Archive for the ‘Sport’ Category

Élection à la CAF et dernière ligne du choix

mars 10, 2021

Le congrès de la Confédération africaine de football (CAF) est prévu ce 12 mars à Rabat, au Maroc. Au terme de ce grand rendez-vous, la CAF aura, sans nul doute, une nouvelle équipe dirigeante puisque le président sortant, le Malgache Ahmad Ahmad n’est pas éligible à cause de la sanction du tribunal arbitral de sport. Plusieurs acteurs du football continental sont rangés derrière le milliardaire Sud-Africain Patrice Motsepe.

Logo de la Caf/DR

À quelques jours de l’élection, il n’en reste déjà plus qu’un. L’Ivoirien Jacques Anouma, le Sénégalais Augustin Senghor et le Mauritanien Ahmed Yahya ont renoncé, samedi 6 mars, à se présenter à la présidence de la Confédération africaine de football. Le Sud-Africain Patrice Motsepe reste le seul candidat en lice et fait office de favori.

Les quatre hommes étaient réunis dans la capitale de la Mauritanie Nouakchott pour assister à la finale de la CAN-U-20.  Si sur le terrain le Ghana a pris le meilleur sur l’Ouganda (2-0), le véritable évènement de la soirée s’est déroulé au centre des Congrès où étaient réunis plusieurs dirigeants sportifs.

« Ces quatre messieurs, ici devant vous, je veux les féliciter un par un. Félicitations, Jacques, bravo. Félicitations, Augustin, bravo. Félicitations, Ahmed, mabrouk. Congratulations, Patrice. Ces quatre messieurs ont rendu l’impossible possible. Ils ont montré, ils ont démontré qu’il était possible de faire équipe derrière un projet, derrière un programme, derrière une vision, qui est la vision de projeter, de propulser le football africain au sommet mondial », a déclaré le milliardaire qui est en même temps président du club Mamelodi Sundowns.

Cette initiative de regrouper tous les candidats, au tour d’un seul projet, vient du président de la Fédération internationale de football et association(Fifa), Gianni Infantino.

Une décision qui a été critiquée par certains acteurs du football africain, parmi lesquels Musa Bility. L’ancien membre du comité exécutif de la CAF s’en est pris à Gianni Infantino dans un communiqué. Il comparé ce dernier à l’ancien roi des Belges Léopold II, qui a été « le dirigeant et propriétaire absolu du Congo de 1885 à 1908« .

Patrice Motsepe affirme avoir été plutôt frileux lorsqu’on est venu le chercher pour tenter de succéder au Malgache Ahmad, à la tête de la CAF. Mais le voilà décidé à réformer l’institution au pas de charge afin que le foot africain devienne « le meilleur du monde ».

Avec Adiac-Congo par Rude Ngoma 

Le Pape François rend hommage au «Poète» Maradona

janvier 2, 2021

Le pape François a qualifié la légende du football Diego Maradona, mort le 25 novembre à 60 ans, de «poète sur le terrain», dans une interview fleuve consacrée au sport et publiée samedi dans La Gazzetta dello Sport. «C’était un grand champion qui a apporté de la joie à des millions de gens, en Argentine comme à Naples», a déclaré le souverain pontife argentin, au sujet de son compatriote, qui a aidé le club du sud de l’Italie à conquérir ses deux seuls titres de champion d’Italie (1987 et 1990) et l’Argentine à gagner le Mondial-1986.  «Il était aussi un homme très fragile», a ajouté Jorge Mario Bergoglio, qui avait rencontré Maradona en 2014 à Rome lors d’un «match pour la paix».

Le chef de l’Église catholique, âgé de 84 ans, a assuré avoir prié pour le défunt et envoyé un chapelet à sa famille, accompagné de mots de réconfort. Dans cet entretien, le pape, qui est supporter de San Lorenzo, un club de Buenos Aires, a par ailleurs dressé des parallèles entre le sport et ses convictions, dénonçant les «champions riches», devenus «mous, presque des bureaucrates de leur sport». «Personnellement, je pense qu’un peu de faim est le secret pour ne jamais se sentir repu, pour maintenir en vie cette passion qui, en tant qu’enfants, les a fascinés (les sportifs, NDLR)», a-t-il estimé

