Archive for the ‘Technologie’ Category

Un contrat majeur pour Hydro-Québec avec New York

septembre 20, 2021

Hydro-Québec, et son partenaire américain Transmission Developpers, ont annoncé lundi avoir été sélectionnés pour fournir de l’électricité à l’État de New York à partir de 2025.

Hydro Québec vient de remporter un contrat majeur.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Hydro Québec vient de remporter un contrat majeur.

Ce contrat majeur de livraison de 10,4 TWh/an d’électricité permettra, à partir de 2025 et pendant 25 années, d’alimenter plus d’un million de foyers américains, souligne Hydro-Québec dans un communiqué de presse émis lundi.

II s’agit du plus gros contrat d’exportation remporté par Hydro-Québec. À titre de comparaison, le contrat visant à acheminer au Massachusetts 9,45 térawattheures d’hydroélectricité par année pendant 20 ans sont estimés à environ 10 milliards de dollars américains.

Le projet Champlain Hudson Power Express prévoit la construction d’une ligne de transport souterraine et sous-fluviale d’une longueur d’environ 545 km entre la frontière canado-américaine et la ville de New York.

L’État de New York fait un pas audacieux vers la décarbonation», a déclaré la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Sophie Brochu. Actuellement, 85 % de l’électricité de l’État est produite à partir d’énergies fossiles.

Acceptabilité sociale recherchée

La phase de construction permettra de créer 1400 emplois aux États-Unis indique la société d’État. Afin de favoriser l’acceptabilité sociale du projet, deux fonds seront créés.

Le premier, d’une valeur de 40 millions de dollars américains, offrira aux résidents des collectivités défavorisées et de première ligne des possibilités de formation», indique le communiqué de presse. Le second, d’une valeur de 117 millions de dollars, visera pour sa part l’amélioration de l’état de santé du lac Champlain, du fleuve Hudson et de la rivière Harlem» que le réseau traversera.

La partie québécoise de la ligne de transport (elle aussi souterraine sur 60 km) sera détenue en copropriété avec la communauté mohawk de Kahnawake, qui bénéficiera de retombées économiques pendant 40 ans.

Rappelons que le projet de ligne de transport d’électricité entre le Québec et le Massachusetts cause des tensions avec certaines communautés autochtones du côté québécois, ainsi qu’avec les communautés rurales, du côté américain.

 Avec CBC/Radio-Canada 

Le « syndrome de la Havane », ce mal mystérieux qui frappe les diplomates américains

août 26, 2021
Le "syndrome de la Havane", ce mal mysterieux qui frappe les diplomates americains
Le « syndrome de la Havane », ce mal mystérieux qui frappe les diplomates américains© AFP/YAMIL LAGE

Un mal mystérieux, surnommé « syndrome de la Havane » et parfois comparé à des « attaques acoustiques », frappe des diplomates américains depuis cinq ans à travers le monde. De quoi s’agit-il ? Une puissance rivale est-elle responsable ?

La visite de la vice-présidente des Etats-Unis Kamala Harris au Vietnam, retardée de plusieurs heures cette semaine par un « incident de santé anormal » signalé par l’ambassade américaine à Hanoï, a de nouveau braqué les projecteurs sur ce phénomène sur lequel Washington n’a toujours pas pu faire la lumière.

A quand remontent les premiers cas ?

C’est en 2016 que de premiers diplomates américains en poste à Cuba commencent à se plaindre de malaises.

Mais l’affaire n’éclate au grand jour qu’en 2017, lorsque le président américain de l’époque, Donald Trump, rappelle la majeure partie de ses diplomates de La Havane pour répondre à cette nouvelle menace.

Plus de vingt employés du gouvernement américain et membres de leurs familles sont concernés à Cuba entre fin 2016 et mai 2018, ainsi que des diplomates canadiens.

En 2018, des symptômes similaires frappent une dizaine d’autres diplomates américains en Chine. Des cas sont successivement signalés en Allemagne, en Australie, en Russie, à Taïwan et même à Washington.

En juillet dernier, le journal The New Yorker rapporte l’existence de plus d’une vingtaine de cas à Vienne, en Autriche, depuis le début de l’année.

Le département d’Etat américain refuse de fournir une estimation globale du nombre de personnes touchées. « Le nombre de 200 cas a été évoqué », confirmés ou présumés, dit à l’AFP une source proche du dossier, déplorant une forme d’omerta.

Quelles sont ses manifestations ?

« Beaucoup de gens entendent un bruit persistant, une douleur perçante, ressentent une forte pression dans leur tête », explique cette source, décrivant aussi des effets de long terme comme « des difficultés de concentration et des trous de mémoire ».

Les diplomates concernés ont souffert de maux divers incluant des problèmes d’équilibre et de vertige, de coordination, de mouvement des yeux, ainsi que de l’anxiété, de l’irritabilité et ce que des victimes ont appelé un « brouillard cognitif ». Des lésions cérébrales ont même été diagnostiquées.

