Archive for the ‘Technologie’ Category

Contre les violences, le Cachemire indien bloque les réseaux sociaux

avril 26, 2017

Srinagar (Inde) – Le gouvernement local du Cachemire indien a ordonné mercredi le blocage de réseaux sociaux comme Facebook ou Whatsapp pour un mois, une mesure inédite pour contrer le regain de violences dans cette région poudrière.

Depuis début avril, le Cachemire indien est en proie à une vague de violences qui fait écho à la sanglante année 2016, lorsque plus de 90 civils avaient trouvé la mort dans la vallée de Srinagar.

Face à cette situation, les autorités de l’Etat du Jammu-et-Cachemire ont enjoint aux fournisseurs d’accès à internet de bloquer « pour une période d’un mois ou jusqu’à nouvel ordre » les très populaires Facebook, Whatsapp ou Twitter, ainsi que plusieurs autres sites ou applications.

Ces services de messagerie sont « utilisés à mauvais escient par des éléments antinationaux et antisociaux » qui s’en servent pour transmettre des contenus « séditieux », d’après les autorités dans un communiqué. Si cette décision est une première, les coupures ponctuelles d’internet mobile sont pratique courante au Cachemire en périodes de troubles.

Les réseaux sociaux se sont de plus en plus imposés dans les rangs de la jeunesse cachemirie comme un espace de contestation contre l’administration indienne.

Une vidéo circulant sur internet mi-avril a ainsi poussé la police à ouvrir une enquête sur la possible utilisation par l’armée d’un bouclier humain. Le film d’onze secondes, apparu sur Twitter, montrait un homme ligoté sur une jeep militaire pour vraisemblablement dissuader les jets de pierres sur les soldats.

Le Cachemire indien est sous haute tension depuis que huit personnes ont été tuées par la police et les paramilitaires dans des heurts lors d’élections locales le 9 avril.

Des dizaines de personnes ont été blessées dans des affrontements entre lanceurs de pierres et forces de sécurité. Face à la colère étudiante, écoles et universités ont même dû être temporairement fermées.

Mercredi, plusieurs manifestations d’étudiants se sont encore tenues en différents endroits de la vallée. Plus d’une dizaine de protestataires ont été blessés par les gaz lacrymogène et tirs de billes de plomb des troupes indiennes.

Le plateau himalayen du Cachemire est divisé entre l’Inde et le Pakistan, qui en revendiquent chacun la totalité. Depuis la Partition de 1947, New Delhi et Islamabad se déchirent pour le contrôle de la région, un conflit dont découle une insurrection séparatiste dans la partie indienne.

Romandie.com avec(©AFP / 26 avril 2017 15h05)

France: En Marche! cible d’une tentative de collecte de données personnelles

avril 25, 2017

Paris – Le mouvement En Marche! d’Emmanuel Macron, arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle française dimanche, aurait été la cible de tentatives de hameçonnage (« phishing ») par un groupe russe en mars, selon un rapport présenté mardi par l’entreprise japonaise de cybersécurité Trend Micro.

Le hameçonnage consiste à faire croire à une personne qu’elle reçoit un mail d’un organisme où elle est inscrite ou qu’elle se trouve sur le site qui l’intéresse, afin de récupérer ses données personnelles ou d’identification.

Selon Trend Micro, le groupe de hackers russe Pawn Storm, également connu sous le nom de Fancy Bears, Tsar Team ou APT28, déjà accusé d’avoir visé le Parti démocrate durant la campagne présidentielle de Hillary Clinton aux Etats-Unis, serait responsable de ces tentatives.

« Il existe toujours une incertitude technique dans l’attribution, même si nous l’avons réduite le plus possible », rappelle à l’AFP Loïc Guézo, stratégiste cybersécurité Europe du Sud pour Trend Micro, « mais nous avons analysé un mode opératoire avec des données compilées sur deux ans, qui nous ont permis de déterminer la source ».

Le groupe est soupçonné de liens avec les services de sécurité russes, signe, selon ses détracteurs, de la volonté de Moscou d’influencer les scrutins des pays occidentaux.

Lors d’un point presse à Moscou lundi soir et répondant à une question d’ordre général, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a nié toute implication russe dans la campagne française, une accusation récurrente après celles concernant la campagne présidentielle américaine.