Le sport est pour François marqué par les victoires de ceux, nombreux, qui «ont de la sueur sur le front» sur ceux qui sont nés «avec le talent dans leur poche». Le souverain pontife, premier pape originaire d’Amérique du Sud, a enfin fustigé le dopage, «pas seulement une triche, mais un raccourci qui réfute la dignité». «Aucun champion ne se construit dans un laboratoire. C’est arrivé parfois et on ne peut pas être sûr que cela ne se reproduira pas, même si on espère que non! Mais avec le temps, on fera la différence entre les talents originels et ceux qui ont été construits: un champion naît et se renforce à travers l’entraînement», a-t-il insisté. Le dopage reviendrait «à voler à Dieu l’étincelle qu’il a donné, par ses chemins mystérieux, à certains d’une manière particulière et en plus grande quantité.» «Mieux vaut une défaite propre qu’une victoire sale», a conclu François

Avec La Rédaction par Le Figaro

Congo/Disparition : Hervé Ntsakala Mankoussou a tiré sa révérence

décembre 2, 2020

Ancien chef de service des sports à Télé Congo Pointe-Noire, le journaliste Hervé Ntsakala Mankoussou s’est éteint, le 1er décembre, à Pointe-Noire des suites d’une maladie.

Le regretté Hervé Ntsakala Mankoussou Crédit photo »DR »

Ntsakala Mankousou était un passionné de sport. De sa voix tonique et ses envolées oratoires, il se distingua dans les années 1980 à Dolisie comme correspondant de la Voix de la Révolution congolaise dans le département du Niari à l’époque devenue après Radio Congo.  Ce fut un régal pour les auditeurs de suivre sa voix lors des reportages et retransmissions en direct des grands matchs qui se déroulaient au stade Pont de Dolisie.

A la fin des années 90,  Hervé Ntsakala Mankoussou évolua au service des sports de Radio Congo Pointe-Noire comme journaliste sportif avant d’intégrer Télé Congo Pointe-Noire à la création de la chaîne départementale en 1998.

Animant les émissions et chroniques sportives, il fut longtemps apprécié du public pour sa connaissance du sport dans les départements de Pointe-Noire et du Kouilou.  Journaliste talentueux, il fut aussi membre du cabinet de Jean-Claude Mouanda, ancien maire de Dolisie et membre de l’équipe de communication du ministre Pierre Mabiala.

Adieu Hervé Ntsakala Mankoussou.

Avec Adiac-Congo par Hervé Brice Mampouya

Classement Fifa : la RDC descend à la 60e place mondiale

novembre 28, 2020

Les Léopards de la RDC

La Fédération internationale de football association (Fifa) a actualisé son classement mensuel pour le mois de novembre. Et la République démocratique du Congo a perdu une place au niveau mondial, quittant la 59e place en octobre pour la 60e en novembre 2020. Cependant, elle garde sa 11e position au niveau de l’Afrique. Ce petit décalage au classement est certainement dû aux deux derniers matchs contre l’Angola à Kinshasa le 14 novembre (nul de zéro but partout) et à Luanda le 17 novembre (victoire d’un but à zéro), en troisième et quatrième journées des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) reportée en 2022 au Cameroun.

Notons que le Sénégal (20e rang mondial) garde la première position continentale, devant la Tunisie (26e rang mondial), l’Algérie (31e rang mondial et championne d’Afrique en titre), le Nigéria et le Maroc (ex aequo au 35e rang mondial) qui ferment le top 5 en Afrique. L’Egypte est 49e rang mondial, devant le Cameroun (50e rang mondial), le Ghana (52e rang mondial), le Mali (57e rang mondial) et le Burkina Faso (58e rang mondial) clôturant le top 10.

Avec Adiac-Congo par Martin Enyimo

Maradona : l’Afrique pleure une icône

novembre 26, 2020
Un supporter se recueille devant une fresque de Maradona, en Argentine, le 25 novembre 2020.

Diego Maradona, le génial joueur argentin, est décédé le 25 novembre à l’âge de 60 ans. Icône dans son pays, El Pibe de Oro a laissé une immense empreinte partout dans le monde, et notamment en Afrique.

Il était un caméléon, mi-ange, mi-démon. Un homme souvent excessif, à la fois attachant et exaspérant, et surtout un footballeur hors norme. Diego Maradona, dont la santé était chancelante depuis des années, à cause d’une consommation démesurée de drogue, d’alcool et de cigares, est parti, le 25 novembre 2020, d’un arrêt cardiaque.PUBLICITÉ

Quelques semaines plus tôt, l’Argentin avait une nouvelle fois été hospitalisé, pour un problème au cerveau, une énième alerte qui précèdera l’inévitable verdict que tout le monde savait inéluctable.

