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États-Unis: Nouvelle greffe d’un rein de porc chez un humain

janvier 20, 2022
Les chirurgiens procèdent à l'installation du rein à l'intérieur du patient.

Il s’agit de la deuxième opération de ce type et la première menée à l’intérieur du corps d’un patient, qui était en état de mort cérébrale. Photo: École Heersink de Médecine de l’Université de l’Alabama à Birmingham/Alicia Rohan

Un rein de porc a été greffé à un corps humain, a annoncé jeudi une équipe médicale basée aux États-Unis; c’est la deuxième opération de ce type et la première menée à l’intérieur du corps d’un patient, qui était en état de mort cérébrale.

L’annonce intervient peu après la première greffe d’un cœur porcin chez un patient, cette fois conscient.

Ces percées dans le domaine des transplantations d’organes d’animaux chez des humains, aussi appelées xénogreffes, laissent entrevoir une possible solution à la pénurie chronique de dons d’organes.

Les résultats d’aujourd’hui sont un accomplissement remarquable pour l’humanité et font entrer les xénogreffes dans le domaine clinique, s’est félicité Selwyn Vickers, doyen de l’école Heersink de médecine de l’Université de l’Alabama à Birmingham (UAB), où l’opération a eu lieu.

Un rein de porc avait déjà été greffé sur un humain en état de mort cérébrale par une équipe de l’Université de New York, à deux reprises, le 25 septembre et le 22 novembre 2021, mais les greffons avaient été placés à l’extérieur du corps, connectés à une jambe, afin de pouvoir les observer et effectuer des prélèvements.

L’opération dévoilée jeudi a eu lieu le 30 septembre 2021. Deux reins d’un porc génétiquement modifié ont été placés dans le corps d’un homme de 57 ans dont les organes ne pouvaient être donnés à une autre personne, bien qu’il en ait fait le vœu.

Les reins transplantés ont filtré le sang, produit de l’urine et, chose importante, n’ont pas été immédiatement rejetés, a indiqué l’université dans un communiqué.

Les deux organes sont restés viables jusqu’à ce que l’expérience soit arrêtée, 77 heures plus tard, et les résultats ont été publiés dans l’American Journal of Transplantation.

Puisque les reins étaient complètement connectés à l’intérieur du corps, l’équipe assure que cette opération chirurgicale se rapproche de la réalité clinique. Ils comptent effectuer bientôt des essais sur des patients humains et demander ensuite le feu vert des autorités de régulation.

Le porc dont les reins ont été utilisés avait subi 10 modifications génétiques importantes pour rendre ses organes compatibles avec un humain.

Selon les autorités américaines, près de 107 000 personnes attendent un don d’organe aux États-Unis, dont 90 000 ont besoin d’un rein. Chaque jour, en moyenne, 17 Américains meurent faute de greffe.

La recherche médicale s’était d’abord tournée vers les primates : le cœur d’un babouin a par exemple été greffé à un nourrisson en 1984, mais il n’a survécu que 20 jours.

De nos jours, les valves cardiaques de porcs sont largement utilisées chez les humains, ainsi que la peau porcine chez les grands brûlés.

Les porcs constituent de parfaits donneurs du fait de la taille de leurs organes, de leur croissance rapide et de leur nombreuse progéniture, et parce qu’ils sont déjà élevés comme une source de nourriture.

Par Radio-Canada avec AFP

Lancement réussi du télescope spatial James Webb de la NASA

décembre 25, 2021
La fusée décolle du pas de tir.

La fusée Ariane 5, qui transportait le télescope James Webb, a décollé le matin du 25 décembre 2021 depuis le Centre spatial guyanais. Photo: AFP Via Getty Images/Jody Amiet

Le télescope spatial James Webb, attendu depuis trente ans par les astronomes du monde entier pour examiner l’Univers à l’aide de moyens inégalés, a décollé samedi à bord d’une fusée Ariane 5 depuis le port spatial européen de Kourou, en Guyane française.

La fusée Ariane 5 a éjecté avec succès le télescope spatial sur son orbite finale, a annoncé le directeur des opérations de lancement au Centre spatial guyanais.

Bonne séparation, Webb télescope, go Webb, a indiqué Jean-Luc Voyer depuis le centre de contrôle, à Kourou.

L’étage supérieur de la fusée Ariane a relâché l’instrument après 26 minutes de vol. Le télescope – le plus complexe et le plus puissant jamais conçu – mettra maintenant environ un mois pour rejoindre son poste d’observation, situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre.

Construit par la NASA avec la collaboration des agences spatiales européenne (ASE) et canadienne (ASC), le précieux chargement a survolé l’Atlantique, puis l’Afrique, jusqu’à la séparation finale, survenue à 1400 kilomètres d’altitude et à une vitesse de plus de 34 000 km/h.

Une caméra embarquée à l’étage supérieur d’Ariane a montré cette séparation et surtout le déploiement, quelques secondes plus tard, des panneaux solaires du télescope spatial James Webb. Les images de ce moment critique, grâce auquel l’alimentation des instruments du télescope sera assurée, ont déclenché un tonnerre d’applaudissements dans le centre Jupiter, aussi fort que celui qui avait marqué le succès de la séparation.

Les commandes du télescope spatial James Webb sont maintenant aux mains de la NASA depuis le Space Telescope Science Institute à Baltimore, au nord-est de Washington.

La NASA va superviser les délicates opérations de déploiement de l’observatoire avant son arrivée au point de Lagrange 2, à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Quant à l’exploration scientifique du cosmos à proprement parler, elle commencera dans six mois.

Ariane 5 est une fusée très fiable et c’était la seule dont les dimensions étaient suffisantes pour accueillir un télescope de la dimension de James Webb, qui doit même être plié comme un origami, explique Martin Bergeron, gestionnaire pour l’astronomie spatiale et les sciences planétaires à l’Agence spatiale canadienne (ASC).

Webb est arrivé le 12 octobre dernier au port de Pariacabo, à Kourou, après avoir effectué un voyage de 16 jours depuis la base navale de Seal Beach, en Californie, à bord du porte-conteneurs français MN Colibri.