« Quels groupes ? D’où viennent-ils ? Pourquoi la Russie ? Cela rappelle ces accusations de la part de Washington qui restent encore à ce jour creuses et qui ne font pas honneur aux auteurs de telles déclarations », a-t-il estimé.

La tentative de « phishing » visant des personnes en recherche d’information sur le site de l’ancien ministre français de l’Economie s’inscrit dans une campagne plus large menée par le groupe, selon le rapport de Trend Micro.

Pawn Storm a cherché en effet, au cours des deux dernières années, à récupérer des données personnelles tous azimuts, visant autant des médias tels que la chaîne de télévision Al Jazeera ou le New York Times que des ministères en Albanie ou en Arménie.

Dans la liste des tentatives répertoriées apparaissent également, outre le Parti démocrate américain, la CDU de la chancelière allemande Angela Merkel ou encore les services du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

« Nous décrivons le mode opératoire d’un groupe dont les activités, une fois documentées, sont clairement liées aux intérêts politiques russes. Pour pouvoir viser aussi large et si longtemps dans la durée, il faut beaucoup de moyens, humains et financiers », a ajouté M. Guézo.

Ce n’est pas la première fois que le mouvement En Marche! est la cible de tentatives de piratage ou de phishing. Depuis l’annonce de la candidature de M. Macron, les systèmes informatiques de l’organisation sont la cible de milliers de tentatives d’attaques ou d’intrusion, selon un décompte interne.

Courant février, le secrétaire général du mouvement, Richard Ferrand, avait estimé qu’il s’agissait « d’attaques organisées et coordonnées par un groupe structuré, et non par des hackers solitaires ».

Romandie.com avec(©AFP / 25 avril 2017 11h48)

Le Danemark accuse des Russes d’avoir piraté les mails d’un ministère

avril 24, 2017

Le ministre danois Claus Hjort Frederiksen, ici à Copenhague le 10 juin 2011, dénonce l' »attitude très agressive » de la Russie après la publication d’un rapport faisant état de piratage de courriels par un groupe de hackers russes / © SCANPIX DENMARK/AFP/Archives / MARIE HALD

Le ministre danois de la Défence a dénoncé l' »attitude très agressive » de la Russie après la publication dimanche soir d’un rapport faisant état de piratage de courriels par un groupe de hackers russes accusés d’ingérence dans l’élection présidentielle américaine.

« Cela participe d’une guerre continue dans ce domaine (…), où nous assistons à une attitude très agressive de la Russie », a déclaré à l’agence de presse Ritzau le ministre de la Défense, Claus Hjort Frederiksen.

Selon le rapport du Centre pour la cybersécurité, un groupe de hackers russes pro-Kremlin a réussi à s’introduire dans la messagerie électronique de fonctionnaires du ministère de la Défense en 2015 et 2016.

« Les emails piratés ne contiennent pas de secrets militaires, mais c’est évidemment grave », a avancé le ministre.

APT28, le groupe accusé dans le rapport, est lié au gouvernement russe et a été nommé par le FBI et les services de sécurité intérieure américains comme étant derrière « des cyberactivités nuisibles » contre des sites gouvernementaux américains.

Au Danemark, le Centre pour la cybersécurité avait relevé au début de l’année que « la menace de cyberespionnage contre les autorités et les entreprises danoises » était « très élevée ».

Romandie.com avec(©AFP / 24 avril 2017 11h22)

Cameroun: Paul Biya ordonne le rétablissement de l’internet dans les régions anglophones

avril 20, 2017

Yaoundé – Le président camerounais Paul Biya a ordonné jeudi le rétablissement d’internet dans les deux régions anglophones du pays qui ont connu une situation inédite en Afrique avec une coupure du réseau depuis plus de trois mois.

« Instruction a été donnée (suite à une instruction du président Biya) aux opérateurs de la téléphonie de rétablir internet dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest avec effet immédiat », a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement Issa Tchiroma Bakary.

Internet a été rétabli vers 18H00 (17H00 GMT), a indiqué à l’AFP Gakwi Derick Jato, journaliste camerounais résident de la ville de Buéa, en zone anglophone.

« Les conditions ayant présidé à la suspension provisoire d’internet dans cette partie du territoire national ont fortement évolué », indique un communiqué gouvernemental signé par M. Tchiroma.