Merveilleux et instinctif

On ne s’attardera pas ici sur les excès du gamin des bidonvilles de Buenos Aires, devenu une star mondiale grâce aux titres conquis, à Naples, cette ville populaire et bouillonnante, qu’il n’avait sans doute pas choisie par hasard, ou avec l’Argentine lors de la Coupe du Monde 1986. Où à son lucratif séjour à Tripoli, en 1999, pour donner des leçons de football à Saadi Kadhafi, fils de dictateur et footballeur professionnel à ses heures perdues.

LES AFRICAINS QUI AIMENT LE FOOTBALL PLEURENT MARADONA

Non, il sera ici question de ce joueur merveilleux et instinctif, membre éternel du club très fermé des génies, où il côtoie Pelé, Platini, Zico, Cruyff, Zidane, Messi  et Ronaldo, les deux, le Brésilien et le Portugais. En Afrique, Maradona, était, à sa plus belle époque, de1980 et 1990, adulé, vénéré, respecté.

« Bien sûr, à l’époque, il y avait beaucoup moins de matches à la télé, ni Internet, mais on le voyait jouer, surtout quand il est arrivé à Barcelone (1982), et qu’il est parti à Naples (1984-1987). Ses matches avec le Barca étaient parfois retransmis au Maroc. Les Marocains, tous les Africains, l’aimaient, parce qu’ils faisaient des choses extraordinaires avec un ballon. Il venait d’un milieu très pauvre, et il était devenu le meilleur joueur du monde. Beaucoup d’enfants, mais aussi de joueurs professionnels, s’identifiaient un peu à lui », se souvient Mustapha El Haddaoui, l’ancien milieu de terrain des Lions de l’Atlas, qui aura attendu 2018 et un match de gala à Laayoune pour croiser le Sud-américain sur un terrain.

Et le joueur marocain d’ajouter : « C’était un numéro 10 génial, capable de tout faire avec son pied gauche, marquer et faire des passes décisives. Aujourd’hui, les Africains qui aiment le football pleurent Maradona… »

Face au Cameroun en 1990

Maradona et Pelé, en 1987.

Joueur, El Pibe de Oro n’a pas souvent affronté de sélections africaines, souvent peuplées de joueurs voyant en lui un véritable Dieu vivant. Le Camerounais François Omam-Biyik, de six ans son cadet, ne s’imaginait pas un jour être au même endroit, à la même heure « que ce joueur qui nous faisait rêver, quand on était plus jeune. »

Arrivé en France en 1987, le Lion indomptable a battu l’Argentin un après-midi de juin 1990, à Milan, en match d’ouverture de la Coupe du Monde (1-0), se chargeant lui-même d’inscrire le seul but du match.

« Vous vous rendez compte ? Quand on se prépare à affronter un tel joueur, on flippe un peu, et à la fin, vous gagnez, face à un homme qui vous donnait tant de joie quand vous étiez gamin. On voyait que Maradona aimait le contact avec le ballon. »

Depuis le Maroc, El Haddaoui abonde : « Il donnait du bonheur aux gens, et malgré les exigences du haut niveau, on voyait qu’il aimait s’amuser, que le contact du ballon le rendait tout simplement heureux. »

Il y a ceux qui ont pu l’affronter, quelques heures ou quelques minutes. Et il y a ceux qui ont côtoyé la star argentine au quotidien. Comme Alphonse Tchami, lui-aussi camerounais, recruté par Boca Juniors en 1993. Le club où Maradona, après quatre saisons à Argentinos Juniors, avait  effectué un premier passage flamboyant, en 1981.

« Un jour, alors que j’étais à Boca depuis quelques semaines, on est dans le vestiaire, et j’entends que Maradona va bientôt signer. Mon premier réflexe, ça été de me dire que ce serait génial d’évoluer avec un tel monument. Puis je me suis demandé si j’allais être au niveau ! »

Diego Maradona, sous le maillot de Naples, en 1987.