« Chaque cas signalé d’un possible incident de santé inexpliqué est unique », et « nous prenons chaque signalement très au sérieux » pour « apporter aux employés touchés les soins et le soutien nécessaires », affirme à l’AFP un porte-parole de la diplomatie américaine.

Des chercheurs qui ont analysé les victimes par imagerie médicale ont expliqué que leur cerveau avait « subi quelque chose » provoquant des « changements ».

Quelles sont les causes ?

Des hypothèses plus ou moins farfelues se sont succédé, comme celle suggérant que le bruit en question correspondait au chant d’accouplement d’un grillon, ou encore une possible intoxication à des pesticides.

Mais selon un rapport de l’Académie des Sciences américaine, « l’énergie dirigée d’ondes radio » est la cause la plus probable de ces symptômes. Des faisceaux de micro-ondes sont une explication qui revient régulièrement.

Problème: malgré une enquête toujours en cours depuis les premiers cas, le gouvernement américain n’a pas été en mesure de « déterminer la cause de ces incidents ni s’ils constituent une attaque de la part d’un acteur étranger », reconnaît le département d’Etat.

« C’est difficile à croire, et même effrayant, car ceux qui enquêtent » au sein de la task force gouvernementale « sont les meilleurs », soupire la source proche du dossier.

Des « attaques » étrangères ?

Après le cas de Hanoï, l’ex-agent de la CIA Marc Polymeropoulos, lui-même victime à Moscou en 2017, a clairement évoqué l’hypothèse d’attaques.

« Il me semble que nos adversaires nous envoient un message clair, qu’ils ne sont pas uniquement en mesure de viser nos agents du renseignement, nos diplomates et nos militaires » mais aussi « nos plus hauts responsables », a-t-il dit mercredi au site spécialisé sur la sécurité nationale Cipher Brief.

Depuis le début, les autorités américaines ont oscillé, certains responsables minimisant des symptômes parfois attribués au stress, d’autres évoquant en privé de possibles attaques et soupçonnant des pays comme la Russie.

L’administration Trump, qui n’avait pas hésité à provoquer une crise diplomatique avec Cuba, avait été accusée par certaines victimes touchées en Chine de sous-estimer leur cas pour des raisons politiques: il s’agissait selon elles de ne pas se fâcher avec Pékin au moment où le milliardaire républicain négociait un accord commercial.

L’AFSA, principal syndicat représentant les diplomates américains, dit dans un document interne obtenu par l’AFP avoir dû insister pour que les victimes « présumées » soient traitées comme celles « confirmées ». Elle salue des progrès ces derniers mois — depuis l’arrivée de l’administration de Joe Biden.

Par Le Point avec AFP

« Projet Pegasus » : Amnesty International demande un moratoire sur l’utilisation des technologies de cybersurveillance

juillet 24, 2021

L’organisation de défense des droits humains, qui a contribué à la vaste enquête d’un consortium de médias sur le logiciel espion Pegasus, exige un renforcement des règles et des contrôles dans le secteur de la cybersurveillance.

La secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, le 6 avril 2021 à Paris.
La secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, le 6 avril 2021 à Paris. CHRISTOPHE ENA / AP

Pour Amnesty International, les révélations sur le logiciel d’espionnage Pegasus mettent en évidence « une crise des droits humains mondiale ». L’organisation non gouvernementale (ONG) a demandé, samedi 24 juillet, qu’un moratoire soit « immédiatement instauré » sur la vente et l’utilisation des technologies de surveillance, avant la mise en place d’un cadre réglementaire « respectueux des droits humains ».

Dans un communiqué, l’organisation alerte sur « les effets dévastateurs sur les droits humains partout dans le monde d’un secteur de la cybersurveillance peu réglementé ». Les informations données par Le Monde et seize autres médias, réunis au sein d’un consortium coordonné par Forbidden Stories« montrent clairement les dangers et les préjudices auxquels sont exposées les personnes illégalement prises pour cibles », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, citée dans ce communiqué.about:blankclose

La société israélienne NSO, qui a conçu le logiciel, « est une entreprise parmi d’autres. Il s’agit d’un secteur dangereux qui opère depuis trop longtemps à la limite de la légalité », déplore l’ONG. « Il est absolument urgent que soient renforcés la réglementation du secteur de la cybersurveillance (…) et le contrôle de ce secteur très opaque », estime-t-elle.

Alerter les plus hautes sphères politiques

Introduit dans un smartphone, le logiciel Pegasus permet d’en récupérer les messages, photos, contacts, et d’activer à distance les micros. Les organisations Forbidden Stories et Amnesty International ont obtenu une liste de 50 000 numéros de téléphone, sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour être potentiellement surveillés. Elles l’ont partagée avec les 17 rédactions qui ont révélé son existence dimanche.

La liste des cibles potentielles comprend les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise, d’après l’analyse du consortium – qui en a localisé beaucoup au Maroc, en Arabie saoudite ou encore au Mexique.

