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France: la deuxième étoile sous une pluie de buts !

juillet 15, 2018

L’équipe de France sacrée championne du monde après sa victoire sur la Croatie en finale, le 15 juillet 2018 à Moscou / © AFP / GABRIEL BOUYS

Champagne ! Le jour de gloire est arrivé pour les Bleus qui ont gagné la deuxième Coupe du monde de leur histoire, 20 ans après celle de 1998, en dominant la Croatie 4-2 au bout d’une incroyable finale du Mondial-2018, dimanche à Moscou.

Et c’est sous une pluie battante, à 19h32 exactement, que le capitaine Hugo Lloris a soulevé le trophée tant convoité, remis par le président de la Fifa Gianni Infantino sur le podium où se trouvaient trois chefs d’Etat, le Français Emmanuel Macron, le Russe Vladimir Poutine et la Croate Kolinda Grabar-Kitarovic.

A Paris, les Champs-Elysées ont été envahis avant même le coup de sifflet final par une foule en liesse, comme partout en France. Et la fête s’annonce immense lundi sur « la plus belle avenue du monde » que les joueurs descendront en bus vers 17h00, avant d’être reçus à l’Elysée.

Ils auront encore en tête cette folle finale… Enterrés, les scores étriqués, comme dans la dernière édition (Allemagne-Argentine, 1-0 a.p.): il n’y avait jamais eu autant de buts dans une finale de Mondial depuis… 1966 (Angleterre-RFA, 4-2 a.p.)!

Des supporters à l’Arc de triomphe après la victoire des Bleus, le 15 juillet 2018 à Paris / © AFP / LUDOVIC MARIN

Eh oui, dans la capitale russe, l’étoile était bleue, décrochée par Antoine Griezmann, impliqué sur trois buts français. « Je vais être dans l’histoire du foot français, même si on ne réalise pas maintenant, nos enfants vont être très fiers de porter notre nom », a-t-il dit tout en mettant en exergue le collectif.

Etoile saisie par « Grizou », mais aussi Paul Pogba et Kylian Mbappé, qui ont tué le match à l’heure de jeu.

Et voilà, quand la France tutoie les sommets, il se passe toujours quelque chose d’exceptionnel: c’étaient les deux coups de tête de Zinédine Zidane en 1998 face au Brésil de Ronaldo (3-0), puis son « coup de boule » en 2006 (défaite contre l’Italie aux tirs au but).

L’entraîneur des Bleus Didier Deschamps porté en triomphe par ses joueurs après leur titre de champion du monde devant la Croatie, le 15 juillet 2018 à Moscou / © AFP / Alexander NEMENOV

Dimanche, il y eut pour la première fois dans une finale de Mondial un but contre son camp, lorsque Mario Mandzukic déviait dans ses cages le coup franc de Griezmann (18e), mais aussi un recours à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) entraînant un penalty, transformé par le même « Grizou » (38e). Là encore une première.

– « DD » comme Zagallo et Beckenbauer –

Incroyable finale, décidément, quand N’Golo Kanté, jusqu’alors un des meilleurs joueurs du tournoi, passait totalement au travers de son match, au point d’être remplacé par Steven N’Zonzi dès la 55e minute; puis quand Hugo Lloris commettait une énorme boulette en ratant son crochet sur Mandzukic, qui n’en demandait pas tant (69e). Même si le gardien, finalement peu sollicité, a fait aussi une belle claquette, sur une frappe puissante de Ante Rebic (48e).

La France championne du monde / © AFP / Thomas SAINT-CRICQ

« Une compétition est réussie quand elle est gagnée », avait assené le président Macron en visite à Clairefontaine fin mai pendant la préparation, exhortant la sélection à décrocher la « deuxième étoile » devant un Deschamps un brin gêné, lui qui ne promet jamais la lune.

Il la décroche plutôt qu’il n’en parle, « Dédé la Gagne », en entraîneur matois obsédé par le résultat. Et le capitaine de l’âge d’or de l’équipe française (doublé Mondial-1998/Euro-2000) a rejoint le Brésilien Mario Zagallo et l’Allemand Franz Beckenbauer, vainqueurs de Coupe du monde comme joueurs puis sélectionneurs.

Au coup de sifflet final, il a salué les supporters, les deux bras levés, les poings fermés. Avant d’être porté en triomphe par ses joueurs.

La France championne du monde: les Champs-Elysées en liesse! (2) / © AFP / Myriam Adam

« Est-ce que la France est un beau champion? On est champion du monde, la France sera sur le toit du monde pendant quatre ans, c’est ça qu’on va retenir avant tout », a-t-il dit. « Ma plus grosse fierté, avec ce groupe, c’est qu’ils ont réussi à avoir l’état d’esprit pour une telle compétition ».

Ses joueurs ont retardé sa conférence de presse en l’aspergeant joyeusement ou en scandant son nom. « C’est une bande de fadas ceux-là », a ensuite réagi Deschamps tout sourire, trempé et le cheveu en bataille. « Je suis dans le brouillard, mais on nage dans le bonheur ».

Les Bleus avaient raté le toit de l’Europe en 2016 (défaite 1-0 a.p. contre le Portugal), et cette rancoeur s’est muée en rage. Ils avaient cédé à l’euphorie en battant l’Allemagne championne du monde en demi-finale de cet Euro à domicile ? Pas cette fois, ont assuré les cadres après la victoire contre la brillante Belgique en demie (1-0). Ils étaient favoris ? Ils l’ont assumé, au détriment des Croates de Luka Modric, élu Ballon d’Or du tournoi, qui connaissaient là leur première finale.