À L’ENTRAÎNEMENT, IL AIMAIT QU’ON REFASSE LE CAMEROUN-ARGENTINE DE 1990

« À peine arrivé, Maradona déclare à la presse « qu’un joueur black sera titulaire dans son équipe ». C’était moi. Il était vraiment sympa avec moi, nous avions une très bonne relation », se souvient le Camerounais.

Sur le terrain, mais aussi en dehors. « Diego avait une vie privée animée, on le savait. Il aimait faire la fête, organiser des soirées chez lui, chez des amis, et il invitait souvent ses coéquipiers. C’était un type généreux, excessif, attachant, et qui aimait vraiment le football. Pour lui, c’était un jeu, un spectacle. À l’entraînement, il aimait qu’on refasse le Cameroun-Argentine de 1990, il voulait sa revanche, même si je n’avais pas participé à ce Mondial. »

« Quand il voyait un ballon, il était heureux »

Diego Maradona, devant une foule de fans argentins, le 26 décembre 2019.

Maradona, ce personnage haut en couleur, était précédé d’une réputation d’homme incontrôlable et imprévisible, agissant souvent sur des coups de tête.

« On m’avait dit que ce type était fou », rigole l’ancien international algérien Yacine Bentaala, l’entraîneur des gardiens de but d’Al-Wasl Dubaï, où l’Argentin est nommé coach en 2011. « Et j’ai travaillé un an avec lui, sans aucun problème. Oui, il avait une forte personnalité, il pouvait parfois péter un plomb, comme danser nu sur le balcon de sa chambre d’hôtel, après une victoire en championnat ou envoyer promener les journalistes. Mais au quotidien, il était agréable, plutôt modeste, malgré son immense aura. Quand il est arrivé au club, j’étais intimidé, un peu hésitant au moment de l’aborder, mais Diego m’avait mis à l’aise. »

L’image que Bentaala veut retenir de l’Argentin est finalement celle que les amoureux du football conserveront. « Quand il voyait un ballon, il était heureux. Comme  quand, après les entraînements, on faisait des parties de tennis-ballon. Là, il redevenait comme un gosse… »

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Christophe Dominici, ancien ailier de légende du XV de France, est décédé

novembre 24, 2020

L’ex-ailier star des Bleus et du Stade Français s’est donné la mort ce mardi, à l’âge de 48 ans. Il avait marqué l’histoire de son sport.

Terrible nouvelle pour le rugby français. Christophe Dominici, l’ancien ailier international du XV de France et du Stade Français Paris, est décédé brutalement ce mardi à l’âge de 48 ans. Champion de France à cinq reprises avec le club parisien, l’ancien ailier aux 67 sélections avait marqué l’histoire du XV de France, notamment lors de la demi-finale d’anthologie des Bleus contre les All Blacks lors de la Coupe du monde 1999.

Christophe Dominici, une riche carrière en images

L’ancien joueur international français de rugby Christophe Dominici a été retrouvé mort mardi dans le parc de Saint-Cloud, près de Paris, a-t-on appris de sources concordantes. L’ex-ailier du Stade français, qui était âgé de 48 ans, est monté sur le toit d’un bâtiment désaffecté en début d’après-midi avant de sauter, a précisé une source policière. Selon une source judiciaire, qui a confirmé la mort du joueur, un témoin aurait vu l’ancien joueur faire une chute de 10 mètres. Une enquête pour recherche des causes de la mort a été ouverte par le parquet de Nanterre (région parisienne).

Gabarit modeste mais appuis électriques

Originaire de Toulon, Christophe Dominici avait été recruté par l’ancien président du Stade Français, Max Guazzini. D’un gabarit plutôt modeste (1,72 m, 82kg) mais doté d’appuis électriques, «Domi» était devenu l’un des meilleurs finisseurs de sa génération, inscrivant notamment 25 essais sous le maillot bleu. A l’issue de sa carrière, il avait tenté de se lancer dans le métier d’entraîneur en devenant l’adjoint de l’Australien Ewen McKenzie sur le banc du Stade Français. Récemment, il s’était investi dans un projet de reprise du club de Béziers (Pro D2) en se faisant l’intermédiaire d’investisseurs émiratis. Un projet qui avait finalement capoté. Il collaborait depuis plusieurs années avec la station RTL dont il était consultant pour le rugby.