Le Monde et Radio France, partenaires du projet, ont révélé qu’une ligne de téléphone d’Emmanuel Macron faisait partie des « numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’Etat marocain (…) pour un potentiel piratage ». Les activistes d’Amnesty International espèrent que « le fait que de hauts responsables politiques aient eux-mêmes été pris dans les filets des technologies de surveillance » permettra d’« alerter enfin les Etats du monde entier sur l’impérieuse nécessité de réagir en réglementant ce secteur ».

Par Le Monde avec AFP

« Projet Pegasus » : le Maroc attaque « Forbidden Stories » et Amnesty International en diffamation

juillet 22, 2021

En France, un conseil de défense a « permis d’avoir un point d’étape » sur la présence des téléphones d’Emmanuel Macron parmi les cibles potentielles, selon l’Elysée, ajoutant qu’« un certain nombre de protocoles de sécurité ont été réajustés ».

Le roi du Maroc Mohammed VI (à droite) et le prince Moulay Rachid au Palais royal de Casablanca, le 17 mars 2015.
Le roi du Maroc Mohammed VI (à droite) et le prince Moulay Rachid au Palais royal de Casablanca, le 17 mars 2015. FADEL SENNA / AFP

Les secousses continuaient d’ébranler certains Etats, jeudi 22 juillet, à la suite des révélations sur le logiciel Pegasus faites par un consortium de dix-sept rédactions, parmi lesquelles Le Monde. Le Maroc, accusé d’avoir eu recours au logiciel d’espionnage, a décidé d’attaquer en diffamation Amnesty International et Forbidden Stories, les deux associations à l’origine des révélations sur les clients de ce logiciel conçu par la société israélienne NSO Group, devant le tribunal correctionnel de Paris.

De son côté, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a réuni un conseil de défense exceptionnel consacré à l’affaire Pegasus et à la cybersécurité. Le Parlement israélien a mis en place une commission d’enquête, tandis qu’en Hongrie, le parquet de Budapest a ouvert une enquête sur « le recueil potentiel non autorisé d’informations confidentielles ».

  • Le Maroc attaque « Forbidden Stories » et Amnesty international

Accusé d’avoir eu recours au logiciel d’espionnage Pegasus, le royaume du Maroc et son ambassadeur en France, Chakib Benmoussa, ont décidé d’attaquer en diffamation Amnesty International et Forbidden Stories devant le tribunal correctionnel de Paris, a annoncé jeudi son avocat, Olivier Baratelli. Une première audience procédurale est prévue le 8 octobre, mais le procès ne devrait pas avoir lieu avant environ deux ans.

« L’Etat marocain entend immédiatement saisir la justice française car il souhaite que toute la lumière soit faite sur les allégations mensongères de ces deux organisations qui avancent des éléments sans la moindre preuve concrète et démontrée », accuse Me Baratelli, déplorant un « procès d’intention médiatique, infondé et visiblement créé de toutes pièces pour déstabiliser la relation diplomatique profonde entre le Maroc et la France ». Le royaume chérifien « entend ne pas laisser impunis les multiples mensonges et les fake news propagés ces derniers jours ».

Rabat a menacé mercredi d’« opter pour une démarche judiciaire, au Maroc et à l’international contre toute partie reprenant à son compte ces allégations fallacieuses ». Parallèlement, le parquet général marocain a annoncé mercredi « l’ouverture d’une enquête judiciaire sur ces fausses allégations et accusations ».

  • Emmanuel Macron convoque un conseil de défense « exceptionnel »

En France, Emmanuel Macron a convoqué, jeudi matin, un conseil de défense exceptionnel consacré à l’affaire Pegasus et à la question de la cybersécurité. Cette réunion a « permis d’avoir un point d’étape » sur les investigations portant sur la présence des téléphones d’Emmanuel Macron parmi les cibles potentielles du logiciel espion, selon le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, interrogé sur BFM-TV.

« Un certain nombre de protocoles de sécurité ont été réajustés, notamment autour du président de la République. Par ailleurs, l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information a commencé à proposer aux personnes qui pourraient avoir été ciblées par une attaque un accompagnement technique », a-t-il ajouté.

« Le président de la République suit au plus près ce dossier et prend cette affaire très au sérieux », avait souligné dans la matinée M. Attal sur France InterL’enquête sur Pegasus a révélé qu’un numéro du chef de l’Etat figurait dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’Etat marocain pour un potentiel piratage. « C’est une affaire qui, si ce qui a été révélé est confirmé et avéré, est très grave », a-t-il redit.

« Les téléphones [du président] sont changés régulièrement. Il y a un certain nombre de paramètres de sécurité qui protègent, qui sont changés très régulièrement. Il y a des protections qui sont faites », a assuré le porte-parole, interrogé sur une possible négligence au sommet de l’Etat. Gabriel Attal a par ailleurs affirmé qu’il fallait « protéger les autres [personnes visées], les secteurs public et économique » du pays, rappelant qu’un plan de « 100 millions d’euros » avait été lancé depuis un an pour « équiper nos hôpitaux et aider nos collectivités locales » à faire face aux cyberattaques.

  • Israël ouvre une enquête parlementaire

Le Parlement israélien a mis en place une commission pour enquêter sur des allégations selon lesquelles le logiciel d’espionnage Pegasus a été utilisé à « mauvais escient » par certains Etats pour espionner des personnalités, a annoncé jeudi un député israélien.