Kylian Mbappé plus jeune champion du monde français, ici après la victoire des Bleus sur la Croatie à Moscou, le 15 juillet 2018 / © AFP / Odd ANDERSEN

Mandzukic et Ivan Perisic, buteurs pour renverser l’Angleterre en demie (2-1 a.p.), ont été cette fois leurs héros paradoxaux, en marquant encore, mais le premier contre son camp puis grâce à Lloris, le second pour l’égalisation, avant d’offrir un penalty d’une main malheureuse.

– Mbappé après Pelé –

Les Croates avaient eu un jour de récupération en moins et disputé trois prolongations dans les tours précédents, c’est-à-dire l’équivalent d’un match en plus. Et cela s’est vu, dans la chaleur de cet après-midi moscovite, malgré un contrôle du jeu en première période. Mais l’équipe à la Deschamps aime subir, pour mieux piquer.

Mondial: les visages des Bleus projetés sur l’Arc-de-Triomphe / © AFP / Myriam Adam

Et cette bascule s’est opérée autour de l’heure de jeu, quand Pogba d’une frappe du gauche (59e) et Mbappé du droit (65e), tous deux depuis l’extérieur de la surface, faisaient chanter le Coq un peu plus fort encore.

Le Parisien de 19 ans, élu meilleur jeune du tournoi, devenait le deuxième plus jeune buteur en finale de la Coupe du monde, derrière… Pelé, bien sûr (17 ans en 1958). Et les comparaisons avec le légendaire Brésilien de refleurir, nées de sa performance en 8e de finale contre l’Argentine (4-3) qui avait secoué la planète foot. « Si Kylian continue d’égaler mes records comme ça, je vais devoir rechausser mes crampons… », a d’ailleurs plaisanté le légendaire Brésilien triple champion du monde sur Twitter.

Et Mbappé a prévenu: « Ce n’est que le début. Ce n’est pas la fin, j’ai l’intention d’aller plus loin, aller jusqu’où mon potentiel me le permet et où les limites le permettent ».

Deuxième étoile pour l’éternité dans le ciel des Bleus, et des images qui resteront au long de leur parcours, un premier tour laborieux, ce match d’anthologie contre les Argentins de Lionel Messi, puis maîtrise et solidarité contre l’Uruguay (2-0) et la Belgique (1-0).

Solidarité défensive, et fraternité, voilà le credo de cette équipe-là, dont le cri de ralliement fut « Vive la France et vive la République ! ». L’esquisse d’un nouvel optimisme national, comme en 1998? Les Bleus seront en tout cas reçus lundi en héros par le peuple de Paris, après une nuit mémorable. Pour ainsi dire à la belle étoile.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juillet 2018 00h49)

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Mondial-2018: à Paris, des casseurs pillent une galerie marchande des Champs-Élysées

juillet 15, 2018

Paris – Une trentaine de jeunes ont cassé et pillé dimanche soir le Drugstore Publicis, un complexe commercial en haut des Champs-Élysées, à Paris, où des centaines de milliers de personnes fêtaient la victoire française à la Coupe du monde de football, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ces jeunes, pour quelques-uns encagoulés, ont fait irruption dans le magasin de la célèbre avenue parisienne par une entrée située non sur les Champs-Élysées, mais avenue Marceau.

Ils en ressortaient rieurs, des bouteilles de vin ou de champagne sous le bras et se filmant avec des téléphones portables, tandis que les forces de l’ordre ripostaient à des jets de projectiles avec des gaz lacrymogène, selon le journaliste de l’AFP.

Au bout de 15 à 20 minutes, ils ont été dispersés du côté de l’avenue Marceau par de fortes doses de gaz lacrymogène tirées par les forces de l’ordre, qui se sont ensuite employées à protéger l’entrée du magasin. Peu après, une vingtaine de jeunes sont rentrés dans le café du Drugstore côté Champs-Elysées cette fois, suscitant une nouvelle salve de gaz lacrymogène.

A proximité, un supporteur des Bleus vêtu du maillot tricolore répétait « C’est pas ça la fête, c’est pas ça la fête », en pleurs.

Quelque 4.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés à Paris pour la finale et un large périmètre d’interdiction de la circulation des véhicules est en place jusqu’à 4H00 (02H00 GMT) lundi dans l’ouest et le centre de la capitale.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 21h24)                                                        

La France est championne du monde après sa victoire contre la Croatie (4-2)

juillet 15, 2018

Grâce à des buts de Griezmann, Pogba, Mbappé, et Mandzukic contre son camp, les Français deviennent champions du monde pour la deuxième fois de leur histoire.

 

L’équipe de France est devenue championne du monde après avoir battu la Croatie en finale (4-2), dimanche 15 juillet à Moscou. La deuxième étoile sur le maillot bleu a été gagnée à l’issue d’un match étrange, que les Bleus n’ont presque jamais maîtrisé dans le jeu mais qu’ils ont renversé grâce à des actions individuelles, des erreurs de l’adversaire et l’aide de la VAR.

L’avalanche de buts français est venue, comme un symbole, des trois plus importants joueurs offensifs de Bleus lors de ce Mondial : Antoine Griezmann (un penalty à la 38e, un coup-franc détourné par Mandzukic dans son propre but à la 18e), Paul Pogba (une frappe pure à la 59e) et Kylian Mbappé (une frappe encore plus pure de l’extérieur de la surface à la 67e).

