Archive for the ‘Société’ Category

Congo-Art pictural : Dossou Makawu expose à Brazzaville

janvier 25, 2023

Le vernissage de l’exposition d’art contemporain de l’artiste Dossou Makawu a lieu ce 26 janvier à Pefaco hôtel Maya-Maya, sous le parrainage de Laurent Petit et du directeur général dudit hôtel, Alexandre Becher.

Dossou Makawu en plein travail / DR

Plusieurs tableaux mixtes seront exposés dans le hall de Pefaco hôtel Maya-Maya, à l’instar de « Me voici »; « Négociation sur l’environnement d’aujourd’hui » ; « Transmission du savoir » ; « Equilibre » ; … La démarche de Dossou Makawu n’est pas pessimiste. C’est grâce à la science autant qu’à la culture et au dialogue que les hommes seront capables de se dépasser. Il convoque l’histoire et le présent en poussant les amoureux des œuvres d’art à une réflexion joyeuse et grave sur les enjeux brûlants, dans tous les sens du terme, des questions environnementales. Son style unique, sa maîtrise du geste pictural, son talent de composition sont ses armes pacifiques pour secouer les modes de vie et valeurs des amoureux de l’art pictural.

En effet, Dossou Makawu met, dans ses dernières toiles, son talent au service de la protection de l’environnement. Ses compositions sont faites de fourches et de roues de vélo, de guidons, de selles, de pédales, mais aussi de moteurs, de calendres automobiles, de cartes électroniques ou d’autres composants d’appareils électroménagers, ou encore d’objets issus d’un quotidien moderne. Tous ces objets deviennent partie intégrante d’une sorte de paysage réaliste dans lequel la nature qui peine à être présente mais n’est jamais absente. La thématique à laquelle Dossou invite les amoureux de l’art pictural ne saurait être plus pertinente à l’époque actuelle et questionne la responsabilité de l’homme face à son environnement. A la fois réaliste et imaginaire, son art pose des questions très actuelles sur le rapport de l’humain à l’écologie. Son coup de pinceau implacable pousse à prendre position, et ses couleurs réveillent les amoureux des œuvres d’art de leur rêve de toute puissance.

Né en 1980 à Kinshasa, en République démocratique du Congo, où il vit et travaille, Dossou Makawu est détenteur du diplôme de graduat en art plastique, option peinture, obtenu à l’Académie des beaux-arts de Kinshasa. Il est également diplômé d’Etat en art plastique, option peinture.

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana

En Afrique du Sud, Ramaphosa sous haute tension

janvier 25, 2023

Après une année 2022 catastrophique marquée par plus de 200 jours de délestages, les coupures de courant se poursuivent et fragilisent le chef de l’État. Au point qu’il a dû annuler son voyage à Davos.

Cyril Ramaphosa, le président sud-africain, ici à Londres, le 24 novembre 2022. © Justin Tallis/AFP

Les Sud-Africains ne voient pas la lumière au bout du tunnel. Ils ont traversé une sombre année 2022, marquée par plus de 200 jours de coupures de courant. Et ce record pourrait être battu en 2023. Eskom, l’entreprise publique d’électricité, parle pudiquement de « délestages », autrement dit : une interruption localisée et temporaire de la distribution électrique pour protéger le réseau quand la demande excède la production. Après des années de mauvaise gestion, de corruption, de sabotages et de décisions politiques inadéquates, Eskom se révèle tout bonnement incapable de produire de l’électricité de manière continue.

Ce qui était exceptionnel – être privé d’électricité dix heures par jour – est devenu la norme. Effarés par cette déliquescence, les Sud-Africains commencent à se mobiliser pour montrer à Cyril Ramaphosa, leur président, de quel bois ils se chauffent. De violentes manifestations ont éclaté dans plusieurs townships. Ailleurs, des organisations de la société civile battent le pavé pour relayer le ras-le-bol de la population. Ce fut le cas, le 20 janvier, à Pretoria. Une autre marche est prévue, le 2 février, à Midrand (au nord de Johannesbourg), devant les locaux d’Eskom.

L’opposition devrait rassembler les plus gros cortèges. Ce 25 janvier, l’Alliance démocratique (DA) invite « tous les Sud-Africains à faire entendre leur colère contre la destruction, par l’ANC, de [leurs] infrastructures énergétiques et de [leur] économie. » Nombreux sont ceux qui ont rejoint la marche qui est en cours devant Luthuli House, le quartier général du parti, à Johannesburg, que la DA décrit comme « une scène de crime. »

Chasse à l’homme

Pour l’Alliance démocratique, le coupable, c’est l’ANC. Pour l’ANC, le responsable, c’est la direction d’Eskom. Et pour Eskom, l’ennemi, c’est le crime organisé, qui sabote et pille ses infrastructures. Les suspects sont très nombreux, aussi les accusations fusent dans tous les sens. L’hebdomadaire Mail&Guardian a publié une galerie de portraits sous la forme d’un avis de recherche, titré : « Les assassins d’Eskom. » Parmi les 24 personnalités citées, figurent les trois derniers chefs de l’État, des ministres, d’anciens dirigeants d’Eskom et les frères Gupta – une fratrie d’hommes d’affaires indiens accusée d’avoir pris le contrôle d’Eskom avec la bénédiction de l’ancien président, Jacob Zuma.

