarvon se fait piquer par un moustique. Incident banal s’il en est qui va pourtant le conduire droit à la mort. En se rasant, le Lord entaille la piqûre… et succombe peu de temps après d’une septicémie. Carnarvon avait vendu au Times l’exclusivité des droits autour de la découverte du tombeau et les autres journalistes, penauds, étaient donc tenus à distance. Est-ce pour cette raison que la rumeur d’une malédiction se répand vite ? Quand on n’a rien à écrire, on invente, on brode, on imagine… « Sir Arthur Conan Doyle aide la rumeur à se répandre en affirmant que des esprits de la nature appelés élémentaires (mon cher Watson) se sont sûrement vengés de Carnarvon parce qu’il a ouvert le tombeau qu’ils devaient protéger, écrit Ocker. L’écrivaine Marie Corelli déclare posséder un livre égyptien très rare selon lequel les tombeaux royaux abritent des poisons secrets pour punir les profanateurs. »

Autour de Carnarvon, on compte plusieurs victimes. Un cobra aurait mangé son canari le jour de l’ouverture du tombeau, tandis que son chien aurait trépassé exactement le même jour que lui…

En 1923, Carter atteint la chambre mortuaire où il trouve la momie du pharaon, son célèbre masque mortuaire et un cercueil en or. Peu après, les morts s’enchaînent. George Jay Gould, magnat des chemins de fer, meurt d’une pneumonie peu de temps après avoir visité la tombe. L’aristocrate égyptien Ali Kamel Fahmy Bey est, lui, abattu par sa femme. Audrey Herbert, la sœur de Lord Carnarvon, meurt aussi en 1923 d’une septicémie. Un an plus tard, c’est au tour d’Archibald Douglas Reid, qui a radiographié le sarcophage, de succomber à une « maladie mystérieuse ». Quant au gouverneur du Soudan, Sir Lee Stack, qui fut l’un des premiers visiteurs du tombeau, il est assassiné au Caire.

Liste morbide

Ce n’est pas tout. En 1926, l’égyptologue français Georges Bénédicte meurt après une chute à l’extérieur du tombeau. En 1928, Arthur Mace, membre de l’équipe de Carter, décède d’un empoisonnement à l’arsenic après avoir dû quitter l’Égypte pour des problèmes de santé. La liste morbide ne s’arrête toujours pas. En 1929, un demi-frère de Carnarvon, Mervyn Herbert, décède d’une pneumonie. « Cette même année, le capitaine Richard Bethell, qui effectue divers emplois pour Carnarvon et Carter, meurt dans son lit dans des circonstances suspectes. Quelques mois plus tard, son père se jette par la fenêtre de son appartement situé au septième étage. Il laisse un mot stipulant : « Je ne supporte plus ces horreurs. »

À QUOI D’AUTRE S’ATTENDRE QUAND ON PROFANE LES DÉFUNTS ET QU’ON RÉCUPÈRE LES TRÉSORS DESTINÉS À L’APRÈS-VIE D’UNE CULTURE OBSÉDÉE PAR LA MORT ET L’ÉTERNITÉ ? »

Et que découvre-t-on en extrayant Toutankhamon de ses bandelettes ? Une blessure à la joue semblable à celle qui a causé la mort de Lord Carnarvon… « En fin de compte, la malédiction du tombeau de Toutankhamon reste célèbre parce qu’elle est logique, écrit J.W. Ocker. À quoi d’autre s’attendre quand on profane les défunts et qu’on récupère les trésors destinés à l’après-vie d’une culture obsédée par la mort et l’éternité ? S’il existe des choses maudites en ce bas monde, le tombeau d’un souverain égyptien en fait forcément partie. » Il n’empêche, le découvreur de la tombe, Howard Carter, a survécu vingt ans à la malédiction. Il est mort à Londres, à 64 ans, des suites d’un lymphome de Hodgkin… Quand au pharaon, « [il] est visible dans son tombeau, tandis que la plupart de ses trésors sont exposés au musée égyptien du Caire ou dans les musées du monde entier grâce à des expositions itinérantes qui répandent la malédiction sur toute la planète. »

Si vous êtes toujours vivant après avoir visité l’une de ces expositions, pas d’inquiétude, J.W. Ocker a en réserve bien d’autres objets maudits dont vous aurez à cœur de connaître l’histoire : le diamant Hope, la tombe de Shakespeare, la « momie malchanceuse », la bague de Rudolph Valentino, la chambre d’ambre, l’horloge astronomique de Prague, la Porsche 550 Spyder de James Dean, les poupées Annabelle et Robert…Bref, à la toute fin, il y a de fortes chance que vous mourriez. Désolé.

Avec Jeune Afrique par Nicolas Michel

Canada: Jean Boulet annonce 900 000 $ pour l’UQTR

mars 20, 2021

Trois-Rivières — Pour soutenir les capacités de recherche et d’acquisition d’équipement à la fine pointe de la technologie de la région de la Mauricie, le gouvernement du Québec accorde une aide financière de 900 000 $ à un projet d’innovation relevant de l’UQTR. C’est le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, qui en a fait l’annonce vendredi au nom de la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann.

Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

© FRANÇOIS GERVAIS Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Cet investissement s’inscrit dans le Programme de soutien aux organismes de recherche et d’innovation, qui permet aux universités et aux centres de recherche affiliés aux hôpitaux universitaires de demeurer à l’avant-garde de la recherche mondiale dans tous les secteurs.

Au total, 38 projets québécois ont été acceptés. Ils se partageront des investissements totalisant 280 millions de dollars, dont 109 251 000 $ ont été consentis par le ministère de l’Enseignement supérieur, le ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que le ministère de l’Économie et de l’Innovation.

Le nom du projet retenu est Bâtir un avenir pour la diffusion canadienne des faisceaux de neutrons. «Je suis ravi de cet investissement puisqu’il témoigne de la passion et de l’ingéniosité qui animent notre communauté. Le projet de l’UQTR fait partie d’un projet pancanadien porté par plus de 100 chercheurs de 30 universités canadiennes qui requièrent l’utilisation de faisceaux de neutrons pour leurs recherches», a commenté le ministre régional.

«Pour l’UQTR, le projet consiste à bonifier son laboratoire de faisceaux de neutrons en y ajoutant trois lignes de faisceaux», précise le ministre Boulet, pour qui de telles idées avant-gardistes et un tel savoir-faire de pointe «contribueront grandement au rayonnement du Québec sur la scène internationale».

Pour sa part, la ministre McCann a tenu à souligner la qualité des projets retenus dans le cadre du programme Fonds d’innovation. «Ces projets démontrent toute la volonté et l’ambition qui animent le réseau de l’enseignement supérieur québécois. Je suis certaine qu’ils contribueront à positionner avantageusement le Québec de demain sur la scène mondiale. Ces investissements offriront la possibilité aux étudiants, professeurs et chercheurs de poursuivre leurs travaux dans des environnements à la fine pointe de la technologie et de rivaliser avec l’ensemble des universités et centres de recherche du monde», a-t-elle fait savoir par voie de communiqué.

«Plus que jamais, nous avons besoin d’innovation en matière de santé, et c’est vers la recherche que nous devons d’abord nous tourner pour la favoriser. Que ce soit du côté du traitement des maladies ou simplement pour faire une meilleure prévention, il nous faut miser sur le travail de nos chercheuses et de nos chercheurs pour améliorer nos pratiques et optimiser notre gestion des ressources au sein du réseau. Ce financement s’avère donc une excellente nouvelle qui vient nous donner un peu d’espoir en cette période de défis majeurs pour l’organisation des services de santé», a renchéri le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

«Nos chercheurs ont besoin d’infrastructures de recherche et d’équipement de pointe pour mener à bien leurs travaux et réaliser les découvertes qui généreront les innovations de demain. C’est le mandat que nous nous donnons comme gouvernement : appuyer les projets québécois en leur fournissant les meilleures conditions technologiques et scientifiques qui soient», a conclu le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

Avec Marc Rochette – Le Nouvelliste

L’astronaute français Thomas Pesquet désigné commandant de bord de l’ISS

mars 16, 2021

Il sera également le premier Européen à rejoindre la Station spatiale internationale à bord d’un vaisseau privé américain, la capsule Crew-2 Dragon de Space X, qui doit décoller depuis la Floride le 22 avril

«J’ai la chance d’être le premier Français aux commandes d’un véhicule spatial»: l’astronaute Thomas Pesquet désigné commandant de bord de l’ISS

Une première pour un astronaute français: lors de sa deuxième mission en orbite, «Alpha», Thomas Pesquet sera quelque temps commandant de bord de la Station spatiale internationale (ISS), pour laquelle il doit s’envoler le 22 avril depuis la Floride.

À 43 ans, celui qui a été pilote de ligne prendra les commandes à quelque 400 kilomètres au-dessus de la Terre, durant environ un mois, vers la fin de son séjour de six mois. «Je suis incroyablement honoré !», s’est réjoui l’astronaute, lors d’une conférence de presse en ligne de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui lui a assigné cette fonction en accord avec les autres agences spatiales partenaires de l’ISS (Etats-Unis, Russie, Japon et Canada). «J’ai la chance d’être le premier Français aux commandes d’un véhicule spatial. C’est grâce à l’histoire, à la place de la France et de l’Europe dans les vols habités, c’est une reconnaissance pour tout le monde», s’est félicité l’astronaute.

La fonction de commandant est exercée tour à tour par les membres désignés de l’équipage de l’ISS. «C’est comme un bateau, il y a un seul maître à bord après Dieu», a commenté Thomas Pesquet. «Évidemment, il y a beaucoup de choses qui se décident au centre de contrôle au sol», a-t-il expliqué, mais «quand ça va mal et qu’il faut réagir vite, c’est le commandant qui décide, qui assigne un peu les tâches, par exemple si on doit faire face à un départ de feu ou une dépressurisation».