Formé à Solliès-Pont puis La Valette-du-Var avant de rejoindre le RC Toulon (1993-1997) puis le Stade Français (1997-2008), Christophe Dominici compte cinq titres de champion de France avec le club parisien (1998, 2000, 2003, 2004, 2007) et a été finaliste de la Coupe d’Europe à deux reprises (2001, 2005). Avec le XV de France, Dominici a remporté deux Grands Chelems dans le Tournoi (1998, 2004) et 2 victoires (2006, 2007), il a été finaliste de la Coupe du monde 1999. Sa 65e et dernière sélection remonte au 19 octobre 2007 face à l’Argentine.

Avec Le Figaro par La rédaction

CAF : Ahmad Ahmad suspendu pour cinq ans par la Fifa

novembre 23, 2020
Ahmad Ahmad, ici en Égypte en juin 2019, a été suspendu de son poste de président de la Confédération africaine de football le 23 novembre 2020 par la Fifa.

Le président sortant de la Confédération africaine de football a été condamné à l’interdiction d’exercer toute activité relative au football pour cinq ans par la chambre de jugement de la Commission d’éthique indépendante de la Fifa. Ahmad Ahmad est notamment accusé de détournements de fonds.

Cela faisait plusieurs semaines que la menace d’une suspension par la Fifa planait au-dessus de la tête  d’Ahmad Ahmad. La décision est tombée sous la forme d’un communiqué publié sur le site de la Fédération internationale de football association (Fifa). Le Malgache Ahmad Ahmad, président sortant de la Confédération africaine de football (CAF) et vice-président de la Fifa, est suspendu pour une période de cinq ans de toute activité liée au football professionnel.

La chambre de jugement de la Commission d’éthique indépendante « a jugé Ahmad Ahmad coupable d’avoir enfreint les articles 15 (Devoir de loyauté), 20 (Acceptation et distribution de cadeaux ou autres avantages) et 25 (Abus de pouvoir) de l’édition 2020 du Code d’éthique de la Fifa, ainsi que l’article 28 (Détournement de fonds) de son édition 2018 », détaille la Fifa.

Ahmad Ahmad a « manqué à son devoir de loyauté »

« L’enquête sur le comportement de M. Ahmad au poste de président de la CAF entre 2017 et 2019 a porté sur diverses questions liées à la gouvernance de la CAF, dont l’organisation et le financement d’un pèlerinage à La Mecque, ses accointances avec l’entreprise d’équipement sportif Tactical Steel et d’autres activités », précise le communiqué de la chambre de jugement de la Commission d’éthique, qui affirme avoir « établi » qu’Ahmad Ahmad « avait manqué à son devoir de loyauté, accordé des cadeaux et d’autres avantages, géré des fonds de manière inappropriée et abusé de sa fonction de président de la CAF. »

Il devra en outre verser une amende de 200 000 francs suisses (185 000 euros). Contacté par mail, le service de presse de la FIFA n’a pas répondu à nos sollicitations.

Il avait été entendu pendant plusieurs heures, la semaine dernière, par la Commission d’éthique via une visioconférence. La décision de sa suspension lui a été immédiatement notifiée, avec effet immédiat. D’ici soixante jours, il recevra l’intégralité des motivations de la sanction.

À partir de ce 23 novembre 2020, il n’est donc plus le président de la CAF. Selon les statuts de celle-ci, c’est le premier vice-président, le Congolais Constant Omari qui dirige désormais l’instance. Ce sera le cas jusqu’en mars prochain, date de l’élection du président de la CAF, et qui aura lieu à Rabat.

Élu président de la CAF en 2017, Ahmad Ahmad est candidat à un second mandat à la tête du football africain. Face à lui, quatre candidats s’étaient jusqu’à présent déclarés : l’Ivoirien Jacques Anouma, le Sud-Africain Patrice Motsepe, le Mauritanien Ahmed Yahya et le Sénégalais Augustin Senghor. Leurs dossiers seront examinés par les instances compétentes de la CAF, lesquelles communiqueront la liste des candidats autorisés à se présenter.

Ahmad Ahmad fera-t-il appel ?

Ahmad Ahmad, qui se remet de sa contamination au Covid-19 depuis son fief de Mahajanga, à Madagascar, « va bien », a assuré l’un de ses proches à Jeune Afrique. Avec ses avocats, il décidera dans les prochains jours s’il fait appel ou non de la décision de la Fifa. Un seul recours s’ouvre à lui : devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Mais un éventuel appel n’est pas suspensif.

