Archive for the ‘Sport’ Category

Côte d’Ivoire : la CAN débutera finalement en 2024

juillet 4, 2022

La Coupe d’Afrique des nations de football 2023, qui devait se dérouler en juin et juillet de l’année prochaine, se tiendra six mois plus tard, a annoncé la CAF. Officiellement, pour des raisons météorologiques.

Un homme souffle dans un vuvuzuela lors de l’inauguration, le 3 octobre 2020, du stade olympique d’Ebimpé, non loin d’Abidjan, construit en vue de la Coupe d’Afrique des nations de 2023, en Côte d’Ivoire. A man blows a vuvuzela during the inauguration ceremony of Ivory Coast’s new 60,000-seat Olympic stadium, built with the help of China, in Ebimpe, outside Abidjan, on October 3, 2020 ahead of 2023 Africa Cup of Nations. © ISSOUF SANOGO/AFP

Six mois de répit pour éviter les pluies. La Coupe d’Afrique des nations de football (CAN), initialement programmée en juin et juillet 2023 en Côte d’Ivoire, a été déplacée à janvier-février 2024 pour des raisons climatiques, a annoncé le 4 juillet le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, lors d’une conférence de presse à Rabat, à l’issue d’une réunion du comité exécutif de la CAF. « On ne veut pas prendre le risque d’avoir une compétition sous le déluge. Ça ne serait pas bon pour le football africain et son image », a-t-il expliqué. La compétition devait initialement se tenir du 23 juin au 23 juillet 2023 dans cinq villes ivoiriennes : Abidjan, Bouaké, Yamoussoukro, Korhogo et San-Pedro.

« Nous prenons la décision mais c’est une question de respect. On a pris de nombreux avis et certaines personnes nous ont dit “il y a le changement climatique, peut-être que la pluie ne sera pas un problème”. Mais les conseils que l’on reçoit, c’est qu’on ne peut pas prendre ce risque », a détaillé le président de la confédération africaine. Quelques jours plus tôt, Veron Mosengo-Omba, le secrétaire général de la CAF avait indiqué dans une interview que la piste du report était à l’étude.

Janvier, un mois « pas idéal »

Le mois dernier, de graves inondations provoquées par des pluies diluviennes ont fait au moins cinq morts à Abidjan. Le mois de juin est traditionnellement le plus pluvieux de l’année, avec en moyenne autour de 300 mm d’eau. « Je suis très fier des infrastructures de classe mondiale, du soutien du président Alassane Ouattara, du Premier ministre, du gouvernement et de tous les gens du football en Côte d’Ivoire. Cette compétition sera très spéciale », a assuré Patrice Motsepe. « On sait bien que le mois de janvier n’est pas idéal. Les clubs européens ne sont alors pas toujours enclins à libérer leurs meilleurs joueurs« , a-t-il cependant reconnu.

Le 2e vice-président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), Koné Mamadou, a déclaré que « si la CAF l’a décidé ainsi, c’est qu’elle a ses raisons » et « nous n’avons pas le choix, nous ne pouvons que nous aligner ». Selon lui, « la dernière décision revient aux autorités ivoiriennes qui ont mis les moyens pour les infrastructures », dont la construction et la rénovation de stades. L’ancien international ivoirien Cyril Domoraud a jugé que la décision de la CAF était « sage ». « On ne peut pas déployer de grands moyens pour une CAN et la jouer en saison pluvieuse », a-t-il dit. Il estime qu’il s’agit d’une « une décision salutaire, même si jouer en janvier-février va embêter des clubs européens ».

Jusqu’en 2017, la CAN s’est déroulée en début d’année civile. Le comité exécutif de la CAF a ensuite décidé de déplacer l’épreuve en été. L’édition 2019 s’est ainsi tenue en juin et juillet en Égypte. L’édition suivante, au Cameroun, a été déplacée à plusieurs reprises, d’abord à la demande du pays-hôte puis du fait de la pandémie de Covid-19. Elle s’est finalement tenue en janvier et février 2022.

Par Jeune Afrique avec AFP

Le gouvernement de Boris Johnson secoué par un nouveau scandale sexuel

juillet 1, 2022
Le premier ministre britannique, Boris Johnson.

Les scandales à caractère sexuel s’accumulent au sein du parti de Boris Johnson. Photo : Reuters/Henry Nicholls

Boris Johnson fait face vendredi à un nouveau scandale sexuel au sein de son parti. L’un des membres de son gouvernement a démissionné après s’être fait accuser d’attouchements sexuels sur deux hommes.

C’est un retour difficile pour le premier ministre conservateur, à peine rentré d’une semaine passée à l’étranger pour assister à trois sommets internationaux.