« Le niveau de la violence a baissé, les journées +ville morte+ n’ont plus lieu d’être, les étudiants sont dans classe et la vie retrouve son cours normal », a détaillé à l’AFP le porte-parole du gouvernement, interrogé sur les raisons du retour soudain du réseau.

Fin mars, la ministre des Télécommunications avait pour la première fois, reconnu à demi-mot que les autorités étaient à l’origine de la coupure, la plus longue jamais enregistrée en Afrique.

« Le gouvernement de la république se réserve le droit de prendre (…) les mesures appropriées pour éviter qu’internet ne soit utilisé à nouveau pour susciter la haine et la discorde entre Camerounais, ou pour créer des troubles à l’ordre public », ajoute le communiqué.

« Mieux vaut tard que jamais mais quel gâchis et des questions restent en suspens. Le communiqué du porte-parole du gouvernement n’est pas rassurant », a indiqué Julie Owono, responsable Afrique de l’ONG française Internet sans frontières, jointe par l’AFP à Paris.

Lancée en novembre par des professeurs et des juristes, la contestation anglophone revendique le retour au fédéralisme en faveur des deux régions ou, pour une minorité, le séparatisme, avec la création d’un nouvel Etat.

La minorité anglophone représente environ 20% des 22,5 millions d’habitants du Cameroun. Certains de ses membres occupent des postes à responsabilités dans le régime du président, Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, comme le Premier ministre, Philémon Yang. Le français et l’anglais sont les deux langues officielles du Cameroun, qui a supprimé le fédéralisme en 1972.

Romandie.com avec(©AFP / 20 avril 2017 22h05)

Des soldats irakiens victimes d’armes chimiques en Irak

avril 19, 2017

Un membre des forces spéciales irakiennes dans la vieille ville de Mossoul le 16 avril 2017 / © AFP/Archives / AHMAD AL-RUBAYE

Plusieurs soldats irakiens ont dû être soignés après une attaque à l’arme chimique perpétrée samedi par le groupe Etat islamique (EI) dans la ville de Mossoul, a rapporté mercredi un responsable américain.

Des membres de l’organisation extrémiste ont lancé un agent chimique de faible intensité contre des soldats irakiens dans l’ouest de Mossoul, une ville du nord de l’Irak que la coalition anti-EI tente de reprendre aux jihadistes, qui travaillaient avec des conseillers militaires américains et australiens, a précisé le général de division Joseph Martin.
« Les soldats irakiens (…) se trouvaient à proximité de l’une des frappes. Ils ont reçu des soins appropriés pour s’assurer qu’ils se portent bien », a précisé le général Martin, qui commande une division terrestre de la coalition des pays luttant contre l’EI.

L’armée américaine ne sait pas encore si des Australiens ou des Américains figurent parmi les victimes, a ajouté M. Martin.

L’agent chimique, qui est en cours d’analyse, est venu de « tirs indirects ».

« Personne n’est mort (…) et la bonne nouvelle c’est que personne n’a été gravement touché » par cette attaque, a précisé le général.

Le groupe EI mène régulièrement des attaques chimiques, mais son impact sur les opérations militaires était jusqu’à présent minime. Les bombes et les balles conventionnelles des jihadistes sont beaucoup plus meurtrières.

Tous les soldats du front sont censés porter un « équipement spécifique » destiné à les protéger d’éventuelles attaques chimiques, a rappelé M. Martin, sans dire si les soldats touchés samedi portaient ces équipements.

Lancée le 17 octobre, la bataille de Mossoul a permis aux troupes gouvernementales irakiennes de chasser en janvier les jihadistes de la partie Est de leur dernier grand bastion irakien. Depuis février, les combats se concentrent sur la rive ouest du fleuve Tigre, qui coupe la ville en deux.

Le groupe EI a pris le contrôle en 2014 de vastes pans de territoires en Irak et en Syrie. Mais les forces irakiennes soutenues par des bombardements aériens de la coalition menée par les Etats-Unis ont repris depuis beaucoup d’entre eux.

Romandie.com avec(©AFP / 19 avril 2017 20h25)

Égypte: six momies découvertes dans une tombe de l’époque pharaonique

avril 18, 2017

Louxor (Egypte) – Six momies, des sarcophages en bois aux couleurs vives, un millier de figurines funéraires: des archéologues ont fait des découvertes fabuleuses dans une tombe de l’époque pharaonique dans le sud de l’Egypte, a annoncé mardi le ministère des Antiquités.