Ahmad,  qui a décidé de garder le silence dans un premier temps, pourrait également communiquer à court terme, après avoir consulté sa garde rapprochée.

La CAF, face à cette situation inédite, s’est rapidement fendue d’un communiqué expliquant « prendre acte de cette décision qui met Ahmad Ahmad en position de ne plus pouvoir exercer ses responsabilités », s’inquiétant au passage « des conséquences sur sa réputation de cette longue procédure. » L’instance du football africain a néanmoins décider de maintenir le calendrier de l’ensemble de ses activités et programmes.

Plusieurs hypothèses sont désormais ouvertes. « Soit Ahmad Ahmad fait appel devant le TAS, sachant que la procédure peut se révéler longue, afin de pouvoir être candidat. Soit il décide de ne pas faire appel et de rentrer à Madagascar, expose le dirigeant d’une fédération africaine, contacté par JA. Il faut rappeler qu’il avait beaucoup réfléchi, et même hésité, avant d’annoncer sa candidature à un second mandat. Il s’est décidé parce qu’il est soutenu par de nombreuses fédérations. Il ne faut pas exclure qu’il accepte la sanction et se retire du monde du football. »

Un autre dirigeant de fédération, partisan d’Ahmad Ahmad, résume un sentiment assez largement répandu parmi les partisans de président de la CAF qui vient d’être suspendu : « Gianni Infantino (le président de la FIFA, ndlr) ne souhaitait pas qu’Ahmad soit candidat à sa réélection, car les relations entre les deux hommes sont très tendues. Il ne veut plus de lui à la tête du football africain. Cette sanction de la Commission d’éthique n’arrive pas par hasard… »

Les tensions au sein de l’instance étaient devenus récurrentes ces derniers mois. Licencié en avril 2019, le secrétaire général de la CAF, Amr Fahmy, avait ainsi envoyé une lettre à la Fifa dans laquelle il accusait Ahmad Ahmad de corruption et de harcèlement sexuel à l’encontre de plusieurs salariées de la Confédération.

En juin 2019, Ahmad Ahmad a été brièvement placé en garde à vue et interrogé par la justice française, avant d’être remis en liberté sans poursuite. Il avait, à la même époque, demandé l’aide de la Fifa pour superviser une CAF fragilisée par plusieurs polémiques et des problèmes de gouvernance. La numéro 2 de la Fifa, Fatma Samoura, avait effectué un mandat de six mois en tant que « déléguée générale pour l’Afrique », mais celui-ci, qui visait à « apporter son expertise pour évaluer la situation et aider à accélérer la mise en place du processus de réforme en cours », n’avait pas été renouvelé quand il était arrivé à son terme, en février dernier.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Côte d’Ivoire : décès du président de la fédération de foot

novembre 22, 2020
Augustin Sidy Diallo (à droite), président de la Fédération ivoirienne de football, lors de la visite à Abidjan d'Ahmad Ahmad, président de la CAF, fin décembre 2017.

Augustin Sidy Diallo, le président de la fédération ivoirienne de football (FIF), est décédé samedi à 61 ans, alors que son poste fait l’objet d’une âpre lutte de succession.

« Le président Sidy Diallo est décédé. Je viens de chez lui », a déclaré Omer Déhoulé, un vice-président de la FIF, se disant « abattu ». La fédération avait annoncé, dans un communiqué le 9 novembre, qu’Augustin Sidy Diallo avait été diagnostiqué positif au Covid-19, mais aucune indication sur la cause du décès n’a été donnée dans l’immédiat.

Élu président de la FIF en 2011, puis réélu quatre ans plus tard, Sidy Diallo avait décidé de ne pas briguer un troisième mandat, même si les textes de la fédération l’y autorisaient. En neuf ans de présidence de la FIF, Sidy Diallo a gagné deux Coupes d’Afrique des Nations, l’une avec les seniors en 2015, l’autre avec les cadets en 2013.

Lutte pour sa succession

Il devait quitter son poste en août dernier, mais assurait depuis les affaires courantes, la Fifa ayant suspendu le processus électoral devant lui désigner un successeur, après le rejet de la candidature de l’ex-joueur star Didier Drogba. 