Après les conflits sociaux qui se multiplient en raison de la flambée des prix et après la controverse du partygate, il doit gérer une nouvelle affaire au sein de son gouvernement.

Dans une lettre de démission datée de jeudi, le whip en chef adjoint, Chris Pincher, chargé de la discipline parlementaire des députés conservateurs, reconnaît avoir beaucoup trop bu et présente des excuses pour s’être couvert de honte, [lui] et d’autres personnes.

Selon plusieurs médias britanniques, l’élu de 52 ans a procédé à des attouchements mercredi soir, sur deux hommes, dont un député, devant des témoins dans un club privé londonien, le Carlton Club, rapporte le Sky News. Ces gestes ont entraîné des plaintes auprès du parti.

Les histoires à caractère sexuel au sein du gouvernement au pouvoir s’accumulent :

  • un député a démissionné en avril pour avoir regardé de la pornographie à la Chambre sur son téléphone portable;
  • un député soupçonné de viol, non nommé, a été arrêté puis libéré sous caution à la mi-mai;
  • et un ancien député a été condamné, en mai, à 18 mois de prison pour l’agression sexuelle d’un adolescent de 15 ans.

Le départ récent de deux députés avait provoqué des législatives partielles et de lourdes défaites pour les conservateurs, suivies du départ du président du parti, Oliver Dowden.

S’il a démissionné de sa fonction, M. Pincher reste toutefois député.

Le premier ministre a accepté la démission et pense que c’était la chose à faire […]. Il trouve évidemment ce genre de comportement inacceptable et encourage ceux qui souhaitent se plaindre à le faire, a indiqué son porte-parole.

Mais, face aux appels qui réclament l’exclusion du député du parti et à la tenue d’une enquête interne, la pression s’accroît sur M. Johnson pour qu’il adopte des mesures plus fermes.

Il est hors de question que les conservateurs ignorent une agression sexuelle éventuelle, a tweeté Angela Rayner, la numéro deux du Parti travailliste, principale formation d’opposition.

Boris Johnson doit maintenant [nous] dire comment Chris Pincher peut rester député conservateur, a-t-elle ajouté, déplorant une totale dégradation des normes de la vie publique sous le premier ministre.

Loin d’être un cas isolé

Ce dernier a été considérablement affaibli par le scandale des fêtes organisées à Downing Street malgré les restrictions sanitaires durant la pandémie. L’affaire lui a valu un vote de confiance dans son propre camp, auquel il a survécu de peu, il y a moins d’un mois.

Sur la chaîne Sky News, le ministre chargé du Pays de Galles, Simon Hart, a estimé qu’il pourrait être contre-productif de précipiter une enquête, mais a indiqué que le whip en chef, Chris Heaton-Harris, aurait des conversations dans la journée de vendredi pour déterminer la ligne de conduite appropriée.

« Ce n’est pas la première fois, je crains que cela ne soit possiblement pas la dernière. Cela arrive sur le lieu de travail de temps à temps »— Une citation de  Simon Hart, ministre responsable du Pays de Galles

Nommé en février, M. Pincher avait déjà démissionné comme whip junior en 2017, accusé d’avoir fait des avances sexuelles à un athlète olympique et à un potentiel candidat conservateur aux élections.

Il avait été blanchi après une enquête interne. Réintégré par l’ancienne première ministre Theresa May, il avait rejoint le ministère des Affaires étrangères comme secrétaire d’État lors de l’arrivée au pouvoir de M. Johnson en juillet 2019.

La police londonienne a indiqué n’avoir reçu aucun signalement d’agression au Carlton Club.

Avec Agence France-Presse

RDC-Basketball : Jonathan Kuminga reçu par le chef de l’Etat

juin 30, 2022

Le jeune champion de la NBA, Jonathan Kuminga, a été reçu à Kinshasa par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, et par le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kienge, avant de prendre la direction d’Alexandrie pour rejoindre les Léopards basketball qui disputeront la troisième fenêtre des éliminatoires du mondial 2023.

Jonathan Kuminga reçu par le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde

Champion de la National basketball association (NBA), le prestigieux championnat nord-américain de basket-ball, avec Golden State Warriors de San Francisco, le tout jeune basketteur Jonathan Kuminga (19 ans) a été autorisé par ce championnat, sur demande de la Fédération de basketball du Congo (Fébaco), de rejoindre la sélection congolaise pour les éliminatoires de la Coupe du monde Indonésie, Philippines et Japon 2023. Aussi séjourne-t-il à Kinshasa, sa ville natale, où il a rencontré la plus haute autorité du pays, le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, et son épouse Denise Nyakeru, ainsi que le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kienge. Kuminga est parti enfant pour les Etats-Unis, mais n’a pas oublié son pays.

