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CAN – Patrick Mboma : « Les Lions indomptables font plaisir à voir »

janvier 24, 2022
Vincent Aboubakar célèbre le premier but de son équipe lors du match contre le Cap Vert, au stade d’Olembé, à Yaoundé, le 17 janvier 2022 © KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Les performances de l’équipe camerounaise sont suivies de près par leur ancien capitaine, vainqueur de la CAN en 2000 et 2002. À quelques heures des 8e de finale contre les Comores, il se montre confiant mais prudent.

Sur le papier, le 8e de finale de ce lundi 24 janvier au stade d’Olembé est le plus déséquilibré de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). D’un côté, le Cameroun, cinq fois vainqueur de la compétition, qui a déjà bouclé le premier tour avec sept points. De l’autre, les Comores, qui participent pour la première fois à la phase finale et qui sont fortement affectés par le Covid-19.

Les Lions indomptables seront évidemment les grands favoris et se voient déjà rencontrer le 29 janvier le vainqueur du match Guinée-Gambie. Mais leur ancien capitaine, Patrick Mboma (56 sélections, 33 buts) incite ses compatriotes à une certaine prudence, tout en saluant leurs premières performances et surtout leur esprit d’équipe.

Patrick Mboma, à Abidjan en 2016.
Patrick Mboma, à Abidjan en 2016. © SIA KAMBOU/AFP

Jeune Afrique : Le Cameroun a terminé le premier tour invaincu. Que retenez-vous des trois matchs de votre ancienne équipe ?

Cette sélection a rempli sa mission en se qualifiant logiquement. Elle n’est pas enthousiasmante, mais elle fait plaisir à voir. Je ne me suis pas ennuyé, et ce qu’elle a montré lors du premier tour est très encourageant. Il émane de cette sélection beaucoup d’envie et de détermination, et une vraie cohésion. Lors des deux premiers matchs, contre le Burkina Faso (2-1) et l’Éthiopie (4-1), l’équipe a été rapidement menée au score mais elle ne s’est jamais affolée. On sent que les joueurs aiment évoluer ensemble, qu’ils ont un objectif commun : aller le plus loin possible. Grâce à ce comportement, ils bénéficient de l’appui du public, qui croit en eux.

Vous ressentez beaucoup d’engouement autour des Lions ?       

Les Camerounais apprécient ce qu’ils voient depuis le début de la CAN. La qualification pour le dernier tour des éliminatoires de la Coupe du Monde, en novembre dernier après la victoire face à la Côte d’Ivoire (1-0), avait déjà eu beaucoup d’impact. Les gens savent que le Cameroun n’est pas forcément la meilleure équipe du tournoi, mais qu’elle peut rivaliser avec les autres favoris que sont le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Maroc.

Pourtant, il y a encore quelques jours, beaucoup de Camerounais disaient ne pas croire aux chances de victoire de leur équipe…

Oui, c’est le Cameroun dans toute sa splendeur ! Souvent, avant un tournoi, les Camerounais disent que leur équipe n’a aucune chance. Mais quand la compétition débute, ils vous répètent qu’elle va gagner !

DANS L’HISTOIRE DE LA CAN, PEU DE JOUEURS ONT ÉTÉ AUSSI PERFORMANTS QUE VINCENT ABOUBAKAR

Il y avait une sorte de défiance avant la CAN, car les prestations n’étaient pas toujours convaincantes. Le sélectionneur, le Portugais Toni Conceicao, était critiqué, car on ne comprenait pas toujours son système de jeu. On ne le comprend d’ailleurs pas toujours et certains disent qu’il n’a pas beaucoup de charisme, mais pour le moment, les résultats sont là, et c’est l’essentiel. Il a l’intelligence d’impliquer beaucoup de joueurs, en faisant les changements qu’il faut. Et pour aller loin dans une grande compétition, il faut que tous les joueurs soient concernés, car il peut y avoir des blessures, des suspensions, des cas de Covid, de la fatigue. Si tout n’a pas été parfait depuis qu’il a été nommé, fin 2019, le bilan est positif.

On dit souvent que, pour aller loin dans un tournoi, il faut un bon gardien et un vrai buteur…

Et c’est le cas du Cameroun ! André Onana, notre gardien, a certes commis une erreur lors du premier match, qui nous a coûté un but, mais depuis, il est très performant. Quant à Vincent Aboubakar, il en est déjà à 5 buts en trois matches, et je pense que peu de joueurs, dans l’histoire de la CAN, ont réussi une telle performance. C’est un véritable atout que d’avoir un buteur si performant.

Il y a d’autres joueurs qui ont montré des choses intéressantes, comme le défenseur Nouhou Tolo. J’attends plus d’André Zambo Anguissa au milieu, car il a un gros potentiel, et il peut apporter davantage.

LES COMORIENS N’AURONT RIEN À PERDRE, AUCUNE PRESSION

Le Cameroun sera favori face aux Comores lundi. Est-ce le 8e de finale idéal, au moins sur le papier ?

Les Comoriens n’auront rien à perdre, aucune pression. Ils ont déjà réussi leur CAN en battant le Ghana (3-2) et en se qualifiant pour la phase finale. Tout ce qui peut intervenir après ne sera que du bonus. Ce n’est pas l’équipe qui a fait la meilleure impression au premier tour, mais ce n’est pas ce qu’on attendait d’elle. Les joueurs font bien ce qu’ils savent faire, leur parcours est respectable. Il faudra prendre cette équipe au sérieux, la respecter. Les Lions auraient pu tomber sur un adversaire plus fort, mais il faudra confirmer leur statut de favori.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

CAN 2022 : l’Algérie prend la porte

janvier 20, 2022

Corrigé par la Côte d’Ivoire (3-1), le champion en titre est éliminé de la Coupe d’Afrique des Nations. Retour sur la rencontre et les buts.