Les 24 personnalités composent une photo de famille : celle de l’ANC depuis vingt ans. « Cette crise est un match de foot qui se joue au sein de l’ANC, où chacun se renvoie la balle », dénonce Narend Singh, chef des parlementaires de l’Inkatha Freedom Party (IFP), quatrième force politique du pays. Ses partisans manifesteront le 3 février à Durban, dans le KwaZulu-Natal, fief de l’IFP. Dans cette province riche en électeurs, le parti zoulou est un concurrent direct de l’ANC. Lors des scrutins locaux, en 2021, l’IFP y a progressé de 5 points, recueillant 24,29% des voix, contre 41,40% à l’ANC.

NON SEULEMENT VOUS DÉTRUISEZ L’ÉCONOMIE, MAIS VOUS METTEZ LA PRESSION SUR LES CONSOMMATEURS

En plus d’un front social, un front judiciaire s’est ouvert contre le gouvernement.  Avec une coalition de petits partis et de syndicats, l’Alliance démocratique attaque en justice la décision, prise par une autorité de régulation, d’augmenter le prix de l’électricité de plus de 18% pour l’exercice 2023-2024. « Non seulement vous détruisez l’économie, mais vous mettez la pression sur le consommateur, dont la facture a doublé en quatre ans, et ce pour un service défaillant », tonne Mmusi Maimane, leader du parti Build One South Africa (BOSA).

Depuis cette annonce, Cyril Ramaphosa appelle également Eskom à ne pas appliquer la hausse des tarifs. Sentant le vent tourner, il joue la carte du président du peuple. Il a ainsi annulé sa participation au Forum économique mondial de Davos pour se consacrer à la gestion de cette crise. L’annonce de son désistement a fait grand bruit, et à dessein. Le chef de l’État n’en est pas à sa première annulation. En septembre 2022, il avait renoncé à se rendre de Londres à New York, où il devait participer à la session de l’Assemblée générale des Nations unies, et était rentré au pays sitôt après les obsèques de la reine Elizabeth II. En 2019, il avait écourté une visite en Égypte pour voler au secours du réseau électrique sud-africain.

Ces changements de programme n’impressionnent nullement l’opposition. « Le président a montré son incapacité à s’attaquer à nos problèmes et à les résoudre. Il ne faut donc voir dans l’annulation de son voyage à Davos qu’un coup de communication », tacle Mmusi Maimane. Le chef de l’État a mis ces jours à profit pour consulter tous azimuts des experts et des responsables politiques. « Des réunions au cours desquelles il présente de grands plans stratégiques qui n’aboutissent jamais », fustige Ghaleb Cachalia, un parlementaire DA chargé des questions liées aux entreprises publiques.

Plans d’urgence

S’adresser à la nation ? Déjà fait. Pas plus tard qu’en juillet 2022, lors d’une énième série de délestages. Le président avait alors dévoilé un plan d’action censé sauver Eskom. Les mesures d’urgence prévoient une hausse du budget de maintenance pour réparer des centrales vieillissantes, le recrutement de personnels compétents, des achats d’électricité à des opérateurs privés et à des pays voisins, ou encore l’accélération des projets en matière d’énergies renouvelables. « Nous n’avons pas besoin de nouveaux plans », a commenté Cyril Ramaphosa, le 21 janvier, à l’issue d’une réunion du Comité national de la crise énergétique. « Le plan d’action énergétique trace clairement la voie d’une sortie de crise », assure-t-il.

En quinze années de délestages, les Sud-Africains ont appris à se méfier de l’optimisme présidentiel. En 2015, qui a dit : « D’ici à 18 mois ou deux ans, vous oublierez que nous avons eu des problèmes avec Eskom et l’électricité » ? Cyril Ramaphosa quand il était vice-président ! La citation fait régulièrement le tour des réseaux sociaux. Selon Eskom, il faudra au moins deux ans pour rétablir des capacités de production suffisantes. Et, en attendant, les délestages continueront…

NOUS PENSIONS ÊTRE LES ÉTATS-UNIS. NOUS NE SOMMES QU’UN PAYS DU TIERS MONDE

Les Sud-Africains vivent la crise énergétique comme un déclassement indigne de leur économie, pourtant la plus développée du continent. « Nous pensions être les États-Unis ; nous ne sommes qu’un pays du Tiers monde », avait résumé un agent de sécurité rencontré lors d’un reportage dans une entreprise de métallurgie. Un journaliste s’est même amusé à demander à la plateforme ChatGPT de réécrire les paroles de l’hymne national en y incluant une allusion aux délestages. L’intelligence artificielle a créé un couplet plutôt optimiste : « Nous ne sommes pas dans le noir, nous pouvons encore espérer / Le courant reviendra, il suffit de patienter / Nous serons capable de cuisiner et de regarder la TV. » Ce nouvel hymne pourrait faire vibrer le public d’un stade. Encore faudrait-il que ses lumières ne soit pas coupées…

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson – à Johannesburg

Oiseaux des jardins: un déclin « alarmant » qui se confirme en France

janvier 24, 2023
Oiseaux des jardins: un declin "alarmant" qui se confirme en France
Oiseaux des jardins: un déclin « alarmant » qui se confirme en France© AFP/Archives/Jean-Christophe Verhaegen

Mauvaise nouvelle pour les oiseaux communs: en dépit d’une présence plus abondante dans les jardins français en hiver, en raison des migrations ou de l’évolution de leur comportement, leurs effectifs continuent globalement de reculer depuis 10 ans.