Il a ensuite été transporté par camion jusqu’au site de lancement géré par l’ASE. Ce site est idéal pour lancer des vaisseaux spatiaux puisqu’il est situé près de l’équateur, ce qui permet aux lanceurs d’être plus performants grâce à l’effet de fronde dû à la vitesse de rotation de la Terre.

Une équipe de 100 experts a participé au déballage et à la préparation du télescope à son arrivée sur le site.Le télescope Webb lors de son arrivée à Kourou.

Dès l’arrivée du télescope sur le site de lancement de Kourou, les ingénieurs se sont rapidement attelés à le déballer, à le nettoyer et à le préparer. Photo: NASA/Chris HRIS Gunn

Le télescope Webb est énorme. D’un poids de 6200 kilos (avec le carburant), il mesure 10,5 mètres de haut et près de 4,5 mètres de large même en position repliée.

Ariane 5 a d’ailleurs dû subir quelques modifications pour répondre aux besoins de la mission, notamment à sa coiffe, la structure qui protège le télescope pendant le décollage et la traversée de l’atmosphère.

De nouveaux éléments ont été ajoutés pour minimiser le choc de la dépressurisation au moment où la coiffe se sépare et s’écarte du lanceur.Le télescope James Webb à Kourou.

Préparation du télescope avant son embarquement à bord d’une fusée Ariane. Photo : ESA-CNES-ARIANESPACE

Comme certains éléments de Webb sont très sensibles aux rayons solaires et au réchauffement dû à la friction de l’atmosphère, certaines manœuvres supplémentaires de rotation ont été prévues afin de protéger ces éléments après le largage de la coiffe.

De plus, une autre batterie a été installée afin de fournir une impulsion supplémentaire à l’étage supérieur de la fusée pour l’éloigner rapidement de Webb après la séparation.

Le lieu de travail de Webb est un endroit particulier. Le point de Lagrange 2 se trouve à 1,5 million de kilomètres de la Terre, une distance quatre fois plus éloignée que la Lune, note Martin Bergeron.

Ce point est une position dans l’espace où l’attraction du Soleil et de la Terre est équilibrée par les forces orbitales, ce qui en fait un endroit stable pour faire fonctionner les engins spatiaux, ajoute-t-il.

Par comparaison, Hubble est en orbite terrestre à 547 kilomètres d’altitude.Illustration montrant où se trouve le télescope Webb par rapport à la Terre et au Soleil.

L’orbite solaire du télescope Webb se trouve à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre. Photo : Agence Spatiale Canadienne/ESA

Une chorégraphie toute spatiale

Plusieurs étapes délicates se dérouleront durant le voyage de 29 jours du télescope vers le point de Lagrange L2. Les responsables de la mission doivent s’assurer du bon déroulement de la séquence de déploiement la plus complexe jamais tentée dans l’espace.

Le déploiement est la phase la plus cruciale, qui comporte toutes sortes d’étapes et donc de risques. Il y a près de 200 activateurs de mécanismes qui doivent tous fonctionner comme prévu, souligne M. Bergeron.L'extension des panneaux solaires s'est déroulée entre 31 et 33 minutes après le décollage.

Déploiement des panneaux solaires. Photo: NASA

Le premier déploiement de Webb, l’extension de ses panneaux solaires, s’est déroulée entre 31 et 33 minutes après le décollage. Ces panneaux fourniront près de deux kilowatts d’énergie pour alimenter les systèmes électriques et certains équipements nécessaires au bon fonctionnement du télescope.

Ensuite, deux heures après le lancement, sa plateforme d’antennes a été déployée, ce qui permettra à la sonde de communiquer avec les trois stations radio terrestres de la NASA, situées en Californie, en Espagne et en Australie.

Puis, 12,5 heures après le lancement, le télescope allumera ses propulseurs pour effectuer la première de plusieurs corrections de trajectoire qui enverront l’observatoire vers sa destination finale.

Au troisième jour, ce sera le premier grand déploiement de Webb. Dans une opération d’environ cinq heures, la structure qui supporte les cinq fines membranes du bouclier solaire sera déployée.

Ensuite, au quatrième jour, la tour qui sépare les miroirs et les instruments du télescope du bouclier sera déployée. Cette séparation isolera efficacement le télescope des vibrations et de la chaleur provenant de la plateforme spatiale.La tour du télescope Webb.

Déploiement de la tour qui sépare les miroirs et les instruments du télescope. Photo : NASA

Le déploiement de la membrane du bouclier solaire commencera environ cinq jours après le lancement. Le bouclier solaire fait 21 mètres sur 14 mètres, ce qui est grand comme un terrain de tennis. Il est composé de cinq couches de différentes épaisseurs qui protègent le télescope du Soleil, explique M. Bergeron.

Un des moments critiques de la mission se produira lorsque les 107 mécanismes de libération du bouclier solaire, qui maintiennent les cinq couches du bouclier solaire en place, se déclencheront au même moment pour libérer les membranes.

Après le déploiement complet, chacune des cinq couches sera tendue et séparée à l’aide de poulies et de systèmes motorisés. Le déploiement et la mise en tension du bouclier solaire devraient se terminer entre huit et neuf jours après le décollage mais pourraient être ralentis pour éviter tout problème imprévu.

Après la mise en tension du bouclier solaire, un radiateur spécial situé derrière le miroir primaire sera déployé pour contribuer au refroidissement des instruments scientifiques.

Les composantes optiques de Webb seront mises en place à partir du 11e jour.

Le dépliage et la mise en place du trépied qui supporte le miroir secondaire seront effectués. Il faut savoir que ce miroir secondaire est une des pièces d’équipement les plus importantes du télescope, car il est essentiel au succès de la mission. Ce miroir circulaire joue un rôle crucial dans la captation de la lumière des 18 miroirs primaires de Webb en un faisceau focalisé.

Le déploiement du miroir primaire commencera vers le 13e jour. À ce moment, les panneaux latéraux, qui contiennent chacun trois segments du miroir primaire, rejoindront le panneau principal et seront verrouillés en place.

Ainsi, au 14 jour, tous les déploiements de Webb auront été réalisés.