« La défense a désigné une commission composée d’un certain nombre de groupes », a déclaré à la radio militaire Ram Ben-Barak, à la tête de la commission des affaires étrangères et de la défense du Parlement israélien. « A l’issue de l’enquête (…) nous évaluerons si nous devons apporter des corrections », a ajouté le député centriste et ancien directeur adjoint du Mossad, les services de renseignements extérieurs israéliens.

Le logiciel Pegasus, conçu par la société israélienne de cybersécurité NSO, est au cœur d’un scandale mondial d’espionnage qui a poussé l’ONG Reporters sans frontières à réclamer un moratoire sur ses ventes, et la chancelière allemande Angela Merkel, notamment, à demander plus de restrictions sur la vente de ces systèmes.

  • En Hongrie, la justice lance une enquête après plusieurs plaintes

A la suite de plusieurs plaintes, le parquet de Budapest a annoncé jeudi l’ouverture d’une enquête sur « le recueillement potentiel non autorisé d’informations confidentielles ». L’enquête vise à établir les faits et à déterminer si un crime et, le cas échéant, lequel, a été commis, a-t-il précisé.

Cette affaire suscite beaucoup d’émotion dans ce pays d’Europe centrale, régulièrement accusé par les organisations internationales de saper l’Etat de droit depuis le retour au pouvoir du souverainiste Viktor Orban en 2010. L’opposition libérale, les représentants des journalistes et des avocats ont réclamé une enquête indépendante.

De son côté, le gouvernement a dénoncé, par la voix de son porte-parole, Zoltan Kovacs, « un groupe de médias de gauche » proférant « des affirmations non fondées »« gobées par le reste de la presse », qui « suivrait le troupeau ».

  • Angela Merkel demande plus de restrictions sur la vente de logiciels espions

La chancelière allemande, Angela Merkel, a quant à elle demandé, jeudi, plus de restrictions sur la vente de logiciels espions de type Pegasus. « Il est important » que de tels logiciels « n’arrivent pas entre de mauvaises mains » et « il ne faudrait pas vendre ces logiciels à des pays où la surveillance des opérations [d’écoute] par la justice n’est peut-être pas garantie », a déclaré Mme Merkel.

La haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, avait également réclamé, lundi, une meilleure « réglementation » des technologies de surveillance et de leur transfert, voyant un « besoin urgent » à assurer leur « strict contrôle et autorisation ».

Le Monde avec AFP et Reuters

Espionnage : le « PegasusGate » est aussi africain

juillet 21, 2021
Damien Glez

Dans le scandale mondialisé de l’espionnage massif de journalistes ou activistes via le logiciel Pegasus, l’Afrique n’est pas en reste… 

L’Africain lambda a toujours la nette impression que son continent n’est « in » que dans le pire et « out » que dans le meilleur. « Out » dans l’accès aux vaccins anti-Covid qu’il a du mal à dupliquer lui-même et « in » dans l’insécurité avec, d’après l’édition 2021 du Global Peace Index, cinq pays parmi les dix les moins pacifiés de la planète. Même lorsque le cynisme politique se fait « high tech », l’Afrique est dans la place. C’est ce que tend à démontrer le récent « PegasusGate »…

C’est le 18 juillet dernier qu’un consortium de dix-sept rédactions coordonnées par la plateforme Forbidden Stories, en collaboration avec le Security Lab d’Amnesty International, annonçait qu’environ 50 000 numéros de téléphone avaient été les cibles d’un puissant logiciel espion distribué par l’entreprise israélienne NSO Group. Connu sous le nom de Pegasus, le programme malveillant infecte aussi bien les iPhones que les appareils Android, et permet aux opérateurs de siphonner, en sourdine, des localisations, des messages, des photos, voire des captations inopinées d’appels ou de visuels via l’activation secrète de microphones et de caméras.

Trois pays africains accusés

Officiellement destiné à confondre les criminels et les terroristes, le logiciel se serait retrouvé entre les mains de pays au bilan douteux en matière de droits de l’homme et aux intentions peu compatibles avec le respect de la vie privée et du secret professionnel. Dans des pays comme la Chine ou l’Azerbaïdjan, la majorité des cibles du logiciel intrusif auraient été journalistes, opposants, avocats ou défenseurs des droits de l’homme.

L’ALGÉRIE, LA RDC, L’ÉGYPTE, LE MAROC, L’OUGANDA, LE RWANDA ET LE TOGO FIGURENT DANS L’ACCABLANT PALMARÈS DU « PEGASUSGATE »

Partie émergée de l’iceberg ? L’Agence France-Presse évoque déjà 180 hommes et femmes de presse, 600 politiciens, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise. Or, certaines cibles de cet espionnage massif ont été contraintes à l’exil, voire assassinées, comme l’emblématique Saoudien Jamal Khashoggi

La sophistication technologique serait-elle hors de portée de régimes africains dont certains aiment faire vibrer la corde sensible de budgets nationaux trop étriqués pour satisfaire les besoins sociaux de base ? Pas sûr, si l’on en croît l’enquête du consortium de journalistes. Sous réserve de confirmation des données et de démonstration du cadre d’utilisation, trois pays du continent figurent dans l’accablant palmarès du « PegasusGate » :  le Maroc, le Rwanda et le Togo. Il y a quelques années, c’est l’entreprise de logiciels basée en Italie Memento Labs que Reporters sans frontières avait accusé d’avoir permis le hacking de journalistes d’Éthiopie et du Maroc.