Le trio offensif, comme l’ensemble du milieu français, est passé par des séquences de vide pendant la première mi-temps et le début de la seconde, incapables de prendre le jeu à son compte et laissant l’animation aux Croates. Mais à chaque fois que ces derniers pensaient être revenus (l’égalisation de Perisic à la 28e, l’incroyable erreur de Lloris à la 69e), les Français reprenaient le dessus.

Lemonde.fr par Luc Vinogradoff

Mondial-2018: Vladimir Poutine a réussi son opération séduction

juillet 15, 2018

Des supporters français, le 14 juillet 2018 à Moscou avant la finale entre la France et la Croatie / © AFP / Alexander NEMENOV

Dimanche soir, la France ou la Croatie remportera la Coupe du monde et Vladimir Poutine son pari: montrer une belle image de la Russie, accueillante et souriante, à l’heure des conflits diplomatiques à répétition avec les Occidentaux. Mais rien ne dit que ça durera.

– Organisation à la hauteur –

C’est un fait incontestable: l’organisation de la Coupe du monde a été une réussite. Stades magnifiques et fonctionnels, ambiance chaleureuse, aucun incident majeur, les centaines de milliers de visiteurs (630.000 Fans ID, ces passeports du supporter qui accompagnent les billets pour les matchs et dispensent de visa, avaient été délivrées à des étrangers à l’issue du 1er tour) sont repartis avec de bons souvenirs.

Les médias du monde entier ont relayé l’atmosphère de fête qui s’est emparée de la Russie, ce que n’ont pas manqué de noter les relais du Kremlin. « Nous avons touché le cœur insensible de la presse ‘mainstream’ occidentale et ils ont vu qui nous sommes vraiment », a affirmé jeudi Margarita Simonian, la rédactrice en chef de la chaîne russe RT.

Des supportrices font un selfie devant la mascotte et l’affiche de la Coupe du monde de football, le 13 juillet 2018 à Moscou / © AFP / Odd ANDERSEN

« Nous sommes tous tombés amoureux de la Russie (…) Nous avons découvert un pays que nous ne connaissions pas », avait déjà déclaré la semaine dernière le président de la Fifa, Gianni Infantino, lors d’une visite au Kremlin.

« Toutes les peurs que certains tentaient d’attiser avec cette Coupe du monde (…) ne se sont pas réalisées, cela a été l’exact opposé », avait alors poursuivi avec emphase le patron du foot mondial.

Cette « nouvelle image » de la Russie était évidemment un objectif majeur de Vladimir Poutine. Tout sourire avec M. Infantino, il a pu saluer le fait « qu’énormément de stéréotypes sur la Russie ont volé en éclats » grâce au Mondial-2018.

Des journalistes dans la tribune de presse, avant le match entre la Croatie et l’Angleterre, le 11 juillet 2018 à Moscou / © AFP/Archives / Mladen ANTONOV

– Pas de scandales –

Parmi les « peurs » évoquées par Gianni Infantino, le racisme et le hooliganisme étaient en première ligne. Tout le monde avait en mémoire les images des hooligans russes s’en prenant à des fans anglais pendant l’Euro-2016, mais ceux-ci ont brillé par leur absence et la Coupe du monde s’achève sans incident.

Pas vraiment une surprise, tant les autorités russes avaient pris le problème à bras le corps. Mais des droits de l’Homme à la situation des homosexuels, ces problématiques qui auraient pu ternir le Mondial russe ne l’ont touché qu’à la marge.

un supporter russe sur la place rouge, le 14 juillet 2018 à Moscou à la veille de la finale de la coupe du monde de football entre la France et la Croatie, / © AFP / Jewel SAMAD

La brève arrestation du militant gay britannique Peter Tatchell, qui avait prévu de manifester sur la place Rouge pour dénoncer « la torture d’homosexuels en Tchétchénie », a fait peu de vagues, d’autant que les policiers l’ayant interpellé ont fait preuve d’une délicatesse et d’un tact inhabituels.

Mais l’exemple le plus frappant est celui du réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné pour « terrorisme » à l’issue d’un procès « stalinien » selon Amnesty International et en grève de la faim depuis deux mois pour réclamer la libération des « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.

Malgré des appels à sa libération, son cas a finalement reçu peu d’échos et très peu nombreux étaient les supporters de football présents en Russie à savoir qui il était.

Des supporters et des touristes sur la place Rouge, le 14 juillet 2018 à Moscou / © AFP / Mladen ANTONOV

– L’après-Mondial –

« La liberté est finie. Bienvenue dans la vraie Russie »: ce tweet, accompagné de la photo d’une fan zone vide symbolisant la fin de la Coupe du monde, est devenu viral sur l’internet russe. Car les voix critiques du Kremlin sont nombreuses à se demander pourquoi la Russie ne montre pas toujours un aussi beau visage.

« Est-ce qu’on aura toujours des policiers souriants après la Coupe du monde ? », s’interroge ainsi le militant anti-raciste Robert Oustian. Et les bienfaits du Mondial-2018 risquent d’être vite oubliés.

Dès lundi, Vladimir Poutine, qui s’est peu montré pendant le Mondial et a délégué son premier ministre Dmitri Medvedev dans les tribunes lors des matchs de la Russie, sera à Helsinki pour une rencontre avec le président américain Donald Trump, avec qui les sujets de tension sont nombreux.

Le président russe devra aussi gérer une très impopulaire réforme des retraites, annoncée opportunément le premier jour de la Coupe du monde mais qui a fait chuter de près de 15 points sa cote de popularité (à 64%).