Au cours des semaines suivantes, ses instruments scientifiques seront refroidis. Ce qui rend la mission très complexe, c’est que le télescope doit fondamentalement être très, très froid, -233 degrés Celsius. Cela prendra environ trois mois pour qu’il y arrive, explique le Pr René Doyon, de l’Université de Montréal, qui dirige l’équipe scientifique canadienne du télescope James Webb.

Pendant que Webb poursuivra son chemin vers son orbite finale, plusieurs étapes permettront d’ajuster les 18 segments du miroir primaire. Durant ces réglages, 126 actionneurs extrêmement précis, situés à l’arrière des miroirs, les positionneront et courberont subtilement chacun d’eux dans un processus qui prendra quelques mois.

Chacun des segments doit être aligné par rapport à l’autre à une fraction de micron. Par comparaison, un cheveu humain, c’est 50 microns, ajoute le Pr Doyon, qui a assisté au lancement de Webb en Guyane française.

Après l’arrivée du télescope à bon port, sa température continuera de diminuer. Deux mois après le lancement, elle sera suffisamment basse pour permettre à ses photodétecteurs infrarouges de fonctionner.

Durant le deuxième et le troisième mois, les miroirs primaire et secondaire seront alignés pour que l’image qui se forme sur le plan focal du télescope spatial atteigne les performances souhaitées.

Vers le cinquième mois en orbite, le télescope sera stable et prêt pour sa mission.

C’est à ce moment-là qu’on va exercer tous les modes des quatre instruments. C’est une période intensive d’environ un mois pour vérifier que tout fonctionne comme prévu, précise M. Doyon.

À la fin de la période de rodage, vers le sixième mois dans l’espace, les toutes premières images et spectres des instruments nous parviendront, on espère, vers la mi-juin [2022], poursuit René Doyon.

L’Univers selon Webb : pour tout connaître de la mission

La mission scientifique de James Webb pourra ensuite commencer. Elle devrait durer entre 5 et 10 ans mais pourrait aussi s’allonger un peu.

Si les ingénieurs de la mission ont prévu du carburant pour une dizaine d’années de service, cette période pourrait être prolongée si Webb dépense moins de carburant que prévu pour se maintenir sur son orbite et, bien sûr, si ses instruments fonctionnent toujours.

Avec Le Point par Alain Labelle

Canada-Québec: Le vaccin contre la COVID-19 mis au point par Medicago est efficace à 71 %

décembre 7, 2021
Un homme protégé travaille avec des plantes dans une usine.

L’étude montre aussi que les effets secondaires du vaccin sont limités.(Archives) Photo: Gracieuseté : Medicago

Après des difficultés de recrutement, Medicago a finalement conclu la troisième phase de ses essais cliniques sur son vaccin candidat contre la COVID-19. Rendus publics par la société biopharmaceutique de Québec, les résultats montrent une efficacité globale du vaccin de 71 %, ce taux d’efficacité passe à 75,3 % quand le variant Delta est en cause.

Les résultats de cette phase 3, réalisée auprès de 24 000 personnes, seront soumis à Santé Canada dans les prochains jours. Avec ces données, Medicago souhaite voir l’autorité réglementaire canadienne approuver son vaccin candidat au plus tôt. Une homologation rapide permettrait à la société de procéder à la mise en marché de son vaccin au début de l’année prochaine.

Medicago a dû faire face à des défis de taille dans son processus en vue de valider l’efficacité de son vaccin candidat. D’abord au moment du lancement de la troisième phase de l’essai clinique en mars dernier, des vaccins étaient disponibles sur le marché, ce qui a complexifié le recrutement de participants. La société biopharmaceutique a donc dû changer ses plans et recruter en Amérique du Sud et en Amérique centrale.

Autre sujet d’inquiétude pour les chercheurs de la société, les variants sont apparus alors que le vaccin candidat avait été concocté pour combattre le virus originel.

Mais malgré ces complications, Medicago se dit satisfaite du déroulement de son étude et surtout des résultats.

Nathalie Charland, directrice sénior aux affaires scientifiques et médicales chez Medicago, explique que leur vaccin candidat a finalement un bon niveau d’efficacité contre différents variants, et cela, peu importe la sévérité de la maladie : on a eu la moitié de Gamma la moitié de Delta. Pour les deux, on a de très bons résultats dans un environnement changeant et on est très fiers de ces résultats-là aujourd’hui.

Les serres dans la société biopharmaceutique de Québec.

Le Canada, qui a fourni 173 millions de dollars à Medicago pour développer ce vaccin, a déjà promis de faire l’acquisition d’au moins 76 millions de doses. Photo : Radio-Canada/Carl Boivin

Effets secondaires limités

L’étude montre aussi que les effets secondaires du vaccin sont limités : rougeurs sur le point de l’injection, fatigue, maux de tête et courbatures. Nathalie Charland précise que rien de majeur n’a été signalé en ce qui concerne les effets secondaires .

En plus de soumettre ses résultats à Santé Canada afin d’obtenir l’homologation de son vaccin candidat, Medicago discute avec le Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDASecrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques) aux États-Unis, avec la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency au Royaume-Uni, ainsi qu’avec l’Organisation mondiale de la santé (OMSOrganisation mondiale de la santé).

La société de Québec a bon espoir de voir son vaccin approuvé. Le Canada qui a fourni 173 millions de dollars à Medicago pour développer ce vaccin a déjà promis de faire l’acquisition d’au moins 76 millions de doses.

Selon Nathalie Charland, Medicago a déjà commencé à produire des vaccins dans son usine de Caroline du Nord aux États-Unis afin d’être prête à fournir des doses dès qu’elle aura obtenu le feu vert de Santé Canada. Pour l’heure, c’est un sentiment de fierté qui l’habite : si le candidat vaccin est approuvé, ce sera le premier vaccin sur plante à usage humain qui sera approuvé.

Nathalie Charland, directrice des affaires scientifiques et médicales chez Médicago

Plus d’informations

Chercheur clinicien au CHUCentre hospitalier universitaire de Québec, Marc Dionne estime que Medicago pouvait difficilement faire mieux dans le contexte où l’étude de phase 3 a été menée pendant que des variants ont fait leur apparition et que d’autres vaccins étaient disponibles sur le marché.

L’équipe de M. Dionne, comme d’autres équipes de chercheurs aux pays, a collaboré avec Medicago dans le recrutement de participants pour valider le vaccin candidat. Il sait ce que la société a dû traverser pour arriver à conclure cette étude.