L’heure est aux dénégations, à commencer par celles de la société NSO Group qui affirme n’avoir vendu son logiciel espion qu’à des « gouvernements approuvés » qui seraient au nombre de 36. La bien attentionnée entreprise de sécurité informatique auraient-elle été victime d’un piratage informatique ?

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Un logiciel israélien utilisé pour espionner journalistes et militants dans le monde (médias)

juillet 18, 2021
Un logiciel israelien utilise pour espionner journalistes et militants dans le monde (medias)
Un logiciel israélien utilisé pour espionner journalistes et militants dans le monde (médias)© AFP/JACK GUEZ

Des militants des droits humains, des journalistes et des opposants du monde entier ont été espionnés grâce à un logiciel mis au point par une société israélienne, selon une enquête publiée dimanche dans plusieurs médias.

Le logiciel espion Pegasus de la société NSO Group, s’il est introduit dans un smartphone, permet d’en récupérer les messages, les photos, les contacts, et même d’écouter les appels de son propriétaire.

L’entreprise, fondée en 2011 et qui a régulièrement été accusée de faire le jeu de régimes autoritaires, a toujours assuré que son logiciel servait uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

Mais les organisations Forbidden Stories et Amnesty International ont eu accès à une liste, établie en 2016, de 50.000 numéros de téléphone que les clients de NSO avaient sélectionnés en vue d’une surveillance potentielle. Elle inclut les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains, ou encore 65 chefs d’entreprise… selon une analyse menée par 17 rédactions.

Sur cette liste, figure notamment le numéro d’un journaliste mexicain Cecilio Pineda Birto, abattu quelques semaines après son apparition sur ce document. Des correspondants étrangers de plusieurs grands médias, dont le Wall Street JournalCNNFrance 24Mediapart, El País, ou l’AFP en font aussi partie.

D’autres noms de personnalités figurant sur la liste seront divulgués dans les prochains jours par le consortium de médias qui ont mené l’enquête, dont font notamment partie Le Monde, The Guardian, et The Washington Post.

Leurs journalistes ont rencontré une partie des personnes visées et ont récupéré 67 téléphones, qui ont fait l’objet d’une expertise technique dans un laboratoire d’Amnesty International.

Elle a confirmé une infection ou une tentative d’infection par le logiciel espion de NSO Group pour 37 appareils, selon les compte-rendus publiés dimanche.

Deux des téléphones appartiennent à des femmes proches du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d’agents venus d’Arabie saoudite.

Pour les 30 autres, les résultats ne sont pas probants, souvent car les propriétaires des numéros ont changé de téléphone.

« Il y a une forte corrélation temporelle entre le moment où les numéros sont apparus sur la liste et leur mise sous surveillance », précise le Washington Post.

Cette analyse, qui met à mal la communication de la société, s’ajoute à une étude, menée en 2020, par le Citizen Lab de l’Université de Toronto, qui avait confirmé la présence du logiciel Pegasus dans les téléphones de dizaines d’employés de la chaîne Al-Jazeera du Qatar.

Par Le Point avec AFP

Le milliardaire Richard Branson a accompli son rêve d’espace

juillet 11, 2021
Le milliardaire Richard Branson a accompli son reve d'espace
Le milliardaire Richard Branson a accompli son rêve d’espace© AFP/Patrick T. FALLON

Le milliardaire Richard Branson a réussi son pari: après avoir passé sa vie entière à en rêver, le Britannique a atteint l’espace dimanche à bord d’un vaisseau de l’entreprise Virgin Galactic, qu’il a fondée il y a 17 ans, et promis le début d’une « nouvelle ère spatiale ».

Il a ainsi ravi à Jeff Bezos le titre de premier milliardaire à faire ce spectaculaire voyage grâce à l’engin d’une entreprise qu’il a lui-même créée.

C’est « une expérience unique dans une vie », a-t-il décrit alors qu’il était encore à bord du vaisseau VSS Unity, en train de revenir vers la base de Spaceport America, dans le désert du Nouveau-Mexique.

« J’ai rêvé de ce moment depuis tout petit, mais rien ne pouvait me préparer à la vue de la Terre depuis l’espace », a-t-il ajouté après son vol. « Nous sommes à l’avant-garde d’une nouvelle ère spatiale », a-t-il lancé.

Outre Richard Branson, deux pilotes et trois autres passagers — des employés de Virgin Galactic — se trouvaient à bord.

