Archive for the ‘Technologie’ Category

Canada: Etienne Mabiala, originaire du Congo-Brazzaville, est l’une des victimes de l’explosion survenue à Ottawa

janvier 17, 2022
Un homme sourit à la caméra.

Etienne Mabiala, un résident d’Ottawa âgé de 59 ans, fait partie des personnes disparues et présumées mortes à la suite de l’explosion survenue dans le sud d’Ottawa. Photo: Gracieuseté : Darlene Mabiala

Etienne Mabiala, un Ottavien âgé de 59 ans, fait partie des victimes de l’explosion survenue dans le sud d’Ottawa, où se trouve l’usine d’un constructeur de camions-citernes.

Le Service de police d’Ottawa (SPO) a confirmé la mort d’un homme et la disparition de cinq autres personnes, présumées mortes, à la suite de l’explosion survenue jeudi dans un édifice de la compagnie Eastway Tank situé au 1995, chemin Merivale, entre la promenade Cleopatra et le chemin Slack.

Etienne Mabiala, qui était électricien pour Eastway Tank, est l’une des personnes disparues et présumées mortes, ont confirmé ses filles.

Celles-ci, Darlene et Celeste, ont souligné à quel point leur père était un travailleur chevronné et un homme apprécié de tous.

Il était vraiment une bonne personne , a dit Darlene, âgée de 30 ans, au cours d’une entrevue téléphonique avec CBC.

Son sourire était le meilleur. Il illuminait la pièce , a ajouté Celeste, 28 ans.

Etienne Mabiala était aussi un mari attentionné, qui appelait leur mère à chaque heure de lunch, ont indiqué les deux jeunes femmes.Une famille assise dans un escalier.

Celeste Mabiala, Darlena Mabiala avec leur mère, Nathalie, et leur père, Etienne Photo: Courtoisie: Darlene Mabiala

Quand elles étaient enfants, il n’hésitait pas à courir plusieurs magasins pour pouvoir mettre la main sur un jouet convoité qui était difficile à trouver, se sont remémoré Darlene et Celeste.

Il nous aimait vraiment toutes, a résumé Darlene.

Il était le meilleur et, honnêtement, la maison semble vide sans lui, a ajouté Celeste.

Etienne Mabiala était électricien et ingénieur de formation. Né en juin 1962 au Congo-Brazzaville, a déménagé au Canada il y a plusieurs décennies. Avant de devenir électricien, il a travaillé comme ingénieur aéronautique pour Air Afrique au Sénégal.

Ses filles l’appelaient un « génie » dont les aptitudes en ingénierie lui permettaient non seulement de travailler sans manuel, mais aussi de les aider à résoudre des problèmes complexes de mathématiques et de sciences à l’école.

N’a pas répondu au téléphone

Mabiala récupérait généralement ses filles après le travail, mais lorsqu’elles l’ont appelé jeudi, son téléphone est tombé sur la messagerie vocale.

« Je ne sais pas s’ils vont retrouver son corps », a déclaré Darlene. « C’est la chose qui m’inquiétait le plus. C’est juste de ne pas le trouver. »

Charlotte Rothgeb, l’une des anciennes collègues de Mabiala chez Eastway Tank, a également pensé à lui lorsqu’elle a entendu parler de l’explosion.

« Il était vraiment timide », a déclaré Rothgeb.

« Mais si vous l’avez attrapé au bon moment, et si vous aviez un grand sourire sur votre visage et que vous lui disiez ‘salut’, il avait, comme, le plus grand sourire sur son visage. »

Elle a dit que les travailleurs d’Eastway étaient un groupe très uni, presque comme une famille.

« Je ne peux pas m’empêcher d’y penser. C’est tellement triste », a déclaré Rothgeb. « C’est tellement horrible. Je me sens si mal pour eux tous, comme pour toutes leurs familles. »

Alors que la famille a pleuré Etienne au cours des deux derniers jours, Darlene a déclaré qu’il y avait des choses qu’elle aurait aimé pouvoir lui dire de son vivant.

« J’ai l’impression que parfois je tenais ça pour acquis », a-t-elle déclaré. « Je souhaitais juste que je dise au revoir ce matin

Une autre victime de l’explosion a été identifiée, vendredi. Il s’agit de Rick Bastien, un résident de Luskville, en Outaouais, qui était âgé de 57 ans.

Par Radio-Canada avec les informations de Joseph Tunney, CBC

Iran : les États-Unis « préoccupés » par le lancement d’une fusée

janvier 1, 2022

Lors de pourparlers à Vienne sur son programme nucléaire, l’Iran a annoncé avoir lancé une fusée transportant trois appareils de recherche spatiale.

L'Iran a annonce jeudi le lancement d'une fusee.
L’Iran a annoncé jeudi le lancement d’une fusée. © – / IRANIAN DEFENCE MINISTRY / AFP

Les États-Unis se sont dits jeudi « préoccupés » par le lancement par l’Iran d’une fusée, avancée qui pourrait, selon eux, bénéficier au programme balistique de Téhéran, mais ont souligné leur attachement aux négociations visant à sauver l’accord sur le nucléaire iranien. « Les États-Unis restent préoccupés par le développement iranien de lanceurs spatiaux, qui pose un risque de prolifération », a dit une porte-parole du département d’État, qui a toutefois réaffirmé que Washington « souhaite un retour mutuel au respect total de l’accord » de 2015 visant à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.

La France a également « condamné » vendredi le lancement la veille d’une fusée par Téhéran au moment où les négociations sur le programme nucléaire iranien ont repris et se trouvent, selon elle, en « plein progrès ». « La France condamne ce lancement qui n’est pas conforme à la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies », a indiqué la diplomatie française dans un communiqué. « Ces activités sont d’autant plus regrettables qu’elles interviennent à un moment où nous enregistrons des progrès dans la négociation nucléaire à Vienne. »

Lors de pourparlers à Vienne sur son programme nucléaire, l’Iran a en effet annoncé jeudi avoir lancé dans l’espace une fusée transportant trois appareils de recherche spatiale. L’engin spatial « comprend des technologies qui sont presque identiques et interchangeables avec celles utilisées dans les missiles balistiques, notamment ceux de longue portée », a noté la porte-parole américaine. Elle a ajouté que ce lancement représentait une violation de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU qui entérine l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien (dont l’acronyme en anglais est JCPOA) et enjoint à Téhéran de « ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des charges nucléaires ».