Depuis 2012, l’observatoire des jardins, une vaste opération de science participative menée sous l’égide de la Ligue de protection pour les oiseaux (LPO) et du Museum national d’histoire naturelle (MNHN), recense chaque dernier week-end de janvier et de mai la présence des volatiles les plus communs à partir d’observations de 85.000 particuliers (dont plus de 28.000 en 2022).

Son bilan semble à première vue contrasté: en hiver, 49 % des espèces d’oiseaux ressortent en augmentation comme le choucas des tours, 20 % sont stables et 11 % déclinent (mésanges noires), alors qu’au printemps les tendances s’inversent totalement, avec 41 % d’espèces en régression (accenteur mouchet, hirondelles), 24 % stables et 2 % en progression (huppe fasciée, linotte mélodieuse), selon l’Observatoire des jardins.

Mais pour le président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg, il ne faut pas s’y tromper. « Même si on peut être surpris par ces chiffres en apparence contradictoires, la faune de France, les oiseaux +bien de chez nous+, c’est au printemps qu’on peut les observer », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse.

Et, selon lui, « le constat est clair, c’est un déclin alarmant, et pour certaines espèces une véritable hécatombe que l’on observe ».

Un observation qui corrobore les dernières études en date: en 2021, l’Office français de la biodiversité et le MNHN avaient alerté sur le déclin de 30 % des oiseaux communs en France, se basant sur des observations d’ornithologues professionnels. L’UICN fait elle état d’une menace de disparition concernant 32 % des oiseaux nicheurs de France.

Effet report

Comment expliquer des chiffres si opposés entre hiver et printemps ? Tout simplement parce qu' »en hiver on a plusieurs interférences qui interviennent », explique l’ornithologue Benoît Fontaine.

Parmi elles, l’afflux d’oiseaux migrateurs qui repartent au printemps, comme la fauvette à tête noire dont la présence a augmenté de 57 % ces 10 dernières années dans les jardins français. Un phénomène amplifié par le changement climatique. Il a conduit cette espèce qui, autrefois migrait en Espagne, à s’arrêter désormais en France en raison de températures plus clémentes, faisant d’autant gonfler les statistiques.

Autre biais, le changement de comportement de certains volatiles qui, touchés par la pollution ou la baisse des insectes liées à l’agriculture intensive, auraient « commencé à exploiter les jardins comme point d’alimentation, à une période où les ressources naturelles viennent à manquer » dans leur milieu d’origine, indique la LPO.

Parmi les espèces les plus emblématiques de ces phénomènes de report, on trouve le chardonneret élégant, espèce menacée, mais qui voit sa présence augmenter de 83 % dans les jardins français.

Comme lui, le moineau domestique, chassé des villes (-73 % à Paris entre 2003 et 2016) ou le rouge gorge familier (-17 % en 18 ans) restent pourtant stables dans les jardins.

Martinets en baisse

« Les jardins, malgré un écosystème qui leur est propre, ne font que refléter des tendances de fonds », explique M. Fontaine.

Parmi elles, l’explosion de certaines espèces opportunistes, comme les pigeons ramier, passés de la 17e à la 9e places des espèces les plus observées en hiver (+ 3 places au printemps) et dont la population hexagonale a grimpé de 78 % entre 2000 et 2018.

Même chose pour la perruche à collier, qui entre 2013 et 2022, a vu sa présence décuplée dans les jardins hexagonaux.

A l’inverse, les jardins ne sont parfois que les témoins impuissants de la lente érosion de certains volatiles, comme le martinet noir (-46 %) ou le verdier d’Europe (-46 %), victimes de la dégradation de leurs habitats naturels.

« Pour certaines espèces emblématiques d’oiseaux sauvages, comme les cigognes ou les faucons pèlerins », menacés dans les années 70, « on a réussi à les sauver grâce à des programmes de conservation. Mais pour les oiseaux de proximité, ce sont tous nos modes de vie qu’il va falloir changer si on veut avoir une chance d’endiguer le déclin », conclut M. Bougrain-Dubourg.

Avec le Point par AFP

Canada-Montréal: Un élève de 16 ans battu à coups de marteau pour une simple querelle verbale

janvier 24, 2023
Vue de l'extérieur de l'école Calixa-Lavallée, la nuit.

Le SPVM enquête sur l’agression à coups de marteau contre un élève de 16 ans à l’école Calixa-Lavallée, dans le nord de Montréal. Photo: Radio-Canada/Stéphane Grégoire, Patrouilleur-Caméraman

Un adolescent de 16 ans a été victime d’une agression armée à la sortie des classes d’une école secondaire de l’arrondissement de Montréal-Nord, lundi, en fin d’après-midi.

L’agression à coups de marteau, qui a failli coûter la vie au jeune homme, était planifiée par les agresseurs.

Selon nos informations, le groupe de jeunes, formé de cinq adolescents et d’une élève de l’école, qui venait de commettre l’agression armée, a pris la fuite vers l’avenue Pelletier en direction sud.

Quelques dizaines de mètres à l’extérieur de la cour de l’école secondaire, un conducteur d’un véhicule de type VUS les aurait aidés à quitter les lieux de l’agression rapidement.

Cette sauvage attaque aurait débuté à la suite d’une querelle verbale entre un adolescent de 16 ans et une autre adolescente de 14 ans, sur le terrain de l’école Calixa-Lavallée.