La FIF connaît une crise autour de la succession du président sortant depuis des mois, qui voit s’affronter trois candidats, Sory Diabaté, Idriss Diallo et Didier Drogba.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC/Disparition : Ebengo « Souplesse » et Mungamuni « Asmara » s’en vont

novembre 20, 2020

Longtemps malades et sans être assistés par l’Etat, les champions d’Afrique des nations 1968 avec les Léopards, Léon Mungamuni et Augustin Ebengo Mpeti, sont morts le 17 novembre  à Kinshasa.

Feux Léon Mungamuni « L’homme d’Asmara » et Augustin Ebengo « Souplesse ».

Deux anciens Léopards football ont tiré leur révérence le 17 novembre  alors que les Léopards devraient livrer leur match de la quatrième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) contre les Palancas Negras d’Angola à Luanda (victoire congolaise d’un but à zéro).

L’ancien portier international Augustin Ebengo Mpeti, alias « Souplesse », et l’ailier droit Léon Mungamuni, alias « L’homme d’Asmara », étaient sérieusement malades à Kinshasa depuis plusieurs semaines. La Ligue sportive pour la promotion et la défense des droits de l’Homme (Lisped) dirigée par Me Alain Makengo Kikandu a lancé quelques jours auparavant une sonnette d’alarme afin de venir en aide à ces deux champions d’Afrique des nations (CAN) Ethiopie 1968. Mais ce SOS n’a jamais eu des échos.

Ancien joueur de l’équipe Nomades et de l’AS V.Club, Léon Mungamuni a été double buteur des Léopards en demi-finale de la CAN 1968 à Asmara, permettant à la sélection congolaise d’accéder en finale aux dépens de l’Ethiopie (victoire par trois buts à deux), pays hôte de la compétition. C’est de là que lui est venu le sobriquet de « L’homme d’Asmara ». La RDC avait alors remporté la finale le 23 janvier 1968, en soumettant le Ghana par un but à zéro, une réalisation du feu Pierre Kalala Mukendi. Mungamuni a aussi fait partie de V.Club successivement vainqueur de la Coupe de l’ex-Zaïre en 1971,  1972 et1973. Il a rendu l’âme le mardi aux cliniques universitaires de Kinshasa où il était interné pendant ses derniers jours.

Ancien gardien de but d’Himalaya et du Daring Faucons (actuel DCMP), Ebengo Mpeti a aussi choisi la journée du mardi 17 novembre pour passer dans l’au-delà. Avant eux, c’est une autre gloire et ancien champion d’Afrique 1968 qui était parti, Nicodème Kabamba wa Kabengu, disparu en février 2020 après avoir été longtemps malade, ainsi que Kilasu Massamba. Cette génération des joueurs champions d’Afrique en 1968 est en train de s’éteindre quasiment dans l’anonymat, pas très pris en charge par l’Etat.

Avec Adiac-Congo par Martin Enyimo

Canada-Québec/Trois-Rivières: Une première joueuse des Estacades atteint la NCAA

novembre 19, 2020

Trois-Rivières — Considérée comme l’une des bonnes joueuses au Québec depuis ses débuts dans le sport, Aissatou Diop franchit une autre étape importante. Graduée des Estacades au printemps 2019, elle s’est entendue avec l’équipe de basketball de l’Université du Massachusetts, qu’elle rejoindra dans deux ans.

Aissatou Diop a connu une première saison fort convaincante dans les rangs collégiaux, en 2019-20. Elle a bien hâte, comme des centaines d’étudiantes-athlètes au Québec, de retrouver les courts de basketball.© COURTOISIE, CAVALIERS DU COLLÈGE CHAMPLAIN ST-LAMBERT 

Aissatou Diop a connu une première saison fort convaincante dans les rangs collégiaux, en 2019-20. Elle a bien hâte, comme des centaines d’étudiantes-athlètes au Québec, de retrouver les courts de basketball.

La jeune femme de 18 ans devient la première joueuse du programme de basket aux Estacades à accéder aux rangs universitaires américains.

«Ça veut dire beaucoup pour moi et j’espère que ce n’est que le début», mentionne l’ailière au physique impressionnant (6p0), qui a épaté de nombreux entraîneurs aux États-Unis lors de tournois: Aissatou avait reçu des offres d’au moins cinq universités!

Elle a finalement jeté son dévolu sur UMass, un programme situé à une distance raisonnable de la maison, offrant un encadrement académique de qualité et une équipe évoluant en première division de la NCAA, au sein de la conférence Atlantic-10.