Un programme « provocateur »

À Vienne, l’enjeu vise à faire revenir dans le pacte Washington, qui l’a quitté en 2018, et de ramener Téhéran au respect de ses engagements, rompus en réaction au rétablissement des sanctions américaines. Les États-Unis participent de manière indirecte aux négociations. « Le programme nucléaire iranien était efficacement limité par le JCPOA », a souligné la porte-parole de la diplomatie américaine.

« L’administration précédente les a libérés de ces contraintes, ce qui rend encore plus dangereux » les autres projets de l’Iran, notamment leur programme « provocateur » de missiles balistiques, a-t-elle ajouté. « C’est pour cela que nous essayons de parvenir à un retour mutuel au respect de l’accord », a-t-elle conclu. Les Occidentaux soupçonnent l’Iran de chercher à développer, en utilisant la technologie de ses lanceurs de satellites, des lanceurs balistiques à longue portée capables d’emporter des charges conventionnelles ou nucléaires.

Par Le Point avec AFP

Lancement réussi du télescope spatial James Webb de la NASA

décembre 25, 2021
La fusée décolle du pas de tir.

La fusée Ariane 5, qui transportait le télescope James Webb, a décollé le matin du 25 décembre 2021 depuis le Centre spatial guyanais. Photo: AFP Via Getty Images/Jody Amiet

Le télescope spatial James Webb, attendu depuis trente ans par les astronomes du monde entier pour examiner l’Univers à l’aide de moyens inégalés, a décollé samedi à bord d’une fusée Ariane 5 depuis le port spatial européen de Kourou, en Guyane française.

La fusée Ariane 5 a éjecté avec succès le télescope spatial sur son orbite finale, a annoncé le directeur des opérations de lancement au Centre spatial guyanais.

Bonne séparation, Webb télescope, go Webb, a indiqué Jean-Luc Voyer depuis le centre de contrôle, à Kourou.

L’étage supérieur de la fusée Ariane a relâché l’instrument après 26 minutes de vol. Le télescope – le plus complexe et le plus puissant jamais conçu – mettra maintenant environ un mois pour rejoindre son poste d’observation, situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre.

Construit par la NASA avec la collaboration des agences spatiales européenne (ASE) et canadienne (ASC), le précieux chargement a survolé l’Atlantique, puis l’Afrique, jusqu’à la séparation finale, survenue à 1400 kilomètres d’altitude et à une vitesse de plus de 34 000 km/h.

Une caméra embarquée à l’étage supérieur d’Ariane a montré cette séparation et surtout le déploiement, quelques secondes plus tard, des panneaux solaires du télescope spatial James Webb. Les images de ce moment critique, grâce auquel l’alimentation des instruments du télescope sera assurée, ont déclenché un tonnerre d’applaudissements dans le centre Jupiter, aussi fort que celui qui avait marqué le succès de la séparation.

Les commandes du télescope spatial James Webb sont maintenant aux mains de la NASA depuis le Space Telescope Science Institute à Baltimore, au nord-est de Washington.

La NASA va superviser les délicates opérations de déploiement de l’observatoire avant son arrivée au point de Lagrange 2, à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Quant à l’exploration scientifique du cosmos à proprement parler, elle commencera dans six mois.

Ariane 5 est une fusée très fiable et c’était la seule dont les dimensions étaient suffisantes pour accueillir un télescope de la dimension de James Webb, qui doit même être plié comme un origami, explique Martin Bergeron, gestionnaire pour l’astronomie spatiale et les sciences planétaires à l’Agence spatiale canadienne (ASC).

Webb est arrivé le 12 octobre dernier au port de Pariacabo, à Kourou, après avoir effectué un voyage de 16 jours depuis la base navale de Seal Beach, en Californie, à bord du porte-conteneurs français MN Colibri.

Il a ensuite été transporté par camion jusqu’au site de lancement géré par l’ASE. Ce site est idéal pour lancer des vaisseaux spatiaux puisqu’il est situé près de l’équateur, ce qui permet aux lanceurs d’être plus performants grâce à l’effet de fronde dû à la vitesse de rotation de la Terre.

Une équipe de 100 experts a participé au déballage et à la préparation du télescope à son arrivée sur le site.Le télescope Webb lors de son arrivée à Kourou.

Dès l’arrivée du télescope sur le site de lancement de Kourou, les ingénieurs se sont rapidement attelés à le déballer, à le nettoyer et à le préparer. Photo: NASA/Chris HRIS Gunn

Le télescope Webb est énorme. D’un poids de 6200 kilos (avec le carburant), il mesure 10,5 mètres de haut et près de 4,5 mètres de large même en position repliée.

Ariane 5 a d’ailleurs dû subir quelques modifications pour répondre aux besoins de la mission, notamment à sa coiffe, la structure qui protège le télescope pendant le décollage et la traversée de l’atmosphère.

De nouveaux éléments ont été ajoutés pour minimiser le choc de la dépressurisation au moment où la coiffe se sépare et s’écarte du lanceur.Le télescope James Webb à Kourou.

Préparation du télescope avant son embarquement à bord d’une fusée Ariane. Photo : ESA-CNES-ARIANESPACE

Comme certains éléments de Webb sont très sensibles aux rayons solaires et au réchauffement dû à la friction de l’atmosphère, certaines manœuvres supplémentaires de rotation ont été prévues afin de protéger ces éléments après le largage de la coiffe.

De plus, une autre batterie a été installée afin de fournir une impulsion supplémentaire à l’étage supérieur de la fusée pour l’éloigner rapidement de Webb après la séparation.