En février 2014, après les jeux Olympiques d’hiver de Sotchi dont l’organisation avait été unanimement saluée, Vladimir Poutine s’était félicité que le monde ait découvert une Russie « ouverte et modernisée ». Trois semaines plus tard, la Russie annexait la péninsule ukrainienne de Crimée, ouvrant la voie aux premières sanctions économiques et au début de la crise avec les pays occidentaux.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 11h24)

Après le Mondial-2018:, les stades russes à la recherche d’un avenir viable

juillet 15, 2018

Le stade Loujniki, lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de football, le 14 juin 2018 à Moscou / © AFP/Archives / Mladen ANTONOV

Un stade de la Coupe du Monde reconverti en marché aux puces ? Vladimir Poutine l’a dit clairement: c’est un non « catégorique ». Et pour les gouverneurs des régions ayant accueilli le tournoi, les ennuis commencent.

Une semaine avant le début du Mondial-2018, le président russe a appelé les autorités locales à utiliser « avec intelligence » les stades flambant neufs construits à grands frais pour la Coupe du Monde.

« Je veux prévenir mes collègues tout de suite: il ne faut en aucun cas permettre que ces endroits deviennent des sortes de marchés à ciel ouvert, comme on l’avait vu dans les enceintes sportives de Moscou au milieu des années 1990 », a-t-il déclaré lors de sa session annuelle de questions-réponses télévisée.

De l’autre côté de l’écran, les gouverneurs des onze villes du Mondial-2018 se sont figés, notamment celui de Saransk, Vladimir Volkov, qui avait proposé de transformer le stade de sa ville en marché.

Pour les supporters ayant acheté à prix d’or leur place pour la finale France-Croatie au stade moscovite de Loujniki dimanche, difficile de s’imaginer que l’enceinte sportive aux 80.000 places pourrait devenir un marché aux puces.

Construit en 1956, ce stade, le plus célèbre du pays, a été rénové en 2017, pour un coût estimé à 24 milliards de roubles (332 millions d’euros au taux actuel). Il a accueilli sept matchs du Mondial-2018, dont celui d’ouverture et la finale.

Le stade Mordovia Arena avant le match de Coupe du monde entre l’Iran et le Portugal, le 25 juin 2018 à Saransk / © AFP/Archives / Mladen ANTONOV

Mais le Loujniki a connu des jours plus sombres, notamment dans les années 1990, lorsque le pays était plongé dans une profonde crise économique.

La seule solution pour renflouer les caisses de ce stade au bord de la faillite était souvent de louer des parcelles à des vendeurs à la sauvette, qui déployaient leurs stands sur le terrain.

Jusqu’en 2011, date à laquelle les autorités ont mis fin à ce marché, le stade Loujniki était pour de nombreux Russes l’amer symbole du marasme économique du pays après la chute de l’URSS.

– Pas de supporters –

Pour Vladimir Poutine, trouver un avenir aux stades représente un enjeu important: si les stades sont laissés à l’abandon, les Russes risquent de s’interroger sur le bien-fondé de la décision de consacrer 3,4 milliards d’euros pour construire ou rénover les stades du Mondial-2018.

Stade Loujniki / © AFP / Laurence SAUBADU

Mais s’ils deviennent un poumon économique pour chacune des villes, le président russe pourra bénéficier d’une popularité renforcée.

Si le Loujniki, à Moscou, peut espérer ne plus revivre cette époque, les onze autres stades sont situés loin des centres névralgiques du pays, comme la Mordovia Arena à Saransk, dont la région est surtout connue pour ses colonies pénitentiaires.

Seuls six des stades construits ont des équipes de football qui jouent dans la Première Ligue russe. Or cette catégorie attire seulement 13.000 spectateurs de moyenne par match; les stades les plus petits construits pour le Mondial ont une capacité de 44.000 sièges.

Les autres stades ont des équipes jouant dans des divisions inférieures, où le nombre moyen de spectateurs par match est de… 2.029.

Pour tenter de susciter plus d’intérêt de la part des supporters, le FC Mordovia Saransk est passé de la troisième à la deuxième division. Et le stade de Sotchi (sud) qui n’avait pas d’équipe assignée, s’en est vu assigner une en juin.

Stade de Saint-Pétersbourg / © AFP / Laurence SAUBADU

– Reconversion –

Les frais de fonctionnement des stades est estimé à 86 millions d’euros par an, ont affirmé les autorités régionales au quotidien russe Kommersant.

Le gouvernement russe contribuera à hauteur d’au moins 172 millions d’euros, mais cette somme devra être partagée (entre fonctionnement et formation des jeunes joueurs) et sera versée par tranches successives sur cinq ans.

« Quand on a conçu le stade, on prévoyait d’inclure plein d’options pour le rendre viable économiquement », explique le ministre des Sports pour la région de Samara, Dmitri Chliakhtine. « Mais maintenant, nous ne comprenons pas vraiment comment cela peut-être réalisé ».

L’entreprise américaine AECOM reste mitigée: si le stade Spartak, à Moscou, peut devenir rentable, l’avenir de celui de Saransk avec ses 45.000 places, est moins prévisible.

Stade de Nijni-Novgorod / © AFP / Laurence SAUBADU

« Il est très difficile de penser à la façon dont les capacités de ce stade peuvent être viables économiquement sans un changement fondamental de la démographie des supporters », explique AECOM dans une note.

Pour faire face à ces défis, les stades envisagent des solutions tous azimuts: celui de Nijni Novgorod pourrait ainsi devenir en partie une clinique médicale.

