Archive for the ‘Technologie’ Category

Congo-Bacongo 2 : Vadim Osdet Mvouba offre la connexion internet gratuite aux campusards de Tcheulima

juillet 2, 2022

Le candidat du Parti congolais du travail (PCT) dans la deuxième circonscription électorale de Bacongo, Vadim Osdet Mvouba, multiplie des contacts de proximité. Après les vendeurs dans les marchés, il a officiellement lancé, le 1er juillet, la connexion du campus Tcheulima à la fibre optique.

1-Vadim Mvouba lançant la connexion

Après avoir réhabilité le circuit électrique et la bâche d’eau, assaini le campus Tcheulima, le candidat Vadim Mvouba vient d’offrir de l’Internet gratuit aux étudiants de cette résidence de l’Université Marien-Ngouabi. « En vous écoutant, il fallait que je réagisse favorablement à votre requête, parce que vous incarnez par nature l’avenir de ce pays. Comme un arbre qui s’ouvre sur le monde, il nous faut vous offrir une couverture internet illimitée. Grâce à l’internet, on peut se former en ligne, grâce à internet on peut effectuer des recherches, on peut se constituer en réseaux », a-t-il rappelé.

Prêchant l’unité nationale, le candidat du PCT a appelé les étudiants à voter pour lui le 10 juillet. « Le 10 juillet, j’aurai sans doute besoin de votre soutien, j’aurai besoin de vos voix. Il me faut porter vos rêves, vos espoirs, vos expériences à l’hémicycle qui est le temple de la démocratie par excellence. La seule chose que je vous demanderai c’est de voter utile, voter pour le progrès, voter pour la modernisation de notre beau pays », a exhorté Vadim Osdet Mvouba.

Il a, par ailleurs, pris l’engagement de mettre en place un fonds de soutien au campus Tcheulima pour intégrer le tissu social afin de matérialiser le rêve des étudiants. « Tous les trois mois, le  jeune que je suis, dans la mesure du possible, viendrai abonder ce fonds parce que vos problèmes sont mes problèmes », a-t-il promis.

Le président du comité de gestion des étudiants du campus, Borgia Elenga, s’est félicité de ce geste d’autant plus que la connexion internet permettra aux étudiants de mener des recherches. « Nous avons des étudiants finalistes qui vont bientôt présenter leurs thèses. C’est un outil très important actuellement, parce qu’elle nous permettra de faire nos recherches, d’être connectés avec le reste du monde. En retour, nous lui promettons la victoire parce que nous devons respecter la loi de la nature : nous avons reçu, nous devons aussi donner. Rendez-vous le dimanche 10 juillet dans les urnes », a-t-il rassuré.

2- Le candidat du PCT offrant des parasols dans les marchés/Adiac

Notons que le 30 juin, le candidat de PCT à Bacongo 2 a distribué des parasols aux vendeurs du marché de la « Main bleue ». Vadim Mvouba a, à cette occasion, eu des échanges directs avec ses potentiels électeurs qui ont promis de voter pour lui. « Aujourd’hui, il fallait à tout prix passer par les veines pour toucher le cœur de Bacongo dans le cadre d’une campagne de proximité. Il nous faut être en phase avec les réalités locales et le seul moyen d’y parvenir, c’est d’être en immersion dans le Bacongo profond pour comprendre les véritables problèmes qui minent cette population. Il fallait donc ce contact direct », déclarait-il à l’issue de sa ronde.

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Poutine promet au Bélarus des missiles capables de transporter des charges nucléaires

juin 25, 2022
Vladimir Poutine (à droite) au moment de recevoir le dirigeant bélarusse Alexandre Loukachenko.

Cette annonce survient au moment où la Russie et son allié, le Bélarus, sont en crise ouverte avec les pays occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine par les forces russes. Photo: AP/Maxim Blinov

La Russie va livrer au Bélarus, pays voisin de l’Ukraine, des missiles capables de transporter des charges nucléaires, a annoncé Vladimir Poutine samedi.

Au cours des prochains mois, nous allons transférer au Bélarus des systèmes de missiles tactiques Iskander-M, qui peuvent utiliser des missiles balistiques ou de croisière, dans leurs versions conventionnelle et nucléaire, a déclaré M. Poutine lors d’une rencontre avec son homologue bélarusse, Alexandre Loukachenko, à Saint-Pétersbourg.

Le président russe a promis de moderniser les avions Su-25 du Bélarus dans des usines de son pays et de procéder aussi à l’entraînement du personnel militaire après que M. Loukachenko lui eut demandé d’adapter ses appareils capables de transporter des armes nucléaires.

Nous nous mettrons d’accord sur la façon d’accomplir cela, a assuré M. Poutine à son homologue bélarusse.

Ces nouvelles annoncent de Poutine risquent de tendre encore ses rapports avec les dirigeants occidentaux, déjà détériorés depuis que Moscou a envoyé des troupes en Ukraine.

L’Iskander-M est un système guidé mobile nommé SS-26 Stone par l’OTAN, qui a remplacé le Scud soviétique. Ses deux missiles guidés ont une portée allant jusqu’à 500 km et peuvent transporter des ogives conventionnelles ou nucléaires.