Autre première de la mission «Alpha»: Thomas Pesquet sera le premier Européen à rejoindre l’ISS à bord d’un vaisseau privé américain, la capsule Crew-2 Dragon de Space X, qui doit décoller depuis le Kennedy Space Center en Floride le 22 avril, avec trois autres astronautes (les Américains Megan Mc Arthur et Shane Kimbrough, et le Japonais Akihiko Hoshide).

«La fleur au fusil»

«Ça approche, c’est dingue ! Il y a tellement de choses qui se passent qu’avant même de pouvoir y penser, je me retrouverai au pied de la fusée» Falcon 9, qui propulsera la capsule, a raconté Thomas Pesquet, en plein entraînement pour ce vol. Aux journalistes lui demandant s’il avait le trac, il a répondu que c’était «comme un premier saut en parachute, où on va un peu la fleur au fusil».

Son seul regret est de ne pas être en première ligne à bord de la capsule Dragon: «Sur quatre membres d’équipage, il y en a deux qui sont vraiment aux commandes et deux qui n’y sont pas, moi malheureusement je fais partie des deux qui n’y sont pas, c’est pas moi qui ai décidé, c’est la Nasa». Ce qui ne l’empêchera pas d’apporter son «expertise» en tant qu’ancien pilote du vaisseau russe Soyouz, qui l’avait emmené sur l’ISS pour sa première mission, «Proxima», en 2016-2017.

Une fois arrimé à l’ISS, lui et son équipe du Crew-2 cohabiteront quelques jours avec les quatre astronautes de Crew-1, qui rentreront ensuite après six mois dans l’espace. Durant cette période de passation, la station spatiale accueillera pas moins de 11 personnes. «On sera un peu en mode camping», s’était amusé récemment Shane Kimbrough.

À la fin de son séjour, Thomas Pesquet devrait être rejoint par un autre astronaute de l’ESA, l’Allemand Matthias Maurer. «Ça arrive très rarement que deux Européens travaillent ensemble sur l’ISS, ce serait un beau symbole», espère Thomas Pesquet. Plus d’une centaine d’expériences scientifiques attendent l’astronaute à bord de l’ISS, vaste laboratoire en apesanteur. «Une qui me plaît beaucoup, c’est une expérience sur des  »mini-cerveaux ». L’environnement spatial, c’est comme un modèle accéléré du vieillissement, merveilleusement réversible, donc on va essayer de regarder ses effets sur le cerveau, en assemblant des cellules dans des boîtes de Petri».

Quatre sorties «extra-véhiculaires» dans l’espace sont en outre programmées, dont la plus importante consistera en l’installation de nouveaux panneaux solaires, «des énormes tubes de 350 kilos». En dehors des heures de travail, il prendra des photos de la Terre vue de l’espace, mais «un peu moins que la dernière fois», car il veut, cette fois, «prendre plus de temps pour se faire des souvenirs».

Par Le Figaro avec AFP

Canada: Un premier cas de la variante circulant au R-U a été détecté au Québec

décembre 29, 2020

QUÉBEC — Un premier cas de la variante de coronavirus circulant au Royaume-Uni a été détecté au Québec, a confirmé mardi le ministère de la Santé.

© Fournis par La Presse Canadienne

La personne infectée par la «variante S» avait été en contact avec un proche qui revenait du Royaume-Uni le 11 décembre dernier, a précisé le ministère dans un communiqué. 

Cette personne a reçu un diagnostic positif à la COVID-19 le 13 décembre. 

Le voyageur qui revenait du Royaume-Uni a eu des contacts prolongés avec trois membres de sa famille, qui ont tous reçu des résultats positifs à la COVID-19. La variante circulant au Royaume-Uni n’a été détectée que chez une personne. 

La nouvelle souche a été identifiée par le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et confirmée par le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ). 

Selon le ministère, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) est en train de mettre sur pied un laboratoire de surveillance pour déceler rapidement les nouvelles variantes du coronavirus.

«Les analyses sur les caractéristiques de cette nouvelle souche sont toujours en cours dans plusieurs pays et pour l’instant, il n’y a pas lieu de modifier les recommandations de santé publique», écrit-on dans le communiqué.

Les scientifiques indiquent que la variante d’abord identifiée en sol britannique comporte 17 différences génétiques importantes comparativement au SRAS-CoV-2. Elle pourrait être jusqu’à 70 % plus contagieuse, mais rien ne permet de croire pour le moment que les vaccins existants ne seraient pas efficaces pour la combattre.

Depuis le 21 décembre, les vols du Royaume-Uni vers le Canada sont suspendus. Le gouvernement Trudeau, qui avait d’abord adopté cette mesure pour 72 heures, l’a prolongée au moins jusqu’au 6 janvier.

Même si ce n’est pas interdit, le premier ministre Justin Trudeau et son homologue du Québec, François Legault, ont dissuadé les Canadiens et Québécois à voyager alors que le pays traverse difficilement une deuxième vague d’infections.

Avec La Presse Canadienne