Battue par la Cote d'Ivoire (3-1), l'Algerie est eliminee de la Coupe d'Afrique des Nations.
Battue par la Côte d’Ivoire (3-1), l’Algérie est éliminée de la Coupe d’Afrique des Nations.© CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Un séisme a secoué Limbé. Battue par la Côte d’Ivoire (3-1), l’Algérie championne d’Afrique en titre a été éliminée de la Coupe d’Afrique des Nations 2022. Les Fennecs ont d’abord été menés (3-0) par des buts de Franck Kessié (22e), Ibrahim Sangaré (39e) et Nicolas Pépé (54e) avant de revenir au score en fin de match grâce à une tête de Sofiane Bendebka (73e). Grâce à cette deuxième victoire en trois matchs, la Côte d’Ivoire assure la première place du groupe E. Les Algériens terminent quant à eux derniers et prennent la porte.

L’Algérie éliminée

La victoire ou la porte. Sous la pression d’une élimination précoce de la CAN 2022, l’Algérie, championne d’Afrique en titre, lance ce choc face à la Côte d’Ivoire après le coup d’envoi de l’arbitre sud-africain Victor Gomes. Tout de suite, les Fennecs partent de l’avant et obtiennent un premier coup franc plein axe (1re). Riyad Mahrez tente sa chance, mais le ballon est repoussé par le mur ivoirien (3e). La première véritable occasion chaude est, quant à elle, à la faveur des Éléphants. Auteur d’une bonne récupération et d’un joli numéro du côté gauche, Ghislain Konan pénètre dans la surface avant de trouver Nicolas Pépé au point de pénalty. L’ex-pensionnaire de Ligue 1 reprend en première intention, mais son tir passe largement au-dessus des cages de Raïs M’Bolhi (8e). Les Verts peuvent souffler. Quelques instants plus tard, Nicolas Pépé signe la première frappe cadrée de ce choc, bien captée par le portier algérien (18e). En guise de réponse, Ismaël Bennacer trouve le poteau ivoirien sur corner (21e). Mais, sur l’action qui suit, c’est la Côte d’Ivoire qui va débloquer les compteurs. Au terme d’un excellent mouvement collectif, Max-Alain Gradel lance l’intenable Nicolas Pépé sur le côté droit dans la surface de réparation. L’attaquant d’Arsenal fixe Abdelkader Bedrane avant de décaler Franck Kessié en retrait, qui propulse le cuir au fond des filets (22e, 1-0). C’est son premier but dans une Coupe d’Afrique des nations.

Les Algériens sont dans l’obligation de réagir après cette ouverture du score et tentent tant bien que mal de développer leur jeu. Mais, trop passifs, les hommes de Djamel Belmadi vont se faire punir. Sur un coup franc tiré par Serge Aurier du côté droit, Ibrahim Sangaré échappe au marquage défensif et se retrouve seul au second poteau. D’un coup de tête dévastateur, l’attaquant crucifie Raïs M’Bolhi et assomme l’Algérie (39e, 2-0). Le break est fait.

Complètement sonnés, les Algériens ont bien du mal à se montrer dangereux avant la pause. Seul Youssef Belaïli tente un pointu, qui termine sa course dans les mains de Sangaré (45e). À la pause, les champions en titre sont virtuellement éliminés de la CAN 2022 !

Pourtant, c’est encore la Côte d’Ivoire qui réalise un festival d’actions offensives. En face, l’Algérie est au bord de l’agonie, notamment sur des opportunités de Max-Alain Gradel (47e), Serge Aurier (50e) ou Nicolas Pépé (51e). Et sans surprise, les Éléphants vont finir par porter le coup de grâce. Après une bonne récupération au milieu de terrain, Sébastien Haller décale Nicolas Pépé sur le côté droit. L’attaquant des Gunners entre dans la surface de réparation et enfume son vis-à-vis avant d’enrouler du gauche (54e). 

Quelques instants plus tard, l’espoir algérien renaît. Les Fennecs obtiennent un penalty après une faute dans la surface de réparation sur Youcef Bellaïli (58e). Riyad Mahrez se présente alors face à Raïs M’Bolhi pour le tirer, mais l’attaquant de Manchester City trouve le poteau (60e). Quand ça ne veut pas… Mais c’est finalement sur coup-franc que les Algériens vont réussir à réduire la marque. Sur un corner côté gauche, le ballon est mis en retrait pour Youcef Belaïli qui manque sa reprise du droit. Le ballon atterit sur Aïssa Mandi qui remet pour Sofiane Bendebka. Le milieu du MC Alger n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets (73e). L’Algérie y croit.

Malgré une fin de match très intense, l’Algérie ne va pas réussir à faire trembler de nouveau les filets ivoiriens. À l’inverse, Sebastien Haller croît porter l’estocade aux Fennecs au bout du temps additionnel (90e+3). Son but est finalement annulé à la fin du match. Mais cette décision n’y change rien. L’Algérie, tenante du titre, termine 4e de son groupe derrière la Côte d’Ivoire (1er), la Guinée équatoriale (2e) et la Sierra Leone (3e) et sort par la petite porte.