Cet échange survient au moment où la Russie et son allié, le Bélarus, sont en crise ouverte avec les pays occidentaux depuis que Moscou a lancé, avec l’appui diplomatique et logistique de Minsk, une offensive militaire contre l’Ukraine.

Le Bélarus, frontalier de l’Ukraine et de plusieurs pays membres de l’OTAN, avait déjà annoncé le mois dernier avoir acheté des systèmes Iskander, capables de transporter des charges nucléaires.

Lors d’une rencontre à Saint-Pétersbourg avec Vladimir Poutine, le président bélarusse Alexandre Loukachenko avait fait part à son homologue russe de ses préoccupations et des inquiétudes face aux politiques agressives et conflictuelles de ses voisins lituaniens et polonais.

La Russie lance des missiles sur l’Ukraine à partir de la Biélorussie

Avant la rencontre de Vladimir Poutine et d’Alexandre Loukachenko, Kiev avait accusé Moscou samedi de vouloir attirer Minsk, son allié diplomatique, dans la guerre en Ukraine après avoir fait état, plus tôt en matinée, de missiles russes tirés depuis le Bélarus voisin sur un village ukrainien.

La frappe d’aujourd’hui est directement liée aux efforts du Kremlin pour attirer le Bélarus dans la guerre en Ukraine en tant que cobelligérant, a affirmé sur Telegram la Direction générale du renseignement ukrainien, rattachée au ministère de la Défense.

Vers 5 h du matin [heure locale], la région de Tcherniguiv a subi un bombardement massif de missiles. Vingt roquettes ont visé le village de Desna, tirées depuis le territoire du Bélarus [et aussi] depuis les airs, avait indiqué dans la matinée sur Facebook le commandement Nord des troupes ukrainiennes, précisant qu’il n’y avait pas de victimes à ce stade.

Quoique non belligérant dans le conflit avec l’Ukraine à ce stade, le Bélarus a servi de soutien logistique aux troupes de Moscou, notamment lors des premières semaines de l’offensive russe.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Démarchage téléphonique : les Français toujours plus harcelés

juin 19, 2022

Selon BFMTV, le nombre d’appels promotionnels reçus sur mobile en 2022 a augmenté de plus de 60 %, notamment en lien avec le compte personnel de formation.

Rares sont les détenteurs de téléphone portable à avoir échappé à ce fameux avertissement : « Votre compte CPF va bientôt expirer. » Par mails, SMS ou coups de fil insistants, les sollicitations de centres d’appels pour le compte personnel de formation peuvent se transformer en un véritable harcèlement. Selon des données d’Orange publiées par BFMTV, vendredi 17 juin, le démarchage téléphonique, toutes raisons confondues, représenterait 13 appels indésirables par mois en France en 2022, soit une hausse de plus de 60 % par rapport à 2020 (8).

D’après l’opérateur français, les appels concernant le CPF plus spécifiquement seraient en forte augmentation. Ces mystérieux interlocuteurs, souvent des cyberescrocs basés dans des centres d’appels à l’étranger, récupèrent les identifiants de connexion au compte personnel de formation pour inscrire leurs victimes à des formations inexistantes ou frauduleuses. Déjà désagréable sur mobile, le démarchage téléphonique est encore plus omniprésent sur les téléphones fixes. Il serait même majoritaire, avec 60 % des appels reçus en 2022 et 4 millions en avril. Selon Orange, les numéros fixes recevraient 16 appels de spam par mois.

Les dispositifs anti-démarchage commercial

Pour se prémunir de ces nuisances, des solutions existent. Il faut s’inscrire sur le site Bloctel, une liste d’opposition aux appels commerciaux non sollicités. Bloquer manuellement les numéros indésirables est possible dans son propre téléphone, mais cela peut être vain, les centres d’appels pouvant multiplier les numéros de téléphone différents. Pour l’heure, la loi du 24 juillet 2020 interdit la prospection téléphonique pour les travaux de rénovation énergétique. Depuis le 1er avril 2022, les courtiers en assurance démarchant des prospects doivent s’assurer du consentement du client potentiel dès le début de l’appel et y mettre fin en cas d’opposition, sans possibilité de réitérer l’appel ultérieurement.

Par Le Point

5G : Ottawa ferme définitivement la porte à Huawei

mai 19, 2022

La décision, selon Pékin, « viole les principes de l’économie de marché et les règles du libre-échange ».

Une femme marche devant un écran blanc sur lequel est projeté le logo de la compagnie Huawei.

Le Canada emboîte le pas aux États-Unis, qui ont déjà exclu Huawei de ses réseaux 5G. Photo : Getty Images/Kevin Frayer

Le développement du réseau 5G au Canada se fera sans le géant chinois Huawei. Le gouvernement Trudeau, qui marchait sur des œufs depuis des mois et des mois à ce sujet, a finalement décidé de dire non à l’entreprise, quitte à susciter la grogne de Pékin.

La décision a été confirmée en point de presse jeudi après-midi par les ministres François-Philippe Champagne (Innovation, Sciences et Industrie) et Marco Mendicino (Sécurité publique). Elle touche également ZTE, une autre société chinoise en partie détenue par l’État.

Cela fait suite à un examen approfondi mené par nos agences de sécurité indépendantes et en consultation avec nos plus proches alliés, a indiqué le ministre Champagne.