Le lieu de travail de Webb est un endroit particulier. Le point de Lagrange 2 se trouve à 1,5 million de kilomètres de la Terre, une distance quatre fois plus éloignée que la Lune, note Martin Bergeron.

Ce point est une position dans l’espace où l’attraction du Soleil et de la Terre est équilibrée par les forces orbitales, ce qui en fait un endroit stable pour faire fonctionner les engins spatiaux, ajoute-t-il.

Par comparaison, Hubble est en orbite terrestre à 547 kilomètres d’altitude.Illustration montrant où se trouve le télescope Webb par rapport à la Terre et au Soleil.

L’orbite solaire du télescope Webb se trouve à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre. Photo : Agence Spatiale Canadienne/ESA

Une chorégraphie toute spatiale

Plusieurs étapes délicates se dérouleront durant le voyage de 29 jours du télescope vers le point de Lagrange L2. Les responsables de la mission doivent s’assurer du bon déroulement de la séquence de déploiement la plus complexe jamais tentée dans l’espace.

Le déploiement est la phase la plus cruciale, qui comporte toutes sortes d’étapes et donc de risques. Il y a près de 200 activateurs de mécanismes qui doivent tous fonctionner comme prévu, souligne M. Bergeron.L'extension des panneaux solaires s'est déroulée entre 31 et 33 minutes après le décollage.

Déploiement des panneaux solaires. Photo: NASA

Le premier déploiement de Webb, l’extension de ses panneaux solaires, s’est déroulée entre 31 et 33 minutes après le décollage. Ces panneaux fourniront près de deux kilowatts d’énergie pour alimenter les systèmes électriques et certains équipements nécessaires au bon fonctionnement du télescope.

Ensuite, deux heures après le lancement, sa plateforme d’antennes a été déployée, ce qui permettra à la sonde de communiquer avec les trois stations radio terrestres de la NASA, situées en Californie, en Espagne et en Australie.

Puis, 12,5 heures après le lancement, le télescope allumera ses propulseurs pour effectuer la première de plusieurs corrections de trajectoire qui enverront l’observatoire vers sa destination finale.

Au troisième jour, ce sera le premier grand déploiement de Webb. Dans une opération d’environ cinq heures, la structure qui supporte les cinq fines membranes du bouclier solaire sera déployée.

Ensuite, au quatrième jour, la tour qui sépare les miroirs et les instruments du télescope du bouclier sera déployée. Cette séparation isolera efficacement le télescope des vibrations et de la chaleur provenant de la plateforme spatiale.La tour du télescope Webb.

Déploiement de la tour qui sépare les miroirs et les instruments du télescope. Photo : NASA

Le déploiement de la membrane du bouclier solaire commencera environ cinq jours après le lancement. Le bouclier solaire fait 21 mètres sur 14 mètres, ce qui est grand comme un terrain de tennis. Il est composé de cinq couches de différentes épaisseurs qui protègent le télescope du Soleil, explique M. Bergeron.

Un des moments critiques de la mission se produira lorsque les 107 mécanismes de libération du bouclier solaire, qui maintiennent les cinq couches du bouclier solaire en place, se déclencheront au même moment pour libérer les membranes.

Après le déploiement complet, chacune des cinq couches sera tendue et séparée à l’aide de poulies et de systèmes motorisés. Le déploiement et la mise en tension du bouclier solaire devraient se terminer entre huit et neuf jours après le décollage mais pourraient être ralentis pour éviter tout problème imprévu.

Après la mise en tension du bouclier solaire, un radiateur spécial situé derrière le miroir primaire sera déployé pour contribuer au refroidissement des instruments scientifiques.

Les composantes optiques de Webb seront mises en place à partir du 11e jour.

Le dépliage et la mise en place du trépied qui supporte le miroir secondaire seront effectués. Il faut savoir que ce miroir secondaire est une des pièces d’équipement les plus importantes du télescope, car il est essentiel au succès de la mission. Ce miroir circulaire joue un rôle crucial dans la captation de la lumière des 18 miroirs primaires de Webb en un faisceau focalisé.

Le déploiement du miroir primaire commencera vers le 13e jour. À ce moment, les panneaux latéraux, qui contiennent chacun trois segments du miroir primaire, rejoindront le panneau principal et seront verrouillés en place.

Ainsi, au 14 jour, tous les déploiements de Webb auront été réalisés.

Au cours des semaines suivantes, ses instruments scientifiques seront refroidis. Ce qui rend la mission très complexe, c’est que le télescope doit fondamentalement être très, très froid, -233 degrés Celsius. Cela prendra environ trois mois pour qu’il y arrive, explique le Pr René Doyon, de l’Université de Montréal, qui dirige l’équipe scientifique canadienne du télescope James Webb.

Pendant que Webb poursuivra son chemin vers son orbite finale, plusieurs étapes permettront d’ajuster les 18 segments du miroir primaire. Durant ces réglages, 126 actionneurs extrêmement précis, situés à l’arrière des miroirs, les positionneront et courberont subtilement chacun d’eux dans un processus qui prendra quelques mois.

Chacun des segments doit être aligné par rapport à l’autre à une fraction de micron. Par comparaison, un cheveu humain, c’est 50 microns, ajoute le Pr Doyon, qui a assisté au lancement de Webb en Guyane française.

Après l’arrivée du télescope à bon port, sa température continuera de diminuer. Deux mois après le lancement, elle sera suffisamment basse pour permettre à ses photodétecteurs infrarouges de fonctionner.

Durant le deuxième et le troisième mois, les miroirs primaire et secondaire seront alignés pour que l’image qui se forme sur le plan focal du télescope spatial atteigne les performances souhaitées.

Vers le cinquième mois en orbite, le télescope sera stable et prêt pour sa mission.

C’est à ce moment-là qu’on va exercer tous les modes des quatre instruments. C’est une période intensive d’environ un mois pour vérifier que tout fonctionne comme prévu, précise M. Doyon.

À la fin de la période de rodage, vers le sixième mois dans l’espace, les toutes premières images et spectres des instruments nous parviendront, on espère, vers la mi-juin [2022], poursuit René Doyon.