Le gouverneur de Kaliningrad souhaite créer une zone de libre-échange autour du stade, tandis qu’à Ekatérinbourg, les tribunes temporaires seront démontées, baissant la capacité d’accueil du stade à 12.000 places, afin de le rendre moins cher à entretenir.

La Russie espère par ces initiatives éviter de suivre l’exemple des stades laissés à l’abandon au Brésil après le Mondial-2014.

Car, au-delà du football, c’est l’économie du pays et les « circonstances géopolitiques » qui décideront de l’avenir des douze stades, affirme AECOM.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 12h31)

Mondial: la Croatie attend ses champions

juillet 15, 2018

Une supportrice achète un maillot de football aux couleurs de la Croatie à la veille de la finale du Mondial-2018 contre la France, le 14 juillet 2018 à Zagreb / © AFP / ATTILA KISBENEDEK

La Croatie baigne dans une atmosphère d’allégresse rouge et blanche avant la finale historique du Mondial-2018 que doit disputer sa sélection contre la France dimanche à Moscou (17H00 heure française).

« Nous allons manger les Français: -3.0% », annonce une boulangerie sur cette affiche qui promet une réduction et montre un homme rompant une baguette et coiffé d’un chapeau à damier rouge et blanc. « Nous allons leur faire goûter le vin croate », assure une autre affiche publicitaire.

A l’aube, des dizaines de jeunes venus d’Osijek, dans l’est de la Croatie, tentent de trouver un peu de sommeil sur des bancs du centre de Zagreb, avant de s’abriter des trombes d’eau sous les parasols des cafés.

Ils veulent suivre le match sur la place centrale de la capitale, théâtre d’impressionnantes scènes de liesse après la victoire en demi-finale contre les Anglais.

La pluie tombe à verse depuis dimanche matin à Zagreb, où plusieurs dizaines de milliers de personnes devraient regarder le match dans la rue. Mais elle devrait se calmer un peu après le coup d’envoi, selon les prévisions.

« On n’a pas dormi mais ça vaut le coup: ce soir, ça va être la fête ici », dit une des jeunes filles aux cheveux teints en rose, qui ne veut pas s’identifier.

Educateur émigré en Suisse, Boze, est venu spécialement pour regarder le match sur la place Jelacic: « Ni une ni deux, avec une dizaine d’amis, on a décidé de partir, de prendre la voiture ».

« Pour vous dire la vérité, on a énormément de mal à réaliser ce qui arrive, ce moment est historique pour la Croatie », poursuit le trentenaire, vêtu de son maillot et d’une cravate à damier.

Dans une vidéo tournée dans l’avion l’emmenant à Moscou, la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic, qui a assisté à presque tous les matches de la sélection croate, remercie la Russie pour son organisation de la Coupe du monde.

« Au nom de tous les supporteurs croates, je remercie la Russie pour son accueil chaleureux. Vous avez été des hôtes fabuleux (…) Merci la Russie! Nous arrivons », lance en russe la présidente croate avant de scander « Croatie, Croatie » avec d’autres supporteurs.

– ‘Nous sommes champions

Boutique de souvenir aux couleurs de l’équipe nationale de football dans une rue de Zagreb, le 13 juillet 2018 / © AFP / –

Les rues des villes sont pleines d’écran et la presse pleine de points d’exclamation. « Montrez les dents aux Français! », demande le quotidien sportif Sportski Novosti.

« Fils de Croatie, nous vous attendons! Revenez à la maison que l’on fasse la fête ensemble! », réclame Jutarnji List, l’un des deux plus grands quotidiens du pays, sur une photo des deux buteurs des « Vatreni » (« Flamboyants ») en demi-finale, Mario Mandzukic et Ivan Perisic.

« Quoi qu’il advienne, nous sommes champions », titre en une le quotidien Slobodna Dalmacija qui consacre un numéro spécial aux « héros ». Vecernji List célèbre la « magie croate ».

Parés de rouge et blanc, comme les voitures et les terrasses de café, tous les magasins doivent fermer en début d’après-midi. Le Premier ministre Andrej Plenkovic a demandé aux employeurs de laisser leurs salariés rentrer plus tôt chez eux lundi pour accueillir les héros. En cas de sacre, le gouvernement envisage de déclarer lundi férié.

– Jésus devra attendre –

Dans ce pays où près de 90% de la population se dit catholique, même Jésus devra attendre: à Slavonski Brod, la ville du buteur Mario Mandzukic dans l’est du pays, un prêtre a décidé de repousser de deux heures la messe du soir pour laisser ses ouailles regarder sereinement la rencontre.

« On a une revanche à prendre sur les Français depuis 1998 », dit Filip Gudejlj, propriétaire d’une société de construction.

Nulle revanche pour l’ex-défenseur Igor Stimac, demi-finaliste en 1998: « Dans mon esprit, il n’y a que de la joie, de la fierté, du bonheur. C’est quelque chose de magnifique. Presqu’incroyable », a-t-il confié au site internet Tportal.hr. Comme les autres membres de la sélection de l’époque, il a été invité par la Fédération à Moscou.

« Le présent appartient à Luka Modric et l’avenir ira de toute façon à Kylian Mbappé », estime Jutarnji List qui espère « un de ces jours particuliers dont on se souvient toute sa vie ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 13h22)

Croatie: Ivan Rakitic, de Bâle à Moscou

juillet 14, 2018

Le milieu de terrain croate Ivan Rakitic en conférence de presse le 13 juillet 2018 à Moscou / © AFP / Adrian DENNIS

Entre la Suisse où il est né et la Croatie, patrie de ses parents, Ivan Rakitic, international suisse incontesté chez les jeunes, a fait un choix aujourd’hui payant, qui offre dimanche à ce milieu élégant et discret une finale de Coupe du monde face à la France.