Celui-ci a notamment invoqué des enjeux de sécurité nationale, soulignant qu’il importait d’assurer l’intégrité [des] systèmes de télécommunications du Canada.Les ministres Champagne et Mendicino en point de presse.

Le ministre Mendicino a également affirmé que le gouvernement libéral déposerait un projet de loi pour renforcer davantage le système de télécommunications du Canada et créer un cadre pour protéger la sécurité nationale. Photo : La Presse Canadienne/David Kawai

Par ailleurs, les entreprises canadiennes qui utilisent déjà des composants de Huawei et de ZTE dans leurs réseaux actuels devront cesser leur utilisation et les retirer. Celles-ci ne seront pas indemnisées, a déclaré le ministre Champagne – pas plus que Huawei et ZTE, a précisé son cabinet par la suite.

Cela dit, la grande majorité des entreprises de télécommunications canadiennes avaient déjà pris la décision de ne plus faire affaire avec ces deux sociétés chinoises, a souligné M. Champagne, jeudi.

La Chine profondément mécontente

La réplique de Pékin ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration en mandarin publiée jeudi soir sur son site web, l’ambassade chinoise à Ottawa affirme que la Chine est préoccupée et profondément mécontente de la tournure des événements.

La décision annoncée par les ministres Champagne et Mendicino, prise au motif de la soi-disant sécurité nationale, sans aucune preuve concluante, […] viole les principes de l’économie de marché et les règles du libre-échange et nuira certainement à l’image internationale du Canada, déplore-t-elle.

Aussi, la Chine procédera à une évaluation complète et sérieuse de cet incident et prendra toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises, peut-on lire dans la déclaration.

Une question délicate

Le gouvernement canadien avait annoncé en septembre 2018 qu’il allait étudier les possibles menaces pour la sécurité nationale représentées par l’utilisation d’équipements Huawei. Le gouvernement Trudeau aura donc fait durer le suspense pendant plus de trois ans.

L’épineux dossier s’articule autour des allégations selon lesquelles Huawei serait assujettie aux demandes du gouvernement chinois, notamment en matière de collecte de renseignements.

Car le développement des réseaux de 5G permettra aux utilisateurs d’avoir recours à des connexions plus rapides et à de vastes capacités pour les données, afin de répondre à la forte demande étant donné le nombre croissant d’appareils – des casques de réalité virtuelle aux véhicules automobiles – reliés à Internet.

Or, plusieurs experts ont souligné dans les dernières années que la participation de Huawei au déploiement de la norme 5G pourrait lui donner accès à toute une série d’informations numériques reposant sur la manière dont les clients canadiens utilisent des appareils connectés au web, ainsi que sur le moment et l’endroit où ils le font.

Selon cette théorie, les agences de sécurité chinoises pourraient alors obliger l’entreprise à leur transmettre ces données personnelles.

Huawei, pour sa part, a toujours argué qu’elle était une entreprise farouchement indépendante qui ne s’adonne pas à des activités d’espionnage. Ce plaidoyer a notamment été repris par l’ambassadeur de Chine au Canada, qui a exhorté Ottawa à ignorer les avertissements inventés par Washington à propos de Huawei.

Les États-Unis ont déjà banni Huawei de ses réseaux 5G, tout comme le Royaume-Uni et l’Australie. Ces trois pays, avec le Canada et la Nouvelle-Zélande, forment le Groupe des cinq (Five Eyes, en anglais), un ensemble de pays qui mettent en commun certaines ressources en matière de renseignement.

D’autres pays comme le Japon et la Suède ont également pris la décision d’exclure Huawei de leurs systèmes de télécommunications dans les dernières années.

C’est une décision qui est en ligne avec celle de nos alliés, a d’ailleurs souligné le ministre Champagne, jeudi.

Dans ce cas, pourquoi la décision du Canada intervient-elle si tard? Ça n’a jamais été une course, a répété le ministre à tous les journalistes qui lui ont posé la question, jeudi. Ce qui compte pour les gens qui nous regardent aujourd’hui, c’est de prendre la bonne décision.Meng Wanzhou marchant à l'extérieur.

Le dossier Huawei s’est largement complexifié avec l’affaire Meng Wanzhou. Photo: La Presse Canadienne/Jonathan Hayward

Attendue depuis longtemps, la décision annoncée par le gouvernement Trudeau jeudi avait été repoussée en raison des tensions diplomatiques entre Ottawa et Pékin ces dernières années.

Le dossier Huawei s’était notamment complexifié avec l’arrestation, à Vancouver, de la directrice financière de Huawei et fille du fondateur du mastodonte chinois, Meng Wanzhou.

Cette affaire avait marqué le début d’une crise diplomatique majeure entre les deux pays, avec la détention en parallèle en Chine de Michael Spavor, un spécialiste de la Corée du Nord, et de Michael Kovrig, un ancien diplomate basé à Pékin, ce qui avait été largement perçu comme une riposte du gouvernement chinois.M. Kovrig discute avec M. Trudeau, et M. Spavor reçoit une accolade de Dominic Barton.

Les deux Michael sont rentrés au Canada sur le même avion. Sur la photo, on voit M. Kovrig en discussion avec le premier ministre Justin Trudeau, tandis que M. Spavor, en complet gris pâle, reçoit une accolade de l’ambassadeur canadien en Chine, Dominic Barton. Photo: Reuters/Ministère de la Défense Nationale du Canada

Après environ trois ans de procédure, Meng Wanzhou avait finalement retrouvé la liberté fin septembre 2021 et regagné la Chine. Les deux Canadiens avaient également été libérés dans la foulée.