A quelque 15 kilomètres d’altitude, le vaisseau s’est détaché de son avion porteur et a entamé une ascension supersonique, jusqu’à dépasser les 80 km d’altitude — la hauteur fixée aux Etats-Unis pour la frontière de l’espace.

Durant quelques minutes, les passagers ont pu se détacher de leur siège pour flotter en apesanteur et admirer la courbure de la Terre depuis l’un des grands hublots de la cabine.

Après un pic à 86 kilomètres d’altitude, le vaisseau est redescendu en planant jusqu’à se poser sur la piste qu’il avait quittée une heure plus tôt.

Durant le vol, le rôle officiel de Richard Branson, qui cultive de longue date son image de tête brûlée, était de tester et évaluer l’expérience que vivront les futurs clients.

Une fois de retour sur Terre, l’excentrique septuagénaire a embrassé ses petits enfants et célébré son nouveau statut d’astronaute sur une scène, arrosant l’assistance de champagne.

« Rejoindre le club »

Des milliardaires s’étaient déjà rendus dans l’espace dans les années 2000, mais à bord de fusées russes.

« Félicitations pour le vol ! », a lancé le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, sur Instagram. « J’ai hâte de rejoindre le club ! »

L’homme le plus riche du monde doit lui aussi s’envoler pour quelques minutes dans l’espace le 20 juillet, avec sa propre fusée, nommée New Shepard et développée par sa société Blue Origin.

Il avait un temps paru être en position de réaliser l’exploit avant M. Branson, mais ce dernier avait finalement annoncé à la dernière minute une date antérieure.

« Ce n’était vraiment pas une course », a toutefois assuré le fondateur du groupe Virgin durant la conférence de presse suivant le vol. « Nous souhaitons le meilleur à Jeff. »

Un autre milliardaire rival, le patron de SpaceX Elon Musk, était lui présent sur place pour l’événement. Il a adressé sur Twitter ses félicitations à Richard Branson après avoir assisté à ce « magnifique vol ».

La base spatiale Spaceport America comprend une piste de plus de 3,6 km de long et un bâtiment au design futuriste, avec des espaces dédiés aux opérations de vol, ainsi qu’à l’accueil des futurs clients.

Virgin Galactic est à l’initiative de sa construction, largement financée par l’Etat du Nouveau-Mexique, dans le sud-ouest des Etats-Unis, et en est le client principal.

Un tournant pour le tourisme spatial

L’avènement imminent du tourisme spatial est annoncé depuis des années, mais la réussite de Virgin Galactic dimanche constitue sans aucun doute un tournant.

Tout avait pourtant bien failli tourner court en 2014: un accident en vol d’un vaisseau de Virgin Galactic avait causé la mort d’un pilote, retardant considérablement le programme.

Richard Branson souhaitait à l’origine voler avant juillet 2019, pour le cinquantième anniversaire des premiers pas sur la Lune.

Depuis, VSS Unity a atteint quatre fois l’espace, dont la dernière en date dimanche.

Désormais, Virgin Galactic prévoit deux nouveaux vols d’essai, puis le début des opérations commerciales régulières pour début 2022. Et ambitionne à terme de mener 400 vols par an depuis Spaceport America.

Quelque 600 billets ont déjà été vendus à des personnes de 60 pays différents — y compris des célébrités hollywoodiennes — pour un prix compris entre 200.000 et 250.000 dollars.

Même si Richard Branson ne cesse de répéter que selon lui, « l’espace nous appartient à tous », l’aventure ne reste donc à la portée que de privilégiés.

Pour tenter d’y remédier, le Britannique a annoncé la possibilité pour deux particuliers de gagner leur place à bord de l’un des premiers vols commerciaux de Virgin Galactic, dans le cadre d’un partenariat avec l’entreprise de collecte de fonds Omaze et l’ONG Space for Humanity.

Par Le Point avec AFP

Internet mobile : Congo, RDC, Côte d’Ivoire… Dans quels pays la data est-elle la plus chère ?

juillet 11, 2021
La GSMA, lobby mondial des télécoms, constate une baisse du prix moyen des terminaux mobiles sur le continent en 2019.

Malgré l’installation de câbles sous-marins pour connecter le continent, le prix d’un giga de données mobiles reste en moyenne très élevé. État des lieux.

Si la fracture numérique se réduit en Afrique, le coût d’internet a, lui, du mal à baisser. Le 30 juin, le dernier tronçon du câble sous-marin Africa Coast to Europe (ACE), qui relie la France à l’Afrique du Sud en connectant une dizaine de pays africains, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana, a été mis en service.

Dernier exemple en date de la progression de la couverture internet en Afrique, ce câble, long de 17 000 km, a représenté un investissement de 700 millions de dollars réalisé par un consortium de 20 membres, dont le groupe français Orange, qui a contribué à hauteur de 250 millions de dollars.

Malgré cette bonne nouvelle, et le développement de câbles sous-marins reliant le continent, seul 29 % des Africains ont accès à internet, contre 45 % des habitants en Asie, selon le dernier rapport publié par l’Alliance for Affordable Internet (A4AI) en décembre 2020.