Par la suite, les différentes informations recueillies démontrent que la trame des événements a rapidement déboulé en un incident très violent.

La jeune femme n’aurait pas accepté les insultes qu’on lui aurait proférées. Pour ce manque de respect, elle serait revenue sur place pour régler ses comptes avec cinq de ses amis, qui ne sont pas des élèves de l’établissement.

Le SPVM serait parvenu à retrouver l'arme, en l'occurrence un marteau, qui a servi à l'agression armée contre un adolescent de 16 ans.

Le SPVM serait parvenu à retrouver l’arme, en l’occurrence un marteau, qui a servi à l’agression armée contre un adolescent de 16 ans. Photo: Radio-Canada/Stéphane Grégoire, Patrouilleur-Caméraman

Vers 14 h 50, un groupe de cinq adolescents aurait été aperçu en train de rôder autour de l’école afin d’y trouver un moyen d’y entrer.

Lorsqu’ils repèrent l’adolescent qu’ils veulent tabasser, ce dernier est déjà en train de réunir deux de ses amis pour l’aider à se défendre.

Les choses tournent rapidement au vinaigre de sorte que l’adolescent au cœur du conflit initial prend la fuite rapidement à pied.

Or, ses amis qui se sont interposés par solidarité se retrouvent au centre d’une bagarre générale. L’un d’eux réussit aussi à s’enfuir, mais le troisième, qui s’est effondré au sol, est roué de coups. C’est à ce moment qu’il aurait reçu des coups de marteau à plusieurs reprises.

Durant plusieurs heures, les policiers dressaient un bilan médical très critique pour l’adolescent. Mais fort heureusement, son état s’est stabilisé au cours de la nuit.

Selon nos informations, les enquêteurs du SPVM auraient non seulement retrouvé le marteau utilisé lors de l’agression, mais ils seraient en mesure d’identifier tout le groupe de jeunes grâce aux caméras de l’école secondaire.

La direction de l’école et le CSSPI collaborent avec le SPVM. Des mesures sont mises en place afin de renforcer la surveillance et d’assurer la sécurité des élèves et du personnel, a mentionné Me Valérie Biron du Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île.

« Une équipe de professionnels est présente à l’école afin d’apporter le support nécessaire aux élèves et au personnel qui en ressentiraient le besoin. »— Une citation de  Me Valérie Biron, Directrice Services corporatifs, communications et secrétariat général chez Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île.

Avec Radio-Canada par Pascal Robidas

Canada-Québec: Retour des infirmières d’agence à 100 $ l’heure

janvier 24, 2023

Depuis le début de l’année, de nombreux propriétaires de centres d’hébergement pour aînés doivent composer avec des hausses tarifaires de 30 % à 40 % de la part des agences de placement de personnel infirmier. Toutefois, selon ces agences, ces hausses s’imposaient en raison de l’inflation.

Une personne âgée se déplace avec une marchette dans le corridor d'une résidence privée pour aînés.

Une personne âgée se déplace avec une marchette dans le corridor d’une résidence privée pour aînés. Photo : Radio-Canada/Josée Ducharme

Au début du mois de janvier, l’équipe de gestion du Groupe Santé Arbec a sursauté lorsqu’elle a reçu de nouvelles grilles tarifaires des agences de placement d’infirmières.

On a eu plusieurs agences qui ont fait des tentatives pour hausser les tarifs horaires de façon assez exagérée, explique le président directeur général du Groupe, Paul Arbec.

Une agence est par exemple passée de 72 $ à 95 $ l’heure pour du personnel infirmier, précise-t-il, soit une hausse de plus de 30 %.

Le Groupe Santé Arbec gère plus d’une quinzaine de milieux d’hébergement, dont des CHSLD privés non conventionnés sous contrat avec le gouvernement.

M. Arbec, qui est aussi porte-parole de l’Association des établissements de longue durée privés du Québec (AELDPQ), constate que plusieurs membres de l’Association reçoivent des augmentations de 35 %, 40 %.

Jusqu’à maintenant, le plus élevé qu’on a vu pour du temps simple, c’est 107 $ […] pour une infirmière qui, en temps normal, nous coûterait 50 $ de l’heure, dit le président de l’AELDPQ.

Un homme dans son bureau.

Paul Arbec, président-directeur général du Groupe Santé Arbec Photo : Radio-Canada

Au début de la pandémie, des agences avaient facturé jusqu’à 150 $ l’heure.

Un arrêté ministériel de 2021, échu le 31 décembre dernier, avait plafonné le tarif horaire à près de 72 $, tant au public qu’au privé.

Le PDG du Groupe Santé Arbec, tout comme le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), espère une intervention rapide de Québec.

On pourrait dire que c’est le free for all, c’est vraiment du n’importe quoi au niveau des agences, affirme Marc Fortin, du RQRA. Il va vraiment falloir que le gouvernement [s’occupe de régler] cette question-là, dit-il.

Selon le dernier rapport sur l’effectif infirmier 2021-2022 de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), plus de 3,2 % du personnel infirmier, soit 2400 personnes, exerçait cette profession principalement auprès d’agences de placement ou de soins privés en mars dernier.

Cependant, pour le représentant des agences privées de placement, des ajustements tarifaires s’imposaient.