Au sortir de son entretien, le 27 juin chez le chef du gouvernement où il était emmené par le mécène sportif Olivier Endundo, il a déclaré à la presse : « Je suis Jonathan Kuminga. J’évolue à l’étranger. J’étais un rocky cette année. Je suis un enfant d’ici. J’ai grandi ici. Je suis parti pour les États-Unis étant enfant. J’ai commencé à jouer dans la NBA. Dans notre histoire, il n’y a jamais eu un Rocky qui a gagné la finale. Je suis le premier. Je voulais venir ici me présenter au Premier ministre pour qu’il sache qui je suis. Je suis vraiment fier de rentrer dans notre ville ».

Le jeune avait débuté sa formation en basketball à l’Académie PGB de Kinshasa avant de s’envoler pour les Etats-Unis et à cette époque, Jean-Michel Sama Lukonde était ministre des Sports et aussi parrain de l’Académie. « Le Premier ministre, en tant que sportif lui-même et fan des sports, a accueilli le champion avec beaucoup de gentillesse et des mots d’encouragement. C’est une histoire qu’il connaît pour avoir parrainé à l’époque et soutenu PGB, l’académie de basketball qui a formé le champion Jonathan. Nous avons une académie de basketball ici à Kinshasa, appelée Focus, qui réhabilite des terrains insalubres. Le Premier ministre nous a reçus et a écouté nos doléances et nos idées », a confié à la presse le mécène Olivier Endundo qui a accompagné Jonathan Kuminga auprès du chef du gouvernement.

Sur les traces des aînés, comme la légende Dikembe Mutombo et Bismack Biyombo, le jeune Jonathan Kuminga rentre dans l’histoire des sangs congolais à la NBA. Si les deux premiers n’ont pas joué pour les Léopards, il est en route pour Alexandrie où il va rejoindre les Léopards basketball afin de disputer la dernière fenêtre des éliminatoires de la prochaine Coupe du monde de la balle au panier. 

Avec Adiac-Congo par Martin Enyimo

Congo: Décès de Monsieur Henry ELENDE

juin 26, 2022

Athlète congolais, Henri ELENDE fut parmi les meilleurs sportifs congolais. Il était le Porte drapeau du Congo au jeux Olympiques de Tokyo 64. ll fut aussi ministre des sports (hauts commissaires aux sports) en 1972 ( CAN 72, CARA ) et enfin Directeur général des sports sous le président Pascal Lissouba.

Henri ELENDE

Avec Brazzanews

Une nageuse sauvée de justesse de la noyade aux mondiaux de la FINA

juin 23, 2022
La nageuse reçoit des soins à côté de la piscine.

Anita Alvarez se sent mieux après avoir été victime d’un malaise. Photo : Reuters/Lisa Leutner

Andrea Fuentes a empêché une tragédie en réagissant très rapidement lors des mondiaux de la Fédération internationale de natation (FINA).

L’entraîneuse a réalisé que quelque chose clochait lorsqu’elle a vu la nageuse artistique Anita Alvarez couler soudainement au fond de la piscine, pendant son programme libre, mercredi.

J’ai crié aux sauveteurs pour qu’ils aillent dans l’eau, mais ils n’ont pas entendu ce que j’ai dit ou ils n’ont pas compris, a déclaré Fuentes au journal espagnol Marca quelques heures après l’incident.

Elle effectue une figure dans l'eau.

Alvarez a participé aux Jeux olympiques à deux reprises. Photo : AFP via Getty Images/Atttila Kisbendek

Alvarez, 25 ans, a fait un malaise dans le bassin du complexe de natation Alfred-Hajos de Budapest, quelques instants après la fin de sa performance en finale du solo libre. Inconsciente, elle a coulé jusqu’au fond du bassin.

Face à l’inertie de l’assemblée et à l’immobilisme des sauveteurs qu’elle décrit comme sidérés, Fuentes, quadruple médaillée olympique espagnole, n’a pas hésité un instant. Entièrement habillée, elle a plongé dans le bassin.

Plus de peur que de mal

Alvarez, qui a immédiatement été prise en charge par les médecins, se sentait mieux jeudi.

J’ai eu peur, car je voyais qu’elle ne respirait pas. Mais maintenant, elle va bien, a rassuré Fuentes. Elle a seulement eu de l’eau dans les poumons. Lorsqu’elle a recommencé à respirer, tout allait bien.