Selon lui , reste à voir comment Santé Canada réagira devant les données fournies par Medicago : c’est certain que Santé Canada va vouloir éventuellement avoir plus d’informations sur la protection pour les malades les plus vulnérables parce que maintenant avec les vaccins homologués, on a des données sur la protection contre les hospitalisations et même contre les décès.

Pour Nathalie Charland, Medicago est consciente de la situation et mise sur les données accumulées lors des deux premières phases de l’essai pour convaincre Santé Canada : on espère qu’en combinant les résultats de la phase 2 et de la phase 3, ça satisfasse les demandes de Santé Canada. Actuellement, les discussions sont toujours en cours.

Avec Radio-Canada par Guylaine Bussière

Ce que nous savons du nouveau variant Omicron

novembre 27, 2021

Bien que seulement quelques centaines de cas aient été identifiés jusqu’à présent, l’annonce de la détection d’un nouveau variant en Afrique du Sud préoccupe la communauté scientifique.

Illustration représentant le corps d'un homme mettant en évidence des poumons infectés par le SRAS-CoV-2, le virus qui cause la COVID-19.

© angelhell/iStock Illustration représentant le corps d’un homme mettant en évidence des poumons infectés par le SRAS-CoV-2, le virus qui cause la COVID-19.

Où a-t-il été détecté pour la première fois?

Le variant Omicron (B.1.1.529) a été détecté pour la première fois le 9 novembre dans la province de Gauteng, la plus urbanisée d’Afrique du Sud, qui comprend les villes de Pretoria et Johannesburg. Il a été signalé officiellement» à l’OMS le 24 novembre. Il a ensuite été détecté chez des voyageurs en Belgique, à Hong Kong et au Botswana.

Comment le nouveau variant a-t-il été détecté?

Les autorités de santé publique d’Afrique du Sud l’ont détecté dans des échantillons de virus alors qu’elles tentaient d’expliquer une hausse soudaine du nombre de cas dans le pays, qui sont passés d’environ 200 nouveaux cas confirmés par jour la semaine dernière à 2465 jeudi.

D’où vient-il?

Si la première infection confirmée par Omicron provient d’Afrique du Sud, le variant ne trouve pas nécessairement sa source dans ce pays. Des informations publiées dans le journal The Guardian montrent qu’un échantillon du variant a été collecté au Botswana le 11 novembre. Il était donc présent dans les deux pays à la même période. L’analyse des données récoltées dans les dernières semaines permettra peut-être d’établir l’origine du variant d’ici les prochaines semaines.

Pourquoi ce variant inquiète-t-il autant?

Le variant Omicron est jugé préoccupant parce qu’il présente une trentaine de mutations sur sa protéine S, ce qui est environ le double des mutations observées sur la protéine S du variant Delta. Il faut savoir que cette protéine facilite l’infection des cellules du corps par le virus.

Si les anticorps d’une personne provenant d’infections ou de vaccinations antérieures ne reconnaissent pas le nouveau variant du virus, celui-ci pourrait réussir à infecter, ou à réinfecter, les personnes déjà immunisées contre les variants antérieurs.

Si c’est le cas, cela pourrait avoir un impact sur la transmission du virus entre humains, mais aussi sur la gravité de la maladie qu’il cause.

Est-ce qu’il est plus transmissible que les autres variants?

Ce n’est pas clair pour le moment, mais les données préliminaires en provenance d’Afrique du Sud semblent l’indiquer. Selon les informations disponibles, le taux de reproduction du variant (le nombre moyen de personnes infectées par une personne infectée) est estimé à 1,93 à Gauteng, alors qu’il est à 1,47 pour l’ensemble de l’Afrique du Sud.

Les vaccins actuels vont-ils être efficaces?

C’est la grande question. Si les scientifiques sont préoccupés par le nombre de mutations que le variant a subies, il ne devrait pas échapper complètement aux anticorps développés à la suite d’une vaccination ou d’une autre infection. Toutefois, sa protection pourrait s’en trouver diminuée.

Et les médicaments antiviraux?

Les médicaments oraux conçus par Merck et Pfizer, actuellement en cours d’approbation par les agences nationales de santé publique, seront aussi efficaces contre le variant Omicron parce qu’ils ne ciblent pas la protéine S. Ils empêchent plutôt le virus de se répliquer.

Que font les autorités sanitaires internationales?

L’Organisation mondiale de la santé, qui qualifie le variant de préoccupant», a créé un groupe d’experts pour analyser la situation. Des équipes sont déjà en train de tester l’efficacité des vaccins actuels contre le nouveau variant.

L’apparition de ce nouveau variant rappelle, selon l’OMS, toute l’importance de rendre la vaccination accessible aux pays pauvres. Car plus le virus circule, plus il a d’occasions d’évoluer et plus on verra de mutations», a prévenu l’une des responsables de l’OMS, Maria Van Kerkhove.

Repères

  • Ce n’est pas la première fois que le SRAS-CoV-2 responsable de la COVID-19 change au fil du temps. À ce jour, des centaines de variants du coronavirus ont été identifiés et répertoriés dans le monde depuis janvier 2020, dont le Delta.
  • Un variant apparaît lorsque le matériel génétique d’un virus se réplique et qu’il subit de petites modifications appelées mutations». Ce sont ces mutations qui donnent naissance aux nouveaux variants» du virus initial.
  • Plusieurs de ces variants n’ont que peu ou pas d’incidence sur les propriétés du virus.

Avec CBC/Radio-Canada

Communiqué de presse : Les codirecteurs de PANDORA-ID-NET, le professeur Ntoumi et le professeur Sir Zumla sont élus Membres de la prestigieuse Académie mondiale des Sciences (World Academy of Sciences)

novembre 19, 2021

Le consortium de partenaires PANDORA-ID-NET est très fier d’annoncer que nos co-directeurs, le professeur Francine Ntoumi (FRCM, Congo) et le professeur Sir Alimuddin ‘Ali’ Zumla (UCL, Royaume-Uni), ont été élus membres de l’Académie Mondiale des Sciences, en anglais The World Academy of Sciences, abrégé en TWAS.