Chaque année, l’initiative hébergée par la Web Foundation et dirigée par Sonia Jorge collecte les données des forfaits prépayés les moins chers par pays pour les services de haut débit selon le modèle de prix fournit par l’Union internationale des télécommunications (UIT).

5 dollars pour un giga de données

En 2020, le prix médian d’un giga de données mobiles en Afrique s’élevait à plus de 5 dollars contre près de 7 dollars en 2018, soit une baisse de -28 % explique A4AI. À titre de comparaison, il fallait compter 3,5 dollars pour un giga au sein de l’Union européenne en 2020 (4,1 dollars en 2018).

Si l’on observe une baisse significative des prix moyens des données haut débit, les différences de tarif d’un pays à l’autre demeurent très importantes.

Ainsi, en Guinée équatoriale, il faut débourser 35 dollars pour obtenir un giga de données mobiles, soit le tarif le plus cher au monde, selon les chiffres de l’Alliance for Affordable Internet. Pourtant, le pays est relié à trois câbles sous-marins de fibre optique.

Plusieurs raisons expliquent ce prix. Avec un parc de clients restreint, 1,3 million d’habitants en 2019, le coût d’installation des infrastructures est plus difficile à amortir. Aussi, la compagnie Getesa, détenue à 60 % par l’État, est l’opérateur principal du pays, traduisant un manque de concurrence qui fait inévitablement augmenter les prix.

C’est ensuite en Libye que l’on trouve les tarifs les plus élevés, avec un giga de données mobiles coûtant 11,4 dollars, puis en Centrafrique (10,4 dollars), au Tchad (8,64 dollars), au Congo Brazzaville (8,47 dollars) et au Togo (8,4 dollars).

En RDC, il fallait débourser 8 dollars pour un giga de données mobiles en 2020, contre 10,7 dollars l’année précédente (-25 %).

En 2019, le gouvernement a défini une stratégie de développement numérique à l’horizon 2025. Or la taille du pays le rend peu attractif pour les opérateurs. « Il est généralement plus difficile d’installer et de maintenir un réseau dans les régions vastes et pauvres car la rentabilité pour les opérateurs est moins intéressante », avait déclaré Teddy Woodhouse, directeur de recherche pour l’A4AI, lors d’une interview accordée à Jeune Afrique en décembre 2020.

Prix d’un giga de données mobiles en 2020

Soudan et Maroc, champions des petits prix

À l’inverse, parmi les pays africains où les prix d’internet sont les plus faibles, on retrouve le Soudan avec 0,9 dollar le giga de données haut débit, suivi de l’Égypte (1,3 dollar) puis du Maroc (2 dollars), du Rwanda (2,1 dollars) et du Cameroun (2,2 dollars). En Algérie, il faut compter 2,3 dollars, au Sénégal 3,28 dollars et en Côte d’Ivoire 4,8 dollars.

Au Maroc, le prix est passé de 2 dollars en 2019 à 5 dollars en 2020, soit une baisse de -61 %, selon les chiffres de l’A4AI, résultat notamment de la stratégie Maroc Digital 2020 centrée sur la transformation numérique et la réduction de la fracture digitale dans le pays.

Outre les différences régionales, les prix sont plus faibles en Afrique de l’Est et de l’Ouest qu’en Afrique centrale et australe, les prix de la data peuvent également diverger entre deux pays voisins. Ainsi, selon l’A4AI, le Tchad est l’un des pays les plus chers avec 8,4 dollars le giga. Son voisin nigérian est, au contraire, l’un des moins chers : le giga de data y est vendu à 2,7 dollars.

Internet abordable dans seulement 14 pays

Pour les Nations unies, l’accès à internet est abordable lorsque le coût d’un giga est inférieur à 2 % du revenu mensuel brut. Or sur le Continent, il est de 5,7 % contre 2,7 % en Amérique du Sud et 1,6 % en Asie-Pacifique. De fait, « seuls 14 des 48 pays africains participant au classement ont un accès à internet abordable », résume le rapport.

Ainsi, d’après A4AI, en Centrafrique, un giga représente 24,4 % du revenu mensuel. En RDC, cela représente 20,6 % du revenu et au Tchad et au Togo, 15 %. À l’inverse, il équivaut à seulement 0,5 % du revenu mensuel à Maurice, 0,8 % en Algérie, 1,3 % au Gabon et 1,4 % au Ghana.

Avec Jeune Afrique par Solène Benhaddou

France-Haine en ligne : Twitter sommé de communiquer ses moyens d’agir

juillet 6, 2021

La justice française ordonne à la plateforme de communiquer à des associations des documents détaillant comment elle lutte contre la haine en ligne.

Twitter devra clarifier ses moyens de lutte contre la haine en ligne.
Twitter devra clarifier ses moyens de lutte contre la haine en ligne.© Maud Dupuy / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La justice française a ordonné mardi à la société Twitter de communiquer à des associations de lutte contre les discriminations, dans un délai de deux mois, des documents détaillant ses moyens de lutte contre la haine en ligne. Six associations avaient assigné le réseau social à Paris en mai 2020, estimant que l’entreprise manquait de façon « ancienne et persistante » à ses obligations de modération. Elles ont demandé en référé (urgence) qu’une expertise soit ordonnée dans le but d’engager, par la suite, un procès sur le fond.