  • Sierra Leo… 0 1 Guinée Eq…Terminé
  • Gambie Vs Tunisie à 20:00
  • Mali Vs Mauritanie à 20:00

Avec Jeune Afrique par Guillaume Paret

CAN : stades déserts, bagarre, mauvais hymne… Les petites et grosses polémiques de la compétition

janvier 19, 2022
La sélection mauritanienne, au stade de Limbe, le 12 janvier 2022. © Issouf Sanogo/AFP

Comme chaque grande compétition, la CAN connaît quelques couacs. Alors que la première phase ne touche à sa fin, retour sur les principaux « bad buzz » de cette 33e édition, qui se tient au Cameroun.

Hormis l’affaire de l’arbitre zambien Janny Sikazwe, déjà évoquée dans ces colonnes, d’autres couacs ont émaillé la compétition phare du football africain. Des stades longtemps vides, des pelouses qui se dégradent rapidement, l’hymne mauritanien diffusé lors d’un match qui n’était pas le bon, des échauffourées à l’issue de la rencontre entre le Ghana et le Gabon (1-1)… Retour sur les quelques incidents qui ont marqué le premier tour de la compétition.

Mauritanie : l’hymne n’était pas le bon

Était-ce un signe ? La deuxième participation de la Mauritanie à une phase finale de la CAN risque, comme en 2019, de s’achever au premier tour après les deux défaites du pays face à la Gambie (0-1) et à la Tunisie (0-4). Avant leur premier match face aux Scorpions gambiens à Limbe, le 12 janvier, les Mourabitounes n’ont jamais pu entendre leur hymne national. Quelques notes de musique ont retenti pendant quelques secondes, avant d’être brutalement interrompues. Les joueurs mauritaniens, d’abord perplexes, n’ont pas eu plus de chance lors de la deuxième tentative.

Le speaker du stade s’est alors excusé platement, promettant la diffusion rapide de l’hymne. Après une longue minute d’attente, les mêmes notes de l’ancien hymne mauritanien (en vigueur de 1960 à 2017) ont résonné brièvement avant que les organisateurs, sans doute par souci d’éviter le running-gag, ont renoncé, et diffusé le (bon) hymne gambien. La CAF a ensuite expliqué qu’« un problème technique avait empêché l’ingénieur du son d’accéder au fichier audio correspondant. »

Stades désertés

En 2019, lors de la CAN en Égypte, trop de matchs s’étaient déroulés devant des tribunes largement dégarnies. Le problème s’est répété au Cameroun, au moins durant les premiers jours. Aucun stade n’a fait le plein, pas même celui d’Olembé pour le match d’ouverture opposant le Cameroun au Burkina Faso (2-1), le 9 janvier. Celui entre le Maroc et le Ghana, programmé le 10 janvier au stade Amadou-Ahidjo, à Yaoundé, n’a attiré tout au plus que 1 500 spectateurs, alors qu’il peut en accueillir 42 500.

Les raisons de cette désaffection massive sont multiples. Le prix des places (de 4 à 31 euros) est jugé trop élevé. Par ailleurs, le protocole sanitaire très strict qu’ont imposé la Confédération africaine de football (CAF) et l’État camerounais pour lutter contre les risques de propagation du Covid-19, dans un pays où environ 6% de la population serait vaccinée, n’a pas favorisé la fréquentation des stades, puisque toute personne souhaitant assister à un match doit présenter un passe vaccinal et un test PCR datant de moins de 48 heures.

Le gouvernement a donc décidé, non pas d’assouplir les règles, mais de modifier les horaires des activités scolaires, académiques et professionnelles, qui s’achèveront au plus tard à 14 heures. Une décision prise par Paul Biya, le chef de l’État, « pour permettre aux Camerounais de prendre une part active à cet événement continental d’envergure. » Depuis, les enceintes sont beaucoup plus garnies et vivantes…

À Douala, gazon pourri

Le stade Japoma de Douala est récent, sa pelouse est toute fraîche, mais elle ne ressemble déjà à plus grand-chose, alors que seulement quatre matchs y ont été disputés. De la teinture verte a beau avoir été appliquée sur l’aire de jeu pour cacher la misère, le résultat est là : la pelouse se détériore à vue d’œil, ce qui ne favorise pas les équipes qui essaient de développer un beau jeu.

Djamel Belmadi, le sélectionneur de l’Algérie, y a fait allusion, mais sans pour autant en faire une circonstance atténuante expliquant les piètres performances de ses joueurs face à la Sierra Leone (0-0) et la Guinée Équatoriale (0-1). Son équipe devait affronter les Équato-Guinéens sur un terrain déjà bien abimé après la rencontre entre la Côte d’Ivoire et la Sierra Leone (2-2), qui s’était achevée une heure plus tôt.

C’est dans le Stade Japoma qu’aura lieu le choc décisif entre les Fennecs et les Éléphants, le 20 janvier. Patrice Beaumelle, le coach français des Ivoiriens, a bien tenté de nuancer les nombreuses critiques, en affirmant que la pelouse « est plus que correcte » et qu’ « on a vu pire lors de certaines CAN ». Certes, mais pas sûr que cet argument suffise à atténuer un sentiment quasi-général…

Bagarre générale entre le Gabon et le Ghana

Le match entre le Ghana et le Gabon, le 14 janvier à Yaoundé, s’est terminé par une bagarre générale. Les Black Stars, qui menaient depuis la 18e minute grâce à un but d’André Ayew, ont été rejoints au score dans les dernières secondes après l’égalisation de Jim Allevinah. Alors que les Gabonais manifestaient leur joie, certains joueurs ghanéens ont disjoncté, notamment Benjamin Tetteh, auteur de plusieurs coups.