La liste 2022 des 58 membres nouvellement élus se compose d’éminents scientifiques mondiaux dans les domaines des mathématiques, de la physique, de la chimie, de l’astronomie, des sciences agricoles, des géosciences, de la biologie, de l’agronomie, de la médecine, des sciences de la santé, des sciences de l’ingénieur, de la société et de l’économie des sciences de la santé.


Parmi les membres nouvellement élus, 5 viennent d’Europe (un du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de la Suisse) ; 7 du Brésil ; 7 d’Afrique (République du Congo, Cameroun, Éthiopie, Kenya, Sénégal et Afrique du Sud) ; 6 de Chine et d’Inde chacun ; 3 du Moyen-Orient ; 3 de Cuba ; 2 d’Australie, du Bangladesh, d’Ouzbékistan, de Malaisie, d’Iran et des États-Unis ; et 1 de Géorgie, de Serbie, du Pakistan, de Nouvelle-Zélande, de Taïwan et de Bolivie. Plus d’informations sur les biographies des membres élus sur le site Web : https://twas.org/article/twas-elects-58-new-fellows).


L’Académie mondiale des sciences a été fondée en 1983 sous la direction du regretté lauréat du prix Nobel, le professeur Abdus Salam, et de neuf autres lauréats du prix Nobel. L’Académie a été officiellement lancée par le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES Javier Pérez de Cuéllar, en 1985. (Site Internet : https://twas.org/).
Le professeur Francine Ntoumi est la première scientifique de la République du Congo à être élue. Sir Ali Zumla est le seul scientifique du Royaume-Uni à être élu dans la liste 2022. Son élection porte désormais à six le nombre total des britanniques de l’Académie mondiale des sciences dans la catégorie Médecine. (https://twas.org/directory?members-type=fellows).


Le mandat des membres du TWAS nouvellement élus entrera en vigueur le 1er janvier 2022. La cérémonie officielle d’intronisation aura lieu lors de la prochaine assemblée générale du TWAS au printemps 2022, à Trieste, en Italie.

Le vaccin de Valneva contre le Covid-19 décroche une commande de l’Union européenne

novembre 10, 2021

Après un premier contrat avorté avec le Royaume-Uni, le laboratoire franco-autrichien vient de conclure un accord avec la Commission européenne. Les premières livraisons pourraient débuter en avril 2022.

C’est sans nul doute un soulagement pour Valneva. La Commission européenne a annoncé mercredi 10 novembre avoir conclu un accord avec le laboratoire franco-autrichien pour l’achat de son vaccin contre le Covid-19. Selon les termes du contrat, la biotech, installée à Saint-Herblain près de Nantes, fournira aux pays membres de l’Union européenne jusqu’à 60 millions de doses de VLA2001 – le nom de son candidat-vaccin à virus inactivé –, au cours des deux prochaines années, dont environ 27 millions de flacons en 2022.

Après le camouflet infligé par le Royaume-Uni, qui avait brutalement rompu son contrat avec l’entreprise pharmaceutique il y a deux mois, et qui prévoyait la fourniture de 100 millions de doses à Londres, la commande de la Commission européenne arrive à point nommé pour Valneva. La société, qui travaille sur l’élaboration de son vaccin contre le Covid-19 depuis le printemps 2020, avait dévoilé mi-octobre des résultats « initiaux positifs » de ses essais cliniques de phase 3 – dernière étape avant la mise sur le marché – pour son produit.

Ce nouveau vaccin viendra compléter l’arsenal mis à disposition par l’Union européenne pour répondre à la crise sanitaire. « Le vaccin Valneva ajoute une autre option à notre vaste portefeuille, une fois que son innocuité et son efficacité auront été prouvées par l’Agence européenne des médicaments », a commenté la commissaire européenne à la santé, Stella Kyriakides.

L’annonce du contrat européen a redonné des couleurs à la société

L’arrivée de ce vaccin à virus inactivé, une technologie plus « traditionnelle » que celle de l’ARN messager utilisée par les vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna – les deux solutions les plus administrées aujourd’hui en Europe –, pourrait notamment convaincre certains adultes aujourd’hui réticents à se faire vacciner. Les Etats-membres pourraient également décider de faire don d’une partie de ces vaccins aux pays à revenu faible et intermédiaire, où les taux de vaccination sont encore faibles.

Il reste désormais au laboratoire franco-autrichien à obtenir une approbation des autorités réglementaires européennes afin de débuter la commercialisation de son produit. L’agence européenne des médicaments devrait bientôt dans ce cadre, commencer la revue progressive des données du VLA2001. Sous réserve d’une autorisation, les premières livraisons de vaccins, dont Valneva a déjà entamé la production depuis plusieurs mois, arriveront en avril 2022.

En attendant, l’annonce du contrat européen a redonné des couleurs à la société, qui avait chuté en Bourse après la résiliation du contrat avec Londres. Le titre progressait de plus de 20 % en milieu d’après-midi mercredi.

Avec Le Monde par Zeliha Chaffin

Il y a 100 ans, Marie Curie embarquait pour un voyage hors du commun aux Etats-Unis

novembre 9, 2021
Il y a 100 ans, Marie Curie embarquait pour un voyage hors du commun aux Etats-Unis
Il y a 100 ans, Marie Curie embarquait pour un voyage hors du commun aux Etats-Unis© AFP/Brendan Smialowski

En 1921, l’illustre scientifique Marie Curie embarquait pour un voyage de six semaines aux Etats-Unis. Un événement hors du commun qui devait la mener jusqu’à la Maison Blanche, où elle a reçu des mains du président américain un cadeau crucial pour la suite de ses recherches: un gramme de radium.

Cet élément radioactif, très difficile à extraire à partir de minerais, pouvait coûter à l’époque plus de dix fois le prix d’un diamant du même poids. Or son étude a été décisive dans le développement de traitements contre le cancer.

Grâce à une levée de fonds organisée par la journaliste américaine Marie Meloney, à qui Marie Curie s’était confiée lors d’une interview, le fameux gramme lui est offert sans contrepartie, et la chercheuse est invitée outre-Atlantique pour le recevoir.

L’anniversaire de cette tournée américaine a été célébré lundi à l’ambassade de France aux Etats-Unis, en présence des descendants de Mmes Curie et Meloney.