Celle qui désire suivre les traces de sa mère en devenant psychologue y voyait le meilleur… des trois mondes. «J’ai eu quelques entretiens avec des coachs. De concert avec ma famille, on a statué que c’était l’endroit idéal pour moi. Après la visite virtuelle, j’étais convaincue. J’aurais aimé rencontrer tout le monde en personne, mais bon, c’est impossible en ce moment!»

Pas de temps à perdre!

La pandémie de la COVID-19 provoque la fermeture de la plupart des installations sportives et l’arrêt des activités pour des milliers d’athlètes. Elle menace aussi le processus d’adhésion à certains programmes universitaires… et les bourses souvent alléchantes qui y sont associées.

Aux États-Unis, la NCAA ajoutera une année supplémentaire d’éligibilité aux étudiants-athlètes dont l’actuelle saison est gâchée par le coronavirus.

En ce sens, le clan Diop s’est assuré d’avoir un engagement verbal le plus vite possible avec l’entraîneur des Minutewomen de l’Université du Massachusetts. «Cette entente sécurise Aissatou. Cela veut dire que l’équipe sera prête à l’accueillir à l’été 2022, peu importe ce qui arrivera avec les autres joueuses déjà présentes avec le club», explique son entraîneur chez les Cavaliers du Collège Champlain St-Lambert dans le réseau collégial québécois, Georges Germanos.

© COURTOISIE, CAVALIERS DU COLLÈGE CHAMPLAIN ST-LAMBERT

«Aissatou fait tourner les têtes»

Germanos connaît Aissatou Diop depuis ses premiers pas au sein des équipes du Québec. Il l’avait recrutée, très jeune, en vue du Championnat canadien civil des moins de 17 ans. Les fleurdelisées allaient remporter ces nationaux.

«C’est une excellente étudiante-athlète», s’exclame Germanos, également coordonnateur au développement sportif à la Fédération de basketball du Québec.

«Aissatou fait tourner les têtes. C’est dommage que la saison soit mise sur pause, car je m’attendais à ce qu’elle prenne encore plus de place et de maturité avec les Cavaliers. C’est une jeune femme qui a plein d’habiletés. Elle est très intelligente sur un terrain, très cérébrale.»

À son année recrue dans les rangs collégiaux en 2019-20, la Trifluvienne, troisième marqueuse de son équipe, a terminé au sixième rang du circuit de division 1 pour les blocs.

Vers l’équipe nationale du Sénégal?

Aissatou Diop a grandi dans une famille où le basketball est roi. Sa grande sœur Aminata a donné le goût à ses jumelles, Aissatou et Fatima, de suivre ses traces. Les deux jumelles non identiques ont presque toujours joué ensemble depuis leurs débuts. Après les Estacades, elles ont cheminé jusqu’au collégial, à St-Lambert près de Montréal.

Si Aissatou a confirmé son engagement universitaire, rien n’est encore joué pour Fatima, qui évolue à la position de meneuse. Comme sa sœur jumelle, elle vise de hautes études (médecine).

«On est toujours ensemble», sourit Aissatou. «Le confinement n’y a rien changé et on s’entend toujours aussi bien! Je lui souhaite de trouver son université.»

Sinon, les deux caressent le rêve de représenter le Sénégal sur la scène internationale en basketball. Elles ont la double citoyenneté puisque leur père, l’entraîneur aux Estacades Ibrahima Diop, est originaire de ce pays situé sur la côte ouest de l’Afrique.

© COURTOISIE, CAVALIERS DU COLLÈGE CHAMPLAIN ST-LAMBERT

Aissatou et Fatima ont même reçu une invitation formelle pour rejoindre la sélection sénégalaise en vue du Championnat africain des moins de 18 ans, le mois prochain en Égypte. Pour des questions de passeports et d’autres détails administratifs, elles attendront quelques mois avant de démontrer leur talent aux entraîneurs du Sénégal.

Un article publié par Le Nouvelliste il y a deux ans, mettant en vedette les sœurs Diop, avait d’ailleurs traversé l’Atlantique et attiré l’attention de responsables du programme de basketball dans ce petit pays d’Afrique. «C’est notre rêve, de percer une équipe nationale un jour», conclut Aissatou, impatiente de retrouver les courts de basket.

 Par Louis-Simon Gauthier – Le Nouvelliste