Le Ghana n’a pas digéré l’attitude des Gabonais, qui n’avaient pas rendu à leurs adversaires un ballon que ceux-ci avaient mis en touche volontairement après la blessure de l’un des leurs. André Ayew a parlé d’un comportement « très petit, une marque de petits joueurs ». La CAF, de son côté, a décidé de suspendre Tetteh pour trois matchs, et d’adresser un avertissement aux deux équipes pour « comportement antisportif. »

Avec l’élimination du Ghana et la qualification du Gabon, il n’y a heureusement plus aucun risque pour que les deux équipes se retrouvent lors des tours à élimination directe.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Gaspard Ulliel est mort des suites d’un accident de ski

janvier 19, 2022

L’acteur, âgé de 37 ans, avait été transporté par hélicoptère au CHU de Grenoble, mardi après-midi, après être entré en collision avec un autre skieur.

Gaspard Ulliel, lors du 17e Festival international du film de Marrakech, le 8 décembre 2018.
Gaspard Ulliel, lors du 17e Festival international du film de Marrakech, le 8 décembre 2018. MOSA’AB ELSHAMY / AP

L’acteur français Gaspard Ulliel est mort, mercredi 19 janvier, des suites d’un accident de ski survenu la veille à La Rosière (Savoie), a annoncé sa famille dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP) par son agent. Il avait 37 ans.

Mardi, peu avant 16 heures, Gaspard Ulliel avait été transporté par hélicoptère au centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble après être entré en collision avec un autre skieur au croisement de deux pistes bleues, selon une porte-parole de la station. Selon la gendarmerie, l’état de l’acteur avait alors été jugé très critique. Une enquête a été ouverte et confiée à la compagnie républicaine de sécurité (CRS) des Alpes, a, par ailleurs, annoncé le parquet d’Albertville.

Le décès de Gaspard Ulliel a suscité un flot de réactions émues du distributeur Gaumont, de confrères comme de membres du gouvernement.

« Gaspard Ulliel a grandi avec le cinéma et le cinéma a grandi avec lui. Ils s’aimaient éperdument. C’est le cœur serré que nous reverrons désormais ses plus belles interprétations et croiserons ce certain regard. Nous perdons un acteur français », a immédiatement réagi le premier ministre, Jean Castex, sur Twitter.

« Sa sensibilité et l’intensité de son jeu faisaient de Gaspard Ulliel un acteur d’exception. Le cinéma perd aujourd’hui un immense talent. J’adresse mes condoléances à ses proches et mes pensées affectueuses à tous ceux qui le pleurent aujourd’hui », déclaré la ministre de la culture, Roselyne Bachelot.

Pierre Niney, qui avait lui aussi incarné Yves Saint Laurent à l’écran, et remporté pour ce rôle le César, s’est dit « le cœur brisé ». « Gaspard était la bienveillance et la gentillesse. La beauté et le talent », a-t-il confié sur Twitter.

César du meilleur acteur

Sa dernière apparition sur les écrans remonte à l’automne dernier où il partageait l’affiche de la comédie La Vengeance au triple galop, d’Alex Lutz, avec Leïla Bekhti et Audrey Lamy. Deux ans auparavant, il était à l’affiche du film Sibyl, de Justine Triet, avec Virginie Efira et Adèle Exarchopoulos. Le film avait été présenté en compétition au Festival de Cannes de 2019.

Devenu en quelques années un acteur phare du cinéma français, Gaspard Ulliel est au casting de la minisérie Marvel Moon Knight, prochainement diffusée sur Disney +.

Révélé à 19 ans dans Les Egarés (2003), d’André Téchiné, aux côtés d’Emmanuelle Béart, où il incarne Yvan, un garçon plutôt sauvage qui, pendant l’exode, traverse les routes de France avec deux enfants et leur mère, Gaspard Ulliel a ensuite interprété un soldat de la première guerre mondiale dans Un long dimanche de fiançailles (2004), réalisé par Jean-Pierre Jeunet, un rôle qui lui a valu le César du meilleur espoir masculin en 2005.

L’acteur avait impressionné en 2014 pour son interprétation du couturier Yves Saint Laurent dans le biopic de Bertrand Bonello. En 2017, il a décroché le César du meilleur acteur pour son rôle dans Juste la fin du monde, de Xavier Dolan. Il y incarnait un écrivain retrouvant sa famille après douze ans d’absence, à qui il venait annoncer sa mort prochaine.

« Un garçon étrange, difficile à percer »

Né le 25 novembre 1984 de parents stylistes, il a passé son enfance entre l’école et l’appartement familial, dans le centre de Paris, où il dessinait pendant des heures. C’est une amie de sa mère qui lui propose d’intégrer l’agence de comédiens qu’elle vient de créer. Il n’a que 11 ans mais obtient très vite un petit rôle dans un téléfilm.

Après quelques stages d’été au cours Florent, il s’inscrit après son bac à l’université de Saint-Denis pour des études de cinéma qu’il abandonnera d’autant plus vite que sa carrière va vite décoller. Il est remarqué par Michel Blanc qui lui offre en 2002 un rôle dans une comédie à succès, Embrassez qui vous voudrez.

En 2009, on le retrouve en fils d’Isabelle Huppert dans Un barrage contre le Pacifique, de Rithy Panh, mais aussi en rejeton de Jean Reno dans un thriller, Le Premier Cercle. En 2010, il joue Henri de Guise dans La Princesse de Montpensier, de Bertrand Tavernier.