Le football suisse est riche de ces parcours de joueurs binationaux, partagés entre leurs pays d’adoption et leur nation de coeur. Parfois, même au sein d’une même famille, deux frères portent deux maillots différents, tels les Xhaka, d’origine albanaise, où Granit fait le bonheur de la Suisse et Taulant a choisi l’Albanie.

Rakitic, lui, est né à Rheinfelden, dans le canton d’Argovie, non loin de Bâle. Il grandit à Möhlin, petite ville de 11.000 habitants, où son père, fuyant la guerre en Yougoslavie, avait créé en 1993 le club du NK Pajde Möhlin, où Ivan débute.

Puis il s’engage au FC Bâle, avant de rejoindre très tôt, à 19 ans, le club allemand de Schalke 04, tout en fréquentant assidûment toutes les sélections suisses en catégorie jeunes.

« Le potentiel était là, il n’y a eu aucune discussion au niveau des sélections suisses, on s’est battu pour qu’il vienne », confie à l’AFP Bernard Challandes, alors sélectionneur des Espoirs suisses.

– Seulement les matches amicaux –

Ivan Rakitic lors de la demi-finale contre l’Angleterre, le 11 juillet 2018 à Moscou / © AFP/Archives / Kirill KUDRYAVTSEV

Mais, à l’époque, le règlement était différent et un joueur qui disputait un match officiel avec une sélection de jeunes ne pouvait plus ensuite opter pour un autre pays. « Il a toujours été clair et expliquait qu’il n’avait pas encore pris sa décision. Donc on le convoquait seulement pour les matches amicaux », explique M. Challandes, désormais sélectionneur du Kosovo.

En septembre 2007, Rakitic fait finalement ses débuts avec la Croatie. Depuis lors, il a disputé trois Euros et deux Coupes du monde.

« Je sais d’où je viens. J’ai grandi en Suisse, j’ai été fier de jouer pour la Suisse dans les sélections de jeunes », expliquait récemment Rakitic dans un entretien au journal suisse Le Temps.

« J’ai toujours dit que je m’étais déterminé en faveur de la Croatie et non contre la Suisse », ajoutait-il, précisant avoir appelé « d’abord Köbi Kuhn », sélectionneur suisse de l’époque, avant de joindre son homologue croate Slaven Bilic.

Décrit comme quelqu’un de « très calme, gentil, facile à vivre, toujours content », Rakitic, 30 ans, marié à une Andalouse depuis son passage à Séville, est « très posé et gère sa carrière de façon très intelligente », juge M. Challandes.

Rakitic paierait « n’importe quel prix » pour gagner le Mondial / © AFP / Eugenia Logiuratto, fd

– Un joueur qui a « tout et rien » –

Au niveau du jeu, « c’est un joueur qui, finalement, a à la fois tout et rien: il n’est pas spécialement rapide, pas particulièrement fort physiquement, pas un buteur… Par contre, il fait tout juste, c’est une sorte de Zidane qui sent et voit tout avant tout le monde et est très fort techniquement. »

Auteur d’un unique but depuis le début du Mondial, lors de la victoire (3-0) contre l’Argentine, le milieu de terrain du FC Barcelone réussit « un très bon Mondial car, depuis le début, il a été comme il est: un joueur indispensable ».

« Mais qui ne remportera jamais le Ballon d’or car il ne fait pas de bicyclettes ou autres exploits techniques, il joue d’une façon tellement simple que les gens ont parfois de la peine à voir son importance. Il joue son rôle à merveille, il est un des rouages les plus importants ».

Avec son compère Modric, autre star du milieu, Rakitic dispose probablement des clefs de la finale de dimanche. Mais la fatigue de trois prolongations risque de peser.

« La clef du match est dans la récupération physique », juge encore Bernard Challandes. « Les Croates vont-ils se remettre de leurs efforts, avec un jour de moins de récupération ? Si c’est le cas, alors la décision pourra venir de joueurs exceptionnels que sont Rakitic, Modric et Perisic mais aussi Mbappé et Griezmann… »

Romandie.com avec(©AFP / 14 juillet 2018 12h31)

Thaïlande: les jeunes rescapés de la grotte sortiront jeudi de l’hôpital

juillet 14, 2018

Capture d’écran d’une vidéo fournie par le gouvernement thaïlandais montrant des jeunes footballeurs hospitalisés à Chiang Rai après leur évacuation d’une grotte où ils étaient restés bloqués 18 jours / © Thai government public relations department (PRD)/AFP/Archives / Handout

Les douze jeunes footballeurs et leur entraîneur rescapés d’une grotte en Thaïlande après 18 jours sous terre pourront sortir jeudi de l’hôpital, ont annoncé samedi les autorités qui leur ont conseillé de rester à l’écart des médias.

L’équipe des « Sangliers sauvages » était restée bloquée depuis le 23 juin jusqu’à son évacuation qui a pris trois jours et s’est achevée le 10 juillet dans la grotte de Tham Luang (nord), inondable en saison de mousson.

« Les 13 « +Sangliers sauvages+ sont tous en bonne condition physique (…), tous ont bon moral », a déclaré aux journalistes le ministre de la Santé publique, Piyasakol Sakolsattayatorn.