Jean-François Lépine, ex-diplomate et spécialiste de la Chine et de l’Asie, estime que le gouvernement Trudeau a bien choisi son moment pour bannir Huawei du Canada.

Car la Chine actuellement est débordée de problèmes, a-t-il souligné en entrevue, jeudi : la COVID, une crise majeure dans tout le pays; la guerre en Ukraine, dans laquelle la Chine s’est positionnée et qui lui a beaucoup nui à travers le monde; et l’économie chinoise qui, en conséquence de ces deux phénomènes là, est en recul.

De plus, les risques de représailles contre le Canada sont relativement faibles, estime M. Lépine, qui a notamment occupé pendant plusieurs années la fonction de représentant du Québec en Chine.

En appuyant l’invasion russe de l’Ukraine, Pékin a perdu beaucoup la confiance de l’Europe, des États-Unis, donc de ses deux principaux partenaires économiques. En outre, la Chine ne peut pas beaucoup […] se payer le luxe de se mettre à dos un autre pays en adoptant des mesures qui seraient extraordinaires, estime-t-il.

Radio-Canada par Jérôme Labbé avec les informations de Louis Blouin, Laurence Martin, La Presse canadienne et l’Agence France-Presse

Google Traduction parle désormais ewe, bambara et lingala

mai 15, 2022

Le géant de la tech a intégré à son service de traduction 24 nouvelles langues, dont dix africaines, jusqu’à présent largement sous-représentées.

Linda Kobusinge, qui espère poursuivre une carrière dans l’industrie de la technologie, travaille dans un cybercafé du centre de Kampala. Photo d’illustration. Linda Kobusinge, who hopes to pursue a career in the tech industry, at work in an internet cafe in central Kampala. *** Local Caption *** africa women youth technology portrait hair © Tommy Trenchard/PANOS-REA

Après l’amharique, le haoussa ou encore le swahili, ce sont dix nouvelles langues africaines qui pourront désormais être traduites par le service Google Traduction. Aux côtés de langues asiatiques ou sud-américaines, comme le bhojpuri (Inde, Népal, Fidji), le dhiveri (Maldives) ou le quechua (Pérou), une poignée de nouveaux idiomes, parmi les quelque 2 000 utilisés sur le continent africain, sont donc mis à disposition des internautes.

Ce service gratuit proposé par Google permet de traduire instantanément des phrases et textes entiers dans 133 langues différentes. Sont désormais proposés le bambara (Mali), l’ewe (Ghana, Togo), le krio (Sierra Leone), le lingala (Afrique centrale), le luganda (Ouganda, Rwanda), l’oromo (Éthiopie), le sepedi (Afrique du Sud), le tigrinya (Érythrée, Éthiopie), le tsonga (Afrique du Sud) et le twi (Ghana). Plus de 300 millions de personnes parlent couramment ces 24 nouveaux idiomes disponibles à la traduction.

Nouvelle technologie

Google se targue ainsi d’aider à « briser les barrières linguistiques » et « connecter les communautés du monde entier », assurant soutenir les peuples dont les langues restent sous-représentées dans la plupart des technologies. « Les utilisateurs de Google Traduction n’ont jamais été aussi nombreux, mais nous avons encore du travail à faire pour le rendre universel et accessible à tous », a déclaré le 11 mai le PDG du géant de la tech, l’Indien Sundar Pichai. Il s’exprimait à l’occasion de « Google I/O », une conférence annuelle de deux jours organisée par Google au Moscone Center de San Francisco, en Californie.

Cette innovation représente une « nouvelle étape importante » dans la technologie utilisée par Google Traduction, a insisté Isaac Caswell, ingénieur de Google. « Ces langues sont les premières qui ont été ajoutées via le logiciel de traduction ‘Zero-shot’», a expliqué l’ingénieur. Ce modèle d’apprentissage permet à cette machine de traduire une langue sans s’inspirer d’un exemple existant.

LES LANGUES REPRÉSENTÉES SONT PRINCIPALEMENT EUROPÉENNES ET NÉGLIGENT DES RÉGIONS LINGUISTIQUEMENT TRÈS VARIÉES, COMME L’AFRIQUE

À l’origine, pour élaborer le service Google Traduction, l’entreprise s’était servie de dictionnaires bilingues. Une approche coûteuse et chronophage, qui sera remplacée par la suite par une traduction automatique statistique, basée sur une importante base de données. Pour ces 24 nouvelles langues, la machine d’intelligence artificielle permet donc de traduire des textes, même sans base de données préalable.

Cette innovation participe à « l’extension de la couverture à de nombreuses communautés qui étaient très négligées, non seulement par Google mais aussi par d’autres technologies en général », a ajouté Isaac Caswell.

Les langues africaines négligées

Google s’est également appuyé sur des personnes dont ces 24 nouveaux idiomes sont les langues maternelles. « Leur aide a été fondamentale dans notre travail », a insisté l’entreprise, qui a collaboré avec plus de 100 personnes et institutions.