La tombe, près de la ville de Louxor, véritable musée à ciel ouvert, et la Vallée des Rois, appartenait vraisemblablement à Userhat, un magistrat de la 18e dynastie (1550-1295 avant J.-C.), portant le titre de « juge de la ville », mais avait été réutilisée quelques siècles plus tard sous la 21e dynastie, pour accueillir d’autres momies.

« C’était une surprise de découvrir autant d’éléments à l’intérieur: des ustensiles en argile portant le nom du propriétaire de la tombe, plusieurs sarcophages et des momies, ainsi que plus d’un millier d’+ouchebti+ », petites statuettes funéraires déposées dans les tombes pour remplacer le mort dans les corvées de l’au-delà, a indiqué le ministre des Antiquités Khaled al-Anani, lors d’une visite de la tombe organisée pour la presse.

« C’est une découverte importante, et ce n’est pas fini », se réjouit M. Anani.

« Il y a à peu près six momies, mais il y a d’autres fragments qui indiquent que l’on pourrait en avoir plus dans le futur », a dit à l’AFP la porte-parole du ministère, Nevine el-Aref.

L’Egypte a récemment donné son feu vert à plusieurs projets archéologiques dans l’espoir de voir de nouvelles découvertes dans le domaine.

Romandie.com avec(©AFP / 18 avril 2017 14h19)

Les cinq pays africains où l’emploi est le plus menacé par la robotisation

avril 15, 2017

Un atelier de couture à Maseru, au Lesotho, en 2004. © BEN CURTIS/AP/SIPA

L’automatisation du travail qui devrait remplacer jusqu’à 50% des métiers actuels ne laissera pas le continent africain indemne.

Cinq pays africains sont tout particulièrement concernés par l’essor de la robotisation qui rendra automatisables jusqu’à 50% des métiers actuels, selon une étude du cabinet McKinsey récemment parue dans la revue scientifique Harvard Business Review.

« Aujourd’hui, près de la moitié des activités pour lesquelles des gens sont payés dans l’économie globale ont le potentiel pour être automatisés via une technologie adaptée », écrivent les trois co-auteurs.

Pour réaliser cette étude, le cabinet McKinsey a étudié les 46 pays sur près de 200 qui représentent à eux tous 80% de la main d’œuvre globale. Dans le monde, le pourcentage d’activités automatisables varie de 41,1% pour le Koweït à 55% pour le Japon, pour la projection la plus haute.

Sur le continent africain, cinq pays se détachent des autres : le Kenya (51,9%), suivi du Maroc (50,9%) puis de l’Égypte (48,7%), du Nigeria (45,7%) et de l’Afrique du Sud (41%).

Rester compétitif

Le cabinet McKinsey divise les pays étudiés en trois catégories. Viennent d’abord les économies développées à la population vieillissante, comme la France ou les États-Unis. Dans leur cas, l’automatisation devrait leur fournir la hausse de productivité nécessaire pour tirer leur croissance économique vers le haut.

Dans les pays émergents dont la population est également vieillissante, comme le Brésil, la Chine ou la Russie, l’automatisation doit seulement permettre de maintenir le PIB par tête actuel.

Enfin, arrivent les économies émergentes avec une population jeune, catégorie dans laquelle on retrouve notamment l’Afrique du Sud et le Nigeria. Dans ces derniers pays, la croissance continue de la population en âge de travailler pourrait soutenir le maintien actuel du PIB par tête, selon le cabinet McKinsey.

Cependant, « en raison de leurs attentes élevées en termes de croissance, et afin de rester compétitifs à l’échelle mondiale, l’automatisation ainsi que des mesures d’accroissement de la productivité seront nécessaires pour soutenir leur développement économique », ajoutent les auteurs sans préciser la nature exacte de ces mesures.

Jeuneafrique.com par

La news la plus lue hier : Un astéroïde va frôler la terre mercredi

avril 15, 2017

 

Image fournie par la Nasa montrant un astéroïde géant (Vesta) photographié le 9 juillet 2011 / © NASA/AFP/Archives / –

Un astéroïde d’environ 600 mètres de large va passer mercredi à proximité de la Terre, mais sans présenter le moindre danger, selon la Nasa.