« Je suis très content que cette histoire se soit transmise à travers les générations », a confié à l’AFP Marc Joliot, arrière-petit-fils de Marie Curie et chercheur lui-même. « Au-delà de Marie Curie la grande scientifique, deux prix Nobel, dont on voit toujours la figure un peu sombre, triste, ça la rend humaine. »

La journaliste et la scientifique se sont en effet liées d’amitié. Toutes deux oeuvrent à l’époque à leur manière pour la cause des femmes, qui viennent d’obtenir le droit de vote aux Etats-Unis, mais l’attendent toujours en France.

« Je me rappelle, quand j’étais enfant, mon père nous racontait comment (Marie Meloney) connaissait Marie Curie, était amie avec elle, et l’avait accompagnée dans son tour des Etats-Unis », a dit à l’AFP Sean Meloney, arrière-arrière-petite-fille de Marie Meloney.

Probablement en partie grâce à ce voyage, la scientifique « est toujours un nom familier aux Etats-Unis », selon elle.

Bain de jouvence

En mai 1921, Marie Curie, déjà récompensée des prix Nobel de chimie et de physique, embarque donc à bord de l’Olympic, un paquebot jumeau du Titanic, en compagnie de ses deux filles, Irène et Eve.

Lors de son périple, elle se rend notamment dans de grandes universités, donne des conférences, et visite une usine de radium à Pittsburgh.

Elle rencontre aussi le président Warren Harding, qui lui remet la clé ouvrant le coffre qui contient le gramme de radium. Il a coûté 100.000 dollars, récoltés quasi entièrement grâce à des dons de femmes américaines.

« Les appareils de radiothérapie d’aujourd’hui sont directement issus des travaux de Marie Curie, qui a découvert la radioactivité », a rappelé lundi Thierry Philip, président du conseil d’administration de l’Institut Curie, qui fête également ses 100 ans cette année.

Mais c’est sa fille, Irène Joliot-Curie, qui a surtout bénéficié de l’étude de ce gramme de radium, avec la découverte de la radioactivité artificielle, qui lui vaudra également un prix Nobel.

« C’est cette radioactivité artificielle (et non plus naturelle, ndlr), que l’on peut mieux contrôler et manipuler, que l’on utilise aujourd’hui principalement » pour traiter le cancer, a expliqué à l’AFP Gilles Créhange, chef du département d’oncologie-radiothérapie à l’Institut Curie.

Car si protéger les cellules saines de l’irradiation est devenu un enjeu majeur, à l’époque, les effets à long terme de la radioactivité ne sont pas connus, et le radium était quasiment vu comme un élixir de jouvence, utilisé jusque dans des crèmes pour lisser la peau.

« Des personnes très riches aux Etats-Unis s’achetaient des cartouches pour des fontaines, qui étaient installées sur des baignoires, et ils faisaient couler de l’eau radioactive pour prendre leur bain », a raconté Gilles Créhange.

Marie Curie elle-même avait des doutes sur l’effet de la manipulation du radium sur sa santé. Elle est décédée en 1934, à l’âge de 66 ans.

Par Le Point avec AFP

Vaccins : bientôt une usine BioNTech au Rwanda

octobre 26, 2021
De gauche à droite : Uğur Şahin, PDG de BioNTech, Ursula von der Leyen, patronne de la Commission européenne, Paul Kagame, président du Rwanda, et Macky Sall, chef de l’État du Sénégal, le 27 août 2021 à Berlin. © Kay Nietfeld/ZUMA Press/ZUMA/REA

Évoquée en marge du G20, l’hypothèse de voir construire des usines de vaccins BioNTech en Afrique s’est confirmée ce 26 octobre avec la signature d’un accord entre la firme allemande et Kigali. Début des travaux : mi-2022.

C’est le Rwanda qui accueillera la première usine de fabrication de vaccins utilisant la technologie à ARN-messager de BioNTech sur le sol africain. Un accord a été signé en ce sens ce 26 octobre par les autorités de Kigali et la direction de la start-up de biotechnologies basée en Allemagne, devenue mondialement célèbre en produisant, avec le géant pharmaceutique américain Pfizer, le vaccin réputé le plus efficace contre le Covid-19.

Les partenaires veulent aller vite : la construction du site de production doit commencer dès le milieu de l’année 2022 et, pour permettre la production de vaccins dans les délais les plus brefs possibles, il est prévu d’assembler d’abord une première ligne de production complète, d’une capacité de 50 millions de doses par an. Le projet est d’ajouter ensuite d’autres lignes afin d’accroître progressivement la capacité de production.

Toujours dans le souci d’aller vite, c’est dans un premier temps BioNTech qui gèrera le site industriel et y enverra son propre personnel, le but étant de commencer la production sitôt l’infrastructure achevée. Mais l’accord signé entre l’entreprise, le Rwanda Development Board et l’Institut Pasteur de Dakar prévoit la formation rapide de personnel local, ainsi que le transfert du savoir-faire et de la propriété du site à des « partenaires locaux ».

Paludisme et tuberculose

Selon les signataires, le site rwandais est conçu pour être le premier d’un « réseau de production robuste et décentralisé en Afrique, offrant une capacité de production de plusieurs centaines de millions de doses de vaccins ARN-m ». L’idée n’est d’ailleurs pas de se limiter au sérum anti-Covid mais aussi de produire, à terme, des vaccins contre le paludisme et la tuberculose basés sur la même technologie.

SEUL 1 % DES VACCINS ADMINISTRÉS SUR LE CONTINENT SONT PRODUITS EN AFRIQUE

Les contours de l’accord avaient déjà été esquissés le 27 août en marge du G20 de Berlin, lors d’une rencontre entre les présidents sénégalais et rwandais, la patronne de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le cofondateur de BioNTech, Uğur Şahin. Réunis à l’initiative de la Fondation Kenup, un organisme à but non lucratif créé en 2014 dans le but de promouvoir des politiques de santé plus justes, les quatre acteurs avaient affiché leur intention de faciliter l’implantation rapide d’unités de production de vaccins sur le continent et répété que le Sénégal et le Rwanda étaient, avec l’Afrique du Sud, les pays les plus susceptibles d’accueillir ces sites industriels.