« Nous oublions que ce genre d’incident se produit également dans d’autres sports. Le marathon, le cyclisme, la course à obstacles. Nous avons tous vu des images d’athlètes qui ne parviennent pas à se rendre au fil d’arrivée, mais qui sont aidés par leurs collègues. Notre sport est identique aux autres, sauf qu’il se déroule dans une piscine. Nous repoussons nos limites, et parfois nous les trouvons. »— Une citation de  Andrea Fuentes

Alvarez a terminé 7e.

Quant à savoir si elle nagera dans le programme libre par équipe vendredi… Ce sera à Anita et au personnel médical de trancher, a précisé la Fédération américaine de natation.

Qu’est-ce qui explique le délai de réaction des sauveteurs?

Pourquoi les sauveteurs ne sont-ils pas intervenus avant l’entraîneuse?

Les règles selon lesquelles les sauveteurs peuvent intervenir sont très strictes, a souligné dans un communiqué Bela Merkely, responsable du service médical des championnats.

Dans une telle situation, seuls les juges de la Fédération internationale peuvent décider d’interrompre la compétition en vue d’une intervention. Or, aucun signal n’a été effectué en ce sens, a poursuivi le médecin.

Une femme tente d'agripper une nageuse inconsciente sous l'eau.

Anita Alvarez et Andrea Fuentes Photo : AFP via Getty Images/Oli Scarff

Après que l’entraîneuse eut sauté dans la piscine à ses risques et périls, les sauveteurs locaux, sentant le danger, n’ont plus attendu le signal du juge, mais ont décidé d’intervenir immédiatement, de sorte que la concurrente américaine soit finalement sortie de la piscine avec leur aide, a ajouté Mme Merkely.

La fédération américaine s’est exprimée jeudi dans un communiqué et a évoqué une communauté sportive bouleversée par cet incident.

Si la nageuse s’en sort indemne, ce genre d’incident ne lui est pas étranger. Cela est arrivé une fois l’année dernière, lors du tournoi de qualification olympique [à Barcelone, NDLR]. Avant cela, elle avait eu des problèmes sporadiques d’évanouissement, mais jamais en compétition, a précisé l’organisation américaine.

Et pour Fuentes, c’est la fois de trop. On a eu une grande peur, même si ce n’est pas la première fois que ça arrive. C’est une sportive qui aime chercher ses limites. Mais cette fois, elle est allée trop loin. Je lui ai dit de ne plus le faire, a-t-elle conclu.

Radio-Canada avec les informations de Associated Press et Agence France-Presse

Cameroun : haro sur la tricherie sur l’âge des footballeurs

juin 22, 2022

La Fédération camerounaise de football convoque 44 footballeurs et les présidents de leurs clubs respectifs pour suspicion de tricherie sur l’âge.

Glez

Plus rien ne sera-t-il comme avant, à la Fecafoot, sous la présidence du tonitruant Samuel Eto’o ? Par un courrier signé de la Chambre d’instruction de la Commission d’éthique de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), 44 joueurs et leurs présidents de club viennent d’être informés de « l’ouverture d’une procédure d’instruction » contre eux pour « faux dans les titres », conformément à l’article 67 al. 1 et 2 du Code d’éthique. Datée du 17 juin dernier, la notification signée par Salatou Baba précise qu’il est question de tricherie présumée et de complicité présumée de tricherie, notamment sur l’âge des joueurs.

Les parties concernées sont invitées à comparaître en audience, dans la salle des conférences du siège de la Fecafoot, assistées ou non de leurs conseils, entre les 4 et 8 juillet prochain. Légèrement menaçant, le communiqué précise qu’en cas de non comparution, « la Chambre en tirera toutes les conséquences de droit »…

Contrôles renforcés

Si l’approximation des millésimes footeux n’est pas qu’un phénomène camerounais, les réseaux sociaux moqueurs se souviennent du milieu de terrain Joseph Minala qui semblait avoir bien plus que ses 18 ans officiels, lors de son transfert à la Lazio Rome, en 2014. À l’époque, une infox suggérait même qu’il avait… 41 ans. Cette polémique avait freiné la carrière du Camerounais. Quant à Youssoufa Moukoko, certains doutent qu’il fut réellement, au Borussia Dortmund, le plus jeune buteur de la Bundesliga allemande, à l’âge présumé de 16 ans…

Certes, dans certaines zones reculées du continent, des parents attendent parfois plusieurs mois, voire plusieurs années, avant de déclarer la naissance d’un enfant. Au point que la date de naissance du nouveau-né soit mal mémorisée et que le statut de celui-ci soit qualifié de « né vers ». Mais « rajeunir » administrativement certains joueurs est un sport dans le sport, histoire d’évoluer –en début de carrière– parmi des adversaires moins « mûrs » et de prolonger légèrement sa carrière – en fin de parcours.