« Bien qu’il n’y ait aucune possibilité que l’astéroïde entre en collision avec notre planète, il sera très près pour un objet spatial de cette taille », a précisé l’agence spatiale américaine, dans un communiqué.

Baptisé 2014-JO25, l’astéroïde mesure à peu près 650 mètres de large et passera à 1,8 million de kilomètres de la Terre, c’est à dire un peu moins de cinq fois la distance qui nous sépare de la lune.

La dernière fois que 2014-JO25 nous a rendu visite remonte à 400 ans et on ne le reverra pas avant 2.600 ans.

Le gros objet spatial passera près de notre planète après avoir contourné le Soleil puis il continuera sa route vers Jupiter avant de retourner vers le centre du système solaire.

En 2004, Toutatis, un astéroïde bien plus gros – 4,6 km de long sur 2,4 km de large en forme de cacahouète – était passé à 1.549.719 km, c’est à dire quatre fois la distance de la Terre à la Lune.

La Nasa avait également estimé qu’il ne présentait aucun risque pour notre planète, tout au moins pendant 558 ans, époque à laquelle il repassera à proximité de la Terre, mais cette fois plus près.

La prochaine visite d’un gros objet volant n’est pas prévu avant 2027, lorsque l’astéroïde 199-AN10, de 800 mètres de largeur, s’approchera à 380.000 km (la distance Terre/Lune).

La visite du 19 avril est une « opportunité exceptionnelle » pour les astronomes et les amoureux du ciel, a souligné la NASA. Sa surface étant deux fois plus réfléchissante que celle de la Lune, il devrait être visible avec un petit télescope pendant une ou deux nuits.

Romandie.com avec(©AFP / 14 avril 2017 21h35)

Corée du Nord: show militaire et menace de riposte nucléaire

avril 15, 2017

Le leader nord-coréen Kim Jong-Un (c) assiste, le 15 avril 2017 à Pyongyang, à une grande parade militaire à l’occasion du 105e anniversaire de Kim Il-Sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée / © AFP / ED JONES

La Corée du Nord est prête à répondre par le nucléaire à toute attaque atomique, a mis en garde samedi le régime de Pyongyang, organisateur d’un défilé militaire géant destiné à montrer sa force.

Le président américain Donald Trump, qui a envoyé vers la péninsule coréenne un groupe aéronaval articulé autour du porte-avions Carl Vinson, avait au préalable promis jeudi de « traiter » le « problème » nord-coréen.

S’exprimant avant une gigantesque parade militaire organisée à Pyongyang à l’occasion du 105e anniversaire de la naissance de Kim Il-Sung, le fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), le N.2 du régime a promis que son pays était « prêt à répondre à une guerre totale par une guerre totale ».

« Nous sommes prêts à répliquer à toute attaque nucléaire par une attaque nucléaire à notre façon », a insisté Choe Ryong-Hae lors d’une cérémonie précédant la parade militaire.

Dans une déclaration diffusée vendredi par KCNA, l’agence de presse officielle de la Corée du Nord, l’armée nord-coréenne avait assuré que les bases américaines en Corée du Sud, « tout comme les quartiers-généraux du Mal », tels que la présidence sud-coréenne à Séoul, seraient « pulvérisés en quelques minutes » en cas de guerre.

Samedi, des dizaines de milliers de soldats des armées de Terre, de l’Air et de la Marine, ont défilé au pas de l’oie devant le dirigeant du régime nord-coréen, Kim Jong-Un. Ils avaient auparavant patienté pendant des heures dans des centaines de camions alignés le long des rives du Taedong, le fleuve qui traverse la capitale nord-coréenne.

Des soldats de l’armée régulière nord-coréenne marchent lors d’une parade militaire, pour le 105e anniversaire de la naissance du précédent dirigeant nord-coréen, Kim Il-Sung, à Pyongyang, le 15 avril 2017 / © AFP / Ed JONES

– La Russie ‘très inquiète

Un défilé de chars a suivi précédant la présentation de 56 missiles de 10 types différents montés sur des semi-remorques.

Pour ce pays communiste isolé sur la scène internationale, il s’agit d’adresser « un message sans équivoque aux Etats-Unis après les propos de l’administration Trump et ses initiatives militaires », juge Evans Revere du centre de recherches Brookings Institution à Washington.