De façon générale, les prix ont été plafonnés par le gouvernement lors des deux dernières années en utilisant des données datant de 2018, alors que la planète entière traversait la pire crise inflationniste des dernières décennies, explique Patrice Lapointe, de l’Association des entreprises privées de personnel soignant du Québec (EPPSQ). Il est donc possible que certains ajustements tarifaires puissent avoir été nécessaires dans certains cas.

Des contrats octroyés sans appel d’offres par le réseau public durant la pandémie ont également eu un impact sur les salaires versés aux infirmières d’agence, selon l’EPPSQ. M. Lapointe espère une rencontre avec le gouvernement.

Abolir Recrutement Santé Québec

La pénurie d’infirmières dans le réseau de la santé et de l’hébergement privé pour aînés s’est accentuée depuis la pandémie.

Radio-Canada dévoilait la semaine dernière que les établissements publics avaient mandaté Recrutement Santé Québec (RSQ) afin de recruter plus de 3300 infirmières à l’étranger. RSQ est le service de recrutement officiel du ministère de la Santé à l’extérieur du Canada.

Au RQRA, on suggère une transformation de RSQ.

On a demandé au gouvernement d’abolir RSQ pour créer un organisme à but non lucratif qui s’occuperait des besoins [de recrutement dans le secteur] de la santé, que ce soit au public, au privé ou au communautaire, lance Marc Fortin, du RQRA.

Un homme dans son bureau.

Marc Fortin, président-directeur général, Regroupement québécois des résidences pour aînés Photo: Radio-Canada

Pour le moment, il n’y a pas d’ouverture, mais c’est quelque chose qu’on devrait regarder parce qu’on est tous interreliés dans un écosystème, soutient M. Fortin.

Entre-temps, l’association qu’il représente a recours depuis l’an dernier à des intermédiaires pour recruter du personnel à l’étranger.

On travaille avec des entreprises privées […] qui recrutent pour des entreprises comme St-Hubert et Olymel, où on essaie d’avoir une économie d’échelle, précise M. Fortin.

Les bureaux du ministère de l’Immigration dans des pays francophones sont également utilisés

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

États-Unis : une double fusillade fait sept morts en Californie

janvier 24, 2023

Les deux fusillades sont intervenues dans des exploitations agricoles proches l’une de l’autre. Les victimes sont des travailleurs agricoles chinois.

Un suspect a ete arrete par les forces de l'ordre. (Photo d'illustration).
Un suspect a été arrêté par les forces de l’ordre. (Photo d’illustration).© CAROLINE BREHMAN / EPA

La Californie frappée par deux tueries en 48 heures. Sept personnes ont été tuées lundi 23 janvier près de San Francisco lors de deux fusillades qui semblent avoir été perpétrées par un même individu, ont indiqué des chaînes locales, les autorités indiquant qu’un suspect a été interpellé. « Le suspect a été arrêté. Il n’y a plus de danger pour la population à cette heure », a écrit sur Twitter le bureau du shérif du comté de San Mateo, qui comprend la ville de Half Moon Bay, où ont eu lieu les drames. Un individu nommé Chunli Zhao, âgé de 67 ans et suspecté d’être l’auteur de ces attaques dans deux fermes près de San Francisco, a été placé en détention, selon Christina Corpus, à la tête de la police du comté de San Mateo.

Le bureau du shérif avait auparavant écrit que ses agents intervenaient sur « une fusillade ayant fait plusieurs victimes ». Les deux fusillades sont intervenues dans des exploitations agricoles proches l’une de l’autre, précisent les stations locales affiliées à ABC et NBC. Les sept victimes sont des travailleurs agricoles chinois et une huitième personne a été grièvement blessée, a-t-elle expliqué, ajoutant qu’un pistolet semi-automatique avait été retrouvé dans le véhicule de l’homme arrêté.

Cette tragédie est intervenue moins de 48 heures après l’irruption d’un homme samedi soir dans le Star Ballroom Dance Studio de Monterey Park, 600 km plus au sud, où celui-ci a tiré 42 cartouches et massacré 11 hommes et femmes, tous âgés de plus de 50 ans. Après ce carnage, qui a aussi fait 9 blessés, le tireur, Huu Can Tran, 72 ans, avait tenté de poursuivre sa meurtrière soirée dans un autre dancing non loin de là, mais y avait été désarmé avant de prendre la fuite et de se suicider dans son van, cerné par la police.

Le profil du suspect de la première fusillade passé au peigne fin

De nombreuses zones d’ombre demeuraient lundi à propos de ce suspect. Son casier judiciaire ne mentionne qu’une arrestation en 1994 pour port illégal d’arme à feu, selon le shérif du comté de Los Angeles, Robert Luna. « Nous n’avons toujours pas de mobile », a reconnu lors d’une conférence de presse le shérif. Les enquêteurs explorent actuellement les liens entre le tueur et les deux salles de danse, en particulier les relations qu’il y entretenait, selon le Los Angeles Times, qui cite des sources policières.

https://555885635313f5935ad5599e28cd4b89.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-40/html/container.html

Dimanche, un entrepreneur local avait déjà évoqué auprès de l’Agence France-Presse la piste d’une possible jalousie pour expliquer ce massacre. « L’épouse a été invitée à la fête, mais le mari ne pouvait pas être invité », avait avancé Chester Chong, une connaissance d’un instructeur du dancing. « Et le mari pourrait être en colère et jaloux », a-t-il insinué. Beaucoup d’habitants restaient lundi incrédules dans cette ville de 60 000 âmes près de Los Angeles, à majorité asiatique, réputée pour sa tranquillité.