« Ils sortiront ensemble de l’hôpital, nous envisageons jeudi », a-t-il ajouté.

Les enfants et leurs parents se sont vus conseiller de passer du temps avec leurs amis et leurs familles et de ne pas donner d’interviews aux médias car cela pourrait « déclencher des symptômes de stress post-traumatique », a-t-il encore dit.

Dans une courte vidéo enregistrée à l’hôpital de Chiang Rai où ils se trouvent actuellement, les jeunes garçons semblent avoir bonne mine.

Ils se présentent l’un après l’autre en saluant les mains jointes à la manière thaïlandaise, donnent chacun de brèves nouvelles de leur santé et précisent le plat qu’ils souhaitent déguster après leur sortie de l’hôpital.

« Je vais mieux », dit à la caméra Adul Sam-on, jeune apatride de 14 ans né dans l’Etat Wa, région de l’Est de la Birmanie marquée par une guérilla ethnique. Il dit rêver de manger du « KFC » puis remercie, en anglais, le monde entier pour avoir aidé à sauver l’équipe.

Dans la grotte, l’adolescent s’était improvisé porte-parole car c’était le seul à pouvoir communiquer avec les plongeurs britanniques parvenus les premiers à les rejoindre.

Trois des jeunes de l’équipe ainsi que l’entraîneur âgé de 25 ans sont des apatrides. Plus de 400.000 personnes sont recensées comme apatrides en Thaïlande, d’après le Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU. Certaines sources estiment cependant qu’ils sont 3,5 millions. La Thaïlande s’est engagée à enregistrer tous les apatrides, soumis à de nombreuses restrictions du fait de leur statut, d’ici 2024 mais le flou règne en attendant.

La saga du sauvetage hors norme des jeunes footballeurs, qui a mobilisé des centaines de secouristes durant deux semaines dans cette zone isolée au milieu de la forêt tropicale, intéresse d’ores et déjà Hollywood, notamment la société de production d’obédience évangéliste Pure Flix.

Les autorités thaïlandaises n’ont fourni que des informations partielles sur toute l’opération de sauvetage et ont sévèrement limité l’accès aux jeunes rescapés et à leur famille.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juillet 2018 13h43)

Mondial 2018: la Croatie renverse l’Angleterre (2-1 a.p) et se qualifie pour la première finale de son histoire

juillet 11, 2018

 

L’attaquant anglais Harry Kane dispute un ballon aérien au défenseur croate Strinic, le 11 juillet 2018. © Francisco Seco/AP/SIPA

Longtemps menée au score, la Croatie a égalisé peu après l’heure de jeu face à l’Angleterre, avant de prendre l’avantage dans les prolongations. Les joueurs des Balkans affronteront la France en finale, dimanche 15 juillet.

L’Angleterre est un pays malade de football qui ne demandait qu’à s’enflammer à nouveau autour de son équipe nationale. Après presque trois décennies d’une traversée du désert et une dernière demi-finale de Coupe du monde disputée en 1990, l’équipe des Three Lions a refait irruption dans le cœur de ses supporters en se qualifiant pour le dernier carré du Mondial 2018, après avoir éliminé la Colombie aux tirs au but en huitièmes de finale, puis la Suède en quarts (2-0). De quoi pousser les médias britanniques, toujours très extrêmes, à tresser des louanges longues comme des lianes au sélectionneur Gareth Southgate, dont l’intelligence tactique et managériale est mise en avant.

C’était avant de tomber en demi-finale sur une Croatie très dure à manœuvrer dans ce Mondial 2018 et déjà tombeuse du pays hôte, la Russie, en quarts de finale (2-2, 4-3 t.a.b.). Face à l’Angleterre, les hommes des Balkans ont une nouvelle fois poussé le suspense jusqu’aux prolongations, dans lesquelles ils ont brisé le rêve britannique.

Des Anglais sur un nuage

Pourtant, les Anglais avaient débuté le match pied au plancher. Dès la 4e minute de jeu, Delle Ali a poussé Modric, la star croate, à commettre une faute sur lui à l’entrée de sa surface de réparation. Avec quelques pas d’élan, Trippier a expédié le ballon dans la lucarne droite de Subasic, le gardien croate, trop court pour aller chercher la balle (1-0, 5e). Les spectateurs avaient à peine eu le temps de se poser sur leur siège dans le stade de Loujniki de Moscou que les Three Lions étaient déjà devant au score.

Un but précoce qui encourageait les joueurs de Gareth Southgate à jouer sur leur point fort : la vitesse, en expédiant des ballons dans la profondeur pour mettre à mal l’arrière-garde croate face à la rapidité des attaquants anglais, Raheem Sterling en tête. Mais la plus grosse occasion de la première mi-temps était pour son coéquipier Lingard, le milieu de Manchester United, qui ouvrait trop son pied alors qu’il était complètement démarqué aux seize mètres croates (36e). Beaucoup plus tranchants et dangereux, les Anglais manquaient d’un poil de précision dans le dernier geste pour accroître leur avantage.

En face, les Croates, sans trop de jus dans les jambes, peinaient à mettre du rythme sur leurs phases de possession. Comme à son habitude Modric distribuait le jeu au milieu de terrain en s’occupant de remonter tous les ballons, mais ses partenaires ne lui offraient pas de solutions dans les 30 derniers mètres du camp britannique. À la 31e, Rebic envoyait tout de même une grosse frappe vers la cage anglaise, mais Jordan Pickford stoppait sans problème le cuir.