Bientôt au Sénégal

Les signataires de l’accord concernant le site rwandais ont d’ailleurs précisé que BioNTech discutait actuellement avec Biovac, son partenaire en Afrique du Sud, afin d’« étendre leur collaboration ». Pour l’heure, le site sud-africain ne fait que du « fill & finish » et ne maîtrise pas l’ensemble de la technologie de production. Aucune annonce n’a encore été faite quant à la construction d’une unité de production au Sénégal, mais ce devrait logiquement être l’étape suivante du partenariat. Le pays est régulièrement cité comme l’un des plus aptes à produire rapidement des vaccins, y compris par les spécialistes des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies Africa CDC, la branche de l’Union africaine consacrée à la lutte contre les épidémies.

À ce jour, seul 1 % des vaccins administrés sur le continent sont produits en Afrique, mais l’UA affiche des objectifs ambitieux en la matière, parlant de 60 % en 2040. Les plus optimistes citent les exemples du Brésil et surtout de l’Inde, qui sont parvenus à développer des industries pharmaceutiques nationales performantes en quelques décennies. La volonté affichée d’harmoniser les règles, notamment celles relatives à la propriété intellectuelle, à l’échelle du continent devrait permettre d’avancer même si de nombreux obstacles, au premier rang desquels les brevets détenus par les grands laboratoires, restent à lever.

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Vaccin Mosquirix : « Le paludisme ne sera plus la première cause de décès chez les enfants »

octobre 12, 2021
Vaccination antipaludique à Yala, au Kenya, en octobre 2021 © A health worker prepares a malaria vaccination for a child at Yala Sub-County hospital, in Yala, Kenya, on October 7, 2021. – World Health Organization (WHO) approved using the malaria vaccine, Mosquirix, on children between 5-month to 5-year old in sub-Saharan Africa and other parts with moderate to high malaria transmission after the malaria vaccine implementation programme (MVIP) in Ghana, Kenya, and Malawi since 2019. © BRIAN ONGORO/AFP

Le 6 octobre, l’OMS a décidé de recommander l’administration d’un premier vaccin antipaludique aux enfants du continent. Entretien avec le Pr Alassane Dicko, qui a dirigé les tests au Mali.

C’est un moment qualifié d’ « historique » par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanon Ghebreyesus. Ce 6 octobre, son organisation a décidé de recommander l’administration du vaccin antipaludique « Mosquirix » aux enfants du continent. Dès 2015, l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait délivré un « avis scientifique positif » sur le vaccin RTS,S/AS01, sur lequel les laboratoires GlaxoSmithKline (GSK) travaillaient depuis plusieurs décennies, après qu’une étude clinique avait été réalisée dans sept pays africains et que les résultats avaient été publiés dans The Lancet. Mais a l’époque, l’OMS avait jugé les éléments en sa possession insuffisants, demandant aux promoteurs du sérum des données complémentaires sur la façon optimale d’utiliser le vaccin.

Une phase de vaccination « pilote » a donc été menée, à partir de 2017, au Kenya, au Ghana et au Malawi, tandis qu’une autre série de tests était menée au Burkina Faso et au Mali, en collaboration avec la London School of Hygiène and Tropical Médecine. Et les résultats observés ont été publiés en août dernier dans la revue The New England Journal of Medecine, motivant la décision de l’OMS.

Au Mali, les recherches étaient centralisées au Malaria Research and Training Center (MRCT), de renommée mondiale, dont les équipes installées à Bougouni et à Ouelessebougou, dans la région de Sikasso, étaient dirigées par Alassane Dicko, assisté de Issaka Sagara. Le professeur, lauréat en 2017 de l’Africa Prize pour ses recherches sur le paludisme, a répondu aux questions de Jeune Afrique sur cette découverte qui devrait sauver des milliers de vie chaque année sur le continent.

COMME LE COVID-19, LE PALUDISME MÉRITE DES DÉCISIONS URGENTES

Jeune Afrique : Comment avez-vous accueilli la décision de l’OMS de donner une recommandation pour l’utilisation du vaccin antipaludique ?

Pr Alassane Dicko : Nous étions convaincus de la qualité des résultats. L’OMS semble avoir tiré les leçons du Covid-19 : on a rapidement trouvé un vaccin, les mécanismes pour le déployer et des décisions politiques appropriées ont été prises aussitôt. Le paludisme mérite aussi des décisions urgentes. On ne doit pas laisser les enfants africains mourir s’il y a une solution qui est disponible, comme celle que nous venons de trouver. Il faut désormais déployer ce vaccin.

Les résultats sont-ils conformes à ce que vous espériez ?

Les résultats vont au-delà des espérances. On ne s’attendait pas à un impact aussi important. Le vaccin permet une réduction de l’ordre de 70 % des formes sévères et de 73 % des décès si on le combine avec la chimio-prévention. C’est extraordinaire, on n’a pas eu de progrès aussi importants en vingt ans de lutte. Malgré tous les outils que nous avons largement déployés – le CTA [combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine], les moustiquaires imprégnées d’insecticides, la CPS –, le paludisme continue à être la première cause d’hospitalisation et de décès des enfants en Afrique. Selon les résultats que nous venons de produire, cela ne sera plus le cas grâce à ce vaccin.

Le vaccin a une certaine efficacité pendant quelques mois, puis celle-ci baisse. Nous aurons donc le maximum d’impact en l’administrant au début de la saison de transmission du paludisme – près de 80% des cas surviennent entre juillet et novembre. C’est comme cela qu’on aura le maximum d’impact.

CERTAINS PARTENAIRES CESSENT DE SOUTENIR LES CAMPAGNES DE LUTTE AU MALI, NOTAMMENT DANS LE NORD DU PAYS

Quelle est l’efficacité du vaccin par rapport à la chimio-prévention ?

Avec le RTS,S, les accès de paludisme sont réduits de 63% par rapport à la CPS. C’est important pour le continent. Il y a une bande en Afrique australe où la CPS ne fonctionne pas parce que les parasites sont résistants aux médicaments. Il faut introduire une vaccination saisonnière dans ces régions. Mais il faut toujours maintenir la chimio-prévention. Car nous n’avons pas encore le vaccin idéal. Les recherches continuent pour trouver des améliorations.