Huu Can Tran avait émigré aux États-Unis depuis la Chine, a raconté à CNN son ex-épouse, rencontrée deux décennies plus tôt dans ce même Star Ballroom Dance Studio. Le couple s’était vite marié, mais l’union n’avait pas duré. Il n’était pas violent, selon elle, mais il lui arrivait de perdre patience s’il se sentait humilié, si elle ratait un pas de danse par exemple. Selon un ancien ami, aussi interrogé par la chaîne américaine, le tueur fréquentait assidûment le dancing, où il était pourtant « hostile envers beaucoup de gens », qu’il accusait de dire « des choses méchantes à son propos ».

Son mobile home à Hemet, près de 140 km à l’est de Los Angeles, a été perquisitionné, a dit Robert Luna, ajoutant qu’un fusil et des munitions avaient été retrouvés. Le président Joe Biden a exprimé son émoi et ordonné la mise en berne des drapeaux fédéraux.

Plus de 130 décès par balle quotidiens

En visite à Monterey Park lundi, le gouverneur de Californie Gavin Newsom a fustigé la prolifération incontrôlable des armes à feu aux États-Unis. « C’est une honte », a cinglé le démocrate. « On devrait faire mieux que ça, on devrait montrer la voie au monde, pas simplement répondre à ces innombrables crises et exprimer, encore et encore et encore, ces fichues prières et condoléances. » Environ 49 000 personnes sont mortes par balles en 2021 aux États-Unis, contre 45 000 en 2020, déjà année record. Cela représente plus de 130 décès par jour, dont plus de la moitié sont des suicides.

Le médecin légiste de Los Angeles a identifié quatre des victimes : My Nhan, âgée de 65 ans, Valentino Alvero, âgé de 68 ans, Xiujuan Yu, âgée de 57 ans et Lilan Li, âgée de 63 ans. « Nous entrons dans la nouvelle année lunaire avec le cœur brisé. Nous n’imaginions pas qu’elle puisse mourir de façon si soudaine », a déclaré la famille de My Nhan sur les réseaux sociaux.

Mort dimanche à Torrance, à environ 45 km de Monterey Park, Huu Can Tran aurait pu faire davantage de victimes sans l’héroïsme d’un employé de l’établissement, non loin de là, où il comptait poursuivre son massacre. « Mon cœur s’est arrêté » lorsque le tueur a pointé son arme dotée d’un chargeur à grande capacité, a raconté Brandon Tsay, 26 ans, au New York Times. « À ce moment, c’est l’instinct de survie » qui a pris le dessus et il s’est jeté avec succès sur l’individu, empêchant un nouveau carnage.

Par Le Point avec AFP

Canada: Québec s’inquiète des taux d’échec de l’épreuve uniforme de français

janvier 23, 2023

Des ministres montrent du doigt la pandémie de COVID-19 et ses impacts sur l’apprentissage des élèves.

Un adolescente écrivant sur un pupitre.

Selon La Presse, l’examen de français écrit de 5e secondaire s’est mal passé pour bon nombre d’élèves l’an dernier. Photo : Istock

Les plus récents résultats de l’examen de français écrit de 5e secondaire dans les écoles publiques préoccupent le gouvernement de François Legault.

Selon le quotidien La Presse, les taux de réussite de l’épreuve uniforme de 2022 du ministère de l’Éducation du Québec sont en baisse presque partout par rapport à 2019. Au centre de services scolaire de Montréal, par exemple, la moyenne est passée de 68,5 % à 58,6 %.

Le ministre responsable de la langue française, Jean-François Roberge, se dit inquietIl a réagi lundi à l’émission montréalaise Tout un matin, sur ICI Première.

« Je pense que tous les Québécois doivent s’inquiéter chaque fois qu’un indicateur sur le français est négatif, que ce soit la langue parlée à la maison, la langue maternelle, la langue parlée au travail, la maîtrise de la langue par les élèves québécois. […] On doit réagir. »— Une citation de  Jean-François Roberge, ministre responsable de la langue française

M. Roberge, qui a occupé la fonction de ministre de l’Éducation de 2018 à 2022, montre du doigt la pandémie de COVID-19 en évoquant une crise sans précédent. Il prend aussi sa part de responsabilité, mais à demi-mot.

Je pense qu’on a fait tout ce qu’on pouvait faire au gouvernement et dans les écoles, s’est défendu le député de Chambly au micro de Patrick Masbourian. Mais est-ce qu’on a été parfait? Je ne pense pas qu’aucun gouvernement, aucune nation [ne l’a été], a-t-il souligné.

L’épreuve uniforme de français a été suspendue en 2020 et en 2021 en raison de la COVID-19. Depuis, sa pondération est passée de 50 % à 20 % de la note finale, si bien que les échecs à l’examen du ministère ont des conséquences moins graves qu’avant.

Ainsi, 87,1 % des élèves ont réussi leur cours de français de 5e secondaire en 2022, et ce, même si les résultats à l’épreuve uniforme du MEQ ont, d’après les statistiques obtenues par La Presse, baissé de manière significative depuis trois ans dans tous les centres de services scolaires, à l’exception de six d’entre eux.

Fin du widget . Retour au début du widget?