« Bien que les services de traduction couvrent les langues les plus parlées dans le monde, ils n’en incluent au final qu’une centaine au total, soit 1% seulement de l’intégralité des langues existantes, a concédé Google. De plus, les langues représentées sont principalement européennes et négligent des régions linguistiquement très variées, comme l’Afrique ou les Amériques. »

Avec Jeune Afrique par Marième Soumaré – Dakar

Guerre en Ukraine : Kiev dit avoir détruit un nouveau navire russe

mai 7, 2022

La marine ukrainienne revendique la destruction d’un navire de débarquement et de deux systèmes de missile près de l’île des Serpents, en mer Noire.

Samedi 7 mai, l’Ukraine a affirmé avoir détruit un navire de débarquement russe près de la petite île des Serpents en mer Noire, devenue le symbole de la résistance ukrainienne à l’invasion russe lancée fin février.

Selon la marine ukrainienne, un drone de combat Bayraktar TB2, développé en Turquie, aurait touché un navire de débarquement du projet 11770 Serna ainsi que deux systèmes de missiles sol-air de type Tor. « Le défilé traditionnel de la flotte russe le 9 mai cette année aura lieu près de l’île des Serpents, au fond de la mer », a ironisé de son côté le ministère ukrainien de la Défense sur Twitter.

Deux patrouilleurs russes bombardés

Moscou n’a pas confirmé l’information de son côté. Sur des vidéos publiées par l’armée ukrainienne, on peut voir notamment un navire mouillant près d’un quai touché par une explosion puis ravagé par des flammes et propageant un gros panache de fumée. Long de 26 mètres, le Serna appartient à une classe de navire rapide de débarquement russe avec une capacité d’emport de 45 tonnes. Il est armé de mitrailleuses de calibre de 7,62 mm et de lance-missiles Igla et a été conçu pour le débarquement de véhicules de combat, ainsi que d’unités d’assaut.

Auparavant, l’armée ukrainienne avait affirmé début mai avoir bombardé au large de l’île des Serpents deux patrouilleurs russes de classe Raptor, frappés eux aussi par des drones de combat Bayraktar TB2. Mi-avril, le vaisseau-amiral russe Moskva a coulé en mer Noire après avoir, selon Kiev et Washington, été touché par des missiles ukrainiens. Moscou avait affirmé de son côté qu’il avait été endommagé par une explosion à bord.

Une île devenue symbole

L’île des Serpents est devenue un symbole en Ukraine depuis un échange radio, devenu viral sur les réseaux sociaux, dans lequel, au premier jour du conflit, les gardes-frontières ukrainiens avaient lancé « Va te faire foutre, navire militaire russe ! » au croiseur russe, le Moskva, qui leur intimait de se rendre. Peu après cet échange, le navire avait bombardé l’île, les Russes en prenant le contrôle, et les militaires ukrainiens avaient été faits prisonniers. Ils avaient ensuite été libérés à la faveur d’un échange de prisonniers avec Moscou.

Avec Radio-Canada

Guerre en Ukraine : l’Internet russe est-il coupé du monde ?

mai 2, 2022

En février, la guerre semblait annonciatrice d’une scission de l’Internet. Pourtant, deux mois plus tard, le réseau semble avoir résisté.

Guerre en Ukraine : l'Internet russe est-il coupe du monde ?
Guerre en Ukraine : l’Internet russe est-il coupé du monde ?

Deux mois après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Internet semble avoir été scindé en deux. Tandis qu’un certain nombre de plateformes et de réseaux ont banni les comptes proches du pouvoir russe, la Russie a, elle, restreint l’accès à la plupart des réseaux sociaux non russes. Les Russes se sont rabattus sur VK (équivalent de Facebook) et Télégram. Le phénomène de balkanisation de l’Internet, également appelé splinternet, semble avoir eu lieu ; l’Internet russe paraît aujourd’hui hors d’accès. Pourtant, la Russie n’est pas encore complètement coupée du monde.

« D’un point de vue technique, cela ne serait pas trop difficile pour la Russie de simplement couper Internet au-delà de ses frontières : il n’y a que 12 points de liaison environ entre son réseau Internet et le reste du monde », explique Kieron O’Hara, enseignant-chercheur à l’université britannique de Southampton, et coauteur du livre Four Internets : Data, Geopolitics, and the Governance of Cyberspace. Toutefois, il considère que, si la Russie était amenée à se couper du monde, le système s’écroulerait rapidement : « Internet aujourd’hui est tellement interconnecté que le fonctionnement de tout site repose sur des données du monde entier. » En 2019, la Russie a annoncé avoir réussi à isoler complètement son Internet du reste du monde pendant plusieurs heures sans souci de fonctionnement. « Je ne connais évidemment pas les détails, mais je n’ai jamais croisé personne qui croit à cette histoire », note le chercheur.

Cela ne veut pas pour autant dire que la Russie ne sera jamais capable de se couper du monde. En effet, lorsque la Russie envahit la Crimée en 2014, le Kremlin se rend rapidement compte que tout lien de dépendance avec l’Europe ou les États-Unis pourrait lui porter fortement préjudice. Internet fait partie des domaines dans lesquels le pays tente alors de devenir le plus indépendant possible. Le développement de tous les domaines liés à la technologie est fortement encouragé, des réseaux sociaux aux semi-conducteurs. Les sites gouvernementaux et moyens de paiement sont rendus nationaux autant que possible. Les réseaux de propagation d’information sont occupés par les pouvoirs publics afin de pouvoir les influencer. « Si l’on ajoute à cela le fait que les Russes ne parlent généralement que le russe, et que le nationalisme est très fort dans le pays, il ne serait pas très compliqué de convaincre beaucoup de Russes qu’un Internet plus petit et peut-être de moins bonne qualité serait un prix acceptable à payer pour rétablir une fierté nationale », explique Kieron O’Hara.