Dans sa décision, le tribunal a ordonné à Twitter international de transmettre, depuis mai 2020, « tout document administratif, contractuel, technique ou commercial relatif aux moyens matériels et humains mis en œuvre dans le cadre du service Twitter pour lutter contre la diffusion des infractions d’apologie de crimes contre l’humanité, l’incitation à la haine raciale, à la haine à l’égard de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation ou identité sexuelle, l’incitation à la violence, notamment l’incitation aux violences sexuelles et sexistes, ainsi que des atteintes à la dignité humaine ».

La société devra aussi, ajoute le tribunal, détailler « le nombre, la localisation, la nationalité, la langue des personnes affectées au traitement des signalements provenant des utilisateurs de la plateforme française », « le nombre de signalements », « les critères et le nombre des retraits subséquents ». Le juge a par ailleurs ordonné à Twitter de communiquer « le nombre d’informations transmises aux autorités publiques compétentes, en particulier au parquet ». Les associations appuyaient leur demande sur la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) de 2004.

Par Le Point avec AFP

Covid-19 : Mohammed VI donne le coup d’envoi à la production de vaccins « made in Morocco »

juillet 6, 2021
Le roi Mohammed VI et Othman Benjelloun (à g.), le 6 juillet 2021, au Palais royal de Fès, lors de la cérémonie de signature des accords de coopération avec Sinopharm.

La volonté du monarque de faire du royaume un hub régional de fabrication et de distribution de vaccins se concrétise à travers la signature d’accords de coopération avec le géant chinois de l’industrie pharmaceutique Sinopharm. Explications.

Après avoir été l’un des pionniers mondiaux en matière de vaccination de sa population contre le Covid-19, Rabat veut désormais se lancer dans la production de vaccins : le roi a ainsi présidé, ce lundi 5 juillet au Palais royal de Fès, la cérémonie de lancement et de signature de conventions relatives au projet de fabrication et de mise en seringue au Maroc du vaccin anti-Covid-19 et d’autres sérums.

« Ce projet a pour objet la production dans notre pays du vaccin anti-Covid, ainsi que d’autres vaccins-clés, de manière à promouvoir l’autosuffisance du royaume et de faire du Maroc une plateforme de biotechnologie de premier plan à l’échelle du continent africain et du monde dans le domaine de l’industrie du fill & finish« , indique un communiqué du cabinet royal diffusé dans la soirée.

Souveraineté sanitaire

Il vise également à « doter le royaume de capacités industrielles et biotechnologiques complètes et intégrées, dédiées à la fabrication de vaccins au Maroc ». « Il s’agit de renforcer la souveraineté sanitaire » du pays face « aux dépendances extérieures et aux contingences politiques », précise le document.

Au cours de cette cérémonie, à laquelle ont pris part, entre autres, le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, le conseiller royal Fouad Ali El Himma, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, le PDG d’Attijariwafa Bank, Mohamed Kettani, et le PDG de Banque populaire, Mohamed Karim Mounir, plusieurs mémorandums ont été signés, dont un premier concernant la coopération entre le royaume et le groupe pharmaceutique chinois Sinopharm.

CE PROJET MOBILISERA 500 MILLIONS DE DOLLARS POUR UNE PRODUCTION INITIALE DE 5 MILLIONS DE DOSES PAR MOIS

Fruit d’un partenariat public-privé qui survient après l’entretien téléphonique du 31 août entre le roi Mohammed VI et le président chinois Xi Jinping, le projet devrait démarrer à court terme – la date n’a pas été précisée – avec une capacité de production de 5 millions de doses de vaccin anti-Covid-19 par mois. Puis cette capacité devrait être démultipliée progressivement, à moyen terme.

Collaboration avec Sothema

L’investissement global représentera 500 millions de dollars, selon un montage qui a fait l’objet d’un accord signé ce 5 juillet par le ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Benchaâboune, le PDG de la société Recipharm, Marc Funk, et le représentant du consortium de banques marocaines, le milliardaire Othman Benjelloun. Objectif : permettre l’établissement de capacités de fabrication de vaccins au Maroc dans les meilleures conditions, et le développement de ce qui s’apparente à un géant de l’industrie pharmaceutique sino-marocain.

Enfin, un contrat de mise à disposition des installations de remplissage du laboratoire pharmaceutique marocain Sothema pour la fabrication du vaccin anti-Covid-19 (propriété de la société chinoise Sinopharm) a été signé par sa PDG, Lamia Tazi, et par le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb. L’entreprise avait déjà participé aux essais cliniques de phase III du vaccin Sinopharm dans le royaume.

Depuis le début de la campagne de vaccination fin janvier, le Maroc, qui compte 36 millions d’habitants, a vacciné plus de 10 millions de personnes, dont 9,1 millions ont déjà reçu les deux injections requises.

Avec Jeune Afrique par Fadwa Islah