L’Univers selon Webb : pour tout connaître de la mission

La mission scientifique de James Webb pourra ensuite commencer. Elle devrait durer entre 5 et 10 ans mais pourrait aussi s’allonger un peu.

Si les ingénieurs de la mission ont prévu du carburant pour une dizaine d’années de service, cette période pourrait être prolongée si Webb dépense moins de carburant que prévu pour se maintenir sur son orbite et, bien sûr, si ses instruments fonctionnent toujours.

Avec Le Point par Alain Labelle

Canada: La construction de deux brise-glaces lourds pour la Garde côtière coûterait 7,25 G $

décembre 16, 2021

OTTAWA — Les projets du gouvernement fédéral de construire de nouveaux navires pour la Marine et la Garde côtière coûtent de plus en plus cher.

© Fournis par La Presse Canadienne

Dans un rapport publié jeudi, le directeur parlementaire du budget, Yves-Giroux, estime ainsi que la décision d’Ottawa de construire deux nouveaux brise-glaces polaires pour la Garde côtière coûterait 7,25 milliards $. 

Or, cela représente une augmentation spectaculaire par rapport à l’estimation la plus récente du gouvernement, publiée en 2013, qui était alors de 1,3 milliard $ pour un brise-glaces. 

Bien qu’une partie de l’explosion des coûts puisse évidemment être liée à la décision de construire deux de ces brise-glaces lourds au lieu d’un seul, le rapport de M. Giroux indique que le plan du gouvernement de faire construire les navires dans deux chantiers navals différents contribue également à cette hausse.

Le gouvernement libéral a annoncé sans prévenir, en mai dernier, qu’il achèterait finalement deux brise-glaces polaires au lieu d’un seul: l’un doit être construit au chantier naval Davie, à Lévis, et l’autre à Vancouver.

La décision d’ajouter un deuxième brise-glaces et de diviser le contrat a été considérée par certains analystes comme une façon pour les libéraux d’améliorer leurs chances électorales dans ces deux régions.

Avec La Presse Canadienne

Canada-Québec: De plus en plus de fraudes numériques à Trois-Rivières

décembre 13, 2021

Les cas de fraude numérique ont bondi un peu partout ces dernières années. À Trois-Rivières, la police a vu une hausse de 650 % des dossiers de ce type en cinq ans, selon des données obtenues grâce à la Loi d’accès à l’information.

Un Trifluvien a récemment évité de justesse une fraude numérique

© Martin Chabot/Radio-Canada Un Trifluvien a récemment évité de justesse une fraude numérique

En 2016, le corps de police a traité 26 dossiers de fraude numérique, alors qu’il en a reçu près de 200 en 2020.

Nombre de dossiers de fraude numérique

  • 2016 : 26
  • 2017 : 40
  • 2018 : 51
  • 2019 : 62
  • 2020 : 197

Source : Service de police de Trois-Rivières

Le Trifluvien Éric Deschesne a pu éviter une fraude numérique de justesse lorsqu’il a réalisé qu’un fraudeur ne lui transférait pas les fonds pour payer le colis qu’il lui envoyait.

Le paquet en question contenait du matériel de production vidéo d’une valeur de 2 000 $ et était destiné à être expédié vers la Californie. Le Trifluvien s’est toutefois rendu compte de l’arnaque le jour même et a pu freiner l’envoi.

Éric Deschesne a cependant dû signer une déposition auprès de la police de Trois-Rivières afin de récupérer le colis, seulement le lendemain.

Le citoyen se dit insatisfait de la réponse de Postes Canada.

© Martin Chabot/Radio-Canada Le citoyen se dit insatisfait de la réponse de Postes Canada.

S’il est soulagé d’avoir récupéré son bien, Éric Deschesne reste néanmoins amer face à la situation. Il n’a pas pu recouvrer les frais de service déboursés pour l’envoi du paquet auprès de Postes Canada, soit un montant d’environ 90 $.

Une situation déplorable, selon lui, étant donné que le service pour lequel il avait payé n’a finalement pas eu à être rendu.

Postes Canada n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue et d’information à ce jour sur ces politiques de fraudes, prétextant vouloir approfondir son enquête auprès d’Éric Deschesne.

Par  CBC/Radio-Canada avec les informations de Marie-Ève Trudel

Canada: Québec et Ottawa ferment des sites et services internet gouvernementaux

décembre 13, 2021

(Québec) Québec a ordonné la fermeture préventive de l’ensemble de ses systèmes informatiques accessibles depuis l’internet – pas moins de 3992 sites et services – à la suite de la découverte d’une faille de sécurité majeure touchant des serveurs à travers le monde.

À Ottawa, le gouvernement fédéral a décidé d’en faire autant en fermant bon nombre de services qui pourraient être vulnérables pendant que l’on évalue la situation. L’Agence du revenu du Canada (ARC) est du nombre.

« L’Agence a pris connaissance d’une vulnérabilité de sécurité qui affecte des organisations à travers le monde. Par précaution, nous avons de façon proactive pris la décision de suspendre nos services en ligne pendant que nous apportons les mises à jour nécessaires à nos systèmes. Rien n’indique à présent que les systèmes de l’Agence ont été compromis ou qu’un accès non autorisé aux informations de contribuables a eu lieu en raison de cette vulnérabilité », a indiqué l’ARC dans une déclaration.

CAPTURE D’ÉCRAN LA PRESSELe site web du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur n’était pas accessible dimanche.

Revenu Québec a également suspendu ses services en ligne, bien que son site demeure ouvert pour la consultation d’informations de base. « Rien n’indique que nos systèmes soient touchés par cette vulnérabilité, mais nous agissons proactivement afin d’en préserver l’intégrité. Nos services seront à nouveau disponibles dès que possible », peut-on lire sur son site web.

En fin de journée, dimanche, la Ville de Montréal a emboîté le pas et annoncé la suspension préventive de certains de ses services numériques.