Cette idée pour un pays de se couper du reste d’Internet n’est pas nouvelle. « En Chine, la séparation avec le reste du monde est bien plus avancée. Tout élément entrant ou sortant de Chine passe à travers le Grand pare-feu de Chine, une sorte de bouclier virtuel géant », rappelle Winston Maxwell, le directeur d’études en droit et numérique à Télécom Paris. « Les Chinois savaient depuis le début qu’Internet allait être un problème pour eux. La Russie ne l’a pas vu venir et tente maintenant de rattraper son retard, mais pour l’instant ils sont encore loin de la technicité chinoise », souligne toutefois Kieron O’Hara.

D’une certaine manière, les réactions européennes et américaines à la guerre en Ukraine ont aidé la Russie à être plus indépendante. Probablement encouragé par la vague de départs massifs d’entreprises de Russie, le fournisseur d’accès à Internet Cogent Communications, l’un des leaders mondiaux dans ce domaine, a annoncé début mars qu’il arrêterait de desservir ses clients russes. Il a ensuite été suivi entre autres par Lumen, un autre acteur important sur le marché.

L‘Internet Society, une association américaine en faveur d’un Internet le plus libre possible a publié plusieurs communiqués mettant en cause ces décisions : « À court terme, les individus perdront l’accès à une bouée de sauvetage vitale pour la sécurité et l’exactitude des informations. À long terme, des actions compromettant la nature apolitique du réseau diviseraient l’Internet selon des lignes géopolitiques et modifieraient de manière irréversible l’Internet que nous connaissons aujourd’hui. »

Kieron O’Hara tient toutefois à souligner le positif : pour l’instant, nous n’en sommes pas encore là. « La diversité des acteurs d’Internet – secteur public, secteur privé, organisations à but lucratif ou non, gouvernements, ONG – a permis à Internet de ne pas être scindé. Ce que nous avons vécu et que nous continuons de vivre est une très grosse épreuve, mais jusqu’à présent Internet a résisté. »

D’après lui, le plus gros défi aura lieu si on se retrouve un jour dans une situation similaire, face à la Chine : « Sur l’île de Taïwan se trouve l’industrie de semi-conducteurs qui a le plus de valeur au monde. La situation serait alors très différente de celle d’aujourd’hui si on était amené à exercer une pression sur la Chine. Je ne sais pas si Internet y survivrait. »

Avec Le Point par Ava Luquet

Ukraine: « Tout va bien ! » Les Russes ouvrent les portes de la centrale nucléaire de Zaporijjia

mai 2, 2022
"Tout va bien !" Les Russes ouvrent les portes de la centrale nucleaire de Zaporijjia
« Tout va bien ! » Les Russes ouvrent les portes de la centrale nucléaire de Zaporijjia© AFP/Andrey BORODULIN

Un bâtiment administratif est calciné, mais ceux des réacteurs semblent intacts: l’AFP a pu visiter dimanche la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Ukraine et d’Europe, dont la prise par l’armée russe a suscité l’inquiétude de la communauté internationale.

Les forces de Moscou ont pris le contrôle début mars de cette centrale située dans la ville d’Energodar (écrit Enerhodar, en ukrainien) dans le sud de l’Ukraine, séparée par les eaux du Dniepr de la capitale régionale Zaporijjia, sous contrôle ukrainien.

Les affrontements qui s’y sont déroulés ont suscité la crainte au sein de la communauté internationale d’une catastrophe nucléaire similaire à celle survenue en 1986 à Tchernobyl.

Lors d’un voyage de presse organisé par l’armée russe, l’AFP a pu constater les dégâts: la façade d’un vaste bâtiment administratif qui servait de centre d’entraînement au personnel de la centrale est noircie par les flammes et de nombreuses fenêtres sont explosées.

Mais aucune trace de tir ou de bombardement n’était visible sur les six cubes surmontés d’un dôme rouge renfermant les réacteurs qui ont commencé à être construits dans les années 1980.

La semaine dernière, l’Agence internationale de l’énergie atomique a jugé « préoccupante » la situation à la centrale de Zaporijjia, à laquelle ses experts n’ont pas eu accès depuis sa prise par Moscou.

La centrale « fonctionne normalement, en accord avec les normes nucléaires, radioactives et environnementales », assure toutefois sur place le major-général Valéri Vassiliev, spécialiste des questions nucléaires et chimiques, dépêché par Moscou pour sécuriser le site.

Affichant leur décontraction, aucun des quelques soldats montant la garde derrière des piles de sacs de sable ne porte de combinaison, de masque ou tout autre équipement de protection contre les radiations.

« Ici, tout va bien ! », claironne le nouveau maire pro-Moscou d’Energodar, Andreï Chevtchik, arrivé à ce poste dans le sillage des Russes.