Si la Fecafoot tape aujourd’hui du poing sur la table, elle sait, depuis longtemps, l’impact de la fraude en termes de réputation internationale. Et cela fait déjà quelques années que les contrôles ont été renforcés. En 2016, la fédération avait sanctionné 14 joueurs camerounais qui avaient menti sur leur âge pour participer à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) des moins de 17 ans…

Avec Jeune Afrique par Damien Glez, Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Samuel Eto’o condamné à 22 mois de prison pour fraude fiscale en Espagne

juin 21, 2022

Le président de la Fédération camerounaise de football a plaidé coupable de fraude fiscale et conclu un accord avec le parquet espagnol afin d’éviter d’effectuer une peine de prison.

Samuel Eto’o à son domicile parisien, le 25 mars 2021. © Vincent Fournier pour JA

Selon les termes de cet accord, Samuel Eto’o, qui évoluait au moment des faits au FC Barcelone, a été condamné à une amende et à 22 mois de prison. Toutefois, ainsi que le prévoit la loi espagnole, il ne sera pas incarcéré parce que cette peine est inférieure à deux ans et qu’il n’a pas d’antécédents judiciaires en Espagne.

Le montant de l’amende que devra payer le joueur n’a pas été communiqué par le tribunal. Mais selon la presse espagnole, il s’élève à environ 1,8 million d’euros.

3,9 millions d’euros

Samuel Eto’o et José Maria Mesalles, son ex-représentant qui a pour sa part été condamné à 12 mois de prison et à une amende, devront par ailleurs rembourser au fisc espagnol la somme fraudée, soit près de 3,9 millions d’euros. Contactée par l’AFP, l’administration fiscale n’a pas souhaité faire de commentaire.

Le parquet poursuivait l’ancienne star du ballon rond, devenu fin 2021 président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), pour quatre délits contre le fisc remontant aux années 2006-2009. Eto’o évoluait alors depuis 2004 au FC Barcelone, avec qui il a gagné trois Championnats d’Espagne, une Coupe du Roi, deux Supercoupes d’Espagne et deux Ligues des champions.

Montage frauduleux

Le parquet assurait que le joueur avait mis en place un montage de sociétés afin d’éviter de déclarer une partie de ses revenus. Selon lui, Eto’o avait cédé ses droits à l’image à une société basée en Hongrie qui déclarait ses gains dans ce pays, où le taux d’imposition est un des « plus bas d’Europe ». Une deuxième société, espagnole cette fois, les déclarait en Espagne, mais ces gains étaient imposés au titre de l’impôt sur les sociétés, inférieur à l’impôt sur le revenu qui aurait dû être payé. Le Camerounais « était le vrai titulaire des droits à l’image », affirmait le parquet, selon lequel cette cession était frauduleuse et uniquement destinée à payer moins d’impôts.

Eto’o est le dernier footballeur en date à être condamné en Espagne pour fraude fiscale. Avant lui, Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi ont notamment eu des démêlés avec le fisc et la justice.

Avec Jeune Afrique avec AFP

Cameroun : nouveau scandale autour des primes des Lions indomptables

juin 18, 2022

La fuite du montant des rémunérations versées aux joueurs, au staff technique et à l’encadrement de la sélection nationale pour la qualification à la Coupe du Monde 2022 n’en finit pas de provoquer la polémique.

L’équipe du Cameroun lors du troisième tour de qualification pour la Coupe du Monde 2022, à Douala, le 25 mars 2022. © DANIEL BELOUMOU OLOMO/AFP

Le football camerounais a toujours su se réinventer. La preuve : pendant des années, il faisait essentiellement parler de lui pour des affaires de primes non versées ou détournées, et de préférence avant – et même pendant, sens du spectacle oblige – une grande compétition, comme la Coupe du Monde ou la CAN.

Les journalistes chargés de suivre l’actualité des Lions indomptables se souviennent encore des innombrables crises de nerfs et prises de tête entre les joueurs, leur fédération et le gouvernement chargé de payer les primes, des menaces de grèves, des palabres qui s’éternisent jusqu’au bout de la nuit, et des porteurs de valises envoyés par Yaoundé afin d’apaiser les conflits.