Avez-vous déjà une visibilité sur ces possibles améliorations ?

À Bougouni et Ouelessebougou, on est en train de tester un autre vaccin, qui s’appelle R21, un « cousin proche » de RTS,S. Nous sommes à la phase 3 d’évaluation et nous espérons que ce vaccin va venir s’ajouter à l’arsenal disponible. Comme on l’a vu avec le Covid-19, c’est important d’avoir plusieurs sources de vaccin contre le paludisme.

Quels sont les défis que doit aujourd’hui relever le Mali dans la lutte contre le paludisme ?

Le combat contre les maladies comme le paludisme est une course de fonds et non de vitesse. Le problème, c’est que certains de nos partenaires cessent de soutenir les campagnes de lutte, notamment dans le nord du pays. Avec le Programme national de lutte contre paludisme, nous avons initié une rencontre pour voir comment engager certaines sociétés privées susceptibles de collaborer avec nous. Si nous ne faisons pas ça, nous reviendrons à la case départ. Parce que c’est une maladie infectieuse, qui va continuer à se propager.

Avec jeune Afrique par Bokar Sangaré

Mort à 85 ans de A.Q. Khan, père de la bombe atomique au Pakistan

octobre 10, 2021
Mort a 85 ans de A.Q. Khan, pere de la bombe atomique au Pakistan
Mort à 85 ans de A.Q. Khan, père de la bombe atomique au Pakistan© AFP/Archives/Aamir QURESHI

Abdul Qadeer Khan, père de la bombe atomique au Pakistan et héros national pour ses admirateurs, est mort dimanche à 85 ans, après avoir été testé positif au Covid-19 et hospitalisé plusieurs fois depuis août.

Le scientifique pakistanais, admiré pour avoir fait du pays la première puissance nucléaire islamique mais accusé d’avoir diffusé illégalement des technologies vers l’Iran, la Corée du Nord et la Libye, est mort après avoir été transféré à l’hôpital KRL d’Islamabad pour des problèmes pulmonaires, selon la télévision publique PTV.

Le Dr Khan avait déjà été hospitalisé dans cet établissement en août après avoir été testé positif au Covid, puis renvoyé chez lui, avant que son état ne se dégrade dimanche matin, a précisé la chaîne.

Le Dr Khan avait gagné son statut de héros national en mai 1998 lorsque la République islamique du Pakistan est devenue officiellement une puissance atomique militaire, grâce à des essais conduits quelques jours après ceux de l’Inde, l’éternelle rivale.

Sa mort a généré une vague de tristesse à travers le pays.

« Je suis profondément attristé par le décès du Dr A.Q. Khan », a déclaré sur Twitter le Premier ministre Imran Khan, soulignant à quel point le scientifique nucléaire était admiré au Pakistan pour « sa contribution cruciale à faire de nous un Etat doté de l’arme nucléaire ».

« Pour le peuple pakistanais, il était une icône nationale », a-t-il ajouté.

Les funérailles du Dr Khan se sont déroulées dimanche à la grande mosquée Faisal d’Islamabad. Quelques heures après l’annonce de sa mort, une pelle mécanique orange a commencé à préparer sa tombe, alors que des fidèles arrivaient dans la mosquée géante, la 6ème plus grande au monde.

Une pluie drue a commencé à tomber au moment où le cercueil, couvert du drapeau national, est apparu, entre une mer de parapluies noirs.

Le cercueil a été conduit sous une tente où l’attendaient sa famille et les officiels, sous haute protection. Plusieurs milliers de personnes se pressaient aux alentours.

« Sauvé le pays »

Le Dr Khan était admiré pour avoir permis au Pakistan de rivaliser avec l’Inde dans le domaine du nucléaire. Mais en février 2004, il a été placé en résidence surveillée à Islamabad, accusé d’avoir diffusé illégalement des technologies dans les années 1990.

En février 2004, il a admis à la télévision s’être livré à des activités de prolifération, avant de revenir sur ses déclarations et d’obtenir le pardon du président de l’époque, le général Pervez Musharraf.

« J’ai sauvé le pays pour la première fois quand j’ai fait du Pakistan un Etat doté du nucléaire et je l’ai encore sauvé quand je l’ai admis et en ai pris l’entière responsabilité », a déclaré le Dr Khan a l’AFP dans une interview en 2008.

En 2009, un tribunal avait prononcé la fin de son placement en résidence surveillée. Depuis, il était resté soumis à une protection ultra-rapprochée.

Né le 1er avril 1936 dans la ville indienne de Bhopal, onze ans avant la partition sanglante de l’Empire britannique des Indes, le Dr Khan est également responsable du programme de développement de missiles de son pays.

Diplômé en sciences à l’université de Karachi en 1960, il est parti compléter sa formation à Berlin, puis aux Pays-Bas et en Belgique.

Sa principale contribution au programme nucléaire pakistanais a été la conception de centrifugeuses, qui ont permis d’enrichir l’uranium afin de le porter à un taux de concentration permettant la fabrication d’armes.

Il a été accusé d’avoir volé cette technologie aux Pays-Bas, pendant qu’il y travaillait pour le consortium Urenco. A son retour au Pakistan, le Premier ministre de l’époque Zulfikar Ali Bhutto l’a désigné pour diriger le programme national d’enrichissement d’uranium.

En 1978, son équipe est parvenue à l’enrichir et en 1984 ils étaient prêts à faire exploser leur première bombe atomique, a révélé plus tard le Dr Khan.

Il a admis en 1990 qu’il s’était procuré les éléments nécessaires à l’étranger. « Il ne nous était pas possible de tout fabriquer dans le pays », a-t-il justifié.

Après les premiers essais atomiques en 1998, en réponse à ceux de l’Inde, le Dr Khan a assuré que son pays « ne voulait pas développer des armes nucléaires. Il a été forcé de le faire ».

Aucune des controverses qui ont jalonné sa carrière n’a entamé sa popularité au Pakistan. Des écoles, des universités, des hôpitaux portent son nom et son portrait illustre des affiches, des objets et des sites internet.

Par Le Point avec AFP et bur-nl-eb-mm/sg