Faille « Log4Shell »

La faille « Log4Shell » permet à un cyberpirate de faire exécuter des codes informatiques sur le serveur des organismes et de prendre le contrôle de leur système. Une bibliothèque Java de la société Apache, largement utilisée dans le monde, est concernée. À Québec, le Centre gouvernemental de cyberdéfense a pris connaissance de cette vulnérabilité le 10 décembre et a demandé à tous les responsables de la sécurité informatique de détecter cette faille dans les systèmes de l’État québécois.

« [En fin de journée samedi], nous avons convenu que la menace de préjudice était plus grande que le préjudice de fermer l’ensemble des systèmes du gouvernement accessibles depuis internet », a expliqué le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire, lors d’une conférence de presse en compagnie du dirigeant principal de l’information, Pierre Rodrigue, dimanche.

PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNEÉric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique

Nous étions face à une menace d’un niveau critique de 10 sur 10. Une criticité de 10 entraîne automatiquement la fermeture du système qui est visé.

Éric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique

Il a donc été ordonné de fermer de manière préventive les 3992 sites et services internet de l’État, une décision exceptionnelle et jamais vue au gouvernement du Québec.

« C’est l’ensemble de l’appareil public qui est visé par la directive », les ministères et les organismes publics comme parapublics, a insisté Éric Caire. L’ordre touche, entre autres, les services gouvernementaux offerts aux citoyens sur l’internet – comme ceux utilisant CLICSÉQUR – et les sites web du réseau de l’éducation et de la santé. Le système de prise de rendez-vous pour un vaccin contre la COVID-19 « a déjà été corrigé » et est accessible, et les données du passeport vaccinal ne seraient pas concernées par le danger, selon les explications du ministre.

Québec précise qu’aucune activité laissant croire qu’un pirate informatique a exploité cette faille n’a été détectée à ce jour. Il n’y aurait donc pas eu fuite de données personnelles ou d’informations sensibles du gouvernement pour le moment, par exemple.

« Il y a peut-être des gens qui ont scanné des systèmes. Ça, ça ne laisse pas de trace et on ne le sait pas. Mais il n’y a pas eu de tentative d’introduction, donc personne qui a essayé d’utiliser cette brèche pour s’introduire dans un serveur et causer du dégât. Il n’y en a pas au moment où on se parle », a affirmé Éric Caire.

Tous les ministères et organismes publics et parapublics doivent vérifier s’ils utilisent la bibliothèque Java en cause et donc si leurs systèmes informatiques sont vulnérables. « On cherche un peu une aiguille dans une botte de foin, je ne vous le cache pas ! », a lâché le ministre.

« Excusez l’expression, mais il faut scanner l’ensemble de nos systèmes, parce qu’on n’a pas un inventaire. C’est comme dire combien de pièces dans tous les immeubles du gouvernement du Québec utilisent des ampoules 60 watts. Je ne le sais pas. Donc on fait le tour des pièces et on fait le tour des ampoules pour savoir si c’est une 60 watts. C’est un travail de moine. »

Les sites et services internet seront rouverts rapidement si l’on constate qu’ils ne sont pas concernés par la faille de sécurité. Les autres devront installer un correctif informatique et vérifier ensuite si un problème persiste. « Il y a une batterie de tests à faire », a indiqué Éric Caire. Plusieurs jours seront nécessaires pour terminer l’opération et rétablir l’ensemble des systèmes informatiques. Pour le ministre, il n’est pas question de « tourner les coins ronds ».

Si des sites web du gouvernement sont accessibles en ce moment, c’est soit parce qu’ils n’ont pas encore exécuté l’ordre de fermeture – ce serait une très faible minorité –, soit parce que l’on a conclu rapidement qu’ils ne sont pas concernés par la faille ou que leurs systèmes ont été corrigés – c’est le cas pour des sites du réseau de la santé. La plateforme Québec.ca, qui utilise la bibliothèque en cause, a été fermée et remise en ligne rapidement, puisque les correctifs ont été apportés.

« Les sites critiques, plus névralgiques et utilisés, seront priorisés pour minimiser les impacts et s’assurer qu’ils sont rendus disponibles le plus rapidement possible », a indiqué le ministre Caire. Lundi, le gouvernement devrait rendre publique une liste des sites et services qui sont rouverts comme de ceux qui demeurent fermés.

Les citoyens ayant besoin d’un service offert en ligne et se butant à un site fermé devront « utiliser une autre voie de passage », et « des fonctionnaires peuvent répondre aux besoins des citoyens », s’est contenté de dire Éric Caire.

À Ottawa, la ministre de la Défense, Anita Anand, a affirmé que tout est mis en œuvre pour protéger l’intégrité des sites du gouvernement fédéral et des données confidentielles qu’ils abritent.

« Le gouvernement du Canada est au courant d’une vulnérabilité signalée par Apache. Cette vulnérabilité pourrait permettre à des auteurs malveillants de mener des attaques ciblées et à portée limitée. […] Le gouvernement du Canada dispose de systèmes et d’outils permettant de surveiller, de détecter et d’analyser les menaces potentielles, et de prendre des mesures le cas échéant. Par excès de prudence, certains ministères ont interrompu leurs services en ligne afin de procéder à l’évaluation et à l’atténuation de vulnérabilités potentielles. À ce stade, rien ne nous laisse croire que ces vulnérabilités ont été exploitées sur les serveurs gouvernementaux », a-t-elle affirmé dans une déclaration.

Le Centre canadien pour la cybersécurité a diffusé une alerte à l’intention de l’ensemble des ministères et organismes fédéraux pour qu’ils effectuent des mises à jour visant à assurer la sécurité de leurs sites.

Les gouvernements ont-ils pris la bonne décision ?

Selon Marc-Etienne Léveillé, chercheur sénior en logiciels malveillants chez ESET, entreprise de sécurité informatique, les gouvernements ont pris la bonne décision en fermant temporairement leurs sites et services. « L’impact d’avoir un site fermé pour quelques heures, pour quelques jours dans certains cas, est très minime comparativement aux risques qu’un de ces systèmes-là se fasse pirater », estime le chercheur.