Pour la suite, M. Roberge s’en remet aux équipes-écoles et à son collègue ministre Bernard Drainville, qui a pris sa relève à l’Éducation après les élections générales de l’automne dernier. Ce dernier a d’ailleurs fait savoir lundi matin qu’il était préoccupé par ces résultats à la baisse.

Le français est un enjeu qui nous tient à cœur. Je suis conscient des effets de la pandémie sur la réussite des jeunes et nous travaillons sur cet enjeu spécifique qu’est la réussite du français à l’école, a-t-il tweeté.

Rendre l’examen encore plus difficile?

Tout comme Jean-François Roberge, Suzanne-Geneviève Chartrand estime elle aussi que la hausse des taux d’échec à l’épreuve uniforme du MEQ était prévisible.

Enseignante à la retraite et porte-parole des forums Parlons éducation, cette spécialiste en didactique du français observe que la qualité de la langue a fait les frais de la pandémie.

Les adolescents de 4e et de 5e secondaire ont passé presque deux ans à ne pas lire de livres, à ne pas lire de textes, à ne pas en discuter, à capter des informations sur le web – ce qui est très différent de lire – et à ne pas écrire de textes où ils doivent développer une penséea-t-elle rappelé à Tout un matin.

RDI Matin

Au Québec, le taux d’échec de l’examen de français écrit que doivent passer tous les élèves de 5e secondaire est en forte hausse. La pandémie y est pour beaucoup, selon Isabelle Plante, professeure au département de didactique à l’UQAM.

Mme Chartrand estime pourtant que le test du ministère, qu’elle critique depuis 25 ans, devrait être encore plus difficile. Je l’ai toujours traité de passoire et de fumisterie, dit-elle, parce qu’il ment à la population en disant que, quand on l’a réussi, on est bon en français.

« Cet examen-là ne prouve absolument pas à la population que les élèves qui l’ont réussi sont […] capables d’écrire et de lire correctement. »— Une citation de  Suzanne-Geneviève Chartrand, spécialiste en didactique du français et porte-parole des forums Parlons éducation

L’enseignante à la retraite croit qu’une partie de la solution passe par l’application des normes linguistiques plus sévères dans les autres matières. Selon elle, la qualité du français devrait faire l’objet d’une attention plus grande en mathématique, en science, en histoire, etc.

Avec Radio-Canada

Canada: Forte tempête de neige dès mercredi dans la plupart des régions du Québec

janvier 23, 2023
Des voitures sur une route enneigée.

Environnement Canada prévoit des accumulations de neige de 15 à 25 centimètres à compter de mercredi soir jusqu’à jeudi sur plusieurs régions du Québec. (Photos d’archives) Photo : Radio-Canada/Mario Landry

Une tempête de neige devrait s’abattre sur plusieurs régions du Québec à compter de mercredi soir, jusqu’à jeudi.

Environnement Canada a lancé lundi matin un bulletin météorologique spécial annonçant que des accumulations de neige de 15 à 25 centimètres sont attendues pour toutes les régions longeant la vallée du Saint-Laurent, de Montréal jusqu’à Gaspé, et que des vents modérés à forts accompagneront cette neige et devraient créer de la poudrerie par endroits.

En Outaouais, les précipitations devraient être inférieures, de 10 à 15 centimètres, mais dans le Bas-Saint-Laurent, sur l’ensemble de la Gaspésie et sur la Côte-Nord, jusqu’à Blanc-Sablon, des chutes de 30 centimètres de neige sont possibles.

Environnement Canada prévient qu’en Estrie, une brève période de pluie pourrait se produire jeudi matin et qu’il y aura un risque de pluie verglaçante lors de la transition de la neige vers la pluie.

Les régions de l’Abitibi-Témiscamingue, de la Haute-Mauricie et du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne faisaient l’objet d’aucun bulletin météorologique spécial lundi matin.

Avec Radio-Canada par La Presse canadienne

Congo-Le prix « Premier des meilleurs élèves »: les écoles d’excellence ont battu le record

janvier 23, 2023

La fondation Jeunesse, éducation et développement (JED) a congratulé, le week-end dernier à Brazzaville, les meilleurs élèves congolais relevant des enseignements général et technique au titre de l’année scolaire 2021-2022.  Sur les trente lauréats récompensés, ceux des écoles d’excellence ont eu les plus importantes moyennes allant au-delà de 18.

Un échantillon des récipiendaires de la 16e édition du prix « Premier des meilleurs élèves »/ Adiac

De manière globale, selon la fondation JED, les trente élèves sélectionnés ont abattu un travail remarquable au cours de l’année scolaire 2021-2022, obtenant de moyennes allant de 13,30 à 18,60, selon les niveaux d’études.

En ce qui concerne le cycle lycée, les élèves issus des écoles spéciales ont battu le record pour avoir obtenu les plus fortes moyennes. Dans le lot, Gayan Milca Endonngo, élève en classe de 4e au lycée d’excellence de Mbounda de Dolisie, dans le Niari, est considéré comme le meilleur écolier en termes de performances, ayant obtenu 18,60 de moyenne.

Il est suivi de Gédéon Mavy Maloungui Kinga, en 4e également, et Princesse Célina Zihou Ndombi qui passe en classe de seconde, tous élèves au lycée d’excellence d’Oyo, dans le département de la Cuvette. Ils ont eu respectivement 18,26 et 18,16 de moyenne.