« Nous sommes prêts à vendre de l’électricité à l’Europe. Tout acheteur est bienvenu. C’est très bon marché ! », ajoute-t-il, avant de repartir à bord d’un SUV rutilant et bardé de drapeaux russes.

Un grand flou entoure cependant le fonctionnement de la centrale, qui continue d’être assuré par les équipes ukrainiennes.

L’AFP n’a pu rencontrer aucun des employés du site et le degré de coordination entre ceux-ci et les nouveaux maîtres des lieux n’est pas clair.

Avant le début de l’offensive russe en Ukraine, cette centrale avait une capacité de 5.700 mégawatts, soit de quoi couvrir plus de 20 % des besoins du pays en électricité.

Par Le Point avec AFP

Canada: Le Québec potentiellement dans la ligne de mire des cyberattaques russes

avril 27, 2022
Un ordinateur portable affichant du code informatique binaire avec un drapeau russe en filigrane sur l'écran.

Toutes nos infrastructures qui sont interconnectées avec nos voisins américains pourraient être la cible de cyberattaques russes. Photo : Getty Images/Istockphoto/Smederavac

Le Québec pourrait être la cible de cyberattaques de la part des Russes qui tentent de s’en prendre aux États-Unis, soutiennent trois experts.

On est une cible potentielle, parce qu’on a des connexions rapprochées avec les États-Unis, explique Paul Laurier, président de Vigiteck et ex-enquêteur à la Sûreté du Québec dans la division des fraudes et des cyberattaques, en entrevue à Tout un matin.

Disons que l’infrastructure d’Hydro-Québec soit victime d’une attaque, cela pourrait potentiellement l’empêcher de produire et de fournir l’électricité aux États-Unis les touchant aussi, ajoute-t-il.

Aucune structure n’est exemptée, prévient Alexis Dorais-Joncas, directeur du centre de recherche et de développement de l’entreprise Cyber sécurité i7, au micro de Midi Info.

Tout ce qui est du domaine des infrastructures critiques et qui est interconnecté avec nos voisins américains pourrait être ciblé. On parle du secteur de l’énergie, du transport et aussi de toutes les autres institutions qui font la base de notre société, détaille-t-il.

Le Québec saurait-il bien se défendre?

À l’échelle du pays, le Canada a l’infrastructure pour être capable de bombarder l’ennemi, souligne Paul Laurier.

Le Québec, pour sa part, est sur la bonne voie, ayant pris des mesures à cet effet depuis quelques années.

Il y a des groupes d’échange d’information […] qui se font confiance et qui échangent de l’information sur les attaques […] et ça aide tout le monde à monter des systèmes de défense plus efficace, explique Alexis Dorais-Joncas.

Mais il ne faut jamais arrêter d’améliorer la sécurité dans les secteurs essentiels comme celui de l’énergie, du transport, des télécommunications et des institutions financières, soutient Mourad Debbabi, expert en cybersécurité, en cybercriminalistique et en protection des infrastructures critiques.

Parce qu’il n’y a pas de risque zéro, dit-il.

Le lien entre la guerre et les cyberattaques

Depuis le début du conflit en Ukraine, tous les pays qui s’opposent à la Russie sont menacés directement par Moscou d’être la cible de cyberattaques, soulève Paul Laurier.

Du côté du Canada, il est vrai que la fréquence des attaques a augmenté en comparaison avec l’année précédente, dit Mourad Debbabi.

Toutefois, la majorité de ces cyberattaques n’ont aucun lien avec le conflit, prévient Alexis Dorais-Joncas. Les pirates informatiques qui travaillaient avant le conflit continuent malgré la guerre, ajoute-t-il.

La menace est réelle, [mais] elle a toujours été réelle, précise Mourad Debbabi.

Avec Radio-Canada

Ukraine: « On ne dort jamais! », confie un opérateur de drone qui a paralysé un convoi russe

avril 10, 2022

Un groupe d’opérateurs de drone de plus d’une trentaine de personnes donne des maux de tête à l’armée russe en utilisant des technologies civiles pour résister à l’envahisseur.

L’unité Aerorozvidka de l’armée ukrainienne donne des maux de tête aux forces russes. Photo : Aerorozvidka

Les images satellites captées par les Américains de centaines de blindés en route vers Kiev à la fin de février ont fait le tour du monde. Après une semaine de guerre, s’emparer de la capitale ukrainienne était encore une priorité pour les Russes.

De nuit, un petit groupe de l’unité Aerorozvidka de l’armée ukrainienne décide alors de s’approcher de la colonne de 60 km en VTT. On a envoyé des drones en reconnaissance pour l’observer, raconte l’opérateur Mykhailo, à qui nous avons parlé par l’application WhatsApp. Nous sommes revenus au cours de la nuit et nous l’avons bombardée. Nous avons aussi fourni les coordonnées précises du convoi à notre artillerie.

Cette image satellite fournie par Maxar Technologies montre un convoi russe près d’Ivankiv, au nord-ouest de Kiev, en Ukraine, le lundi 28 février 2022. Photo : AP

La colonne a alors été brisée et des attaques ont été menées sur les réserves de denrées et de carburant. L’homme, qui refuse de donner son nom de famille de crainte d’être identifié par les Russes, se garde bien de récolter les honneurs de cette opération. Ce n’est pas nous qui avons stoppé le convoi à nous seuls, mais bien le manque de provisions. Mais on leur en a fait baver!