La faille rend les logiciels vulnérables à l’exécution de codes à distance, explique pour sa part Jean-Philippe Décarie-Mathieu, chef de la cybersécurité aux Commissionnaires du Québec. « C’est la pire vulnérabilité qu’il peut y avoir. »

Avis d’experts

Les gouvernements ont-ils pris la bonne décision ?

Selon Marc-Etienne Léveillé, chercheur sénior en logiciels malveillants chez ESET, entreprise de sécurité informatique, les gouvernements ont pris la bonne décision en fermant temporairement leurs sites et services. « L’impact d’avoir un site fermé pour quelques heures, pour quelques jours dans certains cas, est très minime comparativement aux risques qu’un de ces systèmes-là se fasse pirater », estime le chercheur.

La faille rend les logiciels vulnérables à l’exécution de codes à distance, explique pour sa part Jean-Philippe Décarie-Mathieu, chef de la cybersécurité aux Commissionnaires du Québec. « C’est la pire vulnérabilité qu’il peut y avoir. »

Quand la faille a-t-elle été détectée ?

Des sites web spécialisés rapportent que la faille était connue de la société Apache dès le 24 novembre, après qu’un expert de l’entreprise chinoise Alibaba l’eut mise au jour, et qu’un correctif aurait été publié le 6 décembre. Les experts interrogés par La Presse indiquent pour leur part avoir été mis au courant de la faille « Log4Shell » le jeudi 9 décembre.

« Ce qui a dû se passer, c’est qu’elle n’a pas été rendue publique le 24 novembre, mais le chercheur a dû avertir Apache », croit Sébastien Gambs, professeur au département d’informatique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Selon lui, Apache a dû préférer attendre la publication d’un correctif avant de divulguer la faille au grand public, puisqu’elle n’aurait rien pu faire pour y remédier.

Les gouvernements ont-ils réagi trop tard ?

Pas selon M. Gambs. « Souvent, les mises à jour prennent quelques jours ou quelques semaines à être faites. Donc, c’est vraiment rare que les mises à jour soient faites le premier jour où le correctif sort, explique-t-il. Divulguer la faille publiquement, c’est justement une façon de dire aux gens : c’est un problème très sérieux, faites votre mise à jour. »

Qui peut exploiter la faille ?

La faille est « relativement facile » à exploiter pour ceux qui possèdent des connaissances en programmation, indique Marc-Etienne Léveillé. Des personnes malintentionnées pourraient, notamment, exécuter un logiciel malveillant sur un site web visé. Les pirates informatiques qui exploiteraient la faille « Log4Shell » pourraient aussi avoir accès à toutes les informations contenues sur un site web, dont les données personnelles qui s’y trouvent, dans le cas des sites web gouvernementaux.

La faille est-elle l’œuvre d’un pirate ?

Non, estime Marc-Etienne Léveillé. « C’est une erreur des développeurs des logiciels », croit le chercheur.

Avec Coralie Laplante et La Presse par Tommy Chouinardla et Joël-Denis Bellavancela

La Russie reconnaît avoir détruit un satellite avec un missile

novembre 16, 2021

Les Etats-Unis avaient accusé lundi la Russie d’avoir mené un tir de missile antisatellite « dangereux et irresponsable ». Les astronautes de l’ISS se sont préparés à une éventuelle évacuation d’urgence.

La Station spatiale internationale, le 4 octobre 2018.
La Station spatiale internationale, le 4 octobre 2018. HANDOUT / REUTERS

La Russie a reconnu, mardi 16 novembre, avoir effectué un tir d’essai contre l’un de ses vieux satellites en orbite, confirmant des accusations portées plus tôt par Washington. « Le 15 novembre, le ministère russe de la défense a mené avec succès un test à l’issue duquel l’engin spatial Tselina-D, en orbite depuis 1982 et inactif, a été détruit », a écrit l’armée russe dans un communiqué.

Les Etats-Unis avaient accusé lundi la Russie d’avoir mené un tir de missile antisatellite « dangereux et irresponsable » dans une démonstration de force ayant eu pour conséquence directe de menacer la sécurité des astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

« La Russie a conduit de façon irresponsable un test destructeur de missile antisatellite à ascension directe à l’encontre de l’un de ses propres satellites », avait déclaré le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, dans un communiqué.

« Ce test a jusqu’ici généré plus de 1 500 débris orbitaux traçables, et va probablement générer des centaines de milliers de morceaux plus petits de débris orbitaux. »

Les astronautes préparés à une éventuelle évacuation d’urgence

La Station spatiale passe « à travers ou près du nuage [de débris] toutes les quatre-vingt-dix minutes », avait précisé la NASA dans un communiqué.

Lors des deuxième et troisième passages – entre environ 8 heures du matin (heure de Paris) et 10 heures –, les sept personnes actuellement à bord de l’ISS se sont réfugiées dans leurs vaisseaux amarrés à la station, afin de se préparer à une éventuelle évacuation d’urgence. Il s’agit de quatre astronautes américains, un Allemand et deux cosmonautes russes. Cette mesure a été prise spécifiquement lors de ces passages sur la base d’une évaluation des risques par la NASA.

« Je suis scandalisé par cette action irresponsable et déstabilisatrice, a déclaré dans un communiqué le patron de l’agence spatiale américaine, Bill Nelson. Il est impensable que la Russie mette en danger non seulement les astronautes américains et des partenaires internationaux dans l’ISS, mais aussi ses propres cosmonautes. »

De nombreuses écoutilles restent actuellement fermées entre différents modules par mesure de précaution (mais pas entre le segment russe et américain).

Les astronautes hors de danger, selon Moscou

« Les débris créés par ce test dangereux et irresponsable menaceront désormais pour les décennies à venir les satellites et autres objets spatiaux vitaux pour la sécurité, l’économie, et les intérêts scientifiques d’autres nations », a accusé Antony Blinken. Il a promis que les Etats-Unis allaient « travailler avec [leurs] alliés et partenaires pour chercher à répondre à cet acte irresponsable ».