Selon plusieurs observateurs, la Corée du Nord, dont le programme nucléaire est à l’origine de tensions internationales grandissantes, pourrait procéder prochainement à un nouveau tir de missile balistique, voire même à son sixième essai nucléaire, en dépit des interdits de la communauté internationale.

Selon des spécialistes militaires, certains des missiles présentés samedi semblaient plus longs que les engins nord-coréens existant, KN-08 ou KN-14. Il pourrait s’agir de nouveaux missiles balistiques intercontinentaux, a indiqué à l’AFP Chad O’Carroll, du média NK News spécialisé sur la Corée du Nord.

Parade militaire à Pyongyang, le 15 avril 2017, à l’occasion du 105e anniversaire de Kim Il-Sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée / © AFP / ED JONES

La Chine a estimé vendredi qu’un « conflit pouvait éclater à tout moment »: quiconque en sera à l’origine « devra assumer une responsabilité historique et en payer le prix », a martelé le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, répétant que « le dialogue est la seule issue ».

Pékin souhaite coopérer avec Moscou pour « contribuer à apaiser au plus vite la situation » sur ce dossier, a-t-il également déclaré.

« Très inquiète », la Russie a de son côté appelé toutes les parties à la « retenue » et mis en garde contre « toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation ».

– Une bombe pour avertissement –

Selon les experts du site internet « 38 North », spécialisé sur la Corée du Nord et qui s’appuie sur plusieurs images satellites récentes, le site d’essais nucléaires de Punggye-ri est « amorcé et prêt » à servir.

Le site d’essais nucléaires nord-coréen / © AFP / Laurence CHU, John SAEKI

Pyongyang est sous le coup de nombreuses sanctions imposées par les Nations unies en raison de ses programmes nucléaires et balistiques et de son ambition de se doter d’un missile capable d’atteindre les Etats-Unis.

La Corée du Nord a déjà effectué cinq tests nucléaires, dont deux l’année dernière. Fin mars-début avril, la République populaire démocratique a effectué trois tirs de missiles balistiques vers la mer du Japon.

Jeudi, une semaine après avoir frappé de manière soudaine la Syrie accusée d’avoir utilisé une arme chimique, les Etats-Unis ont utilisé en Afghanistan la plus puissante bombe américaine non-nucléaire jamais larguée, surnommée « la mère de toutes les bombes ».

Le largage de cette bombe, qui intervient au moment où les tensions sont exacerbées avec Pyongyang, a été largement interprété comme un signal adressé à la Corée du Nord.

Pékin plaide depuis plusieurs semaines pour une solution dite de « suspension contre suspension »: Pyongyang doit interrompre ses activités nucléaires et balistiques et Washington ses exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, des manoeuvres annuelles considérées par le Nord comme une provocation.

Les Etats-Unis rejettent le plan chinois. Mais la Chine juge qu’il s’agit de « la seule option réalisable » et met Washington au défi d’avancer « une meilleure proposition ».

Depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), qui s’est achevée par un armistice plutôt qu’un accord de paix, Pyongyang assure avoir besoin de l’arme nucléaire pour se protéger d’une possible invasion américaine.

Romandie.com avec(©AFP / 15 avril 2017 12h30)

Afghanistan/Méga bombe américaine: des dizaines de combattants de l’EI tués selon Kaboul

avril 14, 2017

Photo d’archives non datée fournie par l’US Air Force d’une bombe GBU-43/B MOAB entreposée dans un endroit non précisé / © US AIR FORCE/AFP/Archives / Handout

La plus puissante bombe américaine non-nucléaire, larguée jeudi dans l’est de l’Afghanistan, a détruit un fief montagneux du groupe Etat islamique et tué au moins 36 de ses combattants, a indiqué vendredi le gouvernement afghan, écartant toute victime civile.

La bombe à effet de souffle massif (MOAB) GBU-43/B, surnommée « mère de toutes les bombes », a touché jeudi soir ce que les autorités afghanes ont décrit comme un réseau de tunnels et de grottes utilisé par l’EI dans le district d’Achin, situé dans la province orientale de Nangarhar frontalière du Pakistan.

C’est la première fois que cette bombe de 9,8 tonnes, d’une puissance explosive comparable à 11 tonnes de TNT, était utilisée au combat.

Elle pourrait entamer les capacités de l’EI en Afghanistan mais aussi constituer un avertissement pour les talibans, beaucoup plus nombreux et implantés, avant le début de leur offensive de printemps.