Un total de 807 000 euros

Cette fois-ci, alors que tout avait été négocié dans les règles de l’art entre toutes les parties concernées, et que le montant des primes devait être gardé secret, celui-ci a –opportunément ? – fuité sur les réseaux sociaux. On y apprend ainsi que Rigobert Song, le sélectionneur, a empoché 31 175 euros, et ses quatre adjoints (Sébastien Migné, Augustine Simo, Souleymanou Hamidou, Raphaël Fèvre) 19 000 euros chacun. Soit autant que la prime accordée à chacun des 27 joueurs retenus pour la double confrontation avec l’Algérie (0-1, 2-1) en mars dernier et au médecin de l’équipe. Bill Tchato, l’ancien international, a pour sa part touché un peu moins : son compte en banque a été crédité de 17 580 €.

Raymond Kall, « team manager », a de son côté été gratifié de 14 900 €, un peu plus que l’analyste vidéo (12 185 €), le kinésithérapeute (10 150 €), les deux agents de sécurité, l’officier de presse et les deux intendants en charge du matériel (9 480 €). Enfin, tout en bas du document qui n’aurait jamais dû se retrouver sur les réseaux sociaux, une prime de présence, attribuée à deux personnes à ce jour non identifiées, et d’un montant total de 29 100 €. Au final, la qualification des Lions indomptables aura coûté 807 630 € au budget de l’État.

CEUX QUI SONT À L’ORIGINE DE CE DÉBALLAGE PUBLIC ONT RÉUSSI LEUR COUP

La divulgation de ce document a évidemment produit son petit effet. La Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a rapidement publié un communiqué pour déplorer la fuite d’un document dont le seul ministère des Sports devait être le destinataire. Certains Camerounais y voient la main du pouvoir politique, lequel aurait fort peu goûté la spectaculaire sortie de Samuel Eto’o, président de la Fecafoot, le 9 juin dernier après la victoire face au Burundi (1-0) à Dar es Salaam, lors des qualifications pour la CAN 2023.

« Son discours dans le vestiaire était prémédité, puisqu’il portait un micro-cravate. Et il n’y a pas une seule fois fait référence au rôle de l’État auprès des Lions. Je peux vous assurer que cela a déplu à une partie des responsables politiques, souffle un proche de la sélection. Ici, beaucoup de gens pensent que cette fuite a été organisée par le milieu politique. Ceux qui sont à l’origine de ce déballage public ont réussi leur coup : bien rappeler à tout le monde que c’est l’État qui paye, pas la fédération. » Ce scénario n’a rien de farfelu, tant Samuel Eto’o s’est attiré l’inimitié de certains hauts responsables politiques.

Deux bénéficiaires non identifiés

Journaliste à CRTV-Radio, Raphaël Nkoa se fait quant à lui l’écho d’une autre polémique soulevée par la divulgation de ces paiements : « Concernant cette prime de présence, deux bénéficiaires n’ont pas été identifiés. Cela fait parler, les gens cherchent à savoir de qui il s’agit. » Un autre débat porte sur l’utilité des primes perçues par les joueurs camerounais évoluant en Europe, dans le Golfe persique ou aux États-Unis, pour qui ces sommes ne représentent qu’une infime partie de leurs confortables salaires.

Cette question sensible devrait resurgir à l’approche de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, puisque la Fifa versera 8,6 millions d’euros à chacune des 32 fédérations concernées. Un montant qui augmentera en fonction du parcours des sélections. Lors de son intervention dans les vestiaires de Dar es Salaam, Eto’o a expliqué aux Lions qu’il ambitionnait de remporter la compétition. Le vainqueur du Mondial devrait empocher 40 millions d’euros, versés par la Fifa. Si le Cameroun parvient à se hisser sur le toit du football mondial, cela promet de joyeuses – et juteuses – négociations.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Stade de France : les sénateurs chargent le préfet sur de faux éléments

juin 17, 2022

Toutes les images de vidéosurveillance n’ont pas été détruites. La préfecture de police a conservé les siennes et elles pourraient « parler ».

Vue du Stade de France lors du match Liverpool-Real Madrid.
Vue du Stade de France lors du match Liverpool-Real Madrid.© THOMAS COEX / AFP

Le sénateur François-Noël Buffet, président de la commission d’information sur les incidents survenus au Stade de France, le 28 mai, a dénoncé, jeudi lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux du Stade de France, une « faute grave » : «  l’effacement des images de vidéosurveillance sur le parvis du Stade de France ». Or, la préfecture de police (PP) qui a installé ses caméras autour du Stade et sur la voie publique dispose toujours de ses images, filmées le soir de la finale de la Ligue des champions. C’est la Fédération française de football, comme ses représentants auditionnés au Sénat l’ont révélé, qui a écrasé les siennes : les caméras captaient les faits et gestes des supporteurs à l’intérieur de l’enceinte du stade, où il s’est finalement déroulé peu d’incidents.