A quoi le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a rétorqué mardi : « Déclarer que la Fédération de Russie crée des risques pour l’exploitation à des fins civiles de l’espace est pour le moins hypocrite. Il n’y a aucun fait en ce sens. »

Lundi, l’agence spatiale russe Roscosmos avait déclaré que les astronautes à bord de l’ISS étaient hors de danger, sans faire mention d’un test de missile. « L’orbite de l’objet, qui a forcé l’équipage aujourd’hui à se rendre dans le vaisseau selon les procédures standards, s’est éloignée de l’orbite de l’ISS », avait tweeté Roscosmos. « Les amis, tout est en ordre chez nous. On continue le travail selon notre programme », avait tweeté le cosmonaute russe Anton Shkaplerov. Mardi, dans un communiqué, l’agence spatiale russe a ajouté que « la sécurité de l’équipage » de l’ISS était sa « priorité principale ».

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a dénoncé mardi, à Bruxelles, un « acte irresponsable ». Pour lui, cette destruction est une « source d’inquiétude » car « elle démontre que la Russie développe de nouveaux systèmes d’armement qui peuvent détruire des satellites ainsi que des capacités spatiales utilisées pour des infrastructures de base sur Terre, comme des communications, la navigation ou des systèmes d’alerte de tir de missile ».

Le Pentagone a déclaré travailler « activement pour caractériser le champ de débris ». Il s’agit notamment d’identifier la trajectoire de chacun des objets, afin d’identifier les menaces de collision potentielles. « Nous regardons de près le type de moyens que la Russie semble vouloir développer », a ajouté John Kirby, le porte-parole du Pentagone, précisant que Moscou n’avait pas prévenu Washington à l’avance.

Appels à une plus grande régulation

Des tirs antisatellites ont déjà été menés par seulement quatre nations (Etats-Unis, Chine, Inde et Russie). Ils sont très critiqués à cause des nombreux débris générés, qui deviennent de dangereux projectiles. Ils peuvent alors notamment heurter les milliers d’autres satellites en orbite, sur lesquels les pays comptent pour de très nombreuses activités, par exemple de communication ou encore de localisation. Pouvoir détruire des satellites d’autres pays peut donc se révéler un atout militaire stratégique.

« Des événements de débris causés par des tests antisatellites n’arrivent pas souvent, le dernier était un test indien » en mars 2019, a rappelé l’astronome Jonathan McDowell, interrogé par l’Agence France-Presse. Selon lui, en déduisant les trajectoires de l’ISS et des objets connus, le satellite visé par la Russie pourrait être un satellite nommé Cosmos-1408, qui n’est plus actif depuis les années 1980. « Le détruire n’était absolument pas nécessaire, a jugé le spécialiste. Il s’agit purement d’un test militaire. »

« Nous avons déjà beaucoup trop de débris là-haut pour délibérément en générer d’autres, c’est inexcusable », a-t-il ajouté. Selon lui, certains débris provoqués par ce test se désintégreront en entrant dans l’atmosphère « dans les mois qui viennent », mais d’autres pourraient rester en orbite jusqu’à pendant dix ans.

De nombreux experts réclament une plus grande régulation face à ces risques. « Nous appelons toutes les nations spatiales responsables à nous rejoindre dans nos efforts pour développer des normes de comportement responsables », a appuyé lundi Antony Blinken.

Par Le Monde avec AFP

En Chine, un porte-avions dans le désert

novembre 9, 2021

Selon des images satellite, Pékin aurait construit des maquettes de vaisseaux de guerre américain déployés dans le Pacifique, afin de s’en servir comme de cibles d’entraînement.

Dans le désert de Taklamakan, le 20 octobre.
Dans le désert de Taklamakan, le 20 octobre. HANDOUT / AFP

Un porte-avions américain de 100 000 tonnes en plein désert chinois, cela interpelle. Il ne s’agit certes que d’une maquette, bleue, posée sur rails. C’est assez pour que ces images satellites européennes, traitées par Maxar Technologies et publiées dimanche 7 novembre, soient très commentées par les observateurs de l’Armée populaire de libération (APL). Selon H. I. Sutton, spécialiste du domaine naval militaire qui a décrypté l’information sur USNI News, les installations repérées sont « une nouveauté » qui relève « d’une gamme beaucoup plus sophistiquée » que les précédentes.

Dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, sur les terres plates du Taklamakan, c’est un site militaire organisé autour de bateaux-cibles mobiles qui apparaît, consacré aux tests de missiles antinavires. Outre la maquette d’un porte-avions de la classe Ford, on peut voir celles de deux destroyers de type Arleigh Burke.

« Cible mouvante »

Reste à savoir si ces installations permettent vraiment de tester les phases délicates du vol d’un missile – précision pour toucher un bateau qui vogue à 30 km/h, guidage et recalage ultime vers la cible, impact de la frappe sur le navire ennemi. S’entraîner sur des cibles réalistes est en tout cas une pratique militaire partagée. Si les Français n’ont plus le droit de couler des épaves, les Américains tirent encore sur des objets en mer. Les gardiens de la révolution, en Iran, se seraient, eux aussi, entraînés en 2015 à frapper un porte-avions américain – un modèle réduit a été vu en 2020, à moitié chaviré, dans le port de Bandar Abbas.

Après de premiers tirs réels de missiles DF-21D dits « tueurs de porte-avions » en juillet 2019, la Chine « a, en 2020, tiré des missiles balistiques contre une cible mouvante en mer de Chine du Sud, sans avoir reconnu les faits », affirme le département américain de la défense, dans son rapport 2021 sur l’APL. Pour cette dernière, les armes antinavires sont une priorité. Elles seront cruciales en cas de crise militaire à Taïwan, pour tenir à distance la flotte des Etats-Unis.