Le réveil croate

Leurrée par sa supériorité, l’Angleterre a oublié qu’elle n’avait qu’un but d’avance. Longtemps inoffensifs, les Croates ont commencé à se réveiller progressivement à partir de l’heure de jeu. La première alerte sérieuse est venue d’une frappe puissante de Perisic plein axe, contrée par le bas du ventre de Walker, qui a fait sacrifice de son corps sur ce coup-là (64e). Et puis, sur un centre de Mandzukic, la défense anglaise n’a pas suivi Perisic, qui a égalisé de la tête (1-1, 68e).

Une égalisation assez inespérée qui a complètement changé le sens du vent. Revigorés, les joueurs des Balkans ont compris qu’une place en finale de Coupe du monde était subitement à leur portée. À la 72e, Perisic, très percutant, a profité d’une grosse mésentente de la défense anglaise pour récupérer la balle devant le but de Pickford et envoyer une frappe croisée qui a échoué sur le poteau droit du gardien britannique… Un frisson immense a parcouru l’échine des milliers de fans anglais présents dans les gradins.

Bousculés mentalement par ce retour croate, les Anglais ne se procuraient plus une occasion et affichaient surtout une soudaine fébrilité défensive, à l’image de cette mésentente entre Pickford et Walker (83e). Une minute avant, Mandzukic était proche de marquer d’une belle demi-volée. Un réveil croate qui ne leur permettait pas d’éviter leur troisième prolongation dans ce Mondial !

Mandzukic offre à la Croatie sa première finale

Dans ce rab de 30 minutes, les deux équipes ont tenté leur chance pour éviter le pile ou face d’une séance de tirs au but. Vrsaljko a sauvé sur sa ligne une tête de Stones, qui avait coupé la trajectoire du ballon au second poteau sur un corner (99e). À l’autre extrémité du terrain, c’est Pickford qui remportait son duel face à Mandzukic dans les arrêts de jeu de la première période des prolongations.

Transparent en début de match, l’attaquant de la Juventus, 32 ans, était ressuscité, comme toute son équipe depuis l’égalisation des siens. Pesant sur le dos de la défense anglaise par ses déplacements, il prenait une nouvelle fois de vitesse les Britanniques à la 109e minute et envoyait cette fois une demi-volée rasante qui surprenait Pickford (2-1). La Croatie ne lâchera plus son avantage. Les coéquipiers de Modric affronteront la France en finale, vingt ans après leur défaite en demi-finale du Mondial 1998 face aux Bleus.

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Mondial 2018: la playlist africaine des Bleus enjaille les réseaux sociaux

juillet 11, 2018
 

Les joueurs français Paul Pogba et Samuel Umtiti célèbrent en dansant le but de ce dernier face à la Belgique, le 10 juillet 2018 en demi-finale de la Coupe du monde en Russie. © Natacha Pisarenko/AP/SIPA

Depuis le début de la Coupe du monde en Russie, l’équipe de France brille par son jeu efficace, son état d’esprit d’une solidarité sans faille… et ses vidéos de célébrations victorieuses au son des tubes africains du moment.

Efficaces et solides sur le terrain, les Bleus on dominé la Belgique pour se qualifier pour la finale du Mondial 2018 en Russie, qui aura lieu le 15 juillet prochain à Moscou. Ultra-concentrés pendant leurs matchs, les joueurs de l’équipe de France, dont plus de 60% sont d’origine africaine (la Guinée pour Pogba, le Sénégal pour Mendy, le Cameroun et l’Algérie pour Mbappé ou encore la RDC pour Umtiti…)n’en n’oublient pas moins de décompresser comme il se doit après chaque victoire. Et c’est sans surprise que l’on peut les voir danser et chanter au rythme des tubes du continent…

Dans le rôle du DJ, c’est Presnel Kimpembe, d’origine et haïtienne et congolaise, qui mène le plus souvent la barque avec son enceinte portable, diffusant les plus grands hits du moment. Petit florilège des vidéos diffusées par les Bleus sur les réseaux sociaux.

  • Maréchal DJ – Seka Seka

Ce titre est aujourd’hui un classique pour les amateurs de coupé-décalé. Chantée par Maréchal DJ, artiste congolais et révélation musicale de l’année 2006 en côte d’Ivoire, cette chanson résonnait dans toutes les boîtes et les dance-floor ivoiriens. Sa chorégraphie, facile à reproduire et les paroles efficaces ont permis à la chanson de de s’exporter à l’international.

 

 

  • DJ Arafat –  Djessimidjeka

Djessimidjeka, fait partie d’un des titres qui ont permis à DJ Arafat de se faire une place de choix sur la scène musicale en 2010. La même année, il devenait le premier artiste de coupé décalé à faire un concert dans les plus grandes salles de concert en Côte d’Ivoire : le palais de la culture de Treichville.

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 Fally Ipupa – Kiname

Présent sur « Tokoss » de Fally Ipupa, sorti en 2017, Kiname est le plus gros featuring de l’album. C’est avec le rappeur français d’origine sénégalaise Booba, que le chanteur congolais pose sa voix. Et ici l’équipe de France reprend la chanson en cœur.

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  • Fanny J – Ancrée à Ton port

Elle est l’une des plus grandes voix contemporaines du zouk. Fanny J a fait les beaux jours de l’année 2018 avec son tube « Ancrée à ton port ». Les Bleus dansent avec passion comme le défenseur Varane, d’habitude plus réservé.

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Dimanche 15 juillet, tous les supporters des Bleus auront les yeux rivés sur leur écran, dans l’espoir de célébrer les champions du monde… au rythme des succès du continent.

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