Devenu un acteur de premier plan, il enchaîne les tournages, y compris aux Etats-Unis dans Hannibal Lecter : les origines du mal, qui conte les jeunes années du serial killer cannibale. Son premier rôle en anglais.

Un contrat signé avec la marque Chanel pour laquelle il devient l’égérie d’un parfum lui a fait dire :

« Tout à coup, j’ai eu un confort financier qui m’a permis de choisir, d’attendre, de ne pas inonder les écrans. »

Un de ses metteurs en scène, Rodolphe Marconi, qui l’a fait tourner dans Le Dernier Jour, dit de lui :

« Gaspard est un ciel bleu traversé de nuages qui n’éclatent jamais. Un garçon étrange, difficile à percer. Il a sûrement une fêlure, le jour où ça va s’ouvrir, ça va faire mal… »

L’acteur était père d’un petit garçon.

Le Monde avec AFP

La CAN innove avec un quatuor d’arbitres féminin pour Guinée-Zimbabwe

janvier 18, 2022

La Confédération africaine de football a désigné comme arbitre centrale la Rwandaise Salima Rhadia Mukansanga. Elle sera entourée d’une équipe entièrement féminine.

Salima Rhadia Mukansanga va diriger le quatuor d'arbitres feminin du match Guinee-Zimbabwe de la CAN ce mardi 18 janvier.
Salima Rhadia Mukansanga va diriger le quatuor d’arbitres féminin du match Guinée-Zimbabwe de la CAN ce mardi 18 janvier.© AFP

Ce mardi 18 janvier est incontestablement une date qui va compter dans l’histoire du football africain. Il marque un moment où le plafond de verre de l’arbitrage des matchs autour du ballon rond va être littéralement pulvérisé. En effet, la Rwandaise Salima Rhadia Mukansanga va devenir la première femme à arbitrer un match de Coupe d’Afrique des nations (CAN). Ce sera le GuinéeZimbabwe prévu à Yaoundé.

Aux JO de Tokyo, en 2021, Salima Rhadia Mukansanga avait eu l’opportunité d’officier. © AYMAN AREF / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Alors qu’elle avait déjà figuré parmi les arbitres de champ du tournoi olympique des Jeux de Tokyo cet été, l’arbitre rwandaise de 35 ans a également été la première femme quatrième arbitre d’un match de CAN, c’était le Guinée-Malawi du 10 janvier dernier. « C’est la première fois qu’une équipe entièrement féminine arbitrera un match de la CAN », a précisé la Confédération africaine de football dans un communiqué. La Camerounaise Carine Atemzabong et la Marocaine Fatiha Jermoumi assisteront Salima Rhadia Mukansanga, et la responsable de l’arbitrage vidéo sera la Marocaine Bouchra Karboubi.

Par Le Point avec AFP

Football : disparition de Paco Gento, légende du Real Madrid

janvier 18, 2022

Paco Gento est mort à l’âge de 88 ans, comme l’a révélé le Real Madrid. Le recordman avait marqué les esprits dès les années 1950.

Paco Gento lors de la revelation des groupes du championnat d'Europe de football, le 28 aout 2014.
Paco Gento lors de la révélation des groupes du championnat d’Europe de football, le 28 août 2014.© VALERY HACHE / AFP

Triste nouvelle pour le monde du football qui perd l’une de ses légendes. Au matin du 18 janvier, le Real Madrid a annoncé le décès de Paco Gento à l’âge de 88 ans. Le sportif était une légende du club merengue entre 1953 et 1971 et l’unique joueur de l’histoire à avoir remporté 6 Coupes d’Europe. En 18 saisons au Real Madrid, Gento avait marqué 182 buts en 600 matchs, et s’était forgé un palmarès énorme, avec, en plus de ses 6 Coupes d’Europe, 12 Championnats d’Espagne et 2 Coupes d’Espagne, entre autres. Il était encore président d’honneur du Real Madrid.

L’ailier gauche vif et rapide avait formé une attaque de feu aux côtés d’Alfredo di Stéfano, d’Hector Rial, de Ferenc Puskas, puis de Raymond Kopa (de 1956 à 1959), et avait soulevé cinq C1 consécutives en compagnie des trois premiers entre 1956 et 1960. Il en avait ensuite remporté une sixième six ans plus tard, en 1966, aux côtés d’autres légendes, comme Manu Sanchis ou Pirri. Au total, Paco Gento a disputé 8 finales de C1, dont deux perdues : en 1962, contre le Benfica Lisbonne et en 1964 contre l’Inter Milan. Un autre record qu’il codétenait avec l’Italien Paolo Maldini (AC Milan).

« La figure de Paco Gento représente fidèlement toutes les valeurs du Real Madrid, il a été, et il restera une référence pour le “madridisme” et pour le monde du sport. Les “madridistes” [supporteurs du Real, NDLR] et tous les amants du football se souviendront de lui comme de l’un des grands mythes de notre sport », écrit le Real Madrid dans un communiqué.

Une famille de footballeurs

Son palmarès gigantesque l’avait hissé au premier rang des joueurs les plus titrés de l’histoire du Real Madrid, avec 23 titres. Il a fallu près d’un demi-siècle pour qu’il y soit rejoint dimanche par le latéral brésilien Marcelo, après la victoire des Madrilènes en Supercoupe d’Espagne à Riyad (Arabie saoudite). Ce palmarès unique lui a aussi valu d’être nommé en 2016 président d’honneur du Real Madrid pour succéder à Di Stéfano, décédé en 2014.