L’unité Aerorozvidka a été créée en 2014 par un groupe de volontaires pour contrer l’invasion russe du Donbass et de la Crimée. Certains sont des étudiants, des informaticiens, on a même un docteur en philosophie et un architecte, dit Mykhailo, entrepreneur en temps de paix.

Ils utilisaient à l’époque des drones commerciaux, les mêmes que les vidéastes amateurs. Aujourd’hui, ils font voler des dizaines d‘engins fabriqués de leurs mains, qu’ils emploient autant pour la surveillance que pour le combat.

Ces drones à huit hélices sont en mesure de larguer des bombes et des grenades sur l’ennemi. En plus du convoi russe, Aerorozvidka revendique des centaines d’attaques contre des cibles russes.

L’unité Aerorozvidka fait voler des dizaines d‘engins fabriqués des mains de ses membres, que ceux-ci emploient autant pour la surveillance que pour le combat. Photo : Aerorozvidka

Guerre informatique

Les opérateurs de drone ont des bottes sur le terrain, mais ils mènent aussi une guerre informatique à l’envahisseur, qui dispose d’importants moyens technologiques. Pour se déployer, ils doivent déjouer les attaques par brouillage des communications (jamming) et d’usurpation d’identité (spoofing) des Russes, qui peuvent notamment localiser les résistants grâce à la signature électronique qu’ils utilisent.

Le fondateur de l’unité Aerorozvidka, l’ex-banquier Volodymyr Kochetkov-Sukach, est mort au combat en 2015. Ç’a toujours été difficile pour nous d’opérer en raison des cyberattaques de la Russie, souligne Mykhailo. C’est d’autant plus risqué qu’on doit entrer profondément sur le territoire où se trouve l’envahisseur pour l’attaquer.

Toutefois, les opérateurs de drone ukrainiens peuvent maintenant compter sur les terminaux du service Internet par satellite Starlink livré par le milliardaire Elon Musk au début de l’invasion russe.

Ce serait très dur de travailler en ce moment sans cette technologie, ajoute Mykhailo. On l’utilise notamment pour connecter différentes unités des forces sur le terrain. Par exemple, les responsables de la reconnaissance peuvent ainsi communiquer avec l’artillerie.

L’unité d’opérateurs de drone Aerorozvidka revendique des centaines d’opérations contre les forces russes. Photo : Aerorozvidka

Les informaticiens d’Aerorozvidka ont aussi créé un système de reconnaissance situationnelle baptisé Delta, qui fonctionne aujourd’hui grâce à Starlink. Il s’agit d’un réseau de capteurs localisés sur les lignes de front qui alimentent une carte numérique pour déterminer les cibles potentielles. Tous les jours, les Russes essaient d’attaquer cette plateforme, souligne l’opérateur de drone.

L’unité manque toujours de matériel militaire et informatique qui lui permettrait d’être plus efficace. Elle compte d’ailleurs sur le sociofinancement pour opérer. Nous avons besoin d’équipement dont l’exportation est restreinte, comme des modems, des matrices numériques ou des caméras thermiques, précise Mykhailo.

Convaincre les éléments les plus conservateurs des forces ukrainiennes d’utiliser des drones civils dans le cadre d’un conflit armé a également été un défi. L’unité a d’ailleurs été démantelée par le ministre de la Défense, en 2019, pour reprendre du service au mois d’octobre dernier.

L’héritage de l’Union soviétique est encore bien présent dans notre armée, déplore Mykhailo. Certains généraux ne comprennent pas notre travail et ce que l’on veut accomplir. Mais, depuis le début de la guerre, la situation s’est beaucoup améliorée.

Unité romantique

Professeur adjoint à l’Université d’Ottawa, Jean-François Ratelle rappelle qu’Aerorozvidka est une goutte d’eau dans l’effort de guerre ukrainien. C’est la pointe de l’iceberg d’une histoire beaucoup plus grande, dit l’expert militaire spécialiste du Caucase. L’armée a équipé toutes ses unités d’artillerie avec des drones, mais il y a toujours une réticence à utiliser des engins commerciaux à outrance.

Il ne remet toutefois pas en question l’apport des opérateurs de drone volontaires. Ça fait partie d’un nouveau répertoire qui s’offre aux résistants, observe-t-il. C’est une manière de faire la guerre de façon asymétrique. Ça démocratise le ciel.

Le portrait romantique des combattants qui commandent des drones civils face aux blindés du Kremlin marque aujourd’hui l’imaginaire occidental. C’est l’image de la personne ordinaire qui utilise une technologie non militaire que l’on peut acheter dans une grande surface pour combattre une des plus importantes armées du monde. Elle représente vraiment la contribution de chaque Ukrainien à la défense de la nation. À long terme, la Russie peut avoir un avantage technologique et numérique, mais à terme, vous ne pouvez pas gagner une guerre contre une population en entier. C’est à ça que renvoie cette unité.

Aerorozvidka se prépare maintenant à l’offensive russe annoncée dans l’est de l’Ukraine. Quant au quotidien des opérateurs de l’unité, à la question de savoir s’ils profitent du jour pour se reposer puisque la plupart des opérations ont lieu de nuit, la réponse de Mykhailo est on ne peut plus claire : On ne dort jamais!

Avec Radio-Canada par Simon Coutu