L’effacement des images de l’intérieur du stade alimente depuis sa révélation toutes les théories du complot. Notamment sur les réseaux sociaux où un policier en disponibilité a raconté – à tort – que la PP était en train d’effacer les caméras-piétons que certains de ses collègues portaient ce soir-là. Une telle accusation trouve un auditoire. Ce jeudi, en faisant croire que la PP était responsable de la disparition des images, les sénateurs ont surfé sur cette vague.

Les images de la préfecture de police toujours disponibles

« Il y a deux sujets : la conservation et l’extraction d’images, d’une part ; les images utiles, d’autre part. Celles qui racontent ce qui s’est passé réellement sont celles de la préfecture de police. Cette dernière nous a confirmé qu’elles étaient parfaitement exploitables à ce jour. Celles du stade auraient pu permettre d’identifier les gars qui sont entrés par escalade dans le stade, mais ce n’est pas vraiment l’aspect le plus important de cette soirée », commente une source judiciaire. En outre, François-Noël Buffet ignorait qu’un magistrat du parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) était présent le soir du match. Le parquetier a d’ailleurs été saisi dès la première interpellation réalisée par les forces de police.

Lors de la même conférence de presse tenue aux côtés du sénateur Laurent Lafon, président de la commission culture, les parlementaires de la chambre haute ont affirmé que « de 400 à 500 actes de délinquance ont été rapportés par la préfecture de police, dès midi. Or, l’aspect de la gestion de la délinquance a été mis sous le tapis ». Une façon d’accuser à mot couvert la préfecture de police d’inaction, face à l’insécurité, ce soir-là. « D’où sort ce chiffre ? Il est totalement inexact, indique une source à la préfecture de police. Le nombre d’interpellations est très largement inférieur à ces chiffres : près d’une centaine au total, dont un peu plus de 70 en Seine-Saint-Denis. Quant aux plaintes, nous ne les connaissons pas en temps réel. »

La FFF aux petits soins pour ses VIP

« Près de 300 à 400 jeunes locaux – des non-supporteurs – étaient bien présents, tempère un fonctionnaire de la préfecture de Seine-Saint-Denis. Ils sont d’abord restés positionnés en dehors de la zone du stade. À ce moment précis, et à cet endroit situé au nord du Stade de France, il n’y a pas d’impression de chaos si l’on en croit les images de la PP. Ensuite, ces jeunes se sont rendus sur le parvis lorsque le premier barrage de la PP a été levé [vers 19 h 30, NDLR] et se sont avancés au fur et à mesure que les forces de l’ordre se repliaient dans l’enceinte du stade. » On est loin des 400 à 500 actes de délinquance signalés à midi.

Les sénateurs ont également chargé Didier Lallement, le préfet de police, à la suite d’une décision qu’il aurait prise en contradiction avec celle de la FFF, qui tentait de faciliter la signalisation du trajet à la sortie du RER D, vers le stade. La signalétique avait, semble-t-il, été imaginée sans tenir compte de la grève de la RATP ce jour-là. Alors que la FFF tentait d’y remédier, le PP s’y serait opposé. Selon nos informations, c’est le 23 mai, lors d’une réunion à la préfecture de Seine-Saint-Denis, que la FFF a demandé de pouvoir dévier les flux de piétons aux sorties des RER. Pour une raison en réalité sans lien avec la sécurité : la FFF souhaitait être aux petits soins pour ses VIP. En déviant le flux de piétons, elle pouvait faire accéder les bus de ses invités privilégiés au plus près des marches du parvis, le long de l’avenue du Président-Wilson. « Le football, c’est d’abord un business, pas un service public », commente un haut fonctionnaire.

Le représentant de la DOPC (l’unité chargée du maintien de l’ordre pour la PP) a refusé la déviation. Une information confirmée au Point par une majorité de participants à cette réunion. D’autant que 48 heures avant le match, jour de déclaration du préavis de grève de la RATP, la régie assurait que 4 trains sur 5 circuleraient sur la ligne B du RER. Détourner les flux de supporteurs n’avait plus grand intérêt.

Haro sur Didier Lallement

Néanmoins, le jour du match, des usagers du RER B ont été déviés sur le RER D à l’initiative de la RATP. Les forces de l’ordre n’ont pas été prévenues : « En fait, cela n’aurait rien changé, affirme une source policière. Ce qui a rendu problématique cette déviation, c’est surtout l’afflux massif d’Anglais sans billet ou avec des billets non valides – au regard des scans de la FFF, pas forcément parce qu’ils ont triché ; cet afflux a paralysé le dispositif de contrôle de la FFF. Cela a conduit un peu avant 20 heures à avoir un trop grand nombre d’Anglais sur le barrage, qui a fini par être levé », indique la même source.