Paco Gento fut également international avec l’Espagne à 43 reprises (5 buts). Il a disputé les éliminatoires de l’Euro 1964, mais il n’est que partiellement associé à ce premier trophée majeur de l’histoire de la « Roja », car il n’avait pas été retenu pour les demi-finales et la finale, remportée contre l’URSS (2-1) au stade Bernabeu. Il a également disputé deux Coupes du monde (1962 et 1966).

Ses neveux Paco Llorente et Julio Llorente ont à leur tour porté le maillot du Real dans les années 1980. Puis son petit-neveu Marcos Llorente a fait ses premières armes au centre de formation du Real, jouant deux saisons en équipe première (2017-2019) avant de rejoindre l’Atlético Madrid.

Avec Le Point avec AFP

Tennis : l’équipementier Lacoste va « faire le point » avec Djokovic

janvier 17, 2022

Lacoste, qui habille le numéro un mondial depuis 2017, compte discuter « dès que possible » de la récente affaire qui l’a privé d’Open d’Australie.

Novak Djokovic a ete contraint de quitter l'Australie avant le tournoi.
Novak Djokovic a été contraint de quitter l’Australie avant le tournoi.© PATRICK HAMILTON / MAXPPP / BELGA/MAXPPP

Lacoste, équipementier textile de Novak Djokovic, va discuter « dès que possible » avec le numéro un mondial pour « faire le point sur les événements qui ont accompagné sa présence sur le territoire australien », a indiqué lundi la marque.

Le numéro un mondial de tennis Novak Djokovic est arrivé à Belgrade lundi après avoir été expulsé d’Australie, épilogue d’une longue saga autour de son statut vaccinal qui le prive de la possibilité de briguer un 21e trophée majeur, synonyme de record en grand chelem.

« Les autorités australiennes ont annulé le visa de Novak Djokovic. En conséquence, il ne lui sera pas possible de participer à l’Open d’Australie », a rappelé dans un communiqué la marque au crocodile. « Dès que possible, nous échangerons avec Novak Djokovic pour faire le point sur les événements qui ont accompagné sa présence sur le territoire australien », a ajouté Lacoste, qui habille le numéro un mondial depuis 2017.

Par Le Point avec AFP

Des risques significatifs d’espionnage pendant les JO de Pékin, selon des spécialistes

janvier 16, 2022
Une femme photographie une statue de patineurs artistiques surmontée des anneaux olympiques devant un paysage industriel.

La Chine pourrait aller jusqu’à recruter des Canadiens pendant les Jeux Olympiques pour les utiliser comme agents d’influence, selon un ancien cadre du SCRS (archives). Photo: La Presse Canadienne/AP/Mark Schielfebein

La Chine n’hésitera pas à récolter et utiliser toutes les informations possibles sur les visiteurs canadiens lors des Jeux Olympiques de Pékin, selon des experts en sécurité. Elle pourrait même tenter de recruter des agents parmi eux.

Cette pratique, elle est instaurée depuis très longtemps, et les Chinois ne perdront pas une telle occasion, particulièrement dans le contexte politique actuel, a déclaré Michel Juneau-Katsuya, ancien cadre et agent de renseignements senior au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), en entrevue à Les faits d’abord samedi.

Évidemment, on est encore sous tensions avec la Chine, particulièrement parce que le Canada fait maintenant partie du groupuscule qui va boycotter diplomatiquement les Jeux, a-t-il ajouté.

Si on parle juste de téléphones et de portables, sans compromettre physiquement l’appareil, on passe par un réseau qui n’est pas sous notre contrôle une fois qu’on est rendu en Chine, a expliqué Éric Parent, spécialiste en sécurité informatique et président-directeur généralPDG d’EVA-Technologies au même micro.

À partir de ce moment, des vulnérabilités inconnues de manufacturiers pourraient être exploitées. Si on peut lire la mémoire d’un téléphone, par exemple, et aller chercher le carnet d’adresses, on peut voir qu’un athlète a peut-être des contacts parce qu’il est soutenu financièrement par de grandes corporations, alors il peut y avoir une bonne mine d’informations, de courriels et de numéros de téléphone, a détaillé M. Parent.

« Ce n’est pas nécessairement du James Bond, ce sont des choses qu’on voit quasiment toutes les semaines. »— Une citation de  Éric Parent, spécialiste en sécurité informatique et président-directeur généralPDG d’EVA-Technologies

Avec les métadonnées obtenues, on va procéder au retour à d’autres attaques plus ciblées, selon M. Juneau-Katsuya, qui pourraient viser à obtenir des secrets industriels, par exemple. 

La Chine pourrait aussi aller jusqu’à recruter des Canadiens pendant les Jeux Olympiques pour les utiliser comme agents d’influence, avance l’ancien cadre du Service canadien du renseignement de sécuritéSCRS.

Et les moyens de se protéger sont limités, d’après les deux experts. Sur place, n’importe quel système qu’on va utiliser peut quand même être compromis, a déclaré M. Parent. Les communications sont épiées au maximum qu’ils peuvent le faire avec des technologies que même nous peut-être on ne comprend pas.

Par Radio-Canada avec AFP

Novak Djokovic expulsé : la Cour australienne rejette son recours

janvier 16, 2022

La Cour fédérale d’Australie a décidé l’expulsion du numéro un mondial du tennis. Le joueur a réagi à la suite de cette injonction irrévocable.