Avec Le Monde par Nathalie Guibert

Beau retour sur Terre

novembre 9, 2021

Sur les eaux paisibles du plateau de la Floride

Thomas Pesquet d’un sourire jovial et candide

À bord de l’ISS de la célèbre capsule Dragon

A fait très tôt mardi son amerrissage sur l’océan

Après deux cents riches jours en orbite

Pour une mission de grande réussite

L’astronaute regagne sa Terre sympathique

Avec du matériel et d’expériences scientifiques

Dans l’Espace où il nous envoyait des images

De voler comme un oiseau sans plumage

Thomas Pesquet pour sa condition physique

Doit subir une batterie d’examens toniques

À toi Thomas Pesquet, à l’ouverture de l’écoutille

Au Japonais Akihiko Hoshide autre fierté nationale

Aux Américains Shane Kimbrough et Megan Mc Arthur

Du pays de l’Aigle, vous êtes tous une fierté sûre

Bernard NKOUNKOU BOUESSO

Retour sur Terre réussi pour Thomas Pesquet

novembre 9, 2021

L’astronaute français a terminé sa deuxième mission à bord de l’ISS. La capsule Dragon, à bord de laquelle il a voyagé, a amerri dans la nuit de lundi à mardi au large de la Floride.

La deuxième tentative aura été la bonne. Après un premier report du voyage de retour vers la Terre à cause de mauvaises conditions météorologiques, l’astronaute français Thomas Pesquet et trois de ses coéquipiers ont quitté, lundi, la Station spatiale internationale (ISS) à bord d’un vaisseau qui a, comme prévu, amerri au large de la Floride dans la nuit, mardi 9 novembre à 4 h 33, heure de Paris.

La capsule Dragon de la firme spatiale SpaceX a été freinée dans sa vertigineuse descente par l’atmosphère terrestre puis par d’immenses parachutes. Elle a amerri dans le Golfe du Mexique. Roussie par les températures extrêmes expérimentées durant sa chute, elle a été hissée à l’aide d’une grue sur un navire qui avait été posté en mer à proximité.

L’écoutille de Dragon a été ouverte, et les premières images de Thomas Pesquet l’ont montré, encore assis à bord dans sa combinaison spatiale, brandir un pouce en l’air. Les astronautes en ont ensuite été extraits un par un, Thomas Pesquet en dernier. Comme les autres, il a d’abord été placé sur un brancard par mesure de précaution.

Deux cent jours en orbite

« Une fierté d’avoir représenté la France une nouvelle fois dans l’espace ! », a tweeté quelques heures avant le départ celui qui, par ses abondantes publications sur les réseaux sociaux, a offert à des millions de personnes un goût de la vie en orbite. « La prochaine fois, la Lune ? », avait-il lancé.

L’astronaute de 43 ans, arrivé à la fin d’avril à bord de l’ISS, a passé quelque deux cents jours – soit plus de six mois – en orbite pour sa deuxième mission dans l’espace. « Sentiment doux-amer à l’idée de quitter l’ISS. Quand on y pense, c’est vraiment un lieu magique, presque impossible à atteindre et qui vous donne des superpouvoirs comme voler, ou faire le tour du monde en 1 h 30… Ça ressemble quand même un peu à un rêve éveillé… »avait-il confié sur Twitter.

Trois semaines de tests médicaux

Le Français et les autres membres de la mission Crew-2, – le Japonais Akihiko Hoshide et les Américains Shane Kimbrough et Megan McArthur –, rapportent avec eux 240 kg de matériel et d’expériences scientifiques.

Leur voyage de retour vers la Terre s’est fait en plusieurs étapes. Le désamarrage de la capsule a d’abord eu lieu à 20 h 05. Puis Dragon a fait le tour de la Station spatiale durant environ une heure et demie afin d’en photographier l’extérieur. Sur la retransmission vidéo en direct de la NASA, on pouvait alors apercevoir Thomas Pesquet ayant retiré sa combinaison, en train de prendre ces photos à travers un hublot.

La descente vers la Terre à proprement parler a ensuite commencé, le voyage ayant duré environ huit heures et demie au total. L’amerrissage est une première pour l’astronaute français. Lors de sa précédente mission, en 2016-2017, il avait atterri dans les steppes kazakhes à bord d’un Soyouz russe.

Une fois la capsule récupérée et les astronautes sortis, un hélicoptère les a ramenés sur la terre ferme d’où ils ont pris un avion pour le centre spatial de la NASA situé à Houston, au Texas. Après de rapides tests médicaux, Thomas Pesquet s’est envolé pour Cologne, en Allemagne, où se trouve le Centre européen des astronautes.

Durant trois semaines, il y suivra « un programme intense de remise en forme », et sera soumis aux mêmes tests qu’avant et durant son séjour en apesanteur, afin de contribuer à la collecte de données scientifiques sur les effets sur le corps humain d’un séjour prolongé en orbite. Ses proches pourront cependant le voir. « Et ensuite j’espère, première semaine de vacances depuis de nombreux mois », a-t-il dit vendredi. « J’ai même l’impression que ça fait des années. » Retraçant les six derniers mois, il a qualifié la mission de « très, très intense ».

SpaceX choisie par la NASA

Crew-2 est la deuxième mission régulière assurée par SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, pour le compte de la NASA – un partenariat récurrent, puisque l’agence spatiale américaine a également choisi SpaceX pour le prochain voyage sur la Lune. L’entreprise a permis à la NASA de reprendre les vols depuis le sol américain, après l’arrêt des navettes spatiales en 2011.h

Les remplaçants de Thomas Pesquet et de ses collègues – les Américains Raja Chari, Kayla Barron et Tom Marshburn, ainsi que l’Allemand Matthias Maurer, appelés Crew-3 – devraient partir de la Terre mercredi, à 21 h 03 heure de Floride (03 h 03 heure de Paris, jeudi) depuis le centre spatial Kennedy. Leur départ a déjà été plusieurs fois retardé, notamment à cause de la météo.

Dans l’intervalle, la Station spatiale ne sera pas inhabitée : deux Russes et un Américain restent en effet à bord.

Par Le Monde avec AFP