Cette mise en cause directe du préfet de police par les sénateurs est inspirée par le rapport de Michel Cadot, patron de la Dijop (la Délégation interministérielle aux Jeux olympiques et paralympiques) remis à Élisabeth Borne, la Première ministre. C’est son rédacteur, le commissaire Christophe Delaye, qui a orienté les sénateurs vers la responsabilité du préfet de police. Le commissaire Delaye est un ancien collaborateur du préfet Lallement. Il était en fonction à son cabinet. Le PP a fini par le remercier pour des raisons « personnelles », ce que le commissaire n’aurait pas digéré. Recasé auprès de la préfète de la zone de défense, Marie-Emmanuelle Assidon, il a dû la quitter quelques mois après pour rejoindre Michel Cadot à la Dijop. Contacté, le commissaire Delaye n’a pas répondu à nos sollicitations.

Si les sénateurs ont pointé du doigt les responsabilités du préfet de police, bien réelles – l’intéressé lui-même lors de son audition au Palais du Luxembourg a largement pris sa part –, personne ne semble encore avoir désigné le ou les vrais coupables de ce fiasco, même si aucun mort ni aucun blessé grave n’a été déploré.

Avec Le Point par Aziz Zemouri

Cameroun : Samuel Eto’o, tacleur taclé par Mohammadou Idrissou

juin 14, 2022

Des voix s’élèvent contre le récent sermon du président de la Fédération camerounaise de football à l’équipe nationale, pourtant victorieuse face au Burundi. Un ancien coéquipier de Samuel Eto’o est même entré dans la danse.

© Damien Glez

À qui revient l’animation de la causerie de vestiaire ? Le débat agite la planète foot camerounaise depuis quelques jours, entre mélodrame existentiel et tempête dans un verre d’Eto’o.

Le jeudi 9 juin, l’équipe nationale de football du Cameroun s’impose – certes difficilement – face au Burundi, lors de la première journée de qualifications pour la CAN 2023. S’ils ont bien décroché la victoire, grâce à un but sur coup franc inscrit par Karl Toko-Ekambi, les Lions indomptés s’apprêtent à prendre une douche écossaise.

Dans des vestiaires couverts – comme il se doit au siècle 2.0 – par une captation vidéo, les footballeurs sont rejoints par un président de la fédération guère satisfait du niveau d’investissement de certains joueurs. Et Samuel Eto’o n’est pas du genre à mâcher ses mots : « Je ne suis pas du tout content. […] Personne n’a sa place assurée dans cette équipe. Si vous voulez porter le maillot, vous faites le job. Sinon, ne venez pas et je serai content. Je jouerai avec des enfants. […] Vous vous dites que je suis un salaud, mais j’ai été le meilleur étant assis là… » Et l’ancien attaquant de culpabiliser les footeux en faisant vibrer une fibre patriotique qui rimerait – chez lui plus que chez d’autres ? – avec sacrifice de sa vie…

Remontrance emphatique

Chacun sait l’emphase propre au phrasé de Samuel Eto’o. Les jours qui suivent la remontrance, c’est pourtant moins l’exagération présumée du tacle qui fait grincer des dents que la légitimité de la semonce. Ce qu’il est convenu d’appeler la « causerie de vestiaire » ne doit-il pas être l’apanage de celui qui, dans la scène filmée, reste aphasique : l’entraîneur Rigobert Song ?

Une situation qui a fait sortir du bois un ancien attaquant international ayant fréquenté les mêmes vestiaires qu’Eto’o. Via les médias camerounais, c’est un Mohammadou Idrissou « énervé » qui insiste : « Après un match, la seule personne qui devrait parler aux joueurs, c’est l’entraîneur. » Non sans préciser néanmoins être « content que Samuel soit président de la Fecafoot » – même si « le Cameroun, ce n’est pas seulement Samuel Eto’o », qui devrait « arrêter de dire “moi, moi, moi” ». Et non sans se désolidariser de la forme et du fond du prêche présidentiel : « Il y a une manière de parler à des gens qui viennent de terminer un match. […] Qu’est-ce qu’on veut : la victoire ou la manière de jouer ? »

Même si Eto’o a reçu, dans cette affaire, le soutien de personnalités comme l’ancien sélectionneur du Cameroun Jean-Paul Akono, Mohammadou Idrissou n’est pas le seul à emboucher la trompette de la critique. Plusieurs journaux africains et internationaux ont employé l’adjectif « hallucinant » pour qualifier l’exhortation du président de la fédération.

Avec Jeune Afrique

Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.