Le joueur de tennis s'essuie le front sur le court.
Novak Djokovic

La Cour fédérale australienne a rejeté le recours intenté par le numéro un mondial du tennis contre l’annulation de son visa et son expulsion du pays, dimanche 16 janvier. « La Cour ordonne que le recours soit rejeté aux frais du demandeur », affirme la décision approuvée à l’unanimité par les trois juges, à la veille du début de l’Open d’Australie au cours duquel le Serbe, non-vacciné contre le Covid-19, comptait briguer un 21e titre record en grand chelem.

Dans un communiqué de presse, Novak Djokovic s’est déclaré « extrêmement déçu » par la décision de la Cour au sujet de son expulsion, mais dit respecter le verdict et s’apprêter à quitter l’Australie. Le sportif a émis le souhait de prendre le temps pour se reposer et récupérer, et a demandé que l’attention se focalise désormais sur le tournoi de l’Open d’Australie. Le président serbe Aleksandar Vucic s’est emporté, dimanche, contre les autorités australiennes. « Ils pensent qu’avec ces dix jours de mauvais traitements, ils ont humilié Djokovic », a lancé le président serbe à la presse locale. « Ils se sont humiliés eux-mêmes, Djokovic peut revenir dans son pays la tête haute et regarder tout le monde droit dans les yeux. » L’avion retour de Novak Djokovic a décollé quelques minutes avant midi, heure française.

« La politique ferme de protection des frontières de l’Australie nous a maintenus en sécurité pendant la pandémie » de Covid-19, a affirmé le ministre australien de l’Immigration, Alex Hawke, dans un communiqué. « Les Australiens ont fait de grands sacrifices pour en arriver là et le gouvernement Morrison est fermement décidé à protéger cette position », a-t-il ajouté. L’ATP, qui gère le circuit professionnel masculin de tennis, a estimé dimanche que l’expulsion de Novak Djokovic d’Australie « mettait un terme à une série d’événements profondément regrettables » et que « l’absence [de Djokovic] à l’Open d’Australie est une perte pour le tennis ».

« Troubles civils »

À la veille des premiers coups de raquette de l’Open d’Australie, où « Nole » espérait remporter un 21e titre du grand chelem record, l’audience en référé devait décider si le joueur doit être immédiatement renvoyé chez lui et interdit de territoire australien pendant trois ans ou si, au contraire, il peut disputer le tournoi. Dans ses conclusions déposées samedi devant la Cour, le ministre de l’Immigration, Alex Hawke, a soutenu que la présence de Djokovic dans le pays « est susceptible de représenter un risque sanitaire ». Selon lui, elle encourage « le sentiment antivaccination » et pourrait dissuader les Australiens de se faire injecter leurs doses de rappel, alors que le variant Omicron se répand à grande vitesse dans le pays.

La présence en Australie du champion pourrait même « entraîner une recrudescence des troubles civils », a ajouté le ministre. Même s’il a qualifié le risque que Djokovic contamine lui-même des Australiens de « négligeable », le ministre a estimé que son « mépris » passé des règles sanitaires contre le Covid constitue un mauvais exemple. Dimanche, devant la Cour, les avocats de « Djoko » ont qualifié le placement en rétention de leur client et sa possible expulsion d’« illogique », « irrationnel » et « déraisonnable ». Le gouvernement « ne sait pas quelles sont les opinions de M. Djokovic actuellement », a plaidé l’avocat Nick Wood, affirmant que son client n’a jamais soutenu publiquement le mouvement antivaccination.

L’avocat du gouvernement, Stephen Lloyd, a répondu que le fait que le champion ne soit pas vacciné près de deux ans après le début de la pandémie et qu’il ait ignoré de façon répétée les règles sanitaires, notamment en omettant de s’isoler alors qu’il se savait infecté, constituait des preuves suffisantes de sa position. La décision prise par les trois juges de la Cour fédérale est pratiquement impossible à contester tant par le gouvernement australien que par Djokovic. C’est la deuxième fois que le Serbe est visé par une procédure d’expulsion.

« Incompétence »

Il avait été bloqué à son arrivée en Australie le 5 janvier et placé une première fois en rétention administrative. Le joueur, qui a contracté le Covid-19 en décembre, espérait bénéficier d’une exemption pour entrer dans le pays sans être vacciné, mais les autorités n’ont pas accepté cette explication. Le gouvernement australien a subi un humiliant revers le 10 janvier quand un juge a bloqué l’expulsion de Djokovic, rétabli son visa et ordonné sa libération immédiate.

Le ministre de l’Immigration a toutefois annulé son visa pour la deuxième fois vendredi en vertu de ses pouvoirs discrétionnaires, invoquant « des raisons sanitaires et d’ordre public ». Et Djokovic est retourné samedi au Park Hotel, l’austère centre de rétention pour étrangers en situation irrégulière désormais mondialement célèbre. Dans un communiqué publié mercredi, le tennisman avait admis avoir rempli de manière incorrecte sa déclaration d’entrée en Australie.

Le joueur aux 86 titres ATP, vu en Serbie et en Espagne dans les deux semaines précédant son arrivée, contrairement à ce qu’il a déclaré dans le formulaire d’immigration à son arrivée, a plaidé « l’erreur humaine ». Ce feuilleton à rebondissements se déroule dans un pays dont les habitants ont enduré pendant près de deux ans des restrictions anti-Covid parmi les plus strictes au monde, et où des élections sont prévues d’ici mai.

D’où un contexte politique chargé. La pression s’est intensifiée autour du Premier ministre conservateur, Scott Morrison, accusé d’« incompétence » par l’opposition travailliste. L’affaire Djokovic est aussi suivie assidûment en Serbie, où « Nole » est considéré comme en héros national. Vendredi, le président Aleksandar Vucic a accusé l’Australie de le « maltraiter ».