« A la suite du bombardement, des repaires stratégiques de Daech (acronyme arabe pour l’EI) et un complexe profond de tunnels ont été détruits, et 36 combattants de l’EI tués », a indiqué le ministère afghan de la Défense dans un communiqué.

Le président américain Donald Trump s’était auparavant félicité d’un « nouveau succès ».

Ce bombardement est intervenu une semaine après d’intenses frappes américaines contre le régime en Syrie et le jour même où le président Trump a averti que les Etats-Unis allaient « traiter le problème » nord-coréen.

L’explosion a résonné des kilomètres à la ronde et provoqué une vaste flambée dans cette zone isolée.

« C’est la plus forte explosion que j’ai jamais vue. L’endroit a été envahi par des flammes très hautes », a déclaré à l’AFP Esmail Shinwari, gouverneur du district d’Achin, ajoutant que la bombe avait frappé la zone de Mamand Dara.

Une source proche des insurgés afghans a indiqué à l’AFP sous couvert de l’anonymat que des habitants avaient senti le sol bouger « comme lors d’un tremblement de terre », et que certains s’étaient évanouis en raison de la puissance du souffle.

« Des gens ont commencé à quitter la zone par peur de nouveaux bombardements », a-t-il ajouté.

Selon une autre source proche des insurgés, entre 800 et 1.000 combattants de l’EI étaient estimés se cacher dans cette région frontalière du Pakistan.

Au poste-frontière pakistano-afghan de Torkham, situé à plusieurs dizaines de kilomètres du point d’impact indiqué, aucun mouvement inhabituel n’était détecté.

– Intensification des combats –

La bombe a été larguée après une intensification des combats la semaine passée dans cette zone où les forces afghanes au sol, soutenues par les troupes américaines, peinaient à avancer. Un soldat des forces spéciales américaines a été tué samedi dernier à Nangarhar lors d’opérations anti-EI.

Des experts en sécurité estiment que l’EI avait établi ses bases près d’habitations civiles, mais le gouvernement afghan a assuré que des milliers de familles avaient fui les lieux ces derniers mois.

Selon un porte-parole des forces spéciales afghanes à Nangarhar, il ne restait plus qu’une famille, qui a été transférée en sécurité.

« Des précautions avaient été prises pour éviter des victimes civiles », a dit le président Ashraf Ghani sur Twitter, soutenant le bombardement avec lequel certains responsables proches de lui ont néanmoins pris leurs distances.

« Je trouve répréhensible et contre-productive l’utilisation sur notre sol de la plus gros bombe non-nucléaire, la soi-disant +mère de toutes les bombes+ », a estimé sur Twitter l’ambassadeur afghan au Pakistan, Omar Zakhilwal. « Si les grosses bombes offraient une solution, nous serions aujourd’hui l’endroit le plus sûr au monde ».

Des forces de sécurité afghanes lors d’une opération contre l’EI, le 14 avril 2017 dans le district d’Achin, province de Nangarhar / © AFP / NOORULLAH SHIRZADA

Mais le commandant des forces américaines en Afghanistan, le général John Nicholson, a assuré que « c’était la bonne arme contre la bonne cible ».

La méga bombe, conçue en 2002-2003 au début de la guerre en Irak, est la plus grosse bombe non-nucléaire jamais utilisée au combat, a indiqué l’armée de l’air américaine.

Elle était initialement destinée autant à intimider l’ennemi qu’à dégager de vastes étendues.

Un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a condamné dans un communiqué ce bombardement des Américains qui « utilisent l’Afghanistan comme un laboratoire expérimental », soulignant qu’éliminer Daech était « le travail des Afghans ».

Le commerce depuis l’Afghanistan vers le Pakistan semblait se dérouler malgré tout normalement vendredi malgré la détonation entendue à quelque 50 km à la ronde.

La province de Nangarhar est la première région d’implantation en Afghanistan de l’organisation jihadiste moyen-orientale EI, qui a progressé ces dernières années en Afghanistan, en recrutant notamment au sein des talibans afghans ou pakistanais.

Depuis août 2016, les forces américaines y ont conduit de nombreuses frappes aériennes sur les bastions jihadistes. Les efforts combinés des forces afghanes et américaines les ont fait reculer.

Romandie.com avec(©AFP / 14 avril 2017 14h54)