Dans le lot, l’Ecole préparatoire Général Leclerc, le lycée scientifique de Massengo, l’Institut national des aveugles du Congo, l’Institut des jeunes sourds, l’Ecole des beaux-arts et les écoles conventionnées catholiques se sont aussi distingués par le travail. Les élèves issus de leurs rangs ont obtenu des moyennes allant de 12,99 à 16,72.

Un élève en 5e au collège de Loutété, dans le département de la Bouenza, et un autre relevant du CEG de Kinkala, dans le Pool, ont obtenu chacun 17,35 de moyenne. Dans l’ensemble, a indiqué la présidente de la fondation JED, Esther Ahissou Gayama, le travail a été remarquable. Elle a ainsi invité quiconque épris de cœur de soutenir l’initiative afin d’encourager l’excellence.

Avec Adiac-Congo par Firmin Oyé

Qui en voulait au journaliste Martinez Zogo ?

janvier 23, 2023

Au Cameroun, le directeur de la radio Amplitude FM était porté disparu depuis plusieurs jours. Son corps a été retrouvé le 22 janvier au matin. Une enquête a été ouverte et plusieurs associations de journalistes dénoncent un « assassinat ».

Martinez Zongo était l’animateur vedette d’une émission quotidienne, Embouteillage, sur la radio camerounaise Amplitude FM. © DR.

Il était porté disparu depuis le 17 janvier. Le corps sans vie de Martinez Zogo, 51 ans, directeur général de la radio privée Amplitude FM, a été découvert le 22 janvier au matin, aux environs de la localité Soa, à la périphérie nord de Yaoundé. L’information a été confirmée par le porte-parole du gouvernement, René-Emmanuel Sadi, qui indique dans un communiqué daté du même jour que la dépouille a été retrouvée dans un « état de décomposition avancée ».

« Sévices corporels »

Charly Tchouemou, rédacteur en chef d’Amplitude FM, a assuré avoir reconnu la victime. Les autorités précisent quant à elles que l’épouse de Martinez Zogo a formellement reconnu ses effets personnels et que le journaliste « a subi d’importants sévices corporels ». Son corps a été transporté dans la journée à l’hôpital central de Yaoundé pour y être autopsié et, ce dimanche, une foule nombreuse s’était réunie devant l’établissement, ainsi que de nombreux éléments des forces de l’ordre. Le gouvernement a fait savoir qu’une enquête avait été ouverte pour retrouver « les auteurs de ce crime odieux, inqualifiable et inadmissible ».

L’opposition et des organisations de défense de la presse dénoncent un « assassinat ». Disparu dans des circonstances troubles, Zogo était l’animateur vedette d’une émission quotidienne, Embouteillage, diffusée du lundi au vendredi et très écoutée dans la capitale camerounaise. Une enquête avait été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances de sa disparition, selon une source policière.

« Assassinat odieux »

À l’antenne, ce journaliste engagé abordait régulièrement des affaires de corruption, n’hésitant pas à mettre en cause nommément des personnalités importantes. Il avait notamment été détenu préventivement deux mois en 2020 dans une affaire où il était accusé de diffamation. Le Comité de protection des journalistes (CPJ) avait alors réclamé sa libération et exhorté le gouvernement à dépénaliser cette infraction.

Le Syndicat national des journalistes du Cameroun a exprimé dans un communiqué sa « consternation », dénonçant un « assassinat odieux » et appelant les travailleurs des médias à se vêtir de noir le 25 janvier pour marquer leur deuil. L’International Press Institute, organisation de défense de la liberté de la presse basée à Vienne, a exhorté les autorités camerounaises à « enquêter rapidement sur le meurtre horrible du journaliste Martinez Zogo et veiller à ce que les coupables soient traduits en justice ».

L’opposition politique s’est également indignée, à l’image du député de l’opposition du Social Democratic Front (SDF), Jean-Michel Nintcheu, qui a dénoncé dans un communiqué un « crime » qui « ne saurait rester impuni ».

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) affirmait vendredi que Zogo avait été « enlevé » le 17 janvier aux alentours de 20 h devant un commissariat de la périphérie de Yaoundé. Il a bien été vu pour la dernière fois devant un poste de gendarmerie, avait confirmé une source policière, qui ajoutait ne « pas disposer d’indices pour affirmer qu’il s’agit d’un enlèvement ».

CHACUN DE NOUS PEUT SE RETROUVER DANS CETTE SITUATION POUR QUELQUE CHOSE QU’IL AURAIT PEUT-ÊTRE DIT

« Il y a de nombreuses zones d’ombres concernant les circonstances de son enlèvement brutal. Les autorités doivent lancer une enquête rigoureuse, approfondie et indépendante pour établir toute la chaîne de responsabilité et les circonstances qui ont conduit à ce triste événement », a déclaré Sadibou Marong, responsable du bureau Afrique subsaharienne pour RSF.

Dimanche, plusieurs chaînes de télévision camerounaises ont dédié leurs programmes à cet événement. Interrogée sur la chaîne Info TV, la romancière Calixthe Beyala s’est dite « abattue, attristée. Je savais qu’il était mort dès qu’on a annoncé qu’il était enlevé. On peut se poser la question : à qui le tour ? Chacun de nous peut se retrouver dans cette situation pour quelque chose qu’il aurait peut-être dit ».

Par Jeune Afrique (avec AFP)