Par Le Point avec AFP

L’Australie annule encore le visa de Djokovic et compte le renvoyer en détention

janvier 14, 2022
Le joueur de tennis s'essuie le front sur le court.

Novak Djokovic à l’entraînement, le 14 janvier, à Melbourne Photo: Getty Images/Daniel Pockett

L’Australie a relancé vendredi de façon spectaculaire la saga Djokovic en annulant à nouveau vendredi le visa du numéro un mondial de tennis, dont le cas doit être examiné dans la soirée lors d’une audience d’urgence devant un juge. Le pays compte également le renvoyer en détention dès samedi matin.

C’est ce qu’a annoncé vendredi un avocat du gouvernement australien, Stephen Lloyd. Le gouvernement souhaite que le Serbe ne puisse sortir de détention que pour assister, dans les bureaux de ses avocats et sous bonne garde, aux audiences en ligne de la justice concernant son cas, a indiqué Me Lloyd.

Le tennisman de 34 ans, entré en Australie sans être vacciné contre la COVID-19, a continué vendredi à s’entraîner dans l’espoir de conquérir un 10e titre à l’Open d’Australie, qui démarre lundi, et une 21e victoire en Grand Chelem, ce qui serait un record.

Las, en fin de journée, le ministre de l’Immigration a publié un communiqué annonçant l’annulation, pour la deuxième fois, du visa australien du Serbe. Une décision prise sur des bases sanitaires et d’ordre public, a précisé Alex Hawke, qui s’est dit fermement engagé à protéger les frontières australiennes, tout particulièrement dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

« Les Australiens ont fait de nombreux sacrifices pendant cette pandémie, et souhaitent à juste titre que le résultat de ces sacrifices soit protégé. »— Une citation de  Scott Morrison, premier ministre australien

Une audience en référé devait se tenir vendredi soir devant le juge Anthony Kelly, qui avait déjà bloqué une première fois l’expulsion du tennisman en début de semaine.

Djokovic est extrêmement bien armé et dispose d’une équipe compétente autour de lui. Il peut soit rester et se battre, soit partir, a expliqué l’avocat spécialisé dans les questions d’immigration Christopher Levingston, assurant que le joueur pouvait interjeter appel de la décision ministérielle devant le tribunal fédéral.

Nole avait déjà vu son visa annulé à son arrivée à Melbourne le 5 janvier et il avait été placé en centre de rétention. Mais ses avocats avaient obtenu du juge Kelly qu’il rétablisse son visa et ordonne sa libération immédiate le 10 janvier.

Djokovic a admis avoir rempli incorrectement sa déclaration d’entrée en Australie, et n’avoir pas respecté les règles d’isolement après avoir été déclaré positif à la COVID-19 en décembre – une contamination dont il espérait qu’elle lui permettrait de bénéficier d’une exemption pour entrer en Australie sans être vacciné.

Djokovic a plaidé aussi l’erreur humaine pour expliquer comment une mauvaise case dans son formulaire d’entrée en Australie a été cochée.

Le N.1 mondial était toujours sous la menace d’une expulsion au nom du pouvoir discrétionnaire du ministre de l’Immigration, finalement employé vendredi après un suspense de cinq jours.

Les rêves d’un 10e titre à Melbourne s’éloignent, d’autant plus que cette annulation de visa implique que Djokovic sera interdit d’entrée dans le pays pendant trois ans, sauf dans certaines circonstances exceptionnelles.

L’interdiction de visa de trois ans peut être levée pour répondre aux intérêts des Australiens, selon l’avocat Christopher Levingston.

Une saga qui fait réagir

Cette saga autour du champion de tennis comporte une charge politique très forte en Australie, où les habitants ont enduré pendant près de deux ans des restrictions anti-COVID parmi les plus strictes au monde, et où des élections sont prévues d’ici mai.

Alors que la décision du gouvernement se faisait attendre, la pression s’intensifiait autour du premier ministre Scott Morrison, accusé d’incompétence par la cheffe de l’opposition travailliste Kristina Keneally, faisant remarquer que le Serbe avait obtenu son visa 58 jours plus tôt.

Certains joueurs de tennis ont plaidé pour que Djokovic puisse participer à l’Open, mais d’autres étaient beaucoup plus critiques.

Novak Djokovic a joué selon ses propres règles en choisissant de ne pas se faire vacciner avant l’Open d’Australie et fait passer la majorité des joueurs pour des idiots, a estimé jeudi le Grec Stefanos Tsitsipas, N.4 mondial, dans une entrevue au média indien WION.

Le feuilleton est aussi suivi assidûment en Serbie, où des responsables politiques érigent la star en héros national.

Dans les rues de Belgrade, Stanislav Urosevic, retraité de 69 ans, maugréait après la décision du gouvernement australien : J’ai l’impression que l’on veut l’empêcher à tout prix de remporter un nouveau titre, comme c’est parti ils vont interdire le tennis si nécessaire.

Je pressentais quelque part que les politiciens ne le lâcheraient pas, qu’ils finiraient par prendre cette décision. Tout cela est dégoûtant, réagissait pour sa part Jasmina Ostojic, 47 ans, caissière d’un supermarché.

Le frère du joueur, Djordje Djokovic, a quant à lui déclaré à l’Agence France-Presse AFP que la famille ne s’exprimerait plus jusqu’à la fin de la procédure juridique